<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=6626&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Sport populaire contre sp&#233;culation</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sport-populaire-contre-speculation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Sport-populaire-contre-speculation</guid>
		<dc:date>2018-07-14T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Guillaume</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>centres sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>centre social</dc:subject>
		<dc:subject>centre</dc:subject>
		<dc:subject>centres</dc:subject>
		<dc:subject>Scup</dc:subject>
		<dc:subject>centre historique</dc:subject>
		<dc:subject>sport</dc:subject>
		<dc:subject>Forte Prenestino</dc:subject>
		<dc:subject>Corto Circuito</dc:subject>
		<dc:subject>San Giovanni</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un autre sport est-il possible ? &#192; Rome, les centres sociaux occup&#233;s proposent des activit&#233;s dans les quartiers populaires o&#249; les structures font d&#233;faut. Jusqu'au jour o&#249; le propri&#233;taire de l'espace abandonn&#233; red&#233;couvre un int&#233;r&#234;t pour son bien et convie la police &#224; la f&#234;te. Reportage &#224; Scup : Sport e Cultura Popolare ! Non loin du centre historique et touristique de la ville &#233;ternelle, les quartiers populaires traduisent une autre r&#233;alit&#233;. La crise du logement et le renoncement de l'&#201;tat (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centres-sociaux" rel="tag"&gt;centres sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre-social" rel="tag"&gt;centre social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centres" rel="tag"&gt;centres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Scup" rel="tag"&gt;Scup&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre-historique" rel="tag"&gt;centre historique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sport" rel="tag"&gt;sport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Forte-Prenestino" rel="tag"&gt;Forte Prenestino&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Corto-Circuito" rel="tag"&gt;Corto Circuito&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/San-Giovanni" rel="tag"&gt;San Giovanni&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un autre sport est-il possible ? &#192; Rome, les centres sociaux occup&#233;s proposent des activit&#233;s dans les quartiers populaires o&#249; les structures font d&#233;faut. Jusqu'au jour o&#249; le propri&#233;taire de l'espace abandonn&#233; red&#233;couvre un int&#233;r&#234;t pour son bien et convie la police &#224; la f&#234;te. Reportage &#224; Scup : &lt;i&gt;Sport e Cultura Popolare ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Non loin du centre historique et touristique de la ville &#233;ternelle, les quartiers populaires traduisent une autre r&#233;alit&#233;. La crise du logement&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; Rome 7,5% de l'immobilier est pourtant inutilis&#233;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et le renoncement de l'&#201;tat &#224; proposer des structures sociales accessibles ont abouti &#224; l'&#233;mergence d'une forme d'occupation nouvelle, autog&#233;r&#233;e et horizontale. La capitale italienne compte aujourd'hui une centaine de centres sociaux, comme le Corto Circuito ou le Forte Prenestino, qui a f&#234;t&#233; ses 30 ans le 1er mai dernier. L'activiste italienne Silvia Corti d&#233;finit les Centri Sociali Occupati e Autogestiti. (CSOA) comme &#171; &lt;i&gt;les endroits o&#249; l'on exp&#233;rimente une nouvelle forme d'organisation de vie, &#233;mancip&#233;e des logiques du syst&#232;me capitaliste&lt;/i&gt; &#187;. &#192; San Giovanni, quartier voisin du centre o&#249; les projets d'am&#233;nagements urbains alt&#232;rent toute sociabilit&#233;, le centre social Scup occupe depuis trois ans un b&#226;timent inutilis&#233; par son propri&#233;taire. Les questions relatives &#224; l'organisation de l'espace &#8211; activit&#233;s, manifestations, etc. &#8211; sont d&#233;battues et vot&#233;es lors de l'assembl&#233;e de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scup met en place un espace d'&#233;changes o&#249; se dispensent entre autres des cours de soutien scolaire, de langues, de journalisme, de musiques, etc. Un march&#233; &#233;cologique et populaire, &#171; &#233;cosolpop &#187;, s'y tient tous les mois, et promeut une agriculture saine et abordable. Dans la &lt;i&gt;palestra popolare&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gymnase populaire situ&#233; au sein du centre social.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on danse le hip-hop, le tango ou la samba et se pratiquent des arts martiaux, comme la boxe ou la capoeira. D'autres activit&#233;s sont accessibles : yoga, jonglage, m&#233;ditation et parkour. Tout comme le sport marchand est &#224; l'image de notre soci&#233;t&#233; capitaliste, le sport pratiqu&#233; &#224; Scup est le reflet de cette soci&#233;t&#233; inclusive et autog&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma&#238;tre de capoeira &#224; Scup, Giuliano enseigne depuis plus de 20 ans dans les espaces occup&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Ici le prix est bas, si tu ne peux pas payer tu me donnes moins, ou tu me donnes rien ou tu me donneras plus tard... En club, si tu ne peux pas payer tu ne pratiques pas. Je pourrais enseigner dans un club avec de belles installations et gagner plus d'argent, mais &#231;a ne m'int&#233;resse pas d'enseigner dans un cadre o&#249; on t'exclut pour des raisons financi&#232;res.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sport moderne id&#233;alise un culte de la performance et une mise en comp&#233;tition qui se retrouvent dans notre soci&#233;t&#233; individualiste et s&#233;lective. Les retransmissions t&#233;l&#233;vis&#233;es imposent une pratique diff&#233;renci&#233;e entre hommes et femmes &#224; travers une iniquit&#233; de temps d'antenne &#233;minemment sexiste. &#192; Scup, le sport est un moyen de lutter contre les discriminations, c'est pourquoi le sport popolare et principalement les arts martiaux se pratiquent dans les centres sociaux le plus souvent sans distinction de sexe ou de niveau. Giuliano ajoute : &#171; &lt;i&gt;Le sport est aussi un moyen de connexion avec le territoire et un moyen d'int&#233;resser des gens qui n'auraient jamais mis les pieds dans un centre social pour des raisons politiques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, le 7 mai 2015, la police expulse les occupants de Scup car le propri&#233;taire souhaite y b&#226;tir un centre commercial&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s les membres de l'occupation, la police aurait &#233;t&#233; appel&#233;e par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. La construction de la nouvelle ligne de m&#233;tro a fait monter le prix de l'immobilier et avec, l'avidit&#233; pour cette propri&#233;t&#233; qui auparavant ne l'int&#233;ressait gu&#232;re. Tandis que les tractopelles d&#233;molissaient le centre social, l'assembl&#233;e de Scup se f&#233;d&#232;re avec les habitants du quartier et membres d'autres centres sociaux romains en une assembl&#233;e citadine. La mobilisation d'environ 200 personnes se mua en un cort&#232;ge &#8211; encadr&#233; par la police &#8211; pour d&#233;noncer la sp&#233;culation immobili&#232;re qui place le profit avant les n&#233;cessit&#233;s communes. Mobilis&#233;e ce jour l&#224;, la m&#232;re d'Arturo, quatre ans, t&#233;moigne : son fils autiste pratiquait la capoeira &#224; Scup avec des bambins du m&#234;me &#226;ge tandis que l'&#233;cole maternelle l'avait refus&#233;, pr&#233;textant qu'aucun plan d'inclusion n'avait &#233;t&#233; mis en place par la commune.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2485 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-751-5fbe3.jpg?1768654054' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ussissant &#224; se jouer des forces de l'ordre, la manifestation sauvage a abouti &#224; l'occupation d'un nouvel espace, rep&#233;r&#233; quelques mois auparavant. Le jour m&#234;me de son expulsion, Scup rena&#238;t &#224; un jet de pierre, toujours dans le quartier de San Giovanni, dans un d&#233;p&#244;t de marchandises abandonn&#233; depuis une quinzaine d'ann&#233;es, appartenant &#224; la soci&#233;t&#233; de chemin de fer. Pendant le travail de r&#233;habilitation qui suivit, les activit&#233;s furent temporairement dispens&#233;es en plein air dans le parc voisin. Apr&#232;s une campagne de dons &#8211; le nouvel espace n&#233;cessite un d&#233;samiantage &#8211;, Scup organisait un &#233;v&#233;nement de r&#233;ouverture et f&#234;tait ses trois ans d'existence, le 21 mai 2015. Aujourd'hui, le centre social a repris son activit&#233;, mais son gymnase populaire est de nouveau inqui&#233;t&#233; par les pouvoirs publics&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour continuer de pratiquer leurs activit&#233;s, les centres sociaux devront (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fond&#233; dans les centres sociaux romains, le r&#233;seau &#171; &lt;i&gt;diritto alla citt&#224;&lt;/i&gt; &#187; revendique le droit &#224; la ville en favorisant une sociabilit&#233; de quartier ouverte &#224; toutes et tous. Toujours menac&#233;s, ces espaces autonomes luttent contre l'uniformisation des proc&#233;d&#233;s capitalistes d'urbanisation en proclamant &#171; &lt;i&gt;Roma non si vende !&lt;/i&gt; &#187;. Rome n'est pas &#224; vendre !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; Rome 7,5% de l'immobilier est pourtant inutilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gymnase populaire situ&#233; au sein du centre social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s les membres de l'occupation, la police aurait &#233;t&#233; appel&#233;e par le propri&#233;taire et serait venue malgr&#233; l'absence de mandat l&#233;gal l'autorisant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour continuer de pratiquer leurs activit&#233;s, les centres sociaux devront bient&#244;t s'acquitter d'une somme qui les menace d'extinction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un si&#232;cle et demi d'urbanisme &#224; coups de gourdin</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-siecle-et-demi-d-urbanisme-a</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-siecle-et-demi-d-urbanisme-a</guid>
		<dc:date>2005-02-10T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alessi Dell'Umbria</dc:creator>


		<dc:subject>projet</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>centre</dc:subject>
		<dc:subject>centre historique</dc:subject>
		<dc:subject>pleine expansion</dc:subject>
		<dc:subject>expansion industrielle</dc:subject>
		<dc:subject>Centre directionnel</dc:subject>
		<dc:subject>Jules Mir&#232;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au milieu du XIXe si&#232;cle, en pleine expansion industrielle et portuaire, Marseille se dilate. La bourgeoisie locale veut red&#233;finir le centre de la ville. Des sp&#233;culateurs immobiliers descendent de Paris avec des projets : Jules Mir&#232;s, puis les fr&#232;res Pereire, enrichis dans l'haussmannisation de la capitale. Celle-ci a marqu&#233; une rupture compl&#232;te dans la fa&#231;on d'envisager la ville. D'une part, de puissantes banques drainent une &#233;pargne qu'elles investissent dans des op&#233;rations immobili&#232;res, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no19-janvier-2005" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;19 (janvier 2005)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/projet" rel="tag"&gt;projet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Republique" rel="tag"&gt;R&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre-historique" rel="tag"&gt;centre historique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pleine-expansion" rel="tag"&gt;pleine expansion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/expansion-industrielle" rel="tag"&gt;expansion industrielle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Centre-directionnel" rel="tag"&gt;Centre directionnel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jules-Mires" rel="tag"&gt;Jules Mir&#232;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au milieu du XIXe si&#232;cle, en pleine expansion industrielle et portuaire, Marseille se dilate. La bourgeoisie locale veut red&#233;finir le centre de la ville. Des sp&#233;culateurs immobiliers descendent de Paris avec des projets : Jules Mir&#232;s, puis les fr&#232;res Pereire, enrichis dans l'haussmannisation de la capitale. Celle-ci a marqu&#233; une rupture compl&#232;te dans la fa&#231;on d'envisager la ville. D'une part, de puissantes banques drainent une &#233;pargne qu'elles investissent dans des op&#233;rations immobili&#232;res, r&#233;alis&#233;es par de grandes entreprises qui b&#226;tissent non plus par parcelle mais par &#238;lot. D'autre part, la ville devient un terrain d'intervention de l'&#201;tat, qui se dote des moyens juridiques permettant d'expulser les gens et de planifier les op&#233;rations d'envergure. Cette rencontre du capitalisme concentr&#233; et de l'&#201;tat centralis&#233; constitue l'acte de naissance de l'urbanisme. Le projet de Mir&#232;s pr&#233;voyait la destruction totale de la ville ancienne, majoritairement habit&#233;e par les petites gens, ainsi que l'arasement des collines. Il fut revu &#224; la baisse : une simple avenue perc&#233;e au milieu des vieux quartiers. On commen&#231;a par la d&#233;molition de 1 100 maisons, entra&#238;nant l'expulsion de 16 000 Marseillais. Trente-huit rues disparurent, vingt-trois furent amput&#233;es. Une tranch&#233;e de 250 m&#232;tres de long et 15 de haut fut creus&#233;e entre la colline des Carmes et celles des Moulins, produisant 800 000 tonnes de d&#233;blais. La rue de la R&#233;publique achev&#233;e (alors rue Imp&#233;riale) constitua ainsi une sorte de grand boulevard parisien d'un kilom&#232;tre de long, reliant le Vieux-Port aux nouveaux bassins de la Joliette. Mais ce qui avait fonctionn&#233; &#224; Paris &#233;choua &#224; Marseille. Les &#233;lites locales pr&#233;f&#233;raient se loger au Sud, loin des quartiers populaires. Les beaux appartements ne se vendirent pas, et en 1872 la Cie des fr&#232;res Pereire, incapable d'honorer ses dettes, fut mise en faillite. La ville racheta les immeubles. Des compagnies de navigation vinrent s'y installer. Quant aux appartements, ils finirent par trouver preneurs &#224; des prix bien inf&#233;rieurs &#224; ce que l'on avait pr&#233;vu. Le projet Mir&#232;s continua cependant de hanter les municipalit&#233;s successives. Entre les deux guerres mondiales, on fit ainsi d&#233;truire le quartier de &#171; derri&#232;re-la-Bourse &#187;, puis on envisagea de faire pareil sur la rive nord du Vieux-Port : ce dernier projet fut r&#233;alis&#233; en 1943 quand la Wehrmacht expulsa du jour au lendemain 25 000 personnes et dynamita m&#233;thodiquement les maisons du Vieux-Port.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, alors que le complexe industrialo-portuaire de Fos sortait de terre, Defferre voulut r&#233;aliser un Centre directionnel, destin&#233; &#224; accueillir &#224; Marseille les bureaux des entreprises install&#233;es &#224; Fos. Ce projet concernait les terrains de &#171; derri&#232;re-la-Bourse &#187;, d&#233;j&#224; d&#233;gag&#233;s, et le secteur des Carmes et de la Porte d'Aix, qui fut d&#233;moli. Le projet tourna vite court : d&#232;s 1975, il &#233;tait &#233;vident que la gestion des usines se faisait &#224; Paris, Francfort ou New-York, et non pas &#224; Marseille : le Centre directionnel se r&#233;duisit finalement &#224; peu de chose. N&#233;anmoins, il permit de neutraliser encore un morceau du centre historique. Le projet Eurom&#233;diterran&#233;e, con&#231;u au d&#233;but des ann&#233;es 1990 par les technocrates de la Datar et approuv&#233; par la municipalit&#233; Vigouroux (PS), pr&#233;tend d&#233;passer l'&#233;chec du Centre directionnel. Il s'agit d'une vaste op&#233;ration immobili&#232;re visant &#224; b&#226;tir des immeubles de bureaux et d'habitation middle class, &#224; r&#233;cup&#233;rer une partie du port pour en chasser toute activit&#233; maritime et b&#226;tir une s&#233;rie de galeries marchandes. Eurom&#233;diterran&#233;e entend d&#233;finir une n&#233;o-centralit&#233; urbaine, affranchie des pesanteurs sociales du centre traditionnel o&#249; les pauvres ont r&#233;ussi &#224; se cramponner. Car la question est bien l&#224; : toutes ces d&#233;molitions, qui ont abouti &#224; d&#233;figurer le centre historique de Marseille, n'ont pas r&#233;ussi pour autant &#224; constituer un v&#233;ritable centre bourgeois (l'&#233;chec de la rue de la R&#233;publique en t&#233;moigne). Le Marseille prol&#233;taire a continu&#233; de r&#233;sister comme cette ville sait le faire, par inertie. Eurom&#233;diterran&#233;e entend donc recr&#233;er un centre, d&#233;cal&#233; par rapport au centre g&#233;ographique de la ville, fond&#233; sur le tertiaire sup&#233;rieur, les technologies de pointe et le business culturel. L'obsession de Vigouroux puis de Gaudin (faire revenir les classes moyennes &#224; Marseille) trouverait ainsi un aboutissement. Cent cinquante ans apr&#232;s, la rue de la R&#233;publique incarne encore la lutte pour l'h&#233;g&#233;monie urbaine. Au XIXe si&#232;cle, on fit appel aux capitalistes parisiens, au XXIe on compte sur les capitalistes am&#233;ricains. De la formation de l'&#201;tat-Nation &#224; la mondialisation du capital, c'est un cycle historique complet qui a &#233;t&#233; accompli rue de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Selection-immobiliere'&gt;&#171; S&#233;lection immobili&#232;re &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
