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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Lacrymos pour le cort&#232;ge autonome </title>
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		<dc:creator>Samy Ben Abdallah</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;On rejoint le cort&#232;ge rouge et noir dans la rue du Faubourg du Temple. Lorsqu'on arrive sur R&#233;publique, des groupes anars quittent la CNT pour rejoindre ce qu'on appelle, &#224; d&#233;faut de mieux, le cort&#232;ge de t&#234;te. On ne sait pas vraiment ce qu'il en sera, car il se murmure que l'intersyndicale, CGT incluse, ne veut plus voir de cort&#232;ge autonome mener le bal durant ses manifestations. Voil&#224; pourtant que d&#233;barquent les anarchistes autonomes et leurs banni&#232;res, bient&#244;t suivis par une foule de gens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On rejoint le cort&#232;ge rouge et noir dans la rue du Faubourg du Temple. Lorsqu'on arrive sur R&#233;publique, des groupes anars quittent la CNT pour rejoindre ce qu'on appelle, &#224; d&#233;faut de mieux, le cort&#232;ge de t&#234;te. On ne sait pas vraiment ce qu'il en sera, car il se murmure que l'intersyndicale, CGT incluse, ne veut plus voir de cort&#232;ge autonome mener le bal durant ses manifestations. Voil&#224; pourtant que d&#233;barquent les anarchistes autonomes et leurs banni&#232;res, bient&#244;t suivis par une foule de gens disparates, lyc&#233;ens, &#233;tudiants, des moins jeunes et des vioques, dont un qui nous alpague derri&#232;re son masque de ski : &#171; &lt;i&gt;Prenez &#231;a&lt;/i&gt; &#187;, et qu'il sort des p&#233;tards de bien 10 cm planqu&#233;s dans des baguettes de pain. On lui avoue qu'on ne saurait pas quoi en faire, il s'en va en grognant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge se remplit, on n'en voit plus le d&#233;but : &#171; &lt;i&gt;J'y ai jamais vu autant de monde, regarde, y'a m&#234;me des gamins de 17 ans, des vieux, c'est cingl&#233;&lt;/i&gt; &#187;, affirme David, de toutes les manifs loi Travail. Derri&#232;re, la CGT bouge et crie &#171; &lt;i&gt;Avancez !&lt;/i&gt; &#187;. On s'ex&#233;cute. &#192; peine dix minutes plus tard, la queue de notre cort&#232;ge hurle : &#171; &lt;i&gt;On est nass&#233;, revenez !&lt;/i&gt; &#187; On sent que c'est anormal. Trop t&#244;t. On remonte et on entend bient&#244;t voler les premi&#232;res lacrymos. Une pluie qui s'abat sans discontinuer, entrecoup&#233;e de grenades de d&#233;sencerclement lanc&#233;es au milieu de la foule. On n'a jamais vu un tel d&#233;bit de tirs, une telle r&#233;gularit&#233;, une telle violence. Les CRS finissent par avancer, nous repoussant vers Bastille. Des tirs tendus de lacrymos cognent des cr&#226;nes, dans les rues adjacentes ; d'autres CRS nous attendent. On d&#233;bouche &#224; Bastille, impossible de comprendre ce qu'il s'y passe, les palets pleuvent encore, accompagn&#233;s de tirs de Flash-Ball.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, calme plat. Le camion &#224; eau man&#339;uvre. On fait le tour de la place, jonch&#233;e de centaines de palets. Le cort&#232;ge intersyndicale reste &#224; l'entr&#233;e du boulevard Beaumarchais, stationnaire, cern&#233; par un cordon de gendarmes mobiles. Ils avancent et soudain on pige : la CGT a privatis&#233; la manifestation avec la complicit&#233; de la pr&#233;fecture, en coop&#233;rant au massacre. On a du mal &#224; y croire, mais le cordon de gendarmes ne ment pas. Ils foncent droit sur nous, le cort&#232;ge autonome se reforme, du moins ceux capables de continuer. Au Viaduc des arts, le canon &#224; eau qui ouvrait la route fait demi-tour, on entend de nouvelles d&#233;tonations, un chaos s'ensuit. Des anarchistes tentant de fuir par la coul&#233;e verte sont poursuivis par des CRS d&#233;cha&#238;n&#233;s, une camarade me dira plus tard : &#171; &lt;i&gt;Je m'en suis sortie parce qu'une dame nous a cach&#233;s. Mais je n'ai jamais eu aussi peur.&lt;/i&gt; &#187; Les manifestants sont accul&#233;s et matraqu&#233;s. Les plus chanceux fuient dans les rues adjacentes, et retrouvent plus loin le cort&#232;ge de la CNT. Il n'y a quasiment aucun interpell&#233; ; le but &#233;tait clair, d&#233;truire et d&#233;courager le cort&#232;ge de t&#234;te. C'est en quelque sorte une r&#233;ussite. Et beaucoup s'accordent &#224; dire que c'est une tactique &#224; bout de souffle, d&#233;sormais inefficace et dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cort&#232;ges syndicaux, personne n'a id&#233;e de ce qu'il vient de se passer &#8211; ni de la r&#233;pression, ni de la collusion &#233;vidente entre la CGT et la pr&#233;fecture de police. On quitte la place. Un homme a les doigts br&#251;l&#233;s par un palet, un autre boite, et il nous montre la balle de Flash-Ball qui l'a cogn&#233;. Un troisi&#232;me raconte comment les CRS ont humili&#233; et tabass&#233; une bande d'anars, les obligeant &#224; abandonner le contenu de leurs sacs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est &#233;reint&#233;s, et on ne pense qu'&#224; rentrer, prendre des nouvelles des camarades. On sait que ce soir, le pays ne retiendra que les quelques policiers bless&#233;s. Personne n'entendra parler de nous. On sait aussi que c'est le d&#233;but de cinq longues ann&#233;es de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a peur, mais on est tous certains d'en &#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Rennes : La bataille du centre-ville</title>
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		<dc:date>2018-04-11T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Souben</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
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		<dc:subject>libert&#233; fondamentale</dc:subject>
		<dc:subject>Nathalie App&#233;r&#233;</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Drapeaux, slogans, banderoles et distribution de s&#233;rum phy. Les manifs rennaises ressemblent aux autres. &#192; une diff&#233;rence pr&#232;s : le centre-ville, interdit d'acc&#232;s par la mairie et la pr&#233;fecture, est devenu un enjeu du mouvement social. &#171; Manifester est une libert&#233; fondamentale qui doit &#234;tre garantie. &#187; Quand une &#233;lue socialiste dit cela, &#231;a sent le coup fourr&#233;. Et il aura suffi de deux semaines de manifestations pour que Nathalie App&#233;r&#233;, d&#233;put&#233;e-maire de Rennes, corrige sa copie : &#171; Je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nathalie-Appere" rel="tag"&gt;Nathalie App&#233;r&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre-ville" rel="tag"&gt;centre-ville&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Drapeaux, slogans, banderoles et distribution de s&#233;rum phy. Les manifs rennaises ressemblent aux autres. &#192; une diff&#233;rence pr&#232;s : le centre-ville, interdit d'acc&#232;s par la mairie et la pr&#233;fecture, est devenu un enjeu du mouvement social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Manifester est une libert&#233; fondamentale qui doit &#234;tre garantie.&lt;/i&gt; &#187; Quand une &#233;lue socialiste dit cela, &#231;a sent le coup fourr&#233;. Et il aura suffi de deux semaines de manifestations pour que Nathalie App&#233;r&#233;, d&#233;put&#233;e-maire de Rennes, corrige sa copie : &#171; &lt;i&gt;Je ne tol&#233;rerai pas que notre centre-ville soit le th&#233;&#226;tre r&#233;gulier d'affrontements et de d&#233;gradations.&lt;/i&gt; &#187; En accord avec le pr&#233;fet, le 25 mars, elle d&#233;cide d'interdire &#171; &lt;i&gt;l'hypercentre&lt;/i&gt; &#187; aux manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet hypercentre, c'est le lieu de d&#233;part traditionnel de toutes les manifestations, place du Parlement. Ses rues pi&#233;tonnes largement fr&#233;quent&#233;es, ses vieilles baraques, ses bars. Un espace que tous s'approprient largement, en semant sur les murs et goutti&#232;res autocollants, tags, affiches... Bref, c'est sous les balcons les plus cossus que les &#233;tudiants animent les nuits rennaises. Et c'est sous les fen&#234;tres de la mairie socialiste que l'on crie le rejet des politiques lib&#233;rales : &#171; &lt;i&gt; P comme pourris, et S comme salauds ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas vraiment de surprise, donc, &#224; ce que la d&#233;put&#233;e-maire s'attaque aussi violemment &#224; la col&#232;re de la rue. Le 24 mars avait d&#233;j&#224; vu une r&#233;pression polici&#232;re exceptionnelle. Et comme toujours, la violence des forces de l'ordre se justifie &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt;. Si la manifestation est r&#233;prim&#233;e, c'est qu'il devait y avoir de bonnes raisons ; si la police a &#233;t&#233; aussi agressive, alors il faut interdire le centre-ville. D&#232;s le 31 mars, et pour toutes les manifestations qui suivront, chaque rue qui y m&#232;ne sera bloqu&#233;e par un imposant dispositif de CRS, de policiers de la brigade anticriminalit&#233; et de gendarmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, les manifestants s'organisent. Pour tous, il est &#233;vident qu'il faut reprendre le centre-ville. Le 31 mars, les &#233;tudiants prennent la t&#234;te du cort&#232;ge, devant les syndicats professionnels. Les plus audacieux marchent vers la police, abrit&#233;s derri&#232;re des banderoles matelass&#233;es, bien d&#233;cid&#233;s &#224; les faire reculer. &#224; mi-parcours, ils y arrivent, au moins sur une trentaine de m&#232;tres. Le long du cort&#232;ge, il pleut des lacrymog&#232;nes, par salves, jusqu'&#224; une douzaine simultan&#233;ment. &#192; peine le temps de jeter une grenade &#224; l'eau que d'autres retombent d&#233;j&#224;. En pleine manifestation, la police doit se r&#233;approvisionner, pendant que FlashBalls et LBD sont d&#233;gain&#233;s. Bilan : une centaine de bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir m&#234;me, Nuit Debout se demande s'il faut s'installer en centre-ville. Mais accepte finalement de se faire rel&#233;guer sur l'esplanade Charles-de-Gaulle, immense place aux airs de &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt;, cern&#233;e par ses institutions consum&#233;ristes : centres commerciaux, complexe de cin&#233;mas et salle de concert industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les manifestants qui battent le pav&#233; &#8211; ou le jettent &#224; l'occasion &#8211;, hors de question de c&#233;der &#224; ce pis-aller. Les strat&#233;gies se d&#233;veloppent alors progressivement face au verrouillage policier. Si les forces de l'ordre s'installent sur une partie de la ville, cela transformera les autres quartiers en un immense terrain de jeu, propice &#224; l'improvisation. Le 5 avril, alors que les robocops bloquent leurs rues pr&#233;f&#233;r&#233;es, le cort&#232;ge s'amuse &#224; repeindre rapidement le local du PS, avant de s'aventurer plus loin sur les rails, bloquant la gare SNCF &#8211; pour la troisi&#232;me fois en trois semaines. La r&#233;action polici&#232;re est f&#233;roce, et le cort&#232;ge est pourchass&#233; dans les quartiers r&#233;sidentiels pendant plusieurs heures. Dix jours plus tard, rebelote pour visiter le si&#232;ge local du Medef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 avril, alors que syndicats professionnels et &#233;tudiants d&#233;filent ensemble, le cort&#232;ge n'a pas m&#234;me le temps de croiser le regard des bleus. Les lacrymos volent, les matraques aussi, la police charge indistinctement. La manifestation se lance alors dans une deuxi&#232;me boucle, d&#233;passe les policiers sur leur flanc et investit pendant quelques instants le centre, pour y allumer un feu de joie. Au-dessus du cort&#232;ge, des slogans triomphants : &#171; &lt;i&gt;Le centre-ville est &#224; nous !&lt;/i&gt; &#187; L'atmosph&#232;re reste tendue, et au son de l'alerte &#171; &lt;i&gt;Y a la Bac ! &lt;/i&gt; &#187;, c'est la panique &#8211; certains escaladent m&#234;me les capots des voitures pour s'enfuir. 47 personnes sont bless&#233;es par les CRS ce jour-l&#224;, dont 7 gri&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 avril, c'est la strat&#233;gie du sous-sol qui est finalement adopt&#233;e : petit tour habituel sur les grands boulevards, pour la forme. Puis, la manifestation s'engouffre dans le m&#233;tro. Pour en ressortir deux stations plus loin, en plein centre. &#171; &lt;i&gt;On s'est fait avoir !&lt;/i&gt; &#187;, &#233;ructe un CRS dans son talkie. D&#233;bord&#233;es, les forces de l'ordre sont impuissantes, les banques doivent baisser leurs rideaux. Face &#224; la tentative de voler le c&#339;ur de la ville aux Rennais, la malice du mouvement l'a emport&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout bascule le 28 avril. Cette fois-ci, le centre ressemble &#224; une forteresse imprenable. Grilles anti-&#233;meutes &#224; tous les coins de rue. Canon &#224; eau. H&#233;licopt&#232;re. Stations ferm&#233;es. Deux villes semblent coup&#233;es par cette balafre. D'un c&#244;t&#233;, des commer&#231;ants &#171; satisfaits &#187;, prot&#233;g&#233;s par la flicaille. De l'autre, 13 000 manifestants. Apr&#232;s un premier tour, la t&#234;te de cort&#232;ge prend d'assaut les positions polici&#232;res. Une bombe artisanale explose. Certains lancent un grappin pour mettre &#224; bas les grilles, en vain. Et la police charge. Frappe indistinctement, sur la t&#234;te, les manifestants qui sont d&#233;j&#224; en train de fuir. L'un d'entre eux franchit en courant le pont qui enjambe la Vilaine. Tir de LBD40. Il s'effondre. Quelques &#233;tudiants s'approchent pour prendre soin de lui, pensent qu'il est touch&#233; &#224; la jambe. Non. C'est son &#339;il qui est en sang. L'&#233;quipe m&#233;dicale tente d'arr&#234;ter l'h&#233;morragie, il est finalement &#233;vacu&#233; par les pompiers. Op&#233;r&#233; en urgence, il perdra son &#339;il. Le lendemain, en Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, un m&#233;dic t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Les affrontements n'ont jamais &#233;t&#233; aussi intenses, avec 49 bless&#233;s, dont 10 graves. La police s'est d&#233;cha&#238;n&#233;e avec sauvagerie.&lt;/i&gt; &#187; Sa prise de parole termin&#233;e, il craque, s'effondre, recroquevill&#233; sur les marches de l'amphi occup&#233;. La r&#233;solution, elle, reste intacte. On le reprendra, ce centre-ville.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Rennes : Belle &#233;nergie contre El Khomri</title>
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		<dc:date>2018-03-21T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lug Sembourget</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>mars</dc:subject>
		<dc:subject>mobilisation</dc:subject>
		<dc:subject>Rennes</dc:subject>
		<dc:subject>cort&#232;ge</dc:subject>
		<dc:subject>v&#233;ritablement commenc&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>l'universit&#233; Rennes</dc:subject>
		<dc:subject>cr&#233;ation d'un</dc:subject>
		<dc:subject>d'un comit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>reste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;M&#234;me raval&#233;, le projet de loi Travail de la ministre Myriam El Khomri continue &#224; repeupler le pav&#233; o&#249; salari&#233;s, ch&#244;meurs, &#233;tudiants et lyc&#233;ens s'organisent. Lug, manifestant breton, t&#233;moigne de l'effervescence rennaise. A Rennes, c'est le 8 mars 2016 que tout a v&#233;ritablement commenc&#233;. La premi&#232;re assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (AG) &#224; l'universit&#233; Rennes 2 r&#233;unit environ quatre cents personnes. Celle-ci est &#224; l'initiative d'un regroupement d'organisations politiques et syndicales, qui dor&#233;navant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no142-avril-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;142 (avril 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mars" rel="tag"&gt;mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mobilisation" rel="tag"&gt;mobilisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rennes" rel="tag"&gt;Rennes&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me raval&#233;, le projet de loi Travail de la ministre Myriam El Khomri continue &#224; repeupler le pav&#233; o&#249; salari&#233;s, ch&#244;meurs, &#233;tudiants et lyc&#233;ens s'organisent. Lug, manifestant breton, t&#233;moigne de l'effervescence rennaise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A Rennes, c'est le 8 mars 2016 que tout a v&#233;ritablement commenc&#233;. La premi&#232;re assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (AG) &#224; l'universit&#233; Rennes 2 r&#233;unit environ quatre cents personnes. Celle-ci est &#224; l'initiative d'un regroupement d'organisations politiques et syndicales, qui dor&#233;navant s'efface pour laisser l'assembl&#233;e s'auto-organiser. Au m&#234;me moment, Sciences Po se met aussi en branle. Et les bases du mouvement sont pos&#233;es : mobilisation jusqu'au retrait total de la loi, assembl&#233;es ouvertes &#224; tous et cr&#233;ation d'un comit&#233; de mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2258 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-531.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-531-cb98e.jpg?1782913654' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain, les &#233;tudiants forment un cort&#232;ge commun pour manifester. Depuis, l'activit&#233; est presque quotidienne. Les assembl&#233;es s'encha&#238;nent au rythme d'une &#224; deux par semaine, et les actions foment&#233;es en leur sein maintiennent la pression entre les jours de grandes mobilisations. Barrages filtrants, d&#233;brayages de cours et de lyc&#233;es, journ&#233;es de blocage de Sciences Po, lib&#233;ration d'un amphith&#233;&#226;tre : la normalit&#233; des cours commence &#224; craqueler et l'ambiance de gr&#232;ve se r&#233;pand de jour en jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du 15 mars, la cr&#233;ation d'un comit&#233; d'action valide l'id&#233;e que les manifestations ne doivent pas se limiter &#224; de simples promenades. Histoire d'&#233;gayer la lutte, des cibles concr&#232;tes sont d&#233;finies. H&#233;las, &#224; plusieurs reprises, les cort&#232;ges doivent faire face &#224; des dispositifs policiers importants. Pour beaucoup, ce sont les premi&#232;res confrontation avec la bleusaille ; et la d&#233;couverte des violences polici&#232;res en d&#233;contenance certains. Pour autant, la d&#233;termination reste intacte, et on voit tr&#232;s vite s'engager une transmission des savoir-faire. Alors fleurissent les masques, foulards, lunettes de plong&#233;e, bouteilles de Maalox, bo&#238;tes de s&#233;rum physiologique, banderoles renforc&#233;es, peinture&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 mars, la manifestation est exemplaire &#8211; un tournant dans la mobilisation rennaise. La gare, laiss&#233;e sans protection polici&#232;re, est envahie pendant une heure par plusieurs milliers d&#8216;&#233;tudiants, de lyc&#233;ens, de ch&#244;meurs et de travailleurs. Ensuite, le cort&#232;ge se rend &#224; la mairie et op&#232;re un ravalement de fa&#231;ade fa&#231;on Jackson Pollock ! La Bac, peu amatrice d'art, charge les peintres en b&#226;timent et tente d'en arr&#234;ter cinq. Solidaires, les manifestants r&#233;agissent vigoureusement, emp&#234;chant ainsi que plusieurs de leurs camarades ne soient embastill&#233;s. Malheureusement, l'un d'entre eux reste entre les mains des cognes, et plusieurs personnes sont bless&#233;es. Le reste de l'apr&#232;s-midi se d&#233;roule dans un face-&#224;-face tendu sur la place de la Mairie, o&#249; l'&#233;quipe bleue tente &#224; plusieurs reprises de disperser la foule. En vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re en date, la journ&#233;e du jeudi 24 mars fut moins glorieuse. Dans la matin&#233;e, alors que certains manifestant tentent une auto-r&#233;duction&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pratique collective qui consiste &#224; maintenir la pression sur la direction (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la police en profite pour s'attaquer au cort&#232;ge &#233;tudiant et voler l&#226;chement tout le mat&#233;riel de d&#233;fense. Nombreux et toujours d&#233;termin&#233; &#8211; bien qu'un peu d&#233;moralis&#233; &#8211;, le reste de la manifestation s'efforce de colorer joyeusement certains lieux de pouvoir du centre-ville. Mais les pandores gazent et matraquent le cort&#232;ge &#224; plusieurs reprises, blessant &#224; nouveaux plusieurs personnes, en arr&#234;tant une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re manifestation laisse un go&#251;t amer. Le mouvement en prend acte et la consid&#232;re comme une exp&#233;rience qui le renforcera. Si l'on en croit les discussions qui suivent cette journ&#233;e, il est clair que la volont&#233; de l'emporter est bien l&#224;. Les semaines &#224; venir devraient le d&#233;montrer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pratique collective qui consiste &#224; maintenir la pression sur la direction d'un magasin pendant que des caddies, remplit de marchandises, passent les portes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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