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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Pour une politique des soul&#232;vements terrestres</title>
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		<dc:date>2021-12-30T16:01:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ernest London</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>monde</dc:subject>
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		<dc:subject>d'autres vivants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Antoine Chopot, co-auteur de Nous ne sommes pas seuls ! Politique des soul&#232;vements terrestres. O&#249; il est question de cohabitation plut&#244;t que de destruction &#8211; &#171; L'humain n'a pas besoin d'&#234;tre au centre et de dominer pour bien vivre &#187;. S'ils ne postulent pas tous la possibilit&#233; d'un effondrement, la plupart des ouvrages traitant d'&#233;cologie &#233;tablissent un constat d&#233;sesp&#233;r&#233; et se montrent timides, si ce n'est pessimistes, quant aux perspectives envisageables. Nous ne sommes pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH150/-1771-7b764-57251-44422.jpg?1782943525' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Antoine Chopot, co-auteur de &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls ! Politique des soul&#232;vements terrestres&lt;/i&gt;. O&#249; il est question de cohabitation plut&#244;t que de destruction &#8211; &#171; &lt;i&gt;L'humain n'a pas besoin d'&#234;tre au centre et de dominer pour bien vivre &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-1771-7b764-93b6e.jpg?1782943525' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Photo de Lise Lacombe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;'ils ne postulent pas tous la possibilit&#233; d'un effondrement, la plupart des ouvrages traitant d'&#233;cologie &#233;tablissent un constat d&#233;sesp&#233;r&#233; et se montrent timides, si ce n'est pessimistes, quant aux perspectives envisageables. &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls&lt;/i&gt; s'inscrit dans une approche clairement diff&#233;rente. Paru ce printemps aux &#233;ditions du Seuil&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous ne sommes pas seuls. Politique des soul&#232;vements terrestres, L&#233;na Balaud (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, il propose de r&#233;viser notre culture du vivant pour ouvrir nos pratiques politiques &#224; d'autres alli&#233;s et ainsi nous extraire de nos impasses. On en parle avec Antoine Chopot, co-auteur de ce manifeste pour une insurrection adoss&#233;e aux poils, aux plumes, aux &#233;cailles et aux feuilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton approche de l'&#233;cologie ne s'exempte pas de la question sociale. Comment concilies-tu les deux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les enseignements de l'&#233;thologie, de l'&#233;cologie, de l'anthropologie contemporaines, ainsi que les combats autochtones, paysans, &#233;cof&#233;ministes et les mouvements pour une Terre habitable nous disent que l'humain n'a pas besoin d'&#234;tre au centre et de dominer pour bien vivre. Il y a un monde vivant qu'il faut habiter en commun, avec d'autres &#234;tres, d'autres besoins et points de vue que ceux des humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le difficile enjeu est de trouver dans ce &#034;tournant non-humain&#034; une autre politique, qui n'efface pas les asym&#233;tries sociales entre humains. Il faut veiller &#224; ce que la mise en avant de nos interd&#233;pendances avec la plan&#232;te ne devienne pas une mode au service du renouvellement de l'&#233;conomie et de son imaginaire. Cette c&#233;l&#233;bration des liens avec les animaux, arbres, oiseaux, etc., doit pouvoir requalifier la politique elle-m&#234;me, dans tout ce qu'elle a de cr&#233;atif et de conflictuel, et nous aider &#224; placer des obstacles r&#233;els sur la voie du ravage &#233;cologique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc quelque chose qui me g&#234;ne profond&#233;ment dans certaines critiques formul&#233;es par certains courants de la gauche anticapitaliste. D&#232;s lors que l'on s'int&#233;resserait aux plantes, aux arbres, aux oiseaux et &#224; leur mani&#232;re d'habiter, on se d&#233;sint&#233;resserait des rapports sociaux de domination entre humains. Avec &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls&lt;/i&gt; nous voulons montrer que l'on a tout &#224; perdre en dressant les anticapitalistes contre ce qui peut permettre de renforcer les sensibilit&#233;s &#224; la Terre, et inversement. Car le capitalisme est justement une mani&#232;re de mettre au travail les &#233;l&#233;ments, les &#233;nergies, et les socialit&#233;s des autres vivants, pour le projet d'accumulation, de circulation et de domination mondiale du capital &#8211; et pas seulement les humains.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Il faut veiller &#224; ce que la mise en avant de nos interd&#233;pendances avec la plan&#232;te ne devienne pas une mode au service du renouvellement de l'&#233;conomie et de son imaginaire.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le colonialisme europ&#233;en et le mouvement des enclosures, il y a eu appropriation &#224; vis&#233;e h&#233;g&#233;monique de pans entiers des &#233;cosyst&#232;mes, du fait de leurs propri&#233;t&#233;s et capacit&#233;s sp&#233;cifiques de croissance, de rendement, de clonabilit&#233;, etc. Des milieux ont &#233;t&#233; remplac&#233;s pour cr&#233;er une seconde nature profitable. La canne &#224; sucre, le charbon, le p&#233;trole, les atomes d'uranium ont &#233;t&#233; extraits ; les bl&#233;s modernes, les vaches holstein, les OGM ont &#233;t&#233; mis au point ; sans oublier tous les espaces dits naturels qu'il faut mettre au travail pour engendrer des ordinateurs, des voitures, des immeubles, des data centers, etc. Tous ces &#233;l&#233;ments se trouvent enr&#244;l&#233;s dans la vis&#233;e de croissance infinie. Et sans eux il n'y aurait tout simplement pas (eu) de domination capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'exploitation des pr&#233;caires et sans papiers dans les serres du mara&#238;chage industriel ne peut avoir lieu sans l'enr&#244;lement de vivants &#034;non-humains&#034; dans la production d'une nourriture &#224; bas co&#251;t. Sortir de cette &#233;cologie de la mise au travail, c'est alors n&#233;cessairement s'int&#233;resser &#224; nouveau aux vivants et aux collaborations, et se demander s&#233;rieusement, avec toutes les formes de savoirs disponibles, comment mieux cohabiter dans une autre organisation de l'activit&#233; commune. C'est donc apprendre &#224; prendre le point de vue des abeilles, des sols et des champignons, comme il faut le faire avec celui des travailleur&#183;euses. Apprendre &#224; conna&#238;tre pr&#233;cis&#233;ment ce qu'ils subissent, ce qui les tuent, et ce vers quoi ils tendent comme autre vie, avec ou sans nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au nom de cette convergence d'int&#233;r&#234;ts, tu pr&#233;conises des &#171; alliances intersp&#233;cifiques &#187;, contre un ennemi commun. Qu'entends-tu par l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Humains et non-humains sont plac&#233;s dans un continuum de conditions, celui de la mise au travail pour le capital. De l&#224; on peut penser et agir dans un seul et m&#234;me cadre, celui des luttes multisp&#233;cifiques, m&#234;lant r&#233;sistances et alliances politiques, associant diff&#233;rentes esp&#232;ces, contre cet ennemi qui nous est commun &#8211;&#8198;&#034;nous&#034; qui partageons cette condition d'&#234;tre vivant sur une Terre mouvement&#233;e et violent&#233;e. Une alliance terrestre, cela consiste &#224; amplifier les actions de r&#233;sistances d'autres vivants pour composer avec eux un monde plus habitable, et &#224; opposer des obstacles aux adversaires de cette habitabilit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peux-tu nous donner des exemples d'une telle alliance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prenons en deux. Certaines plantes sauvages deviennent massivement r&#233;sistantes aux herbicides et sabotent le rendement dans les champs d'OGM aux USA et en Am&#233;rique du Sud, entra&#238;nant des pertes de millions de dollars. En m&#234;me temps des paysan&#183;nes luttent pour sauver leurs pratiques et leurs champs contre les monocultures. Des activistes ont alors cherch&#233; &#224; amplifier le pouvoir de nuisance des plantes r&#233;sistantes, en collectant leurs graines et en confectionnant des &#034; bombes &#224; graines&#034; pour diss&#233;miner la r&#233;sistance ; ils remettent aussi en culture certaines de ces plantes dites invasives lorsqu'elles sont nutritivement int&#233;ressantes (comme l'amarante de Palmer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, certains animaux sauvages reviennent occuper des anciennes mines, carri&#232;res ou friches et red&#233;marrent des nouveaux &#233;cosyst&#232;mes. Des collectifs de quartiers d&#233;fendent ces nouveaux lieux sauvages, contre la construction d'immeubles dans le moindre espace vacant. Ils disent que ces lieux sont aussi des habitats, pour d'autres vivants venus l&#224; spontan&#233;ment, mais aussi qu'il y a par ailleurs un grand nombre de logements vides inoccup&#233;s, o&#249; des humains pourraient &#234;tre install&#233;s sans avoir besoin d'artificialiser des milieux vivants (c'est ce qui se passe &#224; Bruxelles au Marais Wiels ou &#224; Rome avec le lac Ex SNIA). Tous ces collectifs en lutte nous aident &#224; saisir que la crise &#233;cologique est en r&#233;alit&#233; une crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e du logement &#8211; une crise des habitats humains et non-humains, mis &#224; mal par des logiques hors-sol (les biotechnologies, la m&#233;tropolisation, la b&#233;tonnisation&#8230;). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui t'a pouss&#233; &#224; t'int&#233;resser &#224; ces alliances ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la rencontre entre d'un c&#244;t&#233; un trajet personnel, une sensibilit&#233; aux &#234;tres vivants, forg&#233;e &#224; la ferme, qui s'est transform&#233;e en d&#233;fense de la d&#233;croissance, en d&#233;couverte du potager, de la for&#234;t, etc., et de l'autre un trajet de politisation assez fort et radical, &#224; travers les luttes &#233;tudiantes &#224; Rennes 2 et la rencontre du mouvement &#034;autonome&#034;. J'ai commenc&#233; &#224; comprendre comment coupler ces deux trajets d&#232;s lors que j'y ai per&#231;u un m&#234;me enjeu existentiel : celui de la communaut&#233;. Dans ma rencontre avec l'autonomie il y avait ce d&#233;sir de communisme, de puissance collective qui d&#233;cuple ton pouvoir d'agir et de penser. Et dans ma rencontre avec l'&#233;cologie il y avait cette reconnaissance d'une communaut&#233; qui nous d&#233;borde, nous les humains. J'&#233;tais affect&#233; par une impression forte mais peu consciente encore d'appartenance &#224; autre chose que le seul monde social, langagier, etc., de mes cong&#233;n&#232;res humains. Il m'a donc fallu comprendre, avec d'autres, comment on pouvait non pas sortir de la politique pour rejoindre la communaut&#233; plus grande de la Terre, mais comment on pouvait &#233;largir la communaut&#233; politique pour y introduire la Terre. Une lutte contre un projet d'artificialisation d'une belle zone de jardins potagers urbains, il y a une dizaine d'ann&#233;es &#224; Rennes, a notamment &#233;t&#233; d&#233;terminante pour moi dans la conciliation de ces deux dispositions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment faire pour &#171; d&#233;centrer &#187; le regard des humains, les aider &#224; d&#233;passer leur anthropocentrisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au lieu d'opposer domination sociale et &#233;cologie, posons-nous cette question : si la fabrication du capitalisme repose sur une s&#233;rie d'agencements &#233;cologiques h&#233;g&#233;moniques, quels sont &#224; l'inverse les agencements d'humains et de non-humains propices et propres &#224; une politique d'&#233;mancipation d&#233;sirable, soutenable, offensive, socialiste, communiste, f&#233;ministe, etc. ? Ces agencements n'ont rien d'abstrait : ce sont des potagers urbains et des espaces plus sauvages et moins min&#233;ralis&#233;s dans des quartiers populaires ; une s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation, saine, &#233;cologique et autonomisante, pour toutes et tous ; des territoires de montagnes ou de for&#234;ts moins pressuris&#233;s et laiss&#233;s &#224; un r&#233;ensauvagement r&#233;parateur pour les milieux eux-m&#234;mes ; une agriculture, une p&#234;cherie et une foresterie paysannes, populaires et &#233;cologiques lib&#233;r&#233;es du dogme du rendement &#224; l'hectare et de la production &#224; bas co&#251;ts, avec le moins de gens possibles et le plus de machines possibles, etc.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Si la fabrication du capitalisme repose sur une s&#233;rie d'agencements &#233;cologiques h&#233;g&#233;moniques, quels sont &#224; l'inverse les agencements d'humains et de non-humains propices et propres &#224; une politique d'&#233;mancipation d&#233;sirable, soutenable, offensive, socialiste, communiste, f&#233;ministe, etc. ?&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant dit, l'&#233;cologie n'a pas non plus &#224; &#234;tre absorb&#233;e totalement par l'agenda militant : c'est aussi un mouvement de lib&#233;ration de la perception, de prise de connaissance et de contact avec le monde qui nous entoure. Il n'est jamais trop tard pour s'int&#233;resser &#224; l'histoire de la for&#234;t, de la friche, du volcan ou de la rivi&#232;re pr&#232;s de chez nous ! Un bon exercice peut &#234;tre d'y voir comment cet espace cristallise une histoire humaine tout en incarnant une histoire g&#233;ologique, &#233;cologique, biologique&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton livre d&#233;gage un r&#233;el optimisme. Restes-tu confiant dans nos capacit&#233;s &#224; agir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a toutes les raisons du monde d'&#234;tre du c&#244;t&#233; du pessimisme. On voit une fascisation et une lib&#233;ration de tous les affects r&#233;actionnaires, racistes, antif&#233;ministes. Une &#233;lection pr&#233;sidentielle o&#249; tous les coups vont &#234;tre permis. Une COP 26 que l'on peut r&#233;sumer &#224; &#034;&lt;i&gt;bla bla bla&lt;/i&gt;&#034;. Une Terre en surchauffe avec des points de bascule ultra-rapides dans un horizon proche, avec ces bombes &#224; retardement que sont les poches de m&#233;thane ou bien l'arr&#234;t du Gulf Stream. Un Elon Musk qui veut quitter la Terre pour conqu&#233;rir l&#224;-haut d'autres espaces d'accumulation infinie et un Mark Zuckerberg qui d&#233;veloppe son Metaverse pour continuer ici-bas &#224; accumuler dans un monde pr&#233;tendument &#034;virtuel&#034; et sans cons&#233;quence &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la formule de Gramsci : &#034;&lt;i&gt;Pessimisme de l'intelligence, optimisme de la volont&#233;&lt;/i&gt;&#034;. Oui il nous faut du volontarisme face &#224; tout cela, et notamment face &#224; une classe dominante qui fait s&#233;cession et ne compte plus du tout sur une Terre apais&#233;e comme son habitat premier, pr&#234;te &#224; faire le choix de la guerre civile, climatique et &#233;conomique permanente. Mais je crois qu'il nous faut aussi beaucoup de cr&#233;ativit&#233; intellectuelle et collective, de lieux pour habiter, et du travail de perception, pour apprendre &#224; voir comment le monde non-humain r&#233;agit lui aussi autour de nous, tout en se tenant &#224; l'&#233;coute des perc&#233;es dans les luttes. C'est important de parler de &#034;confiance&#034; dans nos capacit&#233;s d'agir : sans cette confiance en nous et dans les vivants qui nous entourent, sans cette foi dans un monde gorg&#233; de possibles et de relations diff&#233;rentes, nous perdrons le go&#251;t de l'action. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis pas Ernest London&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls. Politique des soul&#232;vements terrestres&lt;/i&gt;, L&#233;na Balaud et Antoine Chopot, &#233;ditions du Seuil, mars 2021.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4220 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/pas_seuls.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/pas_seuls.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;1085&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pistage animal : dialogue universel</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Pistage-animal-dialogue-universel</link>
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		<dc:date>2021-05-15T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Souquet</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>20100</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>terre</dc:subject>
		<dc:subject>Francis</dc:subject>
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		<dc:subject>animaux</dc:subject>
		<dc:subject>signes</dc:subject>
		<dc:subject>traces</dc:subject>
		<dc:subject>sauvages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pister des animaux ? Une pratique plus contemporaine qu'on ne l'imagine. Loin d'&#234;tre cantonn&#233;e &#224; l'exotisme du chasseur pal&#233;olithique, cette activit&#233; continue d'avoir cours, notamment dans le P&#233;rigord o&#249; une association organise des formations en pleine for&#234;t. Reportage. Le regard captiv&#233; de Pierre scanne le sol couvert de feuilles couleur cuivre, de mousse et de bois mort. S'il scrute si m&#233;ticuleusement la for&#234;t, c'est qu'il est &#224; la recherche de bris&#233;es qui doivent l'emmener &#224; Francis, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francis" rel="tag"&gt;Francis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vivants" rel="tag"&gt;vivants&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sauvages" rel="tag"&gt;sauvages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pister des animaux ? Une pratique plus contemporaine qu'on ne l'imagine. Loin d'&#234;tre cantonn&#233;e &#224; l'exotisme du chasseur pal&#233;olithique, cette activit&#233; continue d'avoir cours, notamment dans le P&#233;rigord o&#249; une association organise des formations en pleine for&#234;t. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH498/-1772-36360.jpg?1782724795' width='500' height='498' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de 20100
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le regard captiv&#233; de Pierre scanne le sol couvert de feuilles couleur cuivre, de mousse et de bois mort. S'il scrute si m&#233;ticuleusement la for&#234;t, c'est qu'il est &#224; la recherche de bris&#233;es&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petites branches cass&#233;es qui servent &#224; indiquer une direction ou &#224; marquer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui doivent l'emmener &#224; Francis, organisateur d'un atelier de pistage animal auquel participent quelques habitants du coin. Oui, mais Francis s'est bien planqu&#233; et Pierre pi&#233;tine. Pas grave. Il y a d'autres marques &#224; glaner. L'&#339;il aiguis&#233;, il me glisse : &#171; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; gratt&#233; l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; me d&#233;signant un peu de terre retourn&#233;e. Probable signature d'un des nombreux chevreuils qui logent dans ce bois du P&#233;rigord.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du chasseur au philosophe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pistage, c'est l'acte de rep&#233;rer et d'interpr&#233;ter les signes laiss&#233;s par des animaux. Empreintes donc, mais aussi crottes, coul&#233;es&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chemin form&#233; par le passager r&#233;gulier des animaux&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et autres poils. Parmi ceux qui utilisent ces savoirs, il y a &#233;videmment les chasseurs, mais aussi les naturalistes et certains ruraux, qui c&#244;toient des b&#234;tes sauvages dans leur environnement imm&#233;diat. Mes camarades de formation ne sont pourtant pas ici pour compter la faune prot&#233;g&#233;e ou r&#233;colter des troph&#233;es de chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce week-end d'&#233;quinoxe de printemps, c'est l'association Je suis la piste qui organise la formation d'une journ&#233;e &#224; laquelle je participe. Son objectif : diffuser des pratiques &#171; ancestrales &#187; pour permettre aux participants d'avoir une connaissance plus riche des &#234;tres vivants sauvages et des environnements dans lesquels ils &#233;voluent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet direct de l'exp&#233;rience : peu &#224; peu, la perception humaine s'&#233;veille et les bois se repeuplent. &#192; mesure que notre attention s'affine et que le monde autour de nous se complexifie, l'&#171; &lt;i&gt;angoisse du silence du monde et de la solitude cosmique&lt;/i&gt; &#187; s'estompe, note Baptiste Morizot dans son livre &lt;i&gt;Sur la piste animale&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actes Sud, 2018.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#192; l'heure o&#249; la biodiversit&#233; s'effondre &#224; vitesse grand V et o&#249; nos interactions avec les autres vivants sont r&#233;duites &#224; peau de chagrin, le philosophe pisteur nous invite &#224; sortir de l'isolement qui impr&#232;gne les imaginaires des humains modernes coup&#233;s de relations quotidiennes et signifiantes aux vivants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; You'll never walk alone &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retour aux sous-bois. &#199;a y est, &#224; force de galoper nez sur les brindilles, on a fini par trouver le formateur. Constitu&#233; de Pierre, Max et Ben, le petit groupe &#233;coute attentivement le speech de Francis. &#171; &lt;i&gt;Le pistage c'est l'art de trouver, identifier, interpr&#233;ter et suivre des s&#233;ries de traces laiss&#233;es par quelque chose sur le paysage&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il. Le message est clair pour les apprentis pisteurs, qui doivent &#224; pr&#233;sent se lancer dans le grand bain forestier et &#233;laborer leurs premi&#232;res hypoth&#232;ses. &#192; quelques m&#232;tres de l&#224;, le groupe est pench&#233; autour d'un trou passablement large. Les suppositions s'encha&#238;nent. &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait pas l'entr&#233;e d'une galerie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, tente l'un. Mauvaise pioche, le trou ne d&#233;bouche sur aucune cavit&#233;. Des racines m&#226;chouill&#233;es et des traces de petites griffes resserrent le panel des possibilit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Et si c'&#233;tait l'&#339;uvre d'un blaireau&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, lance un autre. Pas &lt;i&gt;b&#234;te&lt;/i&gt; : l'animal aurait la corpulence et la force n&#233;cessaires pour retourner la terre de la sorte. Et puis, il a un mobile : il se r&#233;gale des vers de terre, que l'on d&#233;busque en fouillant le sol. M&#234;me si cette hypoth&#232;se est la plus plausible, Francis prend garde de temp&#233;rer : &#171; &lt;i&gt;Chaque piste est un puzzle. Il y a plein de pi&#232;ces et il ne faut pas directement sauter aux conclusions.&lt;/i&gt; &#187; Cette fois-ci, les indices semblent concorder et mener vers le must&#233;lid&#233;. Le premier des quelques animaux sauvages que les participants vont identifier au cours de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e, une nouvelle &#233;nigme. Une petite pente d&#233;voile une grosse empreinte d'ongul&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mammif&#232;re dont le pied se termine par un sabot.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. La terre meuble est creus&#233;e sur une grosse dizaine de centim&#232;tres, donnant l'impression d'une glissade. Max met d&#233;licatement ses doigts dans la marque afin de mieux sentir ses d&#233;tails. Pour identifier l'esp&#232;ce, on se met en qu&#234;te de traces de gardes&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les gardes sont les doigts atrophi&#233;s des ongul&#233;s, situ&#233;s plus haut sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Francis en d&#233;busque une en forme de demi-lune, caract&#233;ristique du sanglier. Prochaine &#233;tape, trouver l'empreinte suivante, ce qui donnera, en mesurant la distance entre les deux, une id&#233;e de la taille de la b&#234;te. Une fois l'&#233;cart &#233;valu&#233;, on peut d&#233;nicher les autres empreintes en recalquant la distance sur le sol &#224; partir de la derni&#232;re, et ainsi dessiner la trajectoire de l'animal, son allure, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus haut, de nouveaux &#233;l&#233;ments rebattent les cartes : l&#224; encore des traces de glissades, mais dans la direction oppos&#233;e. Est-ce que l'interpr&#233;tation faite en aval &#233;tait fausse ? Est-ce un autre individu ? Qu'est-ce qui a pu provoquer le comportement, apparemment de fuite, de ces animaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La matin&#233;e se poursuit sur ce rythme, de signes en traces, de terriers en crottes, conduisant le groupe tant&#244;t vers des buissons, tant&#244;t vers des coul&#233;es animales. La for&#234;t, monde myst&#233;rieux et muet en d&#233;but de journ&#233;e, s'emplit peu &#224; peu de pr&#233;sences, se parant de voies de circulation, d'enjeux territoriaux et de strat&#233;gies animales. Tr&#232;s vite, on comprend que nous ne sommes jamais exclusivement entre humains et que les interactions avec les autres vivants sont constantes, que nous en ayons conscience ou pas. Dans la for&#234;t p&#233;rigourdine, les chevreuils n'ont pas attendu que nous les remarquions pour d&#233;taler et les passereaux ont lanc&#233; leurs cris d'alarme bien avant que nous ne levions les yeux vers eux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dialogue de b&#234;tes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour Francis, l'humain en milieu naturel est souvent l'&#233;quivalent d'&#171; &lt;i&gt;un &#233;crivain qui ne sait pas lire&lt;/i&gt; &#187;. Nous serions de pi&#232;tres locuteurs d'un syst&#232;me linguistique commun aux vivants. Tous les signes que nos amis pisteurs ont appris &#224; rep&#233;rer et &#224; d&#233;chiffrer sont en effet le produit de ce r&#233;seau dans lequel chaque esp&#232;ce &#8211; et m&#234;me chaque individu &#8211; &#233;crit et lit selon ses caract&#233;ristiques et capacit&#233;s propres. C'est en ce sens que la majorit&#233; d'entre nous est illettr&#233;e. Les urbains sont souvent des lecteurs maladroits, puisqu'ils c&#244;toient un nombre limit&#233; d'esp&#232;ces animales et ne font gu&#232;re attention aux signes qu'ils laissent. De m&#234;me, nous avons rarement conscience d'&#233;crire. Pourtant, comme tout animal, l'humain &#233;met des signes, d'autant plus s'il ne le r&#233;alise pas. Il laisse des odeurs, plie des branches, marque des sols, fait des mouvements, &#233;met des sons, renvoie des couleurs. Tout cela est senti et interpr&#233;t&#233; par les &#234;tres vivants qui se trouvent &#224; proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; sans doute une &lt;i&gt;piste&lt;/i&gt; &#224; explorer si l'on souhaite &#233;tablir des relations moins agressives vis-&#224;-vis du vivant et particuli&#232;rement des animaux sauvages. Les situations conflictuelles et probl&#233;matiques avec les b&#234;tes sauvages ne manquant pas, notamment chez les &#233;leveurs et agriculteurs, il faudrait donc apprendre &#224; y r&#233;pondre par le dialogue. L'objectif, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; : d&#233;velopper notre compr&#233;hension des signes animaux pour d&#233;crypter leurs langages sp&#233;cifiques et affiner notre &#233;criture afin d'adapter les messages qu'on leur envoie. Le mot de la fin &#224; Baptiste Morizot : &#171; &lt;i&gt;Les animaux ne sont pas seulement dignes d'une attention infantile ou morale&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : ils sont les cohabitants de la terre avec lesquels nous partageons une ascendance, l'&#233;nigme d'&#234;tre vivant, et la responsabilit&#233; de cohabiter d&#233;cemment &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mani&#232;res d'&#234;tre vivant, Actes Sud, 2020.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Antoine Souquet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie de notre dossier &#171; Demain les b&#234;tes ! &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Petites branches cass&#233;es qui servent &#224; indiquer une direction ou &#224; marquer un point sp&#233;cifique en milieu naturel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chemin form&#233; par le passager r&#233;gulier des animaux&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Actes Sud, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mammif&#232;re dont le pied se termine par un sabot.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les gardes sont les doigts atrophi&#233;s des ongul&#233;s, situ&#233;s plus haut sur la patte que les deux ongles de devant, qui eux marquent plus profond&#233;ment le sol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mani&#232;res d'&#234;tre vivant&lt;/i&gt;, Actes Sud, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mayotte : &#171; Enterr&#233;s comme des z&#233;bus &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Mayotte-Enterres-comme-des-zebus</link>
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		<dc:date>2009-02-13T11:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi Carayol</dc:creator>


		<dc:subject>Billets</dc:subject>
		<dc:subject>vivants</dc:subject>
		<dc:subject>Commune</dc:subject>
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		<dc:subject>Anjouanais vivants</dc:subject>
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		<dc:subject>Anjouanais morts</dc:subject>
		<dc:subject>Anjouanais</dc:subject>
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&lt;p&gt;LA LOGIQUE EST IMPARABLE. &#171; L'&#201;tat renvoie les Anjouanais vivants, il peut bien renvoyer les Anjouanais morts ! &#187; Ou les entasser dans une fosse commune, comme il le fait avec les vivants dans le centre de r&#233;tention administrative le plus surpeupl&#233; du pays&#8230; Rep&#234;ch&#233;s le 21 novembre dans la commune de Bou&#233;ni, apr&#232;s que leur embarcation en provenance d'Anjouan, &#224; 100 km de l&#224;, a chavir&#233;, les corps des victimes recens&#233;es auraient d&#251; &#234;tre enterr&#233;s dans cette m&#234;me commune. Oui mais voil&#224; : &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-62-decembre-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 62 (d&#233;cembre 2008)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anjouanais" rel="tag"&gt;Anjouanais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Boueni" rel="tag"&gt;Bou&#233;ni&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fosse" rel="tag"&gt;fosse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LA LOGIQUE EST IMPARABLE. &lt;i&gt;&#171; L'&#201;tat renvoie les Anjouanais vivants, il peut bien renvoyer les Anjouanais morts ! &#187;&lt;/i&gt; Ou les entasser dans une fosse commune, comme il le fait avec les vivants dans le centre de r&#233;tention administrative le plus surpeupl&#233; du pays&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rep&#234;ch&#233;s le 21 novembre dans la commune de Bou&#233;ni, apr&#232;s que leur embarcation en provenance d'Anjouan, &#224; 100 km de l&#224;, a chavir&#233;, les corps des victimes recens&#233;es auraient d&#251; &#234;tre enterr&#233;s dans cette m&#234;me commune. Oui mais voil&#224; : &#224; Bou&#233;ni, on n'en veut pas de ces Sales-Autres. Alors on &#8211; des dizaines de femmes devant la mairie &#8211; manifeste. Et on &#8211; les &#233;lus &#8211; suit. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but, la mairie refusait carr&#233;ment de signer les actes de d&#233;c&#232;s. J'imagine qu'ils avaient peur que cela ne les oblige &#224; les enterrer &#187;&lt;/i&gt;, se d&#233;sole un haut fonctionnaire. &lt;i&gt;&#171; Nous n'avons pas d'engin pour creuser une fosse commune &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;pond le premier adjoint du maire, comme pour renvoyer l'ostracisme populaire &#224; l'&#233;gard de ceux qui ne sont,apr&#232;s tout, que des fr&#232;res, &#224; celui plus cynique de l'&#201;tat, pour qui ils ne sont, il est vrai, que des chiffres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la suite, g&#233;r&#233;e par la pr&#233;fecture, n'est gu&#232;re plus raffin&#233;e : un enterrement dans une fosse commune du cimeti&#232;re du chef-lieu,l'interdiction par le croque-mort en chef d'assister &#224; la mise en terre, que l'on soit proche, simple cor&#233;ligionnaire ou journaliste ; et le m&#233;pris de certaines r&#232;gles islamiques de base comme la lecture des pri&#232;res et les ablutions&#8230; &#171; Enterr&#233;s comme des z&#233;bus &#187;, a titr&#233; un journal local.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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