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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Des m&#232;res col&#232;res</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>origine sociale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quitter le banc de touche. Si une phrase devait r&#233;sumer un des combats majeurs du Front de m&#232;res ce pourrait &#234;tre celle-l&#224;. Premier syndicat de parents des quartiers populaires, le Front de m&#232;res est n&#233; de la lutte d'habitantes des banlieues, d&#233;termin&#233;es &#224; faire entendre leur voix face &#224; une institution scolaire qui trop souvent les b&#226;illonne. La parole est &#224; Fatima Ouassak, cofondatrice du syndicat. &#171; Pour garantir la r&#233;ussite de tous, l'&#233;cole se construit avec la participation des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no206-fevrier-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;206 (f&#233;vrier 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-institution" rel="tag"&gt;l'institution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/meres" rel="tag"&gt;m&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fatima-Ouassak" rel="tag"&gt;Fatima Ouassak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/origine-sociale" rel="tag"&gt;origine sociale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quitter le banc de touche. Si une phrase devait r&#233;sumer un des combats majeurs du Front de m&#232;res ce pourrait &#234;tre celle-l&#224;. Premier syndicat de parents des quartiers populaires, le Front de m&#232;res est n&#233; de la lutte d'habitantes des banlieues, d&#233;termin&#233;es &#224; faire entendre leur voix face &#224; une institution scolaire qui trop souvent les b&#226;illonne. La parole est &#224; Fatima Ouassak, cofondatrice du syndicat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200front_de_ma_res_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH297/1200front_de_ma_res_resultat-f8b08.jpg?1782829567' width='500' height='297' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de La Force N&#233;e
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt; Pour garantir la r&#233;ussite de tous, l'&#233;cole se construit avec la participation des parents, quelle que soit leur origine sociale. &#187; Cela a beau &#234;tre inscrit dans les textes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment dans la &#171; loi Peillon &#187;, &#171; pour la refondation de l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la r&#233;alit&#233; est parfois tr&#232;s diff&#233;rente. Fatima Ouassak le dit cash : &#171; Dans les &#233;coles des quartiers populaires, on attend des parents qu'ils rasent les murs. &#187; Politologue de son &#233;tat, elle se tient pourtant &#224; bonne distance des consid&#233;rations hors-sol : c'est de son v&#233;cu qu'elle parle &#8211; celui d'une femme, d'une m&#232;re arabe, habitante de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), o&#249; ses enfants sont scolaris&#233;s. Ces rapports compliqu&#233;s avec l'&#233;cole, elle les raconte et les analyse dans son livre &lt;i&gt;La Puissance des m&#232;res &#8211; Pour un nouveau sujet r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, paru &#224; La D&#233;couverte en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque sa fille entre &#224; l'&#233;cole, Fatima Ouassak se retrouve face &#224; une institution qui lui fait vite comprendre qu'elle ne la reconna&#238;t pas comme une interlocutrice valable. Sauf que faire profil bas n'est pas vraiment le genre de la maison. Alors en 2016, avec plusieurs autres femmes, elle cr&#233;e le Front de m&#232;res, premier syndicat de parents des quartiers populaires. L'enjeu est clair : instaurer un vrai rapport de force avec l'&#233;cole et revendiquer le droit des parents de ces quartiers &#224; co-construire, avec les acteurs et actrices de l'institution, &#171; un plan d'actions concr&#232;tes en mati&#232;re d'&#233;ducation &#187;, lequel foulerait au pied le racisme syst&#233;mique et donnerait &#224; chaque gamin les m&#234;mes chances de r&#233;ussite scolaire. Des objectifs qui ont amen&#233; le Front de m&#232;res &#224; &#233;laborer des projets avec l'institution, tout en soutenant les lyc&#233;ens en lutte contre des r&#233;formes iniques ou en d&#233;fendant le droit des accompagnatrices de sorties scolaires &#224; porter le foulard. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les quartiers populaires, quelle place l'&#233;cole r&#233;serve-t-elle aux parents ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une place h&#233;rit&#233;e du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#233;poque &#224; laquelle l'&#233;cole r&#233;publicaine a &#233;t&#233; pens&#233;e pour extraire les enfants de leurs familles : d'abord paysannes, puis ouvri&#232;res et aujourd'hui des quartiers populaires, issues de l'immigration. L'institution continue de batailler pour &#233;manciper les enfants et les sortir de leur condition de classe avec, en toile de fond, l'id&#233;e que l'&#233;cole serait forc&#233;ment lib&#233;ratrice face au parent qui serait enfermant. D&#232;s lors, ce dernier n'a pas sa place &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, d&#232;s qu'une proposition ou une revendication vient de nous, femmes non blanches des quartiers populaires, avec tout ce qu'on repr&#233;sente, ce qu'on incarne, l'&#233;cole consid&#232;re qu'elle n'est pas l&#233;gitime. Un exemple : quand ma fille est entr&#233;e en maternelle, je me suis &#233;tonn&#233;e de ne pas voir proposer d'alternative v&#233;g&#233;tarienne au repas &#224; base de viande servi chaque jour. D'autant que cette alternative existait dans la cr&#232;che d&#233;partementale que mon enfant fr&#233;quentait l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Lorsque j'ai soumis l'id&#233;e &#224; la directrice de l'&#233;cole, puis &#224; la mairie et enfin &#224; la FCPE&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration des conseils de parents d'&#233;l&#232;ves.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on m'a r&#233;torqu&#233; que ce n'&#233;tait pas envisageable pour des questions de la&#239;cit&#233;. Je n'avais pourtant jamais &#233;voqu&#233; la question de la religion, le mot &lt;i&gt;halal&lt;/i&gt; n'&#233;tait jamais sorti de ma bouche. Sauf que je suis une femme arabe consid&#233;r&#233;e comme musulmane : on m'a reproch&#233; de me servir de la question de l'alternative v&#233;g&#233;tarienne comme cheval de Troie pour islamiser l'&#233;cole. Dans un autre quartier, et si je n'avais pas &#233;t&#233; arabe, on m'aurait certainement d&#233;cern&#233; le prix de la m&#232;re &#233;colo de l'ann&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxalement, l'institution sait aussi faire appel &#224; vous quand elle en a besoin, par exemple en vous demandant d'accompagner les sorties scolaires...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un fait : sans la pr&#233;sence des m&#232;res, il n'y aurait pas de sorties scolaires. Sauf que dans les quartiers populaires, beaucoup d'entre elles sont musulmanes et portent le foulard, qui se retrouve r&#233;guli&#232;rement au centre de pol&#233;miques&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Derni&#232;re en date : celle entourant le projet &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. J'estime que le probl&#232;me n'est pas tant le fait que ces sorties puissent ou non avoir lieu &#8211; dans nos quartiers, il y a tellement peu de moyens qu'il s'agit souvent de sorties &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; qui, &#224; mes yeux, apportent peu aux enfants &#8211; mais qu'il y a en revanche un vrai enjeu politique &#224; dire que chaque parent doit &#234;tre consid&#233;r&#233; et que les enfants n'ont pas &#224; &#234;tre humili&#233;s parce que leur m&#232;re porte un foulard. En 2017, avec le Front de m&#232;res, on avait publi&#233; un texte dans lequel on demandait en quoi interdire le port du foulard aux m&#232;res accompagnatrices &#8211; une mesure d&#233;battue &#224; l'&#233;poque &#8211; allait &#234;tre positif pour l'&#201;ducation nationale ? En quoi provoquer de nouvelles tensions entre &#233;cole et parents des quartiers populaires, mais surtout entre ces parents et leurs enfants, ou entre l'&#233;cole et ces enfants, allait arranger les difficult&#233;s existantes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un autre registre, plus tard, quand vos enfants entrent au lyc&#233;e, l'institution compte sur vous pour r&#233;guler d'autres tensions&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet, on nous demande d'&#234;tre l&#224; pour calmer le jeu, par exemple quand nos enfants lyc&#233;ens manifestent. &#192; Garges-l&#232;s-Gonesse (Val-d'Oise), le 5 d&#233;cembre 2018, la police avait tir&#233; au flash-ball sur les jeunes. C'&#233;tait dans le contexte des manifestations Gilets jaunes et des mobilisations lyc&#233;ennes contre la r&#233;forme du bac et Parcoursup. Ce jour-l&#224;, un jeune a eu la m&#226;choire fractur&#233;e par un tir de flash-ball. Le soir m&#234;me, le lyc&#233;e avait envoy&#233; un mail aux parents en leur demandant de ne pas envoyer leurs enfants en cours le lendemain pour &#233;viter les troubles. Il avait anticip&#233; la solidarit&#233; entre les lyc&#233;ens et demand&#233; aux parents de les garder bien au chaud &#224; la maison. Aller chercher la &#8220;m&#232;re tampon&#8221;, celle qui va apaiser les tensions entre l'enfant et l'institution, chez les m&#232;res que nous sommes est un bon calcul de leur part puisqu'on veut prot&#233;ger nos enfants.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Globalement, d&#232;s qu'une proposition ou une revendication vient de nous, femmes non blanches des quartiers populaires, avec tout ce qu'on repr&#233;sente, ce qu'on incarne, l'&#233;cole consid&#232;re qu'elle n'est pas l&#233;gitime.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Faire en sorte qu'il ne leur arrive rien ne nous a par contre pas emp&#234;ch&#233;es de nous mobiliser pour les soutenir. Au lendemain de l'affaire de Garges, il y a eu celle de Mantes-la-Jolie (Yvelines) o&#249; 150 lyc&#233;ens avaient &#233;t&#233; interpell&#233;s, mis &#224; genoux, les mains sur la t&#234;te. Le soir m&#234;me, on organisait une r&#233;union d'urgence &#224; laquelle &#233;taient invit&#233;s le Comit&#233; Adama, le MIB&lt;i&gt; [Mouvement de l'immigration et des banlieues]&lt;/i&gt;, des avocats, etc., pour r&#233;fl&#233;chir ensemble &#224; la fa&#231;on de prot&#233;ger nos enfants et aux strat&#233;gies pour les soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le Front de m&#232;res avait publi&#233; avec d'autres m&#232;res de lyc&#233;ens un texte pour d&#233;noncer les violences polici&#232;res subies par nos enfants. On y &#233;crivait que la police n'avait rien &#224; faire &#224; l'&#233;cole ni autour, tout en d&#233;non&#231;ant la complicit&#233; de l'institution dans la r&#233;pression, puisqu'elle excluait les lyc&#233;ens qui bloquaient les &#233;tablissements et collaborait avec la police. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinq ans apr&#232;s la cr&#233;ation du Front de m&#232;res, votre organisation a sem&#233; ses graines : des collectifs locaux sont n&#233;s &#224; Rennes, &#224; Strasbourg et m&#234;me en Belgique, pour ne citer que ceux-l&#224;. O&#249; en sont vos rapports avec l'institution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a toujours &#233;t&#233; en lien avec l'&#201;ducation nationale. Goundo Diawara, secr&#233;taire du syndicat depuis ses d&#233;buts, est par exemple CPE &lt;i&gt;[Conseill&#232;re principale d'&#233;ducation]&lt;/i&gt; dans un coll&#232;ge de banlieue. Aujourd'hui, on est parvenues &#224; programmer un temps mensuel entre parents et personnels de l'&#201;ducation nationale pour &#233;voquer ensemble les probl&#232;mes existants. Par exemple, on travaille sur le harc&#232;lement scolaire avec Questions de classe(s), un collectif de profs. On souhaite poser la question de la responsabilit&#233; institutionnelle, avec l'id&#233;e d'&#233;changer ensemble et de cr&#233;er une coop&#233;ration entre les personnels de l'&#201;ducation nationale, les parents et les enfants, afin de mieux comprendre et pr&#233;venir ces violences. Loin du discours du gouvernement et de Jean-Michel Blanquer qui consid&#232;re les enfants comme seuls responsables de leurs actes en les criminalisant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment dans la &#171; loi Peillon &#187;, &#171; pour la refondation de l'&#233;cole de la R&#233;publique &#187;, qui date de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration des conseils de parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Derni&#232;re en date : celle entourant le projet &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211; d'inscrire dans la &#171; loi S&#233;paratisme &#187; adopt&#233;e en ao&#251;t dernier l'obligation de neutralit&#233; religieuse pour les accompagnateurs et accompagnatrices de sorties scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Petites classes, grandes oubli&#233;es</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Petites-classes-grandes-oubliees</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Elzazimut</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
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		<dc:subject>Rosa</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;coles maternelles</dc:subject>
		<dc:subject>Atsem</dc:subject>
		<dc:subject>d'Elzazimut Atsem</dc:subject>
		<dc:subject>Illustration d'Elzazimut</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;cole maternelle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Assister l'enseignante lors des ateliers, accompagner les enfants dans l'apprentissage de la propret&#233;, nettoyer les salles et les couloirs... Sans les Atsem (agents territoriaux sp&#233;cialis&#233;s des &#233;coles maternelles), les &#233;tablissements fonctionneraient en mode d&#233;grad&#233;. Ce job multit&#226;che et massivement investi par des femmes souffre pourtant d'un vrai manque de reconnaissance. Portrait d'une profession. Atsem. Pour qui est entr&#233; en maternelle avant le d&#233;but des ann&#233;es 1990 et n'y a jamais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no206-fevrier-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;206 (f&#233;vrier 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Atsem" rel="tag"&gt;Atsem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Elzazimut-Atsem" rel="tag"&gt;d'Elzazimut Atsem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Illustration-d-Elzazimut" rel="tag"&gt;Illustration d'Elzazimut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecole-maternelle" rel="tag"&gt;&#233;cole maternelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Assister l'enseignante lors des ateliers, accompagner les enfants dans l'apprentissage de la propret&#233;, nettoyer les salles et les couloirs... Sans les Atsem (agents territoriaux sp&#233;cialis&#233;s des &#233;coles maternelles), les &#233;tablissements fonctionneraient en mode d&#233;grad&#233;. Ce job multit&#226;che et massivement investi par des femmes souffre pourtant d'un vrai manque de reconnaissance. Portrait d'une profession.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4350 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200atsem_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH606/1200atsem_resultat-88019.jpg?1782689767' width='500' height='606' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration d'Elzazimut
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Atsem. Pour qui est entr&#233; en maternelle avant le d&#233;but des ann&#233;es 1990 et n'y a jamais remis les pieds depuis, l'acronyme tient du cryptique. Il d&#233;signe pourtant depuis 1992 des actrices incontournables des &#233;tablissements scolaires : les agentes territoriales sp&#233;cialis&#233;es des &#233;coles maternelles. Chevilles ouvri&#232;res des classes de petite, moyenne et grande section, les Atsem &#8211; dans l'&#233;crasante majorit&#233; des femmes &#8211; y partagent l'espace avec l'enseignante&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parce qu'en 2016, 82,6 % des enseignants du premier degr&#233; &#233;taient des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce sont elles qui, souvent, pr&#233;parent la mise en place des ateliers le matin avant l'accueil des enfants. Elles qui aident les marmots &#224; &#233;taler la gouache bien au centre de leur feuille. Elles encore qui recueillent les r&#233;cits de cauchemars au r&#233;veil de la sieste, qu'elles surveillent. &#171; &lt;i&gt;C'est pour &#231;a, pour ce contact permanent avec les enfants, que j'ai voulu faire ce m&#233;tier.&lt;/i&gt; &#187; Au bout du fil, Rosa&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; raconte les &#233;clats de rire communicatifs des minots, la satisfaction retir&#233;e dans le fait d'accompagner des tout-petits &#224; grandir un peu plus chaque jour, &#171; &lt;i&gt;la spontan&#233;it&#233; des enfants, la simplicit&#233; dans la relation&lt;/i&gt; &#187;. Pendant quatre ans, Rosa a &#233;t&#233; Atsem dans une &#233;cole maternelle d'une petite ville de Bretagne. Elle en garde globalement de bons souvenirs. Ce qui lui plaisait le plus ? &#171; &lt;i&gt;Clairement le r&#244;le d'&#233;ducateur, un des aspects essentiels de ce boulot.&lt;/i&gt; &#187; Rosa se rem&#233;more les moments pass&#233;s au r&#233;fectoire avec les petits. Loin de se r&#233;sumer &#224; de la simple surveillance et au service &#224; table, sur ce temps &#8211; quand les mairies ne ren&#226;clent pas sur les embauches et que les Atsem ne sont pas en sous-effectif &#8211; elles remplissent une vraie mission &#233;ducative : &#171; &lt;i&gt;On s'assoit avec les enfants, on leur coupe leur viande, on les incite &#224; go&#251;ter en leur expliquant ce qu'ils ont dans leur assiette ; on leur pose des questions, on discute.&lt;/i&gt; &#187; Pendant les heures de classe, m&#234;me topo : le r&#244;le de l'Atsem est surtout d'&#233;duquer. &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, c'est &#224; l'enseignante de d&#233;cider de la p&#233;dagogie et l'Atsem reste finalement dans l'ex&#233;cution de t&#226;ches, mais elle assiste les enfants dans leur travail et peut aussi parfois mener seule un atelier avec un petit groupe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Femmes de service &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si sur le papier, les Atsem sont aujourd'hui reconnues comme membres &#224; part enti&#232;re de l'&#233;quipe &#233;ducative&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s le d&#233;cret du 1er mars 2018 &#171; portant diverses dispositions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, &#231;a n'a pas toujours &#233;t&#233; le cas. Dans un article intitul&#233; &#171; &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/lumiere-sur-les-atsem-ces-actrices-de-lombre-des-ecoles-maternelles-163823&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lumi&#232;re sur les Atsem, ces actrices de l'ombre des &#233;coles maternelles&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Conversation (02/09/2021).&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;, la sociologue Fabienne Montmasson Michel revient sur l'&#233;volution de la profession. La pr&#233;sence de ces femmes dans les &#233;coles remonte &#224; la fin des ann&#233;es 1830 &lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; cette &#233;poque, la maternelle telle qu'on la conna&#238;t aujourd'hui n'existe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; : celles qu'on appelait les &#171; femmes de service &#187; &#233;taient alors cantonn&#233;es &#224; l'entretien des locaux. Peu &#224; peu, elles se sont vu confier la garde des enfants en fin de journ&#233;e et les soins relatifs au corps. Leur int&#233;gration au sein des salles de classe arrive bien plus tard, au mitan du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#233;poque &#224; laquelle &#171; &lt;i&gt;l'introduction d'un abondant mat&#233;riel p&#233;dagogique dans les classes [a rendu] n&#233;cessaires de nouvelles t&#226;ches d'entretien (nettoyage, pr&#233;paration, rangement)&lt;/i&gt; &#187;. Mais ce n'est qu'&#224; la toute fin du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qu'on les charge d'animer des &#171; &lt;i&gt;activit&#233;s manuelles&lt;/i&gt; &#187;. Cette br&#232;ve histoire du m&#233;tier d'Atsem permet certainement de saisir un de ses aspects actuels : aujourd'hui encore, ce sont elles qui nettoient les pinceaux et les tables tachet&#233;es de colle, elles qui balaient les sols des classes jonch&#233;s de gommettes et lessivent le carrelage de la cantine aux rainures incrust&#233;es d'aliments &#233;cras&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Tous les matins, je commen&#231;ais ma journ&#233;e &#224; 8 heures pour la finir &#224; 18, une fois fait le m&#233;nage de la classe, des parties communes, des sanitaires...&lt;/i&gt; &#187;, raconte Rosa. Elle imagine : &#171; &lt;i&gt;Celles qui ont fait toute leur carri&#232;re en tant qu'Atsem doivent &#234;tre cass&#233;es...&lt;/i&gt; &#187; Des journ&#233;es &#224; rallonge que la pand&#233;mie de Covid-19 et les protocoles sanitaires sont venus alourdir, comme le racontait &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;en juin dernier Pascale, Atsem en Occitanie : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s que l'enseignante part [d&#233;jeuner], on d&#233;sinfecte les tables, on dresse, on sert, on red&#233;sinfecte. C'est non-stop &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Atsem en maternelle : &#8220;On n'aurait pas &#233;t&#233; l&#224;, comment les enseignants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187; Le tout pour une paye d&#233;passant g&#233;n&#233;ralement &#224; peine le Smic, en d&#233;but de carri&#232;re. Si de son c&#244;t&#233;, Rosa a toujours pu boucler les fins de mois, elle pr&#233;cise qu'elle avait la chance &#171; &lt;i&gt;d'avoir un mec qui bossait&lt;/i&gt; &#187;. Avec deux enfants &#224; charge, sans le salaire de leur p&#232;re employ&#233; d'usine, &#171; &lt;i&gt;&#231;a aurait &#233;t&#233; autre chose&lt;/i&gt; &#187;. Rosa n'est pas du genre &#224; se plaindre, mais finit par l&#226;cher : &#171; &lt;i&gt;C'est s&#251;r qu'on ne partait pas en vacances tous les ans...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Des journ&#233;es &#224; rallonge que la pand&#233;mie de Covid-19 et les protocoles sanitaires sont venus alourdir.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un article paru dans le dernier num&#233;ro de la revue &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt; titr&#233; &#171; Cette autre femme derri&#232;re la porte &#187;, la journaliste Na&#239;k&#233; Desquesnes se demande &#171; &lt;i&gt;ce qui explique le d&#233;calage entre, d'un c&#244;t&#233;, l'importance [des] missions fondamentales [des Atsem] aupr&#232;s des jeunes enfants ainsi que la p&#233;nibilit&#233; de ce m&#233;tier et, de l'autre, la non-reconnaissance de celui-ci, effectu&#233; &#224; plus de 99 % par des femmes&lt;/i&gt; &#187;. R&#233;ponse en une manche : &#171; &lt;i&gt;Un m&#233;pris qui pourrait bien trouver sa source dans une hi&#233;rarchie du travail pens&#233;e selon un mod&#232;le masculin et &#233;litiste o&#249; les m&#233;tiers du &lt;/i&gt;care&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En lien avec le soin.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, ceux de la petite enfance, du nettoyage et du soin, ne sont jamais admir&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Former un &#171; vrai bin&#244;me &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si ce m&#233;pris se fait sentir sur la fiche de paye, s'insinue-t-il jusque dans les rapports tiss&#233;s avec l'enseignante ? &#171; &lt;i&gt;J'ai eu du bol, &lt;/i&gt;reconna&#238;t Rosa. &lt;i&gt;Dans l'ensemble, je suis tomb&#233;e sur des femmes avec lesquelles je formais un vrai bin&#244;me. Des personnes conscientes qu'Atsem, agents d'entretien, enseignants, tout le monde est important dans une &#233;cole. C'est aussi une question de rencontre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle marque une pause, r&#233;fl&#233;chit, puis &#233;voque tout de m&#234;me cette enseignante dont elle a partag&#233; la classe pendant un an : &#171; &lt;i&gt;Je me souviens une fois d'avoir organis&#233; des classeurs avec les productions des enfants, de les avoir rang&#233;s pour qu'ils puissent les ramener &#224; la maison. Le lendemain je les avais retrouv&#233;s compl&#232;tement d&#233;sorganis&#233;s. Je ne pouvais rien prouver mais &#231;a ne pouvait &#234;tre qu'elle. Des trucs dans le genre, elle m'en a fait plusieurs dans l'ann&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Une bassesse parmi d'autres que Rosa pr&#233;f&#232;re aujourd'hui &#233;luder, mettant &#231;a sur le coup de la &#171; &lt;i&gt;fatigue&lt;/i&gt; &#187; de sa coll&#232;gue qui &#171; &lt;i&gt;&#233;tait surtout mal dans sa peau&lt;/i&gt; &#187;. D'autres t&#233;moignages font pour leur part &#233;tat d'une v&#233;ritable souffrance au travail. Parmi eux, celui de Catherine, Atsem dans une &#233;cole marseillaise, qui racontait il y a un peu plus d'un an &#224; &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dans les &#233;coles marseillaises, le blues des tatas &#187; (23/11/2020).&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; les rapports complexes entretenus avec les enseignantes &#224; qui elle devait &#171; &lt;i&gt;demander pour aller aux toilettes&lt;/i&gt; &#187;. Na&#239;k&#233; Desquesnes relate quant &#224; elle l'histoire de Katia, une Atsem de l'Is&#232;re &#224; qui la coll&#232;gue enseignante a un jour lanc&#233; : &#171; &lt;i&gt;&#199;a me fait mal de te voir assise &#224; mon bureau.&lt;/i&gt; &#187; Et la journaliste d'en conclure : &#171; &lt;i&gt;Comment ne pas voir ici une forme de lutte de pouvoir entre une femme et une autre, une domin&#233;e et une un peu moins domin&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parce qu'en 2016, 82,6 % des enseignants du premier degr&#233; &#233;taient des femmes, on prendra ici le parti de les d&#233;signer au f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s le d&#233;cret du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars 2018 &#171; portant diverses dispositions statutaires relatives aux agents territoriaux sp&#233;cialis&#233;s des &#233;coles maternelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;The Conversation&lt;/i&gt; (02/09/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; cette &#233;poque, la maternelle telle qu'on la conna&#238;t aujourd'hui n'existe pas encore, mais la &#171; salle d'asile &#187; en constitue les pr&#233;mices.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://connexion.liberation.fr/autorefresh?referer=https%3a%2f%2fwww.liberation.fr%2fsociete%2feducation%2fatsem-dans-les-ecoles-maternelles-on-naurait-pas-ete-la-pendant-le-covid-comment-les-enseignants-auraient-pu-faire-classe-20210602_Q3PU7D7STVBY3PY3DCC73JH3HE%2f&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Atsem en maternelle : &#8220;On n'aurait pas &#233;t&#233; l&#224;, comment les enseignants auraient fait classe ?&#8221;&lt;/a&gt; &#187; (02/06/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En lien avec le soin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/dans-les-ecoles-marseillaises-le-blues-des-tatas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans les &#233;coles marseillaises, le blues des tatas&lt;/a&gt; &#187; (23/11/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Inceste : silence, on &#233;crabouille</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Inceste-silence-on-ecrabouille</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Inceste-silence-on-ecrabouille</guid>
		<dc:date>2021-06-12T07:58:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathilde Offroy</dc:creator>


		<dc:subject>Sarah Fisthole</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'inceste</dc:subject>
		<dc:subject>famille</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on n'est</dc:subject>
		<dc:subject>sexuels</dc:subject>
		<dc:subject>abus sexuels</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Souvent rel&#233;gu&#233; au rang de fait divers sordide, longtemps prot&#233;g&#233; par un silence de plomb, l'inceste est pour l'anthropologue Doroth&#233;e Dussy le Berceau des dominations, titre de l'enqu&#234;te percutante qu'elle a consacr&#233;e au sujet. Anthropologue au CNRS, Doroth&#233;e Dussy a subi des abus sexuels pendant son enfance. C'est ce qui l'a pouss&#233;e &#224; mener une longue enqu&#234;te ethnographique sur l'inceste. Durant plusieurs ann&#233;es, elle a rencontr&#233;, par le biais d'associations d'accueil de victimes, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no199-juin-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;199 (juin 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sarah-Fisthole" rel="tag"&gt;Sarah Fisthole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-inceste" rel="tag"&gt;l'inceste&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Souvent rel&#233;gu&#233; au rang de fait divers sordide, longtemps prot&#233;g&#233; par un silence de plomb, l'inceste est pour l'anthropologue Doroth&#233;e Dussy &lt;i&gt;le Berceau des dominations&lt;/i&gt;, titre de l'enqu&#234;te percutante qu'elle a consacr&#233;e au sujet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1793-ba353.jpg?1782828817' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;nthropologue au CNRS, Doroth&#233;e Dussy a subi des abus sexuels pendant son enfance. C'est ce qui l'a pouss&#233;e &#224; mener une longue enqu&#234;te ethnographique sur l'inceste. Durant plusieurs ann&#233;es, elle a rencontr&#233;, par le biais d'associations d'accueil de victimes, en France et au Qu&#233;bec, des personnes ayant subi l'inceste enfants. Elle s'est &#233;galement rendue en prison, o&#249; elle a men&#233; des entretiens avec des incesteurs condamn&#233;s. Fruit de ce travail, &lt;i&gt;Le Berceau des dominations. Anthropologie de l'inceste&lt;/i&gt;, publi&#233; une premi&#232;re fois en 2013, vient d'&#234;tre r&#233;&#233;dit&#233; aux &#233;ditions Pocket. Charlotte Pudlowski &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Co fondatrice de Louie Media et r&#233;alisatrice d'un podcast remarquable sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, qui signe la pr&#233;face, explique que c'est &#171; &lt;i&gt; le genre de livre qui changerait le monde si les gens voulaient bien le lire&lt;/i&gt; &#187;. On ne peut qu'acquiescer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &lt;i&gt;Le Berceau des dominations &lt;/i&gt;est un ouvrage crucial. L'autrice, qui revendique d'introduire une rupture dans l'&#233;criture et les rapports de domination qu'elle charrie, ne s'embarrasse pas de faux-semblants. Dans un style tranchant, parfois cru et imag&#233;, elle d&#233;cortique ce qu'elle nomme le &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me inceste&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;montrant que ce dernier structure et organise notre ordre social, bien au-del&#224; du cercle familial. Pour preuve, les enqu&#234;tes disponibles sur la pr&#233;valence de l'inceste, c'est-&#224;-dire la proportion d'enfants touch&#233;s par le ph&#233;nom&#232;ne. Elles s'accordent sur une fourchette basse de 5 &#224; 10 % d'enfants victimes d'abus sexuels dans leur famille. Des chiffres qui placent l'inceste bien loin du fait divers et permettent de dire que ce n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne marginal, mais un fait social r&#233;pandu. Or, les soci&#233;t&#233;s humaines sont r&#233;put&#233;es &#234;tre fond&#233;es sur trois interdits universels : le cannibalisme, le meurtre et l'inceste. Ce dernier serait donc &#224; la fois l'un des tabous structurant nos soci&#233;t&#233;s et une pratique courante. Doroth&#233;e Dussy s'empare de cette contradiction qu'elle explique n'&#234;tre qu'apparente. Le &#171; &lt;i&gt; syst&#232;me inceste&lt;/i&gt; &#187; tient en effet par le silence, et c'est son interdit qui le lui garantit. Autrement dit : &#171; &lt;i&gt;L'interdit de l'inceste prot&#232;ge l'inceste. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les victimes sont des deux sexes, les incesteurs sont tr&#232;s majoritairement des hommes. Une statistique qu&#233;b&#233;coise &#233;value ainsi &#224; 4 % la proportion de femmes chez les auteurs d'abus sexuels. 96 % sont donc des hommes &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette &#233;tude porte sur les auteurs et autrices d'&#171; infractions sexuelles &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, et c'est loin d'&#234;tre anodin : Doroth&#233;e Dussy y voit un continuum entre les violences faites aux femmes et celles exerc&#233;es sur les enfants. Continuum qui d&#233;coule d'une m&#234;me conception masculiniste de la sexualit&#233;, les hommes s'autorisant &#224; s'approprier les corps &#224; leur port&#233;e, quels qu'ils soient. Continuum dont l'inceste serait une sorte de paroxysme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Berceau des dominations&lt;/i&gt; n'est pas une lecture facile, parce qu'il contraint &#224; admettre que l'inceste est en fait un ph&#233;nom&#232;ne aussi banal qu'immonde. Mais, au-del&#224; du sentiment d'&#233;touffement que cette plong&#233;e peut inspirer, il permet de penser l'abominable. Par la charge analytique et politique qu'il porte, il redonne du souffle. Il interdit de refermer les yeux et nous impose de porter nos combats au-del&#224; de l'indignation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel a &#233;t&#233; le point de d&#233;part de vos recherches ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ayant v&#233;cu l'inceste dans mon enfance, je me suis effondr&#233;e apr&#232;s ma th&#232;se et mon entr&#233;e au CNRS. En cherchant &#224; aller mieux, j'ai voulu lire pour comprendre, mais il y avait peu de ressources documentaires sur le sujet. La plupart concernaient la pr&#233;valence et leurs r&#233;sultats &#233;taient ahurissants. Depuis que ces enqu&#234;tes existent, c'est-&#224;-dire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, elles r&#233;v&#232;lent une proportion stable de 5 &#224; 10 % des enfants qui vivent des abus sexuels dans leur famille. De quoi faire r&#233;fl&#233;chir une anthropologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc cherch&#233; ce qu'on avait en magasin et j'ai r&#233;alis&#233; que la multitude des travaux sur la question portait en r&#233;alit&#233; sur l'interdit de l'inceste, c'est-&#224;-dire sur les r&#232;gles de prescription matrimoniale et d'alliance. Par contre, il n'y avait rien sur ce qui se passe lorsque &#231;a arrive &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt;. C'est de l&#224; que mon enqu&#234;te est partie. Avec cette question : qu'est-ce qui se passe quand &#231;a se produit r&#233;ellement ? Et que penser de cette proportion stable &#224; travers les &#226;ges, en Occident, dans des soci&#233;t&#233;s tr&#232;s diverses ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce taux de pr&#233;valence permettrait de dire qu'on est tous touch&#233;s de pr&#232;s ou de loin par l'inceste...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On consid&#232;re qu'en sixi&#232;me, dans une classe de trente &#233;l&#232;ves, il y a trois gosses incest&#233;s. Et, parce qu'un tiers des incesteurs sont des adolescents ou de grands enfants, dans une classe de seconde au lyc&#233;e, il y a un violeur. Rien que cette approche quantitative permet de dire qu'on est tous socialis&#233;s depuis tout petits avec des personnes qui ont v&#233;cu l'inceste &#8211; ou avec des incesteurs. Simplement, on ne les conna&#238;t pas. D&#232;s la maternelle, on a parfois un petit ou une petite camarade de classe qui vit des abus sexuels &#224; la maison. L'inceste, &#234;tre incest&#233;&#183;e, c'est &#234;tre viol&#233; chez soi &#224; r&#233;p&#233;tition, &#234;tre un objet sexuel. Et l'effet de cet &#233;crabouillement, de cette sexualit&#233; qu'on vous impose, fait qu'on ne vit pas une enfance normale et qu'on n'est pas tout &#224; fait pareil. Les autres enfants ne savent pas que cette petite fille ou ce petit gar&#231;on sont incest&#233;&#183;es, mais ils ne veulent pas trop avoir affaire &#224; eux. Et ils apprennent &#224; se taire, d&#233;j&#224;, &#224; ce moment. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles d&#233;couvertes avez-vous faites durant vos recherches ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'un des grands enseignements de cette enqu&#234;te, c'est que l'inceste survient dans une famille o&#249; il est toujours d&#233;j&#224; l&#224;. Et il se transmet, dans la m&#234;me proportion, de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. Cette stabilit&#233;, c'est le syst&#232;me inceste. Des m&#233;canismes le reconduisent &#224; peu pr&#232;s &#224; l'identique d'une d&#233;cennie &#224; l'autre. Comment ? Un peu comme tout dans la famille : par mim&#233;tisme. On voit bien ce qu'on h&#233;rite de nos ascendants, comment on reproduit des tics de langages ou des mimiques. Il y a aussi des go&#251;ts qui se transmettent, comme par exemple le foot. Dans les familles o&#249; il y a de l'inceste, les enfants passent leurs premi&#232;res ann&#233;es avec des parents, des oncles, des tantes, des grands-parents, qui ont eu par le pass&#233; des rapports incestueux. Et leurs relations en gardent la trace. Elles sont m&#226;tin&#233;es d'un rapport de fascination-r&#233;pulsion, d'&#233;rotisation, de d&#233;go&#251;t, de peur. Les enfants s'impr&#232;gnent de tous ces &#233;l&#233;ments et &#231;a passe &#224; la g&#233;n&#233;ration d'apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est important &#224; prendre en compte, c'est que ce qui se joue dans la famille incestueuse est assez banal. Tous nos rapports sociaux sont p&#233;tris et p&#233;n&#233;tr&#233;s de rapports de domination. La famille, avec sa forte asym&#233;trie des positions, est une cascade de dominations, et l'inceste en est une sorte de paroxysme. Parce qu'&#233;videmment il y a de la sexualit&#233; dans l'inceste, mais c'est un m&#233;lange, une articulation entre sexualit&#233; et inclination pour l'&#233;crabouillement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez d'ailleurs &#224; plusieurs reprises d' &#171; &#233;crabouillement &#187;, d'enfants &#171; &#233;crabouill&#233;s &#187;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je trouve que c'est un mot qui convient. Parler de rapports de domination donne l'impression qu'on reste indemne. Alors que, quand on subit l'inceste, on est un peu comme une punaise &#233;crabouill&#233;e. On est en bouillie int&#233;rieurement et &#231;a ne se voit pas. &#202;tre pris comme un objet sexuel emp&#234;che de se construire comme sujet. C'est &#231;a, &#234;tre &#233;crabouill&#233; : l'impossibilit&#233; de grandir autrement qu'en &#233;tant juste une carcasse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous montrez qu'il n'y a pas un profil type d'incesteur. Toutefois, une figure revient &#224; plusieurs reprises dans votre travail, c'est celle du patriarche...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'il y a 5 &#224; 10 % d'incest&#233;&#183;es, il faut la m&#234;me proportion d'incesteurs, ce qui fait en France trois &#224; six millions de violeurs. C'est beaucoup, trois &#224; six millions, c'est beaucoup d'hommes. Tous les hommes forts ou puissants d'une famille ne sont pas des incesteurs mais certains le sont. Presque tous ceux que j'ai rencontr&#233;s sont bien ins&#233;r&#233;s socialement. Ils ont une femme ou en ont eu, &#233;ventuellement des ma&#238;tresses. Ils ont une vie sexuelle bien remplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces hommes, ces patriarches, prennent pour objet sexuel un enfant de leur famille, mais tr&#232;s peu sont p&#233;dophiles. Ils n'ont pas une inclination sexuelle sp&#233;cifique pour les enfants. Ce qu'ils recherchent, c'est la satisfaction imm&#233;diate de leurs d&#233;sirs et de leur bon plaisir. La satisfaction sans frustration de leur &#233;go&#239;sme &#8211; une socialisation typiquement masculine. Et donc ce sont des viols d'aubaine. L'occasion fait le larron. Pour autant, ces incesteurs ne se voient pas du tout comme des violeurs. Puisque ce qu'ils font ne ressemble pas au st&#233;r&#233;otype d'un viols, par un inconnu au coin d'un bois. Eux ne sont pas haineux. Ils &#8220;aiment beaucoup leur petite fille&#8221;. Ils sont de &#8220;bons p&#232;res de famille&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils savent pourtant que ce qu'ils font n'est pas autoris&#233;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;videmment. Tout le monde sait qu'on n'a pas de rapport sexuel avec un enfant. Mais ils le font quand m&#234;me. De la m&#234;me mani&#232;re qu'on s'est tous d&#233;j&#224; arrang&#233; avec nous-m&#234;me pour faire quelque chose d'interdit. C'est du m&#234;me ordre. Ce n'est pas vraiment plus important pour ces types d'aller dans la chambre de leur gosse ou dans la salle de bain pour satisfaire une mont&#233;e de libido que de se garer sur une place de stationnement pour les personnes handicap&#233;es. &#199;a ne compte pas plus. Parce qu'au fond, une fellation, qu'est-ce que c'est dans une vie ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment les incesteurs font-ils taire leurs victimes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les strat&#233;gies de silenciation mises en place sont tr&#232;s efficaces. Pour faire taire, on peut rendre la parole de l'enfant ill&#233;gitime. En lui r&#233;p&#233;tant tout le temps qu'il est stupide, en le disqualifiant et le d&#233;valorisant d&#232;s qu'il fait quelque chose. On peut aussi instaurer un climat de crainte g&#233;n&#233;ralis&#233;, par exemple en massacrant les animaux domestiques. Tabasser un chien, tuer des chats de fa&#231;on atrocement cruelle, c'est une fa&#231;on de montrer qui est le patron. Le message est clair : si tu ne files pas droit, voil&#224; ce qui peut t'arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La silenciation passe finalement tr&#232;s rarement par l'intimidation et la menace directe. La plupart du temps, &#231;a n'est m&#234;me pas formul&#233;, avec l'id&#233;e que ce qui n'est pas dit n'existe pas. Ce qui compte, c'est que le m&#244;me ne le dise pas au tout d&#233;but de la p&#233;riode des abus sexuels, ou qu'il ne soit pas entendu. Parmi les dizaines de personnes rencontr&#233;es au cours de mon enqu&#234;te, et qui avaient v&#233;cu l'inceste enfant, aucune ne s'est compl&#232;tement tue. Simplement, la plupart du temps, ce que les enfants disent n'est pas compr&#233;hensible. Ils n'ont pas encore de mots pour dire les gestes de la sexualit&#233; ou nommer les parties du corps. Ils essaient de le dire mais le font de fa&#231;on tellement elliptique que le message n'est pas re&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il faut bien avoir en t&#234;te que, au moment o&#249; un enfant est incest&#233;, l'inceste est d&#233;j&#224; l&#224; dans sa famille. Cela veut dire que ses parents ont &#233;t&#233; habitu&#233;s &#224; se taire et &#224; &#234;tre sourds et aveugles &#224; toutes les r&#233;v&#233;lations d'incestes. Donc, m&#234;me si l'enfant disait avec des mots clairs et intelligibles que son p&#232;re, son oncle ou le compagnon de sa m&#232;re lui impose des gestes sexuels, il ne serait pas entendu. Et, une fois que c'est install&#233;, ce ne sera plus dit. Parce que c'est tellement co&#251;teux de le dire qu'apr&#232;s ce premier essai, l'enfant se tait. Il peut ensuite se passer beaucoup de temps avant la prochaine tentative. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette nouvelle tentative se fait parfois apr&#232;s une longue p&#233;riode d'amn&#233;sie...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Muriel Salmona &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Psychiatre, Muriel Salmona travaille notamment sur la m&#233;moire traumatique et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#233;value qu'une amn&#233;sie traumatique s'ensuit pour la moiti&#233; des enfants vivant des abus sexuels pr&#233;coces. L'amn&#233;sie, on sait ce que c'est mais on ne voit pas tr&#232;s bien comment &#231;a fonctionne pour l'inceste. On peut vivre une dissociation au moment sexuel, qui fait qu'on n'est pas l&#224;, qu'on n'est plus dans son corps. D'autres fois, on est l&#224; mais on oublie d&#232;s que l'incesteur sort de la chambre ou de la salle de bain. Tout le monde conna&#238;t &#231;a : c'est comme quand ce qu'on allait dire nous &#233;chappe la seconde d'apr&#232;s. Ici c'est la m&#234;me chose. On ne pourrait m&#234;me pas raconter ce qui s'est pass&#233; parce qu'on ne sait plus que &#231;a a exist&#233;. C'est horrible, on est priv&#233; de soi et on met du temps &#224; r&#233;unir tous les morceaux. Sortir de l'amn&#233;sie, c'est alors &#233;merger de ce brouillard. Une personne ou un &#233;v&#233;nement peut permettre un d&#233;clic en mettant une image et des mots sur ce qu'on a v&#233;cu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que se passe-t-il dans la famille au moment du d&#233;voilement, lorsque l'incest&#233;&#183;e r&#233;v&#232;le les faits dont il ou elle a &#233;t&#233; victime ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au moment du proc&#232;s, les incesteurs ont s&#251;rement pass&#233; un sale quart d'heure mais, quand je les rencontre, l'effervescence est retomb&#233;e et la famille s'est recompos&#233;e autour d'eux. Ce qui montre bien que l'inceste est structurant et que la soci&#233;t&#233; fonctionne avec. La famille va bien jusqu'au moment du d&#233;voilement. C'est quand la r&#233;v&#233;lation est entendue que &#231;a pose probl&#232;me. Elle provoque une sorte de r&#233;volution dans cet ordre social o&#249; l'inceste devait &#234;tre tu. Le silence rompu, tout le monde est alors contraint de se repositionner, au moins jusqu'au moment d'arriver &#8211; ce qui n'est jamais compl&#232;tement possible &#8211; &#224; remettre le couvercle sur la marmite. Les fr&#232;res et s&#339;urs, les oncles et tantes, les grands-parents sont forc&#233;s de se demander ce qu'ils ont fait pendant tout ce temps, ce qu'ils n'ont pas vu ou refus&#233; de voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que se dire &#8220;&lt;i&gt;mon p&#232;re est un violeur&lt;/i&gt;&#8221;, c'est moche. Personne n'en a envie. Si bien que les gens pr&#233;f&#232;rent la situation d'avant, dans laquelle il &#233;tait juste leur p&#232;re. C'est comme &#231;a que, dans la grande majorit&#233; des cas, la famille se recompose autour de l'incesteur et non de l'incest&#233;&#183;e. C'est celui qui d&#233;nonce l'inceste qui contrevient &#224; l'ordre familial et c'est cette personne qui en est &#233;ject&#233;e, parfois avec ceux qui la suivent dans son d&#233;sir de d&#233;voilement. Quant &#224; l'incesteur, sa place de dominant ou de patriarche dans la cellule familiale n'est pas mise &#224; mal. Ce que &#231;a dit, c'est que son statut admet la possibilit&#233; qu'il ait viol&#233;. Il a faut&#233;, mais on l'absout. Un patriarche n'est jamais d&#233;tr&#244;n&#233;. Une fois qu'il est en place, c'est comme le pape, c'est jusqu'&#224; la mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que l'inceste est un &#233;l&#233;ment structurant dans notre soci&#233;t&#233;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On en vient au titre du livre. En sciences sociales, les d&#233;terminants sociaux sont majoritairement pens&#233;s dans un mouvement du haut vers le bas. Depuis les structures sociales et les institutions vers nos vies quotidiennes &#224; nous, pauvres petits scarab&#233;es. Il me semble qu'on gagnerait &#224; raisonner &#224; l'envers. Les premiers moments de socialisation sont dans la famille. On s'impr&#232;gne de tout ce qui s'y passe, de tout ce qu'on apprend &#224; la maison. &#199;a nous structure et nous organise. C'est le cas du patriarcat, avec cette figure du patriarche, des rapports tr&#232;s asym&#233;triques dans la famille, et parfois de l'inceste. Par &#233;claboussure, &#231;a mod&#232;le ensuite tout notre &lt;i&gt;&#234;tre au monde&lt;/i&gt; et impr&#232;gne tous les autres rapports sociaux. L'inceste fonde beaucoup de choses. Et le terreau, le premier germe, c'est la famille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon vous, notre syst&#232;me judiciaire ne peut pas &#234;tre un appui pour venir &#224; bout du &#171; syst&#232;me inceste &#187;. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En France, moins de 2 % des plaintes pour viol aboutissent &#224; une condamnation. Notre syst&#232;me judiciaire est hyper masculiniste. Et si ce sont des hommes comme Duhamel &lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Duhamel est politologue et constitutionnaliste. Dans La Familia (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; qui font ou valident les textes de loi, on comprend pourquoi. Les d&#233;lais de prescription sont souvent attaqu&#233;s mais les proc&#233;dures judiciaires, le syst&#232;me d'administration de la preuve notamment, posent tout autant probl&#232;me. Tout est index&#233; sur le bon plaisir de l'incesteur, sur ce qu'il s'autorise ou s'interdit. M&#234;me la qualification des infractions &#8211; la diff&#233;rence entre agression sexuelle, viol ou atteinte sexuelle &#8211; est cal&#233;e sur la question de savoir si l'agresseur a r&#233;ussi ou non &#224; s'inhiber. Mais qui a dit qu'il &#233;tait moins pire que votre p&#232;re se masturbe devant vous &#8211; ce qui n'est m&#234;me pas une atteinte sexuelle &#8211; et vous oblige &#224; regarder en vous disant des insanit&#233;s, qu'un geste sexuel avec p&#233;n&#233;tration ? Aucune petite fille viol&#233;e, aucun petit gar&#231;on viol&#233;. Ce sont les patriarches, les dominants, qui font les institutions et d&#233;terminent nos structures sociales. Si les lois &#233;taient faites par des femmes viol&#233;es, notre soci&#233;t&#233; ne serait pas la m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On parle beaucoup en ce moment de lib&#233;ration de la parole, notamment avec les #MeToo et #MeTooInceste. Avez-vous l'impression qu'on avance malgr&#233; tout ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les personnes qui s'expriment &#224; travers #MeToo, il n'y a pas de retour en arri&#232;re possible, c'est un moment qui change leur vie. &#199;a permet le d&#233;voilement et &#231;a autorise &#224; d'autres la possibilit&#233; de le dire. Et donc de se r&#233;parer. Si ces gens sont r&#233;par&#233;s, on peut imaginer que leurs enfants n'auront pas la m&#234;me vie qu'eux. Pour autant, je ne suis pas s&#251;re que ce mouvement puisse bousculer les fondements de notre soci&#233;t&#233;. On voit bien comment des d&#233;cennies de travaux sur les violences conjugales n'ont pas permis qu'il y ait un f&#233;minicide de moins l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, de plus en plus d'hommes voient qu'ils sont perdants dans l'inceste et le patriarcat dur. Tous n'ont pas envie d'&#234;tre un patriarche. Ce qui est une chose positive, &#233;tant donn&#233; que ce sont eux qui dirigent le monde. Il y a aujourd'hui plus de place pour des masculinit&#233;s diff&#233;rentes, &#233;panouies et l&#233;gitimes, qui ne sont pas dans l'&#233;crabouillement. Et s'il y a moins de jouissance dans l'exercice du pouvoir pour les hommes, il y aura moins d'&#233;crabouilleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Mathilde Offroy&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Co fondatrice de &lt;i&gt;Louie Media&lt;/i&gt; et r&#233;alisatrice d'un podcast remarquable sur l'inceste : &#171; Ou peut-&#234;tre une nuit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette &#233;tude porte sur les auteurs et autrices d'&#171; infractions sexuelles &#187; toutes cat&#233;gories confondues. Source : Minist&#232;re de la S&#233;curit&#233; publique du Qu&#233;bec (2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Psychiatre, Muriel Salmona travaille notamment sur la m&#233;moire traumatique et les cons&#233;quences psychiques des traumatismes pour les personnes ayant subi des violences.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Olivier Duhamel est politologue et constitutionnaliste. Dans &lt;i&gt;La Familia grande&lt;/i&gt; (Seuil, 2021), sa belle-fille, Camille Kouchner, a r&#233;v&#233;l&#233; les abus qu'il a commis sur son fr&#232;re, lorsqu'ils &#233;taient adolescents.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le privil&#232;ge du fusil, la plage interdite et les d&#233;cisions de Paris</title>
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		<dc:creator>Jean-S&#233;bastien Mora</dc:creator>


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&lt;p&gt;Pendant le deuxi&#232;me confinement, seuls les chasseurs ont profit&#233; de l'&#171; approche diff&#233;renci&#233;e &#187; promise par le Premier ministre Jean Castex. Les autres n'avaient qu'&#224; bien se tenir, oblig&#233;s de rester &#224; la maison ou d'aller docilement travailler... &#201;chos des Pyr&#233;n&#233;es, r&#233;colt&#233;s en novembre 2020. Derri&#232;re les alpages et le sous-bois gel&#233;, le soleil se devine, pr&#234;t &#224; r&#233;appara&#238;tre. En temps normal, le bruit lancinant des premiers v&#233;hicules se rendant dans le Val d'Aran remonte d&#233;j&#224; de la vall&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no193-decembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;193 (d&#233;cembre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gwen-Tomahawk" rel="tag"&gt;Gwen Tomahawk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sanitaire" rel="tag"&gt;sanitaire&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant le deuxi&#232;me confinement, seuls les chasseurs ont profit&#233; de l'&#171; &lt;i&gt;approche diff&#233;renci&#233;e&lt;/i&gt; &#187; promise par le Premier ministre Jean Castex. Les autres n'avaient qu'&#224; bien se tenir, oblig&#233;s de rester &#224; la maison ou d'aller docilement travailler... &#201;chos des Pyr&#233;n&#233;es, r&#233;colt&#233;s en novembre 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3601 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH379/-1744-d05b3.jpg?1782656479' width='500' height='379' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Gwen Tomahawk
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les alpages et le sous-bois gel&#233;, le soleil se devine, pr&#234;t &#224; r&#233;appara&#238;tre. En temps normal, le bruit lancinant des premiers v&#233;hicules se rendant dans le Val d'Aran remonte d&#233;j&#224; de la vall&#233;e de Saint-B&#233;at, dans les Pyr&#233;n&#233;es centrales. Mais depuis la fermeture de l'acc&#232;s &#224; l'Espagne, le 27 octobre, puis les mesures de restrictions du &#171; deuxi&#232;me confinement &#187;, la montagne baigne dans un silence in&#233;dit. Une tr&#234;ve pour la faune sauvage ? Pas vraiment&#8230; Soudain, de mani&#232;re totalement improbable, un Porsche Cayenne gravit bruyamment la piste caillouteuse qui m&#232;ne au col d'Artigascou, &#224; 1 348 m&#232;tres d'altitude. Apr&#232;s s'&#234;tre gar&#233;s, trois chasseurs &#224; l'&#233;quipement clinquant s'accoutrent, avant de se poster fusil &#224; la main pour une battue au gros gibier. D&#233;barquant de Toulouse, &#224; plus deux d'heures de route d'ici, ces aventuriers en grosse cylindr&#233;e ont pay&#233; d'on&#233;reux droits de chasse pour pouvoir traquer sur les sommets...&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Non loin de l&#224;, du c&#244;t&#233; du col du Pi&#233;jau, un fier Marseillais et son &#233;quipe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans consensus ni d&#233;bat parlementaire, la chasse a &#233;t&#233; autoris&#233;e pour tirer le sanglier, le cerf, le chevreuil... Une d&#233;rogation, conc&#233;d&#233;e d&#232;s le 31 octobre par le minist&#232;re de la Transition &#233;cologique, puis d&#233;clin&#233;e dans chaque d&#233;partement par des arr&#234;t&#233;s pr&#233;fectoraux, selon le fameux imp&#233;ratif de &#171; r&#233;gulation du grand gibier &#187;. Dans les faits, Willy Schraen, l'influent patron de la F&#233;d&#233;ration nationale des chasseurs, a beaucoup pes&#233;. Pour la Macronie, il s'agit notamment de renverser la tendance avant le scrutin de 2022 : &#224; l'exception de quelques zones sp&#233;cifiques du Sud-Ouest comme l'Aude et la Gironde, les chasseurs s'&#233;taient mobilis&#233;s en nombre en 2017 en faveur de Marine Le Pen, d&#232;s le premier tour, avec plus 30 % de bulletins pour la candidate frontiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue sanitaire, ce privil&#232;ge du fusil ne tient pas la route : pas besoin d'une longue enqu&#234;te pour constater que, r&#233;unis all&#232;grement dans leurs fameuses &#171; maisons de chasseurs &#187;, &#224; mesure que se d&#233;verse le pastis dans les verres, tous se d&#233;barrassent des masques et oublient vite les gestes barri&#232;res. Mais aucun n'aura &#224; craindre les &#171; enqu&#234;tes &#187; des cha&#238;nes d'informations en continu, pourtant si z&#233;l&#233;es lorsqu'il s'agit de d&#233;noncer les jeunes et leurs f&#234;tes clandestines. De leur c&#244;t&#233;, les pravdas locales comme la &lt;i&gt;D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/i&gt;, loin de d&#233;noncer cette injustice &#233;vidente, ressassent le d&#233;bat &#233;cul&#233; du &#171; pour ou contre la chasse afin de r&#233;guler la prolif&#233;ration des sangliers ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le retour de l'absurde&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'en r&#233;jouir : la pression des contr&#244;les policiers a &#233;t&#233; plus faible pour ce deuxi&#232;me confinement dans les campagnes et les zones de montagne. Cette fois-ci du c&#244;t&#233; des Pyr&#233;n&#233;es, pas d'h&#233;licopt&#232;re dans le petit bourg d'Izaut-de-l'H&#244;tel (Haute-Garonne)&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; L'h&#233;licopt&#232;re, la cam&#233;ra thermique et les &#8220;chasseurs de morilles&#8221; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, ni de d&#233;ploiement des troupes dans les for&#234;ts pour d&#233;busquer les d&#233;confin&#233;s r&#233;calcitrants. Il faut dire que &#171; &lt;i&gt;c'est plus compliqu&#233; de contr&#244;ler syst&#233;matiquement quand beaucoup de personnes sont autoris&#233;es &#224; aller travailler chaque jour&lt;/i&gt; &#187;, comme le remarque un gendarme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour des attestations de d&#233;placement n'est cependant pas all&#233; sans arbitraire policier. Parmi les malheureux qui ont encore essuy&#233; une amende de 135 &#8364;, il y a Pierre, qui eut le tort de ne pas acheter son pain dans la boulangerie industrielle la plus proche de son domicile. Il a &#233;t&#233; verbalis&#233; &#224; moto dans le village voisin, 5 kilom&#232;tres plus loin. Ironie du sort : ce matin-l&#224;, Pierre avait crois&#233; une bonne dizaine de pick-up de chasseurs, facilement reconnaissables aux chiens bruyamment encag&#233;s &#224; l'arri&#232;re des v&#233;hicules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s son arriv&#233;e &#224; Matignon, en juillet, Jean Castex avait promis une &#171; &lt;i&gt;approche diff&#233;renci&#233;e&lt;/i&gt; &#187; et affirmait vouloir donner davantage de &#171; &lt;i&gt;libert&#233;s aux territoires&lt;/i&gt; &#187;. Des d&#233;clarations qui ont pris des allures de farces quand le gouvernement, apr&#232;s avoir impos&#233; un couvre-feu localis&#233;, a d&#233;cid&#233; de reconfiner l'ensemble de l'Hexagone. &lt;i&gt;De facto&lt;/i&gt;, des activit&#233;s n'ayant pourtant aucun impact sur la propagation du virus se sont retrouv&#233;es prohib&#233;es : sortir &#233;couter le brame du cerf, observer les &#233;toiles, dormir en for&#234;t, aller aux champignons, faire du cyclisme ou de la randonn&#233;e... L'esprit de la loi &#8211; contenir les contaminations &#8211; n'a encore une fois quasiment rien &#224; voir avec son application concr&#232;te. Et, bien que les pol&#233;miques et la controverse aient vivement secou&#233; le corps m&#233;dical ces derniers mois, les &#233;pid&#233;miologistes et les r&#233;animateurs s'accordent tous au moins sur un point : l'activit&#233; physique est clairement un des moyens de lutte contre l'ob&#233;sit&#233; et le diab&#232;te, qui sont des facteurs de comorbidit&#233; reconnus du Covid-19. &#171; &lt;i&gt;En quoi sortir seul pose un probl&#232;me sanitaire ? J'ai toujours fait du v&#233;lo et l&#224;, je d&#233;prime compl&#232;tement&lt;/i&gt; &#187;, se demande ainsi Louis, un retrait&#233; de Luchon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre ph&#233;nom&#232;ne r&#233;current dans la r&#233;gion, le sentiment amer que la politique sanitaire est dict&#233;e par Paris, selon des logiques et des contraintes urbaines, sans jamais prendre en compte les r&#233;alit&#233;s locales : la faible densit&#233; de population, la taille tr&#232;s r&#233;duite des commerces &#171; non essentiels &#187; ou ces arrangements indispensables entre voisins pour les courses, utiliser un v&#233;hicule, faire garder les enfants... &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai un chantier dans un massif un peu loin, j'ai l'habitude de dormir chez un pote ou un parent. L&#224; qu'est-ce que je marque sur mon autorisation de d&#233;placement ?&lt;/i&gt; s'indigne Julien, la quarantaine, b&#251;cheron dans le Comminges. &lt;i&gt;Je ne sais pas ce qui me rend le plus amer. Ces mesures absurdes ou le fait qu'on les suive sans broncher ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le masque d&#232;s 6 ans&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis la rentr&#233;e du 2 novembre, le masque est devenu obligatoire pour les enfants d&#232;s l'&#233;cole primaire, soit &#224; partir de 6 ans environ. Dans certaines vall&#233;es pyr&#233;n&#233;ennes, alors que l'on souffre d&#233;j&#224; d'une difficult&#233; d'acc&#232;s au soin et plus globalement de la raret&#233; des services publics, cette mesure a &#233;t&#233; per&#231;ue comme une nouvelle injonction indigne. En effet, beaucoup d'&#233;coles ne comptent qu'une classe unique : une quinzaine d'&#233;l&#232;ves m&#233;lang&#233;s de la maternelle au CE1. Ainsi, dans une m&#234;me salle de classe, une partie seulement des enfants est contrainte de porter le masque. Conscientes du ridicule et de l'inefficacit&#233; au regard de l'enjeu sanitaire, certaines communes rurales, dans le Lot et la Haute-Garonne notamment, ont pris des arr&#234;t&#233;s contre le port du masque pour les enfants dans leurs &#233;coles. H&#233;las, de mani&#232;re pr&#233;visible, le rectorat s'est empress&#233; de menacer les irresponsables enseignants qui n'auraient pas respect&#233; ses consignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres mesures, impos&#233;es sur la c&#244;te atlantique, ont achev&#233; de prouver l'imposture de Jean Castex et la toute-puissance de l'&#201;tat : depuis le 30 octobre, toute activit&#233; nautique est interdite &#224; moins de 300 m&#232;tres de la plage. Sur la c&#244;te basque, l'ensemble des maires a alors demand&#233; la possibilit&#233; pour les habitants de surfer ou de se baigner, ce que le pr&#233;fet des Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques a refus&#233; d'embl&#233;e. &#171; &lt;i&gt;On est dans un syst&#232;me tellement centralis&#233; que le maire d'une ville ne peut m&#234;me plus avoir la libert&#233; d'ouvrir ses plages&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce &#224; Biarritz le docteur Guillaume Barucq. Comme lui, afin de contourner le confinement et les interdictions de se baigner, certains m&#233;decins du Pays basque se sont risqu&#233;s &#224; prescrire des activit&#233;s nautiques, arguant de leurs bienfaits pour la sant&#233;. La police a alors renforc&#233; les contr&#244;les. Surfeur quinquag&#233;naire &#224; Bayonne, Iban ne d&#233;col&#232;re pas : &#171; &lt;i&gt;Nous avons subi un flot de touristes record tout l'&#233;t&#233;. Maintenant que les vacances sont termin&#233;es, qu'il n'y a plus personne et sachant que les risques de contamination au coronavirus sont quasi nuls, les activit&#233;s nautiques sont interdites. C'est tout simplement r&#233;voltant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la vague du Covid, l'&#233;pid&#233;mie ne cesse de mettre au jour une dangereuse lame de fond : la d&#233;rive autoritaire, bureaucratique et centralisatrice de la Macronie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-S&#233;bastien Mora&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Non loin de l&#224;, du c&#244;t&#233; du col du Pi&#233;jau, un fier Marseillais et son &#233;quipe ont d&#233;pens&#233; 10 000 &#8364; pour avoir le droit de chasser et d'occuper une cabane pendant un mois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/L-helicoptere-la-camera-thermique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'h&#233;licopt&#232;re, la cam&#233;ra thermique et les &#8220;chasseurs de morilles&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;188 (juin 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'autogestion des plus jeunes au service des id&#233;aux des adultes</title>
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		<dc:creator>Martine Ruchat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la Seconde Guerre mondiale, des millions de minots sont s&#233;par&#233;s de leurs parents. &#192; travers l'Europe, des communaut&#233;s se forment pour les accueillir. Appel&#233;es &#171; r&#233;publiques d'enfants &#187;, certaines doublent leur vocation humanitaire d'une utopie p&#233;dagogique. On y d&#233;fend l'autonomie et l'autogestion des m&#244;mes, qui &#233;lisent leur propre maire, &#233;laborent leur propre syst&#232;me de justice&#8230; Mais l'enfant, cens&#233; &#234;tre plac&#233; au centre du dispositif, n'est-il pas finalement l'instrument d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no191-octobre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;191 (octobre 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la Seconde Guerre mondiale, des millions de minots sont s&#233;par&#233;s de leurs parents. &#192; travers l'Europe, des communaut&#233;s se forment pour les accueillir. Appel&#233;es &#171; r&#233;publiques d'enfants &#187;, certaines doublent leur vocation humanitaire d'une utopie p&#233;dagogique. On y d&#233;fend l'autonomie et l'autogestion des m&#244;mes, qui &#233;lisent leur propre maire, &#233;laborent leur propre syst&#232;me de justice&#8230; Mais l'enfant, cens&#233; &#234;tre plac&#233; au centre du dispositif, n'est-il pas finalement l'instrument d'un projet de soci&#233;t&#233; pens&#233; par et pour les adultes ? Co-autrice du livre &lt;i&gt;L'Internationale des r&#233;publiques d'enfants&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(1939-1955)&lt;/i&gt;, l'historienne de l'&#233;ducation Martine Ruchat dresse ici un tableau contrast&#233; de cet &#233;pisode m&#233;connu de l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3599 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1742-57644.jpg?1782645006' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des enfants qui se l&#232;vent pour donner leur opinion. Qui votent &#224; mains lev&#233;es ou glissent leurs id&#233;es dans un chapeau ou dans une urne de votation. Qui &#233;crivent et &#233;ditent des articles ou des bandes dessin&#233;es... C'est cela, dans les ann&#233;es 1940, les r&#233;publiques d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux millions d'enfants orphe&#8202;lins, abandonn&#233;s, meurtris par la Seconde Guerre mondiale, des voix s'&#233;l&#232;vent et des personnes s'engagent partout en Europe pour trouver des solutions d'accueil et de scolarisation. Une multitude de camps et de villages voient alors le jour. Des espaces dans lesquels on pr&#244;ne une autonomie de pens&#233;e, o&#249; l'on envisage les enfants comme des individus libres, se gouvernant par eux-m&#234;mes et construisant le monde de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le qui se d&#233;veloppe alors peut &#234;tre rattach&#233; &#224; d'autres exp&#233;riences libertaires du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, comme l'orphelinat de Cempuis, cr&#233;&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1860 dans l'Oise et qui fut parmi les premi&#232;res &#233;coles mixtes de France. On pense aussi &#224; l'&#201;cole moderne de Francisco Ferrer, fond&#233;e &#224; Barcelone en 1901, elle aussi libertaire et mixte. Ou encore, au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, en Union sovi&#233;tique, aux maisons coop&#233;ratives d'Anton Makarenko pour les orphelins de la guerre civile et aux villages de l'utopie sioniste en Palestine. Quoi qu'il en soit, celles qui ont exist&#233; entre le conflit de 1939-1945 et les premi&#232;res ann&#233;es de la guerre froide sont aujourd'hui largement m&#233;connues.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un engouement &#233;clectique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les ann&#233;es 1940 pourtant, ces &lt;i&gt;r&#233;publiques&lt;/i&gt; appel&#233;es &#233;galement &#171; communaut&#233;s d'enfants &#187; suscitent l'int&#233;r&#234;t de journalistes et de membres d'organisations humanitaires, philanthropiques ou &#233;tatiques. L'exp&#233;rience enfantine est alors au centre de la publicit&#233; faite &#224; ces communaut&#233;s. Ce sont les visages d'enfants souriants et les regards qui s'illuminent que les adultes veulent mettre en sc&#232;ne. Les enfants des r&#233;publiques dessinent, chantent, dansent en ronde, travaillent aux champs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;publiques int&#233;ressent aussi des militants rattach&#233;s &#224; divers groupes culturels, religieux ou politiques, comme les &lt;i&gt;quakers&lt;/i&gt;, le Service civil inter&#8202;national&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Regroupement de volontaires pacifiques et militants pour la paix en 1920 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le mouvement de l'&#233;ducation nouvelle, les pacifistes... Les id&#233;ologies d'origine vont du lib&#233;ralisme au communisme, en passant par diverses religions : parmi les personnes engag&#233;es dans ces communaut&#233;s, on trouve par exemple un instituteur pacifiste, une journaliste juive, un pr&#234;tre p&#233;dagogue, une f&#233;ministe&lt;i&gt; quaker &lt;/i&gt;ou encore un philosophe ath&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'amorce progressivement un v&#233;ritable mouvement autour de ce mod&#232;le f&#233;d&#233;rateur teint&#233; d'un internationalisme cens&#233; assurer une paix d&#233;finitive et un avenir meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une difficile unit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1948, la toute r&#233;cente Unesco, qui veut soutenir ces initiatives, organise une rencontre des directeurs de communaut&#233;s d'enfants. Elle choisit le village Pestalozzi de Trogen, en Suisse. Ceux qui font le d&#233;placement ont un objectif commun : faire cohabiter des enfants de nationalit&#233;s diff&#233;rentes, victimes, atteints dans leurs corps et leurs psychismes, &#171; n&#233;vros&#233;s de guerre &#187;, souffrants. Reste une difficult&#233; majeure : se mettre d'accord autour d'une conception &#233;duca&#8202;tive pour ces enfants et les former (autant que leurs &#233;ducatrices et &#233;ducateurs) &#224; cette p&#233;dagogie de la r&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Trogen, on discute donc d'une approche qui promeut des jeunes autonomes et capables de se gouverner eux-m&#234;mes. Mais comment se passer d'adultes qui influencent, dirigent et mettent en sc&#232;ne cette r&#233;publique ? L'autonomie est, certes, un des concepts phares de cette &#171; nouvelle p&#233;dagogie &#187;, mais qu'est-ce que l'autonomie ? Celle qu'&#233;voque l'&#233;ducation nouvelle avec l'id&#233;e que l'enfant n'est pas un adulte en miniature, mais un monde en lui-m&#234;me ? &#192; moins qu'elle ne d&#233;finisse l'espace clos de la communaut&#233;, o&#249; s'exerce l'apprentissage de la solidarit&#233; autant que l'ind&#233;pendance de l'enfant, l'esprit critique autant que celui communautaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second concept fortement mis en avant &#224; Trogen est le &lt;i&gt;selfgovernment&lt;/i&gt; : une assembl&#233;e d'enfants citoyens dirig&#233;e par l'un d'entre eux (capitaine, maire ou syndic), fond&#233;e par une constitution avec des statuts, des charges et des comptes rendus de r&#233;unions. La vie s'apprend ausssi &#224; travers l'exercice de la justice et des punitions, inflig&#233;es apr&#232;s d&#233;lib&#233;ration par un enfant &#233;lu juge : lier les membres, obliger &#224; garder en bouche un caillou, exclure du groupe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diversit&#233; des exp&#233;riences et la difficult&#233; &#224; faire unit&#233; lors de cette conf&#233;rence de 1948 pr&#234;tent le flanc aux critiques : l'isolement de tels collectifs et l'artificialit&#233; du &lt;i&gt;selfgovernment&lt;/i&gt;, consid&#233;r&#233; par certains comme un simple jeu ; le d&#233;racinement culturel, impos&#233; &#224; des jeunes d&#233;plac&#233;s hors de leur pays... Sans compter que la pr&#233;tendue autonomie financi&#232;re &#8211; avec souvent une monnaie locale propre &#224; la communaut&#233; (appel&#233;e &#171; coq &#187;, &#171; talent &#187; ou &#171; m&#233;rite &#187;) &#8211; ne laisse pas dupes les d&#233;tracteurs d'un mod&#232;le co&#251;teux comme celui du Village Pestalozzi de Trogen qui, avec ses vingt-six maisons en bois flambant neuves, a co&#251;t&#233; trois millions de francs suisses.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une autonomie sous contr&#244;le&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les enfants eux-m&#234;mes ne semblent par toujours convaincus. En t&#233;moignent leurs fugues et leurs paroles : un jeune de la r&#233;publique de Longueil-Annel (Oise), en visite au camp de Moulin-Vieux (Is&#232;re), disait y voir une dictature sans citoyens, tribunal et banque. Constat similaire chez un jeune gar&#231;on de onze ans arriv&#233; &#224; Civittavecchia, pr&#232;s de Rome, qui parlera de &#171; l'air de dictateur &#187; du fondateur de cette r&#233;publique. L'enfant &#233;crira aussi : &#171; &lt;i&gt;Lorsque ces &#233;l&#232;ves sortiront de l&#224; &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt;, ils seront d&#233;rout&#233;s par la vie d'un pays entier. Ils ne peuvent pas participer par leur exemple &#224; la Paix du monde, pourquoi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Parce que si nous formions chacun un petit groupe et restions comme eux isol&#233;s du reste du monde, la compr&#233;hension deviendrait alors impossible.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot &#171; r&#233;publique &#187; est d'abord un slogan qui donne &#224; voir des enfants en pleine autonomie de pens&#233;e, mais s'exer&#231;ant souvent sous contr&#244;le. Un journaliste de la &lt;i&gt;Tribune de Gen&#232;ve&lt;/i&gt; ne manque pas de le remarquer : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;ducateur fait tout, mais il ne faut pas que cela paraisse. Il doit &#234;tre comme l'&#226;me par rapport au corps, comme le moteur dans la machine : l'essentiel, mais demeurer cach&#233;.&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; Il doit comprendre que tout d&#233;pend de lui, mais laisser aux enfants la conviction qu'ils font tout par eux-m&#234;mes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clap de fin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union de 1948 &#224; Trogen, si elle fut quelque part leur acm&#233;, marqua aussi le d&#233;but d'une lente d&#233;construction de cette f&#233;d&#233;ration des r&#233;publiques d'enfants apr&#232;s l'engouement initial. Les joutes oratoires autour des concepts p&#233;dagogiques en d&#233;bat montrent bien qu'entrent dans ce mod&#232;le autant la politique que la morale, autant les arguments de la communaut&#233; que ceux de la famille, du collectif r&#233;g&#233;n&#233;rateur que de l'individu ma&#238;tre de lui-m&#234;me. Et la guerre froide ne va-t-elle pas bient&#244;t recouvrir en Europe toute exp&#233;rience collective d'un voile de communisme dont il faut se m&#233;fier ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Martine Ruchat&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Regroupement de volontaires pacifiques et militants pour la paix en 1920 dans le but de promouvoir la paix, notamment &#224; travers des chantiers internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Les parents continuent de consid&#233;rer l'enfant comme leur propri&#233;t&#233; &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-parents-continuent-de</link>
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		<dc:date>2020-10-20T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Liza Kaka</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>Domination</dc:subject>
		<dc:subject>Domination adulte</dc:subject>
		<dc:subject>adulte</dc:subject>
		<dc:subject>statut</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rarement remise en cause, la domination exerc&#233;e par les adultes sur les enfants appara&#238;t souvent comme &#171; allant de soi &#187;, voire comme une condition sine qua non pour assurer la protection et le &#171; bon d&#233;veloppement &#187; des plus jeunes. Autant de justifications qu'Yves Bonnardel, auteur du livre La Domination adulte : l'oppression des mineurs, refuse en bloc. Pour lui, cette domination est &#224; envisager au m&#234;me titre que les autres : syst&#233;mique et politique, elle profiterait aux premiers sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Domination-adulte" rel="tag"&gt;Domination adulte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/adulte" rel="tag"&gt;adulte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/statut" rel="tag"&gt;statut&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rarement remise en cause, la domination exerc&#233;e par les adultes sur les enfants appara&#238;t souvent comme &#171; allant de soi &#187;, voire comme une condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; pour assurer la protection et le &#171; bon d&#233;veloppement &#187; des plus jeunes. Autant de justifications qu'Yves Bonnardel, auteur du livre &lt;i&gt;La Domination adulte : l'oppression des mineurs&lt;/i&gt;, refuse en bloc. Pour lui, cette domination est &#224; envisager au m&#234;me titre que les autres : syst&#233;mique et politique, elle profiterait aux premiers sans manquer de nuire aux seconds. En compagnie de l'essayiste, tour d'horizon d'une pens&#233;e d&#233;routante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3461 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH762/-1627-7bd75.jpg?1782641436' width='400' height='762' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Liza Kaka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quel type de r&#233;gime se caract&#233;riserait par l'imposition d'horaires pour manger, dormir et travailler, par le contr&#244;le de ses fr&#233;quentations et de son emploi du temps, par l'impossibilit&#233; de saisir la justice,&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;par l'obligation de demander la permission pour tout et n'importe quoi ? Un r&#233;gime dictatorial&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; un &lt;i&gt;r&#233;gime esclavagiste&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? U&lt;/i&gt;n &lt;i&gt;r&#233;gime totalitaire&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Certes, mais c'est aussi le r&#233;gime de l'enfance.&lt;/i&gt; &#187; Voici, savamment r&#233;sum&#233; par la sociologue Charlotte Debest&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une recension intitul&#233;e &#171; Yves Bonnardel : La domination adulte. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le propos de &lt;i&gt;La Domination adulte : l'oppression&lt;/i&gt; &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i&gt;mineurs&lt;/i&gt;, un livre d'Yves Bonnardel paru en 2015 aux &#233;ditions Le H&#234;tre Myriadis. &lt;span style=&#034;position: absolute;left: -43123px;&#034;&gt;The free spins round is the main feature of the Big Bass Splash (&lt;a href = &#034;https://slots-online-canada.ca/slots/big-bass-splash/&#034;&gt;slots-online-canada.ca/slots/big-bass-splash/&lt;/a&gt;) online slot.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chercheur ind&#233;pendant et essayiste, l'auteur semblait jusqu'alors abonn&#233; &#224; la question des luttes animalistes : on pouvait notamment le lire dans les pages des &lt;i&gt;Cahiers antisp&#233;cistes&lt;/i&gt;. Mais en 2015, c'est &#224; un tout autre sujet qu'il s'attaque en consacrant pr&#232;s de 400 pages au d&#233;tricotage des rapports de domination impos&#233;s aux enfants par les adultes. Un sujet aux allures d'impens&#233; qui, comme l'&#233;crit Charlotte Debest, a de quoi provoquer un &#171; &lt;i&gt;d&#233;rangement d'autant plus grand pour celles et ceux qui assurent lutter contre tous les types de domination, et qui en avaient omis une&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;rangeant, ce livre l'est &#233;galement dans la fa&#231;on dont il pousse l'analyse : ici en interrogeant la possibilit&#233; d'une autonomie financi&#232;re pour les minots, l&#224; en remettant en cause le principe m&#234;me d'&#233;ducation. L'ouvrage, pr&#233;fac&#233; par la sociologue et f&#233;ministe Christine Delphy, est aussi intrigant par la mani&#232;re qu'il a de filer la comparaison entre la domination des mineurs et celle des femmes. Par certains aspects, les th&#232;ses d&#233;velopp&#233;es dans ce livre ont donc de quoi d&#233;router. Il n'emp&#234;che : elles offrent assur&#233;ment mati&#232;re &#224; penser l'enfance autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libertaire revendiqu&#233;, Yves Bonnardel se souvient d'avoir &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;un gamin r&#233;volt&#233;&lt;/i&gt; &#187; par la soumission qu'on lui imposait. De ce sentiment d'injustice, il a tir&#233; un bouquin comme d'autres mettent un coup de pied dans une fourmili&#232;re. Entretien&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les ann&#233;es 1970 et 1980, le sujet de la domination exerc&#233;e par les adultes sur les enfants a &#233;t&#233; d&#233;cortiqu&#233; par de nombreux intellectuels ainsi que par certains adolescents eux-m&#234;mes. Quarante ans plus tard la question semble largement d&#233;laiss&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'&#233;poque, il &#233;tait clair que &lt;i&gt;le personnel&lt;/i&gt; &#233;tait politique. Aujourd'hui, cette conscience collective me semble battre de l'aile : comme si les luttes &#233;colo se r&#233;sumaient &#224; manger bio, les luttes animalistes &#224; se nourrir vegan et la question de la domination adulte &#224; adh&#233;rer aux principes de &#8220;l'&#233;ducation bienveillante&#8221;. Aujourd'hui, cette domination n'est plus pens&#233;e comme un m&#233;canisme structurel auquel les r&#233;ponses &#224; apporter sont collectives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon vous, d&#233;boulonner cette domination passerait notamment par l'abrogation du statut de mineur...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sont des choses qui sont r&#233;fl&#233;chies depuis longtemps. &lt;i&gt;[L'&#233;ducateur&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#233;crivain&lt;/i&gt; &lt;i&gt;am&#233;ri&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;cain]&lt;/i&gt; John Holt avan&#231;ait d&#233;j&#224; il y a plusieurs d&#233;cennies que, sous pr&#233;texte de prot&#233;ger l'enfant, le statut de mineur le prive en fait de la plupart des droits fondamentaux dont nous b&#233;n&#233;ficions en tant que majeurs et qui nous permettent de nous soustraire &#224; l'arbitraire et &#224; la violence des autres. Je pense notamment au droit de choisir avec qui on vit, &#224; celui de se d&#233;placer librement ou encore au droit &#224; une vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le statut de mineur pose aussi probl&#232;me dans le rapport &#224; la justice : seuls ceux qui ont autorit&#233; sur les enfants peuvent les repr&#233;senter. Sauf que dans les cas les plus fr&#233;quents, ils ont juste&#8202;ment &#224; p&#226;tir des m&#233;faits de ceux qui ont autorit&#233; sur eux. En th&#233;orie, les enfants peuvent actionner eux-m&#234;mes les proc&#233;dures cens&#233;es les prot&#233;ger, notamment en portant plainte aupr&#232;s du procureur ou en se rendant dans un commissariat. Mais dans les faits, ce n'est pas exag&#233;rer que de dire qu'ils sont priv&#233;s des possibilit&#233;s d'agir et de manipuler ces leviers. D'une part ils ont peu acc&#232;s &#224; l'information, d'autre part ils n'ont aucun moyen de savoir que &#231;a ne va pas se retourner contre eux : si aucune mesure n'est prise pour les prot&#233;&#8202;ger, comment savoir de quelle mani&#232;re les parents vont r&#233;agir au fait que leur enfant ait tent&#233; d'aler&#8202;ter sur ce qu'il vivait ? En somme, on ne permet pas aux enfants de se prot&#233;ger eux-m&#234;mes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour vous, c'est en premier lieu de leur famille que les enfants devraient pouvoir se prot&#233;ger...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 2018, 85 % des parents disaient user de violences sur leurs enfants&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffre avanc&#233; par la Fondation pour l'Enfance en 2018. On parle ici de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Jusqu'en 2019 et la loi contre les violences &#233;ducatives ordinaires, les enfants &#233;taient d'ailleurs la seule cat&#233;gorie de la population envers laquelle il &#233;tait l&#233;galement permis de faire preuve de violence. On peut aussi s'int&#233;resser aux chiffres&lt;i&gt; [effa&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;rants]&lt;/i&gt; concernant les abus sexuels dont les enfants sont victimes. L'anthropologue Doroth&#233;e Dussy parle &#224; ce sujet de &#8220;domination &#233;rotis&#233;e&#8221;. Ces constats devraient suffire &#224; r&#233;former en profondeur, sinon abolir, le statut de mineur et changer vraiment le regard que l'on porte sur la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en outre parler de la famille comme d'une structure contemporaine d'appropriation. Sous l'Ancien R&#233;gime, l'enfant &#233;tait la propri&#233;t&#233; du p&#232;re. Aujourd'hui, on se garde bien de parler de propri&#233;t&#233; : on dit que les parents ont autorit&#233; sur l'enfant dans son &#8220;int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur&#8221;. Mais dans les faits, les parents gardent le pouvoir sur lui et continuent du coup de le consid&#233;rer comme &#8220;&#224; eux&#8221;, une propri&#233;t&#233; sous conditions et sous surveillance, mais une propri&#233;t&#233; quand m&#234;me. Il y a d'ailleurs une id&#233;e fondamentalement ancr&#233;e selon laquelle les parents peuvent faire ce qu'ils veulent de leurs enfants : les &#233;duquer comme ils l'entendent, leur faire croire &#224; la religion qu'ils choisissent ou modeler leur corps sans leur consentement. En cela, la famille est une r&#233;elle structure de contr&#244;le et d'exercice du pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez aussi d'appropriation sociale...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme je le disais, sous l'Ancien R&#233;gime, l'enfant &#233;tait la propri&#233;t&#233; du p&#232;re, devait lui ob&#233;ir et travailler pour lui. Aujourd'hui, la soci&#233;t&#233;, l'&#201;tat et les institutions continuent de s'approprier l'en&#8202;fant. Notamment &#224; travers l'&#233;cole, o&#249; le jeune &#339;uvre surtout &#224; la reproduction sociale, bien qu'il soit cens&#233; y travailler pour son propre bien. L'&#233;cole obligatoire a certes permis de quasiment en finir avec l'exploitation du travail des enfants par leur famille mais c'est aujourd'hui le travail de socialisation, le travail scolaire qui a pris le relais : il s'agit pour l'enfant d'apprendre la discipline, le dressage du corps et la r&#233;signa&#8202;tion. L'id&#233;e est tout de m&#234;me de former de futurs salari&#233;s, de futurs citoyens et de futurs consommateurs. L'&#233;cole conduit donc selon moi avant tout &#224; la reconduction de la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous estimez donc que la scolarisation peut &#234;tre per&#231;ue comme un travail au m&#234;me titre que celui effectu&#233; par les adultes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un fait : entre les heures de pr&#233;sence en classe et les devoirs &#224; faire &#224; la maison, les enfants travaillent plus que beaucoup d'adultes. Et ils le font dans des conditions souvent difficiles qui ont un impact sur leur corps : de nombreux enfants se plaignent de douleurs au dos, notamment &#224; cause des cartables lourds et du fait d'&#234;tre assis toute la journ&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre, vous abordez &#233;galement la question du travail r&#233;mun&#233;r&#233; des enfants, notamment dans les pays du Sud...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsqu'on parle du travail des enfants, on pense au ph&#233;nom&#232;ne massif des enfants exploit&#233;s en Asie, en Afrique ou en Am&#233;rique latine. Les organisations internationales ont estim&#233; qu'il fallait interdire le travail des enfants pour abolir cette exploitation. Sauf que c'est en l'&#233;tat une mesure inapplicable qui ne correspond pas &#224; la r&#233;alit&#233; : sans travail, de nombreux enfants sont tout simplement priv&#233;s de ressources. Pour faire valoir leurs droits, nombre d'entre eux se sont d'ailleurs organis&#233;s. C'est le cas en Afrique avec le MAEJT (Mouvement africain des enfants et jeunes travailleurs), qui f&#233;d&#232;re des enfants travailleurs de plusieurs pays, ou au Nicaragua avec les Natras (&lt;i&gt;Ni&#241;os, ni&#241;as y adolescentes trabajadores&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais : &#171; Gar&#231;ons, filles et adolescents travailleurs &#187;.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;) qui revendiquent la reconnaissance et la r&#233;glementation de leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce propos, des personnes en lien avec des enfants concern&#233;s rapportent que la plupart disent que si leurs parents gagnaient plus d'argent et qu'eux n'&#233;taient plus oblig&#233;s de travailler pour leur survie, ils continueraient de se battre pour leur droit au travail, ce dernier leur offrant une possibilit&#233; de se sentir utile, de d&#233;couvrir le monde et de se forger une forme d'autonomie. &#201;tant pour ma part pour l'abolition du travail, cela m'avait perturb&#233; de d&#233;couvrir ces luttes, et en m&#234;me temps je ne peux que les soutenir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous faites d'ailleurs le parall&#232;le entre les luttes men&#233;es par les enfants pour le droit au travail et celles qui ont &#233;t&#233; men&#233;es par les femmes pour travailler sans l'autorisation de leur mari... Dans quelle mesure est-il convaincant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les femmes subissaient hier un statut de mineur semblable &#224; celui auquel sont toujours soumis les jeunes. C'est parce qu'elles n'&#233;taient pas reconnues comme responsables d'elles-m&#234;mes qu'on leur refusait le droit de voter, d'initier un proc&#232;s, ou celui de travailler sans l'accord de leur p&#232;re ou mari. L'id&#233;ologie de la domina&#8202;tion adulte fonctionne de mani&#232;re similaire : il s'agit de d&#233;nier aux enfants la capacit&#233; de discernement, celle de raisonner et de faire des choix rationnels, pour les priver du pouvoir sur leur vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il existe pourtant une diff&#233;rence fondamentale : l'enfance est un stade transitoire...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est en effet une grosse diff&#233;&#8202;rence. Pourtant &#8220;l'enfant&#8221; aussi est essentialis&#233;. Certes, c'est une essentialisation qui &#233;volue avec le temps mais on ne cesse de le biologiser en se r&#233;f&#233;rant en permanence &#224; son &#226;ge. Il existe une id&#233;e toute faite et tr&#232;s norm&#233;e des qualit&#233;s qui sont cens&#233;es d&#233;finir un enfant de 3 ans, de 8 ans, de 12 ans. Mais les capacit&#233;s des enfants varient beaucoup selon les individus et les diff&#233;rentes cultures. Ainsi, si on prive les enfants de toute possibilit&#233; d'exp&#233;rience, comme c'est le cas aujourd'hui en France, il y des chances qu'ils ne d&#233;veloppent pas beaucoup de capacit&#233;s et on produit alors le type d'enfance qu'on avait proph&#233;tis&#233; : incapable, irresponsable et immature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3462 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH530/-1628-b22c1.jpg?1782653154' width='400' height='530' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Liza Kaka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous remettez &#233;galement en cause le principe m&#234;me d'&#233;ducation...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Compl&#232;tement. C'est aussi ce que pr&#244;nait &lt;i&gt;[l'autrice et journaliste libertaire]&lt;/i&gt; Catherine Baker dans les ann&#233;es 1980, en faisant la promotion de l'individu sur un mode anti-social, c'est-&#224;-dire contre l'id&#233;e m&#234;me d'une soci&#233;t&#233; qui s'imposerait de fa&#231;on ext&#233;rieure &#224; l'individu. Elle voyait dans l'&#233;ducation un bon exemple de la fa&#231;on dont les individus ne sont pas per&#231;us comme s'appartenant &#224; eux-m&#234;mes mais plut&#244;t &#224; une communaut&#233; qui se les appro&#8202;prie, notamment en s'arrogeant le pouvoir de les former pour en faire ses propres mercenaires. L'enfant est vu comme un moyen pour la perp&#233;tuation de la soci&#233;t&#233; et non pas comme &#233;tant en lui-m&#234;me une fin en soi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais &#233;lever un enfant, n'est-ce pas aussi transmettre des valeurs et le penser entre autres comme un acteur de la soci&#233;t&#233; de demain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Catherine Baker s'&#233;levait justement contre &#231;a. Elle disait notamment qu'elle refusait de projeter quoi que ce soit sur sa fille. Il y a aussi dans l'histoire des exemples de telles prises de position. Comme celui de cinq &#233;coles de Hambourg, qui r&#233;unissaient environ 600 &#233;l&#232;ves et qui, &#224; la fin de la Premi&#232;re Guerre mondiale, ont pr&#244;n&#233; l'&#8220;auto-&#233;ducation&#8221;. Elles refusaient quelque endoctrinement que ce soit des enfants, m&#234;me pacifiste ou anarchiste. On parlait alors de vivre ensemble et non plus d'&#233;duquer. Il s'agissait de ne plus avoir de projet, quel qu'il soit, sur les enfants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure, le fait de remettre en question le statut d'enfant n'inviterait-il pas &#224; repenser aussi ce que signifie &#171; &#234;tre adulte &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout &#224; fait. Avant d'&#234;tre intronis&#233; adulte, on passe dix-huit ans sous tutelle, assujetti. Cela nous rend impatient puis content d'&#234;tre lib&#233;r&#233; et de devenir majeur. Ce qui est aussi une fa&#231;on de faire passer la pilule du versant r&#233;pressif de la responsabilit&#233; : les devoirs. &#202;tre adulte, c'est aussi &#234;tre &#8220;responsable de soi-m&#234;me, avoir sa vie &#224; mener&#8221;. Une approche tr&#232;s individualiste qui nie qu'&#224; chaque &#226;ge, on a besoin d'accompagnement et de soutien. Remettre en question le statut de mineur, c'est donc sans doute aussi l'occa&#8202;sion de revoir l'id&#233;e selon laquelle &#8220;l'adulte&#8221; serait un &#234;tre achev&#233; et autonome, pleinement responsable de lui-m&#234;me, mais aussi d&#232;s lors criminalisable et punissable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans une recension intitul&#233;e &#171; Yves Bonnardel : &lt;i&gt;La domination adulte. L'oppression des mineurs&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Nouvelles Questions f&#233;ministes &lt;/i&gt;n&#176; 35 (2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffre avanc&#233; par la Fondation pour l'Enfance en 2018. On parle ici de violences &#233;ducatives ordinaires parmi lesquelles les fess&#233;es et les violences psychologiques comme les cris ou le chantage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En fran&#231;ais : &#171; Gar&#231;ons, filles et adolescents travailleurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; L'urbanisme moderne prive les enfants de ce fabuleux terrain de jeux qu'est la rue &#187;</title>
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		<dc:date>2020-10-12T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Jeremy Boulard Le Fur</dc:subject>
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&lt;p&gt;Trois ou quatre agr&#232;s pos&#233;s l&#224;, des sols qui amortissent les chutes, un peu de couleur pour &#233;gayer l'ensemble et des barri&#232;res pour contenir le tout. En ville, les aires de jeux n'envoient pas franchement du r&#234;ve. Ces rares espaces bien d&#233;limit&#233;s sont davantage construits pour rassurer les parents qu'amuser les enfants. Thierry Paquot, philosophe, a entre autres, coordonn&#233; La Ville r&#233;cr&#233;ative &#8211; Enfants joueurs et &#233;coles buissonni&#232;res . En mobilisant l'histoire, il r&#233;fl&#233;chit &#224; une ville faite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois ou quatre agr&#232;s pos&#233;s l&#224;, des sols qui amortissent les chutes, un peu de couleur pour &#233;gayer l'ensemble et des barri&#232;res pour contenir le tout. En ville, les aires de jeux n'envoient pas franchement du r&#234;ve. Ces rares espaces bien d&#233;limit&#233;s sont davantage construits pour rassurer les parents qu'amuser les enfants. Thierry Paquot, philosophe, a entre autres, coordonn&#233; &lt;i&gt;La Ville r&#233;cr&#233;ative &#8211; Enfants joueurs et &#233;coles buissonni&#232;res&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; en 2015 chez Infolio. Thierry Paquot vient &#233;galement de publier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En mobilisant l'histoire, il r&#233;fl&#233;chit &#224; une ville faite pour et avec eux. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3460 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH401/-1626-6580c.jpg?1782641142' width='400' height='401' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;J&#233;r&#233;my Boulard Le Fur
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel rapport les enfants entretiennent-ils avec l'espace public ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La rue a toujours &#233;t&#233; le lieu privil&#233;gi&#233; des enfants. Dans les cit&#233;s grecques comme dans les villes chinoises d'avant notre &#232;re, les enfants jouaient dans les rues. C'est d'ailleurs toujours le cas dans les villes africaines et sud-am&#233;ricaines du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Ils y travaillent aussi et parfois m&#234;me doivent-ils y dormir&#8230; Les enfants ont toujours su trouver des lieux pour eux, comme les rives d'une rivi&#232;re, les terrains vagues, les jardins, les friches ; ils d&#233;limitent leur territoire sur lequel ils r&#232;gnent sans partage. Il faut dire que les adultes ne se sont jamais pr&#233;oc&#8202;cup&#233;s des attentes des enfants en mati&#232;re d'espace : ces derniers s'inventent donc des lieux, dont ils d&#233;tournent l'usage, comme la cage d'escalier, le couloir qui m&#232;ne aux caves de l'immeuble, le toit des garages, le bosquet &#224; l'entr&#233;e du grand ensemble, etc. Mais l'urbanisme moderne, en consacrant l'automobile, prive les enfants de ce fabuleux terrain de jeux qu'est la rue, devenue hostile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet urbanisme a ainsi r&#233;duit les zones o&#249; les enfants peuvent jouer spontan&#233;ment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les responsables de cet urbanisme qu'ils pensent &#8220;fonc&#8202;tionnel&#8221;, donc &#8220;zon&#233;&#8221; &#8211; chaque quartier a sa sp&#233;cificit&#233; &#8211; oublient syst&#233;matiquement les enfants et plus g&#233;n&#233;ralement les jeunes, car les adolescents ne sont pas mieux trait&#233;s. Ni dans les grandes villes, ni dans les banlieues-dortoirs, ni dans la mar&#233;e pavillonnaire ou dans les villages r&#233;sidentiels, les enfants ne disposent d'un lieu appropri&#233; &#224; leur &#226;ge et &#224; leurs d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;voir de tels lieux demanderait de rompre avec cet urbanisme de la ville productiviste, &#224; l'a&#233;rer, la d&#233;densifier, la planter, l'ouvrir au jeu, &#224; la r&#234;verie. Historiquement, des adultes s'en sont pr&#233;occup&#233;s, comme le m&#233;decin allemand Bernhard Christoph Faust qui milite, au milieu du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, pour des &lt;i&gt;Kinderspielplatz&lt;/i&gt; (emplacement de jeux pour les enfants). Ou encore les partisans des &lt;i&gt;playgrounds&lt;/i&gt; (&#8220;terrains de jeux&#8221;) aux &#201;tats-Unis au tournant des XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles, qui ne sont pas sans arri&#232;re-pens&#233;e disciplinaire : il faut dresser ces enfants des rues, pr&#234;ts &#224; tomber dans la d&#233;linquance, et int&#233;grer ceux des migrants et les Afro-Am&#233;ricains en leur inculquant les valeurs de l'Am&#233;rique blanche et masculine ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les aires de jeux sont donc une invention r&#233;cente ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est le paysagiste danois Carl Theodor Sorensen qui cr&#233;e, en 1931 &#224; Emdrup, le premier &lt;i&gt;junk playground&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce propos l'article de Ferdinand Cazalis &#171; Le gouvernement des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, sorte de terrain vague au c&#339;ur de la ville o&#249; les enfants jouent avec ce qui s'y trouve : des b&#251;ches et des planches, une mare, une carcasse de voiture, etc. Apr&#232;s l'avoir visit&#233;, l'architecte Lady Allen of Hurtwood implante ce mod&#232;le &#224; Londres dans des endroits bombard&#233;s. Avec des gravats, les enfants construisent des cabanes, inventent tout un monde. En Hollande, au lendemain de la guerre, Aldo van Eyck con&#231;oit des aires de jeux minimalistes afin de laisser libre cours &#224; l'imaginaire des enfants. Il en r&#233;alisera 700 dans tout le pays ; il n'en reste aujourd'hui qu'une petite centaine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France le Group Ludic&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif d'architectes actifs entre 1968 et 1990.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; refuse les jeux standardis&#233;s (toboggan, tourniquet, tape-cul...) et ose des structures color&#233;es dont la destination et l'usage changent au gr&#233; de l'humeur et de l'imagination des joueurs. Ces r&#233;alisations visent &#224; l'autonomie des enfants, &#224; la stimulation de leurs cinq sens, &#224; leur inventivit&#233;, sans s'inscrire dans des normes et encore moins dans une quelconque r&#233;cup&#233;ration p&#233;dagogique ! Le jeu n'est jamais scolaire, c'est comme cela que l'enfant apprend, &#224; la fois sur lui, sur les autres, sur les quatre &#233;l&#233;ments (l'air, la terre, l'eau et le feu), sans jamais se mettre en danger, en d&#233;pit de l'obsession s&#233;curitaire des parents ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il une ou des particularit&#233;s fran&#231;aises ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, la peur des adultes ! Elle conduit &#224; l'appauvrissement des terrains d'aventures et &#224; leur transformation en parkings &#224; enfants, par classe d'&#226;ge. Ce sont des agr&#232;s, d'une incroyable banalit&#233;, achet&#233;s sur catalogue, que l'on pose sur un tapis synth&#233;tique qui amortit les chutes. La protection l'emporte sur le vertige du jeu. C'est un espace clinique &#233;loign&#233; de la terre, contre-nature en quelque sorte, mais qui pla&#238;t aux parents, alors m&#234;me que les enfants n'y trouvent que l'ennui r&#233;p&#233;titif...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, l'avis des enfants ne compte pas, ils ne sont que tr&#232;s rarement sollicit&#233;s. On consid&#232;re que l'&#233;cole s'occupe d'eux alors que c'est la ville enti&#232;re qui devrait &#234;tre une &#233;cole ouverte ! Les enfants devraient &#234;tre tout le temps dehors &#224; enqu&#234;ter, se documenter, jouer, apprendre et venir en classe pour faire le point, partager, compl&#233;ter tout ce que leur &#233;tude du milieu leur apporte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'id&#233;e que vous d&#233;fendez est d'int&#233;grer les enfants dans la cit&#233;, sans cr&#233;er des bulles aseptis&#233;es, sp&#233;cifiques. Une ville adapt&#233;e &#224; eux, &#231;a ressemblerait &#224; quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une ville r&#233;cr&#233;ative, &#224; la taille des enfants, &#224; leurs rythmes, exige un changement complet, &#224; la fois de l'urbanisme mais aussi du syst&#232;me scolaire, donc des parents et des accompagnateurs. C'est une ville o&#249; la vitesse automobile est limit&#233;e &#224; 20 km/h ; o&#249; les trottoirs sont &#233;largis pour favoriser les jeux ; o&#249; les plantations sont g&#233;n&#233;ralis&#233;es au point de r&#233;aliser des farandoles vertes qui relient tous les parcs, jardins, espaces verts de la ville ; o&#249; les &#233;coles sont accessibles par un vaste parvis aux couleurs joyeuses au lieu de donner sur un &#233;troit trottoir canalis&#233; par des potelets. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces changements dans l'urbain supposent des transformations philosophiques...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut consid&#233;rer les enfants comme des &#234;tres complets, entiers. Ce sont des citoyens, qui devraient voter d&#232;s l'&#226;ge de 12 ans. Ce sont des &#8220;chercheurs d'hors&#8221; et des &#8220;faiseurs de monde&#8221;. Tout enfant sort de son corps, de sa chambre, de sa maison, de son &#233;cole, de sa ville, il va au-devant de lui et apprend en exp&#233;rimentant, il grandit en lui-m&#234;me en &#233;prouvant. C'est le &lt;i&gt;faire &lt;/i&gt;et le &lt;i&gt;ressentir &lt;/i&gt;qui constituent le &lt;i&gt;conna&#238;tre&lt;/i&gt;, pas la m&#233;morisation de le&#231;ons prodigu&#233;es par des adultes ! Tout enfant vient au monde pour ajouter son monde aux mondes d&#233;j&#224; l&#224;. L'enfance n'est pas un &#226;ge de la vie mais un pays, celui dont nous avons toujours la nostalgie. C'est le pays de notre existence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233; en 2015 chez Infolio. Thierry Paquot vient &#233;galement de publier &lt;i&gt;Demeure terrestre &#8211; Enqu&#234;te vagabonde sur l'habiter&lt;/i&gt; (Terre Urbaine, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce propos l'article de Ferdinand Cazalis &#171; &lt;a href=&#034;https://www.jefklak.org/le-gouvernement-des-playgrounds/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le gouvernement des &lt;i&gt;playgrounds&lt;/i&gt; &#8211; Histoire fragment&#233;e des aires de jeu, 1770-2010&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; (octobre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Collectif d'architectes actifs entre 1968 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Adultes vs enfants : une lutte de classe ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Adultes-vs-enfants-une-lutte-de</link>
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		<dc:date>2020-10-02T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>enfants</dc:subject>
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		<dc:subject>Ritaline</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De toutes les formes de domination, celle que les adultes exercent sur les minots est sans doute la plus r&#233;pandue, la plus visible et, paradoxalement, la moins questionn&#233;e... La sup&#233;riorit&#233; de l'adulte sur l'enfant est rarement remise en cause. De l'avis g&#233;n&#233;ral, les m&#244;mes seraient naturellement inf&#233;rieurs, &#234;tres en devenir plut&#244;t qu'entit&#233;s concr&#232;tes. Interview&#233;e en 2005 par la revue Offensive, l'autrice libertaire Catherine Baker ne disait pas autre chose : &#171; Un enfant, c'est toujours un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De toutes les formes de domination, celle que les adultes exercent sur les minots est sans doute la plus r&#233;pandue, la plus visible et, paradoxalement, la moins questionn&#233;e...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3456 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH707/-1622-52fa8.jpg?1782641142' width='400' height='707' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;L. L. de Mars
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sup&#233;riorit&#233; de l'adulte sur l'enfant est rarement remise en cause. De l'avis g&#233;n&#233;ral, les m&#244;mes seraient &lt;i&gt;naturellement&lt;/i&gt; inf&#233;rieurs, &#234;tres en devenir plut&#244;t qu'entit&#233;s concr&#232;tes. Interview&#233;e en 2005 par la revue &lt;i&gt;Offensive&lt;/i&gt;, l'autrice libertaire Catherine Baker ne disait pas autre chose : &#171; &lt;i&gt;Un enfant, c'est toujours un &#8220;plus tard&#8221; : &#8220;Plus tard, tu comprendras&#8221;, &#8220;Plus tard, tu feras ce que tu veux&#8221;, &#8220;Plus tard, tu seras libre&#8221;, etc. Quand on est enfant, on n'est pas seulement vu comme une p&#226;te mall&#233;able, mais aussi comme un sous-individu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les formes de domination, celle que les adultes exercent sur les minots est sans doute la plus r&#233;pandue, la plus visible et, paradoxalement, la moins questionn&#233;e. Dans l'immense majorit&#233; des familles, tous milieux sociaux confondus, il est commun&#233;ment admis de contraindre les enfants et de d&#233;cider &#224; leur place : &lt;i&gt;apr&#232;s tout, c'est pour leur bien&lt;/i&gt;. Car un gamin, on est quasiment tous d'accord l&#224;-dessus, &#231;a ne se rend pas compte, c'est fragile, &#231;a ne sait pas faire. Alors, quand des voix dissonantes, militant par exemple pour l'abrogation du statut de mineur &lt;i&gt;(lire pp. II &amp; III)&lt;/i&gt;, viennent nous dire qu'il convient de mettre la &lt;i&gt;domination adulte&lt;/i&gt; sur le m&#234;me plan que les autres et de s'y opposer de fa&#231;on similaire, le plongeon id&#233;ologique est vertigineux. Perturbant. Parce qu'il fait de nous, adultes, des oppresseurs syst&#233;miques. Une vision excessive ? &#192; certains &#233;gards peut-&#234;tre. Reste que dans cette soci&#233;t&#233;, les m&#244;mes payent un lourd tribut aux errements de leurs a&#238;n&#233;s &#8211; qui refusent bien souvent de le voir.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au vrai, seules les manifestations les plus criantes de la domination adulte &#8211; les violences physiques et les s&#233;vices sexuels &#8211; sont unanimement condamn&#233;es. Et encore : si d&#233;noncer la fa&#231;on dont certains adultes se d&#233;foulent en tabassant leurs enfants semble faire consensus, le recours aux fess&#233;es, aux cris et &#224; l'humiliation divise davantage. En t&#233;moignent les d&#233;bats houleux, &#224; l'&#233;t&#233; 2019, autour de l'adoption de la loi contre les &#171; violences &#233;ducatives ordinaires &#187;. Dans les m&#233;dias, certains parents s'offusquaient alors que le l&#233;gislateur leur interdise le recours aux &#171; &lt;i&gt;petites claques&lt;/i&gt; &#187; en arguant que cela ne regardait personne, pendant que d'autres se demandaient sinc&#232;rement comment &#233;duquer sans corrections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;docriminalit&#233;, elle, a mis longtemps &#224; &#234;tre reconnue comme un probl&#232;me de soci&#233;t&#233; majeur. Il a d'ailleurs fallu de nombreuses ann&#233;es pour que soit reconsid&#233;r&#233;s, sur certains points, les effets de la &#171; r&#233;volution sexuelle &#187; sur les enfants : reconna&#238;tre aux plus jeunes le droit de d&#233;sirer et d'exp&#233;rimenter a aussi constitu&#233; une br&#232;che dans laquelle nombre d'adultes se sont engouffr&#233;s pour assouvir leurs fantasmes. Il n'y a qu'&#224; voir la complaisance dont a longtemps b&#233;n&#233;fici&#233; le sinistre Gabriel Matzneff pour se rendre compte de l'&#233;tendue du chemin qu'il reste &#224; parcourir.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si l'on a encore du mal &#224; regarder en face la violence dont font preuve beaucoup d'adultes &#224; l'&#233;gard des enfants, on semble moins h&#233;si&#8202;tant quand il s'agit de r&#233;primer celle de ces derniers. En t&#233;moigne le nombre de jeunes incarc&#233;r&#233;s, hier comme aujourd'hui, sur d&#233;cision de justice. Des bagnes pour enfants du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle aux &#233;tablissements p&#233;nitentiaires pour mineurs d'aujourd'hui, la logique est la m&#234;me : enfermer pour mater &lt;i&gt;(pp. IX, X &amp; XI)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de piti&#233; non plus pour les mioches turbulents, comme le raconte le journaliste Julien Brygo dans son enqu&#234;te sur &#171; &lt;i&gt;la pilule de l'ob&#233;issance&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde Diplomatique (d&#233;cembre 2019).&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la Ritaline. Un m&#233;dicament cousin des amph&#233;tamines, cens&#233; &#171; contenir &#187; les troubles de l'hyperactivit&#233; et que des milliers et des milliers de parents s'arrachent. Utilis&#233;e &#224; tout-va aux &#201;tats-Unis depuis un paquet d'ann&#233;es, la Ritaline commence &#224; trouver un march&#233; en France : &#171; &lt;i&gt;62 000 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;enfants&lt;/i&gt; &#187; en ont consomm&#233; en 2016. C'est que cette &#171; &lt;i&gt;pilule miracle&lt;/i&gt; &#187; est aussi prescrite pour d&#233;livrer &#171; &lt;i&gt;les enfants d'une liste impressionnante d'imperfections, de la f&#226;cheuse tendance &#224; se cabrer devant une t&#226;che fastidieuse au rejet pur et simple de l'autorit&#233;, en passant par l'inattention ou la d&#233;concentration&lt;/i&gt; &#187;. Ton rejeton ne marche pas droit ? Tu le bourres de cachets. Pratique.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S'il y en a un qu'on cachetonnerait bien &#224; la Ritaline pour calmer ses outrances, c'est Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'&#201;ducation nationale, partisan revendiqu&#233; de l'injonction &#224; venir &#224; l'&#233;cole &#171; &lt;i&gt;habill&#233; d'une fa&#231;on r&#233;publicaine&lt;/i&gt; &#187;. Ou comment l'&#201;tat s'arroge le droit de d&#233;cider de quel bout de tissu un ado peut ou non couvrir son corps. Premi&#232;res dans le viseur, les filles, pri&#233;es de ne porter des jupes ni trop longues &#8211; sous peine d'&#234;tre tax&#233;es de chantre de l'islamisme &#8211;, ni trop courtes &#8211; pour ne pas &lt;i&gt;perturber&lt;/i&gt; leurs camarades masculins. R&#233;volt&#233;es par les r&#232;glements abusifs &#233;dict&#233;s dans certains &#233;tablissements, des milliers d'ados ont r&#233;cemment men&#233; la fronde : rassembl&#233;es derri&#232;re le hashtag &lt;i&gt;#Lundi14septembre&lt;/i&gt;, des coll&#233;giennes et lyc&#233;ennes de toute la France ont d&#233;boul&#233; en cours v&#234;tues des fringues du scandale. Une r&#233;volte 2.0 qui rappelle que les mineurs ont r&#233;solument un r&#244;le politique &#224; jouer &#8211; comme l'avait d&#233;j&#224; montr&#233; le mouvement des gr&#232;ves scolaires contre l'inaction climatique des gouver&#8202;nements.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on parle de repenser l'id&#233;e m&#234;me d'enfance et d'accorder plus de droits aux mineurs, certains d&#233;fendent qu'il faudrait au contraire les pr&#233;server le plus longtemps possible des affres du monde des adultes. C'est oublier au passage qu'on a d&#233;j&#224; fait sortir un bon paquet de minots de l'enfance, sans qu'ils n'en retirent le moindre avantage. C'est en substance ce qu'explique Fatima Ouassak dans &lt;i&gt;La Puissance des m&#232;res &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;couverte, 2020.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, un livre dans lequel elle d&#233;nonce entre autres la &#171; &lt;i&gt;d&#233;senfantisation&lt;/i&gt; &#187; dont font l'objet les jeunes &#8211; racis&#233;s &#8211; des quartiers populaires qui &#171; &lt;i&gt;ne sont pas trait&#233;s comme des enfants mais comme des menaces pour la survie du syst&#232;me&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;. Ils ne sont plus que des adultes probl&#233;matiques en devenir, de simples probl&#232;mes &#224; r&#233;gler.&lt;/i&gt; &#187; Et l'autrice d'appeler les m&#232;res de ces jeunes &#224; refuser le r&#244;le auquel l'&#201;tat les assigne : &#171; &lt;i&gt;temp&#233;rer la r&#233;action de l'enfant face &#224; l'injustice, temp&#233;rer sa col&#232;re, calmer le jeu&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si, au lieu de chercher sans cesse &#224; brider la fougue de la jeunesse &#8211; notamment via le cadre ultracomp&#233;titif de la scolarit&#233; &#8211;, on cherchait un peu &#224; la comprendre &lt;i&gt;(pp. VI &amp; VII)&lt;/i&gt; ? Si on admettait qu'elle a des choses &#224; nous apprendre ? Si on lui conc&#233;dait un peu d'espace &lt;i&gt;(p. IV)&lt;/i&gt;, un peu de temps ? Les soci&#233;t&#233;s occidentales &#233;tant vieillissantes, les enfants y repr&#233;sentent une part de moins en moins importante de la population. Ce n'est pas une raison pour ne pas questionner le sort r&#233;serv&#233; &#224; cette minorit&#233; domin&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; (d&#233;cembre 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La D&#233;couverte, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;191</title>
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		<description>
&lt;p&gt;En couverture : &#171; Ouvrez, ouvrez la cage aux minots &#187; (illustration : C&#233;cile K.) Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre kiosquier ou de vous abonner... Actualit&#233;s d'ici et d'ailleurs Un incendie, ce n'est pas que les flammes &#8211; Depuis mi-ao&#251;t, de gigantesques incendies ravagent la c&#244;te Ouest des &#201;tats-Unis. Au-del&#224; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cecile-K" rel="tag"&gt;C&#233;cile K.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une_focus" rel="tag"&gt;une_focus&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/adultes" rel="tag"&gt;adultes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/debut" rel="tag"&gt;d&#233;but&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton3210-b165a.jpg?1782696914' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En couverture : &#171; Ouvrez, ouvrez la cage aux minots &#187; (illustration : &lt;a href=&#034;http://cecilek.fr/affiches&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C&#233;cile K.&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no191-octobre-2020' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre kiosquier&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici et d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Un incendie, ce n'est pas que les flammes&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis mi-ao&#251;t, de gigantesques incendies ravagent la c&#244;te Ouest des &#201;tats-Unis. Au-del&#224; des images spectaculaires, cette catastrophe a de s&#233;v&#232;res cons&#233;quences sociales. R&#233;cit intime et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Exil&#233;&#183;es en M&#233;diterran&#233;e : le naufrage moral de l'Europe&lt;/strong&gt; &#8211; La M&#233;diterran&#233;e
centrale vient de conna&#238;tre un nouvel &#233;t&#233; de cauchemar, rythm&#233; par d'incessants naufrages de bateaux d'exil&#233;&#183;es en route pour l'Europe. Analyse cartographique de situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le Portugal face &#224; son pass&#233; colonial&lt;/strong&gt; &#8211; Pendant des si&#232;cles, le Portugal s'est r&#234;v&#233; comme plus humain et moins raciste que les autres puissances coloniales. &#192; l'heure o&#249; l'extr&#234;me droite s'y r&#233;veille, le mythe vole en &#233;clats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Njinga, m&#232;re de la nation angolaise&lt;/strong&gt; &#8211; Au d&#233;but du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en Afrique centrale, une femme s'est soulev&#233;e contre l'invasion des colons portugais. La reine Njinga, cheffe d'&#201;tat et cheffe de guerre, dut ses succ&#232;s autant &#224; sa vision politique qu'&#224; son habilet&#233; militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Maintien de l'ordre : reculer pour mieux reculer&lt;/strong&gt; &#8211; La clique de la place Beauvau vient de sortir son dernier tube, intitul&#233; &#171; Sch&#233;ma national du maintien de l'ordre &#187;, version 2020. Une production qui fera date, tant elle grave dans le marbre les r&#233;cents errements en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : la domination adulte en question&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3456 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH707/-1622-52fa8.jpg?1782641142' width='400' height='707' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;L. L. de Mars
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Adultes &lt;i&gt;vs&lt;/i&gt; enfants, une lutte de classe ?&lt;/strong&gt; &#8211; De toutes les formes de domination, celle que les adultes exercent sur les minots est sans doute la plus r&#233;pandue, la plus visible et, paradoxalement, la moins questionn&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Les parents continuent de consid&#233;rer l'enfant comme leur propri&#233;t&#233; &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Rarement remise en cause, la domination exerc&#233;e par les adultes sur les enfants appara&#238;t souvent comme &#171; allant de soi &#187;, voire comme une condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; pour assurer la protection et le &#171; bon d&#233;veloppement &#187; des plus jeunes. Autant de justifications qu'Yves Bonnardel, auteur du livre &lt;i&gt;La Domination adulte : l'oppression des mineurs&lt;/i&gt;, refuse en bloc. Pour lui, cette domination est &#224; envisager au m&#234;me titre que les autres : syst&#233;mique et politique, elle profiterait aux premiers sans manquer de nuire aux seconds. En compagnie de l'essayiste, tour d'horizon d'une pens&#233;e d&#233;routante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; L'urbanisme moderne prive les enfants du fabuleux terrain de jeux qu'est la rue &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Trois ou quatre agr&#232;s pos&#233;s l&#224;, des sols qui amortissent les chutes, un peu de couleur pour &#233;gayer l'ensemble et des barri&#232;res pour contenir le tout. En ville, les aires de jeux n'envoient pas franchement du r&#234;ve. Ces rares espaces bien d&#233;limit&#233;s sont davantage construits pour rassurer les parents qu'amuser les enfants. Thierry Paquot, philosophe, a entre autres, coordonn&#233; &lt;i&gt;La Ville r&#233;cr&#233;ative &#8211; Enfants joueurs et &#233;coles buissonni&#232;res&lt;/i&gt;. En mobilisant l'histoire, il r&#233;fl&#233;chit &#224; une ville faite pour et avec eux. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#192; Grenoble, un lyc&#233;e &#224; visage humain&lt;/strong&gt; &#8211; Pas de surveillants, pas de sonnerie, pas de carnet de correspondance ni de conseil de discipline. Mais des effectifs r&#233;duits et une &#233;quipe d'enseignants ouverts au dialogue, pr&#234;ts &#224; v&#233;ritablement &lt;i&gt;rencontrer&lt;/i&gt; les &#233;l&#232;ves, en les acceptant tels qu'ils sont. Depuis vingt ans &#224; Grenoble, le Clept (Coll&#232;ge lyc&#233;e &#233;litaire pour tous) accueille chaque ann&#233;e une centaine de jeunes, tellement d&#233;go&#251;t&#233;s du syst&#232;me scolaire qu'ils l'avaient quitt&#233;. En souplesse, cet &#233;tablissement public alternatif montre qu'une autre &#233;cole est possible. Et r&#233;v&#232;le en creux les tares du mod&#232;le dominant, coercitif et excluant. Reportage &amp; souvenirs de jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Les r&#233;publiques d'enfants : l'autogestion des plus jeunes au service des id&#233;aux des adultes&lt;/strong&gt; &#8211; D&#232;s le d&#233;but de la Seconde Guerre mondiale, des millions de minots sont s&#233;par&#233;s de leurs parents. &#192; travers l'Europe, des communaut&#233;s se forment pour les accueillir. Appel&#233;es &#171; r&#233;publiques d'enfants &#187;, certaines doublent leur vocation humanitaire d'une utopie p&#233;dagogique. On y d&#233;fend l'autonomie et l'autogestion des m&#244;mes, qui &#233;lisent leur propre maire, &#233;laborent leur propre syst&#232;me de justice&#8230; Mais l'enfant, cens&#233; &#234;tre plac&#233; au centre du dispositif, n'est-il pas finalement l'instrument d'un projet de soci&#233;t&#233; pens&#233; par et pour les adultes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; On ramassait les enfants vagabonds comme des escargots &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Des prisons pour enfants de la &#171; Belle &#187; &#201;poque &#224; la r&#233;bellion des m&#244;mes illustr&#233;e par le film &lt;i&gt;Z&#233;ro de conduite,&lt;/i&gt; en passant par les d&#233;boires carc&#233;raux du jeune anarchiste Miguel Almereyda, l'historienne Anne Steiner revient ici sur le sort r&#233;serv&#233; aux mineurs &#171; turbulents &#187; fin XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et d&#233;but XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Quand ils ressortent, ils sont beaucoup plus en col&#232;re... &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; En mati&#232;re de traitement de la d&#233;linquance, l'esprit du temps est davantage &#224; la r&#233;pression carc&#233;rale qu'&#224; l'innovation &#233;ducative. Une tendance que d&#233;nonce Carlos Lopez, &#233;ducateur, syndicaliste et militant &#224; l'Observatoire international des prisons. Interview.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Le rem&#232;de est pire que le mal &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; C'est l'histoire d'une enfance &#224; l'ombre. Celle d'un adolescent des ann&#233;es 1960-70, d'abord plac&#233; chez les cur&#233;s, puis ballot&#233; d'&#233;tablissements &#171; &#233;ducatifs &#187; en centres pour jeunes d&#233;tenus. Avant de conna&#238;tre pendant vingt-cinq ans la prison, celle des grands. En 2006, Thierry Chatbi confiait au journal anticarc&#233;ral &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; le r&#233;cit de ses jeunes ann&#233;es. Nous en republions ici une partie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bouquins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Gilets jaune : bilan avant reprise ?&lt;/strong&gt; &#8211; Avec &lt;i&gt;La R&#233;volte des Gilets jaunes&lt;/i&gt;, le collectif Ahou ahou ahou livre une analyse claire et r&#233;solument engag&#233;e d'une r&#233;volte surgie il y a moins de deux ans, si explosive et inattendue qu'elle a fait vaciller le pouvoir et remis en cause beaucoup de certitudes en mati&#232;re de luttes sociales. De quoi s'armer pour la prochaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Antis&#233;mitisme : face &#224; l'indulgence, l'intransigeance&lt;/strong&gt; &#8211; Dans &lt;i&gt;Les Empoisonneurs&lt;/i&gt;, S&#233;bastien Fontenelle montre notamment comment les &#233;ditocrates r&#233;actionnaires minorent l'antis&#233;mitisme issu de leur rang, alors qu'ils mettent r&#233;guli&#232;rement en exergue celui exprim&#233; par certains musulmans. Un autre avatar de l'islamophobie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Azenstarck a fini sa p&#233;loche&lt;/strong&gt; &#8211; Photographe des gr&#232;ves et des luttes, des usines et des bidonvilles, Georges Azenstarck a disparu d&#233;but septembre. Multipliant les clich&#233;s pour &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Vie ouvri&#232;re&lt;/i&gt; ou encore l'agence Rapho, il avait aussi immortalis&#233; l'ineffa&#231;able : le massacre d'Alg&#233;riens du 17 octobre 1961 &#224; Paris. Ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; Marseille, un camarade de route de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; l'avait fr&#233;quent&#233;. Souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Rubrique-en-greve' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rubrique en gr&#232;ve&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Il-est-ou-le-virus-il-est-ou' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Il est o&#249; le virus, il est o&#249; ?&lt;/a&gt; / &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3455 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/-25.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783456042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;191 de CQFD en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Au Congo-Kinshasa, c'est le rem&#232;de qui risque de tuer le malade</title>
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		<dc:date>2020-06-17T14:10:08Z</dc:date>
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&lt;p&gt;En R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, le Covid-19 reste encore discret. Mais les mesures prises pour &#233;viter sa propagation ont des effets secondaires n&#233;fastes. Entre autres ph&#233;nom&#232;nes, la fermeture des fronti&#232;res, le ralentissement de l'&#233;conomie et la r&#233;duction des budgets humanitaires d&#233;di&#233;s &#224; d'autres maladies pourraient faire bien plus de morts que le coronavirus. Photojournaliste bas&#233; &#224; Goma, dans l'Est du pays, Alexis Huguet raconte ici la crise sanitaire dans sa version congolaise, sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alexis-Huguet-274" rel="tag"&gt;Alexis Huguet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grande-Simba" rel="tag"&gt;grande Simba&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fraiche-s-il" rel="tag"&gt;fra&#238;che s'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lac-Kivu" rel="tag"&gt;Lac Kivu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kivu-Lodge" rel="tag"&gt;Kivu Lodge&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, le Covid-19 reste encore discret. Mais les mesures prises pour &#233;viter sa propagation ont des effets secondaires n&#233;fastes. Entre autres ph&#233;nom&#232;nes, la fermeture des fronti&#232;res, le ralentissement de l'&#233;conomie et la r&#233;duction des budgets humanitaires d&#233;di&#233;s &#224; d'autres maladies pourraient faire bien plus de morts que le coronavirus. Photojournaliste bas&#233; &#224; Goma, dans l'Est du pays, Alexis Huguet raconte ici la crise sanitaire dans sa version congolaise, sans oublier de jeter un regard caustique sur lui-m&#234;me et ses semblables : les reporters, chercheurs et humanitaires occidentaux qui &#171; &lt;i&gt;vivent des crises&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3370 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;159&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1557-d5050.jpg?1782692651' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;P&#233;riph&#233;rie de Goma, 28 mars 2019. Un policier congolais arr&#234;te des v&#233;hicules &#224; un barrage routier dans le cadre de la lutte contre Ebola.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Alexis Huguet
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Une grande Simba, bien fra&#238;che s'il vous pla&#238;t&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Accoud&#233; &#224; la balustrade du Lac Kivu Lodge, j'allume une cigarette en attendant ma bi&#232;re. Je dois l'avouer, je suis un peu f&#233;brile ce soir. Nous sommes &#224; la mi-mars. L'atmosph&#232;re est douce mais il n'y a presque pas de clients. Seulement trois autres Fran&#231;ais, tout aussi excit&#233;s que moi, dans l'ambiance tamis&#233;e d'une terrasse chic &#224; l'Est de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC). Nous attendons impatiemment de voir la t&#234;te de Macron appara&#238;tre sur l'&#233;cran fix&#233; au mur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle ironie du sort ! Cela fait un an et demi que nous, journalistes, humanitaires, chercheurs, engloutissons des cocktails sur cette terrasse, les yeux dans le coucher de soleil, &#224; deviser sur les morts d'Ebola. Entre deux bouch&#233;es de risotto aux c&#232;pes, nous nous indignons de l'inint&#233;r&#234;t de l'Occident pour cette &#233;pid&#233;mie qui a tu&#233; en vingt mois plus de 2 000 personnes dans d'horribles souffrances, ici, dans les Kivus. Un coin d'Afrique aux paysages de montagnes enchanteurs, mais qui semble damn&#233; depuis le g&#233;nocide des Tutsis au Rwanda voisin en 1994. Cet &#233;pisode sanguinaire a enfant&#233; un nombre incalculable de conflits arm&#233;s, d'&#233;pid&#233;mies et de crises humanitaires au milieu desquelles les habitants de l'Est du Congo slaloment encore pour survivre &#8211; vingt-six ans apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous sommes en guerre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Macron vient d'entrer en piste. Je m'&#233;touffe dans ma fum&#233;e de clope en entendant l'anaphore martiale d'un enfant du monde Uber 2.0 qui ne conna&#238;t rien au quotidien de la guerre. Les quatre &lt;i&gt;Frenchies&lt;/i&gt; que nous sommes l'insultons copieusement par-dessus le clapotis des vagues qui caressent le ponton de notre restaurant. Ce soir, vu de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, j'ai un peu l'impression que les p&#244;les se sont invers&#233;s. J'ai ce sentiment honteux en moi de &#171; &lt;i&gt;Ah&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Maintenant c'est vous qui gal&#233;rez&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; C'est moche, mais c'est peut-&#234;tre parce que j'ai tout le temps l'impression que le monde entier se fout gaiement de toutes les mis&#232;res d'ici. Oui, il m'arrive d'&#234;tre content de me dire que &#231;a d&#233;conne aussi de l'autre c&#244;t&#233;. Du c&#244;t&#233; riche, du c&#244;t&#233; pr&#233;tentieux du monde. Du c&#244;t&#233; qui se sent invincible. Du c&#244;t&#233; d'o&#249; je viens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Voil&#224; Monsieur Alexis. Votre bi&#232;re, Monsieur Alexis.&lt;/i&gt; &#187; Dans son costume de majordome, le serveur me tend religieusement la bouteille givr&#233;e. Ni lui ni ses coll&#232;gues ne sont vraiment bouscul&#233;s par le discours de notre jeune pr&#233;sident va-t-en-guerre. &#192; dire vrai, ils sont plut&#244;t hilares de voir tous ces &lt;i&gt;bazungu&lt;/i&gt; (les Blancs, en kiswahili) affol&#233;s. Pour eux, enfants des pays pauvres, enfants du &#171; tiers monde &#187;, d&#233;pouill&#233;s de leur humanit&#233; et transmu&#233;s en statistiques d&#232;s lors qu'ils enfourchent un Zodiac crev&#233; sous le feu libyen, c'est plut&#244;t cocasse de voir les fiers dirigeants de l'Occident, donneurs de le&#231;ons depuis des temps imm&#233;moriaux, perdre la face en se contredisant &#224; chaque point-presse devant les t&#233;l&#233;s du monde. Ce soir, nos serveurs sont plus pr&#233;occup&#233;s par de possibles fusillades sur le trajet du retour &#224; la maison ou par la sant&#233; d'un de leurs enfants encore frapp&#233; par la malaria, que par les mesures de confinement qui fleurissent en Europe. Ils en ont vu d'autres, des crises, dans la r&#233;gion. Et ils continuent d'en subir &#8211; et des plus structurelles et des sauvagement mortelles.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce soir-l&#224;, le SARS-CoV-2 paraissait encore bien loin de Goma&lt;/strong&gt; et de la r&#233;gion des Grands Lacs (Ouganda, Rwanda, Burundi, Est de la RDC). Pourtant, il accaparait d&#233;j&#224; notre espace mental, nourrissant nos fantasmes et nos peurs. C'est que les m&#233;dias &#171; internationaux &#187;, prisme d&#233;formant de la vie de notre esp&#232;ce sur Terre, n'avaient d&#233;j&#224; plus que cet unique mot dans leur dictionnaire : coronavirus. Et nous, tout en sirotant des &lt;i&gt;gin and tonic&lt;/i&gt; dans la brise du lac, suivions hypnotis&#233;s la litanie macabre des morts au nord de l'Italie et &#224; Madrid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme drogu&#233;s, les pupilles riv&#233;es sur Trump, Johnson et Macron, nous n'&#233;tions pas en train de documenter les aventures du bacille virgule (agent pathog&#232;ne du chol&#233;ra) dans les alpages verdoyants du Masisi. Pourtant, &#224; moins de trois heures de piste boueuse de notre Lac Kivu Lodge, il en vidait des intestins de gosses, entass&#233;s sous des b&#226;ches plastiques, apr&#232;s avoir fui les combats de leurs grands fr&#232;res. Pas de point-presse ni de cam&#233;ra non plus dans les centres de sant&#233; du territoire d'Aru, quelques centaines de kilom&#232;tres plus au nord. Dans la steppe assomm&#233;e de soleil, &#224; deux pas du Soudan du Sud, un morbillivirus &#8211; lointain cousin des coronavirus, responsable de la rougeole &#8211; emportait les enfants par dizaines.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis un an et demi, la rougeole besogne donc tranquille&lt;/strong&gt;, &#224; l'abri des regards, tuant m&#233;ticuleusement les plus jeunes qui ont le malheur d'&#233;chapper aux campagnes de vaccination. Quelques organisations humanitaires tentent bien d'acheminer, &#224; dos de moto, des &lt;i&gt;lunchs-boxes&lt;/i&gt; isothermes contenant quelques centaines de milliers de vaccins aux quatre coins du pays. Mais pour ces campagnes-l&#224;, les ONG manquent de moyens : la rougeole, &#231;a n'est pas vendeur. Au vrai, m&#233;dias et bailleurs de fonds occidentaux s'en tamponnent un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que dans le vaste univers des crises sanitaires, il est des maladies sexy et d'autres qui ne le sont pas. &#171; &lt;i&gt;Les financements d&#233;pendent beaucoup de l'impact que peut avoir telle ou telle &#233;pid&#233;mie sur les pays bailleurs&lt;/i&gt; &#187;, explique un employ&#233; de la Banque mondiale en Afrique centrale. Pr&#233;f&#233;rant garder l'anonymat, l'homme encha&#238;ne en prenant l'exemple de la lutte contre le virus Ebola, qui a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une couverture journalistique et de financements majeurs : &#171; &lt;i&gt;La vraie motivation derri&#232;re, c'&#233;tait quand m&#234;me qu'Ebola aurait pu atteindre l'Europe ou les &#201;tats-Unis. C'est &#231;a qui fait peur&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Et c'est donc beaucoup plus facile de convaincre les parlements dans les pays qui donnent beaucoup d'argent pour qu'ils donnent encore plus afin de pr&#233;venir une pand&#233;mie globale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre aspect du probl&#232;me : comme la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187; occidentale a ses limites, pour habiller Paul il faut souvent d&#233;shabiller Pierre. Ebola a donc trust&#233; des fonds auparavant utilis&#233;s pour lutter contre d'autres maladies moins spectaculaires, plus &#171; banales &#187; mais n&#233;anmoins ravageuses. Le Covid-19 jouera-t-il le m&#234;me r&#244;le d&#233;l&#233;t&#232;re ? Beaucoup le craignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re : l'actuelle foire d'empoigne sur le march&#233; des mat&#233;riels de protection individuelle n'arrange rien. La France, pourtant &#233;tablie du bon c&#244;t&#233; du monde, en avait fait les frais fin mars. Elle s'&#233;tait fait squeezer &#224; la derni&#232;re minute par les &#201;tats-Unis qui, semble-t-il&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une commande fran&#231;aise de masques d&#233;tourn&#233;e vers les &#201;tats-Unis sur un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, rachetaient &lt;i&gt;cash&lt;/i&gt; les stocks de masques destin&#233;s &#224; d'autres, directement sur les tarmacs des a&#233;roports chinois. Or, que p&#232;se-t-on &#224; la cri&#233;e m&#233;dicale de Shenzhen ou de Zhengzhou quand on s'appelle R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, Niger ou Gambie ? &#192; peu pr&#232;s rien du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin mai, M&#233;decins sans fronti&#232;res (MSF) a donc appel&#233; &#171; &lt;i&gt;de toute urgence&lt;/i&gt; &#187; &#224; la r&#233;gulation de ce march&#233; d&#233;loyal &#171; &lt;i&gt;afin d'assurer une distribution plus &#233;quitable du mat&#233;riel m&#233;dical&lt;/i&gt; &#187;. Coordinatrice des urgences de l'organisation en RDC, Trish Newport insiste : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;quipements de protection individuelle, tels que les gants et les masques, ne sont pas seulement utilis&#233;s pour faire face &#224; la pand&#233;mie de Covid-19. En RDC par exemple, MSF r&#233;pond actuellement &#224; de nombreuses situations d'urgence, notamment l'&#233;pid&#233;mie de rougeole en cours et le grand nombre de personnes qui ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es par les violences.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me quand il s'agit de traiter des maladies courantes comme la malaria et les diarrh&#233;es, ces &#233;quipements sont n&#233;cessaires &#171; &lt;i&gt;pour assurer la s&#233;curit&#233; du personnel et des patients&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 30 mai, la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo comptait officiellement 3 070 cas confirm&#233;s&lt;/strong&gt; de contamination au coronavirus, pour 72 d&#233;c&#232;s. Des chiffres certainement sous-estim&#233;s, puisqu'il n'existe pour tout le pays &#8211; grand comme quatre fois la France &#8211; qu'un seul laboratoire en capacit&#233; de proc&#233;der aux tests. La situation g&#233;n&#233;rale ne fait toutefois gu&#232;re de doute : ici, l'&#233;pid&#233;mie est incomparablement moins virulente que, par exemple, chez l'ancien colon belge. De Kinshasa &#224; Lumumbashi, plus que le poison, c'est l'antidote qui risque de mettre le pays &#224; mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan des libert&#233;s publiques, les couvre-feux nocturnes qui s&#233;vissent depuis fin mars dans certaines r&#233;gions font les choux gras d'une police souvent violente et corrompue. La fermeture des fronti&#232;res, elle, repr&#233;sente un double coup dur. D'une part, les approvisionnements en m&#233;dicaments et mat&#233;riel m&#233;dical, d&#233;j&#224; laborieux d'habitude, risquent d'arriver au compte-goutte et avec un co&#251;t de transport exorbitant. D'autre part, l'&#233;conomie est dans le rouge : les importations de denr&#233;es alimentaires et les exportations de minerais (principale richesse du pays) connaissent de graves difficult&#233;s. En cette fin mai, bars et restaurants gardent porte close tandis que les transports restent perturb&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Ici, les restrictions li&#233;es au Covid pourraient &#234;tre pires que la maladie elle-m&#234;me,&lt;/i&gt; s'alarme une responsable humanitaire bas&#233;e au Nord-Kivu. &lt;i&gt;Beaucoup d'entreprises sont ferm&#233;es et &#224; cause des mesures beaucoup de gens ne peuvent plus travailler. &#192; Goma, le prix de la nourriture a beaucoup augment&#233;. Les effets se voient beaucoup plus vite ici que, par exemple, en Europe, o&#249; les gouvernements peuvent toujours un peu aider avec de l'argent si tu as perdu ton emploi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me, d'ordre m&#233;dical : le renoncement aux soins. Selon MSF, beaucoup de patients de la province de Kinshasa, qu'ils soient touch&#233;s par la rougeole, le paludisme ou le VIH, arr&#234;tent de fr&#233;quenter les structures de sant&#233; de peur d'y attraper le coronavirus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion globale de Karel Janssens, le chef de mission belge de MSF &#224; Kinshasa ? &#171; &lt;i&gt;La situation sanitaire est gravissime.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Flashback&lt;/strong&gt;. A&#233;roport de Goma, le 27 avril. Je tra&#238;ne p&#233;niblement ma valise en direction du comptoir d'enregistrement. Derri&#232;re mon masque FFP &#224; 1,5 dollar am&#233;ricain &#8211; plus que le revenu journalier moyen en RDC&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la Banque mondiale, le revenu national brut par habitant en RDC est de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; je scrute les logos sur les tee-shirts des passagers qui m'entourent. Toute la plan&#232;te humanitaire est l&#224;. Sauve qui peut ! Chacun rentre chez soi, essentiellement en Europe et en Am&#233;rique du Nord. Ce vol charter, d&#233;rogatoire &#224; la fermeture g&#233;n&#233;rale des fronti&#232;res, a &#233;t&#233; affr&#233;t&#233; sp&#233;cialement pour nous &#8211; le prix du billet est tellement ind&#233;cent que je le tairai ici. Les vols r&#233;guliers avaient &#233;t&#233; suspendus fin mars et un vent de panique avait alors remplac&#233; la brise du lac : dans la communaut&#233; &#171; expats &#187;, certains se sont dit que la situation pouvait salement d&#233;g&#233;n&#233;rer si l'&#233;pid&#233;mie frappait fort le pays. Il valait mieux d&#233;caniller. D'autres n'ont pas eu le choix : leur employeur ou leur ambassade ne voulait pas avoir &#224; les g&#233;rer en cas de crise s&#233;curitaire s&#233;v&#232;re caus&#233;e par la crise sanitaire. D'autres encore avaient tout simplement besoin de rejoindre leurs proches dans tel ou tel pays d'Occident copieusement amoch&#233; par la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de moi l'id&#233;e que nous soyons tous essentiels au Nord-Kivu, mais &#224; cet instant-l&#224;, cette vision des Blancs qui d&#233;guerpissent a quelque chose d'un peu inqui&#233;tant pour la suite. D'autant qu'avec la fermeture des fronti&#232;res, il risque de se passer un moment avant que les personnels m&#233;dicaux form&#233;s et autres &lt;i&gt;essential staff&lt;/i&gt; puissent revenir ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre charter est arriv&#233;. En file indienne, face &#224; la passerelle, nous n'en menons pas large. Dans nos tee-shirts blancs couverts de slogans bienfaiteurs, nous baissons les yeux sur le goudron br&#251;lant. Est-ce notre r&#233;v&#233;rence d'adieu au volcan Nyiragongo, qui crache, imperturbable, sa lave en bout de piste ? Ou notre propre l&#226;chet&#233; qui nous gifle la nuque ? Sensation d&#233;sagr&#233;able d'&#234;tre forc&#233; &#224; se regarder dans le miroir. Dans quelques heures, nous serons de l'autre c&#244;t&#233; des d&#233;serts d'&#201;thiopie et d'&#201;gypte, et loin, si loin des d&#233;serts m&#233;dicaux congolais. Ces centres de sant&#233; qui s'effondrent sous les pluies, ces pharmacies vides et ces milliers d'infirmiers sans moyens ni salaires : c'est peut-&#234;tre &#231;a aussi que nous fuyons, alors que la ville d&#233;file &#224; toute vitesse &#224; travers le hublot. Mais nous, journalistes, chercheurs, humanitaires, nous vivons des crises. Et au moment o&#249; le train d'atterrissage s'arrache enfin au bitume de Goma, une chose est s&#251;re : t&#244;t ou tard, nous reviendrons. Ici, m&#234;me apr&#232;s le Covid-19, nous aurons du travail encore pour longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte &amp; photo Alexis Huguet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le paludisme en force ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au niveau continental, les restrictions de circulation et autres perturbations li&#233;es &#224; la lutte contre le Covid-19 inqui&#232;tent l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS). Dans une &#233;tude publi&#233;e fin avril, elle envisage neuf sc&#233;narios dans lesquels l'acc&#232;s aux outils fondamentaux de lutte contre le paludisme serait perturb&#233; dans 41 pays pendant la pand&#233;mie. &#171; &lt;i&gt;Dans le pire de ces sc&#233;narios, qui pr&#233;voit la suspension de toutes les campagnes de distribution de moustiquaires impr&#233;gn&#233;es d'insecticide et un recul de 75 % de l'acc&#232;s aux antipalud&#233;ens efficaces, on compterait, selon les estimations, 769 000 d&#233;c&#232;s dus au paludisme en Afrique subsaharienne pour 2020, soit deux fois plus que les chiffres de 2018 dans la r&#233;gion. Cela reviendrait &#224; retrouver des taux de mortalit&#233; due au paludisme jamais vus depuis vingt ans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vaccins : l'Afrique n'est pas une &#171; terre de cobayes &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; avril dernier, deux pontes de la m&#233;decine sont en direct sur le plateau de LCI. Ils y discutent en toute d&#233;contraction des recherches sur l'utilisation du vaccin contre la tuberculose (BCG) pour pr&#233;venir la propagation du Covid-19. Et patatras ! Sans m&#234;me s'en rendre compte, Jean-Paul Mira, chef du service de r&#233;animation &#224; l'h&#244;pital Cochin &#8211; &#224; Paris &#8211; lance un Scud &#224; la face des Africains : &#171; &lt;i&gt;Si je peux &#234;tre provocateur, est-ce qu'on ne devrait pas faire cette &#233;tude en Afrique, o&#249; il n'y a pas de masques, pas de traitement, pas de r&#233;animation, un peu comme c'est fait d'ailleurs sur certaines &#233;tudes avec le sida, ou chez les prostitu&#233;es : on essaie des choses parce qu'on sait qu'elles sont hautement expos&#233;es. Qu'est-ce que vous en pensez&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Et Camille Locht, directeur de recherche &#224; l'Inserm (Institut national de la sant&#233; et de la recherche m&#233;dicale) de r&#233;pondre tranquillement : &#171; &lt;i&gt;Vous avez raison. D'ailleurs, on est en train de r&#233;fl&#233;chir en parall&#232;le &#224; une &#233;tude en Afrique avec le m&#234;me type d'approches. &#199;a n'emp&#234;che pas qu'on puisse r&#233;fl&#233;chir en parall&#232;le &#224; une &#233;tude en Europe et en Australie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence compl&#232;te dure moins de deux minutes, mais de Rabat &#224; Capetown, c'est un continent entier qui se l&#232;ve contre les mots de Jean-Paul Mira, qui sonnent comme des relents naus&#233;eux de l'&#232;re coloniale. Sur les r&#233;seaux sociaux, des dizaines de milliers de citoyens, des stars de la musique et du foot et quelques hommes politiques africains hurlent leur rage de se sentir rel&#233;gu&#233;s au rang de rats de laboratoire. Macky Sall, le pr&#233;sident du S&#233;n&#233;gal, d&#233;clare par exemple que l'Afrique &#171; &lt;i&gt;n'est pas un &lt;/i&gt;no man's land&lt;i&gt;. Elle ne saurait, non plus, s'offrir comme terre de cobayes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la violence symbolique de tels propos, on peut s'inqui&#233;ter de leur effet sur l'acceptation sociale de la vaccination de mani&#232;re globale. Mi-mai, Radio France International rapportait que les autorit&#233;s s&#233;n&#233;galaises notaient une baisse de fr&#233;quentation des centres de vaccination : &#171; &lt;i&gt;Certains parents ne veulent plus faire vacciner leurs enfants contre la rougeole, la poliomy&#233;lite ou encore la tuberculose. Ils expliquent vouloir refuser le test sur leurs enfants d'un suppos&#233; vaccin contre le Covid-19 par des m&#233;decins europ&#233;ens.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/france/2020/04/01/une-commande-francaise-de-masques-detournee-vers-les-etats-unis-sur-un-tarmac-chinois_1783805&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une commande fran&#231;aise de masques d&#233;tourn&#233;e vers les &#201;tats-Unis sur un tarmac chinois&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (01/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon la Banque mondiale, le revenu national brut par habitant en RDC est de 490 dollars par an.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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