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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Sur le rond-point</title>
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		<dc:creator>Laurent Perez</dc:creator>


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&lt;p&gt;Pendant plusieurs mois de 2018 et 2019, Emmanuel Gras a promen&#233; sa cam&#233;ra aux c&#244;t&#233;s des Gilets jaunes d'un rond-point de Chartres. Sorti le 23 f&#233;vrier dernier, son film Un peuple en fait une chronique &#224; la fois intime et politique, pleine d'empathie et de subtilit&#233;. Une pand&#233;mie plus tard, ils paraissent loin, les Gilets jaunes. Le bon moment, en somme, pour la sortie d'Un peuple, documentaire d'Emmanuel Gras . Contrairement &#224; J'veux du soleil (2019) de Fran&#231;ois Ruffin, tourn&#233; dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no207-mars-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;207 (mars 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Violence-sociale" rel="tag"&gt;Violence sociale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant plusieurs mois de 2018 et 2019, Emmanuel Gras a promen&#233; sa cam&#233;ra aux c&#244;t&#233;s des Gilets jaunes d'un rond-point de Chartres. Sorti le 23 f&#233;vrier dernier, son film &lt;i&gt;Un peuple&lt;/i&gt; en fait une chronique &#224; la fois intime et politique, pleine d'empathie et de subtilit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200unpeuple_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/1200unpeuple_resultat-20200.jpg?1783001841' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Emmanuel Gras
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;ne pand&#233;mie plus tard, ils paraissent loin, les Gilets jaunes. Le bon moment, en somme, pour la sortie d'&lt;i&gt;Un peuple&lt;/i&gt;, documentaire d'Emmanuel Gras&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il a notamment r&#233;alis&#233; les documentaires Bovines (2011) et Makala (2017), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Contrairement &#224; &lt;i&gt;J'veux du soleil &lt;/i&gt;(2019) de Fran&#231;ois Ruffin, tourn&#233; dans l'urgence de l'&#233;v&#233;nement, un &lt;i&gt;peuple&lt;/i&gt; s'inscrit dans la longue dur&#233;e de son tournage, et t&#233;moigne, sur un mode discret, de l'histoire avec un grand H : celle que, parfois, les Gilets jaunes ont eu conscience de faire. Pour la distance historique, on est servis : dans le caf&#233; kabyle o&#249; le r&#233;alisateur nous a donn&#233; rendez-vous, &#201;ric Zemmour d&#233;bagoule &#224; la t&#233;l&#233; pendant une heure de rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film s'ouvre sur de longs travellings dans les zones r&#233;sidentielles, les grands magasins et les entrep&#244;ts de la p&#233;riph&#233;rie de Chartres (Eure-et-Loir), pour atterrir sur le rond-point o&#249; Emmanuel Gras s'est camp&#233; tous les samedis de la fin 2018 au printemps 2019. Presque au hasard : apr&#232;s avoir particip&#233; aux premi&#232;res manifs sur les Champs-&#201;lys&#233;es, il cherche &#224; rejoindre un groupe sur son terrain. une copine lui parle de Chartres, il va &#224; Chartres. Il ne sait pas sur qui il va tomber et de fait, par rapport aux Gilets jaunes de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) film&#233;s par Fran&#231;ois Langlais et Arthur Thouvenin dans &lt;i&gt;Imagine, demain on gagne&lt;/i&gt; (2020), ceux de Chartres sont peu politis&#233;s. Emmanuel filme, &#233;coute, discute, assiste aux d&#233;bats et aux d&#233;placements sur Paris, pose partout un regard curieux et parfois perplexe, clairement sympathisant, mais pas militant. &lt;i&gt;Un peuple&lt;/i&gt; pose autant de questions qu'il fournit de r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sur la base de presque rien &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce sont d'abord beaucoup de r&#233;unions o&#249; les Gilets jaunes organisent leurs actions, &#233;laborent leurs revendications et r&#233;fl&#233;chissent aux strat&#233;gies &#224; adopter. Avec son bagage associatif et militant (&#224; Lutte ouvri&#232;re), le r&#233;alisateur se passionne de voir ces n&#233;o-manifestants &#171; &lt;i&gt;r&#233;inventer la lutte collective&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Ils ne se connaissaient pas, ils n'&#233;taient pas militants, ils n'avaient pas les m&#234;mes id&#233;es, et ils devaient s'organiser sur la base de presque rien.&lt;/i&gt; &#187; D'abord marginale, la revendication du RIC, le &#171; r&#233;f&#233;rendum d'initiative citoyenne &#187; qui donnerait enfin voix au chapitre &#224; la population, s'impose peu &#224; peu dans les d&#233;bats. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, quand ils ont commenc&#233; &#224; lister leurs revendications, ils en avaient soixante, entre lesquelles la logique n'&#233;tait pas &#233;vidente, &lt;/i&gt;se rem&#233;more Emmanuel. &lt;i&gt;C'est compliqu&#233; de faire syst&#232;me&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Le RIC occupait cette fonction. L'id&#233;e, c'&#233;tait : si on obtient le RIC, le reste suivra.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe est soud&#233; par l'&#233;vidence d'un constat commun et un &#171; &lt;i&gt;sentiment d'appartenance&lt;/i&gt; &#187; collective, li&#233; au partage d'une m&#234;me condition sociale. De ce v&#233;cu, le film rend compte en s'attardant sur quelques figures. Beno&#238;t, qui s'impose comme une sorte de leader &#8211; au risque de d&#233;cevoir &#8211; et inscrit explicitement le combat des Gilets jaunes dans la lutte anticapitaliste. Agn&#232;s, dans la panade apr&#232;s un divorce, m&#232;re isol&#233;e avec deux enfants dont un handicap&#233;, qui se lance &#224; corps perdu dans le mouvement. Allan, qui affronte avec une sorte de candeur l'explosion de violence en manif, et la nouveaut&#233; des id&#233;es qui fusent. Les liens qu'a tiss&#233;s le r&#233;alisateur s'enroulent peu &#224; peu en une pelote qui forme une histoire, au double sens du terme : &#224; la fois une r&#233;volte sociale d'une ampleur in&#233;dite, qui marque un avant et un apr&#232;s ; et un r&#233;cit. Peu &#224; peu, il observe la r&#233;pression et la propagande s'abattre, l'enthousiasme retomber, la lassitude voire le d&#233;sespoir s'emparer des corps et des esprits.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Violence sociale et bon sens bourgeois&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure du film, les sc&#232;nes de violences se font de plus en plus nombreuses. Les keufs apparaissent pour ce qu'ils sont. Quant &#224; la casse, Emmanuel r&#233;serve son jugement. &#171; &lt;i&gt;La question de la violence se posait r&#233;guli&#232;rement par le seul fait d'aller manifester. Tout &#231;a a quand m&#234;me &#233;t&#233; &#233;touff&#233; dans une grande violence r&#233;pressive&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Pour parler comme les autonomes, la manifestation est un endroit o&#249; les rapports de pouvoir se r&#233;v&#232;lent dans leur nudit&#233;. En ce sens, oui, on a vu&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! &#192; un moment donn&#233;, il y a une r&#233;pression polici&#232;re qui est nue. D'un autre c&#244;t&#233;, les affrontements violents font aussi peur &#224; beaucoup de monde.&lt;/i&gt; &#187; Entre ceux qui misent sur la violence pour m&#233;diatiser le mouvement, et ceux qui craignent son effet d&#233;moralisateur, le film se contente d'enregistrer fid&#232;lement les tensions.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &lt;i&gt;Tout &#231;a a quand m&#234;me &#233;t&#233; &#233;touff&#233; dans une grande violence r&#233;pressive&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un peuple&lt;/i&gt; illustre avec insistance une autre violence : celle des bourgeois anti-Gilets jaunes, face auxquels ces derniers ne craignent pas de monter au filet. &#171; &lt;i&gt;Il y avait une violence sociale visuelle,&lt;/i&gt; se souvient Emmanuel. &lt;i&gt;Ils ne portent pas les m&#234;mes v&#234;tements, n'ont pas les m&#234;mes physiques, pas les m&#234;mes v&#233;cus&#8230; &#199;a se voit imm&#233;diatement.&lt;/i&gt; &#187; Dans un grand magasin o&#249; ils font des courses pour une r&#233;union, ou apr&#232;s une s&#233;ance du &#171; grand d&#233;bat &#187; macronien, les militants se font chapitrer comme des m&#244;mes. Quand Agn&#232;s explique qu'elle n'arrive pas &#224; boucler son mois, un macroniste lui r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Faut pas que vous preniez les choses comme &#231;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Emmanuel : &#171; &lt;i&gt;On leur expliquait que leur probl&#232;me, c'&#233;tait qu'ils ne pouvaient pas &#233;voluer socialement. Alors qu'eux, ils font face au ch&#244;mage de masse, aux salaires merdiques. On parle tout le temps du bon sens populaire, mais il y a surtout ce bon sens bourgeois, plein de discours pr&#233;m&#226;ch&#233;s, qu'on entend partout dans les m&#233;dias.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, sur la t&#233;l&#233; du bistrot, Marine Le Pen a remplac&#233; Zemmour. On demande en partant au patron s'il n'en a pas marre d'entendre ces saloperies toute la journ&#233;e. Il ironise sur Zemmour : &#171; &lt;i&gt;C'est un Kabyle, comme moi, et il d&#233;teste les &#233;trangers, c'est quand m&#234;me fou&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Et ajoute que Val&#233;rie P&#233;cresse n'est pas mieux. On lui rappelle que la gauche existe encore. Tout le monde &#233;clate de rire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Laurent Perez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il a notamment r&#233;alis&#233; les documentaires &lt;i&gt;Bovines&lt;/i&gt; (2011) et&lt;i&gt; Makala &lt;/i&gt;(2017), grand prix de la Semaine de la critique au Festival de Cannes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tant qu'il y a des b&#226;timents vides, il y a de l'espoir</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tant-qu-il-y-a-des-batiments-vides</link>
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		<dc:date>2021-06-15T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giancarlo Antinori &amp; Xavier Tabard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Jeudi 14 janvier 2021, la Direction de la s&#233;curit&#233; civile et des risques majeurs de la Ville de Toulouse est venu constater que Mix'Art Myrys n'&#233;tait pas aux normes &#8211; sous un toit en amiante lou&#233; et mis &#224; disposition par la mairie depuis quinze ans, amusant &#8211; puis a fait ordonner sa fermeture administrative. L'histoire d'une municipalit&#233; qui d&#233;cide de s'amputer d&#233;finitivement de son bras gauche. Mix'Art Myrys c'est un collectif d'artiste autog&#233;r&#233;, 4 000 m&#178; de locaux d&#233;di&#233;s &#224; toute forme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rien-que-pour-le-web" rel="directory"&gt;Rien que pour le web&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mix-Art-Myrys" rel="tag"&gt;Mix'Art Myrys&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Toulouse" rel="tag"&gt;Toulouse&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 14 janvier 2021, la Direction de la s&#233;curit&#233; civile et des risques majeurs de la Ville de Toulouse est venu constater que Mix'Art Myrys n'&#233;tait pas aux normes &#8211; sous un toit en amiante lou&#233; et mis &#224; disposition par la mairie depuis quinze ans, amusant &#8211; puis a fait ordonner sa fermeture administrative. L'histoire d'une municipalit&#233; qui d&#233;cide de s'amputer d&#233;finitivement de son bras gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3656 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1796.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH721/-1796-410db.jpg?1782943526' width='500' height='721' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mix'Art Myrys c'est un collectif d'artiste autog&#233;r&#233;, 4 000 m&#178; de locaux d&#233;di&#233;s &#224; toute forme artistique qui peut y rentrer : des ateliers de plasticien&#183;nes, constructeur&#183;ices, des salles de spectacles, un studio audiovisuel, un FabLab, un fournisseur d'acc&#232;s internet associatif, une salle de r&#233;p&#233;tition, de la s&#233;rigraphie, de la couture&#8230; Le lieu est centr&#233; autour de la cr&#233;ation mais aussi de l'accueil d'&#233;v&#233;nements d'organisations ext&#233;rieures (des Beaux-Arts aux Gilets jaunes) ou internes. Les formes artistiques qu'on ne voit pas ailleurs peuvent y trouver voix et le hangar accueillir tout un chacun &#224; prix libre, toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Toulouse&#8230; Toulouse ville test des came&#769;ras de surveillance a&#768; intelligence artificielle, de la 5G. Toulouse &#244;tant la vie aux quartiers populaires pour construire des tours de bureaux vides. Toulouse n&#233;gociant son soutien au pr&#233;sident contre des forces de police suppl&#233;mentaires. Toulouse menant l'offensive m&#233;diatique et l&#233;gislative contre le droit au logement. Toulouse candidate au titre de capitale europ&#233;enne de la culture il y a quelques anne&#769;es et &#233;touffant aujourd'hui son vivier culturel, un lieu apr&#232;s l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce foisonnement artistique se pre&#769;parait a&#768; inonder le monde de poe&#769;sie apre&#768;s la crise sanitaire, pour qu'il ait valu la peine de sauver des vies, pour qu'elles puissent jouir de la beaute&#769; et non d'une morne d&#233;cr&#233;pitude. La cole&#768;re suscite&#769;e par cette fermeture administrative (expulsion innom&#233;e) est aussi grande que le trou be&#769;ant laisse&#769; dans le panorama culturel, peu a&#768; peu de&#769;vore&#769;, au nom de la croyance dogmatique que le salut ne passera que par l'e&#769;conomie. De la me&#770;me manie&#768;re que les soignant&#183;es ne veulent pas d'un ho&#770;pital rentable, mais d'un ho&#770;pital qui soigne, nous ne voulons pas d'un art qui divertit et fait vendre, mais d'un art vivant qui invente et questionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme beaucoup d'autres lieux faisant face a&#768; de pareilles attaques institutionnelles, Mix'Art est un laboratoire du monde a&#768; venir, donc forc&#233;ment en opposition avec les failles du monde d'aujourd'hui. Mais au lieu de consid&#233;rer cette opposition comme cre&#769;atrice de nouveaute&#769; et d'alternatives, nous sommes conside&#769;re&#769;s comme des ennemis d'une pense&#769;e unique maniche&#769;enne, dont la non ouverture confirme l'incapacite&#769; a&#768; nous guider vers un monde meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ou&#768; vient cette violente de&#769;termination a&#768; mettre fin a&#768; une expe&#769;rience citoyenne de recherche d'alternatives qui dure depuis plus de 25 ans ? Comme si le monde n'e&#769;tait pas de&#769;ja&#768; de toute part rempli de cette me&#770;me chose grise, comme s'il fallait qu'elle remplace tout ce qui propose autre chose. Comme si les ide&#769;es ne pouvaient plus coexister. D'ou&#768; vient cette arrogance a&#768; croire que toute diffe&#769;rence est un danger pour la socie&#769;te&#769; ? Quelle est cette politique qui conside&#768;re qu'il est ille&#769;gal de ne pas penser comme elle ? Durant les quatre mois de mobilisation &#233;coul&#233;s, on a d&#233;laiss&#233; nos vies, nos amis, nos projets, pour essayer de sauver Mix'Art Myrys.&#171; &lt;i&gt;Ils ont toute la ville, toute la France, pourquoi veulent-ils nous enlever notre pauvre 0,5% ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a cru voir la France sombrer dans le fascisme, on s'est demand&#233;s si c'&#233;tait un effet de loupe, puis on a vu le Maire donner une interview &#224; &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, en instrumentalisant l'affaire Roland, octog&#233;naire squatt&#233;, pour justifier la destruction du centre d'h&#233;bergement d'urgence du DAL31 en pleine pand&#233;mie et y faire des logements de luxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer de comprendre, on a parl&#233; aux amis de la Grave, du Pavillon Mazard, du Bleu-Bleu&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La guinguette populaire Bleu Bleu, le centre d'h&#233;bergement d'urgence de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, on a arpent&#233; les journaux, psychanalys&#233; les journalistes, &#233;pluch&#233; les lois, consult&#233; les avocats, convoqu&#233; les foules, imagin&#233; la r&#233;volution, dig&#233;r&#233; la d&#233;sillusion, pest&#233; contre les normes. On s'est aussi entretu&#233;s dans notre 0.5% assi&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre comment la mairie peut s'offrir la l&#233;gitimit&#233; de mettre un couvercle sur ce qu'il reste d'espaces de libert&#233; et de rencontre. Comment elle peut choisir une gouvernance qui se dessine contre les contradicteurs, contre les voix singuli&#232;res, contre les sceptiques et contre pr&#232;s de la moiti&#233; des votants de la ville. L'occasion de dresser un historique des 25 et quelques ann&#233;es d'existence de Mix'Art Myrys.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, en 1995, un groupe de gens m&#234;lant artistes, sans papiers, sans abris &#8211; parfois dans un seul individu &#8211; s'installe dans les anciennes usines de chaussures Myrys, dans le quartier Saint Cyprien-Patte d'Oie &#224; Toulouse. Il y avait de la lumi&#232;re, ils sont entr&#233;s. Un lieu qu'ils partagent et ouvrent au public, faisant fonctionner en plein l'autogestion et la d&#233;brouille. Il faut deux ans pour que l'association Mix'Art Myrys soit cr&#233;&#233;e, avec une vocation artistique et culturelle. Le site est vou&#233; &#224; la destruction pour&#8230; un projet immobilier&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les projets immobiliers dans la ville de Toulouse (qui conna&#238;t une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, le collectif entame le dialogue avec les institutions, affiche la n&#233;cessit&#233; de son action&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Tremplin vers la r&#233;insertion &#187; peut on lire dans la D&#233;p&#234;che en 2000, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et communique. D'autres b&#226;timents sont ouverts temporairement, mais rapidement &#233;vacu&#233;s, puis &#8211; en l'absence de solutions trouv&#233;es avec les pouvoirs publics &#8211; en janvier 2001 c'est le grand saut en direction de l'ancienne pr&#233;fecture, rue de Metz&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2001 c'est aussi l'ann&#233;e o&#249; est &#233;crit le rapport minist&#233;riel de Fabrice (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, pendant quatre ans, Mix'Art Myrys se fait le lieu culturel le plus fr&#233;quent&#233; de Toulouse et le revendique. Pied de nez au c&#339;ur de la ville, dans un quartier &#224; la bourgeoisie ancienne et bien implant&#233;e, &#224; deux pas de la cath&#233;drale Saint &#201;tienne et des magasins de luxe, ces 8 000 m&#178; sont remplis par pr&#232;s de 300 ateliers, un espace d'exposition ouvert en permanence, une salle de concert et beaucoup de passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, le b&#226;timent est revendu&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour mettre des sous dans les caisses du rectorat et mettre un grand (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, Mix'Art d&#233;m&#233;nage au 12 rue Ferdinand Lassalle dans un ancien b&#226;timent de logistique, entre la rocade et le boulevard de Suisse. Apr&#232;s la l&#233;gitimit&#233;, place &#224; la l&#233;galit&#233; : concr&#233;tisation du dialogue avec le Grand Toulouse, la Drac&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Direction R&#233;gionale des Affaires Culturelles : organe de d&#233;centralisation du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, la r&#233;gion et le d&#233;partement. Sont sign&#233;s une convention de mise &#224; disposition puis une convention d'objectifs et de moyens et des financements qui l'accompagnent. Le lieu n'est pas aux normes, ne pourra pas l'&#234;tre avec les moyens allou&#233;s (m&#234;me avec beaucoup de d&#233;brouille), ne peux pas recevoir de public, mais le collectif qui y a perdu des plumes choisit de s'adapter, de &#171; jouer le jeu &#187; dans ce lieu destin&#233; &#224; &#234;tre temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007 le collectif est toujours dans les murs et d&#233;cide d'ouvrir le lieu au public. La mairie de Toulouse bascule l'ann&#233;e suivante&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le PS est revenu au pouvoir &#224; Toulouse 37 ans apr&#232;s le d&#233;part de la SFIO.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, pleine de nouvelles perspectives pour la culture. Un relogement est dessin&#233;, mis en dialogue et chiffr&#233;. Ce sera les anciennes Cartoucheries dans un espace remis &#224; neuf &#233;tudi&#233; tout expr&#232;s pour et avec le collectif. Tout ceci est en passe de se faire lorsque soudain, nouvelles &#233;lections, trois pas en arri&#232;re : retour inattendu de la droite qui jette bient&#244;t ce projet de relogement jug&#233; trop cher. D'autres solutions sont envisag&#233;es avec un collectif qui doit se faire toujours proposant et souple, et c'est finalement le lieu d&#233;j&#224; investi qui sera rachet&#233; par la m&#233;tropole en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mix'Art Myrys reste donc dans les murs, et commence &#224; &#8211; gentiment &#8211; montrer les dents en refusant de signer une nouvelle convention qui ignorerait l'insalubrit&#233; du lieu. Depuis, les &#233;diles boudent, m&#234;me apr&#232;s avoir vot&#233; des travaux de mise en conformit&#233; du lieu en 2019, en toute discr&#233;tion. Apr&#232;s &#231;a, les &#233;lections municipales &#8211; avec une liste citoyenne pas loin de leur damer le pion &#8211; les ont particuli&#232;rement tendu, difficile de ne pas y voir un lien avec la rupture des financements, la cessation du dialogue et pour finir la fermeture administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magnanime, la mairie veut bien reloger les artistes mais est fatigu&#233;e de discuter avec l'association, ce qui se mort la queue sachant que Mix'Art Myrys est un collectif d'artiste autog&#233;r&#233;. Donc, on se d&#233;barrasse du collectif p&#233;nible pleins d'artistes qui font rien qu'&#224; ne pas vouloir se ranger comme il faut dans des cases mal d&#233;grossies. Un probl&#232;me subsiste cependant, si tout ce petit monde (adh&#233;rents et public) se fait envoyer sur les roses : ils risquent de s'ennuyer. Madame la ministre nous rappelait en citant Pablo Neruda que &#171; &lt;i&gt;le printemps est inexorable&lt;/i&gt; &#187; et il reste quelques b&#226;timents vides &#224; Toulouse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Giancarlo Antinori &amp; Xavier Tabard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La guinguette populaire Bleu Bleu, le centre d'h&#233;bergement d'urgence de la Grave DAL 31/ Fondation Abb&#233; Pierre, le Jardin Partag&#233; Fontaine Lestang, l'espace de recherche et de cr&#233;ation contemporaine Pavillon Mazar, soit tous les lieux expuls&#233;s par la mairie ces 6 derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les projets immobiliers dans la ville de Toulouse (qui conna&#238;t une croissance d&#233;mographique assez folle) sont l&#233;gion depuis l'essor de l'a&#233;ronautique, et la ville rose se transforme chaque jour un peu plus en succursale d'agence immobili&#232;re hors de prix.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Tremplin vers la r&#233;insertion&lt;/i&gt; &#187; peut on lire dans la &lt;i&gt;D&#233;p&#234;che &lt;/i&gt; en 2000, respiration pour tout individu aspirant &#224; un peu de libert&#233; pour d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;2001 c'est aussi l'ann&#233;e o&#249; est &#233;crit le rapport minist&#233;riel de Fabrice Lextrait th&#233;orisant ce qui sera intitul&#233; &#171; Nouveaux territoires de l'art &#187; : friches, laboratoires, fabriques, squats, projets pluridisciplinaires... Mix'Art Myrys y est cit&#233;. Ce rapport est commandit&#233; par Michel Dufour (PC), secr&#233;taire d'&#233;tat au patrimoine et &#224; la d&#233;centralisation culturelle sous le gouvernement Jospin, et va permettre de nommer ces lieux, comprendre comment ils apparaissent, les financer. En somme, c'est une premi&#232;re &#233;tape pour cr&#233;er des lignes d'objectifs et de moyen dans les cases du Minist&#232;re de la Culture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour mettre des sous dans les caisses du rectorat et mettre un grand magasin, il en manquait un peu dans ce secteur...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Direction R&#233;gionale des Affaires Culturelles : organe de d&#233;centralisation du minist&#232;re de la Culture. En l'occurence la Drac Midi-Pyr&#233;n&#233;es donc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le PS est revenu au pouvoir &#224; Toulouse 37 ans apr&#232;s le d&#233;part de la SFIO.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Ils m'ont pris ma main ! &#187;</title>
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		<dc:date>2021-04-17T08:26:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
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		<dc:subject>C'est parce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Cinq mains coup&#233;es, Sophie Divry donne la parole &#224; autant de manifestants fluo ayant perdu une main dans l'explosion d'une grenade Gli-F4. Quand l'Histoire fera le proc&#232;s de la Macronie, ce livre figurera en bonne place au rayon des pi&#232;ces &#224; conviction. Un jour, possiblement, vous croiserez dans la rue un homme &#224; une seule main. Et si vous osez lui demander ce qui lui est arriv&#233;, il vous r&#233;pondra peut-&#8202;&#234;tre : &#171; C'est parce que je suis all&#233; manifester pour la hausse du Smic. &#187; La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no197-avril-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;197 (avril 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parce" rel="tag"&gt;Parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/main" rel="tag"&gt;main&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-etait" rel="tag"&gt;C'&#233;tait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sophie-Divry-883" rel="tag"&gt;Sophie Divry&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Puis-c-est" rel="tag"&gt;Puis c'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-complique-885" rel="tag"&gt;c'est compliqu&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est-parce" rel="tag"&gt;C'est parce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Cinq mains coup&#233;es&lt;/i&gt;, Sophie Divry donne la parole &#224; autant de manifestants fluo ayant perdu une main dans l'explosion d'une grenade Gli-F4. Quand l'Histoire fera le proc&#232;s de la Macronie, ce livre figurera en bonne place au rayon des pi&#232;ces &#224; conviction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3615 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH551/-1757-1130c.jpg?1782716417' width='500' height='551' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un jour, possiblement, vous croiserez dans la rue un homme &#224; une seule main. Et si vous osez lui demander ce qui lui est arriv&#233;, il vous r&#233;pondra peut-&#8202;&#234;tre : &#171; &lt;i&gt;C'est parce que je suis all&#233; manifester pour la hausse du Smic.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression du mouvement des Gilets jaunes a &#233;t&#233; un carnage humain. Des centaines de blessures &#224; la t&#234;te, des dizaines d'&#233;borgnements, au moins un d&#233;c&#232;s. Des corps de cr&#232;ve-la-dalle, &#231;a n'a jamais valu grand-chose aux yeux d'un pouvoir aux abois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anciennement journaliste &#224;&lt;i&gt; La D&#233;croissance&lt;/i&gt;, l'&#233;crivaine Sophie Divry a rencontr&#233; cinq Gilets jaunes dont la main a &#233;t&#233; arrach&#233;e par la d&#233;flagration d'une grenade polici&#232;re. Entre septembre 2019 et f&#233;vrier 2020, elle a r&#233;colt&#233; leurs t&#233;moignages, avant de les m&#233;langer dans un livre puissant, enti&#232;rement &#233;crit &#224; la premi&#232;re personne : &lt;i&gt;Cinq mains coup&#233;es &lt;/i&gt;(Seuil, octobre 2020). Sophie Divry insiste : dans le bouquin, pas une seule phrase n'est d'elle, tout est citations. L'autrice s'est content&#233;e de r&#233;unir en une unique voix un quintet de souffrance et de r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ch&#339;ur form&#233; de quatre ouvriers et un &#233;tudiant, &#226;g&#233;s de 22 &#224; 53 ans. Ils s'appellent : Gabriel, Antoine, S&#233;bastien, Fr&#233;d&#233;ric et Ayhan. &#201;coutons-les, sans savoir, donc, quels propos sont &#224; qui. Peu importe. Un chant de mutil&#233;, &#231;a a quelque chose d'universel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Touche pas ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait juste un objet par terre que je voulais &#233;carter. Je ne savais pas ce que c'&#233;tait.&lt;/i&gt; &#187; Il faut imaginer la cohue, les gaz lacrymog&#232;nes, les cris, les tirs de LBD. &#171; &lt;i&gt;La seule envie que j'avais, c'&#233;tait de l'&#233;loigner. Je n'ai pas r&#233;fl&#233;chi, j'ai voulu la prendre dans ma main pour l'&#233;loigner. C'&#233;tait un r&#233;flexe, c'est animal&#8230; Danger : j'&#233;loigne. L&#224; mon coll&#232;gue m'a cri&#233; : &#8220;Touche pas !&#8221;, mais je n'ai pas entendu.&lt;/i&gt; &#187; Et boum. &#171; &lt;i&gt;Non, en fait, je ne me rappelle m&#234;me pas avoir entendu de &#8220;boum&#8221;. Je ne me souviens pas. Je n'entends rien. Je sens un &#233;norme choc. Par r&#233;flexe, je tourne la t&#234;te et je ferme les yeux.&lt;/i&gt; &#187; Mais il faut bien les rouvrir. Et constater : &#171; &lt;i&gt;Plus de main. &#192; la place, il y a une esp&#232;ce d'amas de chair d&#233;goulinant de sang. Je voyais l'os au milieu, et des lambeaux de chair de chaque c&#244;t&#233;, comme une banane.&lt;/i&gt; &#187; Un cri : &#171; &lt;i&gt;Ils ont pris ma main&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, ce sont les pompiers qui te demandent de marcher parce qu'ils ne peuvent pas d&#233;plier la civi&#232;re, vu que les flics continuent de tirer dans tous les sens. C'est l'arriv&#233;e &#224; l'h&#244;pital, un gaz anesth&#233;siant : &#171; &lt;i&gt;Quand je reprends conscience, je suis nu sous une robe de tissu en salle pr&#233;op&#233;ratoire. Je regarde ma main et je comprends que c'est r&#233;el. Le m&#233;decin m'annonce qu'on va m'amputer.&lt;/i&gt; &#187; C'est l'op&#233;ration &#8211; ou les op&#233;rations. Parfois la cicatrisation se passe bien, d'autres fois &#231;a n&#233;crose. Heureusement, il y a la solidarit&#233;, les visites des amis, les petits mots des coll&#232;gues de boulot, les camarades du rond-point qui d&#233;dicacent un gilet jaune, la compagne aimante qui ne t'abandonne pas. &#171; &lt;i&gt;La seule m&#233;chancet&#233;, elle est venue des m&#233;dias, direct, le soir du 9 f&#233;vrier, un mec, un syndicaliste de la police je crois, a dit sur un plateau : &#8220;C'est bien fait pour sa gueule.&#8221; Parce que j'&#233;tais habill&#233; en noir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, il y a des questions : &#171; &lt;i&gt;Je ne savais pas comment expliquer &#224; mes enfants que c'&#233;tait la police qui m'avait fait &#231;a, parce que pour eux la police, c'est les gentils, c'est pas les m&#233;chants, et l&#224;, c'&#233;tait pas le cas du tout.&lt;/i&gt; &#187; Il y a aussi la recherche de ce qui s'est pass&#233; : &#171; &lt;i&gt;Mon fr&#232;re m'apporte mon ordinateur et avec la main gauche je tape sur Internet. J'apprends l'existence des grenades Gli-F4, j'apprends qu'elles sont charg&#233;es de TNT, que la Gli-F4 elle est grise avec un capuchon rouge, et la lacrymo est grise avec un bandeau rouge&#8230; Autant dire que pour les distinguer, c'est pas &#233;vident.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2020, la Gli-F4 a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la GM2L, &#224; la dangerosit&#233; &#233;quivalente.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis c'est le d&#233;but de l'enqu&#234;te : &#171; &lt;i&gt;Deux ou trois jours apr&#232;s l'amputation, des mecs de l'IGPN rentrent dans ma chambre. Ils m'apprennent que la police a d&#233;pos&#233; plainte contre moi ! Pour agression envers les forces de l'ordre, &#8220;dans l'hypoth&#232;se o&#249; vous auriez voulu relancer la grenade&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'impression d'&#234;tre un homard &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'h&#244;pital, il se peut que le s&#233;jour se d&#233;roule &#224; merveille, que le personnel soit exquis. Il se peut aussi que non : &#171; &lt;i&gt;Il a fallu que&lt;/i&gt; [ma m&#232;re] &lt;i&gt;se batte pour que j'aie un matelas &#224; escarres, car j'avais des escarres. Il a fallu qu'elle se batte pour qu'ils me remettent les gaz anesth&#233;siants pendant les changements de pansements, parce qu'une infirmi&#232;re avait d&#233;cid&#233; que je n'en avais pas besoin. C'&#233;tait l'enfer &#224; Pompidou. Il y a des milliers de chambres. C'est comme dans n'importe quel m&#233;tier o&#249; on te presse, on te presse, les nanas courent sans arr&#234;t. Ce qu'on a v&#233;cu &#224; Pompidou, c'est r&#233;v&#233;lateur justement de ce pour quoi on s'&#233;tait mobilis&#233;s : la carence du service public.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois sorti de l'hosto, tu dois t'habituer &#224; ton nouveau corps. &#171; &lt;i&gt;Quand les points de suture sont tomb&#233;s, l'infirmi&#232;re m'a dit de me masser le moignon. Je lui ai dit : &#8220;Comment voulez-vous que je me masse alors que je n'arrive pas &#224; poser les yeux dessus&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&#8221; Je ne l'acceptais pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient l'heure de la proth&#232;se, qui co&#251;te des dizaines de milliers d'euros. Par chance, &#171; &lt;i&gt;tout a &#233;t&#233; pris en charge par la S&#233;cu. J'ai eu droit d'avoir aussi une esp&#232;ce de grosse pince avec laquelle je peux bricoler ou jardiner, c'est pratique, m&#234;me si avec &#231;a j'ai un peu l'impression d'&#234;tre un homard.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne passes plus inaper&#231;u. &#171; &lt;i&gt;C'est assez ambivalent comme situation. Quand je suis dehors avec la proth&#232;se, &#231;a attire le regard, la curiosit&#233; et le dialogue. Les gens viennent vers moi, ils me demandent comment &#231;a marche&#8230; &#8220;Ah c'est incroyable&#8230;&#8221; Tout le monde trouve &#231;a incroyable. J'ai l'impression qu'ils en veulent tous une&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Ils voient que &#231;a bouge, ils s'imaginent que je peux faire tout ce qu'on fait avec une main. Mais non. On discute et je leur fais comprendre qu'on ne fait pas grand-chose avec &#231;a. J'ouvre et je ferme, c'est tout. Et si je me balade sans la proth&#232;se, ce qui est rare, alors l&#224; c'est l'inverse : les gens sont effray&#233;s. Ils ne regardent pas. Ils n'ont pas envie de voir &#231;a. Je comprends, ce n'est pas &#233;vident de voir une main coup&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une arme de guerre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et puis c'est la gal&#232;re du quotidien : &#171; &lt;i&gt;Avec une main, tout prend plus de temps. S'habiller c'est faisable, mais c'est beaucoup plus long. Tout ce qui est vaisselle, ce n'est plus possible. Le linge, on ne peut pas l'&#233;tendre d'une main. Tout est beaucoup plus long. Du coup, j'ai d&#251; m'acheter un lave-vaisselle, un s&#232;che-linge, &#231;a fait encore des frais.&lt;/i&gt; &#187; Ou alors c'est la d&#233;brouille : &#171; &lt;i&gt;Je m'invente mes petites m&#233;thodes. &#201;plucher des patates, j'ai trouv&#233; le truc, c'est tout b&#234;te : je plante un couteau dans la patate, je la bloque avec mon avant-bras droit, et puis, apr&#232;s la main gauche, j'&#233;pluche une face de la patate, hop&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !, je la retourne et je fais l'autre face. &#199;a prend plus de temps, mais voil&#224;, je le fais tout seul, sans rien demander.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Financi&#232;rement aussi, c'est compliqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je ne peux plus exercer mon m&#233;tier, bien s&#251;r : un plombier &#224; une main, &#231;a n'existe pas. &#187;&lt;/i&gt; Que reste-t-il ? Le RSA ou l'allocation aux adultes handicap&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'est triste, parce que la chaudronnerie, c'&#233;tait vraiment ma passion.&lt;/i&gt; &#187; L'ennui s'instille : &#171; &lt;i&gt;Je me fais chier. Il ne se passe rien. J'ai rien &#224; raconter. C'est la merde, clairement. La guitare, c'est mort, la moto, c'est mort.&lt;/i&gt; &#187; Et la douleur physique : &#171; &lt;i&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne de serrage, comme s'il y avait un &#233;tau qui englobait mon moignon et me serrait en permanence, c'est la douleur la plus insupportable, et celle qui est tout le temps l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; Parfois, c'est le membre absent qui fait encore mal : &#171; &lt;i&gt;Les douleurs fant&#244;mes, il faut ne plus y penser pour pas que &#231;a gratte, mais c'est compliqu&#233; parce que plus t'essayes de ne pas penser, plus tu y penses.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quid de la justice ? &#171; &lt;i&gt;Le procureur a d&#233;cid&#233; de classer l'affaire&#8230; comme &#231;a, sans jamais m'avoir entendu. J'ai rigol&#233;, j'&#233;tais choqu&#233;. Ce n'est pas possible. Je m'attendais au minimum &#224; &#234;tre re&#231;u&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Reste la possibilit&#233; de d&#233;poser une nouvelle plainte, avec constitution de partie civile, ce qui co&#251;te de l'argent. Est-ce que &#231;a vaut le coup ? &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'il y aura vrai&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;ment un proc&#232;s&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Franchement, j'en mettrais pas ma main au feu &#8211; celle qui me reste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les mutil&#233;s, certains ont recommenc&#233; &#224; manifester, d'autres ont trop la trouille pour &#231;a. Tous, probablement, se posent la m&#234;me question sur la grenade qui a emport&#233; leur main et leur vie pass&#233;e : &#171; &lt;i&gt;C'est une arme, ce truc, c'est une arme de guerre. Pourquoi ils jettent &#231;a sur les gens&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2020, la Gli-F4 a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la GM&lt;SUP&gt;2&lt;/SUP&gt;L, &#224; la dangerosit&#233; &#233;quivalente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les cheveux blancs n'immunisent pas contre la matraque</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'embl&#233;matique Genevi&#232;ve Legay, les manifestants les plus &#226;g&#233;s n'ont pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;s par la brutale d&#233;rive du maintien de l'ordre qui s'est cristallis&#233;e pendant le mouvement des Gilets jaunes. Cette &#171; strat&#233;gie de la peur &#187; videra-t-elle les rues des vieux protestataires ? Ce 23 mars 2019 &#224; Nice, en se rendant &#224; la manifestation qui a failli lui co&#251;ter la vie, Genevi&#232;ve Legay pensait-elle que son &#226;ge la pr&#233;munissait contre les violences polici&#232;res ? &#171; Non, r&#233;pond la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no194-janvier-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;194 (janvier 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'embl&#233;matique Genevi&#232;ve Legay, les manifestants les plus &#226;g&#233;s n'ont pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;s par la brutale d&#233;rive du maintien de l'ordre qui s'est cristallis&#233;e pendant le mouvement des Gilets jaunes. Cette &#171; &lt;i&gt;strat&#233;gie de la peur&lt;/i&gt; &#187; videra-t-elle les rues des vieux protestataires ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH398/-1692-7871c.jpg?1782829389' width='500' height='398' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Etienne Savoye
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce 23 mars 2019 &#224; Nice, en se rendant &#224; la manifestation qui a failli lui co&#251;ter la vie, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Des-nouvelles-de-Genevieve-Legay' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Genevi&#232;ve Legay&lt;/a&gt; pensait-elle que son &#226;ge la pr&#233;munissait contre les violences polici&#232;res ? &#171; &lt;i&gt;Non, r&#233;pond la septuag&#233;naire. Mais je croyais que si je ne faisais rien [de violent], on ne me taperait pas. J'&#233;tais na&#239;ve.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une foule d'articles de presse et de vid&#233;os publi&#233;es sur les r&#233;seaux sociaux l'ont prouv&#233; &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt; : ces derni&#232;res ann&#233;es, l'accroissement de la brutalit&#233; du maintien de l'ordre n'a &#233;pargn&#233; ni les manifestants les plus pacifiques, ni les chevelures blanches. Le 1er d&#233;cembre 2018 &#224; Marseille, Zineb Redouane, 80 ans, ne d&#233;filait d'ailleurs m&#234;me pas : elle &#233;tait &#224; la fen&#234;tre de son appartement quand un tir de grenade lacrymog&#232;ne l'a atteinte en pleine t&#234;te. Elle est morte &#224; l'h&#244;pital le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt; Pas de traitement diff&#233;renci&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Membre de la Ligue des droits de l'homme (LDH) et de l'Observatoire des droits et libert&#233;s des Alpes-Maritimes&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces derni&#232;res ann&#233;es, des observatoires de ce type ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Henri Busquet ne s'explique toujours pas &#171; &lt;i&gt;quelle mouche a piqu&#233; le commissaire&lt;/i&gt; &#187; qui a ordonn&#233; la charge ayant bless&#233; Genevi&#232;ve Legay. Localement parlant, cet acc&#232;s de violence polici&#232;re a &#233;t&#233; &#224; ses yeux &#171; &lt;i&gt;un &#233;v&#233;nement ponctuel : Nice n'est pas une ville o&#249; &#231;a castagne en manif&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres m&#233;tropoles de l'Hexagone, le r&#233;cent durcissement du maintien de l'ordre a &#233;t&#233; bien plus intense et syst&#233;matique. Avocat &#224; la retraite, Jean-Jacques Gandini est membre de la LDH, du Syndicat des avocats de France et de l'Observatoire des libert&#233;s publiques de Montpellier&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'observatoire montpelli&#233;rain proposant aussi un soutien juridique aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#192; ce titre, il a assist&#233; &#224; plusieurs dizaines de rassemblements au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Il explique que dans la cit&#233; h&#233;raultaise, m&#234;me en se positionnant &#171; &lt;i&gt;le plus souvent &#224; l'arri&#232;re des cort&#232;ges&lt;/i&gt; &#187;, les manifestants &#226;g&#233;s ne sont pas &#224; l'abri : &#171; &lt;i&gt;Les violences ne touchent pas que les manifestants qui sont en premi&#232;re ligne, pas que les personnes qui ont la volont&#233; d'en d&#233;coudre &#8211; quand il y en a &#8211; mais tout le monde. Les grenades, les LBD, n'importe qui peut en &#234;tre victime.&lt;/i&gt; &#187; Peut-on cependant imaginer que certains agents retiennent leurs coups quand ils se retrouvent face &#224; un papy ou une mamie ? &#171; &lt;i&gt;On pourrait le penser. Mais lorsqu'il y a des charges de police, qui que ce soit qu'il y ait devant eux, les policiers y vont. Des personnes &#226;g&#233;es sont donc touch&#233;es, surtout quand elles courent moins vite que les autres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre de la fondation Copernic&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un cercle de r&#233;flexion s'opposant au n&#233;olib&#233;ralisme.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et de l'Observatoire des pratiques polici&#232;res de Toulouse, Pascal Gassiot, 65 ans, confirme : &#171; &lt;i&gt;Ici, je n'ai pas constat&#233; de traitement diff&#233;renci&#233;. Je n'ai pas vu les policiers retenir leurs coups quand ils &#233;taient face &#224; une personne &#226;g&#233;e qui manifestait. D'ailleurs, m&#234;me des badauds de passage ont &#233;t&#233; frapp&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Cette violence aveugle n'a pas &#233;pargn&#233; les observateurs eux-m&#234;mes, quel que soit leur &#226;ge : &#171; &lt;i&gt;Sur les quatre d'entre nous ayant &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s aux urgences de Toulouse, deux avaient plus de 60 ans, reprend Pascal Gassiot. Celui qui a pris un tir de LBD dans le ventre en avait 71. Quant &#224; moi&#8230; vous connaissez un peu le rugby ? Eh bien pendant une charge, alors que je filmais, un flic de la Bac [brigade anticriminalit&#233;] m'a fait un &#8220;raffut&#8221;, c'est-&#224;-dire qu'en courant il m'a mis la main sur la figure. Je suis tomb&#233;. J'ai eu deux c&#244;tes fractur&#233;es et un bout de cr&#226;ne compl&#232;tement r&#226;p&#233;. J'ai d&#233;pos&#233; une plainte. J'attends des nouvelles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Trop de peur &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Constat empirique : dans de nombreuses de villes de France, les enfants ont quasiment disparu des manifs. Trop de gaz lacrymog&#232;nes, trop de risques. Pascal Gassiot se souvient qu'&#224; Toulouse pendant les Gilets jaunes, &#171; &lt;i&gt;les premi&#232;res grenades p&#233;taient parfois dix minutes &#224; peine apr&#232;s le d&#233;but de la manifestation&lt;/i&gt; &#187; : il n'y avait donc plus de distinction entre une premi&#232;re phase de d&#233;fil&#233; tranquille (ouverte &#224; tous donc) et un second temps plus agit&#233; (r&#233;serv&#233; aux plus motiv&#233;s). En plus d'avoir fait d&#233;guerpir les poussettes, l'augmentation de la violence du maintien de l'ordre a-t-elle &#233;galement fait fuir les anciens ? Quand on sait que ces derniers forment souvent une bonne partie des troupes revendicatives, l'interrogation n'a rien d'anodin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur de P&#233;age Sud, un roman&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; le 13 novembre dernier aux &#233;ditions du Chien Rouge, l'extension de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; issu de plusieurs mois pass&#233;s sur les ronds-points et dans les manifs des Gilets jaunes des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, S&#233;bastien Navarro a remarqu&#233; un net reflux dans les moments les plus chauds : &#171; &lt;i&gt;Les mois passant, la r&#233;pression s'amplifiant, beaucoup de personnes &#226;g&#233;es ont peu &#224; peu disparu, parce que &#231;a devenait trop physique. Trop de peur.&lt;/i&gt; &#187; Une trouille qui, &#233;videmment, n'a pas touch&#233; que les seniors. &#171; &lt;i&gt;Les militants les plus chevronn&#233;s continuent de venir, note Jean-Jacques Gandini, de Montpellier. Mais au fur et &#224; mesure des manifs, on a vu des personnes ayant d&#233;pass&#233; un certain &#226;ge ou une certaine condition physique qui, apr&#232;s s'&#234;tre retrouv&#233;es en difficult&#233;, ont pr&#233;f&#233;r&#233; laisser tomber.&lt;/i&gt; &#187; Et l'ancien avocat de critiquer vertement la nouvelle doctrine du maintien de l'ordre, &#171; &lt;i&gt;une technique de confrontation&lt;/i&gt; &#187; qui fait que &#171; &lt;i&gt;les manifestants ne peuvent plus se sentir en s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal Gassiot confie qu'il a parfois rempli son r&#244;le d'observateur &#171; &lt;i&gt;avec la boule au ventre&lt;/i&gt; &#187;. Mais cet habitu&#233; du pav&#233; (pas loin d'un demi-si&#232;cle de manifs en tant que militant) n'a pas c&#233;d&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;la strat&#233;gie de la peur&lt;/i&gt; &#187;. Le Toulousain estime d'ailleurs que la vieillesse peut pr&#233;senter un avantage : celui d'avoir &#171; &lt;i&gt;le cuir tann&#233;, l'exp&#233;rience des manifestations violentes&lt;/i&gt; &#187; d'il y a plusieurs d&#233;cennies. D'ailleurs, poursuit-il, &#171; &lt;i&gt;pendant les Gilets jaunes, j'ai vu des vieux en premi&#232;re ligne&lt;/i&gt; &#187;. Qu'ils fussent de vieux briscards du pav&#233; ou des primomanifestants aux cheveux blancs, c'&#233;taient &#171; &lt;i&gt;des teigneux, qui ne reculaient pas face aux flics. Ils se prenaient des grenades, mais ils revenaient.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Covid les rues &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face au durcissement du maintien de l'ordre, si certains ont opt&#233; pour une prudente retraite, beaucoup d'autres papys et mamies ont donc fait de la r&#233;sistance. Mais depuis le printemps dernier, tous ont un nouvel adversaire : le coronavirus. Combien d'a&#238;n&#233;s dissuade-t-il lui aussi de rejoindre les grandes protestations actuelles ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En rapport, publi&#233; dans le m&#234;me num&#233;ro :&lt;/strong&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Des-nouvelles-de-Genevieve-Legay' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Des nouvelles de Genevi&#232;ve Legay &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, des observatoires de ce type ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s dans plusieurs grandes villes de France &#224; l'initiative de militants associatifs, pour documenter les exc&#232;s du maintien de l'ordre et les entraves au droit de manifester.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'observatoire montpelli&#233;rain proposant aussi un soutien juridique aux manifestants interpell&#233;s, il est parfois appel&#233; &#171; Legal Team &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un cercle de r&#233;flexion s'opposant au n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233; le 13 novembre dernier aux &#233;ditions du Chien Rouge, l'extension de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; dans le monde du livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gilets jaunes : bilan avant reprise ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes-bilan-avant-reprise</link>
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		<dc:date>2020-11-25T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Avec La R&#233;volte des Gilets jaunes, le collectif Ahou ahou ahou livre une analyse claire et r&#233;solument engag&#233;e d'une r&#233;volte surgie il y a moins de deux ans, si explosive et inattendue qu'elle a fait vaciller le pouvoir et remis en cause beaucoup de certitudes en mati&#232;re de luttes sociales. De quoi s'armer pour la prochaine ? &#171; Est-ce que les Gilets jaunes vont r&#233;ussir &#224; changer la vie ? Une infirmi&#232;re, songeuse : &#8220;En tout cas ils ont chang&#233; ma vie.&#8221; &#187; (Le Monde, d&#233;cembre 2018) *** &#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no191-octobre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;191 (octobre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ahou-ahou" rel="tag"&gt;Ahou ahou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets" rel="tag"&gt;Gilets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement-jaune" rel="tag"&gt;mouvement jaune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ahou" rel="tag"&gt;Ahou&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ronds-points" rel="tag"&gt;ronds-points&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jaunes" rel="tag"&gt;jaunes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;La R&#233;volte des Gilets jaunes&lt;/i&gt;, le collectif Ahou ahou ahou livre une analyse claire et r&#233;solument engag&#233;e d'une r&#233;volte surgie il y a moins de deux ans, si explosive et inattendue qu'elle a fait vaciller le pouvoir et remis en cause beaucoup de certitudes en mati&#232;re de luttes sociales. De quoi s'armer pour la prochaine ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3494 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH311/-1650-69334.jpg?1782692414' width='500' height='311' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Serge D'Ignazio
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;
&#171; &lt;i&gt;Est-ce que les Gilets jaunes vont r&#233;ussir &#224; changer la vie ? Une infirmi&#232;re, songeuse : &#8220;En tout cas ils ont chang&#233; ma vie.&#8221;&lt;/i&gt; &#187;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2018)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lecture des premiers chapitres, cette &#233;trange sensation : la distance. Comme si les faits expos&#233;s remontaient &#224; une bonne d&#233;cennie. Comme s'ils &#233;taient inimaginables dans la France &lt;i&gt;masqu&#233;e&lt;/i&gt; de cette fin septembre 2020, r&#233;solument rembarqu&#233;e dans les d&#233;bats de fond de poubelle sur le voile et &#171; &lt;i&gt;l'ensau&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;vagement&lt;/i&gt; &#187; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que la distance, m&#234;me, l'in&#8202;cr&#233;dulit&#233;. &lt;i&gt;Cela s'est-il vraiment pass&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; Y a-t-il bien eu quelques mois, apr&#232;s le 17 novembre 2018, o&#249; la France enti&#232;re s'est embras&#233;e, des villes aux ronds-points, des rues de Toulouse et de Paris aux bleds comme Pouzin, 2 800 habitants et des brouettes, secou&#233;s d'une fi&#232;vre &#233;meuti&#232;re ? Et &#171; &lt;i&gt;l'humiliation de la police&lt;/i&gt; &#187; le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, les Champs en flammes, la neutralisation de 75 % du parc de radars, la mise &#224; sac de la gendarmerie du p&#233;age de Narbonne par des fiers-&#224;-bras gueulant &#171; &lt;i&gt;C'est qui le patron&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, les blocages monstres, les ronds-points partout insurg&#233;s, Macron revenant d'Argentine blafard pour apprendre que c'&#233;tait moins une ? Tout &#231;a semble relever du beau r&#234;ve, de la divine surprise fantasm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; le premier m&#233;rite du bouquin r&#233;cemment sorti par les &#233;ditions Niet, &#339;uvre du bien nomm&#233; collectif Ahou ahou ahou&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cri de guerre tr&#232;s r&#233;pandu dans les cort&#232;ges Gilets jaunes, forme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;La r&#233;volte des Gilets jaunes &#8211; histoire d'une lutte des classes&lt;/i&gt; : il remet en t&#234;te des &#233;pisodes &#224; la port&#233;e politique essentielle, occult&#233;s depuis par une crise sanitaire qui semble avoir &#233;teint les derni&#232;res braises de l'incendie en mode Canadair-Covid. Vivant, bien &#233;crit, bas&#233; &#224; la fois sur du v&#233;cu et de la documentation, entre chroniques de lutte et analyses en surplomb, l'ouvrage rappelle simplement ce qui a &#233;t&#233;, ce qui s'est construit et ce qui a durablement impr&#233;gn&#233; l'esprit de tant de gilets r&#233;volt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vertiges de la meute&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les quatre loups du collectif, tous militants de longue date, tous impliqu&#233;s dans le mouvement jaune, n'ont pas attendu qu'il s'&#233;vapore pour envisager d'en conter l'histoire. Dispers&#233;s g&#233;ographiquement &#8211; l'un en r&#233;gion parisienne, l'autre dans une grande ville du Sud-Est, etc. &#8211;, ils ont vite compris qu'un boulever&#8202;sement &#233;tait en cours et qu'il fallait l'analyser. Pas simple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Bient&#244;t, une sorte de vertige nous saisissait : quelle id&#233;e &#233;trange en effet que de vouloir d&#233;crire un mouvement qui d&#233;fiait la description, de vouloir analyser des pratiques, des actes, des formes politiques qui bien souvent s'y refusaient formellement, de vouloir m&#234;me faire l'histoire d'&#233;v&#233;nements qui se d&#233;ro&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;baient &#224; toute chronologie, qui sans cesse semblaient s'achever et sans cesse renaissaient de leurs cendres, quoique toujours avec une dynamique autre, une direction nouvelle, un sens diff&#233;rent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu en effet bien des strates, des &#233;tapes, des retournements : du surgissement du 17 novembre, que beaucoup regardaient en se pin&#231;ant le nez, aux massifs d&#233;bordements des 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; et 8 d&#233;cembre, en passant par la &#171; &lt;i&gt;gueule de bois&lt;/i&gt; &#187; de la r&#233;pression et des cort&#232;ges toujours plus maigres. Mais le lent effilochement d&#233;crit ne doit pas faire oublier qu'il fut un temps o&#249; la masse des Gilets jaunes a secou&#233; les certitudes militantes de ce c&#244;t&#233; de la barricade : &#171; &lt;i&gt;Bien vite il nous fallut admettre que ce mouvement semblait abattre (et, souvent, avait d&#233;j&#224; abattu) bien des murs que nous aspirions &#224; d&#233;molir en vain depuis longtemps.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des lignes bris&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des villes aux ronds-points en passant par les piquets de blocage, il y a d'abord ce refus acharn&#233; de la verticalit&#233;, le rejet des r&#233;cup&#233;rations et des porte-drapeaux : &#171; &lt;i&gt;Il appara&#238;t tr&#232;s vite que le mouvement porte en lui une aspiration fondamentale &#224; l'horizontalit&#233;. Le peuple qui est sorti sur les ronds-points s'oppose avec virulence au fait que quiconque l'encadre.&lt;/i&gt; &#187; Exit les vautours, donc, et place &#224; l'autogestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;galement la bienveillance globale envers les d&#233;gradations, les bris de vitre, le saccage des bagnoles de luxe et les vell&#233;it&#233;s de confrontation avec les porteurs de matraque, ceci malgr&#233; les tentatives m&#233;diatiques d'opposer gentils pacifistes et m&#233;chants black blocks : &#171; &lt;i&gt;Ces pratiques sont bel et bien rejet&#233;es d&#232;s lors qu'elles sont isol&#233;es dans des discours g&#233;n&#233;ralisants, mais comprises et soutenues dans des contextes pr&#233;cis, o&#249; la violence du pouvoir se manifeste de mani&#232;re trop criante.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre le&#231;on des s&#233;ismes de d&#233;cembre, notamment li&#233;e &#224; l'entr&#233;e des coll&#232;ges et lyc&#233;es dans la danse, la possibilit&#233; d'une alliance entre des populations ayant rarement r&#233;ussi &#224; unir leurs int&#233;r&#234;ts d'exploit&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Il s'op&#232;re comme une jonction momentan&#233;e, in&#233;dite, terrifiante menace pour l'ordre des choses, entre les Gilets jaunes, typiquement (mais pas exclusivement) des prol&#233;taires p&#233;riurbains, et de jeunes sous-prol&#233;taires des cit&#233;s HLM.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, toujours pr&#233;sente en ligne de fond, il y a cette &#233;vidence qui ne l'&#233;tait pas tant que &#231;a avant le mouvement jaune : la lutte des classes n'est pas morte, r&#244;de encore, peut-&#234;tre plus que jamais, ciment ind&#233;passable des explosions collectives populaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Traces et horizons&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De page en page, les angles d'attaque se multiplient, entre exploration des impasses et volont&#233; de s'en s'extraire. La violence inou&#239;e de la r&#233;pression et la massive diffusion de l'hostilit&#233; envers la gente polici&#232;re qu'elle a provoqu&#233;e (&#171; &lt;i&gt;tout un chacun int&#233;riorise d&#233;sormais que l'acte m&#234;me de manifester induit de s'opposer aux forces de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;). Le recours &#224; des blocages durs et efficaces, suivi ensuite d'une forme de pacification de la pratique, notamment via les barrages filtrants. Ou bien le d&#233;placement progressif de la conflictualit&#233; &#171; &lt;i&gt;des ronds-points aux centres-villes gentrifi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la m&#232;che semble avoir fait &lt;i&gt;pschitt&lt;/i&gt;, les membres de la meute Ahou ahou ahou ne sombrent pas dans le pessi&#8202;misme moribond. Ni ne proclament de vaines proph&#233;ties (rarement autor&#233;alisatrices). Ils rappellent simplement cette &#233;vidence : un mouvement d'une telle ampleur ne dispara&#238;t pas sans laisser de traces dans les esprits et pratiques politiques des innombrables insurg&#233;s du quotidien qui y ont particip&#233;. Et si le pr&#233;sent navigue de toute &#233;vidence dans une moro&#8202;sit&#233; politique des plus flippantes, les retours de flamme surgissent souvent quand on ne les attend pas, avec ou sans gilets : &#171; &lt;i&gt;En France, &#224; l'automne 2018, un gauchiste plus ou moins farfelu qui aurait annonc&#233; le &#8220;retour de la lutte des classes&#8221; et le surgissement prochain d'un mouvement social fort secouant l'&#233;tat de bas en haut et g&#233;n&#233;ralisant pour des mois le d&#233;sordre en ville comme &#224; la campagne, aurait &#233;t&#233; l'objet des railleries g&#233;n&#233;rales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cri de guerre tr&#232;s r&#233;pandu dans les cort&#232;ges Gilets jaunes, forme de question- r&#233;ponse &#233;nergisante bas&#233;e sur le cri du loup : &#171; &lt;i&gt;Gilets jaunes, quel est votre m&#233;tier&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? &#8211; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;Ahou, ahou, ahou&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Sentir avec son c&#339;ur, son nez, ses yeux, sa trouille, ses doutes... &#187; </title>
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		<dc:date>2020-11-13T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ce 13 novembre, l'ami S&#233;bastien Navarro publie P&#233;age Sud aux &#233;ditions du Chien Rouge, extension de CQFD dans le monde du livre. Un beau roman en gilet jaune. Apr&#232;s Panchot publi&#233; en 2019 chez Alter Ego , notre vieux compagnon de route livre un r&#233;cit intense, bas&#233; sur son v&#233;cu des ronds-points. Petit entretien entre amis &#224; deux pas du p&#233;age. Vroum... Apr&#232;s des ann&#233;es de reportages, d'enqu&#234;tes et de recensions &#224; CQFD, mais aussi chez les ami&#183;es de Jef Klak et du regrett&#233; Article 11, tu te (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no192-novembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;192 (novembre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pigasse" rel="tag"&gt;Pigasse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce 13 novembre, l'ami S&#233;bastien Navarro publie &lt;i&gt;P&#233;age Sud&lt;/i&gt; aux &#233;ditions du Chien Rouge, extension de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; dans le monde du livre. Un beau roman en gilet jaune. Apr&#232;s &lt;i&gt;Panchot&lt;/i&gt; publi&#233; en 2019 chez Alter Ego&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; &#8220;Panchot&#8221; : la somme des mensonges sur lesquels personne n'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, notre vieux compagnon de route livre un r&#233;cit intense, bas&#233; sur son v&#233;cu des ronds-points. Petit entretien entre amis &#224; deux pas du p&#233;age. Vroum...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH362/-1641-a957c.jpg?1782662509' width='500' height='362' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par C&#233;cile K.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s des ann&#233;es de reportages, d'enqu&#234;tes et de recensions &#224;&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt;, mais aussi chez les ami&#183;es de &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; et du regrett&#233;&lt;i&gt; Article 11&lt;/i&gt;, tu te lances dans la fiction. &#192; lire tes deux premiers livres, on est marqu&#233; par la mani&#232;re dont l'enqu&#234;te et le reportage continuent de te hanter. Enqu&#234;te historique pour &lt;i&gt;Panchot&lt;/i&gt; et reportage partisan pour&lt;i&gt; P&#233;age Sud&lt;/i&gt;... on se demande comment toi, tu qualifierais ton travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si j'ai propos&#233; au Chien Rouge d'&#233;diter ce texte, c'est parce que j'ai consid&#233;r&#233; qu'il s'inscrivait dans une continuit&#233; avec le travail journalistique effectu&#233; &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Je n'aurais jamais &#233;crit &lt;i&gt;Panchot&lt;/i&gt; ni &lt;i&gt;P&#233;age Sud&lt;/i&gt; sans les outils pratiques et th&#233;oriques acquis par ma participation aux publications de critique sociale que tu cites. J'y ai appris &#8211; sur le tas ! &#8211; non seulement &#224; mener un entretien ou &#224; constituer une bibliographie, mais aussi l'art de d&#233;barquer avec discr&#233;tion et humilit&#233; en pleine &lt;i&gt;terra incognita&lt;/i&gt; pour un reportage. La r&#233;sistance dans le pi&#233;mont du Canigou en 1944 ou le rond-point d'un p&#233;age ont &#233;t&#233; des espaces o&#249; je me suis invit&#233; en ayant tr&#232;s peu de rep&#232;res. D'un c&#244;t&#233; j'ai d&#251; frayer, moi l'anarchiste plut&#244;t planeur, avec une m&#233;moire historique sous mainmise communiste, et de l'autre avec une communaut&#233; fluo en train d'exploser le cadre aseptis&#233; des mouvements sociaux habituels. La premi&#232;re chose &#224; faire dans ce genre de configuration o&#249; rien n'est familier est de fermer son clapet et d'ouvrir grand mirettes et esgourdes. Observer et &#233;couter. Ce travail d'enqu&#234;te dont tu parles commence ici : dans cet effacement personnel et cet effort d'intelligibilit&#233; auquel se confronte tout individu immerg&#233; dans une situation dont il ne ma&#238;trise ni l'alpha ni l'om&#233;ga.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces deux bouquins, j'aurais pu me contenter d'une restitution purement factuelle et opter pour la forme classique du r&#233;cit. Apr&#232;s tout, ce dernier permet aussi des embard&#233;es subjectives. Mais non, il a fallu que se calque sur la trame narrative une enveloppe fictionnelle. Plusieurs raisons &#224; cela : mon go&#251;t pour l'esth&#233;tique du polar (y compris quand le h&#233;ros est un vrai pied nickel&#233;), la volont&#233; de rompre avec l'&#226;pret&#233; du sujet en le pimentant de fantaisies imaginaires, l'indispensable bande-son destin&#233;e &#224; ambiancer la prose. Enfin, la libert&#233; romanesque offre un luxe inestimable : celui de donner du champ. Elle permet d'incarner une multiplicit&#233; de voix, souvent contradictoires, de dessiner une dialectique au cours d'un dialogue grotesque, d'exacerber les humeurs en les poussant vers des points d'incandescence. Il y a l&#224; une multitude d'explorations qui font qu'au final &lt;i&gt;P&#233;age Sud&lt;/i&gt; n'est ni un roman ni un r&#233;cit mais un texte hybride qui r&#233;siste &#224; tout &#233;tiquetage. &#192; l'instar du mouvement des Gilets jaunes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;i&gt;P&#233;age Sud&lt;/i&gt;, le narrateur &#233;voque sa rencontre avec les Gilets jaunes. Tu la d&#233;plies en diff&#233;rentes phases : le rejet (&#171; &lt;i&gt;Je n'y vois qu'une urticaire poujadiste, une col&#232;re de petits bras facho-compatibles, la beauferie en marche&lt;/i&gt; &#187;), la circonspection (&#171; &lt;i&gt;Mon fantasme de jeune militant libertaire &#8211; un boycott massif des grandes surfaces &#8211; r&#233;alis&#233; sous mes yeux par&#8230; par quoi au juste&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ou bien par qui&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Par eux, l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;), l'adh&#233;sion (&#171; &lt;i&gt;Il se passe vraiment quelque chose dans ce putain de pays. Quelque chose que je suis en train de rater. Cette id&#233;e me devient soudain insupportable.&lt;/i&gt; &#187;) et, enfin, la fusion (&#171; &lt;i&gt;La foule comme un corps autonome. Sans discours, ni leader, ni parcours d&#233;clar&#233;. Les gens au diapason. Une manif homog&#232;ne, nerveuse et tactique. C'est stup&#233;fiant. Ce c&#244;t&#233; animal. Je ne pensais pas ce type d'agencement humain possible.&lt;/i&gt; &#187;). Ce que tu d&#233;cris l&#224; est tr&#232;s int&#233;ressant car le rejet du mouvement a &#233;t&#233; commun &#224; une large partie de la gauche radicale, qui y voyait &#224; ses d&#233;buts un fascisme en puissance. Qu'est-ce qui s'est jou&#233; pour toi ? Comment as-tu, finalement, bascul&#233; en jaune ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tr&#232;s honn&#234;tement, je pense qu'il me faudra des ann&#233;es pour faire le bilan de ce que ces mois de fi&#232;vre fluo ont chamboul&#233; dans ma perception du champ politique. Il y a ce pi&#232;ge paradoxal de la pens&#233;e militante &#8211; dans lequel je suis tomb&#233; tout jeune &#8211; qui, tout en favorisant l'esprit critique, peut amener le cerveau &#224; fonctionner en &#226;nonnant des slogans. Dans ce genre de sch&#233;ma simpliste, celui qui n'a pas tes id&#233;es est soit un ignorant &#224; conscientiser soit un ennemi &#224; combattre. Je me pensais immunis&#233; contre ce type de r&#233;flexes. Or force est de constater que j'ai gob&#233; en vrac la daube d&#233;vers&#233;e &#224; grands seaux m&#233;diatiques sur les Gilets jaunes. Beaufs, fachos, poujadistes, pendant les quinze premiers jours du mouvement, les fluos sont pour moi un vrai repoussoir. Quand je me fais violence et d&#233;cide d'aller fureter du c&#244;t&#233; du rond-point, j'y vais &#224; reculons, en curieux &#224; la fois r&#233;tif et inquiet. Et c'est lors d'une AG tenue sous un r&#233;verb&#232;re &#224; quelques m&#232;tres du p&#233;age que je tombe sur le cul. La foule mass&#233;e cause... d&#233;mocratie directe. Il y a l&#224; des femmes, des hommes, des Blancs, des Maghr&#233;bins, des jeunes, des vieux, des handicap&#233;s. Un monde de &#8220;gens ordinaires&#8221; qui exige non seulement d'avoir une vie meilleure mais aussi voix au chapitre d&#233;mocratique. Un monde qui trouve sa coh&#233;rence en reconvoquant la sans-culotterie non pas pour exalter un quelconque patriotisme frelat&#233; mais parce qu'il a pig&#233; que 1789 &#233;tait ce plus grand d&#233;nominateur commun capable de mettre une foule au diapason. Cerise sur le g&#226;teau : les Gilets absorbent avec une fluidit&#233; inou&#239;e les concepts de la doxa libertaire. Refus des hi&#233;rarchies, rotations des mandats, AG d&#233;cisionnaires, jusqu'aux reven&#8202;dications politiques qui vont rapidement gagner en radicalit&#233;. Comment ne pas basculer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi qui croyais que c'&#233;tait au prix de lectures politiques sans cesse renouvel&#233;es, en p&#233;n&#233;trant de plus en plus profond&#233;ment les plis et replis du capitalisme, que se formait une conscience r&#233;volutionnaire, je me rends compte qu'un frigo vide peut suffire &#224; provoquer l'&#233;tincelle. Je me souviens &#234;tre rentr&#233; chez moi, avoir regard&#233; ma biblioth&#232;que et m'&#234;tre dit que pour la premi&#232;re fois de ma vie les bouquins m'avaient emp&#234;ch&#233;. &#192; force de tout vouloir intellectualiser, de vouloir concep&#8202;tualiser le r&#233;el de mani&#232;re quasiment obsessionnelle, je m'&#233;tais amput&#233; de ces instincts essentiels pour comprendre les situations. Sentir avec son c&#339;ur, son nez, ses yeux, sa trouille, ses doutes, ses &#233;bahissements, ses fatigues, ses accolades, sa parano&#239;a. Tout ce fatras organique qui fait que des humains entrent en connivence d'un simple regard. C'est ce d&#233;pouillement-l&#224; dont je fais d'abord l'exp&#233;rience au rond-point. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'action se d&#233;roule dans une ville sans nom. Pourquoi as-tu choisi d'anonymiser ce lieu qui apparemment a un rond-point et un p&#233;age au Sud ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La premi&#232;re version du manuscrit citait la ville et les lieux. La d&#233;territorialisation s'est impos&#233;e au fur et &#224; mesure d'&#233;changes avec le collectif &#233;ditorial. L'id&#233;e premi&#232;re &#233;tait d'universaliser le r&#233;cit. Si &lt;i&gt;P&#233;age Sud&lt;/i&gt; ne se situe nulle part, alors il se situe partout. Je pense que pas mal de situations &#233;voqu&#233;es dans le livre peuvent entrer en r&#233;sonance avec des r&#233;alit&#233;s qui ont pu &#234;tre observ&#233;es dans diff&#233;rents coins de l'Hexagone. La seconde raison est li&#233;e &#224; une volont&#233; de floutage pour des raisons de &#8220;s&#233;curit&#233;&#8221;. Les personnages ont beau avoir &#233;t&#233; &#8220;fictionnaris&#233;s&#8221; &#224; des degr&#233;s plus ou moins divers, il m'a paru important de d&#233;gager le r&#233;cit de toute assise territoriale afin de ne pas mettre dans l'embarras certaines personnes pouvant se reconna&#238;tre, m&#234;me de loin, m&#234;me maquill&#233;es, dans tel th&#233;&#226;tre op&#233;rationnel. M&#234;me si je ne suis pas dupe : tout le monde sait d'o&#249; j'&#233;cris. Car j'insiste sur ce fait : les quelque trois mois de lutte que je narre sont aussi un travail de documentation. Dans cette affaire, je ne fais pas qu'une mise en r&#233;cit, je transmets une s&#233;quence de notre histoire sociale que je juge d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier point sur la &#8220;ville sans nom&#8221; : G&#233;rard Delteil, grand auteur de polar, a fait la m&#234;me chose dans son tr&#232;s beau et sobre bouquin&lt;i&gt; Les &#201;c&#339;ur&#233;s&lt;/i&gt;, paru au Seuil en mai 2019. Sauf que lui est plus au Nord... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#233;crit-on sur un mouvement comme celui-l&#224; tout en le vivant de l'int&#233;rieur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Question essentielle et terriblement d&#233;licate. D&#232;s que je comprends ce qui est en train de se jouer &#224; quelques kilom&#232;tres de la cit&#233;-dortoir o&#249; je cr&#232;che, une &#233;vidence s'impose : tout &#231;a est incroyable et tout &#231;a va se perdre. Se perdre comme des paroles emport&#233;es par le vent, comme des fluos anonymes embarqu&#233;s par les flics, comme des manifs sauvages dissoutes &#224; l'or&#233;e de la nuit. Le &#8220;militant/journaliste&#8221; qui sommeille en moi ne peut accepter pareille situation. Alors je note. Tout ce que je peux. Des morceaux de vie, des prises de paroles, des col&#232;res fondamentales. Je fais gaffe &#224; respecter les anonymats. Je d&#233;cris des manifs. Je recopie des tags. Je note la temp&#233;rature, l'&#233;tat du ciel, le dispositif policier. Personne ne sait que j'&#233;cris. Je me sens voyeur et intrus. Mais je le fais, m&#251; par la certitude que ce mouvement ne pourra se raconter v&#233;ritablement que de l'int&#233;rieur. Je prends garde &#224; rester discret car si je me fais choper, mon compte est bon. J'aurai beau essayer de bredouiller ma d&#233;marche, &#224; l'&#233;tat de mouchard ou de veule journaliste je serai r&#233;duit. Quand je rentre chez moi, rebelote. Je d&#233;goupille une bi&#232;re et recopie mes notes dans de beaux cahiers. Jaunes. L&#224; je prends soin de recons&#8202;tituer les ambiances et de revenir sur mes sensations. J'analyse et &#8220;m'autoanalyse&#8221;. Parall&#232;lement, je tiens &#224; jour une revue de presse locale. Les articles cit&#233;s dans &lt;i&gt;P&#233;age Sud&lt;/i&gt; sont de vrais morceaux de bravoure de la PQR &lt;i&gt;[presse quotidienne r&#233;gionale]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concomitamment &#224; ce travail dans l'ombre, je suis un Gilet parmi les autres. Compl&#232;tement happ&#233; par le mouvement. Je chante, je d&#233;file, je lacrymog&#232;ne. Je discute, je m'engueule, j'&#233;tale vainement ma science. Je cr&#233;e mon premier compte Facebook, j'applaudis Dettinger &lt;i&gt;[le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;boxeur de gendarmes du pont parisien]&lt;/i&gt;, manque de d&#233;faillir quand Rodrigues se fait &#233;borgner. Je suis donc totalement dedans et avec. Avec cette r&#233;serve pr&#232;s que du fait de ma condition sociale &#8220;privil&#233;gi&#233;e&#8221; (je suis salari&#233;) et d'une grande timidit&#233; pour tout ce qui concerne le chahut muscl&#233; avec les casqu&#233;s, je d&#233;serte souvent le champ de bataille quand &#231;a sent le roussi. Si j'accepte de courir certains risques dans des moments de fi&#232;vre collective, moi seul d&#233;cide du moment de mon retrait. La tr&#232;s grande plasticit&#233; du mouvement permet ce genre d'ajus&#8202;tements o&#249; chacun est libre de d&#233;terminer son degr&#233; d'engagement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le narrateur livre une chronique hebdomadaire du mouvement pour un blog nomm&#233; &lt;i&gt;Ramball&lt;/i&gt;. C'est quoi ce blog ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce blog n'existe pas. Ou alors pas encore. C'est une invention circonstanci&#233;e, m&#234;me si j'ai puis&#233; dans mon environnement pour en tracer les contours. Les chroniques fourbies par le narrateur de &lt;i&gt;P&#233;age Sud&lt;/i&gt; ont toutes &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es au fil de l'&#233;criture du manuscrit. Elles sont donc toutes in&#233;dites &#224; part une, pour laquelle j'avoue avoir repris les grandes lignes d'un article que j'avais publi&#233; dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Il faudra donc rajouter, au titre de mes arrangements douteux avec la v&#233;rit&#233;, le p&#233;ch&#233; d'autoplagiat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chroniques sont des textes au calibrage purement journalistique. Elles permettent un r&#233;gime de discours bien sp&#233;cifique avec des approches tant&#244;t th&#233;oriques tant&#244;t personnelles. On rejoint l&#224; un des fils rouges du livre : &#231;a veut dire quoi restituer le r&#233;el ? Quelle responsabilit&#233; endosse-t-on quand on s'arroge le droit de transformer des vies en trois dimensions en une s&#233;rie de signes abstraits qui seront librement interpr&#233;t&#233;s par une masse indiff&#233;renci&#233;e de lecteurs ? C'est pas rien comme b&#233;ance philosophique et morale. Entre le commentateur planqu&#233; et le sermonneur exalt&#233;, j'esp&#232;re avoir trouv&#233; la juste distance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Momo Br&#252;cke&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; P&#233;age Sud &#187; est distribu&#233; en librairie ; mais vous pouvez aussi le commander en ligne et tout de suite &lt;a href=&#034;https://www.helloasso.com/associations/cqfd/evenements/abonnements-et-micro-boutique-de-cqfd&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur notre page HelloAsso&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Extrait&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le rond-point s'anime. Un n&#339;ud d'agitation, des cris, des bruits de perceuse. Des costauds trimbalent des chevrons de bois. Les placent ensemble et les fixent au sol. Les jaunes construisent quelque chose. Les autres font un cercle autour. C'est quoi ce bordel ? &#192; quoi ils jouent maintenant ? L'armature est debout. On dirait les montants d'une balan&#231;oire. Ou bien une esp&#232;ce de portique. Les gestes des bricoleurs sont pr&#233;cis. On voit que c'est des manuels. Pas des planqu&#233;s d'intello aux mains d&#233;licates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde mes mains avec circonspection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour il faudra abolir la division du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quand j'avise le couperet en bois tout en haut de la potence que je comprends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont construit une guillotine. Ils ont ressuscit&#233; la veuve d'entre les morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#234;te &#224; &lt;i&gt;Macaron 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt;&lt;/i&gt; sur le billot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mon for int&#233;rieur se dessine un sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah les cons, ils sont marrants quand m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai envie de m'approcher pour voir cette veuve jaune de plus pr&#232;s. Je r&#233;siste &#224; la tentation. Ne pas se laisser avoir par les sentiments. Je me raisonne et m'arraisonne. M'interdis de flancher. Ils sont marrants peut-&#234;tre mais d'un bord diff&#233;rent du mien. Ne pas baisser sa garde. Un pied foutu dans la populace et c'est tout le corps qui suit.
Mais quand m&#234;me. Redonner vie &#224; l'&#339;uvre funeste du D&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; Guillotin. Fallait oser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai beau me cabrer, quelque chose est en train de mollir &#224; l'int&#233;rieur de ma tripe d'ind&#233;crottable anar. Le ver &#8211; luisant &#8211; fraie dans ma pomme. Dans quelques semaines, quand s'amorcera ce travail introspectif visant &#224; isoler le point de bascule o&#249; mon empathie pour les jaunes a pris le dessus, la guillotine imposera sa silhouette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gilets font masse concentrique autour de l'effigie. Le couperet est hiss&#233; jusqu'en haut de son butoir. Une main maintient la corde. Quelques cris impatients fusent. Un immense drapeau fran&#231;ais claque au vent. La main l&#226;che la corde. Le couperet s'effondre. Tranche le vide. Tranche le corps absent du taulier de l'&#201;lys&#233;e. La foule, un cri cacophonique. Exultation en z&#233;brures. Myriades de joies qui se d&#233;bordent et se transvasent. Un rugissement se hisse au-dessus du capharna&#252;m et envoie la pur&#233;e du &lt;i&gt;Allons zenfants de la patrie&lt;/i&gt;. Un ch&#339;ur &#224; l'unisson entonne l'hymne national. Moi qui me roidis une &#233;ni&#232;me fois, pr&#234;t &#224; creuser ma tombe et &#224; y fossoyer mon cadavre de honte. Les esgourdes agress&#233;es par ce chant cocardier. M&#234;me si je sais dans mon tr&#233;fonds que &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, avant d'&#234;tre une beuglante de stade, fut un chant r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Ah ben tiens, t'es l&#224; toi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sursaute. La t&#234;te &#224; Pigasse. Qui d&#233;passe d'un anorak rouge &#224; capuche fourr&#233;e. Pigasse avec ses bacchantes &lt;i&gt;Brigades du Tigre&lt;/i&gt;, ses traits fatigu&#233;s de noceur insomniaque, sa pond&#233;ration autor&#233;gul&#233;e. Pigasse &#224; qui je demande, parce que c'est &#224; moi de parler et que m&#234;me si sa pr&#233;sence me d&#233;pla&#238;t je me dois de donner le change :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Tu pr&#233;pares un article sur l'acte III ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Non. C'est pas moi qui couvre la mobilisation des gilets jaunes. Je prends juste des notes. Je voulais les voir de mes yeux. Ils sont ridicules avec leur guillotine. Ils veulent r&#233;tablir la peine de mort, tu crois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; T'as qu'&#224; leur demander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Si je dis que je suis journaliste, je me fais lyncher. J'ai eu des &#233;chos de la manif parisienne, &#231;a chauffe autour de l'Arc de Triomphe. Des types lancent des pav&#233;s sur les flics. D'autres les shootent &#224; coup de fronde et de boulons. L'ultra-droite est aux manettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Mais que fait &lt;i&gt;Macaron 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt;&lt;/i&gt; !?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Il est &#224; un G20 en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; G20 en Argentine, j'ai faim en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pigasse ne rel&#232;ve pas mon trait d'esprit. Je ne lui en veux pas, il est relativement m&#233;diocre. Mon trait d'esprit, pas Pigasse. Quoi que. Il ferme bri&#232;vement les yeux comme pour retourner en lui-m&#234;me. Il me demande ce que je fais l&#224;. Je r&#233;ponds que je regarde et cultive ma perplexit&#233;. Pigasse fait ce truc avec sa bouche dont je ne sais jamais si c'est un sourire r&#233;flexe ou une grimace m&#233;prisante. Il se roule une clope. Me donne envie de fumer. Mais j'ai ma fiert&#233; et pas de tabac sur moi. Les fois o&#249; on casse la graine ensemble, je ne lui demande m&#234;me pas de me passer le sel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; En plus ils chantent comme des ch&#232;vres, maugr&#233;e-t-il en l&#226;chant un nuage de fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pas faux.&lt;i&gt; La Marseillaise&lt;/i&gt; se d&#233;lite en une s&#233;rie de cris de jungle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pronostique &#224; Pigasse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Si &#231;a se trouve, dans un mois ils chanteront &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Dans un mois No&#235;l sera pass&#233; et tous ces blaireaux seront de retour dans leur foyer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Panchot-la-somme-des-mensonges-sur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#8220;Panchot&#8221; : la somme des mensonges sur lesquels personne n'est d'accord&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176;184 (f&#233;vrier 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gilets jaunes de Valence : la justice baisse (un peu) le ton</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes-de-Valence-la</link>
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		<dc:date>2020-07-10T17:07:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Pour trois coups de pied ass&#233;n&#233;s &#224; un flic, le tribunal de Valence avait condamn&#233; un Gilet jaune &#224; douze mois de prison ferme. Devant la cour d'appel de Grenoble, le manifestant s'en est sorti avec huit mois de bracelet &#233;lectronique et trois ans d'interdiction de manifester dans sa r&#233;gion et &#224; Paris. Son camarade, auteur d'un seul coup, a &#233;cop&#233; de six mois de bracelet. &#171; Dans cette affaire, l&#226;chera l'avocate des policiers pendant l'audience d'appel, tout est question d'angle de vue. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-ils" rel="tag"&gt;qu'ils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets" rel="tag"&gt;Gilets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jaunes" rel="tag"&gt;jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tom" rel="tag"&gt;Tom&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Stephane" rel="tag"&gt;St&#233;phane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilet-jaune" rel="tag"&gt;Gilet jaune&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour trois coups de pied ass&#233;n&#233;s &#224; un flic, le tribunal de Valence avait condamn&#233; un Gilet jaune &#224; douze mois de prison ferme. Devant la cour d'appel de Grenoble, le manifestant s'en est sorti avec huit mois de bracelet &#233;lectronique et trois ans d'interdiction de manifester dans sa r&#233;gion et &#224; Paris. Son camarade, auteur d'un seul coup, a &#233;cop&#233; de six mois de bracelet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2731 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH461/-989-b3532.jpg?1782639950' width='400' height='461' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans cette affaire&lt;/i&gt;, l&#226;chera l'avocate des policiers pendant l'audience d'appel, &lt;i&gt;tout est question d'angle de vue. &#187;&lt;/i&gt; C'est assez vrai. Il n'y a qu'&#224; voir, par exemple, le titre de l'article que le site de C-News consacre &#224; l'affaire : &#171; Agression de policiers : condamnation confirm&#233;e en appel pour deux Gilets jaunes &#187;. Des policiers agress&#233;s ? Les deux manifestants assurent qu'ils ne savaient pas qu'ils s'en prenaient &#224; des flics. Ils expliquent qu'&#224; l'instant des faits, ils voulaient seulement d&#233;fendre un Gilet jaune agress&#233; par des hommes en civil.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Acte IV&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'abord, le contexte. Ce 8 d&#233;cembre 2018, les Gilets jaunes en sont &#224; leur quatri&#232;me acte. Apr&#232;s un temps d'expectative, de nombreux militants de gauche ont rejoint le mouvement. Des revendications sociales plus larges commencent &#224; supplanter les initiales dol&#233;ances d'automobilistes. D&#233;bord&#233;es par l'&#233;nergie &#233;meuti&#232;re qui s'est manifest&#233;e &#231;&#224; et l&#224;, les autorit&#233;s ont fait le pari de la r&#233;pression f&#233;roce ; six jours plus t&#244;t &#224; Marseille, Zineb Redouane d&#233;c&#233;dait apr&#232;s avoir re&#231;u en pleine figure une grenade lacrymog&#232;ne &#224; la fen&#234;tre de son appartement&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En ce d&#233;but juillet 2020, le policier tireur n'a toujours pas &#233;t&#233; identifi&#233;.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 8 d&#233;cembre 2018 donc, des Gilets jaunes bloquent un rond-point de la zone commerciale du plateau des Couleures, &#224; Valence (Dr&#244;me). Vers midi, la police estime que la blague a assez dur&#233;. Les agents chargent. Les fluos ripostent : des projectiles volent. Quelques minutes plus tard, sur un parking proche, deux policiers &#8211; dont le directeur d&#233;partemental de s&#233;curit&#233; publique &#8211; reconnaissent un des lanceurs de projectiles. Habill&#233;s en civil, ils tentent de l'interpeller. Mais le manifestant ne se laisse pas faire et les trois hommes se retrouvent au sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'une quinzaine de Gilets jaunes, apercevant l'un des leurs se faire malmener par deux gugusses lambda, interviennent. Tout va tr&#232;s vite &#8211; 25 secondes &#224; peine. Des coups de pied et de poing sont &#233;chang&#233;s ; les flics d&#233;gainent leur arme ; d'autres bleus arrivent en renfort et les fluos prennent la fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, quatre personnes ayant particip&#233; &#224; l'algarade sont arr&#234;t&#233;es &#8211; violemment &#8211; dans les rues du centre-ville, o&#249; se d&#233;roule une marche pour le climat. Elles se retrouvent en garde &#224; vue, puis en d&#233;tention provisoire. Au bout de dix jours, elles ressortent. Juste le temps de se requinquer un peu, avant leur proc&#232;s de premi&#232;re instance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 26 d&#233;cembre 2018, Maria, Dylan, Tom et St&#233;phane font face &#224; leurs juges, au tribunal correctionnel de Valence&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notre compte-rendu : &#171; Au tribunal de Valence, apaisement rime avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Aucun des pr&#233;venus n'a de casier judiciaire. Motif des poursuites ? &#171; Violences en r&#233;union sur personnes d&#233;positaires de l'autorit&#233; publique &#187;. Les deux policiers se sont vu d&#233;livrer deux et trois jours d'ITT (interruption totale de travail). St&#233;phane a port&#233; trois coups, Tom et Dylan un chacun. Impossible de nier : une cam&#233;ra de vid&#233;osurveillance a immortalis&#233; la sc&#232;ne. Les images, cependant, ne permettent pas de savoir ce qui s'est pass&#233; dans la t&#234;te des pr&#233;venus. Qu'importe, le procureur a ses certitudes au sujet de St&#233;phane : &#171; &lt;i&gt;Monsieur Trouille, c'est le plus violent, avec un vrai projet : foutre en l'air du flic&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Il vient pour en d&#233;coudre...&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Il tabasse...&lt;/i&gt; &#187; Maria, elle, n'a frapp&#233; personne. Simplement, elle s'est empar&#233;e du bonnet d'un des deux pandores et l'a jet&#233; plus loin. Aux yeux du procureur, voil&#224; une faute impardonnable : &#171; &lt;i&gt;Le fait de prendre un bonnet &#224; un policier au sol constitue d&#233;j&#224; des violences.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme du d&#233;lib&#233;r&#233;, les quatre pr&#233;venus r&#233;coltent trois ans d'interdiction de manifester. Maria &#233;cope de neuf mois de prison, dont trois ferme. Dylan en prend dix, dont quatre ferme. Aucun des deux ne fera appel. Les deux autres, les plus lourdement condamn&#233;s, contesteront la peine : douze mois dont six ferme pour Tom, dix-huit mois dont douze ferme pour St&#233;phane.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Grenoble, un an et demi plus tard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce jeudi 4 juin 2020, St&#233;phane et Tom ont donc rendez-vous &#224; la cour d'appel de Grenoble. Le Covid-19 se faisant discret, les bars et les restaurants ont rouvert depuis deux jours, mais la justice n'est visiblement pas press&#233;e de renouer avec un de ses principes essentiels : la publicit&#233; des audiences. Le tribunal demeure ferm&#233; au public et les quelques dizaines de personnes venues soutenir les pr&#233;venus resteront dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avoir fait appel ? &#171; &lt;i&gt;Je ne savais pas que c'&#233;taient des policiers&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond Tom. Toute l'audience tournera autour de cette question : au d&#233;but de la bagarre, les deux Gilets jaunes avaient-ils conscience qu'ils s'en prenaient &#224; des pandores ? D&#232;s lors, la circonstance aggravante de violences &#171; sur personnes d&#233;positaires de l'autorit&#233; publique &#187; tient-elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mani&#232;re qu'ils ont de mener leurs interrogatoires, on devine bien que les juges pr&#233;supposent que les pr&#233;venus savaient tr&#232;s bien &#224; qui ils avaient affaire. Curieusement, ce sont les policiers eux-m&#234;mes qui vont donner des &#233;l&#233;ments &#224; d&#233;charge. D'abord, le patron des flics de la Dr&#244;me rappelle qu'il &#233;tait en civil : &lt;i&gt;&#171; Pour &#233;viter d'&#234;tre identifi&#233; comme policier, j'[avais] mis un pull gris. &#187; &lt;/i&gt;Puis il admet sans mal que dans la confusion, son brassard &#171; police &#187; a probablement gliss&#233; &#8211; devenant ainsi beaucoup moins visible. Il reconna&#238;t &#233;galement qu'il n'a &#171; &lt;i&gt;pas eu le r&#233;flexe&lt;/i&gt; &#187; de crier &#171; &lt;i&gt;Police !&lt;/i&gt; &#187;. Autre &#233;l&#233;ment probant : &#171; &lt;i&gt;Rapidement, on s'est fait insulter, mais pas en tant que policiers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en premi&#232;re instance, les magistrats surinterpr&#232;tent la vid&#233;o, pourtant confuse, zoom&#233;e et lointaine, ne permettant absolument pas de distinguer l'expression d'un visage : &#171; &lt;i&gt;On a l'impression que vous faites votre jogging, vous &#234;tes tr&#232;s d&#233;tendu&lt;/i&gt; &#187;, s'entend ainsi dire St&#233;phane. Lequel donne sa version des faits : &#171; &lt;i&gt;J'observe une personne qui donne des coups &#224; d'autres [&#8230;]. Donc ma r&#233;action pour d&#233;samorcer cette bagarre, c'est de lui donner un coup pour qu'elle recule. C'&#233;tait chaotique, spontan&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Tom, lui, indique qu'il a d&#233;cid&#233; d'intervenir quand il a vu un manifestant avec &#171; &lt;i&gt;le visage en sang&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Rapha&#235;l Kempf montre au deuxi&#232;me agent de police un extrait de la vid&#233;o o&#249; on ne voit pas son brassard. Et il lui demande : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que c'est possible qu'il ne soit pas visible ?&lt;/i&gt; &#187; La pr&#233;sidente du tribunal intervient : &#171; &lt;i&gt;&#199;a n'est pas une question. Comment voulez-vous qu'il r&#233;ponde &#224; ce type de question ?&lt;/i&gt; &#187; M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Kempf : &#171; &lt;i&gt;On leur demande si les manifestants savaient qu'ils &#233;taient policiers, je pose la question inverse&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Le flic : &#171; &lt;i&gt;Oui c'est possible [que mon brassard ne soit pas visible], je suis en mouvement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate des policiers dramatise : &#171; &lt;i&gt;Ces faits ont &#233;t&#233; une d&#233;ferlante de violences.&lt;/i&gt; &#187; S&#251;r que face &#224; quinze Gilets jaunes, les deux flics ont d&#251; flipper (et il est heureux qu'ils aient fait preuve de sang-froid en n'utilisant pas leurs armes), mais peut-on honn&#234;tement dire comme la bavarde que &#171; &lt;i&gt;cette d&#233;ferlante de coups est &#224; la limite du supportable&lt;/i&gt; &#187; ? Si elle appr&#233;cie les excuses faites &#224; ses clients par les pr&#233;venus, l'avocate n'en d&#233;mord pas : &#171; &lt;i&gt;Je suis certaine qu'ils savaient &#224; qui ils avaient affaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole est au minist&#232;re public, qui commence par un discours d'apaisement, rappelant qu'&#224; l'occasion du mouvement des Gilets jaunes, on a pu voir &#171; &lt;i&gt;des d&#233;rapages des deux c&#244;t&#233;s ; il y a des enqu&#234;tes visant des fonctionnaires ayant abus&#233; de leur autorit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Mais l&#224;, il s'agit de juger les manifestants : &#171; &lt;i&gt;Sur la vid&#233;o, on voit [le directeur d&#233;partemental de la s&#233;curit&#233; publique], il est au sol [&#8230;] ; &#224; cet instant-l&#224;, on a l'impression que c'est la cur&#233;e, l'hallali.&lt;/i&gt; &#187; Pour que les agents &#171; &lt;i&gt;aient &#233;t&#233; reconnus comme policiers, aurait-il fallu qu'ils portent un gyrophare ?&lt;/i&gt; &#187; Il demande la confirmation des peines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate de Tom, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Alice Becker, rappelle que le premier proc&#232;s avait eu lieu dans un contexte politique tr&#232;s tendu. Ne pouvant r&#233;clamer la relaxe, elle plaide une forte r&#233;duction de peine : &#171; &lt;i&gt;Je vous demanderai juste de revenir &#224; la raison, &#224; la mat&#233;rialit&#233; des faits, &#224; savoir un coup de pied, dont il s'est excus&#233;. La peine il l'a d&#233;j&#224; eue, il a pass&#233; dix jours en d&#233;tention provisoire.&lt;/i&gt; &#187; Elle estime ensuite que la peine compl&#233;mentaire d'interdiction de trois ans de manifester n'est pas l&#233;gale, car elle devrait &#234;tre limit&#233;e dans l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;fendre St&#233;phane, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Kempf rappelle que la manifestation des Gilets jaunes se passait tr&#232;s bien, sans d&#233;bordement, &#171; &lt;i&gt;jusqu'&#224; ce que la police d&#233;cide de la disperser&lt;/i&gt; &#187;. En ce qui concerne la circonstance aggravante de violences &#171; sur personnes d&#233;positaires de l'autorit&#233; publique &#187;, il demande la relaxe &#8211; &#171; &lt;i&gt;ne serait-ce qu'au b&#233;n&#233;fice du doute&lt;/i&gt; &#187;. Sur le reste, il sugg&#232;re une peine de sursis, mais pas de ferme.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Et finalement&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 2 juillet, la cour d'appel de Grenoble a rendu sa d&#233;cision. Tom, 24 ans, ramasse douze mois de bracelet &#233;lectronique, dont six avec sursis &#8211; sans inscription au casier judiciaire (B2), ce qui l'arrange bien puisque dans le cadre de son travail d'ouvrier du BTP, il lui arrive de devoir travailler sur des ouvrages sensibles, comme des barrages, o&#249; un casier vierge est exig&#233;. Pour St&#233;phane, vid&#233;aste et reporter de 42 ans, ce sera dix-huit mois de bracelet, dont dix avec sursis. Les deux hommes &#233;copent &#233;galement de trois ans d'interdiction de manifester dans la r&#233;gion Auvergne-Rh&#244;ne-Alpes et &#224; Paris. Les verra-t-on bient&#244;t sur les pav&#233;s de Marseille, Lille, Nantes ou Montpellier ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En ce d&#233;but juillet 2020, le policier tireur n'a toujours pas &#233;t&#233; identifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire notre compte-rendu : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes-au-tribunal-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Au tribunal de Valence, apaisement rime avec ch&#226;timent&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 172 (janvier 2019). Lire aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Communique-de-Stephane-Trouille' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le communiqu&#233;&lt;/a&gt; o&#249; St&#233;phane raconte sa version des faits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Je te dirai les mots jaunes</title>
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		<dc:date>2020-04-09T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Plein le dos</dc:subject>
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		<dc:subject>Gilets jaunes</dc:subject>
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		<dc:subject>feuilles jaunes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est l'histoire d'une id&#233;e qui na&#238;t et grandit avec le mouvement social le plus inesp&#233;r&#233; et le plus subversif depuis Mai 68. Collecter et diffuser l'&#233;loquence des &#171; dos cr&#233;atifs &#187;, des sans-visage en col&#232;re, voil&#224; ce que s'est propos&#233; le collectif publiant Plein le dos. D'abord dazibao vendu en manif &#224; prix libre, ce cri polyphonique des Gilets jaunes vient de transmuter en beau livre. On n'en est pas encore revenu : &#224; l'automne 2018, une mar&#233;e humaine-trop-humaine a submerg&#233; le pays, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plein-le-dos" rel="tag"&gt;Plein le dos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets" rel="tag"&gt;Gilets&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/feuilles-jaunes" rel="tag"&gt;feuilles jaunes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'histoire d'une id&#233;e qui na&#238;t et grandit avec le mouvement social le plus inesp&#233;r&#233; et le plus subversif depuis Mai 68. Collecter et diffuser l'&#233;loquence des &#171; &lt;i&gt;dos cr&#233;atifs &#187;&lt;/i&gt;, des sans-visage en col&#232;re, voil&#224; ce que s'est propos&#233; le collectif publiant &lt;i&gt;Plein le dos.&lt;/i&gt; D'abord dazibao vendu en manif &#224; prix libre, ce cri polyphonique des Gilets jaunes vient de transmuter en beau livre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH424/-1486-8ae91.jpg?1782638753' width='400' height='424' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Plein le dos / Acte 13, Paris (9 f&#233;vrier 2019)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;O&lt;/span&gt;n n'en est pas encore revenu : &#224; l'automne 2018, une mar&#233;e humaine-trop-humaine a submerg&#233; le pays, mouillant tout le monde, m&#234;me celles et ceux qui se croyaient &#224; l'aise, les pieds au sec. Partie des ronds-points (non-lieux embl&#233;matiques de la non-vie moderne) pour aller fracasser ses vagues successives sur les vitrines &lt;i&gt;bling-bling prout-prout &lt;/i&gt;des &#171; Champs &#187; et du bon chic parisien, elle a marqu&#233; les consciences pour longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur d'un mouvement qui peu &#224; peu s'inscrivait dans la dur&#233;e, &lt;i&gt;Plein le dos&lt;/i&gt; appara&#238;t en janvier 2019. L'id&#233;e est d'imprimer des photos de dossards bavards sur des feuilles jaunes, A3 recto verso pli&#233;es en quatre, et de les vendre &#224; la cri&#233;e. Il s'agit, acte apr&#232;s acte, de contribuer &#224; faire le lien entre les milliers de &#171; p&#233;riph&#233;ries &#187; convergeant sur la capitale, mais aussi avec celles qui, pour x raisons, restent sur leurs terres d'origine. Titre et sous-titre : &#171; &lt;i&gt;PLEIN LE DOS &#8211; Pour une m&#233;moire populaire. La rue contre le m&#233;pris.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3281 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH347/-1487-a41be.jpg?1782961010' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Plein le dos / Acte 30 &#224; Drancy (8 juin 2019)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il fallait contrer les mensonges de la presse,&lt;/i&gt; explique Anouk, membre du collectif et crieuse de rue. &lt;i&gt;Tax&#233;s de pollueurs, fachos, racistes, homophobes, antis&#233;mites, complotistes..., les Gilets jaunes ont bon dos. Pourtant, sur leurs &#233;paules, le message est tout autre. On voulait montrer &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Ce n'est pas un hasard si le projet se cuisine d'abord &#224; Paris. Les foules qui y d&#233;boulent le samedi, avec leurs d&#233;gaines de prol&#233;taires, leurs chants de stade, leurs drapeaux tricolores ou r&#233;gionaux, leurs jurons anti-Macron, h&#233;rissent bien des &#171; progressistes &#187; confits de citoyennet&#233;, universalisme abstrait ou autre id&#233;ologie ferm&#233;e. La galerie de portraits sans visage des &lt;i&gt;Plein le dos&lt;/i&gt; met les points sur les i : &#171; &lt;i&gt;Tarlouze violente&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Gitan en gal&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Mamie gigi Dunkerque&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Matgoulish gili jone&lt;/i&gt; &#187; [&#171; &lt;i&gt;Ne m'appelez pas &#8220;gilet jaune&#8221;, en arabe dialectal&lt;/i&gt;], &#171; &lt;i&gt;Je suis Zineb&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Paysanne v&#233;n&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Cheminote d&#233;ter&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Autant d'armoiries perso' sur des gilets customis&#233;s, fi&#232;rement arbor&#233;s, en r&#233;ponse &#224; l'intox.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2018, beaucoup ont craint (ou souhait&#233;) assister &#224; l'insurrection d'un populo de droite &#8211; souvent les m&#234;mes qui faisaient supporter aux &#171; jojos en fluo &#187; les stigmates du m&#233;pris de classe. Le ministre de l'Int&#233;rieur Christophe Castaner donnait le signal de la cur&#233;e polici&#232;re en les accusant de monter &#224; la capitale &#171; &lt;i&gt;pour casser et tuer&lt;/i&gt; &#187;. La France des assis refusait d'admettre que, dans ce Paris assassin&#233; de longue date par les Versaillais, c'est au tour des ruraux, banlieusards et autres p&#233;riurbains de porter haut l'esprit des communards et des sans-culottes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH617/-1489-cb788.jpg?1782723317' width='400' height='617' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Plein le dos / Acte 41, Paris (24 ao&#251;t 2019)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plein le dos&lt;/i&gt; a ensuite essaim&#233; &#171; en province &#187;. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s chaque samedi, de nouvelles photos nous arrivent d'un peu partout&lt;/i&gt;, raconte Anouk, qui navigue entre Toulouse et Marseille. &lt;i&gt;Du coup, c'est compliqu&#233; d'arr&#234;ter le compteur pour faire un bouquin. Mais comme il n'est pas question d'oraison fun&#232;bre, on a accept&#233; l'id&#233;e de fabriquer un objet non d&#233;finitif, qui t&#233;moigne d'un ph&#233;nom&#232;ne loin d'&#234;tre mort.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;riurbaines au point de cr&#233;cher en Ari&#232;ge, Les &#233;ditions du Bout de la ville ont bien boss&#233;. Si le livre balance sans commentaire autant de gilets &#233;nerv&#233;s que de jours dans l'ann&#233;e, des annexes en fran&#231;ais et en anglais d&#233;cryptent et contextualisent les jeux de mots, les coups de gueule, les chansons et les slogans d&#233;tourn&#233;s qui, avec le temps ou la distance, pourraient virer abscons. Plus que des notules techniques, elles font sens et nourrissent la r&#233;flexion. Parce qu'&#224; l'heure o&#249; la population h&#233;site encore &#224; se soulever vraiment contre un gouvernement qui travaille contre elle, ce bouquin et ces feuilles montrent des &#233;clats de sauvagerie salutaires (comme la br&#232;ve mais jubilatoire gratuit&#233; des p&#233;ages), la socialisation d'espaces st&#233;rilis&#233;s par l'am&#233;nagement du territoire et, surtout, une critique radicale de la repr&#233;sentation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin d'un d&#233;fil&#233; marseillais contre la r&#233;forme des retraites, alors que la sono canalise les troupes vers les cars de ramassage en saturant l'air d'une &lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt; enregistr&#233;e, un contingent inattendu avance. &#171; &lt;i&gt;Gilet jaune, quel est ton m&#233;tier&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, scande une femme au m&#233;gaphone. &#171; &lt;i&gt;Ahouou ! Ahouou&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pondent une centaine de trognes marqu&#233;es par la vie, dont pas mal de &#171; sans-dents &#187; condamn&#233;s au minimum vieillesse. Ce sont eux, autant que la jeunesse et une base syndicale d&#233;passant la strat&#233;gie conf&#233;d&#233;rale par des modes d'action plus d&#233;cisifs, qui am&#232;neront la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Plein le dos, 365 gilets jaunes, novembre 2018-octobre 2019&lt;/strong&gt;
&lt;/i&gt; (Les &#201;ditions du Bout de la ville)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; va le fric ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur son site, &lt;i&gt;Plein le dos&lt;/i&gt; affiche les d&#233;tails de sa comptabilit&#233; et l'usage de l'argent collect&#233;. La vente des feuilles jaunes a permis de donner plus de 14 000 &#8364; &#224; l'Assembl&#233;e des bless&#233;.es, D&#233;sarmons-les et les Mutil&#233;s pour l'exemple (collectifs d&#233;non&#231;ant les violences polici&#232;res). Les b&#233;n&#233;fices du livre seront revers&#233;s aux victimes de la r&#233;pression judiciaire. Pour en savoir plus : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://pleinledos.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pleinledos.org&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3282 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH482/-1488-c85f5.jpg?1782723317' width='400' height='482' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Plein le dos / Acte 49, Toulouse (19 octobre 2019)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; l'&#171; &#233;lectorat populaire &#187;, Macron n'a que le racisme &#224; brandir</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Face-a-l-electorat-populaire</link>
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		<dc:date>2020-02-11T13:52:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rafik Chekkat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Kalem</dc:subject>
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		<dc:subject>racisme</dc:subject>
		<dc:subject>populaires</dc:subject>
		<dc:subject>question</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;sident</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un contexte de mobilisations sociales ininterrompues depuis un an et avec le scrutin de 2022 en ligne de mire, le pr&#233;sident multiplie les effets d'annonce sur l'immigration et la s&#233;curit&#233;. Un coup tactique destin&#233; &#224; masquer la r&#233;alit&#233; sociale, &#224; r&#233;orienter la col&#232;re populaire et &#224; draguer l'&#233;lectorat frontiste ? Disons-le d'embl&#233;e, les arguments qui font du racisme une simple man&#339;uvre de diversion ne sont pas totalement satisfaisants. Pas plus que l'id&#233;e d'un racisme qui viendrait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no182-decembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;182 (d&#233;cembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kalem" rel="tag"&gt;Kalem&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Macron" rel="tag"&gt;Macron&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classes" rel="tag"&gt;classes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classes-populaires" rel="tag"&gt;classes populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mesures" rel="tag"&gt;mesures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/racisme" rel="tag"&gt;racisme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/question" rel="tag"&gt;question&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/president" rel="tag"&gt;pr&#233;sident&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un contexte de mobilisations sociales ininterrompues depuis un an et avec le scrutin de 2022 en ligne de mire, le pr&#233;sident multiplie les effets d'annonce sur l'immigration&lt;i&gt; et&lt;/i&gt; la s&#233;curit&#233;. Un coup tactique destin&#233; &#224; masquer la r&#233;alit&#233; sociale, &#224; r&#233;orienter la col&#232;re populaire et &#224; draguer l'&#233;lectorat frontiste ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH486/-1464-09e5a.jpg?1782680521' width='400' height='486' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;isons-le d'embl&#233;e, les arguments qui font du racisme une simple man&#339;uvre de diversion ne sont pas totalement satisfaisants. Pas plus que l'id&#233;e d'un racisme qui viendrait toujours &#171; d'en haut &#187;, th&#233;orie qui &#244;te toute autonomie d'action aux classes populaires, victimes permanentes et historiques de la duperie des classes poss&#233;dantes. Si les gouvernements successifs ont pu aussi ais&#233;ment jouer la carte du racisme, c'est bien parce que les th&#233;matiques du &lt;i&gt;communautarisme&lt;/i&gt;, de l'&lt;i&gt;islamisme &lt;/i&gt;ou de la&lt;i&gt; vague migratoire&lt;/i&gt; sont durablement install&#233;es dans le d&#233;bat public. Mais c'est aussi parce que les &#171; classes populaires blanches &#187; sont r&#233;ceptives et trouvent une r&#233;tribution &#8211; au moins symbolique &#8211; dans ces discours et mesures racistes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;sident des ultra-riches&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ch&#244;meurs, retrait&#233;s, fonctionnaires, cheminots, &#233;tudiants, &#233;trangers, b&#233;n&#233;ficiaires des aides au logement&#8230; Rares sont aujourd'hui les populations qui n'ont pas vu leurs ressources diminu&#233;es ou leur situation d&#233;t&#233;rior&#233;e par les mesures lib&#233;rales adopt&#233;es tambour battant depuis 2017, auxquelles il faut ajouter l'incroyable r&#233;pression men&#233;e contre les Gilets jaunes et la traque incessante des personnes exil&#233;es (renforc&#233;e par la loi &#171; Asile et immigration &#187; de septembre 2018). Une politique aussi violemment antipopulaire a d&#232;s le d&#233;but du quinquennat pos&#233; la question de la base sociale de la majorit&#233; actuelle. La suppression de l'ISF et de l'&lt;i&gt;exit tax&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;flat tax&lt;/i&gt; sur les revenus du capital, les privatisations (A&#233;roports de Paris, Fran&#231;aise des jeux, etc.) et les retomb&#233;es &#233;conomiques des mesures prises depuis plus de deux ans profitent &#224; la fraction la plus riche de la population. Les milliardaires fran&#231;ais sont ceux qui s'enrichissent le plus vite : le &#171; pr&#233;sident des ultra-riches &#187; n'a pas usurp&#233; son surnom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures in&#233;galitaires cr&#233;ent toutefois sans cesse des foyers de contestation sociale et compromettent &#224; terme la possibilit&#233; pour le pr&#233;sident d'&#234;tre reconduit pour un second mandat. Conscient de cela, Macron a d&#233;cid&#233; d'investir pleinement la question raciale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Appara&#238;tre comme &#187; le pr&#233;sident des Blancs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pensionnaire de l'&#201;lys&#233;e a fait part aux &#233;lu&#183;es de sa majorit&#233; r&#233;uni&#183;es en septembre dernier de sa volont&#233; de durcir le ton en mati&#232;re d'immigration&lt;i&gt; et &lt;/i&gt;de s&#233;curit&#233;, th&#232;mes jug&#233;s &#171; r&#233;galiens &#187; qu'il faudrait &#171; &lt;i&gt;affronter en face&lt;/i&gt; &#187; et ne pas abandonner &#224; l'extr&#234;me droite : &#171; &lt;i&gt;La question est de savoir si nous voulons &#234;tre un parti bourgeois ou pas,&lt;/i&gt; d&#233;clare Emmanuel Macron. &lt;i&gt;Les bourgeois n'ont pas de probl&#232;mes avec cela&lt;/i&gt; [l'immigration] &lt;i&gt; : ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec. &#187;&lt;/i&gt; M&#234;me si la traque faite aux personnes exil&#233;es n'avait jamais cess&#233; et que les interventions de ministres pour amplifier quantit&#233; de pol&#233;miques racistes &#233;taient d&#233;j&#224; r&#233;guli&#232;res, le changement d'orientation pr&#233;sidentielle est notable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sireux d'appara&#238;tre comme un candidat consensuel, Macron s'est fait &#233;lire sur la base d'un programme lib&#233;ral, mais non ouvertement raciste. Alors qu'il s'&#233;tait prononc&#233; pour une &#171; la&#239;cit&#233; apais&#233;e &#187;, son silence sur le sujet une fois &#224; l'&#201;lys&#233;e a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; comme une &lt;i&gt;ambigu&#239;t&#233;&lt;/i&gt; sur laquelle il devait s'expliquer. Ce qu'il fit en avril 2018, jugeant que le foulard islamique n'&#233;tait &#171; &lt;i&gt;pas conforme &#224; la civilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; fran&#231;aise. Lors d'une allocution t&#233;l&#233;vis&#233;e cons&#233;cutive au d&#233;clenchement du mouvement des Gilets jaunes, le pr&#233;sident a &#233;voqu&#233; l'id&#233;e de la tenue d'un d&#233;bat o&#249; il serait question notamment d'identit&#233; nationale, id&#233;e qu'il a pr&#233;cis&#233;e dans sa lettre aux Fran&#231;ais en janvier dernier. Le discours sans &#233;quivoque sur l' &#187; &lt;i&gt;hydre islamiste &#187;&lt;/i&gt; apr&#232;s l'attaque perp&#233;tr&#233;e &#224; la pr&#233;fecture de police de Paris ne laisse gu&#232;re de doute sur le positionnement que souhaite adopter Macron dans la perspective de la pr&#233;sidentielle de 2022.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le racisme comme in&#233;puisable ressource politique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Savoir si la violente campagne sur le voile et l'islam que nous venons de vivre &#233;tait destin&#233;e &#224; masquer les probl&#232;mes sociaux cache en r&#233;alit&#233; une autre question, toute simple : pourquoi &#231;a marche ? Pourquoi c'est justement le racisme &#8211; et notamment l'islamophobie &#8211; qui permet d'occuper l'espace politique et m&#233;diatique et pas une autre question ? La facilit&#233; avec laquelle les majorit&#233;s successives peuvent utiliser la carte raciale nous montre que mobiliser l'identit&#233; blanche permet d'unifier des strates tr&#232;s diff&#233;rentes de la population. En agitant les chiffons rouges de l'immigration et de l'islam, le gouvernement entend ainsi rassurer &#171; les Blancs &#187; qui craignent sans cesse le d&#233;classement social. Le message qu'il leur adresse est celui-ci : quoi qu'il puisse vous arriver, aussi brutales que puissent &#234;tre les mesures que nous prenons, vous ne perdrez jamais votre blanchit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que les oppressions de classe et de race se renforcent mutuellement, la lutte contre les politiques lib&#233;rales ne peut se faire sans une lutte concomitante contre les politiques racistes qui les accompagnent.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rafik Chekkat&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; M&#234;me le p&#232;re No&#235;l d&#233;teste le capital &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Meme-le-pere-Noel-deteste-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Meme-le-pere-Noel-deteste-le</guid>
		<dc:date>2020-01-05T11:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simone Fum&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Yves Pag&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes</dc:subject>
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		<dc:subject>grand Carrefour</dc:subject>
		<dc:subject>No&#235;l gratuit</dc:subject>
		<dc:subject>caddies</dc:subject>
		<dc:subject>p&#232;re No&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>jaunes chantent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Renouant avec la vieille pratique collective de l'autor&#233;duction, qui consiste &#224; sortir le maximum de marchandises impay&#233;es d'une grande surface (ou du moins bloquer les caisses le temps d'une n&#233;gociation avec le g&#233;rant), une &#233;quipe de Gilets jaunes a tent&#233; d'exfiltrer une trentaine de caddies pour organiser une grande redistribution de No&#235;l. R&#233;cit d'une participante &#224; ce beau bordel au Carrefour de la Pioline, &#224; Aix-en-Provence. &#171; Aujourd'hui, c'est gratuit, lib&#233;rez les caddies ! &#187; Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yves-Pages" rel="tag"&gt;Yves Pag&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Noel" rel="tag"&gt;No&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aujourd-hui" rel="tag"&gt;Aujourd'hui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Carrefour" rel="tag"&gt;Carrefour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grand-Carrefour" rel="tag"&gt;grand Carrefour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Noel-gratuit" rel="tag"&gt;No&#235;l gratuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/caddies" rel="tag"&gt;caddies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pere-Noel" rel="tag"&gt;p&#232;re No&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jaunes-chantent" rel="tag"&gt;jaunes chantent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Renouant avec la vieille pratique collective de l'autor&#233;duction, qui consiste &#224; sortir le maximum de marchandises impay&#233;es d'une grande surface (ou du moins bloquer les caisses le temps d'une n&#233;gociation avec le g&#233;rant), une &#233;quipe de Gilets jaunes a tent&#233; d'exfiltrer une trentaine de caddies pour organiser une grande redistribution de No&#235;l. R&#233;cit d'une participante &#224; ce beau bordel au Carrefour de la Pioline, &#224; Aix-en-Provence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3190 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-1407-51f7c.jpg?1782688527' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yves Pag&#232;s
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, c'est gratuit, lib&#233;rez les caddies ! &#187;&lt;/i&gt; Ce samedi 21 d&#233;cembre, une bonne centaine de Gilets jaunes chantent au milieu du plus grand Carrefour des Bouches-du-Rh&#244;ne, &#224; Aix-en-Provence. Dans la foul&#233;e d'un appel national &#224; rendre No&#235;l gratuit dans toutes les grandes surfaces (et une semaine apr&#232;s une joyeuse tentative de redistribution au Carrefour du Merlan, &#224; Marseille), le rencard est pr&#233;vu &#224; 11 h, au rayon fruits et l&#233;gumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant &#231;a, il faut remplir les caddies. Au milieu du chaos des courses de No&#235;l, on croise dans les rayons les regards amus&#233;s et complices des copains. Les chariots d&#233;bordent vite : des victuailles qu'on ne pourra jamais se payer et des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, destin&#233;s &#224; divers collectifs de soutien aux migrants ou aux personnes d&#233;munies.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bonjour, c'est pour une r&#233;quisition !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s aux caisses, on balance des gilets jaunes en l'air, on d&#233;ploie une banderole, on chante &#171; &lt;i&gt;M&#234;me le p&#232;re No&#235;l d&#233;teste le capital &#187;&lt;/i&gt; ou encore &#171; &lt;i&gt;Nous sommes tous des victimes de Carrefour &#187;&lt;/i&gt; sur un air de supporters. Le magasin a beau &#234;tre immense, on par vient &#224; bloquer la plupart des caisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les clients comprennent que leurs courses de No&#235;l ne vont pas se passer comme pr&#233;vu, surtout que le directeur a pr&#233;venu : &#171; &lt;i&gt;Je ne n&#233;gocierai pas avec vous. &#187;&lt;/i&gt; En r&#233;ponse, on s'installe sur les tapis roulants, on sort la charcut', les sushis, les Schoko-Bons : puisqu'on est l&#224; pour un petit moment, autant se mettre bien. Des licornes en peluche rev&#234;tues d'un gilet jaune paradent fi&#232;rement &#224; l'avant des caddies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tracte, on discute avec les clients pour expliquer ce qu'on est en train de faire. Selon une source interne au magasin, un samedi pr&#233;c&#233;dant No&#235;l, le Carrefour de la Pioline peut se faire tranquillement 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires dans la journ&#233;e &#8211; sans parler des 750 millions que le groupe a palp&#233;s gr&#226;ce au CICE (Cr&#233;dit d'imp&#244;t pour la comp&#233;titivit&#233; et l'emploi). Un chou&#239;a jaloux, on a donc envie de lui faire perdre un peu d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la caisse, les employ&#233;s sont d'abord un peu paniqu&#233;s, comme cette caissi&#232;re qui craint de perdre sa prime de No&#235;l &#224; cause du manque &#224; gagner. Quelques minutes plus tard, elle ferme sa caisse, s'installe tranquillement sur son si&#232;ge et d&#233;guste des Ferrero Rocher avec le sourire. Un de ses coll&#232;gues se dit plus que content du bordel : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait cens&#233; &#234;tre le pire jour de l'ann&#233;e pour nous, merci d'&#234;tre l&#224;, restez le plus longtemps possible ! &#187;&lt;/i&gt; un vigile confie m&#234;me qu'il nous laisserait bien sortir avec les caddies, mais que &#231;a n'est pas possible : &#171; &lt;i&gt;Si on vous laisse faire, &#231;a risque de se passer partout en France. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Et si on allait bloquer le rond-point ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La bonne humeur ne dure malheureusement pas. Tr&#232;s vite, la tension monte et les &#233;changes se tendent. Les clients sont peu solidaires et certains employ&#233;s et vigiles tentent de nous arracher des caddies. Au bout d'une demi-heure, les flics se radinent, l&#233;g&#232;rement paum&#233;s dans ce dawa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, on abdique apr&#232;s une heure et demie de blocage. Quelques copains avaient peur de se faire cueillir &#224; la sortie par les flics et des clients devenaient violents &#8211; les courses de No&#235;l, &#231;a les rend dingues. On abandonne tristement nos caddies, tout en criant &#224; la foule &#171; &lt;i&gt;On vous fait un cadeau, vous &#234;tes pas rigolos &#187;&lt;/i&gt;, puis un plus &#233;nerv&#233; &#171; &lt;i&gt;Travaille, consomme et ferme ta gueule &#187;&lt;/i&gt;. Une fois dehors, un pote lance : &#171; &lt;i&gt;Et si on allait bloquer le rond-point qui am&#232;ne au Carrouf ? &#187;&lt;/i&gt; Finalement, une bonne partie de la bande se retrouve sur le Vieux-Port de Marseille pour la manif des Gilets jaunes &#8211; &lt;i&gt;dresscode &lt;/i&gt;p&#232;re No&#235;l. On apprend que le Carrefour de Vitrolles a ferm&#233; quelques instants apr&#232;s notre d&#233;part d'Aix-en-Provence, par crainte de nous voir d&#233;barquer. Carrefour et ses copains sont pr&#233;venus : &#171; &lt;i&gt;On reviendra. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Simone Fum&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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