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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Casa Pound et la Duce vita : Les grands fr&#232;res italiens du n&#233;ofascime social</title>
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		<dc:creator>Arthur Fontenay</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Il y a quinze ans, des militants nationalistes faisaient main basse sur un b&#226;timent romain abandonn&#233;. De ce se squat, centr&#233; sur l'action sociale (pour les seuls blancs) et le combat culturel, ils ont fait le fer de lance de leur mouvement, CasaPound. Depuis, celui-ci a essaim&#233; dans toute l'Italie. Histoire d'une success story n&#233;ofasciste. Difficile de parler fascisme sans faire un d&#233;tour par l'Italie. Il faut dire que nos voisins transalpins affichent un solide &#171; palmar&#232;s &#187; en la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quinze ans, des militants nationalistes faisaient main basse sur un b&#226;timent romain abandonn&#233;. De ce se squat, centr&#233; sur l'action sociale (pour les seuls blancs) et le combat culturel, ils ont fait le fer de lance de leur mouvement, CasaPound. Depuis, celui-ci a essaim&#233; dans toute l'Italie. Histoire d'une &lt;i&gt;success story&lt;/i&gt; n&#233;ofasciste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2535 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH759/-800-1a314.jpg?1782655883' width='400' height='759' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Difficile de parler fascisme sans faire un d&#233;tour par l'Italie. Il faut dire que nos voisins transalpins affichent un solide &#171; palmar&#232;s &#187; en la mati&#232;re. Avec les vingt-deux ans de r&#233;gime mussolinien, d'abord. Puis l'agitation sanglante d&#233;ploy&#233;e par les groupes n&#233;ofascistes dans les ann&#233;es 1970, sous le nom de &#171; strat&#233;gie de la tension &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'attentats commis pendant les &#171; ann&#233;es de plomb &#187; par des groupes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et enfin, aujourd'hui, l'ancrage du mouvement CasaPound, dont les membres se revendiquent &#171; &lt;i&gt; fascistes du troisi&#232;me mill&#233;naire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mod&#232;le h&#233;g&#233;monique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe a pris racine il y a quinze ans via Napoleone III &#224; Rome, pr&#232;s de la gare centrale de Termini, avant d'essaimer en Italie en louant ou achetant des locaux. Ce qui a d&#233;but&#233; en d&#233;cembre 2003 par l'occupation d'un b&#226;timent vide par des nationalistes est devenu l'une des principales organisations de l'extr&#234;me droite radicale en Italie. Elle s'est aussi impos&#233;e comme mod&#232;le &#224; suivre pour les groupes n&#233;ofascistes de toute l'Europe, dont le Bastion social en France. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas photo : le mod&#232;le qui a conquis l'h&#233;g&#233;monie au sein des groupes n&#233;ofascistes est clairement celui de CasaPound&lt;/i&gt;, explique Elia Rosati, sp&#233;cialiste des droites radicales et militant antifasciste. &lt;i&gt;Du point de vue militant, de l'organisation et de la communication, il s'agit d'une innovation sans pr&#233;c&#233;dent en Italie, et m&#234;me en Europe occidentale. CasaPound apporte un style plus moderne, qui lui survivra s&#251;rement. Un mix entre la violence d'Aube dor&#233;e, en Gr&#232;ce, et un vrai travail de terrain, via tout un ensemble d'associations sportives, environnementales, syndicales, culturelles et d'assistance&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de &#171; Galassia nera, lo stato dell'arte &#187;, article mis en ligne sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de l'occupation de 2003, puis de celles qui ont suivi jusqu'en 2006, &#233;tait de s'ins&#233;rer dans le domaine de l'assistance sociale &#224; travers les luttes pour le droit au logement, imitant les centres sociaux occup&#233;s de l'extr&#234;me gauche. Mais CasaPound, &#224; l'oppos&#233; du spectre politique, se veut une occupation &#171; &lt;i&gt;non conforme&lt;/i&gt; &#187;. Comprendre : il s'agit de n'aider que les Italiens, &#171; &lt;i&gt;les vrais&lt;/i&gt; &#187;, les blancs. Baptis&#233; &#171; &lt;i&gt;ambassade d'Italie dans un quartier multiethnique&lt;/i&gt; &#187;, l'immeuble squatt&#233; devient rapidement si&#232;ge national du mouvement. En 2012, le maire philo-fasciste de Rome, Gianni Alemanno, tente m&#234;me de le faire racheter par la commune pour 11.8 millions d'euros, avec l'id&#233;e d'en offrir l'usage aux occupants, avant de finalement abandonner face au toll&#233; g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rues environnant la via Napoleone III, les grandes affiches de l'organisation sont visibles un peu partout. Mais l'atmosph&#232;re reste cosmopolite. &#171; &lt;i&gt;Le quartier ne leur est pas acquis, CasaPound n'y a pas de v&#233;ritable pr&#233;sence militante. Ses membres ne sortent de leur trou que rarement, bien prot&#233;g&#233;s par la police contre ceux qui n'appr&#233;cient pas leur pr&#233;sence&lt;/i&gt;, raconte Elisabetta, une voisine. &lt;i&gt;R&#233;cemment, ils ont agress&#233; des gens qui refusaient leur tract &#8211; les policiers ne sont pas intervenus, pr&#233;textant qu'il s'agissait d'une manifestation autoris&#233;e... Ils poss&#232;dent aussi quelques bars &#8216;&#8216; classiques '', qui financent l'organisation et o&#249; travaillent ses membres et leurs proches.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Structures parall&#232;les&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Ant, qui diss&#232;que la communication de l'extr&#234;me droite&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son travail est disponible sur ilpopolodellescimmie.noblogs.org.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, ce sont ces &#171; &lt;i&gt;occupations de droite, les squats fascistes&lt;/i&gt; &#187;, qui ont attir&#233; l'attention. Un coup de com' efficace, alors que &#171; &lt;i&gt;seule la ville de Rome est concern&#233;e&lt;/i&gt; &#187; et que les locaux sur le reste du territoire sont occup&#233;s l&#233;galement. Une focalisation qui n'a rien d'anodine, remarque Ant : &#171; &lt;i&gt;Voler les symboles et pratiques de la gauche a toujours &#233;t&#233; utile aux fascistes. Pour capter l'attention, simuler la r&#233;bellion, attirer la sympathie des jeunes et les drainer vers des sph&#232;res ambigu&#235;s difficiles &#224; relier aux milieux de la droite profonde. C'est en cr&#233;ant de la confusion politique qu'ils tirent leur &#233;pingle du jeu.&lt;/i&gt; &#187; Et ce d'autant plus ais&#233;ment que les mouvements de gauche sont en perte de vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet aspect mouvementiste est l'un des points forts de CasaPound. &#171; &lt;i&gt;L'organisation a cr&#233;&#233; toute une s&#233;rie de structures parall&#232;les qui se pr&#233;sentent comme des associations b&#233;n&#233;voles et sociales pour int&#233;grer les dynamiques d'assistance&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Ant. &lt;i&gt;R&#233;cemment, elles ont ainsi distribu&#233; des provisions aux victimes de s&#233;ismes.&lt;/i&gt; &#187; La droite n&#233;ofasciste &#233;largit ainsi son champ d'action et tente de se substituer aux acteurs classiques de l'action sociale. Dans son bastion d'Ostie, pr&#232;s de Rome, CasaPound distribue des couvertures aux sans-abri, de la nourriture et des v&#234;tements aux d&#233;munis et aux pr&#233;caires, d&#233;livre des cours du soir aux enfants. Et devient h&#233;g&#233;monique, se f&#233;licite un responsable local : &#171; &lt;i&gt;Ici, il n'y a plus que nous : la gauche a disparu. Nous ne faisons plus peur. Les commer&#231;ants, et m&#234;me les p&#234;cheurs qui votaient PC, nous font maintenant confiance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Identit&#233; culturelle forte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que la strat&#233;gie de CasaPound est diablement efficace : se ramifier par capillarit&#233; et mettre le paquet sur les jeunes. &#171; &lt;i&gt;C'est avec son travail politique dans les lyc&#233;es que CasaPound obtient ses meilleurs r&#233;sultats : elle s'y est impos&#233;e comme r&#233;f&#233;rence aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt;, d&#233;veloppe Ant. &lt;i&gt;Notamment en pr&#233;sentant le fascisme comme une transgression. &#199;a devient branch&#233; chez les jeunes de dessiner une croix gamm&#233;e ou de se dire fasciste.&lt;/i&gt; &#187; Une mode qui doit aussi beaucoup au d&#233;veloppement d'une contre-culture, de concerts, de marques de v&#234;tements, &#224; la pr&#233;sence active sur les r&#233;seaux sociaux ou &#224; la cr&#233;ation d'organisations &#233;tudiantes. Avec des locaux dans tout le pays, quinze librairies, huit associations sportives, une web-radio d&#233;clin&#233;e r&#233;gionalement, une web-tv et des p&#233;riodiques, sans parler des bars, salons de tatouages et commerces tenus par des membres, CasaPound sait se rendre reconnaissable, accessible et m&#234;me attractive. Habile mariage d'une identit&#233; culturelle forte et d'une capacit&#233; d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte politique a aussi jou&#233;, rappelle Elia Rosati : &#171; &lt;i&gt;Cette extraordinaire croissance du n&#233;ofascisme n'aurait jamais &#233;t&#233; possible sans la pr&#233;sence au gouvernement et au Parlement d'un puissant bloc compos&#233; de la droite n&#233;olib&#233;rale de Forza Italia&lt;/i&gt; [Berlusconi],&lt;i&gt; des x&#233;nophobes de la Ligue du Nord et des post-fascistes d'Alleanza Nazionale. Le n&#233;ofascisme actuel a prosp&#233;r&#233; en lien avec ces partis. Ce qui lui a permis de b&#233;n&#233;ficier d'un espace politique, d'une protection p&#233;nale et d'une forte exposition m&#233;diatique.&lt;/i&gt; &#187; De quoi donner des id&#233;es &#224; l'organisation : depuis 2011, elle pr&#233;sente des candidats aux &#233;lections locales et r&#233;gionales (ainsi qu'aux l&#233;gislatives, en 2018, o&#249; elle a fait moins d'1 % des voix). Et plusieurs villes comptent d&#233;sormais des conseillers municipaux n&#233;ofascistes. Ceux-ci n'ont m&#234;me plus &#224; cacher leur jeu, &#224; l'image de cet &#233;lu de Bolzano : &#171; &lt;i&gt;Je suis fasciste, et alors ?&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Avec Mussolini, tout fonctionnerait mieux. J'ai un buste du Duce chez moi, j'en suis tr&#232;s fier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agressions sanglantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CasaPound a aussi su profiter du boulevard offert par la crise &#233;conomique et l'intensification de la crise migratoire pour r&#233;affirmer ses id&#233;es d'action sociale nationaliste, cette &#171; solidarit&#233; &#187; discriminatoire. &#171; &lt;i&gt;Ce mod&#232;le d'assistanat adress&#233; aux seuls Italiens a si bien fonctionn&#233; que d'autres organisations plus radicales ou concurrentes veulent d&#233;sormais le copier&lt;/i&gt; &#187;, constate Ant. L&#224; r&#233;side le danger : le racisme et les discriminations se g&#233;n&#233;ralisent dans les discours politiques et deviennent &#171; acceptables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la mis&#232;re ne pr&#233;occupe nullement les membres de CasaPound &#8211; ils utilisent juste des pauvres contre d'autres pauvres. Et se servent du vernis social pour (un peu) camoufler leurs convictions fascistes, antis&#233;mites et x&#233;nophobes. Ainsi que leur go&#251;t pour les agressions sanglantes. En 2011, &#224; Florence, deux S&#233;n&#233;galais ont &#233;t&#233; abattus par un membre du mouvement. Et en janvier 2018, trois d'entre eux ont poignard&#233; un militant antifasciste de G&#234;nes. &#192; l'&#233;vidence, l'action de CasaPound est aussi sociale qu'une fosse commune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il s'agit d'attentats commis pendant les &#171; ann&#233;es de plomb &#187; par des groupes n&#233;ofascistes souhaitant susciter un climat de violence politique pour favoriser l'&#233;mergence d'un &#201;tat autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait de &#171; Galassia nera, lo stato dell'arte &#187;, article mis en ligne sur Globalproject.info le 16/02/18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Son travail est disponible sur ilpopolodellescimmie.noblogs.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Livres : Emilio Lussu, un homme contre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Livres-Emilio-Lussu-un-homme</link>
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		<dc:date>2015-06-26T19:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Jacquier</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
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		<dc:subject>fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Rome</dc:subject>
		<dc:subject>Emilio Lussu</dc:subject>
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		<dc:subject>Sardaigne</dc:subject>
		<dc:subject>Fausto Nitti</dc:subject>
		<dc:subject>Carlo Rosselli</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;ditions de La Fosse aux Ours ont publi&#233; en 2014 deux livres essentiels, La Cha&#238;ne (L'&#233;vasion de Lipari) et Le Sanglier du diable, pour comprendre la personnalit&#233; hors norme du Sarde Emilio Lussu, homme politique antifasciste et &#233;crivain. N&#233; en 1890 en Sardaigne dans une famille ais&#233;e et mort &#224; Rome en 1975, Emilio Lussu est le fondateur du Parti d'action sarde en 1919&#8200;&#8211;&#8200;une formation d&#233;mocratique et r&#233;publicaine qui revendique l'autonomie de la Sardaigne. &#201;lu d&#233;put&#233; de 1921 &#224; 1924, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chaine" rel="tag"&gt;cha&#238;ne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fascisme" rel="tag"&gt;fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rome" rel="tag"&gt;Rome&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilio-Lussu" rel="tag"&gt;Emilio Lussu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lussu" rel="tag"&gt;Lussu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parti-d-action" rel="tag"&gt;Parti d'action&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sardaigne" rel="tag"&gt;Sardaigne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fausto-Nitti" rel="tag"&gt;Fausto Nitti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Carlo-Rosselli" rel="tag"&gt;Carlo Rosselli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;ditions de La Fosse aux Ours ont publi&#233; en 2014 deux livres essentiels, &lt;i&gt;La Cha&#238;ne&lt;/i&gt; (L'&#233;vasion de Lipari) et &lt;i&gt;Le Sanglier du diable&lt;/i&gt;, pour comprendre la personnalit&#233; hors norme du Sarde Emilio Lussu, homme politique antifasciste et &#233;crivain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1516 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH717/p22-emilio-lussu-2ff5b.jpg?1782645490' width='400' height='717' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1890 en Sardaigne dans une famille ais&#233;e et mort &#224; Rome en 1975, Emilio Lussu est le fondateur du Parti d'action sarde en 1919&#8200;&#8211;&#8200;une formation d&#233;mocratique et r&#233;publicaine qui revendique l'autonomie de la Sardaigne. &#201;lu d&#233;put&#233; de 1921 &#224; 1924, il devient un opposant actif de la premi&#232;re heure au fascisme. Arr&#234;t&#233; en 1926 et condamn&#233; &#224; la rel&#233;gation aux &#238;les Lipari, il s'en &#233;vade en juillet 1929 en compagnie de Francesco Fausto Nitti (1899-1974) et de Carlo Rosselli (1899-1937), avec lesquels il fonde peu apr&#232;s le mouvement antifasciste Giustizia e Libert&#224; &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH631/p22-la-chaine-fe9a6.jpg?1782677340' width='400' height='631' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#201;crit &#224; chaud et publi&#233; la m&#234;me ann&#233;e,&lt;i&gt; La Cha&#238;ne&lt;/i&gt; relate cette &#233;vasion, mais que le lecteur ne s'attende pas &#224; trouver un r&#233;cit haletant et spectaculaire. Rompu sa vie durant aux r&#232;gles de la clandestinit&#233;, Lussu ne voulait et ne pouvait compromettre ceux qui l'avaient aid&#233; &#224; s'&#233;vader par des r&#233;v&#233;lations hasardeuses. Il n'&#233;tait pas non plus homme &#224; prendre la pose du h&#233;ros ; il savait trop le prix des sacrifices de son engagement. Ce livre constitue avant tout un t&#233;moignage accablant non d&#233;nu&#233; d'un humour souvent tr&#232;s noir sur la situation de l'Italie sous le fascisme. Il annonce &lt;i&gt;La Marche sur Rome et autres lieux&lt;/i&gt; qu'il &#233;crira, quelques ann&#233;es plus tard, en s'attachant aux origines et aux toutes premi&#232;res ann&#233;es du r&#233;gime mussolinien. Livre de combat et de d&#233;nonciation, en particulier du tribunal sp&#233;cial pour la d&#233;fense de l'&#201;tat fasciste, &lt;i&gt;La Cha&#238;ne&lt;/i&gt; d&#233;crit dans le d&#233;tail l'arsenal r&#233;pressif des lois promulgu&#233;es par le gouvernement de Mussolini. Il relate ensuite la vie quotidienne des rel&#233;gu&#233;s et des d&#233;port&#233;s politiques en r&#233;sidence surveill&#233;e sur l'&#238;le de Lipari et leurs tentatives d'&#233;vasion rat&#233;es, jusqu'&#224; la derni&#232;re, r&#233;ussie&#8200;&#8211; une v&#233;ritable gifle pour le r&#233;gime fasciste qui voit des opposants de premier plan s'enfuir de leur lieu de r&#233;clusion, particuli&#232;rement surveill&#233;, et reprendre aussit&#244;t le combat pour le d&#233;masquer devant l'opinion internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Sanglier du diable&lt;/i&gt; est d'une tout autre facture puisqu'il s'agit de l'&#233;vocation d'une partie de chasse durant sa jeunesse en Sardaigne. &#192; chaque page y affleure la nostalgie moins de ses jeunes ann&#233;es que d'une soci&#233;t&#233; traditionnelle qui, malgr&#233; la duret&#233; de ses r&#232;gles, donnait un sens aux moindres actions des b&#234;tes comme des gens, o&#249; une chasse se transformait en rencontre avec le diable, symbole du mal qui demeure en chacun et de la trag&#233;die d'une existence mortelle. R&#233;trospectivement, Lussu avait le sentiment d'y vivre &#171; &lt;i&gt;les derniers soubresauts d'une communaut&#233; patriarcale, sans classe ni &#201;tat&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt; L'ordre public&lt;/i&gt;, ajoutait-il, &lt;i&gt;&#233;tait l'ordre traditionnel du village, garanti par la libre association de paysans bergers qui avaient confi&#233; au conseil des anciens le devoir de r&#233;guler les rapports internes du territoire&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Ainsi, &#171; &lt;i&gt;les jardins, les petits enclos autour des villages, les bandes de vigne et les rares zones sem&#233;es &#233;taient mieux prot&#233;g&#233;s qu'ils ne le furent jamais par les lois du royaume sarde ou de l'&#201;tat national, monarchique ou r&#233;publicain.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1518 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH640/p22-sanglier-du-diable-b120d.jpg?1782677340' width='400' height='640' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, Emilio Lussu &#233;tait seulement connu en France pour deux livres : un roman autobiographique sur la Premi&#232;re Guerre mondiale, &lt;i&gt;Les Hommes contre&lt;/i&gt; (titre original : &lt;i&gt;Un anno sull'altipiano&lt;/i&gt;, 1938), adapt&#233; au cin&#233;ma en 1970 par Francesco Rosi, et &lt;i&gt;La Marche sur Rome et autres lieux&lt;/i&gt; (1933), un t&#233;moignage de premier plan, devenu classique, sur la mont&#233;e du fascisme en Italie jusqu'&#224; sa prise du pouvoir. La publication simultan&#233;e de ces deux livres permet de mieux cerner l'homme et l'&#233;crivain. Il appara&#238;t que Lussu est un homme de l'entre-deux qui a connu les derniers vestiges d'une soci&#233;t&#233; de libre association sans qu'elle soit remplac&#233;e par une civilisation nouvelle. Dans cette fracture est venue s'engouffrer le fascisme. &lt;i&gt;La Cha&#238;ne&lt;/i&gt; int&#233;ressera les lecteurs de &lt;i&gt;La Marche sur Rome&lt;/i&gt;&#8230; et tous ceux qui d&#233;sirent mieux conna&#238;tre l'histoire de l'opposition au fascisme italien, tandis que&lt;i&gt; Le Sanglier du diable&lt;/i&gt;, outre ses ind&#233;niables qualit&#233;s litt&#233;raires, d&#233;voile, aux d&#233;tours d'une simple anecdote, ce qui faisait la valeur humaine des soci&#233;t&#233;s traditionnelles, sans les id&#233;aliser ni penser qu'un pur et simple retour en arri&#232;re &#233;tait possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rome, ville &#224; ouvrir !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucia Abbocchio</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans la capitale italienne, s'emparer de b&#226;timents pour y vivre n'est pas synonyme d'ouverture de lieux d'habitation ou d'h&#233;bergement. Des r&#233;sistances collectives &#224; la pr&#233;carit&#233; tentent d'y exp&#233;rimenter d'autres mani&#232;res de vivre partag&#233;es par tous. L'usine abandonn&#233;e depuis vingt ans s'appelle dor&#233;navant M&#233;tropoliz. C'est l&#224;, dans la p&#233;riph&#233;rie est de Rome, en lisi&#232;re de plusieurs quartiers r&#233;sidentiels et au c&#339;ur d'une zone de friches industrielles proche de l'autoroute, que vivent une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/BPM" rel="tag"&gt;BPM&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la capitale italienne, s'emparer de b&#226;timents pour y vivre n'est pas synonyme d'ouverture de lieux d'habitation ou d'h&#233;bergement. Des r&#233;sistances collectives &#224; la pr&#233;carit&#233; tentent d'y exp&#233;rimenter d'autres mani&#232;res de vivre partag&#233;es par tous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'usine abandonn&#233;e depuis vingt ans s'appelle dor&#233;navant M&#233;tropoliz. C'est l&#224;, dans la p&#233;riph&#233;rie est de Rome, en lisi&#232;re de plusieurs quartiers r&#233;sidentiels et au c&#339;ur d'une zone de friches industrielles proche de l'autoroute, que vivent une soixantaine de familles, rassemblant Italiens, P&#233;ruviens, Marocains, Ukrainiens, &#233;thiopiens, &#233;rythr&#233;ens et Roumains.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_965 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p05-cqroma.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH184/p05-cqroma-a42b9.jpg?1783339324' width='500' height='184' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'occupation a commenc&#233; il y a maintenant cinq ann&#233;es &#224; l'initiative du Bloc des pr&#233;caires m&#233;tropolitains (BPM &#8211; &lt;i&gt;Blocchi precari metropolitani&lt;/i&gt;), vaste coordination informelle dans laquelle se f&#233;d&#232;rent, &#224; travers toute la ville, les occupants d&#233;j&#224; en place et ceux qui aspirent &#224; s'emparer collectivement de lieux d&#233;sert&#233;s par leur propri&#233;taire. Dans ce b&#226;timent, tr&#232;s &#233;loign&#233; des standards de base d'un lieu d'habitation, chaque famille a r&#233;alis&#233; ses propres travaux. &#171; &lt;i&gt;&#192; chacun de prendre ses affaires en main. C'est une r&#232;gle qu'on se donne. Ce qui n'emp&#234;che pas de mettre en commun les comp&#233;tences de chacun pour cr&#233;er un espace collectif o&#249; l'on se rencontre, discute, fait du sport et d'autres activit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, explique une activiste du BPM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mustapha, la quarantaine, originaire de Casablanca, vivait &#224; Rome dans un appartement en location avec six autres Marocains. Il travaillait dans le b&#226;timent, jusqu'&#224; ce que son patron disparaisse et laisse sur le carreau une trentaine d'ouvriers. &#171; &lt;i&gt;Je suis arriv&#233; d&#232;s l'ouverture de ce b&#226;timent. J'avais besoin d'un toit. J'ai rencontr&#233; les gens du BPM. Je me suis inscrit sur une liste, puis j'ai re&#231;u des messages et des invitations &#224; participer aux manifestations et aux assembl&#233;es. Au bout d'un moment, apr&#232;s avoir vu que je m'investissais dans le projet, ils m'ont propos&#233; de venir m'installer. C'est un projet dans lequel les gens doivent &#234;tre d&#233;cid&#233;s. Ce n'est pas qu'une question de logement. &lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Je me suis install&#233; ici un appartement qui fait presque cinquante m&#232;tres carr&#233;s. Je donne des coups de main aux autres. J'ai appris beaucoup de choses. On fait tr&#232;s souvent des assembl&#233;es o&#249; on essaie de trouver tous ensemble des solutions. Je me sens utile.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt; Ici s'exp&#233;rimente aussi un mode d'organisation sociale fond&#233;e sur l'autogestion et l'horizontalit&#233;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Ir&#232;ne, militante du BPM. I&lt;i&gt;l n'y a ni repr&#233;sentation, ni d&#233;l&#233;gation : les personnes g&#232;rent ensemble leurs besoins, et disposent d'un syst&#232;me de solidarit&#233;s leur permettant un acc&#232;s aux droits, &#224; la sant&#233; et &#224; de multiples activit&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ses 2 400 familles ayant perdu leurs logements en 2012, Rome peut &#234;tre d&#233;sign&#233;e comme la capitale europ&#233;enne des expulsions. La r&#233;ouverture, le 31 d&#233;cembre 2012, des listes d'attribution de logements sociaux ferm&#233;es depuis trois ans n'aura &#233;t&#233; qu'un geste symbolique pour nombre des familles en attente depuis des dizaines d'ann&#233;es, car la construction de nouveaux logements ne figure pas dans l'agenda politique, du fait que, paradoxalement, l'administration reconna&#238;t qu'il y a d&#233;j&#224; trop d'immeubles inoccup&#233;s dans la capitale. Les familles se tournent alors vers les collectifs pour s'engager dans un &#171; &lt;i&gt;parcours de lutte pour le droit au logement&lt;/i&gt; &#187;, car, selon Ir&#232;ne, &#171; &lt;i&gt; revendiquer l'acc&#232;s aux logements sociaux est inutile, vu le nombre de b&#226;timents publics et priv&#233;s abandonn&#233;s qu'il y a dans cette ville&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation d'immeubles est ainsi devenue un v&#233;ritable mode d'action contre la pr&#233;carit&#233;, les prix exorbitants des logements et les pr&#234;ts bancaires inaccessibles. Coordonn&#233;es par des activistes auxquels s'associent de futurs habitants, ces occupations se diff&#233;rencient des squats et des &#171; centres sociaux &#187;, qui proposent des activit&#233;s culturelles ou sportives &#224; &#171; prix populaire &#187; et dans lesquels ne vivent qu'une poign&#233;e d'occupants. Exemple d'actions massives et simultan&#233;es : le 6 d&#233;cembre 2012 et le 6 avril 2013, plusieurs dizaines de lieux &#8211; h&#244;tels vides tomb&#233;s en faillite, b&#226;timents inutilis&#233;s par leur propri&#233;taire, usines abandonn&#233;es, ou encore immeubles destin&#233;s &#224; devenir des logements sociaux et inoccup&#233;s du fait de l'immobilisme bureaucratique &#8211; ont &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;s. Cette pratique se perp&#233;tue depuis les ann&#233;es 1970 dans les grandes villes du pays. Si les &#233;difices occup&#233;s &#233;taient alors essentiellement des propri&#233;t&#233;s publiques, aujourd'hui les immeubles priv&#233;s laiss&#233;s &#224; l'abandon sont aussi r&#233;investis. Auparavant, les logements sociaux &#224; peine construits dans les nouvelles p&#233;riph&#233;ries trouvaient de nouveaux &#171; locataires &#187; avant m&#234;me que l'administration ne proc&#232;de &#224; leur attribution. Aujourd'hui, les occupations concernent tous les quartiers : le centre historique, les quartiers r&#233;sidentiels pour classe moyenne et encore et toujours les quartiers en p&#233;riph&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; &lt;i&gt;parcours de lutte pour le droit au logement&lt;/i&gt; &#187; commence par une prise de contact avec l'un des &#171; portails sociaux &#187; du collectif dont les adresses et horaires d'ouverture sont annonc&#233;s dans les rues par voie d'affiches. Puis, des militants re&#231;oivent les personnes contraintes de quitter leur logement. Les futurs occupants s'engagent alors &#224; participer aux manifestations du collectif et aux r&#233;unions. De plus, ce mouvement propose une r&#233;flexion plus globale et se m&#234;le &#224; d'autres luttes, telles que la mobilisation NoTAV&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Intense et large contestation contre le projet titanesque d'une liaison &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la promotion des droits des &#233;trangers, la fermeture des centres d'identification et d'expulsion&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;quivalent de nos centres de r&#233;tention administrative de ce c&#244;t&#233;-ci des Alpes.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ou encore la fin du r&#233;gime de s&#233;gr&#233;gation &#224; l'encontre des Roms en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cr&#233;&#233; en 2007, le BPM n'est pas seulement un mouvement de lutte pour le droit au logement, comme il en existe d&#233;j&#224; &#224; Rome. Nous sommes un collectif organis&#233; de mani&#232;re horizontale. Tout nouvel arrivant s'engage &#224; g&#233;rer sa vie priv&#233;e et collective selon certains m&#233;canismes partag&#233;s &#224; l'int&#233;rieur des espaces o&#249; il habite&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise un militant. Un des moments majeurs de ce &#171; parcours de lutte &#187; se cristallise lorsque les occupants doivent s'organiser pour conserver le logement qu'ils se sont r&#233;appropri&#233; et &#233;ventuellement r&#233;sister aux expulsions. Le quotidien est rythm&#233; par les tours de garde assur&#233;s par tous, les rotations pour l'entretien des lieux, les assembl&#233;es de gestion et les manifestations dans le centre ville pour maintenir la visibilit&#233; du mouvement. Les plus exp&#233;riment&#233;s organisent les assembl&#233;es et les travaux pour barricader l'immeuble. Pendant plusieurs jours apr&#232;s l'ouverture de nouveaux logements, les entr&#233;es du b&#226;timent sont filtr&#233;es pour tenter de se pr&#233;munir de toute provocation. &#192; l'ext&#233;rieur, d'autres personnes surveillent les environs afin de contr&#244;ler les activit&#233;s de la police. En cas de menace d'assaut policier, le large r&#233;seau des collectifs et des occupants se mobilise. La proc&#233;dure est rod&#233;e : &#234;tre les plus nombreux possible, tous les habitants &#8211; enfants compris &#8211; doivent monter sur le toit avec &#224; port&#233;e de main des extincteurs et des bonbonnes de gaz, de l'huile est vers&#233;e dans les escaliers pour retarder la progression des carabiniers. L'&#233;paisse fum&#233;e de plastique br&#251;l&#233; donne une id&#233;e de la d&#233;termination des occupants. La menace de faire tout exploser suffira parfois &#224; dissuader la police de proc&#233;der &#224; l'expulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 633 du Code p&#233;nal italien pr&#233;voit pour le d&#233;lit &#171; d'invasion de terrain ou d'immeuble &#187; une peine maximum de deux ans de prison et une amende de 103 &#224; 1 032 euros. Pour engager les poursuites, le propri&#233;taire de l'immeuble doit porter plainte. L'intervention peut &#234;tre imm&#233;diate si les faits sont commis par au moins cinq personnes dont l'une d'entre elles est consid&#233;r&#233;e comme &#233;tant arm&#233;e &#8211; vaste et tr&#232;s vague d&#233;finition, ou bien encore si l'action est men&#233;e par plus de dix personnes, m&#234;me d&#233;sarm&#233;es. De fait, l'exercice exige beaucoup de r&#233;flexions strat&#233;giques pour passer au travers des filets ambigus de cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2013, environ deux mille personnes, familles et personnes seules, jeunes et plus &#226;g&#233;es, &#233;trangers primo-arrivants et Italiens, Romains expuls&#233;s de leurs logements, ch&#244;meurs et travailleurs pr&#233;caires vivaient dans dix lieux dispers&#233;s sur le territoire de la capitale. Et Paolo, un des acteurs du BPM, de conclure : &#171; &lt;i&gt; Que le plus grand nombre de gens possible aient un toit est important. Que cela soit li&#233; &#224; un projet de cr&#233;er d'autres rapports sociaux fond&#233;s sur l'&#233;galit&#233; et la solidarit&#233; est essentiel. Quant au fait que certains soient de gauche et d'autres de droite, on s'en fout. Nous sommes avant tout unis par la pr&#233;carit&#233; de nos quotidiens. C'est une question de classe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustr&#233; par &lt;a href=&#034;http://kobeblog-bertoyas.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J.M. Bertoyas&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Intense et large contestation contre le projet titanesque d'une liaison &#224; grande vitesse entre Lyon et Turin (voir &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/A-contre-progres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;91&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;quivalent de nos centres de r&#233;tention administrative de ce c&#244;t&#233;-ci des Alpes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Aquila : une &#171; victime &#187; sous contrat</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-Aquila-une-victime-sous-contrat</link>
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		<dc:date>2011-06-17T07:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 6 avril 2009, la terre tremble &#224; L'Aquila, dans les Abruzzes, &#224; l'est de Rome. Deux cent vingt personnes sont tu&#233;es. Dans la ville et ses alentours, des centaines de maisons et immeubles s'&#233;croulent ou deviennent inhabitables. Pour &#234;tre relog&#233;s dans les habitats construits depuis le s&#233;isme, les rescap&#233;s doivent passer sous les fourches caudines d'une administration capricieuse. Rares sont les chantiers de reconstruction, et ville et villages restent des d&#233;serts immobiles, surveill&#233;s par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no89-mai-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;89 (mai 2011)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 6 avril 2009,&lt;/strong&gt; la terre tremble &#224; L'Aquila, dans les Abruzzes, &#224; l'est de Rome. Deux cent vingt personnes sont tu&#233;es. Dans la ville et ses alentours, des centaines de maisons et immeubles s'&#233;croulent ou deviennent inhabitables. Pour &#234;tre relog&#233;s dans les habitats construits depuis le s&#233;isme, les rescap&#233;s doivent passer sous les fourches caudines d'une administration capricieuse. Rares sont les chantiers de reconstruction, et ville et villages restent des d&#233;serts immobiles, surveill&#233;s par l'arm&#233;e et observ&#233;s par les touristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;guli&#232;rement, des protestations contre l'imp&#233;ritie du gouvernement s'&#233;l&#232;vent dans la r&#233;gion. &lt;i&gt;&#171; Faux ! &#187;&lt;/i&gt;, affirme une femme le 25 mars dernier sur Canal 5, une des cha&#238;nes de Silvio Berlusconi. Elle t&#233;moigne : &lt;i&gt;&#171; Je suis commer&#231;ante &#224; L'Aquila. Je vends des robes de mari&#233;es. [&#8230;] La nuit [du s&#233;isme] a &#233;t&#233; incroyable. On aurait dit la fin du monde ! [&#8230;] Les secours sont arriv&#233;s tout de suite. [&#8230;] Je remercie le gouvernement car il ne nous a fait manquer de rien. [&#8230;] Tout le monde, &#224; L'Aquila, a aujourd'hui une maison avec jardin et garage. Les jeunes sont revenus, l'activit&#233; est relanc&#233;e.[&#8230;] Les trois &#224; quatre cents personnes qui sont encore dans les h&#244;tels restent l&#224; parce qu'ils mangent et boivent sans devoir rien payer&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Applaudissements &#233;mus du public devant&#8230; l'actrice, qui a &#233;t&#233; pay&#233;e trois cents euros pour sa prestation. Un investissement bien inf&#233;rieur aux 815 millions d'euros que le gouvernement a d&#233;pens&#233;s pour les habitants de L'Aquila, tout en affirmant qu'il ne pouvait pas faire plus. Apparemment, il restait au moins trois cents euros dans ses coffres&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Lame de fond</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Lame-de-fond</link>
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		<dc:date>2009-02-13T11:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabio Cerquellini</dc:creator>


		<dc:subject>Ville</dc:subject>
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&lt;p&gt;Trois mois de gr&#232;ves, manifs, occupations, assembl&#233;es, cours en plein air&#8230; &#201;tudiants, lyc&#233;ens et salari&#233;s, souvent m&#233;fiants envers les syndicats, se sont rejoints dans les rues. Comme une lame de fond, dans toute l'Italie. L'occasion d'occuper l'espace public et, enfin, de respirer. JEUDI 30 OCTOBRE, une jeune prof, un carton entre les mains sur lequel est &#233;crit &#171; Onda anomala &#187; sort de la gare romaine de Termini. Elle est suivie par un groupe d'&#233;tudiants. La place est maintenant quasi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gare-romaine" rel="tag"&gt;gare romaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois mois de gr&#232;ves, manifs, occupations, assembl&#233;es, cours en plein air&#8230; &#201;tudiants, lyc&#233;ens et salari&#233;s, souvent m&#233;fiants envers les syndicats, se sont rejoints dans les rues. Comme une lame de fond, dans toute l'Italie. L'occasion d'occuper l'espace public et, enfin, de respirer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;JEUDI 30 OCTOBRE, une jeune prof, un carton entre les mains sur lequel est &#233;crit &#171; Onda anomala &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expression de surfeur d&#233;signant une grande vague porteuse.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sort de la gare romaine de Termini. Elle est suivie par un groupe d'&#233;tudiants. La place est maintenant quasi vide apr&#232;s que le gros du d&#233;fil&#233; s'est &#233;loign&#233;. Dans le lointain, l'&#233;cho des slogans hurl&#233;s par les &#233;tudiants et les profs. Des retardataires arrivant petit &#224; petit, la prof et la petite bande d'&#233;tudiants forment une nouvelle manifestation. Ailleurs dans la ville, au m&#234;me moment, des centaines de manifestants, en provenance du Nord, venus en cars et coinc&#233;s, partent &#224; pied le long d'une des art&#232;res de banlieue menant &#224; Rome. Au centreville, alors que la t&#234;te du cort&#232;ge &#171; officiel &#187; rassemblant, journ&#233;e de gr&#232;ve nationale oblige, les syndicats des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens, a d&#233;j&#224; atteint le lieu o&#249; doivent se tenir les meetings habituels, une foule de manifestants ne r&#233;ussit pas &#224; suivre le parcours satur&#233; de monde. Ils s'engagent dans une autre rue. Un cordon de flics anti-&#233;meutes tente de les bloquer, mais la foule est si importante et la pression si forte qu'ils ne peuvent faire autrement que de d&#233;camper. Depuis cette br&#232;che, c'est encore un autre cort&#232;ge qui parcourt la ville. Sur la place o&#249; devait se &#171; dissoudre &#187; la manif, la vraie, des profs, des lyc&#233;ens et des &#233;tudiants, las de faire du surplace, se forment en une nouvelle mauvaise troupe qui d&#233;cide de rejoindre un autre point de la ville. L&#224; aussi les cordons de policiers rompent sous la pression. Loin de se disperser, c'est en fait une troisi&#232;me &#171; vague &#187; de manifestants qui traverse la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Onda anomala &#187;, c'est ainsi que s'autod&#233;finit ce mouvement inondant la p&#233;ninsule du Nord au Sud et qui se caract&#233;rise par sa capacit&#233; &#224; prendre possession de l'espace public avec des assembl&#233;es, des cort&#232;ges, des cours sur les places, des sit-in, des occupations d'universit&#233;, d'&#233;coles et de gares. Et partout ce m&#234;me mot : &lt;i&gt;&#171; Non, votre crise, on ne la payera pas ! &#187;&lt;/i&gt; Le gouvernement veut restaurer les notes de conduite qui exigeraient d'avoir au moins six sur dix pour &#234;tre admissible au bac. R&#233;ponse de la rue : &lt;i&gt;&#171; Avec la note de conduite, ils veulent nous faire taire&#8230; &#201;coles comme prisons, vous nous cassez les couilles&#8230; Touchez pas &#224; l'&#233;cole publique, on luttera pour la d&#233;fendre ! &#187; &#171; Les vraies canailles sont ceux qui font ces lois qui tuent l'&#233;cole ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des d&#233;cennies, les financements pour l'&#233;cole publique diminuent. De temps en temps, des lyc&#233;ens et des &#233;tudiants manifestent, comme en France et dans d'autres pays. Parfois m&#234;me, les m&#233;dias en parlent&#8230; Mais, cette fois, m&#234;me les lyc&#233;es professionnels et techniques se sont sentis concern&#233;s et solidaires. Raison ou pr&#233;texte de la col&#232;re : la suppression, d'ici trois ans, de 87000 postes d'enseignants et de 44 500 postes administratifs dans les &#233;tablissements scolaires publics, ainsi que la fermeture de nombreux &#233;tablissements de petite taille, cons&#233;quence des massives restrictions budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune d'un lyc&#233;e professionnel explique dans un tract : &lt;i&gt;&#171; Ce gouvernement pr&#233;voit de supprimer 7,7 milliards &#224; l'&#233;cole et &#224; la recherche, ce qui entra&#238;nera in&#233;vitablement un retour &#224; l'&#233;poque o&#249; seuls les plus riches pouvaient se permettre d'avoir une instruction correcte. &#187;&lt;/i&gt; &#192; propos de la r&#233;forme qui pr&#233;voit dans les &#233;coles primaires la fin du plein temps et la r&#233;duction de trois enseignants &#224; un seul par classe, il pose la question : &lt;i&gt;&#171; Comment un seul enseignant peut-il avoir autant de comp&#233;tences en histoire, italien, science, g&#233;ographie, dessin, musique, math&#233;matiques ? &#187;&lt;/i&gt; Ceux des &#233;tablissements professionnels n'iront probablement pas en fac, pourtant ils n'acceptent pas que les universit&#233;s deviennent des instituts financ&#233;s par le priv&#233;, que la recherche soit financ&#233;e par les grandes entreprises sur la base exclusive de leurs propres int&#233;r&#234;ts, et qu'il y ait &lt;i&gt;&#171; une augmentation disproportionn&#233;e des frais &#224; la charge des familles &#187;&lt;/i&gt;. Si huit milliards sont soutir&#233;s &#224; l'enseignement, seulement 300 millions le sont &#224; l'arm&#233;e et personne ne touche aux privil&#232;ges des politiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t trois mois maintenant que se poursuit, dans toute l'Italie, ce mouvement plein de rebondissements. La pluie battante n'avait pas d&#233;courag&#233; la manifestation du 17 octobre qui avait rassembl&#233; 300000 salari&#233;s, rejoints par des &#233;tudiants et des parents d'&#233;l&#232;ves. Ce fut le plus grand rassemblement jamais organis&#233; par les syndicats de base, organisations ind&#233;pendantes des centrales syndicales officielles. Et, toujours dans les cort&#232;ges, comme dans les assembl&#233;es, aucun signe d'appartenance aux labels politiques ou &#171; institutionnels &#187;. Juste des banderoles et des cartons artisanaux. &#192; Rome, lors d'un cours sauvage donn&#233; dans la rue, un homme politique s'est fait &#233;jecter parce que, selon les &#233;tudiants, il &lt;i&gt;&#171; n'&#233;tait l&#224; que pour les cam&#233;ras &#187;. &#171; Ils bloquent notre futur, nous bloquons la ville &#187;&lt;/i&gt;, reprenaient en choeur les 200 000 personnes qui ont d&#233;fil&#233;, le 14 novembre, &#224; Rome. Un projet plein d'avenir&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Expression de surfeur d&#233;signant une grande vague porteuse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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