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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Au-del&#224; de Podemos : le pari municipaliste</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Ah oui, vous allez rencontrer les mairies Podemos ! &#187;, nous disait-on alors que nous pr&#233;parions notre descente de trois semaines vers le Sud. Barcelone, Madrid, S&#233;ville, El Coronil, Puerto Real, Cadix... Les gens rencontr&#233;s sur la route nous ont narr&#233; leur descente aux enfers, celle d'un r&#234;ve espagnol vendu par les banques et les gouvernements successifs qui ont pass&#233; les quinze derni&#232;res ann&#233;es &#224; creuser la dette publique. Ou comment mettre un peuple &#224; genou par la finance. Comment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2206-ace27.jpg?1782689756' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ah oui, vous allez rencontrer les mairies Podemos !&lt;/i&gt; &#187;, nous disait-on alors que nous pr&#233;parions notre descente de trois semaines vers le Sud. Barcelone, Madrid, S&#233;ville, El Coronil, Puerto Real, Cadix... Les gens rencontr&#233;s sur la route nous ont narr&#233; leur descente aux enfers, celle d'un r&#234;ve espagnol vendu par les banques et les gouvernements successifs qui ont pass&#233; les quinze derni&#232;res ann&#233;es &#224; creuser la dette publique. Ou comment mettre un peuple &#224; genou par la finance. Comment escamoter le politique au profit de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant 30 ans, l'Espagne a v&#233;cu berc&#233;e par deux songes : le mythe d'une transition d&#233;mocratique lib&#233;r&#233;e des s&#233;quelles du franquisme, alors que la monarchie et les pactes de la Moncloa scellaient le testament politique du vieux dictateur. Et plus tard, le mirage europ&#233;en qui, en finan&#231;ant &#171; g&#233;n&#233;reusement &#187; l'int&#233;gration de l'Espagne &#224; la modernit&#233; lib&#233;rale, cr&#233;a l'illusion d'un pays de petits propri&#233;taires vou&#233;s &#224; la consommation et &#224; l'individualisme. On ouvrait plut&#244;t les vannes d'un affairisme d&#233;brid&#233;, d'une corruption end&#233;mique et d'une bulle immobili&#232;re dont la population paie le prix fort aujourd'hui avec cette crise &#8211; celle que les plus lucides pr&#233;f&#232;rent appeler par son vrai nom : une m&#233;ga-arnaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la Gr&#232;ce, l'Espagne a pris de plein fouet le krach financier de 2008. Les banques, renflou&#233;es avec l'argent public, ont fait main basse sur un parc immobilier qui compte aujourd'hui 3 millions de logements vides. Entre 2008 et 2013, 600 000 familles ont &#233;t&#233; expuls&#233;es de leur foyer. L'&#233;conomie espagnole a d&#233;truit 3,5 millions d'emplois et le taux de ch&#244;mage est pass&#233; &#224; 22%. Les salaires, sabr&#233;s jusqu'&#224; 20%. Des services publics privatis&#233;s &#8211; ou priv&#233;s de moyens, puisqu'il faut bien rembourser la dette&#8230; Pour couronner le tout, la loi &#171; Mordaza &#187; vot&#233;e en 2014 est directement dirig&#233;e contre la protestation populaire. Cette loi b&#226;illon permet &#224; la police de sauter l'&#233;tape du tribunal et de verbaliser directement (entre 100 &#8364; et 600 000 &#8364;) les r&#233;unions et autres occupations de l'espace public, la r&#233;sistance &#224; une expulsion ou aux forces de l'ordre, les interventions surprise dans les m&#233;dias ou les manifestations festives dans les administrations, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tour d'&#233;crou r&#233;pressif veut en finir avec le temps des mouvements sociaux de grande ampleur, tels que les occupations de place de 2011, les mar&#233;es sociales contre l'aust&#233;rit&#233; et la privatisation des services publics, les marches pour la dignit&#233;, l'encerclement du Congr&#232;s en 2012&#8230; Apr&#232;s avoir touch&#233; le plafond de verre d'institutions sourdes &#224; toute expression politique venant de la rue, les espoirs d'une population exc&#233;d&#233;e se sont port&#233;s sur Podemos, un nouveau parti qui monte, guid&#233; par un homme au catogan violet sachant surfer sur le ras-le-bol g&#233;n&#233;ralis&#233; contre la &#171; caste &#187; et son bipartisme. Le parti de Pablo Iglesias se fonde sur une base populaire et ses cercles locaux cultivent la d&#233;mocratie directe. Mais les cadres de Podemos disputent le vrai pouvoir. La cour des grands ou rien. &#171; &lt;i&gt;Une des principales le&#231;ons que nous enseigne Game of Thrones est que, sur le terrain politique, il n'y a jamais de place pour la l&#233;gitimit&#233; de mani&#232;re seulement abstraite, pour une l&#233;gitimit&#233; qui n'aurait pas vertu &#224; se transformer en pouvoir politique alternatif, et, en ce sens, qui n'a pas vocation &#224; disputer le pouvoir.&lt;/i&gt; &#187; (Pablo Iglesias, &lt;i&gt;Les le&#231;ons politiques de Game of Thrones&lt;/i&gt;, Post-&#233;ditions 2015.)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2382 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-652.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH881/-652-446e8.jpg?1782679190' width='400' height='881' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Politique d'aust&#233;rit&#233;&#034; par Negrescolor.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, contrairement &#224; ce que supposaient nos ami.e.s avant le voyage, contrairement &#224; la vulgarisation des m&#233;dias fran&#231;ais, Podemos, focalis&#233; sur les l&#233;gislatives du 20 d&#233;cembre prochain, n'a pas mis&#233; sur les &#233;lections municipales de mai 2015. Erreur strat&#233;gique pour certains. Mains libres pour d'autres, qui ont su lancer un pari municipaliste &#224; partir de leur seule exp&#233;rience de terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 mai 2015, des listes de convergence issues des mouvements sociaux, compos&#233;es de militants de base et de figures d'une soci&#233;t&#233; civile d&#233;sireuse de s'&#233;manciper des politiciens professionnels, ont pris Barcelone, Madrid, Saragosse, Cadix, La Corogne&#8230; Sans compter Valencia et Pamplona, aux mains de gauches nationalistes, et des dizaines de localit&#233;s plus petites. Ce dossier est n&#233; de la curiosit&#233;, et d'une intuition. Ce qui, contre toute attente, a fait basculer les grandes villes d'Espagne &#224; gauche de la gauche, r&#233;v&#232;le des enjeux qui d&#233;passent sans doute la ligne des Pyr&#233;n&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout o&#249; nous sommes pass&#233;s fr&#233;missait comme une remont&#233;e de s&#232;ve du vieil esprit libertaire des ann&#233;es 1930 qui irrigue encore, souterrainement, la conscience collective &#8211; la guerre civile en moins. Sans dogmatisme, avec l'envie de trouver des solutions &#224; l'urgence sociale et d'exp&#233;rimenter de nouvelles formes de fonctionnement collectif, en prise avec des pratiques de transformation sociale. Sans esp&#233;rances &#233;chevel&#233;es. Un mouvement lucide sur ses limites, &#224; la fois pragmatique et strat&#233;gique. De la parole directe, des images et des reportages... De quoi partager avec les lectrices et lecteurs de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; la r&#233;volte, l'&#233;motion et les doutes cueillis en chemin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entre gestion et subversion : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Entre-gestion-et-subversion-Madrid&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Madrid la rouge ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout espace de lutte est aussi un &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Tout-espace-de-lutte-est-aussi-un&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;espace de d&#233;bat&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-invasion-des-terrasses-volantes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'invasion des terrasses volantes&lt;/a&gt; : Airbnb contre Barcelone&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mairie des &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-mairie-des-sans-terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sans-terre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Espagne : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Espagne-Apoyo-Mutuo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apoyo Mutuo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Prendre-d-assaut-la-terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Prendre d'assaut&lt;/a&gt; la terre &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corrala &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Corrala-la-bahia&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la bah&#237;a&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-Maison-du-peuple&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Maison&lt;/a&gt;du peuple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agora des &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-agora-des-100-jours&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;100 jours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-politique-se-fabrique-en-dehors&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La politique&lt;/a&gt; se fabrique en dehors de l'institution &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prolonger la &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Prolonger-la-colere-de-la-rue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;col&#232;re de la rue&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Participa &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Participa-Sevilla&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sevilla&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#201;XICO &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15-M&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du 15 mai 2011 et pendant plusieurs semaines, des milliers de personnes sans drapeau ni parti occupent les places au cri de &#171; &lt;i&gt;Ils ne nous repr&#233;sentent pas !&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;D&#233;mocratie r&#233;elle maintenant !&lt;/i&gt; &#187;, exprimant une d&#233;fiance radicale vis-&#224;-vis de la classe politique. Le mouvement, au d&#233;part fragile, a &#233;t&#233; fondateur pour l'engagement politique de toute une jeunesse espagnole touch&#233;e par un fort taux de ch&#244;mage (18% en 1996, 8% en 2006, 22% en 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ahora Madrid&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liste de convergence, avec &#224; sa t&#234;te la juge &#171; rouge &#187; Manuela Carmena, ayant remport&#233; la mairie de Madrid en mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Barcelona en Com&#250;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liste de convergence, avec &#224; sa t&#234;te Ada Colau, porte-parole de la PAH locale, ayant remport&#233; la mairie de Barcelone en mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bulle immobili&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;tonnage fr&#233;n&#233;tique du territoire (aujourd'hui, 3 millions d'appartements vides) dop&#233; par les banques et le blanchiment d'argent. Entre 1996 et 2007, le taux de propri&#233;taires dans le pays passait &#224; 80%. Des centaines de milliers de familles seront ruin&#233;es par l'explosion de la bulle. Entre 2007 et 2008, les constructions chutent de 25%, 2 millions de personnes se retrouvent au ch&#244;mage du jour au lendemain. Ne pouvant plus payer leur cr&#233;dit ou leur loyer, 600 000 familles ont &#233;t&#233; depuis expuls&#233;es de leur logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cr&#233;dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une loi datant du XIXe si&#232;cle, et relustr&#233;e par Franco, oblige les endett&#233;s bancaires &#224; payer la totalit&#233; du cr&#233;dit m&#234;me apr&#232;s que la banque a saisi le bien hypoth&#233;qu&#233; pour le revendre aux ench&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, la dette espagnole (publique et priv&#233;e) repr&#233;sentait 424% du PIB, soit 4 fois plus que ce que produit l'&#233;conomie r&#233;elle. La dette bancaire a augment&#233; de 27% depuis 2007 et la dette publique atteint un billion d'euros. Chaque Espagnol devrait payer 23 000 euros pour la liquider. La dette publique sera le principal obstacle &#224; l'action des mairies du changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Expedientes de regulaci&#243;n de empleo&lt;/i&gt; (ERE)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plans sociaux qui, en Andalousie, ont &#233;t&#233; le pr&#233;texte &#224; des d&#233;tournements de fonds millionnaires de la part du gouvernement local et des syndicats officiels, sur le dos des travailleurs licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iniciativa legislativa popular (ILP)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2011, la PAH et d'autres organisations de la soci&#233;t&#233; civile utilisent le principe constitutionnel d'Initiative l&#233;gislative populaire, qui permet de porter une loi au Parlement si 500 000 signatures sont recueillies en sa faveur. Avec 1,5 million de signataires, cette proposition demande : 1. L'effacement de la dette r&#233;troactivement, donc aussi pour les familles expuls&#233;es avant le changement l&#233;gislatif, 2. Un moratoire sur les expulsions, 3. La cr&#233;ation de logements sociaux pour reloger les familles expuls&#233;es, et la r&#233;quisition des immeubles vides appartenant aux banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Izquierda Unida (IU)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;quivalent espagnol du Front de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mairies du changement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coordination des listes de convergence ayant conquis les plus grandes villes en mai 2015. R&#233;unie &#224; Barcelone en juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mareas&lt;/i&gt; (mar&#233;es)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvements de masse qui protest&#232;rent, &#224; partir de 2012, contre la privatisation des services publics. Mar&#233;e verte pour l'&#233;ducation, blanche pour la sant&#233;, bleue pour l'eau, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pactes de la Moncloa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accords pour une transition d&#233;mocratique sign&#233;s en 1977 par la droite post-franquiste, le PSOE, le Parti communiste et les syndicats devenus officiels, posant comme base inamovible la monarchie et l'unit&#233; nationale. Apr&#232;s des mobilisations ouvri&#232;res et &#233;tudiantes, le pays entre dans une &#232;re de lib&#233;ralisation : ind&#233;pendance du pouvoir judiciaire, libert&#233; de la presse, droit de r&#233;union, reconnaissance des communaut&#233;s basque et catalane, p&#233;riode culturelle de la &#171; Movida &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partido popular (PP)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droite de gouvernement, antisociale et corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH400/-651-82fb5.jpg?1782679190' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Rajoy, Premier ministre du Partido popular.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partido socialista obrero espa&#241;ol (PSOE)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gauche monarchiste et lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Plataforma de afectados por la hipoteca&lt;/i&gt; (PAH)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Association de familles ruin&#233;es et expuls&#233;es de leur logement par les banques. Elle s'est &#233;largie aux locataires et squatteurs expuls&#233;s. Pr&#233;sente dans plus de 240 quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Calqu&#233; sur le &#171; &lt;i&gt;Yes, we can&lt;/i&gt; &#187; d'Obama, ce &#171; Oui, on peut ! &#187; est un slogan ralliant autant les militants des &lt;i&gt;mareas&lt;/i&gt;, de la PAH ou les partisans de Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appui mutuel (&lt;i&gt;Apoyo Mutuo&lt;/i&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprise d'un principe d'organisation du XIXe si&#232;cle popularis&#233; par Kropotkine dans La morale anarchiste. Ce principe d'action se r&#233;pand aujourd'hui comme une tra&#238;n&#233;e de poudre dans les mouvements et centres sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>You're not a loan !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Haeringer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Rolling</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;You're not a loan ! : Jeu de mot intraduisible qui repose sur l'homonymie des phrases : &#171; You're not a loan &#187; (&#171; Vous n'&#234;tes pas un pr&#234;t &#187;) et &#171; You're not alone &#187; (&#171; Vous n'&#234;tes pas seul &#187;). Racheter des cr&#233;ances au rabais pour les annuler, quelle dr&#244;le d'id&#233;e ! &#201;manation du mouvement Occupy Wall Street, les activistes du projet Strike Debt veulent lib&#233;rer des milliers d'Am&#233;ricain-e-s du boulet de leurs cr&#233;ances et ont d&#233;j&#224; fait dispara&#238;tre l'&#233;quivalent de 14,7 millions de dettes presque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mentionne-ci-dessous" rel="tag"&gt;mentionn&#233; ci-dessous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/compte-mentionne" rel="tag"&gt;compte mentionn&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rolling" rel="tag"&gt;Rolling&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;You're not a loan ! : Jeu de mot intraduisible qui repose sur l'homonymie des phrases : &#171; &lt;i&gt; You're not a loan&lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i&gt;Vous n'&#234;tes pas un pr&#234;t&lt;/i&gt; &#187;) et &#171; &lt;i&gt; You're not alone&lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i&gt;Vous n'&#234;tes pas seul&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Racheter des cr&#233;ances au rabais pour les annuler, quelle dr&#244;le d'id&#233;e ! &#201;manation du mouvement Occupy Wall Street, les activistes du projet Strike Debt veulent lib&#233;rer des milliers d'Am&#233;ricain-e-s du boulet de leurs cr&#233;ances et ont d&#233;j&#224; fait dispara&#238;tre l'&#233;quivalent de 14,7 millions de dettes presque comme par enchantement. Explication d'un proc&#233;d&#233; g&#233;n&#233;reux qui r&#233;v&#232;le l'absurdit&#233; du syst&#232;me de l'endettement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ch&#232;re madame, cher Monsieur, Nous vous &#233;crivons pour vous annoncer une bonne nouvelle : Rolling Jubilee, une organisation &#224; but non lucratif, a rachet&#233; le compte mentionn&#233; ci-dessous. &lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; Par cons&#233;quent, vous ne devez plus le montant de cette dette. Elle est effac&#233;e, et c'est un cadeau sans contrepartie. Vous n'&#234;tes plus dans l'obligation de r&#233;gler ce montant aupr&#232;s du cr&#233;diteur, d'un collecteur de dette ou de qui que ce soit d'autre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_895 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH648/p04-cqfd_occupy-93ab4.jpg?1782673866' width='500' height='648' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Occupy Wall Street, septembre 2011.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Cette lettre au contenu singulier, 2 693 citoyen-ne-s am&#233;ricain-e-s l'ont re&#231;ue r&#233;cemment. Endett&#233;-e-s, ils et elles &#233;taient tou-te-s en d&#233;faut de paiement. Leur endettement ne doit rien &#224; la surconsommation, au go&#251;t pour les voitures luxueuses, les t&#233;l&#233;viseurs &#224; la diagonale d&#233;mesur&#233;e, ou les smartphones dernier cri. Ils ou elles sont tomb&#233;-e-s malades et n'avaient pas d'assurance maladie, ou ont perdu leur emploi et ne peuvent plus rembourser les emprunts qui leur ont permis d'acheter leur logement. Des victimes de la crise &#233;conomique et financi&#232;re, laiss&#233;es sur le carreau, que l'anthropologue David Graeber&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Accompagn&#233; par l'auteur de l'article durant sa tourn&#233;e de pr&#233;sentation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, auteur d'un ouvrage de r&#233;f&#233;rence sur l'histoire de la dette [voir l'encadr&#233; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Analyses-et-actions&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faut pas payer !&lt;/a&gt;], d&#233;crit comme &#171; &lt;i&gt;des r&#233;fugi&#233;s du syst&#232;me am&#233;ricain de la dette&lt;/i&gt; &#187; : aux &#201;tats-Unis, la dette repr&#233;sente 154 % du revenu des m&#233;nages. 62 % des faillites individuelles sont d'origine m&#233;dicale. 40 % de la dette contract&#233;e via des cr&#233;dits &#224; la consommation&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carte de paiement &#224; d&#233;bit diff&#233;r&#233;, carte de paiement &#224; cr&#233;dit, etc.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; sert &#224; des d&#233;penses de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des victimes qui se vivent comme des coupables : l'un des ressorts de ce syst&#232;me de la dette, c'est pr&#233;cis&#233;ment d'inverser les positions. Car une dette doit &#234;tre honor&#233;e &#8211; y renoncer est une faute morale. La dette est parall&#232;lement une affaire rentable, juteuse m&#234;me. Elle est, selon Graeber, l'un des n&#339;uds des rapports de pouvoir et de classes contemporains &#8211; de cette lutte qui oppose les 99 % aux autres, ces 1 %, &#171; &lt;i&gt;dont il est clair qu'il s'agit des cr&#233;diteurs&lt;/i&gt;, explique-t-il, &lt;i&gt;ceux-l&#224; qui sont en mesure de transformer leur richesse en influence politique, puis, en retour, de faire de leur influence politique la source de leur richesse&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces endett&#233;s sont donc directement concern&#233;s par ce que portait le mouvement Occupy Wall Street. D&#232;s le d&#233;but de l'occupation du parc de Zucotti, les activistes d'Occupy ont en effet r&#233;fl&#233;chi &#224; la mani&#232;re dont ils et elles pourraient mobiliser autour de la dette. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;part, nous pensions que la forme de d&#233;sob&#233;issance civile la plus appropri&#233;e serait d'appeler &#224; faire une gr&#232;ve de la dette, &#224; ne pas payer les traites&lt;/i&gt;, explique Graeber. &lt;i&gt;Mais nous avons r&#233;alis&#233; aussit&#244;t que c'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas : les situations de d&#233;faut de paiement sont nombreuses.&lt;/i&gt; &#187; De fait, 27 % de la dette &#233;tudiante est en d&#233;faut de paiement et 10 % des cr&#233;ances contract&#233;es par cartes de cr&#233;dit ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;es irrecouvrables. Un Am&#233;ricain sur sept est poursuivi par des collecteurs de dette, ces chasseurs de primes des temps modernes. Ainsi, &#224; l'opprobre et &#224; la honte s'ajoutent la pers&#233;cution et la r&#233;pression. Les endett&#233;s constituent une classe, mais dont les membres se cachent, d&#233;m&#233;nagent, redoutent d'ouvrir leur courrier par peur de recevoir une convocation chez un juge, un avis d'expulsion, etc. &#8211; et n'imaginent pas pouvoir s'organiser collectivement. &#171; &lt;i&gt;Il fallait donc passer &#224; l'&#233;tape suivante, et organiser cette arm&#233;e silencieuse&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Graeber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la t&#226;che &#224; laquelle se d&#233;die le collectif Strike Debt, une des &#233;manations d'Occupy, par le biais d'un livre-manuel&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A t&#233;l&#233;charger en anglais sur le site de Strike Debt. Voir aussi le CADTM.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; expliquant aux personnes en d&#233;faut de paiement quels sont leurs droits, ce qu'ils et elles risquent, ce qu'il est possible de faire. Surtout, Strike Debt est &#224; l'origine de la campagne du Rolling Jubilee, qui a conduit &#224; l'envoi de ce fameux courrier. La dette est une affaire rentable, juteuse m&#234;me. Quand une banque ou un organisme de cr&#233;dit prend conscience qu'un de ses d&#233;biteurs ne pourra rembourser l'ensemble de ses traites, il peut vendre cette dette sur un march&#233; secondaire. Les collecteurs de dette l'y ach&#232;tent pour un montant d&#233;risoire (jusqu'&#224; 30 ou 40 fois inf&#233;rieur au montant des traites dues). &#192; charge pour eux, ensuite, de traquer les endett&#233;s et de r&#233;cup&#233;rer par tous les moyens l&#233;gaux une partie de l'encours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce march&#233; est accessible &#224; qui le veut. Le principe du Rolling Jubilee consiste donc &#224; lever des fonds pour racheter de la dette comme le font les organismes de recouvrement. Puis &#224; l'annuler, la d&#233;truire, plut&#244;t que de la collecter. Strike Debt a ainsi achet&#233; l'&#233;quivalent de 14,7 millions de dollars de dettes pour un peu plus de&#8230; 644 000 dollars ! Ces fonds utilis&#233;s pour racheter des dettes ont &#233;t&#233; lev&#233;s en quelques semaines, fin 2012, &lt;a href=&#034;http://rollingjubilee.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;via Internet&lt;/a&gt; et &#224; l'occasion de soir&#233;es de mobilisation qui associaient activistes et artistes, parmi lesquels des membres de groupes tels que Fugazi, Sonic Youth, Neutral Milk Hotel ou encore Jello Biafra, l'ancien chanteur des Dead Kennedys. &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas choisir les personnes dont on rach&#232;te la dette : cette information n'est pas disponible au moment de l'achat sur le march&#233; secondaire. En revanche, on peut choisir d'acheter de la dette m&#233;dicale dans l'Arkansas ou le Vermont&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;crit David Graeber. Ann Larson, une des militantes du collectif, jointe par t&#233;l&#233;phone, pr&#233;cise le proc&#233;d&#233; : &#171; &lt;i&gt;Une fois que nous avons achet&#233; la dette, nous savons qui doit l'argent. Nous avons donc contact&#233; chacune des 2 693 personnes dont nous avons pu racheter la dette. Mais nous ne voulions pas les harceler, ou leur faire peur.&lt;/i&gt; &#187; Pas de coup de fil donc, mais cette lettre. &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas s&#251;r-e-s d'avoir r&#233;ussi &#224; joindre tout le monde. Certain-e-s endett&#233;-e-s se cachent. D'autres ont cru &#224; une arnaque, ou &#224; une blague. Mais nous les avons invit&#233;s &#224; nous appeler, pour qu'ils ou elles nous racontent leur histoire.&lt;/i&gt; &#187; Ce que quelques un-e-s on fait, comme Terrance Lavalle. Victime d'une commotion c&#233;r&#233;brale apr&#232;s avoir gliss&#233; sur un sol gel&#233;, il se rend &#224; l'h&#244;pital et ressort avec 3 000 dollars de facture &#224; payer, qui s'ajoutent &#224; d'autres frais m&#233;dicaux que cet ancien m&#233;canicien de Caterpillar, alors au ch&#244;mage et sans logement, avait d&#233;j&#224; du mal &#224; payer. Apr&#232;s l'annulation de sa dette, il t&#233;moigne de sa gratitude en m&#234;me temps que sa surprise, lorsqu'il a ouvert sa bo&#238;te aux lettres : &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais abasourdi. &lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s avoir v&#233;rifi&#233; qu'il ne r&#234;vait pas, il a donc d&#233;cid&#233; de rejoindre le collectif et venir grossir cette arm&#233;e de moins en moins silencieuse, de moins en moins impuissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Comme le dit l'adage, popularis&#233; par Keynes, si vous devez 1 000 dollars &#224; votre banque, vous avez un probl&#232;me. Mais si vous lui devez 1 000 millions, alors c'est votre banque qui a un probl&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, s'enthousiasme Ann Larson. Dans le cas pr&#233;sent, les banques ont potentiellement un tr&#232;s gros probl&#232;me : les encours de la dette des m&#233;nages s'&#233;l&#232;vent &#224; 1 000 milliards de dollars. &#171; &lt;i&gt;Il nous reste 200 000 dollars, sur les 644 126 que nous avions r&#233;ussi &#224; collecter pour racheter de la dette. Nous allons donc proc&#233;der &#224; un dernier jubil&#233;. Puis nous passerons &#224; autre chose&lt;/i&gt;, poursuit Ann Larson. &lt;i&gt;Nous avons r&#233;ussi &#224; poser le probl&#232;me. Mais le Rolling Jubilee n'est qu'une tactique. Nous n'avons jamais cru que nous parviendrons &#224; racheter suffisamment de dette pour r&#233;gler le probl&#232;me.&lt;/i&gt; &#187; David Graeber va m&#234;me plus loin : &#171; &lt;i&gt;Je ne doute pas que si nous avions lev&#233; plus d'argent et que le Rolling Jubilee avait constitu&#233; une menace pour le syst&#232;me de la dette, nous aurions &#233;t&#233; certainement poursuivis en justice. On aurait trouv&#233; un moyen de nous interdire de racheter la dette comme nous le faisons. &lt;/i&gt; &#187; Ann Larson donne la mesure du potentiel de leur d&#233;marche : &#171; &lt;i&gt;De toute mani&#232;re, d&#232;s lors que vous commencer &#224; contester votre dette aupr&#232;s de votre cr&#233;diteur, il est fr&#233;quent qu'il finisse par l'annuler. Ce que nous voulons faire, c'est construire quelque chose autour de l'enthousiasme que nous avons suscit&#233;. Nous voulons maintenant vraiment organiser les endett&#233;-e-s, qui ont un pouvoir &#233;norme, pour qu'ils parviennent &#224; agir ensemble. Nous nous demandions si la dette &#233;tait une cause l&#233;gitime, autour de laquelle se mobiliser. Nous savons d&#233;sormais que c'est le cas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'exprime r&#233;solument le manifeste du collectif : &#171; &lt;i&gt; Nos m&#233;tiers, que nous soyons enseignants, avocats ou m&#233;decins, sont devenus des moyens pour orienter davantage de victimes vers des usuriers&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;. Or nous ne sommes redevables de rien.&lt;/i&gt; &#187; Les prochaines &#233;tapes restent en cours de pr&#233;paration &#8211; et ne peuvent donc &#234;tre rendues publiques pour le moment. Mais Ann Larson l'assure : &#171; &lt;i&gt;Peut-&#234;tre bien qu'Occupy Wall Street est d&#233;sormais un peu dispers&#233;. Mais les gens qui s'y sont rencontr&#233;s continuent &#224; discuter et &#224; travailler ensemble. Nous avons une multitude de projets. Nous n'occupons plus Wall Street, mais vous allez bient&#244;t entendre &#224; nouveau parler de nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Accompagn&#233; par l'auteur de l'article durant sa tourn&#233;e de pr&#233;sentation de l'ouvrage en France en octobre &#8211; Ndlr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Carte de paiement &#224; d&#233;bit diff&#233;r&#233;, carte de paiement &#224; cr&#233;dit, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A t&#233;l&#233;charger en anglais sur le site de &lt;a href=&#034;http://strikedebt.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Strike Debt&lt;/a&gt;. Voir aussi le &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Etats-Unis-Les-objecteurs-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Analyses et actions</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Analyses-et-actions</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>payer</dc:subject>
		<dc:subject>question</dc:subject>
		<dc:subject>Wall Street</dc:subject>
		<dc:subject>dette</dc:subject>
		<dc:subject>David Graeber</dc:subject>
		<dc:subject>anglais</dc:subject>
		<dc:subject>dettes</dc:subject>
		<dc:subject>faut honorer</dc:subject>
		<dc:subject>dettes n'est</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Faut pas payer ! &#171; Il faut honorer ses dettes &#187;, c'est une question d'honn&#234;tet&#233;, donc d'honneur. De cette obligation de r&#233;ciprocit&#233; en th&#233;orie &#233;galitaire &#8211; &#171; rendre la pareille &#187; &#8211; la dette est devenue une question de devoir moral et de subordination. Ne nous sentons-nous pas sur cette terre redevables &#224; tout un tas de &#171; cr&#233;anciers &#187; : Dieu, nos parents, la soci&#233;t&#233;, notre employeur, notre proprio ? D'ailleurs, tout le vocabulaire reli&#233; &#224; la dette est religieusement oint des dimensions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/anglais" rel="tag"&gt;anglais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dettes" rel="tag"&gt;dettes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut-honorer" rel="tag"&gt;faut honorer&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faut pas payer !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH461/p14-bookdette-ba6db.jpg?1782673866' width='300' height='461' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; Il faut honorer ses dettes &#187;, c'est une question d'honn&#234;tet&#233;, donc d'honneur. De cette obligation de r&#233;ciprocit&#233; en th&#233;orie &#233;galitaire &#8211; &#171; rendre la pareille &#187; &#8211; la dette est devenue une question de devoir moral et de subordination. Ne nous sentons-nous pas sur cette terre redevables &#224; tout un tas de &#171; cr&#233;anciers &#187; : Dieu, nos parents, la soci&#233;t&#233;, notre employeur, notre proprio ? D'ailleurs, tout le vocabulaire reli&#233; &#224; la dette est religieusement oint des dimensions de p&#234;ch&#233;, de culpabilit&#233;, de faute : Geld (argent en allemand) a la m&#234;me racine germanique que guilt (culpabilit&#233; en anglais) ; should (devoir en anglais) ressemble &#233;trangement &#224; Schuld (&#224; la fois faute et dette en allemand) ; on remercie en &#233;tant l'oblig&#233; de quelqu'un (obliged, obrigado, etc&#8230;), donc &#224; sa merci (mercy, piti&#233; en anglais) en esp&#233;rant sa gr&#226;ce (gracias) soit sa mis&#233;ricorde ; payer vient du latin pacare qui signifie pacifier, etc. Capt&#233; par l'&#201;tat, les usuriers et les poss&#233;dants, l'endettement devient un moyen d'asservissement et un instrument de domination. &#171; &lt;i&gt;Un substitut ing&#233;nieux pour la cha&#238;ne et le fouet de l'esclavagiste&lt;/i&gt; &#187;, notait l'&#233;crivain Ambrose Bierce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage roboratif et passionnant, d&#233;j&#224; &#233;coul&#233; &#224; des centaines de milliers d'exemplaires, l'anthropologue David Graeber analyse l'histoire de la dette sous un angle radical et propose de remettre les compteurs &#224; z&#233;ro. Extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est plus que temps, je pense, de proc&#233;der &#224; un jubil&#233; de style biblique &#8211; un jubil&#233; qui concernerait &#224; la fois la dette internationale et la dette des consommateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait salutaire parce qu'il all&#233;gerait quantit&#233; de v&#233;ritables souffrances humaines, mais aussi parce qu'il serait notre fa&#231;on de nous rem&#233;morer certaines r&#233;alit&#233;s : l'argent n'est pas sacr&#233;, payer ses dettes n'est pas l'essence de la morale, ces choses-l&#224; sont des arrangements humains, et, si la d&#233;mocratie a un sens, c'est de nous permettre de nous mettre d'accord pour r&#233;agencer les choses autrement. Il me para&#238;t significatif que, depuis Hammourabi, les grands &#201;tats imp&#233;riaux aient invariablement r&#233;sist&#233; &#224; ce type de politique. Ath&#232;nes et Rome ont &#233;tabli le paradigme : m&#234;me confront&#233;es &#224; d'incessantes crises de la dette, elles n'ont voulu l&#233;gif&#233;rer que pour arrondir les angles, adoucir l'impact, &#233;liminer les abus &#233;vidents comme l'esclavage pour dettes, utiliser le butin de l'empire pour distribuer toutes sortes d'&#224;-c&#244;t&#233;s &#224; leurs citoyens pauvres (qui, apr&#232;s tout, fournissaient les soldats de leurs arm&#233;es) afin de les maintenir plus ou moins &#224; flot &#8211; mais tout cela pour ne jamais autoriser aucune remise en cause du principe de la dette. La classe dirigeante des &#201;tats-Unis semble avoir adopt&#233; une strat&#233;gie remarquablement similaire : &#233;liminer les pires abus (par exemple les prisons pour dettes), utiliser les fruits de l'empire pour verser des subventions, visibles ou non, au gros de la population, ces derni&#232;res ann&#233;es manipuler les taux de change pour inonder le pays de produits bon march&#233; venus de Chine, mais ne jamais permettre &#224; quiconque de d&#233;fier le principe sacr&#233; : nous devons tous payer nos dettes. Toutefois, &#224; ce stade, ce principe a &#233;t&#233; d&#233;masqu&#233; comme un mensonge flagrant. En fait, nous n'avons pas &#171; tous &#187; &#224; payer nos dettes. Seulement certains d'entre nous. Rien ne serait plus b&#233;n&#233;fique que d'effacer enti&#232;rement l'ardoise pour tout le monde, de rompre avec notre morale coutumi&#232;re et de prendre un nouveau d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qu'est-ce qu'une dette, en fin de compte ? Une dette est la perversion d'une promesse. C'est une promesse doublement corrompue par les math&#233;matiques et la violence. Si la libert&#233; (la vraie) est l'aptitude &#224; se faire des amis, elle est aussi, forc&#233;ment, la capacit&#233; de faire de vraies promesses. Quelles sortes de promesses des hommes et des femmes authentiquement libres pourraient-ils se faire entre eux ? Au point o&#249; nous en sommes, nous n'en avons pas la moindre id&#233;e. La question est plut&#244;t de trouver comment arriver en un lieu qui nous permettra de le d&#233;couvrir. Et le premier pas de ce voyage est d'admettre que, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, comme nul n'a le droit de nous dire ce que nous valons, nul n'a le droit de nous dire ce que nous devons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Graeber, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionslesliensquiliberent.fr/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=73&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dette, 5 000 ans d'histoire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2011), &#233;ditions Les liens qui lib&#232;rent, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faut occuper !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/p03-bullbeginningisnear-c3c14.jpg?1782673866' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le 17 septembre 2011, un peu plus de 1 000 personnes r&#233;pondent &#224; un appel &#224; occuper Wall Street, lanc&#233; quelques mois avant par le magazine anticonsum&#233;riste &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.adbusters.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Adbusters&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Ces activistes, bient&#244;t rejoints par des milliers d'autres, se rassemblent dans un parc du sud de Manhattan, &#224; New York et finissent par &#233;tablir un campement (avec cuisine collective, biblioth&#232;ques, tentes, etc.) qui se prolongera jusqu'&#224; sa brutale &#233;vacuation par la police, dans la nuit du 14 au 15 novembre suivant. Dans l'intervalle, Occupy Wall Street aura essaim&#233; un peu partout aux &#201;tats-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde, prolongeant la dynamique d'occupation des places popularis&#233;es par les Indign&#233;s espagnols, eux-m&#234;mes inspir&#233;s par l'occupation de la place Tahrir au Caire. Les activistes d'Occupy se sont refus&#233;s &#224; formuler des revendications pr&#233;cises, pr&#233;f&#233;rant d&#233;noncer le pouvoir des &#171; 1 % &#187; contre le reste de la population, les &#171; 99 % &#187; et faisant le choix de l'exp&#233;rimentation directe d'une d&#233;mocratie radicale, fonctionnant par consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite du dossier : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/You-re-not-a-loan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Peuples, payez leur dette !</title>
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		<dc:date>2011-11-09T07:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Crit&#232;res de convergence, plans d'aust&#233;rit&#233; tous azimuts, r&#232;gle d'or&#8230; Le p&#233;quin moyen, dont nous sommes, n'y entrave en g&#233;n&#233;ral que dalle. En revanche, ce qui est certain, c'est que l'entourloupe est destin&#233;e &#224; nous faire payer leur crise. Histoire d'approfondir le sujet, CQFD a demand&#233; &#224; un expert de la chose financi&#232;re de d&#233;broussailler un peu le terrain. Il en ressort que l'&#201;tat, institution cens&#233;e d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral contre les int&#233;r&#234;ts particuliers depuis au moins le si&#232;cle des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/OAT" rel="tag"&gt;OAT&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/menaces-qu-elle" rel="tag"&gt;menaces qu'elle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Crit&#232;res de convergence, plans d'aust&#233;rit&#233; tous azimuts, r&#232;gle d'or&#8230; Le p&#233;quin moyen, dont nous sommes, n'y entrave en g&#233;n&#233;ral que dalle. En revanche, ce qui est certain, c'est que l'entourloupe est destin&#233;e &#224; nous faire payer leur crise. Histoire d'approfondir le sujet, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a demand&#233; &#224; un expert de la chose financi&#232;re de d&#233;broussailler un peu le terrain. Il en ressort que l'&#201;tat, institution cens&#233;e d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral contre les int&#233;r&#234;ts particuliers depuis au moins le si&#232;cle des Lumi&#232;res, s'est vendu, corps et biens, aux app&#233;tits du march&#233; triomphant. Seulement voil&#224;, l'un comme l'autre semblent aujourd'hui au bout du rouleau, et les failles b&#233;antes ainsi ouvertes laissent quelque espoir de joyeuses exp&#233;rimentations en attendant la fin de leur monde. Rencontre avec Nicolas Sersiron, vice-pr&#233;sident du Comit&#233; pour l'annulation de la dette du Tiers-monde France et pr&#233;sident de l'association &#201;changes non marchands.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : On nous parle de dette publique, de ses cons&#233;quences in&#233;vitables, des menaces qu'elle fait peser sur nos vies&#8230; De quoi s'agit-il ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Sersiron : &lt;/strong&gt; C'est la dette qui s'est accumul&#233;e au fur et &#224; mesure des d&#233;ficits budg&#233;taires qui permettent aux administrations de faire fonctionner l'arm&#233;e, l'&#233;ducation, la sant&#233;, la justice, les routes, etc. On peut comparer cette situation &#224; celle d'un m&#233;nage qui, ayant des fins de mois difficiles, va voir son banquier ou ses copains et leur emprunte de l'argent. Quand l'&#201;tat n'arrive pas &#224; boucler son budget, il emprunte de l'argent en mettant en vente ce qu'on appelle des bons du tr&#233;sor ou obligations d'&#201;tat &#224; terme (OAT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais les &#201;tats ne disposaient-ils pas d'autres moyens, moins on&#233;reux pour l'ensemble de la collectivit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les &#171; Trente glorieuses &#187;, le d&#233;ficit &#233;tait combl&#233; par la planche &#224; billets. Depuis 1973, la mondialisation des march&#233;s et l'entr&#233;e dans l'Europe, les &#201;tats se sont contraints &#224; emprunter des capitaux priv&#233;s sur le march&#233;, en versant des int&#233;r&#234;ts. Avec la victoire de l'ultralib&#233;ralisme marqu&#233;e par l'arriv&#233;e au pouvoir de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et Ronald Reagan aux &#201;tats-Unis, on a voulu diminuer l'emprise de l'&#201;tat d&#233;sign&#233; comme un frein au d&#233;veloppement. On a donc r&#233;duit ses recettes en diminuant les imp&#244;ts des plus riches, ceux des grandes entreprises, en cr&#233;ant des niches fiscales et des paradis fiscaux. R&#233;sultat, chaque ann&#233;e, le d&#233;ficit s'est accumul&#233;. Lorsqu'il est devenu trop important, les gouvernements ont d&#233;clar&#233; qu'ils ne pouvaient plus payer les d&#233;penses d'&#233;ducation, retraites, sant&#233;, etc. Pour combler le trou, ils ont &#233;mis de plus en plus d'OAT, faisant ainsi monter encore le stock de la dette. &#201;mettre des OAT, c'est vendre du papier contre de l'argent, c'est faire une reconnaissance de dette avec int&#233;r&#234;t remboursable apr&#232;s six mois, dix ans ou trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; qui l'&#201;tat emprunte cet argent ? Qui ach&#232;te ces morceaux de papier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'essentiel, ils sont achet&#233;s par les investisseurs institutionnels, aussi appel&#233;s Zinzins. Ce sont notamment les compagnies d'assurance, les banques et les fonds de pension (retraites par capitalisation). Mais ces organismes font aussi des placements &#224; risque, avec des rendements allant jusqu'&#224; 20 % ou plus. L'exemple de ces pr&#234;ts subprimes tellement rentables et qui sont devenus des actifs toxiques, donc non remboursables, est embl&#233;matique. Pour compenser, ils s'engagent massivement sur les placements pr&#233;tendument s&#251;rs que sont les OAT, avec des int&#233;r&#234;ts de 3 % pour les pays bien not&#233;s, les fameux AAA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenir au syst&#232;me ant&#233;rieur serait donc &#171; financi&#232;rement &#187; insupportable pour les d&#233;tenteurs de capitaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1973, si l'&#201;tat avait un d&#233;ficit d'un milliard de francs, il fabriquait un milliard de francs et pouvait alors payer ses d&#233;penses. Mais le principe de raret&#233;, qui veut que plus il y a d'objets sur le march&#233; moins ils valent cher, est le m&#234;me concernant la monnaie : plus on en cr&#233;e moins elle vaut. Cette inflation mon&#233;taire est surtout ressentie par ceux qui disposent de beaucoup de monnaie : celui qui d&#233;tient un million de dollars, quand il y a une inflation de 15 %, ne dispose plus que de 850 000 dollars au bout d'un an. Dans la zone euro, les trait&#233;s ont fix&#233; &#224; la banque centrale europ&#233;enne (BCE), comme premier objectif, la lutte contre l'inflation. Les raisons d'une telle prise de position ? L'application du dogme ultra-lib&#233;ral appel&#233; trickle down effect ou th&#233;orie du ruissellement qui affirme qu'il faut soutenir les d&#233;tenteurs de capitaux parce que plus les riches seront riches, plus ils pourront investir et cr&#233;er de l'emploi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH581/92_remi_dette-4199d.png?1782648215' width='400' height='581' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, quel est le v&#233;ritable r&#244;le de la BCE dans cette crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, les &#201;tats pouvaient faire des d&#233;valuations comp&#233;titives de la monnaie qui relan&#231;aient leurs &#233;conomies en baissant les prix des biens produits dans le pays. La valeur des dettes baissait d'autant. Aujourd'hui avec la BCE ind&#233;pendante, il n'y a plus de d&#233;valuation possible. Mais ce n'est pas la v&#233;ritable raison des d&#233;ficits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'investisseur pr&#234;te de l'argent &#224; un &#201;tat en achetant des OAT &#224; dix ans par exemple, il ne sera rembours&#233; de son capital initial qu'&#224; ce terme, les int&#233;r&#234;ts lui auront &#233;t&#233; vers&#233;s au cours des ann&#233;es. L'&#201;tat dont les OAT arrivent &#224; terme r&#233;emprunte aussit&#244;t une somme &#233;quivalente sous forme de nouvelles &#233;missions d'OAT. La Gr&#232;ce dont la note s'est effondr&#233;e ne peut emprunter qu'avec des taux de 15 &#224; 18 % sur ses &#233;missions &#224; dix ans. Ces taux &#233;tant insupportables, elle n'emprunte qu'&#224; court terme, six mois, en solution de secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE ach&#232;te actuellement avec des int&#233;r&#234;ts de 4 % les OAT des pays mal not&#233;s, et l'Union europ&#233;enne leur pr&#234;te des milliards d'euros afin de leur &#233;viter une faillite li&#233;e &#224; l'impossibilit&#233; de r&#233;&#233;mettre des OAT pour remplacer celles arriv&#233;es &#224; &#233;ch&#233;ance, plus celles n&#233;cessaires &#224; combler leur d&#233;ficit budg&#233;taire. Il s'agit de parer &#224; l'effet domino qui entra&#238;nerait l'ensemble de l'Europe dans une crise insurmontable. Le sauvetage des banques en 2008 par les &#201;tats a permis d'&#233;viter cet effet qui f&#251;t redoutable en 1929. Ces achats en masse par la BCE des OAT des pays &#224; risques comme le Portugal, l'Italie, la Gr&#232;ce et l'Espagne repr&#233;sentent d&#233;j&#224; 100 milliards d'euros. Ils redonnent confiance aux march&#233;s et repoussent le moment de la faillite de ces pays. Or le paiement des cr&#233;ances r&#233;sulte de la capacit&#233; des &#201;tats &#224; trouver de l'argent par les imp&#244;ts directs et indirects, donc de la sant&#233; de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dette est-elle un &#233;l&#233;ment structurel du capitalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme est semblable &#224; celui de la dette des pays en d&#233;veloppement. La Banque mondiale avait, d&#232;s le d&#233;but, impos&#233; aux ex-pays colonis&#233;s le remboursement des pr&#234;ts engag&#233;s par le pays colonisateur. Cela s'appelle &#171; une dette odieuse &#187;. Depuis plus de trente ans, ces pays ont &#233;t&#233; charg&#233;s de dettes, les d&#233;cideurs corrompus et les &#201;tats contraints de signer des contrats commerciaux d&#233;favorables avec les ex-colonisateurs. Le but &#233;tait de continuer l'extractivisme &#8211; l'appropriation des mati&#232;res premi&#232;res qui na&#238;t avec la conqu&#234;te des Am&#233;riques, puis se poursuit avec l'esclavage et la colonisation. Aujourd'hui, ce syst&#232;me-dette est remont&#233; vers le Nord. C'est le r&#233;sultat de la volont&#233; de domination totale des capitalistes sur la plan&#232;te. Le grand changement se trouve dans l'&#233;puisement des mati&#232;res premi&#232;res. Ces derni&#232;res, &#224; la base de l'enrichissement des capitalistes, commenc&#233; avec le pillage de l'or des Incas et avec les enclosures en Angleterre, sont en voie d'&#233;puisement. Aujourd'hui, la question est : qu'y a-t-il encore &#224; extraire ? Ce qui produit la richesse est le travail salari&#233;. Par la dette, on va donc amplifier l'extraction de la plus-value faite sur le dos de la grande majorit&#233; des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On retrouve ce dont parlait Marx &#224; propos de la rente fonci&#232;re&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement &#231;a, le foncier en moins. C'est l'assujettissement &#224; un ordre mondial totalitaire. Quand les pays sont trop endett&#233;s et donc abandonn&#233;s par les investisseurs, le Fonds mon&#233;taire international (FMI) entre dans la danse en tant qu'ultime pr&#234;teur. Il fixe alors ses conditions : d'abord rembourser les investisseurs avec cet argent pr&#234;t&#233;. Il impose ensuite des &#171; conditionnalit&#233;s &#187; ultralib&#233;rales. Au Sud ce sont les plans d'ajustement structurels, au Nord, aujourd'hui, les plans d'aust&#233;rit&#233;. Sont exig&#233;s en cons&#233;quence la diminution des d&#233;penses affectant les budgets publics, la multiplication des privatisations, le libre-&#233;change, la libert&#233; de mouvements des capitaux. Toutes choses destin&#233;es &#224; aggraver les conditions de l'asservissement des peuples aux profits des d&#233;tenteurs de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les capitalistes peuvent-ils encore redynamiser le syst&#232;me pour sortir de cette crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, car ils se tirent une balle dans le pied. Ils n'ont pas de projets organis&#233;s &#224; part celui de, chacun et contre tous, faire des profits. Aujourd'hui, trente ans apr&#232;s la victoire des Friedrich Hayek et Milton Friedman, ils sont devant la catastrophe. La trilogie consommation-production-profit est en train de se casser la gueule car elle reposait depuis cette r&#233;volution conservatrice, en grande partie sur l'endettement des m&#233;nages et des &#201;tats. Faudra-t-il atteindre la saturation pour que ce syst&#232;me s'effondre ? Par ailleurs, aujourd'hui, il est confront&#233; aux limites du r&#233;chauffement, de l'&#233;puisement des ressources, de la perte de la biodiversit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si les &#201;tats refusaient de rembourser leur dette ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;j&#224; arriv&#233;, et &#231;a marche tr&#232;s bien ! L'Argentine en 2001 &#233;tait au fond du gouffre apr&#232;s la dictature de Jorge Rafael Videla et ses massifs d&#233;tournements de pr&#234;ts. Le pr&#233;sident N&#232;stor Kirchner a d&#233;cid&#233; de ne pas rembourser ces dettes ill&#233;gitimes. Apr&#232;s quelques ann&#233;es, il a offert &#224; ses cr&#233;anciers de payer seulement 30 % de la valeur, en pr&#233;cisant que c'&#233;tait &#224; prendre ou &#224; laisser. Depuis, l'Argentine a eu un taux de croissance de 7 %&#8230; L'&#233;conomie s'est remont&#233;e en supprimant l'essentiel de sa dette ill&#233;gitime, avec, h&#233;las, une in&#233;galit&#233; sociale tr&#232;s forte. Le second exemple est l'&#201;quateur qui a fait un audit public de sa dette en passant en revue tous les emprunts afin de r&#233;pondre aux questions : d'o&#249; vient l'argent, &#224; quoi et &#224; qui a-t-il servi, cette dette est-elle l&#233;gitime ? R&#233;sultat : une grande partie de la dette a &#233;t&#233; annul&#233;e, et l'&#201;quateur gagne sur ce non-remboursement entre 600 &#224; 700 millions de dollars par an qui financent des mesures de r&#233;&#233;quilibrage &#233;conomique en faveur d'un d&#233;veloppement pour tous. Le pays qui ne rembourse pas n'aurait-il plus acc&#232;s au cr&#233;dit ? En r&#233;alit&#233; les &#201;tats ont finalement plus d'argent s'ils refusent de se plier au remboursement de la dette ill&#233;gitime et cessent d'emprunter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si la Gr&#232;ce, l'Espagne, le Portugal&#8230; refusaient de rembourser, que se passerait-il, ici, en Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela casserait le trait&#233; de Lisbonne fond&#233; sur les &#233;quilibres budg&#233;taires, et ce serait tr&#232;s probablement la fin de l'euro. Le grand perdant serait l'Allemagne qui exporte plus de 60 % de sa production en Europe gr&#226;ce &#224; l'euro. Avec une drachme (monnaie grecque) d&#233;valu&#233;e, les produits allemands deviendraient trop chers. Ses banques comme celles de France qui d&#233;tiennent environ 50 % des dettes publiques de ces pays seraient tr&#232;s mal en point. C'est pour tenter d'&#233;viter cela que la population grecque subit les terribles conditionnalit&#233;s de l'Europe et du FMI. En diminuant les salaires des fonctionnaires et les retraites, en augmentant la TVA, ce pays s'enfonce dans la r&#233;cession. &#192; terme, il ne pourra pas rembourser sa dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plans d'aust&#233;rit&#233; qui tombent un peu partout en Europe, et notamment en France, sont une application de la &#171; strat&#233;gie du choc &#187; de Naomi Klein : augmentation des privatisations et de la part de la plus-value qui va aux capitalistes, diminution des salaires et des services publics. La consommation baisse, le ch&#244;mage augmente, les rentr&#233;es fiscales diminuent. La r&#233;cession qui pointe rendra impossible le remboursement de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'agonie du syst&#232;me ultralib&#233;ral nous empoisonnera-t-elle encore longtemps l'existence ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution la plus logique serait de faire des audits des dettes publiques en Europe et d'annuler les dettes ill&#233;gitimes. Est-il l&#233;gitime de baisser les imp&#244;ts des plus riches comme l'ont fait Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy alors que le budget &#233;tait d&#233;j&#224; lourdement d&#233;ficitaire ? Est-il l&#233;gitime de sauver les banques avec de l'argent public sans avoir un droit de regard sur leur gestion ? La deuxi&#232;me solution qui risque fort de se produire sera la fabrication de monnaie par la BCE comme le fait la r&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine. Cela provoquera une forte perte de valeur de la monnaie et donc des dettes &#224; rembourser et l'euro aura bien du mal &#224; y r&#233;sister. Le syst&#232;me ultralib&#233;ral a trente ans, il va tr&#232;s probablement continuer &#224; s'effondrer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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