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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les pesticides de la col&#232;re</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Antony Huchette</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le Bordelais. Ses vignes, ses tonnes de pesticides. Depuis le d&#233;c&#232;s de son vigneron de p&#232;re, imput&#233; &#224; l'ars&#233;nite de sodium, Val&#233;rie Murat guerroie contre les firmes phytosanitaires. Et c'est toute une r&#233;gion qui d&#233;couvre la face cach&#233;e de ses grands crus : une terre empoisonn&#233;e. Une voix claire, pos&#233;e. Une voix qui a promis au p&#232;re mourant qu'elle ne l&#226;cherait pas l'affaire. James-Bernard Murat &#233;tait viticulteur dans le Libournais. Il est mort en d&#233;cembre 2012 d'un cancer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no142-avril-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;142 (avril 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Antony-Huchette" rel="tag"&gt;Antony Huchette&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cancer" rel="tag"&gt;cancer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Bordelais. Ses vignes, ses tonnes de pesticides. Depuis le d&#233;c&#232;s de son vigneron de p&#232;re, imput&#233; &#224; l'ars&#233;nite de sodium, Val&#233;rie Murat guerroie contre les firmes phytosanitaires. Et c'est toute une r&#233;gion qui d&#233;couvre la face cach&#233;e de ses grands crus : une terre empoisonn&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH431/-852-09360.jpg?1782643855' width='400' height='431' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Antony Huchette
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une voix claire, pos&#233;e. Une voix qui a promis au p&#232;re mourant qu'elle ne l&#226;cherait pas l'affaire. James-Bernard Murat &#233;tait viticulteur dans le Libournais. Il est mort en d&#233;cembre 2012 d'un cancer broncho-pulmonaire. Sa fille, Val&#233;rie, explique : &#171; &lt;i&gt;Le cancer de mon p&#232;re a &#233;t&#233; reconnu en lien avec une exposition &#224; l'ars&#233;nite de sodium, de 1958 &#224; 2000, par la Mutualit&#233; sociale agricole (MSA). L'ars&#233;nite &#233;tait le seul produit efficace pour lutter contre l'esca, un champignon qui ravage les vignobles depuis l'Antiquit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1955, la MSA &#233;pingle l'ars&#233;nite de sodium dans son tableau des maladies professionnelles. Il faudra attendre 1973 pour que le poison soit banni de l'arboriculture et de la culture de la pomme de terre. Las, une d&#233;rogation autorise son utilisation dans la viticulture jusqu'en 2001, date o&#249; la substance sera compl&#232;tement interdite car reconnue officiellement canc&#233;rog&#232;ne en d&#233;pit des &#233;quipements de protection individuels. Un demi-si&#232;cle de propagation chimique durant lequel James-Bernard Murat n'est inform&#233; de rien. &#171; &lt;i&gt; Ni les distributeurs, ni les revendeurs, ni les commerciaux, ni les repr&#233;sentants de la MSA, personne n'a pr&#233;venu mon p&#232;re de la dangerosit&#233; des produits. Il n'a jamais rencontr&#233; de m&#233;decin de la MSA. Pendant 42 ans, on a dit aux vignerons : &#8220;Si vous vous prot&#233;gez, il n'y a pas de danger&#8221;. Quatre mois apr&#232;s le diagnostic du service de pathologie professionnelle, &#231;a a &#233;t&#233; le gros coup de bambou&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tiquettes foireuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2006. La p&#232;gre du pesticide a d&#233;j&#224; effectu&#233; son &lt;i&gt;green washing&lt;/i&gt; et s'appelle d&#233;sormais Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Elle met sur pied le r&#233;seau Adivalor qui va r&#233;cup&#233;rer chez les vignerons les bidons contenant de l'ars&#233;nite, rest&#233;s sous cl&#233; depuis cinq ans. &#171; &lt;i&gt;Chaque vigneron se voyait remettre un bon : Monsieur Machin a ramen&#233; tel jour 28 kilos de Midipyral et 4 de Pyralesca. Ensuite des camions venaient r&#233;cup&#233;rer les stocks.&lt;/i&gt; &#187; La suite est floue : enfouissement ou destruction des bidons ? Les recherches de Val&#233;rie sont rest&#233;es vaines. Mais le probl&#232;me est ailleurs : en faisant dispara&#238;tre tous les contenants d'ars&#233;nite, ce sont les preuves de la connivence entre services &#233;tatiques et firmes phytosanitaires qui disparaissent &#233;galement. Val&#233;rie : &#171; &lt;i&gt;Les demandes d'homologation de mise sur le march&#233; sont faites par les firmes. Depuis 1955, elles savaient que les produits &#233;taient canc&#233;rog&#232;nes, mais &#231;a ne les a pas emp&#234;ch&#233;s de continuer &#224; les commercialiser avec des &#233;tiquetages erron&#233;s et incomplets. Les &#233;tiquettes auraient d&#251; porter la recommandation &#8220;R45&#8221; du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) : &#8220;canc&#233;rog&#232;ne av&#233;r&#233;, cat&#233;gorie 1&#8221;. Or, il y &#233;tait &#233;crit &#8220;R40, canc&#233;rog&#232;ne suspect&#233;, preuves insuffisantes. Peut provoquer le cancer&#8221;. Non seulement elles ont continu&#233; &#224; mettre sur le march&#233; des produits dont elles savaient la dangerosit&#233; mais elles ont tromp&#233;, dup&#233; les paysans sur les &#233;tiquettes. Les services de l'&#201;tat avaient un r&#244;le de police phytosanitaire qu'ils n'ont pas rempli. Erreur d'un gratte-papier ou bien preuve d'une collusion entre l'&#201;tat et les firmes ? Je penche pour cette seconde hypoth&#232;se. Les firmes ont pris un tel pouvoir gr&#226;ce au lobbying que les services &#233;tatiques sont v&#233;rol&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La preuve par neuf apport&#233;e par Fabrice Nicolino et Fran&#231;ois Veillerette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 2014. Vingt-trois &#233;coliers de Villeneuve-de-Blaye (Gironde) sont pris de malaise et hospitalis&#233;s. L'&#233;cole est bord&#233;e de vignes o&#249; des &#233;pandages ont eu lieu. La FDSEA&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration d&#233;partementale des syndicats d'exploitants agricoles.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; d&#233;gaine et accuse&#8230; un viticulteur bio d'avoir balanc&#233; du soufre. On n'est plus &#224; une couleuvre pr&#232;s. Du c&#244;t&#233; assos environnementales, on a dans le collimateur le traitement de parcelles conventionnelles : entre les deux camps, la guerre est d&#233;clar&#233;e. Val&#233;rie raconte comment le Comit&#233; interprofessionnel des vignerons de Bordeaux a communiqu&#233; &#224; ses troupes : &#171; &lt;i&gt;Les journalistes sont sur les dents. Surtout si vous pulv&#233;risez, respectez bien la vitesse du vent, &#233;quipez-vous bien, ne donnez pas une mauvaise image de la profession.&lt;/i&gt; &#187; Dans leur com', pas eu une ligne sur les gosses hospitalis&#233;s. La fuite d'un document interne de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS) vient laver le vigneron bio de tout soup&#231;on. Extrait : &#171; &lt;i&gt;Des tracteurs ont r&#233;pandu le jour m&#234;me des produits fongicides&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;contenant les substances actives suivantes : le mancoz&#232;be, le mefenoxam, la spiroxamine&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Les effets connus des fongicides identifi&#233;s sont concordants avec les sympt&#244;mes d&#233;crits par les enfants et personnels de cette &#233;cole.&lt;/i&gt; &#187; L'enfumage de la FDSEA aura fait long feu. Et surtout, la question de l'empoisonnement phytosanitaire commence s&#233;rieusement &#224; inqui&#233;ter. &#171; &lt;i&gt;Le docu &#8220;Cash Investigation&#8221;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Cash Investigation - Produits chimiques, nos enfants en danger &#187;, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt; diffus&#233; le 2 f&#233;vrier a agi comme un &#233;lectrochoc dans la population. Dans la foul&#233;e, on a organis&#233; une marche blanche contre les pesticides le 14 f&#233;vrier.&lt;/i&gt; &#187; Six cents personnes ont battu le pav&#233; &#224; Bordeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux soldats de la chimie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vignerons, coinc&#233;s entre omerta du milieu et survie &#233;conomique, fr&#244;lent la schizophr&#233;nie, comme le confirme Val&#233;rie : &#171; &lt;i&gt;Ils continuent &#224; traiter leurs vignes alors qu'ils savent que ces produits sont dangereux. Mais on leur a tellement bourr&#233; le cr&#226;ne qu'ils acceptent de sacrifier leur sant&#233;. Ils culpabilisent car ils connaissent ces histoires de gosses intoxiqu&#233;s, de fausses-couches, de malformations de b&#233;b&#233;s ; ils ont entendu parler des perturbateurs endocriniens, des produits canc&#233;rog&#232;nes, mutag&#232;nes et reprotoxiques. Ceux qui traitent &#224; c&#244;t&#233; d'&#233;coles ou d'habitations se disent : &#8220;Mais putain, combien j'en ai empoisonn&#233;s ?&#8221; On ne leur permet pas d'exprimer le fait qu'ils se sont fait avoir. J'ai vu mon p&#232;re se l'avouer. C'est pas facile de t'avouer que tu t'es fait entuber pendant 42 ans. L'avouer &#224; ta femme, &#224; ta famille, &#224; tes confr&#232;res.&lt;/i&gt; &#187; Paysans-pollueurs, voil&#224; les vignerons marqu&#233;s du sceau d'infamie. Un stigmate bien pratique qui absout les principaux coupables et profiteurs. &#171; &lt;i&gt;Les premiers responsables, ce sont les firmes qui continuent &#224; foutre ces saloperies sur le march&#233;. Ce sont des entreprises pr&#233;datrices qui ont transform&#233; l'agriculture en une activit&#233; mortif&#232;re et ont fait des paysans de bons petits soldats de la chimie. Et aujourd'hui, on voudrait leur faire porter toute la responsabilit&#233; ? Mais moi je dis non !&lt;/i&gt; &#187; Le 27 avril, cela fera un an que Val&#233;rie a d&#233;pos&#233; plainte pour homicide involontaire. L'enqu&#234;te pr&#233;liminaire suit son cours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La preuve par neuf apport&#233;e par Fabrice Nicolino et Fran&#231;ois Veillerette dans &lt;i&gt;Pesticides. R&#233;v&#233;lation sur un scandale fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Fayard, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration d&#233;partementale des syndicats d'exploitants agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Cash Investigation - Produits chimiques, nos enfants en danger &#187;, de Martin Boudot, diffus&#233;e le mardi 2 f&#233;vrier 2016 sur France 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Le vin nature est une goutte de vin dans un oc&#233;an de produits &#339;notechniques &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-vin-nature-est-une-goutte-de</link>
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		<dc:date>2014-07-07T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En 1999, Michel Le Gris, caviste &#224; Strasbourg, &#233;crivait : &#171; L'art vinicole de cette fin de si&#232;cle est marqu&#233; par la soumission croissante du go&#251;t du vin aux exigences de la logique &#233;conomique. &#187; Pass&#233; le nouveau mill&#233;naire, retour sur le constat de standardisation commerciale du vin et ses r&#233;sistances. Entretien. CQFD : Vous vous qualifiez d'&#171; &#233;leveur de vin &#187;. Quelle est votre approche du m&#233;tier de caviste ? Michel Le Gris : Depuis les ann&#233;es 1970, j'avais observ&#233; une certaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no122-mai-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;122 (mai 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cave" rel="tag"&gt;cave&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1999, Michel Le Gris, caviste &#224; Strasbourg, &#233;crivait : &#171; &lt;i&gt; L'art vinicole de cette fin de si&#232;cle est marqu&#233; par la soumission croissante du go&#251;t du vin aux exigences de la logique &#233;conomique.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Le Gris, Dionysos sacrifi&#233; : Essai sur le go&#251;t du vin &#224; l'heure de sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Pass&#233; le nouveau mill&#233;naire, retour sur le constat de standardisation commerciale du vin et ses r&#233;sistances. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1093 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/p06-07-sueur-de-fronts-99667.jpg?1782638346' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Vous vous qualifiez d'&#171; &lt;i&gt;&#233;leveur de vin&lt;/i&gt; &#187;. Quelle est votre approche du m&#233;tier de caviste ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Le Gris :&lt;/strong&gt; Depuis les ann&#233;es 1970, j'avais observ&#233; une certaine &#233;volution du m&#233;tier de vigneron. Dans nombre de domaines bourguignons, r&#233;gion que je connais bien, il y avait jusque dans ces ann&#233;es-l&#224; huit ou dix mill&#233;simes &#224; la vente dont certains avaient eu le temps de d&#233;velopper toutes leurs qualit&#233;s en bouteilles. On pouvait tr&#232;s vite comprendre la diff&#233;rence entre un vin mature et complexe et un vin jeune et simplet ; distinction qui est maintenant en passe de sortir du champ culturel. En Bourgogne comme en bien d'autres r&#233;gions, en l'espace d'une g&#233;n&#233;ration, les vignerons ont renonc&#233; &#224; la derni&#232;re phase de leur travail qui concernait la maturation du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vignerons ont alors commenc&#233; &#224; donner des indications assez vagues &#224; leur client&#232;le &#224; propos de la maturation des vins, ils disaient : &#171; &lt;i&gt;C'est &#224; vous de le faire m&#251;rir dans votre cave.&lt;/i&gt; &#187; Ils externalisaient ainsi la derni&#232;re phase de leur boulot sur leurs clients. Quand je me suis install&#233; en 1984, je me suis dit que c'&#233;tait &#224; des gens comme moi de terminer ce travail que les vignerons laissaient inachev&#233;, mais il fallait des moyens et surtout du temps. Cela m'a bien pris une quinzaine d'ann&#233;es pour comprendre la complexit&#233; de l'&#233;volution du vin en bouteille, qui peut passer par des phases tr&#232;s d&#233;favorables avant d'arriver &#224; la maturit&#233; escompt&#233;e et &#224; son niveau d'expression le plus riche. Ce temps de maturation, qui est extr&#234;mement variable, concerne des vins dont le terroir &#8211; c'est-&#224;-dire le sol, le sous-sol, le climat &#8211; a une force suffisante pour jouer sur l'&#233;volution du vin. Quand c'est le c&#233;page qui prime, le fait d'attendre n'a pas un tr&#232;s grand int&#233;r&#234;t. A la fin des ann&#233;es 1990, j'ai commenc&#233; &#224; avoir en cave des choses vraiment int&#233;ressantes sous les pieds. C'est aussi &#224; ce moment qu'a commenc&#233; &#224; se r&#233;pandre l'id&#233;e qu'il ne fallait pas attendre le vin et qu'il fallait le boire jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, j'ai essay&#233; tr&#232;s t&#244;t de tendre vers la viticulture biologique, mais avant le nouveau mill&#233;naire, le choix dans ce domaine &#233;tait assez limit&#233;. Il y a ainsi maintenant environ 160 vignerons alsaciens qui travaillent leur terre en bio, alors qu'en 1984, il devait y en avoir 5 ou 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;i&gt;Dionysos sacrifi&#233;&lt;/i&gt;, vous d&#233;nonciez une standardisation commerciale du go&#251;t. Vous parliez des crus de Pauillac, de Chinon, de Ch&#226;teauneuf-du-Pape ou de Californie &#171; &lt;i&gt;qui tendent vers une m&#234;me et monocorde architecture &#224; laquelle les conduit l'&#339;nologie moderne.&lt;/i&gt; &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture d&#233;signe ce que je nomme aussi la &#171; forme &#187;, c'est-&#224;-dire l'ensemble des sensations tactiles procur&#233;es en bouche, mais &#231;a ne concerne pas les parfums. J'ai voulu montrer &#224; l'&#233;poque que les standards esth&#233;tiques de l'&#339;nologie moderne faisaient que les vins devaient avoir une forme unique, la plus confortable, la plus voluptueuse, la plus flatteuse possible, &#224; l'int&#233;rieur de laquelle on pouvait se livrer &#224; de nombreuses extravagances aromatiques, dues &#224; toute une pharmacop&#233;e de levures s&#233;lectionn&#233;es pour d&#233;velopper de mani&#232;re intensive tel ou tel parfum. Cette fa&#231;on dont le commerce des levures chimiques s'est d&#233;velopp&#233; constitue presque une aromatisation occulte, au d&#233;triment des levures naturelles qu'on trouve sur la vigne et dans la cave, pour peu que les traitements chimiques ne les aient pas bousill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela s'inscrit bien s&#251;r dans la logique de l'agro-alimentaire durant la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle, qui travaille sur une mati&#232;re naturelle de plus en plus pauvre et d&#233;grad&#233;e et sur laquelle se rajoute une cuisine chimique pour compenser. Pour reprendre l'exemple de la Bourgogne, c'est dans les ann&#233;es 1960 que sont arriv&#233;s les premiers pesticides pour soigner les maladies de la vigne, associ&#233;s &#224; des engrais potassiques, pr&#233;sent&#233;s d'abord comme des miracles mais qui n'ont fait &#224; moyen terme que des d&#233;sastres, ce qui a modifi&#233; radicalement la culture des vignes. Dans un premier temps, le travail en cave est rest&#233; tr&#232;s traditionnel alors que la mati&#232;re premi&#232;re avait beaucoup chang&#233;, du coup il est arriv&#233; pleins d'accidents en cave et il a bien fallu faire appel aux m&#233;decins &#339;nologues, aux &#171; &lt;i&gt;v&#233;t&#233;rinaires des barriques et des foudres&lt;/i&gt; &#187;, pour soigner ces vins attaqu&#233;s par des d&#233;rives bact&#233;riennes ou autre et qui s'en trouvent imbuvables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;pingliez &#233;galement le formatage et les postures artificiellement cr&#233;&#233;es qui ne rel&#232;vent plus &#171; &lt;i&gt;d'une formation personnelle de la sensibilit&#233;, mais d'une sorte de flair policier apte &#224; rep&#233;rer leur degr&#233; de conformit&#233; aux standards de l'&#339;nologie correcte.&lt;/i&gt; &#187; Quel est la place des acteurs de cette normalisation gustative promue par le critique star Robert Parker ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parker est devenu le symbole, de fa&#231;on un peu exag&#233;r&#233;e, d'un go&#251;t dominant, en raison de sa c&#233;l&#233;brit&#233;. Mais il n'est pas le seul, il y a toute une critique fran&#231;aise qui ne vaut pas mieux que lui. Il a impos&#233; un type de vin puissant, massif, concentr&#233;, charg&#233; en tanin, comme ceux de Californie, qui avaient sa pr&#233;f&#233;rence. Ce qui fait que, quand on le lit par exemple au sujet des vins de la vall&#233;e de la Loire, on est scandalis&#233; du m&#233;pris avec lequel il les traite. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les docteurs &#232;s-vins et ont accompagn&#233; avec bienveillance toutes les modifications &#339;notechniques dont je parlais dans mon livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A contre-courant de cette industrialisation du go&#251;t, comment percevez-vous cette vague des vins naturels ou des vins vivants que certains qualifient de &#171; &lt;i&gt;renaissance du vin&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une intervention &#224; la demande de mon ami Patrick Meyer, un vigneron de Nothalten en Alsace, j'avais parl&#233; de &#171; &lt;i&gt; vins libres&lt;/i&gt; &#187; &#224; ce sujet, parce que ces vins sont libres de tout un tas de trucs dont on se passe tr&#232;s bien : &#171; &lt;i&gt;Libres de produits chimiques, puisque normalement issus d'une agriculture biologique, souvent biodynamique. Libres de vinifications contraignantes ou autoritaires, celles qui les obligent &#224; devenir comme ceci ou comme cela, souvent au moyen d'une pl&#233;thore d'adjuvants de vinification et sans trop d'&#233;gard pour leur nature propre ou leur mill&#233;sime de naissance. Libres, au moins jusqu'&#224; un certain point, de plaire ou ne pas plaire, car cherchant en premier lieu &#224; exprimer, &#224; interpr&#233;ter un terroir particulier.&lt;/i&gt; &#187; Je me f&#233;licite de l'existence d'un courant de ce genre. Certains journalistes comme Michel Bettane&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coauteur, avec Thierry Desseauve, du Grand Guide des vins de France, tr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; m'ont m&#234;me gratifi&#233; du titre de chef de file de ce mouvement [rires], mais c'est m'accorder plus d'audience et de pouvoir que je ne n'en ai r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler que ce courant est une scission de la viticulture en bio, qui trouve que le label bio &#224; lui tout seul n'est plus une garantie suffisante de qualit&#233;, notamment en ce qui concerne le travail en cave et en raison notamment d'un usage abusif de soufre. Les doses autoris&#233;es de soufre en label bio sont encore trop &#233;lev&#233;es. D&#232;s lors, le principe du vin &#171; nature &#187; est de refuser toute m&#233;thode violente, tout traitement, hormis une dose hom&#233;opathique de SO2 &#224; l'un ou l'autre moment strat&#233;gique de la vinification. Dans le cas du vin blanc &#171; nature &#187; d'Alsace, on effectue souvent une petite protection de l'ordre de 15 mg/ litre environ avant la mise en bouteille, ce qui est d&#233;risoire par rapport aux 180 mg/litres autoris&#233;s par la r&#233;glementation europ&#233;enne et ne compromet en rien la digestibilit&#233; du vin. L'absence totale de soufre existe, mais surtout pour les vins rouges, les blancs &#233;tant un peu plus fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que cette tendance des vins &#171; nature &#187; compar&#233;e &#224; l'ensemble de la production, c'est une goutte de vin dans un oc&#233;an de produits &#339;notechniques. Et le reste de la production viticole est de plus en plus industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le succ&#232;s des vins issus du bio n'a donc pas eu pour effet de mod&#233;rer les mauvaises pratiques de la viniculture conventionnelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, cela a m&#234;me cr&#233;&#233; deux mondes compl&#232;tement &#224; part. Pour certains vins industriels, il faudrait presque inventer un autre nom et appeler cela &#171; &lt;i&gt;produit &#339;nologique &#224; base de raisin&lt;/i&gt; &#187;, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je regrette par ailleurs, c'est de voir certains vignerons &#171; nature &#187; jouer la carte de la vitesse et du go&#251;t du c&#233;page, notamment dans certains crus du Beaujolais qui sont r&#233;ellement des grands vins &#224; boire cinq, dix ans ou plus de cave et non trois mois apr&#232;s la mise en bouteille ! J'en viens parfois &#224; me demander si le courant des vins &#171; nature &#187; n'est pas la derni&#232;re ruse qu'a trouv&#233; la raison marchande pour poursuivre le ph&#233;nom&#232;ne d'acc&#233;l&#233;ration qu'elle a introduit depuis une vingtaine d'ann&#233;es dans le monde des vins. Est-ce qu'il n'y a pas une sorte d'int&#233;riorisation subjective de l'acc&#233;l&#233;ration g&#233;n&#233;rale dans nos soci&#233;t&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous opposiez &#224; la fin de votre ouvrage l'avilissement sensoriel du monde industriel &#224; l'&#233;ducation esth&#233;tique ou &#171; &lt;i&gt; formation personnelle &#224; la sensibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH387/p06-07-vigneron2-copie-854ca.jpg?1782656631' width='500' height='387' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferri.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Oui, je citais&lt;i&gt; Les Lettres sur l'&#233;ducation esth&#233;tique de l'homme&lt;/i&gt; du po&#232;te Schiller, contemporain de la R&#233;volution fran&#231;aise, qui est un texte philosophique tr&#232;s m&#233;connu, &#224; l'exception de la r&#233;f&#233;rence qu'en fait Herbert Marcuse dans&lt;i&gt; L'Homme unidimensionnel&lt;/i&gt;. Je rappelais aussi &#224; la fin du premier chapitre la phrase d'Adorno que j'aime beaucoup : &#171; &lt;i&gt;Le premier service que l'industrie apporte au client est de tout sch&#233;matiser pour lui.&lt;/i&gt; &#187; D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on pourrait r&#233;sumer que mon livre traitait de la sch&#233;matisation industrielle et commerciale du vin. L'objet actuel de mes r&#233;flexions, que je trouve bien plus d&#233;primant, c'est la sch&#233;matisation industrielle du monde, au sens du cadre subjectif dans lequel nous vivons et nous nous d&#233;veloppons. A ce titre, dans le processus de num&#233;risation dans lequel nous sommes pr&#233;cipit&#233;s, voire m&#234;me jet&#233;s, c'est le monde en tant que monde qui devient un objet industriel et commercial. Le monde ne nous est plus donn&#233; gratuitement, c'est la condition humaine qui est remise en question. D&#232;s lors que la totalit&#233; de la vie sociale est de plus en plus absorb&#233;e par le temps pass&#233; devant l'&#233;cran, il n'est pas exag&#233;r&#233; de dire que nous entrons dans une &#232;re de mutation anthropologique. Tout notre rapport au temps se trouve profond&#233;ment boulevers&#233; par une forme d'instantan&#233;isation. Pour rapporter cela au vin, vous pouvez saisir le contraste entre mon id&#233;e de faire m&#251;rir le vin pendant des ann&#233;es en cave pour r&#233;v&#233;ler ce qu'il a de meilleur, et le fait d'avoir &#224; appuyer sur son clavier pour faire surgir imm&#233;diatement devant soi l'objet de son d&#233;sir. Dans le monde d'avant, en gros le capitalisme bourgeois d'avant les ann&#233;es 1970, la vie quotidienne &#233;tait essentiellement domin&#233;e par la lenteur, la routine, un certain ennui &#8211; d'o&#249; toutes les critiques de la vie quotidienne qui ont pu l&#233;gitimement &#234;tre formul&#233;es par Henri Lefebvre ou encore les situationnistes. Aujourd'hui, face &#224; la pr&#233;cipitation du monde capitaliste post-moderne, il ne nous reste que cette forme subjective de r&#233;sistance par la lenteur, la patience, l'attention aux autres. Mais cela ne reste qu'une r&#233;sistance subjective.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Vins-libertaires-et-bieres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rep&#232;res de Bacchus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Michel Le Gris, &lt;i&gt;Dionysos sacrifi&#233; : Essai sur le go&#251;t du vin &#224; l'heure de sa production industrielle&lt;/i&gt;, Syllepse, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Coauteur, avec Thierry Desseauve, du &lt;i&gt;Grand Guide des vins de France&lt;/i&gt;, tr&#232;s hostile &#224; la tendance des vins naturels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volte des vignerons de 1907</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-revolte-des-vignerons-de-1907</link>
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		<dc:date>2012-11-02T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
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		<dc:subject>Marcelin Albert</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Tout vigneron est une bourse plate, tout paysan n'est plus qu'un ventre creux. Ce n'est plus de la g&#234;ne, ce n'est plus de la pauvret&#233;, c'est de l'extr&#234;me mis&#232;re. [&#8230;] &#192; l'aide paysans, &#224; l'aide vignerons, il faut d&#233;fendre votre sol. Il faut d&#233;fendre votre maison, il faut d&#233;fendre votre existence, et le tocsin sonne au rassemblement ! &#187;. Extrait du Tocsin du 21 avril 1907, organe de la lutte viticole confectionn&#233; dans la commune d'Argeliers (Aude). D&#233;j&#224; &#233;prouv&#233;s par une &#233;pid&#233;mie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no103-septembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;103 (septembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-vieux-dossiers" rel="tag"&gt;Les vieux dossiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juin" rel="tag"&gt;juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vignerons" rel="tag"&gt;vignerons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/paysan-n-est" rel="tag"&gt;paysan n'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut-defendre" rel="tag"&gt;faut d&#233;fendre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marcelin-Albert" rel="tag"&gt;Marcelin Albert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-un-ventre" rel="tag"&gt;qu'un ventre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-aide-vignerons" rel="tag"&gt;l'aide vignerons&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tout vigneron est une bourse plate, tout paysan n'est plus qu'un ventre creux. Ce n'est plus de la g&#234;ne, ce n'est plus de la pauvret&#233;, c'est de l'extr&#234;me mis&#232;re. [&#8230;] &#192; l'aide paysans, &#224; l'aide vignerons, il faut d&#233;fendre votre sol. Il faut d&#233;fendre votre maison, il faut d&#233;fendre votre existence, et le tocsin sonne au rassemblement ! &#187;&lt;/i&gt;. Extrait du &lt;i&gt;Tocsin&lt;/i&gt; du 21 avril 1907, organe de la lutte viticole confectionn&#233; dans la commune d'Argeliers (Aude).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; &#233;prouv&#233;s par une &#233;pid&#233;mie de phylloxera, les vignerons du Midi sont au bord de l'asphyxie en ce d&#233;but de XXe si&#232;cle. Et pourtant, le pinard jouit d'une belle r&#233;putation : boisson &#233;nerg&#233;tique, voire antiseptique (dixit Pasteur), le sang du Christ a su trouver le chemin profane des gosiers populaires notamment depuis la loi de 1880 venue lib&#233;raliser le commerce des d&#233;bits de boisson. Pas &#233;tonnant donc que la production de rouge languedocien grimpe en fl&#232;che pour atteindre 21 millions d'hectolitres en 1906. Sauf qu'elle s'accompagne d'une d&#233;gringolade des prix. La faute aux fraudeurs adeptes de la &#171; chaptalisation &#187;, accusent les vignerons. Une combine plus que juteuse : vous rajoutez du sucre au moment de la fermentation du raisin histoire de faire monter le degr&#233; d'alcool, puis vous d&#233;layez avec de la flotte. Un peu de conservateurs et de colorants, et l'ersatz de pinard est pr&#234;t. Les fraudeurs point&#233;s du doigt auraient bon dos, n'&#233;taient les v&#233;ritables raisons du marasme viticole : une surproduction end&#233;mique et surtout une concurrence beaucoup plus av&#233;r&#233;e avec les vins espagnols et alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duits &#224; l'&#233;tat de cr&#232;ve-la-faim, les vignerons du Midi laissent exploser leur col&#232;re. De mars &#224; juin 1907, des manifestations de plus en plus nombreuses vont venir galvaniser les d&#233;partements de l'Aude, l'H&#233;rault, des Pyr&#233;n&#233;es orientales et du Gard. Point d'orgue &#224; Montpellier, le 9 juin, avec un cort&#232;ge r&#233;unissant 800 000 p&#233;quins ! Les comit&#233;s de d&#233;fense viticole des quatre d&#233;partements, f&#233;d&#233;r&#233;s par le bistrotier Marcelin Albert, prennent des allures de comit&#233;s de salut public. Et Ferroul, maire de Narbonne, de pousser le bouchon toujours plus loin : il pr&#244;ne la gr&#232;ve de l'imp&#244;t et la s&#233;cession du Languedoc. Le 10 juin, il se d&#233;met de son mandat de maire, rapidement imit&#233; par plus de 400 de ses pairs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'en est trop pour Cl&#233;menceau, pr&#233;sident du Conseil, nouvellement converti au tout r&#233;pressif depuis son passage par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur quelques mois auparavant. Jaur&#232;s a beau l'interpeller &#224; la tribune, le Tigre a d&#233;j&#224; mobilis&#233; la troupe. Le petit mot envoy&#233; par Ferroul n'arrange les choses : &lt;i&gt;&#171; Monsieur Cl&#233;menceau, depuis le commencement de nos manifestations, nous a consid&#233;r&#233;s comme de grands enfants, bons gar&#231;ons, mais inconscients de leurs actes. Il est de ceux qui pensent que dans le Midi tout finit par des chansons ou des farandoles. Il se trompe grandement, il ne nous conna&#238;t pas. &#187;&lt;/i&gt; Le 19 juin, les bidasses vont cueillir les leaders du comit&#233; d'Argeliers, non sans heurts. Les roussins second&#233;s par l'arm&#233;e s'en prennent &#224; Ferroul ce qui d&#233;clenche le si&#232;ge de la sous-pr&#233;fecture de Narbonne dans la soir&#233;e. Les cuirassiers, conspu&#233;s par la pl&#232;be assembl&#233;e, chargent. Un mort et une dizaine de bless&#233;s. Puis le 139e r&#233;giment d'infanterie fait parler la poudre : cinq morts. &#192; Perpignan, on crie vengeance et on assi&#232;ge la pr&#233;fecture. Le toit du b&#226;timent est le dernier refuge pour le pr&#233;fet et sa marmaille : sous ses pieds, les flammes d&#233;vorent les plafonds lambriss&#233;s du pouvoir. Ne manquait plus alors qu'un symbole : il sera donn&#233; par le 17e r&#233;giment d'infanterie de B&#233;ziers. Le 21 juin, ces derniers mettent crosse en l'air et reprennent les couplets de l'Internationale au c&#244;t&#233; des &#233;meutiers ! Le chansonnier Mont&#233;hus leur d&#233;die une chanson : Gloire au 17e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain a lieu la confrontation entre Marcelin Albert, figure de proue de la fronde viticole, et Cl&#233;menceau. Ce dernier promet des mesures contre la fraude &#224; condition qu'Albert d&#233;samorce le conflit. De retour &#224; Narbonne, Albert est trait&#233; en ren&#233;gat par ses camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fronde vigneronne va s'&#233;tioler avant de rena&#238;tre 4 ans plus tard&#8230; dans le vignoble champenois ! Cette derni&#232;re inspirera Gaston Cout&#233; : &lt;i&gt;&#171; Esclav' des usines, esclav' de la terre, Les v&#339;ux de nos c&#339;urs sont les m&#234;mes v&#339;ux : Tous deux nous souffrons de la m&#234;m' mis&#232;re. Nous avons le m&#234;me ennemi tous deux ! &#187;&lt;/i&gt;. &#192; reprendre en ch&#339;ur en cette rentr&#233;e ponctu&#233;e de plans sociaux &#224; r&#233;p&#233;tition et de vague de suicides dans les campagnes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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