<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=632&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Serbie : les exil&#233;s au pied des murs</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Serbie-les-exiles-au-pied-des-murs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Serbie-les-exiles-au-pied-des-murs</guid>
		<dc:date>2022-05-13T10:09:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard, Laurent Perez</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>fronti&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Serbie</dc:subject>
		<dc:subject>mur</dc:subject>
		<dc:subject>l'Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Rado&#353; &#272;urovi&#263;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans les Balkans comme ailleurs, toutes sortes de barri&#232;res entravent le p&#233;riple des personnes exil&#233;es. Des murs concrets h&#233;riss&#233;s de barbel&#233;s, comme celui que la Hongrie a fait construire &#224; la fronti&#232;re de la Serbie. Mais aussi des murs l&#233;gislatifs, technologiques, policiers ou politiques, b&#226;tis en vue de satisfaire l'Union europ&#233;enne (UE) et ses politiques concert&#233;es de rejet des &#171; ind&#233;sirables &#187;. Pour les principaux concern&#233;s, venus d'Afghanistan, de Syrie ou d'Afrique du Nord, c'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no209-mai-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;209 (mai 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/frontiere" rel="tag"&gt;fronti&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Serbie" rel="tag"&gt;Serbie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mur" rel="tag"&gt;mur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Union-europeenne" rel="tag"&gt;l'Union europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hongrie" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rados-%C4%90urovic" rel="tag"&gt;Rado&#353; &#272;urovi&#263;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les Balkans comme ailleurs, toutes sortes de barri&#232;res entravent le p&#233;riple des personnes exil&#233;es. Des murs concrets h&#233;riss&#233;s de barbel&#233;s, comme celui que la Hongrie a fait construire &#224; la fronti&#232;re de la Serbie. Mais aussi des murs l&#233;gislatifs, technologiques, policiers ou politiques, b&#226;tis en vue de satisfaire l'Union europ&#233;enne (UE) et ses politiques concert&#233;es de rejet des &#171; ind&#233;sirables &#187;. Pour les principaux concern&#233;s, venus d'Afghanistan, de Syrie ou d'Afrique du Nord, c'est l'assurance de violences accrues et de destins enlis&#233;s. Reportage au nord de la Serbie, aux confins de l'UE.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200serbie1_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/1200serbie1_resultat-0efbc.jpg?1783003328' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;remi&#232;re vision du centre-ville de Sombor : quatre jeunes migrants prennent tranquillement le soleil sur un banc d'une art&#232;re commer&#231;ante. C'est le d&#233;but de l'apr&#232;s-midi, le dernier dimanche avant la P&#226;que orthodoxe, et les rues sont presque vides dans cette ville moyenne et proprette de la r&#233;gion de la Ba&#269;ka, au nord-ouest de la Serbie. Deux flics approchent : &#233;change de signes, contr&#244;le des papiers, fouille des sacs, c'est bon pour cette fois. Illico, les quatre jeunes d&#233;campent, message re&#231;u : ils ne sont pas bienvenus en ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus loin, sur la route qui m&#232;ne aux fronti&#232;res hongroise et croate (toutes deux &#224; environ 25 km de Sombor), on roule le long d'un faubourg r&#233;sidentiel. Sur le bas-c&#244;t&#233;, des silhouettes discr&#232;tes charg&#233;es de sacs de course. &#192; l'or&#233;e d'un petit bois, on d&#233;bouche sur une sorte de kermesse pas dr&#244;le. Une vingtaine de taxis attendent les clients potentiels, qui prennent le frais sous les ombrages en attendant la rupture du je&#251;ne du Ramadan. Derri&#232;re l'enseigne &#171; Night-Club Grizzly &#187;, des exil&#233;s se pressent dans une petite boutique ou papotent sur un vieux terrain de basket, assis en cercle sur des chaises en plastique. Dans une arri&#232;re-cour, de jeunes types du cru d'allure pas commode &#8211; surv&#234;t', bombers, cr&#226;ne ras&#233; &#8211; rigolent autour d'un barbecue. Une impression latente et d&#233;sagr&#233;able, confirm&#233;e plus tard par des connaisseurs du site : on est tomb&#233;s au c&#339;ur d'un business, o&#249; chauffeurs de taxis et jeunes du coin profitent de la d&#233;tresse des exil&#233;s pour arrondir les fins de mois. Pas vraiment le temps d'approfondir : le ma&#238;tre des lieux, un colosse patibulaire, nous prie virilement d'aller voir ailleurs&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon certains associatifs, le colosse et ses suppl&#233;tifs seraient pay&#233;s par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ailleurs &#187;, c'est le camp officiel, &#224; quelques centaines de m&#232;tres. Une all&#233;e d'arbres conduit &#224; une ancienne colonie de vacances, r&#233;affect&#233;e &#224; un Centre d'accueil du Commissariat pour les r&#233;fugi&#233;s et les migrations de la R&#233;publique de Serbie (KIRS). Le grillage est d&#233;fonc&#233; et le portail ouvert. Assis sur un banc, quatre jeunes Syriens d&#233;crivent &#224; gros traits le quotidien du camp de Sombor plein &#224; craquer, o&#249; tout est pourri. Ils sont l&#224; depuis huit mois dans le vide absolu &#8211; &#171; &lt;i&gt;No money, no work&lt;/i&gt; &#187;. Le dialogue est interrompu par l'irruption d'un employ&#233; tremblotant qui nous fait raccompagner par un vigile. Devant l'entr&#233;e, le mot a tourn&#233; : personne ne veut causer. Ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruxelles sous-traite&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le camp de Sombor est l'un des quatorze ouverts par la Serbie &#224; destination des migrants pr&#233;sents sur son sol. Frontali&#232;re de quatre pays membres de l'Union europ&#233;enne (Croatie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie) dont un (la Hongrie) fait partie de l'espace Schengen, elle-m&#234;me candidate &#224; l'adh&#233;sion et d&#233;pendante des subsides europ&#233;ens, la Serbie ob&#233;it aux &lt;i&gt;desiderata&lt;/i&gt; de Bruxelles. Les proc&#233;dures d'adh&#233;sion pr&#233;voient un alignement progressif des candidats sur les politiques communautaires &#8211; y compris en mati&#232;re d'immigration. C'est la quadrature du cercle qui enserre la Serbie, la Bosnie-Herz&#233;govine ou encore l'Albanie dans ses rets : pays de transit, ils se voient n&#233;anmoins contraints de d&#233;fendre les murs d'une forteresse Europe dont ils ne font pas partie, et contribuent donc, bon gr&#233; mal gr&#233;, &#224; l'externalisation de la politique migratoire europ&#233;enne, en deuxi&#232;me ligne derri&#232;re la Turquie, la Libye ou le Maroc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En jeu ? L'exemption de visas pour leurs ressortissants dans l'espace Schengen (obtenue par la Serbie en 2009 seulement), et surtout le fonds, sonnant et tr&#233;buchant, de pr&#233;adh&#233;sion &#224; l'UE. Quand il s'agit de repousser les migrants aussi, l'Union crame la CB : 90 % du budget du KIRS en provient. Les camps ne s'en portent pas mieux pour autant. &#171; &lt;i&gt;On peut mettre tout l'argent qu'on veut, &#231;a ne change rien car personne ne prend soin des lieux&lt;/i&gt; &#187;, explique le juriste Rado&#353; &#272;urovi&#263;, directeur de l'association de soutien juridique Azylum Protection Center (APC), &#224; Belgrade. Son organisation, pourtant reconnue par l'&#201;tat serbe, jouit d'un acc&#232;s limit&#233; &#224; l'int&#233;rieur des camps. C'est par des vid&#233;os fuit&#233;es qu'elle documente la v&#233;tust&#233; des lieux, l'absence d'hygi&#232;ne, les toilettes infectes, le surpeuplement et le d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au camp de Subotica, la grande ville du nord de la Serbie, &#224; un jet de pierres de la fronti&#232;re hongroise, &#171; &lt;i&gt;la gale est end&#233;mique&lt;/i&gt; &#187;, affirme un membre de l'association de soutien aux exil&#233;s Collective Aid, qui remet une couche : &#171; &lt;i&gt;Nous avons vu des migrants porteurs de plaies ouvertes surinfect&#233;es par la gale.&lt;/i&gt; &#187; Quand on y passe au petit matin, des exil&#233;s dorment dans des duvets &#224; l'ext&#233;rieur, par un froid peu printanier. Selon l'APC, ils seraient 350 pour une capacit&#233; d'accueil de 200. Deux jours plus tard, un Marocain y sera retrouv&#233; mort : d'une overdose d'alcool et d'opio&#239;des, affirme le KIRS. Comment savoir ? Les m&#233;decins sont sp&#233;cialement appoint&#233;s par l'administration des camps, &#224; qui ils doivent leur gagne-pain, explique encore Rado&#353; &#272;urovi&#263; &#8211; difficile, d&#232;s lors, de d&#233;noncer la corruption, les trafics, les mauvais traitements&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incurie de la Serbie dans la gestion des camps refl&#232;te son r&#244;le de petit rouage de la machine &#224; refouler europ&#233;enne. Les violences de la police serbe sont document&#233;es, mais sans commune mesure avec celles de ses homologues croate et hongroise. La Serbie prend tout de m&#234;me sa part du jeu sinistre des &#171; &lt;i&gt;pushbacks&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expulsion ill&#233;gale des personnes vers le pays pr&#233;c&#233;dent, sur la base (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; en cascade &#187;, d'un pays &#224; l'autre, d'Italie ou d'Autriche vers la Slov&#233;nie, puis la Croatie, puis la Serbie, le long de ce que le r&#233;seau Migreurop d&#233;nonce comme &#171; &lt;i&gt;une cha&#238;ne de violation de droits&lt;/i&gt; &#187;. Dans le sens retour aussi, la Serbie est un cul-de-sac : la Mac&#233;doine du Nord, pays de transit pr&#233;c&#233;dent sur la route de l'Europe, refuse syst&#233;matiquement les r&#233;admissions. Triste routine, les autorit&#233;s conduisent donc les &lt;i&gt;pushback&#233;s&lt;/i&gt; au camp serbe de Pre&#353;evo, aux confins de la Mac&#233;doine et du Kosovo. &#192; Pre&#353;evo, les exil&#233;s sont retenus quelques jours ill&#233;galement avant de reprendre, &#224; prix d'or, un taxi pour la capitale et le nord du pays. Man&#232;ge absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une r&#233;gion qui a r&#233;cemment connu d'importants d&#233;placements de population, les habitants semblent globalement ne pas sombrer en masse dans la haine contre les migrants. Des milices d'extr&#234;me droite ont bien entrepris de les terroriser, mais le ph&#233;nom&#232;ne reste relativement marginal&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Serbie : entre r&#233;fugi&#233;s et extr&#234;me droite, le d&#233;sarroi de Sombor &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Politiquement, cependant, le sujet peut se montrer aussi porteur en Serbie qu'ailleurs : les tablo&#239;ds proches du r&#233;gime d'Aleksandar Vu&#269;i&#263; &lt;i&gt;(voir encadr&#233;)&lt;/i&gt; font &#224; l'occasion leur beurre d'un fait divers, et le ministre de l'Int&#233;rieur, l'aboyeur ultranationaliste Aleksandar Vulin, multiplie les d&#233;clarations tonitruantes. Mais en dehors de ces effets de manche x&#233;nophobes, la tendance est surtout &#224; l'occultation : la Serbie n'est pas concern&#233;e par la crise migratoire, d'ailleurs elle la g&#232;re &#224; merveille. Et les keufs d'assurer l'invisibilit&#233; des ind&#233;sirables en mettant des b&#226;tons dans les roues des collectifs d'aide&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En janvier 2020, trois b&#233;n&#233;voles &#233;trangers du collectif No Name Kitchen, &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, en d&#233;mantelant squats et campements informels et en faisant la chasse aux migrants dans les centres-villes, toujours direction Pre&#353;evo. &#171; &lt;i&gt;La&lt;/i&gt; &lt;i&gt;police communique toujours sur les m&#234;mes nombres de migrants, multiples du nombre de bus mobilis&#233;s dans l'op&#233;ration, lesquels peuvent accueillir 84 personnes. &#199;a n'a aucun sens&lt;/i&gt; &#187;, grincent &#224; Belgrade les militants d'une autre association de soutien aux exil&#233;s, Klikaktiv. Rien qu'en avril, deux grandes rafles ont &#233;t&#233; men&#233;es contre les exil&#233;s dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais squats et campements sont fatalement l'exutoire de l'insalubrit&#233; et de la saturation des camps. Employ&#233; &#224; la gare de Subotica, Marko nous raconte que certains jours, il a compt&#233; 100 &#224; 130 personnes migrantes sur les voies de fret, entre les squats et wagons mis&#233;rables qu'ils occupent de part et d'autre des rails. &#171; &lt;i&gt;&#199;a me fait de la peine. Je suis orthodoxe, pour moi tous les hommes sont &#233;gaux.&lt;/i&gt; &#187; Il les a film&#233;s &#224; destination d'un copain journaliste, qui a prudemment refus&#233; de diffuser les images. &#171; &lt;i&gt;Le gouvernement raconte que les migrants envahissent les villes. Mais en r&#233;alit&#233;, c'est l&#224; qu'ils tra&#238;nent, sur les voies.&lt;/i&gt; &#187; Le milieu du rail bruisserait de rumeurs de migrants morts sous les roues de trains de marchandises. La ran&#231;on, peu surprenante, de l'indiff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Murs et ch&#226;timents&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les personnes migrantes sont aussi nombreuses &#224; Sombor et Subotica, c'est &#233;videmment &#224; cause de la proximit&#233; de l'Union europ&#233;enne. D'un c&#244;t&#233;, la Croatie, dont la fronti&#232;re est principalement marqu&#233;e par le Danube, large &#224; cet endroit de plusieurs centaines de m&#232;tres. &#199;a se tente. Le journaliste Philippe Bertinchamps, correspondant du &lt;i&gt;Courrier des Balkans&lt;/i&gt; &#224; Belgrade, nous montre les images film&#233;es par ses soins d'un Zodiac se dirigeant vers la berge. Mais, depuis deux ans, la police croate s'est rendue tristement c&#233;l&#232;bre par les violences exerc&#233;es contre les exil&#233;s et le caract&#232;re syst&#233;matique de ses refoulements. Sur tout le territoire, f&#251;t-ce &#224; l'autre bout du pays, les personnes migrantes arr&#234;t&#233;es sont brutalis&#233;es et renvoy&#233;es en Serbie ou en Bosnie-Herz&#233;govine. C&#244;t&#233; hongrois, c'est pire : non seulement les violences et les &lt;i&gt;pushbacks&lt;/i&gt;, mais aussi le &#171; mur &#187; construit en 2015 sous les ordres du Premier ministre d'extr&#234;me droite Viktor Orb&#225;n, sur toute la fronti&#232;re sud du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mur, le voil&#224;. Balafrant la plaine plate comme la main, immense et monotone, qui s'&#233;tend de Budapest &#224; Belgrade, coupant en deux une opulente r&#233;gion agricole dont les populations m&#234;l&#233;es ont toujours jou&#233; &#224; saute-fronti&#232;res. &#192; l'arri&#232;re des jardins du village de Rastina, &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres au nord de Sombor, parmi les vergers et les cultures de colza, deux barri&#232;res m&#233;talliques, hautes de quatre et trois m&#232;tres, h&#233;riss&#233;es de barbel&#233;s concertina, encadrent une voie r&#233;serv&#233;e aux patrouilles des flics et des douaniers. Le dispositif s&#233;curitaire est agr&#233;ment&#233; d'un arsenal de gadgets dernier cri, comme le rappelle un r&#233;cent rapport du pr&#233;cieux r&#233;seau Migreurop : &#171; &lt;i&gt;Cette barri&#232;re est &#233;quip&#233;e de technologies capables de d&#233;livrer des chocs &#233;lectriques, de capteurs de chaleur, de cam&#233;ras ainsi que de haut-parleurs s'adressant aux personnes exil&#233;es en plusieurs langues&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Exils sans fin &#8211; Chantages anti-migratoires le long de la route des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187; Le nec plus ultra.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &lt;i&gt;Cette barri&#232;re est &#233;quip&#233;e de technologies capables de d&#233;livrer des chocs &#233;lectriques, de capteurs de chaleur, de cam&#233;ras ainsi que de haut-parleurs s'adressant aux personnes exil&#233;es en plusieurs langues.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour financer ces petits bijoux et encadrer le sale boulot des gardes-fronti&#232;res, on retrouve Frontex, l'agence de surveillance des fronti&#232;res ext&#233;rieures de l'Union europ&#233;enne, dot&#233;e de moyens colossaux&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ce sujet, lire &#171; Frontex : une machine de mort europ&#233;enne &#187;, article (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. T&#233;moin voire complice quotidien des abus de la police hongroise, des chiens d'attaque lanc&#233;s sur les passe-fronti&#232;res ou des migrants enferm&#233;s dans des conteneurs avant d'&#234;tre refoul&#233;s&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment le t&#233;moignage de H. dans le rapport de Migreurop, d&#233;j&#224; cit&#233; : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, Frontex a attendu f&#233;vrier 2021 pour quitter le pays d'Orb&#225;n, sous la pression m&#233;diatique et apr&#232;s que la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne a interdit (en vain) &#224; la Hongrie de proc&#233;der aux &lt;i&gt;pushbacks&lt;/i&gt;. La duplicit&#233; europ&#233;enne &#8211; se dire &#233;tranger aux exactions tout en les supervisant &#8211; avait fini par se voir. Sur le terrain, il y a longtemps qu'elle ne faisait de doute pour personne. Apr&#232;s des ann&#233;es pass&#233;es en lien avec les institutions internationales, Rado&#353; &#272;urovi&#263; s'est fait une religion sur la question : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas de politique migratoire europ&#233;enne commune. Dans la pratique, elle consiste tout simplement &#224; freiner voire arr&#234;ter les migrations.&lt;/i&gt; &#187; &#192; n'importe quel prix. &#171; &lt;i&gt;L'Europe sait parfaitement ce qui se passe ici. Toutes les associations ont des contacts avec les institutions europ&#233;ennes, &#224; qui elles font remonter les infos.&lt;/i&gt; &#187; Violences comprises ? Oui. &#171; &lt;i&gt;&#192; cette &#233;chelle, des violences aussi syst&#233;matiques ne peuvent &#234;tre orchestr&#233;es que d'en haut&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de Frontex, des accords bilat&#233;raux entre &#201;tats permettent aussi d'organiser des op&#233;rations de police communes. Quand cette coop&#233;ration s'effectue au sein du tr&#232;s r&#233;ac' groupe de Visegr&#225;d&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fond&#233; en 1991, il r&#233;unit la Pologne, la Tch&#233;quie, la Slovaquie et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; au nom de la &#171; &lt;i&gt;d&#233;fense collective des fronti&#232;res de l'Europe&lt;/i&gt; &#187; ch&#232;re &#224; Orb&#225;n, le pire est attendu : la police tch&#232;que pr&#234;terait la main aux brutalit&#233;s de la police hongroise. En revanche, la pr&#233;sence de la police allemande exercerait des vertus apaisantes, l'opinion du pays &#233;tant plus scrupuleuse en mati&#232;re de droits humains. Mis&#232;re des petits jeux diplomatiques...
Passer, &#224; tout prix&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200carteserbieok_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/1200carteserbieok_resultat-21e96.jpg?1783003328' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Carte de C&#233;cile Kiefer
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si m&#233;diatis&#233; soit-il, le mur hongrois fait p&#226;le figure &#224; c&#244;t&#233; de ses pr&#233;d&#233;cesseurs des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, ou de la fronti&#232;re gr&#233;co-turque. Un jeune Marocain, rencontr&#233; &#224; Subotica, ne s'est m&#234;me pas pos&#233; la question : &#171; &lt;i&gt;La fronti&#232;re espagnole, c'est juste impossible. C'est grave ce qui se passe l&#224;-bas. La Hongrie, &#231;a va beaucoup plus vite.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;mur n'a rien d'efficace,&lt;/i&gt; confirme Rado&#353; &#272;urovi&#263;. &lt;i&gt;Il alimente juste le trafic des passeurs.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me son de cloche du c&#244;t&#233; de l'association Klikaktiv : &#171; &lt;i&gt;Les gens continuent &#224; tenter de passer par le mur parce que c'est la voie la plus rapide. Les barbel&#233;s et les chiens n'y changent rien.&lt;/i&gt; &#187; De temps &#224; autre, la police d&#233;couvre un tunnel creus&#233; sous le mur, au risque pour ceux qui l'empruntent de se faire cueillir &#224; la sortie, ou de mourir &#233;touff&#233;s sous les &#233;boulis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passer, donc, &#231;a se fait. Le d&#233;sespoir donne des ailes et l'adr&#233;naline occulte momentan&#233;ment la douleur &lt;i&gt;(voir le t&#233;moignage de Zyed ci-contre)&lt;/i&gt;. Surtout, il n'est aucun probl&#232;me auquel le march&#233; ne propose sa solution frelat&#233;e, et le &#171; &lt;i&gt;game&lt;/i&gt; &#187; du passage nourrit une &#233;conomie florissante&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le rapport&#171; Spot prices &#8211; Analyzing flows of people, drugs and money in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. De la course en taxi surtax&#233;e au &#171; &lt;i&gt;package&lt;/i&gt; &#187; migratoire complet, tout un catalogue de services est mis &#224; disposition &#8211; auxquels certains migrants pr&#234;tent parfois la main pour financer leur prochaine tentative. Aux plus offrants, les passeurs proposent un &#171; &lt;i&gt;guarantee game&lt;/i&gt; &#187;, un passage &#171; garanti &#187;, comme nous l'expliquent les membres de Klikaktiv : pendant qu'une premi&#232;re troupe est envoy&#233;e en diversion, les candidats plus fortun&#233;s tentent la travers&#233;e &#224; un autre endroit. C&#244;t&#233; hongrois, si tout va bien, un v&#233;hicule attend et les douaniers &#8211; dont la corruption est proverbiale en Hongrie &#8211; regardent ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les personnes migrantes s'&#233;vanouissent dans la campagne hongroise. Lanc&#233; d&#233;but 2015, le groupe de solidarit&#233; MigSzolt, &#224; Szeged (&#224; 15 km au nord de la fronti&#232;re serbe), a ainsi ferm&#233; boutique d&#232;s novembre 2017. Parmi ses fondateurs, le chercheur Mark K&#233;kesi raconte : &#171; &lt;i&gt;Nous n'avions plus d'activit&#233;. Les migrants avaient disparu de Hongrie. Il faut dire que les arrestations sont permanentes et que beaucoup d'exil&#233;s se retrouvent en prison ou expuls&#233;s, souvent apr&#232;s d&#233;nonciation des habitants. Ceux qui passent r&#233;&#233;mergent ensuite en Autriche ou en Allemagne, mais leur circulation sur le territoire est invisible, et sans doute li&#233;e au crime organis&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux, nombreux, qui n'ont pas les moyens financiers n&#233;cessaires, les chances sont beaucoup plus minces. Dans un square proche de la gare routi&#232;re de Belgrade, Djelaluddin r&#233;sume la situation en quelques phrases d&#233;sabus&#233;es : &#171; &lt;i&gt;&#199;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fait quatre mois que je suis dans ce pays et j'ai d&#233;j&#224; tent&#233; plusieurs fois de passer. Et partout j'ai &#233;t&#233; brutalis&#233;. En Hongrie, en Croatie, en Roumanie, on te tape &#224; chaque fois. Ils m'ont aussi pris mon argent et mon t&#233;l&#233;phone. Je ne sais plus quoi faire.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, son histoire ne laisse aucun doute sur son droit &#224; l'asile politique : &#171; &lt;i&gt;Je suis parti d'Afghanistan quand les talibans sont revenus&lt;/i&gt; [en ao&#251;t 2021]&lt;i&gt;. &#192; cette &#233;poque, j'&#233;tais dans l'arm&#233;e. Nous n'&#233;tions m&#234;me pas au combat, seulement en exercice. &#199;a a suffi pour que les talibans me consid&#232;rent comme un ennemi&lt;/i&gt; &#187;, raconte-t-il en montrant les stigmates des exactions subies : un doigt tordu dans le mauvais sens et une vilaine cicatrice au cou. Il retrace &#224; grands traits son p&#233;riple, l'Iran, la Turquie, la Gr&#232;ce, la Bulgarie, un trajet assez rapide, mais sem&#233; d'emb&#251;ches. &#171; &lt;i&gt;Je connais trois personnes qui ont &#233;t&#233; tu&#233;es par des chiens &#224; la fronti&#232;re bulgare. Partout, on nous traite comme des animaux.&lt;/i&gt; &#187; Ses yeux s'illuminent encore quand il raconte son r&#234;ve : le Canada. En attendant la rupture du je&#251;ne, Djelaluddin propose de nous payer un sandwich. Il peut se le permettre, dit-il : il lui reste 14 ou 15 euros. Quand on le quitte, il l&#232;ve le pouce, souriant.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &lt;i&gt;En Hongrie, en Croatie, en Roumanie, on te tape &#224; chaque fois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D'autres n'ont plus cette &#233;nergie. Chez Klikaktiv, Vuk Vu&#269;kovi&#263; ne compte plus les personnes bless&#233;es en franchissant le mur, ou apr&#232;s avoir rencontr&#233; les matraques hongroises, qui reprennent la route sans attendre d'&#234;tre gu&#233;ries &#8211; et finissent invalides. Quand tous les horizons sont bouch&#233;s, &#171; &lt;i&gt;certains sombrent dans la drogue ou la folie&lt;/i&gt; &#187;, nous explique Rado&#353; &#272;urovi&#263;. Ils perdent alors de vue ce territoire r&#234;v&#233; qui se d&#233;m&#232;ne pour les refouler : l'Europe, juste de l'autre c&#244;t&#233; du mur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le triangle mord &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout a une fin &#8211; les murs aussi. Depuis 2020, une nouvelle route s'est ouverte afin de contourner le mur hongrois par le Banat, r&#233;gion &#224; cheval sur la Serbie et la Roumanie&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; R&#233;fugi&#233;s : contourner la Croatie par le &#8220;triangle&#8221; Serbie-Roumanie-Hongrie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;. Au niveau du poste-fronti&#232;re qui relie Rabe (Serbie) &#224; K&#252;bekh&#225;za (Hongrie), la cl&#244;ture aboutit &#224; un simple portail m&#233;tallique. De l'autre c&#244;t&#233; de la chauss&#233;e, une campagne ouverte, ponctu&#233;e de quelques bosquets : la fronti&#232;re serbo-roumaine, que rien n'indique sur le terrain, pas m&#234;me un bout de grillage. Un pick-up de la police roumaine se dirige vers nous avant de se garer pr&#232;s de la gu&#233;rite des douaniers. Quelques minutes plus t&#244;t, on l'avait rep&#233;r&#233;, arr&#234;t&#233; &#224; notre hauteur, tandis que nous approchions d'un squat de personnes migrantes, dans une usine abandonn&#233;e entre les hameaux de Majdan et Rabe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4541 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200serbie2_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH321/1200serbie2_resultat-df34b.jpg?1783003328' width='500' height='321' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Car, en d&#233;pit des apparences, la Roumanie n'est gu&#232;re plus accessible que la patrie d'Orb&#225;n. Cam&#233;ras &#224; vision thermique, chiens &#233;quip&#233;s de GPS, dispositifs de d&#233;tection des battements du c&#339;ur&#8230; Toute la quincaillerie de Frontex est mobilis&#233;e pour interdire le passage. Certains exil&#233;s s'y seraient repris des dizaines de fois. Pendant des semaines ou des mois d'attente, ils rasent alors les murs des villages sinistres, aux trois quarts vides et en ruines, que relient des routes en b&#233;ton d&#233;fonc&#233; le long de la fronti&#232;re. Les derniers mois, on a compt&#233; jusqu'&#224; 300 migrants squattant les maisons abandonn&#233;es de Majdan &#8211; soit davantage que la population officielle du village. Ils se font discrets, car les relations avec les habitants sont tendues ; quelques-unes des belles pintades qui errent au milieu des rues auraient assouvi la faim d'exil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une dizaine de kilom&#232;tres &#224; l'ouest, par-del&#224; les champs, le village de &#272;ala s'&#233;tend mollement jusqu'&#224; la rivi&#232;re Tisza qui, sur quelques kilom&#232;tres, marque la fronti&#232;re entre Serbie et Hongrie. D&#233;but 2020, la Hongrie a d&#233;ploy&#233; des unit&#233;s maritimes arm&#233;es pour dissuader les migrants de tenter la travers&#233;e &#224; la nage. C&#244;t&#233; serbe, une grosse bagnole de police patrouille sur la berge, parmi les herbes hautes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu en retrait, le bourg de Srpski Krstur semble presque vivant. C'est la sortie des classes, des enfants roms, nombreux dans la commune, gambadent sur les trottoirs. Un peu &#224; l'&#233;cart de la route principale, un faubourg d&#233;labr&#233; s'&#233;tire en direction de la rivi&#232;re. Devant une &#233;picerie, une dizaine d'exil&#233;s papotent ou boivent des coups. Un Marocain nous raconte qu'il prend la route pour la deuxi&#232;me fois. Apr&#232;s treize ans &#224; Bologne, malgr&#233; femme et enfant, il a &#233;t&#233; expuls&#233; au Maroc, d'o&#249; il est reparti pour rentrer chez lui. Son r&#233;cit est interrompu quand, branle-bas de combat, deux taxis d&#233;barquent coup sur coup, d&#233;chargeant des personnes migrantes en provenance de villes voisines. Deux autres voitures arrivent dans la foul&#233;e et font chacune monter un groupe. Le conducteur de la deuxi&#232;me, un jeune Serbe &#233;l&#233;gamment mis, nous jette un regard peu am&#232;ne. Derri&#232;re nous, la porte de l'&#233;picerie se ferme brusquement &#224; double tour, &lt;i&gt;clac&lt;/i&gt;. En quelques minutes, les exil&#233;s s'&#233;vaporent dans la nature. L'un d'eux, avec qui nous venions d'&#233;changer quelques mots, se cache derri&#232;re l'angle du mur, son foulard remont&#233; sur son visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; Sombor, nous d&#233;rangeons. C'est toute une &#233;conomie locale dont les voyageurs de l'exil, pris au pi&#232;ge, sont la client&#232;le captive. Du petit taxi ind&#233;pendant au r&#233;seau transfrontalier arm&#233; de sa propre flotte de voitures, le trafic des passeurs aux fronti&#232;res nord de la Serbie aurait repr&#233;sent&#233; entre 8,5 et 10,5 millions d'euros en 2020, selon les chiffres de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime. Avec la complicit&#233; in&#233;vitable de la police, tr&#232;s pr&#233;sente au quotidien dans tous les pays de la r&#233;gion, et largement corrompue. Prises en &#233;tau entre l'Europe qui les rejette et les mafias qui leur font les poches, les flics qui les frappent et ceux qui les rackettent, les personnes exil&#233;es subissent un enfer humain. Attendant le moment o&#249; elles seront lib&#233;r&#233;es de ce bourbier de fronti&#232;res. Et o&#249;, &#224; l'instar de Zyed, jeune Tunisien arriv&#233; en Autriche apr&#232;s des ann&#233;es d'errance, elles pourront enfin dire : &#171; &lt;i&gt;C'est la fin des t&#233;n&#232;bres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photos &#201;milien Bernard &amp; Laurent Perez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vu&#269;i&#263; : r&#233;&#233;lection d'un acrobate autoritaire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 3 avril dernier, le pr&#233;sident serbe Aleksandar Vu&#269;i&#263; est r&#233;&#233;lu haut la main, avec 60 % des voix. Mais ce triomphe est en trompe-l'&#339;il : son parti n'a pas obtenu la majorit&#233; absolue aux l&#233;gislatives, et risque de perdre la mairie de Belgrade. Remotiv&#233;e l'hiver dernier par un soul&#232;vement populaire massif et (pour l'instant) victorieux contre un projet de mine de lithium du groupe Rio Tinto&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Serbie : contre Rio Tinto, la mobilisation continue &#187;, Le Courrier des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;, la gauche a massivement document&#233; les fraudes &#233;lectorales du r&#233;gime. Pendant ce temps, et malgr&#233; le corsetage des m&#233;dias, les liens du r&#233;gime avec le grand banditisme et les gros bras des supporters ultras, au c&#339;ur de tous les trafics, sont de plus en plus apparents. Le d&#233;but de la fin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e du Parti progressiste serbe au pouvoir en 2012, la Serbie maintient un &#233;quilibre inconfortable entre l'Union europ&#233;enne &#8211; horizon d&#233;clar&#233; et financier indispensable &#8211;, le traditionnel alli&#233; russe, et une Chine toujours contente de pousser ses pions en Europe. Position d'autant plus acrobatique que le r&#233;gime et ses m&#233;dias encouragent presque ouvertement une nouvelle &#171; opposition pro-Poutine &#187;, pl&#233;biscit&#233;e par la jeunesse. Sur les murs de Belgrade, ces derniers mois, ont fleuri les portraits du g&#233;n&#233;ral g&#233;nocidaire Ratko Mladi&#263; ; jusque dans les campagnes les plus paum&#233;es, les tags &#171; &lt;i&gt;Ratko Mladi&#263;, h&#233;ros serbe&lt;/i&gt; &#187; sont omnipr&#233;sents. Vu&#269;i&#263; n'en reste pas moins l'interlocuteur privil&#233;gi&#233; de l'Occident, au nom d'une &#171; stabilit&#233; &#187; synonyme pour la population de pauvret&#233;, de corruption et d'&#233;migration massive.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Zyed : &#171; Bienvenue chez Frontex ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand il raconte son p&#233;riple de la Tunisie &#224; l'Autriche o&#249; il vit actuellement, Zyed est intarissable. Lui qui pr&#233;pare un livre sur son exp&#233;rience a v&#233;cu de multiples enlisements, en Gr&#232;ce, en Bosnie, etc. Au final : trois ans et huit mois sur la route apr&#232;s son d&#233;part en octobre 2017. Plusieurs fois tabass&#233;, notamment par la police croate &#8211; &#171; &lt;i&gt;Je vois toujours leurs visages.&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, il revient ici sur la fin de son p&#233;riple, en Serbie et Roumanie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis rest&#233; quatre mois en Serbie. Et j'ai encore en t&#234;te ma premi&#232;re tentative de passer le mur. C'est un passeur de la mafia qui nous a amen&#233;s. On &#233;tait une trentaine.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Arriv&#233; au mur, il a sorti un grand couteau, l'a agit&#233; et nous a dit de foncer. Une fois en haut de l'&#233;chelle, il fallait se jeter de quatre m&#232;tres. J'ai tent&#233; d'atterrir en roul&#233;-boul&#233;, mais je me suis quand m&#234;me foul&#233; la cheville. Malgr&#233; tout, j'ai continu&#233; et grimp&#233; la deuxi&#232;me barri&#232;re. Il faut imaginer la sc&#232;ne : les barbel&#233;s, le courant &#233;lectrique, la douleur&#8230; C'est l'adr&#233;naline qui m'a fait passer. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C&#244;t&#233; hongrois, je me suis retrouv&#233; dans un mar&#233;cage. J'ai march&#233; dans la nuit, en essayant de m'&#233;loigner des cris que j'entendais. Puis un h&#233;licopt&#232;re est arriv&#233;, une mani&#232;re de nous dire : &#8220;Bienvenue dans l'Union europ&#233;enne, bienvenue chez Frontex.&#8221; Ils ont illumin&#233; les environs et utilis&#233; des cam&#233;ras thermiques. Forc&#233;ment, il m'ont attrap&#233; et refoul&#233; en Serbie. Il m'a fallu un moment pour soigner mon pied, dans le camp de Subotica, aux conditions d'hygi&#232;ne terribles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, j'ai voulu passer par la Roumanie, via le triangle. J'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; deux fois. Au final, j'ai r&#233;ussi &#224; traverser gr&#226;ce &#224; deux militantes. Elles m'ont indiqu&#233; o&#249; passer la fronti&#232;re Roumanie/Hongrie, un coin d&#233;sert, au milieu de nulle part. Apr&#232;s trois ans et huit mois je foulais le sol europ&#233;en sans policiers pour me refouler. Plus loin, mes amies m'attendaient. Elles m'ont amen&#233; &#224; Budapest, puis m'ont fait passer la fronti&#232;re autrichienne. Moi qui avait &#233;t&#233; foul&#233; et refoul&#233; tant de fois, j'&#233;tais de l'autre c&#244;t&#233; gr&#226;ce &#224; elles. C'&#233;tait la fin des t&#233;n&#232;bres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon certains associatifs, le colosse et ses suppl&#233;tifs seraient pay&#233;s par les autorit&#233;s pour &#171; fixer &#187; les exil&#233;s en p&#233;riph&#233;rie de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Expulsion ill&#233;gale des personnes vers le pays pr&#233;c&#233;dent, sur la base d'accords bilat&#233;raux plus ou moins officieux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierdesbalkans.fr/Serbie-entre-refugies-et-extreme-droite-le-desarroi-de-Sombor&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Serbie : entre r&#233;fugi&#233;s et extr&#234;me droite, le d&#233;sarroi de Sombor &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Le Courrier des Balkans&lt;/i&gt; (27/11/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En janvier 2020, trois b&#233;n&#233;voles &#233;trangers du collectif No Name Kitchen, &#224; &#352;id (fronti&#232;re serbo-croate), ont &#233;t&#233; expuls&#233;s apr&#232;s une altercation avec de jeunes fascistes locaux. Tout r&#233;cemment, des membres d'un autre collectif auraient eu vent de directives d'expulsion non officielles vis-&#224;-vis des Occidentaux pr&#233;sents &#224; proximit&#233; des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://migreurop.org/article3069.html?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Exils sans fin &#8211; Chantages anti-migratoires le long de la route des Balkans &#187;&lt;/a&gt;(novembre 2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A ce sujet, lire &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Frontex-une-machine-de-mort' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Frontex : une machine de mort europ&#233;enne &#187;&lt;/a&gt;, article d'Olivier Cyran publi&#233; dans ce m&#234;me dossier sur la forteresse Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment le t&#233;moignage de H. dans le rapport de Migreurop, d&#233;j&#224; cit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Bless&#233;, la police hongroise m'a battu et m'a laiss&#233; plusieurs heures dans un conteneur avant de me refouler en Serbie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fond&#233; en 1991, il r&#233;unit la Pologne, la Tch&#233;quie, la Slovaquie et la Hongrie, qui s'opposent souvent collectivement aux politiques bruxelloises, notamment en termes d'accueil des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le rapport&lt;a href=&#034;https://globalinitiative.net/analysis/western-balkans-crime-hotspots-3/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Spot prices &#8211; Analyzing flows of people, drugs and money in the Western Balkans &#187;&lt;/a&gt; de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierdesbalkans.fr/Refugies-contourner-la-Croatie-par-le-triangle-Serbie-Roumanie-Hongrie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; R&#233;fugi&#233;s : contourner la Croatie par le &#8220;triangle&#8221; Serbie-Roumanie-Hongrie &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Le Courrier des Balkans&lt;/i&gt; (15/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierdesbalkans.fr/serbie-contre-rio-tinto-la-mobilisation-continue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Serbie : contre Rio Tinto, la mobilisation continue &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Le Courrier des Balkans &lt;/i&gt;(29/12/2001).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Michel Agier : &#171; La condition migrante nous concerne tous &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Michel-Agier-La-condition-migrante</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Michel-Agier-La-condition-migrante</guid>
		<dc:date>2022-02-11T11:14:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Witter</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>fronti&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Calais</dc:subject>
		<dc:subject>Louis Witter</dc:subject>
		<dc:subject>Michel Agier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec l'anthropologue Michel Agier autour de la question des fronti&#232;res, et de celles et ceux qui en font les frais. Lequel oppose au r&#232;gne des barbel&#233;s l'urgente n&#233;cessit&#233; d'une hospitalit&#233; europ&#233;enne. &#171; On a le nez dans la crise, mais aussi l'envie de livrer un regard renouvel&#233; sur la condition migrante aujourd'hui. &#187; C'est ainsi que l'anthropologue Michel Agier d&#233;finit l'ambition de la &#171; Biblioth&#232;que des fronti&#232;res &#187;, collection publi&#233;e sous sa direction aux &#233;ditions Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no206-fevrier-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;206 (f&#233;vrier 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Louis-Witter" rel="tag"&gt;Louis Witter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/frontiere" rel="tag"&gt;fronti&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/frontieres" rel="tag"&gt;fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Europe" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Calais" rel="tag"&gt;Calais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Louis-Witter-17950" rel="tag"&gt;Louis Witter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Michel-Agier" rel="tag"&gt;Michel Agier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec l'anthropologue Michel Agier autour de la question des fronti&#232;res, et de celles et ceux qui en font les frais. Lequel oppose au r&#232;gne des barbel&#233;s l'urgente n&#233;cessit&#233; d'une hospitalit&#233; europ&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4352 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200agier_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/1200agier_resultat-886fd.jpg?1782650874' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo de Louis Witter
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt; &lt;i&gt;On a le nez dans la crise, mais aussi l'envie de livrer un regard renouvel&#233; sur la condition migrante aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187; C'est ainsi que l'anthropologue Michel Agier d&#233;finit l'ambition de la &#171; Biblioth&#232;que des fronti&#232;res &#187;, collection publi&#233;e sous sa direction&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et celle de Stefan Le Courant.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; aux &#233;ditions Le Passager clandestin et versant livresque du programme de recherche Babels&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui regroupait une quarantaine de chercheurs et a &#339;uvr&#233; de 2015 &#224; 2018.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Soit sept titres en forme de tour d'horizon des parcours migratoires dans une Europe forteresse toujours plus hostile aux personnes exil&#233;es. Les constats tir&#233;s sont &#233;videmment accablants, tant murs, barbel&#233;s, camps indignes, naufrages et harc&#232;lement quotidien s'imposent comme horizons d'accueil europ&#233;ens (lire notamment &lt;i&gt;La Police des migrants &#8211; Filtrer, disperser, harceler&lt;/i&gt; ainsi que &lt;i&gt;De Lesbos &#224; Calais &#8211; Comment l'Europe fabrique des camps&lt;/i&gt;). En gros : des d&#233;cennies de nivellement par le bas condens&#233;es en de petits ouvrages aussi document&#233;s qu'&#233;difiants&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces sept volumes seront regroup&#233;s dans un seul ouvrage qui para&#238;tra en poche (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, la &#171; Biblioth&#232;que des fronti&#232;res &#187; met &#233;galement l'accent sur les diverses formes de solidarit&#233; qui se d&#233;veloppent dans les vents contraires, de Vintimille &#224; Calais en passant par Lampedusa ou Brian&#231;on&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citons notamment dans cette m&#234;me collection Hospitalit&#233; en France &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Et c'est &#233;galement la position de Michel Agier, auteur de nombreux ouvrages sur la question migratoire et l' &#187; encampement du monde &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre autres : G&#233;rer les ind&#233;sirables &#8211; Des camps de r&#233;fugi&#233;s aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Selon lui, la vague de repli identitaire ne serait pas un horizon ind&#233;passable. Et cette Europe qui, de la M&#233;diterran&#233;e centrale aux rivages de la Manche, ne cesse de s'enfoncer dans un criminel d&#233;ni d'humanit&#233;, pourrait encore s'amender. On a fait le point avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le harc&#232;lement policier des migrants et la destruction de leurs lieux de vie &#224; Calais sont une triste r&#233;alit&#233; qui ne date pas d'hier. C'est ce que rappelle &lt;i&gt;La Police des migrants&lt;/i&gt; (2019). Mais il semble que depuis 2016 et la destruction de la &#171; grande jungle &#187;, la situation n'a cess&#233; d'empirer&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; Calais comme dans tous les lieux o&#249; sont bloqu&#233;es des personnes d&#233;sirant passer une fronti&#232;re, il y a une question fondamentale : celle de la visibilit&#233; ou non des personnes migrantes. Alors que chercheurs et militants veulent faire en sorte que la situation soit connue, les autorit&#233;s &#8211; l'&#201;tat, la police, les pouvoirs locaux &#8211; font tout pour qu'elle reste loin des regards. Les &#8220;ind&#233;sirables&#8221; doivent rester &#224; l'&#233;cart. Mais cette approche est abandonn&#233;e d&#232;s lors que les personnes exil&#233;es se retrouvent trop visibles au quotidien, dans la rue ou dans les camps, avec mise en lumi&#232;re m&#233;diatique et r&#233;pression visant &#224; montrer qu'ils sont &#8220;surnum&#233;raires&#8221; et qu'il faut les &#233;vacuer.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; C'est toute la probl&#233;matique des ind&#233;sirables : celle qui am&#232;ne &#224; dire &#8220; Votre histoire ne nous int&#233;resse pas, restez loin&#8221;. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, j'ai particip&#233; &#224; un ouvrage collectif intitul&#233; &lt;i&gt;La Jungle de Calais&lt;/i&gt; (PUF, 2018), dans lequel on a cherch&#233; &#224; mettre la situation en perspective historique. L'histoire ne commence pas lors de l'expulsion de 2016 mais plut&#244;t en 1999, suite aux accords de Schengen, avec de premi&#232;res r&#233;glementations sur la gestion des fronti&#232;res entre la France et l'Angleterre. C'est cette ann&#233;e-l&#224; qu'a ouvert le camp de Sangatte (Pas-de-Calais), plac&#233; sous la responsabilit&#233; de la Croix Rouge. Parfait exemple de politique &#224; courte vue, le camp est ferm&#233; d&#232;s 2002, parce qu'il donnait de la visibilit&#233; &#224; une situation bloqu&#233;e. Suite &#224; cette fermeture, dans les ann&#233;es 2000 et 2010, un grand nombre de petits campements se sont organis&#233;s. Je m'y &#233;tais rendu en 2009, notamment pour enqu&#234;ter sur la &#8220;jungle pachtoune&#8221;, habit&#233;e principalement par des Afghans de cette ethnie. Et il y avait cette &#233;vidence d'un lieu situ&#233; dans l'entre-deux, entre stabilisation et mobilit&#233;, visibilit&#233; et invisibilit&#233;. Il a finalement &#233;t&#233; &#233;vacu&#233; tr&#232;s violemment en septembre 2009. C'est d'ailleurs &#224; la m&#234;me p&#233;riode qu'a &#233;t&#233; brutalement d&#233;truit le camp grec de Patras, qui &#233;tait aussi un lieu de blocage &#224; une fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire s'est r&#233;p&#233;t&#233;e avec la &#8220;grande jungle&#8221;, expuls&#233;e en 2016. Il faut rappeler que ce lieu de rel&#233;gation &#233;tait au d&#233;part n&#233; d'une d&#233;cision municipale et pr&#233;fectorale. Une situation r&#233;currente en mati&#232;re de camps : on vous tol&#232;re si vous vous mettez &lt;i&gt;l&#224;&lt;/i&gt;, mais seulement jusqu'&#224; ce que vous deveniez trop visibles. C'est toute la probl&#233;matique des ind&#233;sirables : celle qui am&#232;ne &#224; dire &#8220;&lt;i&gt;Votre histoire ne nous int&#233;resse pas, restez loin&lt;/i&gt;&#8221;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; Il s'agit toujours de mise &#224; l'&#233;cart. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; grande jungle &#187; &#233;tait un espace moins r&#233;prim&#233; que ceux o&#249; survivent les personnes exil&#233;es aujourd'hui. D'autant que cette forme de mise &#224; l'&#233;cart collective permettait des entraides communautaires. C'est cela que l'&#201;tat veut d&#233;truire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans les camps de ce type, la r&#233;sistance passe d'abord par la r&#233;organisation d'une forme de vie sociale et culturelle. Et c'est ce qui s'est pass&#233; &#224; Calais. Si on analyse les choses avec cynisme, on peut dire qu'il y a une contradiction dans le fait de mettre les gens &#224; l'&#233;cart en disant &#8220;&lt;i&gt;Not in my backyard&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus ou moins : &#171; N'importe o&#249;, mais pas chez moi. &#187;&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&#8221; et celui de ne pas assumer la v&#233;ritable invisibilisation, &#224; savoir la disparition pure et simple des concern&#233;s. C'est ce qui se passe par exemple en Alg&#233;rie quand on met les migrants dans des camions, qu'on leur fait passer la fronti&#232;re du Mali et qu'on les abandonne dans le d&#233;sert. Or en Europe, on ne peut pas faire &#231;a car on a encore la pr&#233;tention d'&#234;tre des soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques dot&#233;es de garde-fous. Cette mise &#224; l'&#233;cart est donc paradoxale car on sait tr&#232;s bien, dans le monde politique comme dans celui de la recherche, que chaque nouvelle expulsion va au final recr&#233;er un espace o&#249; une forme de vie sociale et culturelle r&#233;&#233;mergera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la &#8220;grande jungle&#8221;, il y avait avant l'expulsion une &#233;mergence de formes de vie urbaines, une sorte de &lt;i&gt;brouillon de ville&lt;/i&gt;, avec des rues, des restaurants, des &#233;coles, des &#233;glises, un th&#233;&#226;tre, une mosqu&#233;e... C'&#233;tait tr&#232;s pr&#233;caire mais investi, avec des abris de fortune et des tentes laissant progressivement la place &#224; des constructions en dur. Ici, les solidarit&#233;s avaient jou&#233; un grand r&#244;le, venant d'associations ou de simples b&#233;n&#233;voles issus de toute l'Europe, qui tissaient des liens avec les personnes en exil. C'est cela qu'il fallait d&#233;truire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hormis le travail essentiel des associations et militants &#224; Calais, il n'y a aujourd'hui plus rien de comparable, ni construction ni possibilit&#233; de bricoler une vie collective autrement. Et la moindre tentative m&#232;ne &#224;&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; &#224; un harc&#232;lement syst&#233;matique, oui. On me pose souvent cette question : &#8220;Qu'est-ce qui a chang&#233; avec Macron ?&#8221; La r&#233;ponse est simple : rien n'a chang&#233; sur le fond de la politique migratoire, ou plut&#244;t de la non-politique migratoire. Par contre, la r&#233;pression polici&#232;re est devenue beaucoup plus syst&#233;matique et violente. &#199;a a commenc&#233; avec le minist&#232;re de G&#233;rard Collomb &lt;i&gt;[ministre de l'Int&#233;rieur de 2017 &#224; 2018]&lt;/i&gt;. Et &#231;a s'est &#233;videmment intensifi&#233; avec celui de G&#233;rald Darmanin. S'il y a eu quelques mises en lumi&#232;re m&#233;diatiques, notamment sur la question des tentes d&#233;truites, on se demande aujourd'hui quelle est la prochaine &#233;tape. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France comme en Europe, il y a une instrumentalisation toujours plus pouss&#233;e de la figure du migrant. Au point d'en arriver &#224; des situations terribles, comme &#224; la fronti&#232;re Pologne-Bi&#233;lorussie, o&#249; les personnes concern&#233;es meurent en tant que pions d'un jeu g&#233;opolitique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, et ce n'est pas un cas isol&#233;. Il suffit de voir les accords pass&#233;s par l'Europe avec la Libye ou le Maroc pour externaliser la gestion des fronti&#232;res. Mais c'est un drame r&#233;cent &#224; la fronti&#232;re gr&#233;co-turque qui a pouss&#233; en Europe m&#234;me le curseur encore plus loin, ouvrant la voie &#224; un marchandage cynique, qu'on pourrait traduire par : &#8220;&lt;i&gt;Attention ou je vous l&#226;che mes r&#233;fugi&#233;s&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;&#8221; Rappelons que dans un accord de 2016, les pays europ&#233;ens se sont entendus avec la Turquie pour qu'elle retienne les exil&#233;s moyennant un gros financement. Sauf qu'il y a eu une brouille en 2020, parce que la Turquie voulait intervenir en Syrie et demandait le soutien d'une Europe r&#233;ticente. Pour faire pression, Erdogan a menac&#233; d'ouvrir les fronti&#232;res, agitant le chiffre fantaisiste d'un million de migrants sur le point de d&#233;barquer. Au bout du compte, les autorit&#233;s turques sont parvenues &#224; d&#233;nicher 10 000 personnes en une semaine et &#224; les amener &#224; proximit&#233; de la fronti&#232;re grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait alors un climat particulier, qu'on retrouvera dans le cas de la crise &#224; la fronti&#232;re Pologne-Bi&#233;lorussie. Soit une panique g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; propos de la pand&#233;mie et une confusion entre angoisse immunitaire et s&#233;curitaire, avec des fronti&#232;res partout ferm&#233;es. Les gouvernements europ&#233;ens ont donc affirm&#233; soutenir le gouvernement grec contre le passage des migrants, faisant de la Gr&#232;ce le bouclier de l'Europe. Avec ce message, assum&#233; par les autorit&#233;s europ&#233;ennes : &#8220;&lt;i&gt;Si vous faites un pas de plus&#8230;&lt;/i&gt;&#8221; Cons&#233;quence : le 4 mars &lt;i&gt;[2020]&lt;/i&gt;, les forces grecques ont ouvert le feu, tuant un migrant et en blessant plusieurs autres, un &#233;pisode tr&#232;s bien analys&#233; par le pr&#233;cieux groupe de recherche &lt;i&gt;[sur les violences d'&#201;tat]&lt;/i&gt; Forensic Architecture&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; The Killing of Muhammad Gulzar &#187;, &#224; lire sur le site de Forensic (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. Ce moment &#233;tait pour l'Europe un basculement : on n'&#233;tait plus dans le &lt;i&gt;laisser mourir&lt;/i&gt;, comme disait Foucault, mais dans le &lt;i&gt;faire mourir&lt;/i&gt;, de mani&#232;re assum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces &#233;pisodes se pose une question gravissime : jusqu'&#224; quel point les &#201;tats et f&#233;d&#233;rations d'&#201;tats sont-ils pr&#234;ts &#224; ne pas respecter les conventions internationales ? En France, il y a par exemple le cas de la fronti&#232;re franco-italienne, notamment &#224; Menton, o&#249; les r&#232;gles en mati&#232;re de traitement du droit d'asile ne sont clairement pas appliqu&#233;es, dans l'indiff&#233;rence absolue, avec des personnes refoul&#233;es avant toute prise en charge. Reste qu'un palier a &#233;t&#233; franchi. Et que les conventions internationales semblent de plus en plus lettre morte d&#232;s lors qu'il est question de migrations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si l'on prend le cas de la M&#233;diterran&#233;e centrale et des naufrages caus&#233;s par la d&#233;mission de l'Italie ou de Malte, le droit maritime semble lui aussi bafou&#233; depuis un certain temps, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est effectivement une &#233;volution inqui&#233;tante. Si l'on prend le cas de l'Italie, c'est d'abord pass&#233; par l'abandon de l'op&#233;ration &lt;i&gt;[militaire et humanitaire] Mare Nostrum&lt;/i&gt;, lanc&#233;e en 2013 suite &#224; un naufrage meurtrier pr&#232;s de Lampedusa. La remise en cause de l'assistance aux migrants s'est aggrav&#233;e avec l'arriv&#233;e au pouvoir &lt;i&gt;[en 2018]&lt;/i&gt; de Matteo Salvini, qui a instaur&#233; la p&#233;nalisation du secours maritime. Il y a ainsi eu des marins p&#234;cheurs condamn&#233;s pour leur aide, tandis que les bateaux de sauvetage d'associations, de type SOS M&#233;diterran&#233;e, &#233;taient emp&#234;ch&#233;s de faire leur travail et immobilis&#233;s. Autre exemple : l'inculpation de la capitaine du &lt;i&gt;Sea-Watch 3 &lt;/i&gt;Carola Rackete, accus&#233;e d'avoir d&#233;barqu&#233; des migrants &#224; Lampedusa. Dans le cas italien, il est s&#251;r que l'&#233;vidence du droit maritime international s'est largement perdue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela s'inscrit dans un climat politique europ&#233;en de plus en plus r&#233;actionnaire&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est clair qu'un discours d'extr&#234;me droite a envahi le champ politique, centr&#233; sur la figure de l'ind&#233;sirable. Prononcer l'expression &#8220;droits de l'homme&#8221; fait d&#233;sormais de vous la cible de critiques railleuses. Une forme de d&#233;l&#233;gitimation confinant &#224; la d&#233;mission, au nom d'un principe qui ne s'inscrit plus dans une &#8220;politique monde&#8221;. Or les conventions internationales d&#233;velopp&#233;es depuis l'apr&#232;s-guerre &#233;taient des &#233;difices b&#226;tis pour que le monde trouve des moyens de fonctionner sans s'entre-tuer. C'&#233;tait aussi bien humanitaire que diplomatique. Et voil&#224; que toutes ces conventions, allant des droits de l'enfant &#224; ceux des travailleurs migrants, sont syst&#233;matiquement remises en cause. Derri&#232;re cette critique et cette ironie envers les droits de l'homme, on en revient &#224; la position &#8220;&lt;i&gt;Not in my backyard&lt;/i&gt;&#8221;. C'est une question qui au fond d&#233;passe largement celle des migrants et concerne la politique au sens large. Car ce que proclame ce rejet de l'alt&#233;rit&#233;, c'est un message de repli absolu : &#8220;&lt;i&gt;Votre trajectoire ne m'int&#233;resse pas, je ne veux vivre qu'avec des gens qui me ressemblent.&lt;/i&gt;&#8221; Et c'est dans cette logique que l'espace interdit aux ind&#233;sirables ne cesse de s'&#233;tendre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a aussi une dimension symbolique de la fronti&#232;re, une th&#233;&#226;tralit&#233; s'exer&#231;ant aux d&#233;pens des personnes en exil...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a clairement une mise en sc&#232;ne des fronti&#232;res et de leurs environs. On peut d'ailleurs s'interroger sur les naufrages en M&#233;diterran&#233;e, se dire que chacun d'eux se d&#233;roule sur une forme de fronti&#232;re invisible, avec des &#201;tats qui mettent litt&#233;ralement en sc&#232;ne ce spectacle de la M&#233;diterran&#233;e o&#249; &lt;i&gt;on ne passe pas&lt;/i&gt;. Et on retrouve partout cette th&#233;&#226;tralit&#233; de la fronti&#232;re. Dans les canons &#224; son install&#233;s &#224; la fronti&#232;re hongroise. Dans les effets d'annonce concernant Calais et la relation avec la Grande-Bretagne, dont la France est le garde-fronti&#232;re depuis les accords du Touquet &lt;i&gt;[2003]&lt;/i&gt;. Ou dans la traque nocturne en motoneige des migrants et de leurs soutiens vers Montgen&#232;vre (Hautes-Alpes). C'est pour les autorit&#233;s une mani&#232;re de dire qu'elles font quelque chose. Mais c'est tout sauf une politique migratoire. Sachant qu'il y a une certitude, rab&#226;ch&#233;e par tous les sp&#233;cialistes : on n'emp&#234;chera pas les personnes de passer. Simplement : elles le feront plus dangereusement, au risque de leur vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; cette instrumentalisation et &#224; ses cons&#233;quences, il est difficile de rester optimiste. Quels sont les motifs d'espoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La question pos&#233;e est celle-ci : est-ce qu'on va vers le pire ? Et je n'arrive pas &#224; trancher, car on peut l'appr&#233;hender &#224; diff&#233;rents niveaux. D'abord, le sujet est tr&#232;s largement politique et m&#233;diatique. &#192; l'heure actuelle, on parle en fait de tr&#232;s peu de gens, d&#233;mographiquement parlant. Si bien que cette omnipr&#233;sence du sujet s'inscrit dans une r&#233;flexion plus large. Dans quel monde veut-on vivre ? Un monde hospitalier ou referm&#233; sur lui-m&#234;me ? Ceux qu'on appelle les migrants font lourdement les frais d'une crise de la mondialisation et de l'individualisme, o&#249; les solidarit&#233;s au sens large sont pos&#233;es comme non essentielles, voire n&#233;fastes. Je pense m&#234;me que les &#201;tats-nations profitent de ce rejet de l'alt&#233;rit&#233; pour capitaliser sur les fronti&#232;res. Avec cette petite musique en arri&#232;re-fond : &#8220;&lt;i&gt;Si des gens meurent comme &#231;a, ou sont expuls&#233;s comme &#231;a, c'est bien qu'on est prot&#233;g&#233;s.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'on se d&#233;centre de ce niveau politico-m&#233;diatique pour s'int&#233;resser au terrain, il se passe beaucoup de choses positives. Il y a des engagements citoyens, des associations qui font un travail monstre, des relations qui se nouent entre personnes exil&#233;es et habitants, des gens en lutte. D'autant qu'il y a tout un pan des migrations, moins m&#233;diatique, qui se fait dans l'ombre, via le rapprochement familial ou les sph&#232;res professionnelles. La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise n'a jamais arr&#234;t&#233; de se transformer et continue &#224; le faire. Et les agitations de l'extr&#234;me droite sur le &#8220;grand remplacement&#8221; sont au fond des causes perdues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc ces deux forces existent en m&#234;me temps, la soci&#233;t&#233; se transformant, mais oscillant entre inclusion et exclusion. C'est vrai qu'il y a clairement omnipr&#233;sence de cette force pr&#244;nant la privatisation d'un chez-soi. C'est l'une des options. Mais d'autres forces agissent dans l'autre sens. Le monde social ne correspond pas aux plateaux t&#233;l&#233; et aux sondages, qui repr&#233;sentent peu de la r&#233;alit&#233; sociale. Alors oui, les voix de droite et d'extr&#234;me droite ont l'air d'&#234;tre plus entendues, surtout avec le d&#233;labrement g&#233;n&#233;ral de la gauche, mais je ne le vois pas comme vraiment repr&#233;sentatif.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le monde social ne correspond pas aux plateaux t&#233;l&#233; et aux sondages, qui repr&#233;sentent peu de la r&#233;alit&#233; sociale.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; la d&#233;marche initiale du programme Babels et de la &#8220;Biblioth&#232;que des fronti&#232;res&#8221;, un constat s'est impos&#233; au fil de nos recherches : la condition migrante est quelque chose qui nous traverse, qu'on pourrait tous vivre &#8211; et donc qui nous concerne tous. Ce n'est pas une identit&#233; ou une cat&#233;gorie, mais une condition que chacun de nous peut &#234;tre amen&#233; &#224; partager. Sous sa forme la plus radicale et dramatique, c'est celle de ces migrants bloqu&#233;s aux fronti&#232;res, qui meurent en M&#233;diterran&#233;e ou dans la Manche. Mais c'est aussi la condition plus g&#233;n&#233;rale des gens &lt;i&gt;en mobilit&#233;&lt;/i&gt;. &#201;videmment, il y a des forces de fermeture, d'enfermement, qui combattent cette r&#233;alit&#233;. Mais elles ne vont pas forc&#233;ment l'emporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Babels, on donne une place importante &#224; l'engagement citoyen, local, individuel comme collectif &#8211; en qu&#234;te de ce qui cherche l'hospitalier contre l'enfermement. Une mani&#232;re de ne pas sombrer dans le pessimisme. &#192; un niveau symbolique, je pense par exemple &#224; ces nombreuses personnes qui en Pologne, &#224; proximit&#233; de la fronti&#232;re, affichent une lumi&#232;re verte pour dire que leur maison est pr&#234;te &#224; accueillir les personnes en exil de passage. Une fa&#231;on de dire : &#8220;&lt;i&gt;Vous ne serez pas trait&#233; en ennemi.&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et celle de Stefan Le Courant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui regroupait une quarantaine de chercheurs et a &#339;uvr&#233; de 2015 &#224; 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces sept volumes seront regroup&#233;s dans un seul ouvrage qui para&#238;tra en poche chez Points en avril : &lt;i&gt;Babels, enqu&#234;te sur la condition migrante&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Citons notamment dans cette m&#234;me collection &lt;i&gt;Hospitalit&#233; en France &#8211; Mobilisations intimes et politiques &lt;/i&gt;(2019) et &lt;i&gt;Le Man&#232;ge des fronti&#232;res &#8211; Criminalisation des migrants et solidarit&#233; dans les Alpes-Maritimes&lt;/i&gt; (2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entre autres :&lt;i&gt; G&#233;rer les ind&#233;sirables &#8211; Des camps de r&#233;fugi&#233;s aux gouvernements humanitaires&lt;/i&gt; (Flammarion, 2008), &lt;i&gt;Un Monde de camps&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte, 2014) et &lt;i&gt;L'&#201;tranger qui vient &#8211; Repenser l'hospitalit&#233;&lt;/i&gt; (Le Seuil, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus ou moins : &#171; &lt;i&gt;N'importe o&#249;, mais pas chez moi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://forensic-architecture.org/investigation/the-killing-of-muhammad-gulzar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; The Killing of Muhammad Gulzar &#187;&lt;/a&gt;, &#224; lire sur le site de Forensic Architecture (08/05/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On peut plus rien dire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-peut-plus-rien-dire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/On-peut-plus-rien-dire</guid>
		<dc:date>2021-07-01T16:55:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chien Noir</dc:creator>


		<dc:subject>Fiction</dc:subject>
		<dc:subject>homme</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>fran&#231;ais</dc:subject>
		<dc:subject>petit homme</dc:subject>
		<dc:subject>petit</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>parole</dc:subject>
		<dc:subject>center</dc:subject>
		<dc:subject>gros</dc:subject>
		<dc:subject>gros titres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Puisque l'air du temps s'y pr&#234;te h&#233;las tr&#232;s bien, on publie ici une nouvelle de notre camarade Chien Noir, serial-auteur de courtes nouvelles d'anticipation. 1. &#171; On peut plus rien dire. C'est quand m&#234;me fou de vivre dans une soci&#233;t&#233; si frileuse, si liberticide. &#187; L'homme qui parle a le visage crisp&#233; par la haine et un regard d&#233;plaisant, charg&#233; de vase. Face &#224; lui, une pr&#233;sentatrice faussement r&#233;probatrice. -- &#171; Vous avez quand m&#234;me la parole ici, non ? &#187; &#8212; &#171; Oui mais ces espaces (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dernieres-nouvelles-du-Chien-Noir" rel="directory"&gt;Derni&#232;res nouvelles du Chien Noir&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fiction" rel="tag"&gt;Fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/homme" rel="tag"&gt;homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/francais" rel="tag"&gt;fran&#231;ais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petit-homme" rel="tag"&gt;petit homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petit" rel="tag"&gt;petit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parole" rel="tag"&gt;parole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gros" rel="tag"&gt;gros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gros-titres" rel="tag"&gt;gros titres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Puisque l'air du temps s'y pr&#234;te h&#233;las tr&#232;s bien, on publie ici une nouvelle de notre camarade Chien Noir, serial-auteur de courtes nouvelles d'anticipation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3671 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH453/-1808-8113e.jpg?1782659640' width='500' height='453' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration d'Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire. C'est quand m&#234;me fou de vivre dans une soci&#233;t&#233; si frileuse, si liberticide.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme qui parle a le visage crisp&#233; par la haine et un regard d&#233;plaisant, charg&#233; de vase. Face &#224; lui, une pr&#233;sentatrice faussement r&#233;probatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#171; &lt;i&gt;Vous avez quand m&#234;me la parole ici, non ?&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;&#8212; &#171; &lt;i&gt;Oui mais ces espaces d'expression se r&#233;duisent. Rendez-vous compte : on ne peut m&#234;me plus dire que les enfants de migrants sont tous des violeurs en puissance &#8211; un fait av&#233;r&#233; &#8211; sans susciter des d&#233;bats &#224; n'en plus finir.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;&#8212; &#171; &lt;i&gt;Je vous laisse la responsabilit&#233; de vos paroles, Monsieur. &lt;/i&gt; &#187;
Clap de fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;gie, les programmateurs se frottent les mains : &#231;a sent le gros coup m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire. Je le dis et le r&#233;p&#232;te : cette &#233;poque est l'av&#232;nement du politiquement correct dans toute sa triste splendeur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit homme est cette fois-ci l'invit&#233; du journal t&#233;l&#233;vis&#233; le plus regard&#233; de France. M&#234;me discours sur les migrants et les &#171; &lt;i&gt;idiots utiles de l'islamisme rampant&lt;/i&gt; &#187;. Sous ses airs constern&#233;s, il jubile tant et plus, aff&#251;te ses effets. Le pr&#233;sentateur qui le relance a beau afficher une mine farouche, il ne le reprend ni sur les chiffres avanc&#233;s ni sur l'id&#233;ologie qu'il porte. En fin d'entretien, le petit homme l&#226;che une bombe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous savez, fut un temps o&#249; les responsables politiques savaient comment traiter la racaille s&#233;paratiste : les camps. Voil&#224; la seule r&#233;ponse envisageable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toll&#233; dans les chaumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chiffres d'audience explos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire. O&#249; sont les r&#233;sistants d'aujourd'hui ? O&#249; sont les cohortes de Gaulois pr&#234;ts &#224; r&#233;pondre &#224; l'invasion que nous subissons ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit homme bilieux est en campagne. Il a devant lui une salle acquise &#224; sa cause et une petite arm&#233;e de journalistes pr&#234;ts &#224; relayer ses propos. Il mart&#232;le le pupitre de ses petits poings rageurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Notre pens&#233;e est partout censur&#233;e, priv&#233;e de tout relais. Savez-vous qu'ils veulent me tra&#238;ner en justice pour avoir simplement relay&#233; une v&#233;rit&#233; av&#233;r&#233;e, &#224; savoir que les migrants sont responsables de la crise du Covid ? Quelle infamie !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acclamations unanimes et gros titres des journaux le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la semaine, un sondage Ifop livre son verdict : 55 % des Fran&#231;ais pensent que l'islam et/ou les migrants ont une responsabilit&#233; directe dans la persistante pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;4.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire. Depuis le d&#233;but de ma campagne, on m'a b&#226;illonn&#233;, tra&#238;n&#233; dans la boue, humilit&#233;. Mais c'est fini tout &#231;a : avec moi, la France va retrouver la libert&#233; d'expression.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bat de l'entre-deux-tours. Le petit homme a les yeux jaunes et la parole martiale. Face &#224; lui, un candidat de &#171; l'establishment &#187;, comme il dit, mou et embarrass&#233;, qui peine &#224; faire entendre sa voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#171; &lt;i&gt;Mais vous faites la une de tous les journaux et de&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit homme le coupe, postillonnant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#171; &lt;i&gt; Non, ce n'est pas vrai : le Syst&#232;me s'est ligu&#233; contre moi. Tous les bien-pensants veulent me voir &#224; terre. Mais les vrais Fran&#231;ais savent qu'on ne me fera pas taire. Je continuerai &#224; propager cette parole : migrants, bien-pensants et extr&#233;mistes de gauche sont la plaie de ce pays.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gros titres d'un journal de centre-gauche le lendemain : &#171; &lt;i&gt;Une autoroute vers la pr&#233;sidence ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;5.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire ? Eh bien je ne vais pas me g&#234;ner, d&#233;sormais. La France a parl&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Install&#233; derri&#232;re le bureau pr&#233;sidentiel, le petit homme fait son allocution d'intronisation. Il affiche un sourire &#224; la fois mauvais et triomphant. Le doigt point&#233; sur la cam&#233;ra, il annonce sa premi&#232;re mesure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai en ma possession un fichier recensant tous ceux qui ont voulu censurer ma parole. Et je l'annonce solennellement : cette chienlit devra r&#233;pondre de ses actes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les coulisses, on s'affaire : il y a une rafle &#224; organiser.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;6.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On peut plus rien dire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Proc&#232;s de maraudeurs solidaires &#224; Gap : &#171; Vous n'avez aucune esp&#232;ce de preuve &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Proces-de-maraudeurs-solidaires-a</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Proces-de-maraudeurs-solidaires-a</guid>
		<dc:date>2021-05-27T14:31:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Juliette Iturralde</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>famille</dc:subject>
		<dc:subject>fronti&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>famille afghane</dc:subject>
		<dc:subject>maraudeurs</dc:subject>
		<dc:subject>fronti&#232;re franco-italienne</dc:subject>
		<dc:subject>gendarmes</dc:subject>
		<dc:subject>maraudeurs b&#233;n&#233;voles</dc:subject>
		<dc:subject>c&#244;t&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce 27 mai, le tribunal de Gap a condamn&#233; deux maraudeurs solidaires &#224; deux mois de prison avec sursis, selon une information du Dauphin&#233; lib&#233;r&#233;. Accus&#233;s d'avoir fait passer la fronti&#232;re franco-italienne &#224; une famille afghane, ils assurent &#234;tre rest&#233;s du c&#244;t&#233; fran&#231;ais. Mise &#224; jour du 27 mai : d'apr&#232;s le Dauphin&#233; lib&#233;r&#233;, les deux maraudeurs viennent d'&#234;tre condamn&#233;s &#224; 2 mois de prison avec sursis. Nous republions ici notre compte-rendu de l'audience du 22 avril. *** Jeudi 22 avril au (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rien-que-pour-le-web" rel="directory"&gt;Rien que pour le web&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Juliette-Iturralde" rel="tag"&gt;Juliette Iturralde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/famille" rel="tag"&gt;famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/frontiere" rel="tag"&gt;fronti&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/famille-afghane" rel="tag"&gt;famille afghane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/maraudeurs" rel="tag"&gt;maraudeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/frontiere-franco-italienne" rel="tag"&gt;fronti&#232;re franco-italienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gendarmes" rel="tag"&gt;gendarmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/maraudeurs-benevoles" rel="tag"&gt;maraudeurs b&#233;n&#233;voles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cote" rel="tag"&gt;c&#244;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce 27 mai, le tribunal de Gap a condamn&#233; deux maraudeurs solidaires &#224; deux mois de prison avec sursis, selon une information du &lt;i&gt;Dauphin&#233; lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt;. Accus&#233;s d'avoir fait passer la fronti&#232;re franco-italienne &#224; une famille afghane, ils assurent &#234;tre rest&#233;s du c&#244;t&#233; fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH349/-747-2cc7f.jpg?1782641327' width='500' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Iturralde.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mise &#224; jour du 27 mai&lt;/strong&gt; : d'apr&#232;s le &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2021/05/27/deux-maraudeurs-condamnes-a-deux-mois-de-sursis-par-le-tribunal-de-gap&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dauphin&#233; lib&#233;r&#233;&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, les deux maraudeurs viennent d'&#234;tre condamn&#233;s &#224; 2 mois de prison avec sursis. Nous republions ici notre compte-rendu de l'audience du 22 avril.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 22 avril au tribunal de Gap, le procureur a requis deux mois de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction de s&#233;jour dans les Hautes-Alpes &#224; l'encontre de deux maraudeurs b&#233;n&#233;voles. Accus&#233;s d'avoir fait passer la fronti&#232;re franco-italienne &#224; une famille afghane, ils assurent &#234;tre rest&#233;s du c&#244;t&#233; fran&#231;ais. L'accusation ne dispose d'aucune preuve, hormis les d&#233;clarations de gendarmes bas&#233;s en Bretagne qui pr&#233;tendent avoir vu les maraudeurs franchir la fronti&#232;re, pourtant difficilement rep&#233;rable par des yeux non initi&#233;s parce que mat&#233;rialis&#233;e par rien.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 novembre 2020, Antoine et Timoth&#233;e&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;noms modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#233;taient en maraude &#224; la fronti&#232;re franco-italienne, non loin du col de Montgen&#232;vre (Hautes-Alpes). Investis de longue date dans le soutien aux exil&#233;s qui rejoignent la France par les p&#233;rilleuses cimes alpines, les deux b&#233;n&#233;voles portaient assistance ce jour-l&#224; &#224; une famille afghane : un p&#232;re, une m&#232;re enceinte de plus de huit mois et leurs deux enfants. Ce geste d'humanit&#233; leur a valu une garde &#224; vue, puis une comparution devant le tribunal de Gap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 22 avril donc, une question agite particuli&#232;rement les magistrats : de quel c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re les maraudeurs b&#233;n&#233;voles ont-ils pris en charge la famille afghane ? Si c'est c&#244;t&#233; italien, les deux pr&#233;venus risquent cinq ans de prison pour &#171; aide &#224; l'entr&#233;e &#187; irr&#233;guli&#232;re d'&#233;trangers sur le territoire fran&#231;ais. Si c'est c&#244;t&#233; fran&#231;ais, ils ne risquent rien, puisque leur soutien ayant &#233;t&#233; apport&#233; &#224; titre gratuit, ils peuvent b&#233;n&#233;ficier d'une sorte &#171; d'immunit&#233; humanitaire &#187; applicable &#224; &#171; l'aide au s&#233;jour &#187; et &#224; &#171; l'aide &#224; la circulation &#187; d'&#233;trangers sans-papiers&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Le d&#233;lit de solidarit&#233; se porte bien, merci &#187;, CQFD n&#176;168 (septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une &#171; carte IGPN &#187; pour localiser la fronti&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re : dans cette zone-l&#224;, il est tr&#232;s difficile de localiser la fronti&#232;re avec pr&#233;cision. Elle n'est mat&#233;rialis&#233;e ni par une quelconque cl&#244;ture, ni par un sentier, ni par une rivi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, les versions divergent. Trois gendarmes mobiles pr&#233;tendent avoir vu la famille franchir la fronti&#232;re avec les maraudeurs. Ces derniers r&#233;torquent que &#171; &lt;i&gt;c'est impossible&lt;/i&gt; &#187;. Antoine : &#171; &lt;i&gt;On est &#233;quip&#233;s de cartes IGN pr&#233;cises sur toute la zone de Montgen&#232;vre.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On sait qu'il y a une r&#233;pression tr&#232;s particuli&#232;re sur les personnes solidaires, on fait attention &#224; ne pas donner de pr&#233;texte&lt;/i&gt; [&#224; une arrestation] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par visioconf&#233;rence, un des gendarmes r&#233;it&#232;re ses accusations : &#171; &lt;i&gt; Je les ai vus franchir la fronti&#232;re dans le vallon au-dessus de la PAF&lt;/i&gt; [Police aux fronti&#232;res] &#187;. Mais en dehors de cette assertion lapidaire, le militaire ne livre aucun d&#233;tail topographique permettant de localiser le point pr&#233;cis o&#249; la fronti&#232;re aurait &#233;t&#233; franchie par les maraudeurs. D'ailleurs, remarque M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Vincent Brengarth, l'avocat de la d&#233;fense, aucune carte, aucun plan, aucun sch&#233;ma ne figure au dossier. Interrog&#233; sur ce point, le gendarme r&#233;pond &#224; c&#244;t&#233;, et par un joli lapsus : &#171; &lt;i&gt;On a une carte IGPN &lt;/i&gt; [&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;] &lt;i&gt;dans le v&#233;hicule. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dossier, on ne retrouve aucune photo non plus. Pourquoi n'avoir pas pris un clich&#233; de la sc&#232;ne, ne serait-ce qu'avec un t&#233;l&#233;phone ? &#171; &lt;i&gt;Parce que&lt;/i&gt; [c'&#233;tait] &lt;i&gt;mon t&#233;l&#233;phone personnel&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond le gendarme mobile, appartenant &#224; un escadron bas&#233; &#224; Pontivy (Morbihan). Ce n'&#233;tait que sa deuxi&#232;me mission &#224; la fronti&#232;re haute-alpine. En guise de formation, il n'avait eu droit qu'&#224; &#171; &lt;i&gt;deux jours de tuilage&lt;/i&gt; &#187; avec les effectifs locaux. Un peu court, estime la d&#233;fense, pour &#234;tre si s&#251;r de soi quant &#224; la localisation de la fronti&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; 520 personnes &#187; secourues depuis septembre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux autres t&#233;moins sont appel&#233;s &#224; la barre. D'abord, un docteur de M&#233;decins du Monde, qui rappelle les dangers qui guettent les exil&#233;s traversant la fronti&#232;re : &#171; &lt;i&gt; Il y a parfois des gelures malheureusement, il y a un Monsieur en ce moment &#224; l'h&#244;pital de Brian&#231;on qui va &#234;tre amput&#233;. &lt;/i&gt; &#187; &#201;voquant la derni&#232;re personne migrante morte en date (d&#233;but 2019 par hypothermie), il explique que depuis un peu plus d'un an, les b&#233;n&#233;voles voient arriver de plus en plus de familles : depuis septembre, &#171; &lt;i&gt;520 personnes&lt;/i&gt; &#187; ont &#233;t&#233; secourues par l'unit&#233; mobile mont&#233;e par M&#233;decins du Monde et l'association locale Tous Migrants, dont une centaine d'enfants et un nombre non n&#233;gligeable de femmes enceintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moigne ensuite une b&#233;n&#233;vole de Tous Migrants, qui &#233;tait pr&#233;sente &#224; la fronti&#232;re le 19 novembre et raconte qu'il y avait ce jour-l&#224; plus d'effectifs policiers qu'&#224; l'accoutum&#233;e. Elle d&#233;crit les pr&#233;venus comme des maraudeurs exp&#233;riment&#233;s et explique en substance qu'ils auraient &#233;t&#233; vraiment d&#233;biles de franchir la fronti&#232;re avec des exil&#233;s en plein jour alors que la surveillance &#233;tait si forte. De plus, elle rappelle que chez Tous Migrants, il y a une r&#232;gle de base : ce franchissement de la fronti&#232;re est &#171; &lt;i&gt;une ligne rouge&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question topographie, la b&#233;n&#233;vole solidaire est incomparablement plus pr&#233;cise que le gendarme : &#171; &lt;i&gt;La fronti&#232;re, dans ce vallon, elle est dix m&#232;tres au-dessus des derni&#232;res maisons&lt;/i&gt; &#187; du village de Clavi&#232;res, en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Est-ce que c'est grave ? &lt;/strong&gt; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le procureur commence son r&#233;quisitoire en parlant de &#171; &lt;i&gt; la crise migratoire qui a impact&#233; le territoire des Hautes-Alpes &lt;/i&gt; &#187; et encombre son agenda judiciaire : &#171; &lt;i&gt;Les passeurs repr&#233;sentent la moiti&#233; des d&#233;tenus de la maison d'arr&#234;t de Gap : 13 sur 26. &lt;/i&gt; &#187; Ces passeurs, poursuit-il, exploitent la mis&#232;re des migrants en se faisant r&#233;tribuer. Mais &#171; &lt;i&gt;on doit reconna&#238;tre que les pr&#233;venus de ce jour ne sont pas des passeurs classiques &lt;/i&gt; &#187; et qu'ils ont agi par solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le parquetier rappelle au tribunal qu'il doit juste juger s'il y a eu ou non aide au franchissement de la fronti&#232;re, quels qu'en soient les motifs. L'assistance aux &#233;trangers (sans-papiers) &#171; &lt;i&gt; est l&#233;gale d&#232;s lors qu'elle est r&#233;alis&#233;e en France et pour des motifs humanitaires&lt;/i&gt; &#187; (et, ajoute-t-il, il est autoris&#233; de s'affranchir du couvre-feu pour &#231;a &#8211; les nombreux membres de Tous Migrants verbalis&#233;s cet hiver en maraude appr&#233;cieront la nouvelle). Mais &#171; &lt;i&gt;il est interdit de faire rentrer un &#233;tranger en France quels qu'en soient les motifs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &#224; ses yeux, &#171; &lt;i&gt;la proc&#233;dure ne&lt;/i&gt; [laisse pas la place au] &lt;i&gt;moindre doute&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt; Les proc&#232;s-verbaux des gendarmes font foi jusqu'&#224; preuve du contraire.&lt;/i&gt; &#187; Pour lui, l'infraction est donc clairement constitu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste une question : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que c'est grave ?&lt;/i&gt; &#187; Il se r&#233;pond tout seul : &#171; &lt;i&gt;Je consid&#232;re qu'on aurait pu &#233;viter cette audience&lt;/i&gt; &#187;, mais il aurait fallu que les pr&#233;venus reconnaissent les faits et fassent &#171; &lt;i&gt;amende honorable&lt;/i&gt; &#187; pour qu'on leur propose &#171; &lt;i&gt;une mesure alternative aux poursuites &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grave ou non, le procureur requiert tout de m&#234;me deux mois de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction de s&#233;jour dans le d&#233;partement des Hautes-Alpes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rendez-vous le 27 mai&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Brengarth d&#233;veloppe une strat&#233;gie &#224; plusieurs &#233;tages. D'abord, il remet en cause le bien-fond&#233; de la loi p&#233;nalisant l'aide &#224; l'entr&#233;e sur le territoire quand elle est d&#233;sint&#233;ress&#233;e. Selon lui, ce texte est &#171; &lt;i&gt;archa&#239;que&lt;/i&gt; &#187; et contrevient &#224; une directive europ&#233;enne&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le procureur n'est pas d'accord avec l'avocat sur ce point.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Puis au d&#233;tour d'un raisonnement juridique complexe remettant en cause la l&#233;galit&#233; de la garde &#224; vue qu'ont subi ses clients, il rappelle que la famille afghane avait le droit de d&#233;poser l'asile &#224; la fronti&#232;re &#8211; ce dont il n'est aucunement fait mention dans la proc&#233;dure, o&#249; l'on apprend au contraire que les exil&#233;s ont &#233;t&#233; renvoy&#233;s en Italie, d'o&#249; ils ont fini par r&#233;ussir &#224; passer en France quelques jours plus tard...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'avocat conteste tout bonnement la r&#233;alit&#233; des faits reproch&#233;s, &#224; savoir le franchissement de cette foutue fronti&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Vous n'avez aucune esp&#232;ce de preuve mat&#233;rielle&lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne-t-il aux magistrats, rappelant qu'au cours de la proc&#233;dure, &#171; &lt;i&gt;aucune pr&#233;cision g&#233;ographique n'a &#233;t&#233; demand&#233;e &lt;/i&gt; &#187; aux gendarmes qui ont proc&#233;d&#233; &#224; l'interpellation. Il demande donc la relaxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jugement sera rendu le jeudi 27 mai &#224; 13 h 30, une demi-heure avant le d&#233;but, &#224; Grenoble, de l'audience d'appel d'une affaire ressemblante et embl&#233;matique : celle des &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-tribunal-a-choisi-la-mort-pour' class=&#034;spip_in&#034;&gt;7 de Brian&#231;on&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pr&#233;noms modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-delit-de-solidarite-se-porte' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le d&#233;lit de solidarit&#233; se porte bien, merci&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;168 (septembre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le procureur n'est pas d'accord avec l'avocat sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rubrique en gr&#232;ve</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Rubrique-en-greve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Rubrique-en-greve</guid>
		<dc:date>2020-10-02T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
		<dc:subject>Darmanin</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>associations</dc:subject>
		<dc:subject>centre</dc:subject>
		<dc:subject>associations humanitaires</dc:subject>
		<dc:subject>Calais</dc:subject>
		<dc:subject>interdit</dc:subject>
		<dc:subject>humanitaires</dc:subject>
		<dc:subject>distribuer</dc:subject>
		<dc:subject>nourriture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Darmanin qui interdit aux associations humanitaires de distribuer de la nourriture aux migrants dans le centre de Calais. Pompili qui r&#233;autorise les n&#233;onicotino&#239;des tueurs d'abeille dans les champs de betteraves. Zemmour qui continue de cracher sa bile sur tous les &#233;crans. Cette journaliste du Figaro qui assimile aux terroristes du 11-Septembre une &#233;tudiante donnant en ligne des conseils de cuisine pas ch&#232;re, juste parce qu'elle a le tort de porter le voile. Ces d&#233;put&#233;s qui quittent (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no191-octobre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;191 (octobre 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Edito" rel="tag"&gt;&#201;dito&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Darmanin" rel="tag"&gt;Darmanin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/associations" rel="tag"&gt;associations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/associations-humanitaires" rel="tag"&gt;associations humanitaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Calais" rel="tag"&gt;Calais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/interdit" rel="tag"&gt;interdit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/humanitaires" rel="tag"&gt;humanitaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/distribuer" rel="tag"&gt;distribuer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nourriture" rel="tag"&gt;nourriture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Darmanin qui interdit aux associations humanitaires de distribuer de la nourriture aux migrants dans le centre de Calais. Pompili qui r&#233;autorise les n&#233;onicotino&#239;des tueurs d'abeille dans les champs de betteraves. Zemmour qui continue de cracher sa bile sur tous les &#233;crans. Cette journaliste du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; qui assimile aux terroristes du 11-Septembre une &#233;tudiante donnant en ligne des conseils de cuisine pas ch&#232;re, juste parce qu'elle a le tort de porter le voile. Ces d&#233;put&#233;s qui quittent l'Assembl&#233;e parce que la repr&#233;sentante d'un syndicat &#233;tudiant invit&#233;e sur place porte elle aussi un voile (en toute l&#233;galit&#233;). Trump qui annonce de plus en plus clairement qu'en cas de d&#233;faite aux &#233;lections du 3 novembre, il n'acceptera pas de quitter le pouvoir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a s'accumule un chou&#239;a, non ? En tout cas, nous on s'interroge : ces malfaisants branquignols m&#233;ritent-ils qu'on leur consacre un &#233;dito argument&#233;, une analyse fouill&#233;e d&#233;cortiquant les bas ressorts de leur vil&#233;nie ? Notre r&#233;ponse ce mois-ci : non. Basta, &#231;a suffit. Qu'ils aillent tous se faire cuire les miches dans un bain de sauce piquante. Et qu'on se le tienne pour dit : jusqu'&#224; nouvel ordre, cette rubrique est en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/-25.pdf" length="1148978" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1621.jpg" length="64264" type="image/jpeg" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En pleine crise sanitaire, ne pas oublier les migrant&#183;es</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/En-pleine-crise-sanitaire-ne-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/En-pleine-crise-sanitaire-ne-pas</guid>
		<dc:date>2020-04-07T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>mars</dc:subject>
		<dc:subject>demandeurs d'asile</dc:subject>
		<dc:subject>d'asile</dc:subject>
		<dc:subject>squat Bugatti</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s syriens</dc:subject>
		<dc:subject>Lesbos</dc:subject>
		<dc:subject>confinement face</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une &#233;pid&#233;mie de x&#233;nophobie et d'indiff&#233;rence frappe les exil&#233;&#183;es depuis longtemps. Et voici maintenant le Covid-19&#8230; Entre accueil et rejet, voyage entre Syrie, Turquie, Gr&#232;ce, Alsace et Auvergne. Pour les migrants, les d&#233;plac&#233;s et les r&#233;fugi&#233;s, le confinement face au Covid-19 est impossible. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, il est impos&#233; la plupart du temps dans des conditions indignes, voire effroyables. De v&#233;ritables bombes sanitaires &#224; retardement, propices &#224; une contamination massive : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mars" rel="tag"&gt;mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/demandeurs-d-asile" rel="tag"&gt;demandeurs d'asile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-asile" rel="tag"&gt;d'asile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squat-Bugatti" rel="tag"&gt;squat Bugatti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies-syriens" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lesbos" rel="tag"&gt;Lesbos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/confinement-face" rel="tag"&gt;confinement face&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grece" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une &#233;pid&#233;mie de x&#233;nophobie et d'indiff&#233;rence frappe les exil&#233;&#183;es depuis longtemps. Et voici maintenant le Covid-19&#8230; Entre accueil et rejet, voyage entre Syrie, Turquie, Gr&#232;ce, Alsace et Auvergne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;our les migrants, les d&#233;plac&#233;s et les r&#233;fugi&#233;s, le confinement face au Covid-19 est impossible. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, il est impos&#233; la plupart du temps dans des conditions indignes, voire effroyables. De v&#233;ritables bombes sanitaires &#224; retardement, propices &#224; une contamination massive : concentration des campements de fortune sans hygi&#232;ne aux fronti&#232;res syriennes et gr&#233;co-turques, surpopulation du camp de M&#243;ria sur l'&#238;le de Lesbos (&lt;i&gt;lire p. IV, &#171; Lesbos : une tra&#238;n&#233;e de poudre qui n'en finit pas &#187;&lt;/i&gt;), promiscuit&#233; dans les centres de r&#233;tention administrative et les squats de l'Hexagone (&lt;i&gt;p. VI, &#171; Squat Bugatti : chronique d'un d&#233;sastre sanitaire annonc&#233; &#187;&lt;/i&gt;), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;s &#224; notre propre impuissance, au cynisme et &#224; l'abandon des &#201;tats, nous ne devons pas nous r&#233;signer &#224; abandonner les exil&#233;s. Car d'autres virus les menacent depuis un moment d&#233;j&#224; : ceux de l'indiff&#233;rence et de la x&#233;nophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, l'urgence sanitaire est aux portes de la Gr&#232;ce. Le 24 mars, une kyrielle d'organisations humanitaires, emp&#234;ch&#233;es de venir en aide aux migrants par le verrouillage du pays, pressait le gouvernement hell&#233;nique de &#171; &lt;i&gt;r&#233;duire l'encombrement des centres d'accueil des &#238;les pour les demandeurs d'asile et les migrants afin d'&#233;viter une crise de sant&#233; publique &#187;&lt;/i&gt;. Autre exigence : l'adoption de dispositions sp&#233;ciales &#171; &lt;i&gt;pour garantir un acc&#232;s universel et gratuit aux soins de sant&#233; dans le syst&#232;me public pour les demandeurs d'asile, les r&#233;fugi&#233;s et les migrants sans discrimination &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, rares encore sont les pays &#224; avoir r&#233;agi &#224; l'urgence et r&#233;alis&#233; que le coronavirus n'a pas besoin de passeport. &#201;claircie par temps couvert : le Portugal a annonc&#233; le 28 mars la &#171; &lt;i&gt;r&#233;gularisation temporaire des immigr&#233;s &#187;&lt;/i&gt; en attente de titre de s&#233;jour afin de leur permettre de b&#233;n&#233;ficier des mesures prises pour l'ensemble des citoyens. [Mais cette mesure exceptionnelle ne durera que jusqu'&#224; juillet et ne sont concern&#233;es que les personnes ayant fait une demande de r&#233;gularisation avant le 18 mars - &lt;i&gt;ajout de la r&#233;daction du 7 avril&lt;/i&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fin f&#233;vrier, un nouvel &#233;pisode de &#171; crise migratoire &#187; s'&#233;tait d&#233;clench&#233; par la d&#233;cision du pr&#233;sident turc d'ouvrir sa fronti&#232;re avec la Gr&#232;ce. &#192; l'&#233;chelle mondiale, la Turquie a eu la politique d'accueil la plus massive depuis 2011, malgr&#233; la duplicit&#233; de la politique d'Erdogan, qui s'est toujours servi de l'arme migratoire comme d'un moyen de pression diplomatique. Or, confront&#233; aux critiques des &#201;tats europ&#233;ens contre son offensive militaire dans la province d'Idlib (Syrie) et &#224; un climat int&#233;rieur de forte pression anti-migrants, Erdogan a menac&#233; d'ouvrir le &#171; robinet migratoire &#187;. Le but ? Ren&#233;gocier ses engagements de 2016 avec l'Union europ&#233;enne et la presser de verser la totalit&#233; des 6 milliards d'euros promis &#224; la Turquie pour qu'elle contienne les migrants sur son sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s, achemin&#233;s &#224; la fronti&#232;re terrestre gr&#233;co-turque dans des cars affr&#233;t&#233;s par l'&#201;tat, se sont retrouv&#233;s pris en &#233;tau, confront&#233;s &#224; la brutalit&#233; des garde-fronti&#232;res grecs et d'hommes non identifi&#233;s au visage couvert, qui leur refusaient l'acc&#232;s &#224; coups de gaz lacrymog&#232;ne et d'humiliations, voire de tirs &#224; balles r&#233;elles. M&#234;me inhumanit&#233; en mer &#201;g&#233;e, o&#249; les gardes-c&#244;tes hell&#233;niques ont repouss&#233; des bateaux d'exil&#233;s par des m&#233;thodes des plus abjectes (&lt;i&gt;p. III, &#171; Le bateau a un trou mais les gardes-c&#244;tes ne nous aident pas &#187;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Gr&#232;ce agit ainsi, c'est parce que tout le continent a opt&#233; pour des logiques de tri, d'enfermement et d'expulsion. Peu &#224; peu, le syst&#232;me d'asile europ&#233;en vole en &#233;clat : Ath&#232;nes a compl&#232;tement suspendu le sien le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars ; en France, la fermeture de nombreux guichets administratifs &#8211; pour cause d'&#233;pid&#233;mie &#8211; est en train d'aboutir &#224; un r&#233;sultat &#233;quivalent.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les motivations qui ont pouss&#233; tant de personnes sur les routes de l'exil n'en restent pas moins l&#233;gitimes : contrairement &#224; ce que l'extr&#234;me droite pr&#233;tend parfois, les r&#233;fugi&#233;s syriens risquent toujours leur vie s'ils tentent de rentrer au pays &lt;i&gt;(lire pp. I&amp;II, &#171; R&#233;fugi&#233;s syriens : non, il n'est pas encore temps de rentrer &#187;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, aux quatre coins de l'Europe et du monde, du petit village auvergnat de Pessat-Villeneuve &lt;i&gt;(p. V, &#171; Le &#8220;maire &#224; migrants&#8221; qui h&#233;risse les fachos &#187;)&lt;/i&gt; &#224; l'&#238;le de Lesbos, des mains continuent de se tendre au-dessus des barbel&#233;s. Leurs initiatives sont souvent isol&#233;es, parfois d&#233;risoires au regard de la dramatique situation. Mais elles ont leurs effets concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles permettent aussi de se dire, faute de mieux, que l'humanit&#233; n'a pas encore totalement d&#233;sert&#233; nos soci&#233;t&#233;s repli&#233;es sur leur nombril. &#9632;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Salvini, le venin dans la botte</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Salvini-le-venin-dans-la-botte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Salvini-le-venin-dans-la-botte</guid>
		<dc:date>2020-01-17T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Causse, Rafa&#235;l Snoriguzzi</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Gwen Tomahawk</dc:subject>
		<dc:subject>vie</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>droit</dc:subject>
		<dc:subject>gouvernement</dc:subject>
		<dc:subject>droits</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;crets</dc:subject>
		<dc:subject>Salvini</dc:subject>
		<dc:subject>Mario Monti</dc:subject>
		<dc:subject>Matteo Salvini</dc:subject>
		<dc:subject>Lega</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aux derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes, le ph&#233;nom&#232;ne Salvini a pris une ampleur inqui&#233;tante : 21 % du corps &#233;lectoral contre 13 % un an plus t&#244;t. Mais la dynamique n&#233;ofasciste ne se r&#233;duit pas &#224; l'influence n&#233;faste de son leader. Elle correspond &#224; une configuration historique o&#249;, sur fond de choix &#233;conomiques n&#233;olib&#233;raux et de politiques migratoires meurtri&#232;res, les diff&#233;rentes composantes de la sc&#232;ne politique italienne s'alimentent mutuellement. Des selfies &#224; gogo en tenue d&#233;contract&#233;e un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no182-decembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;182 (d&#233;cembre 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gwen-Tomahawk" rel="tag"&gt;Gwen Tomahawk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vie" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gouvernement" rel="tag"&gt;gouvernement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droits" rel="tag"&gt;droits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decrets" rel="tag"&gt;d&#233;crets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Salvini" rel="tag"&gt;Salvini&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mario-Monti" rel="tag"&gt;Mario Monti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Matteo-Salvini" rel="tag"&gt;Matteo Salvini&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lega" rel="tag"&gt;Lega&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes, le ph&#233;nom&#232;ne Salvini a pris une ampleur inqui&#233;tante : 21 % du corps &#233;lectoral contre 13 % un an plus t&#244;t. Mais la dynamique n&#233;ofasciste ne se r&#233;duit pas &#224; l'influence n&#233;faste de son leader. Elle correspond &#224; une configuration historique o&#249;, sur fond de choix &#233;conomiques n&#233;olib&#233;raux et de politiques migratoires meurtri&#232;res, les diff&#233;rentes composantes de la sc&#232;ne politique italienne s'alimentent mutuellement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-1417-41e1b.jpg?1782640983' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gwen Tomahawk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;es selfies &#224; gogo en tenue d&#233;contract&#233;e un cocktail &#224; la main et les r&#233;seaux sociaux ont fait le reste : le barnum Salvini est omnipr&#233;sent en Italie &#8211; quitte &#224; &#234;tre r&#233;guli&#232;rement r&#233;duit &#224; une efficace strat&#233;gie de communication. Si la vulgarit&#233; de Matteo Salvini s'exhibe tous poils dehors, c'est bien parce que les ann&#233;es de berlusconisme ont organis&#233; l'abrutissement de la politique italienne.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les ann&#233;es de plomb n&#233;olib&#233;rales&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, c'est tout le syst&#232;me qui est &#224; jeter. Les r&#232;gles du jeu &#233;lectoral qui ont permis l'improbable coalition entre la Lega de Salvini et le Mouvement 5 &#233;toiles (M5S) sont les m&#234;mes qui ont longtemps incit&#233; les communistes &#224; soutenir les gouvernements n&#233;olib&#233;raux de Romano Prodi et du Partito Democratico (PD, suppos&#233; de &#171; centre gauche &#187;) &#8211; aujourd'hui, la gauche a presque &#233;t&#233; &#233;radiqu&#233;e du Parlement italien. En moins de dix ans, le parti de Berlusconi a gouvern&#233; avec celui de Mario Monti (ancien commissaire europ&#233;en &#224; la Concurrence qui forma en 2011 un gouvernement de &#171; techniciens &#187;) et le PD, qui gouverne d&#233;sormais avec le M5S, qui gouvernait hier avec la Lega, qui est un partenaire historique des gouvernements Berlusconi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le pr&#233;sident de la R&#233;publique italienne s'efforce tous les deux ans de rapi&#233;cer un champ politique en morceaux, l'agenda des r&#233;formes est demeur&#233; tristement constant. Cons&#233;quence de la crise de la finance toxique, la dette publique est pass&#233;e de 100 % &#224; plus de 130 % du PIB &#8211; justifiant progressivement toutes les mesures antisociales, sur le report infini de l'&#226;ge de la retraite ou le droit de licencier p&#233;pouze. Pendant ce temps-l&#224;, les ann&#233;es de r&#233;cession se sont r&#233;p&#233;t&#233;es, le ch&#244;mage a presque doubl&#233; (autour de 11 %), frappant &#224; des taux effarants les plus jeunes, les plus vieux, les femmes et les travailleurs du sud du pays. En vingt ans, le salaire moyen a augment&#233; de&#8230; 23 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le M5S a un temps pr&#233;tendu vouloir limiter le d&#233;sastre social. Mais d&#232;s la formation du gouvernement Lega-M5S (juin 2018-septembre 2019), le commissaire europ&#233;en au Budget avait annonc&#233; la couleur : &#171; &lt;i&gt;Les march&#233;s apprendront aux &#233;lecteurs italiens &#224; ne pas voter pour les partis populistes.&lt;/i&gt; &#187; Le bras de fer budg&#233;taire qui a r&#233;cemment fait plier la nouvelle coalition PD-M5S face aux exigences de la Commission europ&#233;enne rejoue, &#224; peine diff&#233;remment, la s&#233;quence hallucinante de 2011 au cours de laquelle Berlusconi avait, sur injonction de l'Union europ&#233;enne, d&#233;missionn&#233; au profit de Mario Monti, l'homme de paille de Goldman Sachs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ascension de Salvini exprime donc aussi ce ph&#233;nom&#232;ne morbide qui gangr&#232;ne aujourd'hui la plupart des syst&#232;mes politiques : la d&#233;mocratie italienne n'a plus d'objet. Elle n'intervient plus sur les conditions de vie des gens &#8211; sauf pour les d&#233;grader encore.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les menottes de Minniti&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour servir la soupe ultralib&#233;rale, Salvini n'est pas en reste : alors que 132 milliards d'euros ont disparu dans l'&#233;vasion fiscale, le leader de la Lega promet une &lt;i&gt;flat tax&lt;/i&gt; favorable au capital. Et s'il a su man&#339;uvrer pour exploiter les r&#233;actions &#171; anti-syst&#232;me &#187; d'une partie grandissante de l'opinion italienne, Salvini a surtout profit&#233; d'un terreau raciste d&#233;j&#224; fertilis&#233;&#8230; par le syst&#232;me lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;crets &lt;i&gt;Sicurezza&lt;/i&gt; I et II, qui pr&#233;carisent les conditions de vie des migrants, prolongent le d&#233;cret Minniti-Orlando vot&#233; en avril 2017 sous le gouvernement Gentiloni &#8211; &#224; dominante centre gauche. Au pr&#233;texte de d&#233;sengorger les tribunaux pr&#233;tendument d&#233;bord&#233;s par les proc&#233;dures d'asile en appel, ce d&#233;cret a s&#233;v&#232;rement mutil&#233; les droits des personnes &#233;trang&#232;res : limitation du droit de recours pour demande d'asile refus&#233;e, abolition de l'audience par visioconf&#233;rence avec le juge, augmentation du nombre de centres d'identification et d'expulsion (CIE), introduction du travail &#171; b&#233;n&#233;vole &#187; pour les migrants, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;cret &#233;tait assorti du &#171; Code de conduite Minniti &#187;, que devaient signer toutes les ONG portant secours aux exil&#233;s dans les eaux territoriales italiennes. &#192; travers diverses obligations (chaque bateau est ainsi somm&#233; d'emporter des flics &#224; son bord), ce code vise &#224; entraver les op&#233;rations en mer. Les ONG ont refus&#233; en bloc de le signer, car il contrevenait ouvertement aux principes de l'aide humanitaire. Les accords avec la Libye sign&#233;s par ce m&#234;me Marco Minniti (ministre de l'Int&#233;rieur du PD) &#224; l'&#233;t&#233; 2017 sont un autre coup violent port&#233; aux exil&#233;s : les d&#233;parts se rar&#233;fient et les bateaux humanitaires sont de plus en plus la cible des garde-c&#244;tes libyens.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Salvini, vidi , vici&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux ans plus tard, les deux d&#233;crets &#171; S&#251;ret&#233; &#187; de Salvini poursuivent donc le travail de criminalisation des ONG. Avec pour cons&#233;quence directe, l'augmentation du taux de mortalit&#233; durant la travers&#233;e : d'apr&#232;s le chercheur Matteo Villa, ce taux a augment&#233; de 20 % sur la p&#233;riode. Moins de d&#233;parts ne signifient pas forc&#233;ment moins de morts &#8211; juste des routes moins s&#251;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui parviennent &#224; franchir les murs de la forteresse Europe, la situation est &#233;galement aggrav&#233;e par ces nouvelles lois. Ces d&#233;crets ont aboli les permis de s&#233;jour pour raison humanitaire. D'ailleurs, le mot &#171; humanitaire &#187; a &#233;t&#233; retir&#233; de toutes les lois concernant l'immigration. D'apr&#232;s le Centre d'&#233;tudes et de recherche sur les migrations, le nombre d'&#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re pourrait ainsi passer de 530 000 en 2019 &#224; 670 000 en 2020. Parmi celles qui en font les frais : les femmes nig&#233;rianes victimes de traite et de prostitution forc&#233;e, dont le statut particulier n'est plus reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restriction des droits s'accompagne de coupes substantielles dans les budgets et du d&#233;mant&#232;lement des structures d'accueil existantes. Les Sprar&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sistema di protezione per richiedenti asilo e rifugiati : syst&#232;me de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sont des centres g&#233;r&#233;s par les communes, souvent &#224; taille humaine, o&#249; les personnes restent en moyenne six mois. Ils seront remplac&#233;s par des Cas (centres d'accueil extraordinaire) plus grands, dans lesquels la dur&#233;e du s&#233;jour est de l'ordre d'un an et demi et o&#249; aucune formation linguistique ni professionnelle n'est pr&#233;vue. Baisse du co&#251;t journalier de la prise en charge, mais augmentation de la dur&#233;e : l'accueil co&#251;tera plus cher tout en &#233;tant de moins bonne qualit&#233;. D'apr&#232;s l'association des maires italiens, on passera de 6 300 &#8364; par migrant dans l'ancien syst&#232;me &#224; 14 000 &#8364; dans le nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre cons&#233;quence des d&#233;crets Sicurezza : un demandeur d'asile ne peut plus avoir acc&#232;s au syst&#232;me de soins &#8211; ce qui, au-del&#224; de la question morale, n'est pas sans poser des probl&#232;mes de sant&#233; publique. Effet moins quantifiable, mais ind&#233;niable : l'augmentation d'un climat raciste, sexiste et homophobe dans le pays, o&#249; les agressions se multiplient. Cela va de pair avec un changement de regard sur les ONG ou sur les travailleurs sociaux, aujourd'hui consid&#233;r&#233;s avec m&#233;fiance et hostilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ectoplasmes antifascistes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part de Salvini du gouvernement n'a pas modifi&#233; la donne. En octobre dernier, Luigi Di Maio (chef du M5S et actuel ministre des Affaires &#233;trang&#232;res) a pr&#233;sent&#233; son d&#233;cret Rapatriement, qui promet d'acc&#233;l&#233;rer l'expulsion des personnes sans papiers. Tout cela ferait presque oublier que l'&#233;conomie italienne a besoin des migrants, en particulier dans l'agriculture, o&#249; l'on estime qu'ils repr&#233;sentent environ un quart de la main-d'&#339;uvre. Mais c'est en situation irr&#233;guli&#232;re que ces travailleurs sont encore plus corv&#233;ables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bal des faux-culs, les adversaires politiques ne se posent plus en &lt;i&gt;opposants&lt;/i&gt;, mais en concurrents qui se disputent un m&#234;me march&#233; &#233;lectoral, o&#249; la chasse aux migrants va de soi. Depuis le 14 novembre dernier, un mouvement d'occupation des places &#171; contre Salvini &#187; a certes pris forme depuis Bologne &#8211; les &lt;i&gt;Sardine&lt;/i&gt;. En ligne de mire : la crainte que l'&#201;milie-Romagne, province historiquement &#224; &#171; gauche &#187;, ne bascule entre les mains de la Lega aux &#233;lections r&#233;gionales de janvier 2020. Mais la colonne vert&#233;brale de ce mouvement pose d&#233;j&#224; question. Le discours de l'un de ses instigateurs, Mattia Santori, noie son anti-salvinisme dans un apolitisme bon teint. Certains s'interrogent : ne revit-on pas une forme plus polic&#233;e des rassemblements du M5S ? Et surtout, Santori ne conduit-il pas la voiture-balai du candidat du PD sortant, Stefano Bonaccini ? Celui-l&#224; m&#234;me qui se gargarisait l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente des politiques de Minniti, qui auraient fait chuter le nombre d'arriv&#233;es de migrants. Questionn&#233; r&#233;cemment sur la possibilit&#233; d'&#233;tablir le droit du sol pour les enfants n&#233;s en Italie de parents &#233;trangers, il avait bott&#233; en touche : &#171; &lt;i&gt;Les deux priorit&#233;s actuelles sont : un plan de pr&#233;vention majeur contre l'instabilit&#233; hydrog&#233;ologique et la modification de la taxe plastique. &#192; mon avis, nous avons besoin de nous concentrer sur d'autres questions que le&lt;/i&gt; [droit du sol]. &#187; M&#233;fiance donc pour les&lt;i&gt; Sardines&lt;/i&gt; : &#224; se focaliser sur un barrage, on risquerait de se transformer en castor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dynamiques d'opposition sont peut-&#234;tre &#224; chercher du c&#244;t&#233; des luttes syndicales de nombreux travailleurs migrants, qu'ils soient ouvriers agricoles, employ&#233;s dans la logistique ou auxiliaires de vie. Soutenus par diff&#233;rents syndicats (CGIL, USB et Si Cobas), ils portent des revendications claires de d&#233;fense des droits des personnes et des travailleurs. R&#233;cemment, une couverture de l'hebdomadaire de gauche &lt;i&gt;L'Espresso&lt;/i&gt; mettait en vis-&#224;-vis une photo de Salvini et celle du syndicaliste italo-ivoirien Aboubakar Soumahoro. Avec cette question : &#171; &lt;i&gt;De quel c&#244;t&#233; &#234;tes-vous ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Causse &amp; Rafa&#235;l Snoriguzzi&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Avant, je d&#233;fendais les personnes en invoquant le droit, &#224; pr&#233;sent je compte sur des erreurs administratives. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;G&lt;/petitelettrine&gt;iovanni Annaloro est avocat. Il travaille, en particulier, avec I Girasoli, une coop&#233;rative situ&#233;e en Sicile qui fait partie du Sprar. On y pratique un accueil qui ne se limite pas au g&#238;te et au couvert, mais qui est un accompagnement dans une nouvelle vie. I Girasoli, ce sont plusieurs centres en Sicile, souvent dans des petites communes perdues, auxquelles les nouveaux arrivants redonnent vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Giovanni, on assiste ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; une destruction syst&#233;matique du droit des &#233;trangers, mais pas seulement : &#171; &lt;i&gt;On s'est mis &#224; d&#233;truire tout ce qu'il y avait de bon&lt;/i&gt; [dans le droit],&lt;i&gt; afin de rendre impossible le syst&#232;me d'accueil et rendre la vie dure aux personnes qui devraient s'y ins&#233;rer. C'est tr&#232;s difficile de travailler dans ce contexte, car on n'a plus les instruments l&#233;gaux pour prot&#233;ger ces personnes. Les avocats se retrouvent contraints de chercher des vices de proc&#233;dure. Avant, je d&#233;fendais les personnes en invoquant le droit, &#224; pr&#233;sent je compte sur des erreurs administratives. Dans une affaire que je plaidais r&#233;cemment, nous n'avons pas gagn&#233; sur des bases du droit de l'&#233;tranger &#224; rester, mais en raison d'une erreur de la pr&#233;fecture. Alors certes, on a remport&#233; une victoire, mais c'est une d&#233;faite du droit. Et la prochaine fois, le pr&#233;fet fera sans doute plus attention.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Salvini est mort politiquement il y a quelques mois, et rien n'a chang&#233;. Le nouveau gouvernement n'a pas retir&#233; ses d&#233;crets. Ils lui ont fait faire le sale boulot. La ministre de l'Int&#233;rieur, Luciana Lamorgese, a renouvel&#233; les accords avec la Libye. Alors je crois qu'on a besoin de manifestations importantes, parce qu'aujourd'hui on s'attaque au migrant, demain &#224; l'ouvrier de l'ILVA&lt;/i&gt; [site sid&#233;rurgique menac&#233; de rachat par Arcelor Mittal] &lt;i&gt;&#8211; et apr&#232;s-demain, &#224; qui le tour&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Malheureusement la tendance est continentale, comme le montre le r&#233;cent jugement de la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme, qui assure que tout va bien dans les &lt;/i&gt;hot spots&lt;i&gt; grecs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sistema di protezione per richiedenti asilo e rifugiati&lt;/i&gt; : syst&#232;me de protection pour les demandeurs d'asile et r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paris dans sa bulle</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Paris-dans-sa-bulle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Paris-dans-sa-bulle</guid>
		<dc:date>2019-11-13T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margo Chou</dc:creator>


		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>hommes</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>centre</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>Chapelle</dc:subject>
		<dc:subject>matin</dc:subject>
		<dc:subject>porte</dc:subject>
		<dc:subject>dorment</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait en novembre 2016, porte de La Chapelle : la municipalit&#233; parisienne ouvrait un Centre d'accueil pour migrants de 400 lits. Las, cette vaste structure gonflable jaune et blanche est bien trop petite. Et les migrants n'ont d'autre choix que d'attendre encore et encore une &#233;ventuelle place. Partout, des hommes qui dorment au sol. Depuis que les tentes Quechua ont &#233;t&#233; interdites, il n'y a plus d'intimit&#233; possible. Les gestes du quotidien sont expos&#233;s &#224; tous, au soleil. Sur deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benoit-Guillaume" rel="tag"&gt;Benoit Guillaume&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chapelle" rel="tag"&gt;Chapelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/matin" rel="tag"&gt;matin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/porte" rel="tag"&gt;porte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dorment" rel="tag"&gt;dorment&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait en novembre 2016, porte de La Chapelle : la municipalit&#233; parisienne ouvrait un Centre d'accueil pour migrants de 400 lits. Las, cette vaste structure gonflable jaune et blanche est bien trop petite. Et les migrants n'ont d'autre choix que d'attendre encore et encore une &#233;ventuelle place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3101 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH613/-1332-15b3d.jpg?1782641584' width='400' height='613' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;artout, des hommes qui dorment au sol. Depuis que les tentes Quechua ont &#233;t&#233; interdites, il n'y a plus d'intimit&#233; possible. Les gestes du quotidien sont expos&#233;s &#224; tous, au soleil. Sur deux kilom&#232;tres carr&#233;s, tout autour de la porte de La Chapelle, des corps humains sont &#233;grain&#233;s &#224; m&#234;me le sol, l&#224; o&#249; l'ombre subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'attente p&#232;se&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; chacun son histoire. Ahmed et Humaira sont assis au pied des premi&#232;res barri&#232;res m&#233;talliques, adoss&#233;s &#224; leurs deux valises neuves bomb&#233;es. Ils ont quitt&#233; le Kurdistan iranien il y a cinq mois. La famille kurde de la demoiselle voulait tuer l'amoureux afghan. Ils sont l&#224; depuis sept jours et dorment sur des cartons, emmitoufl&#233;s l'un contre l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Mohammed a dormi deux mois dehors, puis cinq jours dans le centre. Mais depuis une semaine, il est h&#233;berg&#233; dans une auberge de Jeunesse &#224; Villiers-le-Bel. Il esp&#232;re ne pas &#234;tre dublin&#233;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression renvoie &#224; l'accord de Dublin, accord europ&#233;en qui pr&#233;voit que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, comme la plupart de ceux qui ont entam&#233; une proc&#233;dure dans un autre pays avant d'arriver en France. Pris en &#233;tau entre son Pakistan natal et sa famille &#8211; son cousin dans le collimateur du gouvernement essayait de l'embrigader dans des &#171; actes terroristes &#187; &#8211;, il a d&#251; se r&#233;soudre &#224; partir. Lui voulait seulement continuer ses &#233;tudes de m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis voil&#224; Sa&#239;d, arriv&#233; porte de La Chapelle il y a dix jours. Il dort avec d'autres hommes sous le pont, &#224; c&#244;t&#233; de l'arr&#234;t de tramway. C'est la police qui le r&#233;veille le matin : il est install&#233; sur la piste cyclable et d&#233;range ceux qui vont bosser en v&#233;lo. Si bien qu'il se l&#232;ve et fait comme les autres. Se rapproche de l'entr&#233;e &#8211; ce n'est pas mieux. Puis part en qu&#234;te d'un endroit o&#249; se laver. L'attente lui p&#232;se et tout le questionne. Il ne se sent pas d'attendre ici, sans rien faire. Il a besoin de bouger. Il veut aller &#224; Amiens, pensant que ce sera moins difficile d'y trouver un h&#233;bergement. Il s'est rencard&#233; avec un gars pour s'y rendre demain. Il a 24 ans et &#233;tudiait l'&#233;lectronique en Guin&#233;e, mais a &#233;t&#233; oblig&#233; de fuir, pour raisons politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non loin, Bouba attend aussi. Il a les yeux tout rouges. Et r&#233;p&#232;te, sur un ton d&#233;sesp&#233;r&#233; : &#171; &lt;i&gt;C'est le seul pays europ&#233;en o&#249; on dort dehors.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ritable loterie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois, la parisienne porte de La Chapelle est devenue un carrefour o&#249; s'entrecroisent les contradictions de la politique municipale. Elle s'est affirm&#233;e point de rendez-vous en novembre 2016, quand la maire Anne Hidalgo a fait b&#226;tir en urgence un centre d'h&#233;bergement. Soit une &#233;trange masse gonfl&#233;e g&#233;ante, dessinant une coquille d'escargot blanche et jaune, gard&#233;e en permanence et g&#233;r&#233;e par Emma&#252;s Solidarit&#233;. Sa construction faisait suite au d&#233;mant&#232;lement de la &#171; jungle &#187; de Calais et &#224; l'installation de nombreux squats dans la capitale. Le lieu est d&#233;limit&#233; par une grille et une rang&#233;e de plots en b&#233;ton, marquant aussi les limites d'un &#233;norme chantier qui fait face au centre d'h&#233;bergement. Ici sera bient&#244;t construit un h&#244;tel de luxe. &#171; Un nouveau quartier urbain et logistique pour un 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; plus durable &#187;, vante un panneau, renommant le quartier &#171; La Chapelle internationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les rails de la petite ceinture, en contrebas, un bidonville rom s'&#233;tend sur une bande de cinq m&#232;tres de large et des centaines en longueur. Pour y rentrer, un unique passage : un trou dans le grillage, sous un pont de l'autoroute. Les Roms sont les seuls &#224; l'emprunter : ils ont fait savoir qu'ils ne voulaient pas accueillir de migrants dans le bidonville. Porte close, la mis&#232;re ne se partage pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route non loin, des bagnoles en continu, qui vont et viennent, klaxonnent, partent pour le nord et le terminus de la ligne 3 du tramway. Aux alentours, &#233;parpill&#233;s sur toute cette zone, des hommes allong&#233;s, assis, couch&#233;s, debout, plant&#233;s sur toutes les langues de terre possibles. Ils attendent de pouvoir entrer dans la structure d'h&#233;bergement. Mais il n'y a que quatre cents places. Chaque matin d&#233;marre donc une v&#233;ritable loterie, avec son lot de bousculades, attente, esp&#233;rances et violences polici&#232;res. Mohammed, par un coup de pot et gr&#226;ce &#224; une rencontre, a r&#233;ussi &#224; rentrer. Mais pas Sa&#239;d, qui n'y croit plus.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Moments de tension&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'endroit ouvre &#224; huit heures pile. Il y a des rang&#233;es de barri&#232;res m&#233;talliques et des flics en permanence. Mais c'est bien avant, vers quatre heures du matin, qu'arrivent les premiers migrants, d&#233;termin&#233;s &#224; acc&#233;der au mirage de l'&#201;tat. Rentrer permet de rester cinq &#224; dix nuits &#224; l'int&#233;rieur, avant d'&#234;tre pris en charge ailleurs. Ces moments d'attente sont donc charg&#233;s de tension et de fatigue. Au moindre remous, les flics gazent &#8211; cela arrive quasiment tous les jours. En pr&#233;vention, chacun a du s&#233;rum physiologique dans la poche, pour se nettoyer les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, le centre n'a pas ouvert. Certains sont d&#233;j&#224; au courant. Eux savent que si aucune annonce n'a &#233;t&#233; faite &#224; 8h15, cela signifie que le centre restera clos. Depuis quelques jours, Emma&#252;s ne fait plus rentrer que par maraude. Des salari&#233;s de l'association partent r&#233;cup&#233;rer des migrants qui dorment dans Paris, en dehors du p&#233;rim&#232;tre de La Chapelle. Les deux cents qui attendent ce matin en sont pour leurs frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qu'un homme pr&#233;vient que personne ne pourra passer. Du silence, on passe aux cris sourds. Puis, rapidement, la masse d'hommes se d&#233;lite. Trois jeunes Afghans s'en vont au parc avec leur poign&#233;e d'affaires. Certains commencent &#224; balayer le sol &#224; l'endroit o&#249; ils dorment, d'autres retournent s'allonger &#224; l'ombre du pont, se coupent les cheveux, discutent. Petit &#224; petit, le quotidien se met en place, dans des gestes infimes et une attente poignante.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Distribution de nourriture&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur, l'association Utopia 56 est l'unique interm&#233;diaire entre l'&#201;tat et les &#171; migrants &#187;. En d&#233;saccord avec les violences du matin, certains des b&#233;n&#233;voles ont d&#233;cid&#233; de ne plus participer &#224; la gestion des files. Leurs missions : informer &#224; l'ext&#233;rieur, accompagner &#224; l'h&#244;pital, distribuer des couvertures et des produits d'hygi&#232;ne, r&#233;pondre aux questions juridiques, donner des adresses, enseigner le fran&#231;ais, nettoyer la zone laiss&#233;e &#224; l'abandon par la municipalit&#233; apr&#232;s une intox des m&#233;dias sur une &#233;pid&#233;mie de gale. &#171; &lt;i&gt;Chaque matin, nous gardions entre deux et cinq places pour des personnes tr&#232;s vuln&#233;rables : d&#233;pression, scoliose, coup de couteau, br&#251;lure, membre cass&#233;,&lt;/i&gt; explique Julie&lt;i&gt;, un cahier &#224; la main. Nous notions leurs noms, num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone, types de probl&#232;mes, avant de revenir vers eux au plus vite. Mais depuis plusieurs jours, ce n'est plus possible : Emma&#252;s ne nous laisse plus aucune place &#224; distribuer. Je me sens inutile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des associations de quartiers viennent &#233;galement donner de quoi manger et se r&#233;chauffer &#8211; c'est le cas du collectif Solidarit&#233; migrants Wilson, dont les distributions de nourriture ont un temps &#233;t&#233; interdites. Et puis, il y a aussi des habitants qui apportent leur aide spontan&#233;ment. Pendant toute la dur&#233;e du ramadan, Nora et quatre autres femmes du Pr&#233;-Saint-Gervais sont ainsi venues &#224; la tomb&#233;e de la nuit, avec leurs enfants, pour donner &#224; manger.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des hommes avaient repris le droit de vivre dans des interstices urbains. Sans demander la permission. Mais voil&#224; qu'ils en ont &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;s. On leur a construit une bulle, mais ils ne peuvent pas tous y entrer. Ils n'ont d&#233;sormais d'autre choix que d'attendre pr&#232;s de cette bulle, doublement rejet&#233;s par un nid faussement attrayant. &#192; la porte de la porte, l'espace agenc&#233; ne permet pas de recr&#233;er des lieux de vie, seulement les sas d'attente ali&#233;nants. De menues entraides &#233;ph&#233;m&#232;res se glissent entre les corps, qui deviennent paysage sur un bitume fixe.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margo Chou&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'expression renvoie &#224; l'accord de Dublin, accord europ&#233;en qui pr&#233;voit que les demandeurs d'asile doivent finaliser toutes leurs d&#233;marches dans le premier pays europ&#233;en o&#249; leur passage a &#233;t&#233; enregistr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les identitaires condamn&#233;s, et apr&#232;s ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-identitaires-condamnes-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-identitaires-condamnes-et</guid>
		<dc:date>2019-10-17T03:12:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Victor</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>prison</dc:subject>
		<dc:subject>ferme</dc:subject>
		<dc:subject>prison ferme</dc:subject>
		<dc:subject>identitaires</dc:subject>
		<dc:subject>militants solidaires</dc:subject>
		<dc:subject>militants</dc:subject>
		<dc:subject>exil&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>soient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Seize mois apr&#232;s leur op&#233;ration anti-migrants dans les Hautes-Alpes, trois activistes de G&#233;n&#233;ration identitaire ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; six mois de prison ferme, l'association &#233;copant de 75 000 &#8364; d'amende. Pas de quoi rass&#233;r&#233;ner les militants solidaires des exil&#233;s du Brian&#231;onnais, auxquels les motivations de la sentence posent question. Ce 21 avril 2018, habill&#233;s tout de bleu presque comme des policiers, ils sont une petite centaine &#224; d&#233;barquer au col de l'&#201;chelle, &#171; afin de stopper l'arriv&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Victor" rel="tag"&gt;Victor&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prison" rel="tag"&gt;prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ferme" rel="tag"&gt;ferme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prison-ferme" rel="tag"&gt;prison ferme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/identitaires" rel="tag"&gt;identitaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/militants-solidaires" rel="tag"&gt;militants solidaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/militants" rel="tag"&gt;militants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/exiles" rel="tag"&gt;exil&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soient" rel="tag"&gt;soient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Seize mois apr&#232;s leur op&#233;ration anti-migrants dans les Hautes-Alpes, trois activistes de G&#233;n&#233;ration identitaire ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; six mois de prison ferme, l'association &#233;copant de 75 000 &#8364; d'amende. Pas de quoi rass&#233;r&#233;ner les militants solidaires des exil&#233;s du Brian&#231;onnais, auxquels les motivations de la sentence posent question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3034 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH458/-1269-223de.jpg?1782643702' width='400' height='458' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Victor
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;e 21 avril 2018, habill&#233;s tout de bleu presque comme des policiers, ils sont une petite centaine &#224; d&#233;barquer au col de l'&#201;chelle, &#171; &lt;i&gt;afin de stopper l'arriv&#233;e des migrants clandestins&lt;/i&gt; &#187;. Puis pendant plusieurs semaines, une quinzaine d'entre eux restent dans la r&#233;gion de Brian&#231;on (Hautes-Alpes), pour patrouiller, livrer aux pandores, voire directement refouler des exil&#233;s arrivant d'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur de Gap ouvre une enqu&#234;te pour &#171; violences &#187;, mais c'est pour illico la refermer. Au minist&#232;re de la Justice, un haut-fonctionnaire insiste : il liste une s&#233;rie d'infractions susceptibles d'&#234;tre reproch&#233;es aux identitaires. Le 11 mai 2018, le parquet ouvre une nouvelle enqu&#234;te, visant l'un de ces d&#233;lits : &#171; activit&#233;s exerc&#233;es dans des conditions de nature &#224; cr&#233;er dans l'esprit du public une confusion avec l'exercice d'une fonction publique &#187;. Traduction ? Les identitaires se seraient fait passer pour des flics. Tarif potentiel ? un an de prison ferme.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; De quel droit ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faudra des mois avant que des identitaires soient plac&#233;s en garde &#224; vue. Entre-temps, les militants solidaires des exil&#233;s sont harcel&#233;s : les convocations s'encha&#238;nent, les condamnations tombent. En d&#233;cembre, celle des &#171; 7 de Brian&#231;on &#187; a tout du symbole d'iniquit&#233; : des militants solidaires sont sanctionn&#233;s pour avoir simplement particip&#233; &#224; une manifestation transfrontali&#232;re qui r&#233;pondait justement &#224; l'op&#233;ration des identitaires&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jug&#233;s pour &#171; aide &#224; l'entr&#233;e irr&#233;guli&#232;re d'&#233;trangers en France &#187;, cinq (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s de ces derniers s'ouvre finalement le 11 juillet 2019. Sur les trois pr&#233;venus, un seul est pr&#233;sent. &#171; &lt;i&gt;Notre action &#233;tait pacifique, nous n'avons jamais scand&#233; nous substituer &#224; la police. Toute cette proc&#233;dure est purement politique&lt;/i&gt; &#187;, clame Cl&#233;ment Gandelin (alias Cl&#233;ment Galant), 24 ans, avant de s'enfermer dans son droit au silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'association solidaire Tous Migrants, qui cherche &#224; se constituer partie civile, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Maeva Binimelis cite des t&#233;moignages d'exil&#233;s narrant que des identitaires leur avaient demand&#233; leurs papiers, voire les avaient fouill&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Bloquer et surveiller la fronti&#232;re, lutter contre l'immigration ill&#233;gale, ce sont des fonctions r&#233;galiennes de l'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187;, recadre l'avocate, bient&#244;t rejointe par le procureur, qui ne cesse de demander &#171; &lt;i&gt;de quel droit&lt;/i&gt; &#187; les militants d'extr&#234;me droite ont agi. Pas tout &#224; fait &#224; l'aise avec cette infraction de &#171; &lt;i&gt;confusion&lt;/i&gt; &#187; sur laquelle la jurisprudence est assez maigre, le parquetier requiert tout de m&#234;me d'assez fortes peines : six mois de prison ferme contre les trois pr&#233;venus (au casier judiciaire d&#233;j&#224; fourni&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;ment Gandelin (pr&#233;sident de l'association) : un mois de sursis pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;) et 75 000 &#8364; d'amende contre l'association, sanction financi&#232;re maximale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plaidant la relaxe, l'avocat de la d&#233;fense, Pierre-Vincent Lambert (qui &#233;tait lui-m&#234;me pr&#233;sent au col de l'&#201;chelle avec ses camarades d'extr&#234;me droite), d&#233;noncera hors pr&#233;toire des r&#233;quisitions &#171; &lt;i&gt;assez d&#233;lirantes&lt;/i&gt; &#187;. &#192; ses yeux, le procureur &#171; &lt;i&gt;n'avait pas envie qu'on lui reproche de ne rien avoir fait contre les identitaires&lt;/i&gt; &#187;, surtout apr&#232;s les condamnations des militants solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La police fait exactement la m&#234;me chose &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 29 ao&#251;t, le tribunal rend son jugement. Dans ses 29 pages, plut&#244;t d&#233;taill&#233;es, figure le r&#233;cit d'une jeune Ivoirienne, t&#233;moignant avoir &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;arr&#234;t&#233;e&lt;/i&gt; &#187; avec ses compagnons de route &#171; &lt;i&gt;par des gens habill&#233;s en vestes bleues&lt;/i&gt; &#187; qui les avaient &#171; &lt;i&gt;insult&#233;s, regroup&#233;s et film&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Une jeune Guin&#233;enne raconte qu'elle a eu peur, que ces personnes les avaient &#171; &lt;i&gt;poursuivis&lt;/i&gt; &#187; jusqu'&#224; leur interpellation par les gendarmes. Il y a aussi l'histoire d'un Haut-Alpin pris en chasse par une &#171; patrouille &#187; des identitaires parce qu'il transportait des personnes de couleur noire dans sa voiture : &#187; &lt;i&gt;S'ils ont des papiers, ils n'ont qu'&#224; descendre nous les montrer&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;tait-il fait invectiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion des juges : &#171; &lt;i&gt;Compte-tenu de la nature extr&#234;mement grave des faits, de l'importance du trouble &#224; l'ordre public &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt;, de l'importance des valeurs prot&#233;g&#233;es par les infractions reproch&#233;es et du pass&#233; p&#233;nal des pr&#233;venus, seule une peine d'emprisonnement ferme para&#238;t ici adapt&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Pour les trois, qui comptent bien faire appel, ce sera donc six mois ferme, 2 000 &#8364; d'amende et cinq ans de privation des droits civiques, civils et familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les r&#233;seaux sociaux, la fachosph&#232;re s'indigne. Plus &#224; gauche, d'autres ne peuvent s'emp&#234;cher de ricaner. Mais sur le terrain, au pied des cimes frontali&#232;res du Brian&#231;onnais, Michel Rousseau, de l'association Tous Migrants, temp&#232;re l'enthousiasme : &#171; &lt;i&gt;La justice veut faire penser qu'elle est &#233;quitable dans sa mani&#232;re de frapper &#224; droite comme &#224; gauche, mais c'est une mascarade, qui dissimule le fond du probl&#232;me. Le plus grave que les identitaires ont fait, ce n'est pas d'avoir fait croire qu'ils &#233;taient policiers&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : c'est la mise en danger d'autrui, l'incitation &#224; la haine raciale. C'est tout leur d&#233;lire qui vise &#224; pourchasser en pleine montagne les exil&#233;s, des gens vuln&#233;rables qui viennent chercher refuge. Ce qu'ils ont fait, c'est en quelque sorte une ratonnade et &#231;a, on l'a tol&#233;r&#233;, parce que la police fait exactement la m&#234;me chose. Ce qu'on leur a reproch&#233;, c'est simplement de ne pas avoir le bon uniforme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas se r&#233;jouir que des gens soient condamn&#233;s &#224; de la prison, m&#234;me si ce sont des fachos. Si la prison &#233;tait une solution, &#231;a se saurait. Nous ce qu'on veut, ce n'est pas que des gens soient condamn&#233;s, mais que les droits fondamentaux des exil&#233;s soient respect&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jug&#233;s pour &#171; aide &#224; l'entr&#233;e irr&#233;guli&#232;re d'&#233;trangers en France &#187;, cinq d'entre eux ont r&#233;colt&#233; six mois de sursis, les deux autres (sur lesquels d'autres charges pesaient) huit mois de sursis et quatre ferme. Ils ont tous interjet&#233; l'appel. Pour plus de d&#233;tails, lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-tribunal-a-choisi-la-mort-pour' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La justice a fait le choix de la mort pour les exil&#233;s&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;172, janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cl&#233;ment Gandelin (pr&#233;sident de l'association) : un mois de sursis pour violence sur personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique ; Romain Espino (porte-parole) : un mois de sursis pour r&#233;bellion et des amendes, notamment pour &#171; violation de domicile &#187; ; Damien Lef&#232;vre (alias Damien Rieu, ex-attach&#233; parlementaire du d&#233;put&#233; RN Gilbert Collard) : 500 &#8364; d'amende pour &#171; violation de domicile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Calais, filmer l'(in)humanit&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-Calais-filmer-l-in-humanite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/A-Calais-filmer-l-in-humanite</guid>
		<dc:date>2019-06-23T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>center</dc:subject>
		<dc:subject>Calais</dc:subject>
		<dc:subject>regarde</dc:subject>
		<dc:subject>Regarde ailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>Arthur Levivier</dc:subject>
		<dc:subject>campement d'infortune</dc:subject>
		<dc:subject>ailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#201;thiopie c'est</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Regarde ailleurs, Arthur Levivier prouve, en images, le harc&#232;lement quotidien que fait subir la police aux migrants en transit vers l'Angleterre. &#201;difiant. Un soir de fatigue, dans un campement d'infortune, un jeune exil&#233; se confie : &#171; Calais et l'&#201;thiopie c'est la m&#234;me chose : la police. Pas de libert&#233;. Tous les jours, toutes les nuits, &#8220;Allez-vous en !&#8221; ; des sprays de gaz lacrymog&#232;nes. &#187; Depuis le temps qu'elles perdurent dans le Calaisis, les exactions polici&#232;res &#224; l'encontre des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no174-mars-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;174 (mars 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Calais" rel="tag"&gt;Calais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regarde" rel="tag"&gt;regarde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Regarde-ailleurs" rel="tag"&gt;Regarde ailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Arthur-Levivier" rel="tag"&gt;Arthur Levivier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/campement-d-infortune" rel="tag"&gt;campement d'infortune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ailleurs" rel="tag"&gt;ailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Ethiopie-c-est" rel="tag"&gt;l'&#201;thiopie c'est&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Regarde ailleurs&lt;/i&gt;, Arthur Levivier prouve, en images, le harc&#232;lement quotidien que fait subir la police aux migrants en transit vers l'Angleterre. &#201;difiant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2962 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-1202-c33a9.jpg?1782912224' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Regarde ailleurs&#034;, un film d'Arthur Levivier
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;n soir de fatigue, dans un campement d'infortune, un jeune exil&#233; se confie : &#171; &lt;i&gt;Calais et l'&#201;thiopie c'est la m&#234;me chose : la police. Pas de libert&#233;. Tous les jours, toutes les nuits, &lt;/i&gt;&#8220;Allez-vous en !&#8221; &lt;i&gt; ; des sprays de gaz lacrymog&#232;nes. &#187;&lt;/i&gt; Depuis le temps qu'elles perdurent dans le Calaisis, les exactions polici&#232;res &#224; l'encontre des migrants sont connues. V&#233;rifi&#233;es, confirm&#233;es, attest&#233;es &#224; longueur de rapports d'ONG. Mais on a beau savoir l'ignominie, la voir s'&#233;taler &#224; l'&#233;cran donne le vertige. C'est toute la force de &lt;i&gt;Regarde ailleurs &lt;/i&gt; : son jeune r&#233;alisateur, Arthur Levivier, ne s'est pas content&#233; de recueillir des t&#233;moignages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#234;me si, des cas de violences physiques, il n'a pu filmer que les cicatrices, &lt;/strong&gt;il est parvenu &#224; montrer l'abject. Au moyen, si besoin, de dispositifs originaux. Les pandores l'emp&#234;chent de p&#233;n&#233;trer dans un bois pour observer leur basse besogne ? Le documentariste va cacher une cam&#233;ra dans un arbre. Et voici les poulets, telles des hy&#232;nes dans un documentaire animalier, pris en flagrant d&#233;lit de destruction d'une cabane. Un autre jour, sur un parking, les voil&#224; qui interrompent une distribution d'eau et de nourriture : &#171; &lt;i&gt;T'arr&#234;tes pas de bouffer, toi ! Tous les soirs t'es l&#224;&lt;/i&gt;, se fait engueuler un migrant.&lt;i&gt; &#199;a commence &#224; bien faire ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De cette guerre men&#233;e sans merci contre la solidarit&#233; et la d&#233;brouille, &lt;/strong&gt;les forces de l' &#187; ordre &#187; ne sont pas les seuls soldats. Les employ&#233;s municipaux aussi sont r&#233;quisitionn&#233;s pour jeter m&#233;thodiquement &#224; la poubelle les fringues et les duvets des exil&#233;s qui s&#232;chent au bord du canal. Il faut faire place nette pour les p&#233;niches de touristes anglais&#8230; Quant &#224; la lande qui abritait la fameuse &lt;i&gt;jungle&lt;/i&gt;, on apprend qu'elle est en &#171; &lt;i&gt;renaturation &#187;&lt;/i&gt;. Le Conservatoire du littoral y m&#232;ne des travaux &#171; &lt;i&gt;en faveur de la faune et de la flore sauvage &#187;&lt;/i&gt;, indique un agent film&#233; en cam&#233;ra cach&#233;e. &#171; &lt;i&gt;On le dit pas trop, mais c'est aussi avec l'id&#233;e de rendre le lieu moins favorable pour un &#233;ventuel retour des migrants. Donc de cr&#233;er des zones humides, des d&#233;pressions, des flaques un peu partout avec un relief compliqu&#233; et inhospitalier. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tourn&#233; au cours de trois s&#233;jours &#224; Calais, &lt;/strong&gt;(le premier en octobre 2016 pendant le d&#233;mant&#232;lement de la jungle, au milieu d'une nu&#233;e de reporters press&#233;s), &lt;i&gt;Regarde ailleurs &lt;/i&gt;a choisi son camp. Celui des migrants, de leurs danses, de leurs chants nocturnes autour du feu ; celui de leurs r&#234;ves et de la compr&#233;hension de l'exil. Pas le triste bord des politicards cyniques qui, de Sarkozy &#224; Macron, ne viennent &#224; Calais que pour construire encore plus de murs, caressant les bas instincts x&#233;nophobes d'une population locale qui &#8211; le film le montre &#8211; n'a pas toujours conscience des saloperies que l'&#201;tat commet en son nom. Puisse ce documentaire l'aider &#224; savoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Regarde ailleurs &#187; (86 minutes), film autofinanc&#233; achev&#233; en janvier 2018, est actuellement diffus&#233; au cin&#233;ma. &#192; l'issue de son exploitation en salle, il sera (de nouveau) visionnable gratuitement &lt;a href=&#034;https://filmregardeailleurs.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur Internet&lt;/a&gt;. Le r&#233;alisateur cherche &#233;galement &#224; pr&#233;senter son film dans les lyc&#233;es. Ami.es enseignant.es, &#231;a aurait tout de m&#234;me plus de gueule que Castaner montrant aux minots &#224; quel endroit du corps les policiers ont le droit de tirer au LBD sur les manifestants, non ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
