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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>R&#233;forme de la SNCF : Ce sentiment de la gr&#232;ve bien faite</title>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


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&lt;p&gt;Alors, gr&#232;ve perl&#233;e ou reconductible ? CQFD a cherch&#233; &#224; savoir ce qu'en pensaient les gars du rail. Le r&#233;sultat ? Terrible. O&#249; l'on d&#233;couvre que la guerre de plus ou moins basse intensit&#233; men&#233;e par les gouvernements successifs &#8211; et les m&#233;dias &#8211; a fini par d&#233;go&#251;ter les cheminots de leur boulot. Pas de panique, un accord a &#233;t&#233; trouv&#233;. Point &#8211; du tout &#8211; avec le gouvernement, lequel souhaite toujours ardemment r&#233;former la SNCF &#224; grands coups d'ordonnances. Et, entre autres, faire dispara&#238;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2154-ce294.jpg?1783040771' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors, gr&#232;ve perl&#233;e ou reconductible ? &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a cherch&#233; &#224; savoir ce qu'en pensaient les gars du rail. Le r&#233;sultat ? Terrible. O&#249; l'on d&#233;couvre que la guerre de plus ou moins basse intensit&#233; men&#233;e par les gouvernements successifs &#8211; et les m&#233;dias &#8211; a fini par d&#233;go&#251;ter les cheminots de leur boulot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pas de panique, un accord a &#233;t&#233; trouv&#233;. Point &#8211; du tout &#8211; avec le gouvernement, lequel souhaite toujours ardemment r&#233;former la SNCF &#224; grands coups d'ordonnances. Et, entre autres, faire dispara&#238;tre le statut de cheminot pour les nouveaux entrants. Non. Si accord il y a, c'est entre, d'une part la CGT, l'Unsa et la CFDT, et d'autre part Sud-Rail. Les trois premiers syndicats de l'entreprise publique se sont entendus pour appeler les cheminots &#224; faire gr&#232;ve deux jours sur cinq du 3 avril &#224; la fin juin, pendant trois mois. Pas convaincu par cette strat&#233;gie tr&#232;s particuli&#232;re, Sud-Rail a pr&#233;f&#233;r&#233; d&#233;poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve reconductible &#224; partir du 3 avril. Les quatre structures sont donc partantes pour mener les deux tactiques de front, quitte &#224; en abandonner une en fonction des r&#233;actions de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, la base&#8230; &#192; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, nous avons cherch&#233; &#224; savoir ce qu'en pensaient les militants syndicaux de terrain. &#171; &lt;i&gt;&#199;a me rappelle la gr&#232;ve &#8220; saute-mouton &#8221; de 2003&lt;/i&gt;, avance Charles, retrait&#233; toujours actif au sein de Sud, qui manifeste ce 22 mars &#224; Marseille pour d&#233;fendre la SNCF et la fonction publique. &lt;i&gt;On avait l'impression que &#231;a n'allait jamais d&#233;marrer. Cette fois aussi, les m&#233;dias risquent de se d&#233;cha&#238;ner au bout de quelques jours. Et nous ne gagnerons pas la bataille contre le gouvernement si nous ne remportons pas celle de l'opinion publique. Une gr&#232;ve, &#231;a d&#233;pend du timing. Et un timing long n'est pas le plus opportun.&lt;/i&gt; &#187; Fred Michel, de Sud-Rail, abonde en son sens : &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me avec une gr&#232;ve de deux jours sur cinq, c'est que &#231;a nous d&#233;poss&#232;de. Il n'y a pas d'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, par exemple. Pour gagner, il faut que les syndicats soient d&#233;pass&#233;s par les cheminots, avec un rapport de force qui se reconduit de jour en jour.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile, en ce 22 mars, de recueillir le son de cloche des militants CGT, puisque ces derniers ne participent pas au cort&#232;ge marseillais &#8211; ils ont d&#233;cid&#233; de d&#233;filer &#224; Paris. C'est donc quelques jours plus tard que l'on rencontre trois syndicalistes du centre de maintenance SNCF de la Blancarde (12e arrondissement). &#171; &lt;i&gt;C'est un peu nouveau pour nous, ce type de gr&#232;ve. Mais au moins, il y a une strat&#233;gie, et elle peut nous permettre de tenir plus longtemps&lt;/i&gt;, avance Lionel. &lt;i&gt;D'exp&#233;rience, on sait que les probl&#232;mes se multiplient au bout de quatre ou cinq jours de gr&#232;ve. Nous, ce qu'on veut, c'est d&#233;sorganiser la production sans faire trop chier les usagers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tr&#232;s vite, la discussion abandonne les consid&#233;rations strat&#233;giques pour glisser vers le ressenti. Les ressentiments, m&#234;me. &#171; &lt;i&gt;On sent bien que la col&#232;re augmente au fur et &#224; mesure que le moral baisse&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Lionel. &lt;i&gt;Ce qu'on ne supporte plus, c'est d'entendre dire que nous sommes des privil&#233;gi&#233;s. &#199;a met la rage. Moi, je suis technicien, j'ai vingt ans de bo&#238;te, je ne bosse pas la nuit ni le week-end, et je gagne 1 675 &#8364; net par mois, primes comprises.&lt;/i&gt; &#187; L'augmentation de la charge de travail et la baisse des effectifs dans leur service, r&#233;currentes depuis des ann&#233;es, ne sont pas l&#224; pour les rendre optimistes. &#171; &lt;i&gt;Ici, nous &#233;tions 1 200 en 2008. Nous ne sommes plus que 740. Par contre, le nombre de trains &#224; entretenir a tripl&#233;&lt;/i&gt; &#187;, soutient Renaud, d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel CGT. Et d'un coup, la loco charg&#233;e &#224; la col&#232;re s'emballe : &#171; &lt;i&gt;En fait, les cheminots ne sont pas heureux. Chez les roulants, il y a 70 % de divorces, souvent &#224; cause des horaires d&#233;cal&#233;s. Et &#224; la maintenance, on ne ram&#232;ne pas de beurre&#8230; Quand j'ai d&#233;but&#233; &#224; la SNCF il y a seize ans, j'&#233;tais fier de dire que je r&#233;parais des trains, j'avais l'impression d'annoncer que je jouais &#224; l'OM ! &#199;a int&#233;ressait les gens &#8211; les trains fascinent toujours un peu. Et &#231;a donnait envie aux minots de devenir chef de gare ou &#8220; conducteur de train &#8221;. Tandis que maintenant, j'ai le sentiment d'&#234;tre atteint du syndrome de la caissi&#232;re de supermarch&#233; &#8211; avec tout mon respect, personne n'a envie de faire son travail&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Le gars est lanc&#233;, plus rien ne l'arr&#234;te : &#171; &lt;i&gt;Avant, je ne gagnais pas beaucoup, mais je retirais une certaine satisfaction de ce qu'on accomplissait avec les copains. Quand un train sortait de chez nous, il pouvait rouler. Mais c'est fini, nous n'avons plus les moyens de faire correctement le boulot. Ils ont r&#233;ussi &#224; nous voler le sentiment du travail bien fait.&lt;/i&gt; &#187; Rien que pour ce manque de consid&#233;ration, il serait bienvenu que ce gouvernement et ses ordonnances passent sous les roues du train de la gr&#232;ve. Qu'elle soit perl&#233;e ou reconductible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2298 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH267/-570-325a0.jpg?1782665310' width='500' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La journ&#233;e d'action</title>
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		<dc:date>2014-03-04T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le matin, il p&#232;le comme c'est pas permis et je dois gratter mon pare-brise. De chez moi, j'entends le ronronnement des turbines et les crachements de vapeur de l'usine o&#249; je bosse, situ&#233;e pourtant &#224; huit kilom&#232;tres. Un autre signe du froid. En plus, je me suis lev&#233; plus t&#244;t, car avant d'aller au turbin, je veux passer voir le piquet de gr&#232;ve des copains cheminots des ateliers Quatre Mares situ&#233;s &#224; St-&#233;tienne-du-Rouvray (76). Aujourd'hui, c'est journ&#233;e de gr&#232;ve &#224; la SNCF, &#224; cause du nouveau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no118-janvier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;118 (janvier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_934 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH306/p13-efix-cqfd47-c2042.jpg?1782775475' width='500' height='306' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le matin, il p&#232;le comme c'est pas permis et je dois gratter mon pare-brise. De chez moi, j'entends le ronronnement des turbines et les crachements de vapeur de l'usine o&#249; je bosse, situ&#233;e pourtant &#224; huit kilom&#232;tres. Un autre signe du froid. En plus, je me suis lev&#233; plus t&#244;t, car avant d'aller au turbin, je veux passer voir le piquet de gr&#232;ve des copains cheminots des ateliers &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/D-un-atelier-l-autre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quatre Mares&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le livre Quatre Mares, que j'ai fait avec le photographe Alain Lefebvre, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; situ&#233;s &#224; St-&#233;tienne-du-Rouvray (76). Aujourd'hui, c'est journ&#233;e de gr&#232;ve &#224; la SNCF, &#224; cause du nouveau projet de d&#233;mant&#232;lement. La SNCF qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; coup&#233;e en deux organismes (la circulation des trains d'un c&#244;t&#233; et la maintenance des voies de l'autre) va &#234;tre encore divis&#233;e, avec l'apparition d'une troisi&#232;me entit&#233;. Les cheminots craignent pour leurs emplois et leurs statuts. On sait aussi que la r&#233;gionalisation des rames (les Intercit&#233;s remplac&#233;s par des TER) va faciliter la privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'autoradio, lorsque la gr&#232;ve est &#233;voqu&#233;e, c'est juste pour comptabiliser les trains en circulation. C'est aussi pour dire que la gr&#232;ve des cheminots tombe mal avec toutes ces alertes &#224; la pollution. Comme toujours, aucune info digne de ce nom sur le pourquoi du mouvement. J'arrive devant les portes des ateliers o&#249; une quarantaine de gr&#233;vistes tentent de se r&#233;chauffer autour de feux de palettes. Toujours spectaculaires surtout qu'il fait encore nuit et que la brume donne &#224; la sc&#232;ne un aspect fantomatique. Ici, et depuis le mouvement de 1995 contre les lois Jupp&#233;, ils ont gard&#233; le r&#233;flexe de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale et du piquet de gr&#232;ve pour chaque journ&#233;e d'action. Ce n'est pas la foule des grands soirs car le froid tr&#232;s vif en a dissuad&#233; plus d'un. Pourtant, ici, aux Ateliers, le pourcentage de ceux qui ont cess&#233; le travail d&#233;passe de tr&#232;s loin le niveau national estim&#233; &#224; 50 % de gr&#233;vistes. Quelques jaunes rentrent presque en douce. &#171; &lt;i&gt;Ceux des bureaux&lt;/i&gt; &#187;, me dit-on. Je me faufile parmi les silhouettes rassembl&#233;es autour des feux, quelques-uns me reconnaissent et me disent que j'aurais d&#251; parler aussi de cette gr&#232;ve-l&#224; dans mon livre. Mais au-del&#224; de l'instantan&#233; d'un livre et de la photographie, la vie continue. Je cherche quelques grandes gueules mais ils sont partis chercher d'autres palettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tombe alors sur Thierry. &#171; &lt;i&gt;C'est mon dernier piquet de gr&#232;ve en tant que cheminot. Bient&#244;t je n'aurai plus besoin de me lever &#224; 4 heures du mat'. Dans 15 jours, je serai en retraite&lt;/i&gt; &#187;, me dit-il en souriant. &#171; &lt;i&gt;Je fais partie des derniers &#224; pouvoir partir &#224; 55 ans. Mais faut dire que j'en ai fait des horaires d&#233;cal&#233;s et des d&#233;couch&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; On sent qu'il est content d'&#234;tre l&#224;. Ces moments de bagarre sont toujours jouissifs. Il me confie aussi qu'il attend avec impatience la manif du midi devant le si&#232;ge de la direction r&#233;gionale : &#171; &lt;i&gt;On rentrera tous dans les locaux, c'est toujours marrant.&lt;/i&gt; &#187; Les ateliers de Quatre Mares sont directement impact&#233;s par le d&#233;mant&#232;lement. Outre le fait qu'on n'y construit quasiment plus de locomotives et qu'on les ferraille plut&#244;t, le p&#244;le Recherche et ing&#233;nierie est supprim&#233;. &#171; &lt;i&gt;Et quand on supprime la recherche, la fin n'est pas loin.&lt;/i&gt; &#187; La directrice du site a d&#233;clar&#233; que les Ateliers sont en train de tourner une page, &#171; &lt;i&gt; mais c'est le livre entier qu'on est en train de fermer&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;agit Thierry. Un non-gr&#233;viste passe, Thierry me dit : &#171; &lt;i&gt;Tu vois ce mec, il n'a rien compris. Son boulot est supprim&#233;, il va &#234;tre mut&#233; &#224; Oullins ou ailleurs, mais il ne fait pas gr&#232;ve. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre Mares a toujours &#233;t&#233; un bastion combatif et pour ces cheminots ce n'est pas une journ&#233;e d'action qui fera changer les choses. &#171; &lt;i&gt;C'est la gr&#232;ve reconductible qu'il faut voter&lt;/i&gt; &#187;, disent la plupart des gens rassembl&#233;s ce matin. Sauf que ce n'est pas ce qui se dessine. En juin dernier, d&#233;j&#224;, une premi&#232;re journ&#233;e de gr&#232;ve, pourtant tr&#232;s suivie, n'avait pas abouti. L&#224; c'est pareil. Seul Sud a convoqu&#233; le lendemain une r&#233;union intersyndicale pour choisir les modalit&#233;s de la suite &#224; donner rapidement. Les autres syndicats n'ont pas r&#233;agi. La CGT a dit, elle, qu'il fallait attendre quelques jours pour voir les retomb&#233;es du mouvement. &#171; &lt;i&gt; Tu parles, avec la p&#233;riode des F&#234;tes, c'est cuit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour va bient&#244;t se lever et je vais encore arriver en retard &#224; mon boulot. Tant pis. Je reste &#224; discuter avec ces cheminots parce que c'est toujours agr&#233;able d'&#234;tre avec des salari&#233;s qui ne se laissent pas faire, m&#234;me quand le combat est difficile. Avant de partir, Thierry m'interpelle : &#171; &lt;i&gt; Tu sais pas la derni&#232;re ? Je viens de recevoir une lettre d'avertissement de la direction, parce que je refuse de faire des heures suppl&#233;mentaires. Ma premi&#232;re lettre d'avertissement et &#224; 15 jours de la retraite ! J'vais la faire encadrer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le livre &lt;i&gt;Quatre Mares&lt;/i&gt;, que j'ai fait avec le photographe Alain Lefebvre, est disponible &#224; la librairie l'Insoumise 128, rue St-Hilaire, 76000 Rouen, contre un ch&#232;que de 10 euros, port compris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D'un atelier l'autre</title>
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		<dc:date>2013-11-05T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Il se trouve que depuis quelques semaines, en plus de mon boulot, je c&#244;toie le quotidien au travail des cheminots. Le Comit&#233; d'&#233;tablissement r&#233;gional de la SNCF, compos&#233; de militants CGT et Sud, m'a confi&#233;, ainsi qu'&#224; un copain photographe, le soin de faire un livre sur un atelier de r&#233;paration de la SNCF (et surtout sur ceux qui y travaillent) : le &#171; technicentre de Sotteville-l&#232;s-Rouen &#187;, plus connu dans la r&#233;gion sous le nom de Quatre-Mares. C'est un lieu important de l'histoire sociale (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il se trouve que depuis quelques semaines, en plus de mon boulot, je c&#244;toie le quotidien au travail des cheminots. Le Comit&#233; d'&#233;tablissement r&#233;gional de la SNCF, compos&#233; de militants CGT et Sud, m'a confi&#233;, ainsi qu'&#224; un copain photographe, le soin de faire un livre sur un atelier de r&#233;paration de la SNCF (et surtout sur ceux qui y travaillent) : le &#171; technicentre de Sotteville-l&#232;s-Rouen &#187;, plus connu dans la r&#233;gion sous le nom de Quatre-Mares. C'est un lieu important de l'histoire sociale des cheminots mais aussi de la r&#233;gion rouennaise. Et s'il existe quantit&#233; de livres sur les trains, les gares, l'histoire de la SNCF, on en trouve peu qui racontent les conditions de vie et de travail, hier comme aujourd'hui, des ouvriers de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois dire que le photographe et moi avons eu une approche du milieu qu'un journaliste n'aurait pas pu avoir. Nous n'avons pas &#233;t&#233; &#171; embarqu&#233;s &#187; par le service com', seulement adoub&#233;s par des gens du syndicat Sud et laiss&#233;s libres de rencontrer les cheminots autant de fois que nous le souhaitions.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_797 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH372/p11-cqfd43-accbc.jpg?1782641280' width='400' height='372' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#233;tant tous les deux salari&#233;s, nous avions beaucoup de choses en commun avec ces cheminots. M&#234;me si on n'a pas le m&#234;me m&#233;tier, on subit les affres du Salariat et de l'Exploitation (oui, je sais, les grands mots majuscules&#8230;) de la m&#234;me fa&#231;on. Du coup, partout o&#249; nous sommes all&#233;s, pendant les moments de boulot ou de pause, tout de suite &#231;a s'est bien pass&#233; et il suffisait de prendre une photo ou de tendre le micro pour que les cheminots se l&#226;chent et disent ce qu'ils avaient sur le c&#339;ur, sans le filtre de &#171; l'amour du m&#233;tier &#187; ou de la langue de bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ateliers de Quatre-Mares sont encore un bastion de prolos qui se bagarrent. Souvent les mouvements de gr&#232;ve de la SNCF ont commenc&#233; ici, tout comme ce sont souvent ces ateliers qui ont &#233;t&#233; les derniers &#224; reprendre le travail. Que ce soit en 1995 contre le plan Jupp&#233;, ou en 2003 et 2010, pour les retraites&#8230; Et ce n'est pas fini. Nous avons m&#234;me pu assister &#224; des mouvements inopin&#233;s de contestation et de revendication, qui font le quotidien au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple de ces ateliers est compos&#233; d'ouvriers sp&#233;cialis&#233;s, ajusteurs, chaudronniers, fraiseurs, &#233;lectriciens, etc. Ils ne font pas un travail &#224; la cha&#238;ne et, vu de l'ext&#233;rieur, celui-ci semble int&#233;ressant. Pourtant les cheminots se plaignent : de l'intensification des pressions hi&#233;rarchiques aux probl&#232;mes d'amiante ou de produits dangereux qu'on les force &#224; utiliser malgr&#233; les droits de retrait et le CHSCT en passant par le projet de scinder la SNCF et le risque de perte de leur statut pour un tiers des cheminots (50 000). Et surtout, il y a ces 400 locomotives, plus ou moins anciennes, parqu&#233;es sur les voies de la gare de triage de Sotteville, aux portes des ateliers, qui attendent d'&#234;tre ferraill&#233;es par les cheminots. Alors qu'&#224; l'origine leur boulot, c'&#233;tait de les fabriquer, ces machines ! C'est comme un cimeti&#232;re des &#233;l&#233;phants. La plupart de ces locomotives pourraient encore circuler, mais le d&#233;veloppement du rail par rapport &#224; la route reste un &#233;ternel serpent de mer des discours politiques sur l'am&#233;nagement du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi tous ces personnages hauts en couleur, il y a V., un militant CGT critique, qui a la gouaille des quartiers populaires de la banlieue rouennaise ainsi que le regard malicieux de ceux &#224; qui on ne la fait pas. Les moteurs de sa vie sont la solidarit&#233; (il s'occupe des orphelins de la SNCF) et la bagarre contre les patrons. Jeune embauch&#233;, c'est le mouvement contre le plan Jupp&#233; qui l'a form&#233;. Lorsqu'il manifestait sous la banderole &#171; Gr&#232;ve G&#233;n&#233;rale &#187; et participait au Comit&#233; de gr&#232;ve, malgr&#233; les consignes de son syndicat &#224; l'&#233;poque. Il raconte lorsqu'il balan&#231;ait des &#339;ufs, avec un copain, sur la quarantaine de non-gr&#233;vistes des ateliers, lorsqu'il p&#233;n&#233;trait par effraction la nuit dans les locaux, pour piquer des torches pour &#233;gayer les manifs, lorsqu'il &#233;tait all&#233; &#171; inviter &#187; les postiers &#224; se mettre en gr&#232;ve, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et tout le reste. Sans parler des caisses de solidarit&#233; mont&#233;es en 2010 lorsque les cheminots avaient fait deux fois quinze jours de gr&#232;ve. Sur ces mouvements, il est intarissable et n'attend que le prochain. &#171; &lt;i&gt;Tu sais&lt;/i&gt;, me dit-il, &lt;i&gt;je me suis toujours mis en position pour pouvoir me bagarrer sans probl&#232;me. Je n'ai pas achet&#233; de maison, je ne me mets jamais de cr&#233;dit sur le dos. Comme &#231;a, j'suis toujours pr&#234;t.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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