<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=6504&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Vestiges collat&#233;raux : Quatre ans de conflit, plus d'un si&#232;cle de d&#233;minage</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Vestiges-collateraux-Quatre-ans-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Vestiges-collateraux-Quatre-ans-de</guid>
		<dc:date>2018-08-06T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Saint-Hilaire</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Saint-Hilaire</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>munitions</dc:subject>
		<dc:subject>obus</dc:subject>
		<dc:subject>munitions chimiques</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Saint-Hilaire</dc:subject>
		<dc:subject>Lucas Belvaux</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233; civile</dc:subject>
		<dc:subject>obus chimiques</dc:subject>
		<dc:subject>chimiques</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre de 14-18 peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'une des premi&#232;res catastrophes industrielles toujours en cours. Les d&#233;chets de guerre, sous la forme d'obus non explos&#233;s ou de perchlorates, nous rappellent en effet que nous n'avons pas encore fini de payer les cons&#233;quences d'un conflit termin&#233; il y a cent ans. &#201;tat des lieux. C'est la s&#233;quence d'ouverture du film de Lucas Belvaux, Chez nous, sorti sur les &#233;crans en f&#233;vrier 2017. Le jour se l&#232;ve sur un paysage du nord de la France. Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Olivier-Saint-Hilaire-269" rel="tag"&gt;Olivier Saint-Hilaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/munitions" rel="tag"&gt;munitions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/obus" rel="tag"&gt;obus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/munitions-chimiques" rel="tag"&gt;munitions chimiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Olivier-Saint-Hilaire-6501" rel="tag"&gt;Olivier Saint-Hilaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lucas-Belvaux" rel="tag"&gt;Lucas Belvaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Securite-civile" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233; civile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/obus-chimiques" rel="tag"&gt;obus chimiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chimiques" rel="tag"&gt;chimiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Olivier" rel="tag"&gt;Olivier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La guerre de 14-18 peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'une des premi&#232;res catastrophes industrielles toujours en cours. Les d&#233;chets de guerre, sous la forme d'obus non explos&#233;s ou de perchlorates, nous rappellent en effet que nous n'avons pas encore fini de payer les cons&#233;quences d'un conflit termin&#233; il y a cent ans.
&#201;tat des lieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2516 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-782-c7eec.jpg?1768726944' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Olivier Saint-Hilaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la s&#233;quence d'ouverture&lt;/strong&gt; du film de Lucas Belvaux, &lt;i&gt;Chez nous&lt;/i&gt;, sorti sur les &#233;crans en f&#233;vrier 2017. Le jour se l&#232;ve sur un paysage du nord de la France. Un tracteur laboure un champ, heurtant tout &#224; coup un objet m&#233;tallique. Le conducteur arr&#234;te la machine, puis descend voir ce dont il s'agit. Sous les griffes de son outil, il d&#233;couvre un obus. Sans montrer le moindre signe de panique, l'homme s'en saisit et va le d&#233;poser en bordure du champ, parmi d'autres obus. Un peu plus loin dans le film, le m&#234;me personnage commente laconiquement l'&#233;v&#233;nement : &#171; &lt;i&gt;Il para&#238;t qu'ils vont en sortir encore pendant mille ans...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne peut para&#238;tre insolite. Mais elle est en r&#233;alit&#233; plut&#244;t banale pour les populations du nord et de l'est de la France, qui habitent sur les anciens champs de bataille de la Premi&#232;re Guerre mondiale. Celle-ci n'a pas seulement marqu&#233; les esprits, elle a aussi transform&#233; les paysages. Parmi ses nombreux vestiges apparents, les monuments, cimeti&#232;res et autres n&#233;cropoles nationales. Mais aussi, beaucoup moins visibles, des dizaines de millions de munitions encore actives. Rien d'anecdotique : des obus non explos&#233;s, il s'en retrouve encore presque tous les jours, un peu partout, sur l'ancienne ligne de front qui court &#224; travers onze d&#233;partements, de la mer du Nord &#224; la fronti&#232;re suisse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tiers de munitions non explos&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; en croire les d&#233;mineurs de la S&#233;curit&#233; civile et les estimations de l'arm&#233;e fran&#231;aise, entre 25 et 30 % du milliard de munitions d'artillerie tir&#233;es sur le front Ouest entre 1914 et 1918 (tous bellig&#233;rants confondus) n'auraient pas explos&#233;. Un chiffre qui ne comptabilise ni les obus toujours stock&#233;s dans des d&#233;p&#244;ts, ni les munitions &#233;gar&#233;es ou abandonn&#233;es au cours des diverses offensives et retraites des arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les champs de bataille ont bien &#233;t&#233; nettoy&#233;s dans les ann&#233;es suivant l'armistice, ce ne fut qu'en surface : la plupart des munitions non explos&#233;es sont rest&#233;es enfouies dans le sol, parfois &#224; plusieurs m&#232;tres de profondeur. Elles &#171; remontent &#187; chaque ann&#233;e &#224; la faveur des labeurs agricoles, de travaux publics, de chantiers autoroutiers ou ferroviaires, d'am&#233;nagements de zones commerciales ou de plates-formes logistiques. Le service du d&#233;minage, cr&#233;&#233; en 1945, et ses 300 d&#233;mineurs r&#233;partis sur tout le territoire collectent et d&#233;truisent chaque ann&#233;e en moyenne quelques cinq cents tonnes de ces munitions. &#192; ce rythme, rappellent-ils, le travail de d&#233;minage devra durer probablement encore plusieurs si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2518 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-784-76ae3.jpg?1768726944' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Olivier Saint-Hilaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pas-de-Calais, octobre 2014. En th&#233;orie, il est interdit de d&#233;placer un engin de guerre que l'on vient de d&#233;couvrir, mais dans la r&#233;alit&#233; les agriculteurs n'attendent pas le passage des d&#233;mineurs. La plupart du temps, ils d&#233;posent au bord de leur parcelle les munitions au risque de voir l'une d'entre elles exploser en la manipulant. Pour distinguer un obus chimique d'un obus explosif, cet agriculteur agite l'obus dans tous les sens. Si celui-ci produit un bruit liquide, c'est un chimique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces munitions toujours actives restent dangereuses pour ceux qui les manipulent. Deux d&#233;mineurs ont ainsi &#233;t&#233; tu&#233;s en 2007 par une explosion sur un site de stockage de munitions de la S&#233;curit&#233; civile &#224; proximit&#233; de Metz (Moselle). Plus r&#233;cemment, en 2014, deux ouvriers sont d&#233;c&#233;d&#233;s en Belgique lors de travaux d'excavation. Et il y a quelques semaines, un collectionneur d'objets militaires a trouv&#233; la mort dans le Calvados.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces munitions ne font pas toujours de victimes. En 2015, des obus ont ainsi explos&#233; en pleine terre, dans les champs, dans les environs d'Arras (Pas-de-Calais). Deux ans plus tard, dans la m&#234;me r&#233;gion, un obus au phosphore fuyant dans la cour d'une ferme a n&#233;cessit&#233; l'&#233;vacuation et le traitement d'une trentaine de personnes. Non loin, pr&#232;s de B&#233;thune, plus d'une centaine d'obus anglais encore actifs ont &#233;t&#233; d&#233;terr&#233;s en 2016 dans le jardin d'un pavillon, lors de travaux d'adduction d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, c'est parfois bien plus loin de l'ancienne ligne de front que des obus sont retrouv&#233;s. Comme sur l'&#206;le de Groix, dans le Morbihan : en 2014, des jeunes gens faisant un feu sur la plage y ont d&#233;clench&#233; l'explosion d'un obus enfoui dans le sable &#8211; datant de la Premi&#232;re Guerre mondiale, selon l'enqu&#234;te de gendarmerie. Bilan : un mort, un bless&#233; grave.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2515 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-781-1d936.jpg?1768726944' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Olivier Saint-Hilaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En 2011, des taux excessivement &#233;lev&#233;s de sels de perchlorates, perturbateurs endocriniens responsables de troubles thyro&#239;diens, sont d&#233;tect&#233;s sur des captages d'eau potable au sud de Lille.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Toxiques de guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi cet arsenal mortel, il y a les munitions chimiques. Celles-ci ne peuvent &#234;tre neutralis&#233;es par p&#233;tardement, au risque de vaporiser et diffuser dans l'atmosph&#232;re les toxiques qu'elles contiennent. Jusqu'en 1996, ces obus &#233;taient d&#233;truits en baie de Somme. Sur la plage, les d&#233;mineurs descendaient &#224; mar&#233;e basse des palettes d'obus chimiques pour les faire exploser ensuite, sous l'eau, &#224; mar&#233;e haute. La mer fut ainsi longtemps consid&#233;r&#233;e comme la solution la plus pratique et la moins co&#251;teuse pour se d&#233;barrasser de cet arsenal toxique. Jusqu'&#224; ce qu'une explosion malencontreuse, ainsi que la proximit&#233; du parc ornithologique du Marquenterre et d'une colonie de phoques venus s'installer dans la baie, mettent un terme &#224; cette &#171; technique d'&#233;limination &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces munitions chimiques sont depuis stock&#233;es dans le camp militaire de Suippes, dans la Marne, en attendant que le Site d'&#233;limination des chargements d'objets identifi&#233;s anciens (Secoia) de Mailly-le-Camp (Aube) soit op&#233;rationnel. Ce qui ne devrait pas tarder : la construction de cette usine enti&#232;rement automatis&#233;e s'est achev&#233;e il y a peu. Les op&#233;rations de destruction et de neutralisation des munitions chimiques devraient d&#233;sormais s'y &#233;taler sur une trentaine d'ann&#233;es, sans qu'on sache toutefois ce qu'il adviendra des substances liquides et gazeuses collect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/-783-9c97d.jpg?1768726944' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Olivier Saint-Hilaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Marne, &#233;t&#233; 2013. Pour venir extraire ces quatre obus allemands pesant chacun plus de 80 kg, il aura fallu mobiliser trois d&#233;mineurs de la S&#233;curit&#233; civile, deux v&#233;hicules, une chenillette et y consacrer une matin&#233;e enti&#232;re. Une rapide inspection de la parcelle au d&#233;tecteur m&#233;tallique leur faisait toutefois penser qu'il devait rester bien d'autres obus comme ceux-ci.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les perchlorates, des poisons pour le futur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi des munitions qui laissent des traces moins visibles, mais qui peuvent &#234;tre &#224; l'origine de pollutions des sols et des nappes phr&#233;atiques. En 2011, des taux excessivement &#233;lev&#233;s de sels de perchlorate (perturbateurs endocriniens responsables de troubles thyro&#239;diens) sont ainsi d&#233;tect&#233;s sur des captages d'eau potable au sud de Lille, sur l'ancienne ligne de front. Une pollution caus&#233;e par les munitions d'artillerie de la &#171; Grande Guerre &#187;, selon une &#233;tude r&#233;gionale. Sauf que la cartographie r&#233;alis&#233;e dans le but de la mesurer r&#233;v&#233;la aussi des taux anormalement &#233;lev&#233;s sur des zones de captage n'ayant pas connu de tirs d'artillerie. Des anomalies t&#233;moignant en fait d'un &#233;pisode m&#233;connu de l'apr&#232;s-guerre : le d&#233;sobusage. Dans les ann&#233;es 1920, la r&#233;gion comptait en effet plusieurs chantiers de destruction de munitions, aujourd'hui disparus.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2519 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/-785-07942.jpg?1768658119' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Olivier Saint-Hilaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Suippes, Marne, &#233;t&#233; 2013. Un terrain d'explosion situ&#233; dans le camp militaire de Suippes est r&#233;guli&#232;rement mis &#224; disposition de la S&#233;curit&#233; civile pour qu'elle puisse &#233;liminer les obus des deux guerres mondiales retrouv&#233;s dans les derni&#232;res semaines. La photo a &#233;t&#233; prise &#224; plus d'un kilom&#232;tre et demi du lieu de l'explosion.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, les obus chimiques posaient particuli&#232;rement probl&#232;me aux autorit&#233;s militaires. Pour les &#233;liminer, elles ont alors fait appel &#224; des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es, qui tiraient b&#233;n&#233;fice de la revente des m&#233;taux plus ou moins pr&#233;cieux r&#233;cup&#233;r&#233;s. Mais ces soci&#233;t&#233;s &#233;taient peu exp&#233;riment&#233;es, et elles ont p&#233;riclit&#233; les unes apr&#232;s les autres quelques ann&#233;es &#224; peine apr&#232;s avoir commenc&#233; cette t&#226;che titanesque. En cause, l'effondrement des cours mondiaux des m&#233;taux et l'inflation des ann&#233;es 1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, du nouveau. La ministre de l'Environnement, S&#233;gol&#232;ne Royal, charge le Bureau des recherches g&#233;ologiques et mini&#232;res d'&#233;tablir un inventaire national des pollutions engendr&#233;es par les activit&#233;s de ces soci&#233;t&#233;s de d&#233;sobusage. L'occasion de mettre &#224; jour plusieurs dizaines de sites pollu&#233;s, o&#249; avaient op&#233;r&#233; des soci&#233;t&#233;s comme Pickett &amp; Sons, Aigret &amp; Sauron, Bouxin ou Cl&#232;re &amp; Schwander. &#192; l'exemple du Place-&#224;-Gaz, lieu situ&#233; dans la for&#234;t de Spincourt (Meuse) o&#249; l'entreprise franco-britannique Pickett &amp; Sons aurait br&#251;l&#233; 200 000 obus chimiques allemands en 1928. Le sol de cette &#171; clairi&#232;re &#187; peu naturelle en garde trace : presque plus aucune v&#233;g&#233;tation n'y a pouss&#233; depuis. Selon les analyses, il contient des proportions inqui&#233;tantes de divers poisons et m&#233;taux lourds. Et sa masse est constitu&#233;e &#224; 17 % d'arsenic pur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;couverte embarrassante pour la pr&#233;fecture de la Meuse qui doit d&#233;sormais g&#233;rer la d&#233;pollution d'un site d&#233;j&#224; oubli&#233; 90 ans apr&#232;s avoir servi, tout en d&#233;fendant le &lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-Bure-la-justice-atomise' class=&#034;spip_in&#034;&gt;tr&#232;s controvers&#233; projet&lt;/a&gt; d'enfouissement du Centre industriel de stockage g&#233;ologique (Cigeo) de Bure. Un site pourtant cens&#233; conserver des d&#233;chets hautement radioactifs pour les 5 000 ans &#224; venir&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un t&#233;lescopage in&#233;dit entre pass&#233; et pr&#233;sent, qui souligne nos rapports complexes &#224; la m&#233;moire et l'oubli. Alors m&#234;me qu'une industrie nucl&#233;aire vacillante tente de vendre sa fable sur des d&#233;chets dont elle ne sait en r&#233;alit&#233; ce qu'il adviendra dans le futur, l'enseignement est pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; D&#233;chets de guerre &#187; est un travail photographique et documentaire que m&#232;ne &lt;a href=&#034;http://oliviersainthilaire.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Olivier Saint-Hilaire&lt;/a&gt; depuis 2013 sur les obus non explos&#233;s et les lieux pollu&#233;s par les munitions conventionnelles et chimiques.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
