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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les jardins ouvriers d'Aubervilliers : un &#233;den menac&#233;</title>
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		<dc:creator>Lily la Fronde</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;s en 1935 sur l'une des terres mara&#238;ch&#232;res les plus vastes d'&#206;le-de-France, les jardins ouvriers des Vertus s'&#233;talent sur 26 000 m2. Aujourd'hui, 4 000 m2 sont menac&#233;s de dispara&#238;tre sous le b&#233;ton pour faire place &#224; une piscine d'entra&#238;nement, un spa et un solarium, dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024. Le 23 mai dernier, le Collectif de d&#233;fense des jardins des Vertus lan&#231;ait un appel &#224; l'occupation des lieux. En sortant de la station de m&#233;tro Fort d'Aubervilliers, on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no199-juin-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;199 (juin 2021)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;s en 1935 sur l'une des terres mara&#238;ch&#232;res les plus vastes d'&#206;le-de-France, les jardins ouvriers des Vertus s'&#233;talent sur 26 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. Aujourd'hui, 4 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; sont menac&#233;s de dispara&#238;tre sous le b&#233;ton pour faire place &#224; une piscine d'entra&#238;nement, un spa et un solarium, dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024. Le 23 mai dernier, le Collectif de d&#233;fense des jardins des Vertus lan&#231;ait un appel &#224; l'occupation des lieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1792-289ae.jpg?1780010687' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Lily La Fronde
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En sortant de la station de m&#233;tro Fort d'Aubervilliers, on aper&#231;oit au loin un empilement de bottes de paille carr&#233;es en bordure d'un grand parking cl&#244;tur&#233; et d&#233;sert. Sur ce petit rempart improvis&#233;, recouvert de banderoles et surmont&#233; d'un drapeau rouge, des enfants grimpent et jouent &#224; la vigie, comme pour guetter l'arriv&#233;e imminente des bulldozers. Surplomb&#233;s par les tours d'immeubles de la cit&#233; des Courtilli&#232;res, les jardins ouvriers des Vertus d'Aubervilliers, accol&#233;s aux jardins familiaux de Pantin, forment un incroyable &#233;crin de verdure de 7 hectares o&#249; se c&#244;toient des centaines de jardiniers et jardini&#232;res habitant les alentours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le portail m&#233;tallique franchi, on se croirait &#224; la campagne avec ses effluves florales et printani&#232;res. On se faufile dans ce d&#233;cor champ&#234;tre o&#249; serpentent les chemins de terre bord&#233;s d'arbres fruitiers, de roses et d'orties blanches. Pas moins de vingt-deux esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es d'oiseaux sont recens&#233;es dans ce petit coin de paradis o&#249; l'on croise aussi des h&#233;rissons, des poules, des grillons et des abeilles en plein ballet pollinisateur. Des terres vivantes, nourries au fumier et au compost depuis pr&#232;s de cent ans, o&#249; seul l'horizon festonn&#233; d'immeubles rappelle que l'on se trouve au c&#339;ur de la Seine-Saint-Denis, l'un des d&#233;partements les plus b&#233;tonn&#233;s de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'un loisir, le jardin est ici un mode de vie. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait notre lieu de confinement il y a un an, on y passait nos journ&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, confie un septuag&#233;naire. Pour Anna, le travail de la terre est une n&#233;cessit&#233; &#233;conomique, mais pas seulement : la jardini&#232;re de 68 ans se r&#233;jouit d'apprendre aux coll&#233;giens en visite les noms de ses l&#233;gumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le lieu sert aussi &#224; cultiver du lien social : &#171; &lt;i&gt;Si vous saviez tout le bon temps qu'on a pass&#233; ici, les f&#234;tes et les repas qu'on a faits... On se conna&#238;t tous&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Cheveux blancs, blouse bleue et sabots aux pieds, cela fait quarante-huit ans qu'&#201;liane, Parisienne d'adoption, cultive son jardin &#224; Aubervilliers. Et son jardin, c'est sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des m&#232;tres cubes d'eau dans un cube de b&#233;ton&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces espaces ont beau &#234;tre vus ici comme essentiels, des dizaines de lopins de terre sont menac&#233;s. Jardiniers et jardini&#232;res l'ont appris en juin 2020. Alors que la construction d'un bassin d'entra&#238;nement olympique est pr&#233;vue sur le parking attenant, dix-neuf parcelles seraient vou&#233;es &#224; la destruction pour laisser place &#224; &#171; &lt;i&gt;un espace de fitness et de cardio-training ainsi qu'un village finlandais comportant saunas et hammams&lt;/i&gt; &#187;. Un projet &#224; 33,6 millions d'euros non concert&#233;, port&#233; par l'ancienne maire PCF d'Aubervilliers, Meriem Derkaoui, mais que ne remet pas en cause Karine Franclet, l'actuelle maire UDI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Grand Paris Am&#233;nagement (GPA), propri&#233;taire des terrains, on promet de &#171; reloger &#187; tout le monde et de d&#233;placer &#224; terme l'hectare b&#233;tonn&#233; sur un ancien stade de la ville. Comme si l'on pouvait d&#233;placer un patrimoine centenaire comme une brique de Lego !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somm&#233;s de lib&#233;rer leur cabanon pour le 30 avril 2021, certains jardiniers, comme Jean-Michel, se sont pr&#233;cipit&#233;s pour transplanter leurs l&#233;gumes et petits arbres fruitiers dans une nouvelle parcelle situ&#233;e dans les jardins de Pantin. Une &#171; solution &#187; propos&#233;e dans l'urgence par GPA. Mais combien de temps y resteront-ils ? L&#224; aussi, plusieurs hectares de terres sont menac&#233;s, cette fois par le chantier de la gare de m&#233;tro du Grand Paris Express.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un scandale,&lt;/i&gt; fulmine un &#233;lu municipal de l'opposition se revendiquant de droite, &lt;i&gt;cette piscine va co&#251;ter &#224; la Ville 2,5 millions d'euros annuels d'entretien. Sans compter les travaux compl&#233;mentaires &#224; faire, pour adapter la piscine aux enfants.&lt;/i&gt; &#187; Gonfl&#233; par le spa et le solarium pour rendre la piscine &#171; rentable &#187;, le tarif d'entr&#233;e du complexe aquatique devrait en outre avoisiner les 20 &#8364;... Carr&#233;ment ind&#233;cent pour une commune qui affiche un taux de pauvret&#233; de 44 % &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Insee, 2018.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Dolores, membre du Collectif de d&#233;fense des jardins des Vertus, &#171; &lt;i&gt;c'est un cheval de Troie. S'ils entrent sur les jardins pour le solarium, on ne les arr&#234;tera pas pour la gare&lt;/i&gt; &#187;. En phase finale du projet : la destruction d'une partie de la couronne bois&#233;e du Fort pour construire un &#171; &#233;coquartier &#187;, dont la m&#233;gapiscine ne serait en fait qu'un &#171; &lt;i&gt;produit d'appel, pour faire venir des populations qui vont quitter Paris&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sole Dolores. En tout, ce sont 10 180 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de jardins et 37 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de bois qui sont menac&#233;s de destruction.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une oasis dans la ville&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Affair&#233;e &#224; planter des melons, &#201;lise fait aussi partie du collectif. Cette Parisienne du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement cultive son jardin pour la troisi&#232;me saison. &#171; &lt;i&gt;C'est ce qui m'avait toujours manqu&#233; &#224; Paris. Je cherchais tout le temps &#224; d&#233;m&#233;nager mais j'ai arr&#234;t&#233; de casser les pieds &#224; mon mari : plus besoin, j'ai un jardin&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; &#201;lise tient &#224; entretenir son potager jusqu'au bout, que l'on puisse dire : &#171; &lt;i&gt;Regardez ce qu'on d&#233;truit&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Aux beaux jours, elle s'installe dans les branches de son cerisier trentenaire pour la sieste mais, quand les travaux commenceront, elle a pr&#233;venu qu'elle s'y encha&#238;nerait : &#171; &lt;i&gt;Ma cha&#238;ne et mon cadenas sont pr&#234;ts.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quinze derni&#232;res ann&#233;es, Michel, 64 ans, les a davantage pass&#233;es dans son jardin que chez lui. Contre une cotisation annuelle de 47 &#8364; vers&#233;e &#224; l'association des Jardins ouvriers des Vertus, il cultive cette parcelle de 400 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, &#171; h&#233;rit&#233;e &#187; d'un ami. Depuis peu, il la partage avec un voisin dont le jardin est menac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'une perruche verte atterrit derri&#232;re lui, Claude, 73 ans, s'insurge contre le battage m&#233;diatique autour de l'&#233;cologie : &#171; &lt;i&gt;O&#249; est-elle dans ce projet&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Aubervilliers compte seulement 1,42 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; d'espaces verts par habitant&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Apr&#232;s les travaux, il y en aura encore moins&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192; la JAD, comme &#224; la ZAD&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis fin avril, des militants ont rejoint les jardins en lutte, occupant un cabanon sur les parcelles menac&#233;es, ouvrant les jardins au public, organisant des assembl&#233;es et des ateliers. Quant au chantier, sit&#244;t amorc&#233;, il a &#233;t&#233; stopp&#233;, &#171; &lt;i&gt;parce qu'on a fait venir des inspecteurs du travail, quand on a vu que les ouvriers venus d&#233;monter les cabanes des jardiniers transportaient de l'amiante sans protection&lt;/i&gt; &#187;, souffle Ulo, membre du collectif Saccage 2024 &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui d&#233;nonce les saccages &#233;cologiques et sociaux provoqu&#233;s par les Jeux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Ce qui me fait mal au c&#339;ur,&lt;/i&gt; poursuit-il,&lt;i&gt; c'est quand on me dit : &#8220;C'est un peu absurde de lutter pour un truc dont vous savez tr&#232;s bien que vous allez &#234;tre d&#233;log&#233;s.&#8221; Mais qu'est-ce qui est absurde&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Que des gens d&#233;fendent la terre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ou qu'au nom des JO on ait des sortes de mafias qui se forment, avec des n&#233;buleuses de sp&#233;culateurs immobiliers et des politiciens qui vont d&#233;truire des espaces ultras fertiles, pour construire un solarium&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'architecte du collectif pr&#233;conise une construction piscine/spa/solarium sur plusieurs &#233;tages, qui limiterait la surface au sol &#224; celle du parking existant, l'option est refus&#233;e par les instances. On pr&#233;texte &#171; l'urgence &#187; des JO : pas le temps de refaire les plans. Quant &#224; la construction d'un &#171; &#233;coquartier &#187; &#224; la place d'arbres centenaires&#8230; Vous reprendrez bien une dose de &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; et de gentrification ? Topinambour, occupant de &#171; la JAD &#187; (pour Jardins &#224; d&#233;fendre), en est conscient : &#171; &lt;i&gt;Avec l'&#233;coquartier on veut attirer une nouvelle cat&#233;gorie de population ; les classes moyennes, moyennes sup&#233;rieures. Cela me para&#238;t d'autant plus important d'&#234;tre ici que moi, je suis la cible de ce projet. Mais &#231;a ne m'int&#233;resse pas. Je ne veux pas remplacer trente ans de vie d'ouvriers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la mairie d'Aubervilliers, on argue que si le projet prend du retard ou n'est pas pr&#234;t pour les Jeux olympiques, les p&#233;nalit&#233;s s'&#233;l&#232;veront &#224; 4,7 millions d'euros. Un montant erron&#233; : la r&#233;alit&#233; avoisinerait plut&#244;t les 840 000 &#8364;. Que repr&#233;sente cette somme face au pr&#233;judice annonc&#233; pour la communaut&#233; &#224; qui l'on arrache un poumon vert pour la plomber d'une proth&#232;se de b&#233;ton ? Tout &#231;a pour des &#233;quipements inabordables pour la population. L'implantation de cette structure parasite a de quoi sonner comme une provocation pour de nombreux habitants d'Aubervilliers. Gageons que ce printemps verra fleurir assez de sacs de couchage et de courage pour repousser les bulldozers.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Lily La Fronde&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Insee, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui d&#233;nonce les saccages &#233;cologiques et sociaux provoqu&#233;s par les Jeux olympiques en pr&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Des l&#233;gumes dans leur gazon</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-legumes-dans-leur-gazon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Des-legumes-dans-leur-gazon</guid>
		<dc:date>2013-12-31T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nardo</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on</dc:subject>
		<dc:subject>jardins</dc:subject>
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		<dc:subject>m&#232;tres carr&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>jardin potager</dc:subject>
		<dc:subject>surface d'environ</dc:subject>
		<dc:subject>Jardins d'utopie</dc:subject>
		<dc:subject>Constatons</dc:subject>
		<dc:subject>potager</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est un caillou dans la godasse de l'universit&#233; de Grenoble. Quand la galerie des amphis s'est vid&#233;e en 2006, &#224; la fin du mouvement anti-CPE, il n'en est rest&#233; qu'un potager collectif, autog&#233;r&#233;, install&#233; sur les pelouses du &#171; domaine public de l'&#233;tat &#187;. Sept ann&#233;es plus tard, les Jardins d'utopie sont toujours l&#224;, m&#233;moire bien vivante des luttes &#233;tudiantes. Quand l'avocate a lu le proc&#232;s verbal, &#171; elle s'est bien marr&#233;e &#187;, se souvient un jardinier. Les flics y d&#233;crivent comme ils peuvent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no116-novembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;116 (novembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardins" rel="tag"&gt;jardins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardin" rel="tag"&gt;jardin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metres-carres" rel="tag"&gt;m&#232;tres carr&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardin-potager" rel="tag"&gt;jardin potager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/surface-d-environ" rel="tag"&gt;surface d'environ&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jardins-d-utopie" rel="tag"&gt;Jardins d'utopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Constatons" rel="tag"&gt;Constatons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/potager" rel="tag"&gt;potager&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un caillou dans la godasse de l'universit&#233; de Grenoble. Quand la galerie des amphis s'est vid&#233;e en 2006, &#224; la fin du mouvement anti-CPE, il n'en est rest&#233; qu'un potager collectif, autog&#233;r&#233;, install&#233; sur les pelouses du &#171; domaine public de l'&#233;tat &#187;. Sept ann&#233;es plus tard, les Jardins d'utopie sont toujours l&#224;, m&#233;moire bien vivante des luttes &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand l'avocate a lu le proc&#232;s verbal&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PV de Grande Voierie du 30 septembre 2013 &#224; retrouver sur le blog des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &#171; &lt;i&gt;elle s'est bien marr&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, se souvient un jardinier. Les flics y d&#233;crivent comme ils peuvent les Jardins d'utopie :
&#171; &lt;i&gt;Constatons&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;devant la biblioth&#232;que &#8220;Droits et Lettres&#8221; qu'un jardin potager a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; sur une surface d'environ six cents m&#232;tres carr&#233;s. Les plants cultiv&#233;s comprennent diverses plantations de fruits, l&#233;gumes et tournesols. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Constatons au m&#234;me endroit la pr&#233;sence d'une cabane en bois d'environ six m&#232;tres carr&#233;s, de plusieurs tables et chaises, de divers mat&#233;riaux. Ces installations ont provoqu&#233; la disparition de la pelouse en gazon&lt;/i&gt; [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_873 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH299/p10-jardin-utopie-24f9e.jpg?1779603700' width='400' height='299' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; [&#8230;] &lt;i&gt;un autre jardin potager a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; sur une surface d'environ cent m&#232;tres carr&#233;s o&#249; des fruits et l&#233;gumes poussent en pleine terre. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'entretien des espaces verts ne peut &#234;tre effectu&#233; sur les deux sites.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces installations constituent une occupation abusive et illicite ainsi qu'une d&#233;gradation du domaine public&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;. Ces infractions sont passibles d'une contravention de grande voirie...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ce coup de pression, le dernier en date d'une longue liste, nulle nouvelle des flics ni du tribunal. &#171; &lt;i&gt;Ce qu'on craint, c'est qu'ils rasent tout pendant les vacances de No&#235;l&lt;/i&gt; &#187;, s'inqui&#232;tent les jardiniers. &#171; &lt;i&gt;Au printemps, tous les arbres fruitiers bourgeonnaient, alors qu'on avait serr&#233; les fesses tout l'hiver en esp&#233;rant qu'ils survivraient &#224; la transplantation. Une semaine apr&#232;s ils les passaient &#224; la d&#233;broussailleuse&lt;/i&gt; &#187;, fulmine Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mercredi 16 octobre, r&#233;unis en AG extraordinaire, ils discutaient des suites &#224; donner au PV, &#171; &lt;i&gt;tellement dr&#244;le qu'on s'en sert d'affiche !&lt;/i&gt; &#187; Autour de la cabane de planches, poussent blettes, &#339;illets d'Inde, cardons, physalis, courges, choux, ail et radis&#8230; les figuiers donneront plus tard, si on leur en laisse le temps, et c'en est d&#233;j&#224; fini des tomates. Les planches sont paill&#233;es pour l'hiver. &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait deux ans qu'on fait des cabanes ici. Au printemps, la fac et les syndicats ont fait une r&#233;union pour parler des Jardins et notamment de l'esth&#233;tique qui leur convenait pas. On a pris &#231;a en compte, on a fait une cabane jolie, s&#233;curisante&#8230; Ils disent aussi qu'on peut pas communiquer avec nous, ce qui est faux : on a des rendez-vous tous les mercredis &#224; 16 h pour jardiner, discuter, boire de la soupe&#8230; il y a une bo&#238;te aux lettres et &#224; id&#233;es, le blog&#8230; seulement, pour eux, communiquer c'est accepter tout ce qu'ils disent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre autres tentatives pour les d&#233;loger, Jean-Fran&#231;ois Vaillant, directeur de l'am&#233;nagement durable du campus, a &#233;voqu&#233; sans pr&#233;cision ni engagement l'octroi d'un autre terrain plus discret. La m&#232;re d'une des jardini&#232;res s'&#233;tonne : &#171; &lt;i&gt;Si le pr&#233;fet vous propose un autre terrain, vous n'allez pas refuser !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Si ! &lt;/i&gt; r&#233;torque Pierre, &lt;i&gt;nous, on veut &#234;tre visibles.&lt;/i&gt; &#187; En arrivant &#224; Grenoble, Pierre a d'abord cultiv&#233; une parcelle pr&#234;t&#233;e par les vieux de sa r&#233;sidence. Et puis le potager a &#233;t&#233; ras&#233; pour faire place &#224; un b&#226;timent : &#171; &lt;i&gt;Les vieux, &#231;a leur a mis un gros coup&lt;/i&gt; &#187;, se souvient-il. &#171; &lt;i&gt;J'ai transport&#233; ici mes envies de jardin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On les retrouve quinze jours plus tard au m&#234;me endroit, pas press&#233;s de partir. Autour du brasero, &#233;pluchant les derni&#232;res ch&#226;taignes, ce n'est qu'un en-dehors mais c'est comme &#224; la maison. &#171; &lt;i&gt;Le mercredi &#224; 16 h c'est un gros rendez-vous. On assure une continuit&#233; de service public ! On veut que les nouveaux puissent avoir des interlocuteurs. N'importe qui peut g&#233;rer les Jardins. C'est s&#251;r qu'un type qui passe devant ne saura pas o&#249; d&#233;sherber, alors que des gens qui ont plus de v&#233;cu ici savent ce qui pousse le mois suivant. J'aime bien l'exemple du type qui est pass&#233; ici trois jours pour d&#233;sherber, planter des piments, puis est parti au Br&#233;sil. C'est d'autres gens qui ont r&#233;colt&#233;, et mang&#233;, ces piments super forts !&lt;/i&gt; &#187; Beaucoup d'&#233;tudiants passaient chaque jour devant le potager sans oser se renseigner. &#171; &lt;i&gt;Sur le tract maintenant il y a &#233;crit &#8220;Accueil des nouveaux&#8221; et &#231;a a tout chang&#233; ! &lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;jouit Sabine. Elle a d&#233;couvert les Jardins par un tract, &#233;crit &#224; la main, invitant &#224; une &#171; &lt;i&gt;r&#233;colte au campus &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je croyais que c'&#233;tait pour cueillir des plantes sauvages comestibles. En fait on a r&#233;colt&#233; les patates, fait des frites dans la cuisine carriole&#8230; c'&#233;tait avant les cabanes. Depuis je viens toutes les semaines, pour le jardin et le c&#244;t&#233; politique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur leur blog, les jardiniers avancent une explication &#224; l'acharnement de l'universit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Sur un campus o&#249; l'agitation sociale va et vient au gr&#233; des &#233;poques, il arrive aussi que les Jardins assurent une continuit&#233; militante et endossent un r&#244;le de m&#233;moire des luttes. C'est aussi cela qu'ils veulent briser.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, une premi&#232;re planche &#233;tait b&#234;ch&#233;e devant la BU Droit et Lettres et en la voyant on pouvait lui trouver une beaut&#233; na&#239;ve : une provocation pareille, &#231;a ne passerait pas l'hiver. On ne savait pas alors qu'elle survivrait longtemps au mouvement anti-CPE. La galerie des amphis, squatt&#233;e, repeinte, &#233;picentre de la contestation avait rendu toutes les occupations possibles mais seule celle du dehors devait tenir. &#171; &lt;i&gt; En 2006, j'&#233;tais en troisi&#232;me !&lt;/i&gt; &#187;, se marre Sabine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contact :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour soutenir les jardins par courrier, encore mieux en cas de proc&#232;s : Les Jardins d'utopie, chez Solidaires, 12 bis rue des Trembles, 38100 Grenoble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous tous les mercredis &#224; 16 h devant la BU, arr&#234;t du tram.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;PV de Grande Voierie du 30 septembre 2013 &#224; retrouver sur le blog des &lt;a href=&#034;http://jardins-utopie.over-blog.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jardins-utopie&lt;/a&gt;. Vous pouvez y signer la p&#233;tition ou prendre des nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une paire de sandales pour quatre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Une-paire-de-sandales-pour-quatre</link>
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		<dc:date>2012-03-14T06:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Papazian</dc:creator>


		<dc:subject>ferri</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>jeune homme</dc:subject>
		<dc:subject>jardin</dc:subject>
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		<dc:subject>B&#226;bur</dc:subject>
		<dc:subject>Empereur B&#226;bur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Afghanistan, c'est les talibans, la barbarie contenue par l'Occident, les soldats fran&#231;ais qui distribuent des bonbons au m&#233;pris de leur vie, les envoy&#233;s sp&#233;ciaux qui crapahutent entre civilisateurs et preneurs d'otages. Celui de CQFD n'a rien vu de tout &#231;a. Le con ! Il est vir&#233;. Il n'en faut pas beaucoup pour sortir les armes. Un khan mongol, B&#226;bur, a envahi l'Afghanistan parce qu'il avait go&#251;t&#233; les melons de Kaboul. Je suis dans le jardin fleuri de la maison o&#249; j'habite et mange un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kaboul" rel="tag"&gt;Kaboul&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-en-faut" rel="tag"&gt;n'en faut&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Empereur-Babur" rel="tag"&gt;Empereur B&#226;bur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Afghanistan, c'est les talibans, la barbarie contenue par l'Occident, les soldats fran&#231;ais qui distribuent des bonbons au m&#233;pris de leur vie, les envoy&#233;s sp&#233;ciaux qui crapahutent entre civilisateurs et preneurs d'otages. Celui de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n'a rien vu de tout &#231;a. Le con ! Il est vir&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'en faut pas beaucoup&lt;/strong&gt; pour sortir les armes. Un khan mongol, B&#226;bur, a envahi l'Afghanistan parce qu'il avait go&#251;t&#233; les melons de Kaboul. Je suis dans le jardin fleuri de la maison o&#249; j'habite et mange un melon. Empereur B&#226;bur, t'es pardonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est r&#234;che, comme pays. Deux cent six dollars de revenu par an et par habitant, 70 % d'analphab&#232;tes, une esp&#233;rance de vie de quarante-quatre ans pour les hommes, moins pour les femmes. Enfin un peu de justice sur cette plan&#232;te : l'Afghanistan est le seul pays au monde o&#249; les hommes vivent plus longtemps que les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le jardin, une photographe fran&#231;aise me montre des images d'Afghans de Paris. Elle vient juste de les remettre &#224; leurs familles de Kaboul, dont la plupart ont tout vendu pour donner &#224; leur meilleur fils une autre vie. Un jeune homme sourit sur fond de Notre-Dame, belle lumi&#232;re, cadrage soign&#233;. La photo trouvera une place de choix sur le mur de la grande pi&#232;ce. Puis elle me sort les tirages qu'elle n'a pas os&#233; montrer aux parents : on y voit le m&#234;me jeune homme en sans-papiers allong&#233; sur un banc dans&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_271 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH441/97_ferri_afg-63242.png?1779603163' width='400' height='441' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par ferri
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;un square de la gare de l'Est, un sac Tati pour oreiller, s'endormant dans le froid avec pour couverture la pression terrible d'incarner l'espoir et les r&#234;ves de toute une famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Kaboul, direct chez le merlan. Rh&#226;a ! Le frisson du rasoir wahhabite crissant sur ma nuque infid&#232;le. J'aime bien me faire rafra&#238;chir chez les muslims. Tu t'assoies dans un fauteuil de dentiste russe totalement d&#233;truit, tu &#233;coutes une musique lancinante, les coiffeurs sont des pros silencieux au geste assur&#233;, &#231;a ne co&#251;te presque rien et surtout t'es pas oblig&#233; de parler. Avant de me raser, Ramiro (je trouve que &#231;a lui va bien comme nom) me masse les mandibules, une main sur la hanche tout en roulant des yeux. &#199;a a quelque chose de rassurant de savoir que m&#234;me &#224; Kaboul r&#232;gne la loi universelle de la physique capillaire r&#233;gissant le monde myst&#233;rieux du cheveu, insensible &#224; la temp&#233;rature, indiff&#233;rent aux contractions de l'espace-temps. Respect Ramiro, ici il en faut beaucoup plus que dans le Marais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rentre dans deux jours et me force &#224; faire prendre l'air &#224; mon Leica. Nico, le Belge pour qui je bosse, m'emm&#232;ne au c&#233;l&#232;bre palais du roi Zaher ou de ce qu'il en reste apr&#232;s sa r&#233;fection &#224; l'artillerie lourde. Le palais en ruine cribl&#233; d'impacts tr&#244;ne au sommet d'une butte, en contre-bas des Hazaras jouent au foot en cette douce fin d'apr&#232;s-midi d'Orient. Les Hazaras, c'est un peu leurs bougnoules, aux Afghans, leurs Untermenschen &#224; eux, ceux qui se font piquer leurs terres, qui accomplissent les t&#226;ches les plus d&#233;gradantes et les plus dures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre m&#244;mes, des Kouchis &#8211; les gitans afghans &#8211; nous entourent. Ils ont sept ou huit ans, sont en haillons, sales, tr&#232;s maigres. Sur les quatre, deux n'ont d&#233;j&#224; plus des regards d'enfants. Ils viennent mendier. Le plus maigre pleure sur commande, il a une t&#234;te vraiment sympa, il part dans des sanglots bien huil&#233;s ponctu&#233;s de hurlements stridents. Nico lui demande en dari combien de temps il peut pleurer sans &#233;clater de rire. Le m&#244;me se marre instantan&#233;ment puis se remet &#224; pleurer, et se remarre. Je fouine dans mes poches, je n'ai que trois billets de monnaie locale. Les trois gosses se jettent dessus, le pleureur n'a pas &#233;t&#233; assez rapide, il n'a rien et il se remet &#224; chialer mais pour de bon ce coup-ci. On n'a plus d'argent &#224; lui filer, le gosse couine la d&#233;tresse, on se dirige vers la voiture. Trouver quelque chose, vite. Il n'y a qu'un paquet de clopes, un bidon d'huile et un foulard afghan. On lui donne le foulard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, il a quelque chose de neuf et de propre &#224; se mettre. Il se pare avec gravit&#233; de ce bout de tissu &#224; un dollar, il se tient droit, il rayonne tel un proph&#232;te, fier et paniqu&#233; &#224; la fois de ne plus tout &#224; fait ressembler &#224; un gueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On les raccompagne, ils s'agrippent &#224; chaque index de nos deux mains. Sur le chemin du retour, une bombe de cinq cents kilos a creus&#233; un crat&#232;re parfait de six m&#232;tres de diam&#232;tre sur trois de profondeur. Ils nous l&#226;chent et vont jouer. Ce qui les fait marrer, c'est de courir &#224; toute vitesse sur les bords du crat&#232;re, ils sont tr&#232;s pench&#233;s, presque &#224; l'horizontale, &#231;a les amuse, ils adorent &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce jardin d'enfants farci de shrapnels et d'&#233;clats d'obus, ils ne jouent jamais ensemble, mais chacun &#224; son tour, attendant sagement l'unique paire de sandales qu'ils se partagent pour courir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Un dimanche au jardin</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-dimanche-au-jardin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-dimanche-au-jardin</guid>
		<dc:date>2011-02-24T07:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>jardins</dc:subject>
		<dc:subject>jardin</dc:subject>
		<dc:subject>terrain</dc:subject>
		<dc:subject>belle</dc:subject>
		<dc:subject>l'Artichaut</dc:subject>
		<dc:subject>parcelles</dc:subject>
		<dc:subject>parcelle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, il n'y a pas que les bulldozers d'Eurom&#233;diterran&#233;e, les m&#233;tros qui s'arr&#234;tent juste avant les quartiers Nord et les bancs publics remplac&#233;s par des panneaux de pub. Il y a aussi le Jardin, une association potag&#232;re, artistique et conviviale. Autant l'avouer tout de suite : quand on est l&#224;-haut, on n'est pas loin de penser que c'est un bout de paradis. Parce que ce sont des copains et qu'on y tra&#238;ne souvent nos gu&#234;tres ? Sans doute. Mais surtout parce que c'est un lieu comme on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no85-janvier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;85 (janvier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-56" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais" rel="tag"&gt;Mais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardins" rel="tag"&gt;jardins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardin" rel="tag"&gt;jardin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Artichaut" rel="tag"&gt;l'Artichaut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parcelles" rel="tag"&gt;parcelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parcelle" rel="tag"&gt;parcelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, il n'y a pas que les bulldozers d'Eurom&#233;diterran&#233;e, les m&#233;tros qui s'arr&#234;tent juste avant les quartiers Nord et les bancs publics remplac&#233;s par des panneaux de pub. Il y a aussi le Jardin, une association potag&#232;re, artistique et conviviale. Autant l'avouer tout de suite : quand on est l&#224;-haut, on n'est pas loin de penser que c'est un bout de paradis. Parce que ce sont des copains et qu'on y tra&#238;ne souvent nos gu&#234;tres ? Sans doute. Mais surtout parce que c'est un lieu comme on n'en conna&#238;t pas beaucoup, un petit morceau d'utopie en construction permanente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_94 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH378/Jardin_def-20157.jpg?1779602958' width='400' height='378' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le quartier populaire de La Belle de Mai &#224; Marseille, une colline surplombe l'autoroute a&#233;rienne imbriqu&#233;e dans la ville. On y grimpe, au d&#233;tour d'un boulevard, par une rue aussi &#233;troite qu'abrupte. &#192; mi-c&#244;te, une porte en ferraille s'ouvre sur un chemin de terre : on entre dans le Jardin de Gibraltar. Le terrain, propri&#233;t&#233; de la ville, est lou&#233; par parcelles &#224; des particuliers et &#224; diverses associations pour y cultiver la terre. D'embl&#233;e, le territoire est s&#233;par&#233; entre une zone grillag&#233;e et un espace ouvert, vaste plateau de 850 m2 qui donne sur les pentes. Un rocher peint annonce : &#171; &lt;i&gt; Ce lieu est aux habitants d'ici et d'ailleurs, &#224; tous ceux qui veulent y planter leur graine. Prenez-en soin. &lt;/i&gt; &#187; C'est sur cet espace-l&#224; que l'Artichaut s'active. &lt;a href=&#034;http://www.lartichaut.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Artichaut&lt;/a&gt;, une association cr&#233;&#233;e en 2006 &#224; l'initiative de Steffi, la trentaine, Allemande nourrie de l'exp&#233;rience des jardins interculturels qui fleurissent outre-Rhin&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Les Vieux Dossiers sur l'histoire des jardins, dans le m&#234;me num&#233;ro.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;En arrivant &#224; Marseille, j'ai cherch&#233; s'il y avait des lieux comme &#231;a. L'id&#233;e n'est pas de recr&#233;er plein de jardins dans la ville ou de pr&#244;ner le retour &#224; la terre, mais d'ouvrir un endroit o&#249; les gens peuvent se rassembler et r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'on peut faire d'autre : la f&#234;te, une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre&#8230; Le jardinage est une activit&#233; parmi d'autres, un moyen.&lt;/i&gt; &#187; Et pourquoi l'Artichaut ? &#171; &lt;i&gt; D&#233;j&#224; parce que c'est une belle fleur, et que &#231;a prend deux ans &#224; le cultiver, il faut de la patience. Ensuite, parce qu'il y a le mot &#8220;art&#8221; dedans et que &#231;a correspond &#224; notre mani&#232;re de voir le jardinage.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'art ancr&#233; dans le social, de l'art avec et pour les habitants du quartier. Un des deux emplois aid&#233;s de l'association a permis d'embaucher Tristan, &lt;a href=&#034;http://www.tristanfavre.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;artiste plasticien&lt;/a&gt; qui travaille sur la critique de l'urbanisme lib&#233;ral et la r&#233;appropriation de l'espace public. C'est lui qui fait la visite du potager : &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;part, le terrain &#233;tait en friche, on gardait l'acc&#232;s ouvert en permanence, dans l'id&#233;e du jardin communautaire. Mais des personnes ont demand&#233; &#224; avoir leur propre parcelle, alors on a d&#233;velopp&#233; les deux. Une quinzaine de personnes viennent r&#233;guli&#232;rement. Ici, c'est la parcelle d'un instituteur, l&#224; celle un vieil Alg&#233;rien du quartier, l&#224;, &lt;a href=&#034;http://www.gruik.asso.st&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gruik&lt;/a&gt;, un collectif qui pr&#233;pare un court-m&#233;trage d'animation, l&#224; une famille, l&#224; l'association &lt;a href=&#034;http://www.instantsvideo.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Instants Vid&#233;o&lt;/a&gt;, l&#224; ce sont deux classes sp&#233;cialis&#233;es du coll&#232;ge du coin...&lt;/i&gt; &#187; La convention conclue avec le coll&#232;ge permet d'initier les minots au &lt;i&gt;land art&lt;/i&gt;. En 2008, via un &#233;change europ&#233;en, huit gamins d'ici sont partis dans un jardin interculturel tenu par des Bosniaques &#224; Berlin, et huit minots berlinois sont venus d&#233;couvrir La Belle de Mai. Au niveau local, l'Artichaut fait partie du r&#233;seau des &lt;a href=&#034;http://www.reseaujsm.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jardins solidaires m&#233;diterran&#233;ens&lt;/a&gt;, qui &#233;change pratiques et actions de sensibilisation. On s'approvisionne en semences bio aupr&#232;s de producteurs artisanaux engag&#233;s dans la d&#233;fense de la biodiversit&#233;, comme &lt;a href=&#034;http://www.germinance.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Germinance&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://www.kokopelli.asso.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kokopelli&lt;/a&gt;, et on prend des conseils sur les cultures aupr&#232;s de la coop&#233;rative agricole de Longoma&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dimanche d'octobre, l'Artichaut, en lien avec l'association &#224; qui le terrain est lou&#233;, la Fraternit&#233; de La Belle de mai, attribue de nouvelles parcelles : l'appel est lanc&#233; publiquement, vient qui veut. Et sont venus, ce jour-l&#224;, une association de Comoriens, d'anciens stagiaires de la radio associative militante du coin, &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt;, des jeunes arriv&#233;s l&#224;, au d&#233;part, via une structure de r&#233;insertion et qui d&#233;cident de cr&#233;er leur propre rapport au lieu en travaillant un bout de terrain avec leurs compagnes, et diverses personnes. Steffi explique le fonctionnement : &#171; &lt;i&gt;Ce sont des jardins familiaux qu'on ouvre aujourd'hui, mais la famille au sens large : les amis, les colocs&#8230; Les conditions pour avoir une parcelle, c'est de cotiser entre cinq et dix euros &#224; l'ann&#233;e, de venir r&#233;guli&#232;rement et de s'occuper aussi des parcelles des autres : s'il y a des escargots, on cherche ensemble comment faire, si une parcelle est abandonn&#233;e, on s'en occupe un peu. La formation se fait avec les connaissances de tout le monde, et, au final, &#231;a fait une bonne &#233;quipe d'autodidactes. On a d&#233;j&#224; des outils dans le cabanon, ils sont collectifs.&lt;/i&gt; &#187; Il y a 60 m2 &#224; se partager, et chacun commence &#224; b&#234;cher. Des gamins roms qui habitaient dans le coin auparavant passent faire un tour de balan&#231;oire, et se mettent bient&#244;t &#224; retourner la terre avec les autres. Leur grande s&#339;ur arrive, et salue tout le monde : quelques mots en italien par-ci, quelques phrases en allemand par-l&#224;, un peu de fran&#231;ais, un peu de romani.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la r&#233;colte, au fait, s'enqui&#232;rent les nouveaux jardiniers, &#224; qui elle va ? &#171; &lt;i&gt;Elle sera pour celui qui a la parcelle, c'est sympa s'il peut offrir quelques tomates aux autres ensuite. Chaque mois, on propose un mercredi et un dimanche ensemble, on partage un repas.&lt;/i&gt; &#187; Des repas qui commencent en d&#233;but d'apr&#232;s-midi et qui se poursuivent tard le soir, par des concerts de musique kurde, afghane ou exp&#233;rimentale, et par des projections en plein air organis&#233;es par le collectif &lt;a href=&#034;http://cinedahdah.over-blog.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cin&#233; Dahdah&lt;/a&gt; ou par les associations qui cultivent un lopin au Jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'aventure hors du territoire de l'Artichaut, dans le labyrinthe des parcelles cl&#244;tur&#233;es, pour aller demander leur avis aux autres locataires du terrain. Au fin fond des ruelles improvis&#233;es, quelques particuliers font la moue : &#171; &lt;i&gt; S'ils ne cl&#244;turent pas, les jeunes viendront casser, il y aura des vols, des bagarres ! Ici, on en a, c'est bien pour &#231;a qu'on se prot&#232;ge.&lt;/i&gt; &#187; Steffi temp&#232;re : &#171; &lt;i&gt; Au d&#233;but, comme on a pris le parti d'une d&#233;marche tr&#232;s ouverte, on a eu des soucis de vols de r&#233;coltes, de mat&#233;riel cass&#233;, mais il ne faut rien exag&#233;rer. Et puis, depuis un an, &#231;a va : depuis qu'on a appris &#224; construire des cabanes plus solides, que des familles du quartier ont des parcelles et qu'on travaille avec le coll&#232;ge.&lt;/i&gt; &#187; Et puis de toutes fa&#231;ons : &#171; &lt;i&gt;On va commencer, si &#231;a ne marche pas on verra bien.&lt;/i&gt; &#187; Et ce dimanche-l&#224;, &#231;a marchait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-terre-rend-libre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Vieux Dossiers sur l'histoire des jardins&lt;/a&gt;, dans le m&#234;me num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La terre rend libre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-terre-rend-libre</link>
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		<dc:date>2011-02-10T07:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
		<dc:subject>jardins</dc:subject>
		<dc:subject>jardin</dc:subject>
		<dc:subject>jardins ouvriers</dc:subject>
		<dc:subject>si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>XIXe si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>marqu&#233;e ultra-r&#233;ac</dc:subject>
		<dc:subject>civilisation rurale</dc:subject>
		<dc:subject>terre nourrici&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>jusqu'&#224; P&#233;tain</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La culture de la terre nourrici&#232;re et la civilisation rurale ont gard&#233; une image plut&#244;t marqu&#233;e ultra-r&#233;ac. Avec Barr&#232;s, et sa terre-patrie fertilis&#233;e par les poilus de 1914-1918, ou Maurras et sa pelouse sanctifi&#233;e par le sang des martyrs aristocrates de la R&#233;volution fran&#231;aise, jusqu'&#224; P&#233;tain, sans compter le lobbying de la FNSEA en faveur de l'agriculture industrielle, la cambrousse aurait quelques raisons de nous flanquer la naus&#233;e. Cependant, il existe une autre filiation historique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La culture de la terre nourrici&#232;re&lt;/strong&gt; et la civilisation rurale ont gard&#233; une image plut&#244;t marqu&#233;e ultra-r&#233;ac. Avec Barr&#232;s, et sa terre-patrie fertilis&#233;e par les poilus de 1914-1918, ou Maurras et sa pelouse sanctifi&#233;e par le sang des martyrs aristocrates de la R&#233;volution fran&#231;aise, jusqu'&#224; P&#233;tain, sans compter le lobbying de la FNSEA en faveur de l'agriculture industrielle, la cambrousse aurait quelques raisons de nous flanquer la naus&#233;e. Cependant, il existe une autre filiation historique, carr&#233;ment &#233;clips&#233;e par l'industrialisation et le mouvement ouvrier : l'all&#233;gorie du jardin d'&#201;den et les exp&#233;riences de communaut&#233;s villageoises de paysans libres &#8211; effleur&#233;es en France au XVIe et XVIIe si&#232;cles, puis au XIXe si&#232;cle en Russie avec le &lt;i&gt;mir&lt;/i&gt; ou dans la &lt;i&gt;zadruga&lt;/i&gt; slave &#8211;, ou, plus commun&#233;ment, le r&#234;ve d'une vie rurale harmonieuse o&#249; le paysage est model&#233; par des ploucs associ&#233;s. Tout cela a aussi nourri les imaginaires r&#233;volutionnaires, notamment dans l'Ukraine de Makhno et l'Espagne en 1936. Aujourd'hui, c'est dans nos &#171; m&#233;galo-monstres &#187; m&#233;tropolitains que pourraient s'immiscer de douces gu&#233;rillas potag&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Europe&lt;/strong&gt;, l'irruption de la main verte au sein des villes passe par les jardins ouvriers &#224; la fin du xixe si&#232;cle. Ce sont les chantres du catholicisme social puis les militants du Front populaire qui ont essaim&#233; l'exp&#233;rience de la parcelle individuelle destin&#233;e &#224; am&#233;liorer l'ordinaire du prolo et, par la m&#234;me occasion, son autonomie face aux forces pr&#233;datrices du march&#233;. Dans les ann&#233;es 1950, on ne compte pas moins de 300 000 jardins ouvriers en France, g&#233;r&#233;s par des associations loi 1901, sur un principe de mixit&#233; sociale et avec l'interdiction absolue de tout usage commercial. En 1952, ils prennent le nom de jardins familiaux. M&#234;me si l'extension tentaculaire des p&#233;riph&#233;ries urbaines et la sp&#233;culation immobili&#232;re les ont depuis consid&#233;rablement dig&#233;r&#233;s, ils pourraient revenir plus gaillardement que jamais &#224; la faveur de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le nouveau monde&lt;/strong&gt;, &#224; la fin des ann&#233;es 1960, les Diggers de San Francisco ne s'y sont pas tromp&#233;s, ils ont repris l'h&#233;ritage des communistes agraires anglais du xviie si&#232;cle se battant contre la mainmise des grands propri&#233;taires terriens sur les terres collectives. Leurs activit&#233;s n'avaient qu'en partie &#224; voir avec celles de gentils cultivateurs urbains donnant &#224; manger des l&#233;gumes sains aux pauvres puisqu'ils chapardaient une bonne part des produits qu'ils offraient en partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Puis au d&#233;but des ann&#233;es 1970&lt;/strong&gt;, Liz Christy lance les Green Guerillas dans le Lower East Side &#224; New York. Avec ses bombes &#224; graines lanc&#233;es au-dessus des grillages, elle v&#233;g&#233;talise sauvagement les terrains vagues et autres friches pour le plus grand bonheur des cam&#233;s (&#231;a d&#233;tourne l'attention des flics) et des autorit&#233;s municipales (&#231;a revigore un quartier tout pourri). Avec tr&#232;s peu de moyens et beaucoup d'&#233;nergie, le premier jardin devient un espace de rencontres et d'exp&#233;rimentations en tout genre. Ainsi naissent les community gardens, pr&#232;s de 1 000 aujourd'hui dans la seule Big Apple, qui produisent quelques dizaines de tonnes de l&#233;gumes &#233;coul&#233;s sur les march&#233;s. Ici aussi, le binage est un pr&#233;texte pour nouer des liens sociaux, &#171; communautaires &#187; disent les Ricains, &#171; conviviaux &#187; disent les bobos d'ici. Mais la sp&#233;culation immobili&#232;re veille, avec la complicit&#233; de la mairie qui ne peut laisser des espaces vacants, si socialement utiles soient-ils, et ce sont des dizaines de ces jardins qui sont d&#233;truits chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette tendance au jardin partag&#233;&lt;/strong&gt; ou collectif constitue-
t-elle une alternative &#224; la Grande Catastrophe ? &#192; Detroit, Motor City, ancienne capitale de l'automobile made in America, le tiers de la ville est aujourd'hui convoit&#233; non par des promoteurs immobiliers mais par des associations d&#233;veloppant l'agriculture urbaine. En pleine crise, collectifs et individus tentent de r&#233;cup&#233;rer les milliers de terrains inoccup&#233;s pour b&#234;cher quelques dizaines de dollars. Sous l'&#339;il envieux de financiers et de politiques d&#251;ment avertis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Collectivisme potager</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Collectivisme-potager</link>
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		<dc:date>2007-02-07T14:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>jardin</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>plan</dc:subject>
		<dc:subject>p&#226;le soleil</dc:subject>
		<dc:subject>doryphores plan</dc:subject>
		<dc:subject>Tarn Nord</dc:subject>
		<dc:subject>Courb&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>bl&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le jardinage n'est pas qu'une occupation de retrait&#233;. C'est aussi le moyen de garnir son garde-manger &#224; peu de frais. Et si on b&#234;che &#224; plusieurs, c'est termin&#233; avant m&#234;me de se faire des ampoules. Courb&#233;s sous un p&#226;le soleil de mai, nous traquions les doryphores plan par plan. Une vraie saloperie, ces bestioles : les plus grosses sont faciles &#224; choper, mais les petites se planquent sous les feuilles et vous claquent entre les doigts. Pour faciliter la t&#226;che, nous devions les mettre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no40-decembre-2006" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;40 (d&#233;cembre 2006)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardin" rel="tag"&gt;jardin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ble" rel="tag"&gt;bl&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le jardinage n'est pas qu'une occupation de retrait&#233;. C'est aussi le moyen de garnir son garde-manger &#224; peu de frais. Et si on b&#234;che &#224; plusieurs, c'est termin&#233; avant m&#234;me de se faire des ampoules.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Courb&#233;s sous un p&#226;le soleil de mai, nous traquions les doryphores plan par plan. Une vraie saloperie, ces bestioles : les plus grosses sont faciles &#224; choper, mais les petites se planquent sous les feuilles et vous claquent entre les doigts. Pour faciliter la t&#226;che, nous devions les mettre pr&#233;cautionneusement dans des bouteilles en plastique, afin d'en faire un purin que d'autres &#233;pandront sur ces pieds de pomme de terre. Il para&#238;t que l'odeur des cadavres ferment&#233;s de leurs cong&#233;n&#232;res fait fuir les jeunes g&#233;n&#233;rations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille, du haut de ses deux ans, pr&#233;f&#233;rait d&#233;cimer les rangs de son &#233;p&#233;e en noisetier. Elle se r&#233;tama la couche dans les oignons, au grand d&#233;sespoir de sa m&#232;re, qui s'en fut la balader jusqu'au bas du jardin, o&#249; le bl&#233; &#233;tait encore sur pied. &lt;i&gt;&#171; Nous l'avons moissonn&#233; depuis&lt;/i&gt;, confie Ben, &lt;i&gt;mais il &#233;tait charbonn&#233;, et nous n'avons pu le garder. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Nous &#187;&lt;/i&gt;, ce sont les vingt personnes qui, dans un coin du Tarn Nord, ont fait de ce petit hectare leur jardin collectif. &lt;i&gt;&#171; On a commenc&#233; &#224; l'automne 2004. Nous nous sommes regroup&#233;s pour cultiver des patates, de l'ail&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il. Car jardiner &#224; plusieurs, c'est moins dur et c'est plus rigolo, surtout si on choisit &lt;i&gt;&#171; des cultures qui poussent facilement et qui demandent le moins de temps possible. &#187;&lt;/i&gt; Il pr&#233;cise : &lt;i&gt;&#171; On bosse tous&#8230; Enfin, on a tous beaucoup d'activit&#233;s par ailleurs ! &#187;&lt;/i&gt; Entre la pr&#233;paration du champ, les plantations et l'entretien, ils ne s'y &#233;chinent pas plus d'une quinzaine de jours par an. Les r&#233;unions ap&#233;ros-bouffes pour prendre les d&#233;cisions strat&#233;giques ne sont bien s&#251;r pas comptabilis&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but, chaque foyer devait fournir la m&#234;me quantit&#233; de travail, que nous &#233;valuions au pifom&#232;tre, puis recevait une part des r&#233;coltes. Mais on a arr&#234;t&#233; : les foyers peuvent &#233;voluer, se recomposer, et alors il faut tout recalculer ! Et puis un c&#233;libataire obtenait autant qu'une famille. Maintenant, on divise par le nombre d'individus impliqu&#233;s, c'est plus simple. &#187;&lt;/i&gt; Et que r&#233;cup&#232;re-t-on dans son petit panier, en sus des apr&#232;s-midi vivifiantes avec les coll&#232;gues ? &lt;i&gt;&#171; Cette ann&#233;e, c'est revenu &#224; trente-cinq euros par personne, et chacun a r&#233;cup&#233;r&#233; un cageot d'ail, une vingtaine d'oignons et trente-cinq kilos de patates. Point de bl&#233; &#224; cause de ce foutu charbon, mais l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, nous avions engrang&#233; cent kilos par t&#234;te. &#187;&lt;/i&gt; Que chacun utilise comme il le souhaite : qui pour nourrir ses poules, qui pour le pain et les g&#226;teaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ben trouve moult avantages &#224; mettre la main &#224; la terre : &lt;i&gt;&#171; Premi&#232;rement, je n'ai pas de terrain, cela me permet donc d'avoir un jardin. Ensuite, &#231;a permet de faire des &#233;conomies sur la bouffe, et puis surtout de savoir ce que je mange. &#187;&lt;/i&gt; La gamine ne jouerait s&#251;rement pas &#224; Fanfan la Tulipe au milieu de l&#233;gumes gav&#233;s de produits phytosanitaires. &lt;i&gt;&#171; Mais on ne fait pas sp&#233;cialement du bio, on n'a pas de cahier des charges ! On utilise parfois des semences classiques, selon les opportunit&#233;s. Mais par contre, on ne traite pas &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise-t-il. Pour &#233;viter le retour des bestioles, ils vont mettre en pratique quelques techniques culturales bien connues : &lt;i&gt;&#171; Le bl&#233;, nous allons le semer ailleurs. De m&#234;me que pour &#233;viter les doryphores, les pommes de terre vont changer de place. Et puis nous allons alterner chaque pied avec du lin, il para&#238;t que &#231;a les &#233;loigne. &#187;&lt;/i&gt; Du lin ! All&#233;luia !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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