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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Parc Kalliste, un ch&#226;teau dans le d&#233;sert</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le d&#233;cor est impressionnant, comme tir&#233; d'un film. Mais les neuf tours du parc Kalliste, plant&#233;es &#224; flanc de coteau au nord de Marseille, sont bien r&#233;elles. Tout comme le grand b&#226;timent baroque qu'elles encerclent. C'est ici que de jeunes professionnels du secteur m&#233;dical ont d&#233;cid&#233; d'implanter leur projet, le Ch&#226;teau en sant&#233;. Dans le quartier, on l'appelle &#171; le ch&#226;teau &#187;. Vu l'absence de m&#226;chicoulis ou de pont-levis, &#171; villa &#187; conviendrait mieux, ou bien &#171; manoir &#187;. Mais va pour &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2194-c079c.jpg?1783402409' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;cor est impressionnant, comme tir&#233; d'un film. Mais les neuf tours du parc Kalliste, plant&#233;es &#224; flanc de coteau au nord de Marseille, sont bien r&#233;elles. Tout comme le grand b&#226;timent baroque qu'elles encerclent. C'est ici que de jeunes professionnels du secteur m&#233;dical ont d&#233;cid&#233; d'implanter leur projet, le Ch&#226;teau en sant&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le quartier, on l'appelle &#171; le ch&#226;teau &#187;. Vu l'absence de m&#226;chicoulis ou de pont-levis, &#171; villa &#187; conviendrait mieux, ou bien &#171; manoir &#187;. Mais va pour &#171; ch&#226;teau &#187;. Plant&#233; au milieu des neuf tours d&#233;cr&#233;pites formant le parc Kalliste, ce b&#226;timent baroque et ouvrag&#233; de trois &#233;tages para&#238;t incongru dans cet environnement, comme catapult&#233; d'un lointain pass&#233; opulent en plein pr&#233;sent gris&#226;tre. Tellement anachronique qu'il a longtemps couru de dr&#244;les d'histoires sur son compte, colport&#233;es par les plus jeunes comme par leurs a&#238;n&#233;s : un fant&#244;me l'habiterait, une dame blanche passant et repassant devant les fen&#234;tres. Brrr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le (dit) ch&#226;teau &#233;tait l&#224; bien avant les grandes tours qui l'encerclent, &#224; flanc de coteaux. Construit au milieu du XIXe si&#232;cle pour servir de r&#233;sidence secondaire &#224; une famille bourgeoise, il b&#233;n&#233;ficiait alors d'un paysage de vignes et de champs, typique de l'arri&#232;re-pays m&#233;diterran&#233;en. Las, avec le temps va tout s'en va : Marseille s'est &#233;tendue au nord, encore et encore. Ici, en bordure du 15e arrondissement, c'est en 1958 que les tours ont &#233;t&#233; &#233;rig&#233;es. Leur paradis bucolique envol&#233;, les propri&#233;taires du b&#226;timent ont fini par ne plus mettre les pieds sur place. Adieu veaux, vaches, cochons, bonjour chichon (qui se vend ici en quantit&#233;s respectables). Reste que le ch&#226;teau abandonn&#233;, finalement rachet&#233; par Marseille Habitat, a grandement &#233;chapp&#233; aux d&#233;gradations &#8211; notamment gr&#226;ce &#224; la crainte du &#171; fant&#244;me &#187;, tr&#232;s efficace contre les intrusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le b&#226;timent a donc un temps &#233;t&#233; inoccup&#233;, bizarrerie architecturale dont personne ne savait quoi faire. Si bien que, quand une bande de professionnels de sant&#233; en rupture de ban, partageant un rejet du secteur conventionnel et de ses pratiques, l'ont d&#233;couvert, ils ont vite tilt&#233; : l'endroit &#233;tait parfait pour le projet qu'ils mitonnaient de longue date, m&#234;lant m&#233;dical et social. Il y avait certes des travaux, des financements &#224; trouver, moult obstacles &#224; abattre, mais l'opportunit&#233; &#233;tait trop belle pour la laisser filer. Habitante de longue date du quartier et m&#233;diatrice en sant&#233;, Fatima r&#233;sume bien le sentiment g&#233;n&#233;ral : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e m'a tout de suite fait r&#234;ver, tant elle &#233;tait symbolique et porteuse d'espoir pour ce territoire totalement abandonn&#233; par l'&#201;tat. J'ai v&#233;cu &#231;a comme un conte de f&#233;e r&#233;alis&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Car la chim&#232;re s'est bel et bien mat&#233;rialis&#233;e : le 2 janvier dernier, le Ch&#226;teau en sant&#233; ouvrait grand ses portes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tours d'horizon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier abord, il n'y a pas grand-chose &#224; faire au parc Kalliste, o&#249; habitent plus de 2 000 personnes. Au deuxi&#232;me non plus, d'ailleurs. Les rares installations sportives en plein air ont subi l'usure du temps. Regroup&#233;s &#224; l'entr&#233;e de la cit&#233;, les commerces sont rares : une boulangerie, une &#233;picerie, quelques snacks. Bref : hors la mosqu&#233;e, les lieux de sociabilit&#233; brillent par leur absence. Seule &#233;chappatoire &#224; l'horizon, un sympathique bar PMU qui ne d&#233;semplit pas, m&#233;lange enfum&#233; de jeunes excit&#233;s et de vieux sages, de buveurs de caf&#233; et de pastis. &#171; &lt;i&gt;C'est s&#251;r qu'on s'emmerde pas mal ici&lt;/i&gt; &#187;, confirme Samir, crois&#233; au comptoir, qui tient quand m&#234;me &#224; souligner son amour du quartier et de ceux qui y vivent, &#171; &lt;i&gt;des gens normaux, pos&#233;s, venus d'un peu partout, des Comores, de Turquie, du Kosovo&#8230; Le monde, quoi&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;nurie d'espaces partag&#233;s, qu'on retrouve dans de nombreuses cit&#233;s des Quartiers nord, s'est accompagn&#233;e d'un appauvrissement g&#233;n&#233;ral de la population et de la d&#233;gradation des b&#226;timents : &#171; &lt;i&gt;C'est dans les ann&#233;es 1990 que &#231;a a pris mauvaise tournure&lt;/i&gt;, se souvient Fatima. &lt;i&gt;Par le pass&#233;, &#231;a n'avait rien &#224; voir, ni en mati&#232;re d'habitat, ni en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;. On &#233;tait tranquilles ici, on ne demandait rien de plus. Aujourd'hui c'est devenu compliqu&#233;. Les gens qui vivent ici sont souvent au ch&#244;mage, d&#233;s&#339;uvr&#233;s, abandonn&#233;s. Et ils habitent des appartements aussi d&#233;grad&#233;s que surpeupl&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me du d&#233;sert se d&#233;cline &#233;galement en mati&#232;re de sant&#233; : il n'y a sur place que deux g&#233;n&#233;ralistes &#224; mi-temps, et les quelques centres sociaux pas trop lointains sont d&#233;bord&#233;s. Pour toutes et tous, l'acc&#232;s aux soins est devenu un luxe, voire une gageure. Cette situation d'extr&#234;me urgence sanitaire, partag&#233;e par les habitants voisins de Grani&#232;re et de Solidarit&#233;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux cit&#233;s adjacentes aux caract&#233;ristiques similaires, elles aussi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, est la raison premi&#232;re de l'installation sur place de l'&#233;quipe du Ch&#226;teau en sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe ? Un m&#233;lange h&#233;t&#233;roclite de travailleurs de sant&#233; et sociaux aux sp&#233;cialit&#233;s diverses. Il y a trois m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes, deux infirmiers, deux orthophonistes, deux pr&#233;pos&#233;s &#224; l'accueil, une assistante sociale, une gyn&#233;co, mais aussi une m&#233;diatrice, un comptable, etc. Tous avaient en commun la volont&#233; de s'installer l&#224; o&#249; leur savoir-faire serait le plus utile. Et le parc Kalliste, qu'une &#233;tude du Compas&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centre d'observation et de mesure des politiques d'action sociale.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; r&#233;alis&#233;e &#224; la demande du conseil r&#233;gional classait fin 2013 comme &#238;lot r&#233;sidentiel le plus pauvre de la m&#233;tropole, &#233;tait le candidat id&#233;al, le symbole m&#234;me des in&#233;galit&#233;s Nord / Sud fracturant Marseille. &#171; &lt;i&gt;Ici, l'&#201;tat s'est retir&#233; de tout&lt;/i&gt;, explique S&#233;gol&#232;ne, g&#233;n&#233;raliste membre du projet. &lt;i&gt;On a parfois l'impression de faire office de pansement sur une jambe de bois. Dans le m&#234;me temps, on se sent vraiment utile. Les habitants se trouvent globalement dans un &#233;tat de sant&#233; alarmant, &#224; tous les niveaux, physique et mental. Si on a pour la plupart travaill&#233; avec des populations d&#233;favoris&#233;es avant d'arriver ici, &#231;a nous a quand m&#234;me fait un choc. Cette homog&#233;n&#233;it&#233; de la mis&#232;re est effrayante.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2361 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-633-bbc2c.jpg?1782718903' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rencontr&#233;e dans la salle d'attente du lieu, une habitante d'une tour adjacente d&#233;crit ainsi l'impatience qui &#233;tait sienne lors de la phase de travaux : &#171; &lt;i&gt;Je regardais souvent le ch&#226;teau par la fen&#234;tre en me demandant quand il finirait par ouvrir &#8211; c'&#233;tait tr&#232;s important pour moi.&lt;/i&gt; &#187; Et son amie de rench&#233;rir : &#171; &lt;i&gt;Jusqu'ici, j'&#233;tais oblig&#233;e d'aller jusqu'au Vieux-Port pour consulter un orthophoniste, une perte de temps &#233;norme. Pouvoir m'y rendre &#224; Kalliste change tout.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s trois mois d'ouverture, la fr&#233;quentation, d'abord limit&#233;e (il faut du temps pour montrer patte blanche et se faire accepter), commence &#224; gaillardement grimper. Et les usagers (surtout des femmes) sont enthousiastes. &#171; &lt;i&gt;Je vais en parler &#224; toutes mes copines, vous allez voir, &#231;a va vite se remplir&lt;/i&gt; &#187;, s'enflamme une troisi&#232;me m&#232;re de famille. Fatima opine : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s que les gens auront compris le sens de notre d&#233;marche et ses sp&#233;cificit&#233;s, on va &#234;tre d&#233;bord&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme &#224; la maison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les portes pass&#233;es, le visiteur d&#233;bouche dans une salle d'accueil chaleureuse. Vaste et spacieuse, d&#233;cor&#233;e de dessins d'enfants, elle n'est pas seulement lieu d'attente, d'ennui. On peut y boire un caf&#233; ou un th&#233;, discuter avec les personnes post&#233;es &#224; l'accueil ou les autres patients, y laisser ses m&#244;mes pendant qu'on voit le m&#233;decin, etc. Quant aux salles de consultation, elles tranchent aussi avec le mod&#232;le hospitalier typique. Rien de froid, d'aust&#232;re. D'autant que les peintures murales command&#233;es par les anciens propri&#233;taires au d&#233;but du XXe si&#232;cle ont &#233;t&#233; conserv&#233;es, pour certaines restaur&#233;es avec les moyens du bord. S'allonger sur un lit m&#233;dicalis&#233; sous le regard d'oiseaux tropicaux chamarr&#233;s, &#231;a d&#233;crispe. Davantage que dans un h&#244;pital, on se sent dans un foyer, un lieu &#224; part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette obsession de l'accueil s'inscrit dans la raison d'&#234;tre du Ch&#226;teau en sant&#233;, qui privil&#233;gie une approche sociale de la m&#233;decine, bas&#233;e sur le soin, loin de l'abattage ou des prescriptions &#224; outrance. Certains des membres du projet ont ainsi particip&#233; au collectif Massilia Sant&#233; System, fond&#233; en 2009, qui s'interroge sur l'&#233;thique de la m&#233;decine moderne, d&#233;non&#231;ant le lobbying pharmaceutique et les pratiques d&#233;shumanis&#233;es o&#249; le soignant est avant tout fournisseur d'ordonnances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On refuse le mod&#232;le des consultations format&#233;es de quinze minutes, avec prescription automatique de m&#233;dicaments&lt;/i&gt; &#187;, explique Julien, autre g&#233;n&#233;raliste. Et S&#233;gol&#232;ne de d&#233;velopper : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e est de transformer le rapport au soin. Une consultation doit pouvoir s'&#233;tirer en longueur. On se retrouve d'ailleurs souvent &#224; parler d'autre chose que de probl&#232;mes de sant&#233;, &#224; &#233;voquer le quotidien des patients. &#201;videmment, cela pose des questions. Jusqu'o&#249; on va ? Sachant que toutes les consultations ne peuvent pas durer une heure trente, avec la pr&#233;sence de traducteurs. Il y a un &#233;quilibre &#224; trouver.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re ligne, cette obsession : redonner aux habitants du quartier un certain pouvoir en mati&#232;re de sant&#233;. Le m&#233;decin n'est ici pas envisag&#233; comme un sp&#233;cialiste imposant un traitement d'en haut en se focalisant sur des sympt&#244;mes, mais plut&#244;t comme un interlocuteur prenant en compte les conditions sociales des patients : travail, pauvret&#233;, cadre de vie, etc. Une approche mettant en avant l'id&#233;e de &#171; sant&#233; communautaire &#187;, ancr&#233;e dans un territoire et des luttes. Sur le long terme, l'id&#233;e est d'encourager les patients &#224; fonder des groupes d'auto-support (de femmes, de migrants, etc.). Et &#224; pallier collectivement l'absence de structures &#233;tatiques. Une forme d'&#233;ducation populaire, qui renvoie au fonctionnement du Ch&#226;teau en sant&#233;. Car ici, tout est discut&#233;, sans position hi&#233;rarchique fig&#233;e. Pas de chef de clinique &#224; l'horizon, simplement des coll&#232;gues qui r&#233;fl&#233;chissent &#224; l'am&#233;lioration d'un projet ambitieux&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quant aux r&#233;mun&#233;rations, elles sont largement plus &#233;galitaires que dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#231;a marche. Les habitants du quartier semblent ainsi unanimes : ce que font &#171; &lt;i&gt;ces petits jeunes&lt;/i&gt; &#187; (appellation r&#233;currente) est tr&#232;s bien, l'amorce de quelque chose. Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls &#224; lutter contre le d&#233;sert. Juste &#224; c&#244;t&#233; du ch&#226;teau, un jardin partag&#233; est en train de voir le jour, avec le soutien de plusieurs associations. Lors d'un r&#233;cent barbecue en plein air organis&#233; par les mains vertes, l'ambiance &#233;tait &#224; la reconqu&#234;te. &#199;a causait &#233;coles alternatives, initiatives militantes, reprise en main des espaces laiss&#233;s &#224; l'abandon. Avec pour parfait leitmotiv, ce commentaire ass&#233;n&#233; par un participant aux agapes, la bouche pleine de merguez : &#171; &lt;i&gt;De loin, on nous regarde comme un territoire &#224; l'abandon, une zone de non-droit. Mais les gens ici sont pareils que partout : ils veulent vivre dans un cadre sympathique. Et on est pr&#234;ts &#224; se retrousser les manches pour y parvenir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;NB &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir plus sur les questions d'organisation et la d&#233;marche du collectif, &#233;couter l'excellente &#233;mission diffus&#233;e par Radio Grenouille fin 2017 et disponible sur Internet, &#171; &lt;a href=&#034;https://soundcloud.com/radio-grenouille/repenser-le-soin-le-chateau-en-sante&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Repenser le soin &#8211; Le Ch&#226;teau en sant&#233;&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Enterrer la H de guerre&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/-632-2a1c7.jpg?1782718903' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une simple recherche sur le plus c&#233;l&#232;bre et malfaisant des moteurs de recherche le confirme : les tristes d&#233;m&#234;l&#233;es de la tour H du parc Kalliste ont fait couler beaucoup d'encre. De celle qui fait trembler dans les chaumi&#232;res. Les scribouillards ont sorti l'arme rh&#233;torique lourde : &#171; &lt;i&gt;L'enfer de la tour H&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; Une nouvelle jungle de migrants dans les Quartiers nord&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Trafic, prostitution et syst&#232;me mafieux, l'enfer du parc Kalliste&lt;/i&gt; &#187;, etc. Logique : pour attirer le quatri&#232;me pouvoir, qui autrement ne fout jamais les pieds ici, rien de tel qu'une guerre entre pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des neufs immeubles entourant le Ch&#226;teau en sant&#233;, la tour H &#233;tait la plus d&#233;grad&#233;e. Avec ces copropri&#233;t&#233;s d&#233;caties dans les grandes largeurs, elle avait tout du parfait symbole de ce &#171; &lt;i&gt;Far West de l'immobilier&lt;/i&gt; &#187; d&#233;nonc&#233; par le g&#233;ographe marseillais Marcel Roncayolo, avec prolif&#233;ration de marchands de sommeil et d'aigrefins divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, la situation s'est envenim&#233;e, notamment autour de la pr&#233;sence temporaire de 150 &#224; 200 squatteurs migrants (pour la plupart nig&#233;rians). L'irruption de l'extr&#234;me pr&#233;carit&#233; dans ce b&#226;timent a &#233;t&#233; tr&#232;s mal v&#233;cue par les derniers locataires et propri&#233;taires. Comme une goutte d'eau faisant d&#233;border le vase, exutoire tout trouv&#233; &#224; une col&#232;re ne sachant plus vers quel saint se tourner. Des deux c&#244;t&#233;s, la mis&#232;re. Et l'incompr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le b&#226;timent a finalement &#233;t&#233; expuls&#233; le 12 f&#233;vrier dernier, apr&#232;s plusieurs mois de pol&#233;miques et d'envol&#233;es m&#233;diatiques. Vou&#233; &#224; la destruction, comme la tour B situ&#233;e en contrebas, c'est d&#233;sormais un grand bloc de b&#233;ton sale aux entr&#233;es bouch&#233;es, triste mat&#233;rialisation d'une politique urbaine d&#233;sastreuse. Quant aux migrants expuls&#233;s, derni&#232;re roue d'un carrosse en capilotade, ils ont &#233;t&#233; plus ou moins abandonn&#233;s &#224; leur sort. La plupart d'entre eux se m&#233;fiant des quelques jours d'h&#233;bergement en gymnase que leur proposait l'&#201;tat (par peur de se retrouver en centre de r&#233;tention), ils ont fait avec les maigres moyens du bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelques jours, certains ont trouv&#233; refuge au Ch&#226;teau en sant&#233;, avec le soutien du r&#233;seau Hospitalit&#233;. &#171; &lt;i&gt;On voulait &#234;tre un lieu de rassemblement,&lt;/i&gt; explique Julien. &lt;i&gt;Et leur donner la possibilit&#233; de s'organiser pour trouver un autre toit. Leur premi&#232;re r&#233;union s'&#233;tait tenue autour d'une voiture, par moins deux degr&#233;s, alors on leur a ouvert les portes pour la suivante. La journ&#233;e, ils pouvaient d&#233;poser leurs affaires chez nous, boire un th&#233; ou un caf&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Les migrants se sont ensuite dispers&#233;s dans la nature, certains plac&#233;s dans des structures d'accueil, d'autres squattant de-ci de-l&#224;. Quelques-uns reviennent d&#233;sormais sur place pour b&#233;n&#233;ficier des soins dispens&#233;s, faisant parfois un long trajet. La preuve qu'une fois pouss&#233;es les portes du ch&#226;teau, il est difficile de s'en passer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Deux cit&#233;s adjacentes aux caract&#233;ristiques similaires, elles aussi concern&#233;es de par leur proximit&#233; g&#233;ographique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Centre d'observation et de mesure des politiques d'action sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Quant aux r&#233;mun&#233;rations, elles sont largement plus &#233;galitaires que dans le secteur hospitalier : toutes professions confondues, il n'y a que 400 &#8364; de diff&#233;rence entre les plus hauts et les plus bas salaires des membres du Ch&#226;teau en sant&#233;. Ce qui implique que les m&#233;decins (par exemple) sont beaucoup moins pay&#233;s qu'ils ne le seraient ailleurs, en secteur public ou priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Fric trop puissant</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aristide Bostan, Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Lindingre</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; Marseille, les autorit&#233;s sont sur les dents. Un myst&#233;rieux groupuscule d'encagoul&#233;s est sur le point de frapper un grand coup. Certains experts ont cru d&#233;celer la marque d'Al-Qa&#239;da, d'autres la main de mafias corse ou serbo-croate&#8230; CQFD est entr&#233; en contact avec la cellule de propagande du Front des r&#233;fractaires &#224; l'intoxication par la culture (Fric). Romanqu&#234;te. &#171; Rendez-vous demain &#224; 14h, &#224; Ch&#226;teau Gombert, derri&#232;re le cimeti&#232;re. Pas de blagues, on vous a &#224; l'&#339;il. &#187; Apr&#232;s plus de dix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;99 (avril 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lindingre" rel="tag"&gt;Lindingre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fric-vient" rel="tag"&gt;Fric vient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, les autorit&#233;s sont sur les dents. Un myst&#233;rieux groupuscule d'encagoul&#233;s est sur le point de frapper un grand coup. Certains experts ont cru d&#233;celer la marque d'Al-Qa&#239;da, d'autres la main de mafias corse ou serbo-croate&#8230; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est entr&#233; en contact avec la cellule de propagande du &lt;a href=&#034;http://www.marseille-en-guerre.org/spip.php?rubrique8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Front des r&#233;fractaires &#224; l'intoxication par la culture (Fric)&lt;/a&gt;. Romanqu&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Rendez-vous demain &#224; 14h, &#224; Ch&#226;teau Gombert, derri&#232;re le cimeti&#232;re. Pas de blagues, on vous a &#224; l'&#339;il. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s plus de dix jours &#224; courir apr&#232;s le Fric, ce message sur la bo&#238;te vocale du journal nous charge en adr&#233;naline. Nous fon&#231;ons au rendez-vous, en bin&#244;me. Apr&#232;s une courte attente au milieu des murs de pierre s&#232;che, un break fatigu&#233; freine devant nous. Trois cagoul&#233;s nous embarquent apr&#232;s nous avoir band&#233; les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix minutes et vingt virages plus tard, nous p&#233;n&#233;trons dans un cabanon &#233;clair&#233; par une ampoule nue. Cinq gaillards masqu&#233;s nous font face en silence. &#192; nous de jouer. Vaillant, Nicolas attaque : &lt;i&gt;&#171; Alors, les gars, le soleil, la mer, &#231;a vous suffit pas ? &#187;&lt;/i&gt; Une voix h&#233;sitante hasarde :&lt;i&gt; &#171; On craint le soleil, et puis on aurait l'air con sur la plage avec nos cagoules... &#187;&lt;/i&gt; Celui qui vient de parler jette un coup d'&#339;il &#224; ses coll&#232;gues, comme pour obtenir leur assentiment. Aristide en profite pour encha&#238;ner : &lt;i&gt;&#171; Mais d'o&#249; vient le Fric ? &#187;&lt;/i&gt; La question les met en joie. &lt;i&gt;&#171; Le Fric vient de toutes les communaut&#233;s qui ont mis &#8211; et mettent encore ! &#8211; le oa&#239; &#224; Marseille. &#187;&lt;/i&gt; Murmure d'approbation. &lt;i&gt;&#171; Certains d'entre nous sont originaires du Boulistan, d'autres du Casanistan&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Moment id&#233;al pour &#233;voquer les ant&#233;c&#233;dents du Fric et ses &#233;ventuels ma&#238;tres &#224; penser. Les cinq lancent des id&#233;es en vrac, que nous attrapons au vol. &lt;i&gt;&#171; Les supporters de l'OM qui mettent le feu &#224; la Zarafa de Mennucci... Les m&#233;tallos du port qui boycottent le Festival de Marseille parce que &#8220;l'on ne dansera pas sur un cimeti&#232;re&#8221;... Ou les &#233;boueurs en gr&#232;ve qui ont fait fuir les organisateurs de la Coupe de l'America... Le carnaval sauvage de la Plaine contre le carnaval ni&#231;ois officiel.. &#187;&lt;/i&gt; Nos stylos grattent&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_356 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH323/99lindingre-14353.png?1782647680' width='400' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lindingre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;fr&#233;n&#233;tiquement, alors que les activistes prennent de l'assurance :&lt;i&gt; &#171; Le kaki bien m&#251;r qui nique la carotte bio... Les quartiers bord&#233;liques contre les &#233;co-quartiers... Le march&#233; du Soleil contre les Terrasses du Port&#8230; Les voleurs d'&#339;uvres d'art de l'&#238;lot des Feuillants&#8230; La coul&#233;e de jaune contre les coul&#233;es vertes... &#187;&lt;/i&gt; La sauce prend, on s'enhardit. &lt;i&gt;&#171; Vos projets imm&#233;diats ? &#187; &lt;/i&gt; Notre premier interlocuteur, laconiquement :&lt;i&gt; &#171; Faut qu'on se tricote des cagoules d'&#233;t&#233;, commence &#224; faire chaud. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie ? La situation peut d&#233;raper d'un moment &#224; l'autre. Nicolas reprend la main : &lt;i&gt;&#171; Quel est donc votre but ? Et quelle strat&#233;gie pour l'atteindre ? &#187;&lt;/i&gt; Une silhouette f&#233;minine aux formes plantureuses, rest&#233;e jusque-l&#224; en retrait, vient appuyer fermement ses deux mains sur la table. Sa voix rauque et l&#233;g&#232;rement voil&#233;e par le passe-montagne ass&#232;ne : &lt;i&gt;&#171; Nous ne sommes pas des utopistes ni des doux r&#234;veurs. Nous prenons en compte l'&#233;tat des forces en pr&#233;sence. L'automne dernier, un vaste raid policier sur le march&#233; de Noailles, pour lequel &#233;taient associ&#233;s les CRS, la PAF et l'URSSAF, a interpell&#233; trois sans-papiers et signifi&#233; un rappel &#224; la loi &#224; quatre vendeurs &#224; la sauvette. Selon le directeur d&#233;partemental de la s&#233;curit&#233; publique, il s'agit de remettre aux normes le quartier &#8220;dans la perspective de Marseille 2013&#8221;. Notre conclusion est que, si la culture a besoin d'&#234;tre pouponn&#233;e par la police, nous ferons tout pour que chaque &#233;v&#233;nement de Marseille 2013 soit isol&#233; de la pl&#232;be par des escouades de CRS. Ce qui aurait aussi l'avantage de prot&#233;ger la pl&#232;be des assauts de la culture. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien vu. &lt;i&gt;&#171; Mais qu'avez-vous contre la culture ? &#187;&lt;/i&gt; Des rires fusent. &lt;i&gt;&#171; On n'a rien contre, mais on pr&#233;f&#232;re quand elle reste chez elle ! &#187;&lt;/i&gt; Pas facile de suivre le fil avec ces lascars cagoul&#233;s qui, justement, clarifient la question de l'anonymat : &lt;i&gt;&#171; Nous &#233;tions invisibles. Une fois masqu&#233;s, tout le monde nous voit. Notre anonymat est une r&#233;ponse &#224; la violence symbolique de la culture hors-sol, que certains d'entre nous n'h&#233;sitent pas &#224; taxer d'euro-nazie, parachut&#233;e depuis Paris et Bruxelles. La culture suppos&#233;ment universelle de l'Occident &#233;crase les cultures populaires, les refoule dans le folklore et les enterre dans des mus&#233;es. Et nous, on l'encagoule &#224; sec ! &#187;&lt;/i&gt; La d&#233;termination du groupuscule donne le vertige, et nous tentons un repli th&#233;orique en questionnant le symbole de la courge ou la m&#233;taphore du kaki bien m&#251;r, &#233;voqu&#233;s dans un communiqu&#233; audiovisuel. S'agit-il d'un hommage aux matriarcats m&#233;diterran&#233;ens ? La r&#233;ponse est sans appel : &lt;i&gt;&#171; Vous pouvez pas comprendre, c'est culturel. &#187; &lt;/i&gt; Une fois de retour au journal, nous apprendrons par un expert en s&#233;miotique potag&#232;re que la courge est en fait une image d&#233;signant les branch&#233;s du Cours Ju&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; moins qu'il ne s'agisse d'une amulette protectrice issue d'un ancien rite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question nous taraude : pourquoi le Fric a-t-il choisi &lt;a href=&#034;https://www.marseille-en-guerre.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marseille-en-guerre.org&lt;/a&gt; comme canal de diffusion exclusif ? &lt;i&gt;&#171; On avait d'abord pens&#233; aux pages sportives de La Provence, mais les r&#233;sultats de la division d'honneur et des minimes prennent toute la place. Sur marseille-en-guerre.org, on se sent comme &#224; la maison, m&#234;me si on comprend pas tout &#224; leurs textes. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les communiqu&#233;s du Fric sont visibles sur www.marseille-en-guerre.org.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; L'heure tourne. Juste avant d'&#234;tre engloutis par l'obscurit&#233; des bandeaux, une derni&#232;re banderille : &lt;i&gt;&#171; Vous n'avez rien &#224; ajouter ? &#187;&lt;/i&gt; Cinq voix nous r&#233;pondent en ch&#339;ur :&lt;i&gt; &#171; Oui. Marseille 2013, in ou off, quoi que tu dises, quoi que tu fasses, on t'encule ! &#187;&lt;/i&gt; Le myst&#232;re du Fric reste entier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; moins qu'il ne s'agisse d'une amulette protectrice issue d'un ancien rite magique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les communiqu&#233;s du Fric sont visibles sur &lt;a href=&#034;https://www.marseille-en-guerre.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.marseille-en-guerre.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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