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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Boire sans d&#233;boires</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<dc:subject>Inscrit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Hexagone, terre de picole ? Oh que oui. Mais souvent sous le masque plus pr&#233;sentable d'un certain &#171; art de vivre &#187;. Il faut savoir boire dans les glous clous. Ceux dont la consommation est moins ma&#238;tris&#233;e se voient stigmatis&#233;s et somm&#233;s de rompre avec l'alcool sous peine d'exclusion. Depuis quelques ann&#233;es se d&#233;veloppe heureusement une approche centr&#233;e sur la r&#233;duction des risques, plus humaine et prenant en compte les parcours des usag&#232;res et usagers. &#192; Marseille, c'est l'association Sant&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no211-juillet-aout-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;211 (juillet-ao&#251;t 2022)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH131/qq-74790.jpg?1783145083' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='131' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hexagone, terre de picole ? Oh que oui. Mais souvent sous le masque plus pr&#233;sentable d'un certain &#171; art de vivre &#187;. Il faut savoir boire dans les glous clous. Ceux dont la consommation est moins ma&#238;tris&#233;e se voient stigmatis&#233;s et somm&#233;s de rompre avec l'alcool sous peine d'exclusion. Depuis quelques ann&#233;es se d&#233;veloppe heureusement une approche centr&#233;e sur la r&#233;duction des risques, plus humaine et prenant en compte les parcours des usag&#232;res et usagers. &#192; Marseille, c'est l'association Sant&#233; ! qui porte ce combat depuis 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4650 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200sante__resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH896/1200sante__resultat-b873e.jpg?1783145083' width='500' height='896' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration d'Etienne Savoye
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tout n'est pas cirrhose dans la vie !&lt;/i&gt; &#187; Inscrit sur une banderole tra&#238;n&#233;e dans l&#8127;air par un avion en forme de bouteille de pif, le message lanc&#233; par ce dessin placard&#233; au mur des locaux pimpants de l&#8127;association Sant&#233; ! va droit au but. Ici, on ne consid&#232;re pas la picole au seul prisme de sa part sombre. C&#8127;est m&#234;me tout l&#8127;inverse : si cette b&#233;quille &#233;thylique permet d&#8127;enjamber les emb&#251;ches du quotidien, pourquoi ne pas s&#8127;appuyer sur elle ? Il importe par contre de la sculpter de mani&#232;re &#224; ce qu&#8127;elle n&#8127;empi&#232;te pas n&#233;gativement sur le reste, qu&#8127;il s&#8127;agisse de la sant&#233; ou de la vie sociale. &#171; &lt;i&gt;Les gens qui viennent ici ont souvent trois tonnes de fardeau sur les &#233;paules, &lt;/i&gt;appuie Marie, accompagnante du lieu. &lt;i&gt;Notre r&#244;le, c&#8127;est de les aider &#224; g&#233;rer ce poids, pas de les culpabiliser sur leur conso. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#8127;auteure du dessin s&#8127;appelle Fred et est une &#171; accompagn&#233;e &#187; de l&#8127;asso. En ce mardi caniculaire, elle est appuy&#233;e au petit comptoir qui occupe un coin de la salle d&#8127;accueil. Robe noire &#224; pois blancs, boucles d&#8127;oreilles maousses, tatouage t&#234;te de mort sur un doigt et bagout marseillais, elle ne refuse pas un petit verre de ros&#233;. Cela fait longtemps qu'elle n&#8127;a plus &#233;t&#233; bourr&#233;e, ou &#171; &lt;i&gt;choupinette &#187;&lt;/i&gt;, comme elle dit, mais elle consomme de l&#8127;alcool quotidiennement, et fait en sorte que cela n&#8127;impacte pas le reste de sa vie, notamment cr&#233;ative. Car cette ex-infirmi&#232;re, qui vit d&#233;sormais de l&#8127;allocation adulte handicap&#233;, multiplie les projets, entre ateliers th&#233;&#226;tre, po&#233;sie et dessin. &#171; &lt;i&gt;Pas question de s&#8127;ennuyer &#187;&lt;/i&gt;, dit-elle. Avant d&#8127;insister sur l&#8127;importance de Sant&#233; ! dans son parcours : &#171; &lt;i&gt;Sans ce lieu et les gens qui l&#8127;animent, je ne serais plus l&#224; pour t&#233;moigner. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bois comme tu es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sant&#233; ! a &#233;t&#233; fond&#233;e en 2014. Dans les termes barbares du travail social, c&#8127;est un &#171; site pilote &#187; oeuvrant &#224; l&#8127; &#187; ing&#233;nierie sociale &#187;. En clair : une structure charg&#233;e d&#8127;exp&#233;rimenter et de diffuser une approche diff&#233;rente en mati&#232;re de traitement de l&#8127;addiction &#224; l&#8127;alcool, bas&#233;e notamment sur la r&#233;duction des risques. Plut&#244;t que de pousser &#224; un sevrage souvent brutal, et la plupart du temps inefficace &#224; moyen terme, comme peuvent le faire les Alcooliques anonymes et beaucoup de structures d&#8127;accueil, Sant&#233; ! propose une approche bas&#233;e sur le v&#233;cu des personnes et la multiplicit&#233; des situations. Cela pourrait sembler une &#233;vidence mais, dans un pays o&#249; l&#8127;alcool est partout, consomm&#233; &#224; toutes les sauces, partie prenante de toutes les f&#234;tes, l&#8127;id&#233;e est presque neuve, encore exp&#233;rimentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ici on prend en compte la fonction du boire, parce qu'on boit pour des tas de raison, pour pallier quelque chose &#187;&lt;/i&gt;, explique Emmanuelle, &#171; charg&#233;e de d&#233;veloppement &#187; de l&#8127;asso. &#171; &lt;i&gt;Et ce qui est fou, c&#8127;est que cette dimension sociale n&#8127;est presque jamais prise en compte ailleurs, alors qu&#8127;elle est omnipr&#233;sente. R&#233;sultat : les personnes ne se tournent vers des institutions de sant&#233; que quand les d&#233;g&#226;ts physiques sont d&#233;j&#224; l&#224;, et qu&#8127;ils ont d&#233;velopp&#233; une cirrhose, une pancr&#233;atite. C&#8127;est trop tard. On estime qu'il y a g&#233;n&#233;ralement un retard de trente ans dans la prise en charge. Si tu commences &#224; boire &#224; 20 ans, le soin arrive &#224; 50. On lutte contre &#231;a. La plus jeune personne suivie ici a 25 ans. Elle sait qu'elle a des conduites &#224; risques li&#233;es &#224; sa consommation et nous, on l&#8127;aide &#224; les att&#233;nuer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#8127;association suit une quarantaine de personnes, aux profils divers. Entre Fred, qui a connu la manche au petit matin pour se payer ses bi&#232;res et une grosse dizaine de passages en cure, et cette dame dont parlent les accompagnantes, qui m&#232;ne une vie de famille &#171; normale &#187; mais ne parvient pas &#224; r&#233;guler sa consommation quand elle est de sortie avec des amis, trous noirs &#224; la cl&#233;, pas grand-chose de commun. Si ce n&#8127;est de subir le regard que jette la soci&#233;t&#233; sur ceux qui ne savent pas boire comme il faut, entra&#238;nant une culpabilisation aux effets d&#233;l&#233;t&#232;res. &#171; &lt;i&gt;Les repr&#233;sentations grand public de l&#8127;alcool sont telles que les gens se perdent, &lt;/i&gt;explique Emmanuelle. &lt;i&gt;Il y a d&#8127;un c&#244;t&#233; une hyper-valorisation, notamment une forme de virilit&#233; associ&#233;e au fait de boire, et de l&#8127;autre une hyper-stigmatisation de la personne qui ne ma&#238;trise plus sa consommation. La honte l&#8127;emporte, ce qui n&#8127;est jamais bon. Si t&#8127;as moins honte et si t&#8127;es moins stress&#233;, tu bois moins. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ici c'est pas triste&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les locaux de l&#8127;asso, situ&#233;s dans le tranquille quartier du Camas, n&#8127;&#233;voquent pas vraiment un lieu d&#233;di&#233; &#224; la sant&#233;. On est loin des salles d&#8127;attente avec piles de vieux &lt;i&gt;Paris Match &lt;/i&gt;pour vainement combattre l&#8127;angoisse. Outre le bar et les chaises hautes, il y a des coins agr&#233;ables o&#249; se poser, une table agr&#233;ment&#233;e de fleurs, des murs jaunes ou verts, plein de lumi&#232;res chaudes, et les beaux dessins enfantins de Fred encadr&#233;s. Un salon o&#249; tra&#238;ner avant ou apr&#232;s le rendez-vous avec l&#8127;accompagnant plut&#244;t qu&#8127;une salle o&#249; psychoter. Le message est clair : ici on vous traite comme un humain, pas en ind&#233;crottable alcoolique ayant quelque chose &#224; expier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On ne d&#233;nonce pas assez la maltraitance que peuvent rencontrer les personnes ayant une forte consommation d&#8127;alcool quand ils se rendent &#224; des rendez -vous m&#233;dicaux&lt;/i&gt;, enrage Marie. &lt;i&gt;Comme les personnes en surpoids, on ne les renvoie qu'&#224; cet aspect de leur vie. Que ce soit chez le gyn&#233;co ou chez le dentiste. C&#8127;est pour &#231;a que beaucoup en viennent &#224; ne plus &#234;tre suivies, ce qui &#233;videmment les met en danger. Et quand des personnes arrivent aux urgences alors qu&#8127;elles sont alcoolis&#233;es, on leur fait forc&#233;ment payer en les faisant attendre dans un coin et en leur parlant mal. &#187;&lt;/i&gt; Fred opine : elle a v&#233;cu &#231;a pendant des ann&#233;es. Elle a d&#8127;ailleurs pour projet de collecter des t&#233;moignages de maltraitance qu&#8127;elle envisage de publier dans la revue &lt;i&gt;SaNg d&#8127;EnCRe &lt;/i&gt;(lire &lt;a href=&#034;https://cqfd-journal.org/Drogues-de-tous-les-pays-unissez&#034;&gt;&#034;Drogu&#233;s de tous les pays, unissez-vous !&#034;&lt;/a&gt;), tant autour d&#8127;elle les exemples s&#8127;accumulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si on peut boire un coup sur place, vin ou bi&#232;re, c&#8127;est notamment pour &#233;viter un ph&#233;nom&#232;ne trop souvent constat&#233; dans les structures classiques. Les personnes en situation de d&#233;pendance &#224; l&#8127;alcool &#233;laborent pour beaucoup des strat&#233;gies afin d&#8127;affronter les moments difficiles : planquer des bouteilles chez soi, se d&#233;placer avec sa conso &lt;i&gt;de secours&lt;/i&gt;, etc. Avec, souvent, une tendance &#224; s&#8127;alcooliser rapidement juste avant un rendez-vous stressant, ce qui d&#233;bouche sur une interaction floue, inefficace. Tout l&#8127;inverse des locaux de Sant&#233; ! Tu veux boire ? Fais-le ici si tu veux, personne ne te jugera.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Glouglou power &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les mani&#232;res d'agir sur la consommation sont multiples, entre changement de contenant ou d&#8127;alcool, r&#233;&#233;quilibrage des quantit&#233;s bues, ciblage du &#171; verre bascule &#187; qui fait perdre la main et la t&#234;te, hydratation entre chaque verre, suivi psychologique, etc. Si la d&#233;marche d&#233;bouche sur un arr&#234;t total, c&#8127;est super, mais ce n&#8127;est pas l&#8127;obsession. Le mantra dominant ? Prendre en compte la sp&#233;cificit&#233; de chaque parcours. Les femmes sont par exemple encore plus sujettes que les hommes &#224; la condamnation sociale, qui pousse &#224; s&#8127;enfermer et &#224; perdre pied. Les accompagnantes de Sant&#233; ! &#233;voquent ainsi le cas de cette accompagn&#233;e de l&#8127;asso qui, parce que femme et maghr&#233;bine, est contrainte d&#8127;&#233;laborer des strat&#233;gies sophistiqu&#233;es pour ses repas de famille, le poids des jugements se faisant &#233;crasant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s&#8127;attaquer &#224; la d&#233;pendance, mart&#232;lent les accompagnantes, il faut d&#233;nicher ses causes, les failles des histoires personnelles. Et les d&#233;tricoter progressivement. Rappel : l&#8127;alcool est le seul produit psychoactif dont l&#8127;arr&#234;t brutal peut provoquer la mort. Et les r&#233;centes alternatives m&#233;dicamenteuses, type Baclof&#232;ne ou S&#233;lincro, n&#8127;ont pas l&#8127;efficacit&#233; de la m&#233;thadone pour l&#8127;h&#233;ro&#239;ne. Alors il faut t&#226;tonner, trouver l&#8127;angle, se donner le temps. Et ne pas se focaliser sur les recommandations officielles postulant qu'au-del&#224; de deux verres par jours tu as franchi la ligne rouge, discours difficilement entendable pour des personnes d&#233;j&#224; en difficult&#233;. &#171; &lt;i&gt;Tu en connais, toi, des gens qui entrent dans cette case ? &#187;&lt;/i&gt; lance Marie, un peu agac&#233;e. Et de r&#234;ver d&#8127;un &#171; glouglou power &#187;, qui regrouperait des consommateurs souhaitant donner un autre son de cloche. On en sera !&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&#201;milien Bernard&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les jardins ouvriers d'Aubervilliers : un &#233;den menac&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lily la Fronde</dc:creator>


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		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Paris</dc:subject>
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		<dc:subject>ici</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;s en 1935 sur l'une des terres mara&#238;ch&#232;res les plus vastes d'&#206;le-de-France, les jardins ouvriers des Vertus s'&#233;talent sur 26 000 m2. Aujourd'hui, 4 000 m2 sont menac&#233;s de dispara&#238;tre sous le b&#233;ton pour faire place &#224; une piscine d'entra&#238;nement, un spa et un solarium, dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024. Le 23 mai dernier, le Collectif de d&#233;fense des jardins des Vertus lan&#231;ait un appel &#224; l'occupation des lieux. En sortant de la station de m&#233;tro Fort d'Aubervilliers, on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no199-juin-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;199 (juin 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardins" rel="tag"&gt;jardins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardin" rel="tag"&gt;jardin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;s en 1935 sur l'une des terres mara&#238;ch&#232;res les plus vastes d'&#206;le-de-France, les jardins ouvriers des Vertus s'&#233;talent sur 26 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. Aujourd'hui, 4 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; sont menac&#233;s de dispara&#238;tre sous le b&#233;ton pour faire place &#224; une piscine d'entra&#238;nement, un spa et un solarium, dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024. Le 23 mai dernier, le Collectif de d&#233;fense des jardins des Vertus lan&#231;ait un appel &#224; l'occupation des lieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1792-289ae.jpg?1782663193' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Lily La Fronde
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En sortant de la station de m&#233;tro Fort d'Aubervilliers, on aper&#231;oit au loin un empilement de bottes de paille carr&#233;es en bordure d'un grand parking cl&#244;tur&#233; et d&#233;sert. Sur ce petit rempart improvis&#233;, recouvert de banderoles et surmont&#233; d'un drapeau rouge, des enfants grimpent et jouent &#224; la vigie, comme pour guetter l'arriv&#233;e imminente des bulldozers. Surplomb&#233;s par les tours d'immeubles de la cit&#233; des Courtilli&#232;res, les jardins ouvriers des Vertus d'Aubervilliers, accol&#233;s aux jardins familiaux de Pantin, forment un incroyable &#233;crin de verdure de 7 hectares o&#249; se c&#244;toient des centaines de jardiniers et jardini&#232;res habitant les alentours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le portail m&#233;tallique franchi, on se croirait &#224; la campagne avec ses effluves florales et printani&#232;res. On se faufile dans ce d&#233;cor champ&#234;tre o&#249; serpentent les chemins de terre bord&#233;s d'arbres fruitiers, de roses et d'orties blanches. Pas moins de vingt-deux esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es d'oiseaux sont recens&#233;es dans ce petit coin de paradis o&#249; l'on croise aussi des h&#233;rissons, des poules, des grillons et des abeilles en plein ballet pollinisateur. Des terres vivantes, nourries au fumier et au compost depuis pr&#232;s de cent ans, o&#249; seul l'horizon festonn&#233; d'immeubles rappelle que l'on se trouve au c&#339;ur de la Seine-Saint-Denis, l'un des d&#233;partements les plus b&#233;tonn&#233;s de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'un loisir, le jardin est ici un mode de vie. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait notre lieu de confinement il y a un an, on y passait nos journ&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, confie un septuag&#233;naire. Pour Anna, le travail de la terre est une n&#233;cessit&#233; &#233;conomique, mais pas seulement : la jardini&#232;re de 68 ans se r&#233;jouit d'apprendre aux coll&#233;giens en visite les noms de ses l&#233;gumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le lieu sert aussi &#224; cultiver du lien social : &#171; &lt;i&gt;Si vous saviez tout le bon temps qu'on a pass&#233; ici, les f&#234;tes et les repas qu'on a faits... On se conna&#238;t tous&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Cheveux blancs, blouse bleue et sabots aux pieds, cela fait quarante-huit ans qu'&#201;liane, Parisienne d'adoption, cultive son jardin &#224; Aubervilliers. Et son jardin, c'est sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des m&#232;tres cubes d'eau dans un cube de b&#233;ton&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces espaces ont beau &#234;tre vus ici comme essentiels, des dizaines de lopins de terre sont menac&#233;s. Jardiniers et jardini&#232;res l'ont appris en juin 2020. Alors que la construction d'un bassin d'entra&#238;nement olympique est pr&#233;vue sur le parking attenant, dix-neuf parcelles seraient vou&#233;es &#224; la destruction pour laisser place &#224; &#171; &lt;i&gt;un espace de fitness et de cardio-training ainsi qu'un village finlandais comportant saunas et hammams&lt;/i&gt; &#187;. Un projet &#224; 33,6 millions d'euros non concert&#233;, port&#233; par l'ancienne maire PCF d'Aubervilliers, Meriem Derkaoui, mais que ne remet pas en cause Karine Franclet, l'actuelle maire UDI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Grand Paris Am&#233;nagement (GPA), propri&#233;taire des terrains, on promet de &#171; reloger &#187; tout le monde et de d&#233;placer &#224; terme l'hectare b&#233;tonn&#233; sur un ancien stade de la ville. Comme si l'on pouvait d&#233;placer un patrimoine centenaire comme une brique de Lego !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somm&#233;s de lib&#233;rer leur cabanon pour le 30 avril 2021, certains jardiniers, comme Jean-Michel, se sont pr&#233;cipit&#233;s pour transplanter leurs l&#233;gumes et petits arbres fruitiers dans une nouvelle parcelle situ&#233;e dans les jardins de Pantin. Une &#171; solution &#187; propos&#233;e dans l'urgence par GPA. Mais combien de temps y resteront-ils ? L&#224; aussi, plusieurs hectares de terres sont menac&#233;s, cette fois par le chantier de la gare de m&#233;tro du Grand Paris Express.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un scandale,&lt;/i&gt; fulmine un &#233;lu municipal de l'opposition se revendiquant de droite, &lt;i&gt;cette piscine va co&#251;ter &#224; la Ville 2,5 millions d'euros annuels d'entretien. Sans compter les travaux compl&#233;mentaires &#224; faire, pour adapter la piscine aux enfants.&lt;/i&gt; &#187; Gonfl&#233; par le spa et le solarium pour rendre la piscine &#171; rentable &#187;, le tarif d'entr&#233;e du complexe aquatique devrait en outre avoisiner les 20 &#8364;... Carr&#233;ment ind&#233;cent pour une commune qui affiche un taux de pauvret&#233; de 44 % &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Insee, 2018.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Dolores, membre du Collectif de d&#233;fense des jardins des Vertus, &#171; &lt;i&gt;c'est un cheval de Troie. S'ils entrent sur les jardins pour le solarium, on ne les arr&#234;tera pas pour la gare&lt;/i&gt; &#187;. En phase finale du projet : la destruction d'une partie de la couronne bois&#233;e du Fort pour construire un &#171; &#233;coquartier &#187;, dont la m&#233;gapiscine ne serait en fait qu'un &#171; &lt;i&gt;produit d'appel, pour faire venir des populations qui vont quitter Paris&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sole Dolores. En tout, ce sont 10 180 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de jardins et 37 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de bois qui sont menac&#233;s de destruction.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une oasis dans la ville&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Affair&#233;e &#224; planter des melons, &#201;lise fait aussi partie du collectif. Cette Parisienne du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement cultive son jardin pour la troisi&#232;me saison. &#171; &lt;i&gt;C'est ce qui m'avait toujours manqu&#233; &#224; Paris. Je cherchais tout le temps &#224; d&#233;m&#233;nager mais j'ai arr&#234;t&#233; de casser les pieds &#224; mon mari : plus besoin, j'ai un jardin&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; &#201;lise tient &#224; entretenir son potager jusqu'au bout, que l'on puisse dire : &#171; &lt;i&gt;Regardez ce qu'on d&#233;truit&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Aux beaux jours, elle s'installe dans les branches de son cerisier trentenaire pour la sieste mais, quand les travaux commenceront, elle a pr&#233;venu qu'elle s'y encha&#238;nerait : &#171; &lt;i&gt;Ma cha&#238;ne et mon cadenas sont pr&#234;ts.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quinze derni&#232;res ann&#233;es, Michel, 64 ans, les a davantage pass&#233;es dans son jardin que chez lui. Contre une cotisation annuelle de 47 &#8364; vers&#233;e &#224; l'association des Jardins ouvriers des Vertus, il cultive cette parcelle de 400 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, &#171; h&#233;rit&#233;e &#187; d'un ami. Depuis peu, il la partage avec un voisin dont le jardin est menac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'une perruche verte atterrit derri&#232;re lui, Claude, 73 ans, s'insurge contre le battage m&#233;diatique autour de l'&#233;cologie : &#171; &lt;i&gt;O&#249; est-elle dans ce projet&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Aubervilliers compte seulement 1,42 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; d'espaces verts par habitant&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Apr&#232;s les travaux, il y en aura encore moins&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192; la JAD, comme &#224; la ZAD&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis fin avril, des militants ont rejoint les jardins en lutte, occupant un cabanon sur les parcelles menac&#233;es, ouvrant les jardins au public, organisant des assembl&#233;es et des ateliers. Quant au chantier, sit&#244;t amorc&#233;, il a &#233;t&#233; stopp&#233;, &#171; &lt;i&gt;parce qu'on a fait venir des inspecteurs du travail, quand on a vu que les ouvriers venus d&#233;monter les cabanes des jardiniers transportaient de l'amiante sans protection&lt;/i&gt; &#187;, souffle Ulo, membre du collectif Saccage 2024 &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui d&#233;nonce les saccages &#233;cologiques et sociaux provoqu&#233;s par les Jeux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Ce qui me fait mal au c&#339;ur,&lt;/i&gt; poursuit-il,&lt;i&gt; c'est quand on me dit : &#8220;C'est un peu absurde de lutter pour un truc dont vous savez tr&#232;s bien que vous allez &#234;tre d&#233;log&#233;s.&#8221; Mais qu'est-ce qui est absurde&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Que des gens d&#233;fendent la terre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ou qu'au nom des JO on ait des sortes de mafias qui se forment, avec des n&#233;buleuses de sp&#233;culateurs immobiliers et des politiciens qui vont d&#233;truire des espaces ultras fertiles, pour construire un solarium&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'architecte du collectif pr&#233;conise une construction piscine/spa/solarium sur plusieurs &#233;tages, qui limiterait la surface au sol &#224; celle du parking existant, l'option est refus&#233;e par les instances. On pr&#233;texte &#171; l'urgence &#187; des JO : pas le temps de refaire les plans. Quant &#224; la construction d'un &#171; &#233;coquartier &#187; &#224; la place d'arbres centenaires&#8230; Vous reprendrez bien une dose de &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; et de gentrification ? Topinambour, occupant de &#171; la JAD &#187; (pour Jardins &#224; d&#233;fendre), en est conscient : &#171; &lt;i&gt;Avec l'&#233;coquartier on veut attirer une nouvelle cat&#233;gorie de population ; les classes moyennes, moyennes sup&#233;rieures. Cela me para&#238;t d'autant plus important d'&#234;tre ici que moi, je suis la cible de ce projet. Mais &#231;a ne m'int&#233;resse pas. Je ne veux pas remplacer trente ans de vie d'ouvriers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la mairie d'Aubervilliers, on argue que si le projet prend du retard ou n'est pas pr&#234;t pour les Jeux olympiques, les p&#233;nalit&#233;s s'&#233;l&#232;veront &#224; 4,7 millions d'euros. Un montant erron&#233; : la r&#233;alit&#233; avoisinerait plut&#244;t les 840 000 &#8364;. Que repr&#233;sente cette somme face au pr&#233;judice annonc&#233; pour la communaut&#233; &#224; qui l'on arrache un poumon vert pour la plomber d'une proth&#232;se de b&#233;ton ? Tout &#231;a pour des &#233;quipements inabordables pour la population. L'implantation de cette structure parasite a de quoi sonner comme une provocation pour de nombreux habitants d'Aubervilliers. Gageons que ce printemps verra fleurir assez de sacs de couchage et de courage pour repousser les bulldozers.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Lily La Fronde&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Insee, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui d&#233;nonce les saccages &#233;cologiques et sociaux provoqu&#233;s par les Jeux olympiques en pr&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; &#199;a ne peut pas arriver en France, tout de m&#234;me ? &#187;</title>
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		<dc:date>2021-02-06T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Simon Hamy</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;L'hiver froid et humide n'y change rien : plusieurs fois par semaine, les pr&#233;fectures du Nord et du Pas-de-Calais font d&#233;manteler des campements de migrants, d&#233;truisant leurs tentes voire leurs effets personnels. Des op&#233;rations indignes que les forces de l'ordre tentent de cacher : &#224; plusieurs reprises, le photographe Louis Witter et le journaliste Simon Hamy se sont vu refuser l'acc&#232;s aux lieux. Pour pouvoir couvrir ces incessantes expulsions, les deux reporters ont d&#233;pos&#233; un r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no195-fevrier-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;195 (f&#233;vrier 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Louis-Witter" rel="tag"&gt;Louis Witter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/queue-d-un" rel="tag"&gt;queue d'un&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'hiver froid et humide n'y change rien : plusieurs fois par semaine, les pr&#233;fectures du Nord et du Pas-de-Calais font d&#233;manteler des campements de migrants, d&#233;truisant leurs tentes voire leurs effets personnels. Des op&#233;rations indignes que les forces de l'ordre tentent de cacher : &#224; plusieurs reprises, le photographe Louis Witter et le journaliste Simon Hamy se sont vu refuser l'acc&#232;s aux lieux. Pour pouvoir couvrir ces incessantes expulsions, les deux reporters ont d&#233;pos&#233; un r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233; aupr&#232;s du tribunal administratif de Lille : en vain&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s le rejet de cette premi&#232;re requ&#234;te, les deux journalistes ont fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ils nous livrent ici le r&#233;cit de la matin&#233;e du 29 d&#233;cembre dernier, pendant laquelle ils ont pu se faufiler entre les mailles du filet et documenter le d&#233;mant&#232;lement du campement du Puythouck, &#224; Grande-Synthe, dans la p&#233;riph&#233;rie de Dunkerque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH332/-1708-ae296.jpg?1782799774' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photographie de Louis Witter
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Brother, there is an expulsion in Grande-Synthe, are you coming ?&lt;/i&gt; &#187; D&#232;s le coup de fil d'un b&#233;n&#233;vole afghan, nous savions &#224; peu pr&#232;s ce que nous allions trouver sur place. Un coup d'autoroute &#224; 110 &#224; l'heure plus tard, nous nous retrouvons &#224; la queue d'un convoi, bus, bennes, police, qui fait lentement le tour du rond-point d'Auchan, laissant passer la circulation matinale en pointill&#233;s. Longue route caboss&#233;e, bois effeuill&#233;s sur la gauche, chicanes, parking, lac artificiel, panneau vert grenouille qui annonce : le Puythouck. 8 h 20, il fait frais, l&#233;g&#232;rement humide. &#192; peine sortis de la voiture, premi&#232;re tuile : un bus bloque tout le champ de vision, ou presque. &#192; droite, deux types ensach&#233;s s'activent sur un Kubota&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marque de tracteur.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; de location, pr&#232;s d'une benne. Interdiction de s'en approcher. L'&#233;quipe de nettoyage. On verra de larges louch&#233;es de tentes d&#233;truites former un mikado grandissant, par l&#224;, au fil de la matin&#233;e. &#192; gauche du bus, une vision kal&#233;idoscopique. Une, deux, trois, peut-&#234;tre quatre rang&#233;es d'uniformes bleu nuit, aux bottes emball&#233;es. &#192; peine de quoi apercevoir, en fond, une petite file de vestes et sacs l&#233;g&#232;rement plus color&#233;s qui commence &#224; s'assembler.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous savions ce que nous allions trouver, car c'est un mardi d'hiver comme les autres ici. Une expulsion, un d&#233;mant&#232;lement, ce n'est pas un hasard du calendrier. C'est l'une des colonnes d'un tableau qui pour le moment n'a pas de fin. &#199;a allait tomber, &#231;a tombera encore. Des matins on le sait &#224; l'avance, d'autres matins les d&#233;log&#233;s sont les seuls &#224; faire face, et filment, sachant tr&#232;s bien que dans la minute suivante ils devront ramasser leur intimit&#233; dans 5 cm de boue quasi gel&#233;e. Louis part droit dans le mur des autorit&#233;s, objectif au vent : il aura droit &#224; deux contr&#244;les, aller-retour. Je fais le tour, accompagn&#233; d'une autre photographe. On trouve une faille, on s'engage, prudemment, &#224; la rencontre de plusieurs couches de v&#234;tements qui gal&#232;rent dans la pur&#233;e bistre derri&#232;re un caddie bien rempli. Dessous, un homme qui r&#233;plique, patiemment, &#224; notre accent fran&#231;ais : il a mal &#224; la t&#234;te, d'autres chats &#224; fouetter. Il n'est pas le seul, quelques personnes errent un peu prostr&#233;es, encapuchonn&#233;es, enroul&#233;es sur leur smartphone, sur la langue de goudron qui tombe en diagonale. Le seul acc&#232;s possible aux v&#233;hicules ici. Deux silhouettes accol&#233;es nous prendront pour des auxiliaires de police, nous demandant s'il faut vraiment qu'elles se joignent au confus mouchettement que l'on aper&#231;oit en fond. La file pour le bus. On ne sait pas o&#249; il va, personne n'est &#224; m&#234;me de se renseigner. Tant pis : le froid, l'humidit&#233; prennent les os, forcent &#224; la raison (d'&#201;tat).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pieds dans la boue, t&#234;te de fin de semaine, A., Kurde irakien, admet de guerre lasse ne plus pouvoir r&#233;fl&#233;chir &#224; autre chose qu'&#224; trouver un peu de chaleur. Il ira au bus. Un enfant en parka, nez dans le col, mains dans les poches et d&#233;marche &#233;lastique, orbite sans piper mot. Il y en a plusieurs ici, des m&#232;res aussi. Un autre Kurde d'Irak, D., beaucoup plus r&#233;veill&#233; et appr&#234;t&#233;, casquette et veste c&#244;tel&#233;e impeccables, filme, compl&#232;tement &#224; d&#233;couvert, l'avanc&#233;e des autorit&#233;s. Tout en cadrant, il me parle de son parcours, marqu&#233; par la violence de la Croatie &#8211; les vols et agressions, les &lt;i&gt;pushbacks&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Refoulements.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#8211; &#224; c&#244;t&#233; de laquelle Grande-Synthe fait figure de simple glaviot dans la face. Ce doit &#234;tre &#224; ce moment que Louis, profitant de l'avanc&#233;e des policiers, a pu passer et d&#233;clencher, car ce que D. filme, c'est peu ou prou ce que l'on voit sur la photo. Une battue. La mise &#224; nu et au ciel, l'&#233;parpillement m&#233;thodique, par un nettoyeur et sa lame, de l'abri et du peu de r&#233;pit que lui et les autres s'&#233;taient cr&#233;&#233;. Un r&#233;pit indispensable pour commencer &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; autre chose que la survie, se projeter. Sauf que la normalit&#233;, ici, c'est &#231;a : r&#233;duction progressive des lieux d'intervention des associations, acc&#232;s &#224; l'eau pour le moins variable (voire supprim&#233; du Puythouck cet &#233;t&#233;, causant maladies de peau et utilisa&#8202;tion, en dernier recours, de celle du lac : un m&#233;decin confirmera l'avoir retrouv&#233;e jusque dans un biberon), acc&#232;s &#224; la nourriture assur&#233; par des particuliers. Et les d&#233;mant&#232;lements.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pas aussi m&#233;tronomiques qu'&#224; Calais, ils sont tout aussi int&#233;gr&#233;s dans leur routine par ceux qui les subissent. Les caddies, c'est pour &#231;a. Tout ce qui peut &#234;tre tract&#233; &#224; l'&#233;cart, sur la voie publique, sera, avec un peu de chance, laiss&#233; sur place. Les visages, c'est pour &#231;a aussi. Rideau ferm&#233;. Il y a bien quelques clameurs, des feux allum&#233;s, mais globalement, l'attention est d&#233;j&#224; port&#233;e vers la prochaine &#233;tape, le prochain b&#233;n&#233;vole, la ritournelle des tentes neuves qui vont arriver, promises sous peu au schlass puis &#224; la poubelle. J'&#233;tais venu leur parler de leur sant&#233; mentale, de leurs traumas, on m'a au mieux ri au nez. Les privations ici ne permettent que de penser &#224; une fuite en avant, de focaliser tous les efforts sur l'Angleterre, les tentatives de travers&#233;e. L'une des psys qui interviennent au Puythouck me le confirmera. L'ann&#233;e 2020 a &#233;t&#233; tr&#232;s rude, et si avant le confinement, de grandes cartes d'Irak, d'Iran, de Syrie qu'elle apportait pouvaient permettre de briser la glace, parler culture, foyer, ces derniers mois, elles ne r&#233;coltent que des &#171; &lt;i&gt;&#192; quoi bon ?&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;Ne peut-on pas plut&#244;t avoir une carte d'Angleterre ?&lt;/i&gt; &#187;. Le &#171; &lt;i&gt;pas de point de fixation&lt;/i&gt; &#187; cher au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, il est ici aussi concret dans les t&#234;tes que dans les tentes. La photo aura dans les jours suivants raviv&#233; l'indignation dans un petit milieu de d&#233;j&#224;-renseign&#233;s pari&#8202;siens. La situation est connue, les d&#233;tails peut-&#234;tre moins. Pr&#233;sent&#233; &#224; des proches, le clich&#233; a d&#233;clench&#233; une r&#233;action &#233;pidermique : &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne peut pas arriver en France, tout de m&#234;me ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Simon Hamy - Photo Louis Witter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s le rejet de cette premi&#232;re requ&#234;te, les deux journalistes ont fait appel : &#224; l'heure o&#249; ces lignes &#233;taient &#233;crites, le Conseil d'&#201;tat n'avait pas encore rendu sa d&#233;cision. Apr&#232;s impression de cet article sur papier, il a finalement lui aussi rejet&#233; le recours des deux journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Marque de tracteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Refoulements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De plastique et d'os</title>
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&lt;p&gt;Bon &#233;l&#232;ve autoproclam&#233; de la transition verte, le Portugal a autoris&#233; en octobre 2019 l'extension de monocultures intensives sous plastique en plein milieu d'un parc naturel. La surface des sols occup&#233;s par d'interminables serre-tunnels pourrait bient&#244;t y tripler. Encore une fois, la d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts financiers ouvre le champ, en toute connaissance de cause, &#224; un d&#233;sastre &#233;cologique. Tout autant qu'humain : suivant le sinistre mod&#232;le andalou, cette agro-industrie pr&#233;datrice a massivement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parc" rel="tag"&gt;parc&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bon &#233;l&#232;ve autoproclam&#233; de la transition verte, le Portugal a autoris&#233; en octobre 2019 l'extension de monocultures intensives sous plastique en plein milieu d'un parc naturel. La surface des sols occup&#233;s par d'interminables serre-tunnels pourrait bient&#244;t y tripler. Encore une fois, la d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts financiers ouvre le champ, en toute connaissance de cause, &#224; un d&#233;sastre &#233;cologique. Tout autant qu'humain : suivant le sinistre mod&#232;le andalou, cette agro-industrie pr&#233;datrice a massivement recours &#224; une main-d'&#339;uvre immigr&#233;e amen&#233;e &#224; travailler et vivre dans des conditions r&#233;voltantes. Ici comme ailleurs, l'espoir vient des populations qui, localement, organisent la lutte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH474/-1698-5411a.jpg?1782829388' width='500' height='474' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Collage 6Col
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cette r&#233;gion a d'abord &#233;t&#233; class&#233;e comme aire de paysage prot&#233;g&#233;. Et c'est vrai qu'ici le paysage a en soi une valeur exceptionnelle qu'il faut pr&#233;server.&lt;/i&gt; &#187; Nous avons retrouv&#233; Nuno Carvalho &#224; la terrasse d'un caf&#233; d'Odeceixe, joli village situ&#233; &#224; la limite entre Algarve et Alentejo. Nous sommes au centre du &#171; Parque Natural do Sudoeste Alentejano e Costa Vicentina &#187;, une zone class&#233;e Natura 2000 qui s'&#233;tend sur quelque 110 kilom&#232;tres le long de la magnifique c&#244;te sud-ouest du Portugal. Pourtant, &#224; une poign&#233;e de kilom&#232;tres de l&#224;, d'immenses serres saturent l'horizon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuno, ing&#233;nieur en environnement, est l'un des membres fondateurs de Juntos pelo Sudoeste (&#171; Ensemble pour le Sud-Ouest &#187;), collectif cr&#233;&#233; en r&#233;action &#224; l'autorisation d'extension de ces champs de plastique. Il d&#233;roule l'historique : &#171; &lt;i&gt;Il y avait d&#233;j&#224;, avant la cr&#233;ation du parc en 1995, un p&#233;rim&#232;tre d'irrigation d&#233;pendant de la rivi&#232;re Mira et du barrage de Santa Clara, mais essentiellement &#224; destination des habitants et d'une agriculture extensive. Il y a vingt ans, des multinationales se sont rendu compte qu'il y avait ici le climat parfait pour produire des fruits rouges &#8211; framboises, fraises, myrtilles... Une production tr&#232;s lucrative, notamment gr&#226;ce au boum de la demande dans les pays du nord de l'Europe, mais extr&#234;mement gourmande en eau. Or l'eau est ici particuli&#232;rement bon march&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le niveau du lac de barrage &#233;tait au plus bas en 2020 : l'eau habituellement pr&#233;lev&#233;e par gravit&#233; doit maintenant &#234;tre pomp&#233;e m&#233;caniquement&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Berry Boom in the Wild Southwest &#187;, Eco 123 n&#176; 29 (&#233;t&#233; 2020).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et ce, alors m&#234;me que les monocultures sous serre n'occupent encore &#171; que &#187; 1 500 hectares du parc naturel sur les 4 800 programm&#233;s. Certains voudraient y voir l'effet de la seule baisse de la pluviom&#233;trie, mais l'explication para&#238;t insuffisante au vu des courbes d'&#233;volution du volume d'eau disponible et de la surface des serres, parfaitement invers&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'approvisionnement en eau repr&#233;sente le probl&#232;me le plus urgent, les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par cette invasion de monocultures intensives &#8211; appauvrissement et artificialisation des sols, pollution&#8230; &#8211; sont innombrables et mettent &#224; mal tout l'&#233;cosyst&#232;me de la r&#233;gion. &#171; &lt;i&gt;Une des sp&#233;cificit&#233;s du parc, &lt;/i&gt;note ainsi Nuno,&lt;i&gt; ce sont ses mares &#233;ph&#233;m&#232;res, des foyers de biodiversit&#233; qui accueillent des esp&#232;ces rares et menac&#233;es. Plus de la moiti&#233; ont &#233;t&#233; d&#233;truites ces derni&#232;res ann&#233;es&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Greenwashing d'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies agro-industrielles, qui produisent &#233;galement des fleurs ornementales et du gazon, n'ont pas &#233;t&#233; attir&#233;es ici que par les conditions naturelles favorables : elles appr&#233;cient &#233;galement l'accueil plus que conciliant des autorit&#233;s politiques. &#171; &lt;i&gt;Au Portugal, il n'y pas besoin d'autorisation pour installer une exploitation agricole,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Nuno. Une &lt;i&gt;&#233;tude d'impact n'est exig&#233;e qu'&#224; partir de 50 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;hectares. Les entreprises ach&#232;tent donc des parcelles plus petites et &#224; la fin, on obtient des exploitations de centaines d'hectares&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! La loi prend en compte cet impact cumulatif, mais rien n'a jamais &#233;t&#233; mis en place pour le contr&#244;ler.&lt;/i&gt; &#187; Plus encore qu'une r&#233;glementation trop permissive, le manque de contr&#244;le est en effet le souci majeur. &#171; &lt;i&gt;L'Institut pour la conservation de la nature et des for&#234;ts, en charge des v&#233;rifications, est d&#233;pass&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : pour toute la r&#233;gion, ils n'ont que deux ou trois techniciens ! Le gouvernement vote des lois sans chercher &#224; les appliquer. En v&#233;rit&#233;, il ne veut pas agir. &#192; l'international, le Portugal signe tous les trait&#233;s de protection de l'environnement, mais c'est une totale hypocrisie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maravilha Farms, entreprise dont une grande partie des serres s'&#233;tend du c&#244;t&#233; de Zambujeira do Mar, appartient &#224; l'un des leaders mondiaux de la production de fruits rouges, le groupe am&#233;ricain Driscoll's. Elle est en passe de doubler sa surface de production, passant de 150 &#224; 300 hectares : le projet et son plan d'investissement ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s en mai 2017 lors d'une c&#233;r&#233;monie pr&#233;sid&#233;e par le Premier ministre socialiste Ant&#243;nio Costa en personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal d'information critique &lt;i&gt;Mapa&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; de ceux qui ont relat&#233; cet &#233;pisode. L'auteur de l'article&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Os olhares de Catarina &#187;, Mapa n&#176; 23 (avril-juin 2019). Disponible en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, Filipe Nunes, suit depuis longtemps l'&#233;volution des territoires du sud du Portugal, dans une perspective &#224; la fois &#233;cologique et sociale. R&#233;pondant &#224; nos questions, lui aussi d&#233;nonce un &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; d'&#201;tat au service des multinationales. Mais, au-del&#224; des crimes, environnementaux, il pointe le drame humain qui est en train de se jouer : &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, lorsque nous nous battons pour la protection de la nature, nous parlons aussi conditions de vie humaine. Il ne peut pas seulement s'agir de la vie de celles et ceux qui vivent traditionnellement l&#224;, mais aussi de celle des ouvriers immigr&#233;s en qu&#234;te de papiers qui alimentent cette machine d&#233;vastatrice, ce mod&#232;le agro-industriel dont il est question ici mais qui existe ailleurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une machine pr&#233;datrice&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs immigr&#233;s sont bien les premi&#232;res victimes de ce syst&#232;me &#171; &lt;i&gt;qui refl&#232;te la constante de l'&#226;me capitaliste : des profits astronomiques garantis par une main-d'&#339;uvre nombreuse, bon march&#233;, exploit&#233;e dans des conditions parfois proches de l'esclavage&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;dixit &lt;/i&gt;Filipe. Nuno abonde : &#171; &lt;i&gt;Ils sont livr&#233;s &#224; des mafias, qui souvent leur prennent leurs passeports. On loue des logements insalubres &#224; dix ou quinze personnes avec seulement deux ou trois lits. Beaucoup, aussi, vivent dans des conteneurs, directement sur l'exploitation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, les travailleurs sont principalement originaires d'Asie : Inde, N&#233;pal, Pakistan&#8230; &#171; &lt;i&gt;Dans la commune de S&#227;o Teot&#243;nio, l'immigration a fait plus que doubler la population en un temps record, &lt;/i&gt;reprend Nuno. &lt;i&gt;Ce qui ne va pas sans conflits. Les entreprises font venir ces personnes sans r&#233;fl&#233;chir ni aux conditions d'accueil, ni &#224; aucune cons&#233;quence ! Les services publics ne suivent pas, que ce soit au niveau de leur prise en charge sanitaire, de l'assainissement, de la gestion des d&#233;chets&#8230; C'est un grand foutoir&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Filipe Nunes rel&#232;ve la m&#233;diocrit&#233; des plans mis en place &#224; la h&#226;te par les municipalit&#233;s et les producteurs agricoles pour int&#233;grer ces nouveaux arrivants. Et s'interroge : &#171; &lt;i&gt;Comment pouvons-nous aider r&#233;ellement ces personnes &#224; s'installer ici, &#224; y vivre, y &#233;lever des familles&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Car nous, Portugais, avons besoin d'immigration, notamment pour revitaliser nos territoires ruraux vieillissants. Mais bien s&#251;r pas avec ce syst&#232;me d&#233;pr&#233;dateur, qui ouvre &#224; la fois une fracture entre les populations et une voie royale au discours raciste et fasciste de Chega.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chega est le principal parti d'extr&#234;me droite portugais. &#192; (re)lire sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte autour du parc naturel de la c&#244;te sud-ouest n'est pas la seule en cours au Portugal aujourd'hui. Nuno et Filipe &#233;voquent tous deux un combat similaire tout proche : celui contre la production intensive d'olives en Alentejo, autour de Beja. Moins de plastique mais, l&#224; encore, des milliers de travailleurs immigr&#233;s exploit&#233;s au service d'une &#171; &lt;i&gt;monoculture qui a d&#233;vast&#233; le centre de l'Espagne et qui arrive chez nous, maintenant que tout est devenu st&#233;rile l&#224;-bas&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sole Nuno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Filipe de conclure : &#171; &lt;i&gt;De nouvelles perspectives s'ouvrent avec ces mouvements non partisans, non hi&#233;rarchiques, construits par les habitants eux-m&#234;mes, comme r&#233;cemment cette lutte victorieuse contre l'extraction de gaz et de p&#233;trole en Algarve, ou actuellement contre les mines de lithium dans les r&#233;gions montagneuses du nord et du centre du pays. Il me semble cependant que ces mouvements de contestation, y compris autour du parc naturel, font encore trop confiance aux institutions. Ce sont toujours les populations elles-m&#234;mes qui, par leur engagement radical, feront la diff&#233;rence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Berry Boom in the Wild Southwest &#187;, &lt;i&gt;Eco 123 &lt;/i&gt;n&#176; 29 (&#233;t&#233; 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Os olhares de Catarina &#187;, &lt;i&gt;Mapa&lt;/i&gt; n&#176; 23 (avril-juin 2019). Disponible en ligne sur &lt;i&gt;jornalmapa.pt&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chega est le principal parti d'extr&#234;me droite portugais. &#192; (re)lire sur le sujet : &#171; Le Portugal face &#224; son pass&#233; colonial &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 191 (octobre 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;191</title>
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&lt;p&gt;En couverture : &#171; Ouvrez, ouvrez la cage aux minots &#187; (illustration : C&#233;cile K.) Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre kiosquier ou de vous abonner... Actualit&#233;s d'ici et d'ailleurs Un incendie, ce n'est pas que les flammes &#8211; Depuis mi-ao&#251;t, de gigantesques incendies ravagent la c&#244;te Ouest des &#201;tats-Unis. Au-del&#224; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/debut" rel="tag"&gt;d&#233;but&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton3210-b165a.jpg?1782696914' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En couverture : &#171; Ouvrez, ouvrez la cage aux minots &#187; (illustration : &lt;a href=&#034;http://cecilek.fr/affiches&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C&#233;cile K.&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no191-octobre-2020' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre kiosquier&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici et d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Un incendie, ce n'est pas que les flammes&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis mi-ao&#251;t, de gigantesques incendies ravagent la c&#244;te Ouest des &#201;tats-Unis. Au-del&#224; des images spectaculaires, cette catastrophe a de s&#233;v&#232;res cons&#233;quences sociales. R&#233;cit intime et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Exil&#233;&#183;es en M&#233;diterran&#233;e : le naufrage moral de l'Europe&lt;/strong&gt; &#8211; La M&#233;diterran&#233;e
centrale vient de conna&#238;tre un nouvel &#233;t&#233; de cauchemar, rythm&#233; par d'incessants naufrages de bateaux d'exil&#233;&#183;es en route pour l'Europe. Analyse cartographique de situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le Portugal face &#224; son pass&#233; colonial&lt;/strong&gt; &#8211; Pendant des si&#232;cles, le Portugal s'est r&#234;v&#233; comme plus humain et moins raciste que les autres puissances coloniales. &#192; l'heure o&#249; l'extr&#234;me droite s'y r&#233;veille, le mythe vole en &#233;clats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Njinga, m&#232;re de la nation angolaise&lt;/strong&gt; &#8211; Au d&#233;but du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en Afrique centrale, une femme s'est soulev&#233;e contre l'invasion des colons portugais. La reine Njinga, cheffe d'&#201;tat et cheffe de guerre, dut ses succ&#232;s autant &#224; sa vision politique qu'&#224; son habilet&#233; militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Maintien de l'ordre : reculer pour mieux reculer&lt;/strong&gt; &#8211; La clique de la place Beauvau vient de sortir son dernier tube, intitul&#233; &#171; Sch&#233;ma national du maintien de l'ordre &#187;, version 2020. Une production qui fera date, tant elle grave dans le marbre les r&#233;cents errements en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : la domination adulte en question&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3456 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH707/-1622-52fa8.jpg?1782641142' width='400' height='707' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;L. L. de Mars
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Adultes &lt;i&gt;vs&lt;/i&gt; enfants, une lutte de classe ?&lt;/strong&gt; &#8211; De toutes les formes de domination, celle que les adultes exercent sur les minots est sans doute la plus r&#233;pandue, la plus visible et, paradoxalement, la moins questionn&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Les parents continuent de consid&#233;rer l'enfant comme leur propri&#233;t&#233; &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Rarement remise en cause, la domination exerc&#233;e par les adultes sur les enfants appara&#238;t souvent comme &#171; allant de soi &#187;, voire comme une condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; pour assurer la protection et le &#171; bon d&#233;veloppement &#187; des plus jeunes. Autant de justifications qu'Yves Bonnardel, auteur du livre &lt;i&gt;La Domination adulte : l'oppression des mineurs&lt;/i&gt;, refuse en bloc. Pour lui, cette domination est &#224; envisager au m&#234;me titre que les autres : syst&#233;mique et politique, elle profiterait aux premiers sans manquer de nuire aux seconds. En compagnie de l'essayiste, tour d'horizon d'une pens&#233;e d&#233;routante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; L'urbanisme moderne prive les enfants du fabuleux terrain de jeux qu'est la rue &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Trois ou quatre agr&#232;s pos&#233;s l&#224;, des sols qui amortissent les chutes, un peu de couleur pour &#233;gayer l'ensemble et des barri&#232;res pour contenir le tout. En ville, les aires de jeux n'envoient pas franchement du r&#234;ve. Ces rares espaces bien d&#233;limit&#233;s sont davantage construits pour rassurer les parents qu'amuser les enfants. Thierry Paquot, philosophe, a entre autres, coordonn&#233; &lt;i&gt;La Ville r&#233;cr&#233;ative &#8211; Enfants joueurs et &#233;coles buissonni&#232;res&lt;/i&gt;. En mobilisant l'histoire, il r&#233;fl&#233;chit &#224; une ville faite pour et avec eux. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#192; Grenoble, un lyc&#233;e &#224; visage humain&lt;/strong&gt; &#8211; Pas de surveillants, pas de sonnerie, pas de carnet de correspondance ni de conseil de discipline. Mais des effectifs r&#233;duits et une &#233;quipe d'enseignants ouverts au dialogue, pr&#234;ts &#224; v&#233;ritablement &lt;i&gt;rencontrer&lt;/i&gt; les &#233;l&#232;ves, en les acceptant tels qu'ils sont. Depuis vingt ans &#224; Grenoble, le Clept (Coll&#232;ge lyc&#233;e &#233;litaire pour tous) accueille chaque ann&#233;e une centaine de jeunes, tellement d&#233;go&#251;t&#233;s du syst&#232;me scolaire qu'ils l'avaient quitt&#233;. En souplesse, cet &#233;tablissement public alternatif montre qu'une autre &#233;cole est possible. Et r&#233;v&#232;le en creux les tares du mod&#232;le dominant, coercitif et excluant. Reportage &amp; souvenirs de jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Les r&#233;publiques d'enfants : l'autogestion des plus jeunes au service des id&#233;aux des adultes&lt;/strong&gt; &#8211; D&#232;s le d&#233;but de la Seconde Guerre mondiale, des millions de minots sont s&#233;par&#233;s de leurs parents. &#192; travers l'Europe, des communaut&#233;s se forment pour les accueillir. Appel&#233;es &#171; r&#233;publiques d'enfants &#187;, certaines doublent leur vocation humanitaire d'une utopie p&#233;dagogique. On y d&#233;fend l'autonomie et l'autogestion des m&#244;mes, qui &#233;lisent leur propre maire, &#233;laborent leur propre syst&#232;me de justice&#8230; Mais l'enfant, cens&#233; &#234;tre plac&#233; au centre du dispositif, n'est-il pas finalement l'instrument d'un projet de soci&#233;t&#233; pens&#233; par et pour les adultes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; On ramassait les enfants vagabonds comme des escargots &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Des prisons pour enfants de la &#171; Belle &#187; &#201;poque &#224; la r&#233;bellion des m&#244;mes illustr&#233;e par le film &lt;i&gt;Z&#233;ro de conduite,&lt;/i&gt; en passant par les d&#233;boires carc&#233;raux du jeune anarchiste Miguel Almereyda, l'historienne Anne Steiner revient ici sur le sort r&#233;serv&#233; aux mineurs &#171; turbulents &#187; fin XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et d&#233;but XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Quand ils ressortent, ils sont beaucoup plus en col&#232;re... &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; En mati&#232;re de traitement de la d&#233;linquance, l'esprit du temps est davantage &#224; la r&#233;pression carc&#233;rale qu'&#224; l'innovation &#233;ducative. Une tendance que d&#233;nonce Carlos Lopez, &#233;ducateur, syndicaliste et militant &#224; l'Observatoire international des prisons. Interview.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Le rem&#232;de est pire que le mal &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; C'est l'histoire d'une enfance &#224; l'ombre. Celle d'un adolescent des ann&#233;es 1960-70, d'abord plac&#233; chez les cur&#233;s, puis ballot&#233; d'&#233;tablissements &#171; &#233;ducatifs &#187; en centres pour jeunes d&#233;tenus. Avant de conna&#238;tre pendant vingt-cinq ans la prison, celle des grands. En 2006, Thierry Chatbi confiait au journal anticarc&#233;ral &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; le r&#233;cit de ses jeunes ann&#233;es. Nous en republions ici une partie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bouquins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Gilets jaune : bilan avant reprise ?&lt;/strong&gt; &#8211; Avec &lt;i&gt;La R&#233;volte des Gilets jaunes&lt;/i&gt;, le collectif Ahou ahou ahou livre une analyse claire et r&#233;solument engag&#233;e d'une r&#233;volte surgie il y a moins de deux ans, si explosive et inattendue qu'elle a fait vaciller le pouvoir et remis en cause beaucoup de certitudes en mati&#232;re de luttes sociales. De quoi s'armer pour la prochaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Antis&#233;mitisme : face &#224; l'indulgence, l'intransigeance&lt;/strong&gt; &#8211; Dans &lt;i&gt;Les Empoisonneurs&lt;/i&gt;, S&#233;bastien Fontenelle montre notamment comment les &#233;ditocrates r&#233;actionnaires minorent l'antis&#233;mitisme issu de leur rang, alors qu'ils mettent r&#233;guli&#232;rement en exergue celui exprim&#233; par certains musulmans. Un autre avatar de l'islamophobie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Azenstarck a fini sa p&#233;loche&lt;/strong&gt; &#8211; Photographe des gr&#232;ves et des luttes, des usines et des bidonvilles, Georges Azenstarck a disparu d&#233;but septembre. Multipliant les clich&#233;s pour &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Vie ouvri&#232;re&lt;/i&gt; ou encore l'agence Rapho, il avait aussi immortalis&#233; l'ineffa&#231;able : le massacre d'Alg&#233;riens du 17 octobre 1961 &#224; Paris. Ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; Marseille, un camarade de route de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; l'avait fr&#233;quent&#233;. Souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Rubrique-en-greve' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rubrique en gr&#232;ve&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Il-est-ou-le-virus-il-est-ou' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Il est o&#249; le virus, il est o&#249; ?&lt;/a&gt; / &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3455 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/-25.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783456042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;191 de CQFD en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au Congo-Kinshasa, c'est le rem&#232;de qui risque de tuer le malade</title>
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&lt;p&gt;En R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, le Covid-19 reste encore discret. Mais les mesures prises pour &#233;viter sa propagation ont des effets secondaires n&#233;fastes. Entre autres ph&#233;nom&#232;nes, la fermeture des fronti&#232;res, le ralentissement de l'&#233;conomie et la r&#233;duction des budgets humanitaires d&#233;di&#233;s &#224; d'autres maladies pourraient faire bien plus de morts que le coronavirus. Photojournaliste bas&#233; &#224; Goma, dans l'Est du pays, Alexis Huguet raconte ici la crise sanitaire dans sa version congolaise, sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alexis-Huguet-274" rel="tag"&gt;Alexis Huguet&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, le Covid-19 reste encore discret. Mais les mesures prises pour &#233;viter sa propagation ont des effets secondaires n&#233;fastes. Entre autres ph&#233;nom&#232;nes, la fermeture des fronti&#232;res, le ralentissement de l'&#233;conomie et la r&#233;duction des budgets humanitaires d&#233;di&#233;s &#224; d'autres maladies pourraient faire bien plus de morts que le coronavirus. Photojournaliste bas&#233; &#224; Goma, dans l'Est du pays, Alexis Huguet raconte ici la crise sanitaire dans sa version congolaise, sans oublier de jeter un regard caustique sur lui-m&#234;me et ses semblables : les reporters, chercheurs et humanitaires occidentaux qui &#171; &lt;i&gt;vivent des crises&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3370 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;159&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1557-d5050.jpg?1782692651' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;P&#233;riph&#233;rie de Goma, 28 mars 2019. Un policier congolais arr&#234;te des v&#233;hicules &#224; un barrage routier dans le cadre de la lutte contre Ebola.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Alexis Huguet
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Une grande Simba, bien fra&#238;che s'il vous pla&#238;t&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Accoud&#233; &#224; la balustrade du Lac Kivu Lodge, j'allume une cigarette en attendant ma bi&#232;re. Je dois l'avouer, je suis un peu f&#233;brile ce soir. Nous sommes &#224; la mi-mars. L'atmosph&#232;re est douce mais il n'y a presque pas de clients. Seulement trois autres Fran&#231;ais, tout aussi excit&#233;s que moi, dans l'ambiance tamis&#233;e d'une terrasse chic &#224; l'Est de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC). Nous attendons impatiemment de voir la t&#234;te de Macron appara&#238;tre sur l'&#233;cran fix&#233; au mur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle ironie du sort ! Cela fait un an et demi que nous, journalistes, humanitaires, chercheurs, engloutissons des cocktails sur cette terrasse, les yeux dans le coucher de soleil, &#224; deviser sur les morts d'Ebola. Entre deux bouch&#233;es de risotto aux c&#232;pes, nous nous indignons de l'inint&#233;r&#234;t de l'Occident pour cette &#233;pid&#233;mie qui a tu&#233; en vingt mois plus de 2 000 personnes dans d'horribles souffrances, ici, dans les Kivus. Un coin d'Afrique aux paysages de montagnes enchanteurs, mais qui semble damn&#233; depuis le g&#233;nocide des Tutsis au Rwanda voisin en 1994. Cet &#233;pisode sanguinaire a enfant&#233; un nombre incalculable de conflits arm&#233;s, d'&#233;pid&#233;mies et de crises humanitaires au milieu desquelles les habitants de l'Est du Congo slaloment encore pour survivre &#8211; vingt-six ans apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous sommes en guerre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Macron vient d'entrer en piste. Je m'&#233;touffe dans ma fum&#233;e de clope en entendant l'anaphore martiale d'un enfant du monde Uber 2.0 qui ne conna&#238;t rien au quotidien de la guerre. Les quatre &lt;i&gt;Frenchies&lt;/i&gt; que nous sommes l'insultons copieusement par-dessus le clapotis des vagues qui caressent le ponton de notre restaurant. Ce soir, vu de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, j'ai un peu l'impression que les p&#244;les se sont invers&#233;s. J'ai ce sentiment honteux en moi de &#171; &lt;i&gt;Ah&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Maintenant c'est vous qui gal&#233;rez&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; C'est moche, mais c'est peut-&#234;tre parce que j'ai tout le temps l'impression que le monde entier se fout gaiement de toutes les mis&#232;res d'ici. Oui, il m'arrive d'&#234;tre content de me dire que &#231;a d&#233;conne aussi de l'autre c&#244;t&#233;. Du c&#244;t&#233; riche, du c&#244;t&#233; pr&#233;tentieux du monde. Du c&#244;t&#233; qui se sent invincible. Du c&#244;t&#233; d'o&#249; je viens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Voil&#224; Monsieur Alexis. Votre bi&#232;re, Monsieur Alexis.&lt;/i&gt; &#187; Dans son costume de majordome, le serveur me tend religieusement la bouteille givr&#233;e. Ni lui ni ses coll&#232;gues ne sont vraiment bouscul&#233;s par le discours de notre jeune pr&#233;sident va-t-en-guerre. &#192; dire vrai, ils sont plut&#244;t hilares de voir tous ces &lt;i&gt;bazungu&lt;/i&gt; (les Blancs, en kiswahili) affol&#233;s. Pour eux, enfants des pays pauvres, enfants du &#171; tiers monde &#187;, d&#233;pouill&#233;s de leur humanit&#233; et transmu&#233;s en statistiques d&#232;s lors qu'ils enfourchent un Zodiac crev&#233; sous le feu libyen, c'est plut&#244;t cocasse de voir les fiers dirigeants de l'Occident, donneurs de le&#231;ons depuis des temps imm&#233;moriaux, perdre la face en se contredisant &#224; chaque point-presse devant les t&#233;l&#233;s du monde. Ce soir, nos serveurs sont plus pr&#233;occup&#233;s par de possibles fusillades sur le trajet du retour &#224; la maison ou par la sant&#233; d'un de leurs enfants encore frapp&#233; par la malaria, que par les mesures de confinement qui fleurissent en Europe. Ils en ont vu d'autres, des crises, dans la r&#233;gion. Et ils continuent d'en subir &#8211; et des plus structurelles et des sauvagement mortelles.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce soir-l&#224;, le SARS-CoV-2 paraissait encore bien loin de Goma&lt;/strong&gt; et de la r&#233;gion des Grands Lacs (Ouganda, Rwanda, Burundi, Est de la RDC). Pourtant, il accaparait d&#233;j&#224; notre espace mental, nourrissant nos fantasmes et nos peurs. C'est que les m&#233;dias &#171; internationaux &#187;, prisme d&#233;formant de la vie de notre esp&#232;ce sur Terre, n'avaient d&#233;j&#224; plus que cet unique mot dans leur dictionnaire : coronavirus. Et nous, tout en sirotant des &lt;i&gt;gin and tonic&lt;/i&gt; dans la brise du lac, suivions hypnotis&#233;s la litanie macabre des morts au nord de l'Italie et &#224; Madrid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme drogu&#233;s, les pupilles riv&#233;es sur Trump, Johnson et Macron, nous n'&#233;tions pas en train de documenter les aventures du bacille virgule (agent pathog&#232;ne du chol&#233;ra) dans les alpages verdoyants du Masisi. Pourtant, &#224; moins de trois heures de piste boueuse de notre Lac Kivu Lodge, il en vidait des intestins de gosses, entass&#233;s sous des b&#226;ches plastiques, apr&#232;s avoir fui les combats de leurs grands fr&#232;res. Pas de point-presse ni de cam&#233;ra non plus dans les centres de sant&#233; du territoire d'Aru, quelques centaines de kilom&#232;tres plus au nord. Dans la steppe assomm&#233;e de soleil, &#224; deux pas du Soudan du Sud, un morbillivirus &#8211; lointain cousin des coronavirus, responsable de la rougeole &#8211; emportait les enfants par dizaines.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis un an et demi, la rougeole besogne donc tranquille&lt;/strong&gt;, &#224; l'abri des regards, tuant m&#233;ticuleusement les plus jeunes qui ont le malheur d'&#233;chapper aux campagnes de vaccination. Quelques organisations humanitaires tentent bien d'acheminer, &#224; dos de moto, des &lt;i&gt;lunchs-boxes&lt;/i&gt; isothermes contenant quelques centaines de milliers de vaccins aux quatre coins du pays. Mais pour ces campagnes-l&#224;, les ONG manquent de moyens : la rougeole, &#231;a n'est pas vendeur. Au vrai, m&#233;dias et bailleurs de fonds occidentaux s'en tamponnent un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que dans le vaste univers des crises sanitaires, il est des maladies sexy et d'autres qui ne le sont pas. &#171; &lt;i&gt;Les financements d&#233;pendent beaucoup de l'impact que peut avoir telle ou telle &#233;pid&#233;mie sur les pays bailleurs&lt;/i&gt; &#187;, explique un employ&#233; de la Banque mondiale en Afrique centrale. Pr&#233;f&#233;rant garder l'anonymat, l'homme encha&#238;ne en prenant l'exemple de la lutte contre le virus Ebola, qui a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une couverture journalistique et de financements majeurs : &#171; &lt;i&gt;La vraie motivation derri&#232;re, c'&#233;tait quand m&#234;me qu'Ebola aurait pu atteindre l'Europe ou les &#201;tats-Unis. C'est &#231;a qui fait peur&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Et c'est donc beaucoup plus facile de convaincre les parlements dans les pays qui donnent beaucoup d'argent pour qu'ils donnent encore plus afin de pr&#233;venir une pand&#233;mie globale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre aspect du probl&#232;me : comme la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187; occidentale a ses limites, pour habiller Paul il faut souvent d&#233;shabiller Pierre. Ebola a donc trust&#233; des fonds auparavant utilis&#233;s pour lutter contre d'autres maladies moins spectaculaires, plus &#171; banales &#187; mais n&#233;anmoins ravageuses. Le Covid-19 jouera-t-il le m&#234;me r&#244;le d&#233;l&#233;t&#232;re ? Beaucoup le craignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re : l'actuelle foire d'empoigne sur le march&#233; des mat&#233;riels de protection individuelle n'arrange rien. La France, pourtant &#233;tablie du bon c&#244;t&#233; du monde, en avait fait les frais fin mars. Elle s'&#233;tait fait squeezer &#224; la derni&#232;re minute par les &#201;tats-Unis qui, semble-t-il&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une commande fran&#231;aise de masques d&#233;tourn&#233;e vers les &#201;tats-Unis sur un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, rachetaient &lt;i&gt;cash&lt;/i&gt; les stocks de masques destin&#233;s &#224; d'autres, directement sur les tarmacs des a&#233;roports chinois. Or, que p&#232;se-t-on &#224; la cri&#233;e m&#233;dicale de Shenzhen ou de Zhengzhou quand on s'appelle R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, Niger ou Gambie ? &#192; peu pr&#232;s rien du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin mai, M&#233;decins sans fronti&#232;res (MSF) a donc appel&#233; &#171; &lt;i&gt;de toute urgence&lt;/i&gt; &#187; &#224; la r&#233;gulation de ce march&#233; d&#233;loyal &#171; &lt;i&gt;afin d'assurer une distribution plus &#233;quitable du mat&#233;riel m&#233;dical&lt;/i&gt; &#187;. Coordinatrice des urgences de l'organisation en RDC, Trish Newport insiste : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;quipements de protection individuelle, tels que les gants et les masques, ne sont pas seulement utilis&#233;s pour faire face &#224; la pand&#233;mie de Covid-19. En RDC par exemple, MSF r&#233;pond actuellement &#224; de nombreuses situations d'urgence, notamment l'&#233;pid&#233;mie de rougeole en cours et le grand nombre de personnes qui ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es par les violences.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me quand il s'agit de traiter des maladies courantes comme la malaria et les diarrh&#233;es, ces &#233;quipements sont n&#233;cessaires &#171; &lt;i&gt;pour assurer la s&#233;curit&#233; du personnel et des patients&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 30 mai, la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo comptait officiellement 3 070 cas confirm&#233;s&lt;/strong&gt; de contamination au coronavirus, pour 72 d&#233;c&#232;s. Des chiffres certainement sous-estim&#233;s, puisqu'il n'existe pour tout le pays &#8211; grand comme quatre fois la France &#8211; qu'un seul laboratoire en capacit&#233; de proc&#233;der aux tests. La situation g&#233;n&#233;rale ne fait toutefois gu&#232;re de doute : ici, l'&#233;pid&#233;mie est incomparablement moins virulente que, par exemple, chez l'ancien colon belge. De Kinshasa &#224; Lumumbashi, plus que le poison, c'est l'antidote qui risque de mettre le pays &#224; mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan des libert&#233;s publiques, les couvre-feux nocturnes qui s&#233;vissent depuis fin mars dans certaines r&#233;gions font les choux gras d'une police souvent violente et corrompue. La fermeture des fronti&#232;res, elle, repr&#233;sente un double coup dur. D'une part, les approvisionnements en m&#233;dicaments et mat&#233;riel m&#233;dical, d&#233;j&#224; laborieux d'habitude, risquent d'arriver au compte-goutte et avec un co&#251;t de transport exorbitant. D'autre part, l'&#233;conomie est dans le rouge : les importations de denr&#233;es alimentaires et les exportations de minerais (principale richesse du pays) connaissent de graves difficult&#233;s. En cette fin mai, bars et restaurants gardent porte close tandis que les transports restent perturb&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Ici, les restrictions li&#233;es au Covid pourraient &#234;tre pires que la maladie elle-m&#234;me,&lt;/i&gt; s'alarme une responsable humanitaire bas&#233;e au Nord-Kivu. &lt;i&gt;Beaucoup d'entreprises sont ferm&#233;es et &#224; cause des mesures beaucoup de gens ne peuvent plus travailler. &#192; Goma, le prix de la nourriture a beaucoup augment&#233;. Les effets se voient beaucoup plus vite ici que, par exemple, en Europe, o&#249; les gouvernements peuvent toujours un peu aider avec de l'argent si tu as perdu ton emploi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me, d'ordre m&#233;dical : le renoncement aux soins. Selon MSF, beaucoup de patients de la province de Kinshasa, qu'ils soient touch&#233;s par la rougeole, le paludisme ou le VIH, arr&#234;tent de fr&#233;quenter les structures de sant&#233; de peur d'y attraper le coronavirus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion globale de Karel Janssens, le chef de mission belge de MSF &#224; Kinshasa ? &#171; &lt;i&gt;La situation sanitaire est gravissime.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Flashback&lt;/strong&gt;. A&#233;roport de Goma, le 27 avril. Je tra&#238;ne p&#233;niblement ma valise en direction du comptoir d'enregistrement. Derri&#232;re mon masque FFP &#224; 1,5 dollar am&#233;ricain &#8211; plus que le revenu journalier moyen en RDC&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la Banque mondiale, le revenu national brut par habitant en RDC est de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; je scrute les logos sur les tee-shirts des passagers qui m'entourent. Toute la plan&#232;te humanitaire est l&#224;. Sauve qui peut ! Chacun rentre chez soi, essentiellement en Europe et en Am&#233;rique du Nord. Ce vol charter, d&#233;rogatoire &#224; la fermeture g&#233;n&#233;rale des fronti&#232;res, a &#233;t&#233; affr&#233;t&#233; sp&#233;cialement pour nous &#8211; le prix du billet est tellement ind&#233;cent que je le tairai ici. Les vols r&#233;guliers avaient &#233;t&#233; suspendus fin mars et un vent de panique avait alors remplac&#233; la brise du lac : dans la communaut&#233; &#171; expats &#187;, certains se sont dit que la situation pouvait salement d&#233;g&#233;n&#233;rer si l'&#233;pid&#233;mie frappait fort le pays. Il valait mieux d&#233;caniller. D'autres n'ont pas eu le choix : leur employeur ou leur ambassade ne voulait pas avoir &#224; les g&#233;rer en cas de crise s&#233;curitaire s&#233;v&#232;re caus&#233;e par la crise sanitaire. D'autres encore avaient tout simplement besoin de rejoindre leurs proches dans tel ou tel pays d'Occident copieusement amoch&#233; par la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de moi l'id&#233;e que nous soyons tous essentiels au Nord-Kivu, mais &#224; cet instant-l&#224;, cette vision des Blancs qui d&#233;guerpissent a quelque chose d'un peu inqui&#233;tant pour la suite. D'autant qu'avec la fermeture des fronti&#232;res, il risque de se passer un moment avant que les personnels m&#233;dicaux form&#233;s et autres &lt;i&gt;essential staff&lt;/i&gt; puissent revenir ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre charter est arriv&#233;. En file indienne, face &#224; la passerelle, nous n'en menons pas large. Dans nos tee-shirts blancs couverts de slogans bienfaiteurs, nous baissons les yeux sur le goudron br&#251;lant. Est-ce notre r&#233;v&#233;rence d'adieu au volcan Nyiragongo, qui crache, imperturbable, sa lave en bout de piste ? Ou notre propre l&#226;chet&#233; qui nous gifle la nuque ? Sensation d&#233;sagr&#233;able d'&#234;tre forc&#233; &#224; se regarder dans le miroir. Dans quelques heures, nous serons de l'autre c&#244;t&#233; des d&#233;serts d'&#201;thiopie et d'&#201;gypte, et loin, si loin des d&#233;serts m&#233;dicaux congolais. Ces centres de sant&#233; qui s'effondrent sous les pluies, ces pharmacies vides et ces milliers d'infirmiers sans moyens ni salaires : c'est peut-&#234;tre &#231;a aussi que nous fuyons, alors que la ville d&#233;file &#224; toute vitesse &#224; travers le hublot. Mais nous, journalistes, chercheurs, humanitaires, nous vivons des crises. Et au moment o&#249; le train d'atterrissage s'arrache enfin au bitume de Goma, une chose est s&#251;re : t&#244;t ou tard, nous reviendrons. Ici, m&#234;me apr&#232;s le Covid-19, nous aurons du travail encore pour longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte &amp; photo Alexis Huguet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le paludisme en force ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au niveau continental, les restrictions de circulation et autres perturbations li&#233;es &#224; la lutte contre le Covid-19 inqui&#232;tent l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS). Dans une &#233;tude publi&#233;e fin avril, elle envisage neuf sc&#233;narios dans lesquels l'acc&#232;s aux outils fondamentaux de lutte contre le paludisme serait perturb&#233; dans 41 pays pendant la pand&#233;mie. &#171; &lt;i&gt;Dans le pire de ces sc&#233;narios, qui pr&#233;voit la suspension de toutes les campagnes de distribution de moustiquaires impr&#233;gn&#233;es d'insecticide et un recul de 75 % de l'acc&#232;s aux antipalud&#233;ens efficaces, on compterait, selon les estimations, 769 000 d&#233;c&#232;s dus au paludisme en Afrique subsaharienne pour 2020, soit deux fois plus que les chiffres de 2018 dans la r&#233;gion. Cela reviendrait &#224; retrouver des taux de mortalit&#233; due au paludisme jamais vus depuis vingt ans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vaccins : l'Afrique n'est pas une &#171; terre de cobayes &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; avril dernier, deux pontes de la m&#233;decine sont en direct sur le plateau de LCI. Ils y discutent en toute d&#233;contraction des recherches sur l'utilisation du vaccin contre la tuberculose (BCG) pour pr&#233;venir la propagation du Covid-19. Et patatras ! Sans m&#234;me s'en rendre compte, Jean-Paul Mira, chef du service de r&#233;animation &#224; l'h&#244;pital Cochin &#8211; &#224; Paris &#8211; lance un Scud &#224; la face des Africains : &#171; &lt;i&gt;Si je peux &#234;tre provocateur, est-ce qu'on ne devrait pas faire cette &#233;tude en Afrique, o&#249; il n'y a pas de masques, pas de traitement, pas de r&#233;animation, un peu comme c'est fait d'ailleurs sur certaines &#233;tudes avec le sida, ou chez les prostitu&#233;es : on essaie des choses parce qu'on sait qu'elles sont hautement expos&#233;es. Qu'est-ce que vous en pensez&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Et Camille Locht, directeur de recherche &#224; l'Inserm (Institut national de la sant&#233; et de la recherche m&#233;dicale) de r&#233;pondre tranquillement : &#171; &lt;i&gt;Vous avez raison. D'ailleurs, on est en train de r&#233;fl&#233;chir en parall&#232;le &#224; une &#233;tude en Afrique avec le m&#234;me type d'approches. &#199;a n'emp&#234;che pas qu'on puisse r&#233;fl&#233;chir en parall&#232;le &#224; une &#233;tude en Europe et en Australie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence compl&#232;te dure moins de deux minutes, mais de Rabat &#224; Capetown, c'est un continent entier qui se l&#232;ve contre les mots de Jean-Paul Mira, qui sonnent comme des relents naus&#233;eux de l'&#232;re coloniale. Sur les r&#233;seaux sociaux, des dizaines de milliers de citoyens, des stars de la musique et du foot et quelques hommes politiques africains hurlent leur rage de se sentir rel&#233;gu&#233;s au rang de rats de laboratoire. Macky Sall, le pr&#233;sident du S&#233;n&#233;gal, d&#233;clare par exemple que l'Afrique &#171; &lt;i&gt;n'est pas un &lt;/i&gt;no man's land&lt;i&gt;. Elle ne saurait, non plus, s'offrir comme terre de cobayes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la violence symbolique de tels propos, on peut s'inqui&#233;ter de leur effet sur l'acceptation sociale de la vaccination de mani&#232;re globale. Mi-mai, Radio France International rapportait que les autorit&#233;s s&#233;n&#233;galaises notaient une baisse de fr&#233;quentation des centres de vaccination : &#171; &lt;i&gt;Certains parents ne veulent plus faire vacciner leurs enfants contre la rougeole, la poliomy&#233;lite ou encore la tuberculose. Ils expliquent vouloir refuser le test sur leurs enfants d'un suppos&#233; vaccin contre le Covid-19 par des m&#233;decins europ&#233;ens.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/france/2020/04/01/une-commande-francaise-de-masques-detournee-vers-les-etats-unis-sur-un-tarmac-chinois_1783805&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une commande fran&#231;aise de masques d&#233;tourn&#233;e vers les &#201;tats-Unis sur un tarmac chinois&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (01/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon la Banque mondiale, le revenu national brut par habitant en RDC est de 490 dollars par an.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un virus et un squat</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Justine Partouche</dc:creator>


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&lt;p&gt;On vous en parlait le mois dernier : au squat Bugatti, dans la p&#233;riph&#233;rie de Strasbourg, la crise sanitaire a rendu la vie des habitant&#183;es encore plus pr&#233;caire. Depuis, le virus a fait un mort. &#171; Ici tout le monde tousse, confiait fin mars un habitant. Mais c'est la saison des allergies, non ? &#187; &#192; l'&#233;poque d&#233;j&#224;, la maladie planait autour du squat Bugatti et de ses quelque 200 r&#233;sident&#183;es &#8211; des exil&#233;&#183;es en majorit&#233;. Un mois plus tard, le bilan est s&#233;v&#232;re : de nombreux cas de coronavirus, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On vous en parlait le mois dernier&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Squat Bugatti : chronique d'un d&#233;sastre sanitaire annonc&#233; &#187;, CQFD n&#176; 186 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : au squat Bugatti, dans la p&#233;riph&#233;rie de Strasbourg, la crise sanitaire a rendu la vie des habitant&#183;es encore plus pr&#233;caire. Depuis, le virus a fait un mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ici tout le monde tousse&lt;/i&gt;, confiait fin mars un habitant. &lt;i&gt;Mais c'est la saison des allergies, non ?&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'&#233;poque d&#233;j&#224;, la maladie planait autour du squat Bugatti et de ses quelque 200 r&#233;sident&#183;es &#8211; des exil&#233;&#183;es en majorit&#233;. Un mois plus tard, le bilan est s&#233;v&#232;re : de nombreux cas de coronavirus, plusieurs personnes hospitalis&#233;es et un d&#233;c&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin mars, une douzaine de personnes vuln&#233;rables avaient &#233;t&#233; test&#233;es positives et transf&#233;r&#233;es vers un &#171; centre de desserrement &#187;, structure o&#249; sont accueillies des patient&#183;es sans logement, afin d'assurer leur isolement et leur suivi m&#233;dical. Un mois apr&#232;s, la plupart de ces malades, d&#233;sormais gu&#233;ris, sont revenus. Consid&#233;r&#233;es comme n'&#233;tant pas &#171; &#224; risque &#187;, d'autres personnes n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;pist&#233;es mais ont ensuite pr&#233;sent&#233; des sympt&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, un p&#232;re de famille, contamin&#233;, est mort &#224; l'h&#244;pital. &#171; &lt;i&gt;Que peut-on faire pour sa femme et ses neuf enfants&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;meut un r&#233;sident. Une centaine d'habitant&#183;es du squat, dont la famille de l'homme d&#233;c&#233;d&#233;, ont &#233;t&#233; provisoirement relog&#233;&#183;es dans des h&#244;tels. Bien que les chambres soient partag&#233;es par deux, trois, voire quatre personnes, ces relogements repr&#233;sentent une am&#233;lioration certaine pour les ancien&#183;nes r&#233;sident&#183;es du squat. L'un glisse m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;Je sais que c'est pas bien de dire &#231;a, mais j'esp&#232;re que &#231;a va durer&#8230;&lt;/i&gt; &#187; L'apr&#232;s-confinement reste incertain. Faudra-t-il retourner au squat ? Le pourra-t-on seulement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une soixantaine d'hommes seuls vivent encore sur place. Le SIAO (Service int&#233;gr&#233; de l'accueil et de l'orientation d&#233;partemental, dont d&#233;pend le 115) leur fournit des colis alimentaires et des tickets pour se procurer des produits d'hygi&#232;ne. R&#233;cemment, une distribution s'est sold&#233;e par une bagarre. Des associations apportent parfois des repas. La mairie a fourni des douches, des toilettes s&#232;ches et des points d'eau &#224; l'ext&#233;rieur. Mais les conditions de vie sur place n'ont pas fondamentalement &#233;volu&#233;. Sur le seuil du lieu, je parle avec un r&#233;sident. On regarde le squat de l'ext&#233;rieur : &#171; &lt;i&gt;Ici, c'est toujours difficile. C'est flagrant, non&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Justine Partouche&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Squat-Bugatti-chronique-d-un' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Squat Bugatti : chronique d'un d&#233;sastre sanitaire annonc&#233;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 186 (avril 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>CQFD en PDF &#224; prix libre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/CQFD-en-PDF-a-prix-libre</link>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;Impossible d'aller chercher le dernier CQFD en kiosque ? Ce mois-ci encore, vous pouvez exceptionnellement l'acheter &#224; prix libre en PDF. &#201;crivez-nous &#224; cqfdenpdf@protonmail.com et on vous l'envoie par mail avec un lien vers notre cagnotte en ligne. Confinement ou non, CQFD est disponible un peu partout en France. Pour retrouver les points de vente &#224; c&#244;t&#233; de chez vous, cliquez ici. Cela dit, si vous ne pouvez/souhaitez pas vous d&#233;placer mais que vous avez quand m&#234;me envie de lire le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chien-Rouge" rel="tag"&gt;Chien Rouge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cliquez-ici" rel="tag"&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity-2134" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cliquez" rel="tag"&gt;cliquez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dernier-CQFD" rel="tag"&gt;dernier CQFD&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Impossible d'aller chercher le dernier CQFD en kiosque ? Ce mois-ci encore, vous pouvez exceptionnellement l'acheter &#224; prix libre en PDF. &#201;crivez-nous &#224; cqfdenpdf@protonmail.com et on vous l'envoie par mail avec un lien vers notre cagnotte en ligne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1914 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-207.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH846/-207-22b43.jpg?1782643873' width='500' height='846' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Confinement ou non, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est disponible un peu partout en France. Pour retrouver les points de vente &#224; c&#244;t&#233; de chez vous, &lt;a href=&#034;http://web2store.mlp.fr/produit.aspx?edi_code=H0o7caSytkE%3d&amp;tit_code=UCrTkuIne3o%3d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, si vous ne pouvez/souhaitez pas vous d&#233;placer mais que vous avez quand m&#234;me envie de lire le dernier &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, vous pouvez exceptionnellement vous le procurer &#224; prix libre au format PDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit pour cela d'&#233;crire &#224; l'adresse &lt;strong&gt;cqfdenpdf@protonmail.com&lt;/strong&gt;. Nous vous enverrons le journal par retour de courriel avec un lien pour verser votre don &#233;ventuel sur notre &lt;a href=&#034;https://www.helloasso.com/associations/cqfd/evenements/abonnements-et-micro-boutique-de-cqfd&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cagnotte en ligne&lt;/a&gt; HelloAsso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon courage &#224; toutes et &#224; tous pour les semaines &#224; venir,&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quipe du Chien Rouge&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3335 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH255/-1527-d611a.jpg?1782641374' width='180' height='255' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;187 de CQFD, illustr&#233;e par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; nouveau est sorti le 30 avril. Titr&#233; &#171; Sous le Covid, la rage &#187;, il sera en kiosque jusqu'au 4 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en d&#233;couvrir le sommaire, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no187' class=&#034;spip_in&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Squat Bugatti : chronique d'un d&#233;sastre sanitaire annonc&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Squat-Bugatti-chronique-d-un</link>
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		<dc:date>2020-04-05T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Justine Partouche</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>ici</dc:subject>
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		<dc:subject>L'h&#244;pital</dc:subject>
		<dc:subject>squat Bugatti</dc:subject>
		<dc:subject>squat</dc:subject>
		<dc:subject>commune d'Eckbolsheim</dc:subject>
		<dc:subject>Bugatti</dc:subject>
		<dc:subject>rue Ettore-Bugatti</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vivre &#224; 200 en squat, avec une cuisine, deux &#233;viers, trois douches et quelques toilettes, &#231;a se passe comment ? Mal. Par temps de contagion et de confinement, c'est encore pire. &#192; Bugatti, squat de l'agglom&#233;ration strasbourgeoise accueillant une majorit&#233; d'exil&#233;&#183;es, au moins quatorze habitant&#183;es ont &#233;t&#233; atteint&#183;es par le coronavirus&#8230; Depuis septembre 2019, au n&#176;1 de la rue Ettore-Bugatti, dans la commune d'Eckbolsheim, &#224; l'ouest de Strasbourg, un ancien immeuble de bureaux est occup&#233;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-hopital" rel="tag"&gt;L'h&#244;pital&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vivre &#224; 200 en squat, avec une cuisine, deux &#233;viers, trois douches et quelques toilettes, &#231;a se passe comment ? Mal. Par temps de contagion et de confinement, c'est encore pire. &#192; Bugatti, squat de l'agglom&#233;ration strasbourgeoise accueillant une majorit&#233; d'exil&#233;&#183;es, au moins quatorze habitant&#183;es ont &#233;t&#233; atteint&#183;es par le coronavirus&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;epuis septembre 2019, au n&#176;1 de la rue Ettore-Bugatti, dans la commune d'Eckbolsheim, &#224; l'ouest de Strasbourg, un ancien immeuble de bureaux est occup&#233;. C'est le squat Bugatti : deux &#233;tages, un rez-de-chauss&#233;e et un sous-sol appartenant &#224; Lidl, au milieu de la zone d'activit&#233;. Longtemps, il n'y a pas eu de douche. Les quelques toilettes sont surutilis&#233;es et les canalisations fuient &#224; tout bout de champ. Dans la cuisine partag&#233;e, les familles se succ&#232;dent autour des gazini&#232;res. Au d&#233;but du confinement, pr&#232;s de 200 personnes, pour la plupart migrantes, habitaient l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au squat Bugatti, &lt;/strong&gt;les bureaux ont &#233;t&#233; reconvertis en chambres partag&#233;es, les &lt;i&gt;open-spaces &lt;/i&gt;divis&#233;s par des b&#226;ches en plastique scotch&#233;es en guise de cloisons. De temps en temps, une famille demandeuse d'asile est relog&#233;e ailleurs, laissant sa place &#224; la suivante, dans des conditions sanitaires d&#233;plorables. G&#233;n&#233;ralement, les hommes seuls restent plus longtemps ; nombre d'entre eux sont ici depuis l'ouverture.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une premi&#232;re contamination&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re semaine de confinement&lt;/strong&gt;. Une habitante, &#226;g&#233;e de 58 ans, se rend &#224; l'h&#244;pital. Deux fois. Elle pr&#233;sente des sympt&#244;mes du Covid-19. Deux fois, on la ram&#232;ne &#171; chez elle &#187;, sans la tester. Elle risque de contaminer 200 personnes mais, apr&#232;s tout, M&#233;decins du Monde a livr&#233; des masques chirurgicaux, des gants et du gel... Sur place, &#231;a fait depuis le d&#233;but de la semaine qu'on entend parler de relogement. Une liste de 49 personnes est &#233;tablie pour &#233;vacuer en premier lieu les plus vuln&#233;rables. Samedi 21 mars, &#224; l'H&#244;tel de la rue, un autre squat de l'agglom&#233;ration strasbourgeoise, 41 personnes sont ainsi dirig&#233;es vers un h&#244;tel pour trois mois. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Bugatti&lt;/strong&gt;, mise &#224; part l'inqui&#233;tude qui monte doucement, tout continue comme avant. &#171; &lt;i&gt;Nous, on est l&#224; &#187;&lt;/i&gt;, me dit jour apr&#232;s jour au t&#233;l&#233;phone un habitant. Dimanche 22, tout s'acc&#233;l&#232;re. La femme malade au cours de la semaine est finalement hospitalis&#233;e &#224; l'h&#244;pital de Hautepierre dans un &#233;tat grave, reconnue positive au Covid-19. Le Samu fait le choix de laisser sur place un homme &#226;g&#233; et fi&#233;vreux, par ailleurs atteint d'un cancer. Le m&#234;me jour encore, un jeune homme, test&#233; positif, est admis &#224; l'h&#244;pital &#224; la suite d'un malaise. Le lendemain, lundi 23, ses sympt&#244;mes ne n&#233;cessitent plus qu'il reste hospitalis&#233;. L'h&#244;pital demande &#224; pouvoir le reconduire &#224; Bugatti. M&#233;decins du Monde interc&#232;de : il restera &#224; l'h&#244;pital. Mais mercredi 25, une ambulance ram&#232;ne finalement le jeune homme au squat. Son retour fait scandale. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera finalement transf&#233;r&#233;&lt;/strong&gt; dans un autre lieu : l'Epide, un b&#226;timent situ&#233; dans le quartier de Neuhof, au sud de Strasbourg, dont la r&#233;quisition a &#233;t&#233; annonc&#233;e la veille par la pr&#233;fecture. Ce centre est pr&#233;vu pour des malades sans gravit&#233; qui ne vivent pas dans des conditions permettant d'&#233;viter la contagion. L'espace doit pouvoir accueillir 50 patient&#183;es, suivi&#183;es m&#233;dicalement sur place. Au 26 mars, douze r&#233;sident&#183;es du squat y avaient &#233;t&#233; admis&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ici, tout le monde tousse &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les 24, 25 et 26 mars&lt;/strong&gt;, une op&#233;ration men&#233;e par M&#233;decins du Monde et l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; se d&#233;roule avec l'aide des pompiers sous des tentes devant le squat Bugatti. Les r&#233;sident&#183;es sont examin&#233;&#183;es &#224; tour de r&#244;le. Des toilettes s&#232;ches et des points d'eau sont install&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur, ainsi que des douches &#224; l'int&#233;rieur, en plus des trois que comptait jusqu'alors le b&#226;timent. Mieux vaut tard que jamais ? &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aura fallu attendre&lt;/strong&gt; le 25 mars, et plusieurs autres hospitalisations, pour que des possibilit&#233;s de relogements surgissent. Deux jours plus tard, le b&#226;timent n'accueille plus qu'une cinquantaine de personnes, dont une majorit&#233; a demand&#233; &#224; &#234;tre relog&#233;e. Une partie des ancien&#183;nes r&#233;sident&#183;es sont accueilli&#183;es non loin de l&#224;, &#224; l'h&#244;tel des Colonnes. La Banque alimentaire les approvisionne, mais comme il n'est pas possible de cuisiner sur place, les gens se retrouvent en journ&#233;e autour des gazini&#232;res du squat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les relog&#233;&#183;es&lt;/strong&gt; que j'ai pu contacter sont satisfait&#183;es d'avoir pu quitter le squat et ses innombrables dysfonctionnements. Mais en ce qui concerne la contamination, difficile de savoir si de nouveaux cas ne se d&#233;clareront pas &#8211; dans le squat comme dans les h&#244;tels. Parmi les cas confirm&#233;s, l'un est un p&#232;re de famille nombreuse. Le lendemain de son hospitalisation, sa femme et ses enfants vivaient encore au squat. Le 27 mars, un de mes interlocuteurs, h&#233;berg&#233; &#224; l'h&#244;tel des Colonnes, rapportait : &#171; &lt;i&gt;Ici, tout le monde tousse. Mais c'est la saison des allergies, non ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'adviendra-t-il apr&#232;s le confinement ?&lt;/strong&gt; Tous et toutes sont maintenu&#183;es dans le plus grand flou. Les personnes relog&#233;es &#224; l'h&#244;tel ne savent pas combien de temps durera leur h&#233;bergement, ni ce qui les attend, notamment les sans-papiers. Au final, les relogements auront peut-&#234;tre camoufl&#233; une expulsion discr&#232;te mais efficace du squat Bugatti.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Justine Partouche&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Les Mcdo &#187; de Saint-Barth' : une lutte de quartier(s)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-Mcdo-de-Saint-Barth-une-lutte</link>
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		<dc:date>2020-01-16T23:15:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>ici</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>McDo</dc:subject>
		<dc:subject>New York</dc:subject>
		<dc:subject>d'en sortir</dc:subject>
		<dc:subject>peine engag&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>envie d'en</dc:subject>
		<dc:subject>McDo France</dc:subject>
		<dc:subject>Horizon born&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la d&#233;fense de 77 emplois dans l'univers impitoyable de la malbouffe, ce qui se joue autour du McDonald's de Saint-Barth&#233;lemy, dans les quartiers Nord de Marseille, concerne une zone urbaine souffrant de s&#233;v&#232;re s&#233;gr&#233;gation territoriale. Une &#233;quipe solidaire, en lien avec les cit&#233;s environnantes, y fait vivre une culture ouvri&#232;re bien ancr&#233;e dans le paysage. &#192; peine engag&#233;s sur le rond-point, on a d&#233;j&#224; envie d'en sortir. Glissi&#232;res de b&#233;ton, terre-plein central encombr&#233; de gravats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-56" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/McDo" rel="tag"&gt;McDo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/New-York" rel="tag"&gt;New York&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-en-sortir" rel="tag"&gt;d'en sortir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peine-engages" rel="tag"&gt;peine engag&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/envie-d-en" rel="tag"&gt;envie d'en&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/McDo-France" rel="tag"&gt;McDo France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Horizon-borne" rel="tag"&gt;Horizon born&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au-del&#224; de la d&#233;fense de 77 emplois dans l'univers impitoyable de la malbouffe, ce qui se joue autour du McDonald's de Saint-Barth&#233;lemy, dans les quartiers Nord de Marseille, concerne une zone urbaine souffrant de s&#233;v&#232;re s&#233;gr&#233;gation territoriale. Une &#233;quipe solidaire, en lien avec les cit&#233;s environnantes, y fait vivre une culture ouvri&#232;re bien ancr&#233;e dans le paysage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1384-ea694.jpg?1782672703' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#192;&lt;/span&gt; peine engag&#233;s sur le rond-point, on a d&#233;j&#224; envie d'en sortir. Glissi&#232;res de b&#233;ton, terre-plein central encombr&#233; de gravats et autres rebuts du chantier de la voie rapide L2&#8230; Horizon born&#233; par des tours et des barres &#224; la r&#233;putation sulfureuse. Un territoire inhospitalier, sous forte pression immobili&#232;re. Difficile d'imaginer que jusque dans les ann&#233;es 1960, s'&#233;tendaient ici des &#171; campagnes &#187;, un d&#233;dale de chemins ruraux, de terres mara&#238;ch&#232;res, de cabanons&#8230; et le plus vaste bidonville de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seb range sa BMW sur le parking flanquant la chaotique rotonde. On a rendez-vous avec &#171; les McDo &#187;. Ces derniers temps, on les a vus partout : pendant les jours de col&#232;re qui ont embras&#233; la ville apr&#232;s les effondrements d'immeubles du 5 novembre 2018, sur les piquets des Gilets jaunes, avec les sinistr&#233;s de l'incendie de Maison-Blanche&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La cit&#233; qui fait des &#233;tincelles &#187;, CQFD n&#176; 180 (octobre 2019).&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, dans la manif pour Steve Maia Cani&#231;o&#8230; &#199;a saute tout de suite aux yeux : le combat ici n'est pas que syndical. Outre l'emploi, on d&#233;fend un espace de convivialit&#233; et de r&#233;sistance aussi improbable que peut l'&#234;tre un fast-food, tout comme la voisine galerie marchande du Merlan&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Gr&#232;ve de ouf au Carrefour du Merlan &#187; (CQFD n&#176; 17, novembre 2004) et &#171; Au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Ou&#8230; un rond-point.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des avantages sociaux rarissimes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On croise d'abord Sophie *, qui vaque en terrasse. Les jeunes du coin l'appellent &#171; maman &#187;. Cette Eurasienne vive et menue travaille ici depuis l'ouverture, en 1992. Rarissime chez McDo. Voil&#224; pourquoi, depuis deux ans, cet endroit atypique, o&#249; les employ&#233;s ont obtenu des avantages sociaux inconnus ailleurs (CDI, treizi&#232;me mois contractualis&#233;&#8230; autant dire la lune), est en butte &#224; la malveillance conjointe de la multinationale et de deux franchis&#233;s. L'enjeu inavou&#233; est de se d&#233;barrasser de ce mauvais exemple pour la bonne marche d'une industrie bas&#233;e sur un radical &lt;i&gt;turn over&lt;/i&gt; de la client&#232;le et des travailleurs. Militant Sud et porte-parole de l'intersyndicale McDo des Bouches-du-Rh&#244;ne, Tony Rodriguez en sourit encore : &#171; &lt;i&gt;L'autre jour, un copain de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne me chambrait : &#8220;Nous, un McDo, on le d&#233;monte. Et vous, vous le d&#233;fendez&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la cha&#238;ne US, l'affaire de Saint-Barth&#233;lemy n'est pas un mince probl&#232;me : le march&#233; fran&#231;ais est le plus juteux au monde apr&#232;s les &#201;tats-Unis&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les nouvelles recettes de McDonald's France &#187;, site du journal Les &#201;chos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Les groupements d'enseignes franchis&#233;es se gavent tellement que le sous-directeur de McDonald's France s'est r&#233;cemment mis &#224; son compte, r&#234;vant d'une &lt;i&gt;success story&lt;/i&gt; de franchiseur franchis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la pause. Malik * s'assoit avec un plateau-repas. &#171; &lt;i&gt;Ex-gal&#233;rien des cages d'escalier&lt;/i&gt; &#187;, il fait ici sa premi&#232;re exp&#233;rience du monde du travail : &#171; &lt;i&gt;Je gagne moins, mais on se serre les coudes, et ma m&#232;re dort tranquille.&lt;/i&gt; &#187; In&#232;s *, m&#232;re c&#233;libataire venue du Var il y a dix-sept ans : &#171; &lt;i&gt;J'ai refait ma vie ici, j'habite &#224; c&#244;t&#233;, mes coll&#232;gues de boulot sont devenus des amis. Si je perds &#231;a, je devrai repartir de z&#233;ro.&lt;/i&gt; &#187; En mai dernier, les McDo ont organis&#233; une f&#234;te avec des Gilets jaunes. Des gosses d'une cit&#233; voisine ont dans&#233; et slam&#233; devant le comptoir orn&#233; de T-shirts o&#249; on lisait &#171; &lt;i&gt;Non &#224; la discrimination sociale&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Justice pour Adama &#8211; Pas de justice pas de paix&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les McDo &#187; de Marseille sont mondialement connus. &lt;i&gt;Le New York Times&lt;/i&gt; a fait sa une de leur histoire et ils ont re&#231;u le soutien de coll&#232;gues d'un peu partout dans l'Hexagone, mais aussi des &#201;tats-Unis. McDo France parano&#239;e : apr&#232;s une tentative d'occupation, le si&#232;ge r&#233;gional d'Aix-en-Provence a &#233;t&#233; ferm&#233; pendant dix mois et le personnel somm&#233; de travailler &#224; domicile&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Canard encha&#238;n&#233; (31/07/2019).&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Faillite organis&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Reprenons la gen&#232;se de l'histoire. D&#233;but 2018, le franchis&#233; Jean-Pierre Brochiero, &#224; la t&#234;te de six McDo, en c&#232;de cinq au franchis&#233; Mohamed Abassi qui, avec ses m&#233;thodes muscl&#233;es, va maintenant g&#233;rer 14 &#233;tablissements sur Marseille et ses environs. Et le sixi&#232;me ? Saint-Barth&#233;lemy est d&#233;tach&#233; du lot. Un repreneur (le p&#232;re d'un associ&#233; d'Abassi) se d&#233;clare, avec un projet de reconversion en fast food asiatique hallal, &#171; Halifood &#187;. Il s'agit en fait de pr&#233;parer la mise &#224; la rue d'une &#233;quipe trop soud&#233;e. Et d'&#233;carter un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical remuant, Kamel Guemari, embauch&#233; ici &#224; l'&#226;ge de 16 ans, et d&#233;sormais sous-directeur. L'inspection du travail refuse son licenciement le 25 juillet 2019. Quelques jours plus tard, &#224; l'entr&#233;e du parking, une voiture fonce sur Kamel, le ratant de peu, puis dispara&#238;t dans un crissement de pneus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2018, le tribunal de grande instance de Marseille avait barr&#233; la voie &#224; Halifood : projet inconsistant, manque de capital&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; &#199;a s'est pass&#233; comme &#231;a chez McDonald's&#8230; &#187;, CQFD n&#176;169 (octobre 2018).&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Kamel s'agace : &#171; &lt;i&gt;Hali-foutaise, oui&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Ils voulaient nous ghetto&#239;ser. C'est &#224; cause de nos gueules. De nos barbes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Regarde les &#233;quipiers. Et la client&#232;le : il y en a de toutes les couleurs. Des &#233;l&#232;ves infirmi&#232;res, des lyc&#233;ens, des mamans avec leur smala, et m&#234;me des flics du commissariat d'&#224; c&#244;t&#233;. Ici, on se respecte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance familiale devant et derri&#232;re le comptoir tranche avec le stress anonyme d'un fast food &#171; normal &#187;, o&#249; l'employ&#233; comme le client subissent la cadence m&#233;canique d'une non-vie hyper-rentabilis&#233;e. L&#224;, on croit plonger dans une sc&#232;ne de &lt;i&gt;Brooklyn Boogie&lt;/i&gt;, de Wayne Wang et Paul Auster (1995). Et, comme dans le film culte, des vis&#233;es sp&#233;culatives menacent le lien social : la valeur fonci&#232;re, dans une zone en plein chamboulement, va faire la culbute. Jouxtant le parking, un terrain vague attend l'implantation prochaine d'un laboratoire de recherche scientifique. McDo France, propri&#233;taire des murs et du sol, entend maximiser son investissement initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, on creuse artificiellement le d&#233;ficit : l'&#233;tablissement Saint-Barth&#233;lemy, seul sur un secteur de 160 000 habitants (les 13&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 14&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements, gouvern&#233;s par le RN depuis 2014), n'appara&#238;t plus sur l'appli McDo. Les livraisons &#224; domicile, m&#234;me command&#233;es depuis une cit&#233; voisine (&#171; &lt;i&gt;On a fait le test&lt;/i&gt; &#187;), sont aiguill&#233;es vers l'enseigne de la Blancarde, &#224; plusieurs kilom&#232;tres de l&#224;. Le mobilier n'a pas &#233;t&#233; chang&#233; depuis des lustres. Le service en salle est n&#233;glig&#233; par le patron, qui maintient l'&#233;quipe en sous-effectif. Par contre, quatre vigiles sont grassement pay&#233;s &#224; temps plein pour surveiller les lieux et&#8230; les employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 septembre 2019, Jean-Pierre Brochiero a sollicit&#233; une proc&#233;dure de sauvegarde pour ce McDo qui lui colle au doigt comme le sparadrap du capitaine Haddock. Le 2 octobre, le tribunal de commerce a nomm&#233; une administratrice parisienne &#8211; les salari&#233;s ayant demand&#233; un d&#233;paysement. Leur avocat, Ralph Blindauer, d&#233;nonce une &#171; &lt;i&gt;faillite organis&#233;e&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Le franchis&#233; veut que le tribunal fasse le sale boulot &#224; sa place&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare-t-il au site d'info &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marsactu&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. En face, on a &#171; &lt;i&gt;un mouvement social fait de fraternit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, affirme-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il &#233;tait &#233;tudiant, Salim a boss&#233; au McDo Saint-Barth&#233;lemy. Aujourd'hui prof au lyc&#233;e Diderot et militant du Syndicat des quartiers populaires, il accompagne ses ex-coll&#232;gues. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi vous montez pas une Scop, comme les Fralibs&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;sistant &#224; une d&#233;localisation impos&#233;e par le groupe Unilever, les employ&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;i&gt; ? un &#8220;Mac-Quartiers&#8221; fabriqu&#233; avec des produits locaux, &#231;a casserait la baraque. Imagine le buzz : &lt;/i&gt;le New York Times &lt;i&gt;en ferait une &#233;dition sp&#233;ciale, s&#251;r&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; On en a d&#233;j&#224; l'eau &#224; la bouche.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire sur le m&#234;me sujet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ca-s-est-passe-comme-ca-chez' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#199;a s'est pass&#233; comme &#231;a chez McDonald's&#8230;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;169 (octobre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-McDo-de-Marseille-touches-mais' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#8220;Les McDo&#8221; de Marseille : touch&#233;s mais pas coul&#233;s&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;183 (janvier 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-cite-qui-fait-des-etincelles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La cit&#233; qui fait des &#233;tincelles&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 180 (octobre 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Greve-de-ouf-au-Carrefour-du' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Gr&#232;ve de ouf au Carrefour du Merlan&lt;/a&gt; &#187; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 17, novembre 2004) et &#171; Au Carrefour des f&#233;odalit&#233;s &#187; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 23, mai 2005) sur la mobilisation des quartiers en soutien &#224; Momo, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical emprisonn&#233; sur faux t&#233;moignage d'un vigile. La CGT de ce m&#234;me supermarch&#233; marseillais a r&#233;cemment assign&#233; Carrefour en justice pour avoir encaiss&#233; le CICE (Cr&#233;dit d'imp&#244;t pour la comp&#233;titivit&#233; et l'emploi) tout en d&#233;truisant des emplois. Le tribunal de Marseille rendra sa d&#233;cision le 21 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/les-nouvelles-recettes-de-mcdonalds-france-1026805&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les nouvelles recettes de McDonald's France&lt;/a&gt; &#187;, site du journal &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; (05/06/2019). On apprend dans cet article que le volume d'affaires des enseignes McDonald's s'est &#233;lev&#233; en 2018 &#224; 5,1 milliards d'euros dans l'Hexagone, berceau de la &#171; grande cuisine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; (31/07/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ca-s-est-passe-comme-ca-chez' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#199;a s'est pass&#233; comme &#231;a chez McDonald's&#8230;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;169 (octobre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;sistant &#224; une d&#233;localisation impos&#233;e par le groupe Unilever, les employ&#233;s de l'usine de conditionnement de th&#233; Fralib, &#224; G&#233;menos, pr&#232;s de Marseille, se sont mis &#224; leur compte sous la forme d'une soci&#233;t&#233; coop&#233;rative.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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