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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Reportage : Comment peut-on parler breton ?</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, au milieu du XIXe si&#232;cle, alors que la bourgeoisie urbaine bretonne abandonnait la langue, certains observateurs en mal d'exotisme pensaient c&#244;toyer les derniers locuteurs bretons. Apr&#232;s un si&#232;cle d'inexorable d&#233;clin de la langue, le &#171; breton &#187; est t&#234;tu et n'a pas prononc&#233; son dernier souffle. Nom d'un kouign amann ! Ce lundi du mois d'avril, l'&#233;tat de la soir&#233;e est d&#233;j&#224; bien avanc&#233; au zinc du bar-tabac du bourg de Guerlesquin (Finist&#232;re). Quand on leur demande s'ils connaissent le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, au milieu du XIXe si&#232;cle, alors que la bourgeoisie urbaine bretonne abandonnait la langue, certains observateurs en mal d'exotisme pensaient c&#244;toyer les derniers locuteurs bretons. Apr&#232;s un si&#232;cle d'inexorable d&#233;clin de la langue, le &#171; breton &#187; est t&#234;tu et n'a pas prononc&#233; son dernier souffle. Nom d'un &lt;i&gt;kouign amann !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce lundi du mois d'avril, l'&#233;tat de la soir&#233;e est d&#233;j&#224; bien avanc&#233; au zinc du bar-tabac du bourg de Guerlesquin (Finist&#232;re). Quand on leur demande s'ils connaissent le breton, les piliers de comptoirs pr&#233;sents se confient volontiers. Tous le parlent et l'ont appris dans leur famille. &#171; &lt;i&gt;Mon grand fr&#232;re s'est m&#234;me enfui de l'&#233;cole le premier jour, parce qu'il ne comprenait rien &#224; ce qu'on lui disait. C'est ma s&#339;ur qui a d&#251; le ramener par les oreilles&lt;/i&gt; &#187;, s'amuse un sexag&#233;naire qui a travaill&#233; toute sa vie chez Tilly, baron de l'industrie locale du poulet. &#171; &lt;i&gt;Moi, j'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233; par des cur&#233;s qui nous interdisaient le breton ! Faut voir comment, les vaches !&lt;/i&gt; &#187;, explose Herv&#233;, un quinquag&#233;naire de la commune voisine de Loguivy-Plougras, fan de Francis Cabrel. Pour Olivier, un couvreur qui a grandi dans les ann&#233;es 1970 &#224; Gourin, plus au sud, puis a exerc&#233; mille m&#233;tiers dans la r&#233;gion parisienne, c'est moins le stigmate de la langue que le m&#233;pris social qu'il a eu &#224; subir : &#171; &lt;i&gt;Arriv&#233;s au coll&#232;ge, on nous faisait sentir qu'on &#233;tait des bouseux et que &#231;a s'arr&#234;tait l&#224; pour nous. M&#234;me quand j'&#233;tais gardien d'immeuble en banlieue, les jeunes m'appelaient &#8220;le plouc&#8221; !&lt;/i&gt; &#187;, dit-il en souriant, sans ressentiment apparent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-756-5ed92.jpg?1779643183' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Herv&#233;, bar-tabac de Guerlesquin (Finist&#232;re).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; On parle breton &#224; son cheval et fran&#231;ais &#224; son tracteur &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la proph&#233;tie de la disparition du dernier bretonnant &#224; l'or&#233;e des ann&#233;es 2000, force est de constater qu'on trouve encore facilement des locuteurs de breton. Le bilan n'en reste pas moins brutal. Du d&#233;but du XXe si&#232;cle &#224; 1950, on estime qu'un million de personnes ont maintenu la langue dans la r&#233;gion Bretagne. Aujourd'hui, ils ne sont plus qu'environ 200 000 &lt;i&gt;brezoneger&lt;/i&gt;, dont 70 % &#226;g&#233;s de plus de 60 ans, soit une diminution de 85 % en soixante ans. Avec l'&#233;clipse de toute une g&#233;n&#233;ration, le passage en dessous des 100 000 locuteurs est pronostiqu&#233; vers 2040.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francis Favereau a commenc&#233; &#224; collecter les mots du breton de Poullaouen lors de son premier poste de prof d'anglais dans la r&#233;gion de Carhaix, dans les ann&#233;es 1970, &#224; l'&#233;poque o&#249; la vie sociale baignait encore dans l'idiome local. Il est aujourd'hui auteur du dictionnaire qui porte son nom : &#171; &lt;i&gt;Il y a quarante ans, Pierre-Jakez Helias &#233;crivait d&#233;j&#224; &#8220;le breton va mourir au XXI e si&#232;cle&#8221;, en fait il y a une r&#233;manence &#233;norme parce que les gens vivent plus vieux et, qu'&#224; la retraite, ils reviennent &#224; leurs racines et reparlent. Donc le bain continue. Dans la r&#233;alit&#233;, c'est un peu ce qui se passe partout, au pays de Galles comme au Pays basque, il y a beaucoup de symbolique dans le renouveau breton et ce n'est pas que militant. J'ai parl&#233; breton &#224; mes enfants qui sont adultes maintenant, ils ont &#233;t&#233; dans les &#233;coles Diwan, mais, aujourd'hui ils en ont des usages tr&#232;s diff&#233;rents. On jongle en permanence entre les langues, c'est compliqu&#233;&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel parcours cette langue a-t-elle emprunt&#233; pour conna&#238;tre un tel d&#233;clin ? L'explication tient, d'une part, &#224; une volont&#233; politique de l'&#201;tat jacobin de brider l'apprentissage de la langue, et d'autre part, aux profondes modifications sociales et d&#233;mographiques du terroir bretonnant. On &#233;voque la &#171; coupure &#187; du milieu des ann&#233;es 1950, moment o&#249; les familles ont massivement cess&#233; de transmettre &#224; leurs enfants une langue v&#233;cue comme rurale, archa&#239;que, voire obscurantiste. &#171; &lt;i&gt;On parlait breton &#224; son cheval et fran&#231;ais &#224; son tracteur&lt;/i&gt; &#187;, cette phrase de paysan marque &#224; la fois la disparition de la soci&#233;t&#233; paysanne traditionnelle et l'inadaptation du breton au monde moderne. En 1752 d&#233;j&#224;, on pouvait lire dans la pr&#233;face du &lt;i&gt;Dictionnaire de langue bretonne&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est &#224; noter que le premier dictionnaire en Occident, le Catolicon (1464) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de Le Pelletier : &#171; &lt;i&gt;La langue bretonne, telle qu'on la parle aujourd'hui, n'est pas fort abondante. Les termes d'Art, de Science, de Commerce, de Politique et de la plupart des m&#233;tiers lui sont inconnus. Renferm&#233;e dans la campagne, elle ne met en &#339;uvre que des termes de la maison rustique.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'inverse d'une utilit&#233; &#233;conomique du breton &#224; peu pr&#232;s nulle, le fran&#231;ais, lui, permet &#171; &lt;i&gt;d'aller partout&lt;/i&gt; &#187;, comme le notait l'&#233;crivain Pierre-Jakez Helias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet abandon de la langue ne s'est pas fait sans un sacr&#233; coup de main de l'&#201;tat central. &#192; partir de la R&#233;volution fran&#231;aise, le combat contre les langues r&#233;gionales devient un enjeu politique pour la bourgeoisie parisienne. Si le fran&#231;ais a &#233;t&#233; substitu&#233; au latin pour les textes juridiques avec l'ordonnance de Villers-Cotter&#234;ts en 1539, il devient avec la premi&#232;re R&#233;publique la langue nationale unique. L'abb&#233; Gr&#233;goire et le jacobin Barr&#232;re partent en croisade contre ces &#171; &lt;i&gt;patois&lt;/i&gt; &#187; qui sont autant d'entraves &#224; la diffusion des id&#233;aux du nouvel &#233;tat. Pour Barr&#232;re, &#171; &lt;i&gt;le f&#233;d&#233;ralisme et la superstition parlent bas-breton&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, pour la pr&#233;traille et les nobliaux, la langue bretonne peut servir de sanctuaire aux id&#233;aux de l'Ancien R&#233;gime. Mais, tous les bretonnants n'adh&#232;rent pas &#224; cette base contre-r&#233;volutionnaire. Dans ses &lt;i&gt;M&#233;moires d'un paysan bas-breton&lt;/i&gt;, ouvrage r&#233;dig&#233; en 1904 mais publi&#233; en 2001&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Livre qui a connu un v&#233;ritable succ&#232;s de librairie avec plus de 300 000 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, Jean-Marie D&#233;guignet, paysan anarchisant, note : &#171; &lt;i&gt;Ces r&#233;gionalistes travaillent &#224; parquer les exploit&#233;s en s'effor&#231;ant, en recommandant &#224; leurs sous-ordres, petits cur&#233;s et petits ma&#238;tres d'&#233;cole, de maintenir parmi les enfants, petits et grands, la langue et les vieilles m&#339;urs bretonnes. Car ces coquins savent bien que tant qu'on tiendra les Bretons dans ces m&#339;urs sauvages, et tant qu'ils ne pourront lire que des livres bretons qui ne sont tous que des livres religieux, ceux-ci resteront dans l'abrutissement, dans l'avachissement et dans l'imb&#233;cillit&#233;, c'est-&#224;-dire dans les meilleures conditions possibles pour &#234;tre exploit&#233;s sous toutes les coutures.&lt;/i&gt; &#187; On est alors en pleine bataille pour la la&#239;cit&#233;. En 1913, le socialiste libertaire &#201;mile Masson enrage de voir l'enjeu du breton confisqu&#233; par les r&#233;actionnaires : &#171; &lt;i&gt;Si ce pays est le refuge de la r&#233;action, c'est la faute des r&#233;volutionnaires qui n'ont pas su le gagner &#224; eux, et qui m&#234;me font tout ce qu'ils peuvent pour an&#233;antir en tant que peuple, un peuple essentiellement r&#233;volutionnaire, par le seul fait qu'ils lui refusent le droit de parler sa langue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole r&#233;publicaine choisit d'interdire les &#171; patois &#187; de fa&#231;on coercitive. Jusqu'au milieu du si&#232;cle pass&#233;, un enfant surpris en train de parler sa langue maternelle, m&#234;me pendant la r&#233;cr&#233;ation, pouvait se voir affubler d'un objet symbolique humiliant en guise de punition : &#171; le symbole &#187; ou &#171; sabot de bois &#187; en Basse-Bretagne, &#171; le t&#233;moin &#187; en pays d'Oc, la &#171; buchette &#187; (&lt;i&gt;b&#252;xeta&lt;/i&gt;) dans le Pays basque. Jean-Pierre Le Guyader &#171; paysan-animateur &#187; &#224; Radio Kreiz Breizh, qui anime l'&#233;mission en breton &#171; &lt;i&gt;Tud deus ar vro&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Les gens du pays &#187;), peut aussi t&#233;moigner de cette brutalit&#233; de l'interdiction du breton &#224; l'&#233;cole de son village, dans le Tr&#233;gor : &#171; &lt;i&gt;Il n'y avait pas de r&#233;volte face &#224; l'autorit&#233; &#224; l'&#233;poque, si tu te prenais une trempe &#224; l'&#233;cole, tu en prenais une deuxi&#232;me &#224; la maison. Mais j'ai connu un instituteur, lui-m&#234;me bretonnant, qui avait franchi les limites. Il avait voulu revenir &#224; sa retraite s'installer dans le village, mais ses anciens &#233;l&#232;ves, devenus de solides gaillards lui ont fait comprendre qu'il n'avait pas laiss&#233; un bon souvenir. D'autres instituteurs &#233;taient plus souples.&lt;/i&gt; &#187; &#192; cette interdiction s'ajoute le m&#233;pris distill&#233; par le parisianisme vis-&#224;-vis de la &#171; province&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tymologiquement, la province &#8211; pro vincere &#8211; est le &#171; pays vaincu &#187; par Rome.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;. Le succ&#232;s rencontr&#233; par la bande dessin&#233;e &lt;i&gt;B&#233;cassine&lt;/i&gt; entre 1905 et 1950 symbolise les contours de ce m&#233;pris : Anna&#239;ck Labornez, dite B&#233;cassine, est une bonniche bretonne mont&#233;e &#224; Paris et engag&#233;e par une grande famille bourgeoise parisienne. Bien brave mais totalement ignorante et gourde, elle ne parle jamais, le dessinateur n'ayant m&#234;me pas jug&#233; bon de lui dessiner de bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La coupure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscientes ou non du complexe de B&#233;cassine, les femmes bretonnes ont vu dans l'abandon du breton une aubaine pour s'&#233;manciper du patriarcat traditionnel et de l'influence des pr&#234;tres. La sociologue Anne Guillou souligne le r&#244;le des femmes dans la d&#233;sertion de la langue apr&#232;s-guerre : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;pouses, les m&#232;res, &#233;taient plus sensibles &#224; l'inconfort et la mis&#232;re du monde rural et elles ont vu dans le changement de langue un moyen d'extraire leurs enfants d'une vie dont elles ne voulaient plus.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Les femmes, la terre, l'argent, &#233;d. Coop Breizh, 1996.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; Yuna, &#233;l&#232;ve au lyc&#233;e Diwan de Carhaix, se souvient de la r&#233;action de sa grand-m&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Mes grands-parents communiquaient en breton entre eux, mais ils ne l'ont pas appris &#224; mon p&#232;re. J'ai pu parler en breton avec ma grand-m&#232;re, qui &#233;tait l&#233;onarde&lt;/i&gt; [de la r&#233;gion du L&#233;on, Finist&#232;re nord], &lt;i&gt;mais elle n'aimait pas trop &#231;a, car elle avait v&#233;cu l'interdiction de parler breton &#224; l'&#233;cole et pour elle, c'&#233;tait une langue arri&#233;r&#233;e. Elle ne comprenait pas le choix de mes parents de me mettre dans une &#233;cole bretonne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Le Bail fait partie de la g&#233;n&#233;ration de cette fameuse &#171; coupure &#187; qui s'est faite dans les ann&#233;es 1950, o&#249; les bretonnants ont &#233;t&#233; &#224; la fois victimes de l'ostracisation de leur langue et acteurs de sa non-transmission. N&#233; en 1932, il est revenu, apr&#232;s une carri&#232;re &#224; la RATP, prendre sa retraite dans son village natal de Langonnet dans le Morbihan. Le fleuve L'Ell&#233; qui passe non loin marque la fronti&#232;re linguistique entre le dialecte vannetais et le cornouaillais. &#192; toutes fins utiles, &#224; Langonnet, &#171; pluie &#187; se dit &#171; &lt;i&gt;glao&lt;/i&gt; &#187; alors qu'&#224; une dizaine de kilom&#232;tres &#224; l'ouest, on ne prononce pas le &#171; o &#187; et l'on dit &#171; &lt;i&gt;gla&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je suis parti &#224; Paris en 1950, j'avais 18 ans&lt;/i&gt;, nous raconte-t-il. &lt;i&gt;J'ai appris le fran&#231;ais vers 6-7 ans en allant &#224; l'&#233;cole catholique, mais le cat&#233;chisme se faisait encore en breton. Par ici, c'&#233;tait une communaut&#233; de cultivateurs qui s'entraidaient beaucoup. Toutes les activit&#233;s &#8211; les corv&#233;es, le broyage des pommes, les battages, les blagues, les veill&#233;es, etc. &#8211; se faisaient en breton. C'&#233;tait notre langue de tous les jours. Avec le travail, je me suis francis&#233;. Comme je travaillais dans les transports, j'ai vu toute la transformation de la banlieue parisienne, j'&#233;tais pris dans un autre bain. Puis arriv&#233; &#224; la retraite, avec la fr&#233;quentation des cercles celtiques et le th&#233;&#226;tre, je me suis remis dans l'ambiance de la Bretagne. Gr&#226;ce &#224; cela, j'ai pu rencontrer des bretonnants de partout, y compris des jeunes, qui parlent mieux le breton que moi. Je regrette que les autorit&#233;s de l'&#233;poque nous aient interdit de parler le breton. On aurait eu la possibilit&#233; d'apprendre les deux langues, &#231;a aurait &#233;t&#233; enrichissant, on n'&#233;tait pas plus idiots que les autres. Maintenant, on ne rattrapera plus le retard ! Les jeunes qui l'apprennent, je ne sais pas s'ils auront l'occasion de beaucoup le parler.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-758-667dd.jpg?1779643183' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Boulistes &#224; Cavan (C&#244;tes d'Armor).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus au nord, Cavan est un patelin des C&#244;tes d'Armor r&#233;put&#233; pour sa politique de pr&#233;servation de la langue. Dans les all&#233;es &#224; c&#244;t&#233; de &lt;i&gt;Ti ar Vro&lt;/i&gt; (Maison du peuple), o&#249; s'est constitu&#233; un important centre d'archives en langue bretonne, nous croisons une douzaine d'anciens qui jouent &#224; la boule bretonne, en &#233;quipe mixte, avec l'espi&#232;glerie de vrais gamins. &#171; &lt;i&gt;Graet eo !&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; le point est fait &#187;. Ici les commentaires de jeu se font en breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous, on ne parle pas le &#8220;vrai breton&#8221;, c'est pas le breton litt&#233;raire. On n'a pas le m&#234;me breton que le breton &#8220;appris&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, semble s'excuser Odile en avalant les &#171; r &#187; &#8211; une prononciation de consonne r&#233;troflexe que certains Tr&#233;gorois partagent avec les Anglo-Saxons et les Chinois. &#171; &lt;i&gt;On n'a pas appris &#224; nos enfants, ni aux petits-enfants. D'ailleurs quand je ne veux pas que les petits sachent&lt;/i&gt; [ce que je dis]&lt;i&gt; alors je parle en breton&lt;/i&gt; &#187;, s'amuse-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'opprobre nationaliste au &lt;i&gt;made in Breizh&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le breton s'est un peu pr&#233;serv&#233; comme une langue populaire secr&#232;te, il a &#233;t&#233; &#233;galement travers&#233; par des politiques contrari&#233;es de sauvegarde et a fait l'objet d'inqui&#233;tantes vis&#233;es id&#233;ologiques. &#192; Guerlesquin, Henri Bideau, conf&#233;rencier pour le patrimoine, trace &#224; grands traits l'histoire du pays et de la langue : &#171; &lt;i&gt;Guerlesquin est une des rares communes o&#249; les textes administratifs &#233;taient r&#233;dig&#233;s en bilingue jusqu'&#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale. La tradition de protection linguistique &#233;tait notamment port&#233;e au XIXe et d&#233;but XXe, par le barde breton Prosper Proux puis par Charles Rolland &#8211; &#233;galement militant socialiste &#224; qui l'on doit une traduction de &#171; L'Internationale &#187; en breton. Puis le mouvement nationaliste des ann&#233;es 1920 s'est bas&#233; sur une identit&#233; r&#233;invent&#233;e qui tourne le dos au folklorisme romantique du XIXe si&#232;cle. La plupart des embl&#232;mes, comme le drapeau Gwenn ha du, qu'on pense faire partie du patrimoine &#233;ternel de la Bretagne, ont &#233;t&#233; invent&#233;s &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 14-18, en raison du lourd tribut pay&#233; par les Bretons, il y eut une tentative de faire reconna&#238;tre le breton &#224; travers la p&#233;tition de Yan Ber Kalloc'h, puis les mairies de Basse-Bretagne se montr&#232;rent favorables aux mesures d'enseignement dans les &#233;coles. Mais c'est bien parce que sous la IIIe R&#233;publique on a tard&#233; &#224; s'emparer de l'unification orthographique du breton, condition premi&#232;re de son enseignement institutionnel, que la clique pro-nazie des militants du Breiz Atao a pu s'emparer de cette question par opportunisme historique durant l'Occupation, moment o&#249; le IIIe Reich s'appuie sur certains courants autonomistes pour favoriser l'&#233;mergence d'une Europe ethnicis&#233;e. Depuis 1908, l'unification des dialectes de la Cornouaille (Kernev), du L&#233;on et du Tr&#233;gor, dite K.L.T., &#233;tait d&#233;j&#224; effective, mais laissait le vannetais, parl&#233; dans le Morbihan, avec sa graphie propre. Sous l'&#233;gide de l'Institut celtique dirig&#233; par Roparz Hemon, la nouvelle orthographe &lt;i&gt;peurunw&lt;/i&gt;an (&#171; totalement unifi&#233;e &#187;) est adopt&#233;e en 1941 sous le patronage allemand du professeur Leo Weisgerber. M&#233;prisant &#224; l'&#233;gard des dialectes, Roparz Hemon, esprit glacial produit par l'&#233;litisme fran&#231;ais, a finalement appliqu&#233; une vision tr&#232;s centraliste au breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que contest&#233;e dans certains milieux universitaires et litt&#233;raires, la graphie &lt;i&gt;peurunwan&lt;/i&gt; s'impose dans l'apr&#232;s-guerre et s'institutionnalise aujourd'hui. Cette origine honteuse de l'orthographe unifi&#233;e, dite KLTG&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Car incluant cette fois le vannetais (gwenedeg).&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, continue r&#233;guli&#232;rement &#224; entacher le climat politique breton. La parution du livre de Fran&#231;oise Morvan, &lt;i&gt;Le Monde comme si&lt;/i&gt; (Actes sud) en 2002, r&#233;cit d'une d&#233;sillusion personnelle face aux d&#233;rives identitaires du milieu bretonnant, a r&#233;anim&#233; bien des cadavres embarrassants, en rappelant les liens ambigus avec la p&#233;riode de la Collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-755-4e84f.jpg?1779603483' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Louis Le Bail &#224; Langonnet (Morbihan).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Factuellement et sur le fond, je suis plut&#244;t d'accord avec Fran&#231;oise Morvan,&lt;/i&gt; nous confie Francis Favereau, &lt;i&gt;mais la pol&#233;mique intervient &#224; un moment o&#249; la plupart des acteurs du breton ne veulent pas revenir sur ce qui a &#233;t&#233; institutionnalis&#233; depuis longtemps.&lt;/i&gt; &#187; On ne saurait par ailleurs r&#233;duire la pratique de la langue en l'associant &#224; une seule id&#233;ologie. Avant la Seconde Guerre, il y a eu un fort mouvement bretonnant communiste, autour de Marcel Cachin. De m&#234;me, les maquis de la R&#233;sistance en Centre Bretagne &#233;taient largement bretonnants. Aussi, les luttes sociales et &#233;cologiques des ann&#233;es 1970 en Bretagne, du Joint fran&#231;ais &#224; Plogoff, ont orient&#233; nettement &#224; gauche le renouveau de la langue. Enfin, la vitalit&#233; culturelle de la musique bretonne, que d&#233;fend notamment le chanteur Erik Marchand loin des paillettes n&#233;oceltiques, pr&#244;ne l'ouverture au monde plut&#244;t que le repli identitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, comme une frange s'est compromise dans la Collaboration, et que la plupart des protagonistes seront contraints &#224; l'exil, le mouvement breton va mettre 15 ans &#224; se reconstituer&lt;/i&gt;, poursuit Henri Bideau. &lt;i&gt;Encore aujourd'hui, l'imagerie de la Bretagne est model&#233;e par un noyau ultra minoritaire, issu de l'id&#233;ologie nationaliste, que tu retrouves &#224; la t&#234;te des collectivit&#233;s territoriales ou dans les entreprises. Ainsi, le lobby patronal constitu&#233; autour de l'Institut de Locarn a financ&#233; le projet d'inspiration catholique des statues de la Vall&#233;e des Saints, qui comm&#233;more les saints patrons de Bretagne. Aujourd'hui, la vague bretonne est investie par le marketing. Les centres Leclerc en font leur marque de fabrique en inscrivant &#8220;Degemer mat&#8221; (&#8220;bienvenue&#8221;) sur leurs enseignes.&lt;/i&gt; &#187; Depuis la fin des ann&#233;es 1970, le breton a cess&#233; d'&#234;tre d&#233;pr&#233;ci&#233; par les pouvoirs publics qui s'appuie sur un patronat breton tr&#232;s puissant. En 1973, on pouvait lire dans le bulletin du Celib, groupe de pression patronal breton, une ode &#224; &#171; &lt;i&gt;l'esprit celtique&lt;/i&gt; &#187;, cens&#233;e chanter la &#171; &lt;i&gt;mobilit&#233;, la libert&#233;&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Fascin&#233; par l'aventure&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;marin, soldat, missionnaire, le Celte est partout&lt;/i&gt; &#187;. Un vrai mod&#232;le pour l'entrepreneur moderne, quoi ! &#171; &lt;i&gt;La Bretagne a un p&#233;trole fabuleux : son identit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait encore, en 1998, Jean-Jacques Goasdou&#233;, membre du petit cercle fondateur de l'Institut de Locarn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Favereau, &#171; &lt;i&gt;le breton des ann&#233;es 2000 est pris dans toutes ces contradictions socio-&#233;conomiques li&#233;es &#224; la modernisation de la Bretagne, mais, politiquement, il fait l'unanimit&#233;. M&#234;me au conseil r&#233;gional, o&#249; si&#232;gent d&#233;sormais quelques &#233;lus Front national, tout le monde appuie les initiatives de soutien &#224; la langue.&lt;/i&gt; &#187; &#192; la diff&#233;rence des &#226;pres pol&#233;miques li&#233;es au discours en langue corse de Jean-Guy Talamoni &#224; l'assembl&#233;e de Corse, l'utilisation du breton par Paul Molac, &#233;lu r&#233;gionaliste apparent&#233; socialiste, lors d'une allocution au conseil r&#233;gional, n'a d&#233;clench&#233; aucune lev&#233;e de boucliers jacobins. Le 14 avril dernier, lors d'un &#233;v&#233;nement des D&#238;ners celtiques &#224; Paris, association li&#233;e aux patrons bretons Bollor&#233; et Leclerc, Jean-Yves Le Drian, qui jongle all&#232;grement entre son k&#233;pi de ministre de la D&#233;fense et son chapeau rond de pr&#233;sident de r&#233;gion, se retrouvait &#224; entonner le &#171; Bro Gozh ma zado&#249; &#187;, l'hymne national officieux breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis &#224; la remorque du marketing &#171; &lt;i&gt;Produit en Bretagne&lt;/i&gt; &#187;, l'argument identitaire de fa&#231;ade fait taire des diff&#233;rences politiques fondamentales, les diff&#233;rences de classe ou les modifications de rapport de production. Le mouvement des bonnets rouges a &#233;t&#233; symptomatique de cette confusion, en cherchant &#224; r&#233;unir un &#233;ventail tr&#232;s large de gens aux int&#233;r&#234;ts divers, voire antagonistes : entrepreneurs et prol&#233;taires, routiers, militants anti-imp&#244;ts, d&#233;fenseurs du mod&#232;le productiviste agro-industriel, natios, stars de la musique n&#233;oceltique, gauchistes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Breton naturel ou breton &#171; chimik &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur des monts d'Arr&#233;e, nous rencontrons l'auteur d'un petit pamphlet&lt;i&gt; Breizh ma brute, ou comment d&#233;fendre la langue bretonne sans &#234;tre nationaliste ?&lt;/i&gt;, qui, sous le pseudo d'Ildut Derrien, fustige l'instrumentalisation d'une langue r&#233;invent&#233;e &#224; des fins identitaires, tout en refusant de jeter le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain. &#171; &lt;i&gt;Au-del&#224; des oripeaux syntaxiques et lexicaux qui tiennent du breton, le n&#233;o-breton est une langue de militant, id&#233;ologique et moderne. Elle a &#233;t&#233; pass&#233;e au crible du celtisme. Le contraste avec le breton d'avant, ce n'est pas qu'il &#233;tait mieux, mais que c'&#233;tait une langue de paysans et de marins-p&#234;cheurs. Maintenant tout est trafiqu&#233;, hors sol. Le n&#233;o-breton ne sert que pour une administration artificielle de substitution et pour la galerie identitaire. Dans le m&#234;me temps, les nationalistes continuent &#224; m&#233;priser ce qu'ils appellent les &#8220;patois&#8221;. Or, plus on s'&#233;loigne de l'instrumentalisation de la langue, plus on se rapproche de la respiration po&#233;tique du breton. La Bretagne est beaucoup plus int&#233;ressante que son fantasme celtique. Ce qui est s&#251;r, c'est que, quelle que soit la forme de breton que tu apprends, si &#8220;chimik&#8221; soit-il, tu as toujours int&#233;r&#234;t &#224; te rapprocher du breton dialectal : cours voir les vieux, impose-leur le fait que tu veuilles parler en breton, ce qui est d&#233;j&#224; un travail en soi, et chope tout ce que tu peux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yuna, la lyc&#233;enne de Diwan, a bien conscience de cette d&#233;marcation entre les dialectes populaires et le breton unifi&#233; : &#171; &lt;i&gt;En comparant avec le breton des anciens, ils disent carr&#233;ment qu'on a &#8220;un breton chimique&#8221; et ne nous comprennent pas. Mais c'est int&#233;ressant de voir les diff&#233;rentes prononciations.&lt;/i&gt; &#187; Tanguy, jeune prof de physique-chimie au m&#234;me lyc&#233;e Diwan, reconna&#238;t que l'usage du n&#233;o-breton peine &#224; devenir une langue du quotidien : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de n&#233;o-bretonnants form&#233;s &#224; Diwan se sont rendu compte qu'il leur manquait le vocabulaire de l'intime pour vraiment transmettre naturellement &#224; leurs enfants une langue apprise acad&#233;miquement. &#192; travers plusieurs g&#233;n&#233;rations d'&#233;l&#232;ves de Diwan que je connais, j'ai pu constater qu'ils ne pratiquent pas beaucoup la langue en dehors de l'&#233;cole. Il faut un autre d&#233;clic. Ils y reviennent parce qu'ils y trouvent un autre sens, culturel, associatif ou autre. Pour autant, si les anciens &#233;taient dans une certaine culpabilisation, nous, les n&#233;o-bretonnants n'avons plus de complexe. On essaie de faire de notre mieux, on a encore beaucoup &#224; apprendre, mais il faut parler, c'est tout.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2491 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-757-52920.jpg?1779643183' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Francis Favereau &#224; Guingamp.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une chose est certaine, l'apprentissage du breton par les nouvelles g&#233;n&#233;rations ne se fait pas sous le sceau de l'utilitarisme : seulement 2 000 personnes travaillent actuellement &#171; &lt;i&gt;avec le breton&lt;/i&gt; &#187;, dans l'enseignement, l'animation, la culture et les m&#233;dias. L'argument du bilinguisme, comme stimulant intellectuel et ouverture vers d'autres langues, est fr&#233;quemment avanc&#233; pour justifier le choix de suivre l'enseignement en immersion des &#233;coles associatives Diwan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'on compte plus de panneaux indicateurs bilingues que de personnes capables de les comprendre, peut-on affirmer que &lt;i&gt;brezoneg not dead&lt;/i&gt; ? Gildas, prof &#224; Diwan, nous livre sa vision de l'&#233;tat des lieux : &#171; &lt;i&gt;Il y a toujours diff&#233;rents courants contradictoires dans la pratique d'une langue. Il y a bien s&#251;r un courant de puristes qui am&#232;ne un peu de lourdeur, mais, en gros, les pratiques sont tr&#232;s diverses. La tendance actuelle, c'est quand m&#234;me d'aller vers le breton populaire, ce qui n'a pas toujours &#233;t&#233; le cas. Le fait de dire &#8220;Ma grand-m&#232;re disait comme &#231;a&#8221; rend l&#233;gitime les variations de la langue. &#192; l'oppos&#233;, il y a une institutionnalisation du breton qui correspond aussi &#224; une &#233;volution des classes sociales qui pratiquent le breton : moins rurales, moins manuelles, plus dipl&#244;m&#233;es, plus ins&#233;r&#233;es socialement&#8230; Le danger serait de figer la langue dans des codes qui excluraient et soumettraient certains locuteurs. Il faudrait peut-&#234;tre que la langue refasse le chemin de la transgression.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Merci &#224; Goulven Ar Gac, Pierre-Yves Marzin, Bruno Dante &amp; Nicolas Rami.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photos : &lt;a href=&#034;http://martin-barzilai.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est &#224; noter que le premier dictionnaire en Occident, le &lt;i&gt;Catolicon&lt;/i&gt; (1464) est un dictionnaire latin-breton-fran&#231;ais, &#233;tabli par le Tr&#233;gorrois Jehan Lagadeuc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Livre qui a connu un v&#233;ritable succ&#232;s de librairie avec plus de 300 000 exemplaires vendus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;tymologiquement, la province &#8211; &lt;i&gt;pro vincere&lt;/i&gt; &#8211; est le &#171; pays vaincu &#187; par Rome.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;In &lt;i&gt;Les femmes, la terre, l'argent&lt;/i&gt;, &#233;d. Coop Breizh, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Car incluant cette fois le vannetais (gwenedeg).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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