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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Syrie : La R&#233;volution confisqu&#233;e ?</title>
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		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; Salma, Hani, Majd, Oussama, Abou Selma, activistes civils impr&#233;gn&#233;s des valeurs d'anti-autoritarisme et de d&#233;mocratie directe. Originaires de Damas et de sa r&#233;gion, notamment de la ville tristement c&#233;l&#232;bre de Douma et du camp de Yarmouk, ils vivent &#224; pr&#233;sent &#224; Toulouse, Paris ou Beyrouth, o&#249; ils ont pu venir &#171; souffler un peu &#187; pour se pr&#233;parer &#224; la suite de leur combat. Pour eux, l'issue du conflit ne se r&#233;sume pas &#224; &#171; Bachar ou la Charia &#187;, repris en ch&#339;ur de l'extr&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; Salma, Hani, Majd, Oussama, Abou Selma, activistes civils impr&#233;gn&#233;s des valeurs d'anti-autoritarisme et de d&#233;mocratie directe. Originaires de Damas et de sa r&#233;gion, notamment de la ville tristement c&#233;l&#232;bre de Douma et du camp de Yarmouk, ils vivent &#224; pr&#233;sent &#224; Toulouse, Paris ou Beyrouth, o&#249; ils ont pu venir &#171; &lt;i&gt;souffler un peu&lt;/i&gt; &#187; pour se pr&#233;parer &#224; la suite de leur combat. Pour eux, l'issue du conflit ne se r&#233;sume pas &#224; &#171; Bachar ou la Charia &#187;, repris en ch&#339;ur de l'extr&#234;me gauche &#224; l'extr&#234;me droite. Ils ressentent la r&#233;habilitation actuelle du despote comme un coup de poignard dans le dos, jetant par l&#224; m&#234;me les opposants syriens dans le sac de l'obscurantisme salafiste. &#201;cras&#233;s, ils ne capitulent pas. Ce serait se trahir soi-m&#234;me. &#192; travers ces t&#233;moignages, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; souhaite contribuer &#224; redonner la parole &#224; ces invisibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On nous a vol&#233; la R&#233;volution !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame Majd, acteur de la premi&#232;re heure du Printemps syrien, r&#233;cemment r&#233;fugi&#233; dans l'Hexagone. Issus de la r&#233;volte populaire de mars 2011, des r&#233;seaux de r&#233;sistance prennent corps dans un continuum entre militants en exil et ceux &#339;uvrant dans les zones lib&#233;r&#233;es. Ils sont ignor&#233;s des m&#233;dias au profit d'analyses g&#233;opolitiques sans fin, ont subi la r&#233;pression f&#233;roce et fait face &#224; la militarisation rapide du soul&#232;vement, coinc&#233;s par le d&#233;veloppement des mouvements islamistes et djihadistes soutenus par les puissances occidentales et r&#233;gionales. Et finalement, ils se voient trahis par une opposition officielle de notables en exil pantouflarde, corrompue et d&#233;sincarn&#233;e. Malgr&#233; tout, ces r&#233;seaux tentent de garder vivace l'esprit r&#233;volutionnaire des d&#233;buts. M&#234;me lorsqu'ils se retrouvent accul&#233;s &#224; organiser la survie dans des zones assi&#233;g&#233;es, ne pas se rendre est leur dernier espoir de voir un jour la tyrannie chuter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH307/-398-bac87.jpg?1782639489' width='400' height='307' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du mouvement populaire &#224; la clandestinit&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2012, un peu plus d'un an apr&#232;s le d&#233;but du Printemps syrien, le mouvement social qui avait &#233;merg&#233; avec les premi&#232;res manifestations hebdomadaires, apr&#232;s la pri&#232;re du vendredi, s'est vu contraint &#224; la clandestinit&#233; sous la violence de la r&#233;pression orchestr&#233;e par Bachar al-Assad. Des r&#233;seaux de r&#233;sistance civile s'organisent dans l'agglom&#233;ration damasc&#232;ne et ses villes de banlieue. Salma, qui vivait en famille dans un quartier &#171; loyaliste &#187; du centre-ville, se souvient : &#171; &lt;i&gt;Le basculement a eu lieu &#224; Damas en juillet 2012, quand quatre hauts g&#233;n&#233;raux ont &#233;t&#233; assassin&#233;s. D'importantes d&#233;fections ont eu lieu dans l'arm&#233;e, le climat a tourn&#233; &#224; l'insurrection. Le r&#233;gime a alors chang&#233; de strat&#233;gie. Les manifs du vendredi sont devenues des bains de sang. Je n'y allais plus. Il n'y a plus eu de rassemblements populaires, mais des activit&#233;s clandestines de soutien logistique et de ravitaillement aux zones qui se lib&#233;raient.&lt;/i&gt; &#187; Hani, son mari, pr&#233;cise cette entr&#233;e en clandestinit&#233;, en m&#234;me temps que se constituaient des milices d'autod&#233;fense dans les quartiers, qui allaient donner naissance &#224; l'Arm&#233;e syrienne libre : &#171; &lt;i&gt;On n'arrivait plus &#224; circuler &#224; Damas. Je me suis fait arr&#234;ter avec une somme d'argent provenant de dons, destin&#233;e &#224; &#234;tre achemin&#233;e en zone libre. D'autres activistes, des passeurs, aidaient les soldats &#224; d&#233;serter. Des num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone sp&#233;ciaux circulaient, &#224; appeler quand un soldat voulait faire d&#233;fection. Souvent le passeur lui r&#233;pondait :&#8200;&#8220;Avec ou sans ton arme ?&#8221; Bien s&#251;r c'&#233;tait plus int&#233;ressant avec une arme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oussama, ex-fonctionnaire au minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res, actuellement &#224; Beyrouth, t&#233;moigne de ce basculement &#224; Douma, ville &#171; lib&#233;r&#233;e &#187; situ&#233;e au nord-est de la capitale, dans la Ghouta orientale : &#171; &lt;i&gt;En 2012, on a commenc&#233; &#224; se sentir vraiment assi&#233;g&#233;s. J'ai perdu dans cette p&#233;riode des proches tu&#233;s sur les check points de mani&#232;re exp&#233;ditive. Il n'y avait ni arrestation, ni tribunal, ni rien. On avait peur de bouger. La premi&#232;re personne que j'ai perdue c'&#233;tait mon neveu. &#201;tudiant &#224; l'universit&#233;, il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et tortur&#233; pendant 70 jours. Ensuite, j'ai perdu mon cousin, marchand de Douma, tu&#233; par les soldats du r&#233;gime. Apr&#232;s j'ai perdu un ami d'enfance qui habitait dans le m&#234;me quartier, il a &#233;t&#233; tu&#233; par un sniper. &#192; la fin de l'ann&#233;e 2012, il y avait 24 snipers &#224; Douma qui couvraient toutes les rues.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majd a aussi particip&#233; au mouvement populaire de Douma, en s'improvisant reporter de terrain, lui, issu une famille analphab&#232;te, qui n'avait jamais connu d'activit&#233;s politiques : &#171; &lt;i&gt;Les discussions politiques, celles qui avaient &#233;merg&#233; dans les coordinations de la r&#233;volution, ont cess&#233; d'exister. Elles ont &#233;t&#233; r&#233;duites &#224; n&#233;ant par le niveau de violence. Le territoire a &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;, d&#233;limit&#233; par la cartographie des snipers. Les manifestations ont disparu, les activistes ont &#233;t&#233; pris dans l'urgence humanitaire impos&#233;e par la r&#233;pression. L'esprit militant a chang&#233;, nous venions de perdre l'initiative de la r&#233;volution.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH576/-399-60566.jpg?1782652891' width='400' height='576' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;seau &#171; Razan Zeitouneh &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani, Salma, Majd font partie d'un des plus grands r&#233;seaux toujours vivace autour de Damas, le r&#233;seau ancr&#233; sur le comit&#233; local des coordinations et constitu&#233; autour de la personnalit&#233; de Razan Zeitouneh. Cette jeune avocate damasc&#232;ne a &#233;t&#233; enlev&#233;e, avec son mari Wael Hamada et deux de ses coll&#232;gues (dont la femme de l'&#233;crivain Yassin al-Haj Saleh), en 2013, &#224; Douma. Tout laisse &#224; penser que le rapt a &#233;t&#233; commis par Zahran Allouche de Jaych al-Islam, un seigneur de guerre local lib&#233;r&#233; des ge&#244;les par les forces du r&#233;gime&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On parle du &#171; commerce du djihad &#187;, une strat&#233;gie du r&#233;gime qui fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Razan Zeitouneh a contribu&#233; au Violations Documentation Center, qui effectue un travail de documentation sur les crimes du r&#233;gime, et demande la lib&#233;ration de tous les prisonniers politiques. &#192; Douma, elle est &#224; l'origine d'un centre de protection des femmes, o&#249; plus de 300&#8200;femmes se voient distribuer r&#233;guli&#232;rement des paniers de survie : pour les habitants de Douma, survivre est devenu une fa&#231;on de r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majd t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Je suis actif dans la coordination de projets locaux, notamment pour les h&#244;pitaux et l'enseignement. Avec la r&#233;pression, tous les services publics ont cess&#233;. J'ai particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de 7 centres &#233;ducatifs, qui accueillent de 200 &#224; 250&#8200;enfants. J'enseignais &#224; des enfants de tous milieux.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;On a mis en place des p&#233;dagogies ludiques, bien diff&#233;rentes de l'&#233;cole disciplinaire du r&#233;gime. L'&#233;conomie locale est limit&#233;e mais solidaire entre les localit&#233;s de la Ghouta, notamment dans la confection de v&#234;tements. Il y a encore des mati&#232;res premi&#232;res et des outils de production, des usines d&#233;saffect&#233;es c&#233;d&#233;es par les propri&#233;taires et mises au service de la communaut&#233; de la zone libre. &#192; cause de l'absence des bailleurs de fonds internationaux ou d'ONG comme le Croissant rouge, d'autres relais se sont faits &#224; l'ext&#233;rieur et un syst&#232;me de financement propre a &#233;t&#233; mis en place, avec des courtiers de circonstance : un m&#233;canisme entre les flux de personnes qui entrent avec des dollars, c'est-&#224;-dire nous ou nos r&#233;seaux de soutien&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site adoptrevolution.org.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; e&lt;i&gt;t ceux qui sortent, les Syriens qui fuient et &#233;changent leurs devises. C'est une logique bancaire de guerre.&lt;/i&gt; &#187; Oussama confirme : &#171; &lt;i&gt;Notre vision du travail c'&#233;tait d'aider les civils. On n'a jamais pens&#233; &#224; aider les militaires. Ils ont leurs propres financements. Nous agissions dans plusieurs secteurs : m&#233;dical, &#233;ducatif, alimentaire. Nous ne pouvions pas travailler d'une mani&#232;re trop structur&#233;e, sinon nous risquions d'&#234;tre d&#233;couverts par le r&#233;gime. C'&#233;tait tr&#232;s difficile, on a eu des probl&#232;mes de transfert d'argent, de nourriture, car m&#234;me quand tu veux tout simplement parler avec quelqu'un dans la rue, tu es observ&#233; et contr&#244;l&#233;. Je transf&#233;rais souvent de l'argent d'une maison &#224; une autre, d'une personne &#224; une autre personne, quelque fois j'ai d&#251; marcher avec des milliers de dollars, &#231;a aurait pu me co&#251;ter la vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani, ancien restaurateur de maisons anciennes, a d&#251; abandonner son activit&#233; d&#232;s 2012. Il raconte les premiers pas du collectif d'ing&#233;nieurs activistes qu'il a contribu&#233; &#224; fonder &#224; Damas : &#171; &lt;i&gt;En 2013, on pouvait faire des allers-retours en zone libre. C'&#233;tait un autre monde qui se dessinait, coup&#233; de tout et en premier lieu des besoins &#233;l&#233;mentaires comme l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, le gaz. On a commenc&#233; &#224; tester des mod&#232;les de fours solaires, de m&#233;thaniseurs, &#224; Damas, pour ensuite les diffuser dans d'autres quartiers, afin de trouver des alternatives aux ressources &#233;nerg&#233;tiques &#233;tatiques. Un paysan de Douma a accept&#233; de mettre en pratique nos tests. Le r&#233;seau continue son activit&#233; depuis deux ans. Au d&#233;but, il fonctionnait sur des dons, mais la population s'est appauvrie. On recherche alors des soutiens ext&#233;rieurs. C'est notre fa&#231;on de participer &#224; la r&#233;volution, mais &#231;a a un c&#244;t&#233; frustrant, car la r&#233;alit&#233; de la r&#233;sistance se fait sur le front aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque au m&#234;me moment, au sud de Damas, dans le camp palestinien de Yarmouk, Abou Selma, enseignant de langue arabe &#224; l'universit&#233;, monte la premi&#232;re &#233;cole libre sur ce territoire de la ville mis sous embargo par le dictateur. Cet ancien militant du parti communiste palestinien s'en est depuis longtemps distanci&#233; &#224; cause des ses accointances avec le r&#233;gime. Yarmouk entre clairement dans la r&#233;volution, en juillet 2012, au moment des frappes a&#233;riennes de l'arm&#233;e. &#171; &lt;i&gt;&#192; partir du premier bombardement, les obus sont devenus quotidiens et visaient les &#233;coles. Les &#233;coles d&#233;pendant de l'UNRWA (ONU) &#224; Yarmouk ont ferm&#233;. Moi, ma femme et une ni&#232;ce, nous avons trouv&#233; une salle de mariage en sous-sol qui s'appelait &#8220;la Salle dor&#233;e damasc&#232;ne&#8221; : c'est devenu &#8220;l'&#233;cole damasc&#232;ne&#8221;. On avait deux demi-journ&#233;es d'&#233;cole et 1 200 &#233;l&#232;ves, en nombre fluctuant. Comme il y a eu une grande fuite de comp&#233;tences dans le corps enseignant, il ne restait que les gens peu dipl&#244;m&#233;s ou sp&#233;cialis&#233;s, des jeunes filles avec le BAC, au mieux un d&#233;but d'&#233;tudes. Nous &#233;tions trois hommes seulement. Je les ai form&#233;es, et elles sont devenues les meilleures institutrices de toute la Syrie.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;L'Arm&#233;e syrienne libre &#233;tait stationn&#233;e dans le centre de Yarmouk et notre immeuble a &#233;t&#233; bombard&#233; sept fois par le r&#233;gime. Nous &#233;laborions des strat&#233;gies pour ne pas faire sortir tous les &#233;l&#232;ves en m&#234;me temps. Au bout d'un an, il y a eu cinq autres &#233;coles cr&#233;&#233;es dans d'autres zones de Yarmouk. Il en reste trois aujourd'hui. Derri&#232;re ce projet, il n'y avait pas de bailleurs internationaux, mais des individus engag&#233;s qui s'&#233;taient regroup&#233;s pour financer. Notre id&#233;e &#233;tait de sauver la soci&#233;t&#233; civile de Yarmouk, quoi qu'il arrive, afin que l'&#233;ducation et l'enseignement reste une priorit&#233; intemporelle et au dessus de toute influence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autonomie malgr&#233; la guerre &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;seaux d'activistes, &#224; Douma comme dans d'autres zones de Syrie, s'appuient plus ou moins efficacement sur les conseils locaux, tentative de structuration de la r&#233;sistance syrienne &#224; l'&#233;chelle du pays. En octobre 2011, Omar Aziz, militant anarchiste mort en prison en f&#233;vrier 2013, a fond&#233; le comit&#233; local de Berzeh. II appelait les Syriens &#224; s'organiser ind&#233;pendamment de l'&#201;tat, sous des formes d'autogestion et par des pratiques horizontales et collaboratives. Toutes les provinces sont aujourd'hui dot&#233;es d'un conseil, except&#233; Damas, le c&#339;ur du dispositif s&#233;curitaire de l'&#233;tat. Pour la plupart de nos interlocuteurs, se structurer au niveau local, y compris sur des missions purement humanitaires et de survie, a &#233;t&#233; compris comme une forme de r&#233;sistance &#224; la politique de terre br&#251;l&#233;e des zones assi&#233;g&#233;es orchestr&#233;e par Bachar al-Assad. Au d&#233;but, il fallait &#224; tout prix &#233;viter que celle-ci n'emporte tout sur son passage et en m&#234;me temps cr&#233;er une administration de substitution pour assumer les services publics prioritaires (justice, eau, d&#233;chets).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH402/-400-ddc52.jpg?1782656421' width='400' height='402' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Salma pr&#233;cise l'importance de ces conseils locaux : &#171; &lt;i&gt;Dans certaines villes, les conseils locaux ont r&#233;ussi &#224; convaincre les employ&#233;s des services publics de rester en poste, notamment dans les &#233;coles ou les usines &#233;lectriques. Alors m&#234;me que le r&#233;gime coupait les salaires des fonctionnaires dans les zones libres pour les inciter &#224; abandonner leur poste.&lt;/i&gt; &#187; Elle poursuit : &#171; &lt;i&gt;Derraya, c'est le projet le plus avanc&#233; depuis la r&#233;volution. &#199;a a toujours &#233;t&#233; une ville ouverte, avec de premi&#232;res initiatives politiques d&#232;s 2002/2003, comme la biblioth&#232;que municipale et l'organisation d'un nettoyage des rues pour combler les carences de l'&#201;tat : &#231;a avait beaucoup effray&#233; le r&#233;gime. La ville est toujours rest&#233;e mobilis&#233;e malgr&#233; les intenses bombardements men&#233;s par Maher al-Assad, fr&#232;re du pr&#233;sident, commandant de la 4 e&#8200;division en stationnement. Sous le blocus, la vie est dure : il n'y a pas de terres agricoles qui permettent de tenir le si&#232;ge&lt;/i&gt; [ndlr : on comptabilise plus de 400 barils d'explosifs balanc&#233;s sur la ville dans les deux derniers mois]. &lt;i&gt;Mais les habitants ne c&#232;dent pas aux pressions d'Assad, qui leur fait miroiter un cessez-le-feu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derraya, situ&#233;e dans le Rif, &#224; proximit&#233; de Damas, est consid&#233;r&#233;e comme l'exp&#233;rience la plus achev&#233;e de conseil local, alors qu'elle est devenue l'un des fronts les plus chauds du conflit : d&#232;s 2012, il est d&#233;cid&#233; que les groupes arm&#233;s soient soumis &#224; l'autorit&#233; du conseil local et les op&#233;rations militaires discut&#233;es avec les autorit&#233;s civiles. Oussama &#233;voque les conseils locaux de Douma : &#171; &lt;i&gt;Cette ville est assi&#233;g&#233;e depuis au minimum deux ans, mais elle a continu&#233; &#224; chercher l'alternative, &#224; &#234;tre solidaire, sans recourir &#224; un syst&#232;me hi&#233;rarchique. Les habitants ont r&#233;ussi &#224; cr&#233;er un syst&#232;me civil et, bien qu'ils vivent dans des conditions vraiment difficiles, c'est en m&#234;me temps syst&#233;matis&#233; et organis&#233;. On a eu un conseil local &#233;lu d&#233;mocratiquement, qui assure les travaux municipaux. Les groupes militaires restent &#224; l'ext&#233;rieur de la ville, il est interdit d'&#234;tre arm&#233; dans la ville.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une opposition institutionnelle en exil discr&#233;dit&#233;e &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; travers les conseils locaux et la structuration des projets d'autonomie, on esp&#233;rait aussi se construire une l&#233;gitimit&#233; repr&#233;sentative, dans l'attente hypoth&#233;tique d'une aide internationale ou face aux groupes arm&#233;s qui capitalisent sur leurs faits d'armes et les financements &#233;trangers.&lt;/i&gt; &#187; Mais Abou Selma &#233;voque ses d&#233;boires avec l'ONU : &#171; &lt;i&gt;On a commenc&#233; &#224; envoyer des messages &#224; l'ONU pour leur annoncer la r&#233;ouverture des &#233;coles, le nombre d'&#233;l&#232;ves, le programme, et &#224; appeler les organisations internationales &#224; prendre leurs responsabilit&#233;s, &#224; nous soutenir. On nous a ignor&#233;s. Plus tard, on a envoy&#233; des listes avec les dossiers d'inscription et les r&#233;sultats &#224; l'UNRWA. Finalement on a reconnu nos &#233;coles, &#224; condition qu'elles enseignent le programme officiel syrien. Au moins, les &#233;l&#232;ves sortis de nos &#233;coles ont pu continuer leurs &#233;tudes ailleurs. Il n'y a cependant pas eu de financement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majd revient lui aussi sur les modalit&#233;s de financement des projets d'autonomie, cette fois via les conseils locaux charg&#233;s par l'opposition officielle en exil et les bailleurs de fonds internationaux de distribuer l'aide : &#171; &lt;i&gt;Un nouveau conseil a &#233;t&#233; &#233;lu pour toute la Ghouta orientale, charg&#233; de la distribution des aides. Les budgets sont vot&#233;s en conseil, comme par exemple le programme de s&#233;curisation. Mais les financements venant de l'&#233;tranger sont plus complexes &#224; mettre en &#339;uvre. En plus, ils sont trimestriels, pas &#224; l'ann&#233;e, c'est donc difficile de construire une vision alternative &#224; moyen terme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; des activistes de terrain est peu prise en compte par ceux qui repr&#233;sentent l'opposition officielle. Les r&#233;volutionnaires syriens d&#233;noncent assez unanimement l'incomp&#233;tence et le peu de cr&#233;dibilit&#233; de ces &#171; opposants de salon &#187;, interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s des grandes puissances. Ils critiquent une tentative de recentralisation des comit&#233;s locaux par le Conseil national syrien, mais aussi l'opportunisme, la corruption et les divisions qui minent cette institution et les tentatives d'interf&#233;rences internationales, au gr&#233; de l'&#233;volution des rapports de force sur le terrain. Marwan, jeune Syrien exil&#233; &#224; Paris depuis 2011, laisse &#233;clater sa d&#233;sillusion : &#171; &lt;i&gt;Les repr&#233;sentants du Conseil national syrien gagnent plusieurs milliers de dollars par mois, ce qui les incite &#224; se complaire dans l'inaction. Des anciens soutiens &#224; Bachar, faisant partie de l'&#233;lite, se pr&#233;sentent comme des opposants en exil. C'est notamment pour &#231;a que nombre de Syriens n'y croient plus : ceux qui ont les moyens fuient, les pauvres restent et meurent. C'est en r&#233;alit&#233; une opposition de classe en exil.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La militarisation prend &#224; revers la r&#233;sistance populaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#226;ch&#233;e par ses repr&#233;sentants autoproclam&#233;s, d&#233;munie face aux attaques r&#233;p&#233;t&#233;es du r&#233;gime d'Assad et d&#233;poss&#233;d&#233;e par les tentatives de prises de pouvoir des milices apparues &#224; la faveur de la guerre, la r&#233;sistance civile s'affaiblit. Parall&#232;lement, des milices en recherche d'h&#233;g&#233;monie ont pu b&#233;n&#233;ficier d'un soutien militaire et logistique aupr&#232;s des pays du Golfe&#8200;3 et jouer leur propre jeu d'influence ind&#233;pendamment du mouvement civil. Leila, anarchiste et blogueuse dissidente&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le puissant groupe salafiste Jabhat al-Nosra, affili&#233; &#224; Al Qaeda, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; r&#233;sume la place grandissante des groupes arm&#233;s dans la situation r&#233;volutionnaire : &#171; &lt;i&gt;Les groupes islamistes totalitaires, comme Daech, sont mont&#233;s en puissance gr&#226;ce au chaos et ont commenc&#233; &#224; viser les zones lib&#233;r&#233;es, les activistes et l'Arm&#233;e Libre, en commettant des exactions terribles. Ce fut l'&#233;mergence de gangs criminels et de profiteurs de guerre. La Syrie est devenue le champ de bataille des proxy wars&lt;/i&gt; [guerres par procuration], &lt;i&gt;de la rivalit&#233; entre sunnites et chiites, des interventions &#233;trang&#232;res. Les troupes iraniennes et les milices chiites&lt;/i&gt; [Hezbollah] &lt;i&gt;occupent des parties du territoire, soutenant le r&#233;gime. Des extr&#233;mistes wahhabites sont venus rejoindre Daech. Tel a &#233;t&#233; le prix de notre qu&#234;te de libert&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Yarmouk, les activistes se sont trouv&#233;s directement affect&#233;s par l'arriv&#233;e de Jabhat al-Nosra. Abou Selma t&#233;moigne des diktats exerc&#233;s par la milice islamiste : &#171; &lt;i&gt;Une premi&#232;re fois, les hommes de Jabhat al-Nosra sont venus me voir avec l'&#233;mir (en signe de respect de l'institution de l'&#233;cole). Ils m'ont demand&#233; de s&#233;parer les filles des gar&#231;ons, au nom de l'islam. Je leur ai dit que j'&#233;tais certes musulman mais que je ne pouvais pas ouvrir une seconde &#233;cole faute de moyens. En raison de la situation d'exception, ils ont finalement accept&#233; la mixit&#233; dans l'&#233;cole. Une seconde fois, ils sont venus me demander d'enseigner la religion une heure par semaine, ce que j'ai refus&#233;. Une autre fois, j'ai eu des ennuis parce que j'avais organis&#233; une kermesse pour les enfants, au moment du petit A&#239;d&lt;/i&gt; [fin de ramadan], &lt;i&gt;avec des jeunes b&#233;n&#233;voles, gar&#231;ons et filles. Les jeunes de l'&#233;quipe ont voulu continuer la f&#234;te entre eux et j'ai laiss&#233; faire. C'&#233;tait familial, bon enfant. Mais Jabhat al-Nosra m'a accus&#233; d'avoir fait de l'&#233;cole un endroit de d&#233;bauche et me traitait de danseur des rues, &#8220;comme tous les Goranais&#8221;&lt;/i&gt; [habitants originaires du Jourdain]. &lt;i&gt;On a eu des &#233;changes virulents, je leur disais qu'ils n'avaient aucun droit sur moi et qu'ils feraient mieux de s'en prendre au pouvoir.&lt;/i&gt; &#187; Menac&#233;, Abou Selma finit par choisir la voie de l'exil, en Turquie, puis en France. &#171; &lt;i&gt;L'&#233;cole existe toujours&lt;/i&gt;, confie-t-il, &lt;i&gt;mais elle n'est plus aussi libre. Ces miliciens veulent imposer un programme islamiste. Si c'est &#231;a, il vaut mieux mettre la cl&#233; sous la porte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH575/-401-ad786.jpg?1782656421' width='400' height='575' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le non-choix de coop&#233;rer avec les milices &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; Douma, l'enseignement autog&#233;r&#233; n'a pas subi ces conflits de valeur, m&#234;me s'il y avait des parents salafistes parmi nous. Nous &#233;vitions de rentrer dans la pol&#233;mique religieuse, nous essayions de rester sur des bases communes, avec comme priorit&#233; de combler la douleur et la souffrance de la population. Il y avait des efforts au quotidien, la n&#233;cessit&#233; de susciter une exp&#233;rience collective. La division sociale aurait &#233;t&#233; une victoire du r&#233;gime.&lt;/i&gt; &#187; Majd &#233;voque la vie sous commandement militaire de Jaysh el-Islam, une des plus puissantes composantes du FIS (Front islamiste syrien, alliance de groupes islamo-nationaux) et relate les logiques de concurrence et de coop&#233;ration qui s'installent au quotidien &#224; Douma. &#171; &lt;i&gt;&#192; Douma actuellement, le chef est Zahran Allouche qui dispose de la milice la plus puissante. Tous les jeunes s'engagent dans Jaysh el-Islam. Ce n'est pas par id&#233;ologie ou parce qu'ils aiment Allouche, mais parce qu'ils ont besoin de se battre, de ne pas rester &#224; subir. Depuis deux ans, on est pass&#233;s d'un si&#232;ge relatif &#224; un si&#232;ge total. Les bombardements viennent des hauteurs de la vall&#233;e de la Ghouta, les missiles conditionnent notre quotidien. Tous les combattants ne sont pas salafistes, plut&#244;t des salafistes de circonstance. M&#234;me si c'est vrai que la religion est tr&#232;s pr&#233;sente en Syrie et d'autant plus que la mort fait d&#233;sormais partie de notre quotidien. En r&#233;alit&#233;, les milices deviennent dominantes selon l'importance des moyens dont elles disposent. L'Arabie Saoudite a &#233;t&#233; le seul soutien militaire sur le terrain. Il n'y a pas eu d'autres r&#233;actions internationales. L'Occident nous a abandonn&#233;s ou s'est cach&#233; derri&#232;re l'intervention opportuniste des pays du Golfe. La prise de pouvoir de certaines milices n'est clairement pas le miroir de la r&#233;alit&#233; sociale, mais plut&#244;t un &#233;tat du rapport de force g&#233;opolitique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; de fortes r&#233;ticences sur les pr&#233;ceptes rigoristes qui pr&#233;tendent r&#233;gir la vie sociale, le conseil local et la milice se voient contraints de coop&#233;rer pour ce qui rel&#232;ve de la r&#233;sistance &#224; Bachar. &#192; Douma, Jaysh el-Islam a ainsi mis en place une justice de substitution &#224; celle d'Assad, lequel jouait le jeu de l'ins&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, par la lib&#233;ration de prisonniers de droit commun, la coupure des salaires des fonctionnaires de la justice et le bombardement des infrastructures judiciaires. Majd relativise aussi le contr&#244;le total de la milice : &#171; &lt;i&gt;&#192; Douma, il y a une tr&#232;s forte solidarit&#233; entre les civils et les r&#233;volutionnaires arm&#233;s. Beaucoup estiment que, vu les circonstances, le conflit id&#233;ologique n'a pas lieu d'&#234;tre. D'ailleurs, au d&#233;but de la militarisation, le groupe progressiste qui coordonnait le rassemblement des forces r&#233;volutionnaires dans toute la Ghouta orientale avait choisi d'allier les salafistes et les fr&#232;res musulmans aux discussions sur les alternatives &#224; l'&#201;tat, afin d'anticiper la chute du r&#233;gime. Je pense que si les Syriens pouvaient d&#233;cider de leur sort, ce qui ne sera probablement pas le cas, ce n'est pas le mod&#232;le saoudien qui sortirait de la consultation. Les Syriens sont croyants, conservateurs dans un certain sens, mais ces m&#234;mes croyants sont capables de se mobiliser contre Allouche quand il devient autoritaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani d&#233;crit un &#233;pisode v&#233;cu d'injonction salafiste : &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions de sortie pour l'Iftar&lt;/i&gt; [rupture du je&#251;ne] &lt;i&gt;pour acheter des p&#226;tisseries. Un barbu arm&#233; voulait contr&#244;ler notre identit&#233;. Quand il m'a rendu mes papiers, il m'a demand&#233; pourquoi je ne voilais pas ma femme. Je lui ai r&#233;pondu ironiquement que je cherchais encore l'habit traditionnel de Douma. Il m'a dit de mettre n'importe quel drap. Et moi je lui ai r&#233;pondu qu'on n'&#233;tait pas en Arabie Saoudite. Il m'a menac&#233;. Mais les gens dans la p&#226;tisserie sont intervenus en s'excusant. Plus tard, d'autres personnes sont venues s'excuser de son comportement, dont son neveu, au nom des habitants de Douma.&lt;/i&gt; &#187; Hani reste persuad&#233; que la milice ne peut s'affranchir compl&#232;tement des dynamiques sociales de la ville : &#171; &lt;i&gt;Ce genre d'&#233;pisode, ce n'est pas une raison suffisante pour abandonner. D'ailleurs les femmes du r&#233;seau Razan n'abandonnent pas. Ces types sont de nouveaux petits despotes locaux. Mais ce n'est pas la force meurtri&#232;re de Bachar.&lt;/i&gt; &#187; Pour les activistes du r&#233;seau, la militarisation du conflit et l'essor de certains groupes rebelles ne doivent surtout pas faire dispara&#238;tre le fait que le principal ennemi &#224; abattre reste Bachar : &#171; &lt;i&gt;Avec la n&#233;cessit&#233; d'un front &#8220;tout sauf Bachar&#8221;, il n'est pas possible de d&#233;finir pour la Syrie un projet politique alternatif parfait. Ce qui nous rassemble pour le moment, c'est la r&#233;volution contre la tyrannie avant tout.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence de projet politique propre, combin&#233; &#224; la d&#233;licate cohabitation de circonstance avec les groupes islamistes arm&#233;s dans les zones lib&#233;r&#233;es, perturbe grandement l'identification par les gauches arabes et occidentales des r&#233;seaux de type Razan comme des alli&#233;s &#224; soutenir. Le vieux cache-sexe anti-imp&#233;rialiste devient alors le pr&#233;texte de ces gauches pour adopter la pire des positions : le soutien au r&#233;gime bassiste, &#224; l'instar des tendances politiques les plus r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argument confessionnel, l'arme de la contre-r&#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Salma, Hani, Majd et Abou Selma, l'argument de l'islamisation de l'opposition a port&#233; pr&#233;judice au mouvement civil et populaire entam&#233; en 2011. Il recouvre moins la r&#233;alit&#233; sociale du mouvement qu'un discours port&#233; &#224; l'ext&#233;rieur qui a servi le r&#233;gime, se posant en protecteur des minorit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Je ne comprends pas l'accusation faite aux r&#233;volutionnaires syriens d'avoir entra&#238;n&#233; une guerre confessionnelle&lt;/i&gt;, s'insurge Salma. &lt;i&gt;&#192; Zabadani&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ville a sign&#233; fin septembre (2015) un cessez-le-feu de 6&#8200;mois avec le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;ville chr&#233;tienne de Syrie, le clerg&#233; &#233;tait lui-m&#234;me engag&#233; dans la R&#233;volution. Le p&#232;re Paolo ne s'est pas engag&#233; en son nom, mais intentionnellement en tant que chr&#233;tien, c'est important de le souligner : il avait compris l'importance de casser l'image d'un mouvement manipul&#233; par l'islamisme sunnite, mise en avant par le r&#233;gime dans les discours internationaux ou les m&#233;dias occidentaux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combattre l'id&#233;e d'une r&#233;volution r&#233;duite &#224; des milices confessionnelles, Hani &#233;voque la participation sans distinction des minorit&#233;s, comme celles des Isma&#233;liens de Salamieh au d&#233;but de la R&#233;volution : &#171; &lt;i&gt;Ils ont particip&#233; aux brigades, &#224; la logistique. C'&#233;tait astucieux, car ils repr&#233;sentaient une minorit&#233; insoup&#231;onnable. C'&#233;tait &#233;tonnant, on les avait tous toujours consid&#233;r&#233;s comme faisant partie du poulailler d'Assad ! Ils scandaient en pleine manif &#8220;On ne s'agenouille devant personne, pas m&#234;me Dieu&#8221;, ce qui para&#238;t impensable &#224; dire en Syrie, qui reste un pays traditionaliste.&lt;/i&gt; &#187; Salma prend le relais : &#171; &lt;i&gt;Si les leaders druzes ont officiellement affich&#233; leur neutralit&#233;, beaucoup de Druzes ont r&#233;sist&#233;, car il y a une longue tradition de r&#233;sistance depuis le mandat fran&#231;ais. Il y a eu de nombreux cas de d&#233;fection au service militaire, surtout &#224; Soue&#239;da&lt;/i&gt; [une r&#233;gion druze au nord de Deraa, berceau de la r&#233;volution]. &lt;i&gt;Pour des raisons strat&#233;giques et un jeu d'alliance communautaire, le r&#233;gime ne se permettait pas de tuer en pleine rue, ce qui a facilit&#233; leur implication dans la r&#233;sistance. Plus tard, il y a eu un rapprochement plus explicite avec les r&#233;volutionnaires. Du coup aujourd'hui, Bachar laisse Daech terroriser les Druzes. Ce qui me fait dire que Deraa est une zone que le pouvoir pourrait l&#226;cher aux r&#233;volutionnaires, car, apr&#232;s ce point de non-retour, les Druzes ne rejoueront pas l'alliance avec le r&#233;gime.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Salma, &#171; &lt;i&gt;L'argument confessionnel sert de pr&#233;texte &#224; toutes les parties prenantes au conflit, de Bachar aux puissances &#233;trang&#232;res. C'est comme s'il y avait un plan en deux &#233;tapes, d'abord faire croire que les groupes confessionnels sont irr&#233;conciliables, puis imposer une partition, un d&#233;coupage de zones d'influence, comme au Liban, en Irak.&lt;/i&gt; &#187; Marwan insiste sur l'interventionnisme d&#233;vastateur des puissances r&#233;gionales soutenues par leurs alli&#233;s internationaux : &#171; &lt;i&gt;La Syrie n'est pas dans les mains des Syriens. M&#234;me au travers des institutions de l'opposition, on n'a pas r&#233;ussi &#224; investir dans la d&#233;mocratie. Les d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels seront un jour remplac&#233;s par l'Iran ou l'Arabie Saoudite. Pour moi, c'est l&#224; que la r&#233;volution a perdu.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'en septembre, Le Drian, ministre de la D&#233;fense, annonce les premi&#232;res frappes militaires fran&#231;aises contre Daech, que les soldats russes d&#233;barquent au sol dans le nord du pays et qu'un porte-avions chinois s'est post&#233; sur le port syrien de Tartous, il est clair qu'aucune puissance n'a la volont&#233; de soutenir ce soul&#232;vement civil, ni r&#233;ellement souhait&#233; la chute du r&#233;gime d'Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sentiment d'abandon et exil &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel espoir reste-t-il pour ceux qui luttent contre le sentiment d'abandon et d'exil, de voir se reconstruire une r&#233;publique sociale syrienne, d&#233;mocratique, multiconfessionnelle, interethnique et la&#239;que, qu'ils appellent de leurs v&#339;ux ? Condamnant le tour que prend l'alliance objective entre le r&#233;gime et les puissances ext&#233;rieures et le silence radio coupable sur ceux qui ont r&#233;ellement port&#233; cette r&#233;bellion populaire, Abou Selma conclut avec amertume : &#171; &lt;i&gt;Cette force d'opposition, &#231;a aurait d&#251; &#234;tre nous ! Mais on a &#233;t&#233; pouss&#233;s dans des impasses. La communaut&#233; internationale a fait miroiter aux r&#233;sistants beaucoup de soutiens qui ne sont jamais venus. Aujourd'hui, les m&#233;dias se focalisent sur des acteurs du conflit qui ne repr&#233;sentent qu'une minorit&#233; de gens en r&#233;alit&#233;. Alors que c'est une majorit&#233; du peuple syrien qui s'est r&#233;volt&#233;e ! Mais cela n'a plus aucune valeur aux yeux de l'Occident. On est tous devenus des cafards ou des Daech.&lt;/i&gt; &#187; Si personne aujourd'hui ne sait ce qu'il adviendra r&#233;ellement de la Syrie, avec ou sans Bachar, enti&#232;re ou fragment&#233;e, la m&#233;moire de cette r&#233;sistance devra &#234;tre la base de toutes les recompositions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On parle du &#171; commerce du djihad &#187;, une strat&#233;gie du r&#233;gime qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; la lib&#233;ration de prisonniers djihadistes en 2011 dans le seul objectif de cr&#233;er un contre-pouvoir &#224; la r&#233;volution civile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le site &lt;a href=&#034;https://www.adoptrevolution.org/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;adoptrevolution.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le puissant groupe salafiste Jabhat al-Nosra, affili&#233; &#224; Al Qaeda, est notoirement soutenu par des &#233;mirs saoudiens et la Turquie. Le groupe &#171; islamo-national &#187; Ahrar Al-Sham qui domine le nord ouest du pays, b&#233;n&#233;ficie de l'appui du Qatar, de la Turquie et cherche le soutien des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La ville a sign&#233; fin septembre (2015) un cessez-le-feu de 6&#8200;mois avec le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bachar, tueur en Syrie</title>
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		<dc:date>2018-02-25T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Coignard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Depuis mars 2011, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a comptabilis&#233; 240 381 victimes de la guerre en Syrie. L'organisation pr&#233;cise que ce bilan, &#233;tabli au 6&#8200;ao&#251;t 2015, est une estimation qui ne tient pas compte des quelque 30 000 personnes port&#233;es disparues, sur lesquelles pr&#232;s de 20 000 sont d&#233;tenues dans les prisons du r&#233;gime. L'OSDH fait &#233;tat de 71 781 pertes civiles, dont 59 817 adultes et 11 964&#8200;enfants. Ce sont pr&#232;s de 80 000 combattants des forces anti-r&#233;gime qui ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no136-octobre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;136 (octobre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Observatoire-syrien" rel="tag"&gt;l'Observatoire syrien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bachar-al-Assad" rel="tag"&gt;Bachar al-Assad&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Violations-Documentation" rel="tag"&gt;Violations Documentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Documentation-Center" rel="tag"&gt;Documentation Center&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH544/-397-49342.jpg?1782644028' width='400' height='544' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis mars 2011, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a comptabilis&#233; 240 381 victimes de la guerre en Syrie. L'organisation pr&#233;cise que ce bilan, &#233;tabli au 6&#8200;ao&#251;t 2015, est une estimation qui ne tient pas compte des quelque 30 000 personnes port&#233;es disparues, sur lesquelles pr&#232;s de 20 000 sont d&#233;tenues dans les prisons du r&#233;gime. L'OSDH fait &#233;tat de 71 781 pertes civiles, dont 59 817 adultes et 11 964&#8200;enfants. Ce sont pr&#232;s de 80 000 combattants des forces anti-r&#233;gime qui ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans le conflit, contre environ 90 000 soldats et miliciens pro-r&#233;gime. Par ailleurs, l'arm&#233;e, qui comptait aux alentours de 220 000 hommes en 2011, s'est aussi vid&#233;e de plus de la moiti&#233; de ses effectifs par la d&#233;sertion et l'insoumission. Le bilan dress&#233; par le VDC (Violations Documentation Center in Syria), cit&#233; par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 13&#8200;mars 2015 recense, lui, 112 423 victimes directes du tyran dont 81 596 sont des civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrestations, d&#233;tentions arbitraires, snipers, tortures syst&#233;matiques, disparitions, ex&#233;cutions sommaires, emploi du gaz sarin sur la population, utilisation des femmes comme boucliers humains, largage de barils d'explosifs depuis les airs sur les populations civiles constituent le cauchemar des Syriens depuis le printemps 2011. Des campagnes de viols, mises en place par les milices de Bachar al-Assad &#224; l'aube de la guerre civile, sont mentionn&#233;es dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 4 mars 2014 comme l'une des causes possibles du soul&#232;vement de la population contre la dictature. Lors de ces raids criminels, qui continuent encore &#224; &#234;tre organis&#233;s, les miliciens sont munis de stimulants sexuels. Un rapport de l'ONU accuse le gouvernement de faire violer et supplicier des enfants sous le regard de leur famille. Autre constat gla&#231;ant, effectu&#233; par l'OSDH le 13 mars 2015, 12 751 prisonniers &#8211; dont 108 enfants &#8211; sont morts sous la torture dans les ge&#244;les du tyran. Un photographe de la police militaire du dictateur, d&#233;sormais connu sous le pseudonyme de C&#233;sar, a pu documenter ces atrocit&#233;s : l'album horrifique de C&#233;sar pr&#233;sente les 54 000 photos, clandestinement sorties de Syrie en 2013, de 11 000 cadavres d&#233;charn&#233;s portant des marques de cha&#238;nes, de br&#251;lures, de lac&#233;rations et d'&#233;nucl&#233;ation par des agents chimiques. Les clich&#233;s, authentifi&#233;s par des juristes internationaux, confirment les accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanit&#233; port&#233;es, en d&#233;cembre 2013, &#224; l'encontre de Bachar al-Assad par le Conseil des droits de l'homme. Le 7 septembre 2015, Fran&#231;ois Hollande a cru pouvoir r&#233;sumer les causes de l'exode des Syriens en ces termes : &#171; &lt;i&gt;C'est Daech qui fait fuir, par les massacres qu'il commet, des milliers de familles.&lt;/i&gt; &#187; Le 16 septembre, m&#234;me son de cloche chez Marine Le Pen qui a d&#233;clar&#233; sur France Inter : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas Bachar al-Assad aujourd'hui qui pers&#233;cute les populations syriennes, c'est l'&#201;tat islamique.&lt;/i&gt; &#187; L'horreur spectaculaire des exactions commises par Daech, va-t-elle d&#233;finitivement occulter aux yeux du monde les crimes perp&#233;tr&#233;s, depuis plus de quatre ans, par le r&#233;gime syrien sur sa population ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La mosa&#239;que &#233;clat&#233;e</title>
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		<dc:date>2012-12-11T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>pays</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
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		<dc:subject>Bachar</dc:subject>
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		<dc:subject>Saoudite</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d&#233;chirant la Syrie depuis dix-huit mois voient s'affronter diverses confusions &#8211; ordinaires ou criminelles &#8211; qui font tourner le monde actuel, mais &#233;galement un r&#233;el refus de la servitude quelles qu'en soient les cons&#233;quences. CQFD a rencontr&#233; quatre Syriens de Marseille. &#171; Pas la peine d'&#234;tre un expert pour voir que ce qui se passe en Syrie est un complot &#187;, tranche Moulay, accoud&#233; aux fourneaux de son snack. &#171; Ils sont cent soixante-trois pays ligu&#233;s contre le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syrie" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Arabie-saoudite" rel="tag"&gt;l'Arabie saoudite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bachar" rel="tag"&gt;Bachar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Occidentaux" rel="tag"&gt;Occidentaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Saoudite" rel="tag"&gt;Saoudite&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d&#233;chirant la Syrie depuis dix-huit mois voient s'affronter diverses confusions &#8211; ordinaires ou criminelles &#8211; qui font tourner le monde actuel, mais &#233;galement un r&#233;el refus de la servitude quelles qu'en soient les cons&#233;quences. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; quatre Syriens de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pas la peine d'&#234;tre un expert pour voir que ce qui se passe en Syrie est un complot &#187;&lt;/i&gt;, tranche Moulay&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, accoud&#233; aux fourneaux de son snack. &lt;i&gt;&#171; Ils sont cent soixante-trois pays ligu&#233;s contre le gouvernement syrien, qui leur tient t&#234;te, et j'en suis fier. &#187;&lt;/i&gt; L'homme, d'origine alaouite, interrompt la minutieuse d&#233;coupe d'un morceau de poulet. &lt;i&gt;&#171; Les Occidentaux rejouent avec Bachar ce qu'ils ont fait avec Saddam. Et qu'on ne vienne pas nous parler des &#8220;printemps arabes&#8221; : c'est le printemps des Europ&#233;ens. Depuis quand les gens se soul&#232;vent comme &#231;a ? C'est trop rapide et la mise en sc&#232;ne est mauvaise. Les Occidentaux ne parlent des Droits de l'homme que lorsque &#231;a leur convient. &#187;&lt;/i&gt; Il essuie ses mains avant de pr&#233;ciser : &lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas pour Bachar, je suis pour le peuple. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'origine sunnite, Ahmad, pench&#233; sur sa machine &#224; coudre, convoque l'Histoire : &lt;i&gt;&#171; Il ne faut pas oublier que depuis l'ind&#233;pendance, en 1946, il ne s'est pas pass&#233; trois ans sans qu'il n'y ait des guerres ou des probl&#232;mes dans le pays : coups d'&#201;tat militaires &#224; r&#233;p&#233;tition, conflit avec Isra&#235;l, et aussi au Liban, en Irak&#8230; La Syrie a &#233;t&#233; pendant tr&#232;s longtemps un pays instable. L'alaouite Hafez-el-Assad, qui a pris le pouvoir en 1970, a tout fait pour amener la stabilit&#233;. Face &#224; cette menace politique et religieuse, comme ce qui s'est pass&#233; &#224; Hama&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 2 f&#233;vrier 1982, la population de Hama, &#224; majorit&#233; sunnite, se soul&#232;ve (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;en 1982, la dictature de Hafez-el-Assad s'est encore renforc&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; Ahmad pr&#233;pare un caf&#233;. &lt;i&gt;&#171; Au milieu des ann&#233;es 1990, les efforts de l'&#201;tat pour d&#233;velopper l'ind&#233;pendance a fait du pays le Hong-Kong du Moyen-Orient, avec ses productions de m&#233;dicaments, de v&#234;tements et de produits finis. On a construit des routes, des h&#244;pitaux, des &#233;coles et les gens avaient acc&#232;s la S&#233;curit&#233; sociale. C'est aussi &#224; cette &#233;poque que se sont d&#233;velopp&#233;es des cha&#238;nes satellitaires financ&#233;es par le Qatar et l'Arabie Saoudite, ainsi que d'autres ouvertement islamistes et qui toutes ne cessaient de parler des dictatures et des guerres dans les pays arabes. &#187;&lt;/i&gt; L'arriv&#233;e de Bachar-el-Assad a-t-elle chang&#233; le r&#233;gime ? &lt;i&gt;&#171; En 2006, Bachar a d&#233;cid&#233; d'ouvrir le pays. Aux fronti&#232;res, les paysans avaient accumul&#233; d'importantes fortunes par la contrebande. Avec l'ouverture du pays, tout s'&#233;croulaiy pour eux et leurs complices douaniers et militaires. Ce n'est donc pas un hasard si aujourd'hui, les principales zones de combat se trouvent dans ces r&#233;gions&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Encore un mot avant de se s&#233;parer : &lt;i&gt;&#171; Il y avait bien s&#251;r des choses qui n'allaient pas. De l&#224; &#224; faire une r&#233;volution qui va tout d&#233;construire&#8230; Le rem&#232;de est pire que le mal. Je ne veux pas d'un &#201;tat islamique ou d'un pays divis&#233;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En Syrie, il y a dix-sept services de renseignements quasiment autonomes se faisant concurrence pour &#234;tre bien vus par le clan des Assad, qui se consid&#232;re propri&#233;taire du pays. Et il faut donc toujours les remercier &#187;&lt;/i&gt;, entame Marwan en guise de pr&#233;sentation. Pour ce Druze, d&#233;crire le contexte du soul&#232;vement en cours lui semble important : &lt;i&gt;&#171; En 2000, l'arriv&#233;e de Bachar, qui avait promis la d&#233;mocratie et l'ouverture du pays, a &#233;t&#233; v&#233;cue comme un espoir. Il a lanc&#233; une grande vague de privatisations dans les banques, l'industrie et les t&#233;l&#233;communications. Tous les prix ont alors augment&#233;. Certains se sont enrichis, mais beaucoup d'autres se sont appauvris, dans le m&#234;me temps o&#249; des gens des campagnes rejoignaient massivement les villes. Les &#233;coles et les h&#244;pitaux priv&#233;s se sont d&#233;velopp&#233;s au d&#233;triment de l'enseignement public et des soins pour tous. Cela a particip&#233; de la col&#232;re actuelle. &#187;&lt;/i&gt; Rappel : &lt;i&gt;&#171; Le 15 mars 2011, quand des enfants de Deraa ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s &#224; cause d'un graffiti sur un mur, leurs p&#232;res se sont rendus au commissariat pour demander qu'on les lib&#232;re. Le g&#233;n&#233;ral qui les a re&#231;us, un proche de la famille Assad, leur a dit : &#8220;Oubliez vos enfants, et si vous voulez en avoir d'autres, envoyez-moi vos femmes.&#8221; &#192; partir de ce jour et pendant plus de trois mois, les gens sont sortis dans les rues pacifiquement en repoussant sans cesse ceux qui leur proposaient des armes venues de Jordanie, de Libye, du Qatar ou d'Arabie Saoudite, tr&#232;s faciles &#224; trouver. Les manifestations ont rassembl&#233; jusqu'&#224; plus d'un million de personnes, ce qui est &#233;norme dans un pays vivant sous le r&#232;gne de la plus sauvage r&#233;pression et depuis si longtemps. &#187;&lt;/i&gt; Alors, qui a tir&#233; le premier ? Marwan &#233;voque des provocations mont&#233;es par des militaires afin de justifier les fusillades. &lt;i&gt;&#171; Des civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s et &#231;a a &#233;t&#233; l'engrenage. Tu veux prot&#233;ger ta famille et tu peux avoir une kalachnikov, qu'est-ce que tu fais ? &#187;&lt;/i&gt; interroge-t-il, faussement ing&#233;nu. Il reprend : &lt;i&gt;&#171; Que ceux qui disent qu'il n'y a pas eu de r&#233;volution en Tunisie et en &#201;gypte nous expliquent ce que c'est qu'une r&#233;volution. Une r&#233;volution, c'est d'abord vouloir en finir avec la souffrance&#8230; Ce qui s'est pass&#233; dans ces pays est mont&#233; dans le sang des Syriens. Ce ne sont pas des magouilles de politiciens ou d'hommes d'affaires. La rue est toujours plus rapide qu'eux. Les r&#233;volutionnaires sont toujours en avance. &#187;&lt;/i&gt; Il vide sa tasse de caf&#233;. &lt;i&gt;&#171; Qui peut soutenir un dictateur ? S&#251;rement des gens &#8211; tr&#232;s rares en Syrie &#8211; qui n'ont jamais eu un proche en prison ! &#187;&lt;/i&gt; Marwan poursuit : &lt;i&gt;&#171; Il est faux de dire que les Occidentaux soutiennent les insurg&#233;s. Ils sont pris par cette maladie qu'est l'islamophobie. Quant &#224; l'Arabie Saoudite et le Qatar, qui disent d&#233;fendre les Droits de l'homme, je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer. Mais quoi qu'il en soit &#8211; et de toute fa&#231;on il n'y aura pas de retour en arri&#232;re &#8211; je suis contre une intervention de l'Occident. Les Syriens n'arriveraient plus &#224; s'en d&#233;barrasser&#8230; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trentaine pass&#233;e, Jean, membre d'une famille chr&#233;tienne, le proclame haut et fort : &lt;i&gt;&#171; Je soutiens totalement le soul&#232;vement. Ceux qui soutiennent Bachar, qui critiquent les insurg&#233;s ou parlent de complot sont dans un sch&#233;ma anti-imp&#233;rialiste qui ne prend pas en consid&#233;ration la vie des gens. Quand on est tortur&#233; ou qu'un proche est tu&#233;, on ne se pose pas la question de savoir qui est imp&#233;rialiste ou pas. Les gens veulent la justice. C'est l'essentiel. C'est humain. &#187;&lt;/i&gt; Quid des djihadistes dont la presse se d&#233;lecte ? &lt;i&gt;&#171; Dans le nord de la Syrie, l'Arabie Saoudite distribue du mat&#233;riel de guerre &#224; condition de faire des images montrant les drapeaux noirs du salafisme et des barbus sans moustache. Cet &#201;tat est &#233;videmment contre la r&#233;volution. Il veut en donner une mauvaise image. La pr&#233;sence r&#233;elle des islamistes est exag&#233;r&#233;e, avec ce paradoxe : au d&#233;but, personne ne voulait vraiment aider les insurg&#233;s par crainte qu'il s'agisse d'islamistes. On voit o&#249; on en est aujourd'hui&#8230; On retrouve les m&#234;mes d&#233;formations &#224; propos de la suppos&#233;e absence des femmes que ne cessent de pointer les gens de gauche. Pour les t&#233;l&#233;visions arabes, il doit y avoir le moins possible d'images de civils et, a fortiori, de femmes. &#187;&lt;/i&gt; Concernant la forte pr&#233;somption de mensonges et de manipulations des m&#233;dias, Jean explique : &lt;i&gt;&#171; Il y a forc&#233;ment des vid&#233;os truqu&#233;es. Mais l'important est le fait qu'il y a des morts et que c'est l'&#201;tat syrien qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre, en est responsable. Ce sont peut-&#234;tre de fausses preuves, mais ce sont de vrais crimes. C'est absurde de pol&#233;miquer l&#224;-dessus. On a v&#233;cu sous un r&#233;gime de terreur. Nous &#233;tions d&#233;poss&#233;d&#233;s de notre destin et vivions avec un sentiment d'injustice totale. &#187;&lt;/i&gt; Pour lui, &lt;i&gt;&#171; il faut que l'Occident intervienne. De toute fa&#231;on, il est m&#234;l&#233; &#224; l'existence des pays arabes depuis leur formation. Et il intervient toujours, de toute fa&#231;on, et par divers biais, dans ces pays&#8230; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'&#233;motion et des controverses attis&#233;es par la propagande, un m&#234;me sentiment semble unir nos quatre interlocuteurs : la question en jeu n'est pour l'essentiel ni ethnique, ni religieuse. Seuls ceux qui ont ou convoitent le pouvoir tirent sur ces ficelles. Reste qu'on se sent plus proche de l'&#233;thique des r&#233;volt&#233;s que du raisonnement de ceux qui pr&#233;f&#232;rent que rien ne bouge.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Patchwork oriental&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Syrie, pays de 23 millions d'habitants, est peupl&#233;e par une multitude d'ethnies.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Plus de 65 % des Syriens sont de confession sunnite, qui comprend toutes les d&#233;clinaisons de ce courant majoritaire de l'islam.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Parmi les minorit&#233;s ethniques et religieuses on compte environ 7 % de chr&#233;tiens, les Kurdes repr&#233;sentent 10 % de la population, les Assyriens plus de 2 %, les Turkm&#232;nes autour de 1,5 %, les chiites et les isma&#233;liens 1,3 %, les Tcherkesses et les Arm&#233;niens plus de 0,5 %. Une petite minorit&#233; juive vit &#224; Damas et &#224; Alep. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Les alaouites repr&#233;sentent autour de 10 % de la population. Maltrait&#233;s pendant des g&#233;n&#233;rations du fait de leur non-appartenance &#224; l'Islam, une part importante d'entre eux &#8211; dont le clan Assad &#8211; d&#233;tient aujourd'hui le pouvoir. &#192; la fin de la premi&#232;re guerre mondiale, la France, devenue d&#233;positaire du mandat sur ce pays, les a massivement incorpor&#233;s dans l'arm&#233;e. Cette caste mettra ensuite une cinquantaine d'ann&#233;es avant d'acc&#233;der au pouvoir, non sans que les imams du Caire et de Beyrouth eussent produit une fatwa r&#233;int&#233;grant les alaouites dans l'Oumma des musulmans &#8211; ils cessent d&#232;s lors d'&#234;tre regard&#233;s comme des &#171; m&#233;cr&#233;ants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune de ces populations n'est, y compris les alaouites, int&#233;gralement engag&#233;e soit dans un soutien au r&#233;gime, soit dans l'opposition. Et cela malgr&#233; les man&#339;uvres de l'&#201;tat syrien et des puissances &#233;trang&#232;res qui, inqui&#233;t&#233;es par le soul&#232;vement populaire, tentent d'exciter des conflits interethniques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 2 f&#233;vrier 1982, la population de Hama, &#224; majorit&#233; sunnite, se soul&#232;ve contre le pouvoir en place, apr&#232;s l'arrestation d'imams fondamentalistes. La ville sera bombard&#233;e 27 jours durant. Les estimations du nombre de morts varient entre 7 000 et 35 000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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