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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Parlons beaucoup et parlons bien</title>
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		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;On la voit pr&#233;parer son intervention avec minutie. Ployant sous ses dossiers, encha&#238;nant les nuits blanches et s'exer&#231;ant aux interrogatoires pi&#233;geux avec son assistant, elle fourbit ses arguments, aff&#251;te son raisonnement, m&#233;morise une grande quantit&#233; d'informations chiffr&#233;es. Pourtant, une fois devant son auditoire &#8211; exclusivement masculin &#8211;, elle se d&#233;compose. Elle consulte fr&#233;n&#233;tiquement ses notes, formule des phrases dans sa t&#234;te sans jamais les dire, guette les silences de ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no165-mai-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;165 (mai 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/public" rel="tag"&gt;public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fois" rel="tag"&gt;fois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voit-preparer" rel="tag"&gt;voit pr&#233;parer&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/amis-hommes" rel="tag"&gt;amis hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Meryl-Streep" rel="tag"&gt;Meryl Streep&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Washington-Post" rel="tag"&gt;Washington Post&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On la voit pr&#233;parer son intervention avec minutie. Ployant sous ses dossiers, encha&#238;nant les nuits blanches et s'exer&#231;ant aux interrogatoires pi&#233;geux avec son assistant, elle fourbit ses arguments, aff&#251;te son raisonnement, m&#233;morise une grande quantit&#233; d'informations chiffr&#233;es. Pourtant, une fois devant son auditoire &#8211; exclusivement masculin &#8211;, elle se d&#233;compose. Elle consulte fr&#233;n&#233;tiquement ses notes, formule des phrases dans sa t&#234;te sans jamais les dire, guette les silences de ses interlocuteurs pour s'y engouffrer... Et ne prononcera finalement pas un seul mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sc&#232;ne de &lt;i&gt;Pentagon Papers&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce film r&#233;alis&#233; par Steven Spielberg en 2017 revient sur la publication dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; o&#249; Meryl Streep doit d&#233;fendre l'entr&#233;e en Bourse du &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; devant des investisseurs et des actionnaires et s'av&#232;re trop intimid&#233;e pour s'exprimer en public, sans conteste la premi&#232;re de ce type dans un film grand public r&#233;alis&#233; par un homme, a pour toutes les femmes un amer go&#251;t de d&#233;j&#224;-vu. &#192; l'&#233;cole, nous avons mille fois renonc&#233; &#224; lever la main parce que ce que nous voulions dire ne nous paraissait finalement plus si int&#233;ressant. &#192; la fac, lors d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale pendant une occupation, nous nous sommes convaincues que quelqu'un &#8211; probablement un homme &#8211; finirait bien par &#233;noncer ce que nous avions envie de dire. Au travail, pendant une r&#233;union, nous avons d&#233;sesp&#233;r&#233;ment essay&#233; de nous ins&#233;rer entre deux prises de parole masculines, sans jamais oser les interrompre ni avoir assez de temps pour intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait, l'acc&#232;s des femmes &#224; la prise de parole en public est compliqu&#233; pour de multiples raisons. Elles se sentent fonci&#232;rement moins l&#233;gitimes, bien s&#251;r, mais sont aussi bien plus fr&#233;quemment interrompues par leurs interlocuteurs, et ont plus de difficult&#233; &#224; conserver leur attention&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous n'&#233;voquerons pas ici le probl&#232;me de la langue elle-m&#234;me, pourtant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, on pourrait penser que la prise de parole en public n'est ais&#233;e pour personne. Qu'&#224; l'&#233;vidence, elle demande de l'entra&#238;nement. Or, o&#249; s'entra&#238;ner &#224; prendre la parole, sinon dans le cadre bienveillant et familier du cercle intime ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est l&#224; que le b&#226;t blesse &#224; nouveau : avec leurs proches aussi, il est difficile pour la plupart des femmes de s'approprier un type de prise de parole (argument&#233;e, longue, construite) et des sujets (professionnels, intellectuels, politiques) qui leur permettraient de se sentir plus confiantes &#224; l'ext&#233;rieur. Et il s'agit peut-&#234;tre d'une des racines du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre amies femmes, la majorit&#233; des conversations concernent l'intimit&#233;, qu'on nous &#233;duque tant &#224; consid&#233;rer en priorit&#233;. &#201;changes certes souvent riches, b&#233;n&#233;fiques, profonds, permettant entraide et partage de connaissances, mais aussi engonc&#233;s dans ce carcan que nous avons tant de mal &#224; briser, fait d'empathie et de sacrifice, de travail constant visant &#224; se mettre puis &#224; rester en couple, de besoin d'exprimer nos humiliations, nos violences subies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec nos amis hommes (g&#233;n&#233;ralement rares, parce que nombre de ces amiti&#233;s ont &#233;t&#233; entach&#233;es d'une d&#233;ception amoureuse sanctionn&#233;e par un &#233;loignement), l'intimit&#233; tient aussi une place importante. Parce que la plupart des hommes en parlent peu entre eux et se r&#233;jouissent de b&#233;n&#233;ficier de notre expertise, dont nous les faisons m&#234;me parfois profiter avec une certaine satisfaction &#8211; pour une fois, ils nous reconnaissent un savoir...Dans un contexte de s&#233;duction potentielle, il peut &#234;tre &#233;galement compliqu&#233; de se sentir prise au s&#233;rieux : combien d'entre nous ont vu une conversation de haute vol&#233;e s'achever dans une mis&#233;rable tentative de drague, donnant l'impression d&#233;sagr&#233;able que l'individu concern&#233; n'avait fait mine de participer &#224; la conversation qu'&#224; cette unique fin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il n'est pas rare de surprendre une conversation entre amis hommes o&#249; s'&#233;change tout ce qui peut faire d&#233;faut &#224; la prise de confiance en elles des femmes : des r&#233;f&#233;rences, une &#233;bauche d'argumentation, des th&#232;ses avanc&#233;es &#224; la h&#226;te, une r&#233;flexion &#233;chafaud&#233;e en commun. Ce n'est sans doute que dans ce t&#226;tonnement, cette recherche, cette exp&#233;rimentation, au sein du cadre attentionn&#233; de nos proches, hommes et femmes, que l'on pourra puiser l'assurance n&#233;cessaire pour parler devant un public &#8211; certes, de toute &#233;vidence &#224; d'autres fins que la d&#233;fense de l'entr&#233;e en Bourse d'un journal&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce film r&#233;alis&#233; par Steven Spielberg en 2017 revient sur la publication dans le &lt;i&gt;Washington Post,&lt;/i&gt; alors dirig&#233; par Katharina Graham, d'extraits des Pentagon Papers, rapport secret du minist&#232;re de la D&#233;fense &#233;tatsunien montrant notamment comment il a volontairement &#233;tendu et intensifi&#233; la guerre du Vi&#234;t Nam alors qu'il la savait perdue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nous n'&#233;voquerons pas ici le probl&#232;me de la langue elle-m&#234;me, pourtant notoirement sexiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Quand la musique cogne</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>musique</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les fanfares, l'une apr&#232;s l'autre, soulignent la fin de chaque prise de parole, scellent les d&#233;cisions prises par l'assembl&#233;e et chauffent les esprits pour une guerre sans armes. Quand l'&#233;motion est &#224; son comble, la musique interrompt les palabres. [&#8230;] La musique, le chant, la danse accompagnent le d&#233;bat comme quelque chose d'essentiel, pas d&#233;coratif, indispensable. &#187; On prend cette intensit&#233; mexicaine en pleine gueule quand, enfant, on a connu la musique de salon en observant son oncle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/musique" rel="tag"&gt;musique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soulignent" rel="tag"&gt;soulignent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1786 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;43&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-99-19a14.jpg?1782656383' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Martin Barzilai. Uruguay. Montevideo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les fanfares, l'une apr&#232;s l'autre, soulignent la fin de chaque prise de parole, scellent les d&#233;cisions prises par l'assembl&#233;e et chauffent les esprits pour une guerre sans armes. Quand l'&#233;motion est &#224; son comble, la musique interrompt les palabres.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;La musique, le chant, la danse accompagnent le d&#233;bat comme quelque chose d'essentiel, pas d&#233;coratif, indispensable.&lt;/i&gt;&#8202;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Arraitz, Tendre Venin &#8211; de quelques rencontres dans les montagnes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On prend cette intensit&#233; mexicaine en pleine gueule quand, enfant, on a connu la musique de salon en observant son oncle savourer la voix d'Ella Fitzgerald, confortablement assis sur son divan et ses pr&#233;jug&#233;s racistes. Qu'&#224; la maison, moins snobs, on &#233;coutait Brel, Brassens ou Ferr&#233;, mais le cul &#233;galement cal&#233; sur une chaise. Et que pour les frissons et l'ivresse, on a d&#251; attendre les pogos du punk &#8211; comme un retour des tribus iroquoises dans les angles morts de la ville&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; la communaut&#233; a fait faux bond, les lascars s'inventent des rites initiatiques, des tempos transgressifs, en rupture avec une soci&#233;t&#233; qui redoute de les voir grandir et veut les enfermer dans la posture d'&#233;ternels immatures picoreurs de vari&#233;t&#233;s, de nouveaut&#233;s, d'&#233;lectro-gadgets&#8230; &#171; &lt;i&gt;L'ensemble de la vie musicale contemporaine est domin&#233; par la forme de la marchandise&lt;/i&gt;, &#233;crit Adorno d&#232;s 1956. &lt;i&gt;Les derniers vestiges pr&#233;capitalistes ont disparu. La musique, &#224; laquelle on accorde avec g&#233;n&#233;rosit&#233; tous les attributs des choses &#233;th&#233;r&#233;es et sublimes, sert essentiellement &#224; la publicit&#233; des marchandises que l'on doit pr&#233;cis&#233;ment acqu&#233;rir pour pouvoir &#233;couter de la musique&lt;/i&gt;.&#8202;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Theodor W. Adorno, Le Caract&#232;re f&#233;tiche dans la musique, Allia, 2001.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le punk a bouscul&#233; l'absorption du rock'n'roll et de l'insatisfaction juv&#233;nile par le show biz, avant d'y basculer &#224; son tour &#8211; &#171; &lt;i&gt;Know your product&lt;/i&gt; &#187;, raillaient The Saints en 1978. &#171; &lt;i&gt;L'&#233;coute r&#233;gressive&lt;/i&gt; &#187; que vomit Adorno &#233;loigne la pulsion dionysiaque et les sentiments communs. &#171; &lt;i&gt;La technicisation en tant que telle peut entrer au service de la r&#233;action la plus grossi&#232;re d&#232;s qu'on en fait un f&#233;tiche et qu'elle donne l'impression, par sa perfection, que les questions sociales en suspens ont, en fait, d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;solues&lt;/i&gt;.&#8202;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant fui le nazisme, Adorno &#233;crit depuis son exil am&#233;ricain, effar&#233; par l'uniformisante culture de masse. Mais la noirceur d&#233;finitive de son analyse ne doit pas cacher la for&#234;t des sons de la rue, que l'estampillage &lt;i&gt;world music&lt;/i&gt; n'enbaumera qu'&#224; la marge. Une m&#233;moire et du d&#233;sir, autant que du sang, de la sueur et des larmes, persistent dans ces rythmes, qu'ils se nomment blues, flamenco, cumbia, latin soul, ska, gnawa, klezmer, java, tzig, mandingue, hip-hop, reb&#233;tiko ou maloya. Et c'est ce qui rend leur souffle universel. Parce que la musique populaire, comme la chante l'ami Fantazio, n'est pas un fond sonore pour galerie marchande. Elle est l&#224; pour tout chambouler, tout faire valser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Deux fanfares se d&#233;fient au centre de la place d'Iguala. Les femmes dansent par deux, face &#224; face, ou toute seule, un b&#233;b&#233; endormi au creux de l'&#233;paule. Parfois avec un homme, s'il insiste. Elles sautillent et balancent leurs bras comme pour le d&#233;but d'une bagarre&lt;/i&gt;. [&#8230;] &lt;i&gt;Tout autour de la piste improvis&#233;e qui s'&#233;largit au fur et &#224; mesure que les gens entrent dans la danse, ceux qui reprennent leur souffle invitent les timides &#224; se joindre &#224; la f&#234;te. Et chaque fois que quelqu'un esquisse le premier pas, un torrent de vivats et de sifflets l'accompagne. Le but, c'est d'unir toute la foule, qu'il y ait de moins en moins de spectateurs et de plus en plus de corps en transe frappant le sol en cadence&lt;/i&gt;.&#8202;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Arraitz, Ibid.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans la musique aussi, les puissances collectives liquident l'individualit&#233; condamn&#233;e, mais seuls les individus s'y r&#233;v&#232;lent en revanche capables de repr&#233;senter clairement le d&#233;sir de collectivit&#233;&lt;/i&gt;. &#187; (Adorno encore, dans un sursaut d'optimisme.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'imposant Gertulio, moustache d'une autre r&#233;volution et joues gr&#234;l&#233;es par la variole, fait son entr&#233;e dans le cercle, ventre en avant. Cet homme ne rit jamais, mais les cris l'encouragent &#224; faire un tour d'honneur. &#192; ce moment-l&#224;, tout est permis. Il bouscule les danseurs, s&#233;pare les couples et agite son foulard au-dessus de sa t&#234;te&#8230;&lt;/i&gt;&#8202;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Punk's not dead.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nicolas Arraitz, &lt;i&gt;Tendre Venin &#8211; de quelques rencontres dans les montagnes indiennes du Chiapas et du Guerrero&lt;/i&gt;, Le Ph&#233;romone, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Theodor W. Adorno, &lt;i&gt;Le Caract&#232;re f&#233;tiche dans la musique&lt;/i&gt;, Allia, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nicolas Arraitz, &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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