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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Veni, vidi, quasi vici</title>
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		<dc:date>2018-09-08T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Larry Bouldingue</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; manu militari. Rageant ? Pas seulement. &#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187; Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s, Louis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plan-6124" rel="tag"&gt;plan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt;. Rageant ? Pas seulement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, Louis Forton&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;10 heure du matin, dans l'un des halls d'entr&#233;e de l'immense b&#226;timent occup&#233;. Depuis quelques minutes, la tension est palpable. L'ami S. a beau grignoter des biscuits comme si de rien n'&#233;tait, je vois bien qu'il est nerveux. Perso, j'ai le stress &#224; fleur de peau, quasi sismique. Il faut dire que la situation est d&#233;licate : nos deux paires d'yeux cern&#233;s par une nuit blanche observent par une embrasure une trentaine de flics s'agiter devant les lieux, usant de pinces monseigneur et de b&#233;liers mastoc pour d&#233;foncer la porte. Ambiance de si&#232;ge m&#233;di&#233;val, sur fond sonore anxiog&#232;ne. Boum, boum, les coups font trembler les murs tandis que r&#233;sonnent leurs invectives : &#171; &lt;i&gt;Ouvrez ou z'allez morfler !&lt;/i&gt; &#187; Assis sur les marches du hall, on n'en m&#232;ne pas large &#224; mesure que c&#232;dent les &#233;tais en m&#233;tal faisant office de barricade. Mais le plaisir de voir la bleusaille s'&#233;puiser en maniant de lourds outils l'emporte sur l'angoisse : advienne que pourra, on ne leur ouvre pas. Plaisir d'offrir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH511/-814-71988.jpg?1779602837' width='400' height='511' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une demi-heure de mart&#232;lement forcen&#233;, la porte renforc&#233;e finit par c&#233;der et la mar&#233;e bleue se r&#233;pand dans le hall, BST&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en t&#234;te. Trognes haineuses et postures de ca&#239;ds v&#233;n&#232;res : ces gentlemen font honneur &#224; leur corps de m&#233;tier. Comme promis, les coups s'encha&#238;nent, alors m&#234;me que l'on n'esquisse pas le moindre geste de d&#233;fense. Poings, pieds, genoux, il y en a pour tous les go&#251;ts. Une fois &#224; terre, c'est au tour du cocktail coups de pompes dans les c&#244;tes &amp; broyage de paluches sous la semelle. Au diable le fair-play, il faut bien que les cow-boys se d&#233;foulent. Moralit&#233; martiale : force reste &#224; la loi (du plus fort), laquelle nous rel&#226;che apr&#232;s une poign&#233;e d'heures au commissariat&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le bilan de l'op&#233;ration ? Ambivalent. Le lieu est certes perdu, mais notre gnaque est intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour quelques jours en arri&#232;re. Impliqu&#233;s &#224; la R&#233;quiz, petit squat marseillais menac&#233; d'expulsion, nous sommes quelques-uns &#224; nous r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement pour chercher des solutions. En clair : de nouveaux lieux o&#249; loger des familles en situation d'urgence sociale. Certains d'entre nous ont une exp&#233;rience en la mati&#232;re, d'autres sont clairement novices. Qu'importe puisqu'on partage tous le m&#234;me mot d'ordre : on fonce !
Les r&#233;unions et rep&#233;rages s'encha&#238;nent, foutraques mais d&#233;termin&#233;s. Au final, notre choix se porte sur de tr&#232;s vastes locaux de P&#244;le emploi abandonn&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es et potentiellement parfaits : trois b&#226;timents habitables, une belle cour int&#233;rieure, des garages convertibles en ateliers, un parc &#224; deux pas, aucun voisin &#224; proximit&#233;, etc. Bref, le Taj Mahal des squats. Mais il y a un hic : l'endroit a tout de Fort Knox. Ceint de murs immenses, il grouille de cam&#233;ras et de d&#233;tecteurs de mouvements. Une premi&#232;re incursion acrobatique &#8211; &#233;chelle pos&#233;e sur un camion pour atteindre les toits &#8211; confirme nos craintes : d&#232;s lors que sonnent les alarmes rappliquent les vigiles d'une soci&#233;t&#233; de surveillance. Bigre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oscillant entre &lt;i&gt;Ocean's Eleven&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Pieds Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, on s'affaire &#224; dresser un plan d'attaque cisel&#233;. L'objectif est simple : se barricader dans le b&#226;timent avant que ne d&#233;boulent vigiles et cond&#233;s. Puis parlementer jusqu'&#224; ce qu'ils l&#226;chent l'affaire et que les premi&#232;res familles puissent s'installer. Un plan bien huil&#233;, pense-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jour J, deux heures du matin. Charg&#233;s d'une &#233;chelle et de lourds outils, on progresse p&#233;niblement dans un tunnel souterrain, en bord d'une petite rivi&#232;re. Alors que les chiens du camp rom voisin entament un concerto d'aboiements, quelques chauves-souris renforcent l'ambiance &lt;i&gt;Indiana Jones et le Temple maudit&lt;/i&gt;. &#192; d&#233;faut d'&#234;tre parfait, notre plan est ind&#233;niablement cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; destination, on d&#233;chante fissa : l'acc&#232;s choisi se r&#233;v&#232;le trop &#171; acrobatique &#187;. En haut des huit m&#232;tres d'&#233;chelle, une herse en surplomb brise notre &#233;lan. On a beau f&#233;brilement s'&#233;chiner au bord du vide, la sentence tombe : &#231;a ne passe pas. Tr&#233;pignements. Et puis le miracle : sur une proche fa&#231;ade, on d&#233;couvre une minuscule fen&#234;tre mal ferm&#233;e, presque une invitation &#224; entrer. On s'y glisse, joyeux comme des soiffards invit&#233;s au salon du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite : quelques heures d'exploration, des alarmes qui beuglent, les vigiles d&#233;go&#251;t&#233;s de ne pouvoir rentrer (tous les acc&#232;s sont barricad&#233;s), les flics qui h&#233;sitent, les soutiens qui parlementent &#224; l'ext&#233;rieur arm&#233;s de papiers prouvant notre droit &#224; l'occupation, l'euphorie qui grimpe en fl&#232;che. Et puis soudain, sans pr&#233;venir, le massif d&#233;barquement des bleus qui prennent d'assaut la forteresse avant que l'on ait pu y faire entrer les familles. &lt;i&gt;Game over.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir du comico, alors que des amis nous attendent sur le parking, cubi de rouge &#224; la main, ce n'est pas la tristesse qui pr&#233;vaut. Plut&#244;t le rire fatigu&#233;. On a foir&#233; ? Tant pis. Il y aura d'autres occasions. La prochaine sera la bonne. Ou bien celle d'apr&#232;s. Et ce jour-l&#224;, une fois les familles install&#233;es et l'occupation ent&#233;rin&#233;e, on &#233;voquera ce ratage avec un grand sourire. Cow-boys, gare &#224; vos miches, les pieds-nickel&#233;s ne l&#226;chent pas l'affaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps envisag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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