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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Business de l'h&#233;patite C : tout pour le fric</title>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Avec le Sofosbuvir, mol&#233;cule rachet&#233;e en 2011, le labo Gilead a mis la main sur une v&#233;ritable poule aux &#339;ufs d'or. Ce traitement r&#233;volutionnaire de l'h&#233;patite C est si efficace que la firme peut se permettre de l'&#233;couler &#224; un prix exorbitant. Quand elle entend la nouvelle, d&#233;but 2016, son sang ne fait qu'un tour. Comment ? La firme pharmaceutique Gilead a donn&#233; des sous au Bus 31/32, association marseillaise de soutien aux usagers de drogues ? Pour de vrai ? Une fois l'info confirm&#233;e, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2204-177b5.jpg?1783469530' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec le Sofosbuvir, mol&#233;cule rachet&#233;e en 2011, le labo Gilead a mis la main sur une v&#233;ritable poule aux &#339;ufs d'or. Ce traitement r&#233;volutionnaire de l'h&#233;patite C est si efficace que la firme peut se permettre de l'&#233;couler &#224; un prix exorbitant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand elle entend la nouvelle, d&#233;but 2016, son sang ne fait qu'un tour. Comment ? La firme pharmaceutique Gilead a donn&#233; des sous au Bus 31/32, association marseillaise de soutien aux usagers de drogues ? Pour de vrai ? Une fois l'info confirm&#233;e, M&#233;lanie en tire les cons&#233;quences. Pas question pour cette infirmi&#232;re salari&#233;e par la structure depuis 2014 d'accepter ce qu'elle consid&#232;re comme un sale m&#233;lange des genres. Elle prend alors la plume, pour protester aupr&#232;s du conseil d'administration. Et pour rappeler que l'association doit rester &#171; &lt;i&gt;&#233;loign&#233;e du lobbying des firmes pharmaceutiques, que ce soit par le biais de contrats, de staff ou de formations.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Les conflits d'int&#233;r&#234;t ont un impact au long terme sur nos d&#233;marches de soin&lt;/i&gt; [...]. &lt;i&gt;Ils nous emp&#234;chent aussi d'avoir une pratique m&#233;dicale conforme &#224; notre &#233;thique&lt;/i&gt; &#187;. Le courrier restant lettre morte, M&#233;lanie d&#233;cide finalement de d&#233;missionner. Question de conviction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traitement r&#233;volutionnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner sens &#224; la col&#232;re de M&#233;lanie, il faut parler de Gilead. Et revenir sur l'incroyable jackpot r&#233;alis&#233; par ce labo gr&#226;ce &#224; la commercialisation d'un nouveau traitement de l'h&#233;patite C, virus touchant 80 millions de personnes dans le monde et 200 000 en France. Jusqu'alors, les malades &#233;taient trait&#233;s &#224; l'Interf&#233;ron, m&#233;dicament aux lourds effets secondaires et au taux de r&#233;ussite mitig&#233;. Se soigner relevait du chemin de croix &#8211; long, incertain et &#233;puisant. Mais en 2014, r&#233;volution : Gilead met en vente une nouvelle mol&#233;cule, le Sofosbuvir. Cet antiviral n'a que des avantages : traitement rapide ; effets secondaires minimes ; et taux de gu&#233;rison de plus de 90 %. Si efficace qu'il laisse m&#234;me esp&#233;rer une extinction prochaine du virus. L'h&#233;patite C &#233;radiqu&#233;e ? Champagne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las : le champagne, c'est Gilead qui le sabre. Sa mol&#233;cule souffre en effet d'un d&#233;faut majeur : le prix. Prohibitif. En 2014, lors de sa mise sur le march&#233; fran&#231;ais, le traitement est factur&#233; 45 000 &#8364; par patient &#224; l'Assurance maladie. Ce n'est plus un m&#233;doc, mais de l'or en barre&#8230; &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; l'un des b&#233;n&#233;ficiaires de ce m&#233;dicament miraculeux&lt;/i&gt;, raconte Bruno. &lt;i&gt;Je me souviens avoir quitt&#233; l'h&#244;pital avec 20 000 &#8364; de cachets sur moi &#8211; il y en avait une trentaine, soit la moiti&#233; du traitement...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gie de la tonte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix du m&#233;dicament fait scandale ? Gilead n'en a cure. En situation de monopole, propri&#233;taire des brevets, la firme am&#233;ricaine sait qu'elle peut (presque) tout se permettre. Peu importe qu'elle n'ait pas d&#233;velopp&#233; le traitement, se contentant de racheter, en 2011 et pour dix milliards d'euros, la start-up PharmAsset (qui a pomp&#233; les d&#233;couvertes de l'Universit&#233; publique de Cardiff). Ce qui compte pour Gilead, c'est uniquement de faire fructifier son investissement. D'o&#249; sa d&#233;cision de fixer le prix du Sofosbuvir en fonction des r&#233;actions de l'opinion et des d&#233;cideurs. Objectif : &#233;tablir le montant maximum que chaque &#201;tat est pr&#234;t &#224; d&#233;bourser pour gu&#233;rir &#171; ses &#187; malades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De pays en pays, Gilead teste ainsi diverses hypoth&#232;ses tarifaires aupr&#232;s des organismes de sant&#233;, m&#233;decins et associations de patients. Avant de trancher : en France, ce sera donc 45 000 &#8364; ; en Allemagne, 50 000 &#8364; ; aux &#201;tats-Unis, 85 000 $. Des tarifs exorbitants finalement accept&#233;s par la plupart des syst&#232;mes de sant&#233;. Gilead a r&#233;ussi son coup. Et l'industrie du m&#233;dicament, qui n'avait jamais pouss&#233; le cynisme aussi loin, se met au diapason, explique un tr&#232;s s&#233;rieux rapport publi&#233; en 2016 : &#171; [&#192; partir du Sofosbuvir], &lt;i&gt;les labos pharmaceutiques ne fixent plus les prix sur la base des co&#251;ts globaux de la recherche, du d&#233;veloppement et de la production des m&#233;dicaments ; elles les tirent vers le haut jusqu'&#224; atteindre, voire d&#233;passer, la limite de ce que sont pr&#234;ts &#224; payer les gouvernements et les caisses d'assurance maladie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Sc&#233;narios futurs pour le d&#233;veloppement des m&#233;dicaments et la fixation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH555/-649-9e702.jpg?1782646847' width='400' height='555' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;pense qui se m&#233;rite...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilead aurait tort de se g&#234;ner. Car &#231;a marche. &#199;a court, m&#234;me. En 2015, la firme affiche le meilleur taux de profit des labos dans le monde, gr&#226;ce &#224; ce m&#233;doc dont le co&#251;t de production ne d&#233;passe pas 100 &#8364;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon une &#233;tude du chercheur Andrew Hill.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. De 2014 &#224; 2016, il r&#233;alise m&#234;me plus de 40 milliards d'euros de b&#233;n&#233;fices ! Cerise sur la mol&#233;cule, il ne paye presque pas d'imp&#244;ts, gr&#226;ce &#224; l'&#233;vasion fiscale&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Gilead Sciences : price gouger, tax dodger &#187;, &#233;tude de 2016 par Americans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Une &#233;conomie de pr&#233;dation bien rod&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique a un prix. Humain. En France, les tarifs de Gilead repr&#233;sentent un lourd fardeau pour le syst&#232;me de sant&#233;. Qui rompt alors le sacro-saint principe d'universalit&#233; de l'acc&#232;s au soin : tous les malades ne b&#233;n&#233;ficient pas de la mol&#233;cule miracle. &#171; &lt;i&gt;Du fait de l'&#233;volution lente de la pathologie, la mise sous traitement de certaines populations infect&#233;es&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;pourrait &#234;tre diff&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, euph&#233;mise un arr&#234;t&#233; de novembre 2014. Dans la pratique, ce sont les malades fragiles et marginalis&#233;s qui sont priv&#233;s de Sofosbuvir. Et peu importe que le taux de pr&#233;valence de l'h&#233;patite C soit tr&#232;s marqu&#233; chez les usagers de drogues et SDF. Les praticiens hospitaliers, prescripteurs du traitement, les jugent la plupart du temps trop instables pour m&#233;riter la folle d&#233;pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, &#231;a rue dans les brancards. Soignants et acteurs sociaux s'indignent &#8211; comme M&#233;lanie. Et les associations de soutien aux malades, accompagn&#233;es par M&#233;decins du Monde, montent au front. Contestant la validit&#233; des brevets. R&#233;clamant une baisse des prix. Et appelant l'&#201;tat &#224; recourir &#224; la licence d'office, qui permet en th&#233;orie de commercialiser des g&#233;n&#233;riques en cas de &#171; &lt;i&gt;prix anormalement &#233;lev&#233;&lt;/i&gt; &#187; d'un m&#233;dicament. R&#233;sultat de ce lobbying, la lev&#233;e des restrictions d'acc&#232;s, en juin 2016, et une l&#233;g&#232;re baisse du prix du m&#233;dicament. Pas de quoi menacer la rente de Gilead, m&#234;me si ses b&#233;n&#233;fices se r&#233;duisent un chou&#239;a. R&#233;ponse imm&#233;diate : le labo sort en 2017 un nouveau traitement contre l'h&#233;patite C, l'Epclusa, factur&#233; 43 000 &#8364;. Hold-up, encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une dette de sang &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comble de l'ind&#233;cence, le braqueur s'ach&#232;te une image sociale &#8211; le labo est ainsi principal bailleur de fonds priv&#233; des associations fran&#231;aises de soutien aux malades. Commode. D'une main, la firme fait les poches du syst&#232;me de sant&#233; ; de l'autre, elle jette quelques pi&#232;ces &#224; ceux dont elle a organis&#233; la mise au ban. Sur son site, Gilead d&#233;taille un peu ses bonnes &#339;uvres fran&#231;aises. En 2015, elle donne par exemple 825 00 &#8364; &#224; 29 associations sp&#233;cialis&#233;es &#8211; une aum&#244;ne en regard des 18 milliards de dollars de b&#233;n&#233;fices r&#233;alis&#233;s la m&#234;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que Gilead cherche &#224; am&#233;liorer son image en distribuant des subsides est dans l'ordre (malsain) des choses. Mais il est plus surprenant que des associations tr&#232;s critiques &#224; son &#233;gard acceptent cet argent&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les chiffres qui suivent sont issus de Transparence sant&#233;, qui liste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#192; l'image d'Aides, qui engrange 183 800 &#8364; en 2016&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et 159 000 &#8364; en 2014 et en 2015.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Ou d'Act Up, qui re&#231;oit 45 000 &#8364; en 2015, puis 30 000 &#8364; en 2016 et en 2017. Rien d'anormal ? &#171; &lt;i&gt;On prend l'argent &#8211; une position politique et pragmatique&lt;/i&gt;, r&#233;pond Micka&#235;l Zenouda, pr&#233;sident d'Act Up. &lt;i&gt;Nous estimons que Gilead porte une &#8216;&#8216; dette de sang '' envers les malades. Et on a besoin de sa contribution pour boucler notre budget.&lt;/i&gt; &#187; Un discours qui se tient, &#224; condition que l'argent du labo n'infl&#233;chisse en rien la ligne de l'association. Si on se fie aux vigoureuses critiques &#233;mises ces derni&#232;res ann&#233;es par Act Up &#224; son &#233;gard, c'est bien le cas. &#171; &lt;i&gt;Gilead nous file de l'argent, parce que c'est bon pour son image,&lt;/i&gt; poursuit Mika&#235;l Zenouda. &lt;i&gt;Mais on ne lui donne rien en &#233;change.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas tout &#224; fait exact : contre r&#233;tribution, Act Up accepte &#8211; justement &#8211; de voir son nom accol&#233; &#224; celui d'un de ses grands ennemis. Et contribue, m&#234;me lointainement, &#224; ripoliner l'image d'une firme aux d&#233;testables pratiques. En lui permettant de faire &#233;tat de ce financement, elle participe d'une strat&#233;gie d'humanisation du labo qui fait partie int&#233;grante de son mod&#232;le &#233;conomique pr&#233;dateur. Tout sauf anodin, souligne M&#233;lanie : &#171; &lt;i&gt;Le fait que de nombreux malades ne soient pas trait&#233;s et que l'&#233;radication de la maladie ne soit pas pour demain rel&#232;ve d'une strat&#233;gie d&#233;lib&#233;r&#233;e de Gilead. Pas question d'accepter un centime d'un labo sacrifiant des vies humaines pour conserver sa poule aux &#339;ufs d'or.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Sc&#233;narios futurs pour le d&#233;veloppement des m&#233;dicaments et la fixation de leurs prix &#187;, rapport du Centre f&#233;d&#233;ral d'expertise des soins de sant&#233;, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon une &#233;tude du chercheur Andrew Hill.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Gilead Sciences : price gouger, tax dodger &#187;, &#233;tude de 2016 par Americans for Tax Fairness.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les chiffres qui suivent sont issus de Transparence sant&#233;, qui liste certains liens d'int&#233;r&#234;t entre entreprises et acteurs du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et 159 000 &#8364; en 2014 et en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le pharmacien malgr&#233; lui</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-pharmacien-malgre-lui</link>
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		<dc:date>2011-03-07T07:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen &#194;ge</dc:subject>
		<dc:subject>L'Origine</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;dicament</dc:subject>
		<dc:subject>Lorsqu'on s'int&#233;resse</dc:subject>
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		<dc:subject>noble m&#233;tier</dc:subject>
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		<dc:subject>pharmacie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Lorsqu'on s'int&#233;resse sur une longue p&#233;riode au noble m&#233;tier de pr&#233;parateur et vendeur de rem&#232;des, on est forc&#233;ment frapp&#233; par l'esprit mercantile qui l'a presque toujours anim&#233;. Certes, l'origine grecque de la pharmacie (pharmakon) nous entra&#238;ne plut&#244;t du c&#244;t&#233; des empoisonneurs professionnels, mais l'origine latine (apothecarius) a install&#233;, d&#232;s le Moyen &#194;ge, le sp&#233;cialiste en potions roboratives derri&#232;re l'&#233;tal de sa boutique, &#233;l&#233;ment essentiel distinguant le commer&#231;ant s&#233;rieux du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsqu'on s'int&#233;resse sur une longue p&#233;riode&lt;/strong&gt; au noble m&#233;tier de pr&#233;parateur et vendeur de rem&#232;des, on est forc&#233;ment frapp&#233; par l'esprit mercantile qui l'a presque toujours anim&#233;. Certes, l'origine grecque de la pharmacie (pharmakon) nous entra&#238;ne plut&#244;t du c&#244;t&#233; des empoisonneurs professionnels, mais l'origine latine (apothecarius) a install&#233;, d&#232;s le Moyen &#194;ge, le sp&#233;cialiste en potions roboratives derri&#232;re l'&#233;tal de sa boutique, &#233;l&#233;ment essentiel distinguant le commer&#231;ant s&#233;rieux du charlatan de passage. Tandis que l'alchimiste&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire les tribulations de Z&#233;non Ligre, philosophe, m&#233;decin et alchimiste en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; poursuivait sa qu&#234;te de la pierre philosophale (et tombait par hasard, tel Paracelse, sur de vraies m&#233;dications &#224; base de m&#233;taux lourds), l'apothicaire rejoignait la corporation des &#233;piciers faisant commerce des &#171; esp&#232;ces &#187; tant aromatiques que m&#233;dicinales. Parall&#232;lement, les monast&#232;res avaient constitu&#233; des apothicaireries qui vendaient sur les march&#233;s des pr&#233;parations &#224; base de plantes et d'eau b&#233;nite. Mais le Magnum Opus, le Grand &#339;uvre ou panac&#233;e des panac&#233;es, derri&#232;re lequel couraient tous les apprentis, &#233;tait la formule de la th&#233;riaque. Ce contrepoison, &#224; l'origine, &#233;tait compos&#233; de plusieurs dizaines d'ingr&#233;dients (de la poudre de vip&#232;re au bitume de Jud&#233;e) pour plus d'une centaine d'indications th&#233;rapeutiques, dont les morsures de chiens enrag&#233;s et les id&#233;es d&#233;moniaques (&#224; condition de l'agr&#233;menter d'un petit vin de Malaga). Du fait de nombreuses fraudes et contrefa&#231;ons, la pr&#233;paration de la th&#233;riaque se fit en public &#224; partir du milieu du XVIIe si&#232;cle. Mais il fallut attendre la cr&#233;ation du Coll&#232;ge de pharmacie de Paris, &#224; l'aube de la R&#233;volution, pour que le commerce de l'&#233;picerie soit officiellement s&#233;par&#233; de l'exercice de la pharmacie et que les pommades potentialisatrices de l'&#233;rection p&#233;nienne concoct&#233;es par l'abb&#233; Machin soient r&#233;serv&#233;es &#224; un usage strictement monastique. Cela &#233;tant, l'activit&#233; d'apothicaire resta &#224; un stade artisanal pendant encore quelques d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du XIXe si&#232;cle, l'affaire se mondialisa en m&#234;me temps que se d&#233;veloppaient les grandes multinationales europ&#233;ennes et am&#233;ricaines de l'industrie chimique. En France, exception culturelle oblige, les laboratoires pharmaceutiques sont longtemps rest&#233;s ind&#233;pendants et de taille modeste (comme Fabre ou le d&#233;sormais fameux Servier). Ils ont pu, toutefois, b&#233;n&#233;ficier du soutien sans faille d'un homme cl&#233; : Louis Vidal. Ni m&#233;decin ni pharmacien mais infatigable VRP des laboratoires du m&#233;dicament, il a pos&#233;, avant 1914, le cadre de l'information pharmaceutique aupr&#232;s des m&#233;decins, lequel sera &#224; l'origine des d&#233;rives actuelles. Avec la fondation de l'Office de vulgarisation pharmaceutique en 1927, il diffusa abondamment son fameux dictionnaire des sp&#233;cialit&#233;s pharmaceutiques, le Vidal, plac&#233; chez tous les toubibs par une arm&#233;e de visiteurs m&#233;dicaux, eux-m&#234;mes stipendi&#233;s par les principales firmes du m&#233;doc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne serait pas si grave si les autorit&#233;s de r&#233;gulation faisaient passer les int&#233;r&#234;ts de sant&#233; publique avant les int&#233;r&#234;ts industriels. On a vu, avec le r&#233;cent scandale du M&#233;diator et les nombreux conflits d'int&#233;r&#234;ts agitant l'Afssaps et le minist&#232;re de la Sant&#233;, que c'&#233;tait loin d'&#234;tre le cas. Mais ce n'est rien compar&#233; avec ce que nous pr&#233;pare l'Agence europ&#233;enne du m&#233;dicament (EMA), appel&#233;e &#224; devenir la seule instance de contr&#244;le pour tous les pays membres de l'UE. Dans l'imbroglio technocratique bruxellois, l'EMA est directement rattach&#233;e &#224; la direction g&#233;n&#233;rale &#171; entreprise et industrie &#187; de la Commission europ&#233;enne. On pourrait penser qu'il serait plus sage qu'elle d&#233;pende de celle s'occupant de la sant&#233; des consommateurs. Cependant, au vu des propositions qu'elle formule, on comprend mieux : moins d'exigences dans la &#171; gestion du risque &#187; avant la commercialisation d'un m&#233;dicament afin de permettre un &#171; retour sur investissement &#187; plus rapide, l&#233;galisation de la vente de m&#233;dicaments sans efficacit&#233;, suivi du m&#233;dicament confi&#233; aux seules soci&#233;t&#233;s pharmaceutiques. Pharmacie, du grec pharmakon, rem&#232;de ou poison...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire les tribulations de Z&#233;non Ligre, philosophe, m&#233;decin et alchimiste en proie &#224; l'Inquisition, dans &lt;i&gt;L'&#338;uvre au noir&lt;/i&gt;, passionnant roman historique de Marguerite Yourcenar.&lt;/p&gt;
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