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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Mort Uber Eats, mort anonyme</title>
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		<dc:creator>Alexis Vernier</dc:creator>


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&lt;p&gt;Conseiller municipal &#224; Sotteville-l&#232;s-Rouen, ob&#233;dience France insoumise, Alexis Vernier nous a propos&#233; de publier ce texte sur un livreur Uber Eats fauch&#233; dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, Chahi. Comme il est poignant et s'attaque &#224; une question qui nous tient &#224; c&#339;ur, hop, le voil&#224;. Je suis all&#233; ce soir &#224; la rencontre de livreurs Uber Eats. Pour voir ce qu'ils avaient &#224; dire sur le drame &#224; Sotteville, o&#249; l'un des leurs est d&#233;c&#233;d&#233; jeudi dernier. Pour voir si &#231;a leur &#233;voquait quelque chose. Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Conseiller municipal &#224; Sotteville-l&#232;s-Rouen, ob&#233;dience France insoumise, Alexis Vernier nous a propos&#233; de publier ce texte sur un livreur Uber Eats fauch&#233; dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, Chahi. Comme il est poignant et s'attaque &#224; une question qui nous tient &#224; c&#339;ur, hop, le voil&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis all&#233; ce soir &#224; la rencontre de livreurs Uber Eats. Pour voir ce qu'ils avaient &#224; dire sur le drame &#224; Sotteville, o&#249; l'un des leurs est d&#233;c&#233;d&#233; jeudi dernier. Pour voir si &#231;a leur &#233;voquait quelque chose. Un commentaire, une id&#233;e, une col&#232;re. Surtout, pour en savoir un peu plus sur ce livreur, pour les &#233;couter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s m'&#234;tre renseign&#233;, je me suis aper&#231;u qu'on ne savait g&#233;n&#233;ralement rien de ces morts invisibles. Dans les articles de la presse, le pr&#233;nom de la victime n'est m&#234;me pas mentionn&#233;. Une manchette dans un journal :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un coursier est d&#233;c&#233;d&#233; de...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &#233;t&#233; retrouv&#233; &#224; ...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me Uber feint de ne pas &#234;tre au courant. On ach&#232;te une identit&#233; &#224; un &#034;Fran&#231;ais&#034; et on roule sous un faux nom. Celui qui tombe ? Connais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait 41 ans, venait du Nigeria. Il laisse derri&#232;re lui quatre gosses et une femme. Il s'appelait comment ? &#034;&lt;i&gt;Je sais pas, on l'appelait &#034;mon fr&#232;re&#034;, il &#233;tait assis l&#224; sur ce banc et attendait la commande&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin je trouverai d'autres Nig&#233;rians qui me donneront son pr&#233;nom : Chahi. Par pudeur, je n'ai pas os&#233; en demander davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conversation &#233;tonnante avec l'un des travailleurs. Il me parle de Macdo qui n'a pas de go&#251;t et du &#034;capitalisme&#034; que le&lt;i&gt; fast food&lt;/i&gt; industriel repr&#233;sente &#224; ses yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et Uber ?&lt;/i&gt;, je lui demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Uber ? C'est un logiciel. Juste un logiciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi ton frein avant est d&#233;croch&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;conne, mal serr&#233;. La roue est voil&#233;e &#231;a frotte, &#231;a freine trop. Si je suis trop lent, Uber filera les commandes &#224; un autre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prendre la commande, il faut avoir les yeux riv&#233;s sur l'&#233;cran. C'est &#224; celui qui coche le plus vite. Celui qui roule le plus vite. L'algorithme est glacial, la concurrence est organis&#233;e entre les coursiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont &#034;&lt;i&gt;la rage au c&#339;ur&lt;/i&gt;&#034; mais ne savent pas vers qui la porter, cette rage. &#034;&lt;i&gt;Pas la peine de se plaindre&lt;/i&gt;&#034; me r&#233;p&#232;te l'un. &#034;&lt;i&gt;De toute fa&#231;on t'as choisi de travailler pour une plateforme, t'es dedans ou tu d&#233;gages&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il trouve &#231;a normal ? J'en sais rien, je crois pas mais s'il a envie de parler il n'a pas le go&#251;t pour le bavardage qui de toute fa&#231;on ne changera rien. Pourtant, c'est lui qui me retient et revient sans arr&#234;t &#224; la charge sur la &#034;&lt;i&gt;rage au c&#339;ur&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le gars l&#224;, tu le vois ? il s'est fait renverser ce matin. Il cache, avec son manteau, la blessure &#224; l'&#233;paule. Moi je me suis fait renverser deux fois. Les automobilistes nous renversent et ils se cassent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la responsabilit&#233; d'Uber l&#224;-dedans ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Uber ? C'est un logiciel. Juste un logiciel. Uber ? Il n'existe pas. L'argent tombe si t'es pas tomb&#233; avant. C'est juste &#231;a Uber. Tomber ou pas, pour tout, pour rien, on prend le risque, pas grave cousin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne leur parlez pas de salariat et de protection sociale. D&#233;lire d'utopiste. &#199;a c'est un truc de gens install&#233;s, qui ont le temps de se projeter. Ici, c'est le monde de la d&#233;brouille, trois euros la commande, &#231;a roule, la prochaine course sera &#224; quatre balles, qui sait. Et demain, qu'est-ce que t'en fais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain ? C'est pas le probl&#232;me, on vit au jour le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas le temps ou on perd de l'argent, les autres le prennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que font les rappeurs, qui parlaient de la d&#233;tresse et de la vie de d&#233;brouille ? Au moins, il faisaient sortir hors des murs les gal&#232;res de tous ces gens. Ils sont devenus inaudibles. Invisibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ces livreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invisibles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment ? Pourtant on les voit sillonner nos rues. Ils sont l&#224;, en plein centre ville. Ils ne sont pas encha&#238;n&#233;s dans des usines &#224; l'autre bout du monde. On a juste appris &#224; ne plus les voir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Penser avec sa chair</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Retour sur le dernier livre du philosophe Renaud Garcia, Le Sens des limites &#8211; Contre l'abstraction capitaliste. Le monde est plat. Largeur, longueur et basta. Exit la 3D, les reliefs et les couleurs. Nous sommes tous des triangles, des carr&#233;s et des cercles. On nous a g&#233;om&#233;tris&#233; la gueule. &#199;a s'est pass&#233; &#224; la fin du si&#232;cle d'avant. En 1884, le professeur et th&#233;ologien anglais Edwin A. Abbott publie Flatland, texte all&#233;gorique qui lui permet de d&#233;zinguer le corset de son &#233;poque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sens" rel="tag"&gt;sens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Garcia" rel="tag"&gt;Garcia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Renaud-Garcia-4498" rel="tag"&gt;Renaud Garcia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/philosophe" rel="tag"&gt;philosophe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Giono" rel="tag"&gt;Giono&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jean-Giono" rel="tag"&gt;Jean Giono&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Retour sur le dernier livre du philosophe Renaud Garcia, &lt;i&gt;Le Sens des limites &#8211; Contre l'abstraction capitaliste.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;98&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH263/-1142-813ef.jpg?1779602729' width='180' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du livre &#034;Le sens des limites &#8211; Contre l'abstraction capitaliste&#034; de Renaud Garcia
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e monde est plat. Largeur, longueur et basta. Exit la 3D, les reliefs et les couleurs. Nous sommes tous des triangles, des carr&#233;s et des cercles. On nous a g&#233;om&#233;tris&#233; la gueule. &#199;a s'est pass&#233; &#224; la fin du si&#232;cle d'avant. En 1884, le professeur et th&#233;ologien anglais Edwin A. Abbott publie &lt;i&gt;Flatland&lt;/i&gt;, texte all&#233;gorique qui lui permet de d&#233;zinguer le corset de son &#233;poque victorienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un roman qui aura inspir&#233; Renaud Garcia pour son dernier ouvrage, tout juste publi&#233; &#224; L'&#201;chapp&#233;e : &lt;i&gt;Le Sens des limites &#8211; Contre l'abstraction capitaliste.&lt;/i&gt; &#171; &lt;i&gt;Les&lt;/i&gt; Flatlanders &lt;i&gt;sont incapables de comprendre ce que veulent dire les termes &#8220;en haut/en bas&#8221;, &#8220;s'&#233;lever&#8221;, &#8220;voir les choses &#224; distance&#8221;, &#8220;prendre du recul&#8221; ou &#8220;avoir un point de vue&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume le philosophe, avant de faire un lien avec notre monde contemporain : &#171; &lt;i&gt;Il est de plus en plus difficile de se d&#233;sengluer des repr&#233;sentations &#233;conomiques de la vie en g&#233;n&#233;ral, et de ce que devrait &#234;tre une vie bonne en particulier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Garcia a de l'ambition&lt;/strong&gt;. Mais pas pour lui. Pour ses lectrices et lecteurs. Depuis la parution du &lt;i&gt;D&#233;sert de la critique&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le D&#233;sert de la critique &#8211; D&#233;construction et politique, L'&#233;chapp&#233;e, 2015.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, o&#249; il ambitionnait de re-cimenter nos appuis face &#224; certains d&#233;bords de la d&#233;ferlante postmoderne, il suit le m&#234;me fil. Celui d'une certaine tradition o&#249; se m&#234;lent plusieurs courants. Ph&#233;nom&#233;nologique. Psychanalytique. Marxiste. Anarchiste. Les mots pourraient impressionner. Ce serait dommage car le philosophe sait se faire fin passeur d'id&#233;es. Son verbe est &#224; mille lieues de toute boursouflure th&#233;orique ou embard&#233;e jargonneuse. un moment, il &#233;crit : &#171; &lt;i&gt; Ici, c'est la chair qui pense et incorpore dans l'action une gr&#226;ce chor&#233;graphique. &lt;/i&gt; &#187; Juste avant, il a cit&#233; un passage de &lt;i&gt;Que ma joie demeure&lt;/i&gt;, roman publi&#233; en 1935 par Jean Giono. On y voit le paysan Randoulet fauchant les bl&#233;s et tout autour les gens qui regardent, fascin&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Il lan&#231;ait la faux, la retenait, la faisait passer &#224; plat sur les pierres, plongeait du bout de la pointe, la relevait, la relan&#231;ait&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travail abstrait promu en r&#233;gime capitaliste, Garcia oppose une &#171; praxis &lt;i&gt;vitale&lt;/i&gt; &#187;. un &#233;lan qui engage les corps, stimule les sens, d&#233;sentrave les imaginations, consolide les communaut&#233;s. D&#233;ployant son argumentaire, l'auteur passe &#224; la loupe ces niches dont nous avons &#233;t&#233; expropri&#233;s : l'habitat, le go&#251;t, le travail, le sommeil. L'amour. &#192; la place, la modernit&#233; nous promet un cimeti&#232;re d'alv&#233;oles &#8211; entre formol num&#233;rique et vitriol transhumaniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous la plume du philosophe&lt;/strong&gt;, des vieux mots dont certains avaient act&#233; la d&#233;su&#233;tude refont surface. Peau neuve. &#171; &lt;i&gt; &#192; la crois&#233;e de l'exploitation et de l'ali&#233;nation, ce qui est mort se substitue peu &#224; peu &#224; ce qui reste en nous de vivant : notre &#233;nergie vitale, nos rapports gratuits, amicaux ou conviviaux.&lt;/i&gt; &#187; C'est un pari, n'est-ce pas, que de d&#233;cr&#233;ter que malgr&#233; les matraquages marchand et policier, nos entrailles ont r&#233;ussi &#224; pr&#233;server des instincts communautaires propres &#224; l'esp&#232;ce. Le clan, le collectif, la classe sociale. En fonction des ambitions &#233;mancipatrices, on choisira son agr&#233;gat. Le pouvoir nous veut monade. M&#233;duse m&#234;me pas urticante, d&#233;rivant au gr&#233; des courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Garcia fait le pari du vernaculaire vu comme un &#171; &lt;i&gt;bastion critique&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;encourageant l'autonomie et int&#233;grant au monde ordinaire tout autant les &#234;tres naturels que les constructions artificielles &lt;/i&gt; &#187;. un programme qui ressemble furieusement &#224; une reprise en main. Du monde, des autres et de nous-m&#234;mes. &#199;a tombe bien : nous avons l&#224; les trois parties qui charpentent les quelque 300 pages du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La jupit&#233;rienne Macronie&lt;/strong&gt; n'est qu'une &#233;ni&#232;me &#8211; et vulgaire &#8211; acc&#233;l&#233;ration d'un vampirisme mondialis&#233;. La strat&#233;gie est simple : nous vider de nous-m&#234;me. Nous laisser &#224; l'&#233;tat de gangue interchangeable. S'il fallait r&#233;fl&#233;chir aux pr&#233;misses d'une contre-attaque enracin&#233;e, elle reposerait peut-&#234;tre sur l'id&#233;e suivante : &#171; &lt;i&gt;R&#233;veiller le vif sous l'abstraction morte.&lt;/i&gt; &#187; On encha&#238;nerait alors par cette sublime et subliminale perc&#233;e sign&#233;e Giono : &#171; &lt;i&gt;La beaut&#233; est un mot po&#233;tique. Ce sera d&#233;sormais un mot technique. Cette chair sera belle. Sa beaut&#233; est son exacte utilit&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le D&#233;sert de la critique &#8211; D&#233;construction et politique, &lt;/i&gt;L'&#233;chapp&#233;e, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Les socialistes tiennent ce qu'ils promettent. &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-socialistes-tiennent-ce-qu-ils</link>
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		<dc:date>2018-04-04T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


		<dc:subject>Rage dedans</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>noforum</dc:subject>
		<dc:subject>Juste</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>l'on</dc:subject>
		<dc:subject>Nom</dc:subject>
		<dc:subject>vieux bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>grande virulence</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;lection pr&#233;sidentielle</dc:subject>
		<dc:subject>paru juste</dc:subject>
		<dc:subject>capitalisme sauvage</dc:subject>
		<dc:subject>fustigeaient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis retomb&#233; sur un vieux bouquin, paru juste avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1981, et dont les auteurs, biberonn&#233;s au crypto-gauchisme, fustigeaient, avec une grande virulence, &#171; l'&#201;tat-Giscard &#187;. L'on y trouve, notamment, dans un chapitre d&#233;di&#233; &#224; la vitup&#233;ration d'une &#171; justice asservie &#187; aux &#171; int&#233;r&#234;ts personnels &#187; et &#171; partisans &#187; de la droite r&#233;gnante, ce rude &#8211; mais juste &#8211; constat : &#171; Les &#8220;op&#233;rations coup de poing&#8221; [&#8230;], les expulsions ill&#233;gales de travailleurs &#233;trangers, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nom" rel="tag"&gt;Nom&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grande-virulence" rel="tag"&gt;grande virulence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-election-presidentielle" rel="tag"&gt;l'&#233;lection pr&#233;sidentielle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/paru-juste" rel="tag"&gt;paru juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/capitalisme-sauvage" rel="tag"&gt;capitalisme sauvage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fustigeaient" rel="tag"&gt;fustigeaient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis retomb&#233; sur un vieux bouquin, paru juste avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1981&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Agression. L'&#201;tat-Giscard contre le secteur public, Paris, Club socialiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et dont les auteurs, biberonn&#233;s au crypto-gauchisme, fustigeaient, avec une grande virulence, &#171; &lt;i&gt;l'&#201;tat-Giscard&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on y trouve, notamment, dans un chapitre d&#233;di&#233; &#224; la vitup&#233;ration d'une &#171; &lt;i&gt;justice asservie&lt;/i&gt; &#187; aux &#171; &lt;i&gt;int&#233;r&#234;ts personnels&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;partisans&lt;/i&gt; &#187; de la droite r&#233;gnante, ce rude &#8211; mais juste &#8211; constat : &#171; &lt;i&gt;Les &#8220;op&#233;rations coup de poing&#8221;&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;les expulsions ill&#233;gales de travailleurs &#233;trangers, les interventions&lt;/i&gt; [polici&#232;res] &lt;i&gt;violentes&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;les assignations &#224; r&#233;sidence de r&#233;fugi&#233;s politiques se font toutes au nom de la s&#233;curit&#233;.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Au nom de la s&#233;curit&#233;, c'est-&#224;-dire au nom de l'ins&#233;curit&#233;, du subjectif, de l'irrationnel, au nom de la s&#233;curit&#233; des citoyens, c'est la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat que l'on cherche &#224; assurer. De l'une, on passe insensiblement &#224; l'autre : le glissement est ais&#233; ; le d&#233;tournement de l'arsenal juridico-policier aussi.&lt;/i&gt; &#187; Cet ouvrage a &#233;t&#233; publi&#233;, en son temps &#8211; l'avais-tu devin&#233; ? &#8211;, par le Parti socialiste (PS), qui proclamait, dans sa pr&#233;face (r&#233;dig&#233;e par l'excellent M. Mitterrand), son intention d'&#171; &lt;i&gt;emprunter&lt;/i&gt; &#187; quant &#224; lui, lorsqu'il serait mis au pouvoir et pour en finir avec la confiscation de la d&#233;mocratie par &#171; &lt;i&gt;le capitalisme sauvage&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;l'individualisme bourgeois&lt;/i&gt; &#187;, de suivre un &#171; &lt;i&gt;autre cours &#8211; celui de l'autogestion&lt;/i&gt; &#187;, et d'&#171; &lt;i&gt;&#233;difier&lt;/i&gt; &#187; un &#171; &lt;i&gt;&#201;tat&lt;/i&gt; &#187; qui permettrait &#171; &lt;i&gt;&#224; des hommes et &#224; des femmes responsables, l&#224; o&#249; ils vivent et travaillent, toute forme de centralisme cass&#233;e, de d&#233;cider ce qui leur semblera bon pour eux et la collectivit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Trente-cinq ans plus tard, des socialistes &#8211; MM. Hollande et Valls - sont aux affaires. Totalement soumis au capitalisme sauvage, vautr&#233;s dans un centralisme que plus rien ou presque ne diff&#233;rencie du caporalisme, ils se sont &#233;galement &#8211; et fort logiquement &#8211; convertis au tout-s&#233;curitaire, dont ils appliquent les recettes, sous le si serviable couvert de la pr&#233;vention du terrorisme, avec bien plus de brutalit&#233; encore que leur parti n'en d&#233;non&#231;ait dans les pratiques de leurs lointains devanciers giscardiens, puisque d&#233;sormais, et pour ne citer que cet exemple, les assignations &#224; r&#233;sidence ciblent, au nom toujours de &#171; &lt;i&gt;la s&#233;curit&#233; des Fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;, des militant(e)s dont les engagements, environnementaux par exemple, sont jug&#233;s dangereux, cependant que les op&#233;rations coups de poing et autres interventions polici&#232;res violentes font d&#233;sormais le quotidien de citoyen(ne)s assign&#233;(e)s, pour leur part, &#224; leur seule identit&#233; religieuse &#8211; et musulmane, en l'occurrence. Ce que voyant, l'on pourra, aussi, se replonger dans la contemplation de certaines affiches, point si anciennes, du m&#234;me PS &#8211; comme celle qui proclamait, il y a quelques ann&#233;es, que : &#171; &lt;i&gt;Les socialistes tiennent ce qu'ils promettent. Ils ne promettent que ce qu'ils peuvent tenir.&lt;/i&gt; &#187; Ou celle, proprement d&#233;licieuse, qui &#224; la veille d'un scrutin, exhortait les &#233;lecteurs &#224; cet engagement un peu fort : &#171; &lt;i&gt;Ne jouez pas avec les tricheurs. Abstenez-vous.&lt;/i&gt; &#187; Chiche ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Agression. L'&#201;tat-Giscard contre le secteur public&lt;/i&gt;, Paris, Club socialiste du livre, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vive la rentr&#233;e !!!</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Vive-la-rentree</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Vive-la-rentree</guid>
		<dc:date>2012-10-31T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
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		<dc:subject>fabrication d'ammoniac</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lundi 3 septembre, 9 h 30, r&#233;fectoire de l'atelier de fabrication d'ammoniac. Les cadres et les ing&#233;nieurs sont partis assister &#224; la r&#233;union hebdomadaire avec le directeur qui leur annonce son d&#233;part pour les hautes sph&#232;res de la hi&#233;rarchie de Total. Il n'aura pas fait long feu, &#224; peine deux ans. Bref, on est tranquille jusqu'&#224; midi. Aujourd'hui, c'est le calme plat. Silence des machines et des ouvriers pendant que les cuill&#232;res tournent dans les tasses de caf&#233;. Les copains sont plut&#244;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fabrication-d-ammoniac" rel="tag"&gt;fabrication d'ammoniac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lundi 3 septembre, 9 h 30, r&#233;fectoire de l'atelier de fabrication d'ammoniac. Les cadres et les ing&#233;nieurs sont partis assister &#224; la r&#233;union hebdomadaire avec le directeur qui leur annonce son d&#233;part pour les hautes sph&#232;res de la hi&#233;rarchie de Total. Il n'aura pas fait long feu, &#224; peine deux ans. Bref, on est tranquille jusqu'&#224; midi. Aujourd'hui, c'est le calme plat. Silence des machines et des ouvriers pendant que les cuill&#232;res tournent dans les tasses de caf&#233;. Les copains sont plut&#244;t abattus. Parce qu'il a fallu se lever &#224; 4 heures ce matin, mais aussi parce que l'atelier est encore cass&#233; et que &#231;a devient plus que grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bient&#244;t un an, une fuite d'hydrog&#232;ne entra&#238;nait un incendie qui aurait pu &#234;tre catastrophique et qui aurait pu rayer l'usine, ainsi sans doute qu'une partie de la ville, de la carte. Heureusement, les coll&#232;gues ont &#233;t&#233; plus qu'efficaces et le d&#233;sastre a &#233;t&#233; circonscrit &#224; une partie de l'atelier (cf. &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Dix-ans-plus-tard'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;93&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les prolos, pensions que s'en &#233;tait fini de la bo&#238;te, le coup de gr&#226;ce apr&#232;s toutes ces ann&#233;es de pannes et de tergiversations. Mais non. Total a sorti 16 millions d'euros pour reconstruire le b&#226;timent endommag&#233; et s&#233;curiser le reste sous la pression de l'administration. Ces travaux ont &#233;t&#233; faits au d&#233;triment des autres ateliers du site, qui ne sont pas en grande forme non plus. Il faut aussi relativiser la somme, ces millions seraient rembours&#233;s en un ou deux mois d'exploitation, si l'atelier fonctionnait.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_460 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH465/103efix-9351a.jpg?1779607181' width='400' height='465' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;paration et s&#233;curisation se sont &#233;tal&#233;es sur huit mois parce que les entreprises sous-traitantes &#233;taient occup&#233;es sur d'autres chantiers, parce que certains intervenants ne voulaient plus venir dans cette usine dangereuse&#8230; Mais aussi par manque de personnel qualifi&#233; : les plans de suppression d'emplois pr&#233;c&#233;dents ayant entra&#238;n&#233; une perte d'exp&#233;rience, il a fallu que tout le monde se forme ou forme les autres. Du coup, on n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; mis au ch&#244;mage technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, en mai, l'atelier, &#171; r&#233;par&#233; &#187;, pouvait &#171; red&#233;marrer &#187;. Sauf que, depuis, les probl&#232;mes s'accumulent. Lors de chaque essai, il y a quelque chose qui casse, qui fuit, qui s'enflamme. Pompes, chaudi&#232;re, four&#8230; Lors de chaque avanc&#233;e des man&#339;uvres de d&#233;marrage, c'est un nouvel &#233;l&#233;ment qui l&#226;che. Derni&#232;rement, une fuite sur le r&#233;acteur d'hydrog&#232;ne aurait pu tr&#232;s mal se terminer notamment pour un peintre qui se trouvait juste &#224; c&#244;t&#233;. C'&#233;tait le quatri&#232;me d&#233;part de feu sur l'atelier en deux ans. Nouvel arr&#234;t, nouveaux travaux agr&#233;ment&#233;s de l'habituel discours du directeur pour dire que l'atelier doit &#224; tout prix d&#233;marrer, mais en toute s&#233;curit&#233;, et de la non moins habituelle langue de bois des ing&#233;nieurs comme quoi tout est sous contr&#244;le en attente de la r&#233;alisation des &#171; bonnes &#187; r&#233;parations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production doit reprendre, entend-on, parce que l'engrais qui sortirait de l'usine a une tr&#232;s forte valeur ajout&#233;e, que les carnets de commandes &#171; explosent &#187;, et que les clients sont des agriculteurs particuli&#232;rement solvables, m&#234;me &#224; des prix tr&#232;s &#233;lev&#233;s, puisque profitant des sp&#233;culations sur le bl&#233; et le ma&#239;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en est l&#224;. Les copains sont dans un genre de d&#233;sarroi. Il y en a m&#234;me de plus en plus qui ont peur de retourner dans l'atelier. Red&#233;marrer les machines implique d'&#234;tre sur le terrain et l'on a beau informatiser le mat&#233;riel, il y a toujours des man&#339;uvres &#224; faire. La prochaine mise en route, pour certains, c'est comme jouer &#224; la roulette russe. En plus, on sait tr&#232;s bien que si cet atelier plante, c'est la fin de l'usine, puisqu'il en constitue le c&#339;ur. Mais on n'a pas d'&#233;ch&#233;ance. Juste des menaces voil&#233;es du c&#244;t&#233; de la direction g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une v&#233;ritable ambivalence qui se cr&#233;e parmi les coll&#232;gues. Souvent on se dit qu'il faudrait achever cet atelier en fin de vie avant qu'il ne nous ach&#232;ve nous. Ce qui fait que l'annonce d'un plan de restructuration ou d'une fermeture pure et simple est &#224; la fois crainte et souhait&#233;e. D'autant qu'on vient d'apprendre, lors du bilan social, qu'il y aurait, au 31 d&#233;cembre, pr&#232;s de 150 salari&#233;s ayant plus de 55 ans sur le site (sur 350). Situation jamais vue dans l'usine o&#249; l'on partait au pire &#224; 56 ans &#224; cause des plans pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, c'est la rentr&#233;e, et c'est comme d'hab. &#199;a fait juste dix ans qu'on est dans cet &#233;tat d'esprit. &#199;a devient juste de plus en plus p&#233;nible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Communalisme &#224; la qu&#233;b&#233;coise</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Communalisme-a-la-quebecoise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Communalisme-a-la-quebecoise</guid>
		<dc:date>2011-11-03T07:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Juste</dc:subject>
		<dc:subject>traces</dc:subject>
		<dc:subject>Murray Bookchin</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>Montr&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>canal Lachine</dc:subject>
		<dc:subject>industries lourdes</dc:subject>
		<dc:subject>Lachine</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;fend ch&#232;rement</dc:subject>
		<dc:subject>Marcel S&#233;vigny</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le quartier de La Pointe-Saint-Charles se cache dans le Sud-Ouest de Montr&#233;al, juste apr&#232;s le canal Lachine, o&#249; les industries lourdes ont laiss&#233; des traces. La gentrification n'a pas encore touch&#233; ce quartier, o&#249; une population ouvri&#232;re d&#233;fend ch&#232;rement ses structures communautaires. Outre une clinique autog&#233;r&#233;e qui a longtemps refus&#233; son int&#233;gration au syst&#232;me hospitalier g&#233;n&#233;ral, des habitations en coop&#233;rative ont &#233;t&#233; construites dans les ann&#233;es 1970. L'une d'elles fleure m&#234;me le doux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/traces" rel="tag"&gt;traces&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/canal-Lachine" rel="tag"&gt;canal Lachine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/industries-lourdes" rel="tag"&gt;industries lourdes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lachine" rel="tag"&gt;Lachine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/defend-cherement" rel="tag"&gt;d&#233;fend ch&#232;rement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marcel-Sevigny" rel="tag"&gt;Marcel S&#233;vigny&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le quartier de La Pointe-Saint-Charles se cache dans le Sud-Ouest de Montr&#233;al, juste apr&#232;s le canal Lachine, o&#249; les industries lourdes ont laiss&#233; des traces. La gentrification n'a pas encore touch&#233; ce quartier, o&#249; une population ouvri&#232;re d&#233;fend ch&#232;rement ses structures communautaires. Outre une clinique autog&#233;r&#233;e qui a longtemps refus&#233; son int&#233;gration au syst&#232;me hospitalier g&#233;n&#233;ral, des habitations en coop&#233;rative ont &#233;t&#233; construites dans les ann&#233;es 1970. L'une d'elles fleure m&#234;me le doux parfum de l'anarchie : tout y est d&#233;cid&#233; collectivement et les loyers tr&#232;s mod&#233;r&#233;s sont provisionn&#233;s non pas au profit du propri&#233;taire mais pour les r&#233;parations ou les nouveaut&#233;s n&#233;cessaires &#224; l'immeuble. Quelques joyeux hurons m'invitent dans la cour de la coop &#224; un BBQ &#8211; barbecue &#8211; &#224; se paqueter la gueule pour une jasette &#8211; une conversation. Alors on a petit-placot&#233; &#8211; bavard&#233;. Cette sympathique gang semble influenc&#233;e par un municipalisme libertaire &#224; la Murray Bookchin. Gr&#226;ce au charisme de Marcel S&#233;vigny, un ancien flic qui a particip&#233; &#224; la grande gr&#232;ve de 1970, on d&#233;fend ch&#232;rement sa Pointe-Saint-Charles. &lt;i&gt;&#171; Pour recr&#233;er la communaut&#233; &#187;&lt;/i&gt;, m'expliquent-ils en trempant leur ma&#239;s dans le beurre. On y chante aussi en chorale, mais seulement pour le quartier. La troupe s'est cr&#233;&#233;e autour de la d&#233;fense d'un Alg&#233;rien sans papiers, Kader, qui leur faisait entonner &#171; &#192; bas l'&#201;tat policier ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, on lutte, on invente et on r&#233;siste, comme ces groupes pro-f&#233;ministes ou ce &#171; Babybloc &#187;, garderie militante permettant aux familles de protester &#224; l'aise dans des manifestations o&#249; la police cherche souvent la bagarre. &lt;i&gt;&#171; Police partout, enfants nulle part &#187;&lt;/i&gt;, tonne Anna, qui coordonne cette association familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, le quartier a fait capoter un projet de casino. Cette victoire inesp&#233;r&#233;e a donn&#233; un punch d'enfer aux opposants du coin. D'apr&#232;s Marcel, une expropriation populaire vient d'avoir lieu autour de ce qu'ils appellent le b&#226;timent 7, un immense hangar situ&#233; au coin Leber et Sainte-Madeleine. Cette friche industrielle est poss&#233;d&#233;e par le groupe Mach, dont le boss a du bacon en masse &#8211; de l'argent &#224; gogo &#8211; et consid&#232;re les contestataires comme des&lt;i&gt; &#171; militants chialeux &#187;&lt;/i&gt;. Si la plate-forme communautaire a men&#233; des recours l&#233;gaux, les anars de la Pointe Libertaire se coltinent de pr&#233;f&#233;rence les actions en face &#224; face. En septembre 2008, une occupation permet de go&#251;ter une pi&#232;ce sur Emma Goldman &#233;clair&#233;e &#224; la chandelle. Une autre fois, c'est &#224; la &lt;i&gt;&#171; tire d'&#233;rable &#187;&lt;/i&gt; qu'on a men&#233; &lt;i&gt;&#171; des actions symboliques mais massives &#187;&lt;/i&gt;, m'indique Marco. &lt;i&gt;&#171; Tout ceci f&#238;t tant de bruit que le maire d'arrondissement voulut nous rencontrer, pour nous donner un permis qu'on n'avait m&#234;me pas demand&#233; ! &#187;&lt;/i&gt; Une des plus belles revendications des opposants fut : &lt;i&gt;&#171; Le b&#226;timent doit &#234;tre remis aux normes par le proprio, puis c&#233;d&#233; gratuitement &#224; la communaut&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Ce combat en passe d'&#234;tre conclu sera une victoire de plus au tableau de ces activistes qui croient au travail de terrain. Ils auront &lt;i&gt;&#171; fuck&#233; le boss &#187;&lt;/i&gt;, comme on dit ici. Le lendemain, l'envoy&#233; sp&#233;cial de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#233;tait tout magan&#233; &#8211; endommag&#233; quand on a trop bu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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