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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Reportage : Comment peut-on parler breton ?</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, au milieu du XIXe si&#232;cle, alors que la bourgeoisie urbaine bretonne abandonnait la langue, certains observateurs en mal d'exotisme pensaient c&#244;toyer les derniers locuteurs bretons. Apr&#232;s un si&#232;cle d'inexorable d&#233;clin de la langue, le &#171; breton &#187; est t&#234;tu et n'a pas prononc&#233; son dernier souffle. Nom d'un kouign amann ! Ce lundi du mois d'avril, l'&#233;tat de la soir&#233;e est d&#233;j&#224; bien avanc&#233; au zinc du bar-tabac du bourg de Guerlesquin (Finist&#232;re). Quand on leur demande s'ils connaissent le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, au milieu du XIXe si&#232;cle, alors que la bourgeoisie urbaine bretonne abandonnait la langue, certains observateurs en mal d'exotisme pensaient c&#244;toyer les derniers locuteurs bretons. Apr&#232;s un si&#232;cle d'inexorable d&#233;clin de la langue, le &#171; breton &#187; est t&#234;tu et n'a pas prononc&#233; son dernier souffle. Nom d'un &lt;i&gt;kouign amann !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce lundi du mois d'avril, l'&#233;tat de la soir&#233;e est d&#233;j&#224; bien avanc&#233; au zinc du bar-tabac du bourg de Guerlesquin (Finist&#232;re). Quand on leur demande s'ils connaissent le breton, les piliers de comptoirs pr&#233;sents se confient volontiers. Tous le parlent et l'ont appris dans leur famille. &#171; &lt;i&gt;Mon grand fr&#232;re s'est m&#234;me enfui de l'&#233;cole le premier jour, parce qu'il ne comprenait rien &#224; ce qu'on lui disait. C'est ma s&#339;ur qui a d&#251; le ramener par les oreilles&lt;/i&gt; &#187;, s'amuse un sexag&#233;naire qui a travaill&#233; toute sa vie chez Tilly, baron de l'industrie locale du poulet. &#171; &lt;i&gt;Moi, j'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233; par des cur&#233;s qui nous interdisaient le breton ! Faut voir comment, les vaches !&lt;/i&gt; &#187;, explose Herv&#233;, un quinquag&#233;naire de la commune voisine de Loguivy-Plougras, fan de Francis Cabrel. Pour Olivier, un couvreur qui a grandi dans les ann&#233;es 1970 &#224; Gourin, plus au sud, puis a exerc&#233; mille m&#233;tiers dans la r&#233;gion parisienne, c'est moins le stigmate de la langue que le m&#233;pris social qu'il a eu &#224; subir : &#171; &lt;i&gt;Arriv&#233;s au coll&#232;ge, on nous faisait sentir qu'on &#233;tait des bouseux et que &#231;a s'arr&#234;tait l&#224; pour nous. M&#234;me quand j'&#233;tais gardien d'immeuble en banlieue, les jeunes m'appelaient &#8220;le plouc&#8221; !&lt;/i&gt; &#187;, dit-il en souriant, sans ressentiment apparent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-756-5ed92.jpg?1782658444' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Herv&#233;, bar-tabac de Guerlesquin (Finist&#232;re).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; On parle breton &#224; son cheval et fran&#231;ais &#224; son tracteur &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la proph&#233;tie de la disparition du dernier bretonnant &#224; l'or&#233;e des ann&#233;es 2000, force est de constater qu'on trouve encore facilement des locuteurs de breton. Le bilan n'en reste pas moins brutal. Du d&#233;but du XXe si&#232;cle &#224; 1950, on estime qu'un million de personnes ont maintenu la langue dans la r&#233;gion Bretagne. Aujourd'hui, ils ne sont plus qu'environ 200 000 &lt;i&gt;brezoneger&lt;/i&gt;, dont 70 % &#226;g&#233;s de plus de 60 ans, soit une diminution de 85 % en soixante ans. Avec l'&#233;clipse de toute une g&#233;n&#233;ration, le passage en dessous des 100 000 locuteurs est pronostiqu&#233; vers 2040.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francis Favereau a commenc&#233; &#224; collecter les mots du breton de Poullaouen lors de son premier poste de prof d'anglais dans la r&#233;gion de Carhaix, dans les ann&#233;es 1970, &#224; l'&#233;poque o&#249; la vie sociale baignait encore dans l'idiome local. Il est aujourd'hui auteur du dictionnaire qui porte son nom : &#171; &lt;i&gt;Il y a quarante ans, Pierre-Jakez Helias &#233;crivait d&#233;j&#224; &#8220;le breton va mourir au XXI e si&#232;cle&#8221;, en fait il y a une r&#233;manence &#233;norme parce que les gens vivent plus vieux et, qu'&#224; la retraite, ils reviennent &#224; leurs racines et reparlent. Donc le bain continue. Dans la r&#233;alit&#233;, c'est un peu ce qui se passe partout, au pays de Galles comme au Pays basque, il y a beaucoup de symbolique dans le renouveau breton et ce n'est pas que militant. J'ai parl&#233; breton &#224; mes enfants qui sont adultes maintenant, ils ont &#233;t&#233; dans les &#233;coles Diwan, mais, aujourd'hui ils en ont des usages tr&#232;s diff&#233;rents. On jongle en permanence entre les langues, c'est compliqu&#233;&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel parcours cette langue a-t-elle emprunt&#233; pour conna&#238;tre un tel d&#233;clin ? L'explication tient, d'une part, &#224; une volont&#233; politique de l'&#201;tat jacobin de brider l'apprentissage de la langue, et d'autre part, aux profondes modifications sociales et d&#233;mographiques du terroir bretonnant. On &#233;voque la &#171; coupure &#187; du milieu des ann&#233;es 1950, moment o&#249; les familles ont massivement cess&#233; de transmettre &#224; leurs enfants une langue v&#233;cue comme rurale, archa&#239;que, voire obscurantiste. &#171; &lt;i&gt;On parlait breton &#224; son cheval et fran&#231;ais &#224; son tracteur&lt;/i&gt; &#187;, cette phrase de paysan marque &#224; la fois la disparition de la soci&#233;t&#233; paysanne traditionnelle et l'inadaptation du breton au monde moderne. En 1752 d&#233;j&#224;, on pouvait lire dans la pr&#233;face du &lt;i&gt;Dictionnaire de langue bretonne&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est &#224; noter que le premier dictionnaire en Occident, le Catolicon (1464) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de Le Pelletier : &#171; &lt;i&gt;La langue bretonne, telle qu'on la parle aujourd'hui, n'est pas fort abondante. Les termes d'Art, de Science, de Commerce, de Politique et de la plupart des m&#233;tiers lui sont inconnus. Renferm&#233;e dans la campagne, elle ne met en &#339;uvre que des termes de la maison rustique.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'inverse d'une utilit&#233; &#233;conomique du breton &#224; peu pr&#232;s nulle, le fran&#231;ais, lui, permet &#171; &lt;i&gt;d'aller partout&lt;/i&gt; &#187;, comme le notait l'&#233;crivain Pierre-Jakez Helias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet abandon de la langue ne s'est pas fait sans un sacr&#233; coup de main de l'&#201;tat central. &#192; partir de la R&#233;volution fran&#231;aise, le combat contre les langues r&#233;gionales devient un enjeu politique pour la bourgeoisie parisienne. Si le fran&#231;ais a &#233;t&#233; substitu&#233; au latin pour les textes juridiques avec l'ordonnance de Villers-Cotter&#234;ts en 1539, il devient avec la premi&#232;re R&#233;publique la langue nationale unique. L'abb&#233; Gr&#233;goire et le jacobin Barr&#232;re partent en croisade contre ces &#171; &lt;i&gt;patois&lt;/i&gt; &#187; qui sont autant d'entraves &#224; la diffusion des id&#233;aux du nouvel &#233;tat. Pour Barr&#232;re, &#171; &lt;i&gt;le f&#233;d&#233;ralisme et la superstition parlent bas-breton&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, pour la pr&#233;traille et les nobliaux, la langue bretonne peut servir de sanctuaire aux id&#233;aux de l'Ancien R&#233;gime. Mais, tous les bretonnants n'adh&#232;rent pas &#224; cette base contre-r&#233;volutionnaire. Dans ses &lt;i&gt;M&#233;moires d'un paysan bas-breton&lt;/i&gt;, ouvrage r&#233;dig&#233; en 1904 mais publi&#233; en 2001&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Livre qui a connu un v&#233;ritable succ&#232;s de librairie avec plus de 300 000 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, Jean-Marie D&#233;guignet, paysan anarchisant, note : &#171; &lt;i&gt;Ces r&#233;gionalistes travaillent &#224; parquer les exploit&#233;s en s'effor&#231;ant, en recommandant &#224; leurs sous-ordres, petits cur&#233;s et petits ma&#238;tres d'&#233;cole, de maintenir parmi les enfants, petits et grands, la langue et les vieilles m&#339;urs bretonnes. Car ces coquins savent bien que tant qu'on tiendra les Bretons dans ces m&#339;urs sauvages, et tant qu'ils ne pourront lire que des livres bretons qui ne sont tous que des livres religieux, ceux-ci resteront dans l'abrutissement, dans l'avachissement et dans l'imb&#233;cillit&#233;, c'est-&#224;-dire dans les meilleures conditions possibles pour &#234;tre exploit&#233;s sous toutes les coutures.&lt;/i&gt; &#187; On est alors en pleine bataille pour la la&#239;cit&#233;. En 1913, le socialiste libertaire &#201;mile Masson enrage de voir l'enjeu du breton confisqu&#233; par les r&#233;actionnaires : &#171; &lt;i&gt;Si ce pays est le refuge de la r&#233;action, c'est la faute des r&#233;volutionnaires qui n'ont pas su le gagner &#224; eux, et qui m&#234;me font tout ce qu'ils peuvent pour an&#233;antir en tant que peuple, un peuple essentiellement r&#233;volutionnaire, par le seul fait qu'ils lui refusent le droit de parler sa langue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole r&#233;publicaine choisit d'interdire les &#171; patois &#187; de fa&#231;on coercitive. Jusqu'au milieu du si&#232;cle pass&#233;, un enfant surpris en train de parler sa langue maternelle, m&#234;me pendant la r&#233;cr&#233;ation, pouvait se voir affubler d'un objet symbolique humiliant en guise de punition : &#171; le symbole &#187; ou &#171; sabot de bois &#187; en Basse-Bretagne, &#171; le t&#233;moin &#187; en pays d'Oc, la &#171; buchette &#187; (&lt;i&gt;b&#252;xeta&lt;/i&gt;) dans le Pays basque. Jean-Pierre Le Guyader &#171; paysan-animateur &#187; &#224; Radio Kreiz Breizh, qui anime l'&#233;mission en breton &#171; &lt;i&gt;Tud deus ar vro&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Les gens du pays &#187;), peut aussi t&#233;moigner de cette brutalit&#233; de l'interdiction du breton &#224; l'&#233;cole de son village, dans le Tr&#233;gor : &#171; &lt;i&gt;Il n'y avait pas de r&#233;volte face &#224; l'autorit&#233; &#224; l'&#233;poque, si tu te prenais une trempe &#224; l'&#233;cole, tu en prenais une deuxi&#232;me &#224; la maison. Mais j'ai connu un instituteur, lui-m&#234;me bretonnant, qui avait franchi les limites. Il avait voulu revenir &#224; sa retraite s'installer dans le village, mais ses anciens &#233;l&#232;ves, devenus de solides gaillards lui ont fait comprendre qu'il n'avait pas laiss&#233; un bon souvenir. D'autres instituteurs &#233;taient plus souples.&lt;/i&gt; &#187; &#192; cette interdiction s'ajoute le m&#233;pris distill&#233; par le parisianisme vis-&#224;-vis de la &#171; province&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tymologiquement, la province &#8211; pro vincere &#8211; est le &#171; pays vaincu &#187; par Rome.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;. Le succ&#232;s rencontr&#233; par la bande dessin&#233;e &lt;i&gt;B&#233;cassine&lt;/i&gt; entre 1905 et 1950 symbolise les contours de ce m&#233;pris : Anna&#239;ck Labornez, dite B&#233;cassine, est une bonniche bretonne mont&#233;e &#224; Paris et engag&#233;e par une grande famille bourgeoise parisienne. Bien brave mais totalement ignorante et gourde, elle ne parle jamais, le dessinateur n'ayant m&#234;me pas jug&#233; bon de lui dessiner de bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La coupure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscientes ou non du complexe de B&#233;cassine, les femmes bretonnes ont vu dans l'abandon du breton une aubaine pour s'&#233;manciper du patriarcat traditionnel et de l'influence des pr&#234;tres. La sociologue Anne Guillou souligne le r&#244;le des femmes dans la d&#233;sertion de la langue apr&#232;s-guerre : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;pouses, les m&#232;res, &#233;taient plus sensibles &#224; l'inconfort et la mis&#232;re du monde rural et elles ont vu dans le changement de langue un moyen d'extraire leurs enfants d'une vie dont elles ne voulaient plus.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Les femmes, la terre, l'argent, &#233;d. Coop Breizh, 1996.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; Yuna, &#233;l&#232;ve au lyc&#233;e Diwan de Carhaix, se souvient de la r&#233;action de sa grand-m&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Mes grands-parents communiquaient en breton entre eux, mais ils ne l'ont pas appris &#224; mon p&#232;re. J'ai pu parler en breton avec ma grand-m&#232;re, qui &#233;tait l&#233;onarde&lt;/i&gt; [de la r&#233;gion du L&#233;on, Finist&#232;re nord], &lt;i&gt;mais elle n'aimait pas trop &#231;a, car elle avait v&#233;cu l'interdiction de parler breton &#224; l'&#233;cole et pour elle, c'&#233;tait une langue arri&#233;r&#233;e. Elle ne comprenait pas le choix de mes parents de me mettre dans une &#233;cole bretonne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Le Bail fait partie de la g&#233;n&#233;ration de cette fameuse &#171; coupure &#187; qui s'est faite dans les ann&#233;es 1950, o&#249; les bretonnants ont &#233;t&#233; &#224; la fois victimes de l'ostracisation de leur langue et acteurs de sa non-transmission. N&#233; en 1932, il est revenu, apr&#232;s une carri&#232;re &#224; la RATP, prendre sa retraite dans son village natal de Langonnet dans le Morbihan. Le fleuve L'Ell&#233; qui passe non loin marque la fronti&#232;re linguistique entre le dialecte vannetais et le cornouaillais. &#192; toutes fins utiles, &#224; Langonnet, &#171; pluie &#187; se dit &#171; &lt;i&gt;glao&lt;/i&gt; &#187; alors qu'&#224; une dizaine de kilom&#232;tres &#224; l'ouest, on ne prononce pas le &#171; o &#187; et l'on dit &#171; &lt;i&gt;gla&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je suis parti &#224; Paris en 1950, j'avais 18 ans&lt;/i&gt;, nous raconte-t-il. &lt;i&gt;J'ai appris le fran&#231;ais vers 6-7 ans en allant &#224; l'&#233;cole catholique, mais le cat&#233;chisme se faisait encore en breton. Par ici, c'&#233;tait une communaut&#233; de cultivateurs qui s'entraidaient beaucoup. Toutes les activit&#233;s &#8211; les corv&#233;es, le broyage des pommes, les battages, les blagues, les veill&#233;es, etc. &#8211; se faisaient en breton. C'&#233;tait notre langue de tous les jours. Avec le travail, je me suis francis&#233;. Comme je travaillais dans les transports, j'ai vu toute la transformation de la banlieue parisienne, j'&#233;tais pris dans un autre bain. Puis arriv&#233; &#224; la retraite, avec la fr&#233;quentation des cercles celtiques et le th&#233;&#226;tre, je me suis remis dans l'ambiance de la Bretagne. Gr&#226;ce &#224; cela, j'ai pu rencontrer des bretonnants de partout, y compris des jeunes, qui parlent mieux le breton que moi. Je regrette que les autorit&#233;s de l'&#233;poque nous aient interdit de parler le breton. On aurait eu la possibilit&#233; d'apprendre les deux langues, &#231;a aurait &#233;t&#233; enrichissant, on n'&#233;tait pas plus idiots que les autres. Maintenant, on ne rattrapera plus le retard ! Les jeunes qui l'apprennent, je ne sais pas s'ils auront l'occasion de beaucoup le parler.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-758-667dd.jpg?1782658444' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Boulistes &#224; Cavan (C&#244;tes d'Armor).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus au nord, Cavan est un patelin des C&#244;tes d'Armor r&#233;put&#233; pour sa politique de pr&#233;servation de la langue. Dans les all&#233;es &#224; c&#244;t&#233; de &lt;i&gt;Ti ar Vro&lt;/i&gt; (Maison du peuple), o&#249; s'est constitu&#233; un important centre d'archives en langue bretonne, nous croisons une douzaine d'anciens qui jouent &#224; la boule bretonne, en &#233;quipe mixte, avec l'espi&#232;glerie de vrais gamins. &#171; &lt;i&gt;Graet eo !&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; le point est fait &#187;. Ici les commentaires de jeu se font en breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous, on ne parle pas le &#8220;vrai breton&#8221;, c'est pas le breton litt&#233;raire. On n'a pas le m&#234;me breton que le breton &#8220;appris&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, semble s'excuser Odile en avalant les &#171; r &#187; &#8211; une prononciation de consonne r&#233;troflexe que certains Tr&#233;gorois partagent avec les Anglo-Saxons et les Chinois. &#171; &lt;i&gt;On n'a pas appris &#224; nos enfants, ni aux petits-enfants. D'ailleurs quand je ne veux pas que les petits sachent&lt;/i&gt; [ce que je dis]&lt;i&gt; alors je parle en breton&lt;/i&gt; &#187;, s'amuse-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'opprobre nationaliste au &lt;i&gt;made in Breizh&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le breton s'est un peu pr&#233;serv&#233; comme une langue populaire secr&#232;te, il a &#233;t&#233; &#233;galement travers&#233; par des politiques contrari&#233;es de sauvegarde et a fait l'objet d'inqui&#233;tantes vis&#233;es id&#233;ologiques. &#192; Guerlesquin, Henri Bideau, conf&#233;rencier pour le patrimoine, trace &#224; grands traits l'histoire du pays et de la langue : &#171; &lt;i&gt;Guerlesquin est une des rares communes o&#249; les textes administratifs &#233;taient r&#233;dig&#233;s en bilingue jusqu'&#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale. La tradition de protection linguistique &#233;tait notamment port&#233;e au XIXe et d&#233;but XXe, par le barde breton Prosper Proux puis par Charles Rolland &#8211; &#233;galement militant socialiste &#224; qui l'on doit une traduction de &#171; L'Internationale &#187; en breton. Puis le mouvement nationaliste des ann&#233;es 1920 s'est bas&#233; sur une identit&#233; r&#233;invent&#233;e qui tourne le dos au folklorisme romantique du XIXe si&#232;cle. La plupart des embl&#232;mes, comme le drapeau Gwenn ha du, qu'on pense faire partie du patrimoine &#233;ternel de la Bretagne, ont &#233;t&#233; invent&#233;s &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 14-18, en raison du lourd tribut pay&#233; par les Bretons, il y eut une tentative de faire reconna&#238;tre le breton &#224; travers la p&#233;tition de Yan Ber Kalloc'h, puis les mairies de Basse-Bretagne se montr&#232;rent favorables aux mesures d'enseignement dans les &#233;coles. Mais c'est bien parce que sous la IIIe R&#233;publique on a tard&#233; &#224; s'emparer de l'unification orthographique du breton, condition premi&#232;re de son enseignement institutionnel, que la clique pro-nazie des militants du Breiz Atao a pu s'emparer de cette question par opportunisme historique durant l'Occupation, moment o&#249; le IIIe Reich s'appuie sur certains courants autonomistes pour favoriser l'&#233;mergence d'une Europe ethnicis&#233;e. Depuis 1908, l'unification des dialectes de la Cornouaille (Kernev), du L&#233;on et du Tr&#233;gor, dite K.L.T., &#233;tait d&#233;j&#224; effective, mais laissait le vannetais, parl&#233; dans le Morbihan, avec sa graphie propre. Sous l'&#233;gide de l'Institut celtique dirig&#233; par Roparz Hemon, la nouvelle orthographe &lt;i&gt;peurunw&lt;/i&gt;an (&#171; totalement unifi&#233;e &#187;) est adopt&#233;e en 1941 sous le patronage allemand du professeur Leo Weisgerber. M&#233;prisant &#224; l'&#233;gard des dialectes, Roparz Hemon, esprit glacial produit par l'&#233;litisme fran&#231;ais, a finalement appliqu&#233; une vision tr&#232;s centraliste au breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que contest&#233;e dans certains milieux universitaires et litt&#233;raires, la graphie &lt;i&gt;peurunwan&lt;/i&gt; s'impose dans l'apr&#232;s-guerre et s'institutionnalise aujourd'hui. Cette origine honteuse de l'orthographe unifi&#233;e, dite KLTG&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Car incluant cette fois le vannetais (gwenedeg).&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, continue r&#233;guli&#232;rement &#224; entacher le climat politique breton. La parution du livre de Fran&#231;oise Morvan, &lt;i&gt;Le Monde comme si&lt;/i&gt; (Actes sud) en 2002, r&#233;cit d'une d&#233;sillusion personnelle face aux d&#233;rives identitaires du milieu bretonnant, a r&#233;anim&#233; bien des cadavres embarrassants, en rappelant les liens ambigus avec la p&#233;riode de la Collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-755-4e84f.jpg?1782658444' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Louis Le Bail &#224; Langonnet (Morbihan).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Factuellement et sur le fond, je suis plut&#244;t d'accord avec Fran&#231;oise Morvan,&lt;/i&gt; nous confie Francis Favereau, &lt;i&gt;mais la pol&#233;mique intervient &#224; un moment o&#249; la plupart des acteurs du breton ne veulent pas revenir sur ce qui a &#233;t&#233; institutionnalis&#233; depuis longtemps.&lt;/i&gt; &#187; On ne saurait par ailleurs r&#233;duire la pratique de la langue en l'associant &#224; une seule id&#233;ologie. Avant la Seconde Guerre, il y a eu un fort mouvement bretonnant communiste, autour de Marcel Cachin. De m&#234;me, les maquis de la R&#233;sistance en Centre Bretagne &#233;taient largement bretonnants. Aussi, les luttes sociales et &#233;cologiques des ann&#233;es 1970 en Bretagne, du Joint fran&#231;ais &#224; Plogoff, ont orient&#233; nettement &#224; gauche le renouveau de la langue. Enfin, la vitalit&#233; culturelle de la musique bretonne, que d&#233;fend notamment le chanteur Erik Marchand loin des paillettes n&#233;oceltiques, pr&#244;ne l'ouverture au monde plut&#244;t que le repli identitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, comme une frange s'est compromise dans la Collaboration, et que la plupart des protagonistes seront contraints &#224; l'exil, le mouvement breton va mettre 15 ans &#224; se reconstituer&lt;/i&gt;, poursuit Henri Bideau. &lt;i&gt;Encore aujourd'hui, l'imagerie de la Bretagne est model&#233;e par un noyau ultra minoritaire, issu de l'id&#233;ologie nationaliste, que tu retrouves &#224; la t&#234;te des collectivit&#233;s territoriales ou dans les entreprises. Ainsi, le lobby patronal constitu&#233; autour de l'Institut de Locarn a financ&#233; le projet d'inspiration catholique des statues de la Vall&#233;e des Saints, qui comm&#233;more les saints patrons de Bretagne. Aujourd'hui, la vague bretonne est investie par le marketing. Les centres Leclerc en font leur marque de fabrique en inscrivant &#8220;Degemer mat&#8221; (&#8220;bienvenue&#8221;) sur leurs enseignes.&lt;/i&gt; &#187; Depuis la fin des ann&#233;es 1970, le breton a cess&#233; d'&#234;tre d&#233;pr&#233;ci&#233; par les pouvoirs publics qui s'appuie sur un patronat breton tr&#232;s puissant. En 1973, on pouvait lire dans le bulletin du Celib, groupe de pression patronal breton, une ode &#224; &#171; &lt;i&gt;l'esprit celtique&lt;/i&gt; &#187;, cens&#233;e chanter la &#171; &lt;i&gt;mobilit&#233;, la libert&#233;&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Fascin&#233; par l'aventure&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;marin, soldat, missionnaire, le Celte est partout&lt;/i&gt; &#187;. Un vrai mod&#232;le pour l'entrepreneur moderne, quoi ! &#171; &lt;i&gt;La Bretagne a un p&#233;trole fabuleux : son identit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait encore, en 1998, Jean-Jacques Goasdou&#233;, membre du petit cercle fondateur de l'Institut de Locarn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Favereau, &#171; &lt;i&gt;le breton des ann&#233;es 2000 est pris dans toutes ces contradictions socio-&#233;conomiques li&#233;es &#224; la modernisation de la Bretagne, mais, politiquement, il fait l'unanimit&#233;. M&#234;me au conseil r&#233;gional, o&#249; si&#232;gent d&#233;sormais quelques &#233;lus Front national, tout le monde appuie les initiatives de soutien &#224; la langue.&lt;/i&gt; &#187; &#192; la diff&#233;rence des &#226;pres pol&#233;miques li&#233;es au discours en langue corse de Jean-Guy Talamoni &#224; l'assembl&#233;e de Corse, l'utilisation du breton par Paul Molac, &#233;lu r&#233;gionaliste apparent&#233; socialiste, lors d'une allocution au conseil r&#233;gional, n'a d&#233;clench&#233; aucune lev&#233;e de boucliers jacobins. Le 14 avril dernier, lors d'un &#233;v&#233;nement des D&#238;ners celtiques &#224; Paris, association li&#233;e aux patrons bretons Bollor&#233; et Leclerc, Jean-Yves Le Drian, qui jongle all&#232;grement entre son k&#233;pi de ministre de la D&#233;fense et son chapeau rond de pr&#233;sident de r&#233;gion, se retrouvait &#224; entonner le &#171; Bro Gozh ma zado&#249; &#187;, l'hymne national officieux breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis &#224; la remorque du marketing &#171; &lt;i&gt;Produit en Bretagne&lt;/i&gt; &#187;, l'argument identitaire de fa&#231;ade fait taire des diff&#233;rences politiques fondamentales, les diff&#233;rences de classe ou les modifications de rapport de production. Le mouvement des bonnets rouges a &#233;t&#233; symptomatique de cette confusion, en cherchant &#224; r&#233;unir un &#233;ventail tr&#232;s large de gens aux int&#233;r&#234;ts divers, voire antagonistes : entrepreneurs et prol&#233;taires, routiers, militants anti-imp&#244;ts, d&#233;fenseurs du mod&#232;le productiviste agro-industriel, natios, stars de la musique n&#233;oceltique, gauchistes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Breton naturel ou breton &#171; chimik &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur des monts d'Arr&#233;e, nous rencontrons l'auteur d'un petit pamphlet&lt;i&gt; Breizh ma brute, ou comment d&#233;fendre la langue bretonne sans &#234;tre nationaliste ?&lt;/i&gt;, qui, sous le pseudo d'Ildut Derrien, fustige l'instrumentalisation d'une langue r&#233;invent&#233;e &#224; des fins identitaires, tout en refusant de jeter le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain. &#171; &lt;i&gt;Au-del&#224; des oripeaux syntaxiques et lexicaux qui tiennent du breton, le n&#233;o-breton est une langue de militant, id&#233;ologique et moderne. Elle a &#233;t&#233; pass&#233;e au crible du celtisme. Le contraste avec le breton d'avant, ce n'est pas qu'il &#233;tait mieux, mais que c'&#233;tait une langue de paysans et de marins-p&#234;cheurs. Maintenant tout est trafiqu&#233;, hors sol. Le n&#233;o-breton ne sert que pour une administration artificielle de substitution et pour la galerie identitaire. Dans le m&#234;me temps, les nationalistes continuent &#224; m&#233;priser ce qu'ils appellent les &#8220;patois&#8221;. Or, plus on s'&#233;loigne de l'instrumentalisation de la langue, plus on se rapproche de la respiration po&#233;tique du breton. La Bretagne est beaucoup plus int&#233;ressante que son fantasme celtique. Ce qui est s&#251;r, c'est que, quelle que soit la forme de breton que tu apprends, si &#8220;chimik&#8221; soit-il, tu as toujours int&#233;r&#234;t &#224; te rapprocher du breton dialectal : cours voir les vieux, impose-leur le fait que tu veuilles parler en breton, ce qui est d&#233;j&#224; un travail en soi, et chope tout ce que tu peux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yuna, la lyc&#233;enne de Diwan, a bien conscience de cette d&#233;marcation entre les dialectes populaires et le breton unifi&#233; : &#171; &lt;i&gt;En comparant avec le breton des anciens, ils disent carr&#233;ment qu'on a &#8220;un breton chimique&#8221; et ne nous comprennent pas. Mais c'est int&#233;ressant de voir les diff&#233;rentes prononciations.&lt;/i&gt; &#187; Tanguy, jeune prof de physique-chimie au m&#234;me lyc&#233;e Diwan, reconna&#238;t que l'usage du n&#233;o-breton peine &#224; devenir une langue du quotidien : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de n&#233;o-bretonnants form&#233;s &#224; Diwan se sont rendu compte qu'il leur manquait le vocabulaire de l'intime pour vraiment transmettre naturellement &#224; leurs enfants une langue apprise acad&#233;miquement. &#192; travers plusieurs g&#233;n&#233;rations d'&#233;l&#232;ves de Diwan que je connais, j'ai pu constater qu'ils ne pratiquent pas beaucoup la langue en dehors de l'&#233;cole. Il faut un autre d&#233;clic. Ils y reviennent parce qu'ils y trouvent un autre sens, culturel, associatif ou autre. Pour autant, si les anciens &#233;taient dans une certaine culpabilisation, nous, les n&#233;o-bretonnants n'avons plus de complexe. On essaie de faire de notre mieux, on a encore beaucoup &#224; apprendre, mais il faut parler, c'est tout.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2491 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-757-52920.jpg?1782658444' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Francis Favereau &#224; Guingamp.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une chose est certaine, l'apprentissage du breton par les nouvelles g&#233;n&#233;rations ne se fait pas sous le sceau de l'utilitarisme : seulement 2 000 personnes travaillent actuellement &#171; &lt;i&gt;avec le breton&lt;/i&gt; &#187;, dans l'enseignement, l'animation, la culture et les m&#233;dias. L'argument du bilinguisme, comme stimulant intellectuel et ouverture vers d'autres langues, est fr&#233;quemment avanc&#233; pour justifier le choix de suivre l'enseignement en immersion des &#233;coles associatives Diwan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'on compte plus de panneaux indicateurs bilingues que de personnes capables de les comprendre, peut-on affirmer que &lt;i&gt;brezoneg not dead&lt;/i&gt; ? Gildas, prof &#224; Diwan, nous livre sa vision de l'&#233;tat des lieux : &#171; &lt;i&gt;Il y a toujours diff&#233;rents courants contradictoires dans la pratique d'une langue. Il y a bien s&#251;r un courant de puristes qui am&#232;ne un peu de lourdeur, mais, en gros, les pratiques sont tr&#232;s diverses. La tendance actuelle, c'est quand m&#234;me d'aller vers le breton populaire, ce qui n'a pas toujours &#233;t&#233; le cas. Le fait de dire &#8220;Ma grand-m&#232;re disait comme &#231;a&#8221; rend l&#233;gitime les variations de la langue. &#192; l'oppos&#233;, il y a une institutionnalisation du breton qui correspond aussi &#224; une &#233;volution des classes sociales qui pratiquent le breton : moins rurales, moins manuelles, plus dipl&#244;m&#233;es, plus ins&#233;r&#233;es socialement&#8230; Le danger serait de figer la langue dans des codes qui excluraient et soumettraient certains locuteurs. Il faudrait peut-&#234;tre que la langue refasse le chemin de la transgression.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Merci &#224; Goulven Ar Gac, Pierre-Yves Marzin, Bruno Dante &amp; Nicolas Rami.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photos : &lt;a href=&#034;http://martin-barzilai.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est &#224; noter que le premier dictionnaire en Occident, le &lt;i&gt;Catolicon&lt;/i&gt; (1464) est un dictionnaire latin-breton-fran&#231;ais, &#233;tabli par le Tr&#233;gorrois Jehan Lagadeuc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Livre qui a connu un v&#233;ritable succ&#232;s de librairie avec plus de 300 000 exemplaires vendus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;tymologiquement, la province &#8211; &lt;i&gt;pro vincere&lt;/i&gt; &#8211; est le &#171; pays vaincu &#187; par Rome.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;In &lt;i&gt;Les femmes, la terre, l'argent&lt;/i&gt;, &#233;d. Coop Breizh, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Car incluant cette fois le vannetais (gwenedeg).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les patrons bretons en embuscade</title>
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		<dc:date>2014-04-17T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G. Ar Gag</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Felder</dc:subject>
		<dc:subject>Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;conomique</dc:subject>
		<dc:subject>Bretons</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;veloppement &#233;conomique</dc:subject>
		<dc:subject>bonnets rouges</dc:subject>
		<dc:subject>Bonnets</dc:subject>
		<dc:subject>l'Institut</dc:subject>
		<dc:subject>Strat&#233;gies Internationales</dc:subject>
		<dc:subject>Internationales &#339;uvre</dc:subject>
		<dc:subject>Roch</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A Locarn, petite commune de 500 habitants dans les C&#244;tes-d'Armor, que la tradition populaire situe &#171; sept lieues apr&#232;s l'enfer &#187; du fait de son isolement et de l'&#226;pret&#233; de son climat, les langues ne se d&#233;lient pas facilement quand on &#233;voque le lieu-dit de Kerhunou. C'est l&#224;, en effet, que l'Institut de Locarn, sorte de &#171; Davos breton &#187; , a implant&#233; son si&#232;ge depuis d&#233;j&#224; 20 ans. Cr&#233;&#233; en 1991 par Jean-Pierre Le Roch, fondateur du groupe de distribution Les Mousquetaires, l'Institut de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/economique" rel="tag"&gt;&#233;conomique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/developpement-economique" rel="tag"&gt;d&#233;veloppement &#233;conomique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bonnets-rouges" rel="tag"&gt;bonnets rouges&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bonnets" rel="tag"&gt;Bonnets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Institut" rel="tag"&gt;l'Institut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Strategies-Internationales" rel="tag"&gt;Strat&#233;gies Internationales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Internationales-oeuvre" rel="tag"&gt;Internationales &#339;uvre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Roch" rel="tag"&gt;Roch&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A Locarn, petite commune de 500 habitants dans les C&#244;tes-d'Armor, que la tradition populaire situe &#171; &lt;i&gt;sept lieues apr&#232;s l'enfer&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lokern seizh lev goude an ifern &#187; en breton.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; du fait de son isolement et de l'&#226;pret&#233; de son climat, les langues ne se d&#233;lient pas facilement quand on &#233;voque le lieu-dit de Kerhunou. C'est l&#224;, en effet, que l'Institut de Locarn, sorte de &#171; Davos breton&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet le dossier consacr&#233; &#224; L'Institut de Locarn, Golias Magazine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; , a implant&#233; son si&#232;ge depuis d&#233;j&#224; 20 ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;&#233; en 1991 par Jean-Pierre Le Roch, fondateur du groupe de distribution Les Mousquetaires, l'Institut de Locarn-Cultures et Strat&#233;gies Internationales &#339;uvre pour &#171; &lt;i&gt;le d&#233;veloppement &#233;conomique et culturel de la Bretagne et la formation des entreprenants&lt;/i&gt; &#187;. Ce laboratoire patronal a surtout tiss&#233; une toile remarquable o&#249; se distingue le pedigree de ses animateurs et les th&#232;ses d&#233;velopp&#233;es, entre valorisation de l'identit&#233; de la r&#233;gion ou &#171; &lt;i&gt;pays historique&lt;/i&gt; &#187;, &#233;vang&#233;lisation et ultralib&#233;ralisme.
Dans la liste du beau linge qui a particip&#233; &#224; sa cr&#233;ation et &#224; son d&#233;veloppement, on trouve des sp&#233;cialistes de la d&#233;fense, de l'am&#233;nagement du territoire et du renseignement &#233;conomique. En premier chef, il y a le v&#233;ritable th&#233;oricien de l'Institut, l'universitaire Joseph Le Bihan, sp&#233;cialiste en marketing et en strat&#233;gies internationales, ancien consultant des services ext&#233;rieurs fran&#231;ais (SDEC puis DGSE). Viennent ensuite des inconditionnels de l'ultralib&#233;ralisme &#224; l'image d'Auguste G&#233;nov&#232;se, ancien directeur des usines Peugeot-Citro&#235;n, proche d'Alain Madelin, ex-vice-pr&#233;sident du Conseil r&#233;gional de Bretagne, deuxi&#232;me pr&#233;sident de l'Institut en 1995. &lt;i&gt;Last but not least&lt;/i&gt;, plus discr&#232;tement, se retrouvent des catholiques ultras, &#224; l'instar du prince h&#233;ritier de l'Empire austro-hongrois Otto de Habsbourg (d&#233;c&#233;d&#233; en 2011), &#233;minence grise de la lutte anti-communiste qui pr&#233;sidera jusqu'en 1962 le Centre europ&#233;en de documentation et d'information (CEDI), une &#233;manation de l'Opus Dei, pierre angulaire des plans de reconqu&#234;te catholique en Europe. Citons encore Guy Plunier, catholique fervent, proche de Jean-Marie Le Pen, expert aupr&#232;s d'un des lobbys les plus r&#233;actionnaires aux &#201;tats-Unis, The Heritage Foundation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH415/p03-bretagne-18b00.jpg?1782651220' width='400' height='415' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Felder.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, suite au trait&#233; de Maastricht et face &#224; la r&#233;ticence grandissante des &#201;tats &#224; c&#233;der une part de leur souverainet&#233; au profit des institutions europ&#233;ennes, l'Institut a d'abord voulu jouer la carte d'une nouvelle donne institutionnelle qui aurait pu offrir aux r&#233;gions une palette de choix politiques possibles supplantant par l&#224; m&#234;me le concept d'&#201;tat-nation. Une carte all&#233;chante pour la Bretagne o&#249; le centralisme est toujours ressenti comme une domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un second temps, le conseil strat&#233;gique, v&#233;ritable poumon id&#233;ologique de l'Institut, a tr&#232;s vite compris que le poids des d&#233;mocraties nationales ne pesait plus tr&#232;s lourd face au capitalisme financier et &#224; la globalisation de l'&#233;conomie. Un jeu d'influence consid&#233;rable pour les tenants de l'ultralib&#233;ralisme s'ouvrait alors, devenant le moyen pour cette Bretagne patronale de se lib&#233;rer du carcan r&#232;glementaire fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me de la Bretagne, c'est la France&lt;/i&gt; &#187;, affirmait encore r&#233;cemment Alain Glon, actuel pr&#233;sident de l'Institut et fondateur de la holding agro-alimentaire Glon-Sanders.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un troisi&#232;me temps, les penseurs de l'Institut de Locarn saisissent rapidement que dans cette jungle ultralib&#233;rale, o&#249; la d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s int&#233;rieurs devient incontr&#244;lable, les patrons, ironie du sort, sont eux-m&#234;mes en perte de rep&#232;res et en manque de r&#233;seaux de sociabilit&#233;. L'Institut va leur offrir un statut, une reconnaissance, un cadre id&#233;ologique. Les &#171; D&#238;ners celtiques &#187; et autres rendez-vous parisiens du &#171; Club des 30 &#187; et du &#171; Club de Bretagne &#187; seront favoris&#233;s et aid&#233;s par l'Institut. D'autre part, une attention particuli&#232;re sera apport&#233;e &#224; la formation professionnelle &#171; &lt;i&gt;afin d'aider les deux populations les plus durement touch&#233;es par le ch&#244;mage &#224; rebondir : les jeunes dipl&#244;m&#233;s, qui ont des difficult&#233;s &#224; s'ins&#233;rer professionnellement&lt;/i&gt; [et] &lt;i&gt;les cadres en rupture de parcours, qui ont un projet de cr&#233;ation ou de reprise d'entreprise&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.institut-locarn.fr.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;. Mais aussi une volont&#233; de f&#233;d&#233;rer les Bretons expatri&#233;s via l'OBE (Organisation des Bretons expatri&#233;s) ou la DEB (Diaspora &#233;conomique bretonne) dont le but est &#171; &lt;i&gt;de faciliter la mise en relation de ces acteurs &#233;conomiques entre eux, et/ou vers des acteurs &#233;conomiques implant&#233;s en Bretagne, dans une finalit&#233; de d&#233;veloppement &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;sormais, Bretons d'ici et d'ailleurs sont appel&#233;s &#224; travailler main dans la main&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans un dernier temps, le &#171; r&#233;gionalisme &#187;, avant tout &#233;conomique, permettra de d&#233;limiter ce cadre institutionnel revendiqu&#233; par l'Institut de Locarn. Regrouper les patrons, les forces vives &#233;conomiques (et culturelles parfois) au sein de lobbies influents avec pour postulat que &#171; &lt;i&gt; l'unification de la Grande Europe occidentale ne pourra fonctionner sur le mod&#232;le de l'&#233;tat-nation et centralisateur que nous connaissons en France&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;diaspora-bretonne.com&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;. Tr&#232;s vite l'ensemble de ces acteurs de Bretagne, li&#233;s &#224; la finance, la grande distribution, l'agro-alimentaire apportent leur soutien &#224; l'Institut pour travailler &#224; une d&#233;r&#233;glementation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de tous les acquis sociaux dont les &#201;tats sont encore les garants : droit du travail, fiscalit&#233;, assurance ch&#244;mage&#8230; La d&#233;fense de la culture ou de la langue bretonne n'est jamais une priorit&#233; pour l'Institut, qui ne s'appuie sur l'identit&#233; bretonne que pour mieux en d&#233;finir les r&#232;gles du jeu au seul profit du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, l'Institut de Locarn, soutenu d&#232;s le d&#233;but par les instances publiques &#8211; Jean Yves Le Drian, actuel ministre de la D&#233;fense, &#233;tait un habitu&#233; des lieux lorsqu'il &#233;tait pr&#233;sident du Conseil r&#233;gional de Bretagne &#8211; s'est fondu dans le paysage pour devenir le centre incontournable de convergence et de formation des diff&#233;rents milieux &#233;conomiques et politiques, qu'ils soient de gauche ou de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, aujourd'hui, ce fameux &#171; mod&#232;le breton &#187; tant vant&#233; et th&#233;oris&#233; &#224; Locarn est dans l'impasse. Impasse &#233;conomique, comme en t&#233;moignent les licenciements r&#233;cents qui se sont multipli&#233;s dans l'industrie (Alcatel, Peugeot-Citro&#235;n, etc.), l'agro-alimentaire (Doux, Gad). Impasse humaine et sociale : les conditions de travail impitoyables impos&#233;es aux ouvriers et ouvri&#232;res de l'agro-alimentaire (froid, gestes r&#233;p&#233;titifs, horaires exponentiels) les privent souvent d'une vie sociale apr&#232;s le travail tout en engendrant notamment des maladies musculaires irr&#233;versibles au bout de quelques ann&#233;es sur la cha&#238;ne&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet Entr&#233;e du personnel, documentaire r&#233;alis&#233; par Manuela (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Et l'on se souvient de cette solidarit&#233; ouvri&#232;re mise &#224; mal lorsque les salari&#233;s licenci&#233;s de Gad du site de Lampaul (Finist&#232;re), se sont heurt&#233;s &#224; ceux de l'usine de Josselin, dans le Morbihan, le 22 octobre dernier, alors qu'ils tentaient un blocage. Impasse environnementale enfin, car depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l'agriculture intensive a ravag&#233; les paysages par le remembrement, le d&#233;boisement et la destruction des talus, pollu&#233; l'eau, concentr&#233; les terres aux mains de quelques uns rendant difficile l'installation sur de petites structures. Si bien qu'on se demande si la Bretagne n'appartiendra pas tout simplement aux banques dans un avenir proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, on peut comprendre que la col&#232;re gronde sur le territoire breton, qu'un ras-le-bol g&#233;n&#233;ral s'&#233;tende et puisse se manifester &#224; travers les Bonnets rouges, qui comptent d&#233;sormais une cinquantaine de comit&#233;s locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est le suivant : les Bonnets rouges sauront-ils donner de la consistance &#224; cette r&#233;volte, en partie ouvri&#232;re au d&#233;part, des salari&#233;s de l'agro-industrie, que la plupart des centrales syndicales fran&#231;aises n'ont pas vu venir, ou se laisseront-ils dicter leur conduite par les lobbies patronaux ultralib&#233;raux bretons ? Sauront-ils se retrouver autour d'une sortie indispensable de ce mod&#232;le breton et donner du sens &#224; leur slogan &#171; Vivre, d&#233;cider, travailler au pays &#187;, avant que la Bretagne ne devienne cette &#171; r&#233;gion du Grand-Ouest &#187; dot&#233;e d'un a&#233;roport tout neuf ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur les bonnets rouges plusieurs articles d&#233;j&#224; publi&#233;s dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Ca-barde-chez-les-Bretons&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#199;a barde chez les bretons.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Bonnets-rouges-ou-blancs-bonnets&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bonnets rouges ou blancs bonnets ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Thierry-Merret-le-faux-nez-rouge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thierry Merret : le faux-nez rouge.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lokern seizh lev goude an ifern&lt;/i&gt; &#187; en breton.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet le dossier consacr&#233; &#224; L'Institut de Locarn, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://golias-news.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Golias Magazine&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; n&#176;59, mars-avril 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.institut-locarn.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.institut-locarn.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;diaspora-bretonne.com&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet &lt;a href=&#034;http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=195544.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Entr&#233;e du personnel&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, documentaire r&#233;alis&#233; par Manuela Fr&#233;sil, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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