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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Mon HP a craqu&#233;</title>
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		<dc:date>2018-08-25T07:30:47Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;Avec ses 500 lits, l'h&#244;pital psychiatrique du Rouvray, en Seine-Maritime, est le troisi&#232;me de France en nombre de patients soign&#233;s. Face au manque de moyens, le personnel a fini par recourir &#224; la gr&#232;ve de la faim pour se faire entendre. Vu de l'ext&#233;rieur, en faisant abstraction des banderoles revendicatives accroch&#233;es aux barri&#232;res ouvertes, on croirait &#224; un agr&#233;able b&#226;timent nich&#233; dans un coin de verdure, o&#249; sont gentiment soign&#233;s celles et ceux qu'on dit fous&#8230; Mais &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L108xH150/arton2308-8692c.jpg?1768816302' class='spip_logo spip_logo_right' width='108' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec ses 500 lits, l'h&#244;pital psychiatrique du Rouvray, en Seine-Maritime, est le troisi&#232;me de France en nombre de patients soign&#233;s. Face au manque de moyens, le personnel a fini par recourir &#224; la gr&#232;ve de la faim pour se faire entendre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vu de l'ext&#233;rieur, en faisant abstraction des banderoles revendicatives accroch&#233;es aux barri&#232;res ouvertes, on croirait &#224; un agr&#233;able b&#226;timent nich&#233; dans un coin de verdure, o&#249; sont gentiment soign&#233;s celles et ceux qu'on dit fous&#8230; Mais &#224; Sotteville-l&#232;s-Rouen, derri&#232;re les murs de briques et de silex, rien ne va plus. De 2014 &#224; 2016, le nombre de patients admis &#224; l'h&#244;pital psychiatrique du Rouvray a augment&#233; de pr&#232;s de 10 %. Des chambres pr&#233;vues pour deux patients en accueillent d&#233;sormais trois. 35 lits de camps ont &#233;t&#233; install&#233;s dans des bureaux, des couloirs ou m&#234;me dans des cagibis, avec un seau pour faire ses besoins&#8230; Du provisoire amen&#233; &#224; durer. Du c&#244;t&#233; des personnels soignants, entre fatigue et &lt;i&gt;burn out&lt;/i&gt;, les arr&#234;ts maladies ont explos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2016, un mouvement de revendications avait d&#233;j&#224; secou&#233; les murs de l'h&#244;pital. La politique de sant&#233; du gouvernement &#233;tait d&#233;cri&#233;e et les protestataires r&#233;clamaient des postes suppl&#233;mentaires&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Ne tirez plus sur l'h&#244;pital &#187;, article paru dans le n&#176; 147 de CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Direction de l'h&#244;pital et Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS) avaient diligent&#233; deux audits (co&#251;t de l'op&#233;ration : 300 000 &#8364;) pr&#233;conisant la cr&#233;ation de 58 postes. L'&#233;tablissement les attend encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soignants au bord de la crise de nerf&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, la situation a encore empir&#233;. Le personnel hurle dans le vide les m&#234;mes dol&#233;ances : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est plus du soin que nous faisons, mais de la maltraitance.&lt;/i&gt; &#187; Des structures ext&#233;rieures offrant des soins sans enfermement sont ferm&#233;es, des mineurs plac&#233;s dans des unit&#233;s d'adultes... &#171; &lt;i&gt;Il y a le cas de cet homme qui vient de lui-m&#234;me &#224; l'HP pour d&#233;pression&lt;/i&gt;, relate Jean-Yves, un soignant. &lt;i&gt;Je l'accueille, je lui dis que &#231;a va bien se passer, qu'on va s'occuper de lui. Et il se retrouve enferm&#233; dans un box, sur un lit de camp. Il a p&#233;t&#233; les plombs et est devenu violent. Il a fallu l'attacher et lui faire une piq&#251;re. &#199;a n'aurait jamais d&#251; se passer comme &#231;a...&lt;/i&gt; &#187; Un autre travailleur raconte qu'un patient s'est suicid&#233;, parce que personne n'avait pu s'occuper de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur psychiatrique est le parent pauvre de la sant&#233;. &#171; &lt;i&gt;&#199;a n'int&#233;resse pas Macron et son monde&lt;/i&gt;, constate M&#233;lanie, assistante sociale. &lt;i&gt;Ici, la tr&#232;s grande majorit&#233; des patients sont des pauvres.&lt;/i&gt; &#187; Il fallait r&#233;agir. Alors le 22 mars, journ&#233;e nationale d'action, l'intersyndicale de l'h&#244;pital et le collectif des Blouses noires appellent &#224; une gr&#232;ve illimit&#233;e. Un mouvement tr&#232;s suivi. Mais voil&#224; le hic : pas moyen de stopper la production dans un h&#244;pital. Gr&#232;ve ou non, il y a des soins &#224; fournir, des patients &#224; aider et &#233;couter. Le personnel est donc r&#233;quisitionn&#233;, ce qui permet &#224; la direction de rester sourde aux revendications de ses salari&#233;.e.s : la cr&#233;ation de 52 emplois suppl&#233;mentaires et d'une unit&#233; pour mineur.e.s. La situation dramatique de l'h&#244;pital a beau &#234;tre connue, Agn&#232;s Buzyn, ministre des Solidarit&#233;s et de la Sant&#233;, joue le disque ray&#233; : en substance, &#171; &lt;i&gt;il faut faire mieux avec moins&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de quoi abattre la motivation des gr&#233;vistes : &#171; &lt;i&gt;En deux mois&lt;/i&gt;, explique Marc-Aur&#233;lien, infirmier, &lt;i&gt;on a multipli&#233; les actions. On a occup&#233; l'administration, bloqu&#233; les entr&#233;es de l'HP. On s'est aussi rendus &#224; l'ARS, avant de se faire virer par les flics. Et on est m&#234;me all&#233;s &#8220; accueillir &#8221; Macron quand il est pass&#233; &#224; Rouen&#8230; Mais on n'a rien obtenu. Il ne nous restait plus, pour nous faire entendre, que la gr&#232;ve de la faim.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bloquer Rouen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 mai, quatre soignant.e.s cessent donc de s'alimenter. Ils installent leur campement de fortune dans le hall d'entr&#233;e de l'administration de l'h&#244;pital. Quelques jours plus tard, quatre autres personnes les rejoignent. Anne, Bruno, Jean-Yves, Manos, Marc-Alexandre, Marc-Aur&#233;lien, Thomas et Ren&#233; mettent en danger leur sant&#233; pour lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la gr&#232;ve de la faim ne fait pas partie de l'ADN des mouvements sociaux. Des conducteurs des transports en commun rouennais ont bien, r&#233;cemment, utilis&#233; cette arme pour d&#233;noncer leurs conditions de travail, mais ils n'ont re&#231;u aucun appui ext&#233;rieur. Les hospitaliers du Rouvray, eux, ont eu plus de chance : un grand mouvement de soutien s'est mis en branle d&#232;s les premiers jours. Sans doute en partie parce que les gr&#233;vistes n'agissent pas pour des augmentations salariales, mais pour que les malades soient humainement soign&#233;s. Et parce que voir des coll&#232;gues ou copains souffrir dans leur chair et mettre leur sant&#233; en jeu peut provoquer un sursaut, une soudaine prise de conscience salutaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui se produit. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales quotidiennes accueillent entre 200 et 500 personnes, beaucoup de blouses blanches (et noires) mais aussi des venant de l'ext&#233;rieur et des parents de patients. Un comit&#233; de soutien se forme rapidement. Quelques politiques viennent montrer leur bobine (Beno&#238;t Hamon, Philippe Poutou et des &#233;lus PC du coin &#8211; personne du PS !) ce qui a le m&#233;rite de faire se d&#233;placer les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ARS et le minist&#232;re restent muets. Leur seule proposition est un nouvel audit &#171; flash &#187;, cens&#233; d&#233;buter le 6 juin et durer trois semaines. Une man&#339;uvre per&#231;ue comme dilatoire par les gr&#233;vistes de la faim, qui rejettent la proposition. Quant &#224; Buzyn, sa d&#233;fense consiste &#224; affirmer qu'il est difficile de recruter des psychiatres. Un argument &#224; c&#244;t&#233; de la plaque quand on sait que la revendication d'embauches concerne 52&#8197;postes... d'aides-soignant.e.s et de personnel param&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnel occupe alors les locaux administratifs nuit et jour et une manifestation de soutien, rapidement organis&#233;e &#224; Rouen, rassemble 2 000 personnes. Mais &#231;a ne suffit pas. Les jours passent et les gr&#233;vistes perdent des kilos. Ils commencent &#224; souffrir physiquement et moralement. Certains se retrouvent aux urgences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Convergence des luttes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de cette gr&#232;ve, des cheminots sont pr&#233;sents &#224; l'h&#244;pital. De la m&#234;me fa&#231;on, des soignant.e.s participent aux AG et manifs des travailleurs du rail. De par la proximit&#233; de leurs lieux de travail et leur volont&#233; commune de d&#233;fendre le service public, hospitaliers et cheminots se retrouvent et agissent ensemble : op&#233;ration p&#233;age gratuit, blocage total de Rouen le 7 juin, manifestations et rassemblements pour appuyer les combats des uns et des autres. Les m&#233;dias nationaux se font enfin l'&#233;cho de cette lutte devenue tr&#232;s populaire. &lt;i&gt;Le Monde, Lib&#233;, Le Journal du dimanche&lt;/i&gt; relaient les propos du personnel mobilis&#233;. La direction, elle, ne &#171; &lt;i&gt;souhaite pas s'exprimer&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 juin, au lendemain du blocage de la ville, gouvernement et ARS acceptent de n&#233;gocier. Ils proposent un accord de fin de conflit qui, apr&#232;s n&#233;gociation, est accept&#233; &#224; l'unanimit&#233; de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Il &#233;tait temps : la gr&#232;ve de la faim dure depuis 18 jours ! Le texte acte la cr&#233;ation et le financement de 30 postes, l'arr&#234;t des fermetures extra-hospitali&#232;res, la cr&#233;ation d'une structure d'hospitalisation pour mineurs, l'acc&#232;s au statut de la fonction publique pour un grand nombre de CDD, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vraie victoire ! Ce qui, par les temps qui courent, est plut&#244;t rare. Et l'affaire ne s'arr&#234;te pas en si bon chemin : le 26 juin, profitant de ce bel &#233;lan, l'intersyndicale fait savoir qu'elle exige, comme pr&#233;alable &#224; la signature du protocole de sortie de crise, le d&#233;part du pr&#233;sident de la commission m&#233;dicale d'&#233;tablissement et de sa directrice des soins, tous deux jug&#233;s coupables de &#171; &lt;i&gt;nuisances institutionnelles&lt;/i&gt; &#187;. Un syndicaliste CFDT, gagn&#233; d'une fi&#232;vre pugnace, menace m&#234;me de repartir en gr&#232;ve face &#224; un climat de &#171; &lt;i&gt;chasse aux sorci&#232;res&lt;/i&gt; &#187; &#8211; l'id&#233;e &#233;tant de ne pas reprendre le travail sous la schlague des m&#234;mes chacals. &#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, l'affaire est toujours pendante. Et les muscles band&#233;s pour un &#233;ventuel second round.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; Ne tirez plus sur l'h&#244;pital &#187;, article paru dans le n&#176; 147 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (octobre 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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