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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La distribution est une condition d'autonomie &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Une autre id&#233;e de la logistique &#224; Barcelone. 10% des publications dans l'&#201;tat espagnol sont en langue catalane. Mais les diff&#233;rences linguistiques ne suffisent pas &#224; expliquer la m&#233;fiance des &#233;diteurs ib&#233;riques envers la centralisation. Pr&#232;s de 200 entreprises de diffusion/distribution existent &#224; travers le pays, contre une dizaine en France. &#192; Barcelone, une petite structure tient t&#234;te aux g&#233;ants du secteur. Petit topo dans le quartier caniculaire du Raval, par Miguel Martin, participant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no146-septembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;146 (septembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Diffusion-s-est" rel="tag"&gt;Diffusion s'est&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une autre id&#233;e de la logistique &#224; Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10% des publications dans l'&#201;tat espagnol sont en langue catalane. Mais les diff&#233;rences linguistiques ne suffisent pas &#224; expliquer la m&#233;fiance des &#233;diteurs ib&#233;riques envers la centralisation. Pr&#232;s de 200 entreprises de diffusion/distribution existent &#224; travers le pays, contre une dizaine en France. &#192; Barcelone, une petite structure tient t&#234;te aux g&#233;ants du secteur. Petit topo dans le quartier caniculaire du Raval, par Miguel Martin, participant de Virus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Virus est n&#233; en 1991, avec une &#233;quipe dont il ne reste plus personne aujourd'hui. Dans ces ann&#233;es-l&#224;, la gauche s'est reconfigur&#233;e &#224; partir des groupes form&#233;s dans les ann&#233;es 1970, et de ceux de la Transition d&#233;mocratique (le r&#233;gime d&#233;mocratico-lib&#233;ral qui s'est impos&#233; depuis une quarantaine d'ann&#233;es). Un nouveau tissu de dissidences s'est alors fabriqu&#233;, avec le mouvement des occupations (squats et centres sociaux). 1992 marque l'ann&#233;e de grandes mobilisations dans l'&#201;tat espagnol, celle de la comm&#233;moration des 500 ans du g&#233;nocide latino-am&#233;ricain, et surtout celles contre les Jeux Olympiques de Barcelone et de l'Exposition universelle &#224; S&#233;ville en 1992. Ces deux derniers &#233;v&#233;nements sont le point culminant de ce qui s'est tram&#233; durant la Transition : le pacte entre le franquisme et la ploutocratie des classes dominantes au sein du gouvernement. C'est le triomphe de la modernit&#233; capitaliste dans le pays. Et c'est dans ce contexte qu'est n&#233; Virus.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH539/-827-2ce57.jpg?1779602972' width='400' height='539' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout a commenc&#233; dans une librairie de la gauche radicale, El Lokal, rue de la Cera, dans le quartier du Raval, qui existe depuis 1982. Au d&#233;part, c'&#233;tait une agence de presse alternative et une structure de diffusion de fanzines et revues. De l&#224; est n&#233;e une maison d'&#233;dition libertaire, publiant des essais et des t&#233;moignages historiques sur la guerre d'Espagne. La question de cr&#233;er en m&#234;me temps une structure de distribution pour les livres s'est impos&#233;e d&#232;s le d&#233;part. C'est une condition d'autonomie, d'une part, et de diffusion large &#8211; m&#234;me dans le circuit commercial. Virus est bic&#233;phale : une maison d'&#233;dition avec une huitaine de parutions par an et une structure de diffusion/distribution avec une cinquantaine d'&#233;diteurs dans son catalogue &#8211; de la micro-&#233;dition aux grands &#233;diteurs camarades comme Traficantes de Sue&#241;os ou Pepitas de Calabaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons le statut d'entreprise, mais fonctionnons en coop&#233;rative, de mani&#232;re horizontale, et sans aide publique ; on cherche parfois des subventions, mais il n'y a plus d'argent dans les caisses de l'&#201;tat pour la culture, d'autant moins quand elle est critique ! Tout le monde a le m&#234;me salaire, en temps plein, sans diff&#233;rence de statut ni d'anciennet&#233;. La prise de d&#233;cision est toujours collective, tant sur nos choix &#233;ditoriaux que sur nos strat&#233;gies de distribution, comme par exemple pour d&#233;cider de qui entre au catalogue ou pas. Nous faisons des assembl&#233;es tous les quinze jours, une fois pour l'&#233;ditorial et discuter de &#171; th&#233;orie &#187;, une fois pour la distribution et parler des aspects techniques. Il y a six personnes qui travaillent ici : une pour la coordination des &#233;ditions et la communication, une pour la comptabilit&#233; et l'administratif, deux pour le travail commercial de pr&#233;sentation des nouveaut&#233;s aux librairies, et deux personnes en charge du travail logistique (les r&#233;ceptions, les envois, le stock).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Virus distribue les livres dans deux types de milieux : 45% dans le milieu alternatif et engag&#233; (centres sociaux, squats, librairies associatives et politiques &#8211; il y en a environ 25 en Catalogne), et le reste dans les librairies conventionnelles (environ 150 en Catalogne). Ensuite, nous distribuons aussi les &#233;diteurs catalans hors de la r&#233;gion. Certains &#233;diteurs choisissent de confier leur catalogue &#224; de grands diffuseurs-distributeurs pour les librairies conventionnelles et nous confient leurs titres pour les lieux alternatifs. Puis reproduisent le m&#234;me sch&#233;ma dans chaque r&#233;gion. Les conditions sont les m&#234;mes pour les librairies que pour les lieux alternatifs, mais nous nous adaptons aux situations de chacun, en donnant parfois une confiance de base &#224; certains squats qui viennent de s'ouvrir, ou en leur proposant un syst&#232;me de d&#233;p&#244;t-vente. On est toujours &#233;tonn&#233;s de voir que beaucoup de collectifs autog&#233;r&#233;s sont aussi s&#233;rieux voire plus que les commerces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela cr&#233;e un syst&#232;me un peu compliqu&#233; &#224; g&#233;rer, mais il permet de d&#233;centraliser la r&#233;partition des livres, et donc de gagner &#224; la fois en ind&#233;pendance, puisqu'il n'y a pas d'exclusivit&#233;, et en volume de diffusion, car plus de lieux sont visit&#233;s. Nous m&#234;mes, qui faisons &#224; la fois de l'&#233;dition et de la distribution, nous passons par dix autres structures amies pour distribuer nos livres dans tout l'&#201;tat espagnol, et nous sous-traitons quelques-uns de nos &#233;diteurs catalans &#224; ces m&#234;mes structures. Cela dit, on sent aujourd'hui la tension s'amplifier dans le secteur de la diffusion/distribution : les gros distributeurs cherchent &#224; faire signer des contrats d'exclusivit&#233; avec les &#233;diteurs et les libraires, accentuant ainsi la concentration des capitaux. Mais depuis la crise de 2008 dans le pays, les &#233;ditions ou les librairies critiques et politiques, hors des grands groupes, sont en pleine croissance. Et les fonctionnements horizontaux comme le n&#244;tre se multiplient. Doucement mais s&#251;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Like a hobo&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En voil&#224; des repr&#233;sentants &#233;m&#233;rites qui s'acharnent &#224; faire vivre une structure de diffusion ind&#233;pendante ! Reposant sur l'abn&#233;gation de deux membres permanents, David et Rachel, de collaborateurs ponctuels et de libraires amis, comme la librairie Quilombo &#224; Paris, &lt;a href=&#034;http://www.hobo-diffusion.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hobo Diffusion&lt;/a&gt; s'est donn&#233; pour objectif de promouvoir &#171; &lt;i&gt;une &#233;dition ind&#233;pendante, engag&#233;e, libertaire, contre-culturelle en lui permettant d'&#234;tre pr&#233;sente en librairies &#8211; tant dans les grandes enseignes que dans les structures ind&#233;pendantes et alternatives &#8211;, et de pouvoir ainsi toucher un public plus large que ne le permettent les r&#233;seaux militants ou underground&lt;/i&gt; &#187;. Sur le plan logistique, Hobo a n&#233;anmoins d&#251; s'associer &#224; Makassar, diffuseur-distributeur de bande dessin&#233;e de taille moyenne, qui assure le transport et la distribution des bouquins dans les lieux de vente. Cr&#233;&#233;e en 2012, Hobo regroupe une soixantaine d'&#233;diteurs, dont pas mal de noms connus dans nos colonnes : La Lenteur, le CMDE, Nada &#233;ditions, Prairial, Le Murmure, Le Chien rouge (&#201;ditions de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, oups, le conflit d'int&#233;r&#234;ts !), les &#233;ditions Libertaires et de la CNT-RP. Le nom m&#234;me de la structure est un clin d'&#339;il aux hobos &#8211; gal&#233;riens itin&#233;rants &#171; &lt;i&gt;propageant l'insoumission sur leur chemin&lt;/i&gt; &#187; durant la grande d&#233;pression aux &#201;tats-Unis. Bon vent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;contact @hobo-diffusion.com&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;SERENDIP est n&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis f&#233;vrier 2013, cette &lt;a href=&#034;http://serendip-livres.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;structure de diffusion-distribution&lt;/a&gt;, cr&#233;&#233;e par Michel Thomas et Romain Mollica, a fait le pari des petits, voire micro-&#233;diteurs, souvent associatifs, aupr&#232;s des libraires, afin de leur offrir la meilleure visibilit&#233;. Le tout autour d'un noyau pr&#233;cis : l'image au sens large. De fait, le catalogue fait la part belle &#224; l'&#233;dition jeunesse (L'&#201;dune, Le Chineur, Voce verso, Le Diplodocus) et la bande dessin&#233;e (Alifbata, the Hoochie coochie, Super Loto, Insula, Polystyr&#232;ne, Adverse). D'autres axes sont venus compl&#233;ter cet ensemble : cin&#233;ma (R&#233;pliques, Distorsion), musique (Densit&#233;, Serious Publishing) et litt&#233;rature (La Robe noire, L'Atelier du tilde). Pas de contrainte quantitative de production pour les &#233;ditions repr&#233;sent&#233;es par Serendip, mais un choix de livres artisanaux qui prennent leur temps. Il s'agit souvent de tirages r&#233;alis&#233;s &#224; quelques centaines d'exemplaires avec une fabrication allant de la s&#233;rigraphie &#224; la risographie, la gravure sur bois ou des collages. Le tout dans des formats originaux (bo&#238;tes de cartes, portfolios ou leporello).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distribution au sein du r&#233;seau des librairies ind&#233;pendantes est privil&#233;gi&#233;e, car le rythme lent et le travail soign&#233; des publications ne pourraient que difficilement trouver une place dans l'univers impitoyable de la grande distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;contact@serendip-livres.fr&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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