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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Marseille de Defferre : La client&#232;le contre la commune</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;La commune est l'espace premier d'une possible &#233;mancipation sociale. La classe politique, de gauche comme de droite, y a toujours cherch&#233; un indispensable ancrage local, se muant alors en caste de notables. Bien que singulier, l'exemple marseillais est parlant. Petite histoire d'un socialisme municipal aux multiples client&#232;les. &#171; La question municipale est plus de la moiti&#233; de la question sociale &#187;, assurait le &#171; possibiliste &#187; Paul Brousse &#224; l'or&#233;e du XX&#8202;e si&#232;cle. Avec Sim&#233;on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CIQ" rel="tag"&gt;CIQ&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La commune est l'espace premier d'une possible &#233;mancipation sociale. La classe politique, de gauche comme de droite, y a toujours cherch&#233; un indispensable ancrage local, se muant alors en caste de notables. Bien que singulier, l'exemple marseillais est parlant. Petite histoire d'un socialisme municipal aux multiples client&#232;les.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La question municipale est plus de la moiti&#233; de la question sociale&lt;/i&gt; &#187;, assurait le &#171; &lt;i&gt;possibiliste&lt;/i&gt; &#187; Paul Brousse&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adversaire de Jules Guesde (1845-1922) qui, en bon jacobin marxiste, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; l'or&#233;e du XX&#8202;e si&#232;cle. Avec Sim&#233;on Flaissi&#232;res, docteur des pauvres devenu maire, on parlait de &#171; &lt;i&gt;collectivisme municipal&lt;/i&gt; &#187;. Sous ses premiers mandats (1892-1902), Marseille am&#233;liore les services d'hygi&#232;ne, de transport, et construit des &#233;coles. Sa base sociale r&#233;side dans les Comit&#233;s d'int&#233;r&#234;t de quartier (CIQ) et l'association des Amis de l'instruction la&#239;que. Mais, de retour aux affaires entre 1919 et 1931, le vieux Flaissi&#232;res tisse des alliances douteuses, allant jusqu'&#224; nommer premier adjoint Simon Sabiani, futur collabo, copain comme cochon avec les truands Carbone et Spirito, et sous l'influence duquel client&#233;lisme, corruption et fraude &#233;lectorale s'implantent durablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, l'avocat Gaston Defferre, protestant c&#233;venol comme Flaissi&#232;res, affili&#233; &#224; la Section fran&#231;aise de l'internationale ouvri&#232;re (SFIO), va plus se pr&#233;occuper de maintien de l'ordre que de justice sociale. Il s'agit de barrer la route aux communistes, sortis renforc&#233;s de la r&#233;sistance &#8211; la lib&#233;ration de Marseille est accompagn&#233;e d'une gr&#232;ve insurrectionnelle sur le port, de r&#233;quisitions d'usines appartenant &#224; des collabos, puis d'&#171; &lt;i&gt;&#233;quipes de choc&lt;/i&gt; &#187; form&#233;es par des volontaires pour reconstruire les quartiers touch&#233;s par les bombardements alli&#233;s. Dans la guerre froide, Defferre choisit son camp : il est visc&#233;ralement anti-communiste. Si la SFIO s'&#233;tait pens&#233;e comme force de changement, elle aurait renvoy&#233; dos &#224; dos staliniens et pro-am&#233;ricains, mais elle fut bien plus soumise &#224; l'attraction du plan Marshall que les gaullistes. En 1946, Defferre affronte le maire communiste Jean Cristofol. Il s'appuie pour cela sur &lt;i&gt;Le Proven&#231;al&lt;/i&gt;, quotidien que lui ont offert &#224; la pointe du pistolet les truands r&#233;sistants Venturi et Gu&#233;rini. Il compte sur le soutien d'Andr&#233; Cordesse, industriel et futur pr&#233;sident de la chambre de commerce, et de Francis Leenhardt, qui sera &#224; l'initiative de la loi d'ao&#251;t 1947 ordonnant la restitution &#224; leurs propri&#233;taires des usines r&#233;quisitionn&#233;es. En mai 1953, Defferre conquiert la mairie pour ne plus la quitter jusqu'&#224; sa mort, en mai 1986 &#8211; pour cela, il pactise syst&#233;matiquement avec la droite, sauf lorsque le programme commun de la gauche l'oblige, en 1978, &#224; tendre la main au PCF.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2287 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH298/-560-94e7c.jpg?1768651165' width='400' height='298' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pendant plus de trente ans, les quartiers qui votent mal sont laiss&#233;s &#224; l'abandon. Les autres sont aux mains de v&#233;ritables dynasties de caciques socialistes, comme les Masse ou les Andrieux. Les CIQ deviennent des courroies de transmission de la politique municipale. Apr&#232;s &lt;i&gt;Le Proven&#231;al&lt;/i&gt;, Defferre devient propri&#233;taire du &lt;i&gt;M&#233;ridional&lt;/i&gt;, quotidien de la droite dure qui jouera un r&#244;le actif dans la mont&#233;e du Front national. Dans le monde du travail, le pouvoir defferriste s'appuie sur FO, issu d'une scission de la CGT financ&#233;e par la CIA&lt;i&gt;Alfred McCoy, &lt;i&gt;Marseille sur h&#233;ro&#239;ne &#8211; Les beaux jours de la French connection (1945-1975)&lt;/i&gt;, L'Esprit frappeur.&lt;/i&gt; dans le but d'affaiblir l'influence des &#171; rouges &#187; sur les ports m&#233;diterran&#233;ens. Les hommes de main des fr&#232;res Gu&#233;rini et de Nick Venturi font le coup de poing contre les gr&#233;vistes. En retour, les truands corses auront les coud&#233;es franches pour inonder le march&#233; am&#233;ricain d'h&#233;ro&#239;ne turque raffin&#233;e dans les laboratoires marseillais. Venturi investit ensuite les profits de la &lt;i&gt;French connection&lt;/i&gt; dans le BTP, emportant nombre de march&#233;s publics gr&#226;ce &#224; son amiti&#233; avec Defferre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi gr&#226;ce au defferrisme que port et industrie passent sous la coupe des technocrates de la D&#233;l&#233;gation interminist&#233;rielle &#224; l'am&#233;nagement du territoire et &#224; l'attractivit&#233; r&#233;gionale (Datar), qui les exilent &#224; Fos-sur-Mer et autour de l'&#233;tang de Berre, vidant la ville de sa substance ouvri&#232;re et maritime. Defferre parie alors sur l'&#233;conomie mixte, en accointance avec une bourgeoisie marseillaise qui, d&#233;poss&#233;d&#233;e du port, se recycle dans la sp&#233;culation fonci&#232;re. Contre le bazar de Belsunce, on construit le fortin commercial du Centre-Bourse, &#233;crasant au passage les vestiges de la ville grecque. On &#233;radique les halles Delacroix, la Cri&#233;e aux poissons, le march&#233; de gros du cours Julien et de La Plaine&#8230; &#171; &lt;i&gt;En fait, il n'a rien d'un militant et peu d'un socialiste. La foule l'agace et il le montre&lt;/i&gt; &#187;, dira de Defferre le journaliste Pierre Viansson-Pont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Defferre, l'urbanisme est toujours confi&#233; &#224; la droite. Jean-Claude Gaudin y fait ses armes et reconna&#238;t volontiers avoir beaucoup appris de son adversaire et n&#233;anmoins patron. Une fois &#224; la mairie, il perp&#233;tuera la Sainte-Alliance avec FO, les CIQ et les b&#233;tonneurs, et il a lui aussi pratiqu&#233; l'&#339;cum&#233;nisme droite-gauche avec les fr&#232;res Gu&#233;rini (pas M&#233;m&#233; et Antoine, mais Jean-Nono et Alexandre) jusqu'&#224; leur chute. Eux se chargeaient du client&#233;lisme des pauvres en finan&#231;ant une myriade d'associations de quartier ou en distribuant boulots et logements, pendant que Gaudin pratique le client&#233;lisme des riches, imposant ses architectes pour chaque appel d'offres sur le florissant march&#233; de l'immobilier. Apr&#232;s Defferre, la droite est vite revenue aux affaires. En &#233;tait-elle jamais partie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Adversaire de Jules Guesde (1845-1922) qui, en bon jacobin marxiste, privil&#233;giait la prise du pouvoir central, Paul Brousse (1844-1912) fut un des premiers exp&#233;rimentateurs du socialisme municipal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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