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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les trompettes de Babylone</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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		<dc:subject>discours scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Juliette Volcler, camarade de la n&#233;buleuse CQFD, vient de commettre un nouvel ouvrage : Contr&#244;le. Comment s'inventa l'art de la manipulation sonore (&#233;d. La D&#233;couverte &#8211; La Rue musicale). Elle y d&#233;taille l'histoire d'Harold Burris-Meyer, anonyme nuisible &#224; qui l'on doit des usages du son dans l'industrie, la guerre... CQFD : On a du mal &#224; cerner ce Burris-Meyer... &#201;tait-il uniquement un savant fou, passionn&#233; par ses recherches, ou portait-il un discours politique ? Juliette Volcler : Il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Juliette Volcler, camarade de la n&#233;buleuse &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, vient de commettre un nouvel ouvrage : &lt;i&gt;Contr&#244;le. Comment s'inventa l'art de la manipulation sonore&lt;/i&gt; (&#233;d. La D&#233;couverte &#8211; La Rue musicale). Elle y d&#233;taille l'histoire d'Harold Burris-Meyer, anonyme nuisible &#224; qui l'on doit des usages du son dans l'industrie, la guerre...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2505 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH279/-771-33ec7.jpg?1782651560' width='400' height='279' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : On a du mal &#224; cerner ce Burris-Meyer... &#201;tait-il uniquement un savant fou, passionn&#233; par ses recherches, ou portait-il un discours politique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juliette Volcler :&lt;/strong&gt; Il &#233;tait parfaitement conscient de la port&#233;e politico-sociale de son travail, et &#339;uvrait pour des institutions dans lesquelles il avait confiance. Il &#233;tait patriote, convaincu que son pays ne pouvait faire que le bien. Il a &#233;t&#233; soutenu par un membre de la fondation Rockefeller, qui finan&#231;ait certains de ses travaux, que les d&#233;mocraties devaient se d&#233;p&#234;cher de ma&#238;triser les technologies de manipulation des masses avant que les dictatures ne s'en emparent... Le fait qu'il consid&#232;re sa recherche de facto comme l&#233;gitime et n&#233;cessaire lui a permis de faire sauter toutes les limites &#233;thiques. Il &#233;tait en qu&#234;te, non pas du pouvoir absolu, mais du contr&#244;le absolu. Il r&#234;vait d'un paradis acoustique, belle m&#233;taphore d'un ordre social toujours capitaliste, d&#233;barrass&#233; de toute conflictualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se fait-il qu'il soit si m&#233;connu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; soutenu par nombre d'institutions, mais il n'a pas &#233;t&#233; pris au s&#233;rieux par tout le monde, son apport scientifique ayant &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement remis en question. Mais s'il a travaill&#233; aussi longtemps sur le son, c'est qu'il &#233;tait port&#233; par les r&#234;ves de manipulation des structures qui le finan&#231;aient. Cela dit, il dispose d'une vraie reconnaissance dans le domaine pr&#233;cis de l'acoustique au th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme n'&#233;tait pas forc&#233;ment exceptionnel : il existe des centaines de milliers de Burris-Meyer. Mais c'&#233;tait un employ&#233; du syst&#232;me capitaliste qui a servi fid&#232;lement, un rouage satisfait de son r&#244;le, il &#233;tait au bon endroit au bon moment. C'est ce qui est int&#233;ressant chez lui : ses inventions sont douteuses, ses r&#233;sultats sp&#233;cieux, mais il a particip&#233; &#224; construire le discours scientifique d'une &#233;poque, a fait le lien entre le comportementalisme, l'industrie culturelle et l'arm&#233;e. Il a transmis une fa&#231;on de concevoir le son qui est toujours en vigueur aujourd'hui : un outil de contr&#244;le des foules. On est en plein dedans, au cin&#233;ma, dans la d&#233;fense avec le d&#233;veloppement des armes acoustiques, avec le marketing sonore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le marketing sonore ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, par exemple l'introduction de logos sonores dans l'espace public. Ou encore la musique d'ambiance. Burris-Meyer a &#233;t&#233; un des premiers aux &#201;tats-Unis &#224; tenir un discours scientifique sur l'efficacit&#233; de la musique d'ambiance. Il consid&#233;rait le son comme un outil disciplinaire, la musique d'ambiance comme un moyen pour augmenter la productivit&#233;. Selon les &#233;tudes brandies par les soci&#233;t&#233;s fournissant de la musique d'ambiance, toujours questionnables, elle peut inciter &#224; acheter d'avantage, &#224; travailler en rythme. Le pouvoir de la musique est surtout d'&#233;noncer un discours. Elle peut notamment d&#233;signer des ind&#233;sirables : dans un magasin, une musique forte, avec un rythme de bo&#238;te de nuit fait comprendre que les plus de 40 ans ne sont pas les bienvenus. A contrario, un parc public belge a d&#233;cid&#233; de diffuser de la musique classique pour signifier aux jeunes d'aller ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que lui doit-on dans le domaine militaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a, par exemple, permis l'am&#233;lioration de la diffusion du son par voie a&#233;rienne, sans quoi les tactiques militaires de harc&#232;lement sonore lors de la guerre du Vietnam n'auraient pas pu &#234;tre institu&#233;es. Si beaucoup de ses recherches ont &#233;chou&#233;, il y a eu un cadre conceptuel mis en place &#224; cette &#233;poque, lequel aboutit aujourd'hui aux LRAD (des alarmes directionnelles de tr&#232;s forte intensit&#233;) ou &#224; l'usage assum&#233; du son comme moyen de torture dans les prisons de la CIA. Je vois une g&#233;n&#233;alogie entre les id&#233;es et les techniques d&#233;velopp&#233;es &#224; l'&#233;poque, et les usages qui existent aujourd'hui. Le substrat comportementaliste sur lequel Burris-Meyer a b&#226;ti toute sa recherche, c'est-&#224;-dire l'objectif de &#171; pr&#233;dire et contr&#244;ler le comportement &#187;, n'a jamais &#233;t&#233; remis en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le son comme outil de manipulation a-t-il un &#171; bel &#187; avenir devant lui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace sonore fait figure de nouvel eldorado pour un certain nombre d'acteurs. Dans un futur pas si lointain, une d&#233;ambulation sur les trottoirs pourra &#234;tre hach&#233; par des messages publicitaires cibl&#233;s et des &#233;l&#233;ments de signal&#233;tique sonore. En mati&#232;re de technologie sonore, on va dans le sens de la ma&#238;trise de l'espace de diffusion et dans le filtrage de l'environnement sonore. Les recherches dans ce qu'on pourrait nommer la r&#233;alit&#233; sonore augment&#233;e sont tr&#232;s actives. On travaille &#224; individualiser l'espace sonore qui &#233;tait jusqu'ici partag&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des villes en jeu</title>
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		<dc:date>2012-05-30T06:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Courir, sauter, franchir des murs, utiliser les reliefs, les immeubles, les obstacles, le mobilier urbain, &#224; l'instar des h&#233;ros du film Yamakasi, cela s'appelle faire du parkour. Ceux qui pratiquent ce genre d'activit&#233; s'autod&#233;finissent comme des traceurs. CQFD a donn&#233; la parole &#224; l'un d'entre eux. CQFD : Parkour ? Quelles id&#233;es se cachent ou s'expriment dans ce qui pourrait sembler n'&#234;tre que des acrobaties p&#233;rilleuses ? Na&#239;m : Faire du parkour change le regard sur l'espace et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Courir, sauter, franchir des murs, utiliser les reliefs, les immeubles, les obstacles, le mobilier urbain, &#224; l'instar des h&#233;ros du film &lt;i&gt;Yamakasi&lt;/i&gt;, cela s'appelle faire du parkour. Ceux qui pratiquent ce genre d'activit&#233; s'autod&#233;finissent comme des traceurs. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a donn&#233; la parole &#224; l'un d'entre eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Parkour ? Quelles id&#233;es se cachent ou s'expriment dans ce qui pourrait sembler n'&#234;tre que des acrobaties p&#233;rilleuses ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Na&#239;m :&lt;/strong&gt; Faire du parkour change le regard sur l'espace et les constructions. On est en permanence en processus cr&#233;atif. On ne regarde pas les choses pour ce qu'elles sont, on les regarde pour voir ce qu'on peut en faire. De fait, cela donne une positivit&#233; &#224; cet environnement urbain qui auparavant nous &#233;tait au mieux indiff&#233;rent, et au pire v&#233;cu comme oppressant. La sensation de libert&#233; vient de la connaissance des contraintes et donc de la mani&#232;re de s'en d&#233;p&#234;trer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette mani&#232;re de faire va &#224; contre-courant des comportements &#171; normalis&#233;s &#187; dans l'espace public.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes ni des amis, ni des ennemis de l'espace public ; juste certains de ses usagers qui y d&#233;ambulent en faisant des choses inhabituelles d'une part, et non marchandes d'autre part puisqu'on ne cherche ni &#224; acheter ni &#224; vendre quoi que ce soit. Ce qui nous rend de fait ind&#233;sirables. Toute pratique qui remet en cause les habitudes est sujette &#224; provoquer des interrogations. C'est un acte politique et subversif comme a pu l'&#234;tre le hip-hop quand il est arriv&#233; sur les terrains vagues du quartier de La Chapelle &#224; Paris en 1984. &#192; l'&#233;poque, c'&#233;tait un acte spontan&#233; qui ne demandait aucune autorisation et faisait de l'espace quelque chose de tout &#224; fait nouveau, jusqu'&#224; ce qu'il soit r&#233;gul&#233; et perde sa force de subversion. &#199;a a &#233;t&#233; pareil pour le skate, avant que, l&#224; aussi, des processus de marchandisation et d'institutionnalisation enferment ces avant-gardes culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quelle mani&#232;re ces tentatives de subversion de l'espace public, ainsi que tu les nommes, sont-elles combattues ou r&#233;cup&#233;r&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'impulsion de certaines municipalit&#233;s, les parkour-parks sont la transposition dans le parkour des skate-parks avec des sols souples et des juxtapositions de structures. On est dans le non-sens par rapport &#224; la pratique du parkour qui se d&#233;finit comme l'art de &lt;i&gt;&#171; se d&#233;placer avec tout ce qui n'est pas pr&#233;vu pour &#224; la base &#187;&lt;/i&gt;. C'est une offensive men&#233;e contre&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_361 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH468/99Jmb-91986.png?1782641300' width='400' height='468' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;les traceurs afin de les confiner dans des lieux circonscrits, et de pouvoir les chasser en leur disant qu'ils ont des espaces d&#233;di&#233;s. Il est vrai qu'on a beaucoup de probl&#232;mes avec les passants et les autorit&#233;s qui nous virent, appellent les flics. Lors d'un parkour, on saute et aussi on court beaucoup, et c'est toujours suspect m&#234;me si aucune loi n'interdit de courir dans la rue, de se rouler par terre ou d'&#234;tre &#224; quatre pattes sur une rampe. Ce sont des codes implicites, des usages, qui d&#233;signent ces gestes comme une activit&#233; criminelle li&#233;e &#224; la fuite ou &#224; la pr&#233;paration de cambriolages. Avec la parano&#239;a ambiante, on est de plus en plus chass&#233;s, comme sur la dalle des Olympiades dans le XIII e arrondissement de Paris o&#249; l'on &#233;tait auparavant s&#251;r de ne pas avoir d'embrouilles : maintenant il y a des ma&#238;tres-chiens qui sillonnent le lieu juste pour virer les traceurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; la facette la plus subtile de la r&#233;cup&#233;ration. Plus grossi&#232;rement, il y a un type en Angleterre qui a cr&#233;&#233; une entreprise qui s'appelle Urban Freeflow. Il a mont&#233; un bizness de fringues avec le parkour comme argument marketing. Il vend ainsi des tee-shirts, sweats, et autres bonnets, a fait un jeu sur Playstation &#224; son effigie et un site sur Internet o&#249; les forums sont nettoy&#233;s de toute critique. Il a mis en place un partenariat avec la police et l'arm&#233;e pour, moyennant finance, apprendre aux flics et aux soldats le parkour et les rendre plus performants lors de leurs interventions. Alors m&#234;me que c'est tout &#224; fait incompatible avec la pratique du parkour, il a mis en place des comp&#233;titions, qui plus est en partenariat avec la Barclaycard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On pourrait penser que toutes ces architectures modernes vous conviennent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, les architectes qui ont dessin&#233; les villes nouvelles des ann&#233;es 1960-1970 se sont pas mal d&#233;brouill&#233;s, avec toutes ces structures dont parfois on se demande &#224; quoi elles servent, sinon &#224; sauter. Aujourd'hui, on se trouve souvent confront&#233; &#224; la pr&#233;vention situationnelle qui organise l'espace pour faciliter les op&#233;rations de police, avec des pointes en haut des murs, des fontaines qu'on fait volontairement d&#233;border pour ne pas qu'on y stationne, des bancs con&#231;us pour qu'on ne puisse pas s'allonger, etc. L&#224; aussi, le parkour est un acte de r&#233;sistance. &#192; partir du moment o&#249; la ville est per&#231;ue par les pratiquants comme un terrain de jeu, on y trouve sans cesse de nouveaux d&#233;fis qui poussent &#224; se la r&#233;approprier autrement. Parce que les choses qui sont l&#224; sont l&#224;, autant faire avec et les subvertir, et agir ainsi dans le sens d'une transformation sociale. Pour paraphraser le sous-commandant Marcos, un &#233;l&#232;ve architecte m'avait dit que cette pratique r&#233;enchantait des lieux desquels on aurait pu penser qu'il n'y avait plus rien &#224; y faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, le parkour ne serait pas seulement une technique d'acrobates ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi et surtout une philosophie de vie, une esp&#232;ce de conception g&#233;n&#233;rale qui permet d'autres strat&#233;gies, comme faire des obstacles des partenaires. Tu ne t'arr&#234;tes donc pas &#224; la premi&#232;re impression, celle d'&#234;tre coinc&#233;, car au fond tu ne l'es jamais. Quand j'ai d&#233;cid&#233; de ne plus travailler, ou du moins de ne plus &#234;tre salari&#233;, j'ai pu concevoir l'activit&#233; d'une mani&#232;re tout autre que celle impos&#233;e par le travail. Le parkour m'a aussi permis d'envisager ma vie et mes activit&#233;s de mani&#232;re diff&#233;rente, en conciliant plaisir et &#233;panouissement individuel, aspiration &#224; une transformation sociale et approche ludique. Plus g&#233;n&#233;ralement, le principe du parkour est totalement &#224; rebours du militantisme moraliste qui vient indiquer aux gens la marche &#224; suivre. Il veut cr&#233;er des possibles, des situations dans le sens situationniste du terme, utiliser des ambiances, d&#233;tourner de l'existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vois que tu boites !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien &#224; voir avec le parkour. Je me suis fait une entorse en descendant &#224; toute blinde un escalier&#8230; C'est le retour de la vie quotidienne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cf : &lt;a href=&#034;http://l1consolable.free.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://l1consolable.free.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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