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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#201;tude de CAF : Avis de gros temps sur les m&#232;res isol&#233;es</title>
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		<dc:creator>Ren&#233;e Cossette</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le charcutage des aides personnalis&#233;es au logement (APL) va permettre &#224; l'&#233;tat d'&#233;conomiser 225 millions d'euros en 2016. Ce n'est pas cher payer le plaisir de mettre les pauvres un peu plus sur la paille. Et ce sont surtout les m&#232;res isol&#233;es qui vont morfler. T&#233;moignage. G&#233;raldine ? Sophie ? Nous sommes si nombreuses, il y a le choix&#8230; Disons Sophie. Sophie aimait Marc, ils pr&#233;voyaient de vivre heureux et d'avoir de nombreux enfants. Les enfants parurent, au nombre r&#233;glementaire de deux, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nadia-Berz" rel="tag"&gt;Nadia Berz&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le charcutage des aides personnalis&#233;es au logement (APL) va permettre &#224; l'&#233;tat d'&#233;conomiser 225 millions d'euros en 2016. Ce n'est pas cher payer le plaisir de mettre les pauvres un peu plus sur la paille. Et ce sont surtout les m&#232;res isol&#233;es qui vont morfler. T&#233;moignage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;raldine ? Sophie ? Nous sommes si nombreuses, il y a le choix&#8230; Disons Sophie. Sophie aimait Marc, ils pr&#233;voyaient de vivre heureux et d'avoir de nombreux enfants. Les enfants parurent, au nombre r&#233;glementaire de deux, mais en guise de bonheur Sophie perdit son travail, se retrouva au foyer contre son gr&#233; et Marc s'av&#233;ra &#234;tre une crapule capitaliste de la pire esp&#232;ce, du genre qui te fait payer ce que tu lui co&#251;tes, comme il le disait souvent &#224; Sophie, qui demanda finalement le divorce car ce ne serait pas pire, pensait-elle fort na&#239;vement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-440-0e506.jpg?1768653312' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nadia Berz.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, elle contacta les associations de d&#233;fense des femmes dans l'espoir fou d'obtenir quelque logement d'urgence pour s'&#233;loigner de Marc, devenu plus qu'irritable &#224; l'annonce de son d&#233;sir de le quitter. On lui apprit alors que faute de subventions les foyers &#173;d'accueil d'urgence &#233;taient pleins. Sophie se vit donc pri&#233;e de se diriger vers &#171; [son] &lt;i&gt;entourage&lt;/i&gt; &#187;. L'envie de r&#233;pondre &#171; &lt;i&gt;si j'avais &#233;t&#233; entour&#233;e j't'aurais pas t&#233;l&#233;phon&#233; !&lt;/i&gt; &#187; &#233;tait forte, mais Sophie n'avait pas le temps d'&#233;duquer plus privil&#233;gi&#233; qu'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Les femmes seules, &#231;a d&#233;grade les logements &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre m&#232;re Courage, comme disent les condescendants, aussi d&#233;termin&#233;e que coinc&#233;e maintenant que Marc avait pris bonne note de ses vell&#233;it&#233;s rebelles, se mit donc en qu&#234;te d'un logement. Les agences immobili&#232;res eurent t&#244;t fait de lui apprendre que chez eux, ce ne serait pas possible. Pas d'emploi, pas de ressources stables, fin des d&#233;bats. Sophie se dirigea donc vers les particuliers et commen&#231;a &#224; passer des coups de fil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois qu'un propri&#233;taire lui raccrocha au nez en entendant le mot divorce, elle se dit qu'elle &#233;tait probablement tomb&#233;e sur un militant de La Manif pour tous (LMPT). &#199;a arrive. La trenti&#232;me fois qu'on lui indiqua par le menu tout ce qu'il fallait penser des &#171; &lt;i&gt; gens comme vous&lt;/i&gt; &#187; et de quelle mani&#232;re &#171; &lt;i&gt;les femmes seules &#231;a d&#233;grade les logements&lt;/i&gt; &#187;, puisque aussi bien &#171; &lt;i&gt;les enfants sans p&#232;re c'est des petits sauvages&lt;/i&gt; &#187;, Sophie raccrocha la premi&#232;re, petite victoire morale sur la vacherie de son prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un trimestre long comme un jour sans pain, une propri&#233;taire bien intentionn&#233;e apprit &#224; Sophie que le probl&#232;me &#233;tait purement technique, son assureur ne couvrant pas le risque d'impay&#233; pour &#171; &lt;i&gt;ces cas-l&#224;&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Fiat Lux !&lt;/i&gt; Sophie d&#233;couvrit la loi Boutin. Inutile de contacter les propri&#233;taires de logements r&#233;cents ou simplement d&#233;cents, puisqu'ils avaient tous souscrit une assurance aux loyers impay&#233;s et que, faute de justifier de ressources fixes &#233;quivalent &#224; trois fois le montant du loyer hors charges, Sophie ne pouvait b&#233;n&#233;ficier de cette couverture et donc pr&#233;tendre &#224; un toit. Dress&#233;s &#224; la peur de l'impay&#233; (qui, au moment du vote de la loi en mars 2009, s'&#233;levait &#224; 1 % de l'ensemble des loyers, selon la f&#233;d&#233;ration des requins de l'immobilier FNAIM), les proprios avaient appris &#224; &#171; s&#233;lectionner &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taudis de cat&#233;gorie &#233;nerg&#233;tique H&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle apprit &#224; reconna&#238;tre les annonces donnant mati&#232;re &#224; esp&#233;rer : taudis de cat&#233;gorie &#233;nerg&#233;tique G ou H quand cela &#233;tait mentionn&#233;, sans prise terre, avec pour tout chauffage un grille-pain dans un couloir venteux, annonces sans photos. Apr&#232;s avoir &#233;chapp&#233; de justesse &#224; quelques &#171; arrangements &#187; propos&#233;s main sur son &#233;paule ou plus bas par des propri&#233;taires d&#233;sireux d'aider une femme seule, Sophie parvint &#224; d&#233;nicher une petite vieille sans plus aucune libido qui acceptait de lui louer sa ruine, pardon, &#171; &lt;i&gt;la maison de ma m&#232;re&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le loyer s'&#233;levait &#224; plus de la moiti&#233; des ressources de Sophie, le logement &#233;tait myst&#233;rieusement conventionn&#233; APL, &#224; se demander si quelqu'un &#233;tait venu un jour sentir le courant d'air frais que la porte d'entr&#233;e en bois du si&#232;cle pass&#233; fente-&#224;-lettre incluse diffusait au salon, mais &#231;a faisait un an que Sophie cohabitait avec son futur ex hurlant et vagissant sous le nez des enfants terroris&#233;s, elle avait perdu dix kilos, elle &#233;tait &#233;puis&#233;e et n'avait pas encore eu d'audience devant le juge aux affaires familiales, parce que la justice n'avait plus de budget non plus. Moyennant la fourniture de trois lits et d'une table, ce qui de toute mani&#232;re l'arrangeait, Marc n'ayant aucune envie de partager le mobilier, elle signa un bail meubl&#233; qui rassurait la propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en septembre 2015 et Sophie a d&#233;j&#224; pass&#233; deux hivers dans le cong&#233;lateur qui lui sert de logis, les factures d'&#233;lectricit&#233; ayant parfois &#233;t&#233; suffisamment contondantes pour lui faire penser &#224; &#233;courter ses jours sur cette terre mais elle tient bon, les enfants vont presque mieux, elle a trouv&#233; un accord &#224; l'amiable avec Marc &#8211;&#8200;amiable surtout pour lui &#8211;&#8200;pour gagner du temps de proc&#233;dure, leur maison d'avant est en vente, un jour tout &#231;a prendra fin, on ne va pas l&#226;cher maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pauvre donc forc&#233;ment tricheuse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis voil&#224;, &#231;a ne va pas se passer comme &#231;a, et pourtant &#171; comme &#231;a &#187; c'&#233;tait d&#233;j&#224; rude. La loi de finances 2016 a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e et elle pr&#233;voit de r&#233;former les aides personnalis&#233;es au logement (APL) parce que les pauvres, tout de m&#234;me, &#231;a co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re mesure vise &#224; faire les poches aux jeunes actifs de moins de 25 ans. Leur APL ne sera plus calcul&#233;e sur leur premi&#232;re fiche de paie mais sur leur revenu r&#233;el. Ce coup vicieux ne concerne pas trop Sophie, ses 25&#8200;ans sont loin, comme on ne manque pas de le lui rappeler au cours de ses recherches d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la deuxi&#232;me mesure qu'elle va se prendre droit dans la tronche. Il s'agit d'int&#233;grer au calcul des droits aux APL la propri&#233;t&#233; d'un capital, f&#251;t-il mesur&#233; en biens ou en argent sonnant et tr&#233;buchant. L&#224; &#231;a devient moins dr&#244;le pour Sophie, car la baraque de feu son couple id&#233;al constitue un bien qui lui appartient partiellement. Certes, elle n'est pas encore vendue et Sophie n'en tire aucun b&#233;n&#233;fice (Marc ne lui paie aucun loyer), sans compter qu'elle ne peut non plus y vivre (y a un ours dedans, souviens-toi). Mais la loi est la loi et Sophie risque donc de perdre tout ou partie de son aide au logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me mesure s'av&#232;re encore plus sc&#233;l&#233;rate pour notre h&#233;ro&#239;ne du combat ordinaire. Elle pr&#233;voit de plafonner l'aide au logement en fonction du prix du loyer. Vois-tu, pour nos gouvernants, si Sophie consacre une trop grande partie de ses ressources &#224; son loyer, ou si ledit loyer est sup&#233;rieur &#224; la moyenne du secteur, ce n'est pas parce que Sophie n'a pas acc&#232;s au march&#233; locatif ordinaire ni parce que des chacals abusent des locataires en situation de faiblesse sociale, non : pour nos gouvernants, si Sophie paie si cher son droit d'exister quelque part, c'est parce qu'elle cache des ressources &#224; l'Administration. Forc&#233;ment. &#171; Tricheuse, on t'a rep&#233;r&#233;e, hahaha ! &#187;, jubilent les chevaliers de l'ordre du m&#233;rite des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie, elle, ne sait juste pas o&#249; elle vivra en 2016. Elle a entrepris de recontacter les agences pour tenter de trouver moins cher. Sans trop de conviction parce qu'elle n'a de toute mani&#232;re pas les moyens de payer un d&#233;m&#233;nagement et ce ne sont pas ses enfants qui vont porter le frigo ou la machine &#224; laver. Un nouvel hiver approche, l'&#233;lectricit&#233; a encore augment&#233;, il faut de nouveaux manteaux aux enfants, la t&#233;l&#233; leur crache d&#233;j&#224; les publicit&#233;s pour les jouets de No&#235;l que Sophie ne pourra pas leur offrir, ils disent que c'est pas grave mais qu'ils ne veulent pas d&#233;m&#233;nager encore, ils se sont fait des copains dans le quartier... Fallait justement qu'ils s'acoquinent avec les gosses d'une autre divorc&#233;e contrainte au ch&#244;mage par l'obligation du &#171; &lt;i&gt;care&lt;/i&gt; &#187;, dans une autre maison tout aussi co&#251;teuse en charges n'ouvrant pas droit aux aides, avec aussi une ex-maison et un ex-mari, ou bien une petite &#233;pargne r&#233;cup&#233;r&#233;e &#224; la vente du bien, dans laquelle elle pioche tous les mois pour une facture, une cantine ou un appareil dentaire. Tandis que les enfants pleurent &#233;galement qu'ils ne veulent pas encore d&#233;m&#233;nager parce qu'ils se sont fait des amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque temps un type notoire&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 9 avril 2010, le d&#233;nomm&#233; &#201;ric Zemmour, scribouillard d'extr&#234;me droite, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a dit que si on coupait l'acc&#232;s aux allocations des femmes, elles divorceraient moins et la famille fran&#231;aise, cette valeur si ch&#232;re &#224; tous sauf &#224; ces garces qui ne font rien qu'&#224; refuser les baffes, serait sauv&#233;e. Sophie et ses voisines ont plut&#244;t l'impression que cette r&#233;forme veut achever les leurs, de familles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 9 avril 2010, le d&#233;nomm&#233; &#201;ric Zemmour, scribouillard d'extr&#234;me droite, vomissait ces propos dans &#171; &#231;a se dispute &#187; sur iT&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les Hommes du progr&#232;s</title>
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		<dc:date>2017-01-16T02:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Sans&#233;au</dc:creator>


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&lt;p&gt;Versant oriental de la Silicon Valley, Boston se d&#233;voue tout enti&#232;re au culte de &#171; l'&#233;conomie du savoir &#187;. Douce utopie d'une mar&#233;e &#171; d'innovations disruptives &#187; et de &#171; travail cr&#233;atif &#187; qui soul&#232;verait tous les bateaux&#8230; &#224; l'exception des moins qualifi&#233;s. La Nissan bleue file &#224; vive allure. Elle s'engouffre dans les tunnels vides du centre-ville, fend les larges boulevards de Cambridge, en banlieue de Boston. &#192; bord, miracle &#171; d'innovation disruptive &#187;, le service UberPool a permis de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classes" rel="tag"&gt;classes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marc" rel="tag"&gt;Marc&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bill-Gates" rel="tag"&gt;Bill Gates&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Versant oriental de la Silicon Valley, Boston se d&#233;voue tout enti&#232;re au culte de &#171; l'&#233;conomie du savoir &#187;. Douce utopie d'une mar&#233;e &#171; d'innovations disruptives &#187; et de &#171; travail cr&#233;atif &#187; qui soul&#232;verait tous les bateaux&#8230; &#224; l'exception des moins qualifi&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1805 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH501/-112-99f57.jpg?1768649070' width='400' height='501' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La Nissan bleue file &#224; vive allure. Elle s'engouffre dans les tunnels vides du centre-ville, fend les larges boulevards de Cambridge, en banlieue de Boston. &#192; bord, miracle &#171; d'innovation disruptive &#187;, le service UberPool a permis de r&#233;unir George et Marc pour une quinzaine de minutes. Ou comment transformer une berline &#233;triqu&#233;e en ar&#232;ne de la guerre des classes. George, la cinquantaine, est le chauffeur. Il tient un restaurant &#224; Lowell, ville sinistr&#233;e &#224; 50km d'ici, et vient faire le lumpen-taxi le week-end. Marc est le second passager, banquier de son &#233;tat. Comme son statut l'exige, le trentenaire est aussi fin id&#233;ologue. En cette semaine de fin novembre, les chauffeurs Uber ont manifest&#233; dans plusieurs villes des &#201;tats-Unis pour r&#233;clamer un salaire minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lance le sujet. &#171; &lt;i&gt;C'est la mission naturelle des hommes que de cr&#233;er des produits nouveaux, explique le banquier. C'est le progr&#232;s. Les humains veulent satisfaire leurs besoins imm&#233;diatement, or les taxis traditionnels n'y r&#233;pondent plus. Uber, c'est le futur. Ceux qui s'y opposent vont contre l'ordre des choses.&lt;/i&gt; &#187; George semble modestement satisfait d'avoir pris la voie de la modernit&#233;. On lui demande s'il convoite cette vieille relique de salaire minimum. &#171; &lt;i&gt;Ah oui, mais c'est pas possible avec Uber. Ils ne veulent pas, on est auto-employ&#233;s. C'est pour des questions d'assurance et&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Le banquier reprend la parole : &#171; &lt;i&gt;&#199;a n'a pas de sens de les requalifier en salari&#233;s. Les gens qui travaillent &#224; la commission ne sont pas des salari&#233;s. C'est aussi simple que &#231;a&lt;/i&gt;. &#187; On claque la porti&#232;re face au Massachusetts Institute of Technology (MIT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boston appartient aux &#171; Hommes de progr&#232;s &#187; comme Marc. C'est un bastion des classes dipl&#244;m&#233;es et l'une des villes les plus prosp&#232;res des &#201;tats-Unis. Plus de 150 000 &#233;tudiants y remplissent des universit&#233;s hors de prix, telles Harvard et le MIT. Elles y font figure de couveuses &#224; cols blancs pour les &#171; industriels du savoir &#187; : Microsoft, Google, Novartis, Pfizer et Amazon ont pignon sur rue. Une telle concentration de g&#233;nie a produit plus de 7&#8202;000 brevets en 2014 &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'ensemble du Massachusetts.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. C'est aussi la championne des in&#233;galit&#233;s. Si le revenu moyen du Massachusetts (dont elle est la capitale) compte parmi les plus &#233;lev&#233;s au monde, ses habitants les plus riches gagnent jusqu'&#224; 18 fois plus que leurs voisins pauvres &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. City and metropolitan inequality on the rise, driven by declining (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pareil bilan incombe largement au parti d&#233;mocrate : depuis 1930, pas un seul maire r&#233;publicain n'y a &#233;t&#233; &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que le mariage du &#171; Parti du peuple &#187; et des classes privil&#233;gi&#233;es tient de la conversion du premier aux &#233;vangiles du libre march&#233; et du &#171; capitalisme &#233;clair&#233;. &#187; D&#232;s le tournant des ann&#233;es 1970, une nouvelle g&#233;n&#233;ration de d&#233;mocrates se prenait de passion pour le &#171; travail cr&#233;atif &#187; et les qu&#234;tes existentielles. &#171; &lt;i&gt;Les gens &#233;clair&#233;s ne se souciaient plus de salaire minimum et de droits des travailleurs. Mais les sottises sur l'authenticit&#233; et l'accomplissement personnel &#8211; le topo des &#8220;jeunes existentialistes&#8221; &#8211; cela ferait gagner des &#233;lections&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Thomas Frank &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auteur de Pourquoi les pauvres votent &#224; droite (Agone, 2013) et de Listen (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Voil&#224; que le travailleur &#224; la cha&#238;ne, ali&#233;n&#233; et peu sophistiqu&#233;, basculait de base &#233;lectorale &#224; force d'opposition au changement. Les Nouveaux D&#233;mocrates ont ainsi fait du renoncement une philosophie politique &#8211; nul ne peut s'opposer &#224; &#171; &lt;i&gt;l'&#233;conomie post-industrielle&lt;/i&gt; &#187; &#8211; pour devenir le parti de la &#171; &lt;i&gt;classe du savoir&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;travailleurs connect&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;innovateurs disruptifs&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Massachusetts, c'est l'ancien gouverneur d&#233;mocrate, M. Deval Patrick, qui a fait figure de missionnaire de &#171; &lt;i&gt;l'&#233;conomie de l'innovation&lt;/i&gt; &#187;. Ici, point de fatalisme : plusieurs centaines de millions de dollars agit&#233;s en cr&#233;dits d'imp&#244;ts et subventions. M&#234;me credo pour l'administration Obama, qui a fait de la Silicon Valley son principal alli&#233;. &#171; &lt;i&gt;Le mod&#232;le du d&#233;veloppement urbain futuriste qu'a cr&#233;&#233; la nouvelle &#233;conomie dite de l'innovation n'est autre que de la propagande pour le syst&#232;me de pouvoir actuel&lt;/i&gt;, &#233;crit John Summers. &lt;i&gt;Ce sont des int&#233;r&#234;ts de classe d&#233;guis&#233;s en prosp&#233;rit&#233;. Et c'est tout ce que les plus progressistes des d&#233;mocrates sont en mesure d'offrir au pays&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancien r&#233;dacteur en chef du magazine The Baffler. La citation provient de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#187; C'est donc sans surprise qu'Hillary Clinton avait song&#233;, en cas de victoire &#224; la pr&#233;sidentielle de novembre dernier, &#224; nommer Tim Cook (PDG d'Apple) ou Bill Gates pour la vice-pr&#233;sidence &#8211; deux champions de l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour &#224; Cambridge. Force est de reconna&#238;tre que la vie des &#171; &lt;i&gt;travailleurs cr&#233;atifs&lt;/i&gt; &#187; y est tr&#233;pidante. On longe des appartements de luxe affichant de vibrantes devises sur leurs fa&#231;ades (&#171; &lt;i&gt;Vivez inspir&#233;, &#233;levez votre statut&lt;/i&gt; &#187;), un incubateur de startups (&#171; &lt;i&gt;L'innovation pour tous&lt;/i&gt; &#187;), une franchise de Food lab Clover (&#224; ne pas confondre avec un fast food) pour enfin pi&#233;tiner l'Entrepreneur Walk of Fame de Kendall Square. Devant les plaques de marbre gris honorant Steve Jobs et Bill Gates, une &#233;paisse dalle est engrav&#233;e d'une maxime lumineuse : &#171; &lt;i&gt;N'allez pas l&#224; o&#249; le chemin peut mener. Allez l&#224; o&#249; il n'y a pas de chemin et laissez une trace&lt;/i&gt;. &#187; On peut aussi mesurer la vie moderne &#224; l'aune de la boutique du MIT, o&#249; les esprits cr&#233;atifs s'adonnent aux joies de la litt&#233;rature de demain : &lt;i&gt;L'Art de la rivalit&#233;&lt;/i&gt; (S. Smee), &lt;i&gt;La Conqu&#234;te du bonheur&lt;/i&gt; (Bertrand Russell), &lt;i&gt;9 choses que les personnes &#224; succ&#232;s font diff&#233;remment&lt;/i&gt; (H.D. Halvorson), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croise un &#233;tudiant bien engag&#233; pour &#171; &lt;i&gt;laisser une trace sur son chemin&lt;/i&gt; &#187;, tout juste dipl&#244;m&#233; en ing&#233;nierie biom&#233;dicale. &#171; &lt;i&gt;Pour quatre ans d'&#233;tudes, j'ai pay&#233; autour de 200 000 dollars&lt;/i&gt; [environ 185 000 euros, ndlr]. &lt;i&gt;Et c'est sans compter le prix du logement. J'ai une belle dette &#224; payer. L&#224; o&#249; j'ai de la chance, c'est que je vais dans un secteur qui paie raisonnablement bien. Mais si je voulais travailler dans l'administration publique ou l'&#233;ducation, &#231;a aurait &#233;t&#233; impossible de tout rembourser rapidement. &#199;a prendrait vingt ou trente ans&lt;/i&gt;. &#187; D'apr&#232;s l'institut TICAS, la plupart des &#233;tudiants du Massachusetts quittent l'universit&#233; avec une dette moyenne de 31 000 dollars (pr&#232;s de 29 000 euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; ceux que l'absence de dipl&#244;mes disqualifie d'office pour une &#171; &lt;i&gt;vie inspir&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, il ne leur reste qu'&#224; courber l'&#233;chine. &#171; &lt;i&gt;La tech ? C'est super. Si on trouve un jour un rem&#232;de au cancer, ce sera ici&lt;/i&gt;. &#187; Binky, employ&#233; dans un magasin de v&#234;tements, s'est &#233;chou&#233; sur un banc de la place Lafayette. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s, si t'as pas de dipl&#244;me, c'est gal&#232;re. Le prix de la vie est de plus en plus &#233;lev&#233;, &#231;a devient inabordable.&lt;/i&gt; &#187; Plus tard, on croise Ross. Le cinquantenaire &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s tr&#232;s occup&#233;&lt;/i&gt; &#187; tient une entreprise d'&#233;v&#232;nementiel. &#171; &lt;i&gt;C'est in-croy-able ce qui arrive &#224; Boston. Le prix de l'immobilier a juste explos&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. C'est impossible d'acheter quoi que ce soit. Le pire, c'est quand mon deuxi&#232;me fils est entr&#233; &#224; l'universit&#233;. Il a fallu que j'hypoth&#232;que ma maison pour son emprunt &#233;tudiant&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On finit la journ&#233;e dans un caf&#233; de Somerville, &#224; 10 minutes de Cambridge. Rendez-vous &#233;tait donn&#233; avec Harris, un responsable de l'Union internationale des employ&#233;s de service (SEIU, 2 millions de membres). &#171; &lt;i&gt;Ici, c'est comme New York ou San Francisco : une ville riche avec des niveaux de pauvret&#233; effarants. Auparavant, seules les classes populaires &#233;taient laiss&#233;es de c&#244;t&#233;. Mais on a de plus en plus de gens qualifi&#233;s qui viennent frapper &#224; notre porte. Des gens avec des th&#232;ses qui ne s'en sortent plus. On est devenu le syndicat des chauffeurs de taxi, des travailleurs de fast food, des employ&#233;s de cantine scolaire et&#8230; des enseignants pr&#233;caris&#233;s. On voit aussi des psychoth&#233;rapeutes ou des avocats commis d'office qui sont trait&#233;s comme des contractuels. Ce sont les cols blancs du pass&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on se rassure. Interrog&#233; en 2014 sur le niveau effarant des in&#233;galit&#233;s qui gangr&#232;nent sa ville, le maire de Boston, Martin Walsh, reconnaissait qu'il est &#171; &lt;i&gt;impossible de fonder une famille en gagnant seulement le salaire minimum&lt;/i&gt; &#187; (fix&#233; &#224; 11 dollars par heure, environ 10,40 euros). Ainsi, M. Walsh a imagin&#233; une solution &#224; la hauteur de son parti : &#171; &lt;i&gt;plus d'&#233;ducation&lt;/i&gt; &#187; pour les ouvriers non qualifi&#233;s et &#171; &lt;i&gt;entamer une conversation avec les milieux d'affaires plut&#244;t que de les taxer davantage&lt;/i&gt; &#187;. &#192; bon entendeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans l'ensemble du Massachusetts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;City and metropolitan inequality on the rise, driven by declining incomes&lt;/i&gt;, Brookings Institution, janvier 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Auteur de &lt;i&gt;Pourquoi les pauvres votent &#224; droite&lt;/i&gt; (Agone, 2013) et de &lt;i&gt;Listen Liberal&lt;/i&gt; (Metropolitan Books, 2016) dont est issue cette citation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ancien r&#233;dacteur en chef du magazine &lt;i&gt;The Baffler&lt;/i&gt;. La citation provient de l'article &#171; The People's Republic of Zuckerstan &#187; (2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le cri d'&#233;mancipation, &#8220;Debout et libre&#8221;, c'est ce que je recherche dans la po&#233;sie &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-cri-d-emancipation-Debout-et</link>
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		<dc:date>2015-03-27T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charlotte Dugrand, Nicolas Norrito</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Il est l'un des artistes les plus dou&#233;s de sa g&#233;n&#233;ration. Ivre de r&#233;volte, de sombre beaut&#233; et de mots ac&#233;r&#233;s. Jusqu'&#224; l'ivresse, au vertige. Un funambule. Marc Nammour, chanteur de La Canaille, soutient en ce moment La Naus&#233;e, le troisi&#232;me album du groupe. Rencontre sur les collines du 93-sud en compagnie de la manageuse Lucie Sertillange. La Canaille, c'est ton histoire, Marc, mais aussi celle de Lucie. Vous nous racontez les premi&#232;res ann&#233;es ? Lucie : J'ai rencontr&#233; Marc alors qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est l'un des artistes les plus dou&#233;s de sa g&#233;n&#233;ration. Ivre de r&#233;volte, de sombre beaut&#233; et de mots ac&#233;r&#233;s. Jusqu'&#224; l'ivresse, au vertige. Un funambule. Marc Nammour, chanteur de La Canaille, soutient en ce moment &lt;i&gt;La Naus&#233;e&lt;/i&gt;, le troisi&#232;me album du groupe. Rencontre sur les collines du 93-sud en compagnie de la manageuse Lucie Sertillange.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Canaille, c'est ton histoire, Marc, mais aussi celle de Lucie. Vous nous racontez les premi&#232;res ann&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie : &lt;/strong&gt; J'ai rencontr&#233; Marc alors qu'il avait 19 ans, il ne se pr&#233;sentait pas encore comme un chanteur de rap. On s'est perdus de vue, puis on s'est retrouv&#233;s &#224; 21 ans, en 2000. Cela faisait plusieurs mois qu'il se consacrait &#224; la musique, au rap. Il avait arr&#234;t&#233; ses &#233;tudes et travaillait &#224; l'usine, de nuit. Il m'a fait &#233;couter cinq ou six textes &#233;crits et compos&#233;s avec son pote Nicolas Rinaldi. Des textes, d&#233;j&#224;, qui parlaient de dignit&#233; et de r&#233;volte. On s'est install&#233; ensemble &#224; Toulouse et il a consacr&#233; de gros efforts &#224; la r&#233;alisation de sa premi&#232;re mix-tape. Arriv&#233;s &#224; Montreuil, on a &#233;largi notre cercle de musiciens, et tout s'est acc&#233;l&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH444/p13-band--la-canaille-92aa5.jpg?1768652888' width='400' height='444' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Jaulin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle a &#233;t&#233; ta place dans la cr&#233;ation du groupe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie :&lt;/strong&gt; Travers&#233;e par des aspirations po&#233;tiques et politiques, j'ai peut-&#234;tre &#233;t&#233; une bo&#238;te &#224; id&#233;es, une muse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; Dans notre relation, il y a eu la rencontre entre deux mondes. J'&#233;tais en col&#232;re mais sans conscience politique. Et puis je croyais encore en Dieu. C'&#233;tait avant d'&#233;crire &#171; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=2JKYQQtAn0I&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ni Dieu ni ma&#238;tre&lt;/a&gt; &#187; ou &#171; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=-QRtg_10MIE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Usine&lt;/a&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'usine, tu y as boss&#233; un an ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; Plus que cela, j'ai commenc&#233; &#224; 16 ans pendant toutes les vacances. Je conditionnais les pi&#232;ces. Puis j'y suis revenu &#224; 21 ans, &#224; temps complet. &#192; cette &#233;poque, je le r&#233;p&#232;te, j'&#233;tais en col&#232;re, mais je ne comprenais pas n&#233;cessairement les m&#233;canismes de domination. Ensuite, oui, j'ai &#233;t&#233; marqu&#233; par la lecture de Bourdieu et la rencontre avec Lucie, qui vient d'une famille tr&#232;s militante. Le go&#251;t des mots, de la musique, c'&#233;tait pour moi une soupape. Politiquement, la rencontre avec Lucie a &#233;t&#233; d&#233;terminante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres rencontres ont compt&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie :&lt;/strong&gt; Oui, notre voisin montreuillois Marc Barnaud, un multi-instrumentiste extr&#234;mement dou&#233;, un pur artiste fils de po&#232;te, un circassien qui compose pour le th&#233;&#226;tre. Il a &#233;t&#233; pour nous une v&#233;ritable p&#233;pite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc : &lt;/strong&gt; Cette rencontre-l&#224; a &#233;t&#233; d&#233;terminante d'un point de vue artistique. Il m'a amen&#233; &#224; me questionner : quand tu montes sur les planches, c'est pour faire quoi ? Que d&#233;fends-tu ? Quel est ton positionnement ? Et puis, en parall&#232;le de la rencontre avec Marc, j'ai trouv&#233; du boulot &#224; la t&#233;l&#233;, en piges, gr&#226;ce &#224; Walter Paglani, originaire comme moi de l'Est de la France. Un mec qui aime le funk, le groove, mais qui vient du monde prol&#233;taire. Un fils d'ouvrier, comme moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie :&lt;/strong&gt; Donc les deux Marc (chant/guitare), Nicolas (DJ), Walter (basse) cr&#233;ent un groupe et je propose ce nom : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=-lZdBT2Zl-A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Canaille&lt;/a&gt;. Parce qu'il renvoie &#233;videmment &#224; l'imaginaire r&#233;volutionnaire et au chant de la Commune : &#171; &lt;i&gt;C'est la canaille, eh bien j'en suis.&lt;/i&gt; &#187; Et puis cela &#233;voque le rejet du s&#233;curitaire, le refus de la stigmatisation des populations populaires. On parle aujourd'hui de &#171; racaille &#187; ; nous on revendique le fait d'en &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le premier album &#233;tait en orbite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; On a mis tr&#232;s longtemps &#224; le sortir. On a r&#233;orchestr&#233; &#171; L'Usine &#187; et &#171; Ni Dieu ni ma&#238;tre &#187;, mais il a fallu deux ans pour trouver notre son ! On venait tous d'univers diff&#233;rents, des rencontres improbables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie :&lt;/strong&gt; Mais tr&#232;s vite, par l'interm&#233;diaire d'une copine de Walter, on a trouv&#233; une tourneuse et d&#232;s 2004, elle vend le spectacle &#224; des mairies, &#224; des centres culturels. On cr&#233;e l'asso, on se structure, on met de c&#244;t&#233; les sous pour produire le premier album, on s'inscrit &#224; plusieurs tremplins. En 2005-2006, on est finalistes aux Eurock&#233;ennes, on gagne le Chorus des Hauts-de-Seine, le Fair, le Printemps de Bourges. On a le vent en poupe. On presse un maxi, mais le premier album &lt;i&gt;Une goutte de miel dans un litre de plomb&lt;/i&gt; ne sortira qu'en &#173;septembre 2009. On a d'embl&#233;e &#233;t&#233; tr&#232;s exigeants au niveau de la production, tant du point de vue du son que de l'image. Le premier logo de La Canaille, c'&#233;tait une griffe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; A l'&#233;poque, on s'y est crus, &#171; d&#233;couverte du Printemps de Bourges &#187;. On s'est dit : &#171; &lt;i&gt;&#231;a y est, c'est parti.&lt;/i&gt; &#187; On mettait des affiches dans la poussette de notre fille et on en collait partout. Mais en fait, tous ces tremplins, c'est un peu la foire aux bestiaux. Il y a plein de groupes, tu es pay&#233; au lance-pierres, tu n'as m&#234;me pas un &lt;i&gt;pass&lt;/i&gt; pour assister aux concerts des autres groupes, les &#171; pro &#187;. Quelle na&#239;vet&#233; de notre part ! On a quand m&#234;me jou&#233; en &#201;quateur et fait circuler notre son. A la sortie du premier album, en 2009, je choisis de vivre de la musique et de l'&#233;criture, et donc d'arr&#234;ter les piges. J'ai conserv&#233; mon statut d'intermittent, mais avec un salaire journalier largement inf&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1411 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/la-canaille-la-nause_e1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/la-canaille-la-nause_e1-68ddd.jpg?1768662111' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La composition du groupe a chang&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; Oui, totalement. D'abord parce qu'on ne pouvait proposer aucune garantie aux musiciens. Chaque album a eu une &#233;quipe diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand a commenc&#233; la tourn&#233;e du nouvel album, &lt;i&gt;La Naus&#233;e&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; Le 13 septembre dernier. Depuis, on a fait une vingtaine de dates et on va en faire 20 &#224; 30 de plus. C'est la guerre pour trouver des dates quand tu ne fais pas du divertissement. Tous les autres styles sont &#233;cras&#233;s. On a boss&#233; deux ans sur ce nouvel album autoproduit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Canaille est un groupe ind&#233;pendant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; Oui, on est producteurs, donc propri&#233;taires du master. &#192; chaque nouvel album, on engage une attach&#233;e de presse, un tourneur, et puis &#233;videmment, on a un distributeur. D&#232;s le premier album, on a obtenu un beau succ&#232;s d'estime, on a &#233;t&#233; tr&#232;s suivi par Fip. On a embray&#233; tr&#232;s vite par le deuxi&#232;me album &lt;i&gt;Par temps de rage&lt;/i&gt; (2011), et l&#224;, on a pass&#233; un cap avec des invit&#233;s assez prestigieux. On a fait une belle tourn&#233;e de 54 dates. &#192; la fin du deuxi&#232;me album, j'ai constat&#233; que j'&#233;tais le dernier dinosaure, qu'il n'y avait plus que moi de l'&#233;quipe initiale. On m'a alors propos&#233; une carte blanche : faire un &#171; Op&#233;rap &#187; sur le mouvement ouvrier, &#224; &#173;Sochaux-Montb&#233;liard, avec 50 musiciens classiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui a chang&#233;, au cours de toutes ces ann&#233;es, dans ton rapport &#224; l'&#233;criture ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; J'ai progressivement d&#233;laiss&#233; la rime. Je me suis nourri d'autres textes et auteurs : Antonin Artaud, Aim&#233; C&#233;saire, N&#226;zim Hikmet, L&#233;o Ferr&#233;. Le cri d'&#233;mancipation, &#171; debout et libre &#187;, c'est ce que je recherche dans la po&#233;sie. Je ne scande plus de la m&#234;me fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez nous parler du projet C&#233;saire et du &lt;i&gt;Cahier d'un retour au pays natal&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie :&lt;/strong&gt; C'est li&#233; &#224; la rencontre avec &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Teyssot-Gay&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Serge Teyssot-Gay&lt;/a&gt;. Il a assist&#233; &#224; la finale du Chorus des Hauts-de-Seine et a eu un coup de c&#339;ur. On l'a recrois&#233; lors d'un concert &#224; La Villette &#224; la sortie du deuxi&#232;me album. Un an plus tard, il rappelait pour travailler ensemble autour de la th&#233;matique de la n&#233;gritude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; En janvier 2013, on a particip&#233; au festival litt&#233;raire &#171; Le Go&#251;t des autres &#187;, au Havre, on y a jou&#233; le &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4Kk-MjKJff0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cahier d'un retour au pays natal&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, mon texte pr&#233;f&#233;r&#233;, le seul que j'emporterais sur une &#238;le d&#233;serte. On s'est interdit de r&#233;p&#233;ter, on s'est retrouv&#233; &#171; &#224; poil &#187; sur le plateau. Cela a compl&#232;tement chang&#233; mon rapport &#224; la sc&#232;ne : improvisation totale ! Jamais je n'avais boss&#233; comme &#231;a. Cela exige d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute des autres, c'est fragile, c'est risqu&#233;, mais il y a vraiment quelque chose qui passe ! Ce fut une excellente pr&#233;paration &#224; l'Op&#233;rap, jou&#233; en juin 2013. Avec la prose, en d&#233;pit d'un gros sens du rythme, quand tu es dans l'impro, tu flottes, c'est vertigineux. Le spectacle sur C&#233;saire poursuit sa route : on le joue en f&#233;vrier et en mars, en parall&#232;le de la tourn&#233;e de La Canaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et &#224; tout cela, il faut ajouter l'autre projet avec Serge Teyssot-Gay, &#171; Interzone extended &#187; . C'&#233;tait vraiment un moment magique l'&#233;t&#233; dernier au clo&#238;tre des C&#233;lestins, dans le cadre du festival d'Avignon !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; J'ai pris une grosse le&#231;on de musique. Interzone est un groupe n&#233; de la rencontre entre Serge Teyssot-Gay et Khaled Aljaramani (joueur de oud). Le projet a &#233;t&#233; &#233;largi &#224; Carol Robinson (clarinettes), Keyvan Chemirani (zarb, daf), M&#233;d&#233;ric Collignon (trompette et bugle) et moi&#8230; J'ai ajout&#233; une histoire et &#224; six, on a r&#233;p&#233;t&#233; en tout et pour tout durant quatre heures, trois semaines avant le spectacle ! Mais j'ai conserv&#233; les enregistrements et j'ai beaucoup boss&#233;. J'ai d&#251; me confronter pour la premi&#232;re fois &#224; la langue arabe, qui est la langue de ma famille libanaise. J'ai demand&#233; &#224; mon p&#232;re, par Skype, de corriger mon accent. Je ne lis pas l'arabe, donc j'ai tout retranscrit en phon&#233;tique, de gauche &#224; droite&#8230; J'avais donc quand m&#234;me pr&#233;par&#233; les mots, mais je ne savais pas comment j'allais les scander. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie en montant sur sc&#232;ne ! Et puis il y a eu le vent, en septi&#232;me musicien&#8230; Une belle aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Des mots pour marteler, c'est ce qu'on sait faire de mieux. Dis-le, vis-le, crie-le, sois-le, c'est la canaille, eh bien j'en suis !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ignoble du midi</title>
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		<dc:date>2011-01-08T13:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Samson</dc:subject>
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		<dc:subject>mot royaume</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Depuis les jours de Jean Baptiste jusqu'&#224; maintenant, le r&#232;gne des cieux est violent&#233;, et ce sont les violents qui l'emportent. &#187; Matthieu, XI, 12. Face &#224; l'avidit&#233; de certains partisans de l'agriculture intensive, les tenants d'une autre pratique se comportent un peu trop comme de doux agneaux. Au risque de laisser les loups les d&#233;vorer sans coup f&#233;rir. Petite fable &#224; l'usage des jeunes g&#233;n&#233;rations rurales. On a coutume de dire que si les gens se jettent dans la religion, ce serait par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no84-decembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;84 (d&#233;cembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Samson" rel="tag"&gt;Samson&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/societe" rel="tag"&gt;soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violence" rel="tag"&gt;violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marc" rel="tag"&gt;Marc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-on-veut" rel="tag"&gt;l'on veut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fermier" rel="tag"&gt;fermier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/veut" rel="tag"&gt;veut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Royaume" rel="tag"&gt;Royaume&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bas-prix" rel="tag"&gt;bas prix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mot-royaume" rel="tag"&gt;mot royaume&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Depuis les jours de Jean Baptiste jusqu'&#224; maintenant, le r&#232;gne des cieux est violent&#233;, et ce sont les violents qui l'emportent. &#187;&lt;/i&gt; Matthieu, XI, 12. Face &#224; l'avidit&#233; de certains partisans de l'agriculture intensive, les tenants d'une autre pratique se comportent un peu trop comme de doux agneaux. Au risque de laisser les loups les d&#233;vorer sans coup f&#233;rir. Petite fable &#224; l'usage des jeunes g&#233;n&#233;rations rurales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_49 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH274/ok-cqfd84-Samson-ignoble-midi-83cad.png?1768652155' width='400' height='274' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Samson
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a coutume&lt;/strong&gt; de dire que si les gens se jettent dans la religion, ce serait par d&#233;pit, parce que leurs aspirations ne seraient pas r&#233;alisables sur terre. Mais certains ne sont pas aussi facilement vaincus, veulent r&#233;aliser leur id&#233;al ici-bas et n'h&#233;sitent pas &#224; passer &#224; l'action. Ils savent bien que le Royaume des cieux (le mot royaume d&#233;signe ici plut&#244;t le pouvoir de celui qui exerce la royaut&#233;, que le territoire sur lequel ce pouvoir s'exerce) s'&#233;tablit avec violence envers et contre tous les obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc n'a pas voulu&lt;/strong&gt; rester toute sa vie le fils d'un immigr&#233; espagnol. Enfant du baby boom, de cette g&#233;n&#233;ration de l'apr&#232;s-guerre sur laquelle s'est b&#226;tie la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale, il a r&#233;alis&#233; dans les ann&#233;es 1970 que le seul Dieu, la v&#233;ritable force qui permet d'accomplir sa volont&#233; de puissance dans la soci&#233;t&#233;, c'est l'argent. Persuad&#233; qu'il n'avait d'autre destin&#233;e que de devenir plus riche que ses coll&#232;gues viticulteurs, la terre ne sera plus &#224; ses yeux que l'opportunit&#233; d'amasser un tr&#233;sor. Le d&#233;go&#251;t a fait de lui un cancre &#224; l'&#233;cole, la manie du trafic a fini par s'emparer de toutes ses pens&#233;es et il s'est d&#233;couvert une forme de g&#233;nie. Il est travers&#233; dans son comportement, dans ses attitudes, mais aussi dans son aspect physique par les tares de ce monde, notamment la cupidit&#233; et l'&#233;go&#239;sme. Au gr&#233; de ses passions, de ses vices, son corps &#233;volue, sa t&#234;te enfle, ses yeux deviennent exorbit&#233;s ou au contraire s'aveuglent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il a fait ses classes&lt;/strong&gt; chez les Jeunes agriculteurs (JA) : c'&#233;tait un meneur parmi les hommes de main de cette section du syndicat agricole, la Fdsea. Il &#233;tait de toutes les actions commandos : ouvrir en grand les vannes des caves de l'H&#233;rault suspect&#233;es de stocker du vin italien &#224; bas prix, prendre d'assaut la pr&#233;fecture et br&#251;ler des archives, saccager les rayons de la grande distribution, faire le coup de poing avec les CRS&#8230; En toute impunit&#233; puisque l'&#201;tat a toujours fait preuve de mansu&#233;tude &#224; l'&#233;gard de ces jeunes paysans turbulents, alors qu'il ne laisse rien passer de la part des membres non violents de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne et autres Faucheurs volontaires. Au cours de ce genre d'actions, il a nou&#233; des relations solides avec ses semblables, ceux qui veulent aller loin et sont pr&#234;ts &#224; tout, qui savent se serrer les coudes m&#234;me s'ils gardent toujours un couteau dans la manche : il y avait celui qui fera carri&#232;re dans le syndicalisme agricole, celui qui deviendra directeur d&#233;partemental de la Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (Safer), cet autre devenu responsable de l'agriculture au conseil g&#233;n&#233;ral&#8230; Que des personnes tr&#232;s utiles lorsque l'on veut r&#233;ussir dans le milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syst&#232;me de Marc&lt;/strong&gt; est bas&#233; sur la prise en fermage de nombreuses parcelles aupr&#232;s de viticulteurs retrait&#233;s. Il s'agit de plusieurs dizaines d'hectares qu'il exploite &#224; moindres frais (d&#233;sherbage total, pas d'entretien). Si les rendements chutent, il ach&#232;te, pour compenser, des raisins &#224; bas prix dans des appellations moins hupp&#233;es : le flou des d&#233;clarations de r&#233;colte non li&#233;es aux parcelles permet toutes les d&#233;rives. Les bailleurs, r&#233;mun&#233;r&#233;s par des loyers dont la valeur est tr&#232;s &#233;loign&#233;e des trafics juteux du fermier, sont pieds et poings li&#233;s pour longtemps. S'ils font remarquer que leur bien ne re&#231;oit pas les soins n&#233;cessaires, notre fermier ind&#233;licat r&#233;pond que la vigne est trop vieille, qu'il faut l'arracher et replanter, le tout bien s&#251;r &#224; la charge du propri&#233;taire&#8230; &#193; moins que ce dernier, souvent d&#233;muni, ne pr&#233;f&#232;re vendre la parcelle, que notre fermier, prioritaire devant la loi, rach&#232;tera &#224; un bon prix. Marc n'h&#233;site pas &#224; distiller promesses et menaces &#224; l'encontre de personnes le plus souvent isol&#233;es, ayant peur des conflits. La plupart du temps, cela suffit. Mais si certains p&#233;p&#233;s, ou le plus souvent leurs veuves, press&#233;s par des h&#233;ritiers, vont jusqu'au proc&#232;s, alors il fait intervenir ses relations, et il y aura toujours un expert agricole pour affirmer que la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de cette vigne n'est en rien li&#233;e &#224; l'emploi massif d'herbicide ni &#224; une quelconque destruction du sol. De toute fa&#231;on, un proc&#232;s tourne rarement en faveur du m&#233;chant propri&#233;taire tant est enracin&#233; ce pr&#233;jug&#233; qui veut que la d&#233;fense d'un patrimoine doit &#234;tre obligatoirement motiv&#233;e par un but sp&#233;culatif aux d&#233;pens du &#171; gentil &#187; fermier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La civilisation des comportements humains&lt;/strong&gt; dans notre monde moderne, c'est-&#224;-dire l'abandon d'une certaine part de violence qui &#233;tait en eux, a favoris&#233; les desseins des carnassiers comme Marc. Mais laissons l&#224; le portrait d'un triste sire, qui a toujours fait usage de la violence pour un mauvais id&#233;al, et demandons-nous si certains agriculteurs, par exemple ceux de l'agriculture paysanne, ne devraient pas tirer un enseignement de cette histoire. Si l'on veut r&#233;sister &#224; la pression de ce monde, &#224; son ali&#233;nation, ne faut-il pas faire et se faire violence pour relever la t&#234;te ? Si l'on veut savoir ce qu'on a, ce que les autres ont dans les tripes, faut-il continuer &#224; s'effrayer face aux risques de radicalisation de certaines situations ? Et pourquoi ne pas aller soi-m&#234;me jusqu'&#224; les rendre plus rugueuses, plus brutales pour &#233;viter de laisser le champ libre &#224; des personnages comme ce Marc ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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