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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Proc&#232;s de la catastrophe AZF : Pas cher pay&#233;...</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 31 octobre, la cour d'appel de Paris a rendu sa d&#233;cision dans le troisi&#232;me proc&#232;s de la catastrophe AZF. L'explosion de l'usine chimique, le 21 septembre 2011 &#224; Toulouse, avait fait 31 morts, plus de 11 000 bless&#233;s, et traumatis&#233; &#224; vie les habitants de la Ville rose. Pour ce forfait, Serge Biechlin, l'ancien directeur d'AZF, a &#233;cop&#233; de quinze mois avec sursis et de 10 000 &#8364; d'amende. L'entreprise Grande Paroisse, filiale du groupe Total et gestionnaire du site, a eu droit, quant &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 31 octobre, la cour d'appel de Paris a rendu sa d&#233;cision dans le troisi&#232;me proc&#232;s de la catastrophe AZF. L'explosion de l'usine chimique, le 21 septembre 2011 &#224; Toulouse, avait fait 31 morts, plus de 11 000 bless&#233;s, et traumatis&#233; &#224; vie les habitants de la Ville rose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour ce forfait, Serge Biechlin, l'ancien directeur d'AZF, a &#233;cop&#233; de quinze mois avec sursis et de 10 000 &#8364; d'amende. L'entreprise Grande Paroisse, filiale du groupe Total et gestionnaire du site, a eu droit, quant &#224; elle, &#224; la peine maximale pr&#233;vue par la loi. C'est-&#224;-dire une tape sur les doigts de 225 000 &#8364;. Mais contre la maison-m&#232;re ? Nib, nada, que dalle. La raison avanc&#233;e ? Total n'avait le groupe Grande Paroisse dans son giron que depuis un an. Pourtant, pendant seize ans, c'est bien la &#171; supermajor &#187; fran&#231;aise du p&#233;trole et du gaz qui a d&#233;ploy&#233; d'&#233;normes moyens juridiques, techniques et relationnels pour renvoyer l'origine de l'accident industriel &#224; de fausses pistes (m&#234;me les plus naus&#233;abondes, avec l'&#233;vocation d'une piste terroriste). Ainsi que pour nettoyer la sc&#232;ne de crime d&#232;s les premiers jours et pour faire taire les t&#233;moins, subitement amn&#233;siques. &#171; &lt;i&gt;Depuis seize ans, &#224; toutes les &#233;tapes et sur tous les sujets, il n'y a pas eu de diff&#233;rence notable entre la strat&#233;gie de Total et de sa filiale &#224; 100 % AZF d'une part, et celle de la direction locale d'autre part, remarque le repr&#233;sentant de la F&#233;d&#233;ration chimie de la CGT. C'est pourquoi nous ne les distinguons pas aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dumping social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette op&#233;ration de blanchiment de Total et des condamnations qui ne sont pas &#224; la mesure des destructions humaines et mat&#233;rielles, celles et ceux qui ont pu assister &#224; toutes les s&#233;ances du proc&#232;s semblent plut&#244;t satisfaits du r&#233;sultat : &#171; &lt;i&gt;Nous consid&#233;rons comme une victoire que le tribunal ait pu prononcer une condamnation, f&#251;t-elle symbolique&lt;/i&gt; &#187;, poursuit le repr&#233;sentant syndical. Il faut pr&#233;ciser que ce troisi&#232;me proc&#232;s se pr&#233;sentait sous de mauvais auspices. Il se d&#233;roulait en effet loin de Toulouse, rendant difficile la pr&#233;sence permanente des victimes. De plus, Total a eu toute latitude pour faire jouer &#224; plein ses connaissances m&#233;diatiques et politiques, afin de minimiser &#224; nouveau sa responsabilit&#233; et celle du groupe Grande Paroisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tous ces obstacles &#224; la tenue d'un proc&#232;s &#233;quitable, la cour d'appel a confirm&#233; le jugement pr&#233;c&#233;dent. Et act&#233; que c'est bien la sous-traitance, utilis&#233;e comme moyen de dumping social, qui est la cause principale du drame. Ont &#233;galement &#233;t&#233; point&#233;s la passivit&#233; de la Direction r&#233;gionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement, l'autorit&#233; de tutelle, et le refus d'&#233;couter les repr&#233;sentants du personnel, qui avaient maintes fois tir&#233; la sonnette d'alarme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, il n'en fallait pas plus pour que Total et sa clique s'&#233;l&#232;vent contre une telle d&#233;cision : la condamnation d'un directeur, m&#234;me &#224; du sursis, exige d'aller en cassation&#8230; Il y aura donc un quatri&#232;me round judiciaire. Une &#233;ni&#232;me p&#233;rip&#233;tie qui intervient au moment m&#234;me o&#249; l'actuel gouvernement, &#224; la demande du patronat, supprime les comit&#233;s hygi&#232;ne et s&#233;curit&#233;, ainsi que les r&#232;gles protectrices du Code du travail et du Code de l'environnement. Toutes les conditions sont donc r&#233;unies pour faciliter la survenue d'un autre accident majeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D'un cycle, l'autre</title>
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		<dc:date>2008-07-14T07:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;IL Y A UN AN, l'avenir de la bo&#238;te &#233;tait plus que compromis, et tout le monde parlait de la fermeture de l'usine et m&#234;me du groupe (qui est devenu minuscule avec moins de mille salari&#233;s alors qu'il en avait connu quinze fois plus). La direction g&#233;n&#233;rale restait dans le flou mais c'&#233;tait une situation qu'on connaissait bien, puisque depuis vingt-cinq ans les plans de restructuration se sont suivis les uns apr&#232;s les autres. Et voil&#224; qu'en septembre 2007, la tendance s'est invers&#233;e et des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;IL Y A UN AN, l'avenir de la bo&#238;te &#233;tait plus que compromis, et tout le monde parlait de la fermeture de l'usine et m&#234;me du groupe (qui est devenu minuscule avec moins de mille salari&#233;s alors qu'il en avait connu quinze fois plus). La direction g&#233;n&#233;rale restait dans le flou mais c'&#233;tait une situation qu'on connaissait bien, puisque depuis vingt-cinq ans les plans de restructuration se sont suivis les uns apr&#232;s les autres.
Et voil&#224; qu'en septembre 2007, la tendance s'est invers&#233;e et des tonnes d'engrais sont sorties des trois usines restantes. Des records de production ont &#233;t&#233; atteints, avec moins d'ateliers de fabrication et beaucoup moins de salari&#233;s, pour un produit qui se vend encore plus cher qu'avant, bien plus cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; ? Les agriculteurs c&#233;r&#233;aliers ont vu leurs profits augmenter consid&#233;rablement avec le coup des &#171; bio &#187;-carburants et l'arriv&#233;e de pays tr&#232;s demandeurs comme la Chine et l'Inde.D'autre part, des jach&#232;res ont &#233;t&#233; r&#233;utilis&#233;es pour ce fameux carburant.Plus de fric chez les c&#233;r&#233;aliers, signifie investissements dans les engrais pour augmenter encore davantage les rendements et b&#233;n&#233;fices mirobolants pour la filiale engrais de Total, GPN (ex- Grande Paroisse), au cours des huit derniers mois (les plus gros b&#233;nefs de l'industrie chimique fran&#231;aise pour l'ann&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; des engrais est tr&#232;s cyclique et,une fois que les agriculteurs et les coop&#233;ratives auront rempli leurs cases d'engrais, il n'est pas &#233;vident que l'embellie continue. L'&#233;t&#233;, les usines d'engrais arrivant dans la p&#233;riode creuse de production,c'est l&#224; que les travaux sont faits. Travaux pour changer des machines et mat&#233;riaux us&#233;s ou pour am&#233;liorer la productivit&#233;. Et surtout travaux pour r&#233;pondre aux besoins de l'administration qui impose un certain nombre de v&#233;rifications et de changements de mat&#233;riel, tous les trois, cinq ou dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande majorit&#233; des ateliers sont donc arr&#234;t&#233;s, d&#233;mont&#233;s, d&#233;soss&#233;s. Toute l'usine est un v&#233;ritable chantier. Alors qu'on n'&#233;tait plus habitu&#233; &#224; voir &#231;a, il y a du monde partout, des prolos partout.Ils sont 500 &#224; &#234;tre venus pour les diff&#233;rents travaux, et il y a m&#234;me une pointe de 700 pr&#233;vue. Sur une usine qui ne compte plus que 300 salari&#233;s, &#231;a se voit.Il s'agit surtout de soudeurs, ajusteurs et m&#233;caniciens et l'usine prend des allures de chantier du BTP. Des ouvriers de diff&#233;rentes bo&#238;tes &#171; sp&#233;cialis&#233;es &#187; se croisent. Ils ont des statuts diff&#233;rents, des salaires diff&#233;rents aussi. Ils sont int&#233;rimaires la plupart du temps. C'est tr&#232;s difficile de contr&#244;ler s'ils font trop d'heures suppl&#233;mentaires ou de voir s'ils travaillent bien dans des conditions s&#233;curis&#233;es. La direction, qui a cr&#233;&#233; des cellules de surveillance, affirme qu'il n'y aura pas de d&#233;passement d'heures suppl&#233;mentaires mais, en m&#234;me temps, elle pousse &#224; la roue pour que les travaux soient faits dans un minimum de temps. En plus de ces chantiers, un nouvel atelier est en cours de construction. Du jamais-vu depuis plus de quinze ans.Il servira &#224; fabriquer de l'acide nitrique,entra&#238;nera la fermeture de deux autres unit&#233;s et surtout emploiera moins de monde pour le conduire (et de &#231;a, personne n'en parle). C'est une entreprise tch&#232;que qui g&#232;re l'affaire et le chantier est carr&#233;ment entour&#233; de grilles et de balustrades, non pas pour en interdire l'acc&#232;s, mais pour que les ouvriers polonais et tch&#232;ques venus ici ne viennent pas voir nos installations de trop pr&#232;s et, donc, faire de l'espionnage. Vu l'&#226;ge de nos installations, je ne vois pas ce qui pourrait les int&#233;resser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je ne vous dis rien sur la dizaine d'ing&#233;nieurs chinois venus se former pour g&#233;rer une installation d'engrais chez eux. Ils sont confin&#233;s dans une salle &#224; l'ext&#233;rieur de l'usine et ne peuvent voir que ce que la direction veut bien laisser transpara&#238;tre. S'ils n'ont plus de commissaire du peuple pour les accompagner, ils ne peuvent rencontrer que quelques personnes techniquement asserment&#233;es. Impossible pour nous de les c&#244;toyer. Voil&#224; ce qui se passe ce mois-ci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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