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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Brest : Saint-Martin face &#224; la gentrification</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Pour c&#233;l&#233;brer ses 15 ans d'exp&#233;rimentations sociales, CQFD a d&#233;riv&#233; le 9 juin dernier jusqu'&#224; Brest, dans le quartier Saint-Martin, autour de la place Gu&#233;rin. Au menu : concerts, d&#233;bats et &#233;changes sur les r&#233;sistances locales &#224; la gentrification. &#171; On n'est pas bien l&#224; ? &#187; L'anniversaire du Chien rouge s'est d&#233;roul&#233; &#224; Brest, dans un espace arrach&#233; &#224; un sinistre projet immobilier de la m&#233;tropole du Ponant. Des logements priv&#233;s et &#171; bunk&#233;ris&#233;s &#187; tournant le dos &#224; la place Gu&#233;rin, v&#233;ritable (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour c&#233;l&#233;brer ses 15 ans d'exp&#233;rimentations sociales, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a d&#233;riv&#233; le 9 juin dernier jusqu'&#224; Brest, dans le quartier Saint-Martin, autour de la place Gu&#233;rin. Au menu : concerts, d&#233;bats et &#233;changes sur les r&#233;sistances locales &#224; la gentrification.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On n'est pas bien l&#224; ?&lt;/i&gt; &#187; L'anniversaire du Chien rouge s'est d&#233;roul&#233; &#224; Brest, dans un espace arrach&#233; &#224; un sinistre projet immobilier de la m&#233;tropole du Ponant. Des logements priv&#233;s et &#171; bunk&#233;ris&#233;s &#187; tournant le dos &#224; la place Gu&#233;rin, v&#233;ritable c&#339;ur du quartier Saint-Martin. Au passage, les &#233;lus locaux en avaient profit&#233; pour enterrer leurs promesses maintes fois r&#233;it&#233;r&#233;es de b&#226;tir un &#233;quipement collectif au profit des activit&#233;s associatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Avenir, c'est son nom (en r&#233;f&#233;rence &#224; celui de l'ancienne salle de quartier qui fut ras&#233;e), est un terrain de plus de 1 300 m&#232;tres carr&#233;s, occup&#233; ill&#233;galement depuis deux ans &#224; la mani&#232;re d'un centre social italien, allemand ou catalan, tout en rappelant l'esprit des Maisons du peuple. Un vaste hangar a &#233;t&#233; &#233;difi&#233; collectivement sur une partie du terrain, afin de prot&#233;ger les t&#234;tes contre les rares &#233;pisodes pluvieux &#8211; deux seulement pour la journ&#233;e en question... D'un four &#224; pain construit dans les r&#232;gles de l'art et du savoir-faire partag&#233; (ses briques pluris&#233;culaires ont &#233;t&#233; minutieusement pr&#233;lev&#233;es de la cave d'une ancienne boulangerie du quartier, esprit manifeste d'un patrimoine vivant) rayonne &#224; chaque fourn&#233;e collective la chaleur du Pain des r&#234;ves&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roman de l'&#233;crivain breton Louis Guilloux, publi&#233; en 1942 aux &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Un bar-cuisine-salle de r&#233;union, int&#233;gralement fabriqu&#233; &#224; partir de mat&#233;riaux de r&#233;cup', a pris place pr&#232;s de l'entr&#233;e. Le lieu est ferm&#233; la nuit pour se pr&#233;munir de toute tactique de pourrissement qui pourrait &#234;tre foment&#233;e par les autorit&#233;s&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La place Gu&#233;rin &#233;tant un lieu de deal connu &#224; Brest, les occupants du lieu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et l'endroit est entretenu, avec entre autres des jardini&#232;res pour les plantes et des chiottes s&#232;ches pour les humains. Tr&#232;s loin du d&#233;potoir de carcasses de bagnoles qui s&#233;vissait avant l'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endroit r&#234;v&#233; pour causer des r&#233;sistances &#224; la gentrification. C'est Claude qui prend la parole pour le collectif brestois : &#171; &lt;i&gt;Ici, l'op&#233;ration de r&#233;novation urbaine de la mairie s'appuie sur une vision du quartier centr&#233;e sur la seule dimension &#233;conomique. Et pour faire avancer son projet, elle va utiliser une strat&#233;gie classique de division en opposant les groupes sociaux entre eux et les g&#233;n&#233;rations entre elles.&lt;/i&gt; &#187; C'est ce sempiternel &#171; diviser pour mieux r&#233;gner &#187; qui est &#224; l'&#339;uvre avec la sortie des cartons d'un nouveau projet, &#224; savoir une cr&#232;che priv&#233;e, des locaux d'accompagnements sociaux sur trois &#233;tages &#8211; dont le dernier pour le si&#232;ge social du porteur du projet, avec parking privatif (&#231;a, c'est cadeau !) &#8211; et une salle polyvalente attenante r&#233;duite &#224; 70 m&#232;tres carr&#233;s. Apr&#232;s les petits vieux, les petits enfants ! Qui pourrait l&#233;gitimement s'opposer &#224; la construction d'une cr&#232;che ? Le besoin d'un tel am&#233;nagement n'est-il pas permanent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raffinement politicien, le projet n'est pour l'instant qu'&#224; l'&#233;tude&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il a &#233;t&#233; d&#233;battu le 14 juin, lors d'une s&#233;ance houleuse du conseil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Mais constitue de fait une menace que les autorit&#233;s m&#233;tropolitaines font peser sur le d&#233;veloppement d'activit&#233;s &#224; plus long terme par la population elle-m&#234;me autant qu'un moyen de tester la coh&#233;sion du collectif. Pour le moment, les commer&#231;ants et riverains de la place Gu&#233;rin sont plut&#244;t contre toute proposition excluant les &#171; forces vives &#187; du quartier. Ils soutiennent dans l'ensemble les initiatives fleurissant sur le site. Ne serait-ce qu'en m&#233;moire du combat victorieux contre un programme immobilier qui a fait l'unanimit&#233; contre lui. Mais qui aurait quand m&#234;me vu le jour sans la r&#233;sistance du collectif et sans sa capacit&#233; &#224; rassembler. Il y a donc l&#224; une base solide pour relancer la mobilisation contre cet &#233;ventuel nouveau projet de privatisation de l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Question de respect&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude again. &#171; &lt;i&gt;Une fois la machine mise en route, une fois que les gens construisent et partagent, les &#233;lus prennent peur.&lt;/i&gt; &#187; Les personnes impliqu&#233;es dans l'Avenir l'assurent : la responsabilit&#233; collective fonctionne tr&#232;s bien. &#171; &lt;i&gt;Quand nous organisons un concert le week-end, nous arr&#234;tons le son &#224; minuit. Et une heure plus tard, le public a quitt&#233; les lieux.&lt;/i&gt; &#187; Mais les gens de l'Avenir pr&#233;parent aussi l'&#233;v&#233;nement en amont : &#171; &lt;i&gt;Deux semaines avant, on fait le tour des bo&#238;tes aux lettres des riverains, pour les informer de la soir&#233;e et les y convier. Et nous recourons &#224; la presse locale pour annoncer la venue d'auteurs, les projections de soutien, les fourn&#233;es de pain, la braderie... Enfin, des associations de quartier ou d'autres collectifs peuvent aussi organiser des &#233;v&#233;nements ici. Comme les quinze ans d'un journal, par exemple&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Le fait qu'il n'y a pas ou peu de nuisances relev&#233;es par de f&#226;cheux proc&#233;duriers depuis le d&#233;but de l'occupation a particip&#233; &#224; instaurer un rapport de confiance et de reconnaissance. Le lieu semble m&#234;me &#234;tre entr&#233; dans les &#171; m&#339;urs &#187; brestoises, celles du quartier Saint-Martin et de la place Gu&#233;rin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il est essentiel que la mise en mouvement collective respecte les individualit&#233;s, les diff&#233;rences de point de vue, de comp&#233;tence ou de disponibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Claude, d&#233;cid&#233;ment intarissable. Un autre participant &#224; l'aventure de l'Avenir fait &#233;cho &#224; ses propos. En mode taquin : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi ne pas solliciter le budget participatif de 500 000 &#8364; mis en place par la mairie ? On pourrait enfin boucher les trous dans le toit et faire un peu d'isolation...&lt;/i&gt; &#187;. Et l'assembl&#233;e de lui r&#233;pondre aussit&#244;t : &#171; &lt;i&gt;&#192; condition d'en discuter collectivement.&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les enregistrements des d&#233;bats par radio Pikez seront bient&#244;t disponibles en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin des d&#233;bats, place aux concerts. Endiabl&#233;s. Mais qui ont pris fin vers une heure du matin, comme pr&#233;vu. Un peu avant, un vent de nervosit&#233; s'&#233;tait empar&#233; de l'&#233;quipe : la police d&#233;ployait des effectifs cons&#233;quents sur la place. Pour stopper les moulinets de sabre d'un ninja tout droit sorti d'un fait divers du &lt;i&gt;T&#233;l&#233;gramme de Brest&lt;/i&gt;. Une autre erreur dans la froide rationalit&#233; &#233;conomique de ce vieux monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Roman de l'&#233;crivain breton Louis Guilloux, publi&#233; en 1942 aux &#233;ditions Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La place Gu&#233;rin &#233;tant un lieu de deal connu &#224; Brest, les occupants du lieu doivent prendre garde &#224; ne pas donner pr&#233;texte &#224; une descente polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il a &#233;t&#233; d&#233;battu le 14 juin, lors d'une s&#233;ance houleuse du conseil municipal, pendant laquelle le maire s'en est pris aux &#171; quartiers &#187; qui commencent &#224; l'&#233;nerver s&#233;v&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les enregistrements des d&#233;bats par radio Pikez seront bient&#244;t disponibles en ligne sur &lt;a href=&#034;http://www.pikez.space/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Pikez&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ethique en toc</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ethique-en-toc</link>
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		<dc:date>2014-03-31T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Comme chaque fin d'ann&#233;e, &#224; l'usine et dans le groupe, s'est d&#233;roul&#233; le mercato, sorte de chaises musicales o&#249; les ing&#233;nieurs et chefs de service changent d'affectation. Auparavant, quand on &#233;tait chez Total, c'&#233;tait un vrai souhait de ces gens-l&#224; d'atterrir dans une autre usine du groupe un peu plus cot&#233;e que la n&#244;tre, une usine moins souvent en panne, par exemple. Maintenant que l'on est dans une plus petite soci&#233;t&#233;, les cadres de haut niveau font grise mine. Seuls deux des cadres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/changent-d-affectation" rel="tag"&gt;changent d'affectation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fin-d-annee" rel="tag"&gt;fin d'ann&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme chaque fin d'ann&#233;e, &#224; l'usine et dans le groupe, s'est d&#233;roul&#233; le mercato, sorte de chaises musicales o&#249; les ing&#233;nieurs et chefs de service changent d'affectation. Auparavant, quand on &#233;tait chez Total, c'&#233;tait un vrai souhait de ces gens-l&#224; d'atterrir dans une autre usine du groupe un peu plus cot&#233;e que la n&#244;tre, une usine moins souvent en panne, par exemple. Maintenant que l'on est dans une plus petite soci&#233;t&#233;, les cadres de haut niveau font grise mine. Seuls deux des cadres dirigeants du groupe ont pu r&#233;int&#233;grer Total et c'est plut&#244;t bon d&#233;barras. Pour les autres, dans le meilleur des cas, ils changent juste de service. Pour eux, rester dans une usine plus de cinq ans, c'est un peu comme une d&#233;faite. Leurs perspectives d'avenir, aussi envieuses que devenir directeur de raffinerie, m&#234;me au fin fond du &#171; &lt;i&gt;Kokaze&lt;/i&gt; &#187;, s'envolent. Chez ces gens, dont les dents rayent souvent le parquet, c'est comme une douleur qui se r&#233;percute dans tous les rapports hi&#233;rarchiques, jusqu'au plus bas de l'&#233;chelle. Mais cela passera, il suffit de leur donner des projets &#224; la hauteur de leurs ambitions de carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH423/p13-efixcqfd48-1918f.jpg?1768651308' width='400' height='423' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cherry&lt;/i&gt; &#187; sur le g&#226;teau, comme nous sommes dans une soci&#233;t&#233; austro-finlando-aboudhabienne, tous les cadres doivent apprendre l'anglais et le parler couramment lors des vid&#233;o-conf&#233;rences bihebdomadaires. D'ailleurs l'anglais devient omnipr&#233;sent dans les mails, comptes-rendus et messages de toutes sortes. Il est m&#234;me marrant de voir nos cadres se parler en anglais m&#234;me lorsqu'ils sont avec leurs homologues belges et wallons (donc francophones). Les sigles et les acronymes, tous issus de slogans amerloques, laissent de marbre la quasi-totalit&#233; du personnel, mais cela permet &#224; la direction, qui ne rate pas une occasion de v&#233;rifier la qualit&#233; de leur diction, d'exercer une pression suppl&#233;mentaire sur son personnel d'encadrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si cela ne suffisait pas, chaque soci&#233;t&#233; a sa philosophie, sa culture d'entreprise qu'elle veut imposer, m&#234;me si ce n'est que du blabla pour faire bien et pour se mettre &#224; niveau par rapport aux administrations europ&#233;ennes. Notre nouveau proprio, Borealis, a pr&#233;sent&#233; sa &#171; &lt;i&gt;politique &#233;thique&lt;/i&gt; &#187;. Les grands mots sont l&#226;ch&#233;s. Total avait ses &#171; &lt;i&gt;r&#232;gles d'or&lt;/i&gt; &#187; et ses &#171; &lt;i&gt;bonnes pratiques&lt;/i&gt; &#187;, l&#224;, c'est l'&#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venant de la part de dirigeants puritains et protestants, qui la jouent moins militaro-barbouzes que notre ancienne multinationale p&#233;troli&#232;re, ce n'est gu&#232;re &#233;tonnant. Bien s&#251;r, le rapprochement entre respect des droits de l'homme et entreprise (surtout en p&#233;riode de gr&#232;ve) est souvent source de gal&#233;jades, mais il s'agit d&#233;sormais de figures impos&#233;es. Avec une g&#233;om&#233;trie variable qui penche davantage vers les possibles malversations, magouilles et autres piscines construites sur le dos de la soci&#233;t&#233; par des cadres ind&#233;licats, les &#171; &lt;i&gt; bads actors&lt;/i&gt; &#187;, que vers les valises &#233;chang&#233;es avec un gouvernement africain ou d'Europe de l'Est, le but presque avou&#233; &#233;tant alors de ne pas se faire prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, nous les prolos on s'en fiche, ce n'est pas notre monde, n'emp&#234;che que, dans cette politique &#233;thique, il est demand&#233; de d&#233;noncer chaque mauvais agissement. Pour cela, la soci&#233;t&#233; a cr&#233;&#233; une &#171; &lt;i&gt;question line&lt;/i&gt; &#187;, o&#249; on peut d&#233;noncer des atteintes &#224; l'&#233;thique par t&#233;l&#233;phone aupr&#232;s d'&#171; &lt;i&gt;Ethics Ambassador&lt;/i&gt; &#187; (sic). Et nous avons eu droit &#224; une nouvelle mouture du r&#232;glement int&#233;rieur. Une grande partie est consacr&#233;e &#224; l'interdiction de tout alcool et produits stup&#233;fiants. Avec &#233;thylotest, fouille de placard, visite m&#233;dicale impos&#233;e et possibilit&#233; d'appeler la force publique en cas de refus d'obtemp&#233;rer. Donc plus d'ap&#233;ro, plus de bouteille de vin &#224; la cantine, plus d'alcool lorsque les commerciaux invitent un client au restaurant&#8230; Quant aux p&#233;tards, il vaut mieux bien se planquer. La soci&#233;t&#233; qui g&#232;re les ordures et poubelles de l'usine est m&#234;me tenue de d&#233;noncer la moindre bouteille qu'elle trouvera !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre point d'attaque, c'est la s&#233;curit&#233;. Dans une usine o&#249; un chariot &#233;l&#233;vateur vient de tomber dans un gros trou qui s'est form&#233; &#224; son passage sur la route, o&#249; certains ateliers sont dans l'attente de transformations car ils tombent en ruine et o&#249; le matos, en g&#233;n&#233;ral, est au bord de l'apoplexie, c'est toujours bien de parler de s&#233;curit&#233; individuelle. Se basant sur les pratiques de la multinationale US, Dupont de Nemours, il est d&#233;sormais question de &#171; &lt;i&gt;home saving&lt;/i&gt; &#187;, de &#171; &lt;i&gt;comportementalisme&lt;/i&gt; &#187;, d'&#234;tre prudent partout, d'acqu&#233;rir un nouvel &#233;tat d'esprit, etc. Avec, l&#224; encore, un poids hi&#233;rarchique tr&#232;s pr&#233;sent, tr&#232;s pesant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela pour nous mettre la pression, toujours et encore. Pour qu'on soit constamment sur la d&#233;fensive. On sait que dans la vraie vie, on arrive &#224; trouver des biais pour am&#233;nager le temps au turbin &#224; notre sauce. Sauf qu'en ce moment, on ne se bagarre pas assez tandis que les patrons, apr&#232;s avoir confisqu&#233; nos corps, essaient plus encore de mettre la main sur nos cerveaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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