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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La propagande par le fait-tout</title>
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		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; On mangeait bien et on mangeait bon, et surtout on mangeait chaud. Tout cela &#233;tait appr&#233;ciable pour tenir jusqu'au bout &#187;, souligne l'anarcho-syndicaliste Georges Yvetot en &#233;voquant &#171; l'enseignement et la propagande par le fait qu'&#233;tait la belle initiative de l'organisation des soupes communistes, ce rayon actif de solidarit&#233; collective et pratique dans les gr&#232;ves &#187;. &#192; Foug&#232;res, fin 1906, les n&#233;gociations salariales ont tourn&#233; court. Les intransigeants patrons du chausson et de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On mangeait bien et on mangeait bon, et surtout on mangeait chaud. Tout cela &#233;tait appr&#233;ciable pour tenir jusqu'au bout&lt;/i&gt; &#187;, souligne l'anarcho-syndicaliste Georges Yvetot en &#233;voquant &#171; &lt;i&gt; l'enseignement et la propagande par le fait qu'&#233;tait la belle initiative de l'organisation des soupes communistes, ce rayon actif de solidarit&#233; collective et pratique dans les gr&#232;ves&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Foug&#232;res, fin 1906, les n&#233;gociations salariales ont tourn&#233; court. Les intransigeants patrons du chausson et de la bottine lock-outent les ouvriers des 22 ateliers et manufactures o&#249; la CGT s'active. La gr&#232;ve durera trois mois. La soupe distribu&#233;e par le comit&#233; de gr&#232;ve nourrit le ventre et le moral.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2039 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH291/-319-963f8.jpg?1768650659' width='400' height='291' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une trentaine de cartes postales ont m&#233;moris&#233; cette solidarit&#233; qui fournit deux fois par jour quelque deux mille repas. La bonne vingtaine de chemin&#233;es de po&#234;les &#224; bois a des airs de canons fumants, &#224; la parade, masquant la fa&#231;ade de la bourse du travail d'un halo de boucane. Opposants au syndicat de lutte, le syndicat jaune de Foug&#232;res tente de faire concurrence en servant sa soupe &#171; anticollectiviste &#187; dans une &#171; bourse du travail ind&#233;pendante &#187; improvis&#233;e pour l'occase. Les cur&#233;s font pareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a fume &#224; la bourse du travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1901, lors de la gr&#232;ve du bassin de Blanzy-Montceau en Sa&#244;ne-et-Loire, plus de 20 000 portions sont distribu&#233;es chaque jour&#8230; De la fin du XIXe aux ann&#233;es 1930, les distributions alimentaires de secours aux gr&#233;vistes, appel&#233;es &#171; soupes &#224; la carmagnole &#187;, puis &#171; soupes communistes &#187; &#224; partir de 1904, constituent l'une des armes de la gr&#232;ve. Quasiment un r&#233;flexe d'organisation, symbole fort de la solidarit&#233; de classe. C'est aussi la version ouvri&#232;re et combative des &#171; fourneaux &#233;conomiques &#187; et &#171; soupes populaires &#187;, n&#233;s au milieu du XIXe, charit&#233; aux indigents ou philanthropie, mais surtout antidote aux &#233;meutes de la faim et autres &#171; troubles de subsistance &#187;. Le couvercle sur la marmite sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les popotes de gr&#232;ve servent pareillement des portions &#224; manger sur place, ou &#224; emporter. Elles s'implantent le plus souvent dans les bourses du travail, dont les congr&#232;s ont pr&#233;conis&#233; de s'&#233;quiper en mat&#233;riel pour assurer au pied lev&#233; cette tambouille essentielle pour tenir dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire reculer les faims de mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la peluche, la popote et la distribution sont aussi accueillies dans des locaux municipaux, ou un champ pr&#234;t&#233; par un paysan. Voire dans un bistrot, comme lors de la longue gr&#232;ve victorieuse des terrassiers de Draveil et Vigneux en 1908, o&#249; plus de 700 repas quotidiens sont servis au caf&#233; Ranque. Parfois encore, &#231;a se passe dans l'usine. Ou sur le trottoir. O&#249; on peut, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soupe commune fait reculer les fins et les faims de mois difficiles, instaure une propagande par le fait-tout, signe d'une solidarit&#233; prol&#233;taire, lieu de discussion et exp&#233;rience pratique des bienfaits de l'organisation collective et de l'assistance mutuelle. Pour Paul Lafargue, &#171; &lt;i&gt; les repas pris en commun entretenaient l'enthousiasme&lt;/i&gt; &#187; et garantissaient la pr&#233;sence de chaque gr&#233;viste, venu &#171; &lt;i&gt; apposer sur sa carte de gr&#232;ve le timbre quotidien du Syndicat&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour financer cette cambuse solidaire, la recette de bals, de tombolas, de concerts de chorales compl&#232;tent les souscriptions et appels aux dons en nature. Quand l'usine est dans un bourg rural, des charrettes &#224; bras quadrillent la campagne pour faire provision de produits frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Supprimer les interm&#233;diaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la gr&#232;ve des dockers nantais de 1907, deux d&#233;l&#233;gu&#233;s c&#233;g&#233;tistes, Charles Marck et Georges Yvetot, sont arr&#234;t&#233;s, les juges leur collant une provocation au meurtre pour avoir appel&#233; &#224; la &#171; chasse au renard &#187; (les non-gr&#233;vistes) et dit aux ouvriers : &#171; &lt;i&gt;Allez prendre chez les mara&#238;chers ce dont vous avez besoin, en supprimant ainsi les interm&#233;diaires.&lt;/i&gt; &#187; Ce que les magistrats ont traduit par un appel &#224; carotter des patates et &#224; trucider les marchandes des quatre-saisons. Yvetot &#233;cope de quatre ans de prison, Marck d'un an. Tous deux sont amnisti&#233;s l'ann&#233;e suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la grande boucherie de 14-18, les gr&#232;ves reprennent ces cantines de lutte. En 1926, &#224; La Fert&#233;-Mac&#233;, petit bourg de 5 400 habitants du bocage normand, tisserands, blanchisseuses, teinturi&#232;res, scieurs et fabricants de galoches se mettent en gr&#232;ve. Au menu : hausse des salaires et journ&#233;e de huit heures. Le conflit dure 50 jours, aliment&#233; par cinq soupes populaires servant 3 000 repas de soupe de pain et patates tous les jours, le dimanche un bout de viande et des l&#233;gumes, un litre de lait et un &#339;uf par enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On qu&#234;te devant les usines qui ne sont pas en gr&#232;ve. Commer&#231;ants et paysans des alentours fournissent du pain, des chaussettes, des patates, du cidre, des st&#232;res de bois pour les po&#234;les. Des dons arrivent de toute la France. Les cantines scolaires nourrissent gratis les m&#244;mes des gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les fermes o&#249; on aurait quelque chose&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Mai-68, dans l'Ouest notamment, les paysans refilent volontiers leurs productions aux gr&#233;vistes : &#171; &lt;i&gt;Dans les fermes, on a r&#233;cup&#233;r&#233; des sacs de pommes de terre, des kilos de cochon, on en avait plein la camionnette, c'&#233;tait donn&#233; gratis, on avait fait une distribution de tracts auparavant et donc on savait que dans telle ou telle ferme, on aurait quelque chose&lt;/i&gt; &#187;, raconte un ancien du PSU&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans les ann&#233;es 1970, le Parti socialiste unifi&#233; se positionnait &#224; la gauche (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, face &#224; la guerre sociale raviv&#233;e par Macron, zadistes, paysans et gr&#233;vistes rallument en Loire-Atlantique les marmites, &#224; m&#234;me de faire durer une gr&#232;ve, en articulant auto-organisation militante et cha&#238;ne de soutien, du champ au piquet de gr&#232;ve. Une permanence de la cambuse des luttes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans les ann&#233;es 1970, le Parti socialiste unifi&#233; se positionnait &#224; la gauche du Parti socialiste, et &#233;tait proche de la gauche autogestionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Cuisine : Respecte l'aliment, coll&#232;gue !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Cuisine-Respecte-l-aliment</link>
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		<dc:date>2014-09-17T02:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>Nieves</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>soupe</dc:subject>
		<dc:subject>pistou</dc:subject>
		<dc:subject>meilleure soupe</dc:subject>
		<dc:subject>pommade</dc:subject>
		<dc:subject>sein d'une</dc:subject>
		<dc:subject>souvent rage</dc:subject>
		<dc:subject>meilleure</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Autour d'une recette, de la meilleure des fa&#231;ons de pr&#233;parer un plat, la pol&#233;mique fait souvent rage, y compris au sein d'une m&#234;me famille. Alors, imaginez quand le d&#233;bat est port&#233; en place publique, &#224; Marseille, une des capitales mondiales de l'exc&#232;s verbal ! Pendant des ann&#233;es &#8211; &#224; cheval entre le deuxi&#232;me et le troisi&#232;me mill&#233;naire &#8211;, un concours de la meilleure soupe au pistou s'est c&#233;l&#233;br&#233; chaque mois de septembre dans le cadre de la F&#234;te du Plateau, &#224; La Plaine. Ouverte &#224; toutes et &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no124-juillet-aout-septembre" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;124 (juillet-aout-septembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soupe" rel="tag"&gt;soupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pistou" rel="tag"&gt;pistou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/meilleure-soupe" rel="tag"&gt;meilleure soupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pommade" rel="tag"&gt;pommade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sein-d-une" rel="tag"&gt;sein d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/souvent-rage" rel="tag"&gt;souvent rage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/meilleure" rel="tag"&gt;meilleure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autour d'une recette, de la meilleure des fa&#231;ons de pr&#233;parer un plat, la pol&#233;mique fait souvent rage, y compris au sein d'une m&#234;me famille. Alors, imaginez quand le d&#233;bat est port&#233; en place publique, &#224; Marseille, une des capitales mondiales de l'exc&#232;s verbal ! Pendant des ann&#233;es &#8211; &#224; cheval entre le deuxi&#232;me et le troisi&#232;me mill&#233;naire &#8211;, un concours de la meilleure soupe au pistou s'est c&#233;l&#233;br&#233; chaque mois de septembre dans le cadre de la F&#234;te du Plateau, &#224; La Plaine. Ouverte &#224; toutes et &#224; tous, cette coupe du monde de quartier &#233;tait un pr&#233;texte &#224; d&#233;gustation et joutes oratoires, tout en maintenant un niveau &#233;lev&#233; d'exigence gastronomique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH566/_o_supp-carolina_maiz-991a6.jpg?1768650646' width='400' height='566' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nieves.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La soupe au pistou&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note &#224; l'usage des Fran&#231;ais handicap&#233;s de la bouche : l'accent tonique se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, sans doute d'origine g&#234;noise, est un plat-phare de la culture proven&#231;ale. Et de m&#234;me que chaque vall&#233;e avait son propre parler, chaque famille poss&#232;de sa v&#233;rit&#233; sur le comment et le pourquoi de cette soupe estivale &#224; savourer entre chien et loup. D'aucuns lui donnent l'aspect d'un plantureux potage, d'autres pr&#233;f&#232;rent la finesse d'un bouillon o&#249; les l&#233;gumes restent fermes et le pesto se sert &#224; part, au go&#251;t de chaque convive. C'est dire s'il y a mati&#232;re &#224; bavardage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les candidats au grand concours pr&#233;sentaient leur gamelle &#8211; et si elle &#233;tait en terre cuite ou en fonte, ils attiraient la bienveillance des jur&#233;s qui, par contre, voyaient d'un &#339;il s&#233;v&#232;re le conditionnement en Tupperware&#8230; &#8211; et le nom de chaque ma&#238;tre-d'&#339;uvre &#233;tait soigneusement dissimul&#233; pour &#233;viter tout favoritisme. Le jury &#233;tait compos&#233; d'expertes en la mati&#232;re, souvent coopt&#233;es dans le vivier des vainqueurs des pr&#233;c&#233;dentes &#233;ditions. Ce qui garantissait une certaine intransigeance, alli&#233;e &#224; la culture du secret familial, ainsi qu'une mise sous (grosse) pression des candidats &#8211; on en a vu plus d'un fondre en larmes sous la duret&#233; des critiques. Il fallait une sacr&#233;e dose d'ego pour s'exposer ainsi &#224; la vindicte &#8211; ou aux vivats &#8211; de la foule !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secret de polichinelle : chez nous, on met sur le feu tous les l&#233;gumes ensemble dans une marmite &#224; moiti&#233; pleine d'eau &#8211; haricots (verts, plats, blancs et marbr&#233;s), patates, courgettes et tomates &#8211;, pendant qu'&#224; c&#244;t&#233; on pr&#233;pare la pommade dans un mortier : pas mal d'ail, de l'huile d'olive, un plant de basilic, puis du parmesan r&#226;p&#233;. On retire les l&#233;gumes au fur et &#224; mesure qu'ils s'attendrissent, tomates, courgettes et pommes de terre venant s'ajouter &#224; la pommade dans un grand plat, o&#249; ils sont &#233;cras&#233;s au pilon : voil&#224; la pommade pr&#234;te, puissante, odorante. Les quatre types de haricots continuent &#224; cuire dans leur eau tout le temps qu'il leur faut pour s'attendrir eux aussi, puis on &#233;teint le feu et on leur ajoute la pommade. On laisse ensuite reposer pour que la pommade s'&#233;panouisse dans l'eau des haricots. Ce n'est qu'au moment de servir qu'on ajoutera une poign&#233;e de spaghettis coup&#233;s en quatre, cuits &#224; part pour qu'ils soient &lt;i&gt;al dente&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il manque &#224; la recette &#171; le secret de famille &#187; propre &#224; chacune et &#224; ne pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Voil&#224; la version uniciste et onctueuse de la soupe au pistou, l&#224; o&#249; d'autres pr&#233;f&#232;rent servir le pistou s&#233;par&#233;ment sur la table, &#224; c&#244;t&#233; d'une soupi&#232;re o&#249; les l&#233;gumes, coup&#233;s en d&#233;s, restent entiers dans un jus plus liquide, plus l&#233;ger. C'est avec cette derni&#232;re version que, cette ann&#233;e-l&#224;, Marie-la-Morue, membre toulousaine du &lt;i&gt;chourmo&lt;/i&gt; et future patronne du regrett&#233; restaurant du Midi, sis au 36 de la rue Consolat, rafla tous les suffrages &#8211; en v&#233;rit&#233;, la soupe au pistou de Marie tue sa m&#232;re : la meilleure apr&#232;s celle de&#8230; la mienne, bien &#233;videmment, adepte, elle, de la version plantureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me ann&#233;e, alors que s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s une dizaine de candidats &#224; ce qui s'av&#233;rera &#234;tre l'avant-derni&#232;re &#233;dition de ce m&#233;morable concours, Carolina, cuisini&#232;re &lt;i&gt;free-style&lt;/i&gt; elle aussi en provenance de Toulouse, provoqua une sanglante pol&#233;mique. La principale int&#233;ress&#233;e pr&#233;tend que le mets qu'elle pr&#233;senta &#233;tait un d&#233;lice, et qu'elle aurait pu aller beaucoup plus loin dans la comp&#233;tition si le jury &#8211; &#171; &lt;i&gt;des puristes ind&#233;crottables&lt;/i&gt; &#187; &#8211; n'avait ouvert de grands yeux horrifi&#233;s en d&#233;couvrant des grains de ma&#239;s flottant dans le divin potage. &#171; &lt;i&gt;J'y ai mis la graine de ma culture chilienne, la base de notre alimentation, en hommage &#224; ma maman&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Hommage qui ne fut pas du go&#251;t du jury. L'anath&#232;me fut lanc&#233; contre cette h&#233;r&#233;sie. &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas faire n'importe quoi avec la tradition !&lt;/i&gt; &#187;, tonne encore aujourd'hui l'un des jur&#233;s offusqu&#233;s. &#171; &lt;i&gt;D'autant que le principe de la soupe au pistou, comme de toutes les recettes populaires, c'est de faire avec les ingr&#233;dients locaux et de saison. Et, que je sache, en Provence, on n'a jamais vu pousser de ma&#239;s, ni en &#233;t&#233;, ni en hiver ! La preuve, c'est que faute de ma&#239;s frais, c'est avec du ma&#239;s en bo&#238;te que la coll&#232;gue nous avait inflig&#233; sa mixture ! &lt;/i&gt; &#187; Dissension radicale autour de la d&#233;licate relation entre tradition et innovation. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s la&lt;/i&gt; World music, &lt;i&gt;qui nous fait traverser en touristes des univers sonores exotiques, voil&#224; la&lt;/i&gt; World food&lt;i&gt;, o&#249; on se pique d'utiliser des ingr&#233;dients venus de l'autre bout du monde pour fasciner des consommateurs en mal de sensations.&lt;/i&gt; &#187; Pour Carolina, il ne s'agissait pas de vendre de l'exotisme, mais de provoquer la surprise, et la bonne humeur. Rat&#233;. Comme lors de cette autre m&#233;saventure culinaire v&#233;cue dans un petit village mexicain : un Marseillais, remarquant que les autochtones avaient tous du basilic plant&#233; devant le pas de leur porte, se proposa un jour de cuisiner une soupe au pistou. Mais son plat fut finalement jet&#233; aux cochons : personne ne voulait y go&#251;ter, car le basilic est utilis&#233; l&#224;-bas pour soigner les victimes du mauvais &#339;il, et sert &#233;galement &#224; d&#233;corer les tombes&#8230; L'&#233;tranger avait voulu faire avaler &#224; ses h&#244;tes l'&#233;quivalent d'une soupe de chrysanth&#232;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est l&#224;. Jusqu'o&#249; peut-on aller trop loin dans la customisation culinaire sans mettre &#224; mal le legs de g&#233;n&#233;rations et de g&#233;n&#233;rations de mamans, de ce savoir-faire transmis familialement, de ces saveurs qui forgent le go&#251;t et la cosmovision d'un territoire ? &#192; partir de quelle audace doit-on cesser d'appeler soupe au pistou cette soupe au basilic ? Et cela va bien au-del&#224; du protectionnisme chauvin et commercial d'une appellation contr&#244;l&#233;e &#8211; Champagne contre Cava catalan, par exemple. On touche l&#224; au plus profond, au plus intime de l'&#234;tre : car au final, nous sommes ce que nous mangeons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Note &#224; l'usage des Fran&#231;ais handicap&#233;s de la bouche : l'accent tonique se met sur le i, par sur le ou.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il manque &#224; la recette &#171; le secret de famille &#187; propre &#224; chacune et &#224; ne pas r&#233;v&#233;ler ici. (Note de la claviste qui revendique une meilleure soupe au pistou que celle de Nicolas Arraitz.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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