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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'agora des 100 jours</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Cadix. Un port vieux de 3000 ans dont l'imaginaire tourne plus volontiers autour du carnaval que des processions de Semana santa &#8211; et o&#249; entre ami.e.s on aime &#224; s'appeler &#171; ma foufounette &#187; ou &#171; petite bite folle &#187; &#8211;, ne peut que r&#233;server quelques bonnes surprises. En juin, apr&#232;s vingt ans de gouvernement municipal conservateur, une liste apparent&#233;e Podemos, Por C&#225;diz s&#237; se puede, a rafl&#233; la mairie de cette ville de 150 000 &#226;mes avec un taux de ch&#244;mage de 42%. Le levante, vent qui, selon une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2370 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH388/-642-35401.jpg?1782652906' width='400' height='388' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cadix. Un port vieux de 3000 ans dont l'imaginaire tourne plus volontiers autour du carnaval que des processions de &lt;i&gt;Semana santa&lt;/i&gt; &#8211; et o&#249; entre ami.e.s on aime &#224; s'appeler &#171; &lt;i&gt;ma foufounette&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;petite bite folle&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, ne peut que r&#233;server quelques bonnes surprises. En juin, apr&#232;s vingt ans de gouvernement municipal conservateur, une liste apparent&#233;e Podemos, Por C&#225;diz s&#237; se puede, a rafl&#233; la mairie de cette ville de 150 000 &#226;mes avec un taux de ch&#244;mage de 42%. Le &lt;i&gt;levante&lt;/i&gt;, vent qui, selon une rumeur locale, souffle la folie douce, semble avoir soulev&#233; la terre o&#249; repose en lutte Ferm&#237;n Salvochea, maire anarcho-cantonaliste de la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce vendredi 16 octobre 2015, on a align&#233; des chaises sur la place du Palillero et les vieux et les vieilles du quartier s'y sont assis face &#224; un pupitre et une sono sur une estrade basse. Les plus jeunes sont debout tout autour, et &#224; 19h la place est bond&#233;e. Du jamais vu : trois mois apr&#232;s avoir pris la mairie, l'&#233;quipe municipale de Cadix vient rendre des comptes sur son action. Jos&#233; Mar&#237;a &#171; El Kichi &#187; Gonz&#225;lez, prof d'histoire de 39 ans bombard&#233; maire, met tout le monde &#224; l'aise : chacun de ses adjoints aura cinq minutes pour expliquer ce qu'il a fait et pr&#233;voit de faire, et apr&#232;s, micro ouvert pour les critiques et les propositions. Dont acte. Les styles sont tr&#232;s diff&#233;rents chez ces n&#233;o-conseillers sans exp&#233;rience de gestion. Une trentenaire timide au Logement et &#224; la Participation citoyenne ; un Varoufakis tr&#232;s technicien aux Finances ; un ancien syndicaliste aux accents de tribun charg&#233; des employ&#233;s municipaux ; aux Droits des femmes, une f&#233;ministe aux cheveux mauves qui se vante d'avoir fait d&#233;boulonner une statue &#224; la gloire d'une &#233;g&#233;rie phalangiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;quipe courageuse de convoquer cette r&#233;union publique sur la place du 15-M, expos&#233;e &#224; toutes les critiques et altercations, sans portique ni service de s&#233;curit&#233;. Quelques opposants sont l&#224;, mais rares, des applaudissements plut&#244;t, et des &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; Quand il est invectiv&#233; par un gars du port remont&#233; contre le bla-bla, et qui demande ce qu'on a pr&#233;vu pour les ch&#244;meurs longue dur&#233;e, le jeune maire l'encourage &#224; le rejoindre &#224; la tribune. Sur cette agora de fortune, tout le monde est l&#224; pour s'exprimer sur la chose publique. On parle expulsions, boulot, police de quartier, tourisme, et les gens font des propositions concr&#232;tes. Un homme chenu prend le micro : &#171; &lt;i&gt;Le plus beau jour de ma vie, &#231;a a &#233;t&#233; &#224; la mort de Franco, mais dans cette ville, je ne pensais pas qu'on viendrait &#224; bout de la droite. Je suis heureux d'avoir v&#233;cu assez longtemps pour voir &#231;a. Maintenant, il faut se retrousser les manches.&lt;/i&gt; &#187; Puis, c'est au tour de la repr&#233;sentante d'une organisation de ch&#244;meurs de la m&#233;tallurgie : &#171; &lt;i&gt;Ici, la mort de l'industrie a &#233;t&#233; planifi&#233;e. Ils misent tout sur le soleil et le tourisme.&lt;/i&gt; &#187; Depuis la tribune, apr&#232;s avoir rappel&#233; que l'ancienne maire avait vot&#233; &#224; Madrid le transfert de la r&#233;paration navale en Galice, un adjoint annonce qu'une coordination des mairies de la baie d&#233;fendra bient&#244;t l'activit&#233; portuaire. Cadix devra aussi r&#233;sister aux menaces de l'&#201;tat qui, apr&#232;s avoir laiss&#233; la dette se creuser pendant deux d&#233;cennies, est soudain press&#233; de la mettre sous tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH427/-643-9c76c.jpg?1782637901' width='400' height='427' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un exalt&#233; &#224; l'allure &lt;i&gt;flamenca&lt;/i&gt; s'empare du micro : &#171; &lt;i&gt;Le frigo est vide, y a pas de boulot, juste la d&#233;merde pour survivre, je chie sur la guardia civil, je chie sur les flics !&lt;/i&gt; &#187; Ce &#224; quoi El Kichi r&#233;pond, sourire aux l&#232;vres : &#171; &lt;i&gt;J'engage la presse &#224; noter que la mairie n'est pas responsable de tous les propos tenus ici.&lt;/i&gt; &#187; Une vieille dame s'indigne : &#171; &lt;i&gt;J'ai travaill&#233; trente ans en France et j'ai mon fils, sa femme et leurs enfants chez moi depuis qu'on les a expuls&#233;s de leur appartement ; et le gouvernement taxe ma retraite !&lt;/i&gt; &#187; Un &#233;tudiant propose : &#171; &lt;i&gt;Le vent et le soleil aussi, ils veulent les taxer, mais plut&#244;t que des champs de panneaux solaires appartenant aux entreprises de toujours, on devrait d&#233;velopper des recherches pour l'autonomie &#233;nerg&#233;tique, non ?&lt;/i&gt; &#187; Alors que la tribune est envahie par celles et ceux venus encourager l'&#233;quipe d'une accolade, El Kichi est tout &#233;mu : &#171; &lt;i&gt; Merci &#224; toutes et tous d'&#234;tre autour de nous, nous avons besoin de la chaleur de la rue !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Maison du peuple</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Filiale de General Motors (GM) dans la baie de Cadix, Delphi fabriquait des composants d'automotion &#8211; amortisseurs, syst&#232;mes de direction et roulements &#224; billes. Puis GM l'a brad&#233; et l'usine a p&#233;riclit&#233;. &#171; Nous &#233;tions pr&#232;s de 2 000 ouvriers, se souvient Jos&#233; Mar&#237;a. Si on compte les bo&#238;tes de sous-traitance, la fermeture de Delphi a affect&#233; pr&#232;s de 4 000 familles. &#187; Huit ans apr&#232;s la fermeture de leur usine, 500 ex-Delphi sont encore sur le carreau, spoli&#233;s de leur indemnit&#233; de licenciement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syndicats" rel="tag"&gt;syndicats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cadix" rel="tag"&gt;Cadix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/General-Motors" rel="tag"&gt;General Motors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Delphi" rel="tag"&gt;Delphi&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syndicat-UGT" rel="tag"&gt;syndicat UGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2373 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH276/-645-15b1f.jpg?1782637901' width='400' height='276' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Filiale de General Motors (GM) dans la baie de Cadix, Delphi fabriquait des composants d'automotion &#8211; amortisseurs, syst&#232;mes de direction et roulements &#224; billes. Puis GM l'a brad&#233; et l'usine a p&#233;riclit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions pr&#232;s de 2 000 ouvriers,&lt;/i&gt; se souvient Jos&#233; Mar&#237;a. &lt;i&gt;Si on compte les bo&#238;tes de sous-traitance, la fermeture de Delphi a affect&#233; pr&#232;s de 4 000 familles.&lt;/i&gt; &#187; Huit ans apr&#232;s la fermeture de leur usine, 500 ex-Delphi sont encore sur le carreau, spoli&#233;s de leur indemnit&#233; de licenciement et abreuv&#233;s de promesses par leurs syndicats et le gouvernement r&#233;gional, qui ont fait de leur malheur un business.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tous les politiciens de Cadix sont des incapables&lt;/i&gt; &#187;, proclame une banderole noire pendue en travers de la porte de la bourse du travail de Cadix. &#192; l'int&#233;rieur, dans la salle de cin&#233; en rez-de-chauss&#233;e o&#249; les ex-Delphi sont retranch&#233;s, l'invective se pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Ils ont fait de la trahison un mode de vie&lt;/i&gt; &#187;, accuse une pancarte manuscrite. &#171; Ils &#187; ? Les permanents des syndicats majoritaires, UGT et CCOO, qui aimeraient bien voir dispara&#238;tre de leur vue ces emp&#234;cheurs de cog&#233;rer en rond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ceux de Delphi&lt;/i&gt; &#187; ont r&#233;quisitionn&#233; le rez-de-chauss&#233;e de l'immense building regroupant les diverses unions syndicales de la ville. &#171; &lt;i&gt;Tu crois qu'ils sont contents de nous voir l&#224; tous les jours ? On est ici pour leur mettre la pression, c'est un camarade de la CGT, Agust&#237;n, qui nous a fil&#233; les cl&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Depuis un an, pour monter aux &#233;tages, on doit passer devant le barrage symbolique de ces oubli&#233;s de la lutte qui, eux, ont la m&#233;moire dure. Sur la sc&#232;ne de cet amphith&#233;&#226;tre syndical, ils ont install&#233; une longue table o&#249; partager les repas, recevoir les visites ou consulter un des ordinateurs que des sympathisants leur ont offerts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La d&#233;localisation de la production au Maroc et en Inde nous a &#233;t&#233; annonc&#233;e par vid&#233;oconf&#233;rence en f&#233;vrier 2007. Une n&#233;gociation a eu lieu entre l'entreprise, nos syndicats et la Junta&lt;/i&gt; [gouvernement r&#233;gional], &lt;i&gt;qui nous ont forc&#233; la main pour signer un protocole o&#249; nous renoncions &#224; notre indemnit&#233; de licenciement en &#233;change d'une reconversion de la totalit&#233; des camarades dans de nouvelles industries que la Junta promettait d'attirer ici.&lt;/i&gt; &#187; L'usine a ferm&#233; d&#233;finitivement le 7 juillet 2007. &#171; &lt;i&gt;Ce que nous ignorions, c'est que la Junta et les syndicats, en n&#233;gociant en notre nom, touchaient un pactole. L'Union europ&#233;enne subventionne les plans sociaux dans le but d'en att&#233;nuer l'impact. Nous avons appris r&#233;cemment que le seul syndicat UGT avait palp&#233; 80 millions !&lt;/i&gt; &#187; La plupart des signataires du protocole Delphi sont aujourd'hui inculp&#233;s dans le scandale des plans sociaux bidonn&#233;s (ERE), qui a vu la chefferie socialiste andalouse mouill&#233;e jusqu'au cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept entreprises sont venues, mais elles ont encaiss&#233; les aides publiques, puis se sont fait la malle. &#171; &lt;i&gt;Nous devrions &#234;tre les ch&#244;meurs les plus intelligents de la baie de Cadix, avec tous leurs stages ! Parmi d'autres, on en a fait un de monteurs en fibre optique, un secteur en plein essor, qu'ils disaient. Mais leurs dipl&#244;mes n'&#233;taient pas homologu&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Rage et lassitude se m&#234;lent dans la voix rauque de Paco : &#171; &lt;i&gt;Y en a qui se sont enrichis gr&#226;ce &#224; notre malheur. Les locaux o&#249; &#233;taient organis&#233;s les cours bidons appartenaient &#224; la femme d'un conseiller r&#233;gional, le mat&#233;riel &#233;tait achet&#233; &#224; son beau-fr&#232;re&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2012, 800 gars ont pu partir en pr&#233;retraite. Bizarrement, la limite d'&#226;ge a &#233;t&#233; fix&#233;e &#224; 50 ans, pile-poil l'&#226;ge du capitaine CCOO au CE &#8211; la figure la plus visible du combat des Delphi, qui affirmait &#224; qui voulait l'entendre qu'il serait le dernier &#224; abandonner le navire. Le protocole a &#233;t&#233; rompu juste apr&#232;s que ce leader rentre chez lui avec 2 400 euros par mois de retraite. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, on n'a plus confiance en personne. Si on doit n&#233;gocier, comme demain au Parlement, on envoie un gars de la base, parce que les bureaucrates, on se m&#233;fie. C'est pas rien, ce qu'on a en face : le g&#233;ant socialiste, au pouvoir en Andalousie depuis quarante ans, capable de corrompre jusqu'au plus sinc&#232;re. La justice ? Vendue aussi. Il y a beaucoup de mafia, ici.&lt;/i&gt; &#187; Seul le groupe Podemos et ses douze d&#233;put&#233;s les soutient au Parlement andalou. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me Izquierda unida nous a tourn&#233; le dos apr&#232;s avoir pactis&#233; pour entrer au gouvernement r&#233;gional.&lt;/i&gt; &#187; Un gars au visage marqu&#233; par les veilles plaisante : &#171; &lt;i&gt;On pourrait relancer la production en fabriquant des guillotines, &#231;a se vendrait bien !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous voulons un emploi ou la pr&#233;-retraite. On est venus ici pour qu'on nous voie. Sinon, on allait crever chacun dans son coin.&lt;/i&gt; &#187; Les syndicats &#224; l'&#233;tage du b&#226;timent ont le cul sale, dans cette affaire. &#171; &lt;i&gt;Le 1er mai 2014, la police a d&#251; s'interposer entre eux et nous. Avant, dans cette salle, il y avait peu d'assembl&#233;es de travailleurs, juste les r&#233;p&#233;titions d'un ch&#339;ur du carnaval. Avec nous, ce lieu est redevenu la maison du peuple.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Corrala la bah&#237;a</title>
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		<dc:subject>venions d'&#234;tre</dc:subject>
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		<dc:subject>lance Stefania</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Nous &#233;tions quatre familles de Cadix qui venions d'&#234;tre expuls&#233;es. On a ouvert la Corrala La Bah&#237;a le 10 janvier 2015. J'ai &#233;t&#233; la premi&#232;re, l'instigatrice de tout &#231;a ! &#187;, lance Stefania avec fiert&#233;. Jeune fille au look tr&#232;s quartier, elle a le parler clair, comme qui monte au combat par la force des choses. Elle nous re&#231;oit dans sa mini-boutique de toilettage pour chiens. Comme beaucoup, m&#234;me avec un emploi, elle ne peut faire face aux factures et au loyer. En Andalousie, les immeubles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-644-547bb.jpg?1782638753' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions quatre familles de Cadix qui venions d'&#234;tre expuls&#233;es. On a ouvert la Corrala La Bah&#237;a le 10 janvier 2015. J'ai &#233;t&#233; la premi&#232;re, l'instigatrice de tout &#231;a !&lt;/i&gt; &#187;, lance Stefania avec fiert&#233;. Jeune fille au look tr&#232;s quartier, elle a le parler clair, comme qui monte au combat par la force des choses. Elle nous re&#231;oit dans sa mini-boutique de toilettage pour chiens. Comme beaucoup, m&#234;me avec un emploi, elle ne peut faire face aux factures et au loyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Andalousie, les immeubles vides occup&#233;s par des sans-toit sont rebaptis&#233;s &#171; &lt;i&gt;Corrala&lt;/i&gt; &#187;, en m&#233;moire des anciens &lt;i&gt;patios de vecinos&lt;/i&gt; o&#249; le petit peuple partageait les joies et les peines d'une vie souvent frugale. &#171; &lt;i&gt;Cet &#233;difice neuf, propri&#233;t&#233; d'une banque, &#233;tait &#224; l'abandon depuis sept ans. Nous avons forc&#233; la serrure avec l'intention d'y vivre tout en luttant pour obtenir un logement social. Aujourd'hui, nous sommes 28 familles, une centaine de personnes en comptant les enfants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; l'origine, les appartements &#233;taient pr&#234;ts &#224; la vente, tout &#233;quip&#233;s, mais apr&#232;s sept ans d'abandon tout avait &#233;t&#233; vol&#233; ou d&#233;truit, il manquait m&#234;me des portes. L'installation &#233;lectrique avait &#233;t&#233; arrach&#233;e et c'&#233;tait le royaume des pigeons : on avait de la fiente jusqu'aux chevilles. Nous avons tout nettoy&#233;, assaini, puis repeint.&lt;/i&gt; &#187; Un client entre dans la boutique pour acheter des croquettes au d&#233;tail et Stefania s'interrompt pour le servir. &#171; &lt;i&gt;La situation est difficile, on vit sans rien. Sans &#233;lectricit&#233;, les enfants doivent faire les devoirs avant le coucher du soleil, on lave &#224; la main, c'est compliqu&#233; de conserver les aliments.&lt;/i&gt; &#187; Le loyer moyen &#224; Cadix tourne autour de 500 euros, et ici, l'aide sociale est rachitique&#8230; &#171; &lt;i&gt;La majorit&#233; d'entre nous &#233;taient locataires, trop dans la d&#232;che pour &#8220;profiter&#8221; du boum de l'accession &#224; la propri&#233;t&#233;&#8230; Parfois, on chambre ceux d'entre nous qui se prenaient pour des bourgeois avec leurs hypoth&#232;ques. Mais nous devons rester unis, malgr&#233; nos origines diff&#233;rentes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la crise, Stefania avait un CDI, mais &#224; partir de 2008, elle et les siens se sont tous retrouv&#233;s au ch&#244;mage les uns apr&#232;s les autres. &#171; &lt;i&gt;Je vis avec ma famille &#8211; mes parents, ma compagne et ses enfants. Pour nos a&#238;n&#233;s, c'est dur de d&#233;pendre des enfants pour survivre. Nous avions un an et demi de loyer impay&#233;. La propri&#233;taire n'avait plus d'autre option que nous expulser, mais avec l'aide d'un avocat d'office, la dette a &#233;t&#233; annul&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Arrive la compagne de Stefania. Elles louent ce local commercial, mais la client&#232;le est si fauch&#233;e que souvent elles gagnent &#224; peine de quoi payer le terme. &#171; &lt;i&gt;On vit au jour le jour. La mairie ant&#233;rieure avait refus&#233; de nous recenser, bloquant toute n&#233;gociation. La nouvelle mairie interc&#232;de aupr&#232;s de la banque, mais cette derni&#232;re nous ignore. Elle ne s'est m&#234;me pas pr&#233;sent&#233;e &#224; la convocation du juge. Alors on joue la montre.&lt;/i&gt; &#187; Une plainte a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e pour occupation ill&#233;gale, malgr&#233; les preuves d'abandon de propri&#233;t&#233;. &#171; &lt;i&gt;C'est aussi un d&#233;lit de laisser des propri&#233;t&#233;s vides, car elles peuvent s'&#233;crouler, causer des d&#233;g&#226;ts, mais nous vivons une p&#233;riode o&#249; l'argent est roi !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Corrala, c'est aussi une &#233;cole de socialisation. &#171; &lt;i&gt;Nous vivons pratiquement en communaut&#233;. Nous fonctionnons en assembl&#233;es pour r&#233;soudre les probl&#232;mes du quotidien et nous participons aux actions contre d'autres expulsions.&lt;/i&gt; &#187; Stefania est heureuse du changement de mairie, car &#171; &lt;i&gt;c'est ma ville, et pendant vingt ans, j'ai vu beaucoup de corruption, et pas de travail. Les gens demandent des miracles, mais il faut du temps et un soutien fort de la population en faveur de notre mairie pour rendre possible des changements.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence lui a forg&#233; le caract&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Mes parents me soutiennent. Je suis devenue tr&#232;s guerrillera, j'ai envie de me battre. Je tiens &#231;a de ma grand-m&#232;re, qui militait dans une association de lutte contre la toxicomanie &#8211; mon oncle &#233;tait junkie. Elle, elle s'est battue contre la drogue et tout ce monde-l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans La Corrala de la Bah&#237;a post&#233; sur YouTube, les occupants, r&#233;unis autour d'un sofa sur le toit-terrasse, chantent leur cause entre scansion rap et chanson &lt;i&gt;flamenca&lt;/i&gt;. On y d&#233;couvre un collectif soud&#233;, tendre, d&#233;termin&#233;, qui rend hommage, en images entrecoup&#233;es, &#224; la grande gr&#232;ve des chantiers navals des ann&#233;es 1990, quand les gr&#233;vistes avaient affront&#233; la police et bloqu&#233; le pont Carranza pendant plusieurs jours, isolant Cadix du reste du monde. &#171; &lt;i&gt;Si tu ne te rebelles pas contre l'&#201;tat et les normes, tu seras soumise toute ta vie, comme une marionnette. Je pense que les gens devraient se r&#233;volter, nous vivons une dictature camoufl&#233;e o&#249; tous les acquis de nos a&#238;n&#233;s sont rogn&#233;s. Ce qu'on nous refuse, c'est la base : un loyer social en rapport avec nos ressources, car si on n'a pas un toit, tout manque. Nous voulons juste vivre dignement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Au sommaire du 137</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-137</link>
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		<dc:date>2015-11-06T12:41:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
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		<dc:subject>Cadix</dc:subject>
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		<dc:subject>pari municipaliste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 06 novembre. Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site trois mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... CQFD parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur Radio Gal&#232;re, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur Radio Zinzine.. On &#233;coute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pari-municipaliste" rel="tag"&gt;pari municipaliste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton1652-a131f.jpg?1782997644' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 06 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article sera mis en ligne, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chaque semaine&lt;/a&gt;. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site trois mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt;, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur &lt;a href=&#034;http://www.zinzine.domainepublic.net/index2.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Zinzine.&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;coute l'&#233;mission de ce mois de novembre &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/node/7994&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi sur &lt;a href=&#034;http://www.canalsud.net/?Empecher-les-riches-de-se-croire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Canal Sud&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Une : &#034;Le pari municipaliste&#034; par &lt;a href=&#034;http://cargocollective.com/emilieseto&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Suppl&#233;ment 12 pages : Au-del&#224; de Podemos : le pari municipaliste &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dossier r&#233;alis&#233; par Bruno Le Dantec et Ferdinand Cazalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ah oui, vous allez rencontrer les mairies Podemos !&lt;/i&gt; &#187;, nous disait-on alors que nous pr&#233;parions notre descente de trois semaines vers le Sud. Barcelone, Madrid, S&#233;ville, El Coronil, Puerto Real, Cadix... Les gens rencontr&#233;s sur la route nous ont narr&#233; leur descente aux enfers, celle d'un r&#234;ve espagnol vendu par les banques et les gouvernements successifs qui ont pass&#233; les quinze derni&#232;res ann&#233;es &#224; creuser la dette publique. Ou comment mettre un peuple &#224; genou par la finance. Comment escamoter le politique au profit de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant 30 ans, l'Espagne a v&#233;cu berc&#233;e par deux songes : le mythe d'une transition d&#233;mocratique lib&#233;r&#233;e des s&#233;quelles du franquisme, alors que la monarchie et les pactes de la Moncloa scellaient le testament politique du vieux dictateur. Et plus tard, le mirage europ&#233;en qui, en finan&#231;ant &#171; g&#233;n&#233;reusement &#187; l'int&#233;gration de l'Espagne &#224; la modernit&#233; lib&#233;rale, cr&#233;a l'illusion d'un pays de petits propri&#233;taires vou&#233;s &#224; la consommation et &#224; l'individualisme. On ouvrait plut&#244;t les vannes d'un affairisme d&#233;brid&#233;, d'une corruption end&#233;mique et d'une bulle immobili&#232;re dont la population paie le prix fort aujourd'hui avec cette crise &#8211; celle que les plus lucides pr&#233;f&#232;rent appeler par son vrai nom : une m&#233;ga-arnaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la Gr&#232;ce, l'Espagne a pris de plein fouet le krach financier de 2008. Les banques, renflou&#233;es avec l'argent public, ont fait main basse sur un parc immobilier qui compte aujourd'hui 3 millions de logements vides. Entre 2008 et 2013, 600 000 familles ont &#233;t&#233; expuls&#233;es de leur foyer. L'&#233;conomie espagnole a d&#233;truit 3,5 millions d'emplois et le taux de ch&#244;mage est pass&#233; &#224; 22%. Les salaires, sabr&#233;s jusqu'&#224; 20%. Des services publics privatis&#233;s &#8211; ou priv&#233;s de moyens, puisqu'il faut bien rembourser la dette&#8230; Pour couronner le tout, la loi &#171; &lt;i&gt;Mordaza&lt;/i&gt; &#187; vot&#233;e en 2014 est directement dirig&#233;e contre la protestation populaire. Cette loi b&#226;illon permet &#224; la police de sauter l'&#233;tape du tribunal et de verbaliser directement (entre 100 &#8364; et 600 000 &#8364;) les r&#233;unions et autres occupations de l'espace public, la r&#233;sistance &#224; une expulsion ou aux forces de l'ordre, les interventions surprise dans les m&#233;dias ou les manifestations festives dans les administrations, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tour d'&#233;crou r&#233;pressif veut en finir avec le temps des mouvements sociaux de grande ampleur, tels que les occupations de place de 2011, les mar&#233;es sociales contre l'aust&#233;rit&#233; et la privatisation des services publics, les marches pour la dignit&#233;, l'encerclement du Congr&#232;s en 2012&#8230; Apr&#232;s avoir touch&#233; le plafond de verre d'institutions sourdes &#224; toute expression politique venant de la rue, les espoirs d'une population exc&#233;d&#233;e se sont port&#233;s sur Podemos, un nouveau parti qui monte, guid&#233; par un homme au catogan violet sachant surfer sur le ras-le-bol g&#233;n&#233;ralis&#233; contre la &#171; caste &#187; et son bipartisme. Le parti de Pablo Iglesias se fonde sur une base populaire et ses cercles locaux cultivent la d&#233;mocratie directe. Mais les cadres de Podemos disputent le vrai pouvoir. La cour des grands ou rien. &#171; &lt;i&gt; Une des principales le&#231;ons que nous enseigne&lt;/i&gt; Game of Thrones &lt;i&gt;est que, sur le terrain politique, il n'y a jamais de place pour la l&#233;gitimit&#233; de mani&#232;re seulement abstraite, pour une l&#233;gitimit&#233; qui n'aurait pas vertu &#224; se transformer en pouvoir politique alternatif, et, en ce sens, qui n'a pas vocation &#224; disputer le pouvoir.&lt;/i&gt; &#187; (Pablo Iglesias, &lt;i&gt;Les le&#231;ons politiques de Game of Thrones&lt;/i&gt;, Post-&#233;ditions 2015.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, contrairement &#224; ce que supposaient nos ami-e-s avant le voyage, contrairement &#224; la vulgarisation des m&#233;dias fran&#231;ais, Podemos, focalis&#233; sur les l&#233;gislatives du 20 d&#233;cembre prochain, n'a pas mis&#233; sur les &#233;lections municipales de mai dernier. Erreur strat&#233;gique pour certains. Mains libres pour d'autres, qui ont su lancer un pari municipaliste &#224; partir de leur seule exp&#233;rience de terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 mai 2015, des listes de convergence issues des mouvements sociaux, compos&#233;es de militants de base et de figures d'une soci&#233;t&#233; civile d&#233;sireuse de s'&#233;manciper des politiciens professionnels, ont pris Barcelone, Madrid, Saragosse, Cadix, La Corogne&#8230; Sans compter Valencia et Pamplona, aux mains de gauches nationalistes, et des dizaines de localit&#233;s plus petites. Ce dossier est n&#233; de la curiosit&#233;, et d'une intuition. Ce qui, contre toute attente, a fait basculer les grandes villes d'Espagne &#224; gauche de la gauche, r&#233;v&#232;le des enjeux qui d&#233;passent sans doute la ligne des Pyr&#233;n&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout o&#249; nous sommes pass&#233;s fr&#233;missait comme une remont&#233;e de s&#232;ve du vieil esprit libertaire des ann&#233;es 1930 qui irrigue encore, souterrainement, la conscience collective &#8211; la guerre civile en moins. Sans dogmatisme, avec l'envie de trouver des solutions &#224; l'urgence sociale et d'exp&#233;rimenter de nouvelles formes de fonctionnement collectif, en prise avec des pratiques de transformation sociale. Sans esp&#233;rances &#233;chevel&#233;es. Un mouvement lucide sur ses limites, &#224; la fois pragmatique et strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la parole directe, des images et des reportages... De quoi partager avec les lectrices et lecteurs de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; la r&#233;volte, l'&#233;motion et les doutes cueillis en chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madrid la rouge ? Entre gestion et subversion &gt;&lt;/strong&gt; Pour Esperanza Aguirre, candidate malheureuse du Partido popular (PP) aux &#233;lections municipales de mai 2015, Madrid est tomb&#233; aux mains des &#171; rouges &#187;, qui vont implanter des soviets dans tous les districts. &#171; &lt;i&gt;Elle n'est pas con, Esperanza, c'est exactement ce que nous voulons faire !&lt;/i&gt; &#187;, goguenardise Pablo Carmona, activiste aujourd'hui en poste &#224; la mairie. Des &#171; rouges &#187; qui, comme en 1936, vont &#171; &lt;i&gt;incendier les &#233;glises et violer les bonnes s&#339;urs&lt;/i&gt; &#187;, selon le tweet d'une d&#233;put&#233;e de Valencia le soir des &#233;lections municipales de mai dernier. O&#249; en est-on cent jours plus tard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Prolonger la col&#232;re de la rue &#187; : Entretien avec Carlos Mac&#237;as, porte-parole de la PAH de Barcelone &gt;&lt;/strong&gt; Sous ses lunettes et barbe fine, le visage souriant de Carlos a longtemps voyag&#233; en Am&#233;rique latine, rapportant dans les valises de ses yeux une exp&#233;rience de r&#233;volutionnaire avis&#233;. Il retrace l'histoire des Plataformas de afectados por la hipoteca (PAH) luttant contre le syst&#232;me inique des hypoth&#232;ques et expulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apoyo Mutuo : Les assembl&#233;es ouvertes de la PAH de Vallecas &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s plus d'un demi-million d'expulsions locatives et hypoth&#233;caires en cinq ans, la question du logement en Espagne est br&#251;lante. La Plataforma de afectados por la hipoteca (PAH), avec ses 240 regroupements, est devenue un puissant mouvement populaire, riche en exp&#233;riences. Impressionn&#233;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a assist&#233; &#224; une assembl&#233;e de la PAH de Vallecas, l'un des districts les plus pauvres et turbulents de Madrid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Tout espace de lutte est aussi un espace de d&#233;bat &#187; : Entretien avec Mayte S&#225;nchez, premi&#232;re adjointe au maire de Puerto Real. &gt;&lt;/strong&gt; &#192; 31 ans, Mayte est d&#233;l&#233;gu&#233;e au logement social et &#224; la participation citoyenne &#224; la mairie de Puerto Real, ville ouvri&#232;re de 40 000 &#226;mes dans la baie de Cadix. Elle raconte comment un ancien fief du Parti communiste vou&#233; &#224; la construction navale et a&#233;ronautique a bascul&#233; vers l'hypoth&#232;se Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mairie des sans-terre &gt; &lt;/strong&gt;Si les yeux sont le miroir de l'&#226;me, le paysage refl&#232;te l'histoire d'un pays. Celui qu'on traverse entre S&#233;ville et El Coronil en dit long sur la structure sociale de la r&#233;gion. Depuis la Reconquista, la monoculture latifundiaire r&#232;gne ici en ma&#238;tre, pour les si&#232;cles des si&#232;cles. Et ce ne sont pas les quarante ans de pouvoir sans partage du PSOE en Andalousie qui y auront chang&#233; grand-chose. De loin en loin, un bourg appara&#238;t, comme un mirage surgi de nulle part. C'est l&#224; o&#249; se concentre le peuple sans terre, l&#224; o&#249; le &lt;i&gt;latifundio&lt;/i&gt; vient puiser la main-d'&#339;uvre dont il a &#8211; de moins en moins &#8211; besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'agora des 100 jours &gt;&lt;/strong&gt; Cadix. Un port vieux de 3000 ans dont l'imaginaire tourne plus volontiers autour du carnaval que des processions de Semana santa &#8211; et o&#249; entre ami-e-s on aime &#224; s'appeler &#171; ma foufounette &#187; ou &#171; petite bite folle &#187; &#8211;, ne peut que r&#233;server quelques bonnes surprises. En juin, apr&#232;s vingt ans de gouvernement municipal conservateur, une liste apparent&#233;e Podemos, Por C&#225;diz s&#237; se puede, a rafl&#233; la mairie de cette ville de 150 000 &#226;mes avec un taux de ch&#244;mage de 42%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corrala la bah&#237;a &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions quatre familles de Cadix qui venions d'&#234;tre expuls&#233;es. On a ouvert la Corrala La Bah&#237;a le 10 janvier 2015. J'ai &#233;t&#233; la premi&#232;re, l'instigatrice de tout &#231;a !&lt;/i&gt; &#187;, lance Stefania avec fiert&#233;. Jeune fille au look tr&#232;s quartier, elle a le parler clair, comme qui monte au combat par la force des choses. Elle nous re&#231;oit dans sa mini-boutique de toilettage pour chiens. Comme beaucoup, m&#234;me avec un emploi, elle ne peut faire face aux factures et au loyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Maison du Peuple &gt;&lt;/strong&gt; Filiale de General Motors (GM) dans la baie de Cadix, Delphi fabriquait des composants d'automotion &#8211; amortisseurs, syst&#232;mes de direction et roulements &#224; billes. Puis GM l'a brad&#233; et l'usine a p&#233;riclit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions pr&#232;s de 2 000 ouvriers&lt;/i&gt;, se souvient Jos&#233; Mar&#237;a. &lt;i&gt;Si on compte les bo&#238;tes de sous-traitance, la fermeture de Delphi a affect&#233; pr&#232;s de 4 000 familles.&lt;/i&gt; &#187; Huit ans apr&#232;s la fermeture de leur usine, 500 ex-Delphi sont encore sur le carreau, spoli&#233;s de leur indemnit&#233; de licenciement et abreuv&#233;s de promesses par leurs syndicats et le gouvernement r&#233;gional, qui ont fait de leur malheur un business.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La politique se fabrique en dehors de l'institution &#187; &gt; Entretien avec Pablo Carmona, conseiller municipal de Madrid &gt;&lt;/strong&gt; Pablo est correcteur dans l'&#233;dition, il a longtemps particip&#233; &#224; l'&#233;quipe de distribution de livres de Traficantes de Sue&#241;os &#8211; librairie, centre de formation et maison d'&#233;dition &#8211; qui plonge ses racines dans l'autonomie radicale des ann&#233;es 1980 et a aujourd'hui pignon sur rue. Il a particip&#233; &#224; Ganemos Madrid, l'une des composantes d'Ahora Madrid, la liste qui a pris la mairie de Madrid autour de Manuela Carmena. Il est &#224; pr&#233;sent en charge de deux arrondissements hupp&#233;s, Salamanca et Moratalaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'invasion des terrasses volantes : Airbnb contre Barcelone &gt;&lt;/strong&gt; Les 7,5 millions de touristes visitant chaque ann&#233;e Barcelone semblent un cadeau tomb&#233; du ciel par avions &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; pour l'&#233;conomie locale. Comment la nouvelle mairie combat-elle la &#171; touristification &#187;, qui pousse les habitants &#224; abandonner leur vie de quartier aux promoteurs et &#224; la fr&#233;n&#233;sie locative des usagers d'Airbnb ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Prendre d'assaut la terre &#187; : Entretien avec Jacobo Rivero, journaliste ind&#233;pendant &#224; Madrid &gt;&lt;/strong&gt; Jacobo a publi&#233; aussi bien dans l'institutionnel &lt;i&gt;El Pa&#237;s&lt;/i&gt; que dans l'ind&#233;pendant &lt;i&gt;Diagonal&lt;/i&gt;. Il a &#233;t&#233; correspondant de la t&#233;l&#233;vision v&#233;n&#233;zu&#233;lienne TeleSur, a publi&#233; un livre sur le basket-ball, un autre sur Podemos. La nouvelle mairie de Madrid vient de l'embaucher pour relancer une radio locale. Rencontre hydrat&#233;e au gin-tonic sur son balcon du quartier populeux de Lavapi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/reformafiscal_negrescolor_ok.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH881/reformafiscal_negrescolor_ok-62eea.jpg?1782651714' width='400' height='881' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Negrescolor.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Enqu&#234;tes et reportages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;fugi&#233;s : Au Vigan, on attend&#8230; &gt;&lt;/strong&gt; Le 25 juin, la municipalit&#233; du Vigan d&#233;cide d'accueillir des familles syriennes. Fin octobre, malgr&#233; les belles paroles du gouvernement, elles ne sont toujours pas install&#233;es. Attendrait-on que soient pass&#233;es les &#233;lections r&#233;gionales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faux d&#233;bats : D&#233;mocratie participative &#224; la sauce nantaise &gt;&lt;/strong&gt; &#201;chaud&#233;e par la contestation autour du projet d'a&#233;roport de Notre-Dames-des-Landes, Johanna Rolland, la nouvelle maire de Nantes, a promis d'organiser une s&#233;rie de grands d&#233;bats citoyens tout au long de son mandat. Le premier d'entre eux, intitul&#233; &#171; Nantes, la Loire et nous &#187;, avait comme but implicite de faire passer le projet d'un nouveau pont enjambant la Loire. R&#233;cit de la &#171; &lt;i&gt;grande Journ&#233;e citoyenne&lt;/i&gt; &#187; qui cl&#244;turait ce premier &#171; d&#233;bat &#187; au pays de la Com' o&#249; la &#171; &lt;i&gt;parole citoyenne&lt;/i&gt; &#187; sait enfin s'accorder avec celle des pouvoirs en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nucl&#233;aire : Et l'atome sauva le climat &gt;&lt;/strong&gt; Contenir le r&#233;chauffement climatique sous la barre des 2%, tel est le d&#233;fi. Face aux app&#233;tits des industriels de l'&#233;olien et du solaire, les promoteurs du nucl&#233;aire entendent bien jouer fortissimo leur partition bas-carbon&#233;e. Floril&#232;ge recueilli &#224; l'ombre du panache d'un champignon atomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Turquie : Fi&#232;vre ottomane, fictions nationales &gt;&lt;/strong&gt; Depuis sa formation, l'&#201;tat turc ne cesse d'&#233;toffer ses principes nationalistes : &#224; l'indivisibilit&#233; de la nation s'adjoignent d&#233;sormais le ciment id&#233;ologique du sunnisme et la r&#233;activation d'un pass&#233; ottoman mythifi&#233;. Alors qu'un conflit ouvert est en cours entre le gouvernement turc et le mouvement kurde, fantasme d'unit&#233; nationale et r&#233;sistance &#224; l'h&#233;g&#233;monie culturelle s'expriment &#224; travers les enjeux linguistiques, au c&#339;ur des luttes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je reviens de l'usine : Un nouveau plan de casse &gt;&lt;/strong&gt; Jeudi 8 octobre, journ&#233;e nationale d'action interprofessionnelle et intersyndicale. Au Havre, ce matin, le port et la ville sont compl&#232;tement bloqu&#233;s par les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surveillance politique : L'&#233;cole Montessori espionnait les anars ! &gt;&lt;/strong&gt; Dans une indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale, une biblioth&#232;que anarchiste est mise sous surveillance depuis les locaux d'une &#233;cole. La NSA ? Les services nord cor&#233;ens ? Le FSB russe ? Non pas, plut&#244;t de myst&#233;rieux barbouzes made in France aid&#233;s par des p&#233;dagogues bobos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etude de CAF : Avis de gros temps sur les m&#232;res isol&#233;es &gt; &lt;/strong&gt; Le charcutage des aides personnalis&#233;es au logement (APL) va permettre &#224; l'&#233;tat d'&#233;conomiser 225 millions d'euros en 2016. Ce n'est pas cher payer le plaisir de mettre les pauvres un peu plus sur la paille. Et ce sont surtout les m&#232;res isol&#233;es qui vont morfler. T&#233;moignage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lectures et cultures&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philo : Lordon's calling &gt;&lt;/strong&gt; Dans son essai sur l'&#233;tat, &lt;i&gt;Imperium. Structures et affects des corps politiques&lt;/i&gt; (&#233;ditions La Fabrique, septembre 2015), Fr&#233;d&#233;ric Lordon affirme que &#171; &lt;i&gt;la seule force est celle du vertical&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;le bout de l'&#233;mancipation vraie est loin&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;m&#234;me inatteignable&lt;/i&gt; &#187;, avant de convenir, en citant Beckett, qu'il faut pourtant garder le cap : &#171; &lt;i&gt;essayer encore, rater encore, rater mieux&lt;/i&gt; &#187;. Le philosophe Renaud Garcia nous propose une recension critique de l'ouvrage d'un point de vue anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien : La fabrique du th&#233;&#226;tre &gt;&lt;/strong&gt; Sp&#233;cialiste de la R&#233;volution fran&#231;aise, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; la Sorbonne, Guillaume Mazeau est l'auteur de l'&#233;poustouflant &lt;i&gt;Bain de l'histoire. Charlotte Corday et l'attentat contre Marat&lt;/i&gt; (Champ Vallon, 2009). Il vient de consacrer 18&#8200;mois &#224; l'&#233;laboration de la pi&#232;ce &lt;i&gt;&#199;a ira. Fin de Louis&lt;/i&gt;, avec Jo&#235;l Pommerat, l'un des poids lourds du th&#233;&#226;tre fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; M&#225;gico &#187; Gonz&#225;lez, un rebelle sans cause ?</title>
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		<dc:date>2014-08-18T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>Maradona</dc:subject>
		<dc:subject>Diego</dc:subject>
		<dc:subject>Cadix</dc:subject>
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&lt;p&gt;Bringueur et antih&#233;ros au football flamboyant &#8211; aux antipodes des calculs mesquins ayant cours aujourd'hui sur les terrains &#8211;, &#171; M&#225;gico &#187; Gonz&#225;lez a laiss&#233; peu de traces dans l'histoire officielle. Mais dans le c&#339;ur des supporters du Cadix CF, il est immortel. &#171; Diego, tu es un magicien du ballon &#187;, lance un journaliste &#224; Maradona. Celui-ci r&#233;pond : &#171; Je ne connais qu'un seul magicien qui joue au football, il vient du Salvador et il s'appelle Jorge Gonz&#225;lez. &#187; Cela se passe en 1984, au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maradona" rel="tag"&gt;Maradona&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Diego" rel="tag"&gt;Diego&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cadix" rel="tag"&gt;Cadix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Magico" rel="tag"&gt;M&#225;gico&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jorge-Gonzalez" rel="tag"&gt;Jorge Gonz&#225;lez.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gonzalez" rel="tag"&gt;Gonz&#225;lez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/seul-magicien" rel="tag"&gt;seul magicien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/magicien" rel="tag"&gt;magicien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Barca" rel="tag"&gt;Bar&#231;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bringueur et antih&#233;ros au football flamboyant &#8211; aux antipodes des calculs mesquins ayant cours aujourd'hui sur les terrains &#8211;, &#171; M&#225;gico &#187; Gonz&#225;lez a laiss&#233; peu de traces dans l'histoire officielle. Mais dans le c&#339;ur des supporters du Cadix CF, il est immortel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Diego, tu es un magicien du ballon&lt;/i&gt; &#187;, lance un journaliste &#224; Maradona. Celui-ci r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Je ne connais qu'un seul magicien qui joue au football, il vient du Salvador et il s'appelle Jorge Gonz&#225;lez.&lt;/i&gt; &#187; Cela se passe en 1984, au lendemain d'une rencontre amicale entre le Bar&#231;a et l'&#233;quipe br&#233;silienne du Fluminense. &#171; M&#225;gico &#187; Gonz&#225;lez a marqu&#233; deux buts, Maradona un. Les Br&#233;siliens, vex&#233;s par leur d&#233;faite, d&#233;clenchent l'alarme incendie dans l'h&#244;tel des Catalans et tout le monde se pr&#233;cipite dehors, sauf Gonz&#225;lez, qu'on retrouve endormi dans les bras d'une prostitu&#233;e. Le Bar&#231;a, qui l'avait pris &#224; l'essai sur les conseils de sa star argentine, le renvoit d'o&#249; il vient, en Andalousie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH520/foot-magico-gonzalez-a9ec4.jpg?1782654169' width='400' height='520' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jorge Gonz&#225;lez a &#233;t&#233; l'une des r&#233;v&#233;lations du Mundial 82, c&#233;l&#233;br&#233; en Espagne, et ce malgr&#233; un parcours calamiteux de la s&#233;lection salvadorienne &#8211; d&#233;faite sans pr&#233;c&#233;dent 10 &#224; 1 face &#224; la Hongrie, &#224; l'issue de laquelle &#171; El Mago &#187; fut malgr&#233; tout &#233;lu joueur du match. &#192; la fin du tournoi, les clubs espagnols se l'arrachent. Mais sa r&#233;putation l'ayant pr&#233;c&#233;d&#233;, l'Atl&#233;tico Madrid h&#233;site et le Cadix CF, club descendu en deuxi&#232;me division, touche le gros lot. C'est le d&#233;but d'une histoire d'amour qui dure encore aujourd'hui : la ville la plus africaine de la p&#233;ninsule s'entiche de ce joueur fantasque, malgr&#233; &#8211; ou gr&#226;ce &#224; ? &#8211; ses frasques sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain, on reconna&#238;t M&#225;gico de loin : il est le seul &#224; jouer sourire aux l&#232;vres et chaussettes baiss&#233;es. Un r&#233;gal pour les yeux : sa nonchalance trompeuse fait soudain place &#224; un &#233;clair de g&#233;nie, un beau geste technique &#8211; coup de rein, crochet, petit pont, talonnade&#8230; &#8211;, et &#224; des buts d'un autre monde. Un an apr&#232;s, Cadix remonte en premi&#232;re division et M&#225;gico plante des &lt;i&gt;goooals&lt;/i&gt; m&#233;morables aux meilleures &#233;quipes de la Liga. Mais voil&#224;, il est aussi c&#233;l&#232;bre dans les bars, o&#249; on le croise au bras des filles les moins farouches du port. Couch&#233; aux aurores, il rate souvent la premi&#232;re mi-temps. Les anecdotes courent la ville, o&#249; le souvenir de cet &#233;chalas aux allures de junkie est rest&#233; vif. Son entra&#238;neur le poursuit jusque dans les discoth&#232;ques o&#249;, une nuit, M&#225;gico se cache dans la cabine du DJ et&#8230; s'y endort. On dit qu'un dimanche, arriv&#233; ivre dans les vestiaires, il r&#233;clame un massage et s'assoupit entre les mains du kin&#233;. Le sens de l'humour un brin surr&#233;aliste des autochtones s'accommode fort bien des fantaisies du Salvadorien. Il devient le compagnon de vir&#233;es nocturnes de Camar&#243;n de la Isla, chanteur de flamenco lui aussi v&#233;n&#233;r&#233;. Mais la direction du club se lasse et le pr&#234;te au Real Valladolid o&#249;, malheureux, et entre deux fugues pour rejoindre ses copains andalous, il ne brille pas. Le PSG veut le recruter, il oublie de se pr&#233;senter &#224; l'entretien. Le public le r&#233;clamant, le Cadix CF le rappelle, mais lui fait un contrat sur mesure : il sera pay&#233; 700 dollars par match jou&#233;. Quand on lui fait remarquer qu'il g&#226;che sa carri&#232;re et qu'il n'aura pas un sou vaillant pour assurer ses vieux jours, l'homme d&#233;clare qu'il compte retourner au Salvador et devenir chauffeur de bus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bambino &#187; Viera, entra&#238;neur argentin du Cadix CF durant la saison 1990-1991, raconte qu'un matin, de guerre lasse, il enr&#244;le un combo flamenco pour aller chanter sous les fen&#234;tres de son joueur : &#171; &lt;i&gt;M&#225;gico, viens t'entra&#238;ner !&lt;/i&gt; &#187; Celui-ci appara&#238;t alors, le cheveu &#233;bourriff&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ok, je me l&#232;ve parce que j'aime la musique&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans malice, le feu follet des terrains et des bars r&#233;pondait volontiers aux critiques : &#171; &lt;i&gt;Je reconnais que je ne suis pas un saint et que j'aime la nuit. Que je suis un irresponsable et un mauvais professionnel. Je le sais, mais il y a un truc qui ne tourne pas rond chez moi : je n'aime pas consid&#233;rer le football comme un boulot. Je joue juste pour m'amuser. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Polices et politiques contre Carnaval en deux rounds</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby, Nicolas Arraitz, Sonia Retamero</dc:creator>


		<dc:subject>Bruegel l'Ancien</dc:subject>
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&lt;p&gt;Charivari saint-affricain &#192; Saint-Affrique, dans l'Aveyron, un carnaval des enfants sauvages se r&#233;invente depuis trois ans. Et cette ann&#233;e, des forces antagoniques se sont affront&#233;es &#224; la nuit tombante. Ce carnaval n'est ni d&#233;clar&#233;, ni autoris&#233;. Samedi 29 mars, il s'est d&#233;sordonn&#233; dans une longue d&#233;ambulation avec &#224; la cl&#233; jugement du caramentrant et b&#251;cher, comme veut la tradition. L&#224;, nous d&#233;crit un membre du collectif des enfants sauvages &#171; c'&#233;tait la &#8220;f&#233;e &#233;lectricit&#233;&#8221;, avec sa t&#234;te (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Charivari saint-affricain&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; Saint-Affrique, dans l'Aveyron, un carnaval des enfants sauvages se r&#233;invente depuis trois ans. Et cette ann&#233;e, des forces antagoniques se sont affront&#233;es &#224; la nuit tombante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce carnaval n'est ni d&#233;clar&#233;, ni autoris&#233;. Samedi 29 mars, il s'est d&#233;sordonn&#233; dans une longue d&#233;ambulation avec &#224; la cl&#233; jugement du caramentrant et b&#251;cher, comme veut la tradition. L&#224;, nous d&#233;crit un membre du collectif des enfants sauvages &#171; &lt;i&gt;c'&#233;tait la &#8220;f&#233;e &#233;lectricit&#233;&#8221;, avec sa t&#234;te de sorci&#232;re, une chemin&#233;e de centrale nucl&#233;aire sur la t&#234;te et chevauchant une &#233;olienne. Plus de 600 &#233;oliennes sont en instance de construction par ici et une rude bataille est amorc&#233;e pour emp&#234;cher ce projet d&#233;lirant.&lt;/i&gt; &#187; La procession, dans cet entre-deux tours d'&#233;lections municipales, souille la permanence PS avec un m&#233;lange &#224; l'aspect excr&#233;mentiel, qui s'av&#232;re &#234;tre du cacao, de l'argile et du sable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perception et la mairie font les frais de la m&#234;me farce. Le soir venu, une provocation entra&#238;ne quelques carnavaliers dans la mairie, o&#249; ils se retrouvent enferm&#233;s. Une porte entrebaill&#233;e et, par magie, &#171; &lt;i&gt;Carnaval ouvre un espace de libert&#233;, celui-ci se peuple ensuite naturellement des &#233;motions de son &#233;poque&lt;/i&gt; &#187;, raconteront-ils. Solidaires, les autres rappliquent pour les d&#233;livrer. S'ensuit une rixe digne de Romans 1580&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette &#233;meute m&#233;morable dans la Dr&#244;me, voir Emmanuel Leroy-Ladurie, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; entre enfants sauvages et une milice municipale escort&#233;e par la gendarmerie. Alain Fauconnier, maire au nom pr&#233;destin&#233; pour la chasse aux passereaux, fait aussi le coup de poing. &#171; &lt;i&gt; Il joue admirablement bien son personnage. Il est dans son r&#244;le les autres jours de l'ann&#233;e aussi&lt;/i&gt; &#187;, reconnaissent les carnavaliers, qui ont re&#231;u des d&#233;charges de Taser. Le maire r&#233;agit dans&lt;i&gt; La D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;On peut s'amuser, mais il est intol&#233;rable qu'une bande de voyous rentre dans la mairie. F&#233;licitations aux jeunes citoyens saint-affricains qui sont venus la prot&#233;ger pour que le scrutin ait lieu aujourd'hui, parce que l'objectif de l'intrusion &#233;tait certainement de s'emparer des urnes. Au conseil municipal, dimanche prochain, il faudra &#234;tre tr&#232;s clair sur ceux qui ont voulu discr&#233;diter une ville la veille d'une &#233;lection.&lt;/i&gt; &#187; La parole est donc au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe Goby&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cadix : &lt;i&gt;&#161; Viva el Carnaval chiquito !&lt;/i&gt;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1065 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH429/p11-pieter_bruegel-3fdbe.jpg?1782641297' width='400' height='429' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pieter Bruegel.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le carnaval de Cadix, tr&#232;s populaire et peu touristique &#8211; on y fait la mis&#232;re aux non-d&#233;guis&#233;s ! &#8211;, existe depuis la fin du XVe si&#232;cle. On dit que ce sont des marchands et navigateurs g&#234;nois, v&#233;nitiens ou florentins qui apport&#232;rent cette tradition dans leurs bagages. Ils invitaient dans leurs palais la bonne soci&#233;t&#233; locale &#224; se travestir et &#224; c&#233;l&#233;brer l'orgiaque combat entre Don Carnal et Do&#241;a Cuaresma (Sieur Charnel et Dame Car&#234;me). Le petit peuple, qui assistait &#224; ces agapes depuis la rue, s'empara de la f&#234;te et la transf&#233;ra &#224; l'air libre o&#249;, depuis, il revendique avec enthousiasme son d&#233;sir de jouissance. Certains connaisseurs affirment que l'identit&#233; particuli&#232;re de ce carnaval vient en fait du Mezzogiorno, le chant des &lt;i&gt;chirigotas&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;coros&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;cuartetos&lt;/i&gt; et autres &lt;i&gt;comparsas&lt;/i&gt; rappelant la truculence des op&#233;rettes et du th&#233;&#226;tre de rue napolitains, o&#249; finesse des mots d'esprit et grossi&#232;ret&#233; des invectives font bon m&#233;nage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces groupes vocaux r&#233;p&#232;tent toute l'ann&#233;e dans l'arri&#232;re-salle d'un bar ou le si&#232;ge d'une association taurine. Ils d&#233;tournent des chansons &#224; succ&#232;s en y greffant des paroles satiriques de leur cru, dans une joyeuse parodie de la vie politique et des traits de caract&#232;re locaux, pleine de sarcasmes et de critique sociale. Au XVIIIe si&#232;cle, les autorit&#233;s tent&#232;rent de juguler cette &#171; &lt;i&gt;Fiesta Grande&lt;/i&gt; &#187; trop pa&#239;enne, et Franco l'interdira pendant les quarante ans de sa triste dictature, mais les habitants de Cadix ont su contourner les prohibitions, au besoin en se donnant rendez-vous dans les bars pour s'y d&#233;guiser, boire et chanter jusqu'&#224; point d'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un concours de la meilleure chorale &#8211; d&#251;ment grim&#233;e, comme cette &lt;i&gt;chirigota&lt;/i&gt; engonc&#233;e dans une poche de placenta g&#233;ante, o&#249; douze f&#339;tus entonnaient &#171; &lt;i&gt;Moi je ne sors pas d'ici !&lt;/i&gt; &#187; &#8211; se tient chaque ann&#233;e au th&#233;&#226;tre de Falla, en pr&#233;sence des notables. Le public du poulailler ne se prive pas de chambrer les bourgeois, les banquiers et les politiques pr&#233;sents, de sorte que le spectacle se d&#233;roule autant dans les trav&#233;es que sur sc&#232;ne &#8211; l'ind&#233;boulonnable Te&#243;fila Mart&#237;nez, maire de Cadix originaire de Santander, se fait r&#233;guli&#232;rement traiter de &#171; &lt;i&gt;sorci&#232;re du Nord&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela dure officiellement dix jours, mais le &#171; &lt;i&gt;Carnaval de los jartibles&lt;/i&gt; &#187; (&#171; infatigables &#187;, &#171; p&#233;nibles &#187;), ou &lt;i&gt;Carnaval chiquito&lt;/i&gt;, occupe encore les rues jusqu'au troisi&#232;me week-end, et c'est l&#224;, sur les places et dans les caf&#233;s, que la gouaille et la cr&#233;ativit&#233; populaires explosent au grand jour. Loin de l'&#233;l&#233;gance des mascarades v&#233;nitiennes, les d&#233;guisements de Cadix sont bricol&#233;s &#224; la maison et riches en d&#233;lires surr&#233;alistes. Chaque carnavalier se transforme en acteur d&#233;vergond&#233;, incarnant la caricature qu'il s'est choisie, lan&#231;ant &#224; la vol&#233;e des piques et des saillies rarement innocentes. Cette autod&#233;rision s'exprime d'ailleurs tout au long de l'ann&#233;e au comptoir des tavernes, sur le port, sur les march&#233;s. &#171; &lt;i&gt;J'en ai trouv&#233; un ! J'en ai trouv&#233; un ! J'ai couru le dire &#224; mon p&#232;re, &#224; ma m&#232;re, &#224; mes voisins, mais personne ne m'a cru : j'ai crois&#233; un mec avec un CDI !&lt;/i&gt; &#187; Cadix, qui d&#233;tient le record europ&#233;en de ch&#244;mage, se moque de la crise qui la frappe depuis bient&#244;t toujours, annon&#231;ant le slogan du mois de mai 2011 : &#171; &lt;i&gt;C'est pas une crise, c'est une arnaque !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2013, les flics, suppos&#233;ment appel&#233;s par un riverain grincheux, ont matraqu&#233; les participants au &lt;i&gt;carnaval chiquito&lt;/i&gt; et d&#233;tenu quatre d'entre eux. Le lendemain, un communiqu&#233; exigeait la lib&#233;ration des enchrist&#233;s tout en d&#233;plorant le &#171; &lt;i&gt;manque de bol&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Avoir bu et chant&#233; sous le balcon du seul individu en ville qui doit se lever le matin pour aller bosser !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sonia Retamero et Nicolas Arraitz.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier Carnaval&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-ne-fete-rien-dans-la-rue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marseille&lt;/a&gt; : ne f&#234;te rien dans la rue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, Carnaval est &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Plus-que-jamais-Carnaval-est-une&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une h&#233;r&#233;sie&lt;/a&gt; : interview d'Al&#232;ssi dell'Umbria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Commissariat-et-musee-contre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Commissariat et mus&#233;e&lt;/a&gt; contre Carnaval en deux rounds.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur cette &#233;meute m&#233;morable dans la Dr&#244;me, voir Emmanuel Leroy-Ladurie, &lt;i&gt;Le Carnaval de Romans&lt;/i&gt;, Gallimard, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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