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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Morts en prison : le long combat des familles</title>
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		<dc:date>2021-05-17T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Beno&#238;t Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Gwen Tomahawk</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Taoufik Belrhitri, 40 ans, est mort le 18 octobre 2020 alors qu'il &#233;tait incarc&#233;r&#233; &#224; Perpignan. Sa disparition s'inscrit dans la longue liste des morts dites &#171; suspectes &#187; en d&#233;tention : des d&#233;c&#232;s dont les causes officielles &#8211; suicides, accidents, arr&#234;ts cardiaques &#8211; sont contest&#233;es par les proches. Pour eux, commence alors un interminable et &#233;prouvant combat dans l'espoir d'obtenir, selon la formule consacr&#233;e, v&#233;rit&#233; et justice. Et de faire appara&#238;tre au grand jour la violence insupportable (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Taoufik Belrhitri, 40 ans, est mort le 18 octobre 2020 alors qu'il &#233;tait incarc&#233;r&#233; &#224; Perpignan. Sa disparition s'inscrit dans la longue liste des morts dites &#171; suspectes &#187; en d&#233;tention : des d&#233;c&#232;s dont les causes officielles &#8211; suicides, accidents, arr&#234;ts cardiaques &#8211; sont contest&#233;es par les proches. Pour eux, commence alors un interminable et &#233;prouvant combat dans l'espoir d'obtenir, selon la formule consacr&#233;e, v&#233;rit&#233; et justice. Et de faire appara&#238;tre au grand jour la violence insupportable de l'institution p&#233;nitentiaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3632 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1773.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/-1773-458f3.jpg?1782953548' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Gwen Tomahawk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans un petit appartement aux murs blancs du quartier Mailloles de Perpignan (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), Oukacha Belrhitri sert le th&#233; &#224; la menthe. Houria, son &#233;pouse, fait d&#233;filer sur sa tablette quelques photos et vid&#233;os de famille. Sur l'une d'elles, on voit deux de leurs petits-enfants courant dans cette m&#234;me pi&#232;ce non loin de leur fils a&#238;n&#233; Taoufik, assis sur le balcon. Une sc&#232;ne de vie banale et joyeuse, capt&#233;e il y a quelques mois &#224; peine. &#171; &lt;i&gt;Depuis la mort de mon fils, je ne suis pas bien, &lt;/i&gt;confie-t-elle.&lt;i&gt; Je ne sors presque plus de ma chambre, je ne dors pas malgr&#233; les m&#233;dicaments... Nous sommes tous perturb&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin octobre 2020, Mohammed, le plus jeune fils d'Houria et Oukacha, croise une connaissance tout juste lib&#233;r&#233;e de la maison d'arr&#234;t de Perpignan. Celle-ci lui apprend que Taoufik, son fr&#232;re a&#238;n&#233; incarc&#233;r&#233; dans le m&#234;me &#233;tablissement, serait probablement d&#233;c&#233;d&#233; durant sa d&#233;tention. Inqui&#232;te, mais incr&#233;dule, la famille appelle imm&#233;diatement l'Administration p&#233;nitentiaire (AP) : celle-ci d&#233;ment, assure que tout va bien. Rappel&#233;e deux jours plus tard, elle maintient et &#233;voque des rumeurs mensong&#232;res &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contact&#233;e, l'Administration p&#233;nitentiaire n'a pas donn&#233; suite &#224; nos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Taoufik Belrhitri est en r&#233;alit&#233; mort deux semaines plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra finalement attendre 23 jours pour que son entourage soit officiellement averti de sa disparition. Non par l'AP, mais par les services locaux de l'&#233;tat civil : ne sachant que faire du corps, ceux-ci ont contact&#233;, un peu au hasard, l'ex-femme du d&#233;funt. Pour se justifier, l'AP aurait pr&#233;tendu ne pas savoir comment joindre la famille. Comment y croire ? Oukacha montre les bordereaux des mandats qu'il envoyait chaque mois &#224; son fils : son nom et ses coordonn&#233;es y figurent.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mon fr&#232;re, ce n'est pas un chien ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On annonce aux Belrhitri que Taoufik se serait &#233;touff&#233; avec un morceau de viande et aurait &#233;t&#233; mis sous respirateur plusieurs jours &#224; l'h&#244;pital. &#171; &lt;i&gt;On aurait pu aller le voir, lui dire au revoir, &lt;/i&gt;regrette Houria&lt;i&gt;. Il a cinq fr&#232;res et s&#339;urs, six enfants&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Ils sont cens&#233;s devoir nous appeler avant de le d&#233;brancher.&lt;/i&gt; &#187; La famille demande &#224; voir le corps de Taoufik, on le lui refuse sous pr&#233;texte que celui-ci serait trop ab&#238;m&#233;. L'autorisation lui est finalement accord&#233;e au bout de trois nouvelles semaines : les proches d&#233;couvrent alors un corps maquill&#233;, mais pr&#233;sentant malgr&#233; cela des marques de violences. &#171; &lt;i&gt;Il avait le nez tordu, comme cass&#233;, un coup dans la tempe et l'&#339;il enfonc&#233;, &lt;/i&gt;raconte Mohammed.&lt;i&gt; Ce serait un bout de viande qui lui a fait &#231;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? On n'y croit pas une seconde. Tout est louche dans cette histoire&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur avocat n'envoie pas moins de trois courriers recommand&#233;s, le premier d&#232;s novembre, pour r&#233;clamer le dossier d'enqu&#234;te et une audience au parquet de Perpignan. Sans succ&#232;s. Entre temps, lui comme la famille re&#231;oivent des appels de gendarmes ou de l'institut m&#233;dico-l&#233;gal leur enjoignant de r&#233;cup&#233;rer le corps. &#171; &lt;i&gt;Ils ont voulu faire vite, nous pousser &#224; l'enterrer rapidement pour classer l'affaire,&lt;/i&gt; l&#226;che Mohammed, &lt;i&gt;mais mon fr&#232;re, ce n'est pas un chien&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Bien s&#251;r, on voudrait l'enterrer au plus vite et pouvoir faire notre deuil... mais pas avant une autopsie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but avril, au moment de cet entretien avec Houria, Oukacha et Mohammed, rien n'avait boug&#233; du c&#244;t&#233; de la justice. Revirement de situation quelques jours plus tard : le procureur finit par recevoir le p&#232;re et l'oncle de Taoufik, accompagn&#233;s de leur avocat. Ce dernier, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Nguyen Phung, acc&#232;de enfin au dossier d'enqu&#234;te. Il est effar&#233; par ce qu'il lit : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a rien dedans ! Juste un rapport du surveillant principal, et un examen m&#233;dico-l&#233;gal hallucinant : un m&#233;decin l&#233;giste a simplement vu le corps &#224; la morgue et a dit qu'il ne pr&#233;sentait aucun coup ext&#233;rieur, qu'il n'y avait aucune raison de ne pas retenir l'hypoth&#232;se de la fausse route.&lt;/i&gt; &#187; L'avocat demande dans la foul&#233;e une autopsie qui est accord&#233;e le 12 avril. Soit tout juste le d&#233;marrage d'une enqu&#234;te digne de ce nom, six mois apr&#232;s les faits ! &#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, le corps de Taoufik attend toujours &#224; la morgue.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tenir bon face &#224; la justice&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Taoufik Belrhitri n'est pas une exception : elle fait &#233;cho &#224; de nombreuses autres &#171; morts suspectes &#187; en d&#233;tention. Comme celle de Sambaly Diabat&#233;, 32 ans, mort &#233;touff&#233; le 9 ao&#251;t 2016 pendant un transfert vers la prison de Saint-Martin-de-R&#233; (Charente-Maritime). Ou celle d'Idir Mederres, 22 ans, d&#233;c&#233;d&#233; le 9 septembre 2020 au quartier disciplinaire de la prison de Lyon-Corbas (Rh&#244;ne), qui se serait pendu deux semaines avant sa lib&#233;ration. Ou encore celle de Jimony Rousseau, incarc&#233;r&#233; &#224; Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne), mort le 2 f&#233;vrier 2021, apr&#232;s un refus de rentrer en cellule&#8230; et une semaine de coma. Il ne s'agit l&#224; que de trois cas parmi les plus r&#233;cents. Trois cas dont nous avons connaissance gr&#226;ce aux mobilisations soutenues des familles.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Tout cela ne date pas d'hier et nous n'avons pas affaire &#224; des cas isol&#233;s : la prison est structurellement violente. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le revirement, pour l'heure limit&#233;, de la justice dans la gestion du &#171; dossier Belrhitri &#187; ne doit en effet rien au hasard : il a &#233;t&#233; gagn&#233; de haute lutte par les proches de Taoufik. Ceux-ci ont tenu bon face &#224; un appareil judiciaire et p&#233;nitentiaire m&#233;prisant et tout-puissant. Ils ont pris un avocat, puis un second. Alert&#233; les m&#233;dias tant qu'ils ont pu. &#201;crit au ministre de la Justice &#8211; qui n'a pas daign&#233; r&#233;pondre. Recueilli des t&#233;moignages de cod&#233;tenus pour tenter d'&#233;tablir les faits. Mis en place, avec l'aide de militant&#183;es du coin, un comit&#233; de soutien&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le comit&#233; V&#233;rit&#233; et Justice 66.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et organis&#233; un rassemblement devant le tribunal le 13 mars dernier. &#171; &lt;i&gt;On essaie toutes les possibilit&#233;s,&lt;/i&gt; dit Houria. &lt;i&gt;Cela fait du bien de parler, beaucoup de gens nous disent de ne pas laisser tomber.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour qu'une mobilisation existe,&lt;/i&gt; explique Pierre, du collectif et journal anticarc&#233;ral &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif anticarc&#233;ral auquel CQFD avait ouvert ses colonnes dans son n&#176;186 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;il faut que soient r&#233;unis au moins trois &#233;l&#233;ments : une parole des seuls qui peuvent t&#233;moigner de ce qui se passe vraiment, soit les gens &#224; l'int&#233;rieur de la prison ; une famille d&#233;termin&#233;e &#224; se battre ; et des soutiens pour qu'elle ne soit pas laiss&#233;e &#224; la merci de l'AP. On retrouve ces trois ingr&#233;dients dans les bagarres pour Taoufik, Idir, Sambaly&#8230; mais c'est h&#233;las tr&#232;s rare.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dans la lign&#233;e des luttes contre les violences polici&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il semble pourtant qu'on assiste &#224; une intensification des mobilisations autour de ces morts en d&#233;tention, dans la lign&#233;e des nombreuses luttes contre les violences polici&#232;res &#8211; et plus particuli&#232;rement de ces luttes n&#233;es autour d'affaires concernant des personnes tu&#233;es par les forces de l'ordre. &#171; &lt;i&gt;C'est &#233;videmment li&#233;, &lt;/i&gt;estime Pierre. &lt;i&gt;Beaucoup ont vu des familles qui parviennent &#224; se faire entendre, &#224; faire de leur combat un sujet politique de premier plan, et se disent donc qu'il est possible de faire conna&#238;tre ce qu'ils subissent.&lt;/i&gt; &#187; Et de pr&#233;ciser : &#171; &lt;i&gt;Cela ne concerne pas que des histoires r&#233;centes : certaines familles, plut&#244;t isol&#233;es, coinc&#233;es dans des proc&#233;dures judiciaires parfois depuis des ann&#233;es, r&#233;apparaissent actuellement, acceptent de rendre leur cas public, de rencontrer d'autres mobilisations, ce qui est hyper fort. Cela montre bien que tout cela ne date pas d'hier et que nous n'avons pas affaire &#224; des cas isol&#233;s : la prison est structurellement violente&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les violences carc&#233;rales et l'impunit&#233; qui les entoure, (re)lire &#171; Quand (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre nuance toutefois le renouveau apparent de ces mobilisations : &#171; L'Envol&#233;e &lt;i&gt;existe depuis 20 ans et nous avons toujours &#233;t&#233; contact&#233;s par des familles qui se battent pour des proches morts en d&#233;tention, mais elles restaient jusque l&#224; assez isol&#233;es. Parce qu'il y avait peu de collectifs existants, tr&#232;s peu d'&#233;cho m&#233;diatique, pas de r&#233;seaux sociaux encore&#8230; Aujourd'hui, m&#234;me si cela part toujours d'histoires particuli&#232;res, des groupes essaient d'avancer ensemble, des r&#233;seaux se constituent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement contre les violences polici&#232;res ne cr&#233;e pas simplement un effet d'entra&#238;nement salutaire : il incorpore de plus en plus les luttes contre les violences carc&#233;rales. Le 7 f&#233;vrier par exemple, plusieurs collectifs engag&#233;s contre les pratiques brutales des forces de l'ordre (Justice pour Adama, Justice pour Gaye Camara) se sont joints &#224; la marche blanche organis&#233;e pour Jimony Rousseau devant la maison d'arr&#234;t o&#249; il est d&#233;c&#233;d&#233;. Plus marquante encore, la date du 20 mars 2021 : ce jour-l&#224;, des milliers de personnes manifestaient &#224; travers toute la France contre le racisme et les violences polici&#232;res, mais aussi carc&#233;rales et judiciaires. Selon Pierre, &#171; &lt;i&gt;c'est la premi&#232;re fois qu'une marche de ce type inclut &#233;galement dans ses revendications les violences en prison. C'est vraiment d&#251; au travail militant et &#224; l'action de toutes ces familles en lutte. Maintenant, ce n'est qu'un d&#233;but, esp&#233;rons que ce rapprochement va s'intensifier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Porter la voix des prisonnier.es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La consolidation d'un front commun contre les violences d'&#201;tat en g&#233;n&#233;ral ne serait pas de trop pour appuyer des familles confront&#233;es &#224; une institution impitoyable : chacune de ces luttes montre en effet les difficult&#233;s infinies rencontr&#233;es d&#232;s lors qu'il s'agit d'obtenir une r&#233;ponse sur le terrain judiciaire. Pierre rappelle que &#171; &lt;i&gt;l'ensemble de la cha&#238;ne p&#233;nale se couvre toujours, &#224; une ou deux exceptions pr&#232;s&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hasard de l'actualit&#233; et fait exceptionnel, le 20 avril, cinq surveillants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, car la prison c'est la justice, et inversement. C'est du m&#234;me ordre que dans les affaires polici&#232;res, mais avec encore davantage une culture du secret. Car le travail de la police est malgr&#233; tout expos&#233; &#224; un certain regard social qui n'existe pas en prison&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Ce que peuvent gagner les familles en lutte, ce n'est donc pas tant la reconnaissance judiciaire, mais la possibilit&#233; de ne pas rester seules face &#224; la mort et de faire exister la v&#233;rit&#233; qu'on veut leur voler, ce qui est essentiel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif Idir Espoir et Solidarit&#233;, cr&#233;&#233; autour du combat pour Idir Mederres, appelle &#171; &lt;i&gt;toutes celles et ceux qui sont indign&#233;&#183;es par les violences p&#233;nitentiaires&lt;/i&gt; &#187; &#224; un rassemblement place Bellecour, &#224; Lyon, le dimanche 30 mai prochain. Avec la volont&#233; affich&#233;e d'instituer un rendez-vous national annuel pour porter la voix des prisonnier&#183;es. Pierre salue la proposition : &#171; &lt;i&gt;Ce collectif travaille &#224; lier les diff&#233;rentes luttes et porte de plus une revendication tr&#232;s importante, &#224; savoir la fermeture des quartiers disciplinaires. Une exigence d&#233;j&#224; d&#233;fendue par beaucoup de mouvements de prisonniers, car les choses les plus graves se passent bien souvent dans ces mitards.&lt;/i&gt; Il souligne : &lt;i&gt;Ce combat n'est pas l&#224; que pour obtenir la v&#233;rit&#233; pour telle ou telle personne, m&#234;me si c'est &#233;videmment capital : c'est aussi un combat men&#233; pour l'ensemble des d&#233;tenu&#183;es, pour qu'il n'y ait pas d'autres Idir, Sambaly ou Jimony demain.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oukacha ne dit pas autre chose lorsqu'il confie : &#171; &lt;i&gt;Je ne pleure pas que mon fils, je pleure tous ceux qui sont morts en prison.&lt;/i&gt; &#187; Il ressert du th&#233; &#224; la menthe. Houria conclut : &#171; &lt;i&gt;On ne veut pas que cela se reproduise avec un autre, un autre, un autre&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'omerta ou &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Administration p&#233;nitentiaire (AP) n'aime pas que l'on fasse de la publicit&#233; autour des morts en d&#233;tention (elle ne publie d'ailleurs aucun chiffre officiel). Encore moins lorsque ces morts peuvent &#234;tre imputables aux violences de ses propres agents. Elle a annonc&#233; en ce d&#233;but d'ann&#233;e avoir port&#233; plainte pour diffamation et injure publique contre &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;. En cause, le num&#233;ro 52 du journal du collectif &lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Envol&#233;e (octobre 2020).&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; et son dossier intitul&#233; &#171; Peine de mort en prison &#187;. Celui-ci revient en d&#233;tail sur plusieurs affaires, notamment les d&#233;c&#232;s d'Idir Mederres et Sambaly Diabat&#233;. On peut y lire par exemple le t&#233;moignage d'un d&#233;tenu de la maison d'arr&#234;t de Lyon-Corbas accusant explicitement les surveillants d'avoir tu&#233; le jeune Idir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que l'AP s'en prend ainsi &#224; ce collectif anticarc&#233;ral particuli&#232;rement actif (et tr&#232;s pr&#233;sent aupr&#232;s des familles), mais leur derni&#232;re offensive judiciaire remontait &#224; 2005. &#192; cette heure, rien d'officiel n'est encore parvenu aux membres de &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; ou &#224; leur avocat : difficile donc de savoir s'il s'agissait de simples menaces, ou si le minist&#232;re de la Justice ira jusqu'&#224; un proc&#232;s qui mettrait forc&#233;ment en lumi&#232;re un certain nombre de r&#233;alit&#233;s de la vie en prison qu'il cherche &#224; occulter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de cette plainte s'est, en revanche, accompagn&#233;e de la censure bien r&#233;elle du num&#233;ro incrimin&#233;, interdit de distribution dans l'ensemble des taules de France. L&#224; encore, ce n'est pas la premi&#232;re fois que &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; voit sa distribution aux d&#233;tenu.es emp&#234;ch&#233;e, mais cette censure &#233;tait jusqu'&#224; pr&#233;sent circonscrite &#224; tel ou tel &#233;tablissement. Cette fois, c'est une mesure g&#233;n&#233;rale in&#233;dite, ce qui a fait r&#233;agir plusieurs organisations de d&#233;fense des droits humains : cinq d'entre elles (comme l'Observatoire international des prisons ou la Ligue des droits de l'Homme), se sont jointes &#224; &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; pour signer une tribune commune : elles y d&#233;noncent &#171; &lt;i&gt;une nouvelle illustration de la chape de plomb que l'Administration p&#233;nitentiaire met sur un ph&#233;nom&#232;ne qui devrait au contraire alerter et inqui&#233;ter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro 53 de &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; para&#238;tra ce mois-ci et devrait, en th&#233;orie, pouvoir &#234;tre &#224; nouveau distribu&#233; aux d&#233;tenu.es. Pour passer information et message de solidarit&#233; &#224; l'int&#233;rieur des prisons, reste aussi l'&#233;mission de radio du collectif, diffus&#233;e chaque vendredi &#224; 19 h sur Fr&#233;quence Paris plurielle et reprise par de nombreuses autres stations locales. L'AP n'a pas encore trouv&#233; le moyen de bloquer les ondes FM.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contact&#233;e, l'Administration p&#233;nitentiaire n'a pas donn&#233; suite &#224; nos sollicitations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le comit&#233; V&#233;rit&#233; et Justice 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Collectif anticarc&#233;ral auquel &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; avait &lt;a href=&#034;https://cqfd-journal.org/Face-au-Covid-19-en-prison&#034;&gt;ouvert ses colonnes&lt;/a&gt; dans son n&#176;186 (avril 2020). Plus d'informations sur leurs activit&#233;s sur lenvolee.net&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur les violences carc&#233;rales et l'impunit&#233; qui les entoure, (re)lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Quand-les-matons-bastonnent' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quand les matons bastonnent &lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 177 (juin 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hasard de l'actualit&#233; et fait exceptionnel, le 20 avril, cinq surveillants du centre de d&#233;tention de Val-de-Reuil (Eure) ont &#233;t&#233; condamn&#233;s en appel &#224; des peines de prison ferme suite au tabassage d'un d&#233;tenu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; (octobre 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Ils nous bombardent au napalm &#187;</title>
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		<dc:date>2019-11-05T05:29:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rapha&#235;l Lebrujah</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Journaliste engag&#233; pour la cause kurde, Rapha&#235;l Lebrujah se trouve actuellement dans le Nord-Est de la Syrie. Il en d&#233;crit ici quelques bribes du quotidien, fait de lutte, de deuil et d'attente angoiss&#233;e sur ce que l'avenir r&#233;serve. &#171; Vous les Europ&#233;ens, vous parlez beaucoup, mais vous ne faites rien ! &#187;, s'indigne Sa&#239;d Farso, le copr&#233;sident de l'organisation des familles des martyrs d'Amouda. &#171; Vous venez ici, vous prenez des notes sur vos papiers, vous observez et vous repartez sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/familles" rel="tag"&gt;familles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Said" rel="tag"&gt;Sa&#239;d&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/martyrs" rel="tag"&gt;martyrs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Journaliste engag&#233; pour la cause kurde, Rapha&#235;l Lebrujah se trouve actuellement dans le Nord-Est de la Syrie. Il en d&#233;crit ici quelques bribes du quotidien, fait de lutte, de deuil et d'attente angoiss&#233;e sur ce que l'avenir r&#233;serve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; V&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ous les Europ&#233;ens,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;vous parlez beaucoup, mais vous ne faites rien&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, s'indigne Sa&#239;d Farso, le copr&#233;sident de l'organisation des familles des martyrs d'Amouda. &#171; &lt;i&gt;Vous venez ici, vous prenez des notes sur vos papiers, vous observez et vous repartez sans rien faire. Nous on enterre nos enfants tous les jours.&lt;/i&gt; &#187; Nous sommes le 21 octobre, et &#231;a fait maintenant quelques jours que je ressens pour la premi&#232;re fois de l'hostilit&#233; envers un journaliste europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;d Farso reprend : &#171; &lt;i&gt;L'Europe n'a pas respect&#233; ses promesses, car elle a plus peur de la Turquie que de Daech et en attendant, elle laisse la Turquie nous bombarder au phosphore blanc.&lt;/i&gt; &#187; une arme chimique interdite par les conventions internationales. &#171; &lt;i&gt;On vient d'apprendre que deux de nos enfants sont d&#233;c&#233;d&#233;s &#224; Serekaniye. En tout, cinq sont revenus dans des cercueils depuis le d&#233;but de l'offensive turque.&lt;/i&gt; &#187; La copr&#233;sidente, G&#251;l Ase, ajoute : &#187; &lt;i&gt;Depuis le d&#233;but de la r&#233;volution, nous avons perdu 160 martyrs rien que pour la ville d'Amouda. Ils et elles sont mort&#183;es dans la guerre contre Daech.&lt;/i&gt; &#187; Amouda est une petite ville du Rojava d'environ 25 000 habitant&#183;es. Bien qu'&#233;pargn&#233;e par les combats, elle n'en subit pas moins les privations de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons rencontrer l'une des deux familles qui viennent de perdre un de leurs fils. Malgr&#233; le chagrin, on nous accueille avec de l'eau, du th&#233;, un caf&#233; turc et des cigarettes. Le p&#232;re de l'enfant tomb&#233; au combat contre l'arm&#233;e turque d&#233;clare : &#187; &lt;i&gt;C'est une punition de Dieu&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Ce &#224; quoi Sa&#239;d Farso r&#233;torque : &#187; &lt;i&gt;Ce n'est pas Dieu, ce sont les avions qui ont tu&#233; ton fils.&lt;/i&gt; &#187; S'ensuit un long discours : &#187; &lt;i&gt;Si nous ne nous battons pas, les Turcs vont nous chasser et on va finir en Europe. Il y a d&#233;j&#224; un million de Kurdes en Allemagne et c'est d&#233;j&#224; trop. Notre culture va dispara&#238;tre l&#224;-bas.&lt;/i&gt; &#187; un silence se fait. &#187; &lt;i&gt;Cette attaque est contre tout le peuple kurde. Si nous abandonnons, c'est notre fin. Ils nous bombardent au napalm &#224; Serekaniye. Par ces actes, ils montrent qu'ils veulent nous exterminer ; nous devons r&#233;sister comme nous le faisons depuis des d&#233;cennies. Nous n'avons pas attendu l'arriv&#233;e des Occidentaux pour nous battre. Depuis 1977, nous avons plus de 50 000 martyrs dans la r&#233;sistance et pendant presque tout ce temps personne ne nous soutenait. Nous avons besoin du peuple et c'est tout&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; 1977 est une r&#233;f&#233;rence au premier assassinat ayant vis&#233; un membre du PKK (Parti des travailleurs kurdes, mouvement qui a historiquement men&#233; la lutte arm&#233;e du c&#244;t&#233; turc de la fronti&#232;re). Un cadre de l'organisation est pr&#233;sent et &#233;coute les &#233;changes sans rien dire. Nous repartons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les familles des martyrs touchent des petites sommes de la part de l'administration autonome du Rojava. Quelque 40 &#8364; par mois pour un mari ou un enfant et environ 20 &#8364; de plus par enfant orphelin de leur p&#232;re pour la m&#232;re. Des sommes mis&#233;rables mais qui permettent &#224; des familles tr&#232;s pauvres de se nourrir. L'organisation des familles des martyrs joue un grand r&#244;le dans l'int&#233;gration sociale des foyers ayant perdu un de ses membres. Pour en &#234;tre adh&#233;rent, il faut imp&#233;rativement avoir perdu un proche. R&#233;guli&#232;rement les familles endeuill&#233;es re&#231;oivent des visites et peuvent percevoir des aides ponctuelles face aux difficult&#233;s du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vers la fin de l'autonomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'accord sign&#233; le 22 octobre entre la Turquie et la Russie pr&#233;voit un d&#233;mant&#232;lement des YPG/YPJ kurdes (Unit&#233;s de protection du peuple et Unit&#233;s de protection de la femme) et leur remplacement par les forces arm&#233;es du r&#233;gime syrien, dans l'objectif de mettre fin &#224; l'exp&#233;rience d'autonomie kurde au nord de la Syrie. Quoi qu'il se passe finalement, l'acceptation des forces du r&#233;gime syrien par la population sera loin d'&#234;tre &#233;vidente : plusieurs ann&#233;es de libert&#233; et d'autonomie de fait ne peuvent s'effacer aussi facilement. Quant aux Am&#233;ricain&#183;es, ils sont rest&#233;&#183;es sur les puits de p&#233;trole, vitaux pour l'&#233;conomie syrienne en grande difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'enterrement des deux jeunes, la copr&#233;sidente du PYD (&#233;quivalent du PKK en Syrie), Aysha Hisso, a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous avons toujours d&#233;fendu une solution politique avec le r&#233;gime de Damas dans le cadre du respect territorial de la Syrie. Face &#224; l'avanc&#233;e turque, pour &#233;viter que notre peuple ne se fasse massacrer, nous avons d&#251; faire un accord&lt;/i&gt; [avec le r&#233;gime. Mais]&lt;i&gt; notre lutte est loin d'&#234;tre termin&#233;e et nous allons continuer &#224; nous battre pour nos droits.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l Lebrujah&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Autour-de-la-defaite-du-Rojava' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Autour de la d&#233;faite du Rojava&lt;/a&gt; : analyse et tentative de r&#233;ponse &#224; quelques &#233;pineuses questions que posent l'agression turque en Syrie du Nord-Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette analyse et ce reportage ont &#233;t&#233; publi&#233;s sur papier dans le n&#176;181 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en kiosque&lt;/a&gt; jusqu'au 5 d&#233;cembre. En voir le &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no181' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Veni, vidi, quasi vici</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Veni-vidi-quasi-vici</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Veni-vidi-quasi-vici</guid>
		<dc:date>2018-09-08T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Larry Bouldingue</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
		<dc:subject>familles</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>vigiles</dc:subject>
		<dc:subject>porte</dc:subject>
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		<dc:subject>Louis Forton</dc:subject>
		<dc:subject>ch&#339;ur Ribouldingue</dc:subject>
		<dc:subject>chouette id&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>plan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; manu militari. Rageant ? Pas seulement. &#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187; Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s, Louis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/familles" rel="tag"&gt;familles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vigiles" rel="tag"&gt;vigiles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/coups" rel="tag"&gt;coups&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Louis-Forton" rel="tag"&gt;Louis Forton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/choeur-Ribouldingue" rel="tag"&gt;ch&#339;ur Ribouldingue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chouette-idee" rel="tag"&gt;chouette id&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plan-6124" rel="tag"&gt;plan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt;. Rageant ? Pas seulement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, Louis Forton&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;10 heure du matin, dans l'un des halls d'entr&#233;e de l'immense b&#226;timent occup&#233;. Depuis quelques minutes, la tension est palpable. L'ami S. a beau grignoter des biscuits comme si de rien n'&#233;tait, je vois bien qu'il est nerveux. Perso, j'ai le stress &#224; fleur de peau, quasi sismique. Il faut dire que la situation est d&#233;licate : nos deux paires d'yeux cern&#233;s par une nuit blanche observent par une embrasure une trentaine de flics s'agiter devant les lieux, usant de pinces monseigneur et de b&#233;liers mastoc pour d&#233;foncer la porte. Ambiance de si&#232;ge m&#233;di&#233;val, sur fond sonore anxiog&#232;ne. Boum, boum, les coups font trembler les murs tandis que r&#233;sonnent leurs invectives : &#171; &lt;i&gt;Ouvrez ou z'allez morfler !&lt;/i&gt; &#187; Assis sur les marches du hall, on n'en m&#232;ne pas large &#224; mesure que c&#232;dent les &#233;tais en m&#233;tal faisant office de barricade. Mais le plaisir de voir la bleusaille s'&#233;puiser en maniant de lourds outils l'emporte sur l'angoisse : advienne que pourra, on ne leur ouvre pas. Plaisir d'offrir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH511/-814-71988.jpg?1782641361' width='400' height='511' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une demi-heure de mart&#232;lement forcen&#233;, la porte renforc&#233;e finit par c&#233;der et la mar&#233;e bleue se r&#233;pand dans le hall, BST&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en t&#234;te. Trognes haineuses et postures de ca&#239;ds v&#233;n&#232;res : ces gentlemen font honneur &#224; leur corps de m&#233;tier. Comme promis, les coups s'encha&#238;nent, alors m&#234;me que l'on n'esquisse pas le moindre geste de d&#233;fense. Poings, pieds, genoux, il y en a pour tous les go&#251;ts. Une fois &#224; terre, c'est au tour du cocktail coups de pompes dans les c&#244;tes &amp; broyage de paluches sous la semelle. Au diable le fair-play, il faut bien que les cow-boys se d&#233;foulent. Moralit&#233; martiale : force reste &#224; la loi (du plus fort), laquelle nous rel&#226;che apr&#232;s une poign&#233;e d'heures au commissariat&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le bilan de l'op&#233;ration ? Ambivalent. Le lieu est certes perdu, mais notre gnaque est intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour quelques jours en arri&#232;re. Impliqu&#233;s &#224; la R&#233;quiz, petit squat marseillais menac&#233; d'expulsion, nous sommes quelques-uns &#224; nous r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement pour chercher des solutions. En clair : de nouveaux lieux o&#249; loger des familles en situation d'urgence sociale. Certains d'entre nous ont une exp&#233;rience en la mati&#232;re, d'autres sont clairement novices. Qu'importe puisqu'on partage tous le m&#234;me mot d'ordre : on fonce !
Les r&#233;unions et rep&#233;rages s'encha&#238;nent, foutraques mais d&#233;termin&#233;s. Au final, notre choix se porte sur de tr&#232;s vastes locaux de P&#244;le emploi abandonn&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es et potentiellement parfaits : trois b&#226;timents habitables, une belle cour int&#233;rieure, des garages convertibles en ateliers, un parc &#224; deux pas, aucun voisin &#224; proximit&#233;, etc. Bref, le Taj Mahal des squats. Mais il y a un hic : l'endroit a tout de Fort Knox. Ceint de murs immenses, il grouille de cam&#233;ras et de d&#233;tecteurs de mouvements. Une premi&#232;re incursion acrobatique &#8211; &#233;chelle pos&#233;e sur un camion pour atteindre les toits &#8211; confirme nos craintes : d&#232;s lors que sonnent les alarmes rappliquent les vigiles d'une soci&#233;t&#233; de surveillance. Bigre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oscillant entre &lt;i&gt;Ocean's Eleven&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Pieds Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, on s'affaire &#224; dresser un plan d'attaque cisel&#233;. L'objectif est simple : se barricader dans le b&#226;timent avant que ne d&#233;boulent vigiles et cond&#233;s. Puis parlementer jusqu'&#224; ce qu'ils l&#226;chent l'affaire et que les premi&#232;res familles puissent s'installer. Un plan bien huil&#233;, pense-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jour J, deux heures du matin. Charg&#233;s d'une &#233;chelle et de lourds outils, on progresse p&#233;niblement dans un tunnel souterrain, en bord d'une petite rivi&#232;re. Alors que les chiens du camp rom voisin entament un concerto d'aboiements, quelques chauves-souris renforcent l'ambiance &lt;i&gt;Indiana Jones et le Temple maudit&lt;/i&gt;. &#192; d&#233;faut d'&#234;tre parfait, notre plan est ind&#233;niablement cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; destination, on d&#233;chante fissa : l'acc&#232;s choisi se r&#233;v&#232;le trop &#171; acrobatique &#187;. En haut des huit m&#232;tres d'&#233;chelle, une herse en surplomb brise notre &#233;lan. On a beau f&#233;brilement s'&#233;chiner au bord du vide, la sentence tombe : &#231;a ne passe pas. Tr&#233;pignements. Et puis le miracle : sur une proche fa&#231;ade, on d&#233;couvre une minuscule fen&#234;tre mal ferm&#233;e, presque une invitation &#224; entrer. On s'y glisse, joyeux comme des soiffards invit&#233;s au salon du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite : quelques heures d'exploration, des alarmes qui beuglent, les vigiles d&#233;go&#251;t&#233;s de ne pouvoir rentrer (tous les acc&#232;s sont barricad&#233;s), les flics qui h&#233;sitent, les soutiens qui parlementent &#224; l'ext&#233;rieur arm&#233;s de papiers prouvant notre droit &#224; l'occupation, l'euphorie qui grimpe en fl&#232;che. Et puis soudain, sans pr&#233;venir, le massif d&#233;barquement des bleus qui prennent d'assaut la forteresse avant que l'on ait pu y faire entrer les familles. &lt;i&gt;Game over.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir du comico, alors que des amis nous attendent sur le parking, cubi de rouge &#224; la main, ce n'est pas la tristesse qui pr&#233;vaut. Plut&#244;t le rire fatigu&#233;. On a foir&#233; ? Tant pis. Il y aura d'autres occasions. La prochaine sera la bonne. Ou bien celle d'apr&#232;s. Et ce jour-l&#224;, une fois les familles install&#233;es et l'occupation ent&#233;rin&#233;e, on &#233;voquera ce ratage avec un grand sourire. Cow-boys, gare &#224; vos miches, les pieds-nickel&#233;s ne l&#226;chent pas l'affaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps envisag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enfants &#224; la rue, profs sur le pont</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Enfants-a-la-rue-profs-sur-le-pont</link>
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		<dc:date>2018-04-17T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margo Chou</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>famille</dc:subject>
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		<dc:subject>Accoules</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce mercredi 10 mai 2017, rendez-vous est donn&#233; &#224; l'&#233;cole primaire des Accoules, situ&#233;e dans le quartier du Panier, &#224; Marseille. Laurent fait le portier. C'est l'un des huit instits de l'&#233;tablissement. On entre dans le b&#226;timent class&#233; monument historique. Escalier en large colima&#231;on, hauteur incroyable et odeur de grillades. On arrive sous le pr&#233;au. Au service ce midi, instits et parents d'&#233;l&#232;ves : saucisses, quiches familiales et sodas. Les enfants en furie piaillent de partout. Ambiance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Accoules" rel="tag"&gt;Accoules&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce mercredi 10 mai 2017, rendez-vous est donn&#233; &#224; l'&#233;cole primaire des Accoules, situ&#233;e dans le quartier du Panier, &#224; Marseille. Laurent fait le portier. C'est l'un des huit instits de l'&#233;tablissement. On entre dans le b&#226;timent class&#233; monument historique. Escalier en large colima&#231;on, hauteur incroyable et odeur de grillades. On arrive sous le pr&#233;au. Au service ce midi, instits et parents d'&#233;l&#232;ves : saucisses, quiches familiales et sodas. Les enfants en furie piaillent de partout. Ambiance champ&#234;tre de fin d'ann&#233;e scolaire. Une conf&#233;rence de presse est annonc&#233;e, les m&#233;dias locaux sont l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux semaines, trois enfants roms scolaris&#233;s ici, membres d'une m&#234;me famille, &#233;taient expuls&#233;s de leur squat rue Fl&#233;gier. En l'apprenant, la directrice de l'&#233;cole, Corine Lefort, d&#233;cidait de pousser une gueulante et de m&#233;diatiser l'histoire. Et d'annoncer gaillardement qu'en l'absence de d&#233;cision pr&#233;fectorale pour reloger la famille, elle ouvrirait une salle de classe pour lui offrir un toit. &#171; &lt;i&gt;On a vu les enfants arriver &#224; l'&#233;cole, le visage tr&#232;s fatigu&#233; ; c'est comme &#231;a qu'on a appris qu'ils avaient &#233;t&#233; expuls&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; C'&#233;tait juste apr&#232;s le 31 mars et la fin de la tr&#234;ve hivernale. &#199;a ne loupe jamais : chaque ann&#233;e, la p&#233;riode voit les expulsions s'encha&#238;ner. Vider les squats sans offrir d'autre perspective que la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Accoules, enseignants, parents, anciens parents d'&#233;l&#232;ves et commer&#231;ants se sont organis&#233;s &#8211; caisse de solidarit&#233;, repas et concert de soutien. Leur urgence : que la famille soit log&#233;e ! L'argent r&#233;colt&#233; a permis de payer quelques nuits d'h&#244;tel, avant que les soutiens ne d&#233;gottent un petit appartement. Deuxi&#232;me urgence : en appeler aux diff&#233;rents services institutionnels (Ville, pr&#233;fecture et inspection acad&#233;mique). En vain. Seule r&#233;ponse, celle du Samu social, qui a propos&#233; un quota de dix jours d'h&#233;bergement &#8211; rien de plus. En contactant &#224; r&#233;p&#233;tition le 115, le collectif a appris que la famille avait &#233;puis&#233; &#171; &lt;i&gt;ses droits&lt;/i&gt; &#187; au logement. &#171; &lt;i&gt;Et puis, &#224; Marseille, il n'y a pas de centre d'h&#233;bergement pour familles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce midi, des instits des &#233;coles primaires avoisinantes sont pr&#233;sentes. R&#233;guli&#232;rement confront&#233;es au m&#234;me probl&#232;me, elles &#233;changent entre elles au quotidien. &#171; &lt;i&gt;Quand on scolarise les enfants d'une m&#234;me famille, on se tient au courant.&lt;/i&gt; &#187; Parmi elles, Marie, directrice &#224; mi-temps de l'&#233;cole Parmentier de Belsunce &#8211; 30 ans qu'elle y enseigne. Elle fait partie du R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res depuis sa cr&#233;ation en 2004. Pour Marie, impossible de rester insensible quand disparaissent des &#233;l&#232;ves qu'elle accompagne depuis des mois. &#171; &lt;i&gt;C'est toujours angoissant quand on voit qu'un enfant ne vient plus. Parfois, il dispara&#238;t totalement ; parfois aussi, il finit par revenir, les traits tir&#233;s, et on apprend qu'il dort dans une voiture&#8230; On ne peut pas laisser faire &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces &#233;coles, il y a un mouvement permanent. &#171; &lt;i&gt;Cette ann&#233;e, 40 enfants sont partis, tandis que trente autres ont &#233;t&#233; inscrits en cours d'ann&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; C'est qu'au fil du temps, certaines familles quittent le centre-ville pour habiter ailleurs &#8211; soit parce qu'elles le peuvent, soit par obligation. Quant &#224; la plupart des r&#233;inscriptions, elles sont fragiles et concernent des demandeurs d'asile. Les instits font tout pour nouer un lien pr&#233;cieux avec ces familles, afin de r&#233;agir vite en cas de r&#233;ponse n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, la situation a empir&#233; : les demandeurs d'asile sont de plus en plus nombreux. Avant, quand les familles recevaient une Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais, les &#233;coles parvenaient &#224; se mobiliser pour contraindre la pr&#233;fecture &#224; r&#233;viser les dossiers. Aujourd'hui, c'est devenu presque impossible &#8211; le temps du soutien est consacr&#233; aux n&#233;cessit&#233;s vitales : se loger et manger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Kurdistan : Survivre &#224; Sur</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Kurdistan-Survivre-a-Sur</link>
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		<dc:date>2018-04-14T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Loez, Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Loez</dc:subject>
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		<dc:subject>Toki</dc:subject>
		<dc:subject>vieux quartier</dc:subject>
		<dc:subject>quartier historique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Diyarbakir, capitale de la r&#233;gion kurde du Sud-Est anatolien, malgr&#233; toutes les violences subies par la population et la crainte des attentats, la f&#234;te du Newroz 2016, qui c&#233;l&#232;bre le nouvel an et l'esprit de r&#233;sistance, a r&#233;uni plusieurs centaines de milliers de personnes. Reportage parmi les rescap&#233;s du quartier de Sur, qui a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de sanglants affrontements avec les forces de l'&#201;tat turc (voir CQFD no 140). 31mars 2016. Il y a un an jour pour jour, les ruelles de Sur, vieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Renoult-172" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/familles" rel="tag"&gt;familles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/logement" rel="tag"&gt;logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier-historique" rel="tag"&gt;quartier historique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Diyarbakir, capitale de la r&#233;gion kurde du Sud-Est anatolien, malgr&#233; toutes les violences subies par la population et la crainte des attentats, la f&#234;te du Newroz 2016, qui c&#233;l&#232;bre le nouvel an et l'esprit de r&#233;sistance, a r&#233;uni plusieurs centaines de milliers de personnes. Reportage parmi les rescap&#233;s du quartier de Sur, qui a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de sanglants affrontements avec les forces de l'&#201;tat turc (voir &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Refugies-conflit-kurde&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; no 140&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-585-aea9c.jpg?1782655902' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;31mars 2016. Il y a un an jour pour jour, les ruelles de Sur, vieux quartier de Diyarbakir qui tient son nom des hautes murailles de pierres grises l'entourant, grouillaient de badauds venus f&#234;ter le Newroz. Cette ann&#233;e, les rues sont mortes. Les commer&#231;ants attendent en vain les rares clients qui s'aventurent dans le quartier, accessible uniquement en passant &#224; travers les &lt;i&gt;checkpoints&lt;/i&gt; de la police turque qui se comporte en terre colonis&#233;e. Et pour bien marquer leur conqu&#234;te, les forces arm&#233;es ont plant&#233; des drapeaux turcs sur les murailles et les maisons. Les rues o&#249; le couvre-feu a &#233;t&#233; lev&#233; portent les cicatrices des combats violents qui s'y sont d&#233;roul&#233;s : appartements &#233;ventr&#233;s, morceaux de barricades &#233;parpill&#233;s et impacts de balles. Quelques enfants jouent malgr&#233; tout dans le d&#233;dale des ruelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ la moiti&#233; du quartier est encore inaccessible, et de hautes b&#226;ches ont &#233;t&#233; tendues entre les all&#233;es pour emp&#234;cher les passants de voir ce qui s'y trame. Car, malgr&#233; la cessation des combats depuis une dizaine de jours, les forces sp&#233;ciales de la police continuent de s'y affairer. Les familles des victimes des combats craignent qu'elles ne soient en train de masquer les preuves de leurs crimes, m&#233;langeant les corps aux gravats pour les enterrer sur un terrain en dehors de la ville, vers l'universit&#233;. La plupart des familles ont appris la mort de leur proche &#224; la t&#233;l&#233;vision, dans des listes de noms fournies par la police. Mustafa, p&#232;re de Rozerin, 17 ans, tu&#233;e par un sniper, nous confirme que le gouverneur de la province avait refus&#233; de leur rendre les corps, accusant les morts d'&#234;tre des &#171; &lt;i&gt; terroristes&lt;/i&gt; &#187;. Pourtant, Rozerin, &#233;l&#232;ve appliqu&#233;e, ne faisait que rendre visite &#224; une amie quand, prise dans les combats, elle est rest&#233;e pi&#233;g&#233;e dans le quartier plac&#233; sous couvre-feu. C'est en prenant l'air dans le jardin d'une famille qui l'avait abrit&#233;e qu'elle a &#233;t&#233; abattue. Mustafa a ensuite appris que sa fille et d'autres avaient &#233;t&#233; enterr&#233;s dans le quartier par les combattants des YPS, les groupes d'autod&#233;fense, car la police refusait de faire sortir les corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les familles touch&#233;es par le deuil, ne pas pouvoir r&#233;cup&#233;rer les cadavres de leurs enfants repr&#233;sente un ultime d&#233;ni d'humanit&#233;. Selon le p&#232;re de Cihat, un adolescent de 14 ans lui aussi tu&#233;, &#171; &lt;i&gt;les droits de l'Homme n'existent plus en Turquie&lt;/i&gt; &#187;. Lui et d'autres familles de victimes endeuill&#233;es, r&#233;unies au sein de l'association Dicle Firat, en appellent &#224; l'Union europ&#233;enne pour faire pression sur le gouvernement turc, tout en d&#233;non&#231;ant le blanc-seing accord&#233; en mars dernier &#224; Erdogan en &#233;change de sa collaboration pour maintenir les r&#233;fugi&#233;s syriens en Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-586-3ab27.jpg?1782655903' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yann Renoult : Un sourire &#224; Sur.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les aides vers&#233;es par l'Union europ&#233;enne ne b&#233;n&#233;ficient d'ailleurs que peu ou pas du tout aux familles d&#233;plac&#233;es suite aux combats. Un rapport dress&#233; par des urbanistes ind&#233;pendants&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Sur, Diyarbak&#305;r (Amed) un rapport accablant &#187;, kedistan.net.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; estime &#224; environ 45 000 les personnes oblig&#233;es de quitter leur logement. Elles sont maintenant h&#233;berg&#233;es chez des proches ou doivent louer des appartements ailleurs en ville. Certaines ont d&#251; partir plus loin, &#224; l'Ouest. Arife a fui Sur avec son mari et leurs six enfants. Ils ont tout abandonn&#233; derri&#232;re eux, et son &#233;poux, vendeur ambulant, n'a plus le chariot qui lui permettait de travailler. En dehors d'une aide d'&#201;tat de 500 TL (155 euros) pour le loyer, tout ce qu'ils poss&#232;dent leur a &#233;t&#233; donn&#233; par l'association Rojava, y compris la nourriture quotidienne. Arife a honte du d&#233;nuement dans lequel elle se retrouve, et a peur pour l'avenir. La m&#234;me histoire se r&#233;p&#232;te pour Zoubeyda, jeune m&#232;re rom ne parlant quasiment pas turc. Apr&#232;s le d&#233;but des combats en d&#233;cembre dernier, elle est rest&#233;e une dizaine de jours enferm&#233;e chez elle avec ses six enfants. Ils n'avaient plus rien &#224; manger, quand la police a autoris&#233; les habitants &#224; quitter le quartier. Elle est partie avec ses enfants en laissant tout derri&#232;re elle. Son fr&#232;re, en voulant l'aider &#224; trouver un autre appartement, a &#233;t&#233; poignard&#233; &#224; mort dans des circonstances obscures alors que la police mettait en place un nouveau couvre-feu dans un autre quartier, Baglar. Elle se retrouve dans un logement v&#233;tuste, isol&#233;e et sans moyens de subsistance. En quittant Sur lors de la tr&#234;ve accord&#233;e par les forces arm&#233;es turques aux habitants pour fuir le quartier en d&#233;cembre, la police a menac&#233; de lui enlever ses enfants et de les placer en orphelinat. Une histoire que confirme D., l'instituteur. D'apr&#232;s lui, une vingtaine d'enfants au moins auraient &#233;t&#233; emmen&#233;s de force dans des orphelinats, sous pr&#233;texte que leur p&#232;re et m&#232;re n'&#233;taient pas pr&#233;sents. L'association Dicle Firat pr&#233;voit de lancer des recours en justice pour que leur garde puisse &#234;tre confi&#233;e &#224; leur famille. Youssef, le fils a&#238;n&#233; de Zoubeyda, a quant &#224; lui &#233;t&#233; rescolaris&#233;, mais loin de leur logement. Elle ignore combien de temps elle va rester dans cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte et photos Yann Renoult.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-587-16672.jpg?1782655903' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Abdullah, 52 ans, tient une photo de son fils G&#252;nd&#252;z, tu&#233; &#224; 28 ans.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La gentrification par la force&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;S'il le faut, les lieux o&#249; se poursuivent les op&#233;rations pourront &#234;tre compl&#232;tement &#233;vacu&#233;s, et &#224; distance, on d&#233;molira les &#233;difices habitables. On d&#233;truira tout et, apr&#232;s, on reconstruira tout &#224; partir de z&#233;ro&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait en toute simplicit&#233; le pr&#233;sident turc, Recep Tayyip Erdogan, dans un discours prononc&#233; le 6 avril. La strat&#233;gie de &#171; terre br&#251;l&#233;e &#187; du chef des Ottomans dans les r&#233;gions kurdes du Sud-Est anatolien, sous pr&#233;texte d'en chasser les &#171; &lt;i&gt;terroristes&lt;/i&gt; &#187;, s'apparente d&#233;sormais clairement &#224; une op&#233;ration de gentrification par le fer et le feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin mars, le cabinet du Premier ministre turc a exig&#233; l'expropriation &#171; &lt;i&gt;urgente&lt;/i&gt; &#187; des zones de Silopi, Cizre et Idil, districts de &#350;irnak, de plusieurs districts des villes de Mardin et d'Hakkari, de Sur, Istasyon et Kaynartepe, quartiers de Diyarbakir, expropriations imm&#233;diatement suivies de destructions d'immeubles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-588-e7474.jpg?1782655903' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Atar et quatre de ses six enfants.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le quartier historique de Sur, &#224; Diyarbakir, entour&#233; de ses murailles class&#233;es au patrimoine mondial par l'Unesco, a &#233;t&#233; le premier &#224; subir la mesure d'expropriation d'urgence, apr&#232;s trois mois de combats avec les jeunes insurg&#233;s assi&#233;g&#233;s, combats qui ont fait 358 morts, selon les autorit&#233;s, dont 72 membres des forces de l'&#201;tat. Concernant Sur, le journal officiel turc a annonc&#233; que &#171; &lt;i&gt;6 300 parcelles sur 7 714, soit 82 % du quartier, seront expropri&#233;es. Il s'agit de 10 846 habitations, &#233;glises, &#233;difices, h&#244;tels, locaux commerciaux&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Sur, g&#233;nocide culturel et social d'apr&#232;s massacre &#187; sur kedistan.net.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Sachant que d'autres parcelles avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment expropri&#233;es, c'est 100 % du quartier qui est livr&#233; aux sp&#233;culateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est de transformer ce quartier historique pauvre en un p&#244;le d'attraction &#224; destination d'un tourisme de masse. Le Premier ministre Davutoglu n'a pas tard&#233; &#224; d&#233;clarer : &#171; &lt;i&gt;Nous allons reconstruire pour que cela ressemble aux remparts de Tol&#232;de. Tout le monde voudra venir appr&#233;cier ce tissu architectural.&lt;/i&gt; &#187; En fait de &#171; &lt;i&gt;tissu architectural&lt;/i&gt; &#187;, c'est la continuation de la politique de destruction du tissu urbain populaire&#8239;&#8211;&#8239;comme pour le vieux quartier stambouliote de Suluqul&#233;, &#171; r&#233;nov&#233; &#187; au prix de sa destruction pure et simple et de l'expropriation de ses habitants&#8239;&#8211;, pour y substituer l'architecture n&#233;o-ottomane qui fleurit partout en Turquie : des tours de b&#233;ton hideuses baptis&#233;es &#171; &lt;i&gt;Toki&lt;/i&gt; &#187;, des centres commerciaux et des mosqu&#233;es gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal b&#233;n&#233;ficiaire de ce mouvement de destruction cr&#233;ative est le b&#233;tonneur Toki, l'Agence turque du d&#233;veloppement du Logement, v&#233;ritable poumon de l'&#233;conomie turque, qui investit la moindre parcelle du pays pour urbaniser sans frein. Toki, qui d&#233;tient le quasi-monopole sur le march&#233; du b&#226;timent turc, est au c&#339;ur des gigantesques affaires de corruption qui ont d&#233;j&#224; manqu&#233; de d&#233;stabiliser le pouvoir du parti AKP. Pour Mediapart, en 2013, la pr&#233;sidente de la chambre des architectes d'Istanbul, M&#252;cella Yapici, expliquait : &#171; &lt;i&gt;Aucune entreprise au monde ne fonctionne aujourd'hui comme Toki. Elle est &#224; la fois en mesure de d&#233;cider des projets &#224; monter, de r&#233;quisitionner ou de racheter &#224; bas prix les terrains les plus rentables, et de s'arroger une partie des b&#233;n&#233;fices en construisant les b&#226;timents elle-m&#234;me. On est tr&#232;s loin de la mission originelle de construction de logement social. Toki est devenue une institution publique qui agit comme une entreprise priv&#233;e.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Plus vous &#234;tes proche du pouvoir, plus vous aurez de facilit&#233;s &#224; mener &#224; bien votre projet. L'AKP a construit son syst&#232;me client&#233;liste comme &#231;a&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Puchot, &#171; En Turquie, le BTP sans frein fait les affaires de l'AKP &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;gions kurdes, l'objectif de cette colonisation architecturale du territoire est double : la sp&#233;culation et l'assimilation de la population kurde par la transformation brutale de leur environnement. Durant les ann&#233;es 1990, la destruction de 4 000&#8239;villages et hameaux par l'arm&#233;e avait provoqu&#233; un exode rural de 3&#8239;millions de personnes vers les grandes agglom&#233;rations de l'ouest du pays et les villes du Kurdistan. Aujourd'hui, les mesures d'exception qui touchent les villes kurdes, d&#233;truites par l'arm&#233;e, provoquent des d&#233;placements de population et un nettoyage ethnique que certains n'h&#233;sitent pas &#224; qualifier de &#171; &lt;i&gt;g&#233;nocide culturel&lt;/i&gt; &#187;. En pr&#233;sentant, d&#233;but f&#233;vrier, son plan pour la pacification du Sud-Est anatolien &#8211;&#8239;lequel comprend quelques compensations financi&#232;res, de nouvelles casernes et la mise en place de milices pro-gouvernementales &#8211;, le Premier ministre Davutoglu d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;Nous allons unifier la conscience et la sagesse de la nation avec la raison d'&#201;tat. Toutes les diff&#233;rences entre la nation et l'&#201;tat seront enti&#232;rement &#233;limin&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; Pour l'heure, les r&#234;ves de l'&#201;tat turc restent les cauchemars des Kurdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-589-c5857.jpg?1782655903' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Arife dans son nouveau logement.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour plus d'infos sur la situation au Kurdistan, t&#233;l&#233;charger le mensuel Merhaba hevalno en PDF sur kedistan.net. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; Sur, Diyarbak&#305;r (Amed) un rapport accablant &#187;, kedistan.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; Sur, g&#233;nocide culturel et social d'apr&#232;s massacre &#187; sur kedistan.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pierre Puchot, &#171; En Turquie, le BTP sans frein fait les affaires de l'AKP &#187;, Mediapart, 27 d&#233;cembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La douleur et la m&#233;fiance</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-douleur-et-la-mefiance</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;Quinze jours apr&#232;s les faits, la collision entre un TER et un bus de ramassage scolaire &#224; Millas (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) joue toujours les premiers r&#244;les dans les occurrences de l'info en ligne. Et pas seulement pour alimenter curiosit&#233; morbide et sentiment de culpabilit&#233; &#224; l'heure du foie gras et des papillotes&#8230; Deux semaines apr&#232;s l'accident au cours duquel six enfants ont trouv&#233; la mort, c'est l'avocate de trois familles endeuill&#233;es qui annonce &#224; la presse que le train avait neuf minutes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/familles" rel="tag"&gt;familles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ramassage" rel="tag"&gt;ramassage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quinze jours apr&#232;s les faits, la collision entre un TER et un bus de ramassage scolaire &#224; Millas (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) joue toujours les premiers r&#244;les dans les occurrences de l'info en ligne. Et pas seulement pour alimenter curiosit&#233; morbide et sentiment de culpabilit&#233; &#224; l'heure du foie gras et des papillotes&#8230; Deux semaines apr&#232;s l'accident au cours duquel six enfants ont trouv&#233; la mort, c'est l'avocate de trois familles endeuill&#233;es qui annonce &#224; la presse que le train avait neuf minutes de retard. On fait mieux en terme de transparence. Et si cette r&#233;v&#233;lation vient apporter de l'eau au moulin des suspicieux, la bavarde utilise finalement l'info pour charger la conductrice du bus. Ce retard pourrait expliquer, selon elle, la d&#233;faillance humaine : &#171; &lt;i&gt;On sait que dans les trajets travail, il y a &#233;norm&#233;ment d'accidents. Parce que l'habitude entra&#238;ne un manque de vigilance du conducteur.&lt;/i&gt; &#187; L&#224;, on se demande si la dame repr&#233;sente les familles ou l'entreprise publique. Quelques jours auparavant, elle avait &#233;galement point&#233;, au conditionnel, des traces de somnif&#232;re dans les analyses toxicologiques comme possible cause de l'accident &#8211; traces que le procureur jugera par la suite trop faibles pour &#234;tre retenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On apprend &#233;galement &#224; cette occasion que, selon l'audit interne de la SNCF, &#171; &lt;i&gt;le syst&#232;me fonctionnait parfaitement&lt;/i&gt; &#187;. Le procureur de Marseille en charge du dossier avait, lui, d&#233;clar&#233; que &#171; &lt;i&gt;les premi&#232;res constations mat&#233;rielles vont plut&#244;t dans le sens d'une barri&#232;re ferm&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Pourquoi autant de f&#233;brilit&#233; ? L'&#233;tat de ces barri&#232;res n'est s&#251;rement pas le m&#234;me si elles ont &#233;t&#233; bris&#233;es par un passage en force ou endommag&#233;es par les effets collat&#233;raux d'une collision sur la voie. Des experts ind&#233;pendants devraient pouvoir d&#233;terminer cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le premier jour, on a l'impression que dans cette affaire la pr&#233;somption d'innocence a d'embl&#233;e fonctionn&#233; en faveur de la SNCF, mais pas trop pour l'employ&#233;e de la compagnie d'autocars. Comme s'il fallait &#224; tout prix &#171; sauver le soldat Guillaume P&#233;py &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PDG de la SNCF.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et prendre les devants sur une m&#233;fiance diffuse, prompte &#224; s'exprimer &#171; sur les r&#233;seaux &#187;. Trois jours apr&#232;s le drame, les proches des victimes r&#233;clament des excuses de l'&#201;tat, se plaignant de la froideur et du manque de compassion des services pr&#233;fectoraux comme de la cellule de soutien psychologique. Peu apr&#232;s, trois familles se constituent partie civile pour avoir acc&#232;s au dossier de l'enqu&#234;te. En quelques jours, une p&#233;tition en ligne apporte le soutien de plus de 50 000 signataires &#224; Nadine, la conductrice du bus mise en examen pour &#171; homicides et blessures involontaires par imprudence &#187;. &#171; &lt;i&gt;SNCF = &#201;tat (&#224; ne pas oublier)&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;vient l'intitul&#233;. Si le ton est un brin parano, on d&#233;c&#232;le, de la part de proches et de coll&#232;gues de boulot, une sinc&#232;re volont&#233; de venir en aide &#224; cette m&#232;re de famille jet&#233;e en p&#226;ture &#224; l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si certains internautes et autres trolls de forum raillent sans piti&#233; ces gens qui &#171; &lt;i&gt;ne font rien que de se plaindre&lt;/i&gt; &#187; au lieu d'affronter dignement leur deuil, il faudrait chercher la source de ce sentiment qui se g&#233;n&#233;ralise. Le doute n'est-il pas provoqu&#233; par un &#201;tat qui roule de plus en plus ouvertement pour l'int&#233;r&#234;t priv&#233; et affaiblit sciemment la Poste, la SNCF et l'&#201;ducation nationale, sous pr&#233;texte de rigueur budg&#233;taire, et afin d'ouvrir la voie &#224; une privatisation r&#233;clam&#233;e depuis des lustres par le credo lib&#233;ral de Bruxelles ? Ailleurs &#8211; Angleterre, Italie&#8230; &#8211;, des catastrophes ferroviaires ont couronn&#233; la privatisation des transports. En France, accidents, retards, lourdeurs administratives, tarifs exorbitants, strat&#233;gie inf&#233;od&#233;e au trafic routier et bugs informatiques &#339;uvrent comme une sourde p&#233;dagogie : pour qu'&#224; terme les usagers, devenus clients, en arrivent &#224; penser que tout vaudra mieux plut&#244;t que cet inepte service public. Voil&#224; sans doute qui, fatalit&#233; mise &#224; part, explique la m&#233;fiance venant aujourd'hui se m&#234;ler &#224; la douleur des familles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;PDG de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Espagne : Apoyo Mutuo</title>
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		<dc:date>2015-12-18T12:49:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Eneko</dc:subject>
		<dc:subject>Miguel Brieva</dc:subject>
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&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un demi-million d'expulsions locatives et hypoth&#233;caires en cinq ans, la question du logement en Espagne est br&#251;lante. La Plataforma de afectados por la hipoteca (PAH), avec ses 240 regroupements, est devenue un puissant mouvement populaire, riche en exp&#233;riences. Impressionn&#233;, CQFD a assist&#233; &#224; une assembl&#233;e de la PAH de Vallecas, l'un des districts les plus pauvres et turbulents de Madrid. Le train de banlieue nous laisse un arr&#234;t avant Legan&#233;s, &#224; Zarzaquemada. Le nom, &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/PAH-occupe" rel="tag"&gt;PAH occupe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un demi-million d'expulsions locatives et hypoth&#233;caires en cinq ans, la question du logement en Espagne est br&#251;lante. La Plataforma de afectados por la hipoteca (PAH), avec ses 240 regroupements, est devenue un puissant mouvement populaire, riche en exp&#233;riences. Impressionn&#233;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a assist&#233; &#224; une assembl&#233;e de la PAH de Vallecas, l'un des districts les plus pauvres et turbulents de Madrid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le train de banlieue nous laisse un arr&#234;t avant Legan&#233;s, &#224; Zarzaquemada. Le nom, &#171; ronce-br&#251;l&#233;e &#187;, &#233;voque les landes aust&#232;res que traversait le h&#233;ros du &lt;i&gt;Manuscrit trouv&#233; &#224; Saragosse&lt;/i&gt;. Pourtant, c'est une zone urbaine tr&#232;s contemporaine qu'on d&#233;couvre depuis le quai : des barres rouge brique de cinq ou six &#233;tages s'&#233;tirent &#224; perte de vue, reli&#233;es entre elles par des rues trac&#233;es au cordeau, pratiquement d&#233;sertes en cette matin&#233;e d'octobre ensoleill&#233;e. C'est ici que vit Iv&#225;n, publicitaire h&#233;berg&#233; par ses parents, et membre de la PAH&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association de familles ruin&#233;es et expuls&#233;es de leur logement par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de Vallecas. Piercing au nez et pantalon port&#233; bas, la corpulence et la gouaille d'un Sancho Pansa plut&#244;t que le lyrisme d&#233;sesp&#233;r&#233; du chevalier &#224; la Triste Figure, il s'est impliqu&#233; dans les assembl&#233;es de quartier anti-expulsions depuis le mouvement du 15-M&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A partir du 15 mai 2011 et pendant plusieurs semaines, des milliers de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marketing de la mis&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1618 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH504/15-10-09infinito.eneko-cc9cd.jpg?1782637901' width='400' height='504' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; La PAH est l&#224; pour obtenir ce que l'&#201;tat est incapable d'offrir : le droit &#224; un logement digne pour tous.&lt;/i&gt; &#187; Iv&#225;n, que ses camarades surnomment &#171; Power Ranger &#187;, a l'&#233;locution rapide de celui qui conna&#238;t son sujet sur le bout des doigts. Il manie volontiers l'ironie et d&#233;crit la banlieue o&#249; il vit comme &#171; &lt;i&gt;un quartier familial, tranquille, trop tranquille&lt;/i&gt; &#187;, mais s'&#233;meut lorsqu'il parle d'une famille gitane mise r&#233;cemment sur le trottoir. &#171; &lt;i&gt;Je travaille dans la pub et je peux te vendre ce que je veux&lt;/i&gt;, l&#226;che Iv&#225;n sur un ton provocateur. &lt;i&gt;Surtout si t'es un p&#233;quenot de Legan&#233;s. Mais dans les agences de pub qui bossent pour les banques, c'est des vingtaines, des centaines de mecs comme moi qui se sont &#233;chin&#233;s &#224; faire passer le message : &#8220;Endettez-vous !&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Payer un loyer, c'est jeter l'argent par les fen&#234;tres&lt;/i&gt; &#187;, &#233;tait l'un des slogans les plus martel&#233;s. Les directeurs d'agence proposaient des cr&#233;dits group&#233;s pour acheter maison, voiture neuve et, pourquoi pas, payer les &#233;tudes des enfants. Mais ces hypoth&#232;ques &#233;taient assorties de clauses abusives&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Commission europ&#233;enne pr&#233;conise le d&#233;dommagement des victimes de ces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, ainsi que de taux d'int&#233;r&#234;t exponentiels. Lorsque la bulle&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B&#233;tonnage fr&#233;n&#233;tique du territoire (aujourd'hui, 3 millions d'appartements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; a explos&#233; avec la crise financi&#232;re de 2008, des milliers de ces petits propri&#233;taires ont perdu leur emploi et les moyens de payer leur cr&#233;dit. L'Espagne, comme toutes les nations d&#233;velopp&#233;es, a renflou&#233; avec de l'argent public ces m&#234;mes banques pour leur &#233;viter la ruine apr&#232;s le krach financier de 2008. Et ces derni&#232;res en ont profit&#233; pour faire main basse sur des dizaines de milliers de logements, tout en r&#233;clamant le paiement du cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, lorsque la PAH occupe des &#233;difices vides appartenant aux banques, les activistes parlent de &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187;, puisque ces immeubles ont &#233;t&#233; doublement pay&#233;s par la soci&#233;t&#233;. &#171; &lt;i&gt;Pendant les ann&#233;es de la bulle immobili&#232;re, ce pays a v&#233;cu dans une illusion. Si on te fait croire que tu n'es que ce que tu poss&#232;des, tu veux logiquement poss&#233;der au moins autant que ton voisin. Tu veux avoir un appartement et une voiture neuve, emmener ta famille en vacances, sortir dans les bars pour t'empiffrer de gambas... Et puis d'un coup, pfffuit ! Ce mensonge s'&#233;croule et tu te retrouves une main devant et l'autre derri&#232;re. Ce jour-l&#224;, le pouvoir te fait la morale en te disant que tu as v&#233;cu au-dessus de tes moyens. Mais en attendant, certains se sont enrichis sur ton dos. Tout &#231;a, ce n'est pas une crise, c'est une m&#233;ga-arnaque !&lt;/i&gt; &#187;, continue Power Ranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur son iPhone, l'activiste nous montre un graphique. Depuis la crise de 2008, 579 000 &#171; ex&#233;cutions hypoth&#233;caires &#187; (entendez &#171; expulsions &#187;) ont &#233;t&#233; men&#233;es &#224; &#171; bien &#187; dans l'&#201;tat espagnol, et nombre de leurs victimes ont d&#251; se r&#233;fugier chez leur famille ou dans des squats &#8211; o&#249; elles ont c&#244;toy&#233; des expuls&#233;s locatifs. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s le 15-M, tout en conservant son nom, la PAH s'est ouverte aux ex-locataires, et m&#234;me aux squatteurs pur jus, devenant un mouvement transversal pour le droit &#224; un logement digne pour tous et toutes&lt;/i&gt; &#187;, explique Iv&#225;n. Si 71 000 expulsions pour non-paiement d'un cr&#233;dit immobilier ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;es depuis 2013, 94 000 expulsions locatives ont eu lieu dans le m&#234;me laps de temps. &#171; &lt;i&gt;Pour forcer le gouvernement &#224; l&#233;gif&#233;rer, nous avons d&#251; aller jusqu'&#224; mettre en avant le suicide d'un couple de personnes &#226;g&#233;es le jour o&#249; il allait &#234;tre expuls&#233; de son appartement&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Iv&#225;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis sous pression par une situation sociale explosive, le gouvernement du Partido popular (PP)&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Droite de gouvernement, antisociale et corrompue.&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; a improvis&#233; un d&#233;hanch&#233; de torero esquivant le coup de corne : il a fait voter une loi qui permet &#224; certaines familles nombreuses en difficult&#233; de b&#233;n&#233;ficier d'un moratoire de deux ans sur le paiement de leur cr&#233;dit. Moratoire durant lequel les int&#233;r&#234;ts de la dette continuent de gonfler&#8230; D'autre part, dans certains cas extr&#234;mes, il existe aujourd'hui la possibilit&#233; d'abandonner son bien &#224; la banque et que celle-ci &#171; pardonne &#187; la dette&#8230; 5 000 foyers ont pu ainsi rendre les cl&#233;s de leur appartement sans devoir continuer &#224; payer leur cr&#233;dit, op&#233;ration joliment baptis&#233;e &#171; &lt;i&gt;daci&#243;n en pago&lt;/i&gt; &#187; (donation &#224; titre de paiement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;changes de bons proc&#233;d&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vallecas, district (arrondissement) populaire de Madrid, petites maisons basses, blanches et grises, aux airs d'Am&#233;rique latine, immeubles d&#233;fra&#238;chis, en contraste avec le centre-ville. La PAH occupe cinq &#233;difices pour y loger des familles sans toit. Le jour de notre arriv&#233;e, onze d'entre elles viennent d'&#234;tre relog&#233;es par la Sareb &#224; force de pressions. La Sareb, c'est &#171; &lt;i&gt; el banco malo&lt;/i&gt; &#187;, une soci&#233;t&#233; financi&#232;re dont le capital, majoritairement priv&#233;, est garanti par l'&#201;tat. Grosse lessiveuse l&#233;gale cr&#233;&#233;e en 2012 pour racheter les actifs toxiques accumul&#233;s par les banques et les caisses d'&#233;pargne, elle g&#232;re un parc immobilier cons&#233;quent et, de ce fait, se trouve souvent confront&#233;e &#224; la PAH : on vous rend les immeubles qu'on occupe si vous relogez leurs habitants. &#192; interlocuteur foireux, n&#233;gociations forc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le centre social autog&#233;r&#233; La Villana de Vallekas, en ce mercredi 7 octobre, a lieu une assembl&#233;e. Une centaine de participants se sont install&#233;s dans une pi&#232;ce en L trop &#233;troite. Malgr&#233; l'exig&#252;it&#233;, la r&#233;union se d&#233;roule sans accroc, entre &#233;motion, appui mutuel (&lt;i&gt;apoyo mutuo&lt;/i&gt;)&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reprise d'un principe d'organisation du XIXe si&#232;cle popularis&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, projets et r&#233;solutions. Une m&#232;re de famille colombienne remercie les pr&#233;sents : &#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ce &#224; vous, gr&#226;ce &#224; nous, mes enfants et moi avons un toit aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187; Elle a du mal &#224; retenir ses larmes et les gens l'applaudissent &#224; tout rompre. &#171; &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede ! &#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; &#187;, scande-t-on en ch&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle venue expose son cas, et quelqu'un lui r&#233;pond sur la base de sa propre exp&#233;rience : &#171; &lt;i&gt;Tu dois d'abord aller voir ton banquier pour qu'il mette un coup de tampon sur ce formulaire qui confirme que tu n&#233;gocies l'&#233;chelonnement du paiement de ta dette. &#199;a te prot&#232;gera d'une expulsion imm&#233;diate. S'il le faut, je t'accompagnerai pour une deuxi&#232;me visite, il n'a pas le droit de refuser. Et s'il fait encore la forte t&#234;te, on lui dira que la prochaine fois, on reviendra &#224; dix, puis &#224; vingt.&lt;/i&gt; &#187; Au bout de cinq ans d'actions directes, de harc&#232;lement verbal et de communiqu&#233;s-chocs, les banquiers savent que la PAH ne plaisante pas. Sa capacit&#233; de mobilisation est telle qu'en moins de deux, elle peut organiser un pique-nique sauvage pour bloquer une agence ou transformer leur si&#232;ge en guinguette avec bal populaire ! &#171; &lt;i&gt;Il faut que tu sois patiente. Moi &#231;a a pris un an avant qu'on me trouve o&#249; dormir. Mais n'oublie pas : jamais une banque ne nous a intimid&#233;s ! Elle va c&#233;der, elles c&#232;dent toujours face &#224; nous&lt;/i&gt; &#187;, insiste une m&#232;re de famille africaine relog&#233;e. Voil&#224; la nouvelle venue bien arm&#233;e pour entamer la p&#233;nible ascension des d&#233;m&#234;l&#233;s administratifs post-expulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assembl&#233;e fait preuve d'une capacit&#233; d'accueil et d'&#233;coute exemplaire, tout en restant ferme sur le d&#233;roul&#233; des d&#233;bats. La mod&#233;ratrice de s&#233;ance n'h&#233;site pas &#224; couper la parole &#224; celui qui s'&#233;gare : &#171; &lt;i&gt;Paco, tu as d&#233;j&#224; racont&#233; ton histoire la derni&#232;re fois, garde ta salive pour le travail en commission !&lt;/i&gt; &#187; L'assistance, attentive, est h&#233;t&#233;roclite : prolos espagnols, femmes de m&#233;nage sud-am&#233;ricaines, Antillaises, Maghr&#233;bins, une vieille dame permanent&#233;e, quelques Subsahariens, un ou deux avocats sp&#233;cialis&#233;s en droit du logement, une poign&#233;e d'activistes &#224; dreadlocks, des enfants courant entre les jambes des adultes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une jeune Scandinave, Lotta, tomb&#233;e amoureuse du pays lors du mouvement d'occupation des places du 15-M, alors qu'elle &#233;tait &#233;tudiante Erasmus. Depuis, elle vit ici et conna&#238;t les m&#234;mes difficult&#233;s que beaucoup. Dans l'impossibilit&#233; de payer sa part de loyer dans une coloc' sans bail l&#233;gal, elle a rejoint la PAH et occupe un immeuble avec quatre familles. Juste avant l'AG, sur le toit-terrasse, Lotta &#233;tait pendue &#224; son portable, d'o&#249; elle venait d'envoyer un communiqu&#233; de presse annon&#231;ant la victoire de onze familles relog&#233;es. &#171; &lt;i&gt; Nous avons n&#233;goci&#233; des loyers calcul&#233;s par rapport aux revenus de chaque foyer, ne pouvant pas d&#233;passer 10% de ces revenus s'ils se situent en dessous du salaire minimum. Mais comme avec la loi de 2013 les baux sont de trois ans, les gens restent membres de la PAH en pr&#233;vision de possibles augmentations &#224; la fin du bail. &#192; terme, comme ces situations risquent de se g&#233;n&#233;raliser, nous allons finir par devenir un syndicat de locataires des banques !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre congratul&#233;e pour le relogement des onze familles, l'assembl&#233;e se divise en quatre commissions : la premi&#232;re n'est pas ouverte, car elle pr&#233;pare en secret l'occupation d'un nouvel immeuble pr&#233;vue pour le mardi suivant ; la seconde, baptis&#233;e ironiquement &lt;i&gt;Obras sociales&lt;/i&gt; (en souvenir des &#339;uvres sociales et des patronages culturels des caisses d'&#233;pargne&#8230;), s'occupe des n&#233;gociations avec les banques autour des immeubles d&#233;j&#224; occup&#233;s ; la troisi&#232;me, &#171; &lt;i&gt;hipoteca&lt;/i&gt; &#187;, aborde aujourd'hui l'&#233;pineux sujet de la relation avec la nouvelle mairie et son tout nouveau &#171; Bureau de m&#233;diation hypoth&#233;caire &#187; ; la derni&#232;re commission s'occupe des multiples d&#233;m&#234;l&#233;s avec Bankia.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH374/1579-naufragios-miguel-brieva-58740.jpg?1783110194' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Miguel Brieva.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fonction sociale du logement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bankia est n&#233;e en 2010 de la fusion de sept caisses d'&#233;pargne, avec une participation de l'&#201;tat &#224; hauteur de 45%. Son pr&#233;sident, Rodrigo Rato, ancien ministre de l'&#201;conomie du gouvernement Aznar et directeur g&#233;n&#233;ral du FMI de 2004 &#224; 2007, l'a fait entrer en bourse en 2012, obligeant peu apr&#232;s l'&#201;tat &#224; y injecter 24 milliards pour &#233;viter la faillite. Rato est actuellement poursuivi pour blanchiment de capitaux, fraude fiscale, escroquerie, faux et usage de faux, ainsi que pour avoir &#171; consenti, favoris&#233; et accept&#233; &#187; l'usage de cartes de cr&#233;dit de complaisance &#8211; appel&#233;es &#171; &lt;i&gt;tarjetas black&lt;/i&gt; &#187; &#8211; g&#233;n&#233;reusement distribu&#233;es aux dirigeants de Bankia et &#224; des hommes politiques. &#192; Vallecas, nombreuses sont les familles expuls&#233;es par cette mafia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unie dans le bar du centre social, la commission Bankia se penche sur des histoires personnelles, au cas par cas, et cherche &#224; trouver des solutions pratiques &#224; des probl&#232;mes souvent dramatiques. Une Dominicaine et son fils adolescent expliquent que leur logement, achet&#233; &#224; cr&#233;dit, tombe en ruine. &#171; &lt;i&gt;Regardez cette photo, le plafond est fissur&#233; de part en part, on a d&#251; poser six &#233;tais autour de la table du salon ! Comme le sinistre est d'origine structurelle et affecte tout l'immeuble, la copropri&#233;t&#233; va engager un gros chantier, mais vu que j'ai d&#233;j&#224; du mal &#224; payer mon cr&#233;dit, je vais me retrouver dans une situation impossible. Et mon garant, c'est ma patronne, une vieille dame invalide dont je m'occupe. Je ne peux pas la trahir !&lt;/i&gt; &#187; Comme &#224; chaque intervention, les pr&#233;sents &#233;tudient le dossier en commun et partagent leurs exp&#233;riences. Certaines se proposent &#224; l'accompagnement dans les d&#233;marches administratives. Une autre femme, sud-am&#233;ricaine, raconte que son mari, avec qui elle avait contract&#233; le cr&#233;dit de sa maison, a disparu. Un avocat lui explique qu'elle devra tout tenter pour le recontacter, car aucune n&#233;gociation avec la banque ne pourra se faire sans lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;union, on boit des bi&#232;res et on fume sur le trottoir. Ismael, jeune du quartier mari&#233; &#224; une Colombienne avec qui il a un gar&#231;onnet, fait partie du groupe communication, avec Lotta. Il est vigile au Corte Ingl&#233;s, supermarch&#233; haut de gamme, et avoue ne pas faire trop de z&#232;le quand il voit des clients escamoter de quoi manger dans les rayons. &#171; &lt;i&gt; On fait partie des onze familles relog&#233;es, mais on ne va pas s'arr&#234;ter l&#224; : &#8220;Aujourd'hui pour moi, demain pour toi&#8221;, voil&#224; ce que veut dire l'appui mutuel. La PAH-Vallecas, c'est devenu une grande famille. Quand on organise des f&#234;tes, les Bukaneros, un gros club de supporters antifascistes, viennent nous soutenir. Ce quartier a une longue histoire de luttes ouvri&#232;res, de campements gitans, de comit&#233;s de quartier&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la relation avec la nouvelle mairie ? Moue dubitative. &#171; &lt;i&gt;Des amis qui sont &#224; l'int&#233;rieur nous disent que nous ne sommes pas en odeur de saintet&#233; aupr&#232;s des plus ti&#232;des du conseil municipal. Selon eux, nous agissons en marge de la l&#233;galit&#233;, et ils pr&#233;f&#232;rent nous laisser nous d&#233;merder avec les banques&#8230; D'ailleurs, jusqu'ici, Manuela Carmena s'est r&#233;unie avec les banquiers, mais pas avec nous. Elle a d&#233;clar&#233; Madrid &#8220;ville anti-expulsions&#8221;, or les expulsions locatives continuent bel et bien.&lt;/i&gt; &#187; Ismael tire sur sa cigarette, le regard fix&#233; sur un point invisible, au-del&#224; de cette ruelle bord&#233;e de maisons d&#233;caties. &#171; &lt;i&gt;On verra, on jugera sur pi&#232;ce.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lotta ne dit pas autre chose : &#171; &lt;i&gt;La promesse d'Ahora Madrid&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Liste de convergence, avec &#224; sa t&#234;te la juge &#171; rouge &#187; Manuela Carmena, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;i&gt;d'exproprier les logements aux mains des banques avait fait na&#238;tre un grand espoir. Maintenant, ils disent que ce n'est pas de leur comp&#233;tence. Leurs mesures nous paraissent insuffisantes. Le bureau de m&#233;diation n&#233;gocie un &#233;chelonnement de la dette, quand nous nous battons pour sa suppression. Et puis les expulsions pour hypoth&#232;que ne constituent que 15% du total des expulsions. L'id&#233;e n'est pas de se battre pour le droit &#224; la propri&#233;t&#233; de la classe moyenne, mais pour un droit universel au logement.&lt;/i&gt; &#187; En fin de soir&#233;e, Ismael et sa compagne nous raccompagnent en voiture au m&#233;tro, pour que la lourde porte automatique d'acc&#232;s aux quais ne se ferme pas sur notre nez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association de familles ruin&#233;es et expuls&#233;es de leur logement par les banques. Elle s'est &#233;largie aux locataires et squatteurs expuls&#233;s. Pr&#233;sente dans plus de 240 quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A partir du 15 mai 2011 et pendant plusieurs semaines, des milliers de personnes sans drapeau ni parti occupent les places au cri de &#171; &lt;i&gt;Ils ne nous repr&#233;sentent pas !&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;D&#233;mocratie r&#233;elle maintenant ! &lt;/i&gt; &#187;, exprimant une d&#233;fiance radicale vis-&#224;-vis de la classe politique. Le mouvement, au d&#233;part fragile, a &#233;t&#233; fondateur pour l'engagement politique de toute une jeunesse espagnole touch&#233;e par un fort taux de ch&#244;mage (18% en 1996, 8% en 2006, 22% en 2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Commission europ&#233;enne pr&#233;conise le d&#233;dommagement des victimes de ces clauses abusives, ce qui supposerait le paiement de 20 milliards d'euros par les banques, soit 1,5% du PIB espagnol (eldiario.es, 28 octobre 2015). la PAH pose la question : combien de milliers d'expulsions &#233;taient donc ill&#233;gales ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;B&#233;tonnage fr&#233;n&#233;tique du territoire (aujourd'hui, 3 millions d'appartements vides) dop&#233; par les banques et le blanchiment d'argent. Entre 1996 et 2007, le taux de propri&#233;taires dans le pays passait &#224; 80%. Des centaines de milliers de familles seront ruin&#233;es par l'explosion de la bulle. Entre 2007 et 2008, les constructions chutent de 25%, 2 millions de personnes se retrouvent au ch&#244;mage du jour au lendemain. Ne pouvant plus payer leur cr&#233;dit ou leur loyer, 600 000 familles ont &#233;t&#233; depuis expuls&#233;es de leur logement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Droite de gouvernement, antisociale et corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Reprise d'un principe d'organisation du XIXe si&#232;cle popularis&#233; par Kropotkine dans &lt;i&gt;La morale anarchiste&lt;/i&gt;. Ce principe d'action se r&#233;pand aujourd'hui comme une tra&#238;n&#233;e de poudre dans les mouvements et centres sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Liste de convergence, avec &#224; sa t&#234;te la juge &#171; rouge &#187; Manuela Carmena, ayant remport&#233; la mairie de Madrid en mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pompes fun&#232;bres : m&#234;me les morts paieront</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le croque-mort dans Lucky Luke &#233;tait peut-&#234;tre &#226;pre au gain, mais il aimait le travail bien fait. D'apr&#232;s J&#233;r&#244;me, employ&#233; dans l'une plus grosses entreprises du secteur des pompes fun&#232;bres, les choses ont bien chang&#233;. CQFD : Quel est ton m&#233;tier ? J&#233;r&#244;me : Je suis conseiller fun&#233;raire en r&#233;gion parisienne. Je dois accompagner les familles des d&#233;funts aussi bien dans leurs d&#233;marches administratives que pour tout ce qui touche &#224; la c&#233;r&#233;monie&#8230; Humainement, je trouve que c'est int&#233;ressant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no126-novembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;126 (novembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le croque-mort dans Lucky Luke &#233;tait peut-&#234;tre &#226;pre au gain, mais il aimait le travail bien fait. D'apr&#232;s J&#233;r&#244;me&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, employ&#233; dans l'une plus grosses entreprises du secteur des pompes fun&#232;bres, les choses ont bien chang&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quel est ton m&#233;tier ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&#233;r&#244;me :&lt;/strong&gt; Je suis conseiller fun&#233;raire en r&#233;gion parisienne. Je dois accompagner les familles des d&#233;funts aussi bien dans leurs d&#233;marches administratives que pour tout ce qui touche &#224; la c&#233;r&#233;monie&#8230; Humainement, je trouve que c'est int&#233;ressant : il y a un contact avec les clients, des discussions. Mais en fait, ce qui est d&#233;rangeant, c'est que mon boulot c'est de plus en plus d'&#234;tre un pur commercial. J'accueille les familles puis je les allume. Je travaille pour un groupe devenu tentaculaire en France &#224; force de rachats des petites entreprises de pompes fun&#232;bres. B&#233;n&#233;ficiant d'une bonne r&#233;putation li&#233;e &#224; son histoire, la firme en question se permet de pratiquer des tarifs prohibitifs. Une concurrence ac&#233;r&#233;e et une pression constante des actionnaires ont fait le reste : l'accompagnement des familles passe au second plan, loin derri&#232;re la rentabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH306/p08-11-cul-de-mort03-94f15.jpg?1782637901' width='400' height='306' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concr&#232;tement, comment &#231;a se passe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une famille arrive dans la boutique, elle doit amener le livret de famille, des papiers comme &#231;a, mais aussi un relev&#233; de compte du d&#233;funt ! Comme, en tant qu'entreprise de pompes fun&#232;bres, on a le droit de pr&#233;lever jusqu'&#224; 5 000&#8200;euros sur le compte du d&#233;funt avant m&#234;me que la famille puisse h&#233;riter, on ne se prive pas pour faire payer le mort en fonction de ce qu'il a sur son compte. Puis on facture le reste &#224; la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que conseiller fun&#233;raire&#8230; que commercial, on re&#231;oit &#233;norm&#233;ment de pression de la part des managers pour facturer au maximum. &#199;a passe par des mails nous encourageant &#224; vendre des cercueils haut de gamme (de 3 500 &#224; 7 000 euros), plus de fleurs, plus de services&#8230; En ce moment, c'est les capitons, les doublures dans les cercueils. Visiblement, les managers trouvent qu'on n'en vend pas assez, et pas assez cher. Des fois, je ne me rends plus compte que je travaille dans la mort. &lt;i&gt;Business, business&#8230;&lt;/i&gt; Je pourrais tout aussi bien vendre des imprimantes, en fait.
La rentabilit&#233;, c'est aussi la r&#233;duction des co&#251;ts, hein ! Je veux dire, au final on n'est d&#233;j&#224; pas tr&#232;s bien pay&#233;s. Les plus anciens ont encore des avantages comme le logement de fonction par exemple, mais &#231;a se fait de moins en moins. Au point que la plupart des nouveaux partent bosser chez la concurrence ou se mettent en artisan ind&#233;pendant&#8200;&#8211;&#8200;alors que dans nos contrats, il y a une clause qui fait que normalement, on n'a pas le droit de passer &#224; la concurrence. Pour compenser, on nous fait miroiter des primes d'int&#233;ressement : d'une part, ces primes sont assez ridicules et tr&#232;s dures &#224; atteindre, mais d'autre part, &#231;a nous pousse &#224; vendre toujours plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors se rajoutent &#224; &#231;a toutes sortes d'&#233;conomies : les corbillards ne sont pas renouvel&#233;s et tombent en pi&#232;ces, les marbres &#171; &lt;i&gt;made in France&lt;/i&gt; &#187; qu'on vend sont parfois &#171; &lt;i&gt;made in China&lt;/i&gt; &#187;. Et des petites magouilles : par exemple, on fait croire &#224; la famille qu'on doit l&#233;galement d&#233;placer le corps de l'h&#244;pital pour le mettre dans le fun&#233;rarium du groupe. C'est faux, mais &#231;a se facture. On ajoute des v&#233;hicules inutiles. On facture. On facture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat, c'est qu'il y a de plus en plus d'incidents. J'en discutais avec les ma&#238;tres de c&#233;r&#233;monie : ils sont d&#233;go&#251;t&#233;s, pas assez pay&#233;s, ont trop de travail, alors ils font des conneries. &#199;a arrive, par exemple, qu'il n'y ait pas assez de porteurs pour le cercueil et qu'on doive demander de l'aide &#224; la famille. Ou alors le d&#233;funt est pr&#233;sent&#233; avec le surv&#234;t' dans lequel il est mort, alors que la famille avait apport&#233; un costume expr&#232;s&#8230; Sans m&#234;me parler du scandale du cr&#233;matorium de Nanterre&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un employ&#233; est licenci&#233; suite &#224; toute une s&#233;rie de malfa&#231;ons qui semblent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est grave&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui ! Quand on voit comment on traite les morts, on se dit que notre soci&#233;t&#233; va mal. Des fois, j'ai honte. Et je ne suis pas le seul. Mais la critique en interne, c'est tr&#232;s mal per&#231;u. Mon formateur me l'a tr&#232;s vite expliqu&#233; : ceux qui ouvrent leur gueule, ils sont mal vus, mis sur la touche&#8230; Si on a souvent des r&#233;unions avec les managers, c'est principalement pour qu'ils nous fliquent et nous poussent &#224; faire du chiffre. C'est l'usine. Mais faut aussi dire que quand le travail est bien fait, c'est gratifiant. On sent que les familles sont vraiment reconnaissantes, et &#231;a fait chaud au c&#339;ur. Dans le fond, c'est un boulot important qu'on fait&#8230; Mais on aimerait pouvoir le faire bien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1301 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p11-pub-voyage-au-dela.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH1879/p11-pub-voyage-au-dela-bd1da.jpg?1782903659' width='500' height='1879' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par CQFD.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dossier &#034;La mort qui tue&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Y-a-t-il-une-vie-avant-la-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Y-a-t-il une vie avant la mort ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Transhumanisme-La-mort-dans-l-ame&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Transhumanisme : La mort dans l'&#226;me&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Deuil-Lola-le-crabe-et-les&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lola, le crabe et les perdants magnifiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Numerique-Poussiere-tu-etais&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Poussi&#232;re tu &#233;tais, pixels tu seras !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Service-rea-Entre-la-vie-et-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Service r&#233;a : Entre la vie et la mort&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un employ&#233; est licenci&#233; suite &#224; toute une s&#233;rie de malfa&#231;ons qui semblent assez courantes : incin&#233;ration de plusieurs corps pour gagner du temps, m&#233;lange des cendres ou simplement rejet des cendres si l'urne est trop petite&#8230; &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, 03/08/14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les br&#232;ves du n&#176;126</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-breves-du-no126</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-breves-du-no126</guid>
		<dc:date>2014-12-20T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Fin de privil&#232;ge En 1982, 50&#8200;% des embauches du pays se font en CDI. En 2012, le chiffre tombe &#224; 5&#8200;%. M&#234;me lamin&#233;, le CDI continue d'&#234;tre cette b&#234;te noire qui emp&#234;che le joyeux &#233;panouissement exponentiel des forces vives du travail. Avec un ch&#244;mage qui continue &#224; rouler des m&#233;caniques, normal que l'id&#233;e d'un contrat unique ressurgisse. Apr&#232;s Villepin, Sarkozy, Bayrou, c'est tr&#232;s naturellement que Valls, socialiste de la r&#233;novation permanente, r&#233;cup&#232;re ce hochet de la droite lib&#233;rale, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no126-novembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;126 (novembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maison" rel="tag"&gt;Maison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Google" rel="tag"&gt;Google&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mieux" rel="tag"&gt;Mieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CDI" rel="tag"&gt;CDI&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mieux-embaucher" rel="tag"&gt;mieux embaucher&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mieux-virer" rel="tag"&gt;mieux virer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Roumanie" rel="tag"&gt;Roumanie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fin de privil&#232;ge&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1982, 50&#8200;% des embauches du pays se font en CDI. En 2012, le chiffre tombe &#224; 5&#8200;%. M&#234;me lamin&#233;, le CDI continue d'&#234;tre cette b&#234;te noire qui emp&#234;che le joyeux &#233;panouissement exponentiel des forces vives du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un ch&#244;mage qui continue &#224; rouler des m&#233;caniques, normal que l'id&#233;e d'un contrat unique ressurgisse. Apr&#232;s Villepin, Sarkozy, Bayrou, c'est tr&#232;s naturellement que Valls, socialiste de la r&#233;novation permanente, r&#233;cup&#232;re ce hochet de la droite lib&#233;rale, jugeant l'id&#233;e &#171; &lt;i&gt;int&#233;ressante&lt;/i&gt; &#187;. Code du travail simplifi&#233;, travailleur flexibilis&#233; : personne n'a oubli&#233; la br&#232;ve exp&#233;rience (2005-2008) du contrat nouvelle embauche o&#249; le trimeur pouvait &#234;tre lourd&#233; pendant les deux premi&#232;res ann&#233;es sans motif. Apr&#232;s le mieux embaucher pour mieux virer de la droite, le mieux virer pour mieux embaucher de la gauche. Et vice-versa.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Principe de pr&#233;caution&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH346/actu-lasserpe-3-25d86.jpg?1782640488' width='400' height='346' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Google nique les m&#233;tastases&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est un pari fou, fou, fou. Un pari pour &#233;loigner le malheur, la maladie. Un pari qui rappelle encore et toujours que les forces de l'industrie, ici num&#233;rique, sont avant tout au service de l'humain et de la vie. Google va r&#233;volutionner la m&#233;decine. Car Google, en plus d'&#234;tre un moteur de recherche (vroum, vroum), est aussi un plan de lutte contre le cancer. Son laboratoire californien, Google&#8200;X, travaille sur une m&#233;thode de d&#233;pistage ultra-pr&#233;coce via des particules nanoscopiques pour mesurer &#171; &lt;i&gt; les changements biochimiques annonciateurs d'une tumeur, d'une crise cardiaque ou d'un accident vasculaire c&#233;r&#233;bral.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s les Google Glass et la Google Car : la Google Oncology. Encore une fois, les obscurantistes qui associaient nanotechnologies et risque sanitaire n'avaient rien compris.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Marseillaise tu d&#233;connes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le devoir d'humanit&#233; fait que l'on doit cependant un peu de d&#233;cence &#224; l'endroit de sa personne, comme &#224; tous ses semblables en pareille circonstance d'ailleurs.&lt;/i&gt; &#187; Un hommage &#224; R&#233;mi Fraisse ? Non, c'est &#224; Christophe de Margerie, patron de Total qu'est destin&#233; ce billet de Michel del Picchia, dans le journal d'ob&#233;dience communiste &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; (22 octobre 2014) qui cite sans haine du bourgeois les condol&#233;ances du pr&#233;sident F. Hollande : &#171; &lt;i&gt;Une vie consacr&#233;e &#224; l'industrie.&lt;/i&gt; &#187; Aux armes&#8230; lecteurs !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les familles n'ont plus la cote&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la maison de St-Jean, &#224; Martigues, Bouches-du-Rh&#244;ne. Elle abritait huit familles Roms, des grands-parents aux petits enfants, en tout 37&#8200;personnes. Mais la maison se trouvait sur le chemin de travaux routiers pr&#233;vu pour&#8230; 2017. Alors il fallait les expulser, ces Roms &#171; &lt;i&gt;qui n'ont pas vocation &#224; rester en France&lt;/i&gt; &#187;, dixit Valls. Mais un collectif de Mart&#233;gaux s'est mobilis&#233; pendant des mois pour leur obtenir des formations, scolariser les enfants, pour forcer la mairie &#224; les reloger&#8230; Bilan : le 31 octobre la maison est mur&#233;e et trois familles (dont la petite Betty, 10&#8200;ans et bien malade) sont reparties pour la Roumanie laissant derri&#232;re elles leurs proches. Les autres familles, de jeunes couples avec enfants, ont obtenu des logements salubres. Un membre du collectif : &#171; &lt;i&gt;On pense &#224; ceux qui sont en route dans le bus pour la Roumanie, qui ont laiss&#233; enfants, petits-enfants ou s&#339;ur en France et on se dit que la Roumanie ce n'est pas si loin et que les familles ont vocation &#224; se r&#233;unir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 d&#233;cembre : la maison est d&#233;truite.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1279 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/photo-28c93.jpg?1783562868' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un bon huissier&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 17 septembre dernier, assur&#233;s par le gouvernement qu'ils resteraient dans le cadre des professions r&#233;glement&#233;es, les huissiers de justice reprenaient le travail. Juste &#224; temps pour boucler les dossiers les plus urgents avant le d&#233;but de la tr&#234;ve des expulsions locatives du 1er novembre. R&#233;sultat : &#224; Nice, le 29 octobre, une femme de 98&#8200;ans, grabataire, et sa fille de 64 ans, handicap&#233;e, sont chass&#233;es de leur logement avec le concours d'une quinzaine de flics. La chasse aux sans dents ne connait pas de tr&#234;ve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#8230;&#224; l'alternative &#224; l'&#233;cole</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/a-l-alternative-a-l-ecole</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/a-l-alternative-a-l-ecole</guid>
		<dc:date>2014-11-06T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Camille Burger</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>familles</dc:subject>
		<dc:subject>qu'elle</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Pom</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Livradois Forez</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;ronik</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a aussi ces parents qui prennent la d&#233;cision de faire l'&#233;cole &#224; la maison. D'affreux cathos qui conditionnent leurs m&#244;mes &#224; longueur de journ&#233;e ? Des contestataires un peu perch&#233;s qui rejettent tout ce qui vient de la soci&#233;t&#233; capitaliste ? Ou des parents jaloux de l'&#233;panouissement de l'enfant &#224; l'int&#233;rieur du cocon familial ? Quelques rencontres en Haute-Loire avec ces &#171; autres &#187; parents d'&#233;l&#232;ves . Instruction &#224; domicile Pom m'accueille dans une cuisine install&#233;e dans la grange. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no124-juillet-aout-septembre" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;124 (juillet-aout-septembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Camille-Burger" rel="tag"&gt;Camille Burger&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/familles" rel="tag"&gt;familles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-elle" rel="tag"&gt;qu'elle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pom" rel="tag"&gt;Pom&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ecole" rel="tag"&gt;&#201;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Livradois-Forez" rel="tag"&gt;Livradois Forez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Veronik" rel="tag"&gt;V&#233;ronik&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a aussi ces parents qui prennent la d&#233;cision de faire l'&#233;cole &#224; la maison. D'affreux cathos qui conditionnent leurs m&#244;mes &#224; longueur de journ&#233;e ? Des contestataires un peu perch&#233;s qui rejettent tout ce qui vient de la soci&#233;t&#233; capitaliste ? Ou des parents jaloux de l'&#233;panouissement de l'enfant &#224; l'int&#233;rieur du cocon familial ? Quelques rencontres en Haute-Loire avec ces &#171; autres &#187; parents d'&#233;l&#232;ves .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH241/p08-09-cqfd-ecole-def02-3-8f640.jpg?1782683166' width='400' height='241' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Camille Burger.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Instruction &#224; domicile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pom m'accueille dans une cuisine install&#233;e dans la grange. J'ai eu du mal &#224; trouver, derri&#232;re le camion bariol&#233; install&#233; dans ce hameau du Livradois Forez. Elle pr&#233;pare le repas et imm&#233;diatement m'indique qu'elle a accouch&#233; l&#224;, dans un bassin. Le ton est donn&#233;. Trois de ses filles sont &#224; table et l'&#233;coutent raconter son cheminement vers une instruction en famille car on se place du c&#244;t&#233; de l'institution si l'on parle de d&#233;scolarisation. Les mots sont importants. Pom a tout revu dans sa vie &#224; commencer par ses accouchements. Son m&#233;tier aussi qu'elle a quitt&#233; pour vivre en camion. Cette infirmi&#232;re urgentiste a cess&#233; le travail au troisi&#232;me enfant : &#171; &lt;i&gt;Je n'avais pas envie d'accoucher &#224; l'h&#244;pital.&lt;/i&gt; &#187; Entendez sur son lieu de travail. Premi&#232;re naissance et renaissance aussi. Mais Pom a plut&#244;t l'impression qu'on lui a indiqu&#233; la porte. &#171; &lt;i&gt;J'ai quitt&#233; ce m&#233;tier car je devais remplir des dossiers pour justifier mon activit&#233;. On a th&#233;oriquement une heure pour allaiter sur le lieu de travail mais, &#224; l'&#233;poque, on m'a fait comprendre que ce n'&#233;tait pas compatible.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pom a cherch&#233; du soutien aupr&#232;s de l'association Les Enfants D'Abord (LED'A). Aux rencontres de LED'A, &#171; &lt;i&gt; les enfants parlaient avec aisance aux adultes. Ils ne sont pas dans la comp&#233;tition. &lt;/i&gt; &#187; La rencontre avec l'association permet aux parents d'envisager ce que c'est que de vivre 24h/24 avec ses enfants. Faire l'instruction &#224; la maison mais sans se couper du reste du monde, un pari difficile. Pom a multipli&#233; les rencontres de familles qui le pratiquent : une mani&#232;re aussi de s'affirmer face aux inspecteurs qui une fois l'an passent contr&#244;ler les familles. &#171; &lt;i&gt;Je n'agis pas contre le syst&#232;me, je ne prends pas les gens de front. Les inspecteurs m&#233;connaissent trop souvent les choix p&#233;dagogiques alternatifs.&lt;/i&gt; &#187; Pour les familles ce passage oblig&#233; est souvent source de stress. &#171; &lt;i&gt;Ils ne peuvent pas s'emp&#234;cher d'&#233;valuer nos enfants !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au risque de d&#233;socialisation, Pom r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Notre a&#238;n&#233;e a aujourd'hui 15 ans et demi et suit une section Arts appliqu&#233;s au lyc&#233;e. Elle est interne. C'est un grand &#233;cart qui a demand&#233; quelques ajustements, mais globalement elle l'a fait avec aisance. Elle a altern&#233; cours par correspondance et &#8220;unschooling&#8221;. A un moment donn&#233;, elle a souhait&#233; rejoindre un cursus plus formel qui lui permettait de donner corps &#224; ses projets.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai construit une bulle s&#233;curis&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, avoue-t-elle, refusant p&#234;le-m&#234;le l'&#233;cole de l'entreprise, de la comp&#233;tition de tous contre tous, du fichage g&#233;n&#233;ralis&#233;. Aujourd'hui, son militantisme est davantage orient&#233; sur les droits des femmes : &#171; &lt;i&gt;Je milite au planning familial et trouve important que les enfants re&#231;oivent une information sur la sexualit&#233;. Trop de violence na&#238;t de la domination d'un groupe sur les autres. Je vise l'&#233;quilibre.&lt;/i&gt; &#187; Entre refus d'une soci&#233;t&#233; qui s'&#233;loigne du vivant et d&#233;sir d'accompagner ses enfants selon les valeurs qui sont les siennes, Pom s'affirme donc &#171; &lt;i&gt;unschool&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cole en pyjama &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ronik Leray a particip&#233; durant des ann&#233;es &#224; une &#233;cole en pyjama, comprenez qu'elle a &#233;lev&#233; ses enfants &#224; la maison&#8230; mais pas tous ! &#171; &lt;i&gt; C'est un r&#233;seau de familles d&#233;scolaris&#233;es que j'ai anim&#233; durant neuf ans lorsque j'ai habit&#233; &#224; All&#232;gre en Haute-Loire.&lt;/i&gt; &#187; Sa fille a des soucis &#224; l'&#233;cole. Elle la retire alors. &#171; &lt;i&gt;J'avais souffert aussi de l'&#233;cole &#233;tant enfant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mes enfants ont pass&#233; leur bac playmobil tr&#232;s vite&lt;/i&gt; &#187;, aime &#224; raconter V&#233;ronik qui a eu sept enfants dont quatre ont connu une d&#233;scolarisation. Si son premier fils vit sur les routes et a construit sa cabane &#224; la ZAD, le second a choisi de devenir pompier. Ces deux-l&#224; sont all&#233;s &#224; l'&#233;cole. Judith, elle, voulait faire de la musique mais sans les &#233;tudes qui alourdissent les notes. Elle travaille aujourd'hui comme technicienne lumi&#232;re sur Lyon. Abigael, graphiste en Italie et Yann, champion de p&#234;che &#224; la mouche, ont manifest&#233; tr&#232;s t&#244;t un rejet de l'&#233;cole. Les deux derniers, Samuel au coll&#232;ge de Langeac et A&#233;lin dans la Calandreta&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A l'image des Iskatola basques et des &#233;coles Diwan en Bretagne, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; du Puy-en-Velay sont certes scolaris&#233;s mais f&#226;ch&#233;s avec l'autorit&#233;. V&#233;ronik s'est donc consacr&#233;e enti&#232;rement &#224; l'&#233;ducation de ses enfants en s'appuyant sur un petit r&#233;seau de parents ayant fait le m&#234;me choix qu'elle. &#171; &lt;i&gt;J'ai squeez&#233; ma carri&#232;re professionnelle mais nous n'avons pas r&#233;fl&#233;chi&#8230; c'est venu comme &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; A 40 ans, elle a trouv&#233; n&#233;anmoins son premier job sans cursus professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, qui sont donc ces parents qui choisissent la d&#233;scolarisation ? Des ruraux isol&#233;s mais aussi des convaincus au spectre large tels qu'ils sont d&#233;crits dans le film &lt;i&gt;&#202;tre et Devenir&lt;/i&gt; de Clara Bellar : &#171; &lt;i&gt;On avait un parent cr&#233;ationniste et des gens qui font pousser des ch&#232;vres, des anarchistes catholiques et geeks comme nous !&lt;/i&gt; &#187; Des familles pour lesquelles la question du rythme des enfants est importante, leur &#233;coute aussi. Mais les r&#233;ticences institutionnelles restent vives : &#224; propos du film, le journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; regrette que l'on ne donne pas la parole aux adversaires de l'instruction en famille tandis que &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; parle de &#171; &lt;i&gt; manifeste anti-&#233;cole sans nuance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier &#201;cole :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Vive-la-rentree-des-classes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vive la rentr&#233;e des classes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Ecole-reac-vs-ecole-libre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;cole r&#233;ac cs &#233;cole libre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/De-l-ecole-alternative&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De l'&#233;cole alternative...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1196 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH344/p08-09-cqfd-ecole-def-3-89301.jpg?1782643508' width='400' height='344' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Camille Burger.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A l'image des Iskatola basques et des &#233;coles Diwan en Bretagne, les Calandretas sont des &#233;coles bilingues en occitan et fran&#231;ais &#224; statut associatif, int&#233;gr&#233;es &#224; l'&#233;ducation nationale. Elles comptent 55 &#233;tablissements sur le territoire et s'appuient largement sur une p&#233;dagogie Freinet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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