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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>De la jungle de Calais aux centres de r&#233;pit de Marseille</title>
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		<dc:date>2018-02-22T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Evaristo Errante, Anselme Grisoler et Metif Embrene.</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>centres</dc:subject>
		<dc:subject>Calais</dc:subject>
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		<dc:subject>Mohamed</dc:subject>
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		<dc:subject>Laurent</dc:subject>
		<dc:subject>limiter consid&#233;rablement</dc:subject>
		<dc:subject>jungle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mars dernier, l'Observatoire du juge des libert&#233;s et de la d&#233;tention de Marseille (JLD), a re&#231;u la visite de Laurent, militant actif depuis plusieurs ann&#233;es &#224; Calais. Il a livr&#233; un t&#233;moignage amer et d&#233;solant, corroborant les nombreux r&#233;cits de migrants d&#233;j&#224; recueillis par l'observatoire du JLD. Tous font &#233;tat de d&#233;placements forc&#233;s de Calais &#224; Marseille (107 personnes au 30 novembre 2015) et d'enfermements dans le Centre de r&#233;tention (CRA) du Canet, &#224; la suite du d&#233;mant&#232;lement de la zone (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centres" rel="tag"&gt;centres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Calais" rel="tag"&gt;Calais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohamed" rel="tag"&gt;Mohamed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CAO" rel="tag"&gt;CAO&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Laurent" rel="tag"&gt;Laurent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/limiter-considerablement" rel="tag"&gt;limiter consid&#233;rablement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jungle" rel="tag"&gt;jungle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mars dernier, l'Observatoire du juge des libert&#233;s et de la d&#233;tention de Marseille (JLD)&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un groupe b&#233;n&#233;vole qui observe les d&#233;cisions li&#233;es &#224; la d&#233;tention des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, a re&#231;u la visite de Laurent, militant actif depuis plusieurs ann&#233;es &#224; Calais. Il a livr&#233; un t&#233;moignage amer et d&#233;solant, corroborant les nombreux r&#233;cits de migrants d&#233;j&#224; recueillis par l'observatoire du JLD. Tous font &#233;tat de d&#233;placements forc&#233;s de Calais &#224; Marseille (107 personnes au 30 novembre 2015) et d'enfermements dans le Centre de r&#233;tention (CRA) du Canet, &#224; la suite du d&#233;mant&#232;lement de la zone sud de la &#171; jungle &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis octobre, le gouvernement veut &#171; d&#233;sengorger la jungle &#187; de Calais en r&#233;partissant les r&#233;fugi&#233;s sur le territoire fran&#231;ais, pour limiter consid&#233;rablement leur nombre sur place. Ils &#233;taient encore 8 000 avant l'automne. Pour Laurent, &#171; &lt;i&gt;cela s'est fait dans le chaos et avec une r&#233;flexion minimale de la part des autorit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. La strat&#233;gie de dispersion est complexe. D'une part, des interventions muscl&#233;es ont conduit &#224; la d&#233;portation de r&#233;fugi&#233;s (dont des nationalit&#233;s prot&#233;g&#233;es non expulsables) vers les CRA. D'autre part, les r&#233;fugi&#233;s ont &#233;t&#233; incit&#233;s par des repr&#233;sentants de l'&#201;tat &#224; rejoindre l'un des Centres d'accueil et d'orientation (CAO).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Centres de r&#233;pit &#187;, quel nom &#233;trange...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, 134 CAO, aussi appel&#233;s &#171; centres de r&#233;pit &#187; sont ouverts dans 76 d&#233;partements. Le ministre de l'Int&#233;rieur Cazeneuve a d&#233;clar&#233; vouloir offrir aux habitants de la &#171; jungle &#187; la possibilit&#233; de &#171; &lt;i&gt;reconsid&#233;rer leur projet d'immigration au Royaume-Uni&lt;/i&gt; &#187;. Des affiches et des tracts expliquant &#171; &lt;i&gt;qu'aucune d&#233;cision ne serait prise contre&lt;/i&gt; [leur] &lt;i&gt;volont&#233;&lt;/i&gt; &#187; avaient &#233;t&#233; placard&#233;s partout dans la &#171; jungle &#187;. L'accueil en CAO a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme une grande opportunit&#233;. Il donnait la possibilit&#233; de demander l'asile et d'esp&#233;rer une installation p&#233;renne en France, m&#234;me pour les &#171; dublin&#233;s&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Personnes soumises au r&#232;glement europ&#233;en &#171; Dublin&#8239;III &#187; qui permet au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Des bus sp&#233;ciaux ont &#233;t&#233; affr&#233;t&#233;s &#224; cet effet, dans lesquels les gens montaient sans &#234;tre inform&#233;s de leur destination&#8230; Finalement, au 21 mars, 3 215&#8239;personnes (surtout des Soudanais (38&#8239;%), des Afghans (20&#8239;%), et des Irakiens (17&#8239;%), souvent isol&#233;s) avaient &#233;t&#233; conduites &#224; accepter de partir de Calais pour rejoindre l'un des centres. Les promesses de &#171; r&#233;pit &#187; clam&#233;es haut et fort ont pourtant &#233;t&#233; souvent trahies. Nombre de migrants ont &#233;t&#233; reconduits vers le pays europ&#233;en o&#249; leurs empreintes avaient &#233;t&#233; prises pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, c'est cette histoire que Mohamed, de nationalit&#233; soudanaise, a v&#233;cue directement. Il est arriv&#233; dans l'Union europ&#233;enne par l'Italie, o&#249; la police l'a violemment contraint &#224; d&#233;poser ses empreintes. Mohamed a travers&#233; la France jusqu'&#224; Calais afin de rejoindre l'Angleterre. Il a &#233;t&#233; plac&#233; dans le CAO de Mulhouse, faisant confiance &#224; la promesse du pr&#233;fet du Pas-de-Calais d'une installation possible. On lui a &#233;galement affirm&#233; qu'il pourrait demander l'asile. Un avenir en France entrevu, puis une r&#233;alit&#233; qui s'av&#232;re beaucoup plus crue : il est vite renvoy&#233; en Italie o&#249; il s'arrange pour qu'on perde sa trace. De retour en France, il se fait contr&#244;ler &#224; la gare Saint-Charles de Marseille. Le nombre de contr&#244;les d'identit&#233; ne cesse d'augmenter depuis que l'&#233;tat d'urgence est en place. Voil&#224; Mohamed enferm&#233; au CRA du Canet. Puis, suite &#224; deux tentatives de renvoi en Italie auxquelles il s'oppose, il se retrouve plac&#233; en garde &#224; vue, et passe en comparution imm&#233;diate devant le juge pour entrave &#224; l'ex&#233;cution d'une mesure d'&#233;loignement. L'audience &#233;tant report&#233;e, ce dangereux sp&#233;cimen de homo migrantis reste trois longues semaines en d&#233;tention pr&#233;ventive &#224; la maison d'arr&#234;t de Luynes. Le 13&#8239;avril, le juge lui accorde une assignation &#224; r&#233;sidence jusqu'&#224; l'audience du 18&#8239;juillet, durant laquelle il sera statu&#233; s'il &#171; m&#233;rite &#187; entre trois mois et trois ans de prison ferme avec, &#224; terme, une interdiction du territoire fran&#231;ais et un renvoi au Soudan. Un pays qu'il a pourtant fui pour &#233;chapper &#224; la d&#233;tention arbitraire dont il &#233;tait victime&#8230; Ironie du sort, en trois mois de s&#233;jour, Mohamed a acquis une profonde expertise en mati&#232;re d'enfermement en France et en Europe, sans avoir jamais pu d&#233;poser une demande d'asile !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il faut bien comprendre que l'arriv&#233;e en CAO est &#233;quivalent &#224; une loterie&lt;/i&gt; &#187;, nous dit Laurent. On peut bien tomber (dans une pr&#233;fecture compr&#233;hensive et favorable &#224; l'arriv&#233;e de r&#233;fugi&#233;s) ou tr&#232;s mal (et c'est le renvoi, soit &#224; la fronti&#232;re, soit dans un pays en guerre). La pr&#233;fecture a toute la latitude possible dans ces choix en mati&#232;re de traitement des dossiers et des proc&#233;dures de demande d'asile des personnes accueillies en CAO d&#233;barquant de Calais. &#171; &lt;i&gt;Au vu du peu d'informations re&#231;ues par le gouvernement, certains pr&#233;fets ont d&#233;cid&#233; de ne pas tenir compte de Dublin III et proposent aux migrants d'introduire une demande d'asile aupr&#232;s de l'Ofpra (Office fran&#231;ais de protection des r&#233;fugi&#233;s et apatrides).&lt;/i&gt; &#187; L'application de ce r&#232;glement n'est en effet pas obligatoire : on y souscrit par exemple &#224; la sous-pr&#233;fecture de Brian&#231;on, pas dans les Bouches-du-Rh&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tout se fait dans la pr&#233;cipitation&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Laurent qui pendant plusieurs semaines a fait le tour de ces centres &#224; la recherche d'informations pr&#233;cises sur les conditions d'accueil et le suivi des personnes. &#171; &lt;i&gt;Les responsables n'ont pas forc&#233;ment les comp&#233;tences pour une telle gestion.&lt;/i&gt; &#187; Un march&#233; public r&#233;git l'octroi de l'administration des CAO. Certaines associations choisies n'ont jamais travaill&#233; avec des r&#233;fugi&#233;s, d'autres sont expertes du logement d'urgence (on peut comprendre le lien), ou bien de la prise en charge de personnes handicap&#233;es (on comprend moins&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Istres par exemple, le CAO est g&#233;r&#233; par l' Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). Vingt&#8239;personnes, dont quatorze&#8239;&#171; dublin&#233;es &#187;, ont d'abord &#233;t&#233; accueillies. Quarante&#8239;Soudanais et sept&#8239;Syriens sont arriv&#233;s ensuite. Parmi eux, quatre mineurs ont &#233;t&#233; orient&#233;s vers l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE). Certains adultes ont &#233;t&#233; expuls&#233;s vers l'Italie. &#192; Istres comme au niveau national, les CAO ne sont ainsi pas une alternative cr&#233;dible pour les &#171; dublin&#233;s &#187;, qui craignent leur retour forc&#233; vers le premier pays d'entr&#233;e en Europe. &#171; &lt;i&gt;Finalement, 25&#8239;% des personnes repartent &#224; Calais apr&#232;s leur passage en CAO&lt;/i&gt; &#187;, selon Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de dispersion de la &#171; jungle &#187; mise en place par l'&#201;tat via les CAO est au final peu efficace. M&#234;me constat pour les d&#233;portations vers les CRA (Marseille, Mesnil, Metz, N&#238;mes, Rouen, Toulouse, Vincennes). La quasi-totalit&#233; des personnes a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e apr&#232;s &#234;tre pass&#233;e devant le JLD. Des quelque 1 500 personnes enferm&#233;es &#224; partir de la fin du mois d'octobre 2015, plus de 96&#8239;%&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'illusion de la dispersion des exil&#233;s &#187;, Causes Communes, n&#176;87, Janvier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;es au bout du cinqui&#232;me jour de r&#233;tention, faute de fondement juridique, pour justifier l'enfermement, et du fait de vices de proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin, voir le &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Themas-Migrants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thema : Migrants&lt;/a&gt; de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un groupe b&#233;n&#233;vole qui observe les d&#233;cisions li&#233;es &#224; la d&#233;tention des &#233;trangers ill&#233;galis&#233;s en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Personnes soumises au r&#232;glement europ&#233;en &#171; Dublin&#8239;III &#187; qui permet au pr&#233;fet de renvoyer un demandeur d'asile dans le pays par lequel il est arriv&#233; dans l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L'illusion de la dispersion des exil&#233;s &#187;,&lt;i&gt; Causes Communes&lt;/i&gt;, n&#176;87, Janvier 2016 (&#233;dit&#233; par la Cimade).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Calais : Trois idiots dans la jungle</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Calais-Trois-idiots-dans-la-jungle</link>
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		<dc:date>2016-03-07T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard, Margo Chou</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;mi</dc:subject>
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		<dc:subject>Consid&#233;rant</dc:subject>
		<dc:subject>Awesome</dc:subject>
		<dc:subject>idiots</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un r&#233;cent rapport &#233;tatique consacr&#233; &#224; Calais &#233;voquait &#171; un sentiment de grande inqui&#233;tude face &#224; la d&#233;rive autogestionnaire du bidonville &#187;. Pour qui s'est rendu dans la &#171; jungle &#187; avec des yeux humains, c'est le sentiment inverse qui s'impose. Dans la d&#233;solation, ce sont justement les initiatives &#233;chappant &#224; l'&#201;tat qui maintiennent une forme d'espoir. &#192; l'image de cette gargote pakistanaise dress&#233;e dans la boue, Les Trois Idiots. &#171; Consid&#233;rant que chacun des habitats ici dress&#233;, tendu, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lemi" rel="tag"&gt;L&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Calais" rel="tag"&gt;Calais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jungle" rel="tag"&gt;jungle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Considerant-Calais" rel="tag"&gt;Consid&#233;rant Calais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/geste-attentif" rel="tag"&gt;geste attentif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parole-liturgique" rel="tag"&gt;parole liturgique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Considerant" rel="tag"&gt;Consid&#233;rant&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/idiots" rel="tag"&gt;idiots&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un r&#233;cent rapport &#233;tatique consacr&#233; &#224; Calais &#233;voquait &#171; &lt;i&gt; un sentiment de grande inqui&#233;tude face &#224; la d&#233;rive autogestionnaire du bidonville&lt;/i&gt; &#187;. Pour qui s'est rendu dans la &#171; jungle &#187; avec des yeux humains, c'est le sentiment inverse qui s'impose. Dans la d&#233;solation, ce sont justement les initiatives &#233;chappant &#224; l'&#201;tat qui maintiennent une forme d'espoir. &#192; l'image de cette gargote pakistanaise dress&#233;e dans la boue, Les Trois Idiots.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Consid&#233;rant que chacun des habitats ici dress&#233;, tendu, plant&#233;, porte l'empreinte d'une main soigneuse, d'un geste attentif, d'une parole liturgique peut-&#234;tre, de l'espoir d'un jour meilleur sans doute, et s'av&#232;re une &#233;criture bien trop savante pour tant de t&#233;moins dont les yeux n'enregistrent que fatras et cloaques, dont la bouche ne r&#233;gurgite que les mots &#8220;honte&#8221; et &#8220;indignit&#233;&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Thi&#233;ry, &#171; Consid&#233;rant Calais &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 14 f&#233;vrier 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Calais, d&#233;but f&#233;vrier 2016. Il bruine sur la &#171; jungle &#187; en sursis, d&#233;j&#224; tronqu&#233;e d'une portion non n&#233;gligeable&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors de notre passage, une premi&#232;re bande situ&#233;e &#224; l'ouest du bidonville (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Au gr&#233; des chemins sillonnant la zone, partout, des messages. R&#233;dig&#233;s en fran&#231;ais, arabe ou anglais, tagu&#233;s, gribouill&#233;s ou minutieusement calligraphi&#233;s, ils donnent le pouls. Il y en a qui crient le ras-le-bol &#8211; &#171; &lt;i&gt;Watch it and burn it all &lt;/i&gt; &#187;. D'autres qui supplient &#8211; &#171; &lt;i&gt; We want to go to England, please&lt;/i&gt; &#187;. Mais la plupart portent des mots simples, charg&#233;s d'&#233;vidences oubli&#233;es, des mots de la n&#233;cessit&#233; collective, o&#249; l'essence ancestrale de la cohabitation prend le dessus. &#171; &lt;i&gt;Nous devons tous apprendre &#224; vivre comme des fr&#232;res, sinon nous allons tous mourir comme des idiots&lt;/i&gt; &#187;, explique ainsi un panneau plant&#233; devant la demeure d'Alpha &#8211; joliment nomm&#233;e &#171; La Maison bleue sur la colline &#187; &#8211;, artiste mauritanien qui a mont&#233; une &#233;cole d'art dans la &#171; jungle &#187;. Juste &#224; c&#244;t&#233;, cette proclamation : &#171; &lt;i&gt;Malgr&#233; toutes les difficult&#233;s, on a toujours le sourire aux l&#232;vres. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces messages diss&#233;min&#233;s dans la &#171; jungle &#187; n'ont pas vocation &#224; embellir les lieux ou &#224; minimiser les souffrances. Ils rappellent simplement l'aspect essentiel attaqu&#233; par tous ceux qui veulent la d&#233;truire : au c&#339;ur de cette zone de rel&#233;gation subsiste la volont&#233; d'&#233;chapper &#224; la d&#233;shumanisation, de construire des lieux humains. La mis&#232;re a beau &#234;tre d&#233;vorante, les migrants sont nombreux &#224; ne pas se r&#233;signer au d&#233;sespoir balis&#233; et &#224; la d&#233;pression du cul-de-sac. En attendant qu'un jour peut-&#234;tre s'ouvre la fronti&#232;re, ils tissent des embryons de vie communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1657 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/calais-home-32a64.jpg?1782645422' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de L&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si elle n'existe en cet emplacement excentr&#233; &#8211; &#224; sept kilom&#232;tres du centre de Calais &#8211; que depuis dix mois, la &#171; jungle &#187; actuelle fourmille de r&#233;alisations bien concr&#232;tes. Certains ont construit des &#233;piceries, des caf&#233;s, des &#233;coles ou des salons de coiffure. D'autres se sont r&#233;fugi&#233;s dans la foi et ont b&#226;ti des lieux de culte &#8211; catholiques, musulmans, orthodoxes. D'autres encore ont mont&#233; de toutes pi&#232;ces des espaces d&#233;di&#233;s &#224; la pratique artistique &#8211; th&#233;&#226;tre ou peinture. Quant &#224; Cherry, Awesome et Holy, trois amis pakistanais, ils ont opt&#233; pour l'&#233;dification d'un restaurant : Les Trois Idiots. Au regard des conditions : un quatre &#233;toiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un tigre sur les Champs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a beau &#234;tre install&#233; en bordure des &#171; Champs-&#201;lys&#233;es &#187;, all&#233;e principale sillonnant le nord de la &#171; jungle &#187;, Les Trois Idiots ne paye pas de mine vu de l'ext&#233;rieur. Pas exactement un palace. De grandes flaques boueuses s'&#233;talent au pied des b&#226;ches plastiques bleues et noires recouvrant sa structure de bois. Seule touche joyeuse, le nom du lieu tagu&#233; &#224; la bombe de peinture. Pour le reste, ce pourrait &#234;tre un h&#244;pital militaire de fortune &#8211; fa&#231;on retraite de Russie. Mais une fois pouss&#233;e la porte de bois, l'ambiance change du tout au tout. Les tenanciers y sont pour beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils ne disent pas pour quelle raison ils ont quitt&#233; leur Pakistan natal et se sont lanc&#233;s dans ce qu'ils d&#233;crivent comme un &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s long voyage tr&#232;s compliqu&#233;&lt;/i&gt; &#187;, ils sont cat&#233;goriques : pas question d'y retourner. Tous trois se relayent pour accueillir les nouveaux venus, chacun &#224; sa mani&#232;re. Il y a Cherry, danseur hors pair, muscl&#233;, qui affiche un certain penchant pour la bi&#232;re &#8211; l'ivre de la &#171; jungle &#187;. Il y a Awesome, dragueur imp&#233;nitent, samoura&#239; de la langue, qui, &#224; Islamabad, servait d'interpr&#232;te pour les touristes. Et il y a Holy, &#233;l&#233;gant baratineur de salon et plus beau sourire du bidonville, entre Alain Delon et Tom Cruise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont dr&#244;les, ces trois-l&#224;. Avec leurs noms d'emprunt anglophones qui fleurent bon la blague, ils ne l&#233;sinent pas sur les pitreries. Le nom du lieu est d'ailleurs inspir&#233; d'une com&#233;die made in Bollywood. Les protagonistes des &lt;i&gt;Trois Idiots&lt;/i&gt;, explique l'un d'eux, seraient des &#233;tudiants nigauds encha&#238;nant les catastrophes mais d&#233;cid&#233;s &#224; triompher de l'adversit&#233;. Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;On pourrait &#234;tre les trois connards, mais on pr&#233;f&#232;re &#234;tre du bon c&#244;t&#233;. Ici c'est tellement dur que si on ne souriait pas, il n'y aurait plus d'espoir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s leur arriv&#233;e &#224; Calais il y a quatre mois, les trois amis se sont lanc&#233;s dans la construction du lieu. Grandes gueules, ils affirment qu'il leur a fallu seulement deux jours pour dresser les murs de leur future auberge et poser les bases d'un espace rectangulaire compos&#233; de bois et de b&#226;ches. Ils ont ensuite am&#233;nag&#233; du mieux qu'ils ont pu, montant notamment une grande estrade recouverte de moquette courant le long des murs. C'est l&#224; que prennent place les visiteurs de tous pays, migrants comme associatifs, assis en tailleur et d&#233;lest&#233;s de leurs chaussures. Du plafond pendent des ballons de toutes les couleurs, qui conf&#232;rent &#224; l'endroit une &#233;trange ambiance de f&#234;te foraine cheap. Quant au grand tigre en peluche dot&#233; d'un chapeau de cow-boy rouge install&#233; dans une niche de bois, il fait office d'&#233;g&#233;rie officielle. Interrog&#233; sur sa provenance, Awesome l&#226;che une blague qu'on imagine rituelle : &#171; &lt;i&gt;On l'a trouv&#233; dans la jungle&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on arrive du dehors givr&#233;, il y a un petit temps d'adaptation, presque un recul surpris. L'endroit est chaleureux et agr&#233;able. &#171; &lt;i&gt;Il faut garder un endroit chaud dans le froid ambiant&lt;/i&gt; &#187;, explique Awesome. Lui et ses deux confr&#232;res ont donc tout fait pour r&#233;chauffer l'atmosph&#232;re. Mission accomplie : on a envie de s'y poser, de discuter, d'observer. Au fond, c'est un espace de d&#233;compression. Devant une tasse de th&#233;, un repas ou un narguil&#233;, sous les lumi&#232;res color&#233;es, la r&#233;alit&#233; se fait plus discr&#232;te. On oublie alors que l'on est dans la &#171; jungle &#187; et que dehors &#231;a marche t&#234;tes baiss&#233;es dans la boue carnassi&#232;re, vol-au-vent, bien engonc&#233;s dans les sweats-capuche.
Ici, on vient recharger son portable, fumer la chicha, discuter orteils &#224; l'air. Quelques gourmands sont plong&#233;s dans les divers plats propos&#233;s, qui vont du d&#233;licieux poulet tandoori aux horribles frites molles. En fond sonore, projet&#233;es sur l'&#233;cran plat, les cha&#238;nes pakistanaises capt&#233;es par on ne sait quel miracle r&#233;chauffent les cerveaux de leurs clips kitsch et fascinants : chanteurs et chanteuses restent tr&#232;s sages tandis que par intermittence des danseuses font des cabrioles suggestives dans des champs aussi fleuris qu'un enterrement de Lady Di. Plus tard, une fois pass&#233;e l'heure du d&#233;jeuner, une dizaine de gars emmitoufl&#233;s et coiff&#233;s de bonnets &#224; pompons s'installent devant l'&#233;cran et scotchent, imperturbables. C'est l'heure du film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B&#226;tir pour respirer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherry, Awesome et Holy ne sont pas forc&#233;ment repr&#233;sentatifs de la situation des migrants &#224; Calais. Dans un univers o&#249; tout est bouch&#233;, ils s'en sortent plut&#244;t pas mal, sans doute parce qu'ils avaient un petit p&#233;cule de c&#244;t&#233; en arrivant. Ce sont de micro-micro-entrepreneurs, de bons commer&#231;ants un poil magouilleurs, qui donnent l'impression d'avoir apprivois&#233; le malheur. Ils craignent pourtant beaucoup l'effacement annonc&#233; de la &#171; jungle &#187; : &#171; &lt;i&gt;Ce business nous permet de tenir la t&#234;te hors de l'eau, et pas seulement financi&#232;rement. On a besoin d'&#234;tre occup&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un discours r&#233;current dans la &#171; jungle &#187;. Ce sont bien les petites zones d'autonomie improvis&#233;e, de reprise en main du r&#233;el, qui aident &#224; affronter l'impasse de la situation. Ce qui est construit de ses propres mains vaut cent fois ce qui est accord&#233; d'une main lointaine. Les exemples abondent. Mohammed le Soudanais, qui accueille dans sa tente rafistol&#233;e et plus briqu&#233;e qu'un palace, explique ainsi qu'il n'aime pas les repas distribu&#233;s par les associations parce qu'il &#171; &lt;i&gt;pr&#233;f&#232;re qu'on les pr&#233;pare tous ensemble avec&lt;/i&gt; [ses]&lt;i&gt; amis&lt;/i&gt; &#187;. Plus loin, un &#201;thiopien d'une trentaine d'ann&#233;es d&#233;signe fi&#232;rement la magnifique &#233;glise orthodoxe en bois de r&#233;cup' qu'il explique avoir aid&#233; &#224; construire. Aux abords du centre Jules-Ferry, derri&#232;re une cahute branlante, trois amis vaquent aux abords d'un impressionnant tas de v&#233;los d&#233;labr&#233;s qu'ils retapent, m&#233;caniciens improvis&#233;s. Et ainsi de suite, entre artisanat et d&#233;brouillardise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des petits riens, sans doute, mais &#233;galement des antidotes &#224; l'avenir pr&#233;m&#226;ch&#233; que l'&#201;tat et ses suppl&#233;tifs voudraient imposer aux migrants. Ainsi se mat&#233;rialise le refus de l'infantilisation, de la charit&#233; forc&#233;e, du container impos&#233;. Si certains cerveaux ont &#233;t&#233; broy&#233;s par le voyage et l'impasse du pr&#233;sent &#8211; tel Deerok qui d&#233;clare, les yeux tristes : &#171; &lt;i&gt; Mon esprit a &#233;t&#233; tu&#233; par cinq ans de voyage&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, d'autres trouvent la force de s'accrocher au futur. Pour eux et parfois pour les autres, ils s'affairent et bricolent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure que file le quotidien rythm&#233; par le vent, le sable dans les yeux, les lacrymos et les pens&#233;es noires, les petites et grandes cr&#233;ations de la &#171; jungle &#187; offrent autre chose, un devenir actif, une forme de respiration collective : ici un coiffeur, l&#224; un lieu pour recharger son t&#233;l&#233;phone via une dynamo improvis&#233;e, sous cette tente un cours de yoga, dans cette cabane un point info doubl&#233; d'une librairie, etc. Autant de petits espaces fa&#231;onn&#233;s par les migrants et ceux qui les aident, qui emp&#234;chent le vide ambiant de tout &#224; fait triompher. Question de survie&#8230; &#171; &lt;i&gt;Nous devons tous apprendre &#224; vivre comme des fr&#232;res, sinon nous allons tous mourir comme des idiots.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lors de notre passage, une premi&#232;re bande situ&#233;e &#224; l'ouest du bidonville avait &#233;t&#233; ras&#233;e par les bulldozers. &#192; l'heure o&#249; est &#233;crit cet article, une destruction rapide de la zone sud est annonc&#233;e. Vivent encore sur place quelques milliers de personnes, essentiellement Soudanais, Afghans, &#201;thiopiens, Irakiens, Syriens et &#201;rythr&#233;ens. Beaucoup de jeunes hommes, tr&#232;s peu de femmes et d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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