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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Radio debout : &#171; C'est comme tout mouvement social ! &#187;</title>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Excroissance sonore de l'occupation nocturne de la place de la R&#233;publique &#224; Paris, Radio Debout accompagne le mouvement &#233;ponyme depuis ses quasi-d&#233;buts. Rencontre avec le copain Combi, &#171; loco de la M&#233;gacombi &#187;, superbe radiozine diffus&#233; sur Radio Canut[[Prix Nobel de la radio depuis 2013, M&#233;gacombi s'&#233;coute tous les mercredis &#224; 18h sur Radio Canut, 102.2 &#224; Lyon, pour les Marseillais sur Radio Grenouille le jeudi &#224; 17h30 ou sur le web &#224; cette adresse], et l'un des animateurs de cette belle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Radio" rel="tag"&gt;Radio&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nuits" rel="tag"&gt;Nuits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Excroissance sonore de l'occupation nocturne de la place de la R&#233;publique &#224; Paris, Radio Debout accompagne le mouvement &#233;ponyme depuis ses quasi-d&#233;buts. Rencontre avec le copain Combi, &#171; loco de la &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/MegaCombines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;gacombi&lt;/a&gt; &#187;, superbe radiozine diffus&#233; sur Radio Canut&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prix Nobel de la radio depuis 2013, M&#233;gacombi s'&#233;coute tous les mercredis &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et l'un des animateurs de cette belle exp&#233;rience radiophonique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2396 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-663-124d8.jpg?1768652423' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Tu nous racontes l'histoire de &lt;a href=&#034;https://soundcloud.com/radiodebout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Debout&lt;/a&gt;, s'te pla&#238;t ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combi :&lt;/strong&gt; La radio s'est mont&#233;e tr&#232;s rapidement, en une petite semaine, dans l'effervescence de la Nuit Debout de la place de la R&#233;publique. Elle &#233;met d&#232;s le 38 mars (7 avril). Au d&#233;but, ce sont des passionn&#233;s de radio, des professionnels, souvent des copains, qui s'en occupent. Certains viennent de radios associatives ou de Radio France. Et moi, j'&#233;coute ce direct, depuis Lyon, tous les soirs. Je trouve &#231;a totalement g&#233;nial ! Pouvoir entendre l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale presque comme si on y &#233;tait. Pour moi, c'est hyper addictif. Je vais rapidement faire des allers-retours &#224; Paris pour vivre &#231;a et pour participer &#224; Radio Debout. Et puis je fais aussi des correspondances depuis les Nuits Debout de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 15 premiers jours, c'est vraiment super chouette : cette spontan&#233;it&#233; avec les passionn&#233;s de radio qui installent ce rendez-vous quotidien, le font vivre et l'ouvrent &#224; tout le monde. Rapidement, des gens qui n'avaient jamais fait de radio, ou tr&#232;s peu, arrivent, d&#233;couvrent le monde de la radio, la technique, prennent la parole&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#231;a se passe alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/-662-bb93e.jpg?1768652423' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'entr&#233;e de jeu, on s'est dit qu'on tiendrait un direct toutes les Nuits Debout, mais en restant compl&#232;tement autonome. Ce n'est pas un organe m&#233;diatique officiel, mais un petit groupe ind&#233;pendant. D&#232;s le d&#233;but, on s'est dit que Radio Debout serait &#233;ph&#233;m&#232;re et ne durerait que le temps du mouvement&#8230; Et il dure ! Alors forc&#233;ment, la radio aussi, et elle se solidifie, s'organise. On fait des plateaux, on a des invit&#233;s, des soir&#233;es sp&#233;ciales. D'ailleurs, il y a eu une soir&#233;e autour des m&#233;dias ind&#233;pendants avec Lundi Matin, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt;. Parfois, le r&#233;sultat c'est qu'on perd en spontan&#233;it&#233; : on a des &#233;missions qui auraient pu &#234;tre enregistr&#233;es en studio ! Mais, comme &#224; Nuit Debout, il y a le plus souvent cette sorte d'&#233;quilibre entre le n'importe quoi, l'humour et la d&#233;conne d'un c&#244;t&#233;, et le s&#233;rieux, voire l'intello de l'autre. Tu vois, l'autre soir, il y avait ce plateau avec des intellos, des &#233;diteurs, et l&#224;, paf ! quelqu'un passe pour dire qu'il y a des gens retenus par la police &#224; l'autre bout de la place. On court avec les micros pour en partager le son avec les auditeurs, puis on revient et la discussion reprend. Une autre fois, Edgard Morin &#233;tait interview&#233;, et l&#224;, il y a un Touareg qui passe sur la place et veut vraiment poser une question au philosophe qu'il appelle &#171; &lt;i&gt; &#201;douard&lt;/i&gt; &#187; ! Et sa question c'est : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que vous pensez des scarab&#233;es ? Les seuls insectes qui r&#233;sistent aux radiations d'Areva ?&lt;/i&gt; &#187; Derri&#232;re l'anecdote, c'est tout ce plaisir de faire de la radio en direct, en ext&#233;rieur : tout peut arriver du plus cocasse au plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette radio, c'est un vrai &lt;i&gt;melting pot&lt;/i&gt; maintenant, avec des gens tr&#232;s divers, des opinions politiques tr&#232;s diff&#233;rentes. C'est pour &#231;a qu'il n'y a jamais eu de ligne bien pos&#233;e ! Toujours en d&#233;rapage, plus ou moins bien contr&#244;l&#233;. C'est g&#233;nial ! Mais c'est aussi &#233;puisant ! C'est pourquoi, maintenant, Radio Debout ne va plus &#233;mettre que du jeudi au dimanche soir. C'est une exp&#233;rience tellement intense ! Dans mon cas, par exemple, le fait d'&#234;tre entre Lyon et Paris, c'&#233;tait &#224; la fois une tristesse chaque fois que je repartais, mais aussi une sorte de protection, de mise &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et au-del&#224; de l'&#233;mission en tant que telle, qu'est-ce qu'une exp&#233;rience comme Radio Debout produit chez ceux et celles qui la produisent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ben, tu vois, c'est comme le mouvement social&#8230; Comme tout mouvement social ! Ce genre de moment dans ta vie o&#249; tu d&#233;couvres plein de choses, tu tisses des liens nouveaux, tu apprends de nouvelles techniques&#8230; En ce qui concerne plus sp&#233;cifiquement Radio Debout, on peut dire d&#233;j&#224; que pas mal de gens ont acquis des savoir-faire. Quoi qu'il arrive par la suite, s'il faut monter une radio ind&#233;pendante pour la prise d'une place publique, ils pourront le refaire hyper rapidement et tr&#232;s efficacement. D'autres veulent continuer &#224; se former ou pensent rejoindre les &#233;quipes des radios locales et libres, comme on en voit &#224; Radio Canut. Et m&#234;me &#224; Radio France ! Tu sais, il y a des techniciens de Radio France qui ont pris le micro pour la premi&#232;re fois pour Radio Debout, et inversement, des journalistes radios qui se sont frott&#233;s aux questions techniques&#8230; Tout cela ouvre des perspectives pour chacun ! C'est un collectif qui se renforce en partageant les t&#226;ches, en se rencontrant dans le faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Prix Nobel de la radio depuis 2013, M&#233;gacombi s'&#233;coute tous les mercredis &#224; 18h sur Radio Canut, 102.2 &#224; Lyon, pour les Marseillais sur Radio Grenouille le jeudi &#224; 17h30 ou sur le web &#224; &lt;a href=&#034;http://audioblog.arteradio.com/blog/3012947/megacombi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cette adresse&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Debout partout</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Ceci n'est pas un exercice &#187; Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016. &#171; Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en arri&#232;re-plan, beaucoup partagent la m&#234;me d&#233;sillusion : comment a-t-on pu voter PS ? Et face &#224; la proposition carri&#233;riste de devenir fakir &#224; la place du fakir des plus &#171; progressistes &#187; (Front de Gauche, Podemos, Syriza, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eneko" rel="tag"&gt;Eneko&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thema" rel="tag"&gt;Thema&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/crise" rel="tag"&gt;crise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/systeme" rel="tag"&gt;syst&#232;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/places" rel="tag"&gt;places&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestations" rel="tag"&gt;manifestations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nuits" rel="tag"&gt;Nuits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestations-d-avril" rel="tag"&gt;manifestations d'avril&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ceci n'est pas un exercice &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-574-04ea8.jpg?1768649170' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en arri&#232;re-plan, beaucoup partagent la m&#234;me d&#233;sillusion : comment a-t-on pu voter PS ? Et face &#224; la proposition carri&#233;riste de devenir fakir &#224; la place du fakir des plus &#171; progressistes &#187; (Front de Gauche, Podemos, Syriza, etc.), on ne sent plus que la d&#233;composition de la verticalit&#233;, de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et de la personnalisation du pouvoir. Le d&#233;ferlement des violences polici&#232;res, l'ultralib&#233;ralisme et la malhonn&#234;tet&#233; des &#171; socialistes &#187; ont tellement d&#233;charn&#233; les mots politiques de leur sens, qu'il ne reste plus qu'&#224; tout inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous pensiez vraiment qu'on resterait sur Twitter&lt;/i&gt; &#187;, lisait-on sur des banderoles lyc&#233;ennes de Bourg-en-Bresse. Ce sont les plus jeunes, celles et ceux qu'on croyait r&#233;sign&#233;.e.s &#224; la vie 2.0 et la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui ont su les premiers d&#233;border le syndicalisme &#224; papa sur sa gauche pour enflammer la rue. Dans cette br&#232;che de jouvence se sont engouffr&#233;s les intermittents, la base syndicale (postiers, femmes de m&#233;nage, restauration, etc.) et toute une frange qu'on pensait endormie ou accabl&#233;e par les r&#233;cents conflits int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs : les non organis&#233;.e.s, freelances, stagiaires, auto-entrepreneur.se.s, non syndiqu&#233;.e.s, &#233;tudiant.e.s pauvres, etc. Bref, le pr&#233;cariat qui a su prendre les places en une constellation incertaine de Nuits Debouts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un jour de mai 2016, donc. (Note du webmaster en gr&#232;ve.)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, 180 villes en France et 15 pays dans le monde ont embo&#238;t&#233; le pas de la place de la R&#233;publique parisienne, avant le Global Debout pr&#233;vu le 15 mai, date anniversaire de l'occupation de la Puerta del Sol qui, &#224; partir du constat que les politiciens ne nous repr&#233;sentent pas, avait permis d'organiser de puissants combats contre la crise du logement et les politiques d'aust&#233;rit&#233; de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Que revive la Commune&lt;/i&gt; &#187;, ce tag tr&#244;ne depuis les d&#233;buts du mouvement sur la bouche de m&#233;tro de la place de la R&#233;publique, et nomme un d&#233;sir qui s'affine et se socialise. Le chemin sera long, mais &#224; travers l'organisation autonome de groupes d'action, l'appui aux r&#233;fugi&#233;.e.s, la place r&#233;affirm&#233;e des femmes ou des quartiers populaires, ce sont des valeurs de solidarit&#233; qui reviennent en force. Sur les places, la parole a &#233;t&#233; prise. Sans &#233;vidence : au milieu des revendications particuli&#232;res et des mises en commun, &#233;mergent des maladresses, des d&#233;saccords, des conflits m&#234;me. Quoi de plus logique quand les murs des chapelles militantes se fissurent ? Au final, les occupations de l'espace public s'ajoutent aux manifestations, ZAD, actions directes, entraides de quartier, repaires associatifs et autres outils de lutte pour fabriquer un monde d&#233;barrass&#233; du capitalisme. &#192; la suite des attentats de 2015, politiciens, journalistes et animateurs nous exhortaient &#224; retourner le plus vite possible &#224; la vie normale. Rat&#233;. Apr&#232;s ce beau mois de mars, nous serons beaucoup &#224; ne plus retourner ni &#224; la normale, ni &#224; l'&#233;tat d'exception. Contre leurs guerres, leurs profits et leur tristesse, continuons de scander : &#171; &lt;i&gt;On est nombreux, on fait ce qu'on veut ! &lt;/i&gt; &#187;
*Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sommaire :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rennes : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Rennes-La-bataille-du-centre-ville&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La bataille du centre-ville&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lille : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Lille-Convergence-des-nuits&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Convergence des nuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille et la CGT : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-Un-Pastis-bien-noye&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un Pastis... bien noy&#233; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-Le-S-O-fait-son-chaud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le S.O. fait son chaud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuit Debout : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Nuit-Debout-le-mois-le-plus-long&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le mois le plus long&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aubervilliers, Place des F&#234;tes : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/A-l-aube-de-nouvelles-Nuits&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'aube de nouvelles Nuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyse : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-apprend-avec-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Tout le monde apprend avec la crise &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Un-degre-de-violence-rare&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un degr&#233; de violence rare &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Nuit-Debout-La-greve-c-est-relever&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La gr&#232;ve, c'est relever la t&#234;te &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/En-bref-mais-debout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En bref mais debout&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un jour de mai 2016, donc. (Note du webmaster en gr&#232;ve.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; l'aube de nouvelles Nuits</title>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


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&lt;p&gt;Non, la R&#233;publique n'est pas le centre du monde. Les banlieues et les quartiers se l&#232;vent aussi ! Reportage &#224; Aubervilliers en Seine-Saint-Denis&#8232;et sur la place des F&#234;tes, &#224; Paris, o&#249;, loin des grands m&#233;dias, on fait aussi sa Nuit Debout, m&#234;me avec peu de monde. Samedi 23 avril, 15h, Aubervilliers. &#171; Puisqu'on est pas nombreux, on pourrait se rapprocher et se passer de micro, peut-&#234;tre ? &#187; Pas la peine de proc&#233;der &#224; un vote, comme un seul homme, la petite trentaine de personnes pr&#233;sentes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aubervilliers" rel="tag"&gt;Aubervilliers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Non, la R&#233;publique n'est pas le centre du monde. Les banlieues et les quartiers se l&#232;vent aussi ! Reportage &#224; Aubervilliers en Seine-Saint-Denis&#8232;et sur la place des F&#234;tes, &#224; Paris, o&#249;, loin des grands m&#233;dias, on fait aussi sa Nuit Debout, m&#234;me avec peu de monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Samedi 23 avril, 15h, Aubervilliers. &#171; &lt;i&gt;Puisqu'on est pas nombreux, on pourrait se rapprocher et se passer de micro, peut-&#234;tre ?&lt;/i&gt; &#187; Pas la peine de proc&#233;der &#224; un vote, comme un seul homme, la petite trentaine de personnes pr&#233;sentes se resserrent dans un coin de la place de la Mairie. Cette apr&#232;s-midi-l&#224;, tout semble d&#233;sert&#233;, m&#234;me le man&#232;ge pour enfants. Un petit vent frais vient donner une touche presque hivernale &#224; ce second rassemblement d'Aubervilliers Debout, mais pas de quoi d&#233;courager la trentaine de courageux militants, travailleurs, profs, ch&#244;meurs ou &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-579-4894b.jpg?1768652424' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Martin Barzila&#239;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pr&#233;sents (de 6 &#224; 66 ans) semblent se conna&#238;tre, mais pas forc&#233;ment depuis longtemps. Il y a aussi quelques curieux, pas seulement blancs, qui resteront silencieux toute l'apr&#232;s-midi, mais &#233;couteront d'un air particuli&#232;rement studieux : deux femmes portant des voiles aux couleurs chatoyantes, avec leurs enfants qui s'amuseront dans la &#171; cr&#232;che autog&#233;r&#233;e &#187;, deux gars un peu en arri&#232;re, le regard grave, ou encore Sophie&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, jeune infirmi&#232;re r&#233;cemment install&#233;e &#224; Aubervilliers, &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s contente de participer &#224; cette r&#233;union&lt;/i&gt; &#187;. Comme &#224; Paris, comme partout, on prend les tours de parole et on essaie de respecter l'avis de chacun dans le temps imparti. Ce n'est pas toujours facile ! G&#233;rard a une furieuse envie de parler. Le m&#233;diateur : &#171; &lt;i&gt;Je t'inscris ?&lt;/i&gt; &#187; R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Non, non !&lt;/i&gt; &#187; Ce qui ne l'emp&#234;che pas de s'&#233;tendre un peu longuement sur l'histoire du syndicalisme en France et parle &#224; la place des autres : &#171; &lt;i&gt;Ici, on a tous vot&#233; Hollande et on est tous d&#233;&#231;us. Moi, je suis cheminot syndiqu&#233; CGT, et les Nuits Debout, je suis &#224; fond pour.&lt;/i&gt; &#187; Au moment de partir, il ira chaleureusement serrer la paluche de toutes les personnes pr&#233;sentes. Quelque chose de familial se d&#233;gage du rassemblement o&#249; se disent de belles et fortes choses, dont un attachement pour Aubervilliers et ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier d&#233;bat, sous des airs aust&#232;res et techniques, est en fait un point essentiel qui surgit lors de ces Nuits Debout en p&#233;riph&#233;rie de celle de R&#233;publique &#8211; celle qui passe &#224; la t&#233;l&#233;. Ici, on se demande s'il faut, pour la journ&#233;e de mobilisation nationale du 28 avril, faire une manif &#224; Aubervilliers, puis rejoindre celle de Saint-Denis, puis celle de Paris. Avec ou sans les syndicats ? On craint une &#171; r&lt;i&gt;&#233;cup&#233;ration par les syndicats&lt;/i&gt; &#187;, et aussi &#171; &lt;i&gt;d'&#234;tre assujettis &#224; Paris&lt;/i&gt; &#187;. En r&#233;alit&#233;, on se pose la question de la pertinence d'une d&#233;clinaison albertivillarienne, locale, de la Nuit Debout. Un type y va m&#234;me fort : &#171; &lt;i&gt;Ici, &#224; trois pel&#233;s et un tondu, on ne sert &#224; rien. C'est une mise en sc&#232;ne, le micro, les votes, les affiches... &#192; la limite du ridicule.&lt;/i&gt; &#187; D'ailleurs, il ne restera pas longtemps et n'aura pas la chance d'entendre la r&#233;ponse de C&#233;cile : &#171; &lt;i&gt;C'est pas grave d'&#234;tre ridicule. Il faut bien lancer le mouvement, la mise en sc&#232;ne, &#231;a sert aussi &#224; &#231;a. C'est l&#233;gitime d'&#234;tre ici, m&#234;me peu nombreux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre ambiance, mais m&#234;me question, &#224; la place des F&#234;tes, le soir m&#234;me. Dans ce quartier du 20e arrondissement de Paris, encore populaire, mais soumis &#224; la gentrification g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la capitale. Pourquoi faire une Nuit Debout de quartier ? &#171; &lt;i&gt;Pour &#234;tre plus proches. Pour &#234;tre dans des actions locales plus efficaces.&lt;/i&gt; &#187; Ici, les nuitdeboutistes se sont rassembl&#233;s &#224; une soixantaine dans la fontaine s&#232;che qui forme une ar&#232;ne toute trouv&#233;e. Pas de micro, mais de la soupe maison, du vin, du fromage et un vent glacial. Les tours de parole sont scrupuleusement respect&#233;s, les mots choisis, quelques r&#233;f&#233;rences &#224; tel penseur ou &#224; tel courant d'id&#233;es fusent ici et l&#224;. Studieux, concentr&#233;s, plus &#226;g&#233;s qu'&#224; Aubervilliers&#8230; Quelques visages familiers du mouvement anti-CPE de 2006. Sara : &#171; &lt;i&gt;Si on part sur des grands d&#233;bats comme la la&#239;cit&#233;, les religions, la constitution, tout &#231;a, on va s'engueuler. On est l&#224; parce qu'on partage un sentiment de r&#233;volte et l'envie de faire des choses localement.&lt;/i&gt; &#187; On constate que pour chaque proposition d'action, il faudrait proposer aussi des rendez-vous pour les mettre en place. Khader, emmitoufl&#233; sous sa capuche et grelottant de fi&#232;vre, explique sommairement comment communiquer sur le Web et se propose pour mettre en place des outils : blog, mailing-list... Sara propose une &#171; gratuiteriat &#187; (proposer gratuitement des biens dont on n'a plus besoin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'Aubervilliers &#224; la place des F&#234;tes, la question r&#233;currente est celle de savoir comment faire en sorte que les habitants du coin s'en m&#234;lent, les jeunes, les familles, les travailleurs et ceux qui gal&#232;rent. Un doute commun : est-on l&#233;gitime ? Les deux assembl&#233;es se trouvent &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; trop blanches, trop intellos, trop classe moyenne, trop masculines. Aubervilliers, 80 000 habitants, est l'une des villes les plus pauvres de la r&#233;gion la plus riche de France. &#171; &lt;i&gt;Il faut qu'on s'interroge sur la repr&#233;sentativit&#233; des gens qui sont l&#224;. On ne ressemble pas vraiment aux habitants d'Aubervilliers.&lt;/i&gt; &#187; Le petit groupe semble pourtant plut&#244;t diversifi&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien plus diversifi&#233; que sur le panneau de la RATP qui annonce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, d'origine comme de genre. Amine n'en d&#233;mord pas : &#171; &lt;i&gt;Les habitants, les jeunes, il faut aller vers eux, les informer, sans l&#226;cher.&lt;/i&gt; &#187; Mais pour H&#233;lo : &#171; &lt;i&gt;Les habitants des quartiers, ils sont d&#233;j&#224; dans l'extr&#234;me pr&#233;carit&#233;, dans des vraies gal&#232;res de survie. Alors, la Loi Travail, &#231;a ne leur parle pas du tout !&lt;/i&gt; &#187; On cause violences polici&#232;res, que les jeunes d'ici vivent au quotidien sans que personne n'en parle, alors que celles que subissent les lyc&#233;ens de Paris font le tour des m&#233;dias. H&#233;lo, encore : &#171; &lt;i&gt;Ce matin, au march&#233;, je tractais en disant &#8220;Mobilisation contre la Loi Travail&#8221;, et personne ne prenait mon tract. Puis j'ai vu que C&#233;cile disait : &#8220;Aubervilliers Debout&#8221;, et que les gens lui prenaient les tracts. Parce que la Nuit Debout, ils connaissent, &#231;a passe &#224; la t&#233;l&#233;, &#231;a les int&#233;resse m&#234;me plus que la loi Travail. Alors, peut-&#234;tre qu'il ne sont pas l&#224; aujourd'hui, mais l'id&#233;e fait son chemin.&lt;/i&gt; &#187; Francis : &#171; &lt;i&gt;On esp&#233;rait que, l'apr&#232;s-midi, les familles viendraient plus. Mais de toute fa&#231;on, on se doutait qu'on serait pas nombreux aujourd'hui. Je crois que le plus important, c'est d'&#234;tre l&#224;, chaque semaine. Les gens passent, ils nous voient, ils s'approchent. La semaine prochaine, on sera plus.&lt;/i&gt; &#187; &#192; ce moment-l&#224;, un mariage sort de la mairie sous les youyous et fr&#244;le la petite assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place des F&#234;tes, Lucas propose d'aller inviter les sans-papiers d'un foyer voisin pour faire un potager sur la place. D'autres pr&#233;conisent d'aller tracter lors du march&#233;, d'aller causer avec les habitants des tours qui bordent la place&#8230; Une jeune femme fait tout de m&#234;me remarquer qu'il &#171; &lt;i&gt;n'est pas possible de savoir qui est pr&#233;caire et qui ne l'est pas. On ne peut pas en juger simplement sur l'apparence des gens. Moi, aux Nuits Debout de R&#233;publique, je suis bien incapable de juger qui est dans la gal&#232;re ou non, pourtant on entend souvent que c'est un rassemblement de bobos. C'est pas la question ! Si on est l&#224;, c'est qu'on a quelque chose &#224; y faire.&lt;/i&gt; &#187; &#192; Aubervilliers, Francis, jeune homme aux longues &lt;i&gt;dreads&lt;/i&gt; rousses, pouvant passer pour un de ces bobos honnis, explique que depuis qu'il a &#233;t&#233; vir&#233; de chez Picard parce qu'il voulait aller pisser, il n'est plus certain de pouvoir payer son loyer : &#171; &lt;i&gt;Je suis pas s&#251;r de ne pas me retrouver &#224; la rue le mois prochain.&lt;/i&gt; &#187; Oui, est l&#233;gitime celui ou celle qui vient. &#171; &lt;i&gt; Mais si les Nuits Debout avaient exist&#233; quand je me suis fait virer, il y a deux ans, peut-&#234;tre qu'on aurait pu faire quelque chose ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'Aubervilliers &#224; Paris 20e, l'inqui&#233;tude &#233;tait palpable quant &#224; l'avenir du mouvement. Une ombre d&#233;sign&#233;e avec quasiment les m&#234;mes mots : &#171; &lt;i&gt;Bon, ce mouvement, on a vu ce que &#231;a pouvait donner en Espagne et en Gr&#232;ce, et &#231;a a d&#233;bouch&#233; sur des partis politiques. C'est s&#251;r que ce n'est pas ce qu'on veut...&lt;/i&gt; &#187; Oubliant toute d&#233;ontologie et devoir de r&#233;serve (qu'il n'a jamais eu), le reporter de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; prend la parole sur la place des F&#234;tes, pour rappeler que le mouvement 15-M et les Indignados&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le dossier de CQFD no137 &#171; Le pari municipaliste &#187;, par Bruno Le Dantec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; avaient accouch&#233; de bien d'autres choses que Podemos. Julien : &#171; &lt;i&gt;Ce qui est vraiment fort comme action, et surtout localement, c'est l'organisation de groupes de d&#233;fense. Qu'un de vos voisins se fasse expulser, un coup de fil, et il y a 50 personnes motiv&#233;es qui viennent pour le d&#233;fendre. Pareil pour des questions de boulots, de papiers. Puisqu'on parle de construire quelque chose qui dure et qui int&#233;resse vraiment et concr&#232;tement les gens d'ici..&lt;/i&gt;. &#187; Les mains se l&#232;vent et gigotent. Emport&#233; par l'&#233;motion, le petit gars de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'applaudit lui-m&#234;me, ce qui fait rire l'AG. C'est vrai que ce n'est pas grave d'&#234;tre ridicule&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Breaking News : Aubervilliers Debout a d&#233;cid&#233;, lors de l'AG du 30 avril, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Certains pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bien plus diversifi&#233; que sur le panneau de la RATP qui annonce triomphalement l'arriv&#233;e du m&#233;tro &#224; la mairie d'Aubervilliers : dans un Photoshop immonde, digne d'un enfant de 12 ans, on ne voit que des Blancs de moins de 30 piges, riant, &#224; v&#233;lo ou au t&#233;l&#233;phone&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le dossier de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; no137 &#171; Le pari municipaliste &#187;, par Bruno Le Dantec et Ferdinand Cazalis, &#224; t&#233;l&#233;charger librement &lt;a href=&#034;https://cqfd-journal.org/Au-dela-de-Podemos-le-pari&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Breaking News : Aubervilliers Debout a d&#233;cid&#233;, lors de l'AG du 30 avril, de soutenir les habitants menac&#233;s d'expulsion, comme c'est d&#233;j&#224; le cas pour Sophie et S&#233;bastien. &#192; suivre....&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nuit Debout : le mois le plus long</title>
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		<dc:date>2018-04-11T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yann Levy</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;Plusieurs nuits se superposent &#224; la Nuit Debout parisienne, qui a d&#233;but&#233; un 32 mars pour ne plus finir. Une somme de singularit&#233;s et de rencontres qu'on ne peut r&#233;sumer ni figer. Voici donc quelques-unes de ces lunes, sans pr&#233;cision de calendrier, sans pr&#233;tention d'&#233;clairage, sans possibilit&#233; de mettre &#224; jour. Un humble rappel des r&#233;veils souriants, parsem&#233; d'oublis obscurs. &#171; Au contraire de l'ordre cosmique, il y a en histoire des jours qui ne se l&#232;vent pas. Pour se montrer, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/commission" rel="tag"&gt;commission&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs nuits se superposent &#224; la Nuit Debout parisienne, qui a d&#233;but&#233; un 32 mars&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la mani&#232;re du calendrier r&#233;volutionnaire cr&#233;&#233; en 1793, les dates ont &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour ne plus finir. Une somme de singularit&#233;s et de rencontres qu'on ne peut r&#233;sumer ni figer. Voici donc quelques-unes de ces lunes, sans pr&#233;cision de calendrier, sans pr&#233;tention d'&#233;clairage, sans possibilit&#233; de mettre &#224; jour. Un humble rappel des r&#233;veils souriants, parsem&#233; d'oublis obscurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Au contraire de l'ordre cosmique, il y a en histoire
des jours qui ne se l&#232;vent pas. Pour se montrer,
des nouveaut&#233;s se d&#233;guisent, qu'&#233;touffera peut-&#234;tre
leur habit d'emprunt, celui d'hier. Ce moment fragile
est &#233;galement celui de la d&#233;cision humaine,
qui va trier entre les destins possibles. &#192; cet instant
qui laisse entrevoir une mutation, correspond la trace
de quelques mots qui, dans l'entreb&#226;illement
d'un syst&#232;me, annoncent la couleur d'une autre culture, avec une prise de parole d'un type diff&#233;rent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Michel de Certeau, &#171; Le pouvoir de parler &#187;, 1968.&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1691 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-13-bf757.jpg?1768649888' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann L&#233;vy.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit sans r&#234;ve &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est d'abord sid&#233;r&#233;. Parce qu'on a d'autres marmites sur le feu, parce qu'on se souvient des pr&#233;c&#233;dents et qu'on ne sait jamais si &#231;a va prendre, avant que &#231;a prenne. On ne plonge pas tout de suite, donc, on go&#251;te l'eau du bout des orteils. Faut dire qu'on a l'&#233;trange sensation de nager en mer ennemie, place de la R&#233;publique. Dans ce mod&#232;le de non-lieu haussmannien o&#249; fume encore l'&#233;cume des chefs d'&#201;tat d&#233;filant apr&#232;s les attentats. On regarde ceux qui viennent se recueillir pour les victimes, par exemple cette dame en manteau chic balayant autour des bougies comm&#233;moratives. Au-dessus d'elle, la statue stratifi&#233;e d'histoire, entre envol&#233;es &#233;thyliques et cris de r&#233;volte. &#192; c&#244;t&#233; des inscriptions en hommage &#224; &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt; ou aux morts du Bataclan, on peut lire : &#171; &lt;i&gt;Mangeons du riche&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#192; bas l'&#201;tat, les flics et l'Unef&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Solidarit&#233; avec les r&#233;fugi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Ces strates l'annoncent mieux qu'un long discours : la s&#233;quence a chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, on ne sait par quel fil tirer cette Nuit Debout dont tout le monde parle. On pense Occupy, la Place Tahrir, le 15-M et la Puerta del Sol. Ce qui semblait inimaginable il y a encore un mois serait-il en train d'arriver ? En plein &#233;tat d'urgence, alors que la droite r&#233;ac avait trust&#233; les derni&#232;res grandes manifestations via la Manif pour tous, alors que les ann&#233;es d'hiver ronflaient l'unique climat de nos aspirations politiques, alors qu'on y croyait moins que jamais, il y aurait des gens dans cette irrespirable capitale pr&#234;ts &#224; occuper une place et &#224; rouvrir les fen&#234;tres du printemps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit tombe et les stands s'installent : une librairie libertaire, une cantine de soutien, des &#233;conomistes de gauche, une table pour les &#233;cologistes, une autre pour les sans-papiers et la tente du Droit au logement (DAL) qui a d&#233;pos&#233; en pr&#233;fecture l'autorisation d'occupation de la place. On entend les merguez cr&#233;piter autour des canettes de bi&#232;re d&#233;capsul&#233;es. C'est sympa, mais... &#224; la sid&#233;ration succ&#232;de la m&#233;fiance : la Nuit Debout serait-elle une F&#234;te de l'Huma rejou&#233;e ? Un exutoire &#224; vide ? Sur une moiti&#233; de l'immense dalle, &#231;a danse, titube, festoie. Punks &#224; chiens, teufeurs, clodos du coin, zonards &#224; 8.6, lyc&#233;en.ne.s, foutus joueurs de djemb&#233; et &lt;i&gt;sound system&lt;/i&gt;. Une petite charrette abrite le DJ. En sous-titre, griffonn&#233; au marqueur : &#171; &lt;i&gt;Rien n'arr&#234;te un peuple qui danse.&lt;/i&gt; &#187; Ok pour la danse, Emma, mais o&#249; est la r&#233;volution&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'anarchiste russe Emma Goldman (1869-1940) eut un jour cette grande phrase (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre sur l'autre moiti&#233; de la place. On se fraie un chemin &#224; travers la foule. Un demi-cercle debout cache une mar&#233;e assise. Face &#224; l'estrade et aux haut-parleurs, les mains lev&#233;es roulent des vagues cod&#233;es : on reconna&#238;t les m&#233;thodes de d&#233;bat d&#233;j&#224; aper&#231;ues dans les assembl&#233;es espagnoles d'apr&#232;s 2011 ou les sommets altermondialistes post-Seattle &#8211; une main agit&#233;e en approbation, les bras crois&#233;s en l'air pour une opposition radicale, le pouce et l'index en va-et-vient pour une r&#233;ponse directe, etc. Autant de mani&#232;res de s'exprimer sans hu&#233;es, bravos ni interruptions de la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit d'&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fait frisquet ce soir-l&#224;, on est soudain r&#233;chauff&#233;, assis au milieu d'inconnu.e.s, &#233;coutant les &#233;nergiques prises de parole qui s'encha&#238;nent. &#199;a h&#233;site, mais &#231;a proclame. Des gens d&#233;ballent en tremblant des petits papiers, d'autres se font lyriques, &#233;clatent, rient. Pas un pareil. Mais tous &#233;cout&#233;s. Parfois absurdes, souvent marquantes, toujours risqu&#233;es, une succession de premi&#232;res fois entrecoup&#233;es de discours plus professionnels. Collectifs de migrants, tranches de vie, l'ex-ministre grec Varoufakis, slameurs au rabais, anciens &#224; la p&#233;roraison d&#233;su&#232;te, jeunes des cit&#233;s ou membres de ces commissions qui se sont cr&#233;&#233;es &#224; mesure des nuits. C'est au tour de la commission &#171; F&#233;minisme &#187; : &#171; &lt;i&gt;On n'arr&#234;te pas de se faire tripoter. Comment faire pour que les filles se sentent &#224; l'aise ici ? Pour qu'il y ait de l'attention pass&#233; 22h, de ce c&#244;t&#233; de la place comme de l'autre ? On doit toutes et tous s'organiser pour que Nuit Debout reste accueillante ! Celles qui veulent en parler peuvent me rejoindre derri&#232;re l'estrade, et on ira se poser quelque part.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dizaine de femmes traversent les flots de l'assembl&#233;e pour la rejoindre. Une annonce des mod&#233;rateurs interrompt la sc&#232;ne : &#171; &lt;i&gt; Des musiciens sont bloqu&#233;s par la police de l'autre c&#244;t&#233; de la place.&lt;/i&gt; &#187; L'AG se vide en un rien de temps pour aller mettre la pression aux flics. Dix minutes plus tard : tout le monde est de retour. &#192; m&#234;me le sol, on entend le ressac de celles et ceux qui &#233;coutent l'AG reprendre : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait du bien de se parler &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; On attendait quoi, jusqu'ici ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 13h le lendemain, les nuages laissent enfin passer quelques rayons. Diss&#233;min&#233;s entre les barnums et autres tentes en cours de montage, de petits cercles se forment lentement. Au centre de chacun, un carton annon&#231;ant le th&#232;me abord&#233;. Il y a les commissions : &#171; Libert&#233; d'expression &#187;, &#171; LGBT &#187; ou &#171; Infirmerie &#187;. Et les discussions &#171; officieuses &#187; : &#171; Antisp&#233;cisme &#187;, &#171; Prenons le maquis &#187; ou &#171; Comment ne pas devenir un parti &#187;. On s'assied autour de &#171; Violences polici&#232;res et contr&#244;les au faci&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un moment d'&#233;ducation populaire sur l'&#233;tat du droit, vient le d&#233;bat. Abdallah, vieil homme &#224; fine barbe blanche, a du mal &#224; attendre son tour de parole tant il tr&#233;pigne. &#171; &lt;i&gt; J'appelle les personnes &#226;g&#233;es comme moi &#224; s'interposer entre les policiers et nos enfants ou petits-enfants pour leur &#233;viter les contr&#244;les. Arr&#234;tons d'avoir peur ! &lt;/i&gt; &#187; Vient le tour d'un trentenaire remont&#233; : &#171; &lt;i&gt; &#202;tre contr&#244;l&#233; quatre fois par jour, bras et jambes &#233;cart&#233;s contre le mur, on ne peut pas dire que &#231;a renforce le sentiment d'appartenance &#224; la soci&#233;t&#233;. Et quand on refuse de sortir ses papiers, on se fait embarquer ! Comment s'en sortir si on finit humili&#233; quoi qu'il arrive ? Et prenez un peu mon point de vue, hein, pas le v&#244;tre&lt;/i&gt; &#187;, lance-t-il &#224; une juge, membre du Syndicat de la magistrature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre cercle, un sans-papiers interpelle &#8211; &#231;a tombe bien &#8211; la commission &#171; Sans-papiers &#187;, compos&#233;e ce jour d'une dizaine de personnes. Brouillon, il postillonne, tout col&#232;re. Non loin, deux punks l'apostrophent : &#171; &lt;i&gt;Du calme, faut parler normalement ! &lt;/i&gt; &#187; L'autre s'emporte : &#171; &lt;i&gt;Mais vous comprenez rien, vous !&lt;/i&gt; &#187; Et de partir en seigneur. Rencontre loup&#233;e. Parfois, &#231;a ne prend pas. Parfois, si. &#192; l'&#233;cart du tumulte, une femme porte une pancarte indiquant qu'elle est sp&#233;cialiste de &#171; Zorro et la Californie du d&#233;but du XXe si&#232;cle &#187;, sujet auquel elle a consacr&#233; sa th&#232;se. Un geek p&#226;lichon la rejoint et le dialogue s'instaure, bancal et absurde. Lui &#233;voque les jeux vid&#233;os, elle lui r&#233;pond en parlant de Bernardo. Ces deux-l&#224; ont besoin de parler. Aussi simple que &#231;a. Tr&#232;s vite, il raconte sa d&#233;scolarisation, la bouff&#233;e d'air frais qu'est ce mouvement. Pour un peu, il en pleurerait. Juste derri&#232;re, un micro se met &#224; cracher : &#171; &lt;i&gt;Rapha&#235;l va nous parler de son exp&#233;rience au Rojava.&lt;/i&gt; &#187; Un grand blond s'avance, blafard, queue de cheval en bandouli&#232;re. Il raconte les h&#244;pitaux de Koban&#233;, la lutte l&#224;-bas contre Daech, le bordel inf&#226;me de la g&#233;opolitique, les combattants kurdes et leur bravoure. Ils sont des dizaines &#224; l'&#233;couter, passionn&#233;s. Et cela continue ainsi toute la journ&#233;e, petites et grandes causes se m&#234;lant, entre le message personnel et le revigorant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une dizaine de nuits et de jours &#224; fouler la dalle, une chose est s&#251;re : n'en d&#233;plaise aux grincheux, ce qui se passe ici n'est pas un rassemblement de &#171; bobos &#187;. Rien n'est idyllique, mais tout ou presque se tente et s'exp&#233;rimente, avec la maladresse et parfois la chance des d&#233;butant.e.s, pr&#233;caires pour la plupart. Bref, &#231;a s'active. Sur le contour de la place, des ateliers sont en cours : &#171; Jardinage &#187;, avec un &#233;change d'exp&#233;riences sur les semis ; &#171; Genre et Sexualit&#233; &#187; &#8211; qui passe plus de temps &#224; expliquer le concept de non-mixit&#233; aux mecs agglutin&#233;s qu'&#224; discuter des sujets pr&#233;vus &#8211; ; ou bien encore &#171; Mobilier mobile &#187; qui fabrique bancs et tables &#224; roulettes avec des palettes d&#233;coup&#233;es et polies, puis repeintes. Des d&#233;buts debout.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1692 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-14-a5cd7.jpg?1768680323' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Ferdiand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit blanche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre soir, autre AG. &#192; l'ordre du jour, un sujet clivant : les &#171; violences &#187; lors des manifestations contre la loi Travail. M&#233;dias et politiques ont somm&#233; Nuit Debout de se positionner sur le sujet, si bien que la commission &#171; Communication &#187; a &#233;t&#233; charg&#233;e de r&#233;diger un texte. Apr&#232;s d&#233;bats et vote, la deuxi&#232;me mouture est une nouvelle fois refus&#233;e par l'AG : trop ambigu&#235;. La majorit&#233; des assembl&#233;.e.s du soir refusent que Nuit Debout condamne publiquement les bris de vitrines de banques ou les strat&#233;gies de d&#233;fense des manifestant.e.s face aux violences polici&#232;res. Le rapporteur de la commission s'emporte : &#171; &lt;i&gt;Cela fait 48h qu'on bosse sur ce texte&lt;/i&gt;, explique-t-il, &lt;i&gt;on est claqu&#233;.e.s !&lt;/i&gt; &#187; Il invite celles et ceux qui critiquent &#224; se r&#233;unir pour replancher sur la question. Rebelote : plus d'une cinquantaine argumentent et contre-argumentent pendant trois intenses heures. Bilan : Nuit Debout n'a pas &#224; condamner quoi que ce soit, et, plus important encore, Nuit Debout n'a pas &#224; prendre de position officielle sur de tels sujets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de repr&#233;sentant.e.s, pas de communiqu&#233;s, pas de soumission aux logiques des m&#233;dias, voil&#224; qui donne de l'air au mouvement. La place reste un espace de rencontres, d'avis divergents, d'exp&#233;riences in&#233;gales ou de strat&#233;gies compl&#233;mentaires. Le rejet de l'ancien monde passe par ce refus de s'aligner sur ses logiques, et les actions autant que les discours s'&#233;laborent au fil des discussions contradictoires. Le mouvement n'oublie pourtant jamais d'o&#249; il vient, ni ses pr&#233;requis politiques &#8211; en AG, en commissions ou... &#224; l'occasion d'une rencontre inopin&#233;e avec des taxis venus soutenir l'occupation de la place apr&#232;s leur service. &#171; &lt;i&gt;La pr&#233;carisation touche tout le monde, on le voit bien avec l'ub&#233;risation de notre m&#233;tier. On doit tous se battre contre la loi Travail. On vous aidera, nous les anciens : elle ne passera pas&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che Milan, chauffeur artisan, ancien l&#233;gionnaire aujourd'hui s&#233;duit par d'autres combats. Si les quelques personnes encore pr&#233;sentes &#224; cette heure tardive sont ravies d'une telle base commune, la nuit sera longue pour s'accorder sur des questions &#233;pineuses. Les ch&#244;meurs se voient ainsi qualifier d'&#171; &lt;i&gt;assist&#233;s&lt;/i&gt; &#187; par certains, et les engueulades reprennent. Une &#233;tape n&#233;cessaire : se confrontent ici ceux qui s'ignorent ou se m&#233;prisent d'ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit de pleine lune&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224;, apr&#232;s la sid&#233;ration, la m&#233;fiance, la curiosit&#233; et l'entrain, aux confins de la nuit, les yeux pliss&#233;s par les nuages des lacrymos et le manque de sommeil, qu'on a envie d'y voir plus clair. O&#249; la nuit a-t-elle commenc&#233; et comment tient-elle debout ? Qui d&#233;cide de mener telle ou telle action, de mettre tel ou tel d&#233;bat &#224; l'ordre du jour ? On sait bien que les figures de Fran&#231;ois Ruffin et Fr&#233;d&#233;ric Lordon ont men&#233; l'initiative d'occuper la place, un 31 mars, mais on ne les voit pas dans les parages. Et &#231;a bouillonne trop pour qu'on puisse croire qu'ils tirent les ficelles dans l'ombre des platanes. Alors on se demande : comment s'organisent les AG du soir, pivots de chaque Nuit Debout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premiers jours, on y votait les actions &#224; mener collectivement, les solidarit&#233;s &#224; organiser apr&#232;s un t&#233;moignage, les am&#233;nagements de la place, les questionnements &#224; mener ensemble. Puis il a &#233;t&#233; vot&#233; de ne plus voter. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait trop &#224; l'emporte-pi&#232;ce, sur l'instant, avec les gens qui viennent le soir pour assister au spectacle,&lt;/i&gt; explique G&#233;rard, quinqua anar au bonnet noir investi dans la commission &#8220;Action&#8221;. &lt;i&gt;Il faut du temps de r&#233;flexion et suivre un peu ce qu'il se passe pour voter, sinon, c'est la d&#233;mocratie des touristes, des grandes gueules et des militants professionnels. &lt;/i&gt; &#187; On demande toujours aux pr&#233;sents de lever la main, mais la consultation a remplac&#233; la d&#233;cision. Ce qui n'a rien r&#233;solu, puisqu'un vote massif continue de servir &#224; celles et ceux qui le souhaitent pour justifier l'approbation populaire. Dans le m&#234;me temps, les &#233;nergies se sont concentr&#233;es dans les commissions, o&#249; les votes continuent &#224; d&#233;boucher sur des d&#233;cisions : textes, actions ou constructions. Si bien que les commissions ont d&#233;sert&#233; l'AG, qui s'est peu &#224; peu vid&#233;e de contenu politique pour devenir un open mic' au &lt;i&gt;beat&lt;/i&gt; certes social, mais rapidement lassant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un mois d'occupation, de pluies, de tensions et de violences polici&#232;res, c'est devenu le th&#232;me central de la commission &#171; D&#233;mocratie et Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#187; : comment faire vivre et relancer l'AG en perte de vitesse ? Parmi les participant.e.s, beaucoup suivent les &#233;v&#233;nements depuis le d&#233;part. On entre ici au royaume du Protocole, o&#249; chaque point est pes&#233; et repes&#233;, soumis au vote et &#224; l'expression de chacun. Apr&#232;s avoir palabr&#233; des heures sur la pertinence de cr&#233;er des sous-commissions cens&#233;es acc&#233;l&#233;rer les d&#233;bats, ou de rebaptiser la commission&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;mocratie sur la place &#187; l'emportera au vote.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, une habitu&#233;e s'emporte : &#171; &lt;i&gt;Je commence &#224; avoir peur de cette surench&#232;re de proc&#233;dures, qui cr&#233;e des sous-commissions de sous-commissions pour oublier et noyer les probl&#232;mes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de partie, une fiche circule pour qui souhaite prendre en charge la soir&#233;e. Le temps de l'AG se r&#233;partit en salves de trois tours de parole libre, puis trois tours de commission. Deux sessions : 18-21h et 21-23h. Plusieurs r&#244;les : mod&#233;rateur, facilitateur, preneur de parole, chronom&#232;tre (v&#233;rifier que les intervenant.e.s ne d&#233;passent pas les deux minutes de parole). Celles et ceux qui s'inscrivent ce soir le font pour la premi&#232;re fois, preuve que les d&#233;bats en AG ne sont pas verrouill&#233;s par une poign&#233;e d'aspirants politicards, comme le voudraient certaines rumeurs ou&#239;es sur la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nuit noire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1693 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH428/-15-b0449.jpg?1768680323' width='400' height='428' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Ferdiand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;On avance. De nouvelles grandes manifs approchent et la lutte contre la loi Travail &#171; et son monde &#187; doit continuer. Outre la commission &#171; Logistique &#187;, indispensable &#224; la r&#233;p&#233;tition des installations sur la place, les autres commissions particuli&#232;rement actives sont &#171; Action &#187;, &#171; Convergence des luttes &#187; et &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces trois commissions ont depuis fusionn&#233; sous le nom de &#171; Lutte Debout &#187;.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. C'est dans cette derni&#232;re qu'on finira nos nuits. Lors de la soir&#233;e intitul&#233;e &#171; L'&#233;tape d'apr&#232;s &#187;, &#224; la Bourse du Travail, l'&#233;quipe de &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt; avait &#233;mis la proposition d'une jonction entre le mouvement Nuit Debout et les organisations syndicales le 1er mai, sous la forme d'une soir&#233;e de meeting et de f&#234;te. Un texte, suivant les grandes lignes de la proposition de Fran&#231;ois Ruffin, a &#233;t&#233; rapidement adopt&#233; par la com' &#171; Convergences des luttes &#187;, et approuv&#233; en AG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup, n&#233;anmoins, tout cela va trop vite : sous pr&#233;texte d'efficacit&#233; et d'urgence, le plan de Ruffin a saut&#233; quelques &#233;tapes d&#233;mocratiques : on n'a pas discut&#233; des modalit&#233;s d'intervention des syndicats sur la place, jusqu'ici farouche aux &#233;tiquettes traditionnelles. La com' &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; prend alors en main une d&#233;marche de concertation avec travailleur.ses syndiqu&#233;.e.s ou non, partisan.e.s, militant.e.s, libertaires, simples passant.e.s, membres des commissions, etc. Premi&#232;re d&#233;cision collective : d&#233;placer la date de convergence au 28 avril/59 mars, jour annonc&#233; par certains secteurs en lutte pour une gr&#232;ve reconductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis viennent les d&#233;bats contradictoires. &#171; &lt;i&gt;Faut qu'on leur dicte nos r&#232;gles&lt;/i&gt;, dit un intervenant, &lt;i&gt;on ne va pas abandonner nos principes pour des leaders syndicaux.&lt;/i&gt; &#187; C'est au tour d'un fid&#232;le de la place : &#171; &lt;i&gt;Vous imaginez les syndicats d&#233;bouler avec leurs ballons et leurs drapeaux ? On a r&#233;ussi &#224; pr&#233;server Nuit Debout des couleurs partisanes, et vous allez tout foutre en l'air en voulant s&#233;duire les chefs de la CGT ou de FO ! C'est le d&#233;but de la fin ! &lt;/i&gt; &#187; Un vieux briscard reprend : &#171; &lt;i&gt;Sans syndicats, pas de manifs massives, pas de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! Ils ont besoin d'&#234;tre d&#233;bord&#233;s par la population, par nous, mais nous avons aussi besoin d'eux pour imposer le rapport de forces. Laissons-les venir sans leur imposer un dressing-code, et quand ils seront l&#224;, on leur dira ce qu'on en pense, de leurs montgolfi&#232;res !&lt;/i&gt; &#187; Un postier ajoute son grain de sel : &#171; &lt;i&gt;Arr&#234;tez de faire vos antisyndicalistes primaires ! Le syndicalisme, c'est d'abord du soutien et de l'entraide entre travailleurs exploit&#233;s. Et moi, par exemple, je me sens autant syndiqu&#233; que nuitdeboutiste ! &lt;/i&gt; &#187; Les tours de parole sautent, &#231;a s'&#233;chauffe. &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait trois jours qu'on dit qu'on ne veut pas de meeting&lt;/i&gt;, s'enflamme une institutrice en passe de perdre son sourire. &lt;i&gt;Oui pour inviter les syndicalistes, m&#234;me leurs leaders. Non pour casser tout ce qui se r&#233;invente ici. Vous ne nous volerez pas la place !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trois jours d'exp&#233;rimentation de d&#233;mocratie directe, un compromis est trouv&#233; : dans l'optique d'une solidarit&#233; entre &#233;tudiant.e.s, lyc&#233;en.ne.s, pr&#233;caires et travailleur.se.s en lutte, Nuit Debout invite les syndicats et leurs repr&#233;sentants &#224; discuter avec l'assembl&#233;e populaire &#8211; en fixant les m&#234;mes r&#232;gles pour tout le monde. Le 28, apr&#232;s la manif, les paroles se succ&#232;dent. D'abord la coordination lyc&#233;enne, ravie d'avoir son mouvement anti-CPE &#171; &lt;i&gt;en mieux&lt;/i&gt; &#187;, puis les &#233;tudiant.e.s : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;pression n'atteindra pas notre d&#233;termination ! Ce n'est pas la col&#232;re qui manque, mais une action commune ! &lt;/i&gt; &#187; Suivent des syndiqu&#233;.e.s de base comme l'Infocom CGT, clamant &#171; N&lt;i&gt;ous ne nous contenterons pas du retrait de cette loi ! Nous irons au-del&#224; &lt;/i&gt; &#187;, et des collectifs de pr&#233;caires venus de Montreuil, qui mettent les points sur les &#171; i &#187; : &#171; &lt;i&gt; Arr&#234;tons de d&#233;fendre le plein emploi pr&#233;caire ! Et d'assimiler le ch&#244;mage au mal. Ne pas travailler, c'est aussi avoir le temps de penser et de lutter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sc&#232;ne marquante : le &lt;i&gt;leader&lt;/i&gt; Philippe Martinez prend la parole apr&#232;s une d&#233;l&#233;gu&#233;e CNT, avec le m&#234;me temps de parole. Du jamais-vu. Il commence par un v&#339;u pieux : que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale cesse d'&#234;tre un simple slogan. Puis recule : elle ne pourra se d&#233;cider que dans chaque assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'entreprise en lutte. Une foule d'un millier de personnes scande alors &#171; &lt;i&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! &lt;/i&gt; &#187; &#224; ses oreilles. Et Fatima, ancienne de la CGT, de donner des le&#231;ons d'organisation &#224; un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral timide : &#171; &lt;i&gt;Non, monsieur Martinez, ce n'est pas juste en disant que chaque entreprise a le droit de d&#233;cider qu'on va y arriver. Si vous voulez que &#231;a bouge, il faudra &#233;couter ce qui vient de la base, encourager les assembl&#233;es quotidiennes, organiser des caisses de gr&#232;ve, et des moments comme celui-ci, o&#249; nous sommes toutes et tous au m&#234;me niveau.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nuit Debout, noire de monde, r&#233;ussit ce soir-l&#224; un pari inesp&#233;r&#233; : casser les murs des bourses du travail et des entreprises, agrandir la place de la R&#233;publique. Une lib&#233;ration de la parole qui appelle des actes. Ils existent : apr&#232;s le blocage de l'acc&#232;s au port de Gennevilliers par des &#233;tudiant.e.s et des syndiqu&#233;.e.s de base le matin m&#234;me, une grande partie de l'assembl&#233;e partait ce soir-l&#224; rejoindre les intermittents expuls&#233;s du th&#233;&#226;tre de l'Od&#233;on, tandis que des constructions en dur se fabriquaient au milieu de la place. Puis les matraques tomb&#232;rent avec une brutalit&#233; aveugle. Le lendemain, la solidarit&#233; avec les McDo, les postiers, les femmes de m&#233;nage, les migrant.e.s reprenait de plus belle. Quelle que soit l'issue de ce mouvement, il ne finira pas. Le mal est fait. Le mois de mars 2016 restera le plus long. Celui o&#249; l'on forgea un outil suppl&#233;mentaire, capable de casser plus durement, et de reb&#226;tir plus joyeusement. Mars ou cr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ferdinand Cazalis, avec le concours d'&#201;milien Bernard et d'une foule de nuits qui se reconna&#238;tront.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; la mani&#232;re du calendrier r&#233;volutionnaire cr&#233;&#233; en 1793, les dates ont &#233;t&#233; chang&#233;es &#224; partir du 31 mars et de l'occupation de la place pour qu'il n'y ait plus de mois d'avril. Le 28 avril est par exemple devenu le 59 mars, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'anarchiste russe Emma Goldman (1869-1940) eut un jour cette grande phrase : &#171; &lt;i&gt;Si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part &#224; votre r&#233;volution !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; D&#233;mocratie sur la place &#187; l'emportera au vote.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces trois commissions ont depuis fusionn&#233; sous le nom de &#171; Lutte Debout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Nuits debout, de la col&#232;re &#224; l'action</title>
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		<dc:date>2016-05-09T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq, L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans son num&#233;ro 143, actuellement en kiosque, CQFD consacre son dossier &#034;Debout partout&#034; au mouvement social en cours, sur huit pages. En voici l'introduction et un premier article, au sujet de l'aube des Nuits debout d'Aubervilliers et de Place des F&#234;tes &#224; Paris (20e). &#171; Ceci n'est pas un exercice &#187; &#171; Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eneko" rel="tag"&gt;Eneko&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aubervilliers" rel="tag"&gt;Aubervilliers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no143-special&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;num&#233;ro 143&lt;/a&gt;, actuellement en kiosque, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; consacre son dossier &#034;Debout partout&#034; au mouvement social en cours, sur huit pages. En voici l'introduction et un premier article, au sujet de l'aube des Nuits debout d'Aubervilliers et de Place des F&#234;tes &#224; Paris (20e).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Ceci n'est pas un exercice&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en arri&#232;re-plan, beaucoup partagent la m&#234;me d&#233;sillusion : comment a-t-on pu voter PS ? Et face &#224; la proposition carri&#233;riste de devenir fakir &#224; la place du fakir des plus &#171; progressistes &#187; (Front de Gauche, Podemos, Syriza, etc.), on ne sent plus que la d&#233;composition de la verticalit&#233;, de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et de la personnalisation du pouvoir. Le d&#233;ferlement des violences polici&#232;res, l'ultralib&#233;ralisme et la malhonn&#234;tet&#233; des &#171; socialistes &#187; ont tellement d&#233;charn&#233; les mots politiques de leur sens, qu'il ne reste plus qu'&#224; tout inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous pensiez vraiment qu'on resterait sur Twitter&lt;/i&gt; &#187;, lisait-on sur des banderoles lyc&#233;ennes de Bourg-en-Bresse. Ce sont les plus jeunes, celles et ceux qu'on croyait r&#233;sign&#233;.e.s &#224; la vie 2.0 et la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui ont su les premiers d&#233;border le syndicalisme &#224; papa sur sa gauche pour enflammer la rue. Dans cette br&#232;che de jouvence se sont engouffr&#233;s les intermittents, la base syndicale (postiers, femmes de m&#233;nage, restauration, etc.) et toute une frange qu'on pensait endormie ou accabl&#233;e par les r&#233;cents conflits int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs : les non organis&#233;.e.s, freelances, stagiaires, auto-entrepreneur.se.s, non syndiqu&#233;.e.s, &#233;tudiant.e.s pauvres, etc. Bref, le pr&#233;cariat qui a su prendre les places en une constellation incertaine de Nuits Debout. &#192; ce jour, 180 villes en France et 15 pays dans le monde ont embo&#238;t&#233; le pas de la place de la R&#233;publique parisienne, avant le Global Debout pr&#233;vu le 15 mai, date anniversaire de l'occupation de la Puerta del Sol qui, &#224; partir du constat que les politiciens ne nous repr&#233;sentent pas, avait permis d'organiser de puissants combats contre la crise du logement et les politiques d'aust&#233;rit&#233; de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Que revive la Commune&lt;/i&gt; &#187;, ce tag tr&#244;ne depuis les d&#233;buts du mouvement sur la bouche de m&#233;tro de la place de la R&#233;publique, et nomme un d&#233;sir qui s'affine et se socialise. Le chemin sera long, mais &#224; travers l'organisation autonome de groupes d'action, l'appui aux r&#233;fugi&#233;.e.s, la place r&#233;affirm&#233;e des femmes ou des quartiers populaires, ce sont des valeurs de solidarit&#233; qui reviennent en force. Sur les places, la parole a &#233;t&#233; &lt;i&gt;prise&lt;/i&gt;. Sans &#233;vidence : au milieu des revendications particuli&#232;res et des mises en commun, &#233;mergent des maladresses, des d&#233;saccords, des conflits m&#234;me. Quoi de plus logique quand les murs des chapelles militantes se fissurent ? Au final, les occupations de l'espace public s'ajoutent aux manifestations, ZAD, actions directes, entraides de quartier, repaires associatifs et autres outils de lutte pour fabriquer un monde d&#233;barrass&#233; du capitalisme. &#192; la suite des attentats de 2015, politiciens, journalistes et animateurs nous exhortaient &#224; retourner le plus vite possible &#224; la vie normale. Rat&#233;. Apr&#232;s ce beau mois de mars, nous serons beaucoup &#224; ne plus retourner ni &#224; la normale, ni &#224; l'&#233;tat d'exception. Contre leurs guerres, leurs profits et leur tristesse, continuons de scander : &#171; &lt;i&gt;On est nombreux, on fait ce qu'on veut !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1689 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-11-fe231.jpg?1768652001' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dessin r&#233;alis&#233; pour le 15-Mai espagnol en 2011 par le grand Eneko, et solidairement traduit pour ce num&#233;ro de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &amp; Nuit Debout.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La R&#233;daction &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; l'aube de nouvelles Nuits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non, la R&#233;publique n'est pas le centre du monde. Les banlieues et les quartiers se l&#232;vent aussi ! Reportage &#224; Aubervilliers en Seine-Saint-Denis&#8232;et sur la place des F&#234;tes, &#224; Paris, o&#249;, loin des grands m&#233;dias, on fait aussi sa Nuit Debout, m&#234;me avec peu de monde.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 23 avril, 15h, Aubervilliers. &#171; &lt;i&gt;Puisqu'on est pas nombreux, on pourrait se rapprocher et se passer de micro, peut-&#234;tre ?&lt;/i&gt; &#187; Pas la peine de proc&#233;der &#224; un vote, comme un seul homme, la petite trentaine de personnes pr&#233;sentes se resserrent dans un coin de la place de la Mairie. Cette apr&#232;s-midi-l&#224;, tout semble d&#233;sert&#233;, m&#234;me le man&#232;ge pour enfants. Un petit vent frais vient donner une touche presque hivernale &#224; ce second rassemblement d'Aubervilliers Debout, mais pas de quoi d&#233;courager la trentaine de courageux militants, travailleurs, profs, ch&#244;meurs ou &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pr&#233;sents (de 6 &#224; 66 ans) semblent se conna&#238;tre, mais pas forc&#233;ment depuis longtemps. Il y a aussi quelques curieux, pas seulement blancs, qui resteront silencieux toute l'apr&#232;s-midi, mais &#233;couteront d'un air particuli&#232;rement studieux : deux femmes portant des voiles aux couleurs chatoyantes, avec leurs enfants qui s'amuseront dans la &#171; cr&#232;che autog&#233;r&#233;e &#187;, deux gars un peu en arri&#232;re, le regard grave, ou encore Sophie&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, jeune infirmi&#232;re r&#233;cemment install&#233;e &#224; Aubervilliers, &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s contente de participer &#224; cette r&#233;union &lt;/i&gt; &#187;. Comme &#224; Paris, comme partout, on prend les tours de parole et on essaie de respecter l'avis de chacun dans le temps imparti. Ce n'est pas toujours facile ! G&#233;rard a une furieuse envie de parler. Le m&#233;diateur : &#171; &lt;i&gt; Je t'inscris ?&lt;/i&gt; &#187; R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Non, non ! &lt;/i&gt; &#187; Ce qui ne l'emp&#234;che pas de s'&#233;tendre un peu longuement sur l'histoire du syndicalisme en France et parle &#224; la place des autres : &#171; &lt;i&gt;Ici, on a tous vot&#233; Hollande et on est tous d&#233;&#231;us. Moi, je suis cheminot syndiqu&#233; CGT, et les Nuits Debout, je suis &#224; fond pour.&lt;/i&gt; &#187; Au moment de partir, il ira chaleureusement serrer la paluche de toutes les personnes pr&#233;sentes. Quelque chose de familial se d&#233;gage du rassemblement o&#249; se disent de belles et fortes choses, dont un attachement pour Aubervilliers et ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier d&#233;bat, sous des airs aust&#232;res et techniques, est en fait un point essentiel qui surgit lors de ces Nuits Debout en p&#233;riph&#233;rie de celle de R&#233;publique &#8211; celle qui passe &#224; la t&#233;l&#233;. Ici, on se demande s'il faut, pour la journ&#233;e de mobilisation nationale du 28 avril, faire une manif &#224; Aubervilliers, puis rejoindre celle de Saint-Denis, puis celle de Paris. Avec ou sans les syndicats ? On craint une &#171; &lt;i&gt;r&#233;cup&#233;ration par les syndicats&lt;/i&gt; &#187;, et aussi &#171; &lt;i&gt;d'&#234;tre assujettis &#224; Paris&lt;/i&gt; &#187;. En r&#233;alit&#233;, on se pose la question de la pertinence d'une d&#233;clinaison albertivillarienne, locale, de la Nuit Debout. Un type y va m&#234;me fort : &#171; &lt;i&gt; Ici, &#224; trois pel&#233;s et un tondu, on ne sert &#224; rien. C'est une mise en sc&#232;ne, le micro, les votes, les affiches... &#192; la limite du ridicule.&lt;/i&gt; &#187; D'ailleurs, il ne restera pas longtemps et n'aura pas la chance d'entendre la r&#233;ponse de C&#233;cile : &#171; &lt;i&gt;C'est pas grave d'&#234;tre ridicule. Il faut bien lancer le mouvement, la mise en sc&#232;ne, &#231;a sert aussi &#224; &#231;a. C'est l&#233;gitime d'&#234;tre ici, m&#234;me peu nombreux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autre ambiance,&lt;/strong&gt; mais m&#234;me question, &#224; la place des F&#234;tes, le soir m&#234;me. Dans ce quartier du 20e arrondissement de Paris, encore populaire, mais soumis &#224; la gentrification g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la capitale. Pourquoi faire une Nuit Debout de quartier ? &#171; &lt;i&gt;Pour &#234;tre plus proches. Pour &#234;tre dans des actions locales plus efficaces. &lt;/i&gt; &#187; Ici, les nuitdeboutistes se sont rassembl&#233;s &#224; une soixantaine dans la fontaine s&#232;che qui forme une ar&#232;ne toute trouv&#233;e. Pas de micro, mais de la soupe maison, du vin, du fromage et un vent glacial. Les tours de parole sont scrupuleusement respect&#233;s, les mots choisis, quelques r&#233;f&#233;rences &#224; tel penseur ou &#224; tel courant d'id&#233;es fusent ici et l&#224;. Studieux, concentr&#233;s, plus &#226;g&#233;s qu'&#224; Aubervilliers&#8230; Quelques visages familiers du mouvement anti-CPE de 2006. Sara : &#171; &lt;i&gt;Si on part sur des grands d&#233;bats comme la la&#239;cit&#233;, les religions, la constitution, tout &#231;a, on va s'engueuler. On est l&#224; parce qu'on partage un sentiment de r&#233;volte et l'envie de faire des choses localement.&lt;/i&gt; &#187; On constate que pour chaque proposition d'action, il faudrait proposer aussi des rendez-vous pour les mettre en place. Khader, emmitoufl&#233; sous sa capuche et grelottant de fi&#232;vre, explique sommairement comment communiquer sur le Web et se propose pour mettre en place des outils : blog, mailing-list... Sara propose une &#171; gratuiteriat &#187; (proposer gratuitement des biens dont on n'a plus besoin).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1690 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-12-a3f11.jpg?1768660310' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Martin Barzila&#239;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais d'Aubervilliers &#224; la place des F&#234;tes, la question r&#233;currente est celle de savoir comment faire en sorte que les habitants du coin s'en m&#234;lent, les jeunes, les familles, les travailleurs et ceux qui gal&#232;rent. Un doute commun : est-on l&#233;gitime ? Les deux assembl&#233;es se trouvent &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; trop blanches, trop intellos, trop classe moyenne, trop masculines. Aubervilliers, 80 000 habitants, est l'une des villes les plus pauvres de la r&#233;gion la plus riche de France. &#171; &lt;i&gt; Il faut qu'on s'interroge sur la repr&#233;sentativit&#233; des gens qui sont l&#224;. On ne ressemble pas vraiment aux habitants d'Aubervilliers.&lt;/i&gt; &#187; Le petit groupe semble pourtant plut&#244;t diversifi&#233;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien plus diversifi&#233; que sur le panneau de la RATP qui annonce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, d'origine comme de genre. Amine n'en d&#233;mord pas : &#171; &lt;i&gt; Les habitants, les jeunes, il faut aller vers eux, les informer, sans l&#226;cher.&lt;/i&gt; &#187; Mais pour H&#233;lo : &#171; &lt;i&gt;Les habitants des quartiers, ils sont d&#233;j&#224; dans l'extr&#234;me pr&#233;carit&#233;, dans des vraies gal&#232;res de survie. Alors, la Loi Travail, &#231;a ne leur parle pas du tout !&lt;/i&gt; &#187; On cause violences polici&#232;res, que les jeunes d'ici vivent au quotidien sans que personne n'en parle, alors que celles que subissent les lyc&#233;ens de Paris font le tour des m&#233;dias. H&#233;lo, encore : &#171; &lt;i&gt;Ce matin, au march&#233;, je tractais en disant &#8220;Mobilisation contre la Loi Travail&#8221;, et personne ne prenait mon tract. Puis j'ai vu que C&#233;cile disait : &#8220;Aubervilliers Debout&#8221;, et que les gens lui prenaient les tracts. Parce que la Nuit Debout, ils connaissent, &#231;a passe &#224; la t&#233;l&#233;, &#231;a les int&#233;resse m&#234;me plus que la loi Travail. Alors, peut-&#234;tre qu'il ne sont pas l&#224; aujourd'hui, mais l'id&#233;e fait son chemin.&lt;/i&gt; &#187; Francis : &#171; &lt;i&gt;On esp&#233;rait que, l'apr&#232;s-midi, les familles viendraient plus. Mais de toute fa&#231;on, on se doutait qu'on serait pas nombreux aujourd'hui. Je crois que le plus important, c'est d'&#234;tre l&#224;, chaque semaine. Les gens passent, ils nous voient, ils s'approchent. La semaine prochaine, on sera plus.&lt;/i&gt; &#187; &#192; ce moment-l&#224;, un mariage sort de la mairie sous les youyous et fr&#244;le la petite assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place des F&#234;tes, Lucas propose d'aller inviter les sans-papiers d'un foyer voisin pour faire un potager sur la place. D'autres pr&#233;conisent d'aller tracter lors du march&#233;, d'aller causer avec les habitants des tours qui bordent la place&#8230; Une jeune femme fait tout de m&#234;me remarquer qu'il &#171; &lt;i&gt;n'est pas possible de savoir qui est pr&#233;caire et qui ne l'est pas. On ne peut pas en juger simplement sur l'apparence des gens. Moi, aux Nuits Debout de R&#233;publique, je suis bien incapable de juger qui est dans la gal&#232;re ou non, pourtant on entend souvent que c'est un rassemblement de bobos. C'est pas la question ! Si on est l&#224;, c'est qu'on a quelque chose &#224; y faire.&lt;/i&gt; &#187; &#192; Aubervilliers, Francis, jeune homme aux longues dreads rousses, pouvant passer pour un de ces bobos honnis, explique que depuis qu'il a &#233;t&#233; vir&#233; de chez Picard parce qu'il voulait aller pisser, il n'est plus certain de pouvoir payer son loyer : &#171; &lt;i&gt;Je suis pas s&#251;r de ne pas me retrouver &#224; la rue le mois prochain.&lt;/i&gt; &#187; Oui, est l&#233;gitime celui ou celle qui vient. &#171; &lt;i&gt;Mais si les Nuits Debout avaient exist&#233; quand je me suis fait virer, il y a deux ans, peut-&#234;tre qu'on aurait pu faire quelque chose ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'Aubervilliers &#224; Paris 20e, l'inqui&#233;tude &#233;tait palpable quant &#224; l'avenir du mouvement. Une ombre d&#233;sign&#233;e avec quasiment les m&#234;mes mots : &#171; &lt;i&gt;Bon, ce mouvement, on a vu ce que &#231;a pouvait donner en Espagne et en Gr&#232;ce, et &#231;a a d&#233;bouch&#233; sur des partis politiques. C'est s&#251;r que ce n'est pas ce qu'on veut...&lt;/i&gt; &#187; Oubliant toute d&#233;ontologie et devoir de r&#233;serve (qu'il n'a jamais eu), le reporter de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; prend la parole sur la place des F&#234;tes, pour rappeler que le mouvement 15-M et les Indignados &lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le dossier de CQFD no137 &#171; Le pari municipaliste &#187;, par Bruno Le Dantec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; avaient accouch&#233; de bien d'autres choses que Podemos. Julien : &#171; &lt;i&gt;Ce qui est vraiment fort comme action, et surtout localement, c'est l'organisation de groupes de d&#233;fense. Qu'un de vos voisins se fasse expulser, un coup de fil, et il y a 50 personnes motiv&#233;es qui viennent pour le d&#233;fendre. Pareil pour des questions de boulots, de papiers. Puisqu'on parle de construire quelque chose qui dure et qui int&#233;resse vraiment et concr&#232;tement les gens d'ici...&lt;/i&gt; &#187; Les mains se l&#232;vent et gigotent. Emport&#233; par l'&#233;motion, le petit gars de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'applaudit lui-m&#234;me, ce qui fait rire l'AG. C'est vrai que ce n'est pas grave d'&#234;tre ridicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien Tewfiq&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Breaking News :&lt;/strong&gt; Aubervilliers Debout a d&#233;cid&#233;, lors de l'AG du 30 avril, de soutenir les habitants menac&#233;s d'expulsion, comme c'est d&#233;j&#224; le cas pour Sophie et S&#233;bastien. &#192; suivre...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Certains pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bien plus diversifi&#233; que sur le panneau de la RATP qui annonce triomphalement l'arriv&#233;e du m&#233;tro &#224; la mairie d'Aubervilliers : dans un Photoshop immonde, digne d'un enfant de 12 ans, on ne voit que des Blancs de moins de 30 piges, riant, &#224; v&#233;lo ou au t&#233;l&#233;phone&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le dossier de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; no137 &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Au-dela-de-Podemos-le-pari&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le pari municipaliste&lt;/a&gt; &#187;, par Bruno Le Dantec et Ferdinand Cazalis, &#224; t&#233;l&#233;charger librement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;143 : sp&#233;cial &#034;Debout partout&#034;</title>
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		<dc:date>2016-05-07T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<dc:subject>Abel</dc:subject>

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&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du samedi 7 mai 2016. En une : &#034;Debout R&#233;publique&#034;. Photo de Yann Levy. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site trois mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... L'&#233;dito : La police d&#233;teste tout le monde ! Paris, le 1er mai, boulevard Diderot. Les CRS font obstruction &#224; la traditionnelle journ&#233;e de solidarit&#233; des travailleurs, pensant isoler le bon grain de l'ivraie, les gentils pacifistes des redoutables (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L111xH150/arton1709-ca1a7.jpg?1768731722' class='spip_logo spip_logo_right' width='111' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du samedi 7 mai 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;Debout R&#233;publique&#034;. Photo de &lt;a href=&#034;http://yannlevy.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article sera mis en ligne, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chaque semaine&lt;/a&gt;. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site trois mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;dito : La police d&#233;teste tout le monde !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 1er mai, boulevard Diderot. Les CRS font obstruction &#224; la traditionnelle journ&#233;e de solidarit&#233; des travailleurs, pensant isoler le bon grain de l'ivraie, les gentils pacifistes des redoutables casseurs. En v&#233;rit&#233;, les choses sont devenues un peu plus compliqu&#233;es que cela. Qui peut pr&#233;tendre que le slogan &#171; Tout le monde d&#233;teste la police ! &#187; n'est entonn&#233; que par une infime minorit&#233; ? Par moments, au vu de la pr&#233;sence polici&#232;re massive, certains manifestants, &#224; bout de patience, croyaient assister &#224; une manif de flics encercl&#233;e par des ouvrier.e.s, &#233;tudiant.e.s, pr&#233;caires, etc. Face &#224; la rang&#233;e de robocops, sourds &#224; toute discussion &#8211; la plupart utilisent des bouchons d'oreille pour ne pas entendre les insultes et les quolibets &#8211; et prompts &#224; gazer tout ce qui s'agite, une vieille citation revient &#224; l'esprit : &#171; La question n'est pas de comprendre pourquoi il y a des gens qui se battent contre la police, mais pourquoi il n'y en a pas plus. &#187; C'est de qui d&#233;j&#224; ? Wilhem Reich ? A moins que ce ne soit apocryphe&#8230; Peu importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de casseurs qui s'infiltrent et cassent pour le fun&lt;/i&gt;, estimait ainsi un syndicaliste rennais dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 2 mai. [&#8230;]&lt;i&gt; Ils ne sont pas en marge du mouvement social, ils sont int&#233;gr&#233;s aux cort&#232;ges.&lt;/i&gt; &#187; Les mobilisations du printemps 2016 ont chang&#233; la donne. Le discours politico-m&#233;diatique sur les &#171; casseurs &#187; a de moins en moins de prise parmi les gens mobilis&#233;s. La mont&#233;e en puissance de la violence dans les cort&#232;ges est en grande partie une r&#233;action &#224; la strat&#233;gie de tension d'un pouvoir qui veut imposer ses conditions de manifester. Il s'agit aussi d'un l&#233;gitime sentiment de r&#233;volte face &#224; une r&#233;pression sans frein : plus de mille arrestations enregistr&#233;es depuis le d&#233;but de la mobilisation contre la loi El Khomri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant le sempiternel d&#233;bat sur la violence &#8211; c'est bien ou c'est pas bien ? (sondage Chien rouge/&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;) &#8211; est un bourbier qui englue ceux qui s'en font les d&#233;positaires dans des postures st&#233;riles. Il y a certes des violences nuisibles au mouvement et qui mettent certains espaces de lutte en danger &#8211; ceux o&#249; l'on veut pouvoir venir avec nos enfants par exemple. Ainsi, le 1er mai au soir, prenant pr&#233;texte d'une attaque contre un magasin de sport, place de la R&#233;publique, les gaz lacrymog&#232;nes policiers ont eu raison de la tenue d'une Nuit Debout pourtant massive. Et &#231;a, c'est &#233;videmment ce que souhaitent les tenants du retour &#224; l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH711/-5-e7157.jpg?1768695703' width='400' height='711' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Graffitivre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier sp&#233;cial : Debout partout&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paris-R&#233;publique : Le mois le plus long &gt;&lt;/strong&gt; Plusieurs nuits se superposent &#224; la Nuit Debout parisienne, qui a d&#233;but&#233; un 32 mars pour ne plus finir. Une somme de singularit&#233;s et de rencontres qu'on ne peut r&#233;sumer ni figer. Voici donc quelques-unes de ces lunes, sans pr&#233;cision de calendrier, sans pr&#233;tention d'&#233;clairage, sans possibilit&#233; de mettre &#224; jour. Un humble rappel des r&#233;veils souriants, parsem&#233; d'oublis obscurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paris-Banlieues : &#192; l'aube de nouvelles Nuits &gt;&lt;/strong&gt; Non, la R&#233;publique n'est pas le centre du monde. Les banlieues et les quartiers se l&#232;vent aussi ! Reportage &#224; Aubervilliers en Seine-Saint-Denis et sur la place des F&#234;tes, &#224; Paris, o&#249;, loin des grands m&#233;dias, on fait aussi sa Nuit Debout, m&#234;me avec peu de monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rennes : La bataille du centre-ville &gt;&lt;/strong&gt; Drapeaux, slogans, banderoles et distribution de s&#233;rum phy. Les manifs rennaises ressemblent aux autres. &#192; une diff&#233;rence pr&#232;s : le centre-ville, interdit d'acc&#232;s par la mairie et la pr&#233;fecture, est devenu un enjeu du mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lille : Convergence des nuits &gt;&lt;/strong&gt; A Lille la Nuit Debout s'oppose parfois &#224; l'activisme. Un horizon commun en perspective ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille : Le S.O. fait son chaud &gt;&lt;/strong&gt; Cr&#226;nes ras&#233;s, oreillettes, gazeuses sous le bras, carrure imposante derri&#232;re des lunettes de soleil, talkies-walkies&#8230; Impossible de rater ces aficionados des manifs. Et attention, ils veillent au grain : tout doit se passer dans les clous. Enqu&#234;te sp&#233;ciale au c&#339;ur du Service d'ordre (S.O.) CGT-S&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Syndicats : Un Pastis... bien noy&#233; ! &gt;&lt;/strong&gt; Lors du 51e congr&#232;s de la CGT, Martinez a install&#233; son leadership, mais sous la surveillance tendue de sa base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;cariat : &#171; Tout le monde apprend avec la crise &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Exil&#233; en France apr&#232;s les mouvements italiens des ann&#233;es 1970, auteur du &lt;i&gt;Gouvernement par la dette&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Marcel Duchamp et le refus du travail,&lt;/i&gt; le philosophe Maurizio Lazzarato accompagne la lutte des Intermittents depuis les ann&#233;es 1990. Il aborde ici la crise de la dette, la g&#233;n&#233;ralisation du pr&#233;cariat et le renouvellement des formes de lutte internationales, notamment autour des occupations de places et de leurs transversalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;moignage : &#171; La gr&#232;ve, c'est relever la t&#234;te &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Entretien avec Laurent, chauffeur de bus RATP depuis 27 ans, Lutte ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;moignage : &#171; Un degr&#233; de violence rare &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Paul s'est fait d&#233;molir la rotule par des flics lors d'une r&#233;cente manifestation parisienne contre la Loi Travail. Il raconte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1684 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-6-76f50.jpg?1768695703' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Enqu&#234;tes et reportages &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Immigration : Dieppe, l'autre Calais &gt;&lt;/strong&gt; Quand on ne peut passer par ici, il faut passer par l&#224;. La cit&#233; normande accueille elle aussi des candidats au d&#233;part pour la Grande-Bretagne. Au grand dam du maire, tout communiste qu'il soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Panama Papers : Sous le chapeau, le bas de laine &gt;&lt;/strong&gt; C'est le nouveau scandale financier, la cuv&#233;e 2016. L'affaire des Panama Papers, relay&#233;e par tous les m&#233;dias, est une petite bombe &#224; fragmentation qui vient de p&#233;ter &#224; la tronche des capitalistes et politiques de tout poil. L'&#233;ni&#232;me du genre avant la prochaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nucl&#233;aire : Du d&#233;ni &#224; l'autogestion &gt;&lt;/strong&gt; &#192; l'occasion du trenti&#232;me anniversaire de l'accident de Tchernobyl, l'association La qualit&#233; de vie a vu grand. De 9h &#224; minuit, plus de cinquante personnes &#8211; m&#233;decins, chercheurs, travailleurs et militants &#8211;, sont intervenus, le samedi 23 avril, &#224; la mairie du 2e arrondissement de Paris pour une conf&#233;rence-marathon intitul&#233;e &#171; Tchernobyl day and night . En voici quelques morceaux choisis pour &#233;clairer radieusement l'actualit&#233; de cet accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kurdistan : Survivre &#224; Sur &gt;&lt;/strong&gt; &#192; Diyarbakir, capitale de la r&#233;gion kurde du Sud-Est anatolien, malgr&#233; toutes les violences subies par la population et la crainte des attentats, la f&#234;te du Newroz, qui c&#233;l&#232;bre le nouvel an et l'esprit de r&#233;sistance, a r&#233;uni plusieurs centaines de milliers de personnes. Reportage parmi les rescap&#233;s du quartier de Sur, qui a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de sanglants affrontements avec les forces de l'&#201;tat turc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois mois en &#201;thiopie : Invitation au voyage &gt;&lt;/strong&gt; L'&#201;thiopie ? Avant de rencontrer No&#233;mie, Abel et leurs trois enfants, nous n'avions jamais pens&#233; y aller. Par contre, r&#233;volt&#233;s par la situation faite ici aux migrants, nous &#233;tions curieux. Abel est n&#233; en &#201;rythr&#233;e quand celle-ci &#233;tait encore &#233;thiopienne. Il dit la beaut&#233; de cette r&#233;gion, mais aussi le scandale des famines de 1973 et 1984 : &#171; &lt;i&gt; L'&#201;thiopie est riche, toutes les terres sont cultiv&#233;es, c'est la sp&#233;culation qui a provoqu&#233; &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; (...) Abel raconte qu'en &#201;rythr&#233;e, l'enr&#244;lement militaire est obligatoire pour les hommes, toute leur vie. La dictature enl&#232;ve, torture, et de plus en plus d'&#201;rythr&#233;ens &#233;chappent &#224; cet enfer en se r&#233;fugiant dans d'autres pays africains, en particulier l'&#201;thiopie, ou tentent le grand saut vers l'Europe, les USA... Tout est dit avec col&#232;re, mais aussi en riant, comme pour relativiser, adoucir, au gr&#233; de mille anecdotes relatant la solidarit&#233;, l'humour et la force de caract&#232;re des &#201;thiopiens. Quand No&#233;mie et Abel ont d&#233;cid&#233; d'aller vivre l&#224;-bas, nous savions que nous irions les rejoindre. Et, &#224; la fin du voyage, Abel nous chargera d'une mission : &#171; &lt;i&gt;Racontez ce que vous avez vu ici !&lt;/i&gt; &#187; Reportage exclusif en cinq pages.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1685 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;80&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-7-3d7c4.jpg?1768695703' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;A l'ext&#233;rieur des murailles de Harar. Photo de Mira Garou et Donatien Ducasse.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cultures et analyses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dia : Le retour du gros canard &gt;&lt;/strong&gt; En octobre 2014 sortait en librairies le premier num&#233;ro de &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt;, &#171; Marabout &#187;. Un an et demi plus tard, le troisi&#232;me num&#233;ro &#171; Selle de Ch'val &#187; sort du box. Interview de complaisance sans concession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bouquin : &lt;i&gt;Gadjo !&lt;/i&gt; Mange tes morts ! &gt;&lt;/strong&gt; &#199;a sort chez l'&#233;diteur Steinkis et vaut largement ses 20 &lt;i&gt;zorros&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Manouches&lt;/i&gt; est le cinqui&#232;me album que Kkrist Mirror consacre au peuple tsigane. C'est dense, pugnace, dramatique. &#199;a rend de la noblesse aux nomades et toute leur laideur aux notables. &lt;i&gt;Michto !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma cabane pas au Canada : D&#233;cadrer la psychiatrie &gt; &lt;/strong&gt; Depuis 2012, ils se retrouvent une fois par semaine pour un atelier photo &#224; Marseille et pour publier &lt;i&gt;Un autre journal&lt;/i&gt;. Sans clich&#233;s, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est all&#233; &#224; la rencontre de ces photographes autodidactes, qui ont en commun d'avoir connu un suivi psychiatrique en h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Film : &lt;i&gt;Les Gracieuses&lt;/i&gt;, de Fatima Sissani, &#224; fleur de banlieue &gt;&lt;/strong&gt; Comment un film sur une bande d'amies du Val-de-Marne soul&#232;ve-t-il autant de d&#233;bats lors des projections publiques ? Peut-&#234;tre parce que, tout en douceur, il met le doigt l&#224; o&#249; &#231;a saigne. Et r&#233;v&#232;le le soup&#231;on maladif auquel sont soumises les identit&#233;s multiples dans ce pays. Conversation avec Fatima Sissani.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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