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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'origine du monde selon Moynot</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le prolifique auteur-dessinateur de b&#233;d&#233; Moynot r&#233;cidive chez Casterman avec L'Original. L'album se lit comme on avale un caff&#232; ristretto. C'est bref, sec et &#226;pre. Les papilles ont &#233;t&#233; agress&#233;es et on se surprend &#224; avoir aim&#233; &#231;a. On y revient ? En 1989, la plasticienne Orlan a un trait de g&#233;nie. &#192; L'Origine du monde de Courbet, elle offre un revers f&#233;ministe qui va provoquer une joyeuse pol&#233;mique. Gardant le m&#234;me cadrage serr&#233; sur le pubis et le ventre que le chef-d'&#339;uvre du peintre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le prolifique auteur-dessinateur de b&#233;d&#233; Moynot r&#233;cidive chez Casterman avec &lt;i&gt;L'Original&lt;/i&gt;. L'album se lit comme on avale un &lt;i&gt;caff&#232; ristretto.&lt;/i&gt; C'est bref, sec et &#226;pre. Les papilles ont &#233;t&#233; agress&#233;es et on se surprend &#224; avoir aim&#233; &#231;a. On y revient ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1989, la plasticienne Orlan a un trait de g&#233;nie. &#192; &lt;i&gt;L'Origine du monde&lt;/i&gt; de Courbet, elle offre un revers f&#233;ministe qui va provoquer une joyeuse pol&#233;mique. Gardant le m&#234;me cadrage serr&#233; sur le pubis et le ventre que le chef-d'&#339;uvre du peintre communard, elle montre un sexe masculin en &#233;rection et l'intitule : &lt;i&gt;L'Origine de la guerre&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;Et l&#224;, personne ne se demande qui a servi de mod&#232;le. Eh bien, l'origine de la guerre, c'est moi tout crach&#233;. Roland Picot. Pas la copie. L'Original, on m'appelle.&lt;/i&gt; &#187; Picot est le personnage central de la derni&#232;re production du dessinateur Emmanuel Moynot, &lt;i&gt;L'Original&lt;/i&gt;. Soldat, barbouze, porte-flingue : Picot a fait l'Alg&#233;rie avant de rejoindre les rangs de l'OAS. Apr&#232;s une p&#233;riode au vert en Argentine o&#249; il enseigne l'art fran&#231;ais de la guerre &#224; de futurs factieux fascisants, il ravale sa rancune contre De Gaulle et rejoint les nervis du SAC. &#192; l'occase, il ira faire le coup de feu avec les terroros du GAL&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les acronymes suscit&#233;s sont explicit&#233;s en pr&#233;ambule de l'album dans : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Picot est une brute raciste, avec une vraie gueule de primate, ce qui n'arrange rien. En 1994, le mercenaire a quelques ann&#233;es au compteur et il a beau serrer sa pogne de tueur, il voit bien les valeurs auxquelles il tient &#8211;&#8239;une France enracin&#233;e dans un terreau r&#233;actionnaire et catholique &#8211;&#8239;lui filer entre les doigts. 1994 c'est aussi l'ann&#233;e o&#249; la chienlit &#233;tudiante arpente &#224; nouveau le bitume pour d&#233;gommer le CIP balladurien. En route pour la lutte arm&#233;e, Audrey et sa bande cherchent &#224; s'&#233;quiper pour renverser l'ordre &#233;tabli. Le brasero de la contestation &#233;tudiante r&#233;duit &#224; l'&#233;tat de scories, il est hors de question pour la gauchiste de se refaire encaserner : &#171; &lt;i&gt;Putain, Florent, j'ai tout largu&#233;, c'est pas pour devenir une larve d&#233;c&#233;r&#233;br&#233;e vautr&#233;e sur un sofa. C'est quand la r&#233;volution ?! Faut qu'on fasse quelque chose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2483 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH366/-749-7e99f.jpg?1779603068' width='400' height='366' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La suite est simple : la trajectoire finissante de Picot va rencontrer celle incertaine d'Audrey. &#199;a donnera lieu &#224; un huis-clos assez pittoresque, des dialogues courts et crus entre le gorille r&#233;actionnaire et la luciole anarchiste. Puis, quand arrive la quatre-vingti&#232;me page et qu'on referme l'album, on se dit que le Moynot est quand m&#234;me un sacr&#233; z&#232;bre. Plus de vingt ans apr&#232;s la mort de p&#232;re du n&#233;o-polar, le b&#233;d&#233;iste r&#233;ussit l'exploit de nous servir un hommage impeccable &#224; Jean-Patrick Manchette. Son trait rugueux et son pinceau fruste ; ses aplats de couleurs et ses jet&#233;s clairs-obscurs : l'ambiance a du plomb dans l'aile. Collant cruellement aux faits, Moynot jette par-dessus bord tout psychologisme romantisant. Le r&#233;sultat est un concentr&#233; de cynisme o&#249; chaque personnage rivalise d'antipathie. Tout est mal qui finit mal et pourtant on se prend au jeu et on sourit tant l'exercice de style fr&#244;le la caricature. Voir cette sc&#232;ne o&#249; Audrey p&#232;te les plombs apr&#232;s que Picot a tent&#233; de la rassurer quant &#224; sa bienveillance envers les femmes blanches :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8211; &lt;i&gt;Arr&#234;tez avec &#231;a putain ! Je suis pas une femme blanche ! Je suis une personne ! Une personne ! Vous comprenez &#231;a ? Un individu ! Un &#234;tre humain&#8230; Bordel de merde... !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Sois pas vulgaire. C'est laid dans la bouche d'une femme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le filigrane de &lt;i&gt;L'Original&lt;/i&gt;, on retrouve l'affaire Rey-Maupin, du nom des deux jeunes militants r&#233;volutionnaires dont l'ultime &#233;quip&#233;e avait caus&#233; la mort de trois flics et d'un chauffeur de taxi. Le fait-divers portait les germes d'une douloureuse dramaturgie : le fracas d'un r&#234;ve d'&#233;mancipation sur l'autel d'un g&#226;chis nihiliste. Moynot nous interroge : avons-nous chang&#233; d'&#233;poque ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les acronymes suscit&#233;s sont explicit&#233;s en pr&#233;ambule de l'album dans : &#171; Petites pr&#233;cisions liminaires (Portrait de l'artiste en vieux con). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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