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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Blocages normands : Quand tout s'arr&#234;te, tout commence !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Se retrouver, en ce beau mois de mai, &#224; bloquer le d&#233;p&#244;t de carburants Rubis sur la zone industrielle de Grand Quevilly pr&#232;s de Rouen, c'est, outre bloquer les camions citernes alimentant les stations service du secteur, renouer avec l'histoire sociale locale. D&#233;j&#224; en 2010, pour les retraites, nous occupions ce lieu, nuit et jour. Cela avait donn&#233; lieu &#224; des &#233;chauffour&#233;es avec les flics, par un petit matin glacial. Il y avait eu aussi des blocages en soutien &#224; la raffinerie Petroplus, ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/depot-Rubis" rel="tag"&gt;d&#233;p&#244;t Rubis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Se retrouver, en ce beau mois de mai, &#224; bloquer le d&#233;p&#244;t de carburants Rubis sur la zone industrielle de Grand Quevilly pr&#232;s de Rouen,
c'est, outre bloquer les camions citernes alimentant les stations service du secteur, renouer avec l'histoire sociale locale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH534/-659-cd168.jpg?1782690117' width='400' height='534' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 2010, pour les retraites, nous occupions ce lieu, nuit et jour. Cela avait donn&#233; lieu &#224; des &#233;chauffour&#233;es avec les flics, par un petit matin glacial. Il y avait eu aussi des blocages en soutien &#224; la raffinerie Petroplus, ou pour d'autres causes. Rubis se trouvant juste &#224; c&#244;t&#233; de la bo&#238;te o&#249; je bossais, c'&#233;tait facile pour nous de nous y rendre et d'occuper les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du mouvement, il est question d'actions plus fortes face &#224; un gouvernement droit dans ses bottes qui fait passer ses lois &#224; coup de 49.3, pour imposer les ordres du Medef, de la Commission europ&#233;enne et de l'OCDE. Une dictature larv&#233;e qui envoie ses flics contre la jeunesse et les salari&#233;s, faisant ainsi monter la tension. Parce que lorsque tu te fais r&#233;primer pour rien, t'as pas envie que &#231;a recommence, du coup tu reviens avec de quoi te d&#233;fendre, et &#231;a monte d'un cran &#224; chaque fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves sont devenues quasi inefficaces, pour stopper le pays c'est devenu plus compliqu&#233; que &#231;a. Les centrales, les raffineries, les usines de production sont de plus en plus dures &#224; arr&#234;ter et &#224; remettre en route, ce qui en rebute plus d'un. Les grandes industries sont moins nombreuses qu'il y a trente ans et, lorsqu'elles existent encore, le travail est s&#233;par&#233; entre salari&#233;s &#224; statut d'entreprise et les PME sous-traitantes, les int&#233;rimaires, voire les auto-entrepreneurs qui ne peuvent pas faire gr&#232;ve. De m&#234;me, dans les transports, l'&#233;nergie, la sant&#233;, de puissants gardes fous ont &#233;t&#233; mis en place pour que le &#171; service &#187; soit rendu co&#251;te que co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en arrive donc &#224; bloquer le nerf de la guerre &#233;conomique : l'essence, le d&#233;placement, la logistique. &#201;l&#233;ments essentiels de la production et de la consommation. Bloquer les axes routiers, les zones industrielles, les ponts, les rails est devenu la pratique de lutte sociale de ces derni&#232;res ann&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Une nouvelle fois, la strat&#233;gie du blocage s'impose comme la pratique la plus imm&#233;diate, la plus &#233;vidente et la plus efficace dans un conflit politique&lt;/i&gt; &#187;, dixit le Comit&#233; invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, ce 16 mai, on se retrouve &#224; bloquer le d&#233;p&#244;t Rubis. Des ouvriers du port CGT et des camionneurs, mais pas seulement. Il y a des jeunes de ma bo&#238;te, des syndicalistes de Solidaires et des jeunes de Nuit Debout. Cette fois &#8211; et fort des exp&#233;riences pr&#233;c&#233;dentes &#8211;, c'est une v&#233;ritable barricade qui est &#233;rig&#233;e avec des pneus, des palettes, du mat&#233;riel de chantier et autres encombrants recycl&#233;s. D'autres pneus br&#251;lent plus loin pour annoncer le blocage, avec la fum&#233;e noire et d&#233;gueulasse qui va avec. &#199;a discute ferme, m&#234;me si on est tous plus ou moins d'accord. Un lyc&#233;en essaie de faire comprendre son point de vue &#224; de vieux dockers &#224; moiti&#233; &#233;m&#233;ch&#233;s. Pas mal de gens passent et s'attardent sous une tente mont&#233;e &#224; la h&#226;te. L'ambiance est plut&#244;t bon enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au carrefour, les camions sont immobilis&#233;s, et la plupart des chauffeurs prennent la chose &#224; la rigolade. J'entends un Belge, qui transporte des morceaux immenses d'&#233;oliennes, t&#233;l&#233;phoner &#224; son patron pour pr&#233;venir qu'il risque d'&#234;tre bloqu&#233; au moins trois jours. Les camionneurs sont touch&#233;s par la loi El Khomri et, eux aussi, en ont marre de Hollande et Valls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La file des camions s'est allong&#233;e, un type en camionnette qui, lui, est &#233;nerv&#233;, s'enquille &#224; contre-courant et manque de percuter un motocycliste. C'est le seul incident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, on attend les repr&#233;sentants de la maison poulaga, d'autant qu'on en voit souvent qui viennent faire un tour en voiture. Le jeudi 19, la pr&#233;fecture pr&#233;vient la CGT que la police va lever le barrage. Il n'en faut pas plus pour rameuter du monde le soir et le lendemain matin. Les flics, apr&#232;s avoir re&#231;u des renforts, interviennent le vendredi &#224; 17h. Pas facile de tenir un si&#232;ge. Le feu est remis aux pneus, et une immense colonne de fum&#233;e s'&#233;l&#232;ve, comme pour pr&#233;venir la population de cette forfaiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des r&#233;unions ont lieu par la suite pour r&#233;fl&#233;chir &#224; comment reprendre Rubis. D'une part, la pr&#233;sence polici&#232;re y est, depuis le 20, importante (on a compt&#233; au moins dix cars de cond&#233;s en faction certains jours). D'autre part, avec la gr&#232;ve qui touche les raffineries Total de Gonfreville et Exxon de Notre-Dame-de-Gravenchon (toutes deux en banlieue havraise), ainsi que celle qui affecte la CIM&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La CIM r&#233;ceptionne 40% des importations fran&#231;aises en p&#233;trole brut, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, laquelle ne d&#233;pote plus les tankers restant au large du Havre &#8211; le d&#233;p&#244;t Rubis n'est plus approvisionn&#233;. Valls peut toujours dire qu'il n'y aura pas p&#233;nurie, c'est &#233;vident qu'on s'en approche. Sauf abandon de la loi ou recours &#224; la r&#233;quisition des gr&#233;vistes. Ce que le PS est capable de faire. On sait jusqu'o&#249; il peut aller pour mettre en &#339;uvre la politique d'aust&#233;rit&#233; vers laquelle il s'est tourn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-658-97f4d.jpg?1782643820' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur Rouen, un autre lieu s'est cr&#233;&#233; pour partager, bloquer, discuter, c'est un nouveau squat, situ&#233; dans une &#233;glise d&#233;saffect&#233;e. Il s'agit de la &#171; Commune Saint-Nicaise &#187;, o&#249; se r&#233;unissent les gens de Nuit Debout. &#192; l'entr&#233;e, un drapeau rouge et un drapeau noir donnent la couleur. La police menace d'intervenir, mais cela semble compliqu&#233; et, &#224; l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes, ce n'est toujours pas fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Havre, c'est autre chose. Plus beau, plus fort. Dans cette ville, la tradition de luttes ouvri&#232;res est encore tr&#232;s vivace, derni&#232;rement encore c'&#233;tait la Sidel&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir article dans CQFD du mois de novembre 2015.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui tenait le haut du pav&#233;. D'autres actions restent aussi dans les m&#233;moires, comme le soutien en 2014 aux quatre militants syndicaux inculp&#233;s parce que, lors d'une manifestation, le local du PS avait &#233;t&#233; quelque peu d&#233;cor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du conflit contre la loi El Khomri, les actions de blocage sont quasi quotidiennes. C'est m&#234;me au Havre que &#231;a a commenc&#233;, par les blocages du port et du boulevard industriel. Les manifs y sont importantes et les gens enthousiastes. La mairie du Havre s'est trouv&#233;e occup&#233;e, comme d'autres lieux. Et lorsque les flics ont mis fin au blocage des raffineries, c'est l&#224; que les raffineurs sont entr&#233;s dans la gr&#232;ve, puis ont particip&#233; aux op&#233;rations de ralentissement sur les ponts de Tancarville et surtout de Normandie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Havre, la CGT (et dans une moindre mesure Solidaires) ont un pass&#233; de syndicalisme r&#233;volutionnaire, et la m&#233;moire de l'affaire Jules Durand est loin d'&#234;tre perdue&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1907, Jules Durand, responsable du syndicat des charbonniers, a &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. J'ai m&#234;me rencontr&#233; des vieux c&#233;g&#233;tistes, autrefois cocos et staliniens, se dire aujourd'hui h&#233;ritiers de l'anarchisme havrais&#8230;
Le Havre reste, sans conteste un v&#233;ritable bastion ouvrier, comme on souhaiterait en trouver ailleurs. Et il faut voir la peur changer de camp lorsque 2 000 dockers d&#233;boulent en manif, unis derri&#232;re leur banderole, arborant le gilet CGT et avan&#231;ant au rythme des tambours &#8211; m&#234;me s'il y a un c&#244;t&#233; militaro-viriliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres actions de blocages sont pr&#233;vues &#224; l'heure de la &lt;i&gt;deadline&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, je ne peux donc pas en parler, mais je peux vous le dire : on continue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La CIM r&#233;ceptionne 40% des importations fran&#231;aises en p&#233;trole brut, le distribuant par ol&#233;oducs vers les raffineries de Basse-Seine : Total &#224; Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime) et Grandpuits (Seine-et-Marne), et ExxonMobil &#224; Notre-Dame-de-Gravenchon. Sont &#233;galement concern&#233;s par cette redistribution des ressources, la r&#233;gion parisienne, et les a&#233;roports de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir article dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; du mois de novembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 1907, Jules Durand, responsable du syndicat des charbonniers, a &#233;t&#233; accus&#233; &#224; tort de la mort d'un jaune. Ce fut un genre d'affaire Dreyfus. Si vous &#234;tes sages, un jour, je vous raconterai &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Faire les blocages m'a d&#233;bloqu&#233;e ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Faire-les-blocages-m-a-debloquee</link>
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		<dc:date>2016-06-10T14:00:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>
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		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
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		<dc:subject>Clermont-Ferrand</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;cit du blocage du d&#233;p&#244;t de carburant de Cournon d'Auvergne les 3 et 4 juin 2016. Conditions de travail en p&#233;ril, harc&#232;lement, management tueur, les bloqueurs unis racontent &#224; travers leur lutte leur d&#233;testation de la Loi Travail. Monter d'abord avec la belle gr&#232;ve des trains. Arriver &#224; Saint-&#201;tienne o&#249; trois cents personnes frappent sur la porte de l'H&#244;tel de police. Recevoir d&#232;s le lendemain quatre SMS du blocage de Cournon-d'Auvergne, la grande ville qui t&#232;te Clermont-Ferrand au sud (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-est" rel="tag"&gt;s'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nuit" rel="tag"&gt;nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/blocage" rel="tag"&gt;blocage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clermont-Ferrand" rel="tag"&gt;Clermont-Ferrand&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cit du blocage du d&#233;p&#244;t de carburant de Cournon d'Auvergne les 3 et 4 juin 2016. Conditions de travail en p&#233;ril, harc&#232;lement, management tueur, les bloqueurs unis racontent &#224; travers leur lutte leur d&#233;testation de la Loi Travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Monter d'abord avec la belle gr&#232;ve des trains. Arriver &#224; Saint-&#201;tienne o&#249; trois cents personnes frappent sur la porte de l'H&#244;tel de police. Recevoir d&#232;s le lendemain quatre SMS du blocage de Cournon-d'Auvergne, la grande ville qui t&#232;te Clermont-Ferrand au sud de l'agglo. Filer par quelques cols et sous un temps maussade vers la zone industrielle o&#249; se trouve le d&#233;p&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-27-2c183.jpg?1783233935' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;JAMAIS IL N'AVAIT &#201;T&#201; BLOQU&#201;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;p&#244;t de carburant de Cournon-d'Auvergne, vendredi 3 juin, ils sont une trentaine &#224; 15 heures &#224; bloquer les entr&#233;es et sorties. Les autres sont &#224; l'a&#233;roport qui a &#233;t&#233; ceintur&#233; t&#244;t ce matin. L&#224;-bas, un slogan amuse St&#233;phane, d&#233;l&#233;gu&#233; CGT de Hop, une filiale d'Air France : &#171; &lt;i&gt; Il vaut mieux faire un 69 &#224; deux qu'un 49 &#224; 3 !&lt;/i&gt; &#187; Il continue : &#171; &lt;i&gt;Je suis un prof de syndicalisme mis de c&#244;t&#233;. J'ai commenc&#233; chef de quai et puis j'ai d&#233;gringol&#233; dans la hi&#233;rarchie &#224; cause de mon engagement. Maintenant ils veulent me faire nettoyer les chiottes. Attention ! Quand m&#234;me avec la m&#234;me paye.&lt;/i&gt; &#187; C'est enfin l'accalmie apr&#232;s des jours de pluie. Derri&#232;re les palettes de bois et les banderoles, des slogans bomb&#233;s sur l'usine rappellent l'incarc&#233;ration d'Antoine durant un mois. Ce jeune ambulancier encart&#233; &#224; la CGT a &#233;t&#233; accus&#233; de violences sur le chef de la police locale heurt&#233; par une enceinte lors de l'&#233;vacuation brutale d'un conseil municipal. &#171; &lt;i&gt;&#192; sa sortie de prison, il est venu directement sur le blocage pour dire : on l&#226;che rien&lt;/i&gt; &#187; me raconte Fran&#231;ois, un agriculteur qui jongle entre ses vaches et le d&#233;p&#244;t.
&#171; &lt;i&gt; Ce d&#233;p&#244;t, jamais il n'avait &#233;t&#233; bloqu&#233;. Ils sont seulement six dedans. La CGT p&#233;trochimie a applaudi lors de la gr&#232;ve mais c'est d&#251; &#224; un anarchiste de la CGT. Mais &#231;a, il faut pas le dire !&lt;/i&gt; &#187; Je promets tout. Ici, toutes les Unions Locales CGT sont pr&#233;sentes. Un conflit les oppose avec l'Union d&#233;partementale, jug&#233;e trop molle. &#171; &lt;i&gt;&#192; Hop, et ailleurs, depuis la loi Macron, on ne peut plus bloquer les projets en CHSCT. Les gens sont mal. On les pousse dehors. Imagine, en 2011 on a bloqu&#233; l'entreprise durant 11 jours avec 300 syndiqu&#233;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boris est allong&#233; sur un matelas de fortune. On se reconna&#238;t et on se congratule. On ne s'est pas vu depuis les gr&#232;ves de 95 contre le plan Jupp&#233;. Depuis un mois, il est de toutes les actions. Non syndiqu&#233;, ce moniteur &#233;ducateur a particip&#233; &#224; la mise en place du blocage de l'a&#233;roport d'Aulnat le matin m&#234;me. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s on a repris le d&#233;p&#244;t de carburant sans les salari&#233;s. Le mouvement des retraites leur a cass&#233; le moral. La fois pr&#233;c&#233;dente, ils se sont mis en gr&#232;ve &#224; la suite du blocage.&lt;/i&gt; &#187; Il &#233;voque les d&#233;buts des blocages sur Clermont-Ferrand : &#171; &lt;i&gt;On s'est retrouv&#233; &#224; quelques-uns dans un bistrot avant la manif du 17 mai. On en avait marre des manifs, de marcher et des gr&#232;ves saute mouton. Apr&#232;s on a tract&#233; et c'est n&#233; d'individus syndiqu&#233;s ou pas, mais pas des syndicats.&lt;/i&gt; &#187; Le 18 mai au soir, une convergence se fait avec Nuit debout. &#171; &lt;i&gt;Il fallait qu'on s'entende.&lt;/i&gt; &#187; Boris ajoute : &#171; &lt;i&gt;Et on a tract&#233;&lt;/i&gt; &#187;, le vade-mecum de tout manifestant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;JE BOSSE PUIS JE PARS AU BLOCAGE, UNE DOUCHE PUIS DODO&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, on mange quelques saucisses sous une tonnelle. Sandrine, une bi&#232;re &#224; la main, explique son engagement : &#171; &lt;i&gt;Je me sens plus citoyenne que gr&#233;viste. J'aime bien Nuit Debout parce qu'ils communiquent sur la mani&#232;re de se mettre en gr&#232;ve.&lt;/i&gt; &#187; Les syndicats auraient-ils oubli&#233; ce principe ? &#171; &lt;i&gt;Il faut mettre des grains de sable partout&lt;/i&gt; &#187; appuie Boris qui se demande si &#171; &lt;i&gt;Nous ne serions pas des handicap&#233;s sociaux ?&lt;/i&gt; &#187; Devant mon incr&#233;dulit&#233;, il mesure l'importance de ces minorit&#233;s agissantes qui sont le fer de lance du grand nombre, incapable ou impuissant &#224; se lancer dans la gr&#232;ve. Sandrine trouve qu'elle n'a plus de vie depuis le mouvement social : &#171; &lt;i&gt;Je bosse puis je pars au blocage, une douche puis dodo.&lt;/i&gt; &#187; La fatigue se lit sur certains visages mais d'autres viennent les remplacer. Plus frais, avec la p&#234;che comme cette militante CGT qui arrive de l'a&#233;roport : &#171; &lt;i&gt;Mon patron m'a fait p&#233;ter les plombs. Je faisais 287 heures avec une voiture pas assur&#233;e. Cette esp&#232;ce d'ordure faisait rouler les salari&#233;s sans assurance depuis un mois.&lt;/i&gt; &#187;
Cette cadre commerciale d&#233;sormais au ch&#244;mage bossait dans la t&#233;l&#233;matique embarqu&#233;e, comme elle, mais dans la gal&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Mon secteur ? La France ! Il me collait un premier rendez-vous &#224; Bordeaux &#224; 8 h 30 en partant de Clermont-Ferrand. Apr&#232;s, second rendez-vous &#224; Hendaye &#224; 14 h 30 puis Brive &#224; 18 h 30 puis le lendemain rebelote Besan&#231;on le matin.&lt;/i&gt; &#187; Le burn-out l'&#233;jecte de son inconfortable strapontin en juillet dernier. &#171; &lt;i&gt;Un jeune coll&#232;gue a fait une crise d'&#233;pilepsie. Au bout de trois mois, il a p&#233;t&#233; les plombs.&lt;/i&gt; Et toi ? &lt;i&gt;Six mois au fond du trou ! Remis en selle au CHU apr&#232;s des crises d'angoisse ? Tu parles, moi qui faisais 130 000 kilom&#232;tres par an. Heureusement la lutte a commenc&#233; et &#231;a m'a fait un bien fou ! Tu peux pas savoir !&lt;/i&gt; &#187; me balance-t-elle avec un grand sourire. &#171; &lt;i&gt;Faire les blocages m'a d&#233;bloqu&#233;e !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233;, il y a Jocelyne, secr&#233;taire de l'Union D&#233;partementale d'Issoire, un bassin industriel tr&#232;s combatif au sud de Clermont-Ferrand. &#171; &lt;i&gt;J'ai fait ma carri&#232;re &#224; Pechiney&lt;/i&gt; (Aujourd'hui Constellium), commence-t-elle. &lt;i&gt;Il est pas traditionnel ce mouvement, il est spontan&#233;. Nuit debout nous a amen&#233; &#224; consid&#233;rer autrement les choses. On s'est donn&#233; de l'&#233;lan mutuellement.&lt;/i&gt; &#187; La jonction entre les militants syndiqu&#233;s &#224; gauche et l'esprit tr&#232;s libertaire et horizontal de Nuit Debout a bien eu lieu devant la menace de cette loi r&#233;trograde. Les militants syndicaux de Cournon ont retrouv&#233; le syndicalisme de base et de lutte qu'ils cherchaient. Derri&#232;re Jocelyn, les tags sont clairement anars et quelle surprise de voir les drapeaux CNT, CGT, Sud et Conf' accroch&#233;s ensemble sur une palette. La force de la CGT est dans le nombre : &#171; &lt;i&gt;Je mesure la faiblesse de notre mouvement aussi. Cependant les caisses de gr&#232;ve se remplissent, les gens soutiennent par procuration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;L'UNION LOCALE D'ISSOIRE EST TROP R&#201;VOLUTIONNAIRE&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joliment maquill&#233;e et la soixantaine pimpante, Jocelyn s'assoit sur la table de camping face &#224; moi pendant qu'un punk d&#233;truit une palette en bois : &#171; &lt;i&gt;Sais-tu que les filles du Carrefour d'Issoire se sont mises en gr&#232;ve le jour de la f&#234;te des M&#232;res ?&lt;/i&gt; &#187; roule-t-elle avec cet accent typique de nos montagnes. La direction a alors fait monter des vigiles &#171; &lt;i&gt;de S&#233;rignan, ce pays de fachos vers B&#233;ziers ! Pour casser la gr&#232;ve !&lt;/i&gt; &#187; Les femmes font gr&#232;ve pour les salaires mais surtout pour la consid&#233;ration : &#171; &lt;i&gt;Elles n'ont pas le droit de parler entre elles. Le DRH lui par contre les tutoie toutes.&lt;/i&gt; &#187; J'ajoute : &#171; &lt;i&gt;&#199;a ressemble &#224; ce qu'on a connu &#224; Monoprix &#224; Marseille il y a 4 ans.&lt;/i&gt; &#187; Jocelyn n'est pas all&#233; au Congr&#232;s de la CGT &#224; Marseille : &#171; &lt;i&gt;L'Union Locale d'Issoire est trop r&#233;volutionnaire.&lt;/i&gt; &#187; Je lis sur une banderole noire : &#171; &lt;i&gt;Blocage du d&#233;p&#244;t, deuxi&#232;me sommation.&lt;/i&gt; &#187; L'humour contribue &#224; la lutte et raconte qu'ils ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s une fois.
D&#233;sormais c'est une technicienne de Merck, une bo&#238;te qui fait de l'exp&#233;rimentation animale pour les m&#233;docs, qui s'approche. &#171; &lt;i&gt;Je parle pas trop de &#231;a. J'ai plus vraiment envie d'y aller.&lt;/i&gt; &#187; Elle d&#233;plore l'absence de culture syndicale. &#171; &lt;i&gt;Depuis septembre, on doit &#234;tre rachet&#233; mais c'est l'opacit&#233; de la direction qui mine le moral des employ&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Les arr&#234;ts maladie pleuvent comme &#224; Nemours et sous les ponts de la Seine. &#171; &lt;i&gt;La loi El Khomri, en cas de reprise, n'obligera pas l'acheteur &#224; reprendre les salari&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Elle est rentr&#233;e &#224; la CGT &#224; cause d'un management trop pouss&#233;. Parlant de ses doutes dans la boite : &#171; &lt;i&gt;Dans l'intersyndicale, la CFDT porte un discours patronal mais l'unit&#233; est importante.&lt;/i&gt; &#187; L'unit&#233; dans la radicalit&#233; semble r&#233;unir tous ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;P$= PARTI DE FUMIERS&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re nous, j'esquisse un sourire. On lit sur les murs du d&#233;p&#244;t : &#171; &lt;i&gt;Les flics ne veulent pas qu'on les d&#233;teste. Il va falloir qu'ils y mettent du leur.&lt;/i&gt; &#187; &#192; droite : &#171; &lt;i&gt;P$= Parti de fumiers&lt;/i&gt; &#187; ne fait plus dans la dentelle. Des paysans sont venus avec du p&#226;t&#233; de t&#234;te du Cantal et approvisionnent le campement. En m'empiffrant, je rencontre Philippe, d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel chez EDF et encore syndiqu&#233; CGT : &#171; &lt;i&gt;Je suis dans la branche immobili&#232;re et j'en ai assez du double jeu dans les n&#233;gociations. Et puis je suis &#233;cologiste, mais accept&#233; &#224; Montreuil !&lt;/i&gt; &#187; Philippe d&#233;nonce les abus financiers de sa bo&#238;te construite par les travailleurs. &#171; &lt;i&gt;On a des patrons qui prennent la thune sur des filiales, c'est devenu ind&#233;cent.&lt;/i&gt; &#187; EDF a &#233;t&#233; saucissonn&#233; en 157 &#233;tablissements. Malgr&#233; ces mauvaises nouvelles, le moral est bon : &#171; &lt;i&gt;On a coup&#233; l'&#233;lectricit&#233; &#224; Tulle&lt;/i&gt; &#187;, le fief de Badinguet. &#171; &lt;i&gt;On passe tout le monde au tarif Nuit.&lt;/i&gt; &#187; Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) a aussi subi une immense coupure le 2 juin 2016. Je reprends du p&#226;t&#233; de t&#234;te et on ouvre une bi&#232;re du Forez. &#171; &lt;i&gt;Tu sais, le r&#233;seau est pay&#233; chez nous. On fait des cadeaux aux grands groupes. EDF va refiler le barrage de Bort les Orgues au priv&#233;. C'est une mine d'or.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre bloqueurs ont commenc&#233; une coinche sous la tonnelle. Hison, la vingtaine, est en BTS &#233;lectrom&#233;canique et me raconte ce qu'il fait l&#224; : &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais &#224; un teknival en Bretagne. Un pote m'a invit&#233; en Auvergne et voil&#224; on est l&#224; maintenant dans la lutte.&lt;/i&gt; &#187; Philippe en discussion avec Boubou, un membre &#233;minent de l'Apima, un garage associatif, explique qu'&#224; la CGT : &#171; &lt;i&gt;Avant, &#231;a descendait, m&#233;thode stalinienne, mais maintenant &#231;a remonte !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ro, psy lib&#233;rale, tient le piquet depuis deux semaines et &#233;voque les bons aspects de la lutte : &#171; &lt;i&gt;C'est un agr&#233;gat improbable de syndicalistes et de libertaires. Et puis la solidarit&#233; marche &#224; plein : le voisin propose sa douche, d'autres apportent de la nourriture.&lt;/i&gt; &#187; Entre c&#233;g&#233;tistes, anarchistes et libertaires de gauche, la communication s'est &#233;tablie &#224; force de contacts : &#171; &lt;i&gt;Il faut se comprendre avec la CGT qui avait du mal &#224; faire tourner la parole.&lt;/i&gt; &#187; Sandra a mont&#233; une caisse pour acheter directement aux producteurs. On lui a r&#233;pondu alors : &#171; &lt;i&gt;Mais &#231;a a du go&#251;t vos trucs !&lt;/i&gt; &#187; Nello Frasseto, CGT b&#226;timent, la soixantaine, ressemble &#224; Cavanna. On s'est d&#233;j&#224; rencontr&#233; sur la lutte de l'incin&#233;rateur de Clermont-Ferrand, il m'entreprend sur &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;C'est quoi la diff&#233;rence ?&lt;/i&gt; &#187; Nous devisons sur le syndicalisme r&#233;volutionnaire et l'Espagne de 36. &#171; &lt;i&gt;Et les ministres anarchistes qui ont particip&#233; au gouvernement ?&lt;/i&gt; &#187; m'ass&#232;ne-t-il. Je balbutie quelques excuses et pr&#233;f&#232;re lui rappeler la d&#233;faite syndicale d'avant 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous informe : douze camions ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s. Un train n'a pas pu livrer. Les bloqueurs grossissent &#224; 19 h. Au micro d&#233;marre une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. On raconte l'intervention des vigiles le matin m&#234;me au Carrefour d'Issoire. &#171; &lt;i&gt;Fils de pute de B&#233;ziers !&lt;/i&gt; &#187; lance St&#233;phane. Elles sont 70 salari&#233;es en gr&#232;ve, et n'ont pourtant pas revot&#233; la gr&#232;ve. &#171; &lt;i&gt;Elles sont souvent seules avec leurs m&#244;mes&lt;/i&gt; &#187; explique un bloqueur. Des plaintes pour harc&#232;lement en pagaille ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es contre le patron de l'&#233;tablissement. St&#233;phane, qui ne quitte pas sa chasuble rouge CGT Hop, plaisante au micro sur les vigiles. On se marre sous la tente en mangeant des fromages de ch&#232;vre. &#171; &lt;i&gt;Il y a 700 000 litres dans les cuves. Ils ne pourront pas nous d&#233;loger avant la semaine prochaine.&lt;/i&gt; &#187; On &#233;voque la communication des actions. Nicole qui travaille &#224; la m&#233;diath&#232;que de la ville prend la parole : &#171; &lt;i&gt;Comment ils faisaient en 40, ils avaient pas des SMS !&lt;/i&gt; &#187; Cette militante chevronn&#233;e me raconte dans la nuit son parcours mais surtout ses combats gagn&#233;s, ses h&#233;sitations dans les n&#233;gociations. &#171; &lt;i&gt;Je dors mal dans la voiture. J'ai besoin d'un bon lit de temps en temps.&lt;/i&gt; &#187; Elle n'en veut pas &#224; ceux qui seulement les soutiennent mais aurait voulu plus de monde la nuit sur le blocage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA VALSE DE L'OUVRIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que Fred le Marrec, un des rares &#224; porter un foulard du syndicat SUD, me parle, de jeunes antifascistes cimentent une barricade avec des pierres devant le d&#233;p&#244;t. Fred est un militant de l'Allier qui s'est trouv&#233; en garde &#224; vue lors de la visite de Sarkozy. Il avait pr&#233;par&#233; avec ses camarades du NPA un accueil digne de ce nom au pr&#233;sident. Trente affiches au Mayet de Montagne, un bled au-dessus de Vichy, et des inscriptions &#171; Casse toi pov' con &#187; sur toutes les routes. En 2010, &#224; 9 h 30 du mat, il s'est fait embarqu&#233;, arme point&#233;e sur lui et il est rest&#233; d&#233;tenu 5 heures en pr&#233;ventive. Sa plainte dix jours plus tard n'a pas &#233;t&#233; transmise au parquet. L'affaire fera du bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attabl&#233; autour de quelques bi&#232;res, Nicolas, chevelure grisonnante, me raconte ce qui l'a amen&#233; ici. &#171; &lt;i&gt;J'ai quitt&#233; Vinci. Je travaillais &#224; l'&#233;clairage public d'une petite ville du Forez.&lt;/i&gt; &#187; Les conditions de travail &#233;taient r&#233;gressives : &#171; &lt;i&gt;On allait sur les chantiers le matin et le soir mais le temps de trajet n'&#233;tait pas pay&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le groupe Vinci les r&#233;unit un jour, s&#251;r de son pouvoir, et leur demande s'ils trouvent cette mesure honn&#234;te. &#171; &lt;i&gt;Cinq mains se l&#232;vent alors pour s'y opposer. Aucun de nous ne bosse plus l&#224;-bas. Trois ont &#233;t&#233; vir&#233;s pour faute grave.&lt;/i&gt; &#187; Nicolas s'est alors tourn&#233; vers le monde associatif et a tent&#233; de trouver des solutions pour les plus pauvres : &#171; &lt;i&gt;Le logement c'est ce qui plombe les gens.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re nous, St&#233;phane somnole dans son pliant. Ici, beaucoup dorment trop peu. La discussion s'engage sur les violences polici&#232;res. Qu'on soit de la CGT ou pas, tout le monde crie &#224; l'injustice. Stanley, ancien &#233;lu d'Europe &#201;cologie &#8211; parti qu'il vient de quitter &#8211; me racontera les violences en mairie de Clermont-Ferrand. Il s'est fait tabasser et gazer par la B.A.C en plein conseil municipal, lui qui criait &#171; &lt;i&gt;Je suis &#233;lu, je suis &#233;lu&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Rien n'y fit. Cet ex-squatteur &#233;tait pourtant &#233;lu r&#233;cemment dans une liste d'union de la gauche avec le PS, qui a port&#233; Olivier Bianchi &#224; la t&#234;te de Clermont-Ferrand. L'heure tourne. Julien, un punk picard qui est le vrai cuistot du campement, appelle tout le monde pour manger. &#192; gauche on cimente, &#224; droite, on joue aux cartes. Julien balance &lt;i&gt;El vals del obrero&lt;/i&gt; de Ska P dans l'enceinte. Un tube au d&#233;p&#244;t de Cournon-d'Auvergne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;p&#244;t a &#233;t&#233; d&#233;gag&#233; lundi matin par la force publique qui s'est charg&#233;e aussi du piquet de gr&#232;ve SNCF &#224; Clermont-Ferrand. Mais tout va recommencer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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