<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=7754&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Syrie : La R&#233;volution confisqu&#233;e ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Syrie-La-Revolution-confisquee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Syrie-La-Revolution-confisquee</guid>
		<dc:date>2018-02-25T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Glammour</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Omar Ibrahim</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>Douma</dc:subject>
		<dc:subject>Syriens</dc:subject>
		<dc:subject>syrien</dc:subject>
		<dc:subject>Abou Selma</dc:subject>
		<dc:subject>Bachar</dc:subject>
		<dc:subject>conseils locaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; Salma, Hani, Majd, Oussama, Abou Selma, activistes civils impr&#233;gn&#233;s des valeurs d'anti-autoritarisme et de d&#233;mocratie directe. Originaires de Damas et de sa r&#233;gion, notamment de la ville tristement c&#233;l&#232;bre de Douma et du camp de Yarmouk, ils vivent &#224; pr&#233;sent &#224; Toulouse, Paris ou Beyrouth, o&#249; ils ont pu venir &#171; souffler un peu &#187; pour se pr&#233;parer &#224; la suite de leur combat. Pour eux, l'issue du conflit ne se r&#233;sume pas &#224; &#171; Bachar ou la Charia &#187;, repris en ch&#339;ur de l'extr&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no136-octobre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;136 (octobre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Omar-Ibrahim" rel="tag"&gt;Omar Ibrahim&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil" rel="tag"&gt;Conseil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Douma" rel="tag"&gt;Douma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syriens" rel="tag"&gt;Syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syrien" rel="tag"&gt;syrien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Abou-Selma" rel="tag"&gt;Abou Selma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bachar" rel="tag"&gt;Bachar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conseils-locaux" rel="tag"&gt;conseils locaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; Salma, Hani, Majd, Oussama, Abou Selma, activistes civils impr&#233;gn&#233;s des valeurs d'anti-autoritarisme et de d&#233;mocratie directe. Originaires de Damas et de sa r&#233;gion, notamment de la ville tristement c&#233;l&#232;bre de Douma et du camp de Yarmouk, ils vivent &#224; pr&#233;sent &#224; Toulouse, Paris ou Beyrouth, o&#249; ils ont pu venir &#171; &lt;i&gt;souffler un peu&lt;/i&gt; &#187; pour se pr&#233;parer &#224; la suite de leur combat. Pour eux, l'issue du conflit ne se r&#233;sume pas &#224; &#171; Bachar ou la Charia &#187;, repris en ch&#339;ur de l'extr&#234;me gauche &#224; l'extr&#234;me droite. Ils ressentent la r&#233;habilitation actuelle du despote comme un coup de poignard dans le dos, jetant par l&#224; m&#234;me les opposants syriens dans le sac de l'obscurantisme salafiste. &#201;cras&#233;s, ils ne capitulent pas. Ce serait se trahir soi-m&#234;me. &#192; travers ces t&#233;moignages, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; souhaite contribuer &#224; redonner la parole &#224; ces invisibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On nous a vol&#233; la R&#233;volution !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame Majd, acteur de la premi&#232;re heure du Printemps syrien, r&#233;cemment r&#233;fugi&#233; dans l'Hexagone. Issus de la r&#233;volte populaire de mars 2011, des r&#233;seaux de r&#233;sistance prennent corps dans un continuum entre militants en exil et ceux &#339;uvrant dans les zones lib&#233;r&#233;es. Ils sont ignor&#233;s des m&#233;dias au profit d'analyses g&#233;opolitiques sans fin, ont subi la r&#233;pression f&#233;roce et fait face &#224; la militarisation rapide du soul&#232;vement, coinc&#233;s par le d&#233;veloppement des mouvements islamistes et djihadistes soutenus par les puissances occidentales et r&#233;gionales. Et finalement, ils se voient trahis par une opposition officielle de notables en exil pantouflarde, corrompue et d&#233;sincarn&#233;e. Malgr&#233; tout, ces r&#233;seaux tentent de garder vivace l'esprit r&#233;volutionnaire des d&#233;buts. M&#234;me lorsqu'ils se retrouvent accul&#233;s &#224; organiser la survie dans des zones assi&#233;g&#233;es, ne pas se rendre est leur dernier espoir de voir un jour la tyrannie chuter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH307/-398-bac87.jpg?1768649995' width='400' height='307' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du mouvement populaire &#224; la clandestinit&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2012, un peu plus d'un an apr&#232;s le d&#233;but du Printemps syrien, le mouvement social qui avait &#233;merg&#233; avec les premi&#232;res manifestations hebdomadaires, apr&#232;s la pri&#232;re du vendredi, s'est vu contraint &#224; la clandestinit&#233; sous la violence de la r&#233;pression orchestr&#233;e par Bachar al-Assad. Des r&#233;seaux de r&#233;sistance civile s'organisent dans l'agglom&#233;ration damasc&#232;ne et ses villes de banlieue. Salma, qui vivait en famille dans un quartier &#171; loyaliste &#187; du centre-ville, se souvient : &#171; &lt;i&gt;Le basculement a eu lieu &#224; Damas en juillet 2012, quand quatre hauts g&#233;n&#233;raux ont &#233;t&#233; assassin&#233;s. D'importantes d&#233;fections ont eu lieu dans l'arm&#233;e, le climat a tourn&#233; &#224; l'insurrection. Le r&#233;gime a alors chang&#233; de strat&#233;gie. Les manifs du vendredi sont devenues des bains de sang. Je n'y allais plus. Il n'y a plus eu de rassemblements populaires, mais des activit&#233;s clandestines de soutien logistique et de ravitaillement aux zones qui se lib&#233;raient.&lt;/i&gt; &#187; Hani, son mari, pr&#233;cise cette entr&#233;e en clandestinit&#233;, en m&#234;me temps que se constituaient des milices d'autod&#233;fense dans les quartiers, qui allaient donner naissance &#224; l'Arm&#233;e syrienne libre : &#171; &lt;i&gt;On n'arrivait plus &#224; circuler &#224; Damas. Je me suis fait arr&#234;ter avec une somme d'argent provenant de dons, destin&#233;e &#224; &#234;tre achemin&#233;e en zone libre. D'autres activistes, des passeurs, aidaient les soldats &#224; d&#233;serter. Des num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone sp&#233;ciaux circulaient, &#224; appeler quand un soldat voulait faire d&#233;fection. Souvent le passeur lui r&#233;pondait :&#8200;&#8220;Avec ou sans ton arme ?&#8221; Bien s&#251;r c'&#233;tait plus int&#233;ressant avec une arme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oussama, ex-fonctionnaire au minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res, actuellement &#224; Beyrouth, t&#233;moigne de ce basculement &#224; Douma, ville &#171; lib&#233;r&#233;e &#187; situ&#233;e au nord-est de la capitale, dans la Ghouta orientale : &#171; &lt;i&gt;En 2012, on a commenc&#233; &#224; se sentir vraiment assi&#233;g&#233;s. J'ai perdu dans cette p&#233;riode des proches tu&#233;s sur les check points de mani&#232;re exp&#233;ditive. Il n'y avait ni arrestation, ni tribunal, ni rien. On avait peur de bouger. La premi&#232;re personne que j'ai perdue c'&#233;tait mon neveu. &#201;tudiant &#224; l'universit&#233;, il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et tortur&#233; pendant 70 jours. Ensuite, j'ai perdu mon cousin, marchand de Douma, tu&#233; par les soldats du r&#233;gime. Apr&#232;s j'ai perdu un ami d'enfance qui habitait dans le m&#234;me quartier, il a &#233;t&#233; tu&#233; par un sniper. &#192; la fin de l'ann&#233;e 2012, il y avait 24 snipers &#224; Douma qui couvraient toutes les rues.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majd a aussi particip&#233; au mouvement populaire de Douma, en s'improvisant reporter de terrain, lui, issu une famille analphab&#232;te, qui n'avait jamais connu d'activit&#233;s politiques : &#171; &lt;i&gt;Les discussions politiques, celles qui avaient &#233;merg&#233; dans les coordinations de la r&#233;volution, ont cess&#233; d'exister. Elles ont &#233;t&#233; r&#233;duites &#224; n&#233;ant par le niveau de violence. Le territoire a &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;, d&#233;limit&#233; par la cartographie des snipers. Les manifestations ont disparu, les activistes ont &#233;t&#233; pris dans l'urgence humanitaire impos&#233;e par la r&#233;pression. L'esprit militant a chang&#233;, nous venions de perdre l'initiative de la r&#233;volution.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH576/-399-60566.jpg?1768652581' width='400' height='576' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;seau &#171; Razan Zeitouneh &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani, Salma, Majd font partie d'un des plus grands r&#233;seaux toujours vivace autour de Damas, le r&#233;seau ancr&#233; sur le comit&#233; local des coordinations et constitu&#233; autour de la personnalit&#233; de Razan Zeitouneh. Cette jeune avocate damasc&#232;ne a &#233;t&#233; enlev&#233;e, avec son mari Wael Hamada et deux de ses coll&#232;gues (dont la femme de l'&#233;crivain Yassin al-Haj Saleh), en 2013, &#224; Douma. Tout laisse &#224; penser que le rapt a &#233;t&#233; commis par Zahran Allouche de Jaych al-Islam, un seigneur de guerre local lib&#233;r&#233; des ge&#244;les par les forces du r&#233;gime&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On parle du &#171; commerce du djihad &#187;, une strat&#233;gie du r&#233;gime qui fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Razan Zeitouneh a contribu&#233; au Violations Documentation Center, qui effectue un travail de documentation sur les crimes du r&#233;gime, et demande la lib&#233;ration de tous les prisonniers politiques. &#192; Douma, elle est &#224; l'origine d'un centre de protection des femmes, o&#249; plus de 300&#8200;femmes se voient distribuer r&#233;guli&#232;rement des paniers de survie : pour les habitants de Douma, survivre est devenu une fa&#231;on de r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majd t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Je suis actif dans la coordination de projets locaux, notamment pour les h&#244;pitaux et l'enseignement. Avec la r&#233;pression, tous les services publics ont cess&#233;. J'ai particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de 7 centres &#233;ducatifs, qui accueillent de 200 &#224; 250&#8200;enfants. J'enseignais &#224; des enfants de tous milieux.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;On a mis en place des p&#233;dagogies ludiques, bien diff&#233;rentes de l'&#233;cole disciplinaire du r&#233;gime. L'&#233;conomie locale est limit&#233;e mais solidaire entre les localit&#233;s de la Ghouta, notamment dans la confection de v&#234;tements. Il y a encore des mati&#232;res premi&#232;res et des outils de production, des usines d&#233;saffect&#233;es c&#233;d&#233;es par les propri&#233;taires et mises au service de la communaut&#233; de la zone libre. &#192; cause de l'absence des bailleurs de fonds internationaux ou d'ONG comme le Croissant rouge, d'autres relais se sont faits &#224; l'ext&#233;rieur et un syst&#232;me de financement propre a &#233;t&#233; mis en place, avec des courtiers de circonstance : un m&#233;canisme entre les flux de personnes qui entrent avec des dollars, c'est-&#224;-dire nous ou nos r&#233;seaux de soutien&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site adoptrevolution.org.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; e&lt;i&gt;t ceux qui sortent, les Syriens qui fuient et &#233;changent leurs devises. C'est une logique bancaire de guerre.&lt;/i&gt; &#187; Oussama confirme : &#171; &lt;i&gt;Notre vision du travail c'&#233;tait d'aider les civils. On n'a jamais pens&#233; &#224; aider les militaires. Ils ont leurs propres financements. Nous agissions dans plusieurs secteurs : m&#233;dical, &#233;ducatif, alimentaire. Nous ne pouvions pas travailler d'une mani&#232;re trop structur&#233;e, sinon nous risquions d'&#234;tre d&#233;couverts par le r&#233;gime. C'&#233;tait tr&#232;s difficile, on a eu des probl&#232;mes de transfert d'argent, de nourriture, car m&#234;me quand tu veux tout simplement parler avec quelqu'un dans la rue, tu es observ&#233; et contr&#244;l&#233;. Je transf&#233;rais souvent de l'argent d'une maison &#224; une autre, d'une personne &#224; une autre personne, quelque fois j'ai d&#251; marcher avec des milliers de dollars, &#231;a aurait pu me co&#251;ter la vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani, ancien restaurateur de maisons anciennes, a d&#251; abandonner son activit&#233; d&#232;s 2012. Il raconte les premiers pas du collectif d'ing&#233;nieurs activistes qu'il a contribu&#233; &#224; fonder &#224; Damas : &#171; &lt;i&gt;En 2013, on pouvait faire des allers-retours en zone libre. C'&#233;tait un autre monde qui se dessinait, coup&#233; de tout et en premier lieu des besoins &#233;l&#233;mentaires comme l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, le gaz. On a commenc&#233; &#224; tester des mod&#232;les de fours solaires, de m&#233;thaniseurs, &#224; Damas, pour ensuite les diffuser dans d'autres quartiers, afin de trouver des alternatives aux ressources &#233;nerg&#233;tiques &#233;tatiques. Un paysan de Douma a accept&#233; de mettre en pratique nos tests. Le r&#233;seau continue son activit&#233; depuis deux ans. Au d&#233;but, il fonctionnait sur des dons, mais la population s'est appauvrie. On recherche alors des soutiens ext&#233;rieurs. C'est notre fa&#231;on de participer &#224; la r&#233;volution, mais &#231;a a un c&#244;t&#233; frustrant, car la r&#233;alit&#233; de la r&#233;sistance se fait sur le front aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque au m&#234;me moment, au sud de Damas, dans le camp palestinien de Yarmouk, Abou Selma, enseignant de langue arabe &#224; l'universit&#233;, monte la premi&#232;re &#233;cole libre sur ce territoire de la ville mis sous embargo par le dictateur. Cet ancien militant du parti communiste palestinien s'en est depuis longtemps distanci&#233; &#224; cause des ses accointances avec le r&#233;gime. Yarmouk entre clairement dans la r&#233;volution, en juillet 2012, au moment des frappes a&#233;riennes de l'arm&#233;e. &#171; &lt;i&gt;&#192; partir du premier bombardement, les obus sont devenus quotidiens et visaient les &#233;coles. Les &#233;coles d&#233;pendant de l'UNRWA (ONU) &#224; Yarmouk ont ferm&#233;. Moi, ma femme et une ni&#232;ce, nous avons trouv&#233; une salle de mariage en sous-sol qui s'appelait &#8220;la Salle dor&#233;e damasc&#232;ne&#8221; : c'est devenu &#8220;l'&#233;cole damasc&#232;ne&#8221;. On avait deux demi-journ&#233;es d'&#233;cole et 1 200 &#233;l&#232;ves, en nombre fluctuant. Comme il y a eu une grande fuite de comp&#233;tences dans le corps enseignant, il ne restait que les gens peu dipl&#244;m&#233;s ou sp&#233;cialis&#233;s, des jeunes filles avec le BAC, au mieux un d&#233;but d'&#233;tudes. Nous &#233;tions trois hommes seulement. Je les ai form&#233;es, et elles sont devenues les meilleures institutrices de toute la Syrie.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;L'Arm&#233;e syrienne libre &#233;tait stationn&#233;e dans le centre de Yarmouk et notre immeuble a &#233;t&#233; bombard&#233; sept fois par le r&#233;gime. Nous &#233;laborions des strat&#233;gies pour ne pas faire sortir tous les &#233;l&#232;ves en m&#234;me temps. Au bout d'un an, il y a eu cinq autres &#233;coles cr&#233;&#233;es dans d'autres zones de Yarmouk. Il en reste trois aujourd'hui. Derri&#232;re ce projet, il n'y avait pas de bailleurs internationaux, mais des individus engag&#233;s qui s'&#233;taient regroup&#233;s pour financer. Notre id&#233;e &#233;tait de sauver la soci&#233;t&#233; civile de Yarmouk, quoi qu'il arrive, afin que l'&#233;ducation et l'enseignement reste une priorit&#233; intemporelle et au dessus de toute influence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autonomie malgr&#233; la guerre &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;seaux d'activistes, &#224; Douma comme dans d'autres zones de Syrie, s'appuient plus ou moins efficacement sur les conseils locaux, tentative de structuration de la r&#233;sistance syrienne &#224; l'&#233;chelle du pays. En octobre 2011, Omar Aziz, militant anarchiste mort en prison en f&#233;vrier 2013, a fond&#233; le comit&#233; local de Berzeh. II appelait les Syriens &#224; s'organiser ind&#233;pendamment de l'&#201;tat, sous des formes d'autogestion et par des pratiques horizontales et collaboratives. Toutes les provinces sont aujourd'hui dot&#233;es d'un conseil, except&#233; Damas, le c&#339;ur du dispositif s&#233;curitaire de l'&#233;tat. Pour la plupart de nos interlocuteurs, se structurer au niveau local, y compris sur des missions purement humanitaires et de survie, a &#233;t&#233; compris comme une forme de r&#233;sistance &#224; la politique de terre br&#251;l&#233;e des zones assi&#233;g&#233;es orchestr&#233;e par Bachar al-Assad. Au d&#233;but, il fallait &#224; tout prix &#233;viter que celle-ci n'emporte tout sur son passage et en m&#234;me temps cr&#233;er une administration de substitution pour assumer les services publics prioritaires (justice, eau, d&#233;chets).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH402/-400-ddc52.jpg?1768718204' width='400' height='402' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Salma pr&#233;cise l'importance de ces conseils locaux : &#171; &lt;i&gt;Dans certaines villes, les conseils locaux ont r&#233;ussi &#224; convaincre les employ&#233;s des services publics de rester en poste, notamment dans les &#233;coles ou les usines &#233;lectriques. Alors m&#234;me que le r&#233;gime coupait les salaires des fonctionnaires dans les zones libres pour les inciter &#224; abandonner leur poste.&lt;/i&gt; &#187; Elle poursuit : &#171; &lt;i&gt;Derraya, c'est le projet le plus avanc&#233; depuis la r&#233;volution. &#199;a a toujours &#233;t&#233; une ville ouverte, avec de premi&#232;res initiatives politiques d&#232;s 2002/2003, comme la biblioth&#232;que municipale et l'organisation d'un nettoyage des rues pour combler les carences de l'&#201;tat : &#231;a avait beaucoup effray&#233; le r&#233;gime. La ville est toujours rest&#233;e mobilis&#233;e malgr&#233; les intenses bombardements men&#233;s par Maher al-Assad, fr&#232;re du pr&#233;sident, commandant de la 4 e&#8200;division en stationnement. Sous le blocus, la vie est dure : il n'y a pas de terres agricoles qui permettent de tenir le si&#232;ge&lt;/i&gt; [ndlr : on comptabilise plus de 400 barils d'explosifs balanc&#233;s sur la ville dans les deux derniers mois]. &lt;i&gt;Mais les habitants ne c&#232;dent pas aux pressions d'Assad, qui leur fait miroiter un cessez-le-feu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derraya, situ&#233;e dans le Rif, &#224; proximit&#233; de Damas, est consid&#233;r&#233;e comme l'exp&#233;rience la plus achev&#233;e de conseil local, alors qu'elle est devenue l'un des fronts les plus chauds du conflit : d&#232;s 2012, il est d&#233;cid&#233; que les groupes arm&#233;s soient soumis &#224; l'autorit&#233; du conseil local et les op&#233;rations militaires discut&#233;es avec les autorit&#233;s civiles. Oussama &#233;voque les conseils locaux de Douma : &#171; &lt;i&gt;Cette ville est assi&#233;g&#233;e depuis au minimum deux ans, mais elle a continu&#233; &#224; chercher l'alternative, &#224; &#234;tre solidaire, sans recourir &#224; un syst&#232;me hi&#233;rarchique. Les habitants ont r&#233;ussi &#224; cr&#233;er un syst&#232;me civil et, bien qu'ils vivent dans des conditions vraiment difficiles, c'est en m&#234;me temps syst&#233;matis&#233; et organis&#233;. On a eu un conseil local &#233;lu d&#233;mocratiquement, qui assure les travaux municipaux. Les groupes militaires restent &#224; l'ext&#233;rieur de la ville, il est interdit d'&#234;tre arm&#233; dans la ville.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une opposition institutionnelle en exil discr&#233;dit&#233;e &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; travers les conseils locaux et la structuration des projets d'autonomie, on esp&#233;rait aussi se construire une l&#233;gitimit&#233; repr&#233;sentative, dans l'attente hypoth&#233;tique d'une aide internationale ou face aux groupes arm&#233;s qui capitalisent sur leurs faits d'armes et les financements &#233;trangers.&lt;/i&gt; &#187; Mais Abou Selma &#233;voque ses d&#233;boires avec l'ONU : &#171; &lt;i&gt;On a commenc&#233; &#224; envoyer des messages &#224; l'ONU pour leur annoncer la r&#233;ouverture des &#233;coles, le nombre d'&#233;l&#232;ves, le programme, et &#224; appeler les organisations internationales &#224; prendre leurs responsabilit&#233;s, &#224; nous soutenir. On nous a ignor&#233;s. Plus tard, on a envoy&#233; des listes avec les dossiers d'inscription et les r&#233;sultats &#224; l'UNRWA. Finalement on a reconnu nos &#233;coles, &#224; condition qu'elles enseignent le programme officiel syrien. Au moins, les &#233;l&#232;ves sortis de nos &#233;coles ont pu continuer leurs &#233;tudes ailleurs. Il n'y a cependant pas eu de financement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majd revient lui aussi sur les modalit&#233;s de financement des projets d'autonomie, cette fois via les conseils locaux charg&#233;s par l'opposition officielle en exil et les bailleurs de fonds internationaux de distribuer l'aide : &#171; &lt;i&gt;Un nouveau conseil a &#233;t&#233; &#233;lu pour toute la Ghouta orientale, charg&#233; de la distribution des aides. Les budgets sont vot&#233;s en conseil, comme par exemple le programme de s&#233;curisation. Mais les financements venant de l'&#233;tranger sont plus complexes &#224; mettre en &#339;uvre. En plus, ils sont trimestriels, pas &#224; l'ann&#233;e, c'est donc difficile de construire une vision alternative &#224; moyen terme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; des activistes de terrain est peu prise en compte par ceux qui repr&#233;sentent l'opposition officielle. Les r&#233;volutionnaires syriens d&#233;noncent assez unanimement l'incomp&#233;tence et le peu de cr&#233;dibilit&#233; de ces &#171; opposants de salon &#187;, interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s des grandes puissances. Ils critiquent une tentative de recentralisation des comit&#233;s locaux par le Conseil national syrien, mais aussi l'opportunisme, la corruption et les divisions qui minent cette institution et les tentatives d'interf&#233;rences internationales, au gr&#233; de l'&#233;volution des rapports de force sur le terrain. Marwan, jeune Syrien exil&#233; &#224; Paris depuis 2011, laisse &#233;clater sa d&#233;sillusion : &#171; &lt;i&gt;Les repr&#233;sentants du Conseil national syrien gagnent plusieurs milliers de dollars par mois, ce qui les incite &#224; se complaire dans l'inaction. Des anciens soutiens &#224; Bachar, faisant partie de l'&#233;lite, se pr&#233;sentent comme des opposants en exil. C'est notamment pour &#231;a que nombre de Syriens n'y croient plus : ceux qui ont les moyens fuient, les pauvres restent et meurent. C'est en r&#233;alit&#233; une opposition de classe en exil.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La militarisation prend &#224; revers la r&#233;sistance populaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#226;ch&#233;e par ses repr&#233;sentants autoproclam&#233;s, d&#233;munie face aux attaques r&#233;p&#233;t&#233;es du r&#233;gime d'Assad et d&#233;poss&#233;d&#233;e par les tentatives de prises de pouvoir des milices apparues &#224; la faveur de la guerre, la r&#233;sistance civile s'affaiblit. Parall&#232;lement, des milices en recherche d'h&#233;g&#233;monie ont pu b&#233;n&#233;ficier d'un soutien militaire et logistique aupr&#232;s des pays du Golfe&#8200;3 et jouer leur propre jeu d'influence ind&#233;pendamment du mouvement civil. Leila, anarchiste et blogueuse dissidente&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le puissant groupe salafiste Jabhat al-Nosra, affili&#233; &#224; Al Qaeda, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; r&#233;sume la place grandissante des groupes arm&#233;s dans la situation r&#233;volutionnaire : &#171; &lt;i&gt;Les groupes islamistes totalitaires, comme Daech, sont mont&#233;s en puissance gr&#226;ce au chaos et ont commenc&#233; &#224; viser les zones lib&#233;r&#233;es, les activistes et l'Arm&#233;e Libre, en commettant des exactions terribles. Ce fut l'&#233;mergence de gangs criminels et de profiteurs de guerre. La Syrie est devenue le champ de bataille des proxy wars&lt;/i&gt; [guerres par procuration], &lt;i&gt;de la rivalit&#233; entre sunnites et chiites, des interventions &#233;trang&#232;res. Les troupes iraniennes et les milices chiites&lt;/i&gt; [Hezbollah] &lt;i&gt;occupent des parties du territoire, soutenant le r&#233;gime. Des extr&#233;mistes wahhabites sont venus rejoindre Daech. Tel a &#233;t&#233; le prix de notre qu&#234;te de libert&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Yarmouk, les activistes se sont trouv&#233;s directement affect&#233;s par l'arriv&#233;e de Jabhat al-Nosra. Abou Selma t&#233;moigne des diktats exerc&#233;s par la milice islamiste : &#171; &lt;i&gt;Une premi&#232;re fois, les hommes de Jabhat al-Nosra sont venus me voir avec l'&#233;mir (en signe de respect de l'institution de l'&#233;cole). Ils m'ont demand&#233; de s&#233;parer les filles des gar&#231;ons, au nom de l'islam. Je leur ai dit que j'&#233;tais certes musulman mais que je ne pouvais pas ouvrir une seconde &#233;cole faute de moyens. En raison de la situation d'exception, ils ont finalement accept&#233; la mixit&#233; dans l'&#233;cole. Une seconde fois, ils sont venus me demander d'enseigner la religion une heure par semaine, ce que j'ai refus&#233;. Une autre fois, j'ai eu des ennuis parce que j'avais organis&#233; une kermesse pour les enfants, au moment du petit A&#239;d&lt;/i&gt; [fin de ramadan], &lt;i&gt;avec des jeunes b&#233;n&#233;voles, gar&#231;ons et filles. Les jeunes de l'&#233;quipe ont voulu continuer la f&#234;te entre eux et j'ai laiss&#233; faire. C'&#233;tait familial, bon enfant. Mais Jabhat al-Nosra m'a accus&#233; d'avoir fait de l'&#233;cole un endroit de d&#233;bauche et me traitait de danseur des rues, &#8220;comme tous les Goranais&#8221;&lt;/i&gt; [habitants originaires du Jourdain]. &lt;i&gt;On a eu des &#233;changes virulents, je leur disais qu'ils n'avaient aucun droit sur moi et qu'ils feraient mieux de s'en prendre au pouvoir.&lt;/i&gt; &#187; Menac&#233;, Abou Selma finit par choisir la voie de l'exil, en Turquie, puis en France. &#171; &lt;i&gt;L'&#233;cole existe toujours&lt;/i&gt;, confie-t-il, &lt;i&gt;mais elle n'est plus aussi libre. Ces miliciens veulent imposer un programme islamiste. Si c'est &#231;a, il vaut mieux mettre la cl&#233; sous la porte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH575/-401-ad786.jpg?1768718204' width='400' height='575' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le non-choix de coop&#233;rer avec les milices &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; Douma, l'enseignement autog&#233;r&#233; n'a pas subi ces conflits de valeur, m&#234;me s'il y avait des parents salafistes parmi nous. Nous &#233;vitions de rentrer dans la pol&#233;mique religieuse, nous essayions de rester sur des bases communes, avec comme priorit&#233; de combler la douleur et la souffrance de la population. Il y avait des efforts au quotidien, la n&#233;cessit&#233; de susciter une exp&#233;rience collective. La division sociale aurait &#233;t&#233; une victoire du r&#233;gime.&lt;/i&gt; &#187; Majd &#233;voque la vie sous commandement militaire de Jaysh el-Islam, une des plus puissantes composantes du FIS (Front islamiste syrien, alliance de groupes islamo-nationaux) et relate les logiques de concurrence et de coop&#233;ration qui s'installent au quotidien &#224; Douma. &#171; &lt;i&gt;&#192; Douma actuellement, le chef est Zahran Allouche qui dispose de la milice la plus puissante. Tous les jeunes s'engagent dans Jaysh el-Islam. Ce n'est pas par id&#233;ologie ou parce qu'ils aiment Allouche, mais parce qu'ils ont besoin de se battre, de ne pas rester &#224; subir. Depuis deux ans, on est pass&#233;s d'un si&#232;ge relatif &#224; un si&#232;ge total. Les bombardements viennent des hauteurs de la vall&#233;e de la Ghouta, les missiles conditionnent notre quotidien. Tous les combattants ne sont pas salafistes, plut&#244;t des salafistes de circonstance. M&#234;me si c'est vrai que la religion est tr&#232;s pr&#233;sente en Syrie et d'autant plus que la mort fait d&#233;sormais partie de notre quotidien. En r&#233;alit&#233;, les milices deviennent dominantes selon l'importance des moyens dont elles disposent. L'Arabie Saoudite a &#233;t&#233; le seul soutien militaire sur le terrain. Il n'y a pas eu d'autres r&#233;actions internationales. L'Occident nous a abandonn&#233;s ou s'est cach&#233; derri&#232;re l'intervention opportuniste des pays du Golfe. La prise de pouvoir de certaines milices n'est clairement pas le miroir de la r&#233;alit&#233; sociale, mais plut&#244;t un &#233;tat du rapport de force g&#233;opolitique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; de fortes r&#233;ticences sur les pr&#233;ceptes rigoristes qui pr&#233;tendent r&#233;gir la vie sociale, le conseil local et la milice se voient contraints de coop&#233;rer pour ce qui rel&#232;ve de la r&#233;sistance &#224; Bachar. &#192; Douma, Jaysh el-Islam a ainsi mis en place une justice de substitution &#224; celle d'Assad, lequel jouait le jeu de l'ins&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, par la lib&#233;ration de prisonniers de droit commun, la coupure des salaires des fonctionnaires de la justice et le bombardement des infrastructures judiciaires. Majd relativise aussi le contr&#244;le total de la milice : &#171; &lt;i&gt;&#192; Douma, il y a une tr&#232;s forte solidarit&#233; entre les civils et les r&#233;volutionnaires arm&#233;s. Beaucoup estiment que, vu les circonstances, le conflit id&#233;ologique n'a pas lieu d'&#234;tre. D'ailleurs, au d&#233;but de la militarisation, le groupe progressiste qui coordonnait le rassemblement des forces r&#233;volutionnaires dans toute la Ghouta orientale avait choisi d'allier les salafistes et les fr&#232;res musulmans aux discussions sur les alternatives &#224; l'&#201;tat, afin d'anticiper la chute du r&#233;gime. Je pense que si les Syriens pouvaient d&#233;cider de leur sort, ce qui ne sera probablement pas le cas, ce n'est pas le mod&#232;le saoudien qui sortirait de la consultation. Les Syriens sont croyants, conservateurs dans un certain sens, mais ces m&#234;mes croyants sont capables de se mobiliser contre Allouche quand il devient autoritaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani d&#233;crit un &#233;pisode v&#233;cu d'injonction salafiste : &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions de sortie pour l'Iftar&lt;/i&gt; [rupture du je&#251;ne] &lt;i&gt;pour acheter des p&#226;tisseries. Un barbu arm&#233; voulait contr&#244;ler notre identit&#233;. Quand il m'a rendu mes papiers, il m'a demand&#233; pourquoi je ne voilais pas ma femme. Je lui ai r&#233;pondu ironiquement que je cherchais encore l'habit traditionnel de Douma. Il m'a dit de mettre n'importe quel drap. Et moi je lui ai r&#233;pondu qu'on n'&#233;tait pas en Arabie Saoudite. Il m'a menac&#233;. Mais les gens dans la p&#226;tisserie sont intervenus en s'excusant. Plus tard, d'autres personnes sont venues s'excuser de son comportement, dont son neveu, au nom des habitants de Douma.&lt;/i&gt; &#187; Hani reste persuad&#233; que la milice ne peut s'affranchir compl&#232;tement des dynamiques sociales de la ville : &#171; &lt;i&gt;Ce genre d'&#233;pisode, ce n'est pas une raison suffisante pour abandonner. D'ailleurs les femmes du r&#233;seau Razan n'abandonnent pas. Ces types sont de nouveaux petits despotes locaux. Mais ce n'est pas la force meurtri&#232;re de Bachar.&lt;/i&gt; &#187; Pour les activistes du r&#233;seau, la militarisation du conflit et l'essor de certains groupes rebelles ne doivent surtout pas faire dispara&#238;tre le fait que le principal ennemi &#224; abattre reste Bachar : &#171; &lt;i&gt;Avec la n&#233;cessit&#233; d'un front &#8220;tout sauf Bachar&#8221;, il n'est pas possible de d&#233;finir pour la Syrie un projet politique alternatif parfait. Ce qui nous rassemble pour le moment, c'est la r&#233;volution contre la tyrannie avant tout.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence de projet politique propre, combin&#233; &#224; la d&#233;licate cohabitation de circonstance avec les groupes islamistes arm&#233;s dans les zones lib&#233;r&#233;es, perturbe grandement l'identification par les gauches arabes et occidentales des r&#233;seaux de type Razan comme des alli&#233;s &#224; soutenir. Le vieux cache-sexe anti-imp&#233;rialiste devient alors le pr&#233;texte de ces gauches pour adopter la pire des positions : le soutien au r&#233;gime bassiste, &#224; l'instar des tendances politiques les plus r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argument confessionnel, l'arme de la contre-r&#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Salma, Hani, Majd et Abou Selma, l'argument de l'islamisation de l'opposition a port&#233; pr&#233;judice au mouvement civil et populaire entam&#233; en 2011. Il recouvre moins la r&#233;alit&#233; sociale du mouvement qu'un discours port&#233; &#224; l'ext&#233;rieur qui a servi le r&#233;gime, se posant en protecteur des minorit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Je ne comprends pas l'accusation faite aux r&#233;volutionnaires syriens d'avoir entra&#238;n&#233; une guerre confessionnelle&lt;/i&gt;, s'insurge Salma. &lt;i&gt;&#192; Zabadani&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ville a sign&#233; fin septembre (2015) un cessez-le-feu de 6&#8200;mois avec le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;ville chr&#233;tienne de Syrie, le clerg&#233; &#233;tait lui-m&#234;me engag&#233; dans la R&#233;volution. Le p&#232;re Paolo ne s'est pas engag&#233; en son nom, mais intentionnellement en tant que chr&#233;tien, c'est important de le souligner : il avait compris l'importance de casser l'image d'un mouvement manipul&#233; par l'islamisme sunnite, mise en avant par le r&#233;gime dans les discours internationaux ou les m&#233;dias occidentaux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combattre l'id&#233;e d'une r&#233;volution r&#233;duite &#224; des milices confessionnelles, Hani &#233;voque la participation sans distinction des minorit&#233;s, comme celles des Isma&#233;liens de Salamieh au d&#233;but de la R&#233;volution : &#171; &lt;i&gt;Ils ont particip&#233; aux brigades, &#224; la logistique. C'&#233;tait astucieux, car ils repr&#233;sentaient une minorit&#233; insoup&#231;onnable. C'&#233;tait &#233;tonnant, on les avait tous toujours consid&#233;r&#233;s comme faisant partie du poulailler d'Assad ! Ils scandaient en pleine manif &#8220;On ne s'agenouille devant personne, pas m&#234;me Dieu&#8221;, ce qui para&#238;t impensable &#224; dire en Syrie, qui reste un pays traditionaliste.&lt;/i&gt; &#187; Salma prend le relais : &#171; &lt;i&gt;Si les leaders druzes ont officiellement affich&#233; leur neutralit&#233;, beaucoup de Druzes ont r&#233;sist&#233;, car il y a une longue tradition de r&#233;sistance depuis le mandat fran&#231;ais. Il y a eu de nombreux cas de d&#233;fection au service militaire, surtout &#224; Soue&#239;da&lt;/i&gt; [une r&#233;gion druze au nord de Deraa, berceau de la r&#233;volution]. &lt;i&gt;Pour des raisons strat&#233;giques et un jeu d'alliance communautaire, le r&#233;gime ne se permettait pas de tuer en pleine rue, ce qui a facilit&#233; leur implication dans la r&#233;sistance. Plus tard, il y a eu un rapprochement plus explicite avec les r&#233;volutionnaires. Du coup aujourd'hui, Bachar laisse Daech terroriser les Druzes. Ce qui me fait dire que Deraa est une zone que le pouvoir pourrait l&#226;cher aux r&#233;volutionnaires, car, apr&#232;s ce point de non-retour, les Druzes ne rejoueront pas l'alliance avec le r&#233;gime.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Salma, &#171; &lt;i&gt;L'argument confessionnel sert de pr&#233;texte &#224; toutes les parties prenantes au conflit, de Bachar aux puissances &#233;trang&#232;res. C'est comme s'il y avait un plan en deux &#233;tapes, d'abord faire croire que les groupes confessionnels sont irr&#233;conciliables, puis imposer une partition, un d&#233;coupage de zones d'influence, comme au Liban, en Irak.&lt;/i&gt; &#187; Marwan insiste sur l'interventionnisme d&#233;vastateur des puissances r&#233;gionales soutenues par leurs alli&#233;s internationaux : &#171; &lt;i&gt;La Syrie n'est pas dans les mains des Syriens. M&#234;me au travers des institutions de l'opposition, on n'a pas r&#233;ussi &#224; investir dans la d&#233;mocratie. Les d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels seront un jour remplac&#233;s par l'Iran ou l'Arabie Saoudite. Pour moi, c'est l&#224; que la r&#233;volution a perdu.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'en septembre, Le Drian, ministre de la D&#233;fense, annonce les premi&#232;res frappes militaires fran&#231;aises contre Daech, que les soldats russes d&#233;barquent au sol dans le nord du pays et qu'un porte-avions chinois s'est post&#233; sur le port syrien de Tartous, il est clair qu'aucune puissance n'a la volont&#233; de soutenir ce soul&#232;vement civil, ni r&#233;ellement souhait&#233; la chute du r&#233;gime d'Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sentiment d'abandon et exil &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel espoir reste-t-il pour ceux qui luttent contre le sentiment d'abandon et d'exil, de voir se reconstruire une r&#233;publique sociale syrienne, d&#233;mocratique, multiconfessionnelle, interethnique et la&#239;que, qu'ils appellent de leurs v&#339;ux ? Condamnant le tour que prend l'alliance objective entre le r&#233;gime et les puissances ext&#233;rieures et le silence radio coupable sur ceux qui ont r&#233;ellement port&#233; cette r&#233;bellion populaire, Abou Selma conclut avec amertume : &#171; &lt;i&gt;Cette force d'opposition, &#231;a aurait d&#251; &#234;tre nous ! Mais on a &#233;t&#233; pouss&#233;s dans des impasses. La communaut&#233; internationale a fait miroiter aux r&#233;sistants beaucoup de soutiens qui ne sont jamais venus. Aujourd'hui, les m&#233;dias se focalisent sur des acteurs du conflit qui ne repr&#233;sentent qu'une minorit&#233; de gens en r&#233;alit&#233;. Alors que c'est une majorit&#233; du peuple syrien qui s'est r&#233;volt&#233;e ! Mais cela n'a plus aucune valeur aux yeux de l'Occident. On est tous devenus des cafards ou des Daech.&lt;/i&gt; &#187; Si personne aujourd'hui ne sait ce qu'il adviendra r&#233;ellement de la Syrie, avec ou sans Bachar, enti&#232;re ou fragment&#233;e, la m&#233;moire de cette r&#233;sistance devra &#234;tre la base de toutes les recompositions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On parle du &#171; commerce du djihad &#187;, une strat&#233;gie du r&#233;gime qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; la lib&#233;ration de prisonniers djihadistes en 2011 dans le seul objectif de cr&#233;er un contre-pouvoir &#224; la r&#233;volution civile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le site &lt;a href=&#034;https://www.adoptrevolution.org/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;adoptrevolution.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le puissant groupe salafiste Jabhat al-Nosra, affili&#233; &#224; Al Qaeda, est notoirement soutenu par des &#233;mirs saoudiens et la Turquie. Le groupe &#171; islamo-national &#187; Ahrar Al-Sham qui domine le nord ouest du pays, b&#233;n&#233;ficie de l'appui du Qatar, de la Turquie et cherche le soutien des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La ville a sign&#233; fin septembre (2015) un cessez-le-feu de 6&#8200;mois avec le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Syrie : Le martyre de Yarmouk</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Syrie-Le-martyre-de-Yarmouk</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Syrie-Le-martyre-de-Yarmouk</guid>
		<dc:date>2018-02-25T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Glammour</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Omar Ibrahim</dc:subject>
		<dc:subject>jamais</dc:subject>
		<dc:subject>Camp</dc:subject>
		<dc:subject>Palestiniens</dc:subject>
		<dc:subject>jamais consid&#233;r&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Abou Selma</dc:subject>
		<dc:subject>Yarmouk</dc:subject>
		<dc:subject>sommes jamais</dc:subject>
		<dc:subject>Damas</dc:subject>
		<dc:subject>peuple syrien</dc:subject>
		<dc:subject>Tra&#238;tres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Nous, Palestiniens du camp, nous ne nous sommes jamais consid&#233;r&#233;s comme &#233;trangers au peuple syrien et les Syriens ne nous ont jamais consid&#233;r&#233; comme des intrus. &#192; Damas, quand la r&#233;volution a commenc&#233;, c'&#233;tait pour moi une occasion de retourner une dette envers un peuple qui a accueilli les Palestiniens depuis 1948 &#187;, raconte Abou Selma. &#171; Le r&#233;gime a d'abord cru qu'il pouvait continuer &#224; s'appuyer sur les organisations palestiniennes et notamment sur Ahmed Jibril du FPLP-CG, qui a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no136-octobre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;136 (octobre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Omar-Ibrahim" rel="tag"&gt;Omar Ibrahim&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jamais" rel="tag"&gt;jamais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Camp" rel="tag"&gt;Camp&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Palestiniens" rel="tag"&gt;Palestiniens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jamais-consideres" rel="tag"&gt;jamais consid&#233;r&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Abou-Selma" rel="tag"&gt;Abou Selma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yarmouk" rel="tag"&gt;Yarmouk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sommes-jamais" rel="tag"&gt;sommes jamais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Damas" rel="tag"&gt;Damas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peuple-syrien" rel="tag"&gt;peuple syrien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Traitres" rel="tag"&gt;Tra&#238;tres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-402-2889b.jpg?1768651772' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous, Palestiniens du camp, nous ne nous sommes jamais consid&#233;r&#233;s comme &#233;trangers au peuple syrien et les Syriens ne nous ont jamais consid&#233;r&#233; comme des intrus. &#192; Damas, quand la r&#233;volution a commenc&#233;, c'&#233;tait pour moi une occasion de retourner une dette envers un peuple qui a accueilli les Palestiniens depuis 1948&lt;/i&gt; &#187;, raconte Abou Selma. &#171; &lt;i&gt;Le r&#233;gime a d'abord cru qu'il pouvait continuer &#224; s'appuyer sur les organisations palestiniennes et notamment sur Ahmed Jibril du FPLP-CG, qui a toujours &#233;t&#233; vu comme un collabo d'Assad.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en mai 2011, une partie de la population du camp, se retourne contre le FPLP, qu'elle tient pour responsable des victimes des manifestations de comm&#233;moration de la Nakba &#224; la fronti&#232;re isra&#233;lienne, sacrifi&#233;es &#224; une &#233;ni&#232;me man&#339;uvre politique de Bachar. &#171; &lt;i&gt;Nous nous sommes rendus au si&#232;ge du FPLP pour le saccager. Nous scandions &#8220;Un, un, un Palestiniens et Syriens sont un&#8221; et &#8220;Tra&#238;tres, Tra&#238;tres, Tra&#238;tres&#8221; contre les organisations politiques palestiniennes du camp. Yarmouk &#233;tait officiellement entr&#233; en r&#233;volution. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ce camp de 250 000 habitants (dont 150 000 r&#233;fugi&#233;s palestiniens) en 2012 qui recouvre un quartier entier du sud de Damas, s'est retrouv&#233; d&#233;vast&#233; et r&#233;duit &#224; moins de 18 000 survivants aujourd'hui ? &#171; &lt;i&gt;Pour contrer l'Arm&#233;e syrienne libre, dont les effectifs grandissaient d&#233;j&#224; dans les quartiers voisins, Jibril a tent&#233; de cr&#233;er les chahibas, des milices charg&#233;es de provoquer enl&#232;vements, affrontements et tensions. Mais le camp est rest&#233; une importante base logistique et de soins pour les r&#233;sistants des autres quartiers. En d&#233;cembre 2012, Assad change de tactique et, apr&#232;s avoir maintenu l'ASL aux portes sud de Yarmouk, il l'attire dans le camp. Dans le m&#234;me temps, ses bombardements r&#233;p&#233;t&#233;s incitent les habitants les plus loyalistes &#224; fuir vers Damas, par l'unique point de passage au nord du camp. Il a utilis&#233; ensuite les chahibas pour bloquer la porte nord et assi&#233;ger la zone sud. Sans plus d'issues, les 50 000 personnes rest&#233;es &#224; Yarmouk apr&#232;s le passage des MIG sont prises au pi&#232;ge.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp devient alors le th&#233;&#226;tre de deux ann&#233;es de si&#232;ge impos&#233; par l'arm&#233;e : &#171; &lt;i&gt;En octobre 2013, il y eut le premier mort de faim, une enfant. Au total, il y a eu 172&#8200;morts de faim. Yarmouk c'est une zone urbaine, il n'y a pas d'agriculture, donc il n'y avait rapidement plus rien &#224; manger. On a fini par manger la mauvaise herbe qui pousse sur le palier des maisons. C'&#233;tait vendu 300&#8200;livres le kilo. Les familles pauvres la mangeaient en salade, les autres, qui arrivaient &#224; en acheter 2 kg par jour, la mangeaient bouillie et rebouillie. On tombait malades au bout de quinze jours.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'offensive de Daech dans Yarmouk, au 1er avril 2015, qui finit d'achever toute forme de r&#233;sistance. Apr&#232;s d'intenses combats, b&#233;n&#233;ficiant vraisemblablement d'un retournement d'alliance de son rival, Jabhat Al-Nosra, Daech prend le contr&#244;le de 90 % du camp. En moins de dix jours, plus de 38&#8200;civils et combattants auraient &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s ou d&#233;capit&#233;s par les djihadistes, selon l'OSDH (Observatoire syrien des droits de l'homme), dont plusieurs membres du principal groupe palestinien d'opposition, Aknaf Beit Al-Maqdis. Les t&#233;moignages affirment que 75&#8200;civils et enfants sont emprisonn&#233;s dans une &#233;cole, d'autres sont port&#233;s disparus. Pour beaucoup d'observateurs, il est impossible que les combattants de Daech, qui ne tenaient aucune position &#224; Yarmouk comme dans la banlieue de Damas, aient pu investir ce quartier assi&#233;g&#233;, sans la complicit&#233; de l'arm&#233;e qui en contr&#244;lait les trois entr&#233;es. Le dictateur y aurait trouv&#233; son int&#233;r&#234;t &#224; la fois pour briser la r&#233;sistance palestinienne et pour se poser encore une fois en acteur du moindre mal, face &#224; une menace djihadiste &#224; moins de 10&#8200;km de la capitale. Face &#224; une contre-offensive unifi&#233;e, Daech va finalement laisser le terrain aux rebelles d'Al Nosra. Depuis, les habitants du camp sont tr&#232;s vite redevenus la cible privil&#233;gi&#233;e du r&#233;gime : les pilonnages sans discernement ont repris sur Yarmouk, Assad savoure sa vengeance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
