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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La vengeance sera...</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;dito de notre num&#233;ro estival parle de morbide r&#233;pression contre des m&#244;mes qui n'ont d'autre tort que de danser. &#171; Rien n'arr&#234;te un peuple qui danse &#187; (Mot d'ordre officieux du mouvement des f&#234;tes techno libres) *** Le d&#233;go&#251;t et la rage s'imposent &#224; la vue des images de Redon. De cette free party qui s'est tenue le 18 juin dernier en terre bretonne, on retient les cohortes de robocops surarm&#233;s arrivant dans les champs comme sur un terrain de guerre, se d&#233;lestant de tonnes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mot-d-ordre" rel="tag"&gt;Mot d'ordre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fete" rel="tag"&gt;f&#234;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Redon" rel="tag"&gt;Redon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maia-Canico" rel="tag"&gt;Maia Cani&#231;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/techno" rel="tag"&gt;techno&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fetes-techno" rel="tag"&gt;f&#234;tes techno&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mots-628" rel="tag"&gt;mots&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fete-libre" rel="tag"&gt;f&#234;te libre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;dito de notre num&#233;ro estival parle de morbide r&#233;pression contre des m&#244;mes qui n'ont d'autre tort que de danser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Rien n'arr&#234;te un peuple qui danse&lt;/i&gt; &#187; (Mot d'ordre officieux du mouvement des f&#234;tes techno libres)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;go&#251;t et la rage s'imposent &#224; la vue des images de Redon. De cette &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt; qui s'est tenue le 18 juin dernier en terre bretonne, on retient les cohortes de robocops surarm&#233;s arrivant dans les champs comme sur un terrain de guerre, se d&#233;lestant de tonnes de grenades et de balles de LBD sur les f&#234;tards, cassant &#224; la pioche et en toute ill&#233;galit&#233; du mat&#233;riel de son. Surtout, on n'oubliera pas cette main arrach&#233;e &#224; un homme de 22 ans, mutil&#233; &#224; vie pour avoir dans&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'oubliera pas non plus les mots twitt&#233;s en direct par l'association de r&#233;duction des risques Techno Plus, dont le poste de soins a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;bombard&#233; de lacrymos&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;On tente de se prot&#233;ger, mais aussi de soigner les bless&#233;s et de trouver les victimes sur le site. Le sous-directeur de l'ARS&lt;/i&gt; [Agence r&#233;gionale de sant&#233;] &lt;i&gt;ne parvient pas &#224; obtenir que la pr&#233;fecture laisse un corridor d'&#233;vacuation pour les bless&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux salles, deux ambiances. Quelques jours plus t&#244;t, le tr&#232;s bourgeois public de Roland-Garros entonnait en ch&#339;ur un vomitif &#171; &lt;i&gt;Merci Macron&lt;/i&gt; &#187;, les autorit&#233;s ayant offert un d&#233;passement du couvre-feu pour qu'un match puisse se terminer. Au m&#234;me moment, une pluie de gaz lacrymo dispersait une foule jeune et festive venue danser aux Invalides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traumatiser la jeunesse pour qu'elle &lt;i&gt;se tienne sage&lt;/i&gt;, c'est devenu la norme. Le 25 juin &#224; Versailles, les flics ont m&#234;me sorti les chiens pour chasser en meute des jeunes f&#234;tant leur bac. Des images insupportables, qui r&#233;sonnent avec les mots d'Emmanuel Macron le soir de la f&#234;te de la musique : &#171; &lt;i&gt;Amusez-vous, faites la f&#234;te&lt;/i&gt;. &#187; Le pr&#233;sident s'adressait visiblement au seul public pr&#233;sent le 21 juin dans les jardins de l'&#201;lys&#233;e... Et les la&#239;us macronesques sur la jeunesse pr&#233;caris&#233;e, confin&#233;e depuis de longs mois, d'appara&#238;tre pour ce qu'ils sont : du brassage d'air insultant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Faites la f&#234;te&lt;/i&gt;. &#187; Ces mots en t&#234;te, on repense forc&#233;ment &#224; Redon, &#224; ces 1 500 personnes qui faisaient... la f&#234;te, justement. Mais une f&#234;te libre, loin des agents de s&#233;curit&#233;, des fouilles, des verres hors de prix. De celles qui offrent de vrais espaces-temps pour inventer autre chose ensemble. Celle-ci &#233;tait d'ailleurs organis&#233;e en hommage &#224; Steve Maia Cani&#231;o, mort noy&#233; dans la Loire pour avoir dans&#233; au rythme de la techno lors de la f&#234;te de la musique nantaise il y a deux ans. Hasard du calendrier, le 17 juin, veille de la bataille de Redon, le procureur de Rennes officialisait ce que tout le monde savait d&#233;j&#224; : les relev&#233;s effectu&#233;s sur le t&#233;l&#233;phone de Steve ont &#171; &lt;i&gt;permis de situer le moment de la chute de Monsieur Maia Cani&#231;o dans la Loire &#224; 4 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;heures et 33 minutes, soit dans le temps de l'intervention de la police nationale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la responsabilit&#233; de ces drames se partage entre un &#201;tat roulant &#224; l'autoritarisme d&#233;brid&#233; et des forces de l'ordre perfus&#233;es au sentiment de toute puissance, on peut au passage remercier Thierry Mariani et son &#171; amendement sc&#233;l&#233;rat &#187; qui, en 2001, soumettait les&lt;i&gt; free parties&lt;/i&gt; &#224; une d&#233;claration pr&#233;alable en pr&#233;fecture. Une fa&#231;on d&#233;guis&#233;e d'interdire purement et simplement ces rassemblements, puisque le mouvement techno n'a pas bonne presse et que rares sont donc les f&#234;tes autoris&#233;es par les pr&#233;fets. Et aujourd'hui, qui dit rassemblement interdit dit &lt;i&gt;open bar&lt;/i&gt; pour les pandores les plus violents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action, on a juste envie de leur foutre le nez dans leur merde. Ce qu'ont joliment fait celles et ceux qui ont d&#233;pos&#233; un m&#232;tre cube de grenades et de vestiges de LBD, r&#233;cup&#233;r&#233;s sur le lieu de la f&#234;te, devant la sous-pr&#233;fecture de Redon, une semaine apr&#232;s le carnage. Effet visuel percutant : une pleine mer de munitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signalons aussi ce tag inachev&#233; sur la fa&#231;ade d'un immeuble de Rennes : &#171; &lt;i&gt;Une main arrach&#233;e pour avoir dans&#233;, la vengeance sera&lt;/i&gt; &#187;... On vous laisse compl&#233;ter la phrase.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Allons z'enfants de la Commune&#8230;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Commune agite</dc:subject>
		<dc:subject>Commune revient</dc:subject>
		<dc:subject>Commune n'a</dc:subject>
		<dc:subject>Commune fut</dc:subject>
		<dc:subject>Commune expose</dc:subject>
		<dc:subject>Commune libre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CQFD consacre son dossier de mars &#224; la Commune, dont les 150 printemps vont bient&#244;t &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;s. Voici l'introduction de ce long dossier, qui on l'esp&#232;re vous poussera &#224; galoper vers les kiosques et/ou les barricades. Le 29 novembre 2016, s'est tenue une s&#233;ance un peu sp&#233;ciale &#224; l'Assembl&#233;e nationale autour d'un projet de r&#233;solution visant &#171; &#224; rendre justice aux victimes de la r&#233;pression de la Commune &#187;. Elle a donn&#233; l'occasion aux rares parlementaires pr&#233;sents de surjouer une vieille (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Commune-n-a" rel="tag"&gt;Commune n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Commune-fut" rel="tag"&gt;Commune fut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Commune-expose" rel="tag"&gt;Commune expose&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Commune-libre" rel="tag"&gt;Commune libre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; consacre son dossier de mars &#224; la Commune, dont les 150 printemps vont bient&#244;t &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;s. Voici l'introduction de ce long dossier, qui on l'esp&#232;re vous poussera &#224; galoper vers les kiosques et/ou les barricades.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH241/-1724-0576b.jpg?1783455095' width='500' height='241' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 29 novembre 2016, s'est tenue une s&#233;ance un peu sp&#233;ciale &#224; l'Assembl&#233;e nationale autour d'un projet de r&#233;solution visant &#171; &lt;i&gt;&#224; rendre justice aux victimes de la r&#233;pression de la Commune&lt;/i&gt; &#187;. Elle a donn&#233; l'occasion aux rares parlementaires pr&#233;sents de surjouer une vieille pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre qu'on pensait d&#233;su&#232;te. Par cette r&#233;habilitation, le d&#233;put&#233; socialiste parisien Patrick Bloche souhaitait &#171; &lt;i&gt;que la R&#233;publique rende honneur et dignit&#233; &#224; ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la libert&#233; au prix d'ex&#233;cutions sommaires et de condamnations iniques&lt;/i&gt; &#187;. Une &#233;lue bretonne pousse un cri du c&#339;ur &#8212; &#171; &lt;i&gt;Vive la Commune !&lt;/i&gt; &#187; &#8212; tandis que des repr&#233;sentants de droite et d'extr&#234;me droite tentent vainement de faire barrage &#224; cette r&#233;solution, finalement adopt&#233;e. Un d&#233;put&#233; vend&#233;en (v&#233;ridique !) rap&#8202;pelle l'affaire de l'ex&#233;cution des otages eccl&#233;siastiques&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En pleine Semaine sanglante, le 25 mai, devant le refus de Versailles de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, faisant un parall&#232;le avec la Terreur de 1793 et les &#171; &lt;i&gt;premiers essais d'extermination industrielle&lt;/i&gt; &#187; men&#233;s en Vend&#233;e, pour enfin d&#233;noncer &#171; &lt;i&gt;cet exercice de repentance cibl&#233; [qui] n'est pas d&#233;nu&#233; d'arri&#232;re-pens&#233;es &#233;lectorales en direction d'une gauche immature et &#8220;castrol&#226;tre&#8221;&lt;/i&gt; &#187;. L'ensemble de la sc&#232;ne est plut&#244;t cocasse. Elle d&#233;voile en tout cas l'embarras d'int&#233;grer la m&#233;moire de la Commune de 1871 au roman national r&#233;publicain, dont elle hante la mauvaise conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le spectre de la Commune agite moins les passions fran&#231;aises que ne le fait encore l'&#233;vocation de la collaboration, de l'esclavage ou de la colonisation. En outre, depuis le centenaire de 1971, les historiens de la Commune, &#224; la suite de Jacques Rougerie, se sont &#233;vertu&#233;s &#224; &#171; &lt;i&gt; d&#233;gager l'&#233;v&#233;nement de tous les mythes et les fantasmagories, en faisant le point sur des choses tr&#232;s concr&#232;tes et tr&#232;s pratiques, de mani&#232;re apais&#233;e mais scientifique&lt;/i&gt; &#187;, comme le dit dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; Michel Cordillot, coordinateur d'un colossal ouvrage paru cette ann&#233;e&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Commune de Paris 1871 : Les Acteurs, l'&#233;v&#233;nement, les lieux, L'Atelier, 2021.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. M&#234;me si l'objet historique s'est refroidi, la Commune revient comme une boussole invariable des r&#233;voltes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est, au choix : &#171; &lt;i&gt;la dictature du prol&#233;tariat&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#8202;une nouvelle phase de la lutte de la classe ouvri&#232;re contre la classe capitaliste et son &#201;tat&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;le premier arch&#233;type des conseils ouvriers autog&#233;r&#233;s&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;la r&#233;publique sociale universelle des travailleurs&#8202;&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;&#8202;la premi&#232;re tentative de manifestation &#233;clatante et pratique du socialisme r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; &#187; ou plus prosa&#239;quement &#171; &lt;i&gt;&#8202;la derni&#232;re r&#233;volution du XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Par sa &#171; &lt;i&gt;plasticit&#233; m&#233;morielle&lt;/i&gt; &#187;, selon l'expression de l'historien &#201;ric Fournier, la Commune n'a pas manqu&#233; de nourrir divers romans militants, parfois au risque de l'anachronisme et au d&#233;triment de la nuance et de la complexit&#233;. Sans doute ce dossier de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n'&#233;chap&#8202;pera-t-il pas &#224; la r&#232;gle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192; chacun sa commune&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'horreur de la r&#233;pression a impos&#233; un respect commun &#224; la m&#233;moire de la Commune, avec consigne faite aux g&#233;n&#233;rations futures de &#171; &lt;i&gt;s'en souvenir pour la venger&lt;/i&gt; &#187;. Toutefois, les diff&#233;rentes tendances du mouvement ouvrier, toutes d&#233;tentrices d'un bout du patrimoine communard, se sont divis&#233;es tr&#232;s t&#244;t sur les le&#231;ons poli&#8202;tiques &#224; tirer de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les r&#233;volutionnaires autoritaires que furent les blanquistes et plus tard les bolcheviks, l'&#233;chec de la Commune &#233;tait imputable &#224; l'ab&#8202;sence d'une organisation centralis&#233;e et d'une r&#233;elle volont&#233; de conqu&#234;te par la force du pouvoir de la bourgeoisie. Quant aux anarchistes, s'ils valident les principes f&#233;d&#233;ralistes et communalistes de 1871, ils n'en critiquent pas moins la bureaucratie et le l&#233;galisme : &#171; &lt;i&gt;C'est par des actes r&#233;volutionnaires socialistes, en abolissant la propri&#233;t&#233; individuelle, que les Communes de la prochaine r&#233;volution affirmeront et constitueront leur ind&#233;pendance&lt;/i&gt; &#187;, note Kropotkine en 1881.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;****&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme dans toute situation r&#233;volutionnaire, forcement impure, la Commune fut un peu tout &#224; la fois : libertaire et autoritaire, cosmopolite et patriotique, r&#233;publicaine et sociale. La captation m&#233;morielle des partis communistes qui y voyaient le berceau des r&#233;volutions prol&#233;tariennes futures a laiss&#233; place, apr&#232;s Mai 68, &#224; des interpr&#233;tations moins totales pour l'investir des probl&#233;matiques des mouvements sociaux du temps (&#233;cole, f&#233;minisme, la&#239;cit&#233;, services publics, droits des &#233;trangers, communs, d&#233;centralisation, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment &#8212; &#224; la faveur du rejet de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, de la recherche de formes de d&#233;mocratie directe par les mouvements d'occupation des places et les printemps arabes, jusqu'au Rojava ou &#224; l'appel de Commercy des Gilets jaunes, ainsi que de la publicit&#233; faite au municipalisme libertaire th&#233;oris&#233; par Murray Bookchin &#8212;, l'accent a &#233;t&#233; mis sur l'inspiration proprement communaliste. Un communalisme qui impr&#232;gne justement la D&#233;claration au peuple fran&#231;ais du 21 avril 1871 dans laquelle la Commune expose son programme : &#171; &lt;i&gt;C'est la fin du vieux monde gouvernemental et cl&#233;rical, du militarisme, du fonctionnarisme, de l'exploitation, de l'agiotage, des monopoles, des privil&#232;ges, auxquels le prol&#233;tariat doit son servage ; la patrie, ses malheurs et ses d&#233;sastres.&#8202;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence communarde peut aussi se d&#233;cliner &#224; des niveaux plus symboliques lors d'une occupation de fac parisienne en 2018, baptis&#233;e &#171; &lt;i&gt;Commune libre de Tolbiac&lt;/i&gt; &#187;, ou dans la cr&#233;ation de ZAD et autres zones autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait plus marginal, la Commune est l'objet &#233;galement d'une captation d'h&#233;ritage de la part de tendances nationalistes : l'&#233;crivain fasciste Maurice Bard&#232;che, les fanatiques de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise de l'OAS ou les jeunesses identitaires ont cru c&#233;l&#233;&#8202;brer la manifestation d'un socialisme patriotique contre &#171; &lt;i&gt;la r&#233;publique des b&#226;tards&lt;/i&gt; &#187;. Cette r&#233;cup&#233;ration est ancienne ; lors d'une conf&#233;rence de l'Action fran&#231;aise en 1930, Georges Bernanos, dans sa p&#233;riode royaliste, d&#233;plorait dans la d&#233;faite de la Commune &#171; &lt;i&gt;l'&#233;crasement d&#233;finitif d'une esp&#232;ce de socialisme autochtone [&#8230;] au profit de l'Internationale ouvri&#232;re man&#339;uvr&#233;e par les banques. Telles furent les noces sanglantes du prol&#233;tariat fran&#231;ais avec la R&#233;volution allemande et juive.&lt;/i&gt; &#187; Ou comment introduire de l'antis&#233;mitisme l&#224; o&#249; il n'y en a pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le chant des vaincus&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des h&#233;ritages, des usages et des r&#233;cup&#233;rations, reste aussi le symbole de toute une population insurg&#233;e et &#171; &lt;i&gt;d'ouvriers si&#233;geant dans les salons dor&#233;s&lt;/i&gt; &#187; qui provoqua l'effroi et la vengeance impitoyable des classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 mars 1871, le journal de Jules Vall&#232;s &lt;i&gt;Le Cri du peuple&lt;/i&gt; titre son &#233;ditorial &#171; La f&#234;te &#187; pour souligner le caract&#232;re joyeux et populaire des premi&#232;res journ&#233;es de la Commune. Ce th&#232;me de la f&#234;te r&#233;volutionnaire sera repris par le philosophe Henri Lefebvre ou par l'Internationale situationniste dans ses quatorze &#171; &lt;i&gt;Th&#232;ses sur la Commune&lt;/i&gt; &#187; en 1962 : &#171; &lt;i&gt;La Commune a &#233;t&#233; la plus grande f&#234;te du XIXe si&#232;cle. On y trouve &#224; la base l'impression des insurg&#233;s d'&#234;tre devenus les ma&#238;tres de leur propre histoire, non tant au niveau de la d&#233;cision politique &#8220;gouvernementale&#8221; qu'au niveau de la vie quotidienne&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une f&#234;te qui prendra rapidement un tour tragique. L'historien Louis Chevalier a su livrer une description saisissante de cette polyphonie qui s'&#233;leva des profondeurs du peuple de Paris : &#171; &lt;i&gt;Dans la f&#234;te de la Commune, c'est l'animal asservi qui &#233;gorge la dompteuse, qu'elle s'appelle mis&#232;re ou autrement, ou qui tente de le faire. Et cela au milieu des cris, des d&#233;tonations, des chants. [&#8230;] On chante quand elle &#233;clate. On chante quand tout va bien. On chante quand &#231;a commence &#224; tourner mal, pour se donner du c&#339;ur&#8230;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louis Chevalier, Montmartre du plaisir et du crime, Robert Laffont, 1980.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les calomnies r&#233;actionnaires s'efforceront de d&#233;former cet &#233;lan festif en orgie grima&#231;ante. Mais c'est l'orgie de la restauration de l'ordre bourgeois que vomit le jeune Rimbaud aux sympathies communardes, dans un po&#232;me &#233;crit au terme de la Semaine sanglante et qui se conclut par ces vers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233;, tout est r&#233;tabli : les orgies&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8232;Pleurent leur ancien r&#226;le aux anciens lupanars :&#8232;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et les gaz en d&#233;lire aux murailles rougies&#8232;&lt;br class='manualbr' /&gt;Flambent sinistrement vers les azurs blafards !&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'Orgie parisienne ou Paris se repeuple &#187;, dans Po&#233;sies, mai 1871.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En pleine Semaine sanglante, le 25 mai, devant le refus de Versailles de tout compromis, 50 otages qui devaient servir de monnaie d'&#233;change sont fusill&#233;s rue Haxo, malgr&#233; l'opposition de certains communards.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Commune de Paris 1871 : Les Acteurs, l'&#233;v&#233;nement, les lieux&lt;/i&gt;, L'Atelier, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Louis Chevalier, &lt;i&gt;Montmartre du plaisir et du crime&lt;/i&gt;, Robert Laffont, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L'Orgie parisienne ou Paris se repeuple &#187;, dans Po&#233;sies, mai 1871.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Carnaval de banlieue, carnaval heureux !</title>
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&lt;p&gt;Il n'y a pas que le carnaval de La Plaine dans la vie. Il y a le carnaval d'Ivry, aussi. Reportage de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph'. Samedi 25 mars, 19h. Je n'&#233;tais jamais all&#233; jusqu'au terminus de la tr&#232;s longue ligne 7 du m&#233;tro parisien, Mairie d'Ivry, ni dans cette petite ville de ceinture rouge. Pourtant la populaire Ivry et ses 60 000 habitants, administr&#233;s depuis la Lib&#233;ration par le PCF, conna&#238;t depuis quelque temps une belle effervescence politique. Et ce soir, c'est Carnaval ! Dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a pas que le carnaval de La Plaine dans la vie. Il y a le carnaval d'Ivry, aussi. Reportage de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH341/-1446-22760.jpg?1782744995' width='500' height='341' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Julie Okm&#251;n
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi 25 mars, 19h. Je n'&#233;tais jamais all&#233; jusqu'au terminus de la tr&#232;s longue ligne 7 du m&#233;tro parisien, Mairie d'Ivry, ni dans cette petite ville de ceinture rouge. Pourtant la populaire Ivry et ses 60 000 habitants, administr&#233;s depuis la Lib&#233;ration par le PCF, conna&#238;t depuis quelque temps une belle effervescence politique. Et ce soir, c'est Carnaval ! Dans les for&#234;ts de b&#233;ton, &#231;a va &#234;tre sauvage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'y ai &#233;t&#233; invit&#233;, &lt;/strong&gt;15 jours plus t&#244;t, lors du carnaval de La Plaine&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;153.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La premi&#232;re &#233;dition du charivari d'Ivry ? Pas exactement. Un homme-arbuste m'explique : &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re fois, le carnaval a eu lieu &#224; Saint-Denis, l'an dernier c'&#233;tait &#224; Montreuil&#8230; et l&#224;, Ivry. &#187;&lt;/i&gt; Soit deux fois dans le 93, au nord, puis &#224; l'est de Paris et cette ann&#233;e, au sud, dans le Val-de-Marne (94) mais toujours&#8230; De l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph&#233;rique. Car ici, c'est la banlieue et je suis fier d'en &#234;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'enfile rapidement &lt;/strong&gt;l'&#233;paisse perruque rouge &#224; cornes qu'une amie m'a pr&#234;t&#233;e et je me m&#234;le &#224; la petite cinquantaine de personnes d&#233;j&#224; pr&#233;sentes. Crieurs publics d&#233;cadents, enfants sauvages, b&#234;tes fantasques, fausses &#233;chassi&#232;res steam-punk, explorateurs du mauvais go&#251;t alternatif, bodybuildeuses de baudruche... Ces d&#233;guisements et ces masques, fruits complexes d'imagination et de r&#233;cup&#233;ration, ont souvent &#233;t&#233; bricol&#233;s lors des ateliers de pr&#233;paration avec les gosses du coin. Un corsaire me propose un rhum, comme de bien entendu. Lui et son &#233;quipage ont transform&#233; un Caddie en navire pirate charg&#233; de brochures politiques et de boissons r&#233;confortantes. J'offre quelques num&#233;ros de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;en &#233;change d'une deuxi&#232;me&#8230; puis d'une troisi&#232;me tourn&#233;e. J'&#233;tais arriv&#233; en retard, mais pas le dernier : la foule a peut-&#234;tre doubl&#233; de volume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fanfare. &lt;/strong&gt;Chants. Le carnaval se met en branle et commence le d&#233;fil&#233;. Il y a &#233;norm&#233;ment de mouflets. Ils courent tout autour d'un magnifique char, le Caramentran : une t&#234;te de lion de trois m&#232;tres de haut, la gueule grande ouverte, de la cagette pour l'emballage. Pourtant la structure est solide car, en gravissant une &#233;chelle en bois, on p&#233;n&#232;tre dans la t&#234;te du lion pour se jeter dans un toboggan et en sortir par sa gueule sous les vivats et les projections de farine ! Enfants, comme adultes, adorent et &#224; chaque fois que le char s'arr&#234;tera, ils feront un tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hasard &lt;/strong&gt;ou co&#239;ncidence ? Je retrouve Adrien, un gaillard de la maquette et de la chorale ! Avec d'autres, d&#233;j&#224; pr&#233;sents &#224; Marseille, ils chantent les &#171; tubes &#187; des carnavals, en italien, en catalan, en proven&#231;al, en fran&#231;ais. Il propose de reprendre &#171; Touchez pas La Plaine &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hymne de la contestation des projets de gentrification du quartier de La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et ni une ni deux, &#231;a devient : &#171; Touchez pas Ivry, touchez pas ! &#187; Car ici comme l&#224;-bas, le carnaval marche, aussi, contre les m&#234;mes restructurations : programme immobilier, pacification, gentrification. Une femme-panth&#232;re m'explique &#231;a rapidement : &#171; &lt;i&gt;Ivry c'est un des derniers bastions rouges de la banlieue. C'est une petite ville sympa o&#249; on se sent bien. Mais avec les projets du Grand-Paris, avec les Jeux olympiques qu'ils veulent nous imposer, &#231;a risque de changer. De fait, les politiciens, ils veulent que &#231;a change. Pas pour les habitants, mais pour les promoteurs. &#187;&lt;/i&gt; Entre les chansons et la fanfare, des slogans anti-Grand-Paris et anti-JO fusent r&#233;guli&#232;rement tout au long du d&#233;fil&#233;. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde d&#233;teste le Grand-Paris ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20h30. &lt;/strong&gt;&#201;tape &#224; la station RER de Vitry : grosse f&#234;te dans le tunnel sous les rails. &#199;a r&#233;sonne. &#199;a danse. Un passant demande : &#171; &lt;i&gt;Mais c'est pas du tout organis&#233; ? Il y a m&#234;me pas de s&#233;curit&#233; ? La police ou quoi ? &#187;&lt;/i&gt; Et, pour le coup, l'homme &#233;tait observateur : pas l'ombre d'un uniforme &#224; l'horizon. Z&#233;ro. Rien. Tranquille. Et &#231;a sera le cas jusqu'au bout de la f&#234;te. En revanche, la parade, comme une boule de neige, grossit au fur et &#224; mesure qu'elle avance. Simples curieux ou retardataires, nous sommes de plus en plus nombreux. Il y a moins de gosses, mais les gamins roms continuent &#224; s'amuser comme des fous. Des curieux &#224; leurs fen&#234;tres discutent avec les carnavaliers. Un vieux type ivre me gueule, tout fier, qu'il a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;clochard &#224; Aix-en-Provence, oui monsieur ! Mais on va o&#249; comme &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt; Quittant le centre-ville, la parade s'enfonce entre cit&#233;s et quartier pavillonnaire, longe un stade, bifurque &#224; droite, &#224; gauche&#8230; On commence &#224; se demander si on n'est pas perdu. Mais la rumeur enfle : un barbecue nous attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22h. &lt;/strong&gt;Nous errons maintenant dans un &lt;i&gt;no man's land &lt;/i&gt;de hangar. C'est la zone indus', celle qui nous s&#233;pare encore de notre destination : les quais de la Seine. Une cr&#233;ature v&#233;g&#233;tale et &#224; peau de ch&#232;vre me raconte un peu l'organisation du carnaval. Pour r&#233;sumer, la difficult&#233; consistait &#224; r&#233;unir ceux pour qui le carnaval est une manifestation d&#233;guis&#233;e et ceux pour qui c'est un acte artistique peu politis&#233;. Et changer de ville, chaque ann&#233;e, n'aide pas &#224; consolider le rendez-vous, &#224; f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. On compare avec le carnaval de La Plaine, de Montpellier&#8230; On imagine une internationale des carnavals ind&#233;pendants, o&#249; la f&#234;te est politique et o&#249; la politique est une f&#234;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23h30 : &lt;/strong&gt;Le Caramentran a br&#251;l&#233;, au bord de l'eau. Il est devenu barbecue. Non loin un pont jet&#233; sur la Seine fait penser &#224; Brooklyn. Les plus jeunes sont rentr&#233;s. Les plus grands d&#233;vorent fromage, pomme de terre, banane au chocolat. D'autres dansent. Je discute avec une personne qui regrette que le proc&#232;s du Caramentran, moment intense de justice populaire, n'ait pas &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;cout&#233;. Comme toujours. Elle regrette que ce soit fini. D&#233;j&#224;. Juste avant de rentrer, un jeune sage me demande &#224; quoi &#231;a peut bien servir de faire un article sur un carnaval. J'ai pas su quoi r&#233;pondre mais maintenant je sais : &#224; &#233;parpiller les cendres du Caramentran !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julien Tewfiq&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;153.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hymne de la contestation des projets de gentrification du quartier de La Plaine &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>(Pas tant que &#231;a)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>une3_cabrule</dc:subject>
		<dc:subject>&#199;a br&#251;le !</dc:subject>
		<dc:subject>Gwen Tomahawk</dc:subject>
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		<dc:subject>regarde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Ils font genre c'est la f&#234;te dans leurs &#233;ditos, que &#231;a picole tout le temps, mais en fait regarde ils se font chiiiiiiier ! &#187; Eh merde. C'est vrai, &#224; cet instant-l&#224;, on devait avoir l'air de bien se barber. Faut dire : 22 h 40. Samedi soir. Mines blafardes &#224; actualiser le dictionnaire des synonymes et &#224; d&#233;blat&#233;rer sur l'accent breton (et alors : &#231;a grasseye ou &#231;a roule les &#171; r &#187; ?). Clairement, &#231;a envoie pas du r&#234;ve. Cet abonn&#233; (merci, mec) a pass&#233; la t&#234;te dans le local pour nous balancer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no180-octobre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;180 (octobre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gwen-Tomahawk" rel="tag"&gt;Gwen Tomahawk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fete" rel="tag"&gt;f&#234;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est-vrai" rel="tag"&gt;C'est vrai&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/picole" rel="tag"&gt;picole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regarde" rel="tag"&gt;regarde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; I&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ls font genre c'est la f&#234;te dans leurs &#233;ditos, que &#231;a picole tout le temps, mais en fait regarde ils se font chiiiiiiier ! &lt;/i&gt; &#187; Eh merde. C'est vrai, &#224; cet instant-l&#224;, on devait avoir l'air de bien se barber. Faut dire : 22 h 40. Samedi soir. Mines blafardes &#224; actualiser le dictionnaire des synonymes et &#224; d&#233;blat&#233;rer sur l'accent breton (et alors : &#231;a grasseye ou &#231;a roule les &#171; r &#187; ?). Clairement, &#231;a envoie pas du r&#234;ve. Cet abonn&#233; (merci, mec) a pass&#233; la t&#234;te dans le local pour nous balancer &#231;a au museau. Et il est reparti tranquillement vivre sa vie. Y'a pas de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En plus&lt;/strong&gt;, &#231;a en fait encore un qui a confondu le &#171; &#199;a br&#251;le &#187; avec l'&#233;dito ! Syncope du c&#244;t&#233; de notre graphiste : ni une, ni deux, la maquette est refaite. Clart&#233;, coh&#233;rence, efficacit&#233;. Vous &#234;tes donc d&#233;sormais pri&#233;.es de lire l'&#233;dito en premier, &lt;i&gt;non mais oh !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En tout cas&lt;/strong&gt;, ce bouclage, c'est la &lt;i&gt;loose&lt;/i&gt;. En prime, pas de pot, &#224; Marseille, tout le monde s'ambiance ce week-end. On passe pour des ringards. Et vas-y le tournoi de p&#233;tanque sur la Plaine, et vas-y le r&#233;cital des &#171; mille guitares pour Victor Jara &#187;, et vas-y la Rue du rock. Ouaip, comme chaque ann&#233;e plein de concerts toute la journ&#233;e, dans &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; rue. Genre sur le programme, y'a marqu&#233; &#171; post hardcore &#187; &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, 15 h 30. Ouais, ouais. Pile devant notre grotte, tranquillou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors&lt;/strong&gt;, on a fini par tenter de profiter un peu de la vie nous aussi, mince ! Une pinte de blanc donne &#224; l'une le courage d'une vente &#224; la cri&#233;e (bon, on les a surtout donn&#233;s les num&#233;ros, choupis comme on est). Une deuxi&#232;me dragouille p&#233;pouze (&#171; &lt;i&gt;Ouais on peut choper en bouclage, tu savais pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;). Mais clairement, on n'est pas tous aussi fantasques : l'un roupille chez lui (il aurait travaill&#233; toute la nuit pour &#233;crire que le capitalisme c'est mal &#8211; tu parles d'un constat), un autre fait une retraite asc&#233;tique en Corse (moins de vin, plus de turbin, courage gar&#231;on), un autre autre tente de regarder le match de l'OM sur l'&#233;cran noir d'une t&#233;l&#233; d&#233;branch&#233;e, et une derni&#232;re essaye de maintenir le cap de la bonne bouffe en ramenant des raviolis au jambon (&lt;i&gt;arf&lt;/i&gt;&#8230;). Bref, sur l'&#233;chelle du fun, on p&#232;te pas les scores, mais on va essayer de remonter la pente. &lt;i&gt;Stay tuned !&lt;/i&gt; *&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;&#199;a veut dire restez branch&#233;, restez ch&#233;bran quoi (oui, on est jeunes et cools).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Dr&#244;le d'impression &#224; la Villa M&#233;diterran&#233;e</title>
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		<dc:date>2018-09-01T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Billets</dc:subject>
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		<dc:subject>demandeurs</dc:subject>
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		<dc:subject>Villa</dc:subject>
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		<dc:subject>Gilles Bois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vous ne le savez peut &#234;tre pas, mais la veille de la F&#234;te de la musique, c'est la journ&#233;e mondiale des r&#233;fugi&#233;s. C'est &#224; cette occasion qu'a eu lieu au Belv&#233;d&#232;re (avec vue sur la mer et le port) de la Villa M&#233;diterran&#233;e, &#224; Marseille, le vernissage d'une chouette exposition &#171; Identit&#233;s, qui j'&#233;tais, qui je suis, qui je serai &#187; r&#233;alis&#233;e par des demandeurs d'asile (Syriens, Kurdes, Ukrainiens&#8230;). Lors de l'atelier men&#233; par l'artiste Mathieu Rosier, ils se sont photographi&#233;s, ont r&#233;alis&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juin" rel="tag"&gt;juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fete" rel="tag"&gt;f&#234;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/demandeurs-d-asile" rel="tag"&gt;demandeurs d'asile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/demandeurs" rel="tag"&gt;demandeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Villa-Mediterranee" rel="tag"&gt;Villa M&#233;diterran&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Villa" rel="tag"&gt;Villa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu-Rosier" rel="tag"&gt;Mathieu Rosier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/journee-mondiale" rel="tag"&gt;journ&#233;e mondiale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilles-Bois" rel="tag"&gt;Gilles Bois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous ne le savez peut &#234;tre pas, mais la veille de la F&#234;te de la musique, c'est la journ&#233;e mondiale des r&#233;fugi&#233;s. C'est &#224; cette occasion qu'a eu lieu au Belv&#233;d&#232;re (avec vue sur la mer et le port) de la Villa M&#233;diterran&#233;e, &#224; Marseille, le vernissage d'une chouette exposition &#171; Identit&#233;s, qui j'&#233;tais, qui je suis, qui je serai &#187; r&#233;alis&#233;e par des demandeurs d'asile (Syriens, Kurdes, Ukrainiens&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'atelier men&#233; par l'artiste Mathieu Rosier, ils se sont photographi&#233;s, ont r&#233;alis&#233; des montages, collect&#233; des images pour se raconter. Les photos &#233;taient accompagn&#233;es de tr&#232;s beaux textes, fruits d'ateliers men&#233;s par Gilles Bois, avec des demandeurs d'asile de Nice. Le r&#233;sultat, bouleversant de v&#233;rit&#233; et de dignit&#233;, donnait une autre image que celle g&#233;n&#233;ralement mis&#233;rabiliste que l'on associe avec cette probl&#233;matique. Organis&#233;e par la galerie associative Vol de Nuits&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aujourd'hui, h&#233;las, disparue. Note du webmaster.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, financ&#233;e par les Centres d'accueil de demandeurs d'asile (Cada) de Marseille et Nice, l'expo &#233;tait donc accueillie par la Villa M&#233;diterran&#233;e, le joujou tout blanc de la r&#233;gion Paca sens&#233; faire pi&#232;ce &#224; son voisin tout noir, le Mucem. C'est bien joli et bien bon&#8230; Mais quelque chose sonne faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la grosse cinquantaine de visiteurs, une employ&#233;e, remerciant comme il se doit tout un chacun, annonce triomphalement que la Villa, &#233;tant &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s engag&#233;e sur ces questions qui nous tiennent &#224; c&#339;ur&lt;/i&gt; &#187;, l'expo sera visible &#171; &lt;i&gt;bien apr&#232;s la journ&#233;e du 20&#8200;juin !&lt;/i&gt; &#187; Personne n'applaudit. Prenant le micro &#224; son tour, Mathieu Rosier, visiblement plus &#224; l'aise derri&#232;re un appareil photo, nous explique qu'en fait &#171; &lt;i&gt;bien apr&#232;s la journ&#233;e du 20 juin&lt;/i&gt; &#187;, &#231;a veut dire &#171; &lt;i&gt;jusqu'&#224; demain&lt;/i&gt; &#187; (dimanche 21 juin, donc). Applaudissements. En effet, la Villa est ferm&#233;e le lundi et le d&#233;crochage est pr&#233;vu depuis longtemps pour le mardi suivant. Il faut dire qu'un s&#233;minaire portant sur &#171; &lt;i&gt;la coop&#233;ration inter-cluster comme levier de d&#233;veloppement d'une fili&#232;re euro-m&#233;diterran&#233;enne du num&#233;rique&lt;/i&gt; &#187; est pr&#233;vu pour le 23&#8200;juin&#8230; Certes, l'exposition photo sur la Syrie &#171; Des mots pour refuge &#187;, organis&#233;e par M&#233;decins du monde, restera visible jusqu'au 5&#8200;juillet&#8230; au niveau -2. Mais on peut quand m&#234;me s'&#233;tonner que le travail bien plus personnel des r&#233;fugi&#233;s eux-m&#234;mes ne soit pas expos&#233; plus longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la recherche d'explications, le journaliste de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est all&#233; poser quelques questions &#224; cette employ&#233;e de la Villa. Pass&#233;s les discours convenus &#171; &lt;i&gt;sensibiliser le public le plus large possible&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;au c&#339;ur de nos pr&#233;occupations&lt;/i&gt; &#187;, et les excuses classiques &#171; &lt;i&gt;l'expo &#233;tait visible en fait depuis une semaine puisque l'accrochage a eu lieu mardi dernier&lt;/i&gt; &#187; (visible mais seulement partiellement &#171; pour des raisons de s&#233;curit&#233; &#187; et annonc&#233;e nulle part, m&#234;me pas sur le site de la Villa avant le 20&#8200;juin), on comprend, qu'&#233;videmment, les raisons sont avant tout &#233;conomiques. La Villa ne fait plus que des &#171; &lt;i&gt;partenariats&lt;/i&gt; &#187;. On devine qu'il s'agit alors de distinguer les &#171; partenariats &#187; qui donnent une belle image humaniste sans co&#251;ter trop cher, des autres&#8230; ceux qui rapportent. Faut dire que le machin a co&#251;t&#233; 70&#8200;millions et n&#233;cessite 2 millions par an pour fonctionner (&lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, 07/01/15) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; inter-clusters &#187; et autres forums de l'entrepreneuriat (quatre sont pr&#233;vus au cours de la derni&#232;re quinzaine de juin !) ne sont peut-&#234;tre pas au &#171; c&#339;ur &#187; de la Villa, mais dans son portefeuille s&#251;rement&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Aujourd'hui, h&#233;las, disparue. Note du webmaster.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Laine sans cha&#238;nes</title>
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		<dc:date>2018-02-03T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Saint-Pierreville, en haute Ard&#232;che, de la tonte en passant par le cardage, le filage, le tissage, c'est toute une fili&#232;re laine que la Scop Ardelaine, fond&#233;e en 1982, a patiemment remont&#233;e. Plut&#244;t tourn&#233;e vers la literie, mais aussi les pulls, robes, chaussettes... Reportage chez les &#171; moutons rebelles &#187;. C'est la F&#234;te de la laine et il r&#232;gne une ambiance de calme avant la temp&#234;te sur le site d'Ardelaine, ce jeudi 6 ao&#251;t au matin. Des moutons en carton, recouverts de laine de toutes les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fete" rel="tag"&gt;f&#234;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/site" rel="tag"&gt;site&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/village" rel="tag"&gt;village&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/laine" rel="tag"&gt;laine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Beatrice" rel="tag"&gt;B&#233;atrice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ardelaine" rel="tag"&gt;Ardelaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Scop" rel="tag"&gt;Scop&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Flavien" rel="tag"&gt;Flavien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Saint-Pierreville, en haute Ard&#232;che, de la tonte en passant par le cardage, le filage, le tissage, c'est toute une fili&#232;re laine que la &lt;a href=&#034;https://www.ardelaine.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Scop Ardelaine&lt;/a&gt;, fond&#233;e en 1982, a patiemment remont&#233;e. Plut&#244;t tourn&#233;e vers la literie, mais aussi les pulls, robes, chaussettes... Reportage chez les &#171; moutons rebelles &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Moutons rebelles, Ardelaine, la fibre d&#233;veloppement local, B&#233;atrice (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2003 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH505/-291-15bb7.jpg?1782642928' width='400' height='505' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la F&#234;te de la laine et il r&#232;gne une ambiance de calme avant la temp&#234;te sur le site d'Ardelaine, ce jeudi 6 ao&#251;t&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2015 ! (Note du webmaster.)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; au matin. Des moutons en carton, recouverts de laine de toutes les couleurs, pendent &#224; la pergola du caf&#233;, des fanions flottent dans l'air qui promet d'&#234;tre caniculaire... Bien vite, les premiers visiteurs arrivent en famille. Devant son stand, Flavien m'accueille : &#171; &lt;i&gt; Avec cette chaleur, ce ne sera pas facile de vendre nos gros pulls ! Mais l'essentiel n'est pas l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; Non, l'essentiel est ailleurs. Comme toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;atrice Barras, fait partie du petit groupe des origines : cinq jeunes amis (instituteur, m&#233;canicien, architecte, orthophoniste...) qui, au d&#233;but des ann&#233;es 1970, r&#233;fl&#233;chissent &#224; ce que devrait &#234;tre, selon ses mots, &#171; &lt;i&gt;la vraie vie&lt;/i&gt; &#187;. Ils sont &#171; &lt;i&gt; titill&#233;s par une forte envie de monter un projet &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187; viable et alternatif (&#224; une &#233;poque o&#249; le mot n'est pas encore galvaud&#233;). Et il y a l'Ard&#232;che, cet arri&#232;re-pays tr&#232;s pauvre, qui p&#233;riclite, dont le travail et les savoir-faire disparaissent : &#171; &lt;i&gt;Un tiers monde &#224; c&#244;t&#233; de chez-soi. On avait envie d'y faire quelque chose de concret, d'&#234;tre dans l'action.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1975, une rencontre va tout changer, avec une ruine : l'ancienne filature de laine du village de Saint-Pierreville s'effondre et tombe litt&#233;ralement dans la rivi&#232;re. &#192; cette &#233;poque, les bergers du coin pensent que la laine, c'est fini &#8211; et la jettent, litt&#233;ralement, &#224; la rivi&#232;re. Ils n'arrivent m&#234;me plus &#224; trouver des tondeurs dans ces montagnes. L'industrie textile, toujours &#224; la pointe du capitalisme globalis&#233;, d&#233;j&#224; largement concentr&#233;e dans les centres urbains, se d&#233;localise maintenant de plus en plus loin, en Asie particuli&#232;rement. Le tissage, surtout celui de la laine des campagnes, a v&#233;cu son temps, croit-on. Mais B&#233;atrice et ses amis, eux, se disent qu'ils n'ont qu'&#224; essayer ! Reconstruire la filature, remonter toute une fili&#232;re laine locale, circuit de commercialisation compris... Redonner un d&#233;bouch&#233; pour les &#233;leveurs de mouton et plus de vie &#224; un village qui s'&#233;teint doucement. &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e fondamentale, c'&#233;tait de monter une activit&#233; &#233;conomique alternative, empreinte de la critique du capitalisme, du salariat, de l'industrie... On voulait aussi que ce soit &#233;cologique. On se disait que la soci&#233;t&#233; allait droit dans le mur. Tout &#233;tait &#224; repenser !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1982, ils vont se pr&#233;parer. &#171; &lt;i&gt; Tout en continuant &#224; travailler &#224; c&#244;t&#233;, mais le moins possible, on a commenc&#233; &#224; apprendre, &#224; se former. On n'y connaissait rien ! Le plus important, &#231;a a &#233;t&#233; que, pendant toutes ces ann&#233;es, notre groupe est rest&#233; uni, solidaire. C'&#233;tait pas facile, mais on n'a pas laiss&#233; tomber.&lt;/i&gt; &#187; On imagine les critiques, les propos d&#233;faitistes des uns et des autres que ces obstin&#233;s de la laine ont d&#251; endurer patiemment. Et puis... &#171; &lt;i&gt;C'est parti !&lt;/i&gt; &#187; La Scop Ardelaine voit enfin le jour : premi&#232;res tontes des moutons, premiers fils de laine qu'ils allaient, fi&#232;rement, montrer aux &#233;leveurs, premi&#232;res productions de literie. C'est aussi cette ann&#233;e-l&#224; que la population du village cesse de d&#233;cro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers temps sont durs &#8211; forc&#233;ment. Les ventes sur les march&#233;s du coin pas tr&#232;s convaincantes. Alors, &#171; &lt;i&gt; Pourquoi ne pas se tourner vers la ville ?&lt;/i&gt; &#187; Avec la participation dans les salons &#171; &#233;colos &#187; type Marjolaine &#224; Paris ou Primev&#232;re &#224; Lyon, mais aussi en Europe, &#224; Bologne, Madrid, les ventes marchent tout de suite bien mieux. La mode de l'&#233;cologie vient &#224; point nomm&#233; pour les premiers coop&#233;rateurs d'Ardelaine. Et la vente par correspondance explose. Mais quand une entreprise japonaise a voulu passer des commandes massives, ils ont mis le hol&#224;. &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait devenu totalement un autre mod&#232;le. On a refus&#233;. Il aurait fallu industrialiser, s'installer dans la vall&#233;e... L'objectif premier, c'est le d&#233;veloppement rural !&lt;/i&gt; &#187; Mais aussi la transmission. Le site de Saint-Pierreville est ainsi devenu un mus&#233;e vivant, accueillant le public pour des ateliers et des visites. Un caf&#233;-librairie et une conserverie sont bient&#244;t cr&#233;&#233;s. Et sur le g&#226;teau, La cerise sur l'agneau, un restaurant, &#224; la cuisine forc&#233;ment bio et locale, sous forme de &#171; Scop fille &#187; depuis 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, Ardelaine emploie une cinquantaine de personnes, soit quarante &#233;quivalents temps-plein, principalement sur le site de Saint-Pierreville, mais aussi dans une Zup (Zone &#224; urbaniser en priorit&#233;) de Valence, o&#249; se fait la conception des v&#234;tements avec des assos locales et des jardins partag&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'est une aventure autre,&lt;/i&gt; explique B&#233;atrice, &lt;i&gt;et en plus, &#231;a nous amusait d'aller aussi dans les cit&#233;s. Le d&#233;veloppement local, c'est partout, et pas que dans le monde rural. Reprendre son &#233;conomie en main, son mode de vie, sa sociabilisation : &#231;a concerne tout le monde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Flavien, 26 ans, est un tout nouveau employ&#233; sur le site de Saint-Pierreville. Ce Vend&#233;en, apr&#232;s des &#233;tudes de commerce, et des petits boulots, se fait embaucher pour un stage. Aujourd'hui, le &#171; petit nouveau &#187; semble d&#233;j&#224; parfaitement &#224; l'aise dans son nouveau cadre de vie. &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; d'abord 15 jours, en f&#233;vrier, &#224; tout d&#233;couvrir : le village, le site, les diff&#233;rents corps de m&#233;tier... Et puis l'esprit de la Scop, cette fa&#231;on de travailler. Et tout me plaisait. Ensuite, j'ai fait le salon Primev&#232;re &#224; Lyon&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est l&#224; que, par hasard, le Marseillais journaliste de CQFD, transform&#233; en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;C'est le c&#339;ur de mon m&#233;tier ici : je suis &#224; la vente, je m'occupe des salons. J'adore &#231;a, le contact avec les clients, leur expliquer Ardelaine et comment on produit les pulls, les matelas. Et puis aussi &#234;tre en itin&#233;rance. Je travaille &#233;galement &#224; l'atelier couettes et oreillers. J'ai appris &#224; me servir d'une surjeteuse. En juin, je passe trois semaines &#224; la collecte de laine avec le tondeur. &#199;a repr&#233;sente 50 tonnes de laine par an.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, Ardelaine est une Scop avec tout ce que cela implique l&#233;galement : le partage des &#233;ventuels b&#233;n&#233;fices en priorit&#233; par les salari&#233;s : 45% pour les employ&#233;s, 45% en r&#233;serve pour les investissements futurs et 10% pour la r&#233;mun&#233;ration du capital, c'est-&#224;-dire les coop&#233;rateurs. Cela implique aussi la nomination d'un PDG. B&#233;atrice pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt; Il joue un r&#244;le strat&#233;gique qu'on appr&#233;cie... mais il fait aussi de la ma&#231;onnerie !&lt;/i&gt; &#187; L'organisation quotidienne du travail est surtout d&#233;cid&#233;e par les &#233;quipes elles-m&#234;mes, en petits groupes de quatre &#224; six personnes par p&#244;le de production. Ils g&#232;rent leur temps, s'organisent, se r&#233;partissent les t&#226;ches... &#171; &lt;i&gt;On prend conscience de ce qu'on fait&lt;/i&gt;, nous explique Flavien. &lt;i&gt;On bosse pour nous, comme il n'y a pas de patron et que les b&#233;n&#233;fices sont pour les employ&#233;s, &#231;a change tout. On g&#232;re nos heures. Chacun se fait confiance, s'entraide. Il n'y a pas de surveillance, et on a vachement plus de plaisir &#224; travailler.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On est partis sur un pied d'&#233;galit&#233; d&#232;s le d&#233;but. Et &#231;a n'a jamais &#233;t&#233; remis en question&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise B&#233;atrice. Tout le monde est au Smic, &#224; part ceux qui sont l&#233;galement reconnus comme cadres, et qui gagnent un peu plus, afin de compenser des cotisations salariales sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale critique &#233;mise &#224; l'encontre d'Ardelaine reste le prix de vente des produits. Entre 800 et 1 500 euros pour un matelas pure laine... Cela peut sembler outrageusement cher. Encore une entreprise uniquement au service des bobos des villes dont les employ&#233;s ne peuvent m&#234;me pas s'acheter ce qu'ils produisent ? B&#233;atrice : &#171; &lt;i&gt;Volontairement, on ach&#232;te la laine &#224; un prix sup&#233;rieur &#224; celui du march&#233; pour que les &#233;leveurs puissent vivre de leur travail. Et puis notre but, c'est de cr&#233;er de l'emploi, non industrialis&#233;, artisanal... Alors oui, les salaires, &#231;a co&#251;te cher. Les prix de nos produits viennent de l&#224;. Bien s&#251;r, si on s'installait dans la Vall&#233;e du Rh&#244;ne, et qu'on sous-traitait au Bangladesh, &#231;a serait moins cher. Mais alors, &#224; quoi bon ?&lt;/i&gt; &#187; Pour Flavien, cela va m&#234;me plus loin. &#171; &lt;i&gt;Moi, ici, avec le Smic, je vis tr&#232;s bien. J'ai un petit loyer, je suis dans un groupement d'achat avec d'autres habitants du village, et il y a moins de tentations qu'en ville. Alors, je peux me payer les trucs d'Ardelaine. C'est un investissement aussi : nos matelas ils te durent une vie, les pulls plusieurs ann&#233;es. C'est plut&#244;t ce qu'on fait de notre argent, comment on le d&#233;pense, qui marque la diff&#233;rence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ardelaine se d&#233;veloppe &#224; son rythme, ne recevant d'aides publiques qu'&#224; hauteur de 10% lors des grands travaux de construction (le restaurant, le b&#226;ti). &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, &lt;/i&gt; conclut B&#233;atrice,&lt;i&gt; on pense souvent aux Scops dans le cadre des reprises d'entreprises en difficult&#233;. Et pourtant, nous avons mont&#233; la n&#244;tre ex nihilo. C'est faisable. C'est un autre projet social, une autre r&#233;partition des richesses et du travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Moutons rebelles, Ardelaine, la fibre d&#233;veloppement local&lt;/i&gt;, B&#233;atrice Barras, &#233;d. REPAS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;2015 ! (Note du webmaster.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est l&#224; que, par hasard, le Marseillais journaliste de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, transform&#233; en force de vente frigorifi&#233;e par la neige, fit sa rencontre en lui achetant une paire de chaussettes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Marseille : Quand c'est fini (ni-ni, ni-ni&#8230;)</title>
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		<dc:date>2015-10-30T19:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Marseille 2013 n'aura pas lieu</dc:subject>
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&lt;p&gt;On &#233;tait pr&#233;venu : la capitale europ&#233;enne de la culture Marseille-Provence 2013 allait acc&#233;l&#233;rer la ripolinisation de la ville. Derni&#232;res victimes en date de la grande lessive : les associations qui se d&#233;m&#232;nent &#224; organiser des f&#234;tes de quartier avec et pour les habitants. &#171; Ma ville acc&#233;l&#232;re... droit dans le mur &#187; d'apr&#232;s de fac&#233;tieux graffeurs s'&#233;tant invit&#233;s sur les affiches de propagande municipale : c'&#233;tait le slogan choisi par le service com' de la mairie pour accompagner la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no136-octobre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;136 (octobre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille-2013-n-aura-pas-lieu" rel="tag"&gt;Marseille 2013 n'aura pas lieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fete" rel="tag"&gt;f&#234;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On &#233;tait pr&#233;venu : la capitale europ&#233;enne de la culture Marseille-Provence 2013 allait acc&#233;l&#233;rer la ripolinisation de la ville. Derni&#232;res victimes en date de la grande lessive : les associations qui se d&#233;m&#232;nent &#224; organiser des f&#234;tes de quartier avec et pour les habitants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ma ville acc&#233;l&#232;re... droit dans le mur &#187; d'apr&#232;s de fac&#233;tieux graffeurs s'&#233;tant invit&#233;s sur les affiches de propagande municipale : c'&#233;tait le slogan choisi par le service com' de la mairie pour accompagner la reconqu&#234;te de la ville mise en sc&#232;ne par le m&#233;ga-&#233;v&#233;nement de 2013. Las ! Les bateleurs partis, les feux d'artifice explos&#233;s et les projecteurs &#233;teints, la ville a retrouv&#233; ses vieux d&#233;mons : capitale de la pauvret&#233; pour &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 3 juin dernier, le quotidien r&#233;v&#233;lait que quatre arrondissements se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; , capitale du crime pour d'autres&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traitement m&#233;diatique d&#233;nonc&#233; par Jean-Claude Gaudin, dans une plainte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#192; tel point que les &#233;lus s'inqui&#232;tent de ce retour du Marseille &lt;i&gt;bashing&lt;/i&gt;, tr&#232;s pr&#233;judiciable &#224; la bonne marche des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les &#233;tudiants, bons clients de ce genre d'animations culturo-festives et agents involontaires des op&#233;rations de remplacement de populations dans le centre-ville&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, la mairie a financ&#233; &#224; grands frais un vaste plan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, la m&#233;tropole m&#233;diterran&#233;enne reste sale et dangereuse, selon une enqu&#234;te r&#233;cemment command&#233;e par la mairie. Du c&#244;t&#233; des investisseurs, hormis les grands programmes gav&#233;s d'argent public sur ou &#224; proximit&#233; de la fa&#231;ade littorale, le march&#233; de l'immobilier demeure peu attractif, avec une baisse d'activit&#233; de 40% en vingt ans, dixit l'Union des syndicats de l'immobilier. C&#244;t&#233; classes moyennes et sup&#233;rieures enfin, le fameux effet TGV et l'expulsion continue des pauvres vers les quartiers p&#233;riph&#233;riques n'ont pas r&#233;ussi, pour l'instant, &#224; gentrifier le centre-ville&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La croissance d&#233;mographique que conna&#238;t Marseille depuis le d&#233;but des ann&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Ainsi, au regard des enjeux &#233;conomiques, le hiatus s'aggrave entre le bilan de l'&#233;v&#233;nement Capitale de la culture et les d&#233;clarations triomphalistes du pr&#233;sident de la Chambre de commerce et d'industrie, Jacques Pfister, &#233;galement pr&#233;sident de la d&#233;funte association Marseille-Provence 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, tout avait &#233;t&#233; mis en &#339;uvre&lt;/strong&gt; pour que l'ann&#233;e Capitale fasse de Marseille un label de prestige dans la comp&#233;tition europ&#233;enne et mondiale pour acc&#233;der au Top 20 des m&#233;tropoles les plus attractives. Mais &#224; qui ce coup de marketing territorial a-t-il profit&#233; ? Dans son rapport sur l'association Marseille-Provence 2013 rendu public le 9 juin dernier, la Chambre r&#233;gionale des comptes (CRC) insiste sur le retour gagnant-gagnant pour quelques grosses entreprises. L'argument du &#171; six euros r&#233;cup&#233;r&#233;s pour un euro investi &#187;, r&#233;p&#233;t&#233; &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt; avant, pendant et apr&#232;s 2013, s'est parfaitement v&#233;rifi&#233; pour Orange, Bouygues ou Veolia, lesquelles ont b&#233;n&#233;fici&#233; de substantielles r&#233;ductions d'imp&#244;ts au titre du m&#233;c&#233;nat, tout en menant de juteuses op&#233;rations de promotion aupr&#232;s de leurs salari&#233;s (billetterie gratuite) et des spectateurs, sans parler de la consolidation de leur position dans la passation des march&#233;s publics de la ville. La CRC pointe &#233;galement l'embauche en CDI d'un millier de membres de l'&#233;quipe permanente de l'association MP 2013 et la prise en charge g&#233;n&#233;reuse des frais de d&#233;placement entre Paris et Marseille pour son premier directeur g&#233;n&#233;ral, Bernard Latarjet, alors que, dans le m&#234;me temps, les Marseillais &#233;taient invit&#233;s &#224; devenir &#171; tous b&#233;n&#233;voles &#187;. Enfin, la CRC revient sur la s&#233;lection des projets jug&#233;e particuli&#232;rement opaque, car survalorisant le tr&#232;s subjectif crit&#232;re artistique au d&#233;triment d'autres crit&#232;res, plus sociaux, pourtant mis en avant dans la pr&#233;sentation de la programmation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/affiche-ok-web-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/affiche-ok-web-2-fdb80.jpg?1782766647' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Graphisme : Karel Pairemaure.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sultat ?&lt;/strong&gt; Les acteurs d&#233;j&#224; tr&#232;s institutionnalis&#233;s ont &#233;t&#233; les mieux servis, soit 28 structures sur les 31 financ&#233;es &#224; hauteur de 200 000 euros chacune. Cependant, pour filer la m&#233;taphore du film de Nicolas Burlaud (qui sort en salle ce mercredi 4 novembre, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-s-associe-avec-La-fete-est&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en association avec &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), tous les Troyens n'ont pas &#233;t&#233; dupes. Les associations locales du Grand Saint-Barth&#233;l&#233;my, au nord de la ville, ont envoy&#233; pa&#238;tre les organisateurs des &#171; Quartiers cr&#233;atifs &#8211; Jardins possibles &#187; et leurs 400 000 euros de verroteries, refusant de servir de &#171; &lt;i&gt; vitrine culturelle &#224; des projets rejet&#233;s sur de nombreux aspects par les habitants et source de conflits qui prennent une racine profonde dans l'histoire des dominations sociales et postcoloniales que nos quartiers connaissent&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une lettre ouverte publi&#233;e le 13 novembre 2012.&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si MP 2013 avait consacr&#233; 50%&lt;/strong&gt; de son budget &#8211; au lieu de 5% &#8211; &#224; ces territoires d&#233;laiss&#233;s o&#249; vit 50% de la population marseillaise, l'&#233;v&#233;nement en aurait-il &#233;t&#233; plus d&#233;sirable ? Bien s&#251;r que non, puisque sa vocation premi&#232;re &#233;tait d'asphyxier tout ce qui ressemble &#224; des pratiques sociales et culturelles locales au profit d'une animation de supermarch&#233; pour croisi&#233;ristes entre deux escales. Avec le Mille-pattes, qui a assur&#233; la fonction d'un v&#233;ritable centre social dans le quartier populaire de Noailles (jouxtant la Canebi&#232;re) pendant pr&#232;s de 15 ans, les pouvoirs publics ont fait durer l'agonie, r&#233;duisant chaque ann&#233;e les subventions jusqu'au coup de gr&#226;ce en 2014. &#171; &lt;i&gt;On n'est pas assez s&#233;rieux selon leurs crit&#232;res&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; son directeur, Xavier Blaise, en 2013. Le Mille-pattes organisait le festival du Soleil, qui s'est d&#233;finitivement couch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus au nord,&lt;/strong&gt; la Belle f&#234;te de Mai, qui f&#233;d&#232;re une soixantaine d'associations du quartier de la Belle de Mai, a d&#233;cid&#233; de baisser le rideau en 2014 plut&#244;t que de se satisfaire de l'aum&#244;ne qui lui &#233;tait octroy&#233;e. &#171; &lt;i&gt; Le collectif a pr&#233;f&#233;r&#233; tout stopper plut&#244;t que de faire une f&#234;te au tarif impos&#233; par le financeur principal&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Sam Khebizi des T&#234;tes de l'Art. Plus vicieuse, dans les quartiers de la Plaine, du cours Julien et de Notre-Dame-du-Mont, la mairie, apr&#232;s avoir r&#233;tabli une petite part des subventions aux Rendez-vous du Plateau, n'a pas d&#233;livr&#233; les autorisations n&#233;cessaires au bon d&#233;roulement des festivit&#233;s (maintien de la circulation automobile, annulation d'une sardinade en raison des risques d'incendie, concerts boucl&#233;s &#224; 21h&#8230;). Pourtant, toutes ces initiatives jouent ou ont jou&#233; &#224; fond la carte du &#171; vivre-ensemble &#187; promu par les politiques depuis les attentats de janvier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; partir de 2009&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;et dans la foul&#233;e de la s&#233;lection de la candidature de MP 2013, la culture a &#233;t&#233; red&#233;finie dans le sens d'un d&#233;couplage avec le social, la vie des quartiers, pour se raccrocher &#224; l'&#233;conomique, au tourisme&lt;/i&gt; &#187;, analyse Marianne Doulay, de l'association du cours Julien. Inlassablement, les autorit&#233;s municipales poursuivent leur guerre contre une partie de la population&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont il faudrait se d&#233;barrasser d'une moiti&#233;, selon un adjoint au maire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; : fermeture de salles de concert, couvre-feu pour les &#233;piceries de nuit vendant de l'alcool ou sur les plages populaires l'&#233;t&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point de fatalisme n&#233;anmoins : &#224; Marseille, la vie finit toujours par repousser. De traviole, mais elle repousse. La Belle f&#234;te de Mai s'est tenue en 2015 en r&#233;duisant un peu la voilure, la f&#234;te du Panier s'est d&#233;ploy&#233;e au rythme des saisons plut&#244;t que se concentrer sur un gros week-end&#8230; Et les f&#234;tes de quartiers se sont f&#233;d&#233;r&#233;es en collectif pour mieux faire entendre leurs voix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 3 juin dernier, le quotidien r&#233;v&#233;lait que quatre arrondissements se classaient parmi les six communes les plus pauvres du pays, ceux-l&#224; m&#234;mes qui sont la cible des principales op&#233;rations de r&#233;novation urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Traitement m&#233;diatique d&#233;nonc&#233; par Jean-Claude Gaudin, dans une plainte adress&#233;e au CSA d&#232;s juin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, la mairie a financ&#233; &#224; grands frais un vaste plan de requalification du quartier Belsunce, voisin de la Canebi&#232;re, pour y loger des &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La croissance d&#233;mographique que conna&#238;t Marseille depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 serait davantage due au taux de natalit&#233; sup&#233;rieur &#224; la moyenne nationale dans les quartiers du nord de la ville qu'&#224; l'arriv&#233;e de wagons de cadres sup&#233;rieurs, lesquels pr&#233;f&#232;rent s'installer &#224; Aix-en-Provence ou &#224; Aubagne (&lt;i&gt;Sociologie de Marseille&lt;/i&gt;, M. Peraldi, C. Duport, M. Samson, La D&#233;couverte, avril 2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans une lettre ouverte publi&#233;e le 13 novembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dont il faudrait se d&#233;barrasser d'une moiti&#233;, selon un adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'urbanisme (&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Editions-le-Chien-rouge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Ville-sans-nom&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Bruno Le Dantec, Le Chien rouge, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CQFD s'associe avec &#034;La f&#234;te est finie&#034; </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Agenda</dc:subject>
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		<dc:subject>Nicolas Burlaud</dc:subject>
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		<dc:subject>Burlaud</dc:subject>
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		<dc:subject>Marseille capitale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CQFD a d&#233;cid&#233; de s'associer &#224; la sortie en salle du film documentaire La F&#234;te est finie de Nicolas Burlaud qui sort le 4 novembre. La proximit&#233; critique entre ce film et nombre d'articles publi&#233;s dans le journal sur Marseille capitale de la culture 2013 nous a paru &#233;vidente. Voyez plut&#244;t : &#034;Partout en Europe, sous les assauts r&#233;p&#233;t&#233;s des politiques d'am&#233;nagement, la ville se lisse, s'embourgeoise, s'uniformise. Cette transformation se fait au prix d'une exclusion des classes populaires, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Agenda" rel="tag"&gt;Agenda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une_focus" rel="tag"&gt;une_focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fete" rel="tag"&gt;f&#234;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas" rel="tag"&gt;Nicolas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-Burlaud" rel="tag"&gt;Nicolas Burlaud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/film-documentaire" rel="tag"&gt;film documentaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Burlaud" rel="tag"&gt;Burlaud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Monde-Diplo" rel="tag"&gt;Monde Diplo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille-capitale" rel="tag"&gt;Marseille capitale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a d&#233;cid&#233; de s'associer &#224; la sortie en salle du film documentaire &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://lafeteestfinie.primitivi.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La F&#234;te est finie&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de Nicolas Burlaud qui sort le 4 novembre. La proximit&#233; critique entre ce film et nombre d'articles publi&#233;s dans le journal sur Marseille capitale de la culture 2013 nous a paru &#233;vidente. Voyez plut&#244;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Partout en Europe, sous les assauts r&#233;p&#233;t&#233;s des politiques d'am&#233;nagement, la ville se lisse, s'embourgeoise, s'uniformise. Cette transformation se fait au prix d'une exclusion des classes populaires, repouss&#233;es toujours plus loin des centres-villes. L'&#233;lection de Marseille en 2013 au titre de &#034;Capitale Europ&#233;enne de la Culture&#034; a permis une acc&#233;l&#233;ration spectaculaire de cette mutation. L&#224; o&#249; brutalit&#233; et pelleteuses avaient pu cristalliser les r&#233;sistances, les festivit&#233;s, par&#233;es de l'aura inattaquable de &#034;la Culture&#034;, nous ont plong&#233;s dans un &#233;tat de stupeur. Elles n'ont laiss&#233; d'autre choix que de participer ou de se taire.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1576 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/affiche-ok-web.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/affiche-ok-web-ec37d.jpg?1782640656' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Graphisme : Karel Pairemaure
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Nous vous tiendrons r&#233;guli&#232;rement inform&#233;s des lieux et dates de sortie &#224; proximit&#233; de chez vous. &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Programmation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Septembre :&lt;/strong&gt; Le 10 &#224; Clermont, le 11 &#224; Dijon, le 12 &#224; Belfort, le 14 &#224; Charleville Meyzi&#232;res, le 23 &#224; Issoire (63) avec le Cin&#233;ma voyageur... avec &lt;a href=&#034;http://www.lemondedustopmotion.fr/video/voir/394/gruik_le_film&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gruik&lt;/a&gt; et son cin&#233;ma-itin&#233;rant-en-Acadiane, animation patamodantesque ou Raoul se r&#233;veille dans son quartier rendu m&#233;connaissable par une gentrification-&#233;clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octobre :&lt;/strong&gt; le 2 &#224; Marseille &#224; la Fac d'Eco et de gestion, 14 Rue Puvis de Chavannes. le 15 &#224; Dijon au cin&#233;ma l'Eldorado &#224; 20h, dans le cadre de la Manifestation de soutien au quartier des Lentill&#232;res (&lt;a href=&#034;https://jardindesmaraichers.potager.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://jardindesmaraichers.potager.org&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Novembre :&lt;/strong&gt; le 3 en avant-premi&#232;re aux vari&#233;t&#233;s, &#224; Marseille, avec &lt;i&gt;le Ravi&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (20h), le 4, 6 (avec &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;) et 8 aux 3 Luxembourg &#224; Paris, le 10 au cin&#233;ma les 3 casinos &#224; Gardanne (13) &#224; 19h30, le 12 &#224; Mons (Belgique) pour l'inauguration du coll&#232;ge St Stanislas et le 14 &#224; Cannes &#224; la MJC Picaud 19h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cembre :&lt;/strong&gt; le 7 &#224; l'UTOPIA de Bordeaux, en partenariat avec les Amis du Monde Diplo, le 8, &#233;galement &#224; l'UTOPIA, mais de Toulouse, toujours en partenariat avec les Amis du Monde Diplo et le 9 d&#233;cembre au Studio 7 d'Auzielle (31)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cision des horaires et lieux c'est &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/lafeteestfinie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224; !&lt;/a&gt; Ou encore &lt;a href=&#034;http://lafeteestfinie.primitivi.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une joyeuse victoire : &#171; Adi&#232;u, paure Carnav&#224;s ! &#187;</title>
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		<dc:date>2015-05-28T15:48:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le carnaval ind&#233;pendant de La Plaine et de Noailles (quartiers populaires du centre de Marseille), menac&#233; d'extinction par le s&#233;curitarisme ambiant, s'est c&#233;l&#233;br&#233; de belle fa&#231;on le 15 mars 2015. &#171; M&#234;me pas peur ! &#187; 2 000 carnavaliers venus des quatre coins de la ville, mais aussi de l'&#233;tranger, ont envahi les rues, d&#233;filant en fanfare et en grande pompe d&#233;guis&#233;e, chantant et dansant en farandoles, avant de juger et br&#251;ler le vieil Hiver et tous ses maux. &#171; Le soleil est insolent &#187;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fete" rel="tag"&gt;f&#234;te&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-carnaval" rel="tag"&gt;d'un carnaval&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le carnaval ind&#233;pendant de La Plaine et de Noailles (quartiers populaires du centre de Marseille), menac&#233; d'extinction par le s&#233;curitarisme ambiant, s'est c&#233;l&#233;br&#233; de belle fa&#231;on le 15 mars 2015. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me pas peur !&lt;/i&gt; &#187; 2 000 carnavaliers venus des quatre coins de la ville, mais aussi de l'&#233;tranger, ont envahi les rues, d&#233;filant en fanfare et en grande pompe d&#233;guis&#233;e, chantant et dansant en farandoles, avant de juger et br&#251;ler le vieil Hiver et tous ses maux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1475 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH375/p02-perso-carnaval-2-caac7.png?1782651915' width='400' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le soleil est insolent&lt;/i&gt; &#187;, proclamaient vaillamment affiches et autocollants annon&#231;ant un printemps 2015 insurg&#233; contre le froid. La m&#233;t&#233;o et la mar&#233;chauss&#233;e ne promettaient pourtant aucune cl&#233;mence de leurs &#233;l&#233;ments, mais un &#233;lan de foutraques &#233;nergies comme un art consomm&#233; de l'esquive &#8211; avec sans doute aussi le concours d'une bonne &#233;toile &#8211; ont permis de passer entre les gouttes. Et de quelle mani&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrecoup de Marseille 2013 &#8211; capitale de la Culture &#8211; et son tragi-comique cort&#232;ge de d&#233;penses somptuaires, nombre d'associations ou de collectifs portant les f&#234;tes de quartiers se sont vu &#233;trangler financi&#232;rement d&#232;s 2014, ann&#233;e capitale de rien. Certains firent le choix de tout annuler pour marquer leur d&#233;fiance face &#224; la politique municipale &#8211; comme &#224; la Belle-de-Mai &#8211;, d'autres pari&#232;rent sur des manifestations &#224; voilure r&#233;duite &#8211; comme au Panier. Quant au carnaval de La Plaine et de Noailles, qui en quinze ans d'existence n'avait jamais demand&#233; ni aide ni permission &#224; personne, il eut &#224; subir, non pas des coupes s&#232;ches, mais des coups (secs) de matraque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la cuv&#233;e 2014 du carnaval s'&#233;tait fracass&#233;e, lors de son flambant d&#233;nouement, contre une &#233;vidente volont&#233; d'en d&#233;coudre du c&#244;t&#233; des forces de l'ordre. L'intervention intempestive des pompiers sur le feu de joie avait servi de pr&#233;texte &#224; une charge polici&#232;re. R&#233;sultat : six interpellations, six comparutions imm&#233;diates et des peines de prison ferme, y compris pour des gars qui passaient l&#224; par hasard. Les autorit&#233;s semblaient bien d&#233;cid&#233;es &#224; en finir &#233;galement avec cette f&#234;te de quartier autosuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p08_cimg5586-be995.png?1782651916' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aux assembl&#233;es convoqu&#233;es dans la foul&#233;e pour mettre en place le soutien aux d&#233;tenus et envisager le futur, l'affluence fut massive, bien plus que lors de la pr&#233;paration artisanale et improvis&#233;e du char Caramentran. Des divergences d'analyse affleuraient &#224; chaque d&#233;bat. D'aucuns, qui avaient toujours vu cette f&#234;te comme une animation culturelle sans grand int&#233;r&#234;t, y d&#233;couvraient soudain un enjeu. D'autres &#8211; conscients que dans un pays o&#249; l'&#201;tat pr&#233;tend contr&#244;ler, &#224; coup de subventions ou &#224; coups de matraque, le moindre pet de travers de sa populace, l'ind&#233;pendance de cette f&#234;te &#233;tait en soi une jolie subversion &#8211; craignaient que les flics et les juges, par leurs sombres man&#339;uvres, r&#233;ussissent &#224; r&#233;duire Carnaval &#224; une pauvre manif d&#233;guis&#233;e, pi&#233;g&#233;e dans un affrontement rituel et r&#233;ducteur. Le risque &#233;tait grand de devenir le miroir grima&#231;ant de l'ordre &#233;tabli, son image invers&#233;e, un &#233;pouvantail utile. Il fallait exister l&#224; o&#249; on ne nous attendait pas, plut&#244;t que foncer t&#234;te baiss&#233;e sur le terrain choisi par l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par chance &#8211; ou par intelligence collective &#8211;, le clash entre ces positions au d&#233;part divergentes n'eut pas lieu, et chacun &#339;uvra dans le sens d'un succ&#232;s qui se voulait majeur, bien qu'al&#233;atoire. Tous savaient qu'il fallait op&#233;rer un saut &#224; la fois qualitatif et quantitatif si on voulait &#233;viter l'&#233;radication de ces agapes dionysiaques. Et tout le monde poussa dans cette direction. &#192; partir d'un ancrage territorial ou par groupes affinitaires, les anciens comme les novices firent preuve d'une sacr&#233;e inventivit&#233;, qui ouvrant un squat, qui r&#233;occupant les locaux d'un centre social alternatif&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sp&#233;ciale d&#233;dicace &#224; l'&#233;quipe de feu le centre social associatif du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;In fine&lt;/i&gt;, il y aura abondance : plusieurs lieux de construction de chars et de fabrication de masques, plusieurs points de d&#233;part &#8211; dont un tr&#232;s remarqu&#233; du quartier du Chapitre, avec concert de rue, chamboule-tout, deux chars&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/p08_cimg5637-22559.png?1782651916' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de l'ann&#233;e, comme dans les villes de longue tradition carnavali&#232;re &#8211; Dunkerque, Cadix, P&#233;zenas, Limoux, Binche&#8230; &#8211;, les affid&#233;s du petit dieu grotesque se sont affair&#233;s avec passion, organisant loto, repas de quartier, concerts, projections, ateliers de chant&#8230; Sans oublier, en guise de mise en bouche, le bal masqu&#233; de la veille au squat de La Torpille, en soutien &#224; Radio Gal&#232;re et au carnaval. Le but &#233;tait clairement de relever le d&#233;fi du pouvoir en accouchant d'une r&#233;alit&#233; sup&#233;rieure. Fraternellement, plus de deux cents membres de chorales et autres f&#234;tards allaient accourir de Toulouse, Brest, Saint-Affrique, Montreuil, Privat, Saint-&#201;tienne, Grenoble, Lyon, Montpellier, Ivry-sur-Seine et Milan ! Batucadas et autres fanfares s'&#233;taient multipli&#233;es comme le bon pain des messies&#8230; Et le jour venu, malgr&#233; un temps maussade, quelque 2 000 carnavaliers&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est-&#224;-dire trois ou quatre fois plus que d'habitude. Chiffre auquel il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ont d&#233;boul&#233; sur la sc&#232;ne d'un crime qui s'annon&#231;ait jubilatoire &#8211; m&#234;me si l'envoy&#233;e de &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, quotidien local de gauche, partie trop t&#244;t, n'y a vu qu' &#171; &lt;i&gt;une centaine&lt;/i&gt; &#187; de quasi-p&#233;nitents rallumant &#224; grand-peine la flamme d'un carnaval &#171; &lt;i&gt;timide et sobre&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse ! Elle qui jadis pr&#233;f&#233;rait ignorer ou criminaliser Carnaval lui fit les honneurs de ses pages, avant et apr&#232;s, appelant d'abord de ses v&#339;ux un cort&#232;ge &#171; &lt;i&gt;sans heurts&lt;/i&gt; &#187;, puis saluant son chatoyant tohu-bohu. &lt;i&gt;Metro&lt;/i&gt; rebaptisa m&#234;me notre charivari de quartier &#171; &lt;i&gt;Carnaval de Marseille&lt;/i&gt; &#187;, de quoi provoquer une crise d'apoplexie chez m&#244;ssieu le maire ! &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; l'affubla du titre honorifique de &#171; &lt;i&gt;Carnaval ind&#233;pendant&lt;/i&gt; &#187;, le pla&#231;ant pour le coup sur un pied d'&#233;galit&#233; avec le pseudo-carnaval municipal, tristounet d&#233;fil&#233; des &#233;coles canalis&#233; par les barri&#232;res &#171; Vauban &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, le charivari des enfants sauvages fut rock'n'bolesque &#224; souhait. Une cascade humaine et rigolarde inonda La Plaine. Un torrent de pr&#233;cieux cailloux peinturlur&#233;s, grim&#233;s, travestis, roula jusqu'&#224; Noailles en amassant la mousse des jets de farine comme s'il s'agissait de l'&#233;cume des jours gris, enfin &#233;clabouss&#233;s de couleurs fanfaronnantes. En passant, ces pierres qui roulent aux accoutrements v&#233;g&#233;taux, plastiques, animaliers, monstrueux, chambraient la minorit&#233; passive qui, pour les voir, se penchaient aux fen&#234;tres : &#171; Qui n'est pas d&#233;guis&#233; sera enfarin&#233; ! &#187; Rires, lazzis et armes d'op&#233;rette &#8211; fabriqu&#233;es et exp&#233;di&#233;s g&#233;n&#233;reusement par les carnavaliers du Canal, &#224; Bruxelles ! &#8211; &#233;taient brandis vers les nuages : &#171; &lt;i&gt;Les beaux jours avec nous !&lt;/i&gt; &#187; Instant cathartique o&#249; l'on embrasse effusivement des inconnu(e)s, ou alors des ami(e)s qu'on n'est pas s&#251;r de reconna&#238;tre sous le masque &#8211; et cela en alternance avec l'adr&#233;naline des batailles et des courses-poursuites. Mazette, quelle f&#234;te !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1477 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/p08_cimg5629-2-b5d2b.png?1782651916' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Un mot sur Caramentran : sa gueule de dragon aux crocs sanguinolents et &#224; la langue charg&#233;e de pustules &#8211; bouchons de bouteille de lait faisant office de louis d'or ou de pi&#232;ces de deux euros &#8211; mena&#231;ait de tout avaler : la rue devant lui, la vie r&#234;v&#233;e des carnavaliers, la fa&#231;ade des immeubles, les minots aux anges&#8230; De fait, son estomac &#233;tait une cage de bambou o&#249; croupissaient quatre mannequins figurant les f&#234;tes de quartier asphyxi&#233;es par la fermeture du robinet &#224; subventions &#8211; Panier, Soleil, Plateau, Belle-de-Mai&#8230;, &#224; la trappe faute de p&#233;pettes ! &#8211; en compagnie du bonhomme carnaval, 100% gratuit mais menott&#233; &#224; un agent de la Brigade anti-f&#234;tes (BAF), lequel tr&#244;nait au-dessus de la ge&#244;le aux c&#244;t&#233;s d'un juge cul nu qui serrait quand m&#234;me l'anus par crainte d'une intrusion du gorille de Brassens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le proc&#232;s, men&#233; de main de ma&#238;tre par les truculents procureur et avocaillon de service du haut d'une majestueuse estrade &#224; double escalier, la foule lib&#233;ra les f&#234;tes enchrist&#233;es en les entra&#238;nant dans une folle farandole. Et tout cela tournoyait autour du b&#251;cher des vanit&#233;s &#233;tatiques et autres mesquineries budg&#233;taires. Le printemps avait vaincu. La pression symbolique, savamment orchestr&#233;e par le peuple carnavalier sur les institutions d&#233;mocratiques, avait rendu sa l&#233;gitimit&#233; au chaos des saisons qui, en basculant, mettent le monde cul par-dessus t&#234;te. Cette mar&#233;e de saltimbanques non r&#233;tribu&#233;s, ce pied de nez de nomades c&#233;lestes aux pesanteurs de l'existence administr&#233;e, &#224; la mis&#232;re et aux injustes injustices, leur songe de prometteuses nuits d'&#233;t&#233;, tout cela avait reconquis, de haute lutte, un d&#233;mentiel et cependant inali&#233;nable droit de cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, la sanctification de l'impertinence et de la satire, que gouvernement et m&#233;dias avaient mis en sc&#232;ne apr&#232;s l'attentat contre &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, a peut-&#234;tre jou&#233; en faveur des exc&#232;s carnavalesques. En tout cas, la police fut d'une discr&#233;tion exemplaire. L'aurait-on applaudie, en la d&#233;couvrant tapie dans les rues alentour ? Peut-&#234;tre pas, mais ce dimanche soir, apprentis funambules, fakirs amateurs, sauterelles de l'enfer, mystiques du feu purificateur et amoureux main dans la main ont pu lutiner tout leur saoul, danser et bondir par-dessus les flammes jusqu'&#224; plus soif. Pas d'accident &#224; d&#233;plorer, pas de violence. Sans flics, pas de d&#233;rapage, diront les mauvais esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers une heure du matin, la braise rougeoyait encore et quelques nostalgiques des fins de saison qui s'&#233;ternisent cherchaient toujours, le regard perdu dans les cr&#233;pitements du bois de palette, les signes avant-coureurs du sacre du printemps. Trois gardiens de la paix s'approch&#232;rent alors, presque aussi d&#233;bonnaires que le facteur Tati dans Jour de f&#234;te : &#171; &lt;i&gt;Allez, les jeunes, faudrait peut-&#234;tre penser &#224; aller dormir, non ?&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me pas peur, qu'on vous dit. Carnaval est mort, Carnaval est grand.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p08_cimg5694-b0b1a.png?1782651916' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sp&#233;ciale d&#233;dicace &#224; l'&#233;quipe de feu le centre social associatif du Mille-Pattes et &#224; sa regrett&#233;e f&#234;te du Soleil &#8211; assassin&#233;s par la mairie de Marseille &#8211;, qui a malgr&#233; tout perp&#233;tu&#233; &#224; coup d'enthousiasme b&#233;n&#233;vole l'enracinement du carnaval dans le quartier de Noailles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire trois ou quatre fois plus que d'habitude. Chiffre auquel il faut ajouter les plus de 500 amis Facebook qui, apr&#232;s avoir jur&#233; qu'ils participeraient, ont pr&#233;f&#233;r&#233;, pour certains, au vu des pr&#233;visions m&#233;t&#233;o, suivre le parcours du cort&#232;ge sur Google-map&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Paris est tragique</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Paris-est-tragique</link>
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		<dc:creator>Jean-Marie Dany&#232;s</dc:creator>


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&lt;p&gt;Un spectacle cloisonn&#233; aux tribunes du Parc des Princes. Un feu d'artifice en forme de tour Eiffel. Voil&#224; comment, le 17 mai dernier, le PSG a c&#233;l&#233;br&#233; son luxueux titre de champion de France. &#171; Une grande f&#234;te, selon la direction du club. Un show unique, que l'on ne voit pas ailleurs. &#187; En effet. Ailleurs, un titre n'est pas juste une f&#234;te caporalis&#233;e dans un stade aseptis&#233;, c'est d'abord une foule debout dans la rue, plut&#244;t bruyante et indompt&#233;e. &#192; Paris, sous l'&#232;re Qatar, on &#171; r&#234;ve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un spectacle cloisonn&#233; aux tribunes du Parc des Princes. Un feu d'artifice en forme de tour Eiffel. Voil&#224; comment, le 17 mai dernier, le PSG a c&#233;l&#233;br&#233; son luxueux titre de champion de France. &#171; &lt;i&gt;Une grande f&#234;te, selon la direction du club. Un show unique, que l'on ne voit pas ailleurs.&lt;/i&gt; &#187; En effet. Ailleurs, un titre n'est pas juste une f&#234;te caporalis&#233;e dans un stade aseptis&#233;, c'est d'abord une foule debout dans la rue, plut&#244;t bruyante et indompt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, sous l'&#232;re Qatar, on &#171; &lt;i&gt;r&#234;ve plus grand&lt;/i&gt; &#187;, mais dans les clous. Ainsi, d&#233;but mai, au soir d'une d&#233;faite contre Rennes qui assurait officiellement le sacre du PSG, des centaines de CRS attendaient les supporters en haut des Champs-&#201;lys&#233;es. Ils charg&#232;rent direct, au pas de course, le moindre groupe de potes qui chantaient sur les immenses trottoirs. Une quinzaine d'arrestations au final pour quelques affrontements en fin de soir&#233;e. On n'avait rarement vu un tel contr&#244;le pour un moment si banal, une telle application &#224; museler une joie &#224; peine turbulente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSG est d&#233;sormais interdit de voie publique. Il y a un an, pour le premier titre apr&#232;s dix-neuf ans d'attente, les Champs-&#201;lys&#233;es v&#233;curent, il faut dire, une soir&#233;e bien diff&#233;rente. Des milliers de supporters envahirent naturellement l'avenue. Une euphorie massive, spontan&#233;e, un air d'&#233;vasion au centre de la ville-mus&#233;e. Une foule tr&#232;s jeune, pr&#233;f&#233;rant se ruer sur Louis Vuitton&#174; plut&#244;t que d'attaquer le Fouquet's, quelques m&#232;tres plus loin. Un public plut&#244;t banlieusard qui ne criait pas tant une sorte de fiert&#233; (&#171; &lt;i&gt;Ici, c'est Paris &lt;/i&gt; &#187;), mais kiffait plut&#244;t l'occupation sauvage du c&#339;ur symbolique de la capitale (&#171; &lt;i&gt;Paris est &#224; nous&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours plus tard, la direction du PSG voulut reprendre la main avec une grande mise en sc&#232;ne au Trocad&#233;ro. Principal objectif : fabriquer une photo des joueurs brandissant le troph&#233;e dans l'axe de la tour Eiffel ; un genre de 14 juillet market&#233; par Nike&#174; et Qatar Sport Investments. Sans doute le club s'attendait-il &#224; une communion polic&#233;e et familiale, une ambiance comme celle du Parc des Princes apr&#232;s le grand m&#233;nage effectu&#233; avec le &#171; plan Leproux &#187; qui, en 2010, a chass&#233; l'essentiel de ses Ultras &#8211; les interdictions administratives de stade, jusque-l&#224; mesures d'exception sans fondement l&#233;gal, devinrent syst&#233;matiques &#224; compter de cette date&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis 2006, pr&#232;s de 4 000 supporters ont &#233;t&#233; interdits de stade, avec un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En cassant son histoire et la tribune Auteuil, d&#233;sert&#233;e notamment par de nombreux antifas, le PSG, avec ses tarifs prohibitifs et son stade d&#233;sormais sans fi&#232;vre a rompu le lien avec ses soutiens les plus chauds. Des anciens supporters manifestent r&#233;guli&#232;rement en scandant &#171; &lt;i&gt; Le Parc est mort&lt;/i&gt; &#187; derri&#232;re des banderoles comme &#171; &lt;i&gt;Paris, capitale de la censure&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Trocad&#233;ro, il y a un an, le &#171; r&#234;ve &#187; de grand-messe fut rapidement recouvert d'un nuage lacrymog&#232;ne. Les t&#233;l&#233;s regard&#232;rent en direct &#171; &lt;i&gt;la f&#234;te tournant &#224; l'&#233;meute&lt;/i&gt; &#187;, avant de d&#233;plorer le &#171; &lt;i&gt;chaos&lt;/i&gt; &#187; et un &#171; &lt;i&gt;paysage de d&#233;solation&lt;/i&gt; &#187;. Il n'y avait pas tant d'Ultras dans les rangs du d&#233;sordre, parmi la manif' sauvage qui traversa, comme une revanche sur la rel&#233;gation d'une partie de la population, le quartier le plus riche de Paris. Ce n'est pas contre le PSG que des pierres et des bouteilles de verre furent lanc&#233;es ce jour-l&#224;. Si des voitures br&#251;l&#232;rent, si des vitrines tomb&#232;rent, c'est que personne ne simula le soi-disant moment de communion sportive, ce fantasme du monde spectaculaire marchand qui ne fonctionne d&#233;sormais plus aussi bien. Ni &#224; Rio ni &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH358/foot-supporters-16-75d82.jpg?1782663746' width='400' height='358' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis 2006, pr&#232;s de 4 000 supporters ont &#233;t&#233; interdits de stade, avec un pic en 2010 de 1 098 tricards.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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