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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Th&#233;&#226;tre : Toutes des reines </title>
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		<dc:creator>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans les loges &#233;troites, l'excitation est &#224; son comble. &#199;a piaille, on pi&#233;tine plumes, bas et artifices. &#171; B&#233;, tu t'es maquill&#233;e pour Aix ! &#187; Les filles entrent en sc&#232;ne dans une demi-heure, on ne m&#226;che plus ses mots. Carole, tout en douceur, m&#233;nage les fortes t&#234;tes et reprend les r&#234;nes : &#171; On va faire un dernier &#233;chauffement. &#187; La troupe se place en cercle au centre de la petite sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre Vitez. C'est l&#224; qu'on b&#233;n&#233;ficie de la plus belle vue d'ensemble : ces femmes n'ont rien &#224; voir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les loges &#233;troites, l'excitation est &#224; son comble. &#199;a piaille, on pi&#233;tine plumes, bas et artifices. &#171; &lt;i&gt;B&#233;, tu t'es maquill&#233;e pour Aix !&lt;/i&gt; &#187; Les filles entrent en sc&#232;ne dans une demi-heure, on ne m&#226;che plus ses mots. Carole, tout en douceur, m&#233;nage les fortes t&#234;tes et reprend les r&#234;nes : &#171; &lt;i&gt;On va faire un dernier &#233;chauffement.&lt;/i&gt; &#187; La troupe se place en cercle au centre de la petite sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre Vitez. C'est l&#224; qu'on b&#233;n&#233;ficie de la plus belle vue d'ensemble : ces femmes n'ont rien &#224; voir les unes avec les autres, il n'y a que le th&#233;&#226;tre qui les unit, et un parler savoureux, m&#233;lange d'accent du midi, d'argot et d'espi&#232;glerie. Carole : &#171; &lt;i&gt;M&#226;che du chewing-gum. Mets du son. Petit petit. Grand.&lt;/i&gt; &#187; Hurlements lib&#233;rateurs. &#171; &lt;i&gt;Tire le fil.&lt;/i&gt; &#187; Toutes se tiennent droites. On ne peut s'emp&#234;cher de penser aux m&#233;tiers qu'elles exercent dans la vraie vie. Rel&#226;chement. On &#233;carte les jambes, genoux fl&#233;chis, un dernier cri, mains &#224; plat sur les aines, comme un haka de rugbymen. Les femmes sont pr&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-509-1f70e.jpg?1768659095' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est Lydia qui entre la premi&#232;re dans la lumi&#232;re. Son personnage, une sorte de madame loyale maquerelle, nous pr&#233;sente ses filles. &#171; &lt;i&gt;BONSOIR ! Pour toi, ce soir, public ch&#233;ri, vont se produire ici des cr&#233;atures de r&#234;ve&#8230; La Femme Foutaise, Pam&#233;la Caverne, Olympe de Bourges, Violetta Magica et bien d'autres. Tu peux chausser ton bavoir, public ador&#233;, caler ton cul et frotter tes mirettes, c'est parti pour le show !&lt;/i&gt; &#187; S'ensuit une ode &#224; la lib&#233;ration de la femme, incarn&#233;e par une Jos&#233;phine Baker de la Busserine &#8211; elle y flagelle la r&#233;plique colonialiste : &#171; &lt;i&gt;Croyez-vous &#224; la magie ? Pensez-vous possible de faire dispara&#238;tre une banane sans la toucher ? Voici une banane enti&#232;re. Tenez, vous pouvez v&#233;rifier. Touchez. Je vous en prie. Touchez la banane.&lt;/i&gt; &#187; C'est mordant, sexu&#233;, radical. Ensuite, une petite page de publicit&#233; collective : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes toutes des : dingues. Nous sommes toutes des : libertines. Nous sommes toutes des : sorci&#232;res. Nous sommes toutes des : hommes. Nous sommes toutes des : guerri&#232;res. Nous sommes toutes des : esclaves. Nous sommes toutes des : reines&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Puis vient Ana, juste accompagn&#233;e d'un micro sur pied. &#171; &lt;i&gt;J'entre en sc&#232;ne. Je marche sur le rythme lent et cadenc&#233; de la musique. Je m'avance. Gauche la hanche. Droite la jambe. J'ondule, je glisse, j'entre d&#233;licatement dans la lumi&#232;re. Ma robe paillet&#233;e scintille, mes &#233;paules luisent, les plumes de mon boa fr&#233;missent. Tout doucement, sensuelle, je danse. J'avance une jambe. Ma robe longue s'&#233;carte et la fente qui monte le long de ma cuisse s'ouvre. Je ne cache rien. Je me d&#233;voile.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je m'offre &#224; vos regards. La pointe de mes cheveux vient se poser sur la cambrure de mes reins, tandis que doucement mes doigts caressent une fermeture &#201;clair. 7, 8, je lib&#232;re soudain mes hanches et le tissu tombe &#224; terre.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; La bouche entrouverte sur le rideau blanc de mes dents. Mon souffle m'accompagne. Je suis &#224; demi-nue, juch&#233;e sur de hauts escarpins rouges. Je glisse un doigt entre la bretelle et ma peau. Tu me d&#233;sires et souhaites me voir encore davantage. 3, 4, je me retourne&#8230; Oui, c'est ce que je fais tous les samedis. Je t'en bouche un coin, n'est-ce pas ? Comment tu me trouves ? Ce spectacle, je l'ai fait pour toi, pour moi, pour nous. Je me donne, tu me prends ? En vrai, en faux, au naturel, en sophistiqu&#233;. C'est si bon d'&#234;tre une autre avec ce regard que tu portes sur moi. J'en profite. Dans peu de temps, je redeviendrai moi. La simple, pas trop compliqu&#233;e, dans un contexte normal. Celle que tu crois conna&#238;tre. Regarde bien ce sourire, ces yeux, cette &#226;me, la vois-tu ? Tu te poses des questions ? C'est fait pour &#231;a. La routine, &#231;a tue. Regarde-moi, c'est bien ta femme, ici sur sc&#232;ne.&lt;/i&gt; &#187; Ana vit dans le 15&#8202;e arrondissement de Marseille, elle a &#233;t&#233; aide-m&#233;nag&#232;re, puis ling&#232;re dans un centre pour handicap&#233;s. Son mari est venu trois fois voir le spectacle. Il a pleur&#233; &#224; tous les coups, mais il ne faut pas trop le dire. Un de ses fils est venu aujourd'hui, &#224; Aix, pour la premi&#232;re fois. Jusque-l&#224;, il ne voulait pas voir sa m&#232;re entonner son &#171; strip-tease oral &#187;. Ana dit qu'elle ne s'est r&#233;alis&#233;e qu'&#224; cinquante ans : &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; mon permis de conduire, j'ai fait de l'hypnose pour perdre vingt kilos, et j'ai commenc&#233; le th&#233;&#226;tre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatma, une Biyouna aussi gouailleuse que l'originale, prend le relais sur sc&#232;ne. &#171; &lt;i&gt;Oh l&#224; l&#224; ! Que de chaleur, que d'&#233;motion. Tout va bien ? On n'en a pas perdu en route ? Les &#226;mes sensibles, les grincheux ? Oui oui, j'en ai vu dans le public !&lt;/i&gt; &#187; Et elle roucoule sur l'air du Tourbillon de Jeanne Moreau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dames, qui ont &#233;crit l'int&#233;gralit&#233; de leurs textes, ont concoct&#233; un petit questionnaire : &#171; &lt;i&gt;Aimeriez-vous &#234;tre votre femme ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Aimeriez-vous &#234;tre entretenu par une femme ? a) par son h&#233;ritage, b) par son travail professionnel ? Et pourquoi pas ? Une lesbienne intelligente vous d&#233;concerte-t-elle ? Quel espoir avez-vous abandonn&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&#8230; La Reine-Clown, t&#234;te voil&#233;e sous son chapeau &#224; paillettes, nous interroge encore : &#171; &lt;i&gt; Ai-je le droit d'&#234;tre triste, m&#234;me si je suis une m&#232;re ?&lt;/i&gt; &#187; Sabbah, poings ferm&#233;s, prof&#232;re un slam contre la femme-objet. Taouraty reprend Dalida, perruque blonde sur le foulard noir. &#171; &lt;i&gt;Ya tayba&lt;/i&gt; &#187;, poignant chant religieux, est psalmodi&#233; par une partie de la troupe. Car on parle de sexe, mais surtout de lib&#233;ration, face &#224; toutes sortes de liens &#8211; religieux, familial, marital, culturel. Ces femmes nous interrogent sur la transmission des codes f&#233;minins, aujourd'hui, dans les quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-510-f22ed.jpg?1768727957' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les pendrillons, Carole est l&#224;. Elle a r&#233;uni ces deux groupes de femmes du 14e (centre Social des Flamands) et du 15e arrondissements (association Femmes du Sud), avec le d&#233;sir de faire cohabiter la femme r&#233;elle et la cr&#233;ature de music-hall. Danseuse, com&#233;dienne et maintenant metteuse en sc&#232;ne, elle conna&#238;t bien le Nord de la ville. Apr&#232;s avoir donn&#233; des cours de zumba et de flamenco &#224; des gosses de plusieurs quartiers, elle a voulu toucher les m&#232;res. En 2013, elle lance un laboratoire de cr&#233;ation sur ce th&#232;me. Les femmes accrochent vite, mais les fonds manquent. Carole s'ent&#234;te et finit par trouver les moyens mat&#233;riels pour cr&#233;er le spectacle.&lt;i&gt; Nous sommes toutes des reines&lt;/i&gt; voit le jour en 2015. En parall&#232;le, la troupe collabore avec les com&#233;diens professionnels de la compagnie La Criatura, qui travaille sur une cr&#233;ation d'apr&#232;s un texte d'Howard Barker, &lt;i&gt;Le cas Blanche-Neige.&lt;/i&gt; Malgr&#233; l'&#226;pret&#233; des propos, les apprenties com&#233;diennes tiennent bon et jouent le jeu, m&#234;me s'il y a parfois des d&#233;saccords. La derni&#232;re id&#233;e de Carole, monter un nouveau spectacle avec des hommes, pour parler aussi des st&#233;r&#233;otypes masculins. &#171; &lt;i&gt;Une majorit&#233; de maris consid&#232;rent que le th&#233;&#226;tre est un truc de bonnes femmes, certains se moquent, d'autres encouragent, mais ils sont peu &#224; comprendre vraiment, alors il va falloir se relever les manches, mais on peut y arriver.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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