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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Entre gestion et subversion : Madrid la rouge ?</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Pour Esperanza Aguirre, candidate malheureuse du Partido popular (PP) aux &#233;lections municipales de mai 2015, Madrid est tomb&#233; aux mains des &#171; rouges &#187;, qui vont implanter des soviets dans tous les districts. &#171; Elle n'est pas con, Esperanza, c'est exactement ce que nous voulons faire ! &#187;, goguenardise Pablo Carmona, activiste aujourd'hui en poste &#224; la mairie. Des &#171; rouges &#187; qui, comme en 1936, vont &#171; incendier les &#233;glises et violer les bonnes s&#339;urs &#187;, selon le tweet d'une d&#233;put&#233;e de Valencia (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/egalement-epicentre" rel="tag"&gt;&#233;galement &#233;picentre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patio-Maravillas" rel="tag"&gt;Patio Maravillas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/places-demarre" rel="tag"&gt;places d&#233;marr&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/del-Sol" rel="tag"&gt;del Sol&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour Esperanza Aguirre, candidate malheureuse du Partido popular (PP) aux &#233;lections municipales de mai 2015, Madrid est tomb&#233; aux mains des &#171; &lt;i&gt;rouges&lt;/i&gt; &#187;, qui vont implanter des soviets dans tous les districts. &#171; &lt;i&gt;Elle n'est pas con, Esperanza, c'est exactement ce que nous voulons faire !&lt;/i&gt; &#187;, goguenardise Pablo Carmona, activiste aujourd'hui en poste &#224; la mairie. Des &#171; rouges &#187; qui, comme en 1936, vont &#171; &lt;i&gt; incendier les &#233;glises et violer les bonnes s&#339;urs&lt;/i&gt; &#187;, selon le tweet d'une d&#233;put&#233;e de Valencia le soir des &#233;lections municipales de mai dernier. O&#249; en est-on cent jours plus tard ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Puerta del Sol, c&#339;ur du Madrid touristique, mais &#233;galement &#233;picentre du 15-M, mouvement d'occupation des places d&#233;marr&#233; le 15 mai 2011, porte les stigmates d'une guerre de signes. Ici, ce ne sont pas les chars, mais une mainmise mercantile qui &#233;crase l'espace public. La station de m&#233;tro a subi un &lt;i&gt;naming&lt;/i&gt; bien bourrin : &#171; Vodafone-Sol &#187; &#8211; comme si &#224; Paris la station Champs-&#201;lys&#233;es &#233;tait rebaptis&#233;e McDo-&#201;lys&#233;es. Sur une b&#226;che de 15 m&#232;tres de haut, Gareth Bale, attaquant gallois du Real Madrid, serre le poing et hurle un slogan par-dessus la t&#234;te des passants : &#171; &lt;i&gt;Destroy order&lt;/i&gt; &#187;&#8230; pour le compte d'Adidas. Dans son ombre, la plus typique enseigne T&#237;o Pepe est exil&#233;e sur le toit d'un immeuble nain : transfert op&#233;r&#233; &#224; la demande d'Apple, qui vient d'installer 6 000 m2 de son froid merchandising dans l'&#233;difice le plus imposant de la place, le tr&#232;s mussolinien ex-h&#244;tel de Paris, en fa&#231;ade duquel flotte d&#233;sormais le drapeau noir &#8211; floqu&#233; du logo post-&#233;d&#233;nique de la marque &#224; la pomme. Un peu plus loin, un autre panneau pharaonique fait lever les yeux au ciel, o&#249; un mannequin du centre commercial El Corte Ingl&#233;s minaude en anglais : &#171; &lt;i&gt;Ils ont chang&#233; le monde, pas ma chemise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2362 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH508/-634-3d65f.jpg?1782637901' width='400' height='508' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le retour &#224; la normale voulu par la classe politique et les multinationales passe par cette r&#233;&#233;criture de la rue, l&#224; o&#249;, deux ans auparavant, des milliers de balcons se paraient de pancartes enflamm&#233;es contre les coupes budg&#233;taires impos&#233;es par l'Europe. Les &lt;i&gt;mareas&lt;/i&gt; &#8211; verte (&#233;ducation), blanche (sant&#233;), orange (services sociaux) ou jaune (biblioth&#232;ques) &#8211; inondaient les carrefours de leurs manifestants. La capitale semblait submerg&#233;e par un tsunami de r&#233;volte. Surtout quand ces mar&#233;es s'unissaient en un arc-en-ciel de r&#233;sistances. Les immenses squats radicaux tenaient bon, comme le Casablanca, et les centres sociaux comme l'embl&#233;matique Patio Maravillas n'avaient pas encore &#233;t&#233; expuls&#233;s. Entre temps, le gouvernement a recul&#233; sur certains aspects les plus scandaleux de son programme d'aust&#233;rit&#233;, mais a tenu bon sur le principal, et la rue s'est fatigu&#233;e. Ahora Madrid est n&#233; de cette vacance, une organisation mont&#233;e &#224; la va-vite. Pas un parti (pas de local, pas de programme), mais un espace de coordination. Des anciens squatteurs autonomes, des activistes du 15-M, la base de partis de gauche radicale, des d&#233;senchant&#233;s de partis moribonds (Izquierda Unida ou les &#233;cologistes d'Equo), rassembl&#233;s d'abord sous la banni&#232;re Ganemos Madrid, puis Ahora Madrid quand quelques partisans de Podemos se sont joints &#224; l'aventure. Avec l'embl&#233;matique juge rouge Manuela Carmena.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des premi&#232;res mesures de la nouvelle municipalit&#233; : lancer un audit de la dette municipale (pr&#232;s de 6 milliards d'euros !), &#224; la recherche de malversations et autres conflits d'int&#233;r&#234;ts commis durant les ann&#233;es PP. Mais la juge Carmena, qui a plus l'habitude des pr&#233;toires que de la rue et manie mieux la balance que le glaive, a tenu &#224; rassurer les cr&#233;anciers : ils seront pay&#233;s quelle qu'en soit la conclusion. R&#233;volution en demi-teinte. La cur&#233;e m&#233;diatique a pourtant &#233;t&#233; lanc&#233;e d&#232;s le premier jour. L'adjoint &#224; la Culture de l'&#233;quipe Carmena, membre de feu le centre social Patio Maravillas, a &#233;t&#233; forc&#233; &#224; d&#233;missionner deux jours apr&#232;s avoir pris ses fonctions, accus&#233; de tweets antis&#233;mites datant de 2012. Accusation qu'un tribunal, saisi &#224; une vitesse record, a rapidement abandonn&#233;e faute de fondement. Dans le m&#234;me registre, la jeune porte-parole de la nouvelle mairie a &#233;t&#233; accus&#233;e d'avoir montr&#233; ses seins dans une chapelle quand elle &#233;tait &#233;tudiante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, l'&#233;quipe municipale est un dr&#244;le de magma instable, aux histoires diverses. La recherche de cr&#233;dibilit&#233; avant les actes, voil&#224; qui n'est pas du go&#251;t de celles et ceux qui viennent du 15-M. Et les bandes de Traficantes de Sue&#241;os ou du Patio Maravillas, tr&#232;s organis&#233;es malgr&#233; leurs racines plong&#233;es dans l'autonomie des ann&#233;es 1980, a d'autres plans : &#171; &lt;i&gt;La question quand on arrive &#224; la mairie, c'est de savoir si on va avoir une politique de gestion ou de conflit&lt;/i&gt;, explique Fern&#225;n, proche de Traficantes et membre du journal ind&#233;pendant &lt;i&gt;Diagonal&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Nous, on n'est pas l&#224; pour g&#233;rer les probl&#232;mes du pass&#233;, mais pour continuer &#224; nous battre. C'est justement parce que des copains sont &#224; la mairie qu'on va foutre le bordel dans la rue, plus que jamais.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, hors le conseil municipal, des doutes persistent. Mar&#237;a Fern&#225;ndez, qui avait particip&#233; activement &#224; tous les mouvements sociaux n&#233;s de la crise, a l&#226;ch&#233; prise quand l'essentiel des forces s'est jet&#233; &#224; corps perdu dans le pari municipaliste. Son amie Sol S&#225;nchez, d'Attac-Madrid, trouve l'adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'&#201;conomie comp&#233;tent, mais Mar&#237;a vitup&#232;re la ti&#233;deur des premi&#232;res mesures : &#171; &lt;i&gt;La seule remunicipalisation de services a &#233;t&#233; celle des pompes fun&#232;bres, le contrat arrivant &#224; terme.&lt;/i&gt; &#187; D'ailleurs, la plateforme intersyndicale des &#233;boueurs est furax : Ahora Madrid avait promis de r&#233;embaucher les 1 200 agents licenci&#233;s en 2013 par l'entreprise sous-traitante suite &#224; un plan social. L'entreprise rechignant &#224; obtemp&#233;rer, la mairie envisage de les rembaucher, mais vu l'&#233;tat des finances, elle annonce un &#233;chelonnement sur plusieurs mois ou ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte du 15-M, des mar&#233;es sociales et des marches pour la dignit&#233;, qui a atteint son z&#233;nith lors de l'encerclement du Congr&#232;s des d&#233;put&#233;s par 40 000 manifestants en septembre 2012, est-elle retomb&#233;e ? Le mouvement social a-t-il fonc&#233; t&#234;te baiss&#233;e dans le chiffon rouge de l'institutionnalisation ? Difficile d'en juger avec si peu de recul. Une chose est s&#251;re, les nouvelles mairies r&#233;alisent ce qui paraissait inimaginable il y a cinq ans : bousculer le socle du bipartisme et de la monarchie sur lequel repose le &#171; syst&#232;me de 1978 &#187; &#8211; pactes de la Moncloa et Transition d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption devenue end&#233;mique&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carlos Solchaga, ex-ministre des Finances de Felipe Gonz&#225;lez, d&#233;clarait avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et le syst&#232;me des &#171; portes-tambour &#187; qui permet aux gouvernants ayant privatis&#233; des entreprises d'y &#234;tre embauch&#233;s apr&#232;s leur mandat, ont d&#233;go&#251;t&#233; les classes populaires et moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discr&#233;dit des Bourbons, dont l'abdication de Juan Carlos Ier est le r&#233;sultat, n'est pas anecdotique. La d&#233;testation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la classe politique, qui explique le coup de tonnerre des derni&#232;res municipales, non plus : &#171; &lt;i&gt;Le PP n'a aucune id&#233;ologie, m&#234;me n&#233;olib&#233;rale. C'est un cartel de caciques corrompus, des petits-fils de pontes franquistes qui consid&#232;rent ce pays comme leur chasse gard&#233;e. Ils m&#233;prisent copieusement le peuple&lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne Mar&#237;a, assise &#224; la terrasse d'un bar de la place 2-de-Mayo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet pervers, le pari municipaliste aura &#233;t&#233; une v&#233;ritable saign&#233;e pour les mouvements sociaux. Les plus actifs, les plus dou&#233;s pour la communication ou l'organisation collective, celles et ceux au carnet d'adresses bien fourni, se sont impliqu&#233;s dans le processus &#233;lectoral, d&#233;shabillant le front de l'action collective dans les rues. Mais la plupart des personnes rencontr&#233;es, m&#234;me critiques sur la d&#233;rive &#233;lectoraliste et personnaliste (&#171; &lt;i&gt;p&#233;roniste&lt;/i&gt; &#187;, disent certains&#8230;) de Podemos, reconnaissent que le moment est, si ce n'est historique, du moins exceptionnel, riche en enseignements et en exp&#233;riences. Malgr&#233; les divergences, tout le monde souhaite la subversion de l'&#233;tat des choses actuel. Rares sont ceux qui se contentent d'invoquer les m&#226;nes des amis de Durruti. Les id&#233;es libertaires se confrontent au pragmatisme, elles servent d'aiguillon et de garde-fous plus que de surmoi radical. L'urgence sociale est telle que l'heure n'est pas &#224; la crispation sur des postures &#233;rudites. Plut&#244;t &#224; l'intelligence partag&#233;e et affin&#233;e dans l'action.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Carlos Solchaga, ex-ministre des Finances de Felipe Gonz&#225;lez, d&#233;clarait avec fiert&#233; que &#171; &lt;i&gt;l'Espagne est le pays&lt;/i&gt; [europ&#233;en] &lt;i&gt;o&#249; l'on peut s'enrichir le plus rapidement&lt;/i&gt; &#187;. Sa coll&#232;gue &#224; la Culture, Carmen Calvo, pr&#233;f&#233;rait cultiver l'ambig&#252;it&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous g&#233;rons l'argent public et l'argent public n'est &#224; personne.&lt;/i&gt; &#187; &#192; droite, on se l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;Je suis entr&#233; en politique pour m'en foutre plein les poches&lt;/i&gt; &#187;, avouait Vicente Sanz, alors pr&#233;sident du Partido popular de Valencia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;tat d'urgence, &#233;tat d'hypnose</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>d'une guerre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Peut-on d&#233;serter une guerre globale ? Une guerre o&#249; les adversaires&#8200;&#8211;&#8200;le terrorisme et l'antiterrorisme&#8200;&#8211;&#8200;se nourrissent l'un l'autre en provoquant sid&#233;ration et clivages pour mieux enr&#244;ler les populations sous leurs drapeaux ? Il faudra d'abord rompre l'hypnose. Le vendredi 13 au soir, les balles ont siffl&#233; &#224; nos oreilles en temps r&#233;el, via les r&#233;seaux sociaux. Les mauvaises nouvelles voyagent vite et semblent s'autog&#233;rer par SMS, Facebook, Twitter&#8230; Mais l&#224;, contrairement au 7 janvier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no138-decembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;138 (d&#233;cembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-urgence" rel="tag"&gt;d'urgence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une-guerre" rel="tag"&gt;d'une guerre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Peut-on d&#233;serter une guerre globale ? Une guerre o&#249; les adversaires&#8200;&#8211;&#8200;le terrorisme et l'antiterrorisme&#8200;&#8211;&#8200;se nourrissent l'un l'autre en provoquant sid&#233;ration et clivages pour mieux enr&#244;ler les populations sous leurs drapeaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra d'abord rompre l'hypnose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le vendredi 13 au soir, les balles ont siffl&#233; &#224; nos oreilles en temps r&#233;el, via les r&#233;seaux sociaux. Les mauvaises nouvelles voyagent vite et semblent s'autog&#233;rer par SMS, Facebook, Twitter&#8230; Mais l&#224;, contrairement au 7 janvier dernier, j'ai ren&#226;cl&#233;. Non pas, comme l'affirme Houellebecq, parce qu'&#171; &lt;i&gt; on s'habitue &#224; tout&lt;/i&gt; &#187;, mais parce qu'instinctivement je savais qu'une fois plong&#233; dedans, l'horreur n'allait plus me l&#226;cher.
Allumer la t&#233;l&#233;, c'&#233;tait placer la t&#234;te sur le billot. Autant gagner quelques heures en d&#233;sertant, dans les rues, dans les bars, en douce compagnie. Et chaque fois que l'effarement s'approchait du comptoir&#8200;&#8211; &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes pas au courant ?&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, nous esquivions le pi&#232;ge, jusqu'&#224; finir dans un antre nocturne &#233;quip&#233; d'une boule &#224; facettes. Frivolit&#233; ? &#201;go&#239;sme ? L&#226;chet&#233; ? Nous &#233;tions trop loin de Paris pour porter secours &#224; qui que ce soit. Ceux et celles qui buvaient et dansaient sur la piste, avec des petits points lumineux virevoltant sur leurs corps comme sur des cibles, savaient sans vouloir savoir. Sous le tchak-boum des vieux hits disco, les noctambules &#233;taient, cette nuit-l&#224;, exceptionnellement calmes et attentifs les uns aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fascination morbide qui s'empare du t&#233;l&#233;spectateur n'est pas forc&#233;ment empathique. C'est cette impuissance que nous avons fui. Jusqu'&#224; se dire, un brin pr&#233;somptueux, &#171; &lt;i&gt;Tu vois, &#224; l'heure qu'il est, on est peut-&#234;tre les seuls dans ce putain de pays &#224; s'enrouler au lieu d'&#234;tre connect&#233;s&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Au r&#233;veil, j'ai lu un quatrain d'Omar Khayyam &#224; haute voix, comme un exorcisme : &#171; &lt;i&gt;Que sont devenus tous nos amis ? La mort les a-t-elle renvers&#233;s et pi&#233;tin&#233;s ? Que sont devenus tous nos amis ? J'entends encore leurs chansons dans la taverne&#8230; Sont-ils morts, ou sont-ils ivres d'avoir v&#233;cu ?&lt;/i&gt; &#187; Puis, apr&#232;s quinze heures de r&#233;sistance, j'ai allum&#233; la t&#233;l&#233;. Chute instantan&#233;e dans la terreur et son spectacle. Absurde potlatch de sang et de mitraille. T&#233;tanis&#233;, on assiste au d&#233;compte des morts, aux traces du drame sur les trottoirs diffus&#233;es en boucle, aux d&#233;clarations belliqueuses&#8230; Un cauchemar g&#233;opolitique et social s'est invit&#233; &#224; la terrasse des caf&#233;s, au Stade de France, au Bataclan. La guerre est aussi virtuelle que r&#233;elle, l'opinion publique devient un champ de bataille. Daech le sait bien, qui soigne l'audimat en bon &#233;l&#232;ve du grand Satan.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH325/-441-44cc2.jpg?1782645052' width='400' height='325' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Stupeur face &#224; l'ampleur du massacre. Malaise &#233;galement devant la candeur de ceux et celles que les cam&#233;ras choisissent : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi tant de haine ?&lt;/i&gt; &#187; Sur Canal +, une &#233;tudiante en pleurs croit trouver la r&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Ils ha&#239;ssent la beaut&#233; de la jeunesse parisienne, son ouverture, on est tellement bien, tellement heureux, tellement libres, et ils ha&#239;ssent &#231;a, ils sont frustr&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Son ing&#233;nuit&#233; n'est qu'un morceau choisi. Hors champ, une manif en soutien aux migrants scandait des slogans contre l'&#233;tat d'urgence &#8211;&#8200;et une semaine plus tard, sur la foi de clich&#233;s policiers, des participants seront convoqu&#233;s au commissariat, soup&#231;onn&#233;s &#171; &lt;i&gt;d'avoir commis ou tent&#233; de commettre l'infraction de violation d'une interdiction de manifester prise dans le cadre de l'&#233;tat d'urgence&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Et dire que l'homme de l'&#201;lys&#233;e somme les gens de continuer &#224; sortir, consommer et visiter les mus&#233;es par patriotisme ! Car l'affluence touristique aurait chut&#233; de 40 %. Alors, &lt;i&gt;business as usual&lt;/i&gt;, mais interdiction de manifester. Le concert de Madonna &#224; Bercy est en revanche maintenu, &#224; partir de 89&#8200;euros la place. Sarkozy continuera &#224; se pavaner dans les loges du Parc des princes qataris, sponsors de Daech. Hollande chevauche la douleur et l'innocence des quidams tu&#233;s au hasard pour d&#233;clarer la guerre, tel Bush en 2001. Et, comme on tirerait au canon sur un nid de gu&#234;pes, les bombardements &#171; cibl&#233;s &#187; de Raqqa sont men&#233;s au nom de notre s&#233;curit&#233;, au nom de la d&#233;mocratie, de nos Lumi&#232;res, de nos n&#233;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain la guerre a fait irruption dans Paris. Indicible violence. N&#233;anmoins, la France guerroie depuis longtemps en C&#244;te d'Ivoire, en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Mali, en Centrafrique, en Syrie&#8230; Les 130 morts des attentats du vendredi 13 sont aussi les victimes collat&#233;rales de ces lointains conflits. Seulement 2,6 % des victimes du terrorisme depuis l'an 2000 sont des citoyens occidentaux, mais &#224; Tripoli, &#224; Ankara, &#224; Beyrouth et m&#234;me dans un h&#244;tel &#224; touristes et expat' de Bamako, les morts n'ont pas le m&#234;me poids m&#233;diatique, la m&#234;me capacit&#233; &#224; indigner l'opinion. Et cet aveuglant ethnocentrisme risque de se payer cher. En 2004, les Espagnols avaient r&#233;agi autrement aux bombes de Madrid, qui avaient fait 192 morts dans des trains de banlieue. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s le pire attentat de notre histoire r&#233;cente, la r&#233;action de notre peuple a &#233;t&#233; intelligente, d&#233;cente et exemplaire&lt;/i&gt;, s'enorgueillit Pablo Echenique, d&#233;put&#233; europ&#233;en Podemos.&lt;i&gt; D'abord &#8211; in&#233;vitablement &#8211; le deuil, le soutien aux victimes et &#224; leurs familles, et la condamnation la plus ferme de ces sauvages assassinats et de ceux qui les avaient perp&#233;tr&#233;s. Parall&#232;lement, tr&#232;s peu de r&#233;actions x&#233;nophobes, mais plut&#244;t le contraire : on serre les rangs, en incluant la communaut&#233; musulmane. Deuxi&#232;mement, identification des v&#233;ritables causes de ces &#233;v&#233;nements et rejet massif des interventions militaires &#8211; ce rejet &#233;tant con&#231;u comme l'unique strat&#233;gie valable pour en finir avec le terrorisme djihadiste.&lt;/i&gt; &#187; Trois jours apr&#232;s le carnage d'Atocha, les &#233;lecteurs punirent le pr&#233;sident Aznar&#8200;&#8211;&#8200;qui avait tent&#233;, assez maladroitement, d'orienter les soup&#231;ons sur l'ETA &#8211;&#8200;pour avoir, un an plus t&#244;t, entra&#238;n&#233; le pays dans la guerre de Bush en Irak. Les socialistes, port&#233;s au pouvoir par cette vague, durent ordonner le retrait imm&#233;diat des troupes espagnoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France d'aujourd'hui marine fort loin d'une telle lucidit&#233;. Ici, le Janus du terrorisme et de l'antiterrorisme est devenu m&#233;thode de gouvernement. Le pays est plac&#233; sous la coupe d'un capitalisme de guerre, avec sa fuite en avant dans la strat&#233;gie du chaos. Quoi qu'ils votent, les &#233;lecteurs pl&#233;bisciteront la guerre, le consensus de la classe politique &#233;tant quasi total : l'&#233;tat d'urgence a &#233;t&#233; vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; moins six, dans une surench&#232;re s&#233;curitaire qui d&#233;passe celle de novembre 2005, et m&#234;me celle de la guerre d'Alg&#233;rie. FN et sarkozystes se font doubler sur leur droite par le bin&#244;me Hollande-Valls et son &#171; &lt;i&gt;impitoyable r&#233;ponse &#224; la barbarie&lt;/i&gt; &#187;. Les actions de l'industrie de l'armement ont fait un bond de 4 % au lendemain des attentats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre domestique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 15 novembre au matin, l'urgentiste Pelloux, rescap&#233; de &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt;, fait son D&#233;roul&#232;de sur France Inter : &#171; &lt;i&gt;Je ressens une peine immense, et en m&#234;me temps une grande fiert&#233;, car les services de secours, bleu comme la police, blanc comme le Samu, rouge comme les pompiers, se sont mobilis&#233;s comme jamais.&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; et son sang impur, les drapeaux tricolores, les valeurs de la R&#233;publique brandies comme un encensoir : les images t&#233;l&#233;vis&#233;es insistent sur ce qui a tout l'air d'une aggravation de l'abrutissement patriotique depuis janvier. Mais les tr&#233;molos du bon docteur Pelloux embrigadent un peu vite les r&#233;flexes solidaires de nombreux Parisiens ayant port&#233; secours aux bless&#233;s ou abrit&#233; des survivants sans n&#233;cessairement communier avec l'ivresse guerri&#232;re de ceux qui, de fait, ont expos&#233; &#171; leur &#187; peuple aux repr&#233;sailles des fous d'Allah en semant le chaos en Irak, en Libye, en Syrie. L'ennemi est celui que nos gouvernants ont couv&#233; sous l'aile de leur interventionnisme. Daech est le fruit pourri du pilonnage de Bagdad en 1991, puis 2003 ; de Guantanamo, d'Abou Ghra&#239;b, des ex&#233;cutions sommaires et publiques de Saddam Hussein et Kadhafi. Sans oublier qu'en 2013, Hollande et Fabius &#233;taient parmi les plus fervents va-t-en-guerre contre le r&#233;gime de Bachar : on peut imaginer que les premiers apprentis djihadistes &#224; partir depuis la France ne se sentaient pas tant que &#231;a en rupture avec le discours officiel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH294/-442-7d8d0.jpg?1782691602' width='400' height='294' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;Anne Hidalgo, maire de Paris, affirme que les terroristes se sont attaqu&#233;s &#224; l'&#226;me &#171; &lt;i&gt;frondeuse&lt;/i&gt; &#187; de Paris. Les &#171; &lt;i&gt;barbares&lt;/i&gt; &#187; s'en seraient pris &#224; un mode de vie. Mais le m&#233;pris de classe pointe derri&#232;re la bonne conscience d'une capitale livr&#233;e au tourisme et aux sp&#233;culateurs, qui expulse les pauvres vers sa p&#233;riph&#233;rie depuis des d&#233;cennies. Paris, c'est la France touch&#233;e en plein c&#339;ur, et on fait le portrait des victimes en hommage &#224; leur innocence, &#224; leur humanit&#233;. Les troupes et les journalistes ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s dans le 9-3 comme en territoire comanche. Les habitants surpris par l'assaut des forces de l'ordre sur la planque des terroristes ressemblent trop&#8230; aux terroristes. Ne forment-ils pas ce fameux terreau o&#249; na&#238;t et grandit la menace ? Les soixante-dix riverains ayant pris de plein fouet l'op&#233;ration du Raid ont &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;s dans un gymnase. Anonymes, oubli&#233;s, jusqu'&#224; ce que le maire de Saint-Denis, au bout de quatre jours, alerte les m&#233;dias : aucun relogement ne leur avait &#233;t&#233; propos&#233;, sans que personne ne s'en &#233;meuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attentats du 13 novembre sont venus marquer de leur sceau de sang et de confusion le dixi&#232;me anniversaire de la r&#233;volte des banlieues de 2005. L'&#233;tat d'urgence est &#224; nouveau d&#233;cr&#233;t&#233;, cette fois-ci pour trois mois minimum. On d&#233;couvre avec tristesse le chemin parcouru depuis la Marche de l'&#233;galit&#233; (dite des &#171; beurs &#187;) de 1983. En 2005, la dimension sociale des &#233;meutes &#233;tait encore identifiable, malgr&#233; la criminalisation et le focus ethnique des discours m&#233;diatiques. Aujourd'hui, le poison identitaire et religieux recouvre tout. Avec ou contre nous, disait Bush. Ici, en 2015, c'est pareil. Peut-&#234;tre encore pire, puisque l'&#201;tat fran&#231;ais a int&#233;gr&#233; le choc des civilisations &#224; son propre agenda domestique : la R&#233;publique est en guerre contre ses quartiers populaires. En quinze jours, dans ces zones souvent dites de non-droit, 1836 perquisitions ont &#233;t&#233; men&#233;es sans commission rogatoire sous couvert de lutte antiterroriste. Combien auront &#233;t&#233; lanc&#233;es pour de simples affaires de stup&#233;fiants ? Combien d'erreurs sur la personne et de situations humiliantes ? Sachant que &#171; &lt;i&gt;le djihadisme ne vient pas du communautarisme mais de la d&#233;socialisation&lt;/i&gt; &#187; (Rapha&#235;l Liogier, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 24/11/15). &#171; &lt;i&gt;Daech puise dans un r&#233;servoir de jeunes Fran&#231;ais radicalis&#233;s qui, quoi qu'il arrive au Moyen-Orient, sont d&#233;j&#224; entr&#233;s en dissidence et cherchent une cause, un label, un grand r&#233;cit pour y apposer la signature sanglante de leur r&#233;volte personnelle&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Olivier Roy, sp&#233;cialiste de l'Islam, dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (24/11/15). &lt;i&gt;L'&#233;crasement de Daech ne changera rien &#224; cette r&#233;volte.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Il ne s'agit pas de la radicalisation de l'islam, mais de l'islamisation de la radicalit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Et ce nihilisme kamikaze tend un miroir grima&#231;ant au nihilisme occidental, de Breivik &#224; Lubitz en passant par S&#233;gu&#233;la et Kerviel &#8211; ma plan&#232;te pour une Rolex, un 4x4 Hummer ou un iPhone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat d'urgence, auquel nous pr&#233;parait l'inutile pr&#233;sence de Vigipirate dans les rues depuis trente ans, pourrait devenir permanent. &#171; La guerre sera longue &#187;, puisqu'elle est le disque dur du capitalisme ultime. La concentration bestiale des richesses oblige les &#201;tats &#224; prendre les devants sur d'in&#233;vitables troubles sociaux. En les d&#233;voyant en guerre de civilisations et autres affrontements inter-religieux, les gouvernants repoussent d'autant l'&#233;ch&#233;ance d'un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral contre l'injustice. La COP21 maintenue sous cet &#233;tat d'exception, c'est d&#233;j&#224; le r&#233;sultat d'un Patriot Act &#224; la fran&#231;aise. Les VRP des multinationales les plus pr&#233;datrices et polluantes vont se r&#233;unir &#224; huis-clos en nous promettant, la main sur le c&#339;ur, qu'ils feront tout leur possible pour sauver la plan&#232;te. Sortir de l'&#233;tat d'hypnose bipolaire dans lequel nous maintiennent ces meilleurs ennemis du monde permettrait de d&#233;masquer l'ignominie d'une guerre qui n'est pas la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;teint la t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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