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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Universit&#233; : &#199;a va P&#233;tel !</title>
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&lt;p&gt;Hardi, camarades &#233;tudiants ! L'universit&#233; de droit et de science politique de Montpellier n'en finit pas de ruer dans les brancards. Le mois pass&#233;, quelques occupants de la fac avaient &#233;crit &#224; CQFD pour raconter l'attaque de gros bras subie le 22 mars et la belle r&#233;action qui avait suivi . Voil&#224; qu'ils reprennent la plume pour d&#233;crire un mois de joyeuse agitation et de convergence des luttes. Il y a un mois, CQFD publiait notre petite lettre consacr&#233;e aux derni&#232;res nouvelles du front (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hardi, camarades &#233;tudiants ! L'universit&#233; de droit et de science politique de Montpellier n'en finit pas de ruer dans les brancards. Le mois pass&#233;, quelques occupants de la fac avaient &#233;crit &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; pour raconter l'attaque de gros bras subie le 22 mars et la belle r&#233;action qui avait suivi&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Face aux nervis du doyen &#187;, billet publi&#233; dans le n&#176;164 de CQFD (mars 2018).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Voil&#224; qu'ils reprennent la plume pour d&#233;crire un mois de joyeuse agitation et de convergence des luttes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2432 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH315/-698-fad49.jpg?1782643266' width='400' height='315' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bobika.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a un mois, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; publiait notre petite lettre consacr&#233;e aux derni&#232;res nouvelles du front montpelli&#233;rain. On y parlait du commando cagoul&#233; qui a d&#233;barqu&#233; dans la nuit du 22 au 23 mars &#224; la facult&#233; de droit pour casser le mouvement social et de l'&#233;chec pr&#233;visible de cette brise de terreur. Quelques heures plus tard, le doyen Philippe P&#233;tel d&#233;missionnait. Victoire ? Pas encore : on en voulait plus. Bien plus. L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 27 mars en fut une belle et folle illustration, les tr&#232;s nombreux pr&#233;sents votant le blocage illimit&#233; de la facult&#233;. Le doyen et ses gros bras avaient finalement r&#233;ussi &#224; &#233;largir la mobilisation au-del&#224; de toute esp&#233;rance. &#171; &lt;i&gt;C'est &#224; se demander si P&#233;tel n'est pas un lambertiste cach&#233;&lt;/i&gt; &#187;, en rigolait un &#233;tudiant. &#171; &lt;i&gt;Pour l'unit&#233;, faut des ennemis communs. La r&#233;volution en marche de P&#233;tel en P&#233;tel&lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on lire par la suite sur un mur de l'Universit&#233; Paul-Val&#233;ry. Sous-entendu : jusqu'&#224; obtenir la t&#234;te de Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre pr&#233;c&#233;dente missive en restait l&#224;. Un mois plus tard, il est d&#233;sormais temps de reprendre la plume pour raconter la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La riposte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 avril, nouveau coup d'&#233;clat. Les serveurs de la fac sont sabot&#233;s en pleine journ&#233;e, pour emp&#234;cher la tenue annonc&#233;e d'examens en ligne. Encore une fois, les m&#233;dias nationaux tournent leurs viseurs sur Montpellier. Et une pleine charrette de menaces s'abat sur les &#233;tudiants : pressions diverses, visite de la police scientifique, enqu&#234;te approfondie. Pas de quoi, pourtant, g&#226;cher la magique f&#234;te qui se tient le lendemain &#8211; le gala inter-luttes et intergalactique de la fac de droit et de science politique de Montpellier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une soir&#233;e r&#233;jouissante, ax&#233;e sur la convergence des luttes. &#192; la tribune, des avocats, des paysans, des ch&#244;meurs ou encore des cheminots en lutte. Le comit&#233; de mobilisation &#233;tudiant sert du punch. Deux caves coop&#233;ratives de l'H&#233;rault solidaires fournissent &#224; petits prix les vins pour la soir&#233;e. Et il y a m&#234;me de la bolognaise de sanglier c&#233;venol &#8211; petits plats dans les grands. De quoi inspirer les travailleurs du b&#226;timent qui livrent au micro un discours offensif : &#171; &lt;i&gt;En moyenne, un ouvrier du b&#226;timent meurt chaque jour (travaill&#233;) sur un chantier. Et pourtant, le ma&#231;on part &#224; la retraite bien plus tard que le policier.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous sommes de ceux qui n'auraient sans doute pas &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s dans la &#8220; nouvelle '' et d&#233;j&#224; si vieille universit&#233;. Pourtant, nous avons des savoirs &#224; transmettre, &#224; partager. Et nous sommes friands d'en acqu&#233;rir de nouveaux. Ce n'est pas parce qu'on est travailleur du b&#226;timent qu'on ne peut pas aussi &#234;tre passionn&#233; d'histoire, de chimie ou de cin&#233;ma ! Il n'y a que les gouvernants et leur sbires pour vouloir nous enfermer dans notre travail, nous faire vivre pour travailler et nous faire travailler pour mourir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une intervention suivie d'une ubuesque remise des prix. Il y en a pour tous les go&#251;ts : &#171; meilleur blocage &#233;conomique &#187;, &#171; meilleurs casseurs &#187;, &#171; meilleurs communicants &#187;, etc. Tous les nomin&#233;s viennent r&#233;cup&#233;rer leur oignon jaune, et m&#234;me les &#171; meilleurs anti-bloqueurs &#187;, qui s'affichent bons perdants. Puis, place &#224; l'&#233;lection (presque officielle) d'un nouveau doyen pour remplacer le d&#233;missionnaire. Enfin... un seul ? Est-ce suffisant ? &#192; l'&#233;vidence, non, puisqu'elles sont finalement sept &#224; prendre la place de P&#233;tel. C'est bien connu : plus on a de doyennes, plus on lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;#OccupyComico&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours plus tard, manifestation nationale du 14 avril. D&#232;s le d&#233;part, pr&#232;s de la place du Peyrou, un groupe de robocops se positionne au plus pr&#232;s du cort&#232;ge afin de le provoquer. Ils re&#231;oivent quelques &#339;ufs de peinture et ne tardent pas &#224; r&#233;pondre par une pluie de grenades lacrymog&#232;nes. Un harc&#232;lement qui ne cesse pas de toute la manif, au b&#234;te pr&#233;texte que quelques vieilles vitrines de banques, assurances et grandes enseignes p&#226;tissent du passage de la jeunesse. En retour, la flicaille n'essaye pas de nous disperser, pr&#233;f&#233;rant attendre le bon moment pour choper le maximum de personnes. Objectif atteint avant notre retour &#224; l'universit&#233; : 51 manifestants sont interpell&#233;s, dans un v&#233;ritable d&#233;cha&#238;nement de violence. Coups, gicl&#233;es de gaz en plein visage, personnes tra&#238;n&#233;es au sol, insultes, menaces&#8230; Le prix &#224; payer pour lutter dans une monde o&#249; tout se vend et s'ach&#232;te, comme la force de travail du tonfa. Sauf que gouverner par la peur est une tactique qui a ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la nuit du 22 mars, nous avions d&#233;cid&#233; de retenir la le&#231;on : plus jamais des gros bras ne g&#226;cheraient l'une de nos occupations. Les multiples arrestations du 14 avril nous permettent de mettre en &#339;uvre cette nouvelle r&#233;solution. Ce ne sont pas les policiers qui nous placent en garde-&#224;-vue, mais nous qui occupons le commissariat central de la ville. Surprise ! De la cellule 3, face aux toilettes, d&#233;boule ainsi le mot d'ordre &#171; #occupycomico &#187;, &#233;crit sur une serviette de papier avec un reste de sauce curry. Dans ce cachot rebelle, normalement pr&#233;vu pour une personne, est regroup&#233;e une &#233;trange ligue de justes huissiers : quatre d&#233;tenus aux capes dor&#233;es (des couvertures de survie) sur le dos, dont un en fauteuil roulant. Les voil&#224; qui donnent de la voix : &#171; &lt;i&gt;Le comico, il est &#224; qui ? Il est &#224; nous !&lt;/i&gt; &#187; Et les d&#233;tenus de faire conna&#238;tre leurs revendications : &#171; &lt;i&gt;Monsieur le gardien, nous exigeons de sortir d'ici. Tant que cette revendication ne sera pas satisfaite, nous occuperons et bloquerons les lieux !&lt;/i&gt; &#187; En attendant, et au d&#233;sespoir de l'OPJ, la grande majorit&#233; des 51 interpell&#233;s refuse le pr&#233;l&#232;vement ADN. Les d&#233;tenus sont rel&#226;ch&#233;s 24 h apr&#232;s, sauf une jeune fille retenue quelques heures par pure vengeance, ainsi que deux autres camarades promis &#224; une comparution imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine qui suit s'av&#232;re fort charg&#233;e. Lundi : condamnation d'un des deux derniers d&#233;tenus &#224; trois mois ferme. Mardi : nouvelle garde &#224; vue de six personnes pour &#171; vol de barri&#232;res en r&#233;union &#187; (ils ont tent&#233; de bloquer l'entr&#233;e du rectorat). Mercredi : meeting-concerts &#224; la fac, avec le renfort de cheminots en lutte. Jeudi : manifestation calme lors de laquelle les policiers tentent d'interpeller deux personnes, avant de l&#226;cher l'affaire sous la pression du reste du cort&#232;ge, notamment des syndicats. En parall&#232;le, cinq personnes improvisent une mini manifestation au zoo du Lunaret, s'arr&#234;tant devant chaque enclos pour clamer : &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;rez nos camarades !&lt;/i&gt; &#187; Cette fois, c'est s&#251;r : la convergence des luttes est en marche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Repli strat&#233;gique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette fin de mois d'avril, nous nous replions quelques jours dans les montagnes, l&#224; o&#249; se sont battus nos anc&#234;tres camisards puis maquisards. L'occasion d'acter cette &#233;vidente r&#233;alit&#233; : la lutte ne s'arr&#234;te pas aux portes des amphith&#233;&#226;tres. Avoir un coup d'avance implique parfois de d&#233;serter, de savoir s'en aller, pour mieux revenir. C'est ce que nous d&#233;cidons d'appliquer pour l'occupation de la facult&#233;. Quand une cinquantaine de policiers d&#233;barque au matin du 23 avril, ils trouvent ainsi place nette et vide. Plus un chat, ni bloqueur ni insurg&#233;. Des lieux d&#233;serts. Les uniformes en seront quittes pour la peine. Mais peuvent, pour une fois, affirmer sans mentir que l'&#233;vacuation s'est d&#233;roul&#233;e dans le plus grand calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de rien, nous ne regrettons rien. Si ce n'est de n'avoir pu assister &#224; la d&#233;ception des policiers. Nous leur souhaitons bon courage pour relever des empreintes dans une facult&#233; comptant quelques vingt mille &#233;tudiants. &#192; bient&#244;t pour de nouvelles aventures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par des (es)occupants du commissariat central de Montpellier.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Face aux nervis du doyen &#187;, billet publi&#233; dans le n&#176;164 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (mars 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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