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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Tant qu'il y a des b&#226;timents vides, il y a de l'espoir</title>
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		<dc:date>2021-06-15T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Giancarlo Antinori &amp; Xavier Tabard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Jeudi 14 janvier 2021, la Direction de la s&#233;curit&#233; civile et des risques majeurs de la Ville de Toulouse est venu constater que Mix'Art Myrys n'&#233;tait pas aux normes &#8211; sous un toit en amiante lou&#233; et mis &#224; disposition par la mairie depuis quinze ans, amusant &#8211; puis a fait ordonner sa fermeture administrative. L'histoire d'une municipalit&#233; qui d&#233;cide de s'amputer d&#233;finitivement de son bras gauche. Mix'Art Myrys c'est un collectif d'artiste autog&#233;r&#233;, 4 000 m&#178; de locaux d&#233;di&#233;s &#224; toute forme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 14 janvier 2021, la Direction de la s&#233;curit&#233; civile et des risques majeurs de la Ville de Toulouse est venu constater que Mix'Art Myrys n'&#233;tait pas aux normes &#8211; sous un toit en amiante lou&#233; et mis &#224; disposition par la mairie depuis quinze ans, amusant &#8211; puis a fait ordonner sa fermeture administrative. L'histoire d'une municipalit&#233; qui d&#233;cide de s'amputer d&#233;finitivement de son bras gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3656 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1796.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH721/-1796-410db.jpg?1782943526' width='500' height='721' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mix'Art Myrys c'est un collectif d'artiste autog&#233;r&#233;, 4 000 m&#178; de locaux d&#233;di&#233;s &#224; toute forme artistique qui peut y rentrer : des ateliers de plasticien&#183;nes, constructeur&#183;ices, des salles de spectacles, un studio audiovisuel, un FabLab, un fournisseur d'acc&#232;s internet associatif, une salle de r&#233;p&#233;tition, de la s&#233;rigraphie, de la couture&#8230; Le lieu est centr&#233; autour de la cr&#233;ation mais aussi de l'accueil d'&#233;v&#233;nements d'organisations ext&#233;rieures (des Beaux-Arts aux Gilets jaunes) ou internes. Les formes artistiques qu'on ne voit pas ailleurs peuvent y trouver voix et le hangar accueillir tout un chacun &#224; prix libre, toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Toulouse&#8230; Toulouse ville test des came&#769;ras de surveillance a&#768; intelligence artificielle, de la 5G. Toulouse &#244;tant la vie aux quartiers populaires pour construire des tours de bureaux vides. Toulouse n&#233;gociant son soutien au pr&#233;sident contre des forces de police suppl&#233;mentaires. Toulouse menant l'offensive m&#233;diatique et l&#233;gislative contre le droit au logement. Toulouse candidate au titre de capitale europ&#233;enne de la culture il y a quelques anne&#769;es et &#233;touffant aujourd'hui son vivier culturel, un lieu apr&#232;s l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce foisonnement artistique se pre&#769;parait a&#768; inonder le monde de poe&#769;sie apre&#768;s la crise sanitaire, pour qu'il ait valu la peine de sauver des vies, pour qu'elles puissent jouir de la beaute&#769; et non d'une morne d&#233;cr&#233;pitude. La cole&#768;re suscite&#769;e par cette fermeture administrative (expulsion innom&#233;e) est aussi grande que le trou be&#769;ant laisse&#769; dans le panorama culturel, peu a&#768; peu de&#769;vore&#769;, au nom de la croyance dogmatique que le salut ne passera que par l'e&#769;conomie. De la me&#770;me manie&#768;re que les soignant&#183;es ne veulent pas d'un ho&#770;pital rentable, mais d'un ho&#770;pital qui soigne, nous ne voulons pas d'un art qui divertit et fait vendre, mais d'un art vivant qui invente et questionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme beaucoup d'autres lieux faisant face a&#768; de pareilles attaques institutionnelles, Mix'Art est un laboratoire du monde a&#768; venir, donc forc&#233;ment en opposition avec les failles du monde d'aujourd'hui. Mais au lieu de consid&#233;rer cette opposition comme cre&#769;atrice de nouveaute&#769; et d'alternatives, nous sommes conside&#769;re&#769;s comme des ennemis d'une pense&#769;e unique maniche&#769;enne, dont la non ouverture confirme l'incapacite&#769; a&#768; nous guider vers un monde meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ou&#768; vient cette violente de&#769;termination a&#768; mettre fin a&#768; une expe&#769;rience citoyenne de recherche d'alternatives qui dure depuis plus de 25 ans ? Comme si le monde n'e&#769;tait pas de&#769;ja&#768; de toute part rempli de cette me&#770;me chose grise, comme s'il fallait qu'elle remplace tout ce qui propose autre chose. Comme si les ide&#769;es ne pouvaient plus coexister. D'ou&#768; vient cette arrogance a&#768; croire que toute diffe&#769;rence est un danger pour la socie&#769;te&#769; ? Quelle est cette politique qui conside&#768;re qu'il est ille&#769;gal de ne pas penser comme elle ? Durant les quatre mois de mobilisation &#233;coul&#233;s, on a d&#233;laiss&#233; nos vies, nos amis, nos projets, pour essayer de sauver Mix'Art Myrys.&#171; &lt;i&gt;Ils ont toute la ville, toute la France, pourquoi veulent-ils nous enlever notre pauvre 0,5% ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a cru voir la France sombrer dans le fascisme, on s'est demand&#233;s si c'&#233;tait un effet de loupe, puis on a vu le Maire donner une interview &#224; &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, en instrumentalisant l'affaire Roland, octog&#233;naire squatt&#233;, pour justifier la destruction du centre d'h&#233;bergement d'urgence du DAL31 en pleine pand&#233;mie et y faire des logements de luxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer de comprendre, on a parl&#233; aux amis de la Grave, du Pavillon Mazard, du Bleu-Bleu&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La guinguette populaire Bleu Bleu, le centre d'h&#233;bergement d'urgence de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, on a arpent&#233; les journaux, psychanalys&#233; les journalistes, &#233;pluch&#233; les lois, consult&#233; les avocats, convoqu&#233; les foules, imagin&#233; la r&#233;volution, dig&#233;r&#233; la d&#233;sillusion, pest&#233; contre les normes. On s'est aussi entretu&#233;s dans notre 0.5% assi&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre comment la mairie peut s'offrir la l&#233;gitimit&#233; de mettre un couvercle sur ce qu'il reste d'espaces de libert&#233; et de rencontre. Comment elle peut choisir une gouvernance qui se dessine contre les contradicteurs, contre les voix singuli&#232;res, contre les sceptiques et contre pr&#232;s de la moiti&#233; des votants de la ville. L'occasion de dresser un historique des 25 et quelques ann&#233;es d'existence de Mix'Art Myrys.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, en 1995, un groupe de gens m&#234;lant artistes, sans papiers, sans abris &#8211; parfois dans un seul individu &#8211; s'installe dans les anciennes usines de chaussures Myrys, dans le quartier Saint Cyprien-Patte d'Oie &#224; Toulouse. Il y avait de la lumi&#232;re, ils sont entr&#233;s. Un lieu qu'ils partagent et ouvrent au public, faisant fonctionner en plein l'autogestion et la d&#233;brouille. Il faut deux ans pour que l'association Mix'Art Myrys soit cr&#233;&#233;e, avec une vocation artistique et culturelle. Le site est vou&#233; &#224; la destruction pour&#8230; un projet immobilier&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les projets immobiliers dans la ville de Toulouse (qui conna&#238;t une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, le collectif entame le dialogue avec les institutions, affiche la n&#233;cessit&#233; de son action&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Tremplin vers la r&#233;insertion &#187; peut on lire dans la D&#233;p&#234;che en 2000, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et communique. D'autres b&#226;timents sont ouverts temporairement, mais rapidement &#233;vacu&#233;s, puis &#8211; en l'absence de solutions trouv&#233;es avec les pouvoirs publics &#8211; en janvier 2001 c'est le grand saut en direction de l'ancienne pr&#233;fecture, rue de Metz&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2001 c'est aussi l'ann&#233;e o&#249; est &#233;crit le rapport minist&#233;riel de Fabrice (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, pendant quatre ans, Mix'Art Myrys se fait le lieu culturel le plus fr&#233;quent&#233; de Toulouse et le revendique. Pied de nez au c&#339;ur de la ville, dans un quartier &#224; la bourgeoisie ancienne et bien implant&#233;e, &#224; deux pas de la cath&#233;drale Saint &#201;tienne et des magasins de luxe, ces 8 000 m&#178; sont remplis par pr&#232;s de 300 ateliers, un espace d'exposition ouvert en permanence, une salle de concert et beaucoup de passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, le b&#226;timent est revendu&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour mettre des sous dans les caisses du rectorat et mettre un grand (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, Mix'Art d&#233;m&#233;nage au 12 rue Ferdinand Lassalle dans un ancien b&#226;timent de logistique, entre la rocade et le boulevard de Suisse. Apr&#232;s la l&#233;gitimit&#233;, place &#224; la l&#233;galit&#233; : concr&#233;tisation du dialogue avec le Grand Toulouse, la Drac&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Direction R&#233;gionale des Affaires Culturelles : organe de d&#233;centralisation du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, la r&#233;gion et le d&#233;partement. Sont sign&#233;s une convention de mise &#224; disposition puis une convention d'objectifs et de moyens et des financements qui l'accompagnent. Le lieu n'est pas aux normes, ne pourra pas l'&#234;tre avec les moyens allou&#233;s (m&#234;me avec beaucoup de d&#233;brouille), ne peux pas recevoir de public, mais le collectif qui y a perdu des plumes choisit de s'adapter, de &#171; jouer le jeu &#187; dans ce lieu destin&#233; &#224; &#234;tre temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007 le collectif est toujours dans les murs et d&#233;cide d'ouvrir le lieu au public. La mairie de Toulouse bascule l'ann&#233;e suivante&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le PS est revenu au pouvoir &#224; Toulouse 37 ans apr&#232;s le d&#233;part de la SFIO.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, pleine de nouvelles perspectives pour la culture. Un relogement est dessin&#233;, mis en dialogue et chiffr&#233;. Ce sera les anciennes Cartoucheries dans un espace remis &#224; neuf &#233;tudi&#233; tout expr&#232;s pour et avec le collectif. Tout ceci est en passe de se faire lorsque soudain, nouvelles &#233;lections, trois pas en arri&#232;re : retour inattendu de la droite qui jette bient&#244;t ce projet de relogement jug&#233; trop cher. D'autres solutions sont envisag&#233;es avec un collectif qui doit se faire toujours proposant et souple, et c'est finalement le lieu d&#233;j&#224; investi qui sera rachet&#233; par la m&#233;tropole en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mix'Art Myrys reste donc dans les murs, et commence &#224; &#8211; gentiment &#8211; montrer les dents en refusant de signer une nouvelle convention qui ignorerait l'insalubrit&#233; du lieu. Depuis, les &#233;diles boudent, m&#234;me apr&#232;s avoir vot&#233; des travaux de mise en conformit&#233; du lieu en 2019, en toute discr&#233;tion. Apr&#232;s &#231;a, les &#233;lections municipales &#8211; avec une liste citoyenne pas loin de leur damer le pion &#8211; les ont particuli&#232;rement tendu, difficile de ne pas y voir un lien avec la rupture des financements, la cessation du dialogue et pour finir la fermeture administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magnanime, la mairie veut bien reloger les artistes mais est fatigu&#233;e de discuter avec l'association, ce qui se mort la queue sachant que Mix'Art Myrys est un collectif d'artiste autog&#233;r&#233;. Donc, on se d&#233;barrasse du collectif p&#233;nible pleins d'artistes qui font rien qu'&#224; ne pas vouloir se ranger comme il faut dans des cases mal d&#233;grossies. Un probl&#232;me subsiste cependant, si tout ce petit monde (adh&#233;rents et public) se fait envoyer sur les roses : ils risquent de s'ennuyer. Madame la ministre nous rappelait en citant Pablo Neruda que &#171; &lt;i&gt;le printemps est inexorable&lt;/i&gt; &#187; et il reste quelques b&#226;timents vides &#224; Toulouse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Giancarlo Antinori &amp; Xavier Tabard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La guinguette populaire Bleu Bleu, le centre d'h&#233;bergement d'urgence de la Grave DAL 31/ Fondation Abb&#233; Pierre, le Jardin Partag&#233; Fontaine Lestang, l'espace de recherche et de cr&#233;ation contemporaine Pavillon Mazar, soit tous les lieux expuls&#233;s par la mairie ces 6 derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les projets immobiliers dans la ville de Toulouse (qui conna&#238;t une croissance d&#233;mographique assez folle) sont l&#233;gion depuis l'essor de l'a&#233;ronautique, et la ville rose se transforme chaque jour un peu plus en succursale d'agence immobili&#232;re hors de prix.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Tremplin vers la r&#233;insertion&lt;/i&gt; &#187; peut on lire dans la &lt;i&gt;D&#233;p&#234;che &lt;/i&gt; en 2000, respiration pour tout individu aspirant &#224; un peu de libert&#233; pour d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;2001 c'est aussi l'ann&#233;e o&#249; est &#233;crit le rapport minist&#233;riel de Fabrice Lextrait th&#233;orisant ce qui sera intitul&#233; &#171; Nouveaux territoires de l'art &#187; : friches, laboratoires, fabriques, squats, projets pluridisciplinaires... Mix'Art Myrys y est cit&#233;. Ce rapport est commandit&#233; par Michel Dufour (PC), secr&#233;taire d'&#233;tat au patrimoine et &#224; la d&#233;centralisation culturelle sous le gouvernement Jospin, et va permettre de nommer ces lieux, comprendre comment ils apparaissent, les financer. En somme, c'est une premi&#232;re &#233;tape pour cr&#233;er des lignes d'objectifs et de moyen dans les cases du Minist&#232;re de la Culture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour mettre des sous dans les caisses du rectorat et mettre un grand magasin, il en manquait un peu dans ce secteur...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Direction R&#233;gionale des Affaires Culturelles : organe de d&#233;centralisation du minist&#232;re de la Culture. En l'occurence la Drac Midi-Pyr&#233;n&#233;es donc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le PS est revenu au pouvoir &#224; Toulouse 37 ans apr&#232;s le d&#233;part de la SFIO.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Squatter la joie</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Squatter-la-joie</link>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Lise Lacombe</dc:subject>
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		<dc:subject>Sonia Risti&#263;</dc:subject>
		<dc:subject>Sonia</dc:subject>
		<dc:subject>Risti&#263;</dc:subject>
		<dc:subject>Menthos plong&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>question d'humanit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>scrute Sonia</dc:subject>
		<dc:subject>pages d&#233;di&#233;es</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sorti aux &#233;ditions Intervalles, le roman Saisons en Friche tourne joyeusement autour des probl&#233;matiques du squat et de la r&#233;appropriation urbaine. Pour auteure, une certaine Sonia Risti&#263;, qui y revient sur une exp&#233;rience personnelle dans un squat d'artistes parisiens. Dans ces pages d&#233;di&#233;es &#224; l'art d&#233;licat du squat, il est d'abord question d'humanit&#233;. Le militantisme a beau constituer une toile de fond omnipr&#233;sente, ce sont les personnages qui s'imposent, tissent une fresque bariol&#233;e, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sorti aux &#233;ditions Intervalles, le roman &lt;i&gt;Saisons en Friche&lt;/i&gt; tourne joyeusement autour des probl&#233;matiques du squat et de la r&#233;appropriation urbaine. Pour auteure, une certaine Sonia Risti&#263;, qui y revient sur une exp&#233;rience personnelle dans un squat d'artistes parisiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1523-a4dc3.jpg?1782644220' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ces pages d&#233;di&#233;es &#224; l'art d&#233;licat du squat, il est d'abord question d'humanit&#233;. Le militantisme a beau constituer une toile de fond omnipr&#233;sente, ce sont les personnages qui s'imposent, tissent une fresque bariol&#233;e, touchante, pleine d'&#233;tincelles et de corps aussi effervescents que des Menthos plong&#233;s dans le Coca. Parmi les occupants du lieu r&#233;quisitionn&#233; &#8211; une immense gare de marchandises d&#233;saffect&#233;e &#8211;, on trouve Malo le Congolais volubile, Vladimir le vieux plasticien fou-dingue, Alex le Bosniaque tourment&#233;, Pascal le disjonct&#233; ou Alice la malade d'amour. Ce sont leurs destin&#233;es entrecrois&#233;es que scrute Sonia Risti&#263; le temps de quatre &#171; saisons &#187;, aussi pimpantes que du Vivaldi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'utopie n'est pas tout &#224; fait au point (&#8230;), mais malgr&#233; tout, c'est la joie qui domine&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit l'auteure de ce roman, inspir&#233; d'une exp&#233;rience personnelle dans un squat d'artistes parisiens, le Th&#233;&#226;tre de Verre. Ledit espace, d&#233;sormais d&#233;sert&#233;, avait &#233;t&#233; r&#233;quisitionn&#233; en 2003 apr&#232;s la triste expulsion de la Miroiterie, lieu bien anar-punk de M&#233;nilmuche multipliant les concerts &#224; faire fondre les esgourdes. Plong&#233;e deux ans dans ce fatras de vie, de soir&#233;es cumbia et d'initiatives plus ou moins heureuses, Sonia Risti&#263; d&#233;crit autant les failles de l'organisation collective que sa force, les accrochages in&#233;vitables que les victoires contre l'esprit du temps. Ambiance chamarr&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Il y a toujours des &#233;clats de voix, des disputes, des prises de t&#234;te.&lt;/i&gt; &#187; Avec pour horizon aga&#231;ant, mouche sur le coche utopique, le retour des sempiternels constats : &#171; &lt;i&gt;D&#233;cid&#233;ment, c'est toujours&lt;/i&gt; &lt;i&gt;pareil. Il y a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ceux qui charrient la merde toute la matin&#233;e dans le froid et ceux qui se consacrent au yoga et &#224; la d&#233;co.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les histoires personnelles et les t&#226;tonnements politiques d&#233;boulent des myriades de questionnements, p&#233;piant tels des pinsons lubriques. Comment cohabiter en respectant les d&#233;sirs de chacun ? Que faire quand une dizaine de sans-papiers expuls&#233;s d'un lieu proche demandent un logement ? Comment forcer la mairie &#224; accorder un bail pr&#233;caire ? De quelle mani&#232;re r&#233;agir &#224; une sauvage attaque de fachos, en mode barres de fer dans la gueule ? Est-il possible d'&#233;viter que l'exp&#233;rience ne soit un d&#233;multiplicateur de gentrification ? Confront&#233;s &#224; ce tourbillon quotidien et id&#233;ologique parfois confus, les personnages s'&#233;chappent &#224; tout bout de champ, chacun &#224; leur mani&#232;re. L'amour, le sexe, le turbin, l'escapade au bout de monde, le repli domestique, tout est bon dans le cocon. Avec un &#233;tat d'esprit f&#233;rocement oppos&#233; &#224; la sinistrose : &#171; &lt;i&gt;Tiens, (&#8230;) &#231;a sent l'&#233;t&#233;, vous ne trouvez pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affair&#233;s &#224; cuisiner l'utopie, les insurg&#233;s immobiliers font face &#224; des obstacles insolubles, nature humaine oblige, mais ne baissent pas les bras, bricolant ce &#171; &lt;i&gt;joyeux foutoir&lt;/i&gt; &#187; visant &#224; poser les bases d'une autre soci&#233;t&#233;. Et n'oublient pas que derri&#232;re cette &#171; &lt;i&gt;joie&lt;/i&gt; &#187; revendiqu&#233;e se cache un discours tout ce qu'il y a de plus s&#233;rieux. &#171; &lt;i&gt;Ce que nous essayons de faire passer comme message, c'est que dans nos villes, il y a des centaines de milliers de m&#232;tres carr&#233;s inhabit&#233;&lt;/i&gt;s &#187;, rugit Vladimir. Pour lui comme pour Sonia Risti&#263;, c'est cette ind&#233;cence-l&#224; qu'il s'agit de d&#233;noncer. Voire : de supprimer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Folie et pr&#233;carit&#233; : la double peine</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Folie-et-precarite-la-double-peine</link>
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		<dc:date>2020-02-24T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Marcel Pitu</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Quand Marcel a d&#233;barqu&#233; de Roumanie, il a v&#233;cu quatre ans &#224; la rue. Marcel a parfois du mal &#224; se faire comprendre, parce qu'il n'a plus de dents et que le fran&#231;ais est une langue compliqu&#233;e. Parfois, Marcel p&#232;te les plombs. Bien comme il faut. Il est aussi capable de t'offrir une mini-sculpture en bois en forme de c&#339;ur dans un couloir des urgences psychiatriques, au milieu des hurlements. Au fil de notre relation, Marcel m'a &#233;galement fait conna&#238;tre le r&#233;seau marseillais d'alternatives &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand Marcel a d&#233;barqu&#233; de Roumanie, il a v&#233;cu quatre ans &#224; la rue. Marcel a parfois du mal &#224; se faire comprendre, parce qu'il n'a plus de dents et que le fran&#231;ais est une langue compliqu&#233;e. Parfois, Marcel p&#232;te les plombs. Bien comme il faut. Il est aussi capable de t'offrir une mini-sculpture en bois en forme de c&#339;ur dans un couloir des urgences psychiatriques, au milieu des hurlements. Au fil de notre relation, Marcel m'a &#233;galement fait conna&#238;tre le r&#233;seau marseillais d'alternatives &#224; la psychiatrie et sa nouvelle approche bas&#233;e sur le r&#233;tablissement, qui est au c&#339;ur de cet article. Comme des milliers d'autres personnes, il vit le duo infernal de la grande pr&#233;carit&#233; et de la souffrance psychique. Mais Marcel, il s'accroche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L485xH400/-1459-240b1.jpg?1782642110' width='485' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marcel Pitu
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;l y a celui qu'on appelle Diog&#232;ne, qui trie les poubelles nuit et jour en habit de ramoneur, ou ce jeune homme qui traverse inlassablement le m&#234;me passage pi&#233;ton devant l'&#233;glise des R&#233;form&#233;s, toute la sainte journ&#233;e. &#192; Marseille, on les appelle avec condescendance les &#171; fatigu&#233;s &#187;. Sauf que derri&#232;re ces &#171; fatigues &#187;, se cachent souvent des vies ultra-pr&#233;caires, un isolement terrible et de r&#233;elles souffrances psychiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la deuxi&#232;me ville de France, l'estimation la plus courante fait &#233;tat de quelque 14 000 personnes &#224; la rue, 30 % &#233;tant touch&#233;es par des troubles psychiatriques s&#233;v&#232;res : schizophr&#233;nie, bipolarit&#233;, d&#233;pression s&#233;rieuse, etc. Des troubles qui ne peuvent qu'&#234;tre aggrav&#233;s par la duret&#233; de la vie &#224; la rue et la difficult&#233; de l'acc&#232;s au soin. Au-del&#224; des chiffres, on comprend que c'est souvent le traitement social de la folie qui exacerbe voire provoque ce genre de situations. Exclues, ces personnes sont emp&#234;ch&#233;es de vivre comme les autres. Des passages &#224; l'asile, parfois, mais surtout : condamn&#233;es &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcel, la rue, il conna&#238;t bien. Arriv&#233; de Roumanie en 2010 pour rejoindre son fr&#232;re, il &#233;choue dans un recoin pr&#232;s de la gare Saint-Charles. Il y vivra quatre ans et fr&#233;quentera le centre de soins de M&#233;decins du Monde, &#224; la Belle-de-Mai. Un des rares endroits o&#249; les exclus peuvent trouver un peu d'aide sans qu'on ne leur demande quoi que ce soit en &#233;change. Tous ont en commun le fait de ne pas avoir acc&#232;s aux soins, parce qu'ils sont sans-papiers et / ou n'ont pas de couverture sant&#233;. Pendant un mois, Marcel pr&#233;vient quotidiennement les &#233;quipes : &#171; &lt;i&gt;Aidez-moi, ma t&#234;te va exploser, mon pancr&#233;as aussi, je veux mourir.&lt;/i&gt; &#187; Jusqu'au jour o&#249; il ramasse un tesson de bouteille pour en finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; cet acte d&#233;sesp&#233;r&#233;, les &#233;quipes de M&#233;decins du Monde le mettent en relation avec l'&#233;quipe mobile de psychiatrie Marss (Mouvement et action pour le r&#233;tablissement social et sanitaire). Trois semaines apr&#232;s, Marcel est enfin re&#231;u par la psychiatre de l'association. Pas tir&#233; d'affaire, mais enfin &#233;cout&#233;, il sort peu &#224; peu de l'isolement, mais pas de la pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marseille, capitale du &#171; r&#233;tablissement &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2005 se d&#233;veloppent &#224; Marseille des dispositifs alternatifs &#224; la psychiatrie classique, bas&#233;s sur le &lt;i&gt;r&#233;tablissement&lt;/i&gt;. Une approche qui s'oppose &#224; l'id&#233;e que les troubles psychiques seraient incurables ou qu'on ne pourrait pas vivre avec, mettant en lumi&#232;re la double peine que subissent les personnes concern&#233;es : d'une part celle de la maladie et de ses sympt&#244;mes, d'autre part, celle de ses cons&#233;quences sociales (violence, exclusion et stigmatisation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;r&#233;tablissement&lt;/i&gt;, ce sont entre autres les &#233;quipes de Marss qui l'importent des &#201;tats-Unis &#224; Marseille, o&#249; sont lanc&#233;es plusieurs exp&#233;rimentations innovantes. Des voyages d'&#233;tudes avaient permis aux acteurs de ces diff&#233;rents projets (psychiatres, chercheurs, etc.) de comprendre l'importance du &#171; travail pair &#187; qui reconna&#238;t les usagers de la psychiatrie comme des experts en la mati&#232;re. Les personnes qui ont connu la rue, la psychiatrie ou les addictions sont souvent bien plus l&#233;gitimes que d'autres &#224; travailler dans les structures de soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, compte tenu des difficult&#233;s inh&#233;rentes au soin des personnes &#224; la rue, un collectif d&#233;cide d'ouvrir un squat rue Curiol, en plein centre-ville. L'objectif du &lt;i&gt;Marabout&lt;/i&gt; : proposer &#224; des sans-abris vivant avec des troubles psychiatriques s&#233;v&#232;res une alternative aux foyers de SDF et &#224; l'h&#244;pital psychiatrique. Apr&#232;s la visite de Roselyne Bachelot, alors ministre de la Sant&#233;, le squat devient moins exp&#233;rimental et s'institutionnalise. Par ailleurs, ses &#233;quipes obtiennent une subvention pour lancer l'exp&#233;rimentation &#171; Un chez soi d'abord &#187;, qui procure des logements sociaux aux personnes sans-abri en souffrance psychique. Leur d&#233;marche : renverser la philosophie des plans de lutte contre le &#171; sans-abrisme &#187;, lesquels pr&#244;nent le traitement et l'abstinence de drogue et d'alcool avant de (ou sans) prendre en compte la question du logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, Marcel s'installe &#224; &lt;i&gt;La R&#233;quiz'&lt;/i&gt;, un squat tout juste ouvert par l'association Marabout, dans lequel logent une trentaine d'habitants&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Marseille : occupy la psychiatrie &#187;, CQFD n&#176; 148 (novembre 2016).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Je m'y sentais bien, les gens faisaient parfois de grosses crises, mais j'avais ma chambre et un espace pour dessiner&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Marcel. Sa situation se stabilise et lui permet enfin de s'attaquer, avec l'aide de l'association Marss, &#224; sa situation administrative et &#224; l'ouverture de ses droits pour obtenir l'Allocation aux adultes handicap&#233;s (AAH). Il est r&#233;guli&#232;rement suivi par la psychiatre de l'&#233;quipe, &#224; qui il voue un amour inconditionnel, et soigne enfin son pancr&#233;as d&#233;glingu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s, &lt;i&gt;La R&#233;quiz'&lt;/i&gt; est honteusement expuls&#233;e. Traumatis&#233; par l'&#233;pisode, Marcel prend ses affaires et trouve refuge &#224; l'&#233;tage d'un caf&#233; associatif marseillais dans lequel il se sent bien. Cette situation pr&#233;caire dure plus d'un an. Les proc&#233;dures administratives kafka&#239;ennes pour obtenir des aides auxquelles il a droit, la difficult&#233; &#224; comprendre le fran&#231;ais et &#224; pouvoir r&#233;ellement exprimer ce qu'il veut, les &#233;quipes de Marss d&#233;bord&#233;es et un traumatisme li&#233; &#224; une piq&#251;re qui lui a &#233;t&#233; administr&#233;e aux urgences psychiatriques, provoquent chez lui une souffrance terrible et un profond sentiment d'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, Marcel int&#232;gre&lt;i&gt; Le Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt;. Poussant la d&#233;marche du &lt;i&gt;Marabout&lt;/i&gt; un cran plus loin, cet espace, premier du genre, exp&#233;rimente un accueil des personnes en pleine crise psychotique afin de limiter le recours aux hospitalisations sans consentement &lt;i&gt;[lire pp. 6 &amp; 7 du pr&#233;sent dossier notre entretien avec Andr&#233; Bitton : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/On-peut-parler-de-barbarie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;On peut parler de barbarie hospitali&#232;re&lt;/a&gt; &#187;]&lt;/i&gt;. Il propose un refuge calme et communautaire o&#249; se poser le temps de traverser l'&#233;pisode de d&#233;compensation. L'objectif est aussi de donner du sens &#224; cette crise, sans qu'elle soit d'embl&#233;e m&#233;dicalis&#233;e et psychiatris&#233;e. Marcel vivra au &lt;i&gt;Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt; un an et demi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L490xH400/-1458-d7805.jpg?1782642110' width='490' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marcel Pitu
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Accueillir la crise&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le salon du &lt;i&gt;Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt;, qui accueille une dizaine de r&#233;sidents, tr&#244;ne cette phrase de Pr&#233;vert : &#171; &lt;i&gt;L'ordre des choses est dans le d&#233;sordre des &#234;tres.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; qui pose l'ambiance. Dans ce nouveau refuge, Marcel a de la place pour dessiner, sculpter et m&#234;me exposer ses &#339;uvres dans la pi&#232;ce commune. Il entame un stage dans un atelier de menuiserie et gagne enfin un salaire. En revanche, il trouve l'atmosph&#232;re du lieu anxiog&#232;ne : &#171; &lt;i&gt;C'est dur de r&#233;unir autant de souffrances sous un m&#234;me toit.&lt;/i&gt; &#187; Les r&#233;sidents, orient&#233;s par les &#233;quipes mobiles de Marss et de l'Ulice (Unit&#233; locale d'intervention de crise et d'&#233;valuation&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;quipe mobile de psychiatrie qui intervient au domicile des personnes dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;) ou par des proches, arrivent parfois bien caboss&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'est effectivement tr&#232;s vivant, &lt;/i&gt;souligne Jodi, salari&#233; depuis quelques mois en tant qu'intervenant en sant&#233; mentale communautaire.&lt;i&gt; On navigue constamment entre des moments de fortes tensions et d'autres plus l&#233;gers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de l'&#233;quipe, compos&#233;e de professionnels de sant&#233;, chercheurs, &#233;ducateurs, b&#233;n&#233;voles et travailleurs pairs ? Accueillir la crise. Et surtout, la d&#233;cortiquer. Saphir Desvignes, chercheuse au &lt;i&gt;Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt; et elle-m&#234;me usag&#232;re de la psychiatrie, explique qu'il s'agit surtout &#171; &lt;i&gt;d'orienter le regard de la personne sur ses forces et son autonomie plut&#244;t que sur ses vuln&#233;rabilit&#233;s, d&#233;couvrir au quotidien ce qui fait du bien et ce qui fait monter en pression&lt;/i&gt; &#187;. La pr&#233;sence de travailleurs pairs et l'absence de psychiatre sur le lieu renversent consid&#233;rablement les sch&#233;mas institutionnels. &#171; &lt;i&gt;L'&#233;quit&#233; dans la relation est fondamentale&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Saphir. Le soin, ici, sera tout autre : &#171; &lt;i&gt;Accueillir la crise, &#231;a peut consister &#224; aller fumer une clope avec la personne ou la laisser exploser trois assiettes sans intervenir de fa&#231;on coercitive,&lt;/i&gt; poursuit Saphir. &lt;i&gt;C'est un travail relationnel. L'important, c'est d'abord de reconna&#238;tre cette crise, car elle a toujours une cause. C'est souvent un signal inconscient et incontr&#244;l&#233; pour exprimer un besoin ou une attente insatisfaite... Mais certains professionnels de la sant&#233; n'ont pour seule r&#233;ponse qu'une piq&#251;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle approche est parfois compliqu&#233;e &#224; appr&#233;hender pour les r&#233;sidents qui n'ont pas forc&#233;ment fait le choix du communautaire et pour qui les concepts d'&lt;i&gt;open dialogue&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'open dialogue est une approche psychoth&#233;rapeutique qui trouve son origine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et de &lt;i&gt;r&#233;tablissement &lt;/i&gt;sont souvent floues. Marcel en a &#233;t&#233; lui-m&#234;me d&#233;stabilis&#233; durant son s&#233;jour : &#171; &lt;i&gt;&#199;a se dit lieu de soin, mais il n'y m&#234;me pas de m&#233;dicament, m&#234;me quand tu as mal &#224; la t&#234;te.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, la crise s'av&#232;re trop forte pour &#234;tre &#171; accueillie &#187;. En novembre dernier, Marcel a de nouveau d&#233;goupill&#233; &#8211; &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait dix jours que je mange plus, j'ai trop de col&#232;re en moi&lt;/i&gt; &#187;, me confiait-il &#224; l'&#233;poque. Encore une fois : pr&#233;carit&#233;, fatigue nerveuse et une tension avec un des salari&#233;s du lieu le replongent dans un lancinant sentiment d'injustice. La suite ? Flics, pompiers, Samu : direction les urgences psychiatriques. Dix minutes d'entretien, et le psychiatre lui demande de quitter les lieux. &#171; &lt;i&gt;J'ai refus&#233; la piq&#251;re&lt;/i&gt; &#187;, me dira-t-il en sortant des urgences, tout tremblant. Il retournera au &lt;i&gt;Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt;, pour &#171; finir &#187; sa crise. Et les choses se tasseront. &#192; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adh&#233;sion des r&#233;sidents au projet &#233;tant parfois compliqu&#233;e, le contrat de d&#233;part doit &#234;tre clair. Jodi rappelle d'ailleurs que le lieu ne peut offrir qu'un r&#233;pit temporaire : &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas repr&#233;senter un logement sur la dur&#233;e, on bosse comme des fous, mais on fait avec les moyens du bord.&lt;/i&gt; &#187; Avec un 115 constamment satur&#233; et la crise des logements (sociaux) marseillais, il est souvent tr&#232;s compliqu&#233; de proposer une solution d'h&#233;bergement satisfaisante &#224; la fin du s&#233;jour : &#171; &lt;i&gt;Au bout d'une semaine, un ou trois mois maximum, les gens repartent dans leur famille, chez des potes, &#224; l'hosto... ou retournent &#224; la rue. C'est &#233;videmment une situation de merde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La libert&#233; d'exp&#233;rimenter ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y a un gros enjeu autour de cette exp&#233;rimentation,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Saphir. &lt;i&gt;Le fait de pratiquer une recherche qualitative, quantitative et m&#233;dico-&#233;conomique permet de montrer &#224; l'Agence r&#233;gionale de Sant&#233; &lt;/i&gt;[ARS] &lt;i&gt;l'int&#233;r&#234;t qu'elle &#224; financer &lt;/i&gt;Le Lieu de r&#233;pit &lt;i&gt;et &#224; d&#233;velopper ce type d'initiative sur tout le territoire&lt;/i&gt; &#187;. L'ind&#233;pendance et la r&#233;elle libert&#233; d'exp&#233;rimenter sont forc&#233;ment ternies par ces enjeux financiers : le lieu est financ&#233; par un organisme et un programme d&#233;pendant du minist&#232;re de la Sant&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La CNSA (Caisse nationale des solidarit&#233;s et de l'autonomie) et le PRPSS (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Anne, ancienne travailleuse paire des d&#233;buts, ne d&#233;col&#232;re pas : &#171; &lt;i&gt;Le lieu a re&#231;u un million d'euros pour r&#233;habiliter cet ancien squat. &#199;a ne peut pas &#234;tre totalement un projet alternatif si c'est financ&#233; par l'ARS.&lt;/i&gt; &#187; Par ailleurs, Anne d&#233;plore un certain manque de confiance accord&#233; aux premiers r&#233;sidents du lieu &#224; qui il avait &#233;t&#233; promis des postes salari&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Le choix de la sant&#233; communautaire est ambitieux, il implique de prendre des risques. Par exemple, un dessinateur professionnel a &#233;t&#233; engag&#233; alors que Marcel aurait tr&#232;s bien pu &#234;tre l'art-th&#233;rapeute du lieu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcel a finalement quitt&#233; &lt;i&gt;Le Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt;, fin 2019. Saphir se souvient de sa derni&#232;re crise o&#249; la violence escaladait entre les murs du dispositif : &#171; &lt;i&gt;De nouveau, il voulait tout l&#226;cher et notamment son stage qui devait pourtant garantir son futur logement.&lt;/i&gt; &#187; La tribu marseillaise s'est alors r&#233;unie en urgence : Marss, l'&#233;quipe du &lt;i&gt;Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt;, ses proches : tous l'ont convaincu de poursuivre et de s'accrocher. Ce qu'il a fait. Il y a quelques jours, Marcel &#233;tait rayonnant au caf&#233; du coin, l&#224; o&#249; le jeune traverse le passage pi&#233;ton devant l'&#233;glise des R&#233;form&#233;s. Il loge enfin dans son propre appartement, pas loin du fameux recoin pr&#232;s de la gare o&#249; il s'&#233;tait abrit&#233; &#224; son arriv&#233;e &#224; Marseille. Son travail &#224; &#171; &lt;i&gt;la fabrique de chocolat&lt;/i&gt; &#187; lui pla&#238;t plut&#244;t. Il est m&#234;me amoureux. Surtout, il s'est remis &#224; dessiner.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Marseille-Occupy-la-psychiatrie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Marseille : occupy la psychiatrie&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 148 (novembre 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;quipe mobile de psychiatrie qui intervient au domicile des personnes dans trois arrondissements du sud de Marseille, pour &#233;viter les hospitalisations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&lt;i&gt;open dialogue&lt;/i&gt; est une approche psychoth&#233;rapeutique qui trouve son origine en Finlande. Elle repose sur une philosophie de travail en &#233;quipe, un partage des comp&#233;tences entre soignants, une gestion de la crise centr&#233;e sur le patient et ses &#233;motions plut&#244;t que sur le sympt&#244;me en essayant de recourir le moins possible &#224; un traitement antipsychotique ou &#224; une hospitalisation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La CNSA (Caisse nationale des solidarit&#233;s et de l'autonomie) et le PRPSS (Programme de recherche sur la performance des syst&#232;mes de soin).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gentrifier, c'est tout un art !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Gentrifier-c-est-tout-un-art</link>
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		<dc:date>2020-01-16T18:26:49Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Une v&#233;ritable locomotive &#224; gentrification. Implant&#233; depuis 2009 &#224; Saint-Denis, le 6B, immeuble de six &#233;tages accueillant 150 artistes et cr&#233;atifs, est d&#233;sormais coqueluche des m&#233;dias. Et du promoteur Br&#233;mond, propri&#233;taire du b&#226;timent, qui s'appuie sur l'image du lieu associatif pour vendre ses apparts. Les publications branch&#233;es ne tarissent pas d'&#233;loges. Trax, magazine sp&#233;cialis&#233; en cultures &#233;lectroniques, &#233;voque ainsi &#171; le fameux spot culinaire et festif de Saint-Denis &#187;, &#171; lieu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/promoteur" rel="tag"&gt;promoteur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une v&#233;ritable locomotive &#224; gentrification. Implant&#233; depuis 2009 &#224; Saint-Denis, le 6B, immeuble de six &#233;tages accueillant 150 artistes et cr&#233;atifs, est d&#233;sormais coqueluche des m&#233;dias. Et du promoteur Br&#233;mond, propri&#233;taire du b&#226;timent, qui s'appuie sur l'image du lieu associatif pour vendre ses apparts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3214 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L448xH400/-1431-38b54.jpg?1782638909' width='448' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;es publications branch&#233;es ne tarissent pas d'&#233;loges. &lt;i&gt;Trax&lt;/i&gt;, magazine sp&#233;cialis&#233; en cultures &#233;lectroniques, &#233;voque ainsi &#171; &lt;i&gt;le fameux spot culinaire et festif de Saint-Denis&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;lieu alternatif incontournable de la r&#233;gion parisienne&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article mis en ligne le 28 mars 2017.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le site Villa-Schweppes, autoproclam&#233; &#171; magazine de la culture nuit &#187;, s'enflamme pour ce &#171; &lt;i&gt;petit coin de paradis&lt;/i&gt; &#187; qui risque &#171; &lt;i&gt;fort de devenir l'un de vos&lt;/i&gt; open air &lt;i&gt;pr&#233;f&#233;r&#233; de l'&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article mis en ligne le 31 mai 2016.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; en remet une couche, vantant &#171; &lt;i&gt;le succ&#232;s fou&lt;/i&gt; &#187; de cet &#171; &lt;i&gt;espace artistique alternatif&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article mis en ligne le 21 ao&#251;t 2015.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. N'en jetez plus.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mauvaise r&#233;putation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a dix ans, personne n'aurait pourtant pari&#233; un kopeck sur la potentielle branchitude de cet immeuble de six &#233;tages, gris et &#224; l'abandon, coinc&#233; entre le canal de Saint-Denis et la Seine. L'endroit n'avait alors pas bonne presse. D'un c&#244;t&#233;, l'&#206;le-Saint-Denis, quartier &#224; la mauvaise r&#233;putation. De l'autre, les environs de la gare RER, o&#249; se retrouvaient dealers et consommateurs de crack. Et tout autour, le 93, d&#233;partement honni des Parisiens bon teint, gu&#232;re dispos&#233;s &#224; traverser le p&#233;riph' pour s'encanailler au milieu des barres d'immeubles. Mais alors, que s'est-il pass&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une rencontre, pour commencer. Entre un jeune cr&#233;atif dans le vent et un promoteur habile. &#192; ma gauche, Julien Beller, venu du milieu associatif, architecte sp&#233;cialiste des structures &#233;ph&#233;m&#232;res et festives. &#192; ma droite, Bernard Br&#233;mond, &#224; la t&#234;te du groupe &#233;ponyme, qui se consacre au &#171; &lt;i&gt;d&#233;veloppement de projets immobiliers&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;pour habiter, travailler, vivre et partager&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation pioch&#233;e sur le site du groupe.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Pour pont entre les deux, un int&#233;r&#234;t bien compris.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dans les r&#232;gles&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout commence en 2008, quand Beller rep&#232;re le b&#226;timent abandonn&#233; en bordure de Seine. L'&#233;norme surface de 7 000 m&#178; lui tape dans l'&#339;il : elle serait parfaite pour accueillir &#224; demeure artistes et associations, ainsi que pour organiser des &#233;v&#233;nements culturello-festifs. Mais pas question de la jouer squat &#8211; l'architecte ne mange pas de ce pain-l&#224;. Lui veut faire les choses dans les r&#232;gles et toque en 2009 &#224; la porte du promoteur, nouveau propri&#233;taire des lieux, pour lui proposer un arrangement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bingo-banco, Br&#233;mond accepte de laisser Beller prendre temporairement possession de l'endroit &#8211; &#224; l'origine pour deux ans et contre un loyer symbolique. L'acte de naissance du 6B. Le lieu associatif, qui a toutes les apparences du squat sans en &#234;tre un, monte vite en puissance. Gr&#226;ce &#224; une politique culturelle ambitieuse et en attirant de jeunes r&#233;sidents en manque d'atelier. En quelques ann&#233;es, la structure fait le plein : l'immeuble h&#233;berge 200 personnes, r&#233;parties sur 150 ateliers. Des architectes, plasticiens, photographes et stylistes, ainsi que des gens de th&#233;&#226;tre, salari&#233;s associatifs et musiciens.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Puissance m&#233;diatique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si le promoteur accepte le &lt;i&gt;deal&lt;/i&gt;, c'est qu'il compte en tirer profit. Il est justement en train de lancer un projet d'am&#233;nagement de quatre hectares face &#224; la Seine, l'&#233;coquartier N&#233;aucit&#233; (dont fait partie, &#224; sa pointe Nord, l'immeuble du 6B). Pas de la petite bi&#232;re : 700 logements, des commerces et des bureaux, qui voient le jour entre 2014 et 2017 sur une friche urbaine. Un chantier de 100 millions d'euros, avec l'id&#233;e de faire venir dans le 93 ces classes moyennes qui n'ont plus les moyens de loger &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les s&#233;duire, quoi de mieux que la culture ? Br&#233;mond flaire le filon &#8211; l'art va donner &#224; son projet le suppl&#233;ment d'&#226;me qui lui manquait. &#171; &lt;i&gt;Jusqu'en 2011, on ne pensait pas garder le 6B&lt;/i&gt;, explique une cadre du groupe&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233;e dans un (bon) papier de Streetpress, &#171; Au 6B, la gentrification (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Puis petit &#224; petit, on a commenc&#233; &#224; se dire : &#8220;Mince, &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;le 6B prend de plus en plus de puissance m&#233;diatique.&#8221;&lt;/i&gt; &#187; C'est ainsi que la convention temporaire cesse de l'&#234;tre &#8211; le 6B est d&#233;sormais l&#224; pour longtemps. Malin : il ne co&#251;te pas grand-chose au groupe, mais rapporte beaucoup en termes d'image. Le lieu multiplie en effet les &#233;v&#233;nements (dont le festival Fabrique &#224; R&#234;ves), et attire habitu&#233;s et visiteurs. R&#233;sultat : les articles de presse laudateurs tombent comme &#224; Gravelotte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Domination symbolique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De la bonne pub : les papiers ne manquent jamais de citer N&#233;aucit&#233;. Et constituent un parfait argument de vente &#224; l'intention des &#233;ventuels acheteurs. &#171; &lt;i&gt;Avant, le mod&#232;le de r&#233;ussite pour les classes moyennes, c'&#233;tait de poss&#233;der ses quatre murs et sa place de parking,&lt;/i&gt; note la cadre du groupe. &lt;i&gt;Aujourd'hui, l'important, c'est l'environnement dans lequel on vit.&lt;/i&gt; &#187; D'o&#249; un marketing &#224; part, qui cible les &#171; &lt;i&gt;professions artistiques&lt;/i&gt; &#187; cherchant &#171; &lt;i&gt;un premier appartement&lt;/i&gt; &#187;, reconna&#238;t un communiquant du groupe&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. &#171; [Les membres du 6B] &lt;i&gt;continueront &#224; habiter N&#233;aucit&#233;, &#224; donner une &#226;me au quartier et &#224; le valoriser&lt;/i&gt; &#187;, promet ainsi une plaquette publicitaire. Quant &#224; Beller, il a carr&#233;ment droit &#224; une bio flatteuse sur le site du groupe. Tout s'imbrique. Se confond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le 6B est au c&#339;ur de notre projet urbain,&lt;/i&gt; s'enflamme Jo&#235;l Gayssot, copr&#233;sident de Br&#233;mond. &lt;i&gt;Vivre &#224; N&#233;aucit&#233;, ce sera s'ouvrir &#224; un nouveau mode d'habiter fond&#233; sur les &#233;changes culturels.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation pioch&#233;e sur le site de l'Institut de l'&#233;pargne immobili&#232;re et fonci&#232;re.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; Pas n'importe quels &#233;changes, pourtant. Car si le 6B chante l'ouverture et en appelle aux dynamiques populaires, il ne parle pas &#224; la plupart des Dionysiens. Seulement &#224; ceux qui appartiennent &#224; la petite-bourgeoisie cr&#233;ative, constatait en 2015 la g&#233;ographe Lina Raad&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une &#233;tude publi&#233;e sur le site Urbanit&#233;s, &#171; Investissement dans la vie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;La programmation correspond aux&lt;/i&gt; habitus &lt;i&gt;des classes moyennes dot&#233;es d'un capital culturel &#233;lev&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Vanter la mixit&#233; sociale tout en pratiquant l'entre-soi &#8211; joli paradoxe. Et la chercheuse d'en remettre une couche : &#171; &lt;i&gt;Implant&#233; au c&#339;ur d'un quartier en renouvellement urbain, o&#249; les espaces publics sont occup&#233;s par des commer&#231;ants de rue d'origine africaine, et parfois des toxicomanes, le 6B permet aux classes moyennes de s'approprier le quartier et d'y exercer une domination symbolique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Image lisse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le lieu joue ainsi le r&#244;le de t&#234;te de pont de la gentrification. D'o&#249; le soutien (y compris financier) que lui accordent les collectivit&#233;s locales, qui parient sur sa capacit&#233; &#224; rendre le quartier plus attractif. D'o&#249; l'appui &#8211; aussi &#8211; que lui fournissent certains nouveaux habitants : trois associations de copropri&#233;taires de N&#233;aucit&#233; viennent de donner 6 500 &#8364; au 6B, suite &#224; un &lt;i&gt;crowfunding&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;Leur participation t&#233;moigne du besoin d'avoir un quartier qui se reconstruit&lt;/i&gt; &#187;, pavoise Beller&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans un article du Journal de Saint-Denis, &#171; Le 6B s'ancre &#224; son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat, le 6B &#233;volue &#8211; accompagnant de fait (ou devan&#231;ant) l'&#233;volution du quartier. Au fil des ans, les loyers demand&#233;s aux r&#233;sidents augmentent. Et les &#233;v&#233;nements organis&#233;s changent de nature. Exit les soir&#233;es &#233;lectros, trop bruyantes. Exit aussi les rendez-vous pas assez consensuels &#8211; en 2012 d&#233;j&#224;, Br&#233;mond avait exig&#233; (et obtenu) que les Cannabis Social Club cessent de s'y r&#233;unir. Place &#224; une programmation &#171; &lt;i&gt;plus conviviale&lt;/i&gt; &#187; qui &#171; &lt;i&gt;consolide le lien avec N&#233;aucit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Au programme : un restaurant, &#171; &lt;i&gt;des soir&#233;es-concerts&lt;/i&gt;, du stand-up&lt;i&gt;, du th&#233;&#226;tre, un &lt;/i&gt;showcase &#187;. &#199;a fait r&#234;ver.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mont&#233;e en gamme&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Place &#8211; surtout - &#224; de nouveaux r&#233;sidents, salari&#233;s de start-up et d'entreprises dites innovantes. Un appel &#224; candidatures a &#233;t&#233; ainsi publi&#233; en juin pour proposer &#171; &lt;i&gt;des locaux attractifs &#224; des acteurs &#233;conomiques pr&#234;ts&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;&#224; participer &#224; une dynamique de d&#233;veloppement &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187;. Un investissement de 10 millions d'euros est pr&#233;vu pour 2020 &#8211; le tour de table r&#233;unit le promoteur, la ville et la communaut&#233; d'agglo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus logique : le 6B continue &#224; servir de locomotive &#224; la mont&#233;e en gamme du quartier. Le temps des artistes peu fortun&#233;s est bient&#244;t termin&#233;, les entrepreneurs d&#233;barquent. &#171; &lt;i&gt;Si les artistes et les m&#233;nages sont le plus souvent des acteurs involontaires de la gentrification,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;les diff&#233;rents acteurs de l'immobilier t&#233;moignent d'une r&#233;elle volont&#233; de transformer les quartiers populaires, en s'appuyant sur les premiers&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume la g&#233;ographe Anne Clerval&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Paris sans le peuple, La D&#233;couverte, 2013.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;. Voil&#224; que les artistes sont les dindons de la farce. Pour un peu, on les plaindrait. Ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Article mis en ligne le 28 mars 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Article mis en ligne le 31 mai 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Article mis en ligne le 21 ao&#251;t 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Citation pioch&#233;e sur le site du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233;e dans un (bon) papier de &lt;i&gt;Streetpress&lt;/i&gt;, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.streetpress.com/sujet/130284-au-6b-la-gentrification-heureuse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au 6B, la gentrification heureuse&lt;/a&gt; &#187;, mis en ligne le 27 ao&#251;t 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Citation pioch&#233;e sur le site de l'Institut de l'&#233;pargne immobili&#232;re et fonci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans une &#233;tude publi&#233;e sur le site Urbanit&#233;s, &#171; Investissement dans la vie locale des classes moyennes et appropriation de l'espace en banlieue rouge &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans un article du &lt;i&gt;Journal de Saint-Denis&lt;/i&gt;, &#171; Le 6B s'ancre &#224; son territoire &#187;, mis en ligne le 2 mai 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;Paris sans le peuple&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La destruction</title>
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		<dc:creator>Philippe Wannesson</dc:creator>


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&lt;p&gt;Apr&#232;s &#171; Naissance et vie d'un ghetto &#187; (paru dans CQFD n&#176;148), Philippe Wannesson &#8211; toujours aux commandes du blog Passeurs d'hospitalit&#233;s &#8211; nous livre la chronique de la destruction du plus grand bidonville de France. *** (C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...) *** &#192; la fin du mois d'ao&#251;t 2016, rien ne laissait pr&#233;sager la destruction totale et rapide du bidonville. La pr&#233;fecture jouissait d'une mise &#224; disposition du site pour six ans &#224; partir de d&#233;cembre 2015, un lieu de mise &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lieu" rel="tag"&gt;lieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mineurs" rel="tag"&gt;mineurs&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quitter-Calais" rel="tag"&gt;quitter Calais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Naissance-et-vie-d-un-ghetto' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Naissance et vie d'un ghetto&lt;/a&gt; &#187; (paru dans &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176;148), Philippe Wannesson &#8211; toujours aux commandes du blog &lt;a href=&#034;https://passeursdhospitalites.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Passeurs d'hospitalit&#233;s&lt;/a&gt; &#8211; nous livre la chronique de la destruction du plus grand bidonville de France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;
&lt;i&gt;(C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...)&lt;/i&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3001 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH545/-1239-24f08.jpg?1782645760' width='400' height='545' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#192;&lt;/span&gt; la fin du mois d'ao&#251;t 2016, rien ne laissait pr&#233;sager la destruction totale et rapide du bidonville. La pr&#233;fecture jouissait d'une mise &#224; disposition du site pour six ans &#224; partir de d&#233;cembre 2015, un lieu de mise &#224; l'abri pour les mineurs devait ouvrir en novembre au centre Jules Ferry. L'emballement m&#233;diatique de la rentr&#233;e, la mobilisation de la droite et la perspective de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ont conditionn&#233; un choix rapide pris au plus haut niveau. En moins de deux mois a &#233;t&#233; mise en place la logistique pour organiser le d&#233;placement forc&#233; de la majorit&#233; des habitant-e-s du bidonville vers des centres dispers&#233;s dans toute la France, accompagn&#233; d'une mise en sc&#232;ne m&#233;diatique, d'un important d&#233;ploiement policier et de la participation de plusieurs associations &#224; l'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;De l'emballement m&#233;diatique &#224; la pr&#233;paration&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 28 ao&#251;t, &lt;i&gt;Le Figaro &lt;/i&gt;fait sa une sur 10 000 migrants &#224; Calais. Le 29 ao&#251;t, un regroupement d'acteurs sociaux et &#233;conomiques du Calaisis annonce un blocage de l'autoroute pour exiger une date pour la destruction du bidonville. Le 2 septembre, le ministre de l'Int&#233;rieur vient rencontrer les organisateurs. Il promet la destruction du bidonville tout en restant impr&#233;cis quant aux dates et aux modalit&#233;s. Celle-ci a lieu le 5 septembre, la pr&#233;f&#232;te du Pas-de-Calais d&#233;samorce le blocage en promettant des indemnit&#233;s financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 13 septembre, &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Le Figaro &lt;/i&gt;d&#233;voile le plan du gouvernement de cr&#233;er des centres d'h&#233;bergement dans toute la France pour les personnes expuls&#233;es, d&#233;clenchant une mobilisation de la droite et de l'extr&#234;me droite. Nicolas Sarkozy puis Fran&#231;ois Hollande viennent &#224; Calais. Le 20 septembre, les ministres de l'Int&#233;rieur et du Logement r&#233;unissent des associations et leur donnent des assurances qui les am&#232;nent &#224; approuver le plan du gouvernement. Le 22 septembre, le pr&#233;sident du Secours catholique du Pas-de-Calais annonce que la destruction aura lieu au cours de la deuxi&#232;me quinzaine d'octobre en exprimant sa satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que le d&#233;but &lt;/strong&gt;des op&#233;rations approche, certaines associations expriment un point de vue plus critique et saisissent la justice contre la d&#233;cision d'expulsion. Le gouvernement communique sur le caract&#232;re humanitaire de l'op&#233;ration tout en mena&#231;ant d'expulsion du territoire les personnes qui refuseraient de quitter Calais et agite le spectre de &#171; l'ultragauche &#187; pour justifier le dispositif policier. Celui-ci est d&#233;voil&#233; principalement par les m&#233;dias de droite.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'expulsion&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'arr&#234;t&#233; d'expulsion est motiv&#233; par l'&#233;tat d'urgence. Il concerne le bidonville, mais aussi le camp de containers et le lieu de mise &#224; l'abri des femmes et des enfants cr&#233;&#233;s par l'&#201;tat. Pour contr&#244;ler l'acc&#232;s au site, la pr&#233;fecture met en place un syst&#232;me d'accr&#233;ditations, qui b&#233;n&#233;ficiera principalement aux m&#233;dias et permettra d'&#233;carter les associations, principalement juridiques, et les personnes jug&#233;es ind&#233;sirables. Un arr&#234;t&#233; pris dans le cadre de l'&#233;tat d'urgence r&#233;prime le fait de se trouver sans accr&#233;ditation dans le p&#233;rim&#232;tre des op&#233;rations. Il comprend le bidonville et les deux lieux de mise &#224; l'abri cr&#233;&#233;s par l'&#201;tat, ainsi qu'un hangar r&#233;quisitionn&#233; pour le tri des personnes et le d&#233;part en bus vers les lieux d'h&#233;bergement et leurs acc&#232;s. Un commissariat mobile est disponible en cas de besoin. Plus de mille policiers et gendarmes ont &#233;t&#233; mobilis&#233;s en renfort de ceux d&#233;j&#224; pr&#233;sents &#224; Calais. La moiti&#233; de l'effectif doit emp&#234;cher les retours &#224; Calais et la cr&#233;ation de nouveaux campements. Trois centres de r&#233;tention ont &#233;t&#233; rouverts et d'autres places r&#233;serv&#233;es en pr&#233;vision de l'expulsion des personnes arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le premier jour de l'expulsion, &lt;/strong&gt;lundi 24 octobre, a surtout vu le d&#233;part de personnes qui avaient d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233; de quitter Calais pour demander l'asile en France, et s'y trouvaient bloqu&#233;es faute de places d'h&#233;bergement. C'est aussi le jour o&#249; il y avait le plus de m&#233;dias pr&#233;sents. Le mardi 25, les incoh&#233;rences du dispositif de tri entre personnes mineures, vuln&#233;rables et autres tend la situation. Les mineurs provoquent une bousculade r&#233;prim&#233;e par les CRS, des femmes manifestent pour aller au Royaume-Uni, la Contr&#244;leuse g&#233;n&#233;rale des lieux de privation de libert&#233; met le doigt sur des ill&#233;galit&#233;s flagrantes, la d&#233;l&#233;gation du Haut-Commissariat aux R&#233;fugi&#233;s se retire pour ne pas cautionner l'op&#233;ration. La pr&#233;f&#232;te annonce le d&#233;but de l'expulsion forc&#233;e et de la destruction du bidonville. L'acc&#232;s des journalistes est interdit lorsque les gaz lacrymog&#232;nes sont employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des incendies &lt;/strong&gt;sont allum&#233;s pendant la nuit dans le bidonville et continueront le lendemain. Mercredi 26 en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, la pr&#233;f&#232;te annonce qu'il n'y a plus personne dans le bidonville, entra&#238;nant la fin de l'int&#233;r&#234;t de la plupart des m&#233;dias. Dans les faits, il reste plusieurs centaines de personnes dont de nombreux mineurs. Le jeudi, la police les informe qu'elles ont le choix entre le d&#233;part vers les centres d'h&#233;bergement ou l'arrestation et l'expulsion vers leur pays, et force des mineurs &#224; monter dans des bus pour des centres d'h&#233;bergement. Le vendredi restent les deux centres d'&#201;tat et des mineurs de plus en plus nombreux. Ils sont 1 800 dans le camp de containers, pour 1 500 places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 2 novembre &lt;/strong&gt;a lieu l'&#233;vacuation du camp de containers, les mineurs qui dormaient dehors aux environs y &#233;tant entr&#233;s la veille. Ils partent avec la promesse d'aller au Royaume-Uni, et accompagn&#233;s par des &#171; officiels britanniques &#187; qui dispara&#238;tront &#224; l'arriv&#233;e dans les centres d'h&#233;bergement pour mineurs. Et l'op&#233;ration se termine jeudi 3 avec l'&#233;vacuation du lieu de mise &#224; l'abri des femmes et enfants. La majorit&#233; des femmes s'&#233;tant d&#233;clar&#233;es mineures, les premi&#232;res sont envoy&#233;es vers des centres pour mineures, puis, faute de places, vers des centres pour majeures.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pression et dispersion&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la fin de l'op&#233;ration, les contr&#244;les persistent, pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Contr&#244;les au faci&#232;s qui p&#232;sent sur les exil&#233;-e-s qui sont rest&#233;-e-s, qui reviennent ou qui arrivent, mais aussi sur une partie de la population, toute personne ayant l'air d'origine &#233;trang&#232;re. Ils ont lieu dans les gares, &#224; Calais et en amont jusqu'&#224; Paris, dans les parcs ou dans les rues. Une unit&#233; de police surveille particuli&#232;rement l'apparition de squats et de campements, en lien avec les &#171; voisins vigilants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les personnes consid&#233;r&#233;es &lt;/strong&gt;comme mineures ont &#233;t&#233; emmen&#233;es dans des centres hors du dispositif de droit commun de protection de l'enfance. Une circulaire organise la mise &#224; l'&#233;cart de toutes les garanties l&#233;gales dont elles pourraient b&#233;n&#233;ficier, dans l'attente de la d&#233;cision du Home Office sur celles d'entre elles qui pourront acc&#233;der l&#233;galement au Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Centres d'Accueil et d'Orientation &lt;/strong&gt;o&#249; ont &#233;t&#233; emmen&#233;es les personnes consid&#233;r&#233;es comme adultes sont aussi hors du droit commun. Au bout d'un mois, elles doivent choisir entre la demande d'asile en France, le retour &#171; volontaire &#187; dans leur pays d'origine ou l'expulsion &#8211; ou quitter le centre et reprendre la route. La situation des personnes pouvant &#234;tre expuls&#233;es &#8211; notamment dans le cadre du r&#232;glement europ&#233;en Dublin III&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le r&#232;glement europ&#233;en Dublin III sert &#224; d&#233;terminer le pays responsable d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#8211; et des mineur-e-s envoy&#233;-e-s dans les centres pour adultes reste incertaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s la destruction&lt;/strong&gt;, Calais reste sous forte pression polici&#232;re. Il est encore difficile de pr&#233;voir comment la situation va &#233;voluer, comment le passage vers le Royaume-Uni va se r&#233;organiser et ce que vont devenir les personnes dispers&#233;es dans toute la France.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Philippe Wannesson&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le r&#232;glement europ&#233;en Dublin III sert &#224; d&#233;terminer le pays responsable d'une demande d'asile. Le plus souvent, il s'agit du pays d'entr&#233;e dans l'Union europ&#233;enne, mais dans certains cas peu appliqu&#233;s il peut s'agir du pays o&#249; se trouve d&#233;j&#224; un membre de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Naissance et vie d'un ghetto</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Naissance-et-vie-d-un-ghetto</link>
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		<dc:date>2019-10-24T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Wannesson</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#201;ni&#232;me &#233;pisode de la grande chasse aux migrants qui tient lieu de sport national en Europe, l'op&#233;ration de d&#233;mant&#232;lement de la dite &#171; Jungle &#187; de Calais est d&#233;sormais quasiment termin&#233;e. Un nouveau coup dur pour les milliers de migrants qui y (sur)vivaient dans des conditions terribles. Philippe Wannesson, habitant de la ville et tenancier de l'excellent blog Passeurs d'hospitalit&#233; , revient ici sur l'histoire complexe de ce bidonville. *** (C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre-Jules" rel="tag"&gt;centre Jules&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;ni&#232;me &#233;pisode de la grande chasse aux migrants qui tient lieu de sport national en Europe, l'op&#233;ration de d&#233;mant&#232;lement de la dite &#171; Jungle &#187; de Calais est d&#233;sormais quasiment termin&#233;e. Un nouveau coup dur pour les milliers de migrants qui y (sur)vivaient dans des conditions terribles. Philippe Wannesson, habitant de la ville et tenancier de l'excellent blog Passeurs d'hospitalit&#233;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Passeursdhospitalites.wordpress.com&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, revient ici sur l'histoire complexe de ce bidonville.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;(C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2914 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH435/-1158-904b2.jpg?1782683560' width='400' height='435' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a destruction du plus grand bidonville de France vient de se terminer. Plus de 10 000 personnes habitaient en septembre 2016 ce site complexe, comprenant &#224; la fois le bidonville et des structures mises en place par l'&#201;tat. C'est le r&#233;sultat de la volont&#233; des autorit&#233;s de concentrer les exil&#233;-e-s pr&#233;sent-e-s dans le Calaisis dans un seul lieu, pour les &#233;loigner de la ville et mieux les contr&#244;ler. Une partie des associations humanitaires ont particip&#233; au transfert des personnes sur le site et &#224; une forme de cogestion parfois conflictuelle de celui-ci avec l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un infl&#233;chissement de la politique de l'&#201;tat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis&lt;/strong&gt; la fermeture en 2002 du Centre d'h&#233;bergement de Sangatte, mis en place en 1999 par l'&#201;tat, les exil&#233;-e-s n'ont plus eu de lieu o&#249; rester, et ils et elles ont &#233;t&#233; chass&#233;-e-s d'endroit en endroit dans une politique sans fin de d&#233;guerpissement. Le changement de majorit&#233; en 2012 n'a rien modifi&#233; de la situation sur le terrain. Mais &#224; la mi-2013, Manuel Valls, alors ministre de l'Int&#233;rieur, vient &#224; Calais et semble vouloir imprimer sa marque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De fait, &lt;/strong&gt;au tournant de 2013 et 2014 des r&#233;unions ont lieu entre les services de l'&#201;tat et les associations de soutien aux exil&#233;-e-s, qui semblent pr&#233;sager des am&#233;liorations des conditions de vie. La pr&#233;fecture choisit de ne pas expulser un squat ouvert par des militant- e-s du mouvement No Border, mais de confier la gestion du lieu &#224; une association d'insertion. C'est ce qui deviendra le lieu de mise &#224; l'abri des femmes et enfants du centre Jules Ferry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais les expulsions &lt;/strong&gt;reprennent brutalement le 28 mai 2014. Les exil&#233;-e-s r&#233;pliquent en occupant le lieu am&#233;nag&#233; pour la distribution des repas, &#233;vacu&#233; le 2 juillet. L&#224;, ce sont les associations qui se mobilisent et ouvrent &#224; la fin d'une manifestation un grand squat en centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est probable &lt;/strong&gt;que c'est &#224; partir de ce moment que l'&#201;tat s'est pos&#233; la question de comment obtenir le consentement des associations. Il devait aussi trouver une r&#233;ponse &#224; l'augmentation d&#233;j&#224; sensible du nombre d'exil&#233;-e-s pr&#233;sent-e-s &#224; Calais. Une demande des associations &#233;tait d'obtenir un terrain d'o&#249; les exil&#233;-e-s ne serait plus expuls&#233;-e-s, base pour une am&#233;lioration des conditions de vie. La mairie de Calais voulait par ailleurs leur disparition du centre-ville. Un compromis est donc trouv&#233; pour regrouper les exil&#233;-e-s &#224; proximit&#233; d'un ancien centre de loisir, o&#249; seraient regroup&#233;s et financ&#233;s diff&#233;rents services (douches, repas, acc&#232;s aux soins et &#224; l'information) et le lieu de mise &#224; l'abri des femmes et des enfants. Si la police suffit pour expulser, les associations sont n&#233;cessaires pour regrouper les exil&#233;-e-s au m&#234;me endroit. Leur consentement est obtenu en leur disant que les exil&#233;-e-s seront &#171; tol&#233;r&#233;-e-s &#187; sur ce terrain, ce qu'elles interpr&#232;tent comme &#171; ne seront pas expuls&#233;-e-s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une politique de mise &#224; l'&#233;cart&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;loignement&lt;/strong&gt; des exil&#233;-e-s du centre-ville de Calais est une volont&#233; de la maire de Calais, qui menait d&#233;j&#224; une politique active de mise &#224; l'&#233;cart dans l'espace urbain. Cela s'est traduit par une impossibilit&#233; de disposer de salles municipales pour des activit&#233;s de solidarit&#233; avec les exil&#233;-e-s, un appel &#224; la d&#233;lation des squats, un arr&#234;t&#233; interdisant la tenue d'un festival interculturel, une interdiction d'acc&#232;s aux terrains de football municipaux (automne 2013), le changement du r&#232;glement int&#233;rieur de la m&#233;diath&#232;que (automne 2014) puis d'une piscine (printemps 2015), pour interdire de fait l'acc&#232;s aux exil&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En amont &lt;/strong&gt;de leur mise &#224; l'&#233;cart sur le site du bidonville au printemps 2015, alors que se multiplient les groupes d'extr&#234;me droite se revendiquant &#171; anti-migrants &#187;, une manifestation &#224; l'initiative du syndicat Unit&#233; SGP Police Force ouvri&#232;re rassemble diff&#233;rents acteurs sociaux et &#233;conomiques (commer&#231;ants, chasseurs, agriculteurs&#8230;) Le tract d'appel pr&#233;sente les &#171; migrants &#187; comme un danger pour l'&#233;conomie calaisienne, et appelle la population &#224; se mobiliser. Le &#171; ras-le-bol &#187; des Calaisien-ne-s devient un sujet m&#233;diatique, et pr&#233;pare les esprits &#224; la mise &#224; l'&#233;cart &#8211; qui devient comme une &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du bidonville au camp-bidonville&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le terrain&lt;/strong&gt; vers lequel les exil&#233;-e-s sont emmen&#233;- e-s par les associations est pour moiti&#233; une ancienne d&#233;charge de gravas, pour l'autre une &#233;tendue sableuse, buisonneuse et mar&#233;cageuse. Le seul point d'eau se trouve &#224; l'entr&#233;e du centre Jules Ferry, &#224; plusieurs centaines de m&#232;tres de l&#224;. Le magasin le plus proche se trouve &#224; 3/4 d'heure de marche. Ce sont quelque mille cinq cents personnes qui s'installent l&#224; entre la fin du mois de mars et le d&#233;but du mois d'avril 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tr&#232;s rapidement, &lt;/strong&gt;la municipalit&#233; &#233;rige une butte de terre &#224; l'est du bidonville en construction, pour rassurer les riverains. Quelques semaines plus tard, l'&#201;tat &#233;rige une double barri&#232;re coiff&#233;e de barbel&#233;s &#224; l'ouest, le long de la rocade qui conduit au port &#8211; les exil&#233;-e-s ont en effet &#233;t&#233; install&#233;- e-s &#224; proximit&#233; d'un des principaux lieux de passage vers le Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'installation &lt;/strong&gt;des exil&#233;-e-s se fait avec une importante implication associative, jamais connue dans les lieux qui avaient exist&#233; auparavant. Construction de cabanes, mais aussi d'une &#233;glise et de mosqu&#233;es, d'&#233;coles et d'autres lieux collectifs. Tr&#232;s vite se cr&#233;ent aussi des magasins, puis des restaurants. Il en existait d&#233;j&#224; dans certains des campements pr&#233;c&#233;dents, les plus &#233;loign&#233;s de la ville, mais l&#224; l'isolement et la croissance de la population entra&#238;nent leur multiplication rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais la croissance &lt;/strong&gt;de la population du bidonville d&#233;passe vite les capacit&#233;s de r&#233;ponse des associations locales, les services propos&#233;s au centre Jules Ferry &#233;tant de leur c&#244;t&#233; sous-dimensionn&#233;s. Des ONG internationales interviennent d&#232;s l'&#233;t&#233; 2015. Puis vient la m&#233;diatisation de la situation, &#233;galement pendant l'&#233;t&#233;, qui entra&#238;ne l'arriv&#233;e en nombre de volontaires principalement britanniques, mais aussi d'autres pays europ&#233;ens. Peu &#224; peu leur activit&#233; s'organise. &#192; l'aide humanitaire s'ajoute la cr&#233;ation de nouveaux lieux collectifs dans le bidonville (&#233;coles, biblioth&#232;que, th&#233;&#226;tre, centres pour les femmes et les enfants, pour les jeunes, radio&#8230;) Le bidonville devient aussi &#171; &lt;i&gt;the place to be &#187;&lt;/i&gt;, que l'on vient d&#233;couvrir et o&#249; l'on se montre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec l'&#233;vacuation &lt;/strong&gt;des derniers campements qui subsistaient au centre de Calais fin septembre 2015, les autorit&#233;s mettent en place une pr&#233;sence polici&#232;re de plus en plus importante et visible autour du bidonville. On passe d'une politique d'expulsion d'un lieu &#224; un autre &#8211; instaur&#233;e depuis la fermeture de Sangatte &#8211; &#224; une politique d'expulsion sur place par la destruction de plusieurs zones du bidonville. Ces destructions r&#233;pondent &#224; une logique de contr&#244;le et de pression pour contenir le nombre d'habitant-e-s. Depuis fin septembre 2015, elles affectent une partie du bidonville qui s'&#233;tend sous la rocade portuaire. Un camp de containers financ&#233; par l'&#201;tat est construit d&#232;s novembre sur une nouvelle surface. En janvier 2016, c'est au tour d'une bande de 100 m&#232;tres le long de la rocade portuaire et d'une rue adjacente d'&#234;tre accapar&#233;e. En mars, enfin, c'est toute la moiti&#233; sud du bidonville qui est concern&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En novembre 2015, &lt;/strong&gt;l'&#201;tat est condamn&#233; &#224; r&#233;aliser un minimum d'am&#233;nagements pour rendre les conditions de vie moins indignes. Il missionne une ONG internationale, Acted, pour r&#233;aliser les travaux. Mais Acted assure aussi le r&#244;le de coordination des diff&#233;rents acteurs associatifs et d'animation d'un conseil de repr&#233;sentants communautaires en interface avec la pr&#233;fecture et la police. &#192; partir de mai 2016, la pr&#233;fecture interdit l'entr&#233;e de mat&#233;riaux de construction sur le site dont les acc&#232;s sont contr&#244;l&#233;s par la police, ce qui oblige les associations &#224; n&#233;gocier &#224; chaque fois qu'elles veulent r&#233;aliser une nouvelle construction. On est pass&#233; en quelques mois d'un bidonville autoconstruit par les habitant-e-s et les associatifs &#224; un site composite : d'un c&#244;t&#233; le centre Jules Ferry (400 places), et le camp de containers (1 500 places), tous deux financ&#233;s par l'&#201;tat et g&#233;r&#233;s par une association missionn&#233;e par celui-ci, et de l'autre c&#244;t&#233;, un bidonville cog&#233;r&#233; par l'&#201;tat et une autre association &#233;galement missionn&#233;e par lui.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Philippe Wannesson&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://passeursdhospitalites.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Passeursdhospitalites.wordpress.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gros comme une maison du peuple</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Montpellier, Saint-Nazaire ou Caen avaient d&#233;j&#224; la leur . Alors quelques Marseillais ont d&#233;cid&#233; de faire pareil : ouvrir une Maison du Peuple dans un b&#226;timent d&#233;saffect&#233;, pour soutenir les luttes sociales du coin. C'&#233;tait tout d&#233;but juin. Et &#231;a tient m&#233;chamment la route. &#171; Nous sommes ici par la volont&#233; de la Maison du Peuple et nous n'en sortirons que par la force des ba&#239;onnettes. &#187; (Mirabeau) *** Samedi 1er juin, fin de manifestation Gilets jaunes &#224; Marseille, le mot tourne : un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Montpellier, Saint-Nazaire ou Caen avaient d&#233;j&#224; la leur&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment &#171; Saint-Nazaire, l'assembl&#233;e en herbe &#187;, CQFD n&#176;176 (mai 2019).&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Alors quelques Marseillais ont d&#233;cid&#233; de faire pareil : ouvrir une Maison du Peuple dans un b&#226;timent d&#233;saffect&#233;, pour soutenir les luttes sociales du coin. C'&#233;tait tout d&#233;but juin. Et &#231;a tient m&#233;chamment la route.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH324/-1287-e73cf.jpg?1782772398' width='500' height='324' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Tomagnetik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous sommes ici par la volont&#233; de la Maison du Peuple et nous n'en sortirons que par la force des ba&#239;onnettes.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;p&gt;(Mirabeau)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi 1&lt;sup&gt;er &lt;/sup&gt; juin, fin de manifestation Gilets jaunes &#224; Marseille, le mot tourne : un lieu a &#233;t&#233; ouvert par quelques personnes la veille, il s'agit maintenant de l'investir. Le rendez-vous est donn&#233; &#224; 18 h devant l'&#233;glise de Notre-Dame-du-Mont, o&#249; deux-trois camarades nous orientent : &#171; &lt;i&gt;Par l&#224;-bas, rue Brochier, jouez-la discret&lt;/i&gt; &#187;. Des petites grappes de personnes se dirigent mine de rien vers le lieu indiqu&#233;, surjouant les badauds. Arriv&#233;s &#224; l'adresse indiqu&#233;e, un ancien b&#226;timent de P&#244;le emploi (vengeance !), on se faufile par un grillage tordu, on se glisse derri&#232;re des rang&#233;es d'arbustes, on passe sous le porche et on entre, sourires aux l&#232;vres. Maison du Peuple, nous voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur, c'est l'effervescence. Une cinquantaine de personnes s'occupent &#224; diff&#233;rentes t&#226;ches : bricoler, tirer des plans sur les com&#232;tes, barricader l'endroit en pr&#233;vision d'une attaque des bleus, jauger le risque d'expulsion... Derri&#232;re, des flux d'arrivants rejouent la com&#233;die joyeuse de la d&#233;couverte des lieux, s'extasiant du nombre de pi&#232;ces et de l'espace disponible (600 m&lt;sup&gt;&#178;&lt;/sup&gt;). Oui, l'ambiance est au beau fixe. Il faut dire que cela fait belle lurette que les tentatives d'ouverture de squat &#224; Marseille tournent au vinaigre, alors personne ne crache sur une bouff&#233;e d'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure plus tard d&#233;bute la premi&#232;re AG, dans une salle l&#233;preuse aux rideaux tir&#233;s. Une petite centaine de personnes diss&#233;min&#233;es au sol, discutant &#224; la fois des aspects concrets et politiques. Quelles techniques pour faire barrage &#224; une possible expulsion ? Faut-il loger des gens entre ces murs ? Comment faire du lieu un espace agr&#233;able de discussion, de construction, de propulsion du mouvement social, de convergence des luttes ? De quoi causer, &lt;i&gt;yep&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion est un peu brouillonne, forc&#233;ment, parfois dispers&#233;e tant les &#233;nergies bouillonnent. Mais tr&#232;s vite des axes se dessinent, alliant ouverture sur l'ext&#233;rieur et ambition militante. Diffus&#233; au petit matin, le premier communiqu&#233; de presse donne le &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On le trouve facilement sur Squat.net.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Nul besoin d'expulser la mairie. Nous avons d&#233;cid&#233; d'ouvrir la n&#244;tre. Notre Maison du Peuple&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Home sweet home&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En arrivant, forc&#233;ment, c'&#233;tait un sacr&#233; bordel. Inoccup&#233; depuis un bail, le b&#226;timent &#233;tait certes vaste, mais aussi vide et d&#233;primant. De grandes pi&#232;ces carrel&#233;es, moches, encombr&#233;es de tuyaux ou de n&#233;ons morts. P&#244;le emploi, quoi, mais apr&#232;s le passage d'un typhon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelques semaines plus tard, m&#234;me s'il y a encore du taf, c'est le jour et la nuit. Dans le &#171; salon R&#233;mi Fraisse &#187;, une petite biblioth&#232;que faite maison, plut&#244;t bien fournie, c&#244;toie un coin d&#233;tente avec canap&#233;. La &#171; salle de cours Ibrahim Ali&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeune Marseillais assassin&#233; par des nervis du FN en f&#233;vrier 1995.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;, repeinte et rafra&#238;chie, donne clairement envie de reprendre l'&#233;cole. Un petit cagibi d&#233;borde de fruits et l&#233;gumes r&#233;cup&#233;r&#233;s et de sandwichs. Plus loin, le coin &lt;i&gt;chill&lt;/i&gt;, o&#249; quelques canicul&#233;s descendent des bi&#232;res achet&#233;es au &#171; bar de la Convergence &#187;, tenu avec rigueur par deux volontaires, pench&#233;s sur le livre de comptes. Juste &#224; c&#244;t&#233;, un gamin prend en main la destin&#233;e de l'&#233;quipe de football de Chelsea, sur Playstation. Bref, il y a de la vie. Et les activit&#233;s se multiplient : &#171; coiffeur du peuple &#187;, &#171; boxe populaire &#187;, &#171; atelier boycott &#187;, &#171; atelier cr&#233;ation de sites Internet &#187;... Squatteurs, certes, mais pas l&#224; pour se tourner les pouces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques personnes vivent sur place, assurant la maintenance et la surveillance des flics. Tout n'est pas facile, comme toujours dans les lieux de ce genre, mais la cohabitation fonctionne. Quelque chose d&#233;conne ? On en parle en AG. &#199;a peut aller des questions de m&#233;nage (&#233;ternelle vaisselle non faite) &#224; celle des m&#233;thodes de prise de d&#233;cision. Au menu r&#233;cemment : la question de la r&#233;novation de la &#171; salle Zineb Redouane &#187;, recouverte de tags certes pertinents &#8211; &#171; &lt;i&gt;Jaune&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/Noir, jamais l'un sans l'autre&lt;/i&gt; &#187; &#8211; mais pas tr&#232;s esth&#233;tiques. Faut-il faire appel &#224; des graffeurs de l'ext&#233;rieur ? Tout repeindre en blanc ? Organiser un atelier peinture murale pour que chacun puisse apporter sa touche ? Pas si anodin.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tenir les murs &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du quotidien et de cette vie collective qui s'invente, la survie de la Maison du Peuple est essentielle dans la torpeur marseillaise, o&#249; tout s'&#233;croule et se fissure, de La Plaine &#224; Noailles. Il s'y tient de nombreuses r&#233;unions en lien avec les luttes du moment &#8211; Gilets jaunes, &#233;videmment, mais pas que &#8211;, des d&#233;bats, des ateliers, des bouffes collectives... De quoi op&#233;rer des convergences, souder les troupes, relancer les collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 juin, le lieu &#233;tait convoqu&#233; au tribunal pour un proc&#232;s en r&#233;f&#233;r&#233;, suite &#224; la plainte de la propri&#233;taire (priv&#233;e). Au rassemblement de soutien, sous la canicule, les brumisateurs manuels bruissaient au rythme des conversations sur l'avenir du lieu. M&#234;me pour les plus pessimistes, l'expulsion ne saurait se faire avant septembre, vu la lenteur des proc&#233;dures. Pour les plus optimistes, on est l&#224; pour toujours et pis c'est tout, merde alors. L'argument &#224; opposer aux pisse-froids tourne partout : le lieu allait &#234;tre vendu au D&#233;partement pour qu'il en fasse un P&#244;le d'insertion ; or, quel plus beau &#171; p&#244;le d'insertion &#187; que la Maison du Peuple, qui voit cohabiter des gens de tous les horizons, gal&#233;riens, militants, ch&#244;meurs, bosseurs, tous unis contre ce monde clos et glacial que mijote la Macronie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Verdict : le proc&#232;s a &#233;t&#233; repouss&#233; au 4 juillet, juste apr&#232;s l'impression de ce num&#233;ro. &#199;a ne fait pas l'affaire du pr&#233;sent r&#233;dacteur, r&#233;duit aux conjectures. Mais &#231;a laisse &#224; penser que le lieu passera l'&#233;t&#233;, et sans doute plus. Comme le clame le slogan de l'&#233;glise protestante install&#233;e juste &#224; c&#244;t&#233; de la Maison du Peuple : &#171; &lt;i&gt;Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir&lt;/i&gt; &#187;. Si m&#234;me le voisinage religieux le dit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;P.S. du webmaster &#224; la mi-septembre : le r&#233;dacteur de cet article ne s'y trompait pas ; eh oui, le lieu est toujours l&#224;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Saint-Nazaire-l-assemblee-en-herbe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Saint-Nazaire, l'assembl&#233;e en herbe&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; n&#176;176 (mai 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On le trouve facilement sur &lt;a href=&#034;https://fr.squat.net/2019/06/02/marseille-communique-de-presse-de-la-nouvelle-maison-du-peuple/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Squat.net&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jeune Marseillais assassin&#233; par des nervis du FN en f&#233;vrier 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Taksim, place de l'oubli</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Copeaux</dc:creator>


		<dc:subject>Ma&#239;da Chavak</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>lieu</dc:subject>
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		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>centre culturel</dc:subject>
		<dc:subject>Taksim</dc:subject>
		<dc:subject>Gezi</dc:subject>
		<dc:subject>place Taksim</dc:subject>
		<dc:subject>culturel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Autrefois carrefour des minorit&#233;s orthodoxe et arm&#233;nienne, puis lieu de contestation en 2013, la place Taksim voit d&#233;sormais sa m&#233;moire recouverte d'une dalle en b&#233;ton. En balade &#224; Istanbul, l'historien &#201;tienne Copeaux revient sur le processus de turquisation d'un lieu qui semble avoir cess&#233; de r&#233;sister. *** En ce d&#233;but d'octobre, Istanbul para&#238;t insouciante. En fl&#226;nant &#224; proximit&#233; de la place Taksim, il y a toujours foule dans les rues : les bars, les restaurants sont pleins malgr&#233; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maida-Chavak" rel="tag"&gt;Ma&#239;da Chavak&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Autrefois carrefour des minorit&#233;s orthodoxe et arm&#233;nienne, puis lieu de contestation en 2013, la place Taksim voit d&#233;sormais sa m&#233;moire recouverte d'une dalle en b&#233;ton. En balade &#224; Istanbul, l'historien &#201;tienne Copeaux revient sur le processus de turquisation d'un lieu qui semble avoir cess&#233; de r&#233;sister.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2748 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH342/-1005-115fc.jpg?1782836687' width='500' height='342' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#239;da Chavak
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce d&#233;but d'octobre, Istanbul para&#238;t insouciante&lt;/strong&gt;. En fl&#226;nant &#224; proximit&#233; de la place Taksim, il y a toujours foule dans les rues : les bars, les restaurants sont pleins malgr&#233; la s&#233;v&#232;re crise &#233;conomique. Pas d'affiches, pas de graffitis protestataires. On n'imagine pas que trois des plus importants journalistes du pays (Ahmet Altan, Mehmet Altan et Nazli Ilicak) viennent d'&#234;tre condamn&#233;s &#224; la prison &#224; vie. Depuis l'&#233;t&#233; 2016, la vague r&#233;pressive a &#233;t&#233; tellement large et impitoyable qu'il semble que les gens rentrent la t&#234;te dans les &#233;paules et g&#232;rent les probl&#232;mes du quotidien sans chercher d'histoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; sont ces milliers de personnes &#233;vinc&#233;es de leur emploi, priv&#233;es de passeport, interdites de compte en banque ? M&#233;decins faisant le taxi clandestin, enseignants vendeurs de salades, il faut avoir l'&#339;il pour les reconna&#238;tre &#8211; tel ce vendeur de lunettes de soleil, d'&#226;ge m&#251;r, &#224; la t&#234;te d'intello bien mise, qui n'a certainement pas pass&#233; sa vie &#224; colporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insouciance apparente ne masque pas l'omnipr&#233;sence de la police, elle en est peut-&#234;tre la cons&#233;quence... Tr&#232;s visibles avec leurs canons &#224; eau et leurs blind&#233;s, qui bloquent les passages et occupent l'espace, pr&#234;ts &#224; intervenir, les agents contr&#244;lent : les mendiants, les jeunes et les groupes un peu trop nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce samedi 6 octobre, il s'agit d'emp&#234;cher le &lt;i&gt;sit-in&lt;/i&gt; hebdomadaire des m&#232;res et proches des personnes &#171; disparues &#187; qui se tenait depuis mai 1995 devant le lyc&#233;e de Galatasaray. Protestation silencieuse, assise, qui par l'exhibition de leurs portraits maintenait vivante la m&#233;moire des disparus, et questionnait les passants et le pouvoir sur leur sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la plus ancienne, la plus obstin&#233;e des protestations. Mais le 25 ao&#251;t dernier, les autorit&#233;s ont d&#233;cid&#233; d'en finir. Les manifestants ont &#233;t&#233; gaz&#233;s, y compris Emine Ocak, 82 ans, initiatrice du mouvement. Depuis la tentative du 29 septembre, la police met en place son dispositif par avance, chaque samedi, et l'acc&#232;s au lieu du &lt;i&gt;sit-in&lt;/i&gt; est impossible : le 13 octobre, la 707&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; manifestation n'aura pas lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On cherche &#224; enterrer la m&#233;moire de ces centaines de disparus, comme a &#233;t&#233; enterr&#233;e la m&#233;moire de tous les &#233;v&#233;nements survenus sur Taksim, et dans le quartier attenant de Beyoglu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Retour en arri&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jusque dans les ann&#233;es 1920&lt;/strong&gt;, &#171; Taksim &#187; &#233;tait le territoire de casernes et de champs de man&#339;uvre. C'&#233;tait aussi le plus grand quartier &#171; grec &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Grec &#187; d&#233;signe ici une population de religion orthodoxe et de langue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de la ville, Pera (aujourd'hui Beyoglu), o&#249; vivaient &#233;galement de tr&#232;s nombreux Arm&#233;niens. Leurs &#233;glises pars&#232;ment encore le quartier. L&#224; se trouvait aussi le cimeti&#232;re arm&#233;nien de Surp Agop, o&#249; les Arm&#233;niens de la ville avaient projet&#233; d'&#233;riger un monument comm&#233;moratif de ce qu'on n'appelait pas encore le g&#233;nocide. En 1939, le cimeti&#232;re a &#233;t&#233; expropri&#233;, puis le terrain utilis&#233; pour la construction de la Maison de la Radio et de grands h&#244;tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur ce terrain vague, et en bordure imm&#233;diate du quartier grec, qu'on a choisi de construire, en 1927, le monument de la R&#233;publique. L'emplacement est &#233;trange puisqu'il ne s'agit nullement, &#224; l'&#233;poque, du centre de la ville. Mais en 1923, la r&#233;publique a &#233;t&#233; fond&#233;e &#224; la suite de la victoire sur l'arm&#233;e grecque : &#224; la limite de Pera, entre un cimeti&#232;re arm&#233;nien et la grande &#233;glise de la Sainte-Trinit&#233;, il vise &#224; rappeler &#224; ces deux &#171; minorit&#233;s &#187; qui est ma&#238;tre du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proximit&#233; du monument et du quartier grec est explosive. En septembre 1955, en pleine crise de Chypre, une foule manipul&#233;e par l'extr&#234;me droite se rassemble autour du monument, puis investit le quartier, frappe, viole, incendie, pille et saccage les magasins, les &#233;glises, les habitations. &#192; la suite de cet immense pogrom, la population grecque de la ville passe de 100 000 &#224; quelques milliers. Apr&#232;s le g&#233;nocide de 1915, c'est la seconde grande phase du nettoyage ethnique. La place et le quartier sont devenus &#171; turcs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense place devient un lieu id&#233;al de manifestation, et son contr&#244;le un enjeu entre les forces politiques. C'est l&#224; qu'en 1976 se d&#233;roule le premier meeting syndical du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; Mai. &#192; nouveau, en 1977, une foule immense se rassemble sur la place, o&#249; la fa&#231;ade du centre culturel est recouverte d'une gigantesque toile repr&#233;sentant un ouvrier se lib&#233;rant de ses cha&#238;nes. Mais le meeting tourne au drame : des snipers tirent sur les manifestants. La foule s'engouffre dans la petite rue Kazanc&#305; qui descend en pente raide vers le Bosphore ; 32 personnes d&#233;c&#232;dent &#233;touff&#233;es ou &#233;cras&#233;es, en plus de cinq morts par balles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune plaque comm&#233;morative ne rappelle ce drame de l'histoire de la gauche turque. La fonction m&#234;me de la place, lieu de rassemblement, a &#233;t&#233; gomm&#233;e : jusqu'en 2010, son acc&#232;s est ferm&#233; aux manifestations autres que patriotiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Effacer Gezi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin, en 2013, le mouvement de Gezi&lt;/strong&gt;, du nom du jardin public attenant &#224; la place, est d&#233;clench&#233; par la volont&#233; des autorit&#233;s d'y construire un centre commercial. D&#232;s la premi&#232;re tentative de couper les arbres, une foule se r&#233;unit, monte la garde. La protestation se r&#233;pand et s'&#233;largit en un mouvement social et politique qui va toucher toute la Turquie au cours du mois de juin. Un mouvement in&#233;dit par son ampleur et son autonomie par rapport &#224; la vie politique traditionnelle. Le jardin, la place et le centre culturel sont occup&#233;s par une &#171; commune &#187; o&#249; tout est gratuit. Durant trois semaines, la fa&#231;ade du Centre culturel Atat&#252;rk, occup&#233;, devient un immense panneau d'affichage r&#233;volutionnaire. Mais le 15 juin, la police a &#171; nettoy&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelques ann&#233;es, les murs du quartier furent des pages sur lesquelles se perp&#233;tua la m&#233;moire de Gezi, et celle des victimes de la police : &#171; R&#233;siste, Istanbul ! Boucle-la, Tayyip [Erdo&#287;an] ! &#187; ; &#171; Turcs, Kurdes, Arm&#233;niens, tous en r&#233;volte ! Ne pliez pas ! &#187; Puis le r&#233;gime s'est durci, sans cesse &#8211; et particuli&#232;rement apr&#232;s le coup d'&#201;tat manqu&#233; du 15 juillet 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premi&#232;res heures qui suivent cette tentative, la place est investie par les manifestations de soutien &#224; Erdo&#287;an, dans une atmosph&#232;re de reconqu&#234;te, avec des slogans de revanche explicites sur le mouvement de Gezi : &#171; &lt;i&gt;Ne laissons pas cette place &#224; une poign&#233;e de vandales&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Un portrait d'Erdogan est suspendu &#224; la fa&#231;ade du centre culturel, la presse pro-gouvernement commente : &#171; &lt;i&gt;Ceux de Gezi pr&#233;tendaient&lt;/i&gt; &#8220;Taksim est notre forteresse&#8221;&lt;i&gt;, voil&#224; qui va les rendre fous !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Avons-nous r&#234;v&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;, doivent se demander les personnes qui ont v&#233;cu la r&#233;volte du parc Gezi. Aujourd'hui, plus rien n'&#233;voque cet &#233;pisode. Le jardin est toujours l&#224;, il est m&#234;me mieux entretenu qu'avant. Le Centre culturel Atat&#252;rk, premier op&#233;ra et plus belle salle de spectacle de Turquie, a &#233;t&#233; d&#233;moli. En face, un th&#233;&#226;tre historique, la &#171; Sc&#232;ne de Taksim &#187;, avait &#233;t&#233; ferm&#233; en 2007 et d&#233;truit en 2008 pour laisser place &#224; un centre commercial. Ainsi il n'y a plus rien de culturel sur Taksim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place &#233;tait devenue turque, il fallait qu'elle soit musulmane. Le pouvoir, s'il a sembl&#233; reculer pour le jardin, a impos&#233; la construction d'une immense mosqu&#233;e. D&#233;sormais, elle domine la place, et, si elle n'est encore qu'&#224; l'&#233;tat de chantier, les haut-parleurs sont d&#233;j&#224; install&#233;s ; l'espace sonore de Taksim, lieu embl&#233;matique de la r&#233;publique &#171; la&#239;que &#187; et de la gauche, est &#233;cras&#233; par de tonitruants appels &#224; la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les flux de circulation sont d&#233;sormais souterrains : la place, qui &#233;tait jadis un enfer de bruit et de gaz d'&#233;chappement, a &#233;t&#233; recouverte d'une dalle de b&#233;ton. Elle est calme, mais sans caract&#232;re. Le monument de la R&#233;publique, ridiculement petit par rapport &#224; la nouvelle mosqu&#233;e toute proche, reste le seul vestige comm&#233;moratif. Tout le reste, tout ce qui s'est pass&#233; ici, a &#233;t&#233; &#233;cras&#233;, &#233;touff&#233;, recouvert.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;tienne Copeaux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&lt;/strong&gt; sur Istanbul et Gezi, voir le blog &lt;a href=&#034;http://www.susam-sokak.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Susam-sokak&lt;/a&gt;. Du m&#234;me auteur, lire aussi &#171; Taksim, lieu de rien, lieu &#224; conqu&#233;rir &#187;, &lt;/i&gt;in&lt;i&gt; Magali Boumaza, &lt;/i&gt;Faire m&#233;moire : regards crois&#233;s sur les mobilisations m&#233;morielles (France, Allemagne, Ukraine, Turquie, &#201;gypte)&lt;i&gt;, L'Harmattan, 2018.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Grec &#187; d&#233;signe ici une population de religion orthodoxe et de langue grecque, reliquat de l'ancienne population de Constantinople, prise par les Turcs en 1453. Ces &#171; Grecs &#187; sont citoyens de la r&#233;publique de Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Home, squat home</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Home-squat-home</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Home-squat-home</guid>
		<dc:date>2018-12-13T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Lise Lacombe</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>lieu</dc:subject>
		<dc:subject>squat</dc:subject>
		<dc:subject>porte</dc:subject>
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		<dc:subject>d'expulsion</dc:subject>
		<dc:subject>proprio</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ils passent souvent inaper&#231;us, si ce n'est du voisinage, du proprio et de la flicaille. Une discr&#233;tion indispensable pour se donner le maximum de chances d'&#233;chapper &#224; l'expulsion. Les squats dits d'habitation sont pourtant bel et bien l&#224;, au c&#339;ur des villes ou aux tr&#233;fonds des campagnes. T&#233;moignages. Une ombre dans la nuit. Qui enjambe une bordure de fen&#234;tre ou croch&#232;te une serrure. P&#233;n&#232;tre sans bruit dans les murs. Ouvre la porte pour faire entrer ses camarades qui attendent un peu plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/porte" rel="tag"&gt;porte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jerome" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squats" rel="tag"&gt;squats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squatteurs" rel="tag"&gt;squatteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jojo" rel="tag"&gt;Jojo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-expulsion" rel="tag"&gt;d'expulsion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/proprio" rel="tag"&gt;proprio&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils passent souvent inaper&#231;us, si ce n'est du voisinage, du proprio et de la flicaille. Une discr&#233;tion indispensable pour se donner le maximum de chances d'&#233;chapper &#224; l'expulsion. Les squats dits d'habitation sont pourtant bel et bien l&#224;, au c&#339;ur des villes ou aux tr&#233;fonds des campagnes. T&#233;moignages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2662 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-922-00413.jpg?1782637903' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une ombre dans la nuit.&lt;/strong&gt; Qui enjambe une bordure de fen&#234;tre ou croch&#232;te une serrure. P&#233;n&#232;tre sans bruit dans les murs. Ouvre la porte pour faire entrer ses camarades qui attendent un peu plus loin. Voil&#224; les squatteurs &#224; l'int&#233;rieur. Ils changent vite la serrure, barricadent la porte, obstruent les ouvertures. Puis attendent. Jusqu'&#224; la visite des flics ou d'un huissier. Ou jusqu'&#224; ce que le d&#233;lai l&#233;gal de 48 heures soit &#233;coul&#233; &lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une loi de juin 2015 est cens&#233;e avoir restreint la possibilit&#233; d'invoquer ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce n'est qu'une fois celui-ci pass&#233; qu'ils pourront s'appuyer sur le Code civil pour faire du lieu leur domicile principal, et sur le Code p&#233;nal pour justifier l'inviolabilit&#233; de celui-ci. Cette phase pass&#233;e, il sera temps de penser &#224; habiter &#8211; mais avec la menace de l'expulsion toujours pr&#233;sente dans un coin de la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voil&#224; pour le sc&#233;nario id&#233;al.&lt;/strong&gt; Quand tout se passe bien. C'est loin d'&#234;tre toujours le cas. Ouvrir un squat, f&#251;t-il discret et d'habitation, qu'il se trouve au c&#339;ur de la ville ou au fin fond de la cambrousse, c'est d'abord accepter la probabilit&#233; de l'&#233;chec. &#171; &lt;i&gt;Quand tu arrives, tu ne sais pas si le lieu va tenir quelques jours ou plusieurs mois,&lt;/i&gt; explique Jojo &lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui compte une dizaine de squats au compteur.&lt;i&gt; Mais tu n'as pas le choix, tu dois te mettre au boulot : nettoyer, remettre l'eau et l'&#233;lectricit&#233;, r&#233;cup&#233;rer des meubles dans la rue, lancer des travaux d'am&#233;nagement&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Une &#233;tape indispensable pour se sentir chez soi &#8211; &lt;i&gt;home squat home&lt;/i&gt;. Sauf que le chez-soi peut tr&#232;s vite ne plus l'&#234;tre. Et les heures (voire les jours ou semaines) de travail auront &#233;t&#233; abattues en pure perte. Jojo encore : &#171; &lt;i&gt;&#199;a coupe parfois les jambes : tu t'investis &#224; fond, tout en sachant que le risque d'expulsion plane. &#192; force, &#231;a fatigue. Tu finis par avoir envie de te poser, de souffler sans avoir &#224; te dire que bient&#244;t il faudra tout recommencer. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un travail de rep&#233;rage&lt;/strong&gt; en amont permet de mettre davantage de chances de son c&#244;t&#233;. Une reconnaissance qui s'effectue d'abord de visu : &#171; &lt;i&gt;Observez si les lieux sont bien vides et s'il n'y a pas de passage,&lt;/i&gt; r&#233;sume la brochure &#8216;&#8216; Le squat de A &#224; Z '' &lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible sur le site squat.net&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Il y a divers indices : volets ferm&#233;s, bo&#238;te aux lettres pleine de vieilles pubs, tas de feuilles mortes devant la porte, jardin en friche, &#233;tat du b&#226;timent&#8230; Pour v&#233;rifier s'il y a du passage, placez un bout de papier discret dans l'embrasure de chaque porte et portail, et v&#233;rifiez r&#233;guli&#232;rement leur pr&#233;sence.&lt;/i&gt; &#187; Ce rep&#233;rage se double souvent d'une enqu&#234;te sur le propri&#233;taire, histoire d'estimer le risque de le voir d&#233;barquer. J&#233;r&#244;me, pass&#233; par divers squats de l'Est parisien et du Sud de la France, aime cette &#233;tape : &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours cherch&#233; &#224; en savoir le plus possible sur le lieu. C'est-&#224;-dire me rendre au cadastre pour trouver le nom du proprio, me renseigner pour savoir s'il habite &#224; proximit&#233;, rechercher des infos &#224; son propos sur Internet&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;Enqu&#234;te sur le proprio&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parfois&lt;/strong&gt;, celui-ci est carr&#233;ment aux abonn&#233;s absents. Ainsi de cette maison vide depuis une trentaine d'ann&#233;es dans une banlieue r&#233;sidentielle de Marseille, demeure &#224; l'abandon que Louise et deux de ses copines avaient rep&#233;r&#233;e : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait une grande baraque avec jardin, dans un &#233;tat d&#233;plorable. Elle faisait partie d'une succession, la famille se d&#233;chirait sur l'h&#233;ritage et la maison &#233;tait en indivision. &lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s y avoir r&#233;fl&#233;chi, les trois amies ont d&#233;cid&#233; d'&#233;crire aux propri&#233;taires pour leur proposer un arrangement : elles se chargeraient des lourds travaux d'am&#233;nagement contre une remise de loyer. Mais elles n'ont jamais eu de r&#233;ponse. Et ont finalement pris possession de l'endroit &#224; la hussarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les proprios&lt;/strong&gt; sont loin de se montrer toujours accommodants. Certains se font m&#234;me justice eux-m&#234;mes plut&#244;t que de lancer une proc&#233;dure d'expulsion. Et d&#233;barquent avec des sbires pour virer les squatteurs. &#171; &lt;i&gt;C'est plus effrayant que l'arriv&#233;e des flics,&lt;/i&gt; note J&#233;r&#244;me.&lt;i&gt; Avec la police, il y a un cadre, surtout quand la proc&#233;dure d'expulsion est lanc&#233;e. Tandis qu'avec des gros bras, &#231;a peut vraiment partir en cacahu&#232;tes... &lt;/i&gt; &#187; C'est ce qu'a connu Tic, squatteur de longue date qui venait de se d&#233;gotter un petit appartement &#224; Marseille : &#171; &lt;i&gt;J'avais attendu 48 heures &#224; l'int&#233;rieur, puis j'&#233;tais sorti quelques heures. Des gros bras sont pass&#233;s pendant ce temps, ils ont p&#233;t&#233; la porte, et cass&#233; ou vol&#233; mes affaires. Je ne suis &#233;videmment pas rest&#233; dans l'appart'.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On partageait tout &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perdre&lt;/strong&gt; ses (maigres) possessions : voil&#224; l'une des hantises de celles et ceux qui font le choix du squat. Une crainte qui pousse &#224; ne pas accumuler. &#192; voyager l&#233;ger, comme Jojo &#224; la fin des ann&#233;es 1990 : &#171; &lt;i&gt; On r&#233;cup&#233;rait des matelas &#224; Emma&#252;s, des meubles dans la rue &#8211; on s'en fichait de les perdre en cas d'expulsion. Quand &#231;a arrivait, je balan&#231;ais mes v&#234;tements et mes affaires dans deux sacs de couchage, et je m'en allais.&lt;/i&gt; &#187; Il n'y avait pas grand-chose d'autre &#224; sauver, souligne le m&#234;me en souriant : &#171; &lt;i&gt;On &#233;tait jeunes, on n'avait rien mais on partageait tout. On mettait notre argent en commun, on volait la nourriture et l'alcool, on rentrait en douce dans les concerts...&lt;/i&gt; &#187; Bref, le minimum vital &#8211; que demande le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement&lt;/strong&gt; : il a parfois envie d'un peu de confort. Surtout en prenant de l'&#226;ge. &#171; &lt;i&gt;Pendant longtemps, je n'ai &#224; peu pr&#232;s rien poss&#233;d&#233; &#8211; juste trois grands sacs d'affaires diverses, que je pouvais boucler &#224; la va-vite,&lt;/i&gt; explique J&#233;r&#244;me. &lt;i&gt;Mais j'ai fini par acheter un ordinateur. Et l&#224;, &#231;a devient tout de suite plus chiant : si tu pars en week-end, il te faut chercher un endroit s&#251;r o&#249; l'entreposer, parce que tu n'es jamais certain que le squat ne sera pas visit&#233; par les flics ou le proprio en ton absence.&lt;/i&gt; &#187; Un stress toujours pr&#233;sent, comme en filigrane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est le c&#244;t&#233; chiant&lt;/strong&gt; du squat : tu restes toujours pr&#233;caire et tu d&#233;penses beaucoup d'&#233;nergie &#224; ouvrir et tenir le lieu&lt;/i&gt; &#187;, poursuit J&#233;r&#244;me, qui a ainsi altern&#233; squats et locations classiques. Un cas de figure fr&#233;quent chez les squatteurs longue dur&#233;e &#8211; il leur arrive d'opter pour le confort d'un bail, le temps de recharger leurs batteries ou, par exemple, d'&#233;lever des enfants en bas &#226;ge. Mais ils finissent souvent par retourner &#224; leur premier amour. Par manque de thunes. Par go&#251;t de la vie en collectif. Et par amour de la libert&#233;. &#192; commencer par celle de &#171; &lt;i&gt;ne pas avoir &#224; accepter un taf qui ne te pla&#238;t pas juste pour payer ton loyer &lt;/i&gt; &#187;, remarque Jojo. Ainsi que celle d'am&#233;nager &#224; l'envi son int&#233;rieur, souligne la brochure &#171; Le Squat de A &#224; Z &#187; : &#171; &lt;i&gt;Squatter, c'est aussi habiter au sens plein du terme : c'est &#234;tre libre et responsable de son lieu de vie. C'est pouvoir y faire ce que l'on veut sans se r&#233;f&#233;rer &#224; un proprio qui de toute fa&#231;on n'y vit pas.&lt;/i&gt; &#187; Nulle autorisation &#224; demander pour abattre une cloison, installer une mezzanine ou peindre les murs de toutes les couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un pro du b&#226;timent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis&lt;/strong&gt;, &#224; force de se retrousser les manches pour faire de la ma&#231;onnerie ou remettre en ordre de marche les circuits &#233;lectriques, les squatteurs finissent par acqu&#233;rir tout un &#233;ventail de comp&#233;tences. Bien oblig&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Au fil des ann&#233;es, tu deviens presque un pro du b&#226;timent&lt;/i&gt; &#187;, rigole Jojo, qui souligne au passage : &#171; &lt;i&gt;Dans tous les squats o&#249; j'ai v&#233;cu, nous avons laiss&#233; l'endroit en meilleur &#233;tat que celui dans lequel on l'avait trouv&#233;. &lt;/i&gt; &#187; M&#234;me chose pour Louise et ses deux copines, qui ont travaill&#233; des mois &#224; remettre en &#233;tat la maison tr&#232;s d&#233;labr&#233;e qu'elles avaient r&#233;cup&#233;r&#233;e. Toutes trois ont d&#251; serrer les dents et s'ent&#234;ter pour parvenir &#224; rendre l'endroit vivable : &#171; &lt;i&gt; &#199;'a &#233;t&#233; compliqu&#233; de remettre l'eau. On n'y serait d'ailleurs pas parvenu si on n'avait pas re&#231;u des coups de main de gens plus exp&#233;riment&#233;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est qu'entre squatteurs&lt;/strong&gt;, l'entraide joue &#224; plein &#8211; le mode d'habiter rapproche et permet de facilement nouer des liens entre les lieux. Soutien en cas de tentative d'expulsion, &#233;change de comp&#233;tences, coups de main occasionnels&#8230; Une solidarit&#233; d'autant plus forte que les squatteurs sont confront&#233;s &#224; une m&#234;me adversit&#233;, celle impos&#233;e par un monde dont ils ont refus&#233; les r&#232;gles (immobili&#232;res). Cet habitat du refus fait sens par lui-m&#234;me, souligne la brochure sus-cit&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Chaque squat est diff&#233;rent.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Mais tout squat est &#8216;&#8216;politique'', dans la mesure o&#249; il bouleverse, m&#234;me parfois involontairement, l'ordre social et la propri&#233;t&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une loi de juin 2015 est cens&#233;e avoir restreint la possibilit&#233; d'invoquer ce d&#233;lai de 48 heures. Mais pour l'instant, pas de retour sur son application.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Disponible sur le site squat.net&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'An 01 et l'habitat group&#233; : &#171; On arr&#234;te tout, on r&#233;fl&#233;chit et c'est pas triste &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-An-01-et-l-habitat-groupe-On</link>
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		<dc:date>2018-11-28T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;line Yakoublanc</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>explique L'An</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ils sont neuf adultes et trois enfants. Et ont rachet&#233; ensemble il y a trois ans une ferme &#224; l'abandon. Depuis, ils bossent dur pour la remettre en &#233;tat. Et posent les bases de leur vie collective. Pr&#233;sentation. *** Caz&#232;res, 5 000 habitants, &#224; 60 kilom&#232;tres au sud de Toulouse. Une petite ville qui a du mal &#224; para&#238;tre joyeuse, surtout sous la pluie. C'est que l'ancien bourg agricole a perdu en vitalit&#233;, et fait bien p&#226;le figure par rapport &#224; la capitale r&#233;gionale, promue &#171; N&#233;cropole (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no162-fevrier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;162 (f&#233;vrier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maud" rel="tag"&gt;Maud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lieu" rel="tag"&gt;lieu&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Necropole-d-equilibre" rel="tag"&gt;N&#233;cropole d'&#233;quilibre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est-pourtant" rel="tag"&gt;C'est pourtant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/explique-L-An" rel="tag"&gt;explique L'An&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils sont neuf adultes et trois enfants. Et ont rachet&#233; ensemble il y a trois ans une ferme &#224; l'abandon. Depuis, ils bossent dur pour la remettre en &#233;tat. Et posent les bases de leur vie collective. Pr&#233;sentation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Caz&#232;res&lt;/strong&gt;, 5 000 habitants, &#224; 60 kilom&#232;tres au sud de Toulouse. Une petite ville qui a du mal &#224; para&#238;tre joyeuse, surtout sous la pluie. C'est que l'ancien bourg agricole a perdu en vitalit&#233;, et fait bien p&#226;le figure par rapport &#224; la capitale r&#233;gionale, promue &#171; N&#233;cropole d'&#233;quilibre &#187; par l'&#201;tat dans les ann&#233;es 1960. C'est pourtant l&#224;, &#224; Caz&#232;res, qu'une bande de joyeux poteaux et potesses a d&#233;cid&#233; de racheter en commun une grande ferme &#224; l'abandon. Au frontispice, le b&#226;timent affiche l'inscription &#171; L'an 1901 &#187; &#8211; un signe, s&#251;rement. Pour tout le monde, l'endroit est d&#233;sormais L'An 01 &lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'An 01 est une BD de G&#233;b&#233; sur une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui a inspir&#233; un film du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le foncier&lt;/strong&gt; n'est pas tr&#232;s cher dans la r&#233;gion, et la mise de fonds &#233;tait d'autant plus r&#233;duite que la ferme &#233;tait en mauvais &#233;tat. Elle n'est pas encore totalement r&#233;nov&#233;e, d'ailleurs : trois ans apr&#232;s l'achat, les trois enfants et neuf adultes (plus ou moins trentenaires) n'habitent pas encore tous sur place. En attendant, ils r&#233;alisent eux-m&#234;mes les travaux. Une fois ceux-ci termin&#233;s, chaque foyer aura son logement privatif ; toutes et tous partageront aussi des espaces communs (jardin, cuisine, locaux techniques, buanderie et biblioth&#232;que). Pour chapeauter le tout, une structure juridique flexible, explique L'An 01 sur son site Internet &lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;https://an01.tila.im/&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt; Nous sommes formellement des associ&#233;.e.s au sein d'une soci&#233;t&#233; par action simplifi&#233;e, coop&#233;rative, &#224; capital variable. Cela nous permet de d&#233;connecter le droit de vote du capital apport&#233;, et d'accueillir facilement de nouvelles personnes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un projet&lt;/strong&gt; intellectuellement et politiquement int&#233;ressant, un lieu d'apprentissage collectif, qui fonctionne beaucoup par coop&#233;ration et entraide,&lt;/i&gt; d&#233;veloppe Maud, qui habite l&#224; par intermittence.&lt;i&gt; On a envie de rayonner, de donner envie &#224; d'autres. D'autant que ce lieu vit aussi gr&#226;ce aux &#8220; enthousiastes ''&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour garantir une dimension collective &#224; ce projet d'habitat, les fondateurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, qui ne sont pas juste des potes filant un coup de main : ils apportent un regard sur le fonctionnement. La question de savoir comment les int&#233;grer est r&#233;currente.&lt;/i&gt; &#187; Et ce n'est pas le seul sujet auquel les membres de L'An 01 apportent un soin particulier : &#171; &lt;i&gt;On fait tr&#232;s attention au respect des identit&#233;s et orientations sexuelles, ainsi qu'&#224; la r&#233;partition des t&#226;ches quotidiennes,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Maud. &lt;i&gt;Par exemple, on a instaur&#233; une sorte de permis dans le cadre des travaux. Avant d'utiliser pour la premi&#232;re fois un outil dangereux, chacun.e doit passer cinq minutes &#224; apprendre &#224; s'en servir avec un.e habitant.e qui le ma&#238;trise &#8211; il s'agit de mutualiser les fonctions, ainsi que d'&#233;viter la sp&#233;cialisation et la division sexu&#233;e du travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH575/-935-acd84.jpg?1782637903' width='400' height='575' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;162 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Marine Summercity.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En filigrane&lt;/strong&gt;, un projet politique, r&#233;sum&#233; par Maud : &#171; &lt;i&gt;Mettre nos vies en concordance avec nos id&#233;es : &#233;galit&#233; des genres, d&#233;mocratie directe, d&#233;croissance, etc. &lt;/i&gt; &#187; Diego approuve. Apr&#232;s une p&#233;riode de tourisme universitaire, le jeune homme s'est trouv&#233; une vocation : c&#233;r&#233;alier-boulanger bio. Quant &#224; Alban, il a quitt&#233; son emploi d'ing&#233;nieur pour devenir jardinier et agriculteur. Il &#339;uvre d&#233;sormais sur un hectare de terre, dont 3 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de mara&#238;chage sur sol vivant (sans labour ni engrais, avec paillage permanent), le reste accueillant les arbres fruitiers et les animaux d'&#233;levage. Il en vit chichement, mais sans se tuer au labeur et sans l'isolement subi par la majorit&#233; des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le lieu&lt;/strong&gt; se veut collectif, chacun choisit son niveau d'implication et d&#233;finit son rapport au groupe. Certain.e.s souhaitent ainsi prendre tous leurs repas en commun, tandis que d'autres tiennent &#224; pr&#233;server leur intimit&#233;. &#171; &lt;i&gt;On laisse le choix dans le curseur entre individuel et collectif,&lt;/i&gt; explique Alban.&lt;i&gt; Mais il y a aussi des bornes qui sont pos&#233;es collectivement.&lt;/i&gt; &#187; Dont la participation &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale hebdomadaire &#8211; une fr&#233;quence de r&#233;union r&#233;guli&#232;re qui permet d'aborder rapidement les probl&#232;mes et d'&#233;viter les non-dits. Parce que, bien s&#251;r, tout ne peut pas &#234;tre toujours rose. Le lot de toute utopie en construction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'An 01 est une BD de G&#233;b&#233; sur une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui a inspir&#233; un film du m&#234;me nom, sorti en 1973 et r&#233;alis&#233; par Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch. Le titre de cet article provient d'ailleurs des dialogues de ce film.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://an01.tila.im/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://an01.tila.im/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour garantir une dimension collective &#224; ce projet d'habitat, les fondateurs ont cr&#233;&#233; le statut d'&#171; enthousiaste &#187;, c'est-&#224;-dire de coop&#233;rateur de L'An 01 (et d&#233;tenteur de parts sociales).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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