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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Paysans : Cocus, cr&#233;ateurs et alternatifs</title>
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		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Si la viticulture n'est pas toute l'agriculture, elle en est l'un des bastions les plus avanc&#233;s donc l'un des plus &#233;clairants. Trois portraits de couples de viticulteurs des c&#244;tes-du-rh&#244;ne, trois visions diff&#233;rentes du m&#233;tier de paysan. Les cocus de la modernit&#233; Comme la plupart des agriculteurs fran&#231;ais, Jacques est fils d'agriculteurs, mais il n'aura pas su retenir ne serait-ce qu'un de ses deux fils &#224; la terre ; il faut dire que ses r&#233;criminations incessantes contre la politique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Luc" rel="tag"&gt;Luc&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si la viticulture n'est pas toute l'agriculture, elle en est l'un des bastions les plus avanc&#233;s donc l'un des plus &#233;clairants. Trois portraits de couples de viticulteurs des c&#244;tes-du-rh&#244;ne, trois visions diff&#233;rentes du m&#233;tier de paysan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cocus de la modernit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des agriculteurs fran&#231;ais, Jacques est fils d'agriculteurs, mais il n'aura pas su retenir ne serait-ce qu'un de ses deux fils &#224; la terre ; il faut dire que ses r&#233;criminations incessantes contre la politique agricole et ses heures de travail &#224; rallonge n'ont pas plaid&#233; sa cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des coll&#232;gues de son village, il poss&#232;de quelques dizaines d'hectares, ce qui en fait un d&#233;tenteur &#233;minent de l'espace communal : il est chez lui. Mais, loin de rester perch&#233; sur son tas de fumier, Jacques a su se moderniser, il ne quitte jamais son portable et utilise Internet &#224; son bureau ; il s'est aussi endett&#233; pour acheter une mini-pelle qui lui permet d'effectuer des travaux agricoles l'hiver chez les autres, histoire d'arrondir ses fins de mois. Sa femme, Am&#233;lie, qui, pendant ce temps, taille la vigne, s'est &#233;quip&#233;e d'un s&#233;cateur &#233;lectronique. H&#233;las, par une man&#339;uvre malencontreuse, cette saloperie lui a coup&#233; deux doigts. La modernit&#233; lui co&#251;te cher !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, Jacques a &#233;t&#233; membre de la FDSEA, mais il a fini par se rendre compte qu'il ne faisait plus partie des favoris&#233;s de son syndicat, d'autres, meilleurs gestionnaires, s'attribuant l'essentiel des aides. Il a pourtant essay&#233; de s'adapter &#224; l'&#233;volution acc&#233;l&#233;r&#233;e de sa profession, en renon&#231;ant &#224; la coop&#233;rative du village pour vendre ses raisins au plus offrant, c'est-&#224;-dire &#224; un n&#233;gociant. Il en a gard&#233; le go&#251;t amer d'une trahison personnelle, mais il arrange sa conscience avec l'id&#233;e que l'esprit coop&#233;ratif est de toute fa&#231;on en voie de disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la plupart de ses coll&#232;gues qui inondent la campagne de pesticides et, malgr&#233; la vague de cancers et de leuc&#233;mies submergeant le village, ne veulent pas en d&#233;mordre, il s'est mis en bio, un march&#233; plus porteur. Mais il constate que l'&#233;cart entre les r&#233;mun&#233;rations se resserre in&#233;luctablement. Puis il a du mal &#224; lutter contre les maladies qui reprennent de la vigueur dans son vignoble et se demande s'il ne va pas r&#233;int&#233;grer le giron de l'agriculture raisonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques gagne correctement sa vie, c'est-&#224;-dire qu'il brasse pas mal d'argent, mais au bout, apr&#232;s avoir pay&#233; la MSA, lui qui entreprend beaucoup, d&#233;sesp&#232;re de devenir riche un jour. Encore quelques ann&#233;es et il sera trop tard, l'&#226;ge de la retraite sera l&#224;. Il ne lui restera plus qu'&#224; faire comme les autres, tout liquider : la ferme &#224; un &#233;tranger, les terres, les bois, jusqu'aux animaux domestiques, pour amasser un petit p&#233;cule, s'acheter une maison au soleil, peut-&#234;tre en Espagne. Il ne fera pas de sentiment, il ne voit plus de raison de perp&#233;tuer les valeurs de la campagne qui lui paraissent obsol&#232;tes. Cela ne l'emp&#234;che pas de crier sa haine en votant FN, et sa ranc&#339;ur devant une identit&#233; en perdition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lui restait un dernier espoir, que certaines de ses parcelles deviennent constructibles et qu'il empoche le pactole ; espoir &#233;vanoui avec la loi Alur qui tend &#224; r&#233;duire consid&#233;rablement les zones constructibles tout en densifiant l'urbanisme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2274 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH392/-547-c0adb.jpg?1768648940' width='400' height='392' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cr&#233;ateurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrice et Chantal sont tous deux h&#233;ritiers de grosses exploitations qu'ils ont su transformer en soci&#233;t&#233;s : leurs consommateurs fid&#232;les sont devenus actionnaires, r&#233;tribu&#233;s en bouteilles &#224; la fin de l'ann&#233;e. Ce syst&#232;me donne &#224; Patrice et Chantal les moyens d'investir dans l'acquisition des meilleures parcelles dans les meilleurs crus de l'appellation. &#192; chaque vente Safer&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (Safer) g&#232;rent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, ils se portent candidats, leurs moyens financiers leur permettent de faire grimper les prix, les mettant hors de port&#233;e de la concurrence des coop&#233;rateurs locaux. Pour les grosses op&#233;rations, ils n'h&#233;sitent pas &#224; s'associer &#224; des investisseurs priv&#233;s, parfois m&#234;me des n&#233;gociants qui cherchent &#224; s&#233;curiser leur approvisionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'exploitation de Patrice est conduite en agriculture raisonn&#233;e, celle de Chantal est en bio, cela leur permet de diversifier leur gamme, de miser sur les deux tableaux. Eux sauront retenir leurs enfants dans la viticulture : ils sont d&#233;j&#224; programm&#233;s pour un mast&#232;re en marketing &#224; l'&#233;tranger, ou un dipl&#244;me en &#339;nologie. C'est, bien s&#251;r, la hauteur de la r&#233;mun&#233;ration qui va les s&#233;duire, mais surtout le fait qu'ils auront la m&#234;me activit&#233; passionnante que leurs parents, s'amuser &#224; organiser le travail des autres. Eux ne risqueront pas de se couper un doigt, ou de s'asphyxier en nettoyant une cuve !
&#192; force de s'agrandir, les exploitations deviennent intransmissibles dans un cadre familial ; qu'importe, les enfants h&#233;riteront des postes de PDG et seront actionnaires majoritaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrice et Chantal jettent leur d&#233;volu sur les secteurs viticoles les plus recherch&#233;s, o&#249; ils peuvent sp&#233;culer, cr&#233;er une bulle financi&#232;re qui les avantage. Ils passent aussi beaucoup de temps au bureau, &#224; monter des dossiers pour capter les picaillons de l'Europe qui, comme chacun sait, apr&#232;s avoir arros&#233; l'ensemble de l'agriculture, &#233;lit de plus en plus ses b&#233;n&#233;ficiaires sur des crit&#232;res de performance et de comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dont ils sont le plus fiers, c'est d'avoir pu acc&#233;der &#224; un rang sup&#233;rieur, passant de vignerons &#224; celui de cr&#233;ateurs de vins. Et s'ils parlent beaucoup de terroir, c'est pour eux un terme abstrait, une toile sur laquelle ils projettent leur habilet&#233; &#224; manier des concepts. Ils ne c&#244;toient que leurs semblables, avocats d'affaires, ing&#233;nieurs, artistes m&#234;me, qui ont investi dans la vigne par opportunit&#233;, ou par plaisir, pour &#171; changer de vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les alternatifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont construit leur maison &#233;cologique, en bois, et leur cave, en paille. Luc est faucheur volontaire et membre de la Conf' (Conf&#233;d&#233;ration paysanne). H&#233;l&#232;ne ne veut pas rester trop longtemps cantonn&#233;e dans son r&#244;le de m&#232;re de famille (elle a eu cinq enfants). Quand elle reprend ses &#233;tudes d'infirmi&#232;re, c'est le p&#232;re qui assure le relais. Tous deux esp&#232;rent qu'au moins un de leurs enfants choisira de rester &#224; la ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Issu d'un milieu populaire, Luc a voulu emprunter pour acqu&#233;rir quelques parcelles de vigne, mais les banques n'ont pas suivi. Alors, il a fait appel au soutien d'un groupe de citoyens &#233;colos qui se sont entendus pour faire une tontine : chaque ann&#233;e, il les rembourse avec quelques bouteilles de son vin de pays. Le petit mat&#233;riel de cave, il l'emprunte &#224; des copains conf&#233;d&#233;r&#233;s ; pour le tracteur, il effectue lui-m&#234;me les r&#233;parations et, avec son CAP de m&#233;cano en poche, il donne m&#234;me quelques formations pour ses coll&#232;gues. D&#233;bordant d'&#233;nergie, il a suscit&#233; la cr&#233;ation d'un magasin de producteurs o&#249; il &#233;coule son vin, bio naturellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il soit souvent d&#233;bord&#233; par ses activit&#233;s militantes, le projet qui lui tient le plus &#224; c&#339;ur &#8211; plut&#244;t que d'acqu&#233;rir quelques lopins de plus &#8211;, c'est d'installer comme agriculteur le petit jeune qui travaille avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luc est alarm&#233; par les r&#233;sultats du FN et ne comprend pas que les &#171; anars &#187; n'aillent pas voter. Comme tout bon faucheur volontaire, il est non violent et s'il &#233;voque la l&#233;gitime d&#233;fense lorsque c'est n&#233;cessaire, il respecte strictement la loi quand elle lui semble juste. En toute coh&#233;rence, lui qui a des enfants, il entend les d&#233;fendre contre les pesticides et r&#233;clame autour des &#233;coles des contr&#244;les de la teneur de l'air en produits polluants. Contre la maladie de la flavescence dor&#233;e, il refuse, bien s&#251;r, les traitements chimiques mais il va au-devant des pr&#233;conisations de la pr&#233;fecture en militant pour la prospection pr&#233;ventive, m&#234;me en dehors des zones de lutte obligatoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son mode de fonctionnement habituel est dans l'urgence, et s'il ne b&#226;cle pas son travail, il n'a gu&#232;re le loisir de l'approfondir. Il fait son vin mais ne se prend pas pour un vigneron ; il envisage de se diversifier dans l'arboriculture, mais n'aura jamais une vraie ferme, avec des animaux, son emploi du temps charg&#233; ne le lui permettrait pas.
En d&#233;finitive, Luc, l'alternatif, se propose surtout de moraliser la vie paysanne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nerf de b&#339;uf&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Xavier Beulin, le pr&#233;sident de la FNSEA, n'est pas scandalis&#233; que des paysans puissent se faire expulser de Notre-Dame-des-Landes pour faire place &#224; l'absurde projet d'a&#233;roport. Bien au contraire. En revanche, les occupations de zadistes, comme &#224; Sivens, lui donnent de f&#226;cheuses d&#233;mangeaisons : &#171; &lt;i&gt;Nous avons pris la d&#233;cision en conseil d'administration de la FNSEA, il y a six mois maintenant, que d&#233;sormais, face &#224; toute nouvelle tentative de ZAD, on n'attendra pas les forces de l'ordre, on ira nous-m&#234;mes les d&#233;loger&lt;/i&gt; &#187;, a-t-il annonc&#233; le 28 janvier dernier (2016). L'&lt;i&gt;agrobusiness man&lt;/i&gt; qui appelle les jeunes agriculteurs au calme face &#224; la crise agricole sait assur&#233;ment &#224; qui r&#233;server ses coups.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (Safer) g&#232;rent le foncier et l'installation en milieu rural.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ZAD du Testet : &#171; Les arbres volaient au-dessus de nos t&#234;tes &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/ZAD-du-Testet-Les-arbres-volaient</link>
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		<dc:date>2014-10-26T15:26:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yasmine Berdoulat</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Au Testet, le Conseil g&#233;n&#233;ral du Tarn a d&#233;cid&#233; de raser toute une for&#234;t pour offrir une r&#233;serve de flotte aux agriculteurs locaux. CQFD a envoy&#233; sur place une de ses jeunes recrues afin de rendre compte de la lutte des opposants au projet. Faisant fi de toute neutralit&#233; journalistique, cette derni&#232;re est mont&#233;e dans un arbre pour tenter de lui sauver l'&#233;corce. T&#233;moignage depuis les cimes. A environ 15 m&#232;tres de haut, le ch&#234;ne qui m'accueille, ce jeudi 4 septembre, offre une vue imprenable (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no125-octobre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;125 (octobre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/foret" rel="tag"&gt;for&#234;t&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Luc" rel="tag"&gt;Luc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vue-imprenable" rel="tag"&gt;vue imprenable&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/arbres" rel="tag"&gt;arbres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cordes" rel="tag"&gt;cordes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Testet, le Conseil g&#233;n&#233;ral du Tarn a d&#233;cid&#233; de raser toute une for&#234;t pour offrir une r&#233;serve de flotte aux agriculteurs locaux. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a envoy&#233; sur place une de ses jeunes recrues afin de rendre compte de la lutte des opposants au projet. Faisant fi de toute neutralit&#233; journalistique, cette derni&#232;re est mont&#233;e dans un arbre pour tenter de lui sauver l'&#233;corce. T&#233;moignage depuis les cimes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A environ 15 m&#232;tres de haut, le ch&#234;ne qui m'accueille, ce jeudi 4 septembre, offre une vue imprenable sur le carnage. En bas, forces de l'ordre et b&#251;cherons s'activent pour transformer la for&#234;t en d&#233;sert. Leur objectif : ratiboiser tout &#231;a pour permettre la construction d'un barrage&#8200;&#8211;&#8200;un plan d'eau en d&#233;coulera, permettant d'irriguer les cultures intensives de quelques agriculteurs locaux. Le but des militants de cette nouvelle Zone &#224; d&#233;fendre (Zad) : sauvegarder cette for&#234;t et la zone humide qu'elle prot&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH403/p04--testet-00381.jpg?1768651075' width='500' height='403' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Samson.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La veille, le 5 septembre, nous sommes arriv&#233;s au Testet, &#224; quelques kilom&#232;tres de Gaillac (Tarn), remplis d'&#233;nergie et le sourire aux l&#232;vres. &#224; pied, nous devons d'abord franchir huit grosses barricades construites par les Zadistes pour fermer cet acc&#232;s aux v&#233;hicules et aux gendarmes. Ce travail colossal sera d&#233;truit en un rien de temps par une flop&#233;e de gendarmes mobiles&#8200;&#8211;&#8200;huit camions, s'il vous pla&#238;t&#8200;&#8211;&#8200;le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camarades que nous croisons ont l'air fatigu&#233;, triste, et, contrairement &#224; la derni&#232;re fois o&#249; nous sommes pass&#233;s, disent &#224; peine bonjour. La pr&#233;sence polici&#232;re quotidienne oblige ces militants&#8200;&#8211;&#8200;qui, pour certains, habitent la zone depuis fin 2013 &#8211; &#224; s'activer aussi la nuit ! Et tous sont un peu las d'assister &#224; la destruction du lieu malgr&#233; tous leurs efforts. Rapidement, nous entendons les machines, alors que nous sommes encore bien loin du chantier de d&#233;boisement. Ambiance. Le soir m&#234;me, chacun se pr&#233;pare un sac de survie : de l'eau et de la nourriture, mais aussi de quoi r&#233;sister aux &#233;ventuelles attaques des forces de l'ordre&#8200;&#8211;&#8200;de l'argile pour prot&#233;ger la peau des lacrymos, une bouteille de Maalox, des bandages, des citrons&#8230; D&#232;s 6&#8200;heures du matin, apr&#232;s avoir pass&#233; la nuit sur place, tous les &#171; grimpeurs &#187; se regroupent pour se distribuer baudriers, cordes et s'attribuer les essences &#224; d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 7&#8200;heures, nous nous dispersons dans la for&#234;t par petits groupes, pour ne pas rester trop isol&#233;s. Il va falloir tenir jusqu'&#224; la &#171; d&#233;bauche &#187;, le d&#233;part des machines et de la flicaille. Chacun choisit son arbre. Avec Luc et Camille, nous d&#233;cidons de tendre des cordes entre les arbres pour en sauver plusieurs ! Il faut se d&#233;p&#234;cher car, vers 8&#8200;heures, les cond&#233;s arrivent pour s&#233;curiser la zone d'abattage. Ils pr&#233;c&#232;dent les machines qui arrivent plus ou moins rapidement selon l'efficacit&#233; des camarades qui, au sol, tentent de les freiner &#224; grands coups d'op&#233;rations escargots &#8211;&#8200;des v&#233;lorutions ou des clowns formant un cercle circassien. G&#233;n&#233;ralement, elles se finissent dans des nuages de gaz lacrymog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Luc commence son ascension vers le sommet de l'arbre qui l'accueillera pour la journ&#233;e, les flics arrivent en catimini. J'ai &#224; peine le temps de lui crier de se d&#233;p&#234;cher que nous nous faisons gazer aussi sec. &#171; &lt;i&gt;Attrapez et gazez la fille, gazez, gazez, gazez !&lt;/i&gt; &#187;, couinent les bleus. Mais nous sommes d&#233;j&#224; trop haut pour qu'ils puissent nous atteindre, et ils ne montent pas nous chercher. D&#233;&#231;us de n'avoir pu nous d&#233;crocher, ils partent voir o&#249; sont perch&#233;s les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 9 heures, nous entendons les premiers b&#251;cherons. Dans notre zone, ils ratiboisent &#224; l'aide de machines, les arbres ne valent s&#251;rement pas le coup d'&#234;tre abattus un par un&#8230; J'ai peur de cet &#233;norme engin, cette broyeuse qui r&#233;duit tout en copeaux, et qui fonce sur Camille. Impossible de savoir si le machiniste va voir le petit marquage rose que les gendarmes ont mis sur les arbres que nous occupons. Nous crions pour lui signaler notre pr&#233;sence, mais comment pourrait-il nous entendre ? La broyeuse semble avancer &#224; l'aveuglette. Elle passe entre Luc et moi, fr&#244;le nos deux arbres et les fait bouger. Plus inqui&#233;tant encore : les arbres auxquels nous nous sommes arrim&#233;s avec des cordes n'ont pas &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;s, ils ne sont pas marqu&#233;s. Il est donc tout &#224; fait possible que l'un de ceux auxquels Luc est reli&#233; soit abattu. Ce ne sera pas le cas. Mais une des machines touchera le c&#226;ble &#233;lectrique passant &#224; quelques m&#232;tres de moi, et celui-ci prendra feu. Les flics partent en courant et sont remplac&#233;s par les pompiers ! Mais ce n'est pas suffisant pour nous faire descendre. Ni pour arr&#234;ter les machinistes. Mettre nos vies en danger ne semble pas les d&#233;ranger&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la for&#234;t, on entend des cris, des militants qui hurlent &#171; &lt;i&gt;Assassins !&lt;/i&gt; &#187;, qui intiment l'ordre aux b&#251;cherons d'arr&#234;ter leur travail, quand d'autres essayent de discuter pour expliquer ce qu'on fait l&#224;, perch&#233;s. Beaucoup ne savent pas qu'ils travaillent pour le barrage, et encore moins pourquoi nous nous y opposons. Un des b&#251;cherons se plante en bas de l'arbre de Luc. Il est emb&#234;t&#233;, parce que dans son plan, il doit tomber cet arbre&#8230; Alors il demande &#224; Luc de descendre. Face &#224; son refus, il lui explique qu'il va devoir couper l'arbre quand m&#234;me, mais tout doucement, pas d'inqui&#233;tude. Et il est s&#233;rieux&#8230; Ce sont les gendarmes qui viendront lui dire que, peut-&#234;tre, c'est un peu trop dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zadistes ont aussi r&#233;ussi &#224; rep&#233;rer le nom d'un des grad&#233;s&#8200;&#8211;&#8200;les non-grad&#233;s se font appeler par leur matricule. Cela suffit pour qu'une trentaine de grimpeurs, de tous les coins du bois l'appellent, lui donnent ordres et contrordres, provoquant un beau foutoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi arrive un nouveau type de machine, plus puissant que les autres. Elle fait des bouquets de fr&#234;nes de 30&#8200;m&#232;tres de haut comme on cueille des marguerites. La vision des arbres qui volent au-dessus de nos t&#234;tes est surr&#233;aliste. Du haut de mon perchoir, le spectacle est difficile &#224; supporter : toute la v&#233;g&#233;tation, aussi riche et dense soit-elle, se retrouve broy&#233;e dans les gueules de m&#233;tal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans la journ&#233;e, une &#233;quipe du GIGN vient discuter avec nous et tente de nous convaincre de descendre. S'ils posent trop de questions, ils ont l'avantage d'avertir correctement les machinistes de la pr&#233;sence des cordes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cherche un moment de relative intimit&#233; pour pouvoir faire pipi, accroch&#233;e dans mon baudrier ; il n'y a plus d'arbres autour de moi pour me cacher&#8230; Et, si un camarade a le courage de descendre pour courir &#224; toute vitesse vers un autre arbre, moi je m'en garde bien, nous sommes un peu trop surveill&#233;s et la nuit au poste ne me dit pas trop. Je vois des copains partir, menott&#233;s&#8230; Pour s'&#234;tre accroch&#233;s dans un aulne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je commence aussi &#224; avoir des fourmis dans les jambes, et trouver une position pour dormir cinq minutes est mission impossible. Et les machines semblent ne jamais vouloir s'arr&#234;ter. Du coup, la jalousie monte : Camille a pu s'installer &#224; 15&#8200;m&#232;tres de hauteur&#8230; dans son hamac !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luc n'a plus d'eau mais nous arrivons, par un syst&#232;me de cordes, &#224; lui faire passer ma gourde au-dessus des gendarmes mobiles, un peu &#233;bahis. On restera 14&#8200;heures dans nos feuillus : les machinistes ne finiront leur travail qu'&#224; 19 h 30. Ils veulent finir les travaux le plus vite possible. On doit les fatiguer un peu, quand m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, notre mission de sauvetage d'arbres aura bien fonctionn&#233;. Mais seuls ceux o&#249; nous &#233;tions sont encore debout, isol&#233;s au milieu d'un d&#233;sert qui s'agrandit jour apr&#232;s jour. Si nous ne remontons pas demain, il n'y aura bient&#244;t plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mise &#224; jour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous venons &lt;a href=&#034;http://www.reporterre.net/spip.php?article6494&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'apprendre&lt;/a&gt; qu'un opposant au barrage &#224; trouv&#233; la mort dans la nuit du 25 au 26 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons dans le prochain num&#233;ro, en kiosque le 7 novembre, sur la lutte du Testet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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