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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Novlangue : Je parle donc tu suis</title>
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		<dc:date>2018-06-11T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustin Marcader</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bruno Bartkowiak</dc:subject>
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		<dc:subject>surplombe madame</dc:subject>
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		<dc:subject>madame</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir tenu la chronique Je vous &#233;cris du bureau dans feu le journal Article11]. Fichu dans les cheveux et le sourire placide, elle veut comprendre pourquoi sa m&#232;re n'a pas droit &#224; ses m&#233;dicaments alors qu'elle part le lendemain pour le Maroc pour une dur&#233;e de trois mois : &#171; Il lui manque juste l'insuline, la pharmacie n'a pas voulu lui donner. &#187; &#192; mes c&#244;t&#233;s, l'agent d'accueil lui explique encore et encore que le pharmacien-conseil a rendu un &#171; avis technique impossible &#187;. De quoi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/surplombe-madame" rel="tag"&gt;surplombe madame&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/medecin" rel="tag"&gt;m&#233;decin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Secu-n-a" rel="tag"&gt;S&#233;cu n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langage" rel="tag"&gt;langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langage-administratif" rel="tag"&gt;langage administratif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mere-n-a" rel="tag"&gt;m&#232;re n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pharmacie-n-a" rel="tag"&gt;pharmacie n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-accueil" rel="tag"&gt;l'accueil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/madame" rel="tag"&gt;madame&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir tenu la chronique Je vous &#233;cris du bureau dans feu le journal &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.article11.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Article11&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Augustin Marcader, employ&#233; &#224; la S&#233;cu, revient ici sur l'aspect langagier de son institution. La communication est une arme comme les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re la banque de l'accueil, je surplombe madame Bouallala&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Fichu dans les cheveux et le sourire placide, elle veut comprendre pourquoi sa m&#232;re n'a pas droit &#224; ses m&#233;dicaments alors qu'elle part le lendemain pour le Maroc pour une dur&#233;e de trois mois : &#171; &lt;i&gt;Il lui manque juste l'insuline, la pharmacie n'a pas voulu lui donner.&lt;/i&gt; &#187; &#192; mes c&#244;t&#233;s, l'agent d'accueil lui explique encore et encore que le pharmacien-conseil a rendu un &#171; &lt;i&gt;avis technique impossible&lt;/i&gt; &#187;. De quoi calmer son monde, non ? Dans l'intimit&#233; de nos burlingues, on dit ATI. En gros &#231;a veut dire que le m&#233;decin ou le pharmacien de la S&#233;cu n'a pas pu se prononcer sur une demande de prestation (il botte en touche quoi) car il lui manquait des informations. En l'occurrence, le m&#233;decin avait oubli&#233; d'apposer sur l'ordonnance la mention : &#171; Traitement pour trois mois &#8211; &#192; d&#233;livrer en une fois. &#187; Sans ce pr&#233;cieux s&#233;same, l'assur&#233;e diab&#233;tique &#233;tait condamn&#233;e &#224; partir avec un mois de traitement au lieu des trois demand&#233;s. Je d&#233;crypte l'ATI &#224; l'assur&#233;e dans un langage compr&#233;hensible du commun des mortels et r&#232;gle le probl&#232;me de la dame.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2434 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH240/-700-73533.jpg?1768650996' width='400' height='240' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bruno Bartkowiak.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour qui s'est d&#233;j&#224; plong&#233; dans le jargon imbitable d'une instance administrative, la le&#231;on est claire : l'exercice d'un pouvoir se fait d'abord par l'appropriation r&#233;galienne d'un vocabulaire hors de port&#233;e du populo. D&#233;sireux de moderniser son action et de r&#233;duire la fracture qui le s&#233;pare de ses administr&#233;s, l'&#201;tat s'est engag&#233; depuis 2001 &#224; une simplification de son langage administratif. &#171; &lt;i&gt;Il faut rendre &#8220;parole humaine&#8221; &#224; notre &#201;tat ! Le plus simple pour cela est encore que l'&#201;tat parle &#224; la France la langue des Fran&#231;ais et qu'il retrouve l'habitude de nommer les choses par leur nom le plus explicite&lt;/i&gt; &#187;, claironne ainsi la haute technocratie du Comit&#233; d'orientation pour la simpli&#64257;cation du langage administratif en 2012&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Lexique administratif &#187;, minist&#232;re de la Fonction publique et de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner sa langue au robot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ravalement de fa&#231;ade ne doit cependant pas masquer des man&#339;uvres autrement plus insidieuses. Si le langage des organismes publics gagne en clart&#233;, il perd peu &#224; peu le suc humain de sa spontan&#233;it&#233;. Les agents d'accueil des plates-formes t&#233;l&#233;phoniques sont tenus de r&#233;citer des scripts r&#233;dig&#233;s d'avance. &#192; telle question pos&#233;e par un assur&#233;, telle r&#233;ponse standardis&#233;e doit &#234;tre servie sur un plateau. En d&#233;pression pour cause d'un conflit avec votre patron, le m&#233;decin de la S&#233;cu d&#233;cide de vous remettre au boulot. &#201;c&#339;ur&#233;, vous faites le 36-46 pour avoir quelques explications et l&#224; une voix monocorde &#226;nonne un texte pr&#233;m&#226;ch&#233; : &#171; &lt;i&gt;Dans le cadre de ses missions de contr&#244;le de prestations, le m&#233;decin conseil qui vous a examin&#233; a estim&#233; que vous &#233;tiez en mesure de reprendre une activit&#233; professionnelle. Si vous &#234;tes en d&#233;saccord avec cette d&#233;cision, vous pouvez la contester en sollicitant une expertise m&#233;dicale.&lt;/i&gt; &#187; Le but de cette robotisation de l'&#233;change verbal : gagner du temps (le propos est direct et synth&#233;tique) et &#233;vacuer rapidement toute tension potentiellement conflictuelle (le propos est neutre et offre souvent une marge d'action, m&#234;me illusoire, &#224; l'assur&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les balbutiements des ann&#233;es 2000, je fus d&#233;sign&#233; volontaire pour participer &#224; une formation &#171; accueil &#187;. Pendant deux jours, nous f&#251;mes coach&#233;s &#224; coups de jeux de r&#244;le et d'exercices en situation par une intervenante chevronn&#233;e. Se mettre &#224; la hauteur des gens et les fixer dans les yeux, reformuler leurs propos pour d&#233;samorcer col&#232;res et incompr&#233;hensions. La le&#231;on de manipulation psychologique avait des c&#244;t&#233;s ludiques. Et inqui&#233;tants : ajuster les bons mots aux bons moments et l'irascible devant vous se d&#233;gonflait comme une baudruche. Le verbe officiel est une mitraille qui ne fait pas dans la dentelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Lexique administratif &#187;, minist&#232;re de la Fonction publique et de la R&#233;forme de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Merci Onet ! </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Merci-Onet</link>
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		<dc:date>2016-03-30T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fakir</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>mise</dc:subject>
		<dc:subject>madame</dc:subject>
		<dc:subject>pied</dc:subject>
		<dc:subject>Madame Gueffar</dc:subject>
		<dc:subject>Gueffar</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Lhomme</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai travers&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CQFD et d'autres m&#233;dias libres s'associent au journal Fakir, pour faire connaitre la situation de Madame Gueffar, licenci&#233;e honteusement par la soci&#233;t&#233; Onet. Le 17 d&#233;cembre dernier, Madame Gueffar &#233;tait licenci&#233;e, apr&#232;s quatorze ann&#233;es &#224; nettoyer les trains en gare d'Agen. Enqu&#234;te aupr&#232;s des cheminots, de la SNCF, et de la direction d'Onet. &#171; &#199;a fait plus de quatorze ans que je travaille &#224; la gare d'Agen, je fais le nettoyage des trains. J'ai toujours fait bien mon travail, j'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mise" rel="tag"&gt;mise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/madame" rel="tag"&gt;madame&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pied" rel="tag"&gt;pied&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Madame-Gueffar" rel="tag"&gt;Madame Gueffar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gueffar" rel="tag"&gt;Gueffar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Philippe-Lhomme" rel="tag"&gt;Philippe Lhomme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai-traverse" rel="tag"&gt;j'ai travers&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; et d'autres m&#233;dias libres s'associent au journal &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;, pour faire connaitre la situation de Madame Gueffar, licenci&#233;e honteusement par la soci&#233;t&#233; Onet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 17 d&#233;cembre dernier, Madame Gueffar &#233;tait licenci&#233;e, apr&#232;s quatorze ann&#233;es &#224; nettoyer les trains en gare d'Agen. Enqu&#234;te aupr&#232;s des cheminots, de la SNCF, et de la direction d'Onet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#199;a fait plus de quatorze ans que je travaille &#224; la gare d'Agen, je fais le nettoyage des trains. J'ai toujours fait bien mon travail, j'ai toujours &#233;t&#233; pr&#233;sente, je m'absente jamais. J'ai toujours fait mon travail comme il faut, m&#234;me quand le contr&#244;le il passe, ils sont tout le temps contents de mon travail. Et un apr&#232;s-midi, j'ai travers&#233; les voies pour gagner du temps, et, apr&#232;s, je me suis rendue compte que j'ai fait une erreur. Cette apr&#232;s-midi l&#224;, il y avait beaucoup de trains &#224; faire et je voulais faire tous mes trains. Et c'est apr&#232;s que je me suis rendue compte que j'avais fait une erreur. J'ai travers&#233; pour gagner du temps. J'ai re&#231;u une lettre recommand&#233;e, c'&#233;tait le 7 d&#233;cembre, j'ai fait un entretien avec M. Loubet, le patron de l'entreprise, et il m'a dit qu'il va r&#233;fl&#233;chir et le 17 d&#233;cembre j'ai re&#231;u un licenciement. J'&#233;tais choqu&#233;e, j'&#233;tais pas bien du tout, j'ai rien compris, j'&#233;tais perdue. Alors je suis rentr&#233;e chez moi en pleurant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interview de &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=W4kDpM1xvmA&amp;feature=youtu.be&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Madame Gueffar&lt;/a&gt; en vid&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1668 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/onet.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/onet-f7fe0.jpg?1768815880' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8232;Depuis 2002, Rajae Gueffar nettoie les trains en gare d'Agen, et depuis 2008 pour Onet, num&#233;ro 1 du nettoyage en France, qui a repris le march&#233;. &#171; &lt;i&gt;Quand elle a commenc&#233;&lt;/i&gt;, se souvient un ancien chef de gare, &lt;i&gt;il y avait quelques anomalies au niveau de son travail, mais qui ne portaient pas sur la s&#233;curit&#233;. Et puis c'est devenu une de celles qui travaillent le mieux, un &#234;tre humain, avec des hauts et des bas, mais fiable.&lt;/i&gt; &#187; Le 9 novembre 2015, Madame Gueffar traverse les voies par le parquet plancher, et non par le souterrain. La sanction tombe : non un avertissement, non pas une mise &#224; pied, mais directement le licenciement.&#8232;C'est un choc pour Madame Gueffar, qui tremble, qui ne dort plus, ne mange plus, a vendu sa voiture, doit d&#233;m&#233;nager, a perdu dix kilos, tourne aux anxiolytiques. Mais c'est un choc &#233;galement pour les cheminots du coin : &#171; &lt;i&gt;On a envahi notre CE r&#233;gional, &#224; Bordeaux, pour porter son cas&lt;/i&gt;, raconte Francis Portes, retrait&#233; cheminots et CGT. &lt;i&gt;Je leur ai dit, aux gars : 'Que tous ceux qui ont d&#233;j&#224; travers&#233; les voies au moins une fois l&#232;vent la main'. Ils l'ont tous lev&#233;e ! M&#234;me les cadres dirigeants ! &lt;/i&gt; &#187;&#8232;Contact&#233;e, la SNCF botte en touche : &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons pas d'expression sur ce sujet-l&#224;. C'est le choix d'une entreprise qui s'appelle Onet.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Onet, Philippe Lhomme &#8211; directeur d&#233;l&#233;gu&#233; au r&#233;seau France &#8211; &#233;pluche pour nous le dossier de Madame Gueffar. Il passe en revue les courriers adress&#233;s depuis son embauche, il y a quinze ans : &#171; &lt;i&gt;sacs sur le quai&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;prise de poste &#224; 9 heures &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;tenue de travail&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;port de la tenue&lt;/i&gt; &#187;, etc. Depuis 2008, depuis qu'Onet est son employeur, une seule lettre de reproche : &#171; &lt;i&gt;explication sur un train non fait&lt;/i&gt; &#187; (18/11/08). Et dans tout ce tas de papiers, le seul manquement &#224; la s&#233;curit&#233;, une &#171; &lt;i&gt;travers&#233;e de la voie&lt;/i&gt; &#187;, remonte &#224; plus de dix ans (26/04/04). Bref, gu&#232;re d'ant&#233;c&#233;dents. Philippe Lhomme, lui, se fait grave : &#171; &lt;i&gt;J'ai eu un accident mortel. Un agent, un p&#232;re de cinq enfants, qui s'est retrouv&#233; coup&#233; en deux. On n'a pas compris, il a rip&#233;, il est pass&#233; sous le train. Faut le vivre, apr&#232;s, aller l'annoncer &#224; la famille.&lt;/i&gt; &#187; D'o&#249; son mot d'ordre, qu'il r&#233;p&#232;te &#224; l'envi : &#171; &lt;i&gt; On ne peut pas avoir de demi-mesure en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; C'est ce qui nous surprend, pr&#233;cis&#233;ment, cette absence de &#171; demi-mesure &#187; : &#171; &lt;i&gt; Imaginez qu'on lui mette une mise &#224; pied&lt;/i&gt;, nous r&#233;pond Philippe Lhomme, &lt;i&gt;et un mois apr&#232;s, elle passe sous un train. L&#224;, quelles accusations on subirait de sa famille, de ses coll&#232;gues !&lt;/i&gt; &#187; En fait, en la licenciant, Onet lui a sauv&#233; la peau ! &#171; &lt;i&gt; Le picto rouge &#233;tait allum&#233;, elle a failli perdre sa vie !&lt;/i&gt; &#187;, dramatise-t-il. Et de poursuivre : &#171; &lt;i&gt;Comment imaginer une mise &#224; pied, alors qu'il n'y a rien qui l'arr&#234;te ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;-Pourquoi dites-vous que &#8216;rien ne l'arr&#234;te' alors que, justement, depuis son embauche, elle n'a re&#231;u aucun avertissement pour la s&#233;curit&#233;, aucune mise &#224; pied ? Humainement, vous ne pourriez pas la r&#233;int&#233;grer ?&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Mais comment r&#233;int&#233;grer quelqu'un qui met sa vie en jeu ?&lt;/i&gt; &#187;. A croire qu'elle a couru devant un TGV ! Le DRH, lui, Antoine Recher, est moins sentimental : &#171; &lt;i&gt;Madame Gueffar peut faire appel de cette d&#233;cision, je la comprendrais. Remettons-nous en aux juges.&lt;/i&gt; &#187; On essaie, encore, de faire vibrer la corde d'humanit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Pas sur le plan juridique, mais si on vous dit que cette femme, qui est votre salari&#233;e depuis des ann&#233;es, va tr&#232;s tr&#232;s mal, que quand on la voit elle tremble, qu'elle a deux fils au ch&#244;mage, vous ne pouvez pas envisager une solution moins dure, plus indulgente ?&lt;/i&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;i&gt;Qu'elle se pr&#233;sente aux prud'hommes, et peut-&#234;tre que &#231;a lui donnera droit &#224; des indemnit&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Comme si elle attendait seulement un ch&#232;que : &#171; &lt;i&gt;J'aimais mon travail&#8230; Maintenant, l'avenir, je vois pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Agen, on questionne &#224; nouveau les cheminots. Notamment sur le picto au rouge : &#171; &lt;i&gt;Mais il peut rester au rouge toute la journ&#233;e ! Il suffit que le signal demeure en position d'ouverture.&lt;/i&gt; &#187; Et Samira de poursuivre : &#171; &lt;i&gt; J'ai boss&#233; au poste 4, &#224; l'aiguillage : j'en ai vu, des agents d'Onet, qui trainaient sur les voies sans avoir demand&#233; la protection. Mais pas Madame Gueffar. Et l&#224;, d'un coup, on lui tombe dessus.&lt;/i&gt; &#187; Et un train est-il pass&#233; juste apr&#232;s ? &#171; &lt;i&gt;Il faudrait avoir une copie du rapport d'incident&lt;/i&gt;, estime Victor Guerra, pour la CGT, &lt;i&gt;mais &#231;a m'&#233;tonnerait parce que, sinon, le m&#233;cano serait intervenu. L&#224;, y a rien. C'est un licenciement abusif : on aurait compris un bl&#226;me, ou une mise &#224; pied, pas plus. Surtout pour quelqu'un qui a quinze ans de bo&#238;te. Qu'ils fassent &#231;a &#224; un agent de la SNCF, et tout le secteur est bloqu&#233;, plus un train ne passe. Mais chez les sous-traitants, les salari&#233;s sont en situation de fragilit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Un cadre de la SNCF confirme : &#171; &lt;i&gt;&#199;a m&#233;ritait une sanction, une petite mise &#224; pied, d'un jour ou deux, avec retenue du salaire, pour marquer le coup, et basta. L&#224;, c'est compl&#232;tement excessif, totalement disproportionn&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tous ensemble pour Madame Gueffar !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les militants locaux d'Attac, de la FSU, de Solidaires, et des citoyens, ont mont&#233; localement, &#224; Agen, avec la CGT-cheminots, un comit&#233; de soutien, une caisse de solidarit&#233;. Les d&#233;put&#233;s socialistes du coin ont protest&#233; aupr&#232;s d'Onet, tout comme le maire UDI aupr&#232;s de la SNCF. Simple question d'humanit&#233;. Mais sans succ&#232;s jusqu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons que ce cas, par sa brutalit&#233;, cette histoire peut, doit d&#233;passer le cadre d'Agen : il t&#233;moigne, par sa violence, de la n&#233;cessit&#233; d'une loi Travail. Mais d'une loi Travail qui viendrait renforcer les droits des salari&#233;s, et non les fragiliser. Dans la masse des injustices, il faut parfois s'arr&#234;ter sur un visage, &#233;couter une voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi on est toute une galaxie de sites, de m&#233;dias alternatifs, de groupes militants ou non, &#224; publier cet article simultan&#233;ment. C'est pourquoi on fait appel &#224; tous les graphistes fakiriens ou non pour nous pondre des propositions d'affiches autour de Madame Gueffar et d'Onet. C'est pourquoi on organisera un tractage, le m&#234;me jour, devant les gares du pays, et vous pouvez vous inscrire et signer la p&#233;tition ici. Qui aime les Madame Gueffar nous suive !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour soutenir Madame Gueffar, vous pouvez signez &lt;a href=&#034;https://www.change.org/p/onet-licenci%C3%A9e-pour-avoir-travers%C3%A9-les-voies-mobilisons-nous-pour-sa-r%C3%A9int%C3%A9gration-imm%C3%A9diate&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cette p&#233;tition&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez aussi lui filer un petit &lt;a href=&#034;https://www.lepotcommun.fr/pot/aczgcws0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;coup de pouce&lt;/a&gt; financier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La chronique judiciaire o&#249; chacun s'y perd</title>
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		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


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&lt;p&gt;Tribunal d'instance de Saint-Brieuc. &#192; peine pass&#233; le sas d'entr&#233;e sans scanner ni gendarmes, une petite salle a les portes grandes ouvertes. Au fond, derri&#232;re un bureau ni sur&#233;lev&#233; ni prot&#233;g&#233;, la juge de proximit&#233; appelle les dossiers du premier jour de proc&#232;s de l'ann&#233;e, premier jour, aussi, de la nouvelle carte judiciaire qui voit dispara&#238;tre certains tribunaux et gonfler les affaires de certains autres. Devant elle, une pile de chemises vert fluo qu'elle lit au fur et &#224; mesure : &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/canape-d-angle" rel="tag"&gt;canap&#233; d'angle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tribunal d'instance de Saint-Brieuc.&lt;/strong&gt; &#192; peine pass&#233; le sas d'entr&#233;e sans scanner ni gendarmes, une petite salle a les portes grandes ouvertes. Au fond, derri&#232;re un bureau ni sur&#233;lev&#233; ni prot&#233;g&#233;, la juge de proximit&#233; appelle les dossiers du premier jour de proc&#232;s de l'ann&#233;e, premier jour, aussi, de la nouvelle carte judiciaire qui voit dispara&#238;tre certains tribunaux et gonfler les affaires de certains autres. Devant elle, une pile de chemises vert fluo qu'elle lit au fur et &#224; mesure : &lt;i&gt;&#171; Mademoiselle P. contre SNCF, CPAM 22 contre monsieur B... &#187;&lt;/i&gt; Les avocats bavardent entre eux, l'ambiance est d&#233;tendue. &lt;i&gt;&#171; Groupe Pronuptia contre monsieur et madame N. ? Bon, y a personne, on renvoie, de toutes fa&#231;ons, j'en ai beaucoup trop. &#187;&lt;/i&gt; La juge est une femme jeune, sans traditionnelle robe noire et blanche.&lt;i&gt; &#171; Monsieur O. contre monsieur et madame D. ? Ah, les deux parties sont l&#224;. Est-ce que vous avez chacun les pi&#232;ces de l'autre ? &#187;&lt;/i&gt; Monsieur O., un homme d'une soixantaine d'ann&#233;es, regarde l'avocat de monsieur et madame D., interrogateur : &lt;i&gt;&#171; Euh, non. &#8211; Sur quoi allez-vous vous appuyer ? &#8211; Eh bien, sur mes pi&#232;ces.
&#8211; Mais lesquelles ? &#8211; Celles que j'ai ! Mais on me parle de la pose d'un nouveau chauffe-eau et... &#8211; Non monsieur, c'est juste une question de forme : avez-vous de nouvelles pi&#232;ces ? &#187;&lt;/i&gt; L'avocat des D., l'air blas&#233;, coupe court : &lt;i&gt;&#171; Je ne crois pas, je pense que le dossier peut &#234;tre jug&#233;. &#8211; Bien, retournez &#224; vos places, je vous appellerai. Alors on commence : Madame S. contre Syndicat des copropri&#233;taires de la r&#233;sidence N. Nous vous &#233;coutons, ma&#238;tre. &#8211; Madame S. ne r&#232;gle plus ses charges de copropri&#233;t&#233; depuis 2 ans. J'ai cru comprendre qu'elle demande des d&#233;lais de paiement. Je m'oppose &#224; cette demande parce que la dette est ancienne et que les autres copropri&#233;taires devraient supporter sa carence. &#187;&lt;/i&gt; Madame S., tr&#232;s g&#234;n&#233;e, parle tout bas &#224; la juge : &lt;i&gt;&#171; Oui, j'ai des probl&#232;mes financiers alors je demande un r&#233;&#233;chelonnement. &#8211; Vous avez quoi &#224; l'appui ? &#8211; Euh, rien. Qu'est-ce qu'il faut que j'apporte ? &#8211; Vous venez avec un grand sourire et vous pensez que je vais vous croire comme &#231;a ? &#8211; C'est la premi&#232;re fois que je viens au tribunal, je pensais que &#231;a ne se passerait pas comme &#231;a. &#8211; Que les gens parlaient dans le vent ? Je veux bien reconna&#238;tre qu'on puisse ignorer la loi mais en plus, &#231;a vous a &#233;t&#233; &#233;crit dans l'assignation &#224; compara&#238;tre. &#187;&lt;/i&gt; La juge, tout en posant quelques questions, observe d'un air d&#233;sol&#233; madame S. puis renvoie les d&#233;lib&#233;r&#233;s au 1er mars. &lt;i&gt;&#171; Monsieur O. contre monsieur et madame D. &#187;&lt;/i&gt; L'avocat des D. commence : &lt;i&gt;&#171; Mes clients ont sign&#233; un contrat de location aupr&#232;s de Monsieur O. Les deux parties sont convenues que mes clients feraient des travaux contre une r&#233;duction de loyer. Ils ont saisi votre tribunal parce que cette r&#233;duction n'a pas &#233;t&#233; accord&#233;e alors que les travaux ont &#233;t&#233; effectu&#233;s et que la restitution du d&#233;p&#244;t de garantie n'a pas &#233;t&#233; faite depuis fin 2009. &#8211; Le juge de proximit&#233; n'est saisi que du d&#233;p&#244;t de garantie. &#8211; Oui enfin ce n'est pas grand-chose. &#8211; Ce n'est pas une question de montant, mais de comp&#233;tence, ma&#238;tre. Monsieur O., vous avez une demande sur les loyers ? &#8211; Oui ! &#8211; Bon, bah, c'est renvoy&#233; au 28 f&#233;vrier alors. Allez, Madame M. contre Soci&#233;t&#233; des Meubles R. &#187;&lt;/i&gt; Deux avocats s'avancent. &lt;i&gt;&#171; La soci&#233;t&#233; pr&#233;tend que ma cliente a command&#233; un canap&#233; 3 places, mais nous on reste sur le fait qu'on a demand&#233; un canap&#233; d'angle. Si l'on compare les prix du prospectus publicitaire, les canap&#233;s 3 places sont &#224; bien moins de 900 euros et les canap&#233;s d'angle &#224; plus de 1200. Nous avons pay&#233; 900 euros dans le cadre d'une promotion. La soci&#233;t&#233; adverse affirme qu'il n'y a pas d'erreur sur la substance mais d&#233;saccord sur les prix. &#8211; La substance du canap&#233; ? &#8211; Non, la substance du contrat. &#187;&lt;/i&gt; Le mari de madame M. l&#232;ve le doigt : &lt;i&gt;&#171; Je peux pr&#233;ciser quelque chose ? Les Meubles R. nous ont livr&#233; la moiti&#233; de la commande en affirmant que nous souhaitions la moiti&#233; d'un canap&#233; pour le prix d'un canap&#233; entier ! &#187;&lt;/i&gt; L'avocat de la soci&#233;t&#233; encha&#238;ne : &lt;i&gt;&#171; Le code de la consommation pr&#233;cise que le client a toujours raison, ce qui me g&#234;ne un peu dans cette affaire. Pour un canap&#233; d'angle, il y a toujours deux meubles : un b&#226;tard droit et une m&#233;ridienne. Or sur leur commande, il y a marqu&#233; un seul mobilier, &#034;un canap&#233; d'angle&#034;, et non deux &#187;&lt;/i&gt;. La juge s'y perd : &lt;i&gt;&#171; Mais je voudrais le prix d'un b&#226;tard droit. &#8211; 1200 sans accoudoir. &#8211; Donc celui sans accoudoir est plus cher que celui avec. &#8211; Ce n'est pas interdit ! - Non mais c'est un &#233;l&#233;ment probant, ma&#238;tre. Bon allez, d&#233;lib&#233;r&#233;s au 1er mars. P&#244;le emploi contre monsieur F. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La chronique judiciaire o&#249; l'on s'interroge sur la conscience</title>
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		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;MARSEILLE , comparutions imm&#233;diates &#8211; &#171; Monsieur A., vous semblez &#234;tre l'organisateur du r&#233;seau, et c'est donc &#224; ce titre que les policiers viennent perquisitionner chez vous. Ils ne trouvent rien, mais l'attitude du chien montre nettement qu'il y a eu des produits stup&#233;fiants, puisqu'il marque l'arr&#234;t pr&#232;s de votre lit. Sous votre matelas, les policiers trouvent une cl&#233; magn&#233;tique. &#187; Trois jeunes gars sont jug&#233;s, M., A. et R., pour trafic de cannabis. A. r&#233;pond sur un ton blas&#233;, s&#251;r de lui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/presidente" rel="tag"&gt;pr&#233;sidente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/viennent-perquisitionner" rel="tag"&gt;viennent perquisitionner&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers-viennent" rel="tag"&gt;policiers viennent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MARSEILLE , comparutions imm&#233;diates &#8211; &lt;i&gt;&#171; Monsieur A., vous semblez &#234;tre l'organisateur du r&#233;seau, et c'est donc &#224; ce titre que les policiers viennent perquisitionner chez vous. Ils ne trouvent rien, mais l'attitude du chien montre nettement qu'il y a eu des produits stup&#233;fiants, puisqu'il marque l'arr&#234;t pr&#232;s de votre lit. Sous votre matelas, les policiers trouvent une cl&#233; magn&#233;tique. &#187;&lt;/i&gt; Trois jeunes gars sont jug&#233;s, M., A. et R., pour trafic de cannabis. A. r&#233;pond sur un ton blas&#233;, s&#251;r de lui : &lt;i&gt;&#171; D&#233;j&#224;, le chien, il s'est arr&#234;t&#233; l&#224; o&#249; dort mon chat. &#8211; Ah je vous arr&#234;te tout de suite ! Ce n'est pas un chien d&#233;tecteur de chats, mais d&#233;tecteur de stup&#233;fiants. &#8211; Et la cl&#233; me servait dans un b&#226;timent o&#249; j'allais avant, mais elle ne me sert plus &#224; rien. &#8211; Si elle vous servait &#224; une activit&#233; honn&#234;te, pourquoi &#233;tait-elle sous le matelas ? Les policiers pr&#233;cisent &#233;galement qu'&#224; l'ext&#233;rieur de votre appartement, il y a un compteur &#233;lectrique dans lequel ils trouvent de la r&#233;sine de cannabis. &#8211; C'est pas chez moi. &#8211; Oui mais c'est &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de votre appartement. &lt;/i&gt; &#187; Le procureur regarde A. avec d&#233;go&#251;t : &lt;i&gt;&#171; Il nous prend pour des imb&#233;ciles, ce trafiquant de stup&#233;fiants, il pense qu'il va s'en sortir comme &#231;a. Eh ben non ! &#199;a fait quand m&#234;me beaucoup de co&#239;ncidences plus que troublantes. &#187;&lt;/i&gt; L'avocat de A. fait des phrases : &lt;i&gt;&#171; Dans cette famille, le patriarche est parti, il n'y a plus de commandement direct. Qui est rest&#233; ? Eh bien essentiellement des gar&#231;ons, avec naturellement une ou deux filles. La maman est dans la salle, elle est venue par sympathie pour son fils. Le chien, on ne va pas remettre en doute ses capacit&#233;s, il a d&#251; voir quelque chose, mais ce quelque chose n'apporte pas la preuve que c'est A. le meneur. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate de R. plaide en regardant son client d'un air &#233;tonn&#233; : &lt;i&gt;&#171; J'ai tent&#233; de le comprendre et je ne l'ai pas tr&#232;s bien compris, d'autant que vous nous avez rappel&#233;, Madame la Pr&#233;sidente, avec beaucoup d'indignation que je partage, qu'il a une maman qui s'occupe de lui. Je dirais qu'au fond de cet &#234;tre, il n'y a pas que du mauvais. Je lui ai fait passer cinq bonnes minutes tr&#232;s tr&#232;s dures, et je crois qu'il a compris la gravit&#233; de ce qu'il a fait. &lt;/i&gt; &#187; L'avocat de M. cl&#244;t le dossier : &lt;i&gt;&#171; Comme disait ma cons&#339;ur, on a affaire &#224; de jeunes gar&#231;ons, on ne sait pas s'ils sont conscients ou pas. &#187;&lt;/i&gt; Suivent deux affaires trait&#233;es rapidement : S., &#224; peine majeur, accus&#233; d'un vol &#224; l'arrach&#233; rat&#233;, qui a du mal &#224; se concentrer sur son proc&#232;s parce qu'il ne peut pas d&#233;tacher les yeux d'une jeune fille venue le soutenir. Ils s'envoient des sourires. La pr&#233;sidente s'agace : &lt;i&gt;&#171; Je ne sais pas &#224; qui tu t'int&#233;resses l&#224;-bas, mais c'est ici que &#231;a se passe. &#187;&lt;/i&gt; Puis vient T., tout jeune lui aussi, l'air perdu. On lui reproche d'avoir frapp&#233; sa compagne. Il r&#233;pond &#224; c&#244;t&#233; des questions, il dit : &lt;i&gt;&#171; J'ai des soucis avec la femme du syndic qui m'a dit qu'elle savait tout sur moi, que j'&#233;tais un enfant maltrait&#233;, que j'avais un gros casier judiciaire, mais j'ai laiss&#233; couler. &lt;/i&gt; &#187; La pr&#233;sidente l'observe et demande autour d'elle s'il ne faudrait pas une expertise psychiatrique. L'avocat de T. annonce : &lt;i&gt;&#171; Je signale qu'un maintien en d&#233;tention serait catastrophique. &#187;&lt;/i&gt; La salle est &#233;vacu&#233;e pour les d&#233;lib&#233;r&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Monsieur T., votre proc&#232;s est report&#233; en octobre, jusque- l&#224; vous &#234;tes maintenu en d&#233;tention. On dira &#224; M. le Procureur de faire attention &#224; votre &#233;tat de sant&#233;. &#187;&lt;/i&gt; T. pleure, il quitte le box sans attendre la suite, en criant : &lt;i&gt;&#171; Je suis fini ! C'est un complot ! Je serai plus l&#224; quand vous plaiderez ma cause ! &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente chuchote : &lt;i&gt;&#171; Demandez une surveillance particuli&#232;re en raison de propos suicidaires. &#187;&lt;/i&gt; S. s'avance, prend six mois ferme. Constern&#233; puis furieux, il regarde la jeune fille dans le public, ils se crient des rendez-vous au parloir pendant que les policiers l'emm&#232;nent. La pr&#233;sidente annonce ensuite six mois fermes pour R., deux ans ferme pour A. et pour M. six mois avec sursis. Un fr&#232;re de A. quitte la salle en hurlant : &lt;i&gt;&#171; Allez tous vous faire enculer ! &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente hurle aussit&#244;t : &lt;i&gt;&#171; Arr&#234;tez cet homme ! &#187;&lt;/i&gt; Des policiers sautent par-dessus le muret du box. La m&#232;re de A., affol&#233;e, crie : &lt;i&gt;&#171; C'est &#224; moi qu'il parlait, madame, je vous jure, laissez-moi parler &#224; la dame, madame, je vous en supplie, vous prenez ma vie ! &#187;&lt;/i&gt; Elle s'effondre, se rel&#232;ve, retombe, sa robe se d&#233;fait, sa fille tente de couvrir la poitrine nue de la m&#232;re. A. observe, fou de rage, depuis le box, il tape du poing sur le muret, les policiers le serrent. La pr&#233;sidente crie : &lt;i&gt;&#171; Taisez-vous, madame ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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