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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>1982-2002 : la lente agonie d'une illusion</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Deux clefs de lecture permettent de comprendre les m&#233;saventures des socialos au pouvoir sur les trois d&#233;cennies &#233;coul&#233;es. D'abord celle fournie par Jean Poperen, num&#233;ro deux du PS de 1981 &#224; 1987 : &#171; Nous ne sommes pas devenus sociaux-d&#233;mocrates, nous l'avons toujours &#233;t&#233;. &#187; Ensuite celle tir&#233;e de l'analyse historique du PS autour de la notion de &#171; n&#233;o-molletisme &#187; : &#171; &#192; gauche toute pour les discours de congr&#232;s, &#224; droite toute d&#232;s qu'il s'agit de passer aux choses s&#233;rieuses. &#187; On pourrait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2285 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH413/-558-1dd0c.jpg?1782641382' width='400' height='413' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Berth.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux clefs de lecture permettent de comprendre les m&#233;saventures des socialos au pouvoir sur les trois d&#233;cennies &#233;coul&#233;es. D'abord celle fournie par Jean Poperen, num&#233;ro deux du PS de 1981 &#224; 1987 : &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas devenus sociaux-d&#233;mocrates, nous l'avons toujours &#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Ensuite celle tir&#233;e de l'analyse historique du PS autour de la notion de &#171; &lt;i&gt;n&#233;o-molletisme&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De 1946 &#224; 1969, Guy Mollet a &#233;t&#233; l'inamovible dirigeant de la SFIO, anc&#234;tre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;&#192; gauche toute pour les discours de congr&#232;s, &#224; droite toute d&#232;s qu'il s'agit de passer aux choses s&#233;rieuses.&lt;/i&gt; &#187; On pourrait sugg&#233;rer une troisi&#232;me cl&#233; qui serait l'insatiable d&#233;sir de toute puissance d'un Fran&#231;ois Mitterrand se coulant &#224; merveille dans le costume pr&#233;sidentiel de la V e R&#233;publique entre 1981 et 1995. C'est donc le compromis avec le capitalisme qui finira toujours par l'emporter sur la rupture&#8230; jusqu'&#224; la rupture social-lib&#233;rale de Fran&#231;ois Hollande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; &lt;i&gt;socle du changement&lt;/i&gt; &#187; &#224; peine pos&#233; apr&#232;s la premi&#232;re victoire de Mitterrand aux pr&#233;sidentielles &#8211; relance &#233;conomique par l'augmentation des salaires, r&#233;duction du temps de travail &#224; 39 heures, nationalisation de onze groupes industriels et trente-six banques, retraite &#224; 60 ans, cinqui&#232;me semaine de cong&#233;s pay&#233;s&#8230; &#8211; le gouvernement Mauroy embraye sur le fameux tournant de la &#171; &lt;i&gt;rigueur&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;cid&#233; en petit comit&#233; autour du monarque r&#233;publicain, ce revirement se traduit par une adaptation de la politique &#233;conomique aux contraintes de l'environnement europ&#233;en et mondial. Ses r&#233;sultats se font sentir lorsque Fabius arrive aux affaires apr&#232;s la d&#233;mission de Mauroy en 1984 : hausse des revenus du patrimoine, baisse du salaire r&#233;el et flamb&#233;e du ch&#244;mage. La &#171; &lt;i&gt;conversion&lt;/i&gt; &#187; mitterrandienne au culte de l'entreprise et &#224; la figure h&#233;ro&#239;que de l'entrepreneur est relay&#233;e par des cr&#233;atures comme Yves Montand, animateur de l'&#233;mission &#171; Vive la Crise &#187; en 1984, et le bient&#244;t in&#233;vitable Bernard Tapie. L'instauration du scrutin proportionnel aux l&#233;gislatives de 1986 pour jouer le FN contre la droite sera une fourberie de plus. Le compromis se vautre d&#233;j&#224; dans la compromission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ternel rival de Mitterrand, Rocard occupe le poste de Premier ministre de 1988 &#224; 1991 et amorce une strat&#233;gie d'ouverture au centre-droit. Un moment tent&#233; par une candidature contre le pr&#233;sident, il a os&#233; une affiche avec sa t&#234;te de comptable d&#233;pressif et ce slogan : &#171; &lt;i&gt;Il para&#238;t que je fais trop s&#233;rieux : 2,5 millions de ch&#244;meurs, &#231;a vous fait sourire ?&lt;/i&gt; &#187; De l'arrangement entre les deux hommes, il en sort quelques mesures allant dans le sens du compromis comme la CSG, qui touche aussi les revenus du capital, et le RMI, qui prend acte de la mise &#224; l'&#233;cart d'une part croissante de la population. Il y aura aussi la petite phrase sur l'immigration : &#171; &lt;i&gt;La France ne peut accueillir toute la mis&#232;re du monde.&lt;/i&gt; &#187; Qu'il tentera de compl&#233;ter ult&#233;rieurement : &#171; &lt;i&gt;Mais elle doit en prendre sa part.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 1991, alors que le gouvernement d'&#201;dith Cresson (en remplacement de Rocard &#171; licenci&#233; &#187; par Mitterrand) est d&#233;j&#224; tr&#232;s mal parti, le congr&#232;s de l'Arche de la D&#233;fense prend acte de la chute du mur de Berlin : &#171; &lt;i&gt;Le capitalisme borne d&#233;sormais notre horizon historique.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s deux d&#233;sastres &#233;lectoraux et une victoire &#224; la Pyrrhus au r&#233;f&#233;rendum de Maastricht, le PS, de nouveau dans l'opposition depuis 1993, pr&#233;pare la succession de Mitterrand autour d'un candidat &#224; l'allure de professeur un peu s&#233;v&#232;re : Lionel Jospin. Battu honorablement par Chirac en 1995, il s'attelle &#224; l'inventaire des ann&#233;es mitterrandiennes et en tire comme conclusion qu'il vaut mieux ne rien promettre. Il se tient donc &#224; l'&#233;cart des grandes manifestations de 1995 en affichant la volont&#233; de ne pas &#171; politiser &#187; le mouvement social ! Profitant de la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale d&#233;cid&#233;e par Chirac en 1997, il acc&#232;de au poste de Premier ministre &#224; la t&#234;te d'un gouvernement de gauche plurielle, avec un objectif majeur qu'il confie &#224; Martine Aubry : le passage &#224; la semaine de 35 heures. Mais, peu offensif par rapport aux pressions du Medef, Jospin fait de la r&#233;forme embl&#233;matique de ses cinq ans de gouvernement une usine &#224; gaz juridique au co&#251;t exorbitant en termes d'all&#232;gement de cotisations patronales et de flexibilisation du travail pour un gain de 400 000 emplois cr&#233;&#233;s. Accul&#233; par des plans sociaux &#224; r&#233;p&#233;tition chez Michelin, Danone et Marks&amp;Spencer, tandis que le ch&#244;mage repart &#224; la hausse &#224; partir de 1999, il laissera tomber : &#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat ne peut pas tout.&lt;/i&gt; &#187; Les &#233;lecteurs, en particulier parmi les cat&#233;gories populaires, s'en souviendront en 2002 : le candidat du PS &#233;choue au premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle derri&#232;re le FN.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De 1946 &#224; 1969, Guy Mollet a &#233;t&#233; l'inamovible dirigeant de la SFIO, anc&#234;tre du PS. &lt;i&gt;Histoire du parti socialiste&lt;/i&gt;, Jacques Kergoat, La D&#233;couverte, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Gauche coloniale : Le bon vieux vote des colonies</title>
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		<dc:date>2018-04-04T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;sence fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>Mitterrand</dc:subject>
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		<dc:subject>Dr&#244;le d'oiseau</dc:subject>
		<dc:subject>Balalas</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Cyran</dc:subject>
		<dc:subject>Balalas s'&#233;tait</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'enjeu du vote pied-noir a parfois jet&#233; des passerelles entre parti socialiste et extr&#234;me droite, mais Gaston Defferre, Georges Fr&#234;che et Fran&#231;ois Mitterrand ne sont plus l&#224; pour en t&#233;moigner. Alors, pures man&#339;uvres politiciennes ou vieux fond colonialiste ? Dr&#244;le d'oiseau que ce Th&#233;o Balalas ! Dans le CQFD de juillet 2006, notre camarade Olivier Cyran r&#233;v&#233;lait le parcours politique atypique du pr&#233;sident de la commission des adh&#233;sions de la f&#233;d&#233;ration du PS des Bouches-du-Rh&#244;ne. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/presence-francaise" rel="tag"&gt;pr&#233;sence fran&#231;aise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mitterrand" rel="tag"&gt;Mitterrand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Theo-Balalas" rel="tag"&gt;Th&#233;o Balalas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Drole-d-oiseau" rel="tag"&gt;Dr&#244;le d'oiseau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Balalas" rel="tag"&gt;Balalas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Olivier-Cyran-7344" rel="tag"&gt;Olivier Cyran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Balalas-s-etait" rel="tag"&gt;Balalas s'&#233;tait&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'enjeu du vote pied-noir a parfois jet&#233; des passerelles entre parti socialiste et extr&#234;me droite, mais Gaston Defferre, Georges Fr&#234;che et Fran&#231;ois Mitterrand ne sont plus l&#224; pour en t&#233;moigner. Alors, pures man&#339;uvres politiciennes ou vieux fond colonialiste ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dr&#244;le d'oiseau que ce Th&#233;o Balalas ! Dans le &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; de juillet 2006, notre camarade Olivier Cyran r&#233;v&#233;lait le parcours politique atypique du pr&#233;sident de la commission des adh&#233;sions de la f&#233;d&#233;ration du PS des Bouches-du-Rh&#244;ne. D&#233;sormais 80 ans au compteur, il a toujours souhait&#233; rester un &#171; &lt;i&gt;homme de l'ombre&lt;/i&gt; &#187;&#8230; et pour cause : &#171; &lt;i&gt;Ancien membre de l'OAS, o&#249; il a fait le coup de poing avant de s'exiler quatre ans dans l'Espagne franquiste, Th&#233;o Balalas s'&#233;tait fait conna&#238;tre au d&#233;but des ann&#233;es 1970 en participant &#224; la cr&#233;ation d'Ordre nouveau, un groupuscule &#224; cr&#226;ne ras farci de culottes de peau. En 1972, il &#339;uvre &#224; l'implantation marseillaise d'un tout jeune parti, le Front national, dont il rejoint aussi sec le bureau.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;En 1973, tandis que la propagande d'extr&#234;me droite invite le bon peuple aux ratonnades et que les locaux du FN marseillais sentent encore la peinture fra&#238;che, Balalas fait donc son entr&#233;e au PS, o&#249; il entreprend de draguer les voix&lt;/i&gt; [des pieds-noirs] &lt;i&gt;pour le compte de Gaston.&lt;/i&gt; &#187; Balalas expliquait &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; que &#171; &lt;i&gt;Defferre&lt;/i&gt; [avait] &lt;i&gt;su f&#233;d&#233;rer des personnes de toutes tendances. Il faut avoir des amis partout. Au moins cent mille expatri&#233;s se sont install&#233;s &#224; Marseille, &#231;a fait autant d'&#233;lecteurs&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote des rapatri&#233;s est effectivement, dans certaines r&#233;gions, l'objet de toutes les convoitises, tandis que le mouvement gaulliste s'est grill&#233; pour des lustres aupr&#232;s des Fran&#231;ais d'Alg&#233;rie &#224; cause de sa &#171; trahison &#187; de 1962. Outre le fait qu'il existe ind&#233;niablement une sensibilit&#233; de gauche tr&#232;s ancienne chez le petit peuple pied-noir, les &#233;diles socialistes savent &#233;galement caresser la fibre &#171; Alg&#233;rie fran&#231;aise &#187; la plus radicale. Dans son fief du Languedoc, feu Georges Fr&#234;che promettait la cr&#233;ation d'un mus&#233;e de la Pr&#233;sence fran&#231;aise en Alg&#233;rie, d&#233;clarant : &#171; &lt;i&gt;On va rendre hommage &#224; ce que les Fran&#231;ais ont fait l&#224;-bas&lt;/i&gt;. [&#8230;] &lt;i&gt;Ces imb&#233;ciles d'anticolonisateurs&lt;/i&gt; (sic), &lt;i&gt;ces professeurs d'histoire, ne savent pas de quoi ils parlent.&lt;/i&gt; &#187; Fr&#234;che, convaincu qu'&#224; Montpellier &#171; &lt;i&gt;ce sont les rapatri&#233;s qui font les &#233;lections&lt;/i&gt; &#187;, poussa m&#234;me la d&#233;magogie jusqu'&#224; soutenir l'article de la loi de f&#233;vrier 2005 &#8211; finalement recal&#233;e &#8211; reconnaissant &#171; &lt;i&gt;le r&#244;le positif de la pr&#233;sence fran&#231;aise en Alg&#233;rie&lt;/i&gt; &#187;. En 1973, pour obtenir sa premi&#232;re l&#233;gislature &#224; l'Assembl&#233;e &#8211; alors qu'il obtient 23 % des voix au premier tour derri&#232;re le d&#233;put&#233; RPR sortant Ren&#233; Couveinhes &#224; 36 % &#8211;, Fr&#234;che n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; rencontrer Andr&#233; Troise, le candidat du FN, qui avait fait 5 %, afin de trouver un arrangement pour siphonner le r&#233;servoir de voix des rapatri&#233;s : &#171; &lt;i&gt;J'ai rencontr&#233; une association de pieds-noirs antigaullistes qui ont appel&#233; &#224; voter pour moi. Des voix que j'ai accept&#233;es, sans &#233;tat d'&#226;me&lt;/i&gt; &#187;, reconnaissait-il (&#224; moiti&#233;) dans &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; du 29 novembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la sensibilit&#233; &#171; &lt;i&gt;tatata-tata&lt;/i&gt; &#187;ne se r&#233;duit pas &#224; quelques potentats locaux. En 1982, Tonton fait voter l'amnistie totale des g&#233;n&#233;raux putschistes d'Alger. D&#233;sir de concorde nationale ? Opportunisme &#233;lectoral ? Si on consid&#232;re la guerre d'Alg&#233;rie comme un marqueur politique important, le geste a tout d'un cadeau &#224; l'extr&#234;me droite revancharde et aux bons souvenirs de l'Organisation arm&#233;e secr&#232;te (OAS). Mais cela s'inscrit dans une certaine coh&#233;rence de l'homme politique Fran&#231;ois Mitterrand, qui officiait en 1956 comme garde des Sceaux en pleine guerre d'Alg&#233;rie. &#192; l'&#233;poque, la d&#233;termination martiale de Mitterrand et du gouvernement Guy Mollet de contrer les revendications ind&#233;pendantistes &#233;tait nette et tranchante : &#171; &lt;i&gt;Sans l'Afrique du Nord, il n'y a pas de perspective historique pour la France&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait Mitterrand &#224; &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, le 22 janvier 1954. Ce qui n'emp&#234;cha pas cette talentueuse girouette politique de refaire l'histoire de mani&#232;re &#233;hont&#233;e par la suite : &#171; &lt;i&gt;En 1954, j'appartenais &#224; un petit groupe qui se trouvait &#224; l'extr&#234;me pointe de l'expression politique en mati&#232;re de d&#233;colonisation&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait-il en 1977. Dans ses souvenirs al&#233;atoires, il se pensait sans doute aussi &#224; l'extr&#234;me pointe de la lutte contre la peine de mort. Le communiste anticolonialiste alg&#233;rois Fernand Iveton, guillotin&#233; le 7 d&#233;cembre 1957, en sait quelque chose. Mitterrand avait refus&#233; de signer son recours en gr&#226;ce&#8230; ainsi que celui de quarante-cinq ind&#233;pendantistes alg&#233;riens raccourcis pendant la p&#233;riode de son mandat. Net et tranchant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une Internationale r&#233;actionnaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Soudain, vous vous prenez &#224; imaginer une organisation de masse qui fasse la jonction des luttes des travailleurs et travailleuses &#224; travers le monde ? Eh non, c'est pas pour cette fois ! &#192; y regarder de plus pr&#232;s, l'Internationale socialiste (IS), cette organisation de liaison des partis sociaux-d&#233;mocrates fond&#233;e en 1951, peut ressembler par certains aspects &#224; un gang d'ennemis du peuple. Aux c&#244;t&#233;s de quelques prix Nobel de la paix, comme Nelson Mandela, on constate la pr&#233;sence dans l'IS de dirigeants dont la caution d&#233;mocratique est plus que douteuse. Ainsi, on y trouvait le Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique tunisien de Zine el-Abidine Ben Ali et le Parti national d&#233;mocratique &#233;gyptien de Hosni Moubarak, jusqu'aux r&#233;volutions arabes de 2011, date &#224; laquelle on d&#233;cida de les juger infr&#233;quentables. Le Parti r&#233;volutionnaire institutionnel mexicain, responsable des massacres des &#233;tudiants de Tlatelolco en 1968 et de la &lt;i&gt;guerra sucia&lt;/i&gt; contre les paysans du Guerrero dans les ann&#233;es 1970-1980 (600 &#171; disparus &#187;), est toujours membre de plein droit. Bien s&#251;r, pour obtenir sa carte du club des &#171; &lt;i&gt;partis progressistes pour un monde plus juste&lt;/i&gt; &#187;, il faut en principe partager les valeurs de sa charte &#233;thique, qui implique le respect des droits fondamentaux et du pluralisme. Cela n'emp&#234;che pas la pr&#233;sence de quelques partis peu partageurs du pouvoir, comme l'Union sociale-d&#233;mocrate de Mac&#233;doine, le Parti r&#233;volutionnaire du peuple mongol ou le Frelimo au Mozambique&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Quentin Girard, &#171; L'Internationale socialiste et ses amis dictateurs &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En 2011, pour les soixante ans de l'IS, S&#233;gol&#232;ne Royal, alors vice-pr&#233;sidente, jura que les choses avaient chang&#233; : &#171; &lt;i&gt;On a enfin compris que le monde d'aujourd'hui ne pouvait plus &#234;tre gouvern&#233; comme avant.&lt;/i&gt; &#187; Soixante ans d'erreurs politiques, ce n'est rien, finalement, &#224; l'&#233;chelle de l'histoire de l'humanit&#233; ! Merci pour le moment&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire Quentin Girard, &#171; L'Internationale socialiste et ses amis dictateurs &#187;, slate.fr, 10 f&#233;vrier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mitterrand et l'Alg&#233;rie</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
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&lt;p&gt;En ce temps-l&#224;, la prison situ&#233;e dans la partie haute de la casbah d'Alger s'appelait Barberousse, souvenir du c&#233;l&#232;bre corsaire &#224; la botte de l'empire ottoman. On imagine l'effroi qu'un tel nom pouvait provoquer chez les prisonniers... En cette nuit du 19 juin 1956, Abdelkader Ferradj et Mohamed Ben Zabana marinent eux aussi s&#251;rement dans l'effroi : au premi&#232;res lueurs de l'aube, ce seront les deux premiers militants du Front de lib&#233;ration nationale (FLN) &#224; &#234;tre guillotin&#233;s. Leur ex&#233;cution a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce temps-l&#224;, la prison situ&#233;e dans la partie haute de la casbah d'Alger s'appelait Barberousse, souvenir du c&#233;l&#232;bre corsaire &#224; la botte de l'empire ottoman. On imagine l'effroi qu'un tel nom pouvait provoquer chez les prisonniers... En cette nuit du 19 juin 1956, Abdelkader Ferradj et Mohamed Ben Zabana marinent eux aussi s&#251;rement dans l'effroi : au premi&#232;res lueurs de l'aube, ce seront les deux premiers militants du Front de lib&#233;ration nationale (FLN) &#224; &#234;tre guillotin&#233;s. Leur ex&#233;cution a &#233;t&#233; act&#233;e deux semaines auparavant par la chancellerie fran&#231;aise. Le ministre de la Justice, un certain Fran&#231;ois Mitterrand, a refus&#233; le recours en gr&#226;ce des deux condamn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mitterrand est d&#233;j&#224; aux manettes du pouvoir quand l'insurrection alg&#233;rienne d&#233;marre, le premier novembre 1954. Mend&#232;s France, Pr&#233;sident du Conseil &#8211; nous sommes sous la IVe R&#233;publique &#8211; en a fait son ministre de l'Int&#233;rieur. En r&#233;ponse &#224; la Toussaint Rouge, le premier flic de France fait dissoudre le Mouvement pour le triomphe des libert&#233;s d&#233;mocratiques de l'ind&#233;pendantiste Messali Hadj. Quelques jours plus tard, Mitterrand tient un discours de fermet&#233; devant les d&#233;put&#233;s de l'Assembl&#233;e nationale. &lt;i&gt;&#171; L'Alg&#233;rie, c'est la France &#187;&lt;/i&gt; sera suivi par un : &lt;i&gt;&#171; Je n'admets pas de n&#233;gociations avec les ennemis de la patrie. La seule n&#233;gociation, c'est la guerre. &#187;&lt;/i&gt; L'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie ? Id&#233;e inconcevable &#224; l'&#233;poque, m&#234;me dans le camp de l'Union d&#233;mocratique et socialiste de la R&#233;sistance, petite formation politique de mod&#233;r&#233;s gaullistes et socialistes, que pr&#233;side Mitterrand. Ce dernier est plut&#244;t partisan d'un colonialisme fran&#231;ais &#224; visage humain. La brutalit&#233; de la police tricolore en Alg&#233;rie le taraude : il missionne Germaine Tillion, la c&#233;l&#232;bre r&#233;sistante, pour investiguer sur des exactions commises par la flicaille outre-M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1955, le gouvernement de Mend&#232;s France tombe. Guy Mollet lui succ&#232;de, et offre &#224; Mitterrand un maroquin de choix, celui du minist&#232;re de la Justice. En mars de l'ann&#233;e suivante, le Parti communiste fran&#231;ais se joint &#224; la meute pour accorder au gouvernement Mollet les pouvoirs sp&#233;ciaux : &lt;i&gt;&#171; Le gouvernement disposera en Alg&#233;rie des pouvoirs les plus &#233;tendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles command&#233;es par les circonstances, en vue du r&#233;tablissement de l'ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire. &#187;&lt;/i&gt; Mitterrand apposera sa signature au d&#233;cret donnant les pleins pouvoirs &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise en Alg&#233;rie. Ce texte va sceller la mise en place d'une v&#233;ritable justice d'exception permettant aux tribunaux militaires de se substituer aux tribunaux civils et de prononcer, sans instruction pr&#233;alable, la condamnation &#224; mort de militants accus&#233;s de terrorisme. Dans la foul&#233;e, notre ministre de la Justice donne son aval &#224; l'envoi du contingent : de 200 000 auparavant, les troupes pr&#233;sentes en Alg&#233;rie atteignent 450 000 soldats en juillet 1956.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ministres en d&#233;saccord avec la politique men&#233;e en Alg&#233;rie, Mend&#232;s France et Alain Savary, claqueront dans l'ann&#233;e la porte du gouvernement Mollet. Mitterrand l'ambitieux s'accroche. L'abolition de la peine de mort pouvant attendre encore vingt-cinq ans, il fera du z&#232;le : sur quarante-cinq dossiers de condamnation &#224; mort qui lui seront soumis durant les seize mois de son mandat place Vend&#244;me, il n'accordera que sept avis favorables &#224; la gr&#226;ce. La torture, industrialis&#233;e par les bidasses fran&#231;ais, et que Mitterrand ne pouvait pas ignorer, nourrit la veuve de Barberousse : du 3 au 12 f&#233;vrier 1957, seize ex&#233;cutions capitales ont lieu. Le 11 f&#233;vrier, pour la premi&#232;re fois, c'est un Europ&#233;en qui est guillotin&#233;. Fernand Iveton, prolo &#224; l'usine de gaz d'Alger et militant du Parti communiste alg&#233;rien, a d&#233;pos&#233; une bombe qui n'a pas explos&#233;. Pas de victime, pas de d&#233;g&#226;ts : qu'importe, l'homme aura la t&#234;te coup&#233;e avec l'aval minist&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1957, le gouvernement Mollet est balay&#233;. Mitterrand aussi. Pugnace et patient, l'homme acc&#232;dera &#224; l'&#201;lys&#233;e en 1981. Il est de notori&#233;t&#233; publique que le vote pied-noir n'a pas &#233;t&#233; pour rien dans son &#233;lection... Un satisfecit pour le remercier de ses bons offices durant les trois premi&#232;res ann&#233;es des &#171; &#233;v&#232;nements &#187; d'Alg&#233;rie ? Bien possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le pouvoir de Pierre Berg&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-pouvoir-de-Pierre-Berge</link>
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		<dc:date>2011-07-29T07:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
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		<dc:subject>Pierre Berg&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>Mitterrand</dc:subject>
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		<dc:subject>gars suffisamment</dc:subject>
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&lt;p&gt;Prenons un gars suffisamment fortun&#233; &#8211; oui, pas vous, on sait&#8230; &#8211; pour s'offrir un beau volatile. Attention, hein, pas n'importe quel piaf rabougri. Non, un bel oiseau, tout de noir et blanc v&#234;tu, avec une petite tache color&#233;e l&#224;, en bas, sous le ventre (les ornithologues appellent cela un &#171; plantu &#187;). Un canard de r&#233;f&#233;rence, quoi. Voil&#224;. Eh bien, il s'av&#232;re que la r&#233;put&#233;e bestiole &#8211; qui a tout de m&#234;me co&#251;t&#233; plus de 100 millions d'euros, c'est une somme &#8211; il s'av&#232;re, disions-nous, que cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no90-juin-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;90 (juin 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierre" rel="tag"&gt;Pierre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/millions-d-euros" rel="tag"&gt;millions d'euros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierre-Berge" rel="tag"&gt;Pierre Berg&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francois-Mitterrand" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Mitterrand&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/beau-volatile" rel="tag"&gt;beau volatile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gars-suffisamment" rel="tag"&gt;gars suffisamment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Berge" rel="tag"&gt;Berg&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prenons un gars&lt;/strong&gt; suffisamment fortun&#233; &#8211; oui, pas vous, on sait&#8230; &#8211; pour s'offrir un beau volatile. Attention, hein, pas n'importe quel piaf rabougri. Non, un bel oiseau, tout de noir et blanc v&#234;tu, avec une petite tache color&#233;e l&#224;, en bas, sous le ventre (les ornithologues appellent cela un &lt;i&gt;&#171; plantu &#187;&lt;/i&gt;). Un canard de r&#233;f&#233;rence, quoi. Voil&#224;. Eh bien, il s'av&#232;re que la r&#233;put&#233;e bestiole &#8211; qui a tout de m&#234;me co&#251;t&#233; plus de 100 millions d'euros, c'est une somme &#8211; il s'av&#232;re, disions-nous, que cette on&#233;reuse pintade du soir &#8211; car elle somnole une bonne partie de la journ&#233;e, n'&#233;mergeant qu'en milieu d'apr&#232;s-midi &#8211; il s'av&#232;re, donc, que ce gothique moineau s'exclame &lt;i&gt;&#171; Roooo, le gros ballot ! Roooo, le gros ballot ! &#187; &lt;/i&gt; &#224; la vue des amis de son ma&#238;tre. D&#233;bourser plus de 100 millions d'euros pour se faire insulter, voil&#224; qui est cher pay&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en substance ce qui est advenu r&#233;cemment au c&#233;l&#232;bre m&#233;c&#232;ne Pierre Berg&#233;, grand adorateur de Fran&#231;ois Mitterrand. Depuis le mois de juin 2010, Xavier Niel (dirigeant de Free), Matthieu Pigasse (directeur de la banque Lazard) et Pierre Berg&#233; sont les nouveaux propri&#233;taires du journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, dans lequel ils devaient investir plus de 100 millions d'euros, d&#233;poss&#233;dant pour l'occasion les salari&#233;s de la majorit&#233; du capital.
Or, le 10 mai dernier, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a publi&#233; un &#171; Point de vue &#187; de l'historien Fran&#231;ois Cusset intitul&#233; &#171; Critique des ann&#233;es Mitterrand &#187;. Il n'en fallait pas plus : le lendemain, le directeur du quotidien, &#201;rik Izraelewicz, recevait un mail de Pierre Berg&#233; dont le site electronlibre.info a r&#233;v&#233;l&#233; le contenu : &lt;i&gt;&#171; Je tiens &#224; vous faire part de mon profond d&#233;saccord avec le traitement r&#233;serv&#233; &#224; Mitterrand dans Le Monde. Cet article immonde, &#224; charge, digne d'un br&#251;lot d'extr&#234;me droite est une honte qui n'aurait jamais du &#234;tre publi&#233;e. [&#8230;] Je regrette de m'&#234;tre embarqu&#233; dans cette aventure. Payer sans avoir de pouvoirs est une dr&#244;le de formule &#224; laquelle j'aurais d&#251; r&#233;fl&#233;chir ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre, si tu nous lis, nous sommes de tout c&#339;ur avec toi. D&#233;bourser plus de 100 millions pour se faire fienter dans les bottes&#8230; C'est immonde. Pierrot, &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, nous avons bien r&#233;fl&#233;chi, et nous te proposons de nous faire un petit ch&#232;que de six&#8230;, allez, sept chiffres &#8211; ce n'est rien, pour toi, souviens-toi de ce que tu as offert &#224; ces journalistes &lt;i&gt;&#171; prisonniers de leur id&#233;ologie &#187;&lt;/i&gt;. En contrepartie, nous &#233;crirons dans l'ours, en page deux et en lettres d'or : &lt;i&gt;&#171; Monsieur Pierre Berg&#233;, finan&#231;ant ce journal &#224; hauteur de [Alors, Pierrot ? Combien ?] euros, se voit octroyer le pouvoir de nous emp&#234;cher d'enqu&#234;ter sur tout ce qui lui est cher. Par exemple, vous ne lirez jamais ici : &#8220;On doit [&#224; Fran&#231;ois Mitterrand] l'abandon par la gauche des classes populaires&#8221;, comme on a pu l'&#233;crire ailleurs. &#187;&lt;/i&gt; Voil&#224;. Qu'en penses-tu ? C'est tout de m&#234;me plus honn&#234;te que de faire croire &#224; la libert&#233; de la presse alors qu'il ne s'agit que de libert&#233; d'entreprendre, non ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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