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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Novlangue : Je parle donc tu suis</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustin Marcader</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bruno Bartkowiak</dc:subject>
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		<dc:subject>surplombe madame</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir tenu la chronique Je vous &#233;cris du bureau dans feu le journal Article11, Augustin Marcader, employ&#233; &#224; la S&#233;cu, revient ici sur l'aspect langagier de son institution. La communication est une arme comme les autres. Derri&#232;re la banque de l'accueil, je surplombe madame Bouallala. Fichu dans les cheveux et le sourire placide, elle veut comprendre pourquoi sa m&#232;re n'a pas droit &#224; ses m&#233;dicaments alors qu'elle part le lendemain pour le Maroc pour une dur&#233;e de trois mois : &#171; Il lui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-accueil" rel="tag"&gt;l'accueil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/madame" rel="tag"&gt;madame&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir tenu la chronique Je vous &#233;cris du bureau dans feu le journal &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.article11.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Article11&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Augustin Marcader, employ&#233; &#224; la S&#233;cu, revient ici sur l'aspect langagier de son institution. La communication est une arme comme les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re la banque de l'accueil, je surplombe madame Bouallala&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Fichu dans les cheveux et le sourire placide, elle veut comprendre pourquoi sa m&#232;re n'a pas droit &#224; ses m&#233;dicaments alors qu'elle part le lendemain pour le Maroc pour une dur&#233;e de trois mois : &#171; &lt;i&gt;Il lui manque juste l'insuline, la pharmacie n'a pas voulu lui donner.&lt;/i&gt; &#187; &#192; mes c&#244;t&#233;s, l'agent d'accueil lui explique encore et encore que le pharmacien-conseil a rendu un &#171; &lt;i&gt;avis technique impossible&lt;/i&gt; &#187;. De quoi calmer son monde, non ? Dans l'intimit&#233; de nos burlingues, on dit ATI. En gros &#231;a veut dire que le m&#233;decin ou le pharmacien de la S&#233;cu n'a pas pu se prononcer sur une demande de prestation (il botte en touche quoi) car il lui manquait des informations. En l'occurrence, le m&#233;decin avait oubli&#233; d'apposer sur l'ordonnance la mention : &#171; Traitement pour trois mois &#8211; &#192; d&#233;livrer en une fois. &#187; Sans ce pr&#233;cieux s&#233;same, l'assur&#233;e diab&#233;tique &#233;tait condamn&#233;e &#224; partir avec un mois de traitement au lieu des trois demand&#233;s. Je d&#233;crypte l'ATI &#224; l'assur&#233;e dans un langage compr&#233;hensible du commun des mortels et r&#232;gle le probl&#232;me de la dame.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2434 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH240/-700-73533.jpg?1782649144' width='400' height='240' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bruno Bartkowiak.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour qui s'est d&#233;j&#224; plong&#233; dans le jargon imbitable d'une instance administrative, la le&#231;on est claire : l'exercice d'un pouvoir se fait d'abord par l'appropriation r&#233;galienne d'un vocabulaire hors de port&#233;e du populo. D&#233;sireux de moderniser son action et de r&#233;duire la fracture qui le s&#233;pare de ses administr&#233;s, l'&#201;tat s'est engag&#233; depuis 2001 &#224; une simplification de son langage administratif. &#171; &lt;i&gt;Il faut rendre &#8220;parole humaine&#8221; &#224; notre &#201;tat ! Le plus simple pour cela est encore que l'&#201;tat parle &#224; la France la langue des Fran&#231;ais et qu'il retrouve l'habitude de nommer les choses par leur nom le plus explicite&lt;/i&gt; &#187;, claironne ainsi la haute technocratie du Comit&#233; d'orientation pour la simpli&#64257;cation du langage administratif en 2012&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Lexique administratif &#187;, minist&#232;re de la Fonction publique et de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner sa langue au robot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ravalement de fa&#231;ade ne doit cependant pas masquer des man&#339;uvres autrement plus insidieuses. Si le langage des organismes publics gagne en clart&#233;, il perd peu &#224; peu le suc humain de sa spontan&#233;it&#233;. Les agents d'accueil des plates-formes t&#233;l&#233;phoniques sont tenus de r&#233;citer des scripts r&#233;dig&#233;s d'avance. &#192; telle question pos&#233;e par un assur&#233;, telle r&#233;ponse standardis&#233;e doit &#234;tre servie sur un plateau. En d&#233;pression pour cause d'un conflit avec votre patron, le m&#233;decin de la S&#233;cu d&#233;cide de vous remettre au boulot. &#201;c&#339;ur&#233;, vous faites le 36-46 pour avoir quelques explications et l&#224; une voix monocorde &#226;nonne un texte pr&#233;m&#226;ch&#233; : &#171; &lt;i&gt;Dans le cadre de ses missions de contr&#244;le de prestations, le m&#233;decin conseil qui vous a examin&#233; a estim&#233; que vous &#233;tiez en mesure de reprendre une activit&#233; professionnelle. Si vous &#234;tes en d&#233;saccord avec cette d&#233;cision, vous pouvez la contester en sollicitant une expertise m&#233;dicale.&lt;/i&gt; &#187; Le but de cette robotisation de l'&#233;change verbal : gagner du temps (le propos est direct et synth&#233;tique) et &#233;vacuer rapidement toute tension potentiellement conflictuelle (le propos est neutre et offre souvent une marge d'action, m&#234;me illusoire, &#224; l'assur&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les balbutiements des ann&#233;es 2000, je fus d&#233;sign&#233; volontaire pour participer &#224; une formation &#171; accueil &#187;. Pendant deux jours, nous f&#251;mes coach&#233;s &#224; coups de jeux de r&#244;le et d'exercices en situation par une intervenante chevronn&#233;e. Se mettre &#224; la hauteur des gens et les fixer dans les yeux, reformuler leurs propos pour d&#233;samorcer col&#232;res et incompr&#233;hensions. La le&#231;on de manipulation psychologique avait des c&#244;t&#233;s ludiques. Et inqui&#233;tants : ajuster les bons mots aux bons moments et l'irascible devant vous se d&#233;gonflait comme une baudruche. Le verbe officiel est une mitraille qui ne fait pas dans la dentelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Lexique administratif &#187;, minist&#232;re de la Fonction publique et de la R&#233;forme de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>SOS m&#233;decins du travail</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/SOS-medecins-du-travail</link>
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		<dc:date>2012-11-26T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Fritz Kahn</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>m&#233;decin</dc:subject>
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		<dc:subject>essaie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans chaque usine, on essaie de se garder quelques &#238;lots pour tenir. Ce sont les vestiaires, les fumoirs, les r&#233;fectoires&#8230; Des lieux o&#249; l'encadrement se pointe tr&#232;s rarement, sous peine de se faire envoyer balader. Il y a aussi d'autres lieux, plus institu&#233;s, comme les locaux du comit&#233; d'&#233;tablissement ou, lorsque c'est possible, les locaux syndicaux. Ce sont des lieux presque hors du temps de l'exploitation, et l'on s'y attarde en fonction des rapports qu'on entretient avec la hi&#233;rarchie ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fritz-Kahn" rel="tag"&gt;Fritz Kahn&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/medecin" rel="tag"&gt;m&#233;decin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tenir" rel="tag"&gt;tenir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/essaie" rel="tag"&gt;essaie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH797/104kahn-599c4.jpg?1782677770' width='400' height='797' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Fritz Kahn
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque usine, on essaie de se garder quelques &#238;lots pour tenir. Ce sont les vestiaires, les fumoirs, les r&#233;fectoires&#8230; Des lieux o&#249; l'encadrement se pointe tr&#232;s rarement, sous peine de se faire envoyer balader. Il y a aussi d'autres lieux, plus institu&#233;s, comme les locaux du comit&#233; d'&#233;tablissement ou, lorsque c'est possible, les locaux syndicaux. Ce sont des lieux presque hors du temps de l'exploitation, et l'on s'y attarde en fonction des rapports qu'on entretient avec la hi&#233;rarchie ou avec le boulot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste un autre lieu de plus en plus fr&#233;quent&#233; par les coll&#232;gues, c'est l'infirmerie. D'autant plus lorsque l'infirmi&#232;re a tendance &#224; consid&#233;rer le personnel, majoritairement masculin, comme ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant un lieu qui se r&#233;tr&#233;cit, car il repr&#233;sente souvent un co&#251;t et parfois un contre-pouvoir dont les patrons voudraient se passer. Depuis des ann&#233;es, la m&#233;decine du travail est attaqu&#233;e par le Medef. Les visites m&#233;dicales sont espac&#233;es et il existe m&#234;me des entreprises o&#249; les salari&#233;s n'ont qu'une visite m&#233;dicale d'embauche. Les postes de m&#233;decins du travail, quant &#224; eux, se r&#233;duisent, ou sont occup&#233;s par des m&#233;decins int&#233;rimaires qui ne connaissent pas toujours tous les tenants et aboutissants de l'usine, les produits utilis&#233;s, les &#233;missions nocives, les rythmes de travail, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, vu les risques chimiques et industriels, la pr&#233;sence d'un m&#233;decin et d'une infirmi&#232;re est obligatoire. Quand je suis rentr&#233; dans la bo&#238;te, le m&#233;decin &#233;tait un ancien militaire en retraite avec tout ce que cela comporte. En plus, &#224; chaque visite il nous citait un morceau de la Bible ou des &#233;vangiles (si, si). Ensuite on a eu une femme, fille d'un directeur r&#233;put&#233; d'un secteur psychiatrique de la r&#233;gion. Elle ne faisait ce boulot que &lt;i&gt;&#171; pour son argent de poche &#187;&lt;/i&gt;, comme elle disait. Elle avait &#233;galement la haine des prolos qui, pour elle, &#233;taient tous des alcooliques. Du coup, pour supprimer ce vilain vice, elle a fait installer des distributeurs de sirop de menthe et de grenadine partout (ce qui a permis &#224; certains de se concocter quelques savoureux m&#233;langes &#224; l'heure de l'ap&#233;ro).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on a eu droit &#224; un vrai militant. Faut dire qu'&#234;tre m&#233;decin du travail peut se rapprocher d'un v&#233;ritable sacerdoce : une paye moindre et une position, entre le patron et les salari&#233;s, pas toujours simple &#224; n&#233;gocier. N'emp&#234;che qu'en travaillant avec les &#233;lus au CHS-CT, il a pu mettre en place des protocoles, monter des dossiers pour des salari&#233;s ayant c&#244;toy&#233; l'amiante, parler de la souffrance au travail, etc. Il a &#233;t&#233; un appui important pour les syndicats lorsque ceux-ci ont voulu interdire l'emploi de certains produits canc&#233;rig&#232;nes. Il a fait son boulot, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que lorsqu'il y a eu le plan de restructuration et que l'effectif est pass&#233; &#224; moins de 500, ce m&#233;decin a d&#251; trouver une autre usine pour emmerder un autre patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes retrouv&#233;s alors avec une m&#233;decin &#224; mi-temps venant d'une entreprise sous-traitante. Issue d'un milieu qu'on dira &#171; favoris&#233; &#187;, elle s'est d'abord montr&#233;e plut&#244;t timor&#233;e en suivant &#224; la lettre les directives patronales (son entreprise d&#233;pend directement du Medef). Mais, t&#233;moin de nos conditions de travail, elle a fini par changer de camp. Ce qu'elle me dit c'est que plus &#231;a va et plus les gens viennent se plaindre de leur travail. Mais ce qui l'horripile particuli&#232;rement, ph&#233;nom&#232;ne qui s'est accentu&#233; depuis l'annonce du report de l'&#226;ge de la retraite, c'est le nombre de &lt;i&gt;&#171; s&#233;niors dans l'usine &#187;&lt;/i&gt; (comme elle dit), qu'elle doit d&#233;clarer inaptes au travail de nuit, ou &#224; d'autres travaux particuli&#232;rement physiques. &lt;i&gt;&#171; Je suis aussi choqu&#233;e par le nombre de cancers, d'hypertensions, de maladies musculo-squelettiques, et autres. Il me semble que la maladie a remplac&#233; la bagarre. Avant les salari&#233;s s'engueulaient avec leurs chefs et &#231;a allait mieux apr&#232;s. Maintenant les gens courbent le dos, subissent et du coup c'est le corps qui prend. &#187;&lt;/i&gt; Elle sourit et, sachant &#224; qui elle s'adresse, elle ajoute : &lt;i&gt;&#171; Il me semble qu'avant, il y avait plus souvent des gr&#232;ves aussi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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