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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Veni, vidi, quasi vici</title>
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		<dc:date>2018-09-08T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Larry Bouldingue</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; manu militari. Rageant ? Pas seulement. &#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187; Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s, Louis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/familles" rel="tag"&gt;familles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plan-6124" rel="tag"&gt;plan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt;. Rageant ? Pas seulement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, Louis Forton&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;10 heure du matin, dans l'un des halls d'entr&#233;e de l'immense b&#226;timent occup&#233;. Depuis quelques minutes, la tension est palpable. L'ami S. a beau grignoter des biscuits comme si de rien n'&#233;tait, je vois bien qu'il est nerveux. Perso, j'ai le stress &#224; fleur de peau, quasi sismique. Il faut dire que la situation est d&#233;licate : nos deux paires d'yeux cern&#233;s par une nuit blanche observent par une embrasure une trentaine de flics s'agiter devant les lieux, usant de pinces monseigneur et de b&#233;liers mastoc pour d&#233;foncer la porte. Ambiance de si&#232;ge m&#233;di&#233;val, sur fond sonore anxiog&#232;ne. Boum, boum, les coups font trembler les murs tandis que r&#233;sonnent leurs invectives : &#171; &lt;i&gt;Ouvrez ou z'allez morfler !&lt;/i&gt; &#187; Assis sur les marches du hall, on n'en m&#232;ne pas large &#224; mesure que c&#232;dent les &#233;tais en m&#233;tal faisant office de barricade. Mais le plaisir de voir la bleusaille s'&#233;puiser en maniant de lourds outils l'emporte sur l'angoisse : advienne que pourra, on ne leur ouvre pas. Plaisir d'offrir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH511/-814-71988.jpg?1782641361' width='400' height='511' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une demi-heure de mart&#232;lement forcen&#233;, la porte renforc&#233;e finit par c&#233;der et la mar&#233;e bleue se r&#233;pand dans le hall, BST&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en t&#234;te. Trognes haineuses et postures de ca&#239;ds v&#233;n&#232;res : ces gentlemen font honneur &#224; leur corps de m&#233;tier. Comme promis, les coups s'encha&#238;nent, alors m&#234;me que l'on n'esquisse pas le moindre geste de d&#233;fense. Poings, pieds, genoux, il y en a pour tous les go&#251;ts. Une fois &#224; terre, c'est au tour du cocktail coups de pompes dans les c&#244;tes &amp; broyage de paluches sous la semelle. Au diable le fair-play, il faut bien que les cow-boys se d&#233;foulent. Moralit&#233; martiale : force reste &#224; la loi (du plus fort), laquelle nous rel&#226;che apr&#232;s une poign&#233;e d'heures au commissariat&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le bilan de l'op&#233;ration ? Ambivalent. Le lieu est certes perdu, mais notre gnaque est intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour quelques jours en arri&#232;re. Impliqu&#233;s &#224; la R&#233;quiz, petit squat marseillais menac&#233; d'expulsion, nous sommes quelques-uns &#224; nous r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement pour chercher des solutions. En clair : de nouveaux lieux o&#249; loger des familles en situation d'urgence sociale. Certains d'entre nous ont une exp&#233;rience en la mati&#232;re, d'autres sont clairement novices. Qu'importe puisqu'on partage tous le m&#234;me mot d'ordre : on fonce !
Les r&#233;unions et rep&#233;rages s'encha&#238;nent, foutraques mais d&#233;termin&#233;s. Au final, notre choix se porte sur de tr&#232;s vastes locaux de P&#244;le emploi abandonn&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es et potentiellement parfaits : trois b&#226;timents habitables, une belle cour int&#233;rieure, des garages convertibles en ateliers, un parc &#224; deux pas, aucun voisin &#224; proximit&#233;, etc. Bref, le Taj Mahal des squats. Mais il y a un hic : l'endroit a tout de Fort Knox. Ceint de murs immenses, il grouille de cam&#233;ras et de d&#233;tecteurs de mouvements. Une premi&#232;re incursion acrobatique &#8211; &#233;chelle pos&#233;e sur un camion pour atteindre les toits &#8211; confirme nos craintes : d&#232;s lors que sonnent les alarmes rappliquent les vigiles d'une soci&#233;t&#233; de surveillance. Bigre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oscillant entre &lt;i&gt;Ocean's Eleven&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Pieds Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, on s'affaire &#224; dresser un plan d'attaque cisel&#233;. L'objectif est simple : se barricader dans le b&#226;timent avant que ne d&#233;boulent vigiles et cond&#233;s. Puis parlementer jusqu'&#224; ce qu'ils l&#226;chent l'affaire et que les premi&#232;res familles puissent s'installer. Un plan bien huil&#233;, pense-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jour J, deux heures du matin. Charg&#233;s d'une &#233;chelle et de lourds outils, on progresse p&#233;niblement dans un tunnel souterrain, en bord d'une petite rivi&#232;re. Alors que les chiens du camp rom voisin entament un concerto d'aboiements, quelques chauves-souris renforcent l'ambiance &lt;i&gt;Indiana Jones et le Temple maudit&lt;/i&gt;. &#192; d&#233;faut d'&#234;tre parfait, notre plan est ind&#233;niablement cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; destination, on d&#233;chante fissa : l'acc&#232;s choisi se r&#233;v&#232;le trop &#171; acrobatique &#187;. En haut des huit m&#232;tres d'&#233;chelle, une herse en surplomb brise notre &#233;lan. On a beau f&#233;brilement s'&#233;chiner au bord du vide, la sentence tombe : &#231;a ne passe pas. Tr&#233;pignements. Et puis le miracle : sur une proche fa&#231;ade, on d&#233;couvre une minuscule fen&#234;tre mal ferm&#233;e, presque une invitation &#224; entrer. On s'y glisse, joyeux comme des soiffards invit&#233;s au salon du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite : quelques heures d'exploration, des alarmes qui beuglent, les vigiles d&#233;go&#251;t&#233;s de ne pouvoir rentrer (tous les acc&#232;s sont barricad&#233;s), les flics qui h&#233;sitent, les soutiens qui parlementent &#224; l'ext&#233;rieur arm&#233;s de papiers prouvant notre droit &#224; l'occupation, l'euphorie qui grimpe en fl&#232;che. Et puis soudain, sans pr&#233;venir, le massif d&#233;barquement des bleus qui prennent d'assaut la forteresse avant que l'on ait pu y faire entrer les familles. &lt;i&gt;Game over.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir du comico, alors que des amis nous attendent sur le parking, cubi de rouge &#224; la main, ce n'est pas la tristesse qui pr&#233;vaut. Plut&#244;t le rire fatigu&#233;. On a foir&#233; ? Tant pis. Il y aura d'autres occasions. La prochaine sera la bonne. Ou bien celle d'apr&#232;s. Et ce jour-l&#224;, une fois les familles install&#233;es et l'occupation ent&#233;rin&#233;e, on &#233;voquera ce ratage avec un grand sourire. Cow-boys, gare &#224; vos miches, les pieds-nickel&#233;s ne l&#226;chent pas l'affaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps envisag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Chez Gemalto : Le cadre se rebiffe (&#224; peine)</title>
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		<dc:date>2018-03-24T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard, Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
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		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Cette bo&#238;te fait dans la cybers&#233;curit&#233;, licencie tranquille 10 % de ses effectifs, en majorit&#233; des cadres ou ing&#233;nieurs, et une fois mise &#224; poil s'offre au g&#233;ant Thales... &#171; Eh bien, c'est leur probl&#232;me &#187;, s'est-on dit &#224; CQFD. Avant de nous raviser... Quand m&#234;me, &#231;a pose question : comment r&#233;agit un cadre lorsque p&#232;se la menace de se faire lourder tel un vulgaire prolo ? Apr&#232;s m&#251;re r&#233;flexion, le Chien rouge a d&#233;cid&#233; de mettre ses deux plus beaux Jean-Baptiste sur le coup. M&#234;me Beno&#238;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benoit" rel="tag"&gt;Beno&#238;t&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hamon-s-en" rel="tag"&gt;Hamon s'en&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2120-89c0e.jpg?1783524891' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette bo&#238;te fait dans la cybers&#233;curit&#233;, licencie tranquille 10 % de ses effectifs, en majorit&#233; des cadres ou ing&#233;nieurs, et une fois mise &#224; poil s'offre au g&#233;ant Thales... &#171; &lt;i&gt;Eh bien, c'est leur probl&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, s'est-on dit &#224; &lt;i&gt;CQFD.&lt;/i&gt; Avant de nous raviser... Quand m&#234;me, &#231;a pose question : comment r&#233;agit un cadre lorsque p&#232;se la menace de se faire lourder tel un vulgaire prolo ? Apr&#232;s m&#251;re r&#233;flexion, le Chien rouge a d&#233;cid&#233; de mettre ses deux plus beaux Jean-Baptiste sur le coup.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me Beno&#238;t Hamon s'en est rendu compte. Le plan social de Gemalto, annonc&#233; le 30 novembre et qui vise 288 postes (soit pr&#232;s de 10 % des effectifs fran&#231;ais) sur les sites de Meudon (Hauts-de-Seine), G&#233;menos et La Ciotat (Bouches-du-Rh&#244;ne) &#171; s&lt;i&gt;e fait dans la p&#233;nombre, &#224; bas bruit, sans faire de vague&lt;/i&gt; &#187;. Et l'ex-candidat &#224; la pr&#233;sidentielle d'interpeller les salari&#233;s, le 6 f&#233;vrier, lors d'une visite sur site : &#171; &lt;i&gt;Si vous ne politisez pas le dossier, si &#231;a ne pique pas, &#231;a ne bougera pas. Je ne vous demande pas de br&#251;ler des pneus, mais il faut d&#233;finir vos actions.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans &#171; La Ciotat : Beno&#238;t Hamon est venu apporter son soutien aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Il est vrai qu'on entend peu causer, &#224; l'ap&#233;ro comme chez Pernaut, de ce limogeage en r&#232;gle de cadres et d'ing&#233;nieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, il faut bien l'avouer, on ne s'apitoie pas forc&#233;ment sur le sort de ces salari&#233;s &#233;voluant dans le secteur de la s&#233;curit&#233; num&#233;rique. Le slogan de leur bo&#238;te ? &#171; &lt;i&gt;Security to be free &lt;/i&gt; &#187;. V&#233;ridique. Et le moins qu'on puisse dire est que Gemalto met une partie de son slogan en application &#8211; celle qui concerne la &#171; security &#187;. En septembre 2016, par exemple, elle se disait fi&#232;re &#171; &lt;i&gt;d'apporter son soutien &#224; la D&#233;l&#233;gation g&#233;n&#233;rale &#224; la s&#251;ret&#233; nationale du Cameroun dans sa lutte contre la fraude et la contrefa&#231;on de documents d'identit&#233;&lt;/i&gt; &#187; en gravant &#171; &lt;i&gt;au laser des photos couleur haute r&#233;solution dans le corps de la carte&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sauvegarde de la comp&#233;titivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an plus tard, la soci&#233;t&#233; pavoisait tout pareil en proclamant que ses passeports biom&#233;triques sont &#171; &lt;i&gt;utilis&#233;s dans plus de trente pays&lt;/i&gt; &#187;. Et du m&#234;me &#233;lan, elle se r&#233;jouissait que son tout nouveau syst&#232;me Cabis, qui prend en charge la &#171; &lt;i&gt;reconnaissance des empreintes digitales, des empreintes palmaires, du visage et de l'iris&lt;/i&gt; &#187; acc&#233;l&#232;re &#171; &lt;i&gt;le d&#233;ploiement de services de biom&#233;trie pour les forces de l'ordre et autres agences gouvernementales&lt;/i&gt; &#187;. Bref, Gemalto, c'est le bras num&#233;rique de la police et de nombre d'administrations de contr&#244;le. Sans que les salari&#233;s n'y voient malice. &#192; l'image de Christophe Bassas, syndicaliste de la bo&#238;te encart&#233; &#224; FO : &#171; &lt;i&gt;Non, personne n'a fait de remarque sur notre r&#244;le dans la soci&#233;t&#233; de contr&#244;le quand on a appel&#233; au soutien face au plan social. C'est d'ailleurs la premi&#232;re fois qu'on me pose la question.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le d&#233;bat resurgit pourtant souvent. Pour dernier avatar, la pol&#233;mique ayant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2261 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH557/-534-d3af6.jpg?1782668743' width='400' height='557' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pas si &#233;tonnant, au fond. C'est sans doute aussi &#171; la premi&#232;re fois &#187; que ces salari&#233;s se &#171; posent la question &#187; de la construction d'un rapport de force avec leur direction. Quand on est cadre (ce qui est le cas d'une majorit&#233; des salari&#233;s), qu'on a vingt ans d'anciennet&#233; dans une bo&#238;te ayant fait sa fortune et sa renomm&#233;e avec l'invention et la commercialisation de la carte &#224; puce, et qu'on &#233;marge en moyenne &#224; 4 500 &#8364; net par mois, on ne s'embarrasse pas de ce genre de consid&#233;ration. Ou plut&#244;t : on ne s'embarrassait pas. Parce que depuis, la r&#233;forme du Code du travail de Myriam El Khomri est pass&#233;e par l&#224; (en 2016). Et la macronesque r&#233;forme par ordonnances du Code du travail est repass&#233;e par ici. Pour r&#233;sultat, l'article L1233-3, qui introduit la notion de sauvegarde de la comp&#233;titivit&#233; et permet &#224; une entreprise de licencier m&#234;me si elle se porte bien. C'est le cas de Gemalto : malgr&#233; des pertes dans l'Hexagone, les b&#233;n&#233;fices de cette multinationale (de droit n&#233;erlandais) sont estim&#233;s &#224; 300 millions d'euros pour l'ann&#233;e 2017. Pis encore : quelques semaines apr&#232;s l'annonce du plan social, les salari&#233;s de Gemalto ont appris que leur soci&#233;t&#233; serait rachet&#233;e par Thales d'ici la fin de l'ann&#233;e. Un g&#233;ant de 35 000 salari&#233;s en France, dont l'&#201;tat est actionnaire, et qui se d&#233;fait de 288 postes juste avant d'aligner l'oseille. La bonne blague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ce n'est pas dans notre culture &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi se laisser porter par une juste r&#233;volte pour monter au charbon ? Pas tellement. &#171; &lt;i&gt;On n'a pas obtenu grand-chose pour l'instant&lt;/i&gt;, se lamente le syndicaliste FO contact&#233; par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Mais nous n'avons pas trop de moyens de pression &#8211; qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? Gemalto, c'est essentiellement une population de cadres. Et les cadres ne sont pas des gens qu'on mobilise comme des ouvriers.&lt;/i&gt; &#187; Pour seule r&#233;elle journ&#233;e d'action : une gr&#232;ve le 12 d&#233;cembre. Sinon, macache. La lutte, &#231;a ne va pas toujours de soi... &#171; &lt;i&gt;Nous sommes des cadres, donc sans doute des gens qui ont pour habitude de trop r&#233;fl&#233;chir, de trop discuter&#8230;. Un d&#233;l&#233;gu&#233; c&#233;g&#233;tiste nous l'a d'ailleurs reproch&#233; : selon lui, si on veut obtenir quelque chose, il faut tout bloquer, tout p&#233;ter. Mais ce n'est pas dans notre culture.&lt;/i&gt; &#187; Et le syndicaliste de justifier : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si on se lan&#231;ait dans un mouvement de gr&#232;ve et de blocage des sites, il ne porterait pas forc&#233;ment ses fruits. Nous travaillons sur un temps plut&#244;t long, dans des conditions proches de la recherche. On peut toujours s'arr&#234;ter pendant une semaine ou deux, personne ne s'en apercevra...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re est pourtant bien pr&#233;sente, &#224; en croire les t&#233;moignages de certains salari&#233;s recueillis par la presse locale&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233;s dans l'&#233;dition de La Provence du 23/01/18, ces t&#233;moignages ont &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; embauch&#233; &#224; 30 ans, et j'ai v&#233;cu &#224; Gemalto la partie la plus dynamique de ma carri&#232;re, comme nombre de mes coll&#232;gue&lt;/i&gt;s, explique ainsi Bertrand. &lt;i&gt;Nous nous sommes impliqu&#233;s, nous avons acquis des comp&#233;tences, nous avons chang&#233; de poste lorsqu'il le fallait, nous avons accept&#233; d'&#234;tre flexibles. Nous avons &#233;t&#233; des salari&#233;s tr&#232;s loyaux, on avait confiance, c'&#233;tait un pacte. Et l&#224;, la direction nous oublie, nous, tous les gens qui ont fait cette soci&#233;t&#233;. Nous l'avons cr&#233;&#233;e, nous lui avons donn&#233; sa valeur.&lt;/i&gt; &#187; Et H&#233;l&#232;ne d'en remettre une couche : &#171; &lt;i&gt;Les ordonnances Macron facilitent les proc&#233;dures collectives de d&#233;parts. Non pas pour les PME comme annonc&#233;, mais bel et bien pour les grandes entreprises comme on peut le voir dans les m&#233;dias. Je suis d&#233;&#231;ue par La R&#233;publique en marche, pour qui j'ai vot&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le ressentiment est r&#233;el. Mais ne suffit pas &#224; donner l'envie aux salari&#233;s de lancer des actions plus dures. Il y en aurait, pourtant. D&#233;brancher les serveurs, par exemple. &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait sans doute un bon moyen de pression, en effet&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Christophe Bassas. &lt;i&gt;Mais ce n'est pas notre genre. Impossible&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Neutraliser les m&#233;dias&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a reste par contre possible de s'indigner apr&#232;s la d&#233;couverte, par l'intersyndicale de Gemalto, du cahier des charges du cabinet de conseil Altedia, charg&#233; par la direction d'accompagner le plan social et d'assurer le reclassement des futurs licenci&#233;s. Sauf que sa mission ne se limite pas &#224; &#231;a : Altedia se fait aussi fort de &#171; &lt;i&gt; neutraliser les autorit&#233;s politiques et administratives susceptibles d'interf&#233;rer dans&lt;/i&gt; [la] &lt;i&gt;mise en &#339;uvre&lt;/i&gt; &#187; du plan social et de &#171; &lt;i&gt;neutraliser&lt;/i&gt; &#187; les m&#233;dias&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;v&#233;lation faite par La Marseillaise, dans un article titr&#233; &#171; Gemalto : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Mais pour cela, encore faudrait-il que les autorit&#233;s et la presse s'agitent. Ce qui n'arrivera que si les salari&#233;s les secouent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, ces derniers cherchent avant tout &#224; gagner du temps et &#224; prolonger la dur&#233;e du plan social, jusqu'&#224; ce que le rachat de Gemalto par Thales soit effectif. Ce qui permettrait de revoir la donne. Et si cette strat&#233;gie &#233;choue ? On a bien une id&#233;e&#8230; Une fois licenci&#233;s, les cadres et ing&#233;nieurs pourraient cr&#233;er discretos une petite start-up. Quelque chose nous dit que de faux fafiots biom&#233;triques, &#231;a pourrait int&#233;resser du monde...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans &#171; La Ciotat : Beno&#238;t Hamon est venu apporter son soutien aux salari&#233;s de Gemalto &#187;, article mis en ligne le 07/02/18 sur le site de &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le d&#233;bat resurgit pourtant souvent. Pour dernier avatar, la pol&#233;mique ayant oppos&#233; Fran&#231;ois Ruffin au collectif Pi&#232;ces et main-d'&#339;uvre (PMO) &#224; propos du sort d'Arkema, premier chimiste fran&#231;ais qui se d&#233;barrassait en 2012 de 1 800 de ses salari&#233;s. Pour r&#233;sumer grossi&#232;rement : le directeur de r&#233;daction de &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt; penchait r&#233;solument pour le soutien aux salari&#233;s en lutte, quand PMO s'y refusait, pointant les capacit&#233;s de nuisance environnementale et sociale d'Arkema.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233;s dans l'&#233;dition de &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; du 23/01/18, ces t&#233;moignages ont &#233;t&#233; repris sur le blog de l'intersyndicale de Gemalto, sous le titre &#171; T&#233;moignages sous couvert d'anonymat &#8211; Col&#232;re, angoisse, trahison, incompr&#233;hension&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;v&#233;lation faite par &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, dans un article titr&#233; &#171; Gemalto : Altedia propose de &#8216;&#8216; neutraliser '' les politiques et la presse &#187; et mis en ligne le 16/02/18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mille &#171; zieux &#187; au beurre noir</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le plan 1000 cam&#233;ras, cens&#233; combler le d&#233;plorable retard de Marseille en termes de vid&#233;osurveillance, a &#233;t&#233; activ&#233; cet hiver sans qu'aucun indice ne permette de supputer une quelconque vis&#233;e &#233;lectoraliste de la part de ses promoteurs. Cinquante m&#226;ts m&#233;talliques ont &#233;t&#233; fich&#233;s en terre aux angles des rues les plus passantes du centre-ville. Il s'agit visiblement d'en imposer. &#192; pr&#233;sent, les terrasses des bars les plus populaires du quartier de La Plaine sont surplomb&#233;es par un &#339;il &#224; fibre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/videosurveillance" rel="tag"&gt;vid&#233;osurveillance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plan-6124" rel="tag"&gt;plan&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/combler" rel="tag"&gt;combler&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le plan 1000 cam&#233;ras, cens&#233; combler le d&#233;plorable retard de Marseille en termes de vid&#233;osurveillance, a &#233;t&#233; activ&#233; cet hiver sans qu'aucun indice ne permette de supputer une quelconque vis&#233;e &#233;lectoraliste de la part de ses promoteurs. Cinquante m&#226;ts m&#233;talliques ont &#233;t&#233; fich&#233;s en terre aux angles des rues les plus passantes du centre-ville. Il s'agit visiblement d'en imposer. &#192; pr&#233;sent, les terrasses des bars les plus populaires du quartier de La Plaine sont surplomb&#233;es par un &#339;il &#224; fibre optique qui &#233;piera les ap&#233;ros et le moindre &#233;change de papier &#224; rouler. Cette intrusion est jug&#233;e au minimum exag&#233;r&#233;e, mais le fatalisme risque de vite reprendre le dessus. Quelques faits isol&#233;s, pourtant, t&#233;moignent d'un m&#233;contentement certain. Une nuit, un tractopelle a pris feu. Une autre nuit, quatre ou cinq m&#226;ts ont &#233;t&#233; d&#233;boulonn&#233;s. Une chorale sardonique a fait le tour du quartier en r&#233;clamant &lt;i&gt;&#171; des cam&#233;ras jusque dans nos chiottes &#187;&lt;/i&gt;. Des pamphlets circulent. Samedi 17 d&#233;cembre, un charivari masqu&#233; a d&#233;ambul&#233;, arm&#233; de cam&#233;ras en carton. Sur son passage, un m&#226;t s'est veulement couch&#233;, l&#224;, en plein jour. Un autre pyl&#244;ne s'est vu affubl&#233; d'un gros &#339;il en carton-p&#226;te par une &#233;quipe de joyeux voltigeurs. Une effigie en papier m&#226;ch&#233; de la d&#233;esse Vid&#233;oprotection a &#233;t&#233; br&#251;l&#233;e au milieu du march&#233;. Ce qui n'emp&#234;chera pas l'&#233;dification, boulevard Salengro, d'un centre de gestion de toutes ces images, o&#249; trente agents analyseront vingt-quatre heures sur vingt-quatre leur valeur ethnographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Vitrine-brisee'&gt;&#171; Vitrine bris&#233;e &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cachez cet islam !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Cachez-cet-islam</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
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		<dc:subject>Stany Cambot</dc:subject>
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		<dc:subject>groupe &#201;chelle</dc:subject>
		<dc:subject>Cambot</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un groupe d'artistes planchant sur la visibilit&#233; de l'islam &#224; Marseille &#8211; et surtout sur son invisibilit&#233; officielle &#8211; en a fait l'exp&#233;rience concr&#232;te : une de ses affiches a &#233;t&#233; censur&#233;e par les services culturels de Jean-Claude Gaudin. La cause ? Une mosqu&#233;e y &#233;tait repr&#233;sent&#233;e. &#171; Nous sommes en permanence contraints de nous excuser de travailler sur la question de l'islam &#224; Marseille &#187;, constate Stany Cambot, du groupe &#201;chelle inconnue. Depuis plusieurs ann&#233;es, ces artistes et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no91-juillet-aout-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;91 (juillet-ao&#251;t 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mairie" rel="tag"&gt;mairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mosquee" rel="tag"&gt;mosqu&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plan-6124" rel="tag"&gt;plan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-islam" rel="tag"&gt;l'islam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Stany-Cambot" rel="tag"&gt;Stany Cambot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/permanence-contraints" rel="tag"&gt;permanence contraints&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/constate-Stany" rel="tag"&gt;constate Stany&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/groupe-Echelle" rel="tag"&gt;groupe &#201;chelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cambot" rel="tag"&gt;Cambot&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un groupe d'artistes planchant sur la visibilit&#233; de l'islam &#224; Marseille &#8211; et surtout sur son invisibilit&#233; officielle &#8211; en a fait l'exp&#233;rience concr&#232;te : une de ses affiches a &#233;t&#233; censur&#233;e par les services culturels de Jean-Claude Gaudin. La cause ? Une mosqu&#233;e y &#233;tait repr&#233;sent&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous sommes en permanence contraints de nous excuser de travailler sur la question de l'islam &#224; Marseille &#187;&lt;/i&gt;, constate Stany Cambot, du groupe &lt;a href=&#034;http://www.echelleinconnue.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;chelle inconnue&lt;/a&gt;. Depuis plusieurs ann&#233;es, ces artistes et architectes m&#232;nent un projet urbanistico-politique d&#233;nomm&#233; &#171; Smala &#187;, qui suit &#224; la trace, de ville en ville, le p&#233;riple p&#233;nitentiaire de l'&#233;mir Abd el Kader&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abd el Kader (1808-1883), homme politique, chef militaire, &#233;crivain, po&#232;te, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Arriv&#233;s &#224; Marseille l'ann&#233;e derni&#232;re, ils se sont install&#233;s au Plan d'Aou, dans les quartiers Nord. &lt;i&gt;&#171; Sur la table, un plan de Marseille. &#192; la radio, des nouvelles du d&#233;bat sur &#8220;l'identit&#233; nationale&#8221;. Sur la carte, le doigt court, suit les rues, avenues, survole les petites ic&#244;nes, mus&#233;es, mairie, &#233;glise, temple, synagogue, et cherche en vain une mosqu&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, peut-on lire sur leur document de pr&#233;sentation. Pas de mosqu&#233;e ? Ils s'int&#233;ressent alors &#224; la visibilit&#233; de l'islam dans la ville, r&#233;alisant nombre d'entretiens avec les habitants ainsi qu'une carte de la cit&#233; phoc&#233;enne o&#249; apparaissent&#8230; une quarantaine de salles de pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH422/affiche_echelle_inconnue-d4e16.png?1782726663' width='300' height='422' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;l'affiche par Echelle inconnue
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du 28 juin au 2 juillet, ils devaient pr&#233;senter leur travail &#8211; une exposition visuelle et sonore agr&#233;ment&#233;e de conf&#233;rences &#8211; &#224; la biblioth&#232;que municipale de l'Alcazar, &#224; deux pas de la Canebi&#232;re. Pour annoncer l'&#233;v&#233;nement, ils proposent &#224; la direction du lieu une affiche o&#249; est repr&#233;sent&#233;e, en arri&#232;re plan, une mosqu&#233;e stylis&#233;e. C'est sans compter sur le service des affaires culturelles de la mairie. &lt;i&gt;&#171; Nous n'avions plus de nouvelles. Quand nous nous sommes manifest&#233;s, nous avons re&#231;u l'affiche modifi&#233;e, qui ne ressemblait plus qu'&#224; un vulgaire menu de cantine ! &#187;&lt;/i&gt;, explique Stany. De mosqu&#233;e, il n'est plus question : &lt;i&gt;&#171; Ils nous ont expliqu&#233; que c'&#233;tait un choix esth&#233;tique. &#187; &#171; Censure ! &#187;&lt;/i&gt;, traduira &#201;chelle inconnue, qui d&#233;cide alors de boycotter la biblioth&#232;que et d'exposer son travail dans la rue. Contact&#233;e par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, la mairie n'a pas daign&#233; rappeler. Mais Daniel Hermann, adjoint au maire charg&#233; des biblioth&#232;ques, a affirm&#233; &#224; La Provence (1er juillet 2011) que&lt;i&gt; &#171; &#231;a n'a rien &#224; voir, sur les affiches, on met du texte et rien d'autre &#187;. &#171; Cette histoire, c'est la goutte d'eau qui fait d&#233;border le vase&lt;/i&gt;, rel&#232;ve Julie Bernard, architecte membre du collectif. &lt;i&gt;Cela condamne notre boulot. Certains ont cru y voir une forme de pros&#233;lytisme musulman, ce qui n'est bien &#233;videmment pas le cas. Mais travailler sur l'islam semble d&#233;ranger. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH422/affiche_mairie-7f6bb.png?1782653421' width='300' height='422' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;l'affiche revue par la mairie
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stany confirme&lt;/strong&gt;, constatant que &lt;i&gt;&#171; finalement, la r&#233;action de la mairie est coh&#233;rente avec ce que nous avons pu observer cette ann&#233;e : l'islam n'est pas bienvenu dans l'espace public &#187;&lt;/i&gt;. Un exemple ? &lt;i&gt;&#171; Au Plan d'Aou, dans le XVe, deux barres d'habitation ont &#233;t&#233; vid&#233;es. Il ne reste plus, en bas, que trois salles de pri&#232;res : une comorienne, une turque et une alg&#233;rienne. Chaque salle fait 80 m&#232;tres carr&#233;s. Les barres devant &#234;tre d&#233;truites, on leur a propos&#233;, en remplacement, une seule salle de 60 m&#232;tres carr&#233;s. Quand on a &#233;voqu&#233; cette info, une responsable du Grand projet de ville [GPV] nous a ouvertement d&#233;conseill&#233; d'aborder le sujet, que c'&#233;tait plus compliqu&#233;, que Marseille, c'est particulier, etc. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans une tente&lt;/strong&gt; install&#233;e sur le trottoir et baptis&#233;e &#171; Atelier cartographique de campagne &#187;, ils ont pu r&#233;colter quelques v&#233;rit&#233;s savoureuses, mais pas bonnes &#224; dire. Comme &lt;i&gt;&#171; cette dame musulmane qui nous a expliqu&#233; qu'elle allait parfois prier &#224; Notre-Dame-de-la-Garde ! &#187;&lt;/i&gt;
&#192; l'heure du d&#233;bat sur l'islam &#8211; pardon, sur la la&#239;cit&#233; &#8211;, de la loi contre le port de la burqa dans l'espace public, de la d&#233;nonciation de &#171; l'occupation &#187; des rues lors de pri&#232;res&#8230;, nos artistes se soucient donc de la visibilit&#233; urbaine de l'islam&#8230; Dites, ce ne serait pas un petit peu provoc' ? &lt;i&gt;&#171; &#192; propos des pri&#232;res dans les rues, r&#233;pond Julie, une dame nous a dit : &#8220;Ce qui est terrible, c'est que l'on soit oblig&#233; de prier dans un endroit sale. Nous sommes visibles o&#249; nous ne souhaitons pas l'&#234;tre. On pr&#233;f&#232;rerait &#234;tre dans une mosqu&#233;e, un lieu plus grand, plus propre&#8221;. Ceci dit, non, poursuit l'architecte, ce n'est pas une provocation. Nous travaillons sur ce sujet comme travaillerait un chercheur. Mais on sent bien qu'on a touch&#233; un point sensible ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hasard du calendrier&lt;/strong&gt;, islam et espace public refaisaient l'actualit&#233; quelques jours plus t&#244;t. Vous rappelez-vous d'Andr&#233; Gerin, l'ex-maire communiste de V&#233;nissieux (Rh&#244;ne) qui, &#224; force de r&#233;clamer une commission d'enqu&#234;te sur le port du niqab et de la burqa, s'est vu offrir par Nicolas Sarkozy une mission d'information parlementaire sur le port du voile int&#233;gral ? Eh bien, ce fervent d&#233;fenseur de la la&#239;cit&#233; &#233;crivait sur son blog&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;blogandregerin.fr/2011_06/110620.html.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; le 20 juin dernier : &lt;i&gt;&#171; Non, l'immigration n'est pas une chance pour la France. &#187;&lt;/i&gt; Compl&#233;tant, tel un vulgaire ministre de l'Int&#233;rieur : &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, limiter y compris l'immigration r&#233;guli&#232;re devient vital face une situation intenable et explosive dans des centaines de villes populaires. &#187;&lt;/i&gt; La visibilit&#233; du discours frontiste dans l'espace politique, &#231;a pourrait aussi faire un bon sujet d'&#233;tude, non ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Abd el Kader (1808-1883), homme politique, chef militaire, &#233;crivain, po&#232;te, philosophe et th&#233;ologien soufi qui r&#233;sista pendant quinze ans &#224; la conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie par la France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;blogandregerin.fr/2011_06/110620.html.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On l'a encore &#233;chapp&#233; belle !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-l-a-encore-echappe-belle</link>
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		<dc:date>2010-10-25T19:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;C'EST UN PEU COMPLIQUE, en septembre, de vous parler de ce qui est arriv&#233; &#224; l'usine durant l'&#233;t&#233;, parce qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Si je vous dis que l'ambiance n'est pas au beau fixe dans les ateliers, vous me r&#233;pondrez que &#231;a ne change pas. J'ajouterai que &#231;a empire : &#233;tat des ateliers, heures sup, changements de rythmes de travail, hi&#233;rarchie de plus en plus autoritaire, bruits de couloir sur la future construction d'un hangar permettant de stocker des engrais achet&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no81-septembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;81 (septembre 2010)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'EST UN PEU COMPLIQUE, en septembre, de vous parler de ce qui est arriv&#233; &#224; l'usine durant l'&#233;t&#233;, parce qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Si je vous dis que l'ambiance n'est pas au beau fixe dans les ateliers, vous me r&#233;pondrez que &#231;a ne change pas. J'ajouterai que &#231;a empire : &#233;tat des ateliers, heures sup, changements de rythmes de travail, hi&#233;rarchie de plus en plus autoritaire, bruits de couloir sur la future construction d'un hangar permettant de stocker des engrais achet&#233;s sur le march&#233; et non plus fabriqu&#233;s sur le site, nouveau plan de pr&#233;vention des risques avec, peut-&#234;tre, d&#233;molition d'habitations trop proches de l'usine, offensive de la direction, appuy&#233;e par la CFDT, contre la CGT, etc. &#199;a n'arr&#234;te pas. Reste que deux faits peuvent vous int&#233;resser. Il y a encore eu un mort sur un chantier de mon atelier. Un mort &#171; naturel &#187; comme on nous dit. Un int&#233;rimaire de 52 ans, venu l&#224; pour une mission de trois mois. Il &#233;tait en train de retirer des calorifugeages en inox, par un apr&#232;s-midi orageux. Il a eu un malaise et s'est &#233;croul&#233;. Mort. Infarctus foudroyant. A priori, il n'avait pas fait d'heures suppl&#233;mentaires, ni forc&#233; sur le boulot. Mort. Mais son d&#233;c&#232;s a choqu&#233; tout le monde, ceux qui &#233;taient &#224; ses c&#244;t&#233;s et ceux qui se sont &#233;vertu&#233;s &#224; essayer de le ranimer. Cet accident a rappel&#233; le souvenir d'un autre qui s'est d&#233;roul&#233; dix ans, jour pour jour, auparavant et qui touchait un salari&#233; de la m&#234;me entreprise. J'en avais parl&#233; dans Putain d'usine (2002, r&#233;&#233;dition Agone, 2007) : un mec avait travers&#233; une verri&#232;re et s'&#233;tait &#233;cras&#233; 15 m&#232;tres plus bas. Ce n'est pas qu'on soit superstitieux, mais &#231;a fait un dr&#244;le d'effet. Dix ans apr&#232;s, tu parles d'un anniversaire ! Apprenant la mort du coll&#232;gue, tous les ouvriers ont arr&#234;t&#233; de travailler et ont laiss&#233; le chantier en plan. Les chefs d'&#233;quipe et les contrema&#238;tres n'ont m&#234;me pas cherch&#233; &#224; les retenir. C'est un d&#233;go&#251;t face &#224; la mort au travail que j'avais d&#233;j&#224; remarqu&#233; lors d'autres accidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire sur mon atelier fait suite &#224; un nouvel incident qui s'est produit le 28 juin. Et l&#224; on a, une fois de plus, fr&#244;l&#233; la catastrophe. Vingt-trois heures, les copains de l'&#233;quipe de nuit font leur premi&#232;re tourn&#233;e &#224; l'int&#233;rieur des b&#226;timents, notent l'&#233;tat des machines, les temp&#233;ratures et pressions. Soudain une d&#233;flagration terrible. Puis les mises &#224; l'air et le d&#233;clenchement de l'atelier. Enfin la course pour arr&#234;ter les machines et limiter les risques. Au d&#233;but, on ne sait pas trop ce qui se passe, et puis on voit. Une tuyauterie de vapeur &#224; 120 bars a explos&#233;, propulsant un &#171; caps &#187; (une t&#234;te m&#233;tallique) de 45 kilos &#224; 150 m&#232;tres de l'atelier. Raconter ainsi, &#231;a ne para&#238;t pas trop grave, sauf que ce boulet de canon a fr&#244;l&#233; un compresseur charg&#233; d'hydrog&#232;ne et un r&#233;acteur contenant le m&#234;me gaz &#224; tr&#232;s haute pression, avant de ricocher sur l'atelier de fabrication d'acide nitrique et de passer au-dessus du stockage d'ammonitrates, pour finir sa trajectoire &#224; quelques m&#232;tres d'un wagon d'am- moniac. Bref, autant de possibilit&#233;s d'explosions et de catastrophes dignes de celle d'AZF. Mais on a eu, encore une fois, un vrai coup de pot (sauf pour les pigeons dont les copains ont ramass&#233; 200 cadavres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette explosion est due &#224; une mauvaise conception d'origine (l'atelier a 32 ans !) qui ne s'est r&#233;v&#233;l&#233;e que l&#224;. C'est comme un cancer, il faut du temps pour qu'il se d&#233;veloppe. Des &#233;preuves hydrauliques avaient pourtant &#233;t&#233; effectu&#233;es sur cette tuyauterie lors du dernier arr&#234;t, c'est &#224; croire qu'elles ne sont pas efficaces !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu l'&#233;tat de l'atelier, apr&#232;s cet &#171; incident &#187;, on pensait qu'il serait d&#233;finitivement arr&#234;t&#233;, avec plan de suppression d'emplois &#224; la cl&#233;. Mais non, la direction a d&#233;cid&#233; de lancer un chantier de r&#233;parations de plusieurs millions d'euros, toujours en cours &#224; l'heure o&#249; paraissent ces lignes. Sans doute que &#231;a co&#251;te moins cher qu'un d&#233;montage d'atelier entra&#238;nant la d&#233;pollution du site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; o&#249; on en est et &#231;a influe vraiment sur le moral des coll&#232;gues qui attendent ce fameux plan de restructuration qui ne vient toujours pas&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ambiance ambiance</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ambiance-ambiance</link>
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		<dc:date>2009-09-07T08:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>juin</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>jour</dc:subject>
		<dc:subject>Nord</dc:subject>
		<dc:subject>boulot</dc:subject>
		<dc:subject>plan</dc:subject>
		<dc:subject>DERNIER JOUR</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;DERNIER JOUR DE JUIN, il flotte sur l'usine un dr&#244;le de climat. Outre la chaleur &#233;touffante, c'est une ambiance particuli&#232;re qui r&#232;gne. Le nouvel atelier de fabrication d'acide nitrique (construit par des Tch&#232;ques) va d&#233;marrer dans les heures &#224; venir, avec l'habituel retard de plusieurs mois. Tous les salari&#233;s de l'usine et du groupe savent que cet atelier va entra&#238;ner des bouleversements : l'arr&#234;t de trois autres &#224; Rouen et dans le Nord ainsi que diverses restructurations. Donc, en cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no69-juillet-aout-2009" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;69 (juillet-ao&#251;t 2009)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/DERNIER-JOUR" rel="tag"&gt;DERNIER JOUR&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;DERNIER JOUR DE JUIN, il flotte sur l'usine un dr&#244;le de climat. Outre la chaleur &#233;touffante, c'est une ambiance particuli&#232;re qui r&#232;gne. Le nouvel atelier de fabrication d'acide nitrique (construit par des Tch&#232;ques) va d&#233;marrer dans les heures &#224; venir, avec l'habituel retard de plusieurs mois. Tous les salari&#233;s de l'usine et du groupe savent que cet atelier va entra&#238;ner des bouleversements : l'arr&#234;t de trois autres &#224; Rouen et dans le Nord ainsi que diverses restructurations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, en cette veille de vacances, on est dans l'expectative. Il est &#233;vident qu'il va y avoir un plan de suppression d'emplois avec concentrations de services, de surveillances d'atelier et, peut-&#234;tre, fermeture du site dans le Nord. Le travail va peser davantage sur ceux qui restent en complexifiant et augmentant encore plus leurs t&#226;ches. Sur l'usine, l'activit&#233; ne va pas baisser, au contraire, mais, petit &#224; petit, tout va se trouver transf&#233;r&#233; &#224; des entreprises sous-traitantes multipliant les emplois d'int&#233;rimaires : chargement et d&#233;chargement de bateaux et de trains d'ammoniaque, maintenance m&#233;canique et &#233;lectronique et tout un tas de boulots importants et parfois risqu&#233;s. Alors que le proc&#232;s d'AZF a montr&#233; les dangers de sous-traiter (personnel pas assez form&#233; ou qui change souvent), la direction s'enfonce encore plus dans cette nouvelle organisation du travail. D'ailleurs la direction de GPN r&#234;ve de produire des engrais en n'ayant plus de salari&#233;s &#224; statut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment &#231;a joue sur l'&#233;tat d'esprit des copains. Entre r&#233;signation, attente d'un d&#233;part pr&#233;coce, calculs du nombre de d&#233;parts, etc. &#199;a discute ferme. &lt;i&gt;&#171; Est-ce que ce ne seront que ceux qui sont n&#233;s en 1953 qui partiront ? Ou 1954 ? &#187;&lt;/i&gt; On prendrait presque les paris. Si les rumeurs de plan dans l'usine reviennent cycliquement, cette fois, &#231;a semble r&#233;el. Reste &#224; savoir quand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc le climat est plut&#244;t morose. La combativit&#233; est en berne dans les divers secteurs de l'usine et les derni&#232;res journ&#233;es d'action intersyndicales foireuses n'ont pas arrang&#233; les choses. On pourrait penser que, vu la p&#233;riode estivale, tout le monde pense &#224; la plage plut&#244;t qu'au boulot, mais m&#234;me pas. D'autant que pas mal de copains ne partiront pas en vacances cet &#233;t&#233;. Bon bref, vous voyez l'ambiance qui r&#232;gne dans l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait c'est pas du tout de &#231;a que je voulais vous entretenir, mais maintenant c'est trop tard. Je voulais vous raconter que le dernier plan avait &#233;t&#233; tellement efficace qu'il y avait eu plus de d&#233;parts en pr&#233;retraite que pr&#233;vu. Il avait fallu embaucher et, pire, il a &#233;t&#233; fait appel &#224; certains pr&#233;retrait&#233;s pour qu'ils reviennent bosser. La plupart ont refus&#233; de revenir, se faisant m&#234;me un plaisir de dire merde au patron, mais il y en a quand m&#234;me trois qui ont accept&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est un ancien contrema&#238;tre qui &#233;tait tr&#232;s mal vu dans son service et qui a &#233;t&#233; pris pour une mission d'un an (tr&#232;s bien pay&#233;e) pour essayer de trouver un roulement unique pour les travailleurs post&#233;s du site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me est un prolo des plus serviles. S'emmerdant chez lui, semble-t-il, il a accept&#233; tout de suite. Et depuis bient&#244;t six mois qu'il est l&#224;,il accumule les heures suppl&#233;mentaires. D&#232;s qu'un chef le siffle alors qu'il devrait &#234;tre de repos, il accourt. Il est devenu pire qu'avant. Lorsqu'il est dans l'atelier, il ne se m&#234;le pas aux autres, ne parle pas et reste face &#224; ses &#233;crans. Hormis le fric, on se demande pourquoi il est revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me est plus probl&#233;matique. Il est revenu depuis un an et g&#232;re les entreprises sous-traitantes qui interviennent dans l'usine. Comme, avant de partir en pr&#233;retraite, il fut un militant syndicaliste (CFDT) plut&#244;t honn&#234;te et en pointe sur l'am&#233;lioration des conditions de travail, alors, bien s&#251;r, &#231;a fait jaser. Sans &#234;tre un boute-en-train, il discutait facilement et ne disait jamais non &#224; un ap&#233;ro ou &#224; un verre de ros&#233; (voire deux ou trois). Depuis qu'il est revenu, il fait juste son boulot. Il ne parle plus &#224; personne et reste dans son coin. Il ne retourne m&#234;me pas voir ses excamarades c&#233;d&#233;tistes. Le passage vers le cot&#233; obscur a d&#251; entra&#238;ner une culpabilit&#233; qu'un salaire plus important ne semble pas suffire &#224; faire dig&#233;rer. Quelle id&#233;e de revenir au boulot quand une pension suffisante permet de faire d'autres choses plus enthousiasmantes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, c'est tout pour ce mois-ci, bonnes vacances et rendez-vous dans ces pages et dans les rues &#224; la rentr&#233;e (soyons fous).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un flic</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-flic</link>
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		<dc:date>2008-03-10T10:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
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		<dc:subject>Gel</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;CE MATIN, SIGNE DE GEL, les panaches de fum&#233;e des chemin&#233;es de l'usine montent droit dans ce ciel d'aurore. C'est b&#234;te &#224; dire mais c'est plut&#244;t beau et majestueux &#224; voir. Le probl&#232;me c'est que ces fum&#233;es sont lourdes de CO2 et de particules pas folichonnes. On se satisfera du fait que, plus de la moiti&#233; des ateliers de l'usine ayant &#233;t&#233; ferm&#233;s puis d&#233;truits, l'usine pollue quand m&#234;me vachement moins. Bref. Tout &#231;a pour dire que dans l'usine,en ce moment, c'est plut&#244;t le calme plat. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no53-fevrier-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;53 (f&#233;vrier 2008)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CE MATIN, SIGNE DE GEL, les panaches de fum&#233;e des chemin&#233;es de l'usine montent droit dans ce ciel d'aurore. C'est b&#234;te &#224; dire mais c'est plut&#244;t beau et majestueux &#224; voir. Le probl&#232;me c'est que ces fum&#233;es sont lourdes de CO2 et de particules pas folichonnes. On se satisfera du fait que, plus de la moiti&#233; des ateliers de l'usine ayant &#233;t&#233; ferm&#233;s puis d&#233;truits, l'usine pollue quand m&#234;me vachement moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref. Tout &#231;a pour dire que dans l'usine,en ce moment, c'est plut&#244;t le calme plat. Quelques coups de gueule dans certains secteurs &#8211; contre un contrema&#238;tre, pour obtenir une prime &#8211; mais rien de v&#233;ritablement combatif et les menaces d'action n'aboutissent pas. Pendant ce temps-l&#224;, pourtant, au niveau de la direction g&#233;n&#233;rale du groupe, les atteintes aux droits du travail ne sont pas que des slogans syndicaux. Par exemple, en ce moment les syndicats doivent &#171; n&#233;gocier &#187; un prochain plan de &#171; Gestion Pr&#233;visionnelle des Emplois et des Comp&#233;tences &#187;. D&#233;j&#224; dans l'intitul&#233;, tu sens l'arnaque. Cette gestion doit &#234;tre n&#233;goci&#233;e dans toutes les bo&#238;tes de France. Le minist&#232;re du Travail voulait que tout soit r&#233;gl&#233; avant le 18 janvier, mais tous les patrons &#233;tant en retard, &#231;a ne fait que commencer. Pression &#233;tait mise sur les entreprises, sous peine de ne plus pouvoir entamer de Plan de Suppression d'Emplois, ni m&#234;me de licenciements. C'est dire si le gouvernement y tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plan de gestion est particuli&#232;rement dangereux parce qu'il remet en cause une grande partie du financement de la formation professionnelle et accro&#238;t la mainmise du MEDEF sur cette formation (m&#234;me si, la plupart du temps, elle ne correspond plus aux demandes et attentes des salari&#233;s). &#201;tant donn&#233; les modalit&#233;s d'application, cette gestion peut &#233;galement entra&#238;ner des remises en cause des pr&#233;rogatives syndicales dans le cas de plan de suppression d'emploi, et m&#234;me favoriser les licenciements. Et il y a certaines centrales (pas la peine de vous les nommer) qui ont d&#233;j&#224; sorti le stylo pour signer un accord l&#224;-dessus. Comme quoi, il y a vraiment du souci &#224; se faire dans le monde salari&#233; : les attaques viennent de partout sans que personne ne r&#233;agisse vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voyez l'&#233;tat d'esprit dans lequel je suis en ce moment. Du coup, je n'ai pas trop envie de vous la faire &#171; les histoires de l'Oncle Jean-Pierre &#187;, pourtant, v'l&#224; la derni&#232;re qui s'est pass&#233;e &#224; l'usine. C'est pas du politique en tant que tel, &#231;a tient plut&#244;t du polar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usine, suite &#224; diverses restructurations et absorptions,s'&#233;tendait nagu&#232;re sur trois sites. Au fur et &#224; mesure des plans de licenciements et des fermetures d'ateliers, deux sites ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s. Pourtant la direction en garde la propri&#233;t&#233;, parce qu'ils ne sont pas encore d&#233;pollu&#233;s ou pour faire monter les ench&#232;res face au Port autonome ou aux villes qui veulent s'en porter acqu&#233;reurs. Le site o&#249; se situe l'action est le plus ancien, il se trouve en lisi&#232;re de Rouen, tout pr&#232;s de grands immeubles d'habitation. Le dernier atelier dans lequel on fabriquait de l'engrais a ferm&#233; il y a dix ans. Il s'agissait d'un petit atelier tr&#232;s ancien, encore en charpente de bois. Joli &#224; voir de l'ext&#233;rieur (&lt;i&gt;&#171; une vraie cath&#233;drale &#187;&lt;/i&gt;) mais particuli&#232;rement v&#233;tuste et polluant. Bref.C'est sur une partie de ce site que va se faire l'arriv&#233;e d'un sixi&#232;me pont rouennais et des travaux sont en cours actuellement. Une fois les chantiers install&#233;s,des ouvriers du BTP s'activent de jour comme de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet endroit et &#224; ce moment de la nuit, Franky est seul avec sa pelleteuse &#224; creuser un trou. Il retourne le sol pollu&#233; pour que la terre soit retir&#233;e puis trait&#233;e (souhaitons-le). Boulot un peu p&#233;nible mais pas si fatigant. Encore une heure et apr&#232;s il se casse. C'est donc vers 2 heures du matin que Franky aper&#231;oit les phares d'une voiture qui passe la grille rest&#233;e ouverte. La voiture, une Opel Corsa, fonce et se dirige vers l'extr&#233;mit&#233; nord de l'usine. Coup de frein. Franky &#233;teint les loupiotes de sa machine et observe. Il sait ce que viennent chercher ces types. Trois personnes sortent de la voiture et vont vers le transformateur. L'un d'eux manie une barre &#224; mine. Ce que ces mecs ne savent pas, c'est que d'autres sont d&#233;j&#224; pass&#233;s par l&#224; quelques mois plus t&#244;t. La strat&#233;gie est simple : ouvrir le transformateur, jeter la barre &#224; mine sur les coffrets &#233;lectriques afin de provoquer un court-circuit, et embarquer le cuivre pour le revendre &#224; prix d'or. Lors du dernier larcin, les voleurs avaient provoqu&#233; une panne d'&#233;lectricit&#233; sur tous les immeubles alentour. Parce qu'il a sans doute vu trop de films, Franky se croit oblig&#233; de jouer les h&#233;ros : il red&#233;marre sa pelleteuse et se place en faction devant la grille d'entr&#233;e, &#224; les attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les visiteurs, bredouilles et &#233;nerv&#233;s,veulent ressortir, ils tombent nez &#224; nez avec Franky aux commandes de son terrible engin. Et l&#224;, c'est pas Il &#233;tait une fois dans l'Ouest mais pas loin, l'un sort un fusil et l'autre un pistolet et ils tirent ! Les balles sifflent au-dessus de la t&#234;te de Franky qui comprend vite qu'il a int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;m&#233;nager avec son Caterpillar. Ce qui est une bonne id&#233;e,vu que les types remontent dans la voiture et filent d&#232;s que la sortie est lib&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franky est tout tremblant, on le serait &#224; moins. Plus tard ses coll&#232;gues, attir&#233;s par les bruits, le retrouvent prostr&#233; sur son si&#232;ge. Franky explique ce qui vient de lui arriver : la voiture, les types, les balles. Il y a des impacts sur la carrosserie et une vitre a vol&#233; en &#233;clats. C'est l&#224; qu'Antoine le traite de con. Franky se fait engueuler et n'a pas l'air de vraiment comprendre (il r&#234;vait peut-&#234;tre d'&#234;tre flic dans une autre vie ?). Antoine l'attrape par le col de sa veste,&#233;nerv&#233; : &lt;i&gt;&#171; On n'est pas l&#224; pour se faire canarder, surtout pour un patron. Alors, la prochaine fois, tu te casses,un point c'est tout. &#187; &lt;/i&gt; Puis il le rel&#226;che. Franky est sonn&#233; mais ne recommencera sans doute pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Collectivisme potager</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Collectivisme-potager</link>
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		<dc:date>2007-02-07T14:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>jardin</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
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		<dc:subject>doryphores plan</dc:subject>
		<dc:subject>Tarn Nord</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le jardinage n'est pas qu'une occupation de retrait&#233;. C'est aussi le moyen de garnir son garde-manger &#224; peu de frais. Et si on b&#234;che &#224; plusieurs, c'est termin&#233; avant m&#234;me de se faire des ampoules. Courb&#233;s sous un p&#226;le soleil de mai, nous traquions les doryphores plan par plan. Une vraie saloperie, ces bestioles : les plus grosses sont faciles &#224; choper, mais les petites se planquent sous les feuilles et vous claquent entre les doigts. Pour faciliter la t&#226;che, nous devions les mettre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no40-decembre-2006" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;40 (d&#233;cembre 2006)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plan-6124" rel="tag"&gt;plan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pale-soleil" rel="tag"&gt;p&#226;le soleil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/doryphores-plan" rel="tag"&gt;doryphores plan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tarn-Nord" rel="tag"&gt;Tarn Nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Courbes" rel="tag"&gt;Courb&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ble" rel="tag"&gt;bl&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le jardinage n'est pas qu'une occupation de retrait&#233;. C'est aussi le moyen de garnir son garde-manger &#224; peu de frais. Et si on b&#234;che &#224; plusieurs, c'est termin&#233; avant m&#234;me de se faire des ampoules.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Courb&#233;s sous un p&#226;le soleil de mai, nous traquions les doryphores plan par plan. Une vraie saloperie, ces bestioles : les plus grosses sont faciles &#224; choper, mais les petites se planquent sous les feuilles et vous claquent entre les doigts. Pour faciliter la t&#226;che, nous devions les mettre pr&#233;cautionneusement dans des bouteilles en plastique, afin d'en faire un purin que d'autres &#233;pandront sur ces pieds de pomme de terre. Il para&#238;t que l'odeur des cadavres ferment&#233;s de leurs cong&#233;n&#232;res fait fuir les jeunes g&#233;n&#233;rations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille, du haut de ses deux ans, pr&#233;f&#233;rait d&#233;cimer les rangs de son &#233;p&#233;e en noisetier. Elle se r&#233;tama la couche dans les oignons, au grand d&#233;sespoir de sa m&#232;re, qui s'en fut la balader jusqu'au bas du jardin, o&#249; le bl&#233; &#233;tait encore sur pied. &lt;i&gt;&#171; Nous l'avons moissonn&#233; depuis&lt;/i&gt;, confie Ben, &lt;i&gt;mais il &#233;tait charbonn&#233;, et nous n'avons pu le garder. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Nous &#187;&lt;/i&gt;, ce sont les vingt personnes qui, dans un coin du Tarn Nord, ont fait de ce petit hectare leur jardin collectif. &lt;i&gt;&#171; On a commenc&#233; &#224; l'automne 2004. Nous nous sommes regroup&#233;s pour cultiver des patates, de l'ail&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il. Car jardiner &#224; plusieurs, c'est moins dur et c'est plus rigolo, surtout si on choisit &lt;i&gt;&#171; des cultures qui poussent facilement et qui demandent le moins de temps possible. &#187;&lt;/i&gt; Il pr&#233;cise : &lt;i&gt;&#171; On bosse tous&#8230; Enfin, on a tous beaucoup d'activit&#233;s par ailleurs ! &#187;&lt;/i&gt; Entre la pr&#233;paration du champ, les plantations et l'entretien, ils ne s'y &#233;chinent pas plus d'une quinzaine de jours par an. Les r&#233;unions ap&#233;ros-bouffes pour prendre les d&#233;cisions strat&#233;giques ne sont bien s&#251;r pas comptabilis&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but, chaque foyer devait fournir la m&#234;me quantit&#233; de travail, que nous &#233;valuions au pifom&#232;tre, puis recevait une part des r&#233;coltes. Mais on a arr&#234;t&#233; : les foyers peuvent &#233;voluer, se recomposer, et alors il faut tout recalculer ! Et puis un c&#233;libataire obtenait autant qu'une famille. Maintenant, on divise par le nombre d'individus impliqu&#233;s, c'est plus simple. &#187;&lt;/i&gt; Et que r&#233;cup&#232;re-t-on dans son petit panier, en sus des apr&#232;s-midi vivifiantes avec les coll&#232;gues ? &lt;i&gt;&#171; Cette ann&#233;e, c'est revenu &#224; trente-cinq euros par personne, et chacun a r&#233;cup&#233;r&#233; un cageot d'ail, une vingtaine d'oignons et trente-cinq kilos de patates. Point de bl&#233; &#224; cause de ce foutu charbon, mais l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, nous avions engrang&#233; cent kilos par t&#234;te. &#187;&lt;/i&gt; Que chacun utilise comme il le souhaite : qui pour nourrir ses poules, qui pour le pain et les g&#226;teaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ben trouve moult avantages &#224; mettre la main &#224; la terre : &lt;i&gt;&#171; Premi&#232;rement, je n'ai pas de terrain, cela me permet donc d'avoir un jardin. Ensuite, &#231;a permet de faire des &#233;conomies sur la bouffe, et puis surtout de savoir ce que je mange. &#187;&lt;/i&gt; La gamine ne jouerait s&#251;rement pas &#224; Fanfan la Tulipe au milieu de l&#233;gumes gav&#233;s de produits phytosanitaires. &lt;i&gt;&#171; Mais on ne fait pas sp&#233;cialement du bio, on n'a pas de cahier des charges ! On utilise parfois des semences classiques, selon les opportunit&#233;s. Mais par contre, on ne traite pas &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise-t-il. Pour &#233;viter le retour des bestioles, ils vont mettre en pratique quelques techniques culturales bien connues : &lt;i&gt;&#171; Le bl&#233;, nous allons le semer ailleurs. De m&#234;me que pour &#233;viter les doryphores, les pommes de terre vont changer de place. Et puis nous allons alterner chaque pied avec du lin, il para&#238;t que &#231;a les &#233;loigne. &#187;&lt;/i&gt; Du lin ! All&#233;luia !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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