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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Les pays europ&#233;ens se sont habitu&#233;s &#224; la violence contre les migrants &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec le sp&#233;cialiste des migrations et g&#233;ographe Olivier Clochard, qui retrace des d&#233;cennies de faillite g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'Europe concernant l'accueil des migrants. Olivier Clochard est g&#233;ographe au CNRS, sp&#233;cialiste des migrations. Depuis des ann&#233;es, il op&#232;re un travail critique des politiques europ&#233;ennes en la mati&#232;re, et a notamment publi&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2000 la premi&#232;re carte des morts aux fronti&#232;res de l'Europe. Il a &#233;galement dirig&#233; l'impressionnant travail de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no209-mai-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;209 (mai 2022)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec le sp&#233;cialiste des migrations et g&#233;ographe Olivier Clochard, qui retrace des d&#233;cennies de faillite g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'Europe concernant l'accueil des migrants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;202&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200clochard1_resultat-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/1200clochard1_resultat-2-9a01f.jpg?1782853070' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photographie de Louis Witter. L&#233;gende : Des jeunes marocains tentent de franchir les barri&#232;res du port de Ceuta, qui m&#232;nent aux ferries &#224; destination de l'Espagne. Le 17 f&#233;vrier 2019 &#224; Ceuta, Espagne.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;O&lt;/span&gt;livier Clochard est g&#233;ographe au CNRS, sp&#233;cialiste des migrations. Depuis des ann&#233;es, il op&#232;re un travail critique des politiques europ&#233;ennes en la mati&#232;re, et a notamment publi&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2000 la premi&#232;re carte des morts aux fronti&#232;res de l'Europe. Il a &#233;galement dirig&#233; l'impressionnant travail de documentation qu'est l'&lt;i&gt;Atlas des migrants en Europe&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Atlas des migrants en Europe &#8211; Approche critique des politiques migratoires, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Dans cet entretien, il dresse le portrait d'une Europe toujours plus cadenass&#233;e, semant violence et mort &#224; l'encontre des personnes en exil tentant de la rejoindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les politiques europ&#233;ennes en mati&#232;re de migration donnent l'impression d'un processus de durcissement acc&#233;l&#233;r&#233;, tout en s'inscrivant dans un temps long&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette situation s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1990, avec la mise en place de l'espace Schengen et la communautarisation des politiques d'asile et d'immigration. Il y a eu &#224; partir de cette &#233;poque un renforcement des contr&#244;les, notamment aux fronti&#232;res ext&#233;rieures de cet espace. Une politique qui ne concernait plus seulement l'int&#233;rieur de l'Europe mais &#233;galement l'espace m&#233;diterran&#233;en, provoquant de plus en plus de d&#233;c&#232;s : noyades dans des rivi&#232;res et fleuves frontaliers comme l'&#201;vros &#224; la fronti&#232;re gr&#233;co-turque, morts par hypothermie dans les massifs montagneux ; et puis de nombreux naufrages, devenus malheureusement une banalit&#233;. Cela a men&#233; &#224; cette s&#233;quence terrible en 2015, o&#249; plusieurs bateaux charg&#233;s de centaines de personnes ont sombr&#233; en M&#233;diterran&#233;e. De 2014 &#224; 2016, le bilan dans la partie centrale de cette mer s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 12 000 personnes noy&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;currence des naufrages est d&#233;sormais entr&#233;e dans une forme de normalit&#233;, tr&#232;s inqui&#233;tante. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les pays europ&#233;ens se sont habitu&#233;s &#224; la violence &#224; l'encontre des migrants. Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, c'&#233;tait plus discret mais pas moins violent, &#224; l'image de policiers marocains crevant avec des couteaux des bateaux pneumatiques en pleine mer. Aujourd'hui, nous avons affaire &#224; une violence assum&#233;e. Par exemple avec le cas des 19 migrants morts de froid apr&#232;s avoir &#233;t&#233; refoul&#233;s et d&#233;pouill&#233;s de leurs habits &#224; la fronti&#232;re grecque, en f&#233;vrier dernier. Des cas graves qui ne suscitent pas de r&#233;action &#8211; hormis de la part de certains m&#233;dias, ONG et militants tentant d'interpeller les responsables, sans effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en tout cas acter qu'il y a d&#233;sormais une certaine acceptation de la brutalit&#233;. Certes, cela ne se voit pas vraiment dans les textes europ&#233;ens, o&#249; la question des renvois et des refoulements s'exprime de mani&#232;re feutr&#233;e, euph&#233;mis&#233;e. Sur le terrain, par contre, &#231;a se d&#233;cline de mani&#232;re tr&#232;s brutale. Il y a de multiples cas. Par exemple les &lt;i&gt;pushbacks&lt;/i&gt; en mer &#201;g&#233;e, o&#249; des agents des forces de l'ordre tapent avec des perches sur les personnes dans les navires. Nous pourrions aussi mentionner ce qui se passe &#224; Calais, avec des expulsions presque quotidiennes et o&#249;, devant l'important renforcement des contr&#244;les frontaliers, les exil&#233;s tentent la travers&#233;e du d&#233;troit sur de fr&#234;les embarcations, conduisant l&#224; aussi &#224; de nombreux naufrages. Ce sont des choses que je croyais impensables jusqu'il y a peu. En 2015 encore, il y avait une certaine attention &#224; ces questions, bien symbolis&#233;e par le film &lt;i&gt;Welcome&lt;/i&gt; de Vincent Lindon (2009), mettant en sc&#232;ne une approche humaniste de la question calaisienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il semble qu'il aurait pu y avoir un changement de cap en 2015, avec l'Allemagne ouvrant ses portes et la m&#233;diatisation de la mort du petit Aylan Kurdi. Or c'est l'inverse qui s'est pass&#233;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;tant donn&#233; la guerre en Syrie qui durait depuis quatre ans, on aurait certes pu penser qu'il y aurait une v&#233;ritable prise de conscience, similaire &#224; ce qu'on a r&#233;cemment vu avec l'Ukraine. &#199;a n'a pas &#233;t&#233; le cas. Et on s'est content&#233; de poursuivre la politique s&#233;curitaire li&#233;e &#224; la communautarisation des politiques europ&#233;ennes d'asile et d'immigration, avec notamment une augmentation importante des barri&#232;res (Ceuta, Melilla, fronti&#232;res entre la Turquie et la Gr&#232;ce ou la Bulgarie, etc.) et des moyens de contr&#244;le technologiques (drones, enregistrement des empreintes digitales, etc.). Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, des entreprises priv&#233;es sont &#224; la man&#339;uvre pour profiter de ce march&#233; juteux. La Commission europ&#233;enne a ainsi propos&#233; d&#232;s 2002 la mise en place d'un groupe de recherche europ&#233;en sur la s&#233;curit&#233;, charg&#233; de travailler sur &#8220;&lt;i&gt;la gestion int&#233;gr&#233;e des fronti&#232;res&lt;/i&gt;&#8221; des &#233;tats membres. Et en 2004, on a fait appel &#224; diverses entreprises comme Airbus et Thales en France, Ericsson en Su&#232;de ou Indra en Espagne, qui participent &#224; la conception des technologies &#233;voqu&#233;es pr&#233;c&#233;demment. Tous participent &#224; ces recherches, promeuvent intens&#233;ment l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; d'un contr&#244;le renforc&#233;, avec un fort lobbying aupr&#232;s des instances europ&#233;ennes. Et tout cela est men&#233; de mani&#232;re relativement opaque. Cela conduit &#224; un effet boucle, avec application de ces mesures dans tout l'espace europ&#233;en, sans aucune prise en compte des recherches sur les migrations. La critique n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, comme le montre l'exemple de la situation migratoire autour du mur entre la Serbie et la Hongrie, les gens passent quand m&#234;me. Au fond, les murs et leur attirail technologique ne sont pas tr&#232;s efficaces, et contribuent simplement &#224; rendre encore plus dure l'existence des personnes exil&#233;es. Je me souviens d'avoir particip&#233; en 2015-2016 &#224; un groupe de travail diligent&#233; par le ministre de l'Int&#233;rieur Bernard Cazeneuve et cens&#233; proposer des pistes pour am&#233;liorer la situation migratoire &#224; Calais. Avec la sociologue Karen Akoka, nous avions pos&#233; cette question : est-ce qu'il ne faudrait pas commencer par faire un bilan des politiques men&#233;es depuis pr&#232;s de quinze ans, notamment sur le plan financier ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Au fond, les murs et leur attirail technologique ne sont pas tr&#232;s efficaces, et contribuent simplement &#224; rendre encore plus dure l'existence des personnes exil&#233;es. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Notre requ&#234;te n'a pas &#233;t&#233; accept&#233;e. Et c'est pareil dans toute l'Europe : on investit &#233;norm&#233;ment d'argent dans des dispositifs de contr&#244;le sans se soucier des effets, notamment sur les principaux concern&#233;s, mais aussi sur la constitution de r&#233;seaux de passeurs toujours plus puissants &#8211; plus il y a d'obstacles, plus ils sont n&#233;cessaires. On ne prend jamais &#231;a en compte. Ni l'aspect moral, ni l'aspect financier. Et on poursuit la mise en place de ces dispositifs, alors m&#234;me que les gens continuent d'arriver et sont maintenus dans des conditions tr&#232;s difficiles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;314&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200clochard2_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/1200clochard2_resultat-73b76.jpg?1782853070' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photographie de Louis Witter. L&#233;gende : Dans les blocs de b&#233;ton du port dorment tous ceux qui ne vont ni au centre pour mineurs, ni au centre pour majeurs. Zakaria se r&#233;veille aux alentours de huit heures. Pour se laver un peu, il r&#233;cup&#232;re de l'eau de mer dans un petit seau. Le 22 f&#233;vrier 2019 &#224; Ceuta, Espagne.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derni&#232;re &#233;volution inqui&#233;tante, la d&#233;cision du Royaume-Uni d'externaliser les demandes d'asile au Rwanda...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En fait, c'est une id&#233;e ancienne. En 1986, le Danemark avait d&#233;j&#224; avanc&#233; une proposition similaire devant les Nations unies, reprise en 1994 par les Pays-Bas dans un cadre intergouvernemental. Mais ces deux intentions &#233;taient rest&#233;es &#224; l'&#233;tat de projet. Cette volont&#233; de d&#233;l&#233;guer le traitement de l'asile &#224; d'autres pays que celui o&#249; est la personne trouve aussi ses origines dans la convention de Dublin de 1990, transform&#233;e en r&#232;glement en 2003. Ses dispositions r&#233;pondent &#224; l'obsession des &#201;tats de renvoyer les requ&#233;rants dans le pays par lequel ils sont entr&#233;s en Europe. Cette r&#233;glementation engendre un fort d&#233;s&#233;quilibre entre &#201;tats et prend tr&#232;s peu en compte les projets de vie des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e, remise &#224; l'ordre du jour par le Royaume-Uni, a &#233;t&#233; plusieurs fois propos&#233;e par le pass&#233;, notamment en 2003, avec d&#233;j&#224; les Britanniques aux manettes, sugg&#233;rant que les migrants soient renvoy&#233;s dans des camps &#224; l'ext&#233;rieur de l'Union europ&#233;enne (UE). En 2004, les ministres italien et allemand de l'Int&#233;rieur ont cherch&#233; eux aussi &#224; externaliser la proc&#233;dure de demande d'asile, en utilisant l'euph&#233;misme &#8220;&lt;i&gt;guichet europ&#233;en de l'immigration&lt;/i&gt;&#8221;. Aucune de ces tentatives n'a &#233;t&#233; suivie. Mais elles correspondaient &#224; des coups de boutoir dans les politiques d'asile, de plus en plus forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le Rwanda, il y a aussi eu une construction progressive de son r&#244;le. Je vous renvoie notamment &#224; une note d'actualit&#233; du r&#233;seau Migreurop, &#8220;Prot&#233;ger et contr&#244;ler, les deux visages du HCR&#8221; &lt;i&gt;[mai 2020]&lt;/i&gt;. On y montrait que l'Europe n'accueillait pas de r&#233;fugi&#233;s touch&#233;s par le conflit libyen et que le Rwanda jouait un r&#244;le notable dans le dispositif mis en place par l'UE pour accueillir les &#233;trangers en tr&#232;s grande difficult&#233; dans le pays, en &#233;change de millions de dollars. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a de plus en plus d'acteurs impliqu&#233;s et des ramifications d'une complexit&#233; assez effarante...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, les cas sont multiples. De la Libye que l'on paye pour retenir les migrants dans les conditions que l'on sait aux pays dits de &#8220;transit&#8221;, comme la Serbie, somm&#233;s de s'impliquer davantage en &#233;change notamment d'une politique de visas plus favorable pour leurs ressortissants. En tout cas, on s'oriente de plus en plus vers les pays frontaliers de l'UE. Avec une politique europ&#233;enne de voisinage &#224; partir de 2001. Ou les partenariats pour la mobilit&#233; (PPM) mis en place avec la Tunisie, la Moldavie, etc., qui visent &#224; favoriser certaines &#8220;migrations choisies&#8221;, ce qui induit &#233;galement l'id&#233;e de formaliser davantage l'approche europ&#233;enne restrictive des migrations. Ou bien l'enchev&#234;trement d'accords bilat&#233;raux et multilat&#233;raux entre &#201;tats de l'UE et pays africains. L'id&#233;e, c'est qu'on facilite certaine mobilit&#233;s &#8220;choisies&#8221; et que, de l'autre c&#244;t&#233;, on renforce les contr&#244;les migratoires vis-&#224;-vis d'autres personnes qualifi&#233;es d'ind&#233;sirables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce paysage vient s'ajouter le pacte europ&#233;en sur la migration et l'asile de 2020, que la chercheuse Claire Rodier qualifiait r&#233;cemment d' &#171; usine &#224; gaz &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce pacte fourre-tout vient renforcer l'id&#233;e de mettre en place de grands centres de transit, comme en Gr&#232;ce par exemple avec les &lt;i&gt;hotspots&lt;/i&gt;, pour op&#233;rer des tris entre, d'un c&#244;t&#233;, celles et ceux que les &#201;tats consentent &#224; accepter et, de l'autre, celles et ceux que les autorit&#233;s rejettent, soit en les expulsant de l'UE, soit en laissant les personnes enferm&#233;es dans des situations d&#233;gradantes et inhumaines. Il est certes rappel&#233; dans ce pacte le &#8220;&lt;i&gt;plein respect du principe de non-refoulement&lt;/i&gt;&#8221; ou plus largement le &#8220;&lt;i&gt;respect des droits fondamentaux&lt;/i&gt;&#8221;. Mais dans le m&#234;me temps est annonc&#233; le renforcement des contr&#244;les policiers. Si ce pacte n'est pas encore appliqu&#233;, il s'inscrit en tout cas dans la droite ligne des politiques de ces trente derni&#232;res ann&#233;es. Et il ne va clairement pas vers davantage de simplification&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'on en parle moins depuis le d&#233;but de la guerre en Ukraine, qui a mis en lumi&#232;re la dimension diff&#233;renci&#233;e des politiques men&#233;es &#8211; et le racisme latent des mesures appliqu&#233;es &lt;i&gt;[lire p. VIII]&lt;/i&gt;. Si les dispositifs europ&#233;ens mis en place pour les r&#233;fugi&#233;s ukrainiens soulignent la n&#233;cessit&#233; de venir en aide aux personnes en qu&#234;te de protection, ces m&#233;canismes &#233;voquent &#233;galement des formes de racisme profond&#233;ment ancr&#233;es dans nos soci&#233;t&#233;s. Par exemple &#224; Calais, la maire Natacha Bouchart (ex-LR qui vient de rallier le pr&#233;sident de la R&#233;publique) et la sous-pr&#233;fecture ont mis &#224; disposition l'auberge de jeunesse pour les r&#233;fugi&#233;s ukrainiens, alors qu'ils appliquent depuis des ann&#233;es une politique tr&#232;s restrictive &#224; l'encontre des migrants en transit sur leur territoire (&#233;vacuation de squats, d&#233;mant&#232;lement de camps informels, interdiction &#224; certaines associations de fournir de la nourriture, etc.). On a entendu des d&#233;clarations &#233;c&#339;urantes sur les&lt;i&gt; bons&lt;/i&gt; r&#233;fugi&#233;s ukrainiens. Un journaliste britannique de la BBC a &#233;voqu&#233; &#8220;&lt;i&gt;des gens avec des yeux bleus et des cheveux blonds&lt;/i&gt;&#8221;. En tout cas, la proc&#233;dure de r&#233;ponse &#224; un &#8220;afflux massif&#8221; a &#233;t&#233; mise en place pour l'Ukraine. Ce qui est une tr&#232;s bonne chose. Mais &#231;a n'a pas &#233;t&#233; le cas dans le pass&#233;, par exemple en 2011 avec le Printemps arabe, alors que Malte et l'Italie faisaient des demandes en ce sens. Ni en 2015 avec la crise syrienne ou en 2021 avec l'Afghanistan. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tableau trac&#233; est noir. Y a-t-il des lueurs d'espoirs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il convient d&#233;j&#224; de rappeler qu'il y a beaucoup de gens et d'associations qui m&#232;nent un travail critique et humanitaire. On peut esp&#233;rer qu'&#224; un moment cela produise des effets sur la soci&#233;t&#233;, qu'il y ait une vraie r&#233;flexion. Et l'exemple ukrainien a montr&#233; une chose : quand on veut mettre les moyens d'un v&#233;ritable accueil, on peut. Mais ces questions ne sont pour l'instant pas prises en compte par les responsables politiques, les seuls sans doute &#224; m&#234;me de faire changer de cap les politiques migratoires des pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'exemple ukrainien a montr&#233; une chose : quand on veut mettre les moyens d'un v&#233;ritable accueil, on peut. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En attendant, il y a beaucoup d'outils que l'on peut mobiliser. De mon c&#244;t&#233;, c'est la g&#233;ographie. Spatialiser les questions migratoires permet de rassembler des informations et des &#233;l&#233;ments dispers&#233;s dans un texte, de faire prendre conscience d'une situation dont on entend parler par intermittence. Pour la question des morts aux fronti&#232;res, des camps, des accords, &#231;a apporte quelque chose, &#231;a appuie le d&#233;veloppement des analyses critiques. La carte des morts aux fronti&#232;res de l'Europe que j'avais r&#233;alis&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 2000 est toujours actualis&#233;e aujourd'hui, notamment par le g&#233;ographe Nicolas Lambert&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment &#171; Les damn&#233;&#183;es de la mer &#187;, sur le site de Migreurop (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, rappelant le co&#251;t humain terrible des politiques europ&#233;ennes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Atlas des migrants en Europe &#8211; Approche critique des politiques migratoires&lt;/i&gt;, Armand Colin, 2017, sous l'impulsion du r&#233;seau Migreurop.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment &lt;a href=&#034;http://migreurop.org/article3026.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les damn&#233;&#183;es de la mer &#187;&lt;/a&gt;, sur le site de Migreurop (05/02/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Brest : la gentrification se pare de vert</title>
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		<dc:date>2021-11-08T17:42:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Damien Le Bruchec</dc:creator>


		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Suite aux &#233;lections municipales de 2020, l'alliance ren&#233;goci&#233;e entre le Parti socialiste et Europe &#201;cologie-Les Verts devait permettre d'accorder une place plus importante &#224; l'environnement dans les politiques municipales et m&#233;tropolitaines brestoises. R&#233;sultat : on assiste plut&#244;t &#224; un vague verdissement des projets urbains. Mais des collectifs d&#233;fendent d'autres mani&#232;res d'inventer la ville. Ce jeudi 1er juillet, une trentaine de personnes sont r&#233;unies dans la salle du Patronage la&#239;que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no201-septembre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;201 (septembre 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/projet" rel="tag"&gt;projet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place-Guerin" rel="tag"&gt;place Gu&#233;rin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/immobilier" rel="tag"&gt;immobilier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite aux &#233;lections municipales de 2020, l'alliance ren&#233;goci&#233;e entre le Parti socialiste et Europe &#201;cologie-Les Verts devait permettre d'accorder une place plus importante &#224; l'environnement dans les politiques municipales et m&#233;tropolitaines brestoises. R&#233;sultat : on assiste plut&#244;t &#224; un vague verdissement des projets urbains. Mais des collectifs d&#233;fendent d'autres mani&#232;res d'inventer la ville.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH399/400px_brest-02845.jpg?1782641367' width='500' height='399' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Marine Summercity
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce jeudi 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet, une trentaine de personnes sont r&#233;unies dans la salle du Patronage la&#239;que Gu&#233;rin, dans le quartier de Saint-Martin, au centre-ville de Brest. La poign&#233;e de riverains &#224; l'initiative de la soir&#233;e vient d'apprendre qu'un nouveau projet immobilier devrait radicalement changer le visage d'un pan du quartier. Bouygues Immobilier pr&#233;voit de b&#226;tir une on&#233;reuse &#171; r&#233;sidence senior &#187; &#224; la place de l'actuel Ehpad (&#201;tablissement d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes). La majeure partie des 2 300 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de son jardin est amen&#233;e &#224; dispara&#238;tre. Pour les participants &#224; la r&#233;union, le projet est inqui&#233;tant &#224; double titre : un espace vert doit &#234;tre b&#233;tonn&#233; dans une ville d&#233;j&#224; tr&#232;s min&#233;rale, tout en rel&#233;guant les anciens les plus modestes vers la p&#233;riph&#233;rie. Ils demandent &#233;galement que le jardin devienne un &#171; bien commun &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fringant directeur de l'agence Bouygues Immobilier qui porte le projet a fait le d&#233;placement pour d&#233;fendre son gagne-pain. S'il admet que sa bo&#238;te a &#171; &lt;i&gt;beaucoup de progr&#232;s &#224; faire&lt;/i&gt; &#187; en termes d'impacts environnementaux, il se dit pr&#234;t &#224; conc&#233;der une parcelle de terrain pour un jardin partag&#233;. Peine perdue : la r&#233;union aboutit &#224; la cr&#233;ation d'un collectif, dernier n&#233; de la contestation des projets urbains dans la m&#233;tropole brestoise.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Verdissement municipal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une ancienne conseill&#232;re municipale, militante EELV (Europe &#201;cologie-Les Verts), est &#233;galement pr&#233;sente &#224; la r&#233;union. Elle se contente de pinailler au sujet des mat&#233;riaux de construction. Son parti a pourtant gagn&#233; en poids ces derni&#232;res ann&#233;es en portant un discours de rupture &#233;cologique avec les mandats pr&#233;c&#233;dents. Alli&#233;s de longue date au PS (Parti socialiste), les Verts ont en effet tent&#233; de voler de leurs propres ailes lors des &#233;lections municipales du printemps 2020. Apr&#232;s une campagne plut&#244;t rugueuse, ils arrivent finalement en troisi&#232;me position au premier tour. Fran&#231;ois Cuillandre, maire socialiste et pr&#233;sident de la M&#233;tropole, conserve son si&#232;ge. EELV retourne dans le giron de la majorit&#233;, non sans avoir obtenu quelques postes cl&#233;s. L'implantation des &#233;cologistes se confirme lors des &#233;lections d&#233;partementales suivantes, en juin dernier. Cette fois, un bin&#244;me EELV - Nouvelle Donne arrache le canton Brest-Centre au PS. Mais cette position nouvellement acquise par les Verts n'annonce pas pour autant de changements majeurs dans les politiques locales, notamment en mati&#232;re d'urbanisme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Densification, gentrification, artificialisation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jouant le jeu lib&#233;ral de la concurrence entre les territoires, les &#233;diles brestois s'&#233;chinent depuis plusieurs mandats &#224; transformer l'image, la morphologie et la sociologie d'une ville rest&#233;e ouvri&#232;re. Non sans obtenir quelques r&#233;sultats : le prix du m&#232;tre carr&#233; augmente de 6 % par an&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Brest : un march&#233; immobilier ultra tendu ! &#187;, SeLoger.com (25/11/2020).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, tandis qu'entre 2020 et 2021, les loyers ont bondi de pr&#232;s de 8 %&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouest-France (02/06/2021).&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et les projets immobiliers pharaoniques se multiplient. Les &#233;lus les pr&#233;sentent comme n&#233;cessaires pour densifier le tissu urbain. Mais l'objectif est &#233;galement de modifier la composition sociale des quartiers vis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Alors que le secteur nourrit un sentiment d'ins&#233;curit&#233; dont la presse et la droite locale se r&#233;galent, sa restructuration doit donc permettre d'&#233;loigner une population jug&#233;e ind&#233;sirable.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un exemple parmi d'autres, le haut de la rue Jean-Jaur&#232;s, art&#232;re centrale et commer&#231;ante de la ville, aujourd'hui ass&#233;ch&#233;e par les zones commerciales p&#233;riph&#233;riques. Le sentiment de d&#233;clin ressenti par certains riverains constitue une opportunit&#233; pour raser plusieurs immeubles anciens. Des logements neufs doivent, selon la municipalit&#233;, encourager le retour &#171; &lt;i&gt;de familles&lt;/i&gt; &#187;. Alors que le secteur nourrit un sentiment d'ins&#233;curit&#233; dont la presse et la droite locale se r&#233;galent, sa restructuration doit donc permettre d'&#233;loigner une population jug&#233;e ind&#233;sirable&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le T&#233;l&#233;gramme (15/05/2020).&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non loin de l&#224;, l'embl&#233;matique salle de sport Marcel-Cerdan doit laisser place &#224; un nouvel ensemble immobilier. Annonc&#233; comme un mod&#232;le de &#171; &lt;i&gt;mixit&#233; sociale&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;d'excellence&lt;/i&gt; &#187; &#233;cologique, le projet est appuy&#233; par un discours de lutte contre l'&#233;talement urbain&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Soci&#233;t&#233; vivante f&#234;te la friche, &#201;ditions de Renart, 2020.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.
Pour autant, pas de quoi annoncer une politique volontariste visant &#224; freiner le processus. Quartiers pavillonnaires et zones commerciales continuent de grignoter la campagne alentour, dans une r&#233;gion qui d&#233;tient la troisi&#232;me place en termes de taux d'artificialisation des sols&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Site de l'Observatoire de l'environnement en Bretagne (30/09/2018).&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. C'est ainsi qu'au cours du mandat pr&#233;c&#233;dent, la ferme bio de Traon Bihan, implant&#233;e sur la commune de Brest, a &#233;t&#233; amput&#233;e d'une partie de ses terres au profit d'un quartier certifi&#233; d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'un ersatz de ville envahit la campagne, les citadins pourront bient&#244;t profiter du spectacle de l'agriculture du futur. Plusieurs projets de &#171; fermes urbaines &#187; sont en cours. Dans le cadre de la restructuration de la cit&#233; de Kerbernier, une barre d&#233;molie devra laisser place &#224; une &#171; &lt;i&gt;serre bioclimatique et verticale&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le T&#233;l&#233;gramme (23/04/2021).&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187;. L'urbanisme brutal se veut d&#233;sormais &#233;cofuturiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; entend &#233;galement d&#233;velopper les &#171; mobilit&#233;s douces &#187;, mais certainement pas pour rompre avec la civilisation de la bagnole. Il s'agit plut&#244;t de fa&#231;onner la ville aux go&#251;ts suppos&#233;s des classes sup'. C'est ainsi qu'une partie des rues autour de la turbulente place Gu&#233;rin, bastion populaire et militant du quartier de Saint-Martin, ont &#233;t&#233; pi&#233;tonnis&#233;es. Pour Yohann N&#233;d&#233;lec, adjoint au centre-ville, le but est de &#171; &lt;i&gt;permettre aux familles de s'approprier l'espace et d'en faire un lieu plus convivial&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le T&#233;l&#233;gramme (22/04/2021).&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187;. Sous-titre : pr&#233;caires et zonards sont pri&#233;s d'aller voir ailleurs. Plut&#244;t que de mettre en &#339;uvre de v&#233;ritables politiques en faveur de l'environnement, il s'agit donc de changer l'image de la ville dans un souci d' &#187; attractivit&#233; territoriale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Contester la ville telle qu'elle se fait&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, le collectif oppos&#233; &#224; la r&#233;sidence Bouygues est loin d'&#234;tre isol&#233;. Lutte pour une salle de quartier place Gu&#233;rin ou contre la construction d'immeubles &#224; proximit&#233; du Jardin botanique de Brest, les collectifs se multiplient ces derni&#232;res ann&#233;es pour contester l'am&#233;nagement tel qu'il se m&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la r&#233;union du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet, un &#171; amoureux de la rade de Brest &#187;, qui lutte contre la privatisation d'une friche sur la commune voisine du Relecq-Kerhuon, est venu partager son exp&#233;rience. Le site, &#224; deux pas du rivage, doit accueillir un ensemble d'immeubles et de commerces cossus. Ses opposants d&#233;noncent un projet qui &#171; &lt;i&gt;revient &#224; r&#233;server &#224; quelques privil&#233;gi&#233;s un bien commun qui appartient &#224; ce jour &#224; Brest M&#233;tropole Am&#233;nagement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BMA, compos&#233; de deux entreprises publiques locales, en charge des grands (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Il faut stopper le b&#233;tonnage du littoral. Pr&#233;server nos bords de mer et un cadre de vie agr&#233;able, accessible &#224; tous, et non pas r&#233;serv&#233; &#224; quelques privil&#233;gi&#233;s&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouest-France, (26/03/2021).&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre participant &#224; la soir&#233;e a &#233;voqu&#233; la mobilisation pour la sauvegarde de la vall&#233;e du Restic, menac&#233;e par un projet de contournement routier. Cette lutte historique d&#233;bute fin 2008, avec le lancement d'une enqu&#234;te publique portant sur un contournement routier de Brest par le nord-ouest. Selon l'option retenue, 13 hectares de bois et de prairies et un ruisseau doivent &#234;tre engloutis sous le bitume. Apr&#232;s une dizaine d'ann&#233;es de mobilisation du collectif de d&#233;fense de la vall&#233;e, Brest M&#233;tropole doit faire machine arri&#232;re suite &#224; une d&#233;cision du Conseil d'&#201;tat&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouest-France (22/10/2018)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;. Il en aurait fallu plus : exit la &#171; mobilit&#233; douce &#187;, la M&#233;tropole relance aujourd'hui le projet&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le T&#233;l&#233;gramme (26/04/2021)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin du &#171; &lt;i&gt;renouveau sur le fond et dans les m&#233;thodes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouest-France (01/10/2019).&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt; &#187; promis par EELV lors de sa campagne, les Verts semblent ici davantage adeptes d'une &#233;cologie anecdotique contribuant au verdissement de la gentrification en cours. Mais les collectifs d'habitants veillent. Ce 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet, la r&#233;union au Patronage la&#239;que Gu&#233;rin s'ach&#232;ve sur un espoir : lutter ensemble pour un v&#233;ritable droit &#224; la ville, dans lequel la diversit&#233; du vivant aurait toute sa place. Comme le r&#233;sume un graffiti aper&#231;u dans le centre : &#171; &lt;i&gt;Moins de bourgeois, plus de bourgeons&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Damien Le Bruchec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://edito.seloger.com/actualites/barometre-lpi-seloger/brest-un-marche-immobilier-ultra-tendu-article-40360.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Brest : un march&#233; immobilier ultra tendu ! &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;SeLoger.com&lt;/i&gt; (25/11/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/brest-la-ville-de-france-ou-les-loyers-ont-le-plus-augmente-en-un-an-27271674-c3bc-11eb-b322-dcd0256dd6a7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (02/06/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/a-brest-le-haut-jaures-va-changer-de-morphologie-15-05-2020-12552820.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (15/05/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; vivante f&#234;te la friche&lt;/i&gt;, &#201;ditions de Renart, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Site de l'&lt;a href=&#034;https://bretagne-environnement.fr/donnees-artificialisation-sol-bretagne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observatoire de l'environnement en Bretagne&lt;/a&gt; (30/09/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/a-brest-l-agriculture-urbaine-va-pouvoir-gagner-du-terrain-dans-les-cites-23-04-2021-12739349.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (23/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressreader.com/france/le-telegramme-brest/20210422/282325387812213&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme &lt;/i&gt;&lt;/a&gt;(22/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;BMA, compos&#233; de deux entreprises publiques locales, en charge des grands projets d'am&#233;nagement urbains sur Brest M&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ouest-france.fr/bretagne/le-relecq-kerhuon-29480/le-relecq-kerhuon-mobilisation-citoyenne-contre-le-projet-immobilier-a-la-cantine-1ff25c64-8e34-11eb-990e-52e848de4bb3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, (26/03/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; (22/10/2018)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme&lt;/i&gt; (26/04/2021)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/entretien-brest-les-ecologistes-iront-jusqu-au-bout-avec-leur-liste-pour-la-municipale-6545317&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ouest-France&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (01/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'&#233;cof&#233;minisme invite &#224; d&#233;passer les dualismes &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-ecofeminisme-invite-a-depasser</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/L-ecofeminisme-invite-a-depasser</guid>
		<dc:date>2021-07-12T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
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		<dc:subject>d&#233;fense</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au sein des luttes pour la d&#233;fense des terres, une constante : la pr&#233;sence massive de femmes. Et parmi elles, des &#233;cof&#233;ministes consid&#233;rant qu'il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n'aurait pas &#171; affaire &#224; des ph&#233;nom&#232;nes sans aucun rapport, mais plut&#244;t &#224; deux aspects d'un seul et m&#234;me syst&#232;me &#187;, comme l'explique Jeanne Burgart Goutal, philosophe et autrice d'&#202;tre &#233;cof&#233;ministe &#8211; Th&#233;ories et pratiques, un bouquin paru en 2020 &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/defense" rel="tag"&gt;d&#233;fense&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au sein des luttes pour la d&#233;fense des terres, une constante : la pr&#233;sence massive de femmes. Et parmi elles, des &#233;cof&#233;ministes consid&#233;rant qu'il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n'aurait pas &#171; affaire &#224; des ph&#233;nom&#232;nes sans aucun rapport, mais plut&#244;t &#224; deux aspects d'un seul et m&#234;me syst&#232;me &#187;, comme l'explique Jeanne Burgart Goutal, philosophe et autrice d'&lt;i&gt;&#202;tre &#233;cof&#233;ministe &#8211; Th&#233;ories et pratiques&lt;/i&gt;, un bouquin paru en 2020 &#224; L'&#201;chapp&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3682 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH656/-1818-a0992.jpg?1782663228' width='500' height='656' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mot honni des f&#233;ministes tant il a servi de pr&#233;texte &#224; des mill&#233;naires d'ali&#233;nation des femmes, la notion de &#171; nature &#187; (au sens large) semble aujourd'hui s'offrir une virginit&#233; : &#171; L'Amazonie, ma chatte, arr&#234;tez de tout raser ! &#187;, peut-on lire sur certaines pancartes lors de manifestations &#233;colos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense de la nature &#8211; et par extension celle des terres &#8211; figure ainsi en bonne place &#224; l'agenda de certaines f&#233;ministes, &#224; l'instar de celles qui ont tenu des barricades &#224; Notre-Dame-des-Landes tout en fustigeant le sexisme de certains de leurs camarades de lutte. Ou d'autres ayant organis&#233; un week-end en mixit&#233; choisie &#224; Bure, notamment pour se r&#233;approprier leur pouvoir d'agir face aux sbires de l'Andra&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agence nationale pour la gestion des d&#233;chets radioactifs.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Discr&#232;te ces derni&#232;res d&#233;cennies, cette articulation des luttes ne date pourtant pas d'hier : Fran&#231;oise d'Eaubonne, penseuse libertaire, th&#233;oricienne de l'&#233;cof&#233;minisme et saboteuse de premi&#232;re classe d&#233;fendait d&#233;j&#224; vertement dans les ann&#233;es 1970 la n&#233;cessit&#233; de mener ces deux combats de front&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet Fran&#231;oise d'Eaubonne et l'&#233;cof&#233;minisme de Caroline Goldblum (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet apparent antagonisme de d&#233;part &#8211; d&#233;fense des femmes, d&#233;fense de la nature &#8211; appara&#238;t donc soluble dans un certain f&#233;minisme. Et c'est pourquoi on a demand&#233; &#224; Jeanne Burgart Goutal de nous en dire plus, sachant qu'elle a largement d&#233;frich&#233; le sujet dans son livre &lt;i&gt;&#202;tre &#233;cof&#233;ministe. Th&#233;ories et pratiques.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du combat des habitants de Plogoff (Finist&#232;re) contre l'implantation d'une centrale nucl&#233;aire dans les ann&#233;es 1980 &#224; la mobilisation actuelle contre l'enfouissement de d&#233;chets radioactifs &#224; Bure (Meuse), les femmes semblent investir massivement les luttes pour la d&#233;fense des terres. Comment le comprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La question est d&#233;licate et je n'ai pas de r&#233;ponse tranch&#233;e, mais on peut soulever plusieurs hypoth&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on prend le cas de Plogoff, l'omnipr&#233;sence des femmes dans la lutte peut s'expliquer par le contexte. &#192; l'&#233;poque, l'&#233;conomie locale reposant sur la p&#234;che, les hommes &#233;taient souvent en mer. Ce sont donc les femmes qui ont d&#251; mener le combat. Parce qu'elles restaient sur place avec les enfants, ce sont &#233;galement elles qui ont les premi&#232;res saisi l'&#233;tendue des risques de d&#233;gradations que faisait peser sur leur environnement imm&#233;diat le projet de centrale nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a donc pas besoin de pr&#233;tendre que les femmes seraient essentiellement plus proches de la nature : il suffit d'une explication sociologique reposant sur l'analyse de la division sexuelle du travail. Dans la plupart des soci&#233;t&#233;s, ce sont les femmes qui sont charg&#233;es de s'occuper des corps et en particulier des corps vuln&#233;rables : nourrir les enfants, s'occuper des vieux, des personnes malades. Or, les d&#233;gradations environnementales que peut, par exemple, produire l'enfouissement de d&#233;chets radioactifs ont un impact sur la sant&#233;. Et parce que ce sont les femmes qui seront charg&#233;es de s'occuper des corps vuln&#233;rables, elles ont plus imm&#233;diatement conscience de l'impact de certains projets d&#233;gradant &#224; la fois l'environnement et la sant&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon Starhawk, autrice et activiste am&#233;ricaine, les oppressions &#171; &lt;i&gt;de race, de sexe, de classe, et la destruction &#233;cologique&lt;/i&gt; &#187; seraient imbriqu&#233;es. C'est d'ailleurs le point de d&#233;part de la pens&#233;e &#233;cof&#233;ministe. Quel lien entre les violences faites aux femmes et celles faites &#224; la terre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut trouver certaines analogies entre ces oppressions et la destruction des terres : des m&#233;canismes similaires d'objectivation, de r&#233;ification, d'exploitation, de domination par la violence... Et de r&#233;els liens de causalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sujet, il est &#233;clairant d'observer ce qui se met en place autour de grands projets industriels. En Am&#233;rique du Sud, par exemple, les projets d'extraction mini&#232;re d&#233;vastent l'environnement de nombreuses communaut&#233;s rurales, souvent indig&#232;nes. Et ils ont recours &#224; une main-d'&#339;uvre massive, g&#233;n&#233;ralement masculine. Des hommes d&#233;racin&#233;s, qui se retrouvent loin de leur foyer. Sur place, cela cr&#233;e de nouvelles violences &#224; l'&#233;gard des femmes : une recrudescence des viols, un business de la prostitution... Plusieurs collectifs sud-am&#233;ricains, comme le Colectivo Casa et le Renamat, mettent en exergue ces imbrications, sur lesquelles se penche &#233;galement le documentaire &lt;i&gt;Ni les femmes ni la terre&lt;/i&gt; (2018), de Marine Allard, Lucie Assemat et Coline Dhaussy. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;voquez dans votre livre l'exemple des Bombes atomiques, un collectif qui s'est notamment illustr&#233; en organisant, en septembre 2019, un rassemblement &#224; Bure &#171; &lt;i&gt;entre femmes, lesbiennes, personnes trans, intersexes, non binaires&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Comment analyser ces ponts entre luttes pour la d&#233;fense des terres et luttes LGBT ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;cof&#233;minisme, dont se revendiquent les Bombes atomiques, invite &#224; d&#233;passer les dualismes : nature/culture, humain/animal, corps/esprit, masculin/f&#233;minin... Avant de d&#233;couvrir l'&#233;cof&#233;minisme, je m'int&#233;ressais surtout au f&#233;minisme &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt; de Judith Butler et Donna Haraway, qui appelle &#224; sortir de la binarit&#233;. Et c'est une pens&#233;e que j'ai retrouv&#233;e dans l'&#233;cof&#233;minisme, contrairement au clich&#233; qu'on en a souvent. D'ailleurs, dans les ann&#233;es 1970-1980, il y a eu des passerelles entre les &#233;cof&#233;ministes et le mouvement de retour &#224; la terre men&#233; par des &#8220;lesbiennes s&#233;paratistes&#8221; qui ont cr&#233;&#233; des communaut&#233;s rurales non mixtes, notamment aux &#201;tats-Unis, dans l'Oregon. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme vous l'&#233;voquiez, l'investissement des femmes dans les luttes pour la terre est &#233;galement fortement ancr&#233; dans les pays du Sud, en Am&#233;rique latine, mais aussi en Inde, o&#249; est n&#233; le mouvement Chipko. Quelle est son histoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement Chipko a pris racine dans les ann&#233;es 1970 &#224; Mandal, au nord de l'Inde. &#192; l'&#233;poque, les habitants avaient cr&#233;&#233; une coop&#233;rative locale avec un atelier de fabrication d'outils agricoles. Eux attendaient que le service forestier leur alloue des parcelles de for&#234;ts pour leur activit&#233;, ce qu'il a refus&#233;, avant d'en vendre certaines &#224; un fabricant de mat&#233;riel de sport. Les mobilisations ont alors commenc&#233; et les femmes y ont pris part massivement. Elles ont prot&#233;g&#233; les arbres avec leurs propres corps pour emp&#234;cher qu'ils soient abattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s la militante &#233;cof&#233;ministe Vandana Shiva, il s'agissait au d&#233;but d'un mouvement assez mixte, puis la contestation est devenue plus f&#233;minine et plus clairement &#233;cologiste. Parce que les int&#233;r&#234;ts des hommes et des femmes divergeaient. Les hommes se satisfaisaient de gagner la premi&#232;re partie de la lutte : ce n'&#233;tait pas &#224; une entreprise ext&#233;rieure d'exploiter les arbres, mais &#224; eux, localement. Les femmes avaient d'autres ambitions : pour elles, que ce soit une entreprise ext&#233;rieure ou leurs propres mecs qui d&#233;truisent la for&#234;t revenait au m&#234;me. Au fur et &#224; mesure, la lutte leur a permis une forme d'&#233;mancipation : leur r&#244;le a chang&#233; dans la communaut&#233;, elles ont r&#233;clam&#233; une place dans les instances de d&#233;cision locales et le mouvement a obtenu un moratoire de quinze ans sur la coupe des arbres dans deux &#201;tats du nord de l'Inde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites qu'on ne peut pas pour autant qualifier d'&#233;cof&#233;ministes certaines luttes pour la terre men&#233;es dans les pays du Sud, pour la bonne raison que &#171; &lt;i&gt;les femmes de ces mouvements r&#233;cusent explicitement ces &#233;tiquettes&lt;/i&gt; &#187; : celle de f&#233;ministes comme celle d'&#233;cologistes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le contexte d'une ancienne colonie comme l'Inde, on peut soup&#231;onner d'imp&#233;rialisme les notions export&#233;es par l'Occident, comme &#8220;&#233;cologie&#8221; et &#8220;f&#233;minisme&#8221;. D'autant que des arguments pseudo f&#233;ministes ont historiquement &#233;t&#233; mis au service du discours colonialiste, en inf&#233;riorisant les Indiens et en taxant en bloc leur culture de barbare et arri&#233;r&#233;e, &#224; cause de certaines traditions patriarcales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de faire de ces femmes en lutte pour la terre des &#8220;&#233;cof&#233;ministes &#224; leur insu&#8221;, il me semble plus int&#233;ressant d'essayer de comprendre comment elles d&#233;finissent elles-m&#234;mes leur mouvement, comment elles formulent ce au nom de quoi elles s'engagent. C'est tout l'enjeu d'une pens&#233;e d&#233;coloniale : apprendre &#224; se d&#233;coloniser au lieu de plaquer nos concepts et nos mots d'ordre partout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Agence nationale pour la gestion des d&#233;chets radioactifs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &lt;i&gt;Fran&#231;oise d'Eaubonne et l'&#233;cof&#233;minisme&lt;/i&gt; de Caroline Goldblum et Fran&#231;oise d'Eaubonne, paru au Passager clandestin en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Urbanisme &#224; la marseillaise</title>
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		<dc:date>2021-05-12T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Iffik Le Guen</dc:creator>


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&lt;p&gt;La chambre r&#233;gionale des comptes PACA vient de publier un rapport r&#233;v&#233;lant qu'&#224; Marseille, des fonds publics destin&#233;s au logement ont &#233;t&#233; d&#233;vi&#233;s au profit d'un caprice d'&#233;lus au co&#251;t exorbitant : la r&#233;novation pompeuse et arbitraire de la place Jean-Jaur&#232;s. Les responsables, eux, rendront-ils un jour des comptes ? Des punks &#224; chien, les magistrats de la chambre r&#233;gionale des comptes (CRC) de Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur ? G&#233;rard Chenoz, ex-pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; locale d'&#233;quipement et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place-Jean-Jaures" rel="tag"&gt;place Jean-Jaur&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gerard-Chenoz" rel="tag"&gt;G&#233;rard Chenoz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La chambre r&#233;gionale des comptes PACA vient de publier un rapport r&#233;v&#233;lant qu'&#224; Marseille, des fonds publics destin&#233;s au logement ont &#233;t&#233; d&#233;vi&#233;s au profit d'un caprice d'&#233;lus au co&#251;t exorbitant : la r&#233;novation pompeuse et arbitraire de la place Jean-Jaur&#232;s. Les responsables, eux, rendront-ils un jour des comptes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1770-84da4.jpg?1782677853' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photographie de Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;es punks &#224; chien, les magistrats de la chambre r&#233;gionale des comptes (CRC) de Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur ? G&#233;rard Chenoz, ex-pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; locale d'&#233;quipement et d'am&#233;nagement de l'aire m&#233;tropolitaine (Soleam), n'est pas loin de le penser puisque leur r&#233;cent rapport donne raison aux opposants &#224; sa tr&#232;s ch&#232;re &#171; requalification &#187; de la place Jean-Jaur&#232;s (&lt;i&gt;aka&lt;/i&gt; La Plaine), qui souleva l'indignation de bien des habitants et usagers de ce lieu embl&#233;matique de la vie sociale marseillaise. En octobre 2018, l'&#233;lu justifiait l'&#233;rection d'un mur de b&#233;ton &#224; 400 000 &#8364; autour de la place par l'absolue n&#233;cessit&#233; de prot&#233;ger &#171; son chantier &#187; d'une bande de &#171; &lt;i&gt;zadistes qui aiment fumer le chichon&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos tenus le 22 octobre 2018 au si&#232;ge de la Soleam. Les autres citations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans et demi plus tard, alors que les travaux touchent &#224; leur fin, l'heure des comptes a sonn&#233;. Et c'est sans appel : le rapport de la CRC &#233;voque &#171; &lt;i&gt;un projet non pr&#233;vu initialement, qui devient la plus importante op&#233;ration de l'Op&#233;ration grand centre-ville (OGCV) : alors que les cinq p&#244;les initiaux&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui pointaient cinq &#238;lots d&#233;grad&#233;s situ&#233;s &#224; proximit&#233; de la place Jean-Jaur&#232;s.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; avaient pour th&#233;matique le logement, en 2013 [&#8230;] le projet a &#233;volu&#233; vers une requalification de la place Jean-Jaur&#232;s, [&#8230;] qui constitue la seule r&#233;alisation concr&#232;te engag&#233;e &#224; ce jour. [&#8230;] L'op&#233;ration de r&#233;am&#233;nagement de la place est devenue la principale op&#233;ration de l'OGCV avec 17 M&#8364; TTC pr&#233;vus.&lt;/i&gt; &#187; En r&#233;alit&#233;, apr&#232;s divers avenants et autres impr&#233;vus, et alors que l'habitat du proche quartier de Noailles se d&#233;gradait dangereusement, plus de 20 millions auront &#233;t&#233; dilapid&#233;s dans ce flagrant d&#233;lit de non-assistance &#224; population en danger.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas une thune pour sauver Noailles &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rembobinage : fin janvier 2018, lors d'une r&#233;union publique au th&#233;&#226;tre Mazenod (88 rue d'Aubagne, Noailles), un parterre d'&#233;lus expliquait aux habitants que le dossier logement, &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s complexe&lt;/i&gt; &#187;, serait trait&#233; plus tard et qu'en attendant, on ferait un audit. Pourtant, une &#233;tude avait d&#233;j&#224; montr&#233; que l'insalubrit&#233; frappait la moiti&#233; du quartier, qui ne compte que 3 % de logements sociaux alors que 80 % des habitants peuvent y pr&#233;tendre. De fait, ce sont les marchands de sommeil qui g&#232;rent la demande &lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Le ventre de Marseille crie famine &#187;, CQFD n&#176; 162 (f&#233;vrier 2018).&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Mais, selon Chenoz, l'urgence &#233;tait de pi&#233;tonniser le bas de la rue et d'y implanter &#224; coup de pr&#233;emptions des boutiques&lt;i&gt; chicos&lt;/i&gt;, pour que &#171; &lt;i&gt;&#231;a devienne un quartier branch&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuf mois plus tard et trente m&#232;tres plus bas, huit locataires mouraient sous les d&#233;combres des 63 et 65 rue d'Aubagne. &#171; &lt;i&gt;20 millions pour d&#233;truire La Plaine, pas une thune pour sauver Noailles, &#224; qui profite le crime&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, interrogea une banderole lors d'une Marche de la col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le rapport de la CRC, un chiffre pique les yeux. En huit ans (de 2010 &#224; 2018), 31 logements ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s au lieu des 1 500 pr&#233;vus. Pendant ce temps, l'argent &#233;tait siphonn&#233; pour botoxer le &#171; c&#339;ur de ville &#187; et le rendre sexy aux yeux des touristes et investisseurs. Si l'on ajoute &#224; la r&#233;novation autoritaire de La Plaine l'injonction pressante de la Soleam aux copropri&#233;t&#233;s du centre-ville pour qu'elles ravalent leurs fa&#231;ades sans se soucier de l'&#233;tat du b&#226;ti, l'arme du crime se pose l&#224;, sur la table.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Table rase &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Selon Patrick Lacoste, de l'association un centre-ville pour tous, qui milite pour le maintien des classes populaires dans les quartiers r&#233;nov&#233;s, cette esp&#232;ce de &#171; &lt;i&gt;d&#233;tournement de finances publiques&lt;/i&gt; &#187; au profit de la mise en vitrine de La Plaine s'est d&#233;cid&#233;e en petit comit&#233;. Cinq &#233;lus de la majorit&#233; d'alors (Les R&#233;publicains) sont &#224; la man&#339;uvre : G&#233;rard Chenoz, Yves Moraine, Sabine Bernasconi, Bruno Gilles (tous trois maires d'arrondissements) et Solange Biaggi (adjointe charg&#233;e du commerce). Pour faire valider leur coup de bonneteau et le choix du prestataire le plus docile par la commission d'appel d'offres, le club des cinq s'assura le vote d'un &#233;lu PS, Roland Cazzola, aujourd'hui conseiller municipal charg&#233; de l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une r&#233;union avec des commer&#231;ants de La Plaine inquiets pour leur survie pendant les deux ans de chantier, Yves Moraine leur r&#233;torqua qu'ils seraient bien contents de revendre leur affaire &#224; bon prix une fois le quartier revaloris&#233;. Dialogue de sourds : lui r&#233;fl&#233;chissait en sp&#233;culateur, eux en habitants. Le projet de la Soleam &#233;tait con&#231;u telle une razzia sur un territoire qui avait su, malgr&#233; l'abandon, se r&#233;inventer autour de sa vie nocturne, son march&#233;, ses caf&#233;s. Derri&#232;re le coup de force suintait la volont&#233; de faire table rase, vraie obsession de l'&#233;quipe de Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille entre 1995 et 2020. Aux forains d&#233;log&#233;s du march&#233; qui se tenait jusqu'alors sur la place, l'&#233;lue charg&#233;e des emplacements lan&#231;a : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai rien contre vous, mais vous attirez des populations qu'on ne veut plus voir en ville.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;f&#233;rence faite aux habitants des quartiers Nord qui venaient y faire leurs courses.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La foire aux audits&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, sentant le vent du boulet de canon, le nouveau pr&#233;sident Les R&#233;publicains de la Soleam, Lionel Royer-Perreaut, pr&#233;tend que les critiques de la CRC lui serviront &#224; am&#233;liorer son action. Et aussi sec, il promet&#8230; un audit. L'habitat social, la mixit&#233; ? Il n'a rien contre, mais &#171; &lt;i&gt;dans les quartiers p&#233;riph&#233;riques&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Provence (25/04/2021).&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;. D'apr&#232;s Emmanuel Patris, ex-technicien de la Soleam devenu activiste du droit au logement, si certains esp&#232;rent que la Spla-In&lt;i&gt; [voir encadr&#233;]&lt;/i&gt; garantira un salutaire contr&#244;le &#233;tatique, les h&#233;ritiers de Gaudin entendent bien, depuis la Soleam et leur fief de la M&#233;tropole, garder la main sur ce juteux secteur d'inactivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni la CRC, ni la mairie de gauche n'ont signal&#233; &#224; la justice ce d&#233;voiement d'argent public. Mais le constat saignant des experts enrichira peut-&#234;tre l'instruction du dossier des effondrements meurtriers de la rue d'Aubagne. En attendant, sur La Plaine requalifi&#233;e, les haut-parleurs flanquant les cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance diffusent une musique de supermarch&#233;. Sans doute pour calmer les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen &amp; Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Soleam : (bien) vivre et laisser pourrir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout en empochant de confortables r&#233;mun&#233;rations, la Soleam aura donc brill&#233; par son incurie sur la question du logement et de la lutte contre l'insalubrit&#233;. Missions pourtant clairement rappel&#233;es dans son objet social. La chambre r&#233;gionale des comptes (CRC) n'est pourtant pas dupe de l'identit&#233; des v&#233;ritables responsables. Car la Soleam, soci&#233;t&#233; publique locale aux pr&#233;rogatives tr&#232;s vastes (de la requalification de quartiers entiers &#224; l'acquisition d'immeubles par voie d'expropriation et de pr&#233;emption), n'est qu'un instrument entre les mains de ses actionnaires, &#224; savoir la M&#233;tropole (&#224; hauteur de 80%) et la Ville. Mais il est pratique de disposer d'un fusible pour encaisser le choc de certains scandales. Ce fut d&#233;j&#224; le cas avec Marseille Am&#233;nagement, pr&#233;d&#233;cesseur de la Soleam et absorb&#233; par elle en 2013, dont le directeur avait &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233; par la justice dans une affaire de favoritisme. Patrick Lacoste, d'un centre-ville pour tous, en est convaincu : &#171; &lt;i&gt;Marseille Am&#233;nagement avait &#233;t&#233; pris la main dans le sac pour des contrats de gr&#233; &#224; gr&#233; conclus avec des investisseurs qui montaient des soci&#233;t&#233;s civiles immobili&#232;res afin de faire de la r&#233;novation d&#233;fiscalis&#233;e de taudis, contribuant ainsi &#224; chasser les chibanis&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et les propri&#233;taires occupants&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos tenus le 22 octobre 2018 au si&#232;ge de l'association.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187; C'est donc tout sauf un hasard si on a retrouv&#233; des proches, voire des &#233;lus de l'ancienne majorit&#233;, parmi les propri&#233;taires de logements insalubres apr&#232;s les effondrements de 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Soleam a pu servir &#224; planquer dans ses placards certains dossiers embarrassants de Marseille Am&#233;nagement, comme le laisse entendre le rapport de la CRC. Mais la chose sera peut-&#234;tre plus difficile avec l'arriv&#233;e dans le paysage de la Soci&#233;t&#233; publique locale d'am&#233;nagement d'int&#233;r&#234;t national (Spla-In) impos&#233;e par l'ex-ministre du Logement, Julien Denormandie. C'est du moins l'avis de Patrick Lacoste : &#171; &lt;i&gt;C'est comme une mise sous tutelle &#224; dose hom&#233;opathique avant la probable absorption de la Soleam par la Spla-In. L'&#201;tat s'est engag&#233; &#224; veiller &#224; ce que les centaines de millions inject&#233;s ne soient pas d&#233;tourn&#233;s vers d'autres projets cosm&#233;tiques d'am&#233;nagement de places publiques.&lt;/i&gt; &#187; De son c&#244;t&#233; et sans rire, Lionel Royer-Perreaut, nouvel am&#233;nageur en chef, annonce la livraison de 122 logements tout en pr&#233;textant des retards justifi&#233;s par la longueur des &#233;tudes pr&#233;alables et la complexit&#233; des op&#233;rations. Son cr&#233;do sur les r&#233;seaux sociaux ? &#171; &lt;i&gt;#FaireEnsembleAuServiceDeTous&lt;/i&gt; &#187;. &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Propos tenus le 22 octobre 2018 au si&#232;ge de la Soleam. Les autres citations d'&#233;lus ont &#233;t&#233; capt&#233;es en&lt;i&gt; live&lt;/i&gt; par les auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui pointaient cinq &#238;lots d&#233;grad&#233;s situ&#233;s &#224; proximit&#233; de la place Jean-Jaur&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-ventre-de-Marseille-crie-famine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le ventre de Marseille crie famine&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 162 (f&#233;vrier 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; (25/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Propos tenus le 22 octobre 2018 au si&#232;ge de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour l'h&#244;pital : de la maille, pas des m&#233;dailles !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Pour-l-hopital-de-la-maille-pas</link>
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		<dc:date>2020-06-15T18:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re, Francesco Nocera, Iffik Le Guen, Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Serge D'Ignazio</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans notre num&#233;ro d'avril, nous donnions la parole &#224; plusieurs travailleuses et travailleurs hospitaliers. C'&#233;tait le d&#233;but de la crise sanitaire et nos interlocuteurs se pr&#233;paraient au pire, tout en maudissant les gouvernements successifs responsables du piteux &#233;tat de l'h&#244;pital public. Deux mois plus tard, nous r&#233;cidivons. En cette fin mai, le pic de l'&#233;pid&#233;mie semble pass&#233; ; suivant les r&#233;gions, il a &#233;t&#233; plus ou moins intense. Mais chez les soignant&#183;es d'un peu partout, restent la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Serge-D-Ignazio" rel="tag"&gt;Serge D'Ignazio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sante" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prime" rel="tag"&gt;prime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-hopital" rel="tag"&gt;L'h&#244;pital&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans notre num&#233;ro d'avril, nous donnions la parole &#224; plusieurs travailleuses et travailleurs hospitaliers. C'&#233;tait le d&#233;but de la crise sanitaire et nos interlocuteurs se pr&#233;paraient au pire, tout en maudissant les gouvernements successifs responsables du piteux &#233;tat de l'h&#244;pital public. Deux mois plus tard, nous r&#233;cidivons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH510/-1547-d2efd.jpg?1782638466' width='400' height='510' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Serge D'Ignazio
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En cette fin mai, le pic de l'&#233;pid&#233;mie semble pass&#233; ; suivant les r&#233;gions, il a &#233;t&#233; plus ou moins intense. Mais chez les soignant&#183;es d'un peu partout, restent la fatigue, le traumatisme des moments durs et une m&#233;fiance solide envers les fumeuses promesses du gouvernement. Une &#233;vidence : les probl&#232;mes structurels du service public de la sant&#233; demeurent. Une certitude : dans le &#171; monde d'apr&#232;s &#187;, rien ne sera obtenu sans lutte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ce &#8220;merci&#8221; nous fait une belle jambe &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Prud'homme est infirmier anesth&#233;siste et secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Force ouvri&#232;re aux H&#244;pitaux universitaires de Strasbourg. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La &#8220;m&#233;daille de l'engagement&#8221; serait de l'ordre du risible si la situation n'&#233;tait pas aussi s&#233;rieuse &#8211; ce &#8220;merci&#8221; nous fait une belle jambe. Ce n'est pas faute d'avoir averti les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233; depuis vingt ans. Ce que nous avons toujours revendiqu&#233;, ce sont justement des conditions de travail correctes. En clair : mettre fin &#224; la gestion &#224; flux tendu, &#233;puisante pour l'ensemble des personnels et qui a fait que la priorit&#233; aux soins a recul&#233; devant les logiques purement &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prime est une bonne chose et la revalorisation salariale annonc&#233;e ne peut que nous satisfaire. Il reste &#224; d&#233;couvrir ce que contiendra effectivement le plan S&#233;gur. Car si la question reste uniquement salariale, sans r&#233;ponse de fond, les probl&#232;mes de l'ensemble de la cha&#238;ne hospitali&#232;re publique resteront les m&#234;mes. L'h&#244;pital public a vu son financement ass&#233;ch&#233; par la baisse et le gel des cotisations sociales depuis des ann&#233;es. Des h&#244;pitaux ont d&#251; contracter des emprunts toxiques qui n'ont fait que d&#233;multiplier leurs difficult&#233;s. R&#233;sultat : les patients et les personnels en paient le prix aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Leurs annonces ne valent rien ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille* est infirmi&#232;re aux urgences dans un h&#244;pital priv&#233; des Bouches-du-Rh&#244;ne. Fin mars, elle nous expliquait que la crise sanitaire &#233;tait le r&#233;sultat de choix politiques d&#233;sastreux. Deux mois plus tard, elle ne d&#233;col&#232;re pas. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous mes coll&#232;gues, je suis &#233;puis&#233;e. Fatigu&#233;e par le climat anxiog&#232;ne et par nos nouvelles conditions de travail : bosser avec un masque, transpirer dans ses couches de v&#234;tements, sa blouse et sa surblouse, puis se changer entre chaque patient. G&#233;rer l'anxi&#233;t&#233; des patients, augment&#233;e par l'interdiction des visites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne jamais conna&#238;tre son emploi du temps d'une semaine sur l'autre, ne jamais pouvoir se projeter, &#231;a aussi c'est &#233;reintant. C'est l&#224; que tu te rends compte que la conscience professionnelle des soignants est dingue. Au mois de mai, j'ai travaill&#233; 180 heures et aucune n'a &#233;t&#233; pay&#233;e en heure suppl&#233;mentaire. Je n'ai pas non plus touch&#233; la prime Urgences alors que j'y travaille depuis plusieurs mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre motif de fatigue : le cirque m&#233;diatique et les fausses r&#233;ponses politiques. Chez les soignants, on a us&#233; de l'&#233;nergie en s'&#233;nervant sur les discours autour des masques d'abord jug&#233;s inutiles, puis bient&#244;t obligatoires. On est dans une politique du spectacle : il y a eu des TGV et des avions affr&#233;t&#233;s, un h&#244;pital militaire parce que &#231;a fait bien &#224; la t&#233;l&#233;. Mais la base &#233;l&#233;mentaire, l'&#233;ducation &#224; la sant&#233; publique, n'a pas &#233;t&#233; dispens&#233;e. Personne n'a vraiment expliqu&#233; aux gens comment se laver les mains, comment retirer un masque ou des gants. Il aurait fallu mettre en place des tentes en ext&#233;rieur dans lesquels des soignants auraient renseign&#233; sur la conduite &#224; tenir. Au lieu de &#231;a, on a eu droit &#224; des flashs info en boucle qui ont paniqu&#233; la population et ne lui ont pas permis de s'autonomiser. Pourtant, il y avait du personnel disponible pour &#231;a : les soignants dont les services avaient ferm&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'il faut d&#233;fendre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un h&#244;pital ne fonctionne pas sans brancardiers, sans aides-soignantes, sans travailleurs des services d'hygi&#232;ne. Ce qu'on veut, c'est la revalorisation de l'h&#244;pital entier. Et puis quand ils parlent d'une prime aux soignants, c'est qui pour eux les soignants ? Pourquoi cette prime ne concerne-t-elle que l'h&#244;pital ? L'aide-soignante en Ehpad ne l'a pas m&#233;rit&#233;e, peut-&#234;tre ? Cette prime, c'est pas ce qu'on demande, on n'en a d'ailleurs pas encore vu la couleur. Leurs annonces ne valent rien : le vendredi avant le d&#233;confinement ils ont enlev&#233; les renforts, des fois qu'on voudrait se reposer. Et puis aucun repr&#233;sentant des soignants n'a &#233;t&#233; invit&#233; pour pr&#233;parer leur grand plan S&#233;gur de la sant&#233;. Il n'y a que des PDG et des m&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, le gouvernement est en train d'essayer de casser le soutien aux soignants. La crise du Covid est arriv&#233;e sur fond de climat social tendu et elle a notamment mis un stop aux mobilisations des Gilets jaunes qui &#233;taient attentifs &#224; la question des soignants. Tout comme l'&#233;tait le mouvement contre la r&#233;forme des retraites. Quand le gouvernement annonce une prime de 1 500 &#8364; pour nous, c'est violent pour les personnes qui ont subi de plein fouet la crise sanitaire, qui n'ont plus de revenus ou sont pay&#233;es au Smic. Pareil pour le dispositif permettant aux travailleurs de nous offrir leurs cong&#233;s. Jamais on ne voudrait des cong&#233;s des gens ! Ils en remettent une couche en expliquant que la revalorisation des salaires des soignants va demander un effort &#224; tout le monde. En fait, ils sont en train de faire croire que les soignants sont devenus des privil&#233;gi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tirait la sonnette d'alarme depuis longtemps. Maintenant on n'en est plus l&#224; : c'est arriv&#233;. On a maltrait&#233; les soignants, donc maltrait&#233; les patients. Le bilan est dramatique. On compte les morts mais la souffrance, elle, n'est pas quantifiable. Dans les Ehpad ou dans les centres pour personnes handicap&#233;es, on a laiss&#233; les gens souffrir, voire mourir seuls. On les a abandonn&#233;s parce qu'on a tout mobilis&#233; sur la sant&#233; de ceux qui repr&#233;sentent la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant il faut un recrutement massif, arr&#234;ter de traiter l'h&#244;pital comme une entreprise. Le fric est l&#224; mais ils l'injectent pour sauver Air France ou Renault. Je suis d&#233;go&#251;t&#233;e. Si &#231;a continue comme &#231;a, on va se retrouver avec un syst&#232;me de sant&#233; &#224; l'am&#233;ricaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Prot&#233;ger les riches et laisser crever les pauvres, c'est fini &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Euphrasie* est &#233;tudiante infirmi&#232;re en Occitanie. &#201;puis&#233;e apr&#232;s deux mois intenses en service de r&#233;animation, elle estime qu'il n'y a rien &#224; attendre des promesses gouvernementales. Et que la lutte passera par la rue.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En cette fin mai, tu es en arr&#234;t-maladie pour cause d'&#233;puisement. Qu'est-ce qui s'est pass&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une sorte d'&#233;puisement psychique, ou &#233;motionnel. Je n'ai pas trop vu les choses venir : il y a eu ma &#8220;r&#233;quisition&#8221; ainsi que celle de mes camarades, la derni&#232;re semaine de mars, dans le service de r&#233;animation en tant que stagiaire &#8220;en renfort&#8221;. S'adapter &#224; une &#233;quipe en place n'est jamais facile &#8211; surtout quand certains titulaires m&#233;prisent les stagiaires &#8211; et encore moins dans ce contexte. Il y a eu de la tension en permanence, les restrictions de mat&#233;riel, ma propre peur, celle de mes proches, les malades en souffrance, les angoisses des familles&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien que &#171; stagiaire &#187;, tu as boss&#233; &#224; plein temps. &#192; quel tarif as-tu &#233;t&#233; pay&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon indemnit&#233; de stage &#233;tait de 38 &#8364; par semaine. Nous sommes en attente d'une augmentation de prime allou&#233;e par la R&#233;gion. Il a fallu des p&#233;titions et des pressions syndicales importantes pour &#234;tre reconnus comme &#8220;aidants&#8221; et non plus comme &#8220;esclaves&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels moments t'ont marqu&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au niveau des choses positives, il y a eu tout ce qu'on a fait pour que l'humain ait sa place. Si les familles sont interdites en r&#233;a, il n'&#233;tait pas envisageable que la restriction de mat&#233;riel (masques, surblouses) pr&#233;vale sur la d&#233;tresse des patients et de leur famille. On s'est donc rapidement &#8220;arrang&#233;&#8221; pour que les patients gardent un contact avec leurs proches. Via les &#8220;visio&#8221; ou t&#233;l&#233;phones, mails et exceptionnellement des visites. Dans l'ensemble, notre &#233;quipe &#233;tait tr&#232;s soud&#233;e, avec de belles solidarit&#233;s. D'ailleurs, on a &#233;t&#233; nourris par des restos ou des gens de l'ext&#233;rieur pendant plusieurs semaines. Je garde aussi en t&#234;te le souvenir du premier patient sorti de r&#233;a avec une haie d'honneur sous nos applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi eu des moments terribles. Par exemple la d&#233;tresse des patients qui arrivent encore conscients et pour qui r&#233;animation &#233;tait synonyme de mort. Les m&#233;dias hyper anxiog&#232;nes ont d'ailleurs bien contribu&#233; &#224; majorer leurs angoisses. Cela s'est traduit par des refus de soins, ce qui nous a demand&#233; beaucoup de patience et de n&#233;gociation. Et puis on recrachait un discours rassurant sans avoir aucun recul sur le coronavirus, ne sachant pas vers quoi nous allions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont d'apr&#232;s toi les le&#231;ons &#224; tirer de cette &#171; crise Covid &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La sant&#233; est affaire de gros sous. Le gouvernement ne fera rien pour nous. Nous avons manifest&#233; sous les coups de la police pendant de longs mois auparavant. D&#233;j&#224; &#224; Nancy ou ailleurs, des suppressions de lits et de postes sont pr&#233;vues. Il n'y a rien &#224; attendre de ces politiques. Ce que je veux ? Prot&#233;ger les riches et laisser crever les pauvres, c'est fini. La lutte est dans la rue, elle est violente. L'h&#244;pital est totalement d&#233;labr&#233; et les soignants continuent de bosser, s'appuyant sur leurs ressources personnelles et certaines convictions encore vivantes pour le secteur public. Mais jusqu'&#224; quand ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Cette prime n'endort personne &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour avec Greg, infirmier et syndicaliste au Centre hospitalier universitaire (CHU) de la Timone, sur la fa&#231;on dont les &#233;quipes soignantes ont affront&#233; les deux mois d'&#233;pid&#233;mie &#224; Marseille.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'estimer chanceux que l'&#233;pid&#233;mie ait touch&#233; Marseille en d&#233;cal&#233; par rapport &#224; l'&#233;picentre alsacien. Cela a permis de profiter des mesures de confinement pour freiner la circulation du virus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai, nous avons hiss&#233; sur la fa&#231;ade du CHU une banderole au slogan &#233;vocateur : &#8220;&lt;i&gt;Ni m&#233;daille ni charit&#233;&lt;/i&gt;&#8221;. Et qu'a fait le directeur g&#233;n&#233;ral de l'AP-HM lors d'un de ses d&#233;placements ext&#233;rieurs ? Il s'est affich&#233; visitant un local dans lequel s'activaient des couturi&#232;res b&#233;n&#233;voles pour confectionner des surblouses de protection. Qu'a promis Emmanuel Macron le 13 mai ? Une m&#233;daille et une place pour les soignants lors du d&#233;fil&#233; du 14 juillet. On n'est jamais compl&#232;tement arm&#233; contre un foutage de gueule &#224; ce point d&#233;complex&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a pu prendre le pouls de l'ensemble du personnel d&#232;s que les &#8220;cellules Covid&#8221; nous ont autoris&#233;s &#224; nous r&#233;unir physiquement en respectant les mesures de s&#233;curit&#233; sanitaire. Tous et toutes, administratifs compris, ont parl&#233; du poids de la fatigue et de l'angoisse face au manque de mat&#233;riel, de la col&#232;re aussi. Tous et toutes ont dit s'&#234;tre sentis abandonn&#233;.es par des employeurs incapables de les prot&#233;ger. La d&#233;fiance est grande envers le gouvernement, le directeur g&#233;n&#233;ral de la Sant&#233;, les responsables de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; et leurs discours remplis de h&#233;ros, de sacrifices et de vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a la fameuse prime de 1 500 &#8364;. Mais il s'agit surtout d'une op&#233;ration de communication pour faire taire les revendications et diviser les soignants. Tout d'abord, une distinction macabre est faite entre les d&#233;partements en fonction du nombre de morts. Les plus &#8220;l&#233;taux&#8221; seront bien dot&#233;s tandis que les autres n'auront rien &#8211; alors qu'ils ont peut-&#234;tre tout simplement bien g&#233;r&#233; la crise. Ensuite, l'enveloppe budg&#233;taire est insuffisamment provisionn&#233;e au niveau national et c'est aux dirigeants locaux de la compl&#233;ter. Mais comme ils savent que l'&#201;tat leur demandera de rendre des comptes sur leurs d&#233;penses, que leur carri&#232;re reste &#233;troitement li&#233;e aux &#233;conomies budg&#233;taires, ils essayent de gratter sur le montant de la prime en multipliant les crit&#232;res d'exclusion et de r&#233;duction. Cette prime n'endort personne, m&#234;me si elle va mettre du beurre dans les &#233;pinards de celles et ceux qui ont les r&#233;mun&#233;rations les plus faibles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Blouses blanches, col&#232;re noire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les r&#233;unions reprenant entre nous et la direction, on s'est attel&#233;s &#224; faire le bilan de la crise. Dans notre ligne de mire, le Comit&#233; interminist&#233;riel de performance et de la modernisation de l'offre de soins (Copermo) qui pr&#233;voit la suppression de 1 000 postes (soignants et administratifs) et la fermeture de 400 lits &#224; Marseille. Pour l'instant, nous n'avons obtenu que sa suspension. Par ailleurs, si les mots ont chang&#233; avec la crise sanitaire et ses cons&#233;quences sur l'organisation du travail &#8211; retours d'exp&#233;rience, t&#233;l&#233;travail, t&#233;l&#233;consultation, coordination avec le priv&#233; &#8211;, les objectifs demeurent. Leur r&#233;alisation conna&#238;tra peut-&#234;tre m&#234;me une nouvelle ardeur &#224; l'occasion du grand S&#233;gur de la sant&#233; lanc&#233; le 25 mai. L&#224; aussi le lexique employ&#233; n&#233;cessite un d&#233;codeur : promotion de la &#8220;souplesse&#8221; des &#233;quipes ou de la &#8220;mobilit&#233;&#8221; des agents &#8211; pour ne pas dire &#8220;flexibilit&#233;&#8221;, terme d&#233;sormais trop connot&#233;. Comme le gouvernement l'avait fait avec les instituteurs pr&#233;c&#233;demment, on sent pointer &#224; l'horizon une vieille lune des technocrates n&#233;olib&#233;raux : en finir avec les 35 heures en conditionnant une augmentation des salaires &#224; un assouplissement du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, pas un mot sur l'&#233;volution de la grille indiciaire qui permettrait une v&#233;ritable revalorisation des traitements dans la fonction publique hospitali&#232;re. &lt;i&gt;Nada&lt;/i&gt; &#233;galement sur l'arr&#234;t des fermetures de lits et des fusions de services. &#192; la place, un discours ahurissant sur des r&#233;formes qui n'ont pas &#233;t&#233; assez rapides ! &#192; 20 h 05 &#224; la t&#233;l&#233;, un assaut de bonnes intentions pour renforcer l'&#201;tat-providence. Dans les coulisses, une note de la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations d&#233;bordant de propositions favorables &#224; la privatisation du syst&#232;me de sant&#233; : du d&#233;veloppement des partenariats public-priv&#233; au rapprochement entre m&#233;decine de ville (lib&#233;rale) et h&#244;pital public en passant par la place grandissante accord&#233;e aux soins ambulatoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le carton plein pour le pouvoir actuel serait le d&#233;mant&#232;lement du statut de la fonction publique d&#233;j&#224; partiellement engag&#233; avec le plan de r&#233;formes &#8220;Action publique 2022&#8221; qui facilite le recours aux contractuels. Concernant l'h&#244;pital, ils ont d&#233;j&#224; un cheval de Troie id&#233;al : le statut d'&#233;tablissement priv&#233; &#224; but non lucratif, lequel a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; adopt&#233; par l'H&#244;pital europ&#233;en et l'h&#244;pital Saint-Joseph &#224; Marseille. Les salari&#233;s y sont sous contrat comme dans une clinique et ne disposent plus d'aucun des droits protecteurs associ&#233;s au statut de la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation est en train de monter et devrait culminer lors de la manifestation intersyndicale du 16 juin &#8211; malgr&#233; la fatigue, la crainte d'&#234;tre r&#233;prim&#233;, les divisions traditionnelles qui peuvent ressortir &#224; tout moment... Parce qu'alors que la direction ne cesse de dire &#8220;&lt;i&gt;On a bien g&#233;r&#233; la situation&lt;/i&gt;&#8221;, les coll&#232;gues savent bien qu'ils ont &#233;t&#233; les seuls &#224; devoir faire face &#224; cette crise. Nous &#233;tions plusieurs centaines le 26 mai pour l'action men&#233;e lors du premier &#8220;mardi de la col&#232;re&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ce qui nous a permis de tenir, c'est l'entraide &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne* est cadre de sant&#233; en canc&#233;rologie dans un h&#244;pital du Grand Est. En charge de deux &#233;quipes, elle estime que le gouvernement a failli dans sa gestion de crise &#8211; et pas qu'un peu.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, mes coll&#232;gues ont peur qu'une m&#233;daille remplace une augmentation salariale et les recrutements qui s'imposent pour bien faire fonctionner les services. On se dit que c'est encore un &#233;cran de fum&#233;e. Ce que les gens attendent autour de moi, c'est des moyens pour bien travailler, en termes de mat&#233;riel et de conditions de travail, ainsi que la reconnaissance de leur total investissement depuis le d&#233;but de cette crise. Et depuis bien avant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous a permis de tenir, c'est l'entraide. Nous avons re&#231;u des visi&#232;res imprim&#233;es en 3D par un collectif alsacien et tout un tas de mat&#233;riel qui ne venait pas de l'&#201;tat, mais par exemple d'entreprises. Je ne sais pas ce que &#231;a aurait donn&#233; si on avait d&#251; compter uniquement sur la r&#233;action du gouvernement. En fait, toutes ses mises en place logistiques ont tr&#232;s peu servi &#224; mes &#233;quipes. Pour le dire vite, c'est le r&#233;seau d'entraide qui a &#233;t&#233; le plus efficace et le plus r&#233;actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des annonces et du plan S&#233;gur, je suis dubitative. Surtout, j'ai entendu des membres de la majorit&#233; dire des choses d&#233;montrant qu'ils ne vivent pas dans le m&#234;me monde. Encore ce matin &lt;i&gt;[26 mai]&lt;/i&gt;, j'ai entendu l'un d'eux affirmer que les 35 heures &#224; l'h&#244;pital &#233;taient une b&#234;tise et que les infirmi&#232;res sont oblig&#233;es de faire des m&#233;nages parce qu'on ne leur propose pas de travailler plus. &#199;a, quand m&#234;me, il faut se l'entendre dire ! Quand on sait que le nombre d'heures suppl&#233;mentaires effectu&#233;es d&#233;passe largement les quotas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une prime ponctuelle ne va calmer personne. Ce que nous voulons, nous le crions haut et fort depuis des ann&#233;es. Et malgr&#233; tout, tu en as qui sont capables de dire que ce que le personnel soignant r&#233;clame d'abord avant tout, c'est de pouvoir travailler plus. C'est compl&#232;tement fou. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret, Iffik Le Guen, Francesco Nocera &amp; Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Squat Bugatti : chronique d'un d&#233;sastre sanitaire annonc&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Justine Partouche</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Vivre &#224; 200 en squat, avec une cuisine, deux &#233;viers, trois douches et quelques toilettes, &#231;a se passe comment ? Mal. Par temps de contagion et de confinement, c'est encore pire. &#192; Bugatti, squat de l'agglom&#233;ration strasbourgeoise accueillant une majorit&#233; d'exil&#233;&#183;es, au moins quatorze habitant&#183;es ont &#233;t&#233; atteint&#183;es par le coronavirus&#8230; Depuis septembre 2019, au n&#176;1 de la rue Ettore-Bugatti, dans la commune d'Eckbolsheim, &#224; l'ouest de Strasbourg, un ancien immeuble de bureaux est occup&#233;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mars" rel="tag"&gt;mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-hopital" rel="tag"&gt;L'h&#244;pital&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squat-Bugatti" rel="tag"&gt;squat Bugatti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squat" rel="tag"&gt;squat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue-Ettore-Bugatti" rel="tag"&gt;rue Ettore-Bugatti&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vivre &#224; 200 en squat, avec une cuisine, deux &#233;viers, trois douches et quelques toilettes, &#231;a se passe comment ? Mal. Par temps de contagion et de confinement, c'est encore pire. &#192; Bugatti, squat de l'agglom&#233;ration strasbourgeoise accueillant une majorit&#233; d'exil&#233;&#183;es, au moins quatorze habitant&#183;es ont &#233;t&#233; atteint&#183;es par le coronavirus&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;epuis septembre 2019, au n&#176;1 de la rue Ettore-Bugatti, dans la commune d'Eckbolsheim, &#224; l'ouest de Strasbourg, un ancien immeuble de bureaux est occup&#233;. C'est le squat Bugatti : deux &#233;tages, un rez-de-chauss&#233;e et un sous-sol appartenant &#224; Lidl, au milieu de la zone d'activit&#233;. Longtemps, il n'y a pas eu de douche. Les quelques toilettes sont surutilis&#233;es et les canalisations fuient &#224; tout bout de champ. Dans la cuisine partag&#233;e, les familles se succ&#232;dent autour des gazini&#232;res. Au d&#233;but du confinement, pr&#232;s de 200 personnes, pour la plupart migrantes, habitaient l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au squat Bugatti, &lt;/strong&gt;les bureaux ont &#233;t&#233; reconvertis en chambres partag&#233;es, les &lt;i&gt;open-spaces &lt;/i&gt;divis&#233;s par des b&#226;ches en plastique scotch&#233;es en guise de cloisons. De temps en temps, une famille demandeuse d'asile est relog&#233;e ailleurs, laissant sa place &#224; la suivante, dans des conditions sanitaires d&#233;plorables. G&#233;n&#233;ralement, les hommes seuls restent plus longtemps ; nombre d'entre eux sont ici depuis l'ouverture.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une premi&#232;re contamination&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re semaine de confinement&lt;/strong&gt;. Une habitante, &#226;g&#233;e de 58 ans, se rend &#224; l'h&#244;pital. Deux fois. Elle pr&#233;sente des sympt&#244;mes du Covid-19. Deux fois, on la ram&#232;ne &#171; chez elle &#187;, sans la tester. Elle risque de contaminer 200 personnes mais, apr&#232;s tout, M&#233;decins du Monde a livr&#233; des masques chirurgicaux, des gants et du gel... Sur place, &#231;a fait depuis le d&#233;but de la semaine qu'on entend parler de relogement. Une liste de 49 personnes est &#233;tablie pour &#233;vacuer en premier lieu les plus vuln&#233;rables. Samedi 21 mars, &#224; l'H&#244;tel de la rue, un autre squat de l'agglom&#233;ration strasbourgeoise, 41 personnes sont ainsi dirig&#233;es vers un h&#244;tel pour trois mois. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Bugatti&lt;/strong&gt;, mise &#224; part l'inqui&#233;tude qui monte doucement, tout continue comme avant. &#171; &lt;i&gt;Nous, on est l&#224; &#187;&lt;/i&gt;, me dit jour apr&#232;s jour au t&#233;l&#233;phone un habitant. Dimanche 22, tout s'acc&#233;l&#232;re. La femme malade au cours de la semaine est finalement hospitalis&#233;e &#224; l'h&#244;pital de Hautepierre dans un &#233;tat grave, reconnue positive au Covid-19. Le Samu fait le choix de laisser sur place un homme &#226;g&#233; et fi&#233;vreux, par ailleurs atteint d'un cancer. Le m&#234;me jour encore, un jeune homme, test&#233; positif, est admis &#224; l'h&#244;pital &#224; la suite d'un malaise. Le lendemain, lundi 23, ses sympt&#244;mes ne n&#233;cessitent plus qu'il reste hospitalis&#233;. L'h&#244;pital demande &#224; pouvoir le reconduire &#224; Bugatti. M&#233;decins du Monde interc&#232;de : il restera &#224; l'h&#244;pital. Mais mercredi 25, une ambulance ram&#232;ne finalement le jeune homme au squat. Son retour fait scandale. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera finalement transf&#233;r&#233;&lt;/strong&gt; dans un autre lieu : l'Epide, un b&#226;timent situ&#233; dans le quartier de Neuhof, au sud de Strasbourg, dont la r&#233;quisition a &#233;t&#233; annonc&#233;e la veille par la pr&#233;fecture. Ce centre est pr&#233;vu pour des malades sans gravit&#233; qui ne vivent pas dans des conditions permettant d'&#233;viter la contagion. L'espace doit pouvoir accueillir 50 patient&#183;es, suivi&#183;es m&#233;dicalement sur place. Au 26 mars, douze r&#233;sident&#183;es du squat y avaient &#233;t&#233; admis&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ici, tout le monde tousse &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les 24, 25 et 26 mars&lt;/strong&gt;, une op&#233;ration men&#233;e par M&#233;decins du Monde et l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; se d&#233;roule avec l'aide des pompiers sous des tentes devant le squat Bugatti. Les r&#233;sident&#183;es sont examin&#233;&#183;es &#224; tour de r&#244;le. Des toilettes s&#232;ches et des points d'eau sont install&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur, ainsi que des douches &#224; l'int&#233;rieur, en plus des trois que comptait jusqu'alors le b&#226;timent. Mieux vaut tard que jamais ? &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aura fallu attendre&lt;/strong&gt; le 25 mars, et plusieurs autres hospitalisations, pour que des possibilit&#233;s de relogements surgissent. Deux jours plus tard, le b&#226;timent n'accueille plus qu'une cinquantaine de personnes, dont une majorit&#233; a demand&#233; &#224; &#234;tre relog&#233;e. Une partie des ancien&#183;nes r&#233;sident&#183;es sont accueilli&#183;es non loin de l&#224;, &#224; l'h&#244;tel des Colonnes. La Banque alimentaire les approvisionne, mais comme il n'est pas possible de cuisiner sur place, les gens se retrouvent en journ&#233;e autour des gazini&#232;res du squat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les relog&#233;&#183;es&lt;/strong&gt; que j'ai pu contacter sont satisfait&#183;es d'avoir pu quitter le squat et ses innombrables dysfonctionnements. Mais en ce qui concerne la contamination, difficile de savoir si de nouveaux cas ne se d&#233;clareront pas &#8211; dans le squat comme dans les h&#244;tels. Parmi les cas confirm&#233;s, l'un est un p&#232;re de famille nombreuse. Le lendemain de son hospitalisation, sa femme et ses enfants vivaient encore au squat. Le 27 mars, un de mes interlocuteurs, h&#233;berg&#233; &#224; l'h&#244;tel des Colonnes, rapportait : &#171; &lt;i&gt;Ici, tout le monde tousse. Mais c'est la saison des allergies, non ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'adviendra-t-il apr&#232;s le confinement ?&lt;/strong&gt; Tous et toutes sont maintenu&#183;es dans le plus grand flou. Les personnes relog&#233;es &#224; l'h&#244;tel ne savent pas combien de temps durera leur h&#233;bergement, ni ce qui les attend, notamment les sans-papiers. Au final, les relogements auront peut-&#234;tre camoufl&#233; une expulsion discr&#232;te mais efficace du squat Bugatti.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Justine Partouche&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sur la Plaine, des vigiles et des coups</title>
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&lt;p&gt;Pour s&#233;curiser le chantier contest&#233; de r&#233;novation de la Plaine, l'entreprise publique charg&#233;e des travaux a fait appel &#224; une soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; abonn&#233;e aux exc&#232;s de z&#232;le. Sur fond de sexisme et d'homophobie, les r&#233;cits d'agression se multiplient. Un chantier, des gravats, des vigiles. Bienvenue sur la Plaine (place Jean-Jaur&#232;s), lieu embl&#233;matique d'un Marseille populaire, festif et militant que la mairie se pla&#238;t &#224; imaginer six pieds sous terre. Depuis l'automne dernier, la place se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour s&#233;curiser le chantier contest&#233; de r&#233;novation de la Plaine, l'entreprise publique charg&#233;e des travaux a fait appel &#224; une soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; abonn&#233;e aux exc&#232;s de z&#232;le. Sur fond de sexisme et d'homophobie, les r&#233;cits d'agression se multiplient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH321/-1392-82316.jpg?1782961345' width='500' height='321' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Tomagn&#233;tik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;n chantier, des gravats, des vigiles. Bienvenue sur la Plaine (place Jean-Jaur&#232;s), lieu embl&#233;matique d'un Marseille populaire, festif et militant que la mairie se pla&#238;t &#224; imaginer six pieds sous terre. Depuis l'automne dernier, la place se refait une &#171; beaut&#233; &#187;. Une r&#233;novation que beaucoup auraient pu accepter, &#224; condition qu'elle ne se fasse pas au prix de l'identit&#233; du quartier. Rat&#233;. Apr&#232;s une &#171; &lt;i&gt;concertation&lt;/i&gt; &#187; bidonn&#233;e et une s&#233;rie de mensonges &#233;hont&#233;s&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre autres, de vaines promesses de transplantations d'arbres, de pistes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la municipalit&#233; a mis le paquet pour mener &#224; bien son projet de requalification impos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le top d&#233;part des travaux est donn&#233; le 15 octobre 2018, entra&#238;nant une vive contestation suivie d'une r&#233;pression muscl&#233;e. Un mur est m&#234;me &#233;rig&#233; autour des 2,5 hectares de chantier. Un an plus tard, les travaux de la Plaine sont loin d'&#234;tre termin&#233;s, mais une bonne partie dudit mur a &#233;t&#233; retir&#233;. Une partie de la place a &#233;t&#233; restitu&#233;e aux Marseillais et l'on peut aujourd'hui marcher sur une all&#233;e min&#233;ralis&#233;e et aseptis&#233;e pompeusement appel&#233;e &lt;i&gt;rambla&lt;/i&gt;. Marie&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; l'emprunte souvent. Comme ce mercredi soir de septembre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sales lesbiennes ! Salopes ! Connasses ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Il est environ minuit quand, rentrant d'une soir&#233;e avec une amie, Marie est prise d'une soudaine envie d'uriner. Faute de toilettes publiques, les deux jeunes femmes d&#233;cident de s'&#233;loigner de l'all&#233;e &#233;clair&#233;e et de p&#233;n&#233;trer dans le chantier. &#201;cartant la grille &#224; demi ouverte, elles tombent nez &#224; nez avec cinq vigiles salari&#233;s de la soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; AMGS, un sous-traitant embauch&#233; par la Soleam&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La soci&#233;t&#233; d'&#233;conomie mixte en charge de la &#171; requalification &#187; du quartier.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Marie s'excuse et s'appr&#234;te &#224; faire demi-tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que, raconte Marie, elle et son amie se font violemment agripper par les vigiles. Torrent d'insultes : &#171; &lt;i&gt;Sales lesbiennes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Salopes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Connasses&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Choqu&#233;e, l'amie de Marie sort son portable et s'appr&#234;te &#224; filmer. Pas de quoi d&#233;stabiliser les agents qui, toujours d'apr&#232;s Marie, s'emparent de l'objet et poussent les deux jeunes femmes &#224; l'ext&#233;rieur du chantier en les narguant, portable &#224; la main et sourire aux l&#232;vres. Le ton monte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Et je suis rest&#233;e avec mon sang sur les cuisses &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me soir, Alice rentrait chez elle avec des amies quand elle a entendu hurler : &#171; &lt;i&gt;Les vigiles &#233;taient dans le chantier, les deux filles de l'autre c&#244;t&#233;. On a essay&#233; de n&#233;gocier le t&#233;l&#233;phone.&lt;/i&gt; &#187; En retour, Alice affirme s'&#234;tre fait copieusement insulter : &#171; &lt;i&gt;Petite conne&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Petite pute&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Elle explique aussi s'&#234;tre fait menacer de viol, l'un des vigiles lui signifiant qu'elle n'avait pas int&#233;r&#234;t &#224; le croiser en dehors du chantier. &#171; &lt;i&gt;Ils ont ensuite commenc&#233; &#224; d&#233;truire une barri&#232;re&lt;/i&gt; [d&#233;limitant le chantier] &lt;i&gt;puis l'un d'eux s'est ru&#233; sur moi, m'a gaz&#233;e &#224; bout portant et m'a jet&#233;e &#224; terre. Je me suis relev&#233;e, il m'a rejet&#233;e au sol.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;e sur les lieux, la police embarque Alice, Marie, son amie et une quatri&#232;me personne. Direction le commissariat o&#249; elles passeront plus de quinze heures en garde &#224; vue : autres agents, m&#234;me ambiance. Alice a ses r&#232;gles, mais pas de protections : &#171; &lt;i&gt;Impossible de r&#233;cup&#233;rer un tampon ou une serviette, ils ont refus&#233; de m'en donner. Les flics rigolaient et moi, je suis rest&#233;e avec mon sang sur les cuisses.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; la quatri&#232;me personne interpell&#233;e, elle effectuera sa garde &#224; vue dans la cellule des hommes alors que, transsexuelle, elle avait demand&#233; &#224; rester avec les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des bleus sur le cou &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis un an, au comptoir des troquets ou dans les r&#233;unions de l'assembl&#233;e du quartier, les r&#233;cits de ce genre affluent. Parmi eux, celui de Lisa. Le 28 novembre 2018, il est 22 h quand elle p&#233;n&#232;tre dans le chantier qui, &#224; ce moment-l&#224;, est encore int&#233;gralement mur&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je voulais faire quelques photos de la place en l'&#233;tat, la nuit, &lt;/i&gt;explique-t-elle.&lt;i&gt; C'&#233;tait un peu os&#233; c'est s&#251;r, mais je me disais : au pire ils me virent.&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; C'&#233;tait qu'un jeu.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;moignage recueilli par le site Mars infos autonomes : &#171; Menaces de viol, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; un jeu que les vigiles prennent tr&#232;s au s&#233;rieux. Lisa s'en rend compte et tente de reculer vers la sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de passer le portail, l'un d'eux, dit-elle, l'attrape par le sac &#224; dos et la propulse en arri&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Ils m'empoignent par les &#233;paules et commencent &#224; m'insulter : &#8220;Esp&#232;ce de pute, esp&#232;ce de salope, d&#233;gage de l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&#8221;&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Les deux me tiennent, l'un par l'&#233;paule l'autre par le cou. Je commence vraiment &#224; flipper.&lt;/i&gt; &#187; Lisa explique que, malgr&#233; ses efforts pour rester calme, les agents la pousseront &#224; bout jusqu'&#224; ce qu'elle craque et crache &#224; la figure de l'un d'eux. Le surlendemain, elle consulte un m&#233;decin : &#171; &lt;i&gt;Il a constat&#233; des bleus sur le cou, le dos et les deux jambes, avec traces de doigts. Ainsi qu'une grosse bosse sur le sacrum.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il y a plus d'impact quand c'est une femme qui vient se plaindre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Porter plainte ? Lisa s'y est coll&#233;e, Alice et Marie s'y refusent : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que tu veux faire, c'est David contre Goliath&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sesp&#232;re cette derni&#232;re. Mais sans plaintes, difficile de chiffrer le nombre de personnes concern&#233;es. Ce qui semble d'ailleurs arranger AMGS. Contact&#233;e, la soci&#233;t&#233; conc&#232;de qu'il y a pu y avoir &#171; &lt;i&gt;des interventions muscl&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, mais qui seraient justifi&#233;es par des agressions : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui j'ai plus de bless&#233;s de mon c&#244;t&#233; que ce qu'il y a pu avoir chez eux. Sinon ils se seraient manifest&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Je veux bien qu'il y ait des t&#233;moignages, mais est-ce qu'il y a des vid&#233;os&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; l'histoire de Marie concernant le t&#233;l&#233;phone confisqu&#233; par les vigiles, on comprend que ce genre de preuves puisse &#234;tre difficile &#224; apporter. Qu'importe, pour l'entreprise, ces histoires d'insultes sexistes et de menaces de viols sont de l'ordre de l' &#187; &lt;i&gt;affabulation&lt;/i&gt; &#187;, voire de la manipulation : les opposants au projet auraient &#171; &lt;i&gt;trouv&#233; judicieux de faire intervenir la gent f&#233;minine parce que, dans la soci&#233;t&#233; actuelle, il y a plus d'impact quand c'est une femme qui vient se plaindre en disant &#8220;On a essay&#233; de me violer&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&#8221; que quand c'est un homme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons au passage que des hommes ont aussi fait les frais de l'agressivit&#233; des vigiles. Et s'il est vrai que les agents ont &#233;t&#233; parfois vis&#233;s par des jets de pierres, ils ont eux aussi d&#233;velopp&#233; une certaine app&#233;tence pour l'art du caillassage.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Allez vous bouffer la chatte ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Habitu&#233;e du quartier, Lucia n'a aucun doute sur l'existence des agressions sexistes. Elle a d'ailleurs d&#233;cid&#233; de recueillir des t&#233;moignages pour porter l'affaire en justice, tout en estimant qu' &#187; &lt;i&gt;il y a d'autres modes d'action possibles&lt;/i&gt; &#187;. R&#233;f&#233;rence faite &#224; la marche en mixit&#233; choisie&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans hommes cisgenres, c'est-&#224;-dire dont le genre ressenti correspond au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; organis&#233;e le jeudi 10 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, une bonne centaine de personnes s'&#233;taient donn&#233; rendez-vous sur la place avant de d&#233;ambuler, &#224; la tomb&#233;e de la nuit, dans les rues du quartier. Le cort&#232;ge avait fini par converger de nouveau vers la Plaine, mass&#233; derri&#232;re une banderole sur laquelle on pouvait lire : &#171; &lt;i&gt;Plaines de rage&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Face aux agressions transphobes, lesbophobes et sexistes, on s'organise.&lt;/i&gt; &#187; une sono avait &#233;t&#233; install&#233;e et une boum improvis&#233;e avait rassembl&#233; une trentaine de personnes. Jusqu'&#224; ce que les bleus sifflent la fin de la r&#233;cr&#233;&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur aurait &#233;t&#233; une barri&#232;re de chantier renvers&#233;e. Deux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#224; grand renfort de gaz lacrymog&#232;ne et de phrases assassines : &#171; &lt;i&gt;Allez vous bouffer la chatte&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Va te laver, crasseuse, t'es d&#233;gueulasse&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Des propos rapport&#233;s par Zo&#233;, qui passait par l&#224; : &#171; &lt;i&gt;Elles sont venues d&#233;noncer le sexisme des vigiles, mais ont re&#231;u le m&#234;me traitement de la part des repr&#233;sentants de l'&#201;tat.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la police, on rejette les accusations de violence : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait l'une des brigades les plus calmes, experte du maintien de l'ordre dans un secteur o&#249; on n'est pas des plus populaires.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dispers&#233;e par la police, une manifestation f&#233;ministe tourne mal sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187; Allez savoir pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entre autres, de vaines promesses de transplantations d'arbres, de pistes cyclables et de navettes de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La soci&#233;t&#233; d'&#233;conomie mixte en charge de la &#171; requalification &#187; du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;T&#233;moignage recueilli par le site &lt;i&gt;Mars infos autonomes&lt;/i&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;https://mars-infos.org/menaces-de-viol-tabassages-3685&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Menaces de viol, tabassages, agressions : les vigiles du chantier de la Plaine en roue libre&lt;/a&gt; &#187; (22/12/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sans hommes cisgenres, c'est-&#224;-dire dont le genre ressenti correspond au sexe biologique assign&#233; &#224; la naissance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur aurait &#233;t&#233; une barri&#232;re de chantier renvers&#233;e. Deux personnes ont &#233;cop&#233; de 42 heures de garde &#224; vue et d'un proc&#232;s pour outrage et r&#233;bellion qui se tiendra en mars.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/dispersee-par-la-police-une-manifestation-feministe-tourne-mal-sur-la-plaine/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dispers&#233;e par la police, une manifestation f&#233;ministe tourne mal sur la Plaine&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Marsactu &lt;/i&gt;(16/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En finir avec les ch&#244;meurs ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


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&lt;p&gt;Puisqu'on a tout essay&#233; contre le ch&#244;mage comme l'avouait beno&#238;tement Mitterrand en 1993, il ne reste plus aux gouvernements de tous bords qu'une option : faire baisser la statistique, notamment en contraignant les r&#233;calcitrants &#224; prendre des boulots de merde. Et mieux encore, passer sa r&#233;forme pendant la saison estivale ! Bienvenue dans un nouveau monde irrigu&#233; d'esprit disruptif&#8230; et de vieilles magouilles politicardes. C'est bien connu : les pauvres n'ont pas grand-chose mais ils sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-emploi" rel="tag"&gt;l'emploi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Puisqu'on a tout essay&#233; contre le ch&#244;mage comme l'avouait beno&#238;tement Mitterrand en 1993, il ne reste plus aux gouvernements de tous bords qu'une option : faire baisser la statistique, notamment en contraignant les r&#233;calcitrants &#224; prendre des boulots de merde. Et mieux encore, passer sa r&#233;forme pendant la saison estivale ! Bienvenue dans un nouveau monde irrigu&#233; d'esprit disruptif&#8230; et de vieilles magouilles politicardes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3046 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH347/-1280-53763.jpg?1783173113' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mortimer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;'est bien connu : les pauvres n'ont pas grand-chose mais ils sont tr&#232;s nombreux ! Cette maxime au cynisme consomm&#233; semble avoir inspir&#233; le gouvernement d'&#201;douard Philippe pour concocter sa r&#233;forme de l'assurance-ch&#244;mage, destin&#233;e &#224; faire pr&#232;s de trois milliards et demi d'euros d'&#233;conomies. D&#233;voil&#233;e le 18 juin dernier, ses principales mesures devraient s'appliquer le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre prochain puis le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; avril 2020 : durcissement dans l'ouverture du droit &#224; l'indemnisation et r&#233;duction du montant de l'allocation pour les plus pr&#233;caires. Son public cible : les abonn&#233;s au CDD, &#224; l'int&#233;rim, au temps partiel subi. C'est-&#224;-dire les plus jeunes, les moins qualifi&#233;s, les femmes et tous ceux qui s'ing&#233;nient &#224; trouver de multiples arrangements pour ne pas perdre leur vie &#224; la gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total 1,2 million de personnes sur 2,6 millions de ch&#244;meurs indemnis&#233;s (avec une allocation m&#233;diane qui plafonne &#224; 950 &#8364;) auront &#224; souffrir d'un ou de plusieurs effets de la r&#233;forme. C'est l'Un&#233;dic, l'organisme paritaire gestionnaire de l'assurance-ch&#244;mage, qui le dit : &#171; &lt;i&gt;Moins de demandeurs d'emploi ouvriront un droit ; pour certains allocataires la dur&#233;e du droit sera plus courte&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ; l'allocation journali&#232;re sera plus faible pour les personnes ayant travaill&#233; de mani&#232;re discontinue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment justifier une telle ru&#233;e &#233;hont&#233;e sur les poches des ch&#244;meurs ? Par la traditionnelle injonction &#224; r&#233;duire le d&#233;ficit public, pardi ! Ce lancinant leitmotiv dont tous les gouvernements usent et abusent depuis des d&#233;cennies est pourtant encore entonn&#233;, la fleur au fusil, par la ministre du Travail Muriel P&#233;nicaud : &#171; &lt;i&gt;Si on ne fait pas d'&#233;conomies, dans dix ans on n'aura plus de quoi indemniser les ch&#244;meurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BFM-TV (19/06/2019).&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe que la m&#234;me ministre se f&#233;licite bruyamment de la baisse continue du ch&#244;mage, impliquant un all&#232;gement de la charge financi&#232;re. Qu'importe les projections de l'Un&#233;dic qui envisagent un retour &#224; l'&#233;quilibre d&#232;s 2020 et un exc&#233;dent cons&#233;quent de&#8230; trois milliards et demi d'euros en 2022 ! Qu'importe les d&#233;clarations d'un Fran&#231;ois Hommeril, pr&#233;sident du syndicat CFE-CGC et peu suspect d'antimacronisme primaire : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;quilibre entre cotisations et allocations est structurellement exc&#233;dentaire depuis vingt ans, donc le fonctionnement assurantiel est parfaitement soutenable, m&#234;me en temps de crise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Tribune (26/02/2019).&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; D'autant plus soutenable si l'&#201;tat reprend le financement d'au moins la moiti&#233; du service public de l'emploi. N&#233;anmoins, une autre mesure de la r&#233;forme pourrait expliquer l'irritabilit&#233; du repr&#233;sentant des cadres.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;graisser gr&#226;ce &#224; la d&#233;gressivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Histoire de mieux faire passer la pilule, le texte foment&#233; par Muriel P&#233;nicaud met aussi en place une d&#233;gressivit&#233; pour les allocations associ&#233;es &#224; des r&#233;mun&#233;rations au-dessus de 4 500 &#8364; brut dans un souci affich&#233; de justice sociale. Outre le fait que la d&#233;gressivit&#233; en question s'accompagne d'un plancher de plus de 2 000 &#8364; (rien de tel pour les autres ch&#244;meurs qui basculent dans les minimas sociaux une fois leurs droits &#233;puis&#233;s), elle va &#224; l'encontre de tous les discours pourtant tr&#232;s proches de l'orthodoxie &#233;conomique vantant les m&#233;rites de la fameuse flexis&#233;curit&#233;. La recette d'une sortie rapide du ch&#244;mdu ? une bonne indemnisation assortie d'un bon accompagnement, notamment dans le maquis de la formation professionnelle. Alors que la d&#233;gressivit&#233;, mise en place en France entre 1992 et 1996, aurait &#171; &lt;i&gt;ralenti le retour &#224; l'emploi&lt;/i&gt; &#187; d'apr&#232;s une &#233;tude publi&#233;e par l'Insee en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, comme le leader de la CGT Philippe Martinez, ont eu beau jeu de d&#233;noncer le danger d'opposer les cat&#233;gories de salari&#233;s entre elles : &#171; &lt;i&gt;Une d&#233;gressivit&#233; pourquoi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Certains seraient des profiteurs&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mediapart, blog de l'UGICT-CGT (01/10/2018).&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une accusation que le sociologue Hadrien Clouet&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Conversation (23/06/2019).&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; cloue au pilori en revenant sur le fondement assurantiel du syst&#232;me de protection contre le risque ch&#244;mage en France. &#171; &lt;i&gt;Il s'agit d'une institution qui r&#233;colte des fonds aupr&#232;s d'actifs chaque mois, afin d'indemniser ceux qui ont perdu un emploi. &#192; sa t&#234;te, l'Un&#233;dic assure la gestion quotidienne. L'assurance-ch&#244;mage repose sur une logique de risque (chacun participe un peu au cas o&#249; il perdrait son emploi), de mutualisation (les secteurs en expansion aident les secteurs en difficult&#233;), de contribution (le niveau d'indemnisation d&#233;pend des derniers salaires) et de redistribution (les faibles salaires sont mieux indemnis&#233;s que les hauts salaires). L'allocation d'aide au retour &#224; l'emploi n'est pas un secours pay&#233; par la collectivit&#233; aux ch&#244;meurs, mais un droit ouvert aux salari&#233;s une fois qu'ils ont mis une certaine somme au pot commun. En somme, c'est leur argent qui leur revient.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'avait rappel&#233; &#224; sa mani&#232;re le chanteur Akh&#233;naton en 1996 alors qu'il voulait &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=CeSo4rwJoq8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;clater un type des Assedic&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Un qui me parle mal et qui m'envoie chier / Cinq fois &#224; la maison chercher (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Accepter des boulots de merde&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Se dessine alors une autre motivation possible de la r&#233;forme. Transformer les ch&#244;meurs indemnis&#233;s (lesquels ne repr&#233;sentent que la moiti&#233; des personnes priv&#233;es d'emploi) en autant de travailleurs pauvres et dociles. &#171; &lt;i&gt;Les cadres, press&#233;s par le temps et la menace d'une baisse de leur allocation, risquent d'accepter un poste pour lequel ils sont surqualifi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;vient l'&#233;conomiste &#201;ric Heyer&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Express(28/09/2018).&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Ce sera encore pire pour tous ceux et toutes celles qui n'arriveront m&#234;me pas &#224; ouvrir un quelconque droit. Et l'on retrouve l&#224; une vieille pr&#233;occupation des pouvoirs en place : comment obliger les plus &#233;loign&#233;s de l'emploi &#224; prendre n'importe quel boulot m&#234;me dans les pires conditions de travail et de r&#233;mun&#233;ration ? La fameuse antienne des emplois non pourvus, visant &#224; contraindre au travail dans ses formes les plus ali&#233;nantes celles et ceux parmi les classes populaires qui ont r&#233;ussi &#224; mettre en place mille stratag&#232;mes pour en all&#233;ger le poids.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que dire de la situation des travailleuses ? Pour la Coordination des associations d'aide aux ch&#244;meurs par l'emploi, elles seront les grandes perdantes de la r&#233;forme, en particulier &#171; &lt;i&gt;les femmes isol&#233;es ne pouvant cumuler des heures de travail &#233;quivalentes &#224; un temps plein&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration (18/07/2019).&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'air du pipeau&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a le &#171; en m&#234;me temps &#187; ! L'indemnisation ouverte aux d&#233;missionnaires et aux ind&#233;pendants en cas de liquidation judiciaire, ainsi que l'instauration d'un bonus-malus pour les entreprises shoot&#233;es aux contrats courts. Entendez-vous l'air du pipeau ? La premi&#232;re mesure, comportant des clauses tr&#232;s restrictives, va b&#233;n&#233;ficier &#224; 60 000 personnes au maximum et la seconde ne sera effective qu'en 2021 avec d&#233;j&#224; un secteur cl&#233; de l'ultra-pr&#233;carit&#233;, le b&#226;timent, non assujetti au dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, le plus inqui&#233;tant est sans doute le torpillage du mod&#232;le d'&#201;tat-providence en place depuis 1945 (1958 pour la couverture du risque ch&#244;mage) qui se profile derri&#232;re le texte du gouvernement. Cette r&#233;forme est la premi&#232;re depuis 1982 &#224; &#234;tre int&#233;gralement d&#233;cid&#233;e par l'&#201;tat seul, lequel a peu &#224; peu &#233;vinc&#233; les syndicats de salari&#233;s de la gestion du syst&#232;me de protection sociale. Une &#233;tape suppl&#233;mentaire apr&#232;s la substitution de la Contribution sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e (CSG) aux cotisations salari&#233;es (2019), qui a d&#233;j&#224; entra&#238;n&#233; une cogestion de l'assurance-ch&#244;mage entre les employeurs (qui continuent d'acquitter les cotisations patronales) et l'&#201;tat (qui d&#233;cide du montant de la CSG). En ligne de mire, probablement : une &#233;tatisation compl&#232;te du syst&#232;me et sa fusion avec les minimas sociaux existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat dans quelques ann&#233;es : plus d'allocations ch&#244;mage mais une prestation forfaitaire pour toutes les personnes qui perdront leur boulot. Les plus fortun&#233;s pourront toujours souscrire une assurance priv&#233;e. Focalis&#233;s sur les n&#233;gociations autour du futur r&#233;gime de retraite, les syndicats n'ont pas mobilis&#233; des masses autour de la future condition des ch&#244;meurs. L'occasion r&#234;v&#233;e pour relancer des mouvements de base !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;BFM-TV (19/06/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.latribune.fr/economie/france/assurance-chomage-faut-il-vraiment-faire-des-economies-808702.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Tribune&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (26/02/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/ugictcgt/blog/011018/la-demagogie-populiste-anti-cadres-fait-flores&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog de l'UGICT-CGT&lt;/a&gt; (01/10/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;The Conversation&lt;/i&gt; (23/06/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Un qui me parle mal et qui m'envoie chier&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/ Cinq fois &#224; la maison chercher des papiers pour me scier / Qui me sort des erreurs plus que louches / Pour ne pas que je touche / Comme si je lui enlevais le pain de sa bouche&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/ Fils, si tu ne veux pas m'&#233;nerver / Raque-moi les francs pour les trois ans o&#249; j'ai cotis&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/vers-la-degressivite-des-allocations-chomage_2034719.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Express&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;(28/09/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/france/2019/07/18/les-femmes-premieres-victimes-de-la-reforme-de-l-assurance-chomage_1740502&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (18/07/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le feu &#224; La Plaine</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;Par deux fois, en d&#233;cembre (2016), les forains de La Plaine ont paralys&#233; une partie du centre de Marseille pour protester contre un projet de r&#233;novation de la place qui condamne le plus populaire des march&#233;s de la ville. La bataille, qui s'annonce rude, ne fait que commencer. &#171; Ils vont mettre 300 forains et leurs familles &#224; la rue, c'est comme un plan social ! &#187;, s'exclame Patricia, qui vend du pr&#234;t-&#224;-porter f&#233;minin sur ce march&#233; depuis le si&#232;cle dernier. Le projet de r&#233;novation de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patricia" rel="tag"&gt;Patricia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par deux fois, en d&#233;cembre (2016), les forains de La Plaine ont paralys&#233; une partie du centre de Marseille pour protester contre un projet de r&#233;novation de la place qui condamne le plus populaire des march&#233;s de la ville. La bataille, qui s'annonce rude, ne fait que commencer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3066 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1300.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH503/-1300-fb10c.jpg?1783749046' width='500' height='503' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; I&lt;/span&gt;ls vont mettre 300 forains et leurs familles &#224; la rue, c'est comme un plan social ! &#187;&lt;/i&gt;, s'exclame Patricia, qui vend du pr&#234;t-&#224;-porter f&#233;minin sur ce march&#233; depuis le si&#232;cle dernier. Le projet de r&#233;novation de la place Jean-Jaur&#232;s (La Plaine pour les Marseillais) vient de tomber le masque. &lt;i&gt;La Provence &lt;/i&gt;a publi&#233; de jolies images de synth&#232;se o&#249; la place appara&#238;t lumineuse et d&#233;gag&#233;e, avec des arbres de Jud&#233;e en fleurs et des &#234;tres diaphanes flottant sur une esplanade toute lisse. Qui ne se r&#233;jouirait pas d'un espace enfin lib&#233;r&#233; de l'emprise automobile, ouvert aux &#233;bats des minots et &#224; la sereine consommation de boissons rafra&#238;chissantes en terrasse des bars ? Qui s'opposerait &#224; la disparition des grilles qui enserrent aujourd'hui jeux d'enfants et magnolias centenaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, ce songe d'air pur&lt;/strong&gt; et de paix civile cache quelques entourloupes. Rien n'a &#233;t&#233; propos&#233; aux forains ni aux commer&#231;ants s&#233;dentaires, pour assurer leur survie pendant un chantier qui va s'&#233;terniser (deux ans et demi minimum). Onze millions d'euros ont &#233;t&#233; budg&#233;tis&#233;s pour ce grand chambardement, alors qu'il n'y a pas d'argent pour les &#233;coles ou les installations sportives de proximit&#233; : pour quel profit ? Aucune alternative n'est pr&#233;vue pour les 250 places de stationnement supprim&#233;es. Les grandes terrasses des nouveaux &#233;tablissements que la mairie r&#234;ve d'attirer (les commerces actuels auront fait faillite au fil du chantier) privatiseront l'espace et provoqueront des conflits d'usage avec le march&#233; (lift&#233; et r&#233;duit de moiti&#233;), les jeux d'adolescents ou les &#171; usages d&#233;viants &#187; type carnaval, sardinade du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai ou repas de quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les forains, &lt;/strong&gt;dans le collimateur d'une mairie qui veut expurger un march&#233; d'aubaines trop truculent et chaleureux &#224; son go&#251;t, ne d&#233;col&#232;rent pas. Ils ont fait entendre leurs voix et leurs klaxons jusque sous les fen&#234;tres du maire. Le jeudi 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, une centaine de fourgons d&#233;cor&#233;s de pancartes (&#171; &lt;i&gt;Le march&#233;, c'est le coeur du quartier &#187;&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;Tout ce qui se fait sans nous se fait contre nous &#187;&lt;/i&gt;&#8230;) ont d&#233;boul&#233; sur la Canebi&#232;re pour aller bloquer le quai de la Mairie. Mme Lota, d&#233;l&#233;gu&#233;e aux emplacements, a re&#231;u trois forains et un avocat pour leur confirmer que rien n'a &#233;t&#233; pr&#233;vu pour les sauver de la ruine, puis leur a claqu&#233; la porte au nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le jeudi 15, &lt;/strong&gt;la m&#234;me op&#233;ration escargot, accompagn&#233;e par des membres de l'assembl&#233;e de La Plaine, a cette fois parcouru un itin&#233;raire trois fois plus long, pour finir devant les locaux de la Soleam (organisme charg&#233; de la r&#233;habilitation du centre-ville) et bloquer la Canebi&#232;re pendant deux heures. Pas de discours, mais des cris de col&#232;re, des ch&#339;urs d&#233;tournant les chants du V&#233;lodrome et une grondante Marseillaise&#8230; La suite ? une journ&#233;e d'information pour rompre avec l'opacit&#233; des man&#339;uvres municipales (le pr&#233;sident de la Soleam, G&#233;rard Chenoz, a d&#233;clar&#233; qu'il ne parlait pas aux &#233;ternels m&#233;contents) ; pourquoi pas une conf&#233;rence associant sociologues et forains pour r&#233;affirmer la l&#233;gitimit&#233; et l'utilit&#233; sociale du march&#233; ; de possibles recours l&#233;gaux ; et bien s&#251;r d'autres manifs plus massives. Comme le souligne un journalier, &#171; &lt;i&gt;pour l'instant, seuls les forains abonn&#233;s ont manifest&#233;, mais le jour o&#249; les journaliers, qui craignent des repr&#233;sailles, se rendront compte qu'ils n'ont plus rien &#224; perdre, &#231;a va faire mal ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Squat agricole en Italie : le terroir du chianti collectif</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Squat-agricole-en-Italie-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Squat-agricole-en-Italie-le</guid>
		<dc:date>2019-01-18T12:49:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bonetti</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>terres</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>site</dc:subject>
		<dc:subject>squat</dc:subject>
		<dc:subject>hectares</dc:subject>
		<dc:subject>Veronica</dc:subject>
		<dc:subject>Florence</dc:subject>
		<dc:subject>Bene Comune</dc:subject>
		<dc:subject>Mondeggi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Toscane, o&#249; le prix du foncier agricole est exorbitant, des militants cultivent des terres publiques au nez et &#224; la barbe de l'administration, qui voulait les revendre &#224; une multinationale am&#233;ricaine. Voyage &#224; Mondeggi, o&#249; vignes et oliviers ont &#233;t&#233; &#171; collectivis&#233;s &#187;. *** Il s'arr&#234;te o&#249; le squat ? &#171; Il va de la colline l&#224;-bas &#224; celle de l'autre c&#244;t&#233;. La maison que tu vois au loin est celle d'un voisin agriculteur. On a de bonnes relations avec lui. &#187; J'ai du mal &#224; la voir, la maison (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres" rel="tag"&gt;terres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bene-Comune" rel="tag"&gt;Bene Comune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mondeggi" rel="tag"&gt;Mondeggi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Toscane, o&#249; le prix du foncier agricole est exorbitant, des militants cultivent des terres publiques au nez et &#224; la barbe de l'administration, qui voulait les revendre &#224; une multinationale am&#233;ricaine. Voyage &#224; Mondeggi, o&#249; vignes et oliviers ont &#233;t&#233; &#171; collectivis&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH324/-1009-996d5.jpg?1782876180' width='500' height='324' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il s'arr&#234;te o&#249; le squat ?&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Il va de la colline l&#224;-bas &#224; celle de l'autre c&#244;t&#233;. La maison que tu vois au loin est celle d'un voisin agriculteur. On a de bonnes relations avec lui. &lt;/i&gt; &#187; J'ai du mal &#224; la voir, la maison en question, tellement elle est &#233;loign&#233;e : &#171; &lt;i&gt; Ah quand m&#234;me ! C'est un tout petit peu plus grand que les squats habituels&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;200 hectares&lt;/strong&gt; &#224; dix minutes de Florence, en Italie. Voil&#224; la surface que Veronica (*) et ses amis occupent ill&#233;galement depuis 2014. Sur ces terres, 22 hectares de vigne, douze mille oliviers et six b&#226;tisses construites entre les XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. Parce que oui : en plus d'&#234;tre l'un des squats les plus grands du continent, Mondeggi Bene Comune est peut-&#234;tre celui qui fait le plus beau pied de nez &#224; l'histoire. Avant d'accueillir des pr&#233;caires et autres sans-terre, le site a appartenu &#224; plusieurs riches familles florentines : les Bardi, puis les Portinai, et enfin les Della Gherardesca. En 1938, ces hauts-nobles revendent leurs villas, les d&#233;pendances et la chapelle &#224; des priv&#233;s, qui les c&#232;dent ensuite &#224; la province de Florence. Mais de mauvaise gestion en choix hasardeux, l'entreprise agricole publique qui exploite les terres est mise en liquidation, avant que l'administration exprime sa volont&#233; de se d&#233;barrasser du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On est alors au d&#233;but des ann&#233;es 2010&lt;/strong&gt;, et la multinationale am&#233;ricaine Constellation Brands, sp&#233;cialis&#233;e dans la production et la distribution de boissons alcoolis&#233;es, pointe le bout de son nez, &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; trois soci&#233;t&#233;s enregistr&#233;es au Luxembourg et une fiduciaire bas&#233;e dans le Delaware, aux &#201;tats-Unis &#8211; soit deux paradis fiscaux..&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;quisition&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En lien avec le r&#233;seau Genuino Clandestino&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Genuino Clandestino (&#171; V&#233;ritable clandestin &#187;) est un mouvement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, des &#233;tudiants en agriculture &#224; l'universit&#233; de Florence, des paysans, des passionn&#233;s d'agro&#233;cologie, des militants ou des citoyens de la r&#233;gion d&#233;cident alors de se r&#233;unir sur place pour d&#233;battre du probl&#232;me. Dans un pays qui laisse peu de place aux jeunes agriculteurs, la d&#233;cision est vite prise : il faut prendre possession de Mondeggi. Pour l'ouvrir &#224; tous, et en faire un bien commun, ou &#171; &lt;i&gt; bene comune&lt;/i&gt; &#187; en italien. &#171; &lt;i&gt;Nous avons d&#233;cid&#233; de rester &#8220; d&#233;finitivement &#8221; le troisi&#232;me jour de ce rassemblement, &lt;/i&gt;raconte Veronica. &lt;i&gt;Les policiers sont arriv&#233;s tr&#232;s vite, pour identifier toutes les personnes pr&#233;sentes. Mais il n'y a pas eu d'affrontements. Ils sont repartis assez rapidement. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le continent&lt;/strong&gt;, en termes de concentration des terres agricoles, l'Italie ne fait pas exception &#224; la r&#232;gle. Entre 2005 et 2013, dans une Europe qui a perdu des millions de fermes, l'Italie est pass&#233;e de 1,6 million de petites exploitations (moins de 20 hectares) &#224;&#8230; 880 000. La taille moyenne d'une ferme atteint d&#233;sormais les 12 hectares, ce qui reste moins qu'en France (59 hectares)&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : Eurostat, chiffres de 2013.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais chez les premiers producteurs de vin au monde&lt;/strong&gt; &#8211; c'est bien du pays du chianti dont on parle &#8211;, le prix des terres arables est extr&#234;mement &#233;lev&#233;. En Italie, une personne qui s'installe doit en moyenne d&#233;bourser pr&#232;s de 40 000 euros par hectare&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Toscane, o&#249; se trouve le squat, les prix sont assez proches de cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, rien que &#231;a. &#171; &lt;i&gt;Chez nous, c'est vraiment difficile, voire impossible pour des jeunes de lancer leurs projets. Et ce, m&#234;me si on en trouve pas mal dans le m&#233;tier. Dans ce contexte, nous ne pouvions pas laisser ce site &#224; la sp&#233;culation fonci&#232;re ou &#224; une multinationale. Il y avait m&#234;me un projet d'h&#244;tellerie de luxe ici. Impensable !&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Veronica.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les gueux sont dans la place&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quelques semaines d'occupation&lt;/strong&gt;, des dizaines de personnes convergent ou s'installent sur la colline. Les plus motiv&#233;s commencent &#224; d&#233;fricher les oliveraies et les vignes, en tr&#232;s mauvais &#233;tat, pendant que d'autres investissent et r&#233;novent les b&#226;timents. Les fant&#244;mes des richissimes familles florentines doivent s'&#233;trangler. Les gueuses et les gueux sont dans la place, et ne sont pas pr&#234;t(e)s &#224; la l&#226;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux niveaux d&#233;cisionnels&lt;/strong&gt; sont mis en place. D'une part, une assembl&#233;e d'habitants permanents, compos&#233;e d'une quarantaine de personnes, qui d&#233;cident collectivement de tout ce qui rel&#232;ve de la vie quotidienne. D'autre part, une assembl&#233;e territoriale plus large, avec des militants de tous les horizons qui gravitent autour du site et souhaitent prendre part aux d&#233;cisions politiques et strat&#233;giques. Avec comme enjeu premier de travailler la terre. Ce qu'il en ressort ? Un excellent chianti (test&#233; et approuv&#233;), de la bi&#232;re, de l'huile d'olive, du savon, ou encore des huiles essentielles, tous artisanaux &#8211; et bio, forc&#233;ment, mais sans les co&#251;teux labels qui vont avec. Des cours de massage sont dispens&#233;s, ici ou l&#224;, des non-march&#233;s sont organis&#233;s&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'id&#233;e est de consommer ce qui est produit localement. Et le surplus est mis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; : les projets fleurissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y a tellement de surface et de b&#226;timents vides&lt;/strong&gt; qu'on manque de gens motiv&#233;s pour r&#233;aliser tout ce qu'on souhaite, &lt;/i&gt;pr&#233;cise Veronica. &lt;i&gt;Nous sommes donc une quarantaine &#224; vivre ici &#224; temps plein, un nombre qui monte &#224; 200 ou 300 en fonction des p&#233;riodes, comme lors des r&#233;coltes.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Des liens forts ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s et consolid&#233;s avec des professeurs d'universit&#233; et des &#233;l&#232;ves de la ville, en fili&#232;re agriculture ou non. Et des formations dans le travail de la terre, ou pas, sont dispens&#233;es. &#199;a va &#234;tre dur de nous faire d&#233;gager ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinq &#233;toiles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;tropole de Florence n'a cependant pas abdiqu&#233;&lt;/strong&gt;. Son projet de vente du site est loin d'&#234;tre enterr&#233;. Mais elle h&#233;site devant la popularit&#233; de cette occupation. &#171; &lt;i&gt; Les flics sont revenus quelquefois, mais sans jamais provoquer &lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Veronica. &#171; &lt;i&gt;Il faut dire qu'ils auraient besoin de l'arm&#233;e pour reprendre le terrain ! Surtout que le petit chemin d'acc&#232;s n'est pas facile&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, que je lui r&#233;ponds. &#171; &lt;i&gt; Oui c'est vrai, &lt;/i&gt;reprend Veronica&lt;i&gt;. Ceci dit, l'affrontement se jouera peut-&#234;tre en justice. On est 17 &#224; &#234;tre pass&#233;s au tribunal en juillet pour &#8220; occupation ill&#233;gale, vol d'eau et d'&#233;lectricit&#233; &#8221;. La moiti&#233; des pr&#233;venus n'a m&#234;me jamais v&#233;cu &#224; Mondeggi. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'impression que les politiques locaux et les hommes d'affaires&lt;/strong&gt; ont laiss&#233; passer leur chance est cependant tr&#232;s nette. Car ce squat agricole, que des militants europ&#233;ens n'h&#233;sitent pas &#224; qualifier de lieu occup&#233; &#171; cinq &#233;toiles &#187; (pas en r&#233;f&#233;rence au sinistre mouvement de Beppe Grillo, mais plut&#244;t au regard du confort et du d&#233;cor propos&#233;s), a pris racine.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Bonetti&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(*) Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Plus d'informations sur le blog du squat : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Mondeggibenecomune.noblogs.org'&gt;Mondeggibenecomune.noblogs.org&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Genuino Clandestino (&#171; V&#233;ritable clandestin &#187;) est un mouvement de r&#233;sistances paysannes et citadines qui cr&#233;e des espaces de libert&#233;s en dehors du cadre institutionnel et invente de nouveaux liens entre la ville et la campagne, &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; des march&#233;s autog&#233;r&#233;s, la mise en place de groupements d'achats solidaires, des occupations de terres, des manifestations, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : Eurostat, chiffres de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En Toscane, o&#249; se trouve le squat, les prix sont assez proches de cette moyenne. Mais en Ligurie, le prix moyen d&#233;passe les 100 000 &#8364; &#224; l'hectare, contre &#224; peine plus de 6 000 &#8364; en France (Eurostat, chiffres de 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'id&#233;e est de consommer ce qui est produit localement. Et le surplus est mis &#224; disposition dans le centre de Florence, &#224; prix libre. Comme ce qui se fait &#224; Notre-Dame-des-Landes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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