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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Cheval de labeur, cheval de gr&#226;ce</title>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Peylet</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Killian Pelletier</dc:subject>
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		<dc:subject>Allez</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Longtemps essentiel aux paysans, le cheval de trait a bien failli dispara&#238;tre une fois l'agriculture m&#233;canis&#233;e. Rat&#233; : depuis une vingtaine d'ann&#233;es, il fait son grand retour dans les champs. Derri&#232;re l'image de carte postale de beaux chevaux crini&#232;re au vent, on a voulu savoir ce que cette pratique disait de la condition animale au travail. Direction l'Ard&#232;che. &#171; Un pas&#8230; Droite&#8230; Allez, un pas&#8230; Arr&#234;t. &#187;. D'une voix douce et ferme, No&#233;mie dirige Iouki, un cheval de trait comtois de bient&#244;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Noemie" rel="tag"&gt;No&#233;mie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Allez" rel="tag"&gt;Allez&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longtemps essentiel aux paysans, le cheval de trait a bien failli dispara&#238;tre une fois l'agriculture m&#233;canis&#233;e. Rat&#233; : depuis une vingtaine d'ann&#233;es, il fait son grand retour dans les champs. Derri&#232;re l'image de carte postale de beaux chevaux crini&#232;re au vent, on a voulu savoir ce que cette pratique disait de la condition animale au travail. Direction l'Ard&#232;che.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3639 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH378/-1780-004d1.jpg?1779748348' width='500' height='378' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Killian Pelletier
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un pas&#8230; Droite&#8230; Allez, un pas&#8230; Arr&#234;t.&lt;/i&gt; &#187;. D'une voix douce et ferme, No&#233;mie dirige Iouki, un cheval de trait comtois de bient&#244;t quatre ans, le positionnant entre deux rangs de vigne pour remuer la terre et l'a&#233;rer. Puis elle bloque les dents de la petite herse que le cheval va tracter et l'aligne correctement, remet d'aplomb autour de son torse les guides reli&#233;s au mors et lance un sonore &#171; &lt;i&gt;Devant&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; L'attelage se met alors en branle d'un pas tranquille et r&#233;gulier, ne s'arr&#234;tant qu'un instant, le temps que le crottin de Iouki vienne enrichir le sol fra&#238;chement retourn&#233;. Et voil&#224; quelques arpents de terre viticole d&#233;sherb&#233;s sans autre produit que les gouttes de sueur d'une femme et d'un cheval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#233;mie Courson travaille au Mas de Libian, &#224; Saint-Marcel-d'Ard&#232;che, avec la famille Thibon. Ce domaine, certifi&#233; en biodynamie, revendique plus de trois si&#232;cles d'existence sans qu'aucun pesticide ni herbicide n'ait jamais &#233;t&#233; r&#233;pandu sur ses 25 hectares de vignes. Depuis le milieu des ann&#233;es 2000, le travail du sol s'y fait en traction &#233;quine, et pas seulement pour faire de belles photos, comme l'explique No&#233;mie : &#171; &lt;i&gt;Si tu travailles la vigne en biodynamie, le choix du cheval est logique, tu ne devrais m&#234;me pas pouvoir faire autrement. Tu t'attaches &#224; respecter un cycle naturel et le cheval y a toute sa place.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me s'il est de belle corpulence, le cheval de trait, par son pas lent, a un effet moindre que le tracteur sur le tassement de la terre au pied des vignes. Un d&#233;tail pour le profane mais un d&#233;tail qui, r&#233;p&#233;t&#233; &#224; longueur d'ann&#233;e, rev&#234;t une importance fondamentale pour les vignerons s'attachant &#224; produire des vins sains, issus d'une terre qui respire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cheval 1 - Tracteur 0&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sous l'impulsion, essentiellement, d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration de vignerons ayant souhait&#233; red&#233;finir leur rapport &#224; la terre, le cheval a donc retrouv&#233; le chemin des champs apr&#232;s de longues d&#233;cennies d'&#233;clipse. Une tendance qui n'a rien d'&#233;ph&#233;m&#232;re, des pr&#233;curseurs comme le Mas de Libian inspirant de nouveaux arrivants. Toujours en Ard&#232;che mais 40 km au nord, &#224; Aubignas, L&#233;na et Alex ont investi un coteau et viennent de planter leurs pieds de vignes sur l'hectare et demi du domaine des Bois Perdus. Pour eux le choix est d&#233;j&#224; fait : &#171; &lt;i&gt;Ce qu'on b&#226;tit est bas&#233; sur la conviction que la vigne est un &#234;tre vivant. Au m&#234;me titre que les oliviers qui sont au-dessus, que les bois qui l'entourent. Ou que les animaux qui viennent pisser et chier &#224; ses pieds. Ou que nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour les futurs travaux dans les vignes, entre un Massey Ferguson rutilant et un Comtois ou un Percheron, L&#233;na n'h&#233;site pas : &#171; &lt;i&gt;Un tracteur, &#231;a perd de l'huile, &#231;a fume, &#231;a pue, &#231;a te menotte &#224; ton banquier pendant des ann&#233;es et tu ne peux pas discuter avec lui quand tu en as marre de planter des piquets ou de piocher. Un cheval ne cr&#233;e pas de dette mais du lien, et c'est de l'or pour la vigne.&lt;/i&gt; &#187; L'histoire r&#233;cente du vieux tracteur, r&#233;cup&#233;r&#233; pour de gros &#339;uvres sur leur domaine, qui a pris feu tout seul sous les yeux de L&#233;na, cramant une remise au passage, ne fera qu'ent&#233;riner l'option animale.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le cheval est dans la place&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau rapport au vivant passe donc par des choix r&#233;fl&#233;chis, d&#233;termin&#233;s, &#233;thiques autant qu'&#233;cologiques. Inclure le cheval dans ce travail quotidien ne rel&#232;ve plus de la contrainte mais du d&#233;sir. Une vraie rupture si l'on reprend l'histoire du labeur de l'animal domestique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout temps, les b&#234;tes de somme ont fourni trois apports majeurs aux soci&#233;t&#233;s humaines : nourriture, vitesse et confort de d&#233;placement, force de travail. Un triptyque d&#233;clin&#233; sous toutes les latitudes et dans lequel z&#233;bu, yack, dromadaire, chien, &#233;l&#233;phant, b&#339;uf, cheval forment un bestiaire de l'animal au travail. Portant, tractant, il prend place dans toutes les &#233;pop&#233;es humaines, les plus nobles comme les plus sales, accompagnant &#224; son corps d&#233;fendant des bouleversements de grande ampleur, comme le souligne l'historien &#201;ric Baratay : &#171; &lt;i&gt;La multiplication des animaux de trait pr&#233;cipite les campagnes dans l'&#233;conomie de production, d'&#233;change, de croissance du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle industriel &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B&#234;tes de somme, Seuil, 2011&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce panorama, le cheval est omnipr&#233;sent, utile aux champs comme &#224; la ville : il est de tous les transports (individuels ou collectifs), de tous les labeurs, de toutes les industries (agricoles, foresti&#232;res, mini&#232;res), de toutes les guerres (700 000 chevaux morts lors de la Premi&#232;re Guerre mondiale), de tous les loisirs. Tout autant pilier du monde agricole que compagnon d'agr&#233;ment, symbole de puissance sociale que &#171; &lt;i&gt;sous-prol&#233;taire sur lequel est construit l'essor &#233;conomique&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;, on compte ainsi pas moins de trois millions de chevaux sur le sol fran&#231;ais en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pic de population qui d&#233;clinera lentement mais s&#251;rement au gr&#233; de la m&#233;canisation de l'agriculture et de la motorisation des transports. Au lendemain des ann&#233;es 1950, le cheval de trait dispara&#238;t progressivement du paysage et les neuf races fran&#231;aises semblent promises &#224; l'extinction. Si, &#224; cette &#233;poque, il anime encore quelques f&#234;tes des moissons et autres kermesses, il ne doit finalement sa survie... qu'au commerce de sa viande pour lequel un cheptel assez cons&#233;quent aura &#233;t&#233; maintenu, suffisant pour r&#233;activer ensuite une fili&#232;re de reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un compagnon de travail&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;surrection du cheval de trait &#224; la fin du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle tient donc quelque peu du miracle. Et celles et ceux qui participent &#224; son retour entretiennent avec lui un rapport empreint d'un intense respect : &#171; &lt;i&gt;Avec mon cheval Iouki je suis dans un dialogue permanent,&lt;/i&gt; raconte No&#233;mie.&lt;i&gt; Il vient d'arriver au domaine et, tous les deux, on apprend &#224; se conna&#238;tre, &#224; se respecter, &#224; avoir confiance l'un en l'autre. Ce n'est pas un animal de compagnie, c'est un compagnon de travail, de vie.&lt;/i&gt; &#187; L'observant &#224; l'&#339;uvre avec Iouki, marchant tous deux du m&#234;me pas, je constate l'osmose qui les lie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iouki est le premier cheval de No&#233;mie. Si, plus jeune, elle a longuement c&#244;toy&#233; des chevaux dans un ranch savoyard, ce n'&#233;tait alors que du loisir et elle ne s'imaginait pas y revenir plus tard : &#171; &lt;i&gt;Je suis venue au Mas de Libian comme saisonni&#232;re pour les vendanges et, comme j'aimais les chevaux, Catherine Thibon, qui s'en occupait, m'a prise avec elle. J'ai tellement aim&#233; qu'en 2018 j'ai commenc&#233; une formation de conduite de chevaux de trait. Depuis 2019 je propose des prestations &#224; d'autres domaines, dans les vignes, ou en mara&#238;chage. Et de la demande, il y en a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Pour voler de ses propres ailes, No&#233;mie vient donc de faire l'acquisition de Iouki qu'elle est all&#233;e chercher dans le Jura. Elle sourit en se rem&#233;morant cette journ&#233;e : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;leveur m'a pr&#233;sent&#233; deux chevaux. Le premier &#233;tait poli, il ob&#233;issait mais rien de plus... Il n'en avait clairement rien &#224; foutre de moi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! J'ai vite senti que &#231;a ne le ferait pas. Et puis avec celui-l&#224;,&lt;/i&gt; poursuit-elle en caressant l'encolure de Iouki, &lt;i&gt;il s'est tout de suite pass&#233; quelque chose, une attention, un d&#233;sir d'&#234;tre ensemble.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Respect mutuel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le bin&#244;me est en apprentissage, chacun d&#233;couvrant les attentes de l'autre et ses limites. La t&#226;che de No&#233;mie ne rel&#232;ve pas du dressage : &#171; &lt;i&gt;C'est un partenariat, tout repose sur les sensations. Il faut que ce soit harmonieux. On prend notre temps, c'est essentiel pour le lien. On va travailler ensemble du printemps &#224; l'automne, six jours sur sept, six heures par jour. Et l'hiver, c'est vacances pour tout le monde&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Si Iouki ne se blesse pas, ce partenariat peut durer vingt ans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce mercredi pluvieux, No&#233;mie &#233;courte le travail dans les vignes. La terre est trop grasse, Iouki bosse pour rien. En rentrant &#224; l'&#233;curie, on passe devant une mare bruyamment anim&#233;e par des grenouilles tandis que deux geais se chamaillent au-dessus de nos t&#234;tes. Puis on n'entend plus que le son des sabots sur les cailloux, le raclement de la herse, les mots que murmurent No&#233;mie &#224; son cheval et le &lt;i&gt;plic-ploc&lt;/i&gt; des gouttes. &#199;a sent l'herbe mouill&#233;e et le crottin. Chaque chose est &#224; sa place, surtout le tracteur en train de rouiller dans un champ plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Peylet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie de notre dossier &#171; Demain les b&#234;tes ! &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;B&#234;tes de somme&lt;/i&gt;, Seuil, 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; &lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>2012, ann&#233;e de la loose</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/2012-annee-de-la-loose</link>
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		<dc:date>2012-02-22T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Un matin de plus &#224; l'usine. Un matin de plus dans cette ambiance mortif&#232;re. Quelques ateliers fument &#224; peine. C'est d&#233;sagr&#233;able de continuer &#224; venir bosser dans une usine en fin de vie, d'autant que l'agonie dure depuis des ann&#233;es et qu'on ne sait toujours pas quand et comment se d&#233;roulera la phase terminale. Vous allez me dire : &#171; Allez, Jean-Pierre, c'est pas la mort ! &#187; Ben, si. Depuis l'accident du 29 septembre (voir CQFD n&#176; 93) au cours duquel on a, une fois de plus, fris&#233; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un matin de plus &#224; l'usine. Un matin de plus dans cette ambiance mortif&#232;re. Quelques ateliers fument &#224; peine. C'est d&#233;sagr&#233;able de continuer &#224; venir bosser dans une usine en fin de vie, d'autant que l'agonie dure depuis des ann&#233;es et qu'on ne sait toujours pas quand et comment se d&#233;roulera la phase terminale. Vous allez me dire :&lt;i&gt; &#171; Allez, Jean-Pierre, c'est pas la mort ! &#187;&lt;/i&gt; Ben, si.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'accident du 29 septembre (voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Dix-ans-plus-tard'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 93&lt;/a&gt;) au cours duquel on a, une fois de plus, fris&#233; la catastrophe, rien ne va plus. L'atelier de fabrication d'ammoniac, outre les stigmates de l'incendie, est bard&#233; d'&#233;chafaudages et partiellement&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH549/96efix-0c3b1.png?1779602928' width='400' height='549' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;d&#233;mont&#233;. C'est gris, triste et sale. Un vieil atelier (plus de trente ans) qui ne donne pas envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En salle de contr&#244;le, on se morfond sur le pr&#233;sent et l'avenir. Comme me le dit un copain : &lt;i&gt;&#171; On n'arrive pas &#224; &#234;tre optimiste &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s l'incident, la direction avait dit que les travaux de r&#233;paration seraient effectu&#233;s (pour cinq millions d'euros au minimum) et que l'unit&#233; red&#233;marrerait en f&#233;vrier, voire mars. Elle avait promis aussi qu'il n'y aurait pas de ch&#244;mage technique, les retards en formation &#233;tant tels que le temps &#171; libre &#187; serait mis &#224; profit pour que tout le monde soit &#224; niveau. Aujourd'hui, les travaux semblent gel&#233;s en attendant des d&#233;cisions prises au plus haut niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les autres ateliers de l'usine, m&#234;me neufs, fonctionnent mal, parfois tr&#232;s mal. Ce qui fait que les coll&#232;gues s'occupent soit en nettoyant un atelier &#224; l'arr&#234;t, soit en courant faire des man&#339;uvres stressantes d'arr&#234;t ou de d&#233;marrage. Le tout avec des chefs eux-m&#234;mes stress&#233;s&#8230;
L'accident de septembre est d&#251; &#224; une petite vanne dont une pi&#232;ce s'est &#233;ject&#233;e. Pas grand-chose, quoi. Sauf que dans les conduites ce n'est pas de l'eau qui passe mais du gaz, de l'hydrog&#232;ne et de l'ammoniac ! Chaque incident prend alors des proportions dramatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Direction r&#233;gionale de l'environnement, de l'am&#233;nagement et du logement (Dreal) demande des travaux de s&#233;curisation importants avant tout red&#233;marrage et c'est plus que normal. De leur c&#244;t&#233;, les &#233;lus locaux se posent des questions sur cet atelier dangereux qui occupe peu de salari&#233;s. En m&#234;me temps &lt;i&gt;&#171; l'actionnaire principal &#187;&lt;/i&gt; (comme ils disent) &#8211; Total &#8211; se pose aussi des questions sur le maintien de l'activit&#233;, alors que d'ici quelques mois de nouvelles unit&#233;s bas&#233;es en &#201;gypte et Alg&#233;rie vont commencer &#224; produire et, ainsi, faire baisser le cours de l'ammoniac, ce qui rendra bon march&#233; son transport vers l'usine, o&#249; il y a de quoi stocker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est m&#234;me le staff du p&#233;trolier qui a pris les choses en main. Les d&#233;cisions seront prises en haut lieu, au d&#233;triment de la filiale qui g&#232;re l'usine. D'o&#249; cette ambiance toute pourrie. Les coll&#232;gues disent qu'on n'est plus dans une usine qui fabrique des engrais, mais dans des lieux o&#249; on fabrique des proc&#233;dures. Car c'est de &#231;a dont il est question, l'encadrement et la direction ne parlent plus que s&#233;curit&#233; et environnement. Tout manquement aux r&#232;gles est puni. Les agents de ma&#238;trise se bouffent entre eux, des discours r&#233;acs prennent le dessus. Non, je vous dis, c'est pas la f&#234;te. Le No Future, c'est pas facile &#224; vivre tous les jours. Que faire ? Red&#233;marrer en risquant sa peau, arr&#234;ter l'atelier, l'usine, ou &#234;tre vendu &#224; un repreneur pas regardant ? Des perspectives pas folichonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DRH pense m&#234;me activer une cellule psychologique pour que le personnel voie l'avenir plus positivement ! Aujourd'hui, lorsque je sors de l'usine, je croise Jean-Claude. Il me dit : &lt;i&gt;&#171; Moi, je m'en fous, je pars en retraite dans quatorze jours, mais vous, vous allez souffrir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une Laf&#226;me russe sous le sapin</title>
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		<dc:date>2010-12-22T06:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mademoiselle</dc:creator>


		<dc:subject>Les entrailles de Mademoiselle</dc:subject>
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		<dc:subject>Allez</dc:subject>
		<dc:subject>No&#235;l</dc:subject>
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&lt;p&gt;Mademoiselle se creusait la t&#234;te pour savoir quel cadeau de No&#235;l vous conseiller cette ann&#233;e. Et puis elle a eu une illumination : et pourquoi pas un &#171; coffret cadeau &#187; humain ? Comme un rein ferait d&#233;sordre sous le sapin, Mademoiselle a pens&#233; qu'en revanche, une Laf&#226;me enrubann&#233;e serait du meilleur effet ! Pour rester dans l'esprit de No&#235;l, Mademoiselle a privil&#233;gi&#233; des sites sur lesquels acheter une Laf&#226;me s'apparenterait &#224; l'adoption d'un chaton angora aupr&#232;s de la SPA. C'est le cas du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no84-decembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;84 (d&#233;cembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-entrailles-de-Mademoiselle" rel="tag"&gt;Les entrailles de Mademoiselle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tanxxx" rel="tag"&gt;Tanxxx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Allez" rel="tag"&gt;Allez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Noel" rel="tag"&gt;No&#235;l&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_45 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/ok84-Tanxxx-99b02.png?1779602696' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;ademoiselle se creusait la t&#234;te pour savoir quel cadeau de No&#235;l vous conseiller cette ann&#233;e. Et puis elle a eu une illumination : et pourquoi pas un &#171; coffret cadeau &#187; humain ? Comme un rein ferait d&#233;sordre sous le sapin, Mademoiselle a pens&#233; qu'en revanche, une Laf&#226;me enrubann&#233;e serait du meilleur effet ! Pour rester dans l'esprit de No&#235;l, Mademoiselle a privil&#233;gi&#233; des sites sur lesquels acheter une Laf&#226;me s'apparenterait &#224; l'adoption d'un chaton angora aupr&#232;s de la SPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas du site eurochallenges.com&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les citations sont extraites du site de &#171; rencontre &#187; : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, sur lequel on ne deale pas vulgairement de la viande blanche slave, type filet de dinde bon march&#233;. On y vante plut&#244;t &lt;i&gt;&#171; les symboles de la f&#233;minit&#233; &#187;&lt;/i&gt; des Laf&#226;mes russes, qui &lt;i&gt;&#171; font tr&#232;s attention &#224; elles &#187;&lt;/i&gt; et r&#233;alisent &lt;i&gt;&#171; des prodiges pour essayer de s'habiller &#187;&lt;/i&gt;. Para&#238;t m&#234;me qu'en &lt;i&gt;&#171; hiver, les femmes russes n'h&#233;sitent pas &#224; porter des escarpins dans la neige ! &#187;&lt;/i&gt; Pas de boudin en Moon boots &#224; l'horizon, voil&#224; l'acheteur rassur&#233;. On ne va quand m&#234;me pas se taper des milliers de kilom&#232;tres pour se ramener de la grognasse avari&#233;e. Non, c'est du standing qu'on recherche. Et avec Laf&#226;me russe, vous allez &#234;tre servi, puisque vous aurez &#224; faire &#224; &lt;i&gt;&#171; une beaut&#233; naturelle et inimitable &#187;&lt;/i&gt; : ce sera comme acheter un beau barzo&#239;, ce l&#233;vrier russe rac&#233;. Un peu cher, certes, mais vous verrez, certificats, vaccins, poil soyeux, exotisme, tout y sera. De la pure came, avec une touche de magie de No&#235;l en plus : Laf&#226;me russe &lt;i&gt;&#171; r&#234;ve de grand Amour &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; d&#233;vore les romans de Barbara Cartland &#187;&lt;/i&gt; et fait &lt;i&gt;&#171; passer la famille avant tout ! &#187;&lt;/i&gt; Et cela, sans pour autant &#234;tre soumise et passive : elle a en effet &lt;i&gt;&#171; appris depuis plusieurs g&#233;n&#233;rations &#224; se plier au travail &#187;&lt;/i&gt; et a m&#234;me d&#233;velopp&#233; un certain sens de l'ambition, tout en rejetant &lt;i&gt;&#171; vigoureusement le mod&#232;le f&#233;ministe &#187; &lt;/i&gt; (ouf !). Le cadeau id&#233;al ! Une bonniche qui a de la gueule et que vous allez pouvoir arracher &#224; des &lt;i&gt;&#171; hommes russes [qui] n'ont rien &#224; leur offrir, si ce n'est un encha&#238;nement implacable de lendemains sans avenir &#187;&lt;/i&gt; (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous allez donc pouvoir exhiber votre troph&#233;e fi&#232;rement et baiser la conscience tranquille puisque vous allez lui offrir &lt;i&gt;&#171; une relation sur un pied d'&#233;galit&#233; avec un partenaire respectueux &#187;&lt;/i&gt;. Un geste pour l'humanit&#233;, en somme. Alors si vous r&#234;vez de vous transformer en super-h&#233;ros des steppes, cette ann&#233;e, pensez &#224; mettre une Laf&#226;me russe sous votre sapin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Toutes les citations sont extraites du site de &#171; rencontre &#187; : eurochallenges.com/27_femmes-russes.html.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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