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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Mayotte, Under the DOM*</title>
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		<dc:creator>D&#233;n&#232;tem Touam Bona</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Sept migrants clandestins se sont noy&#233;s dans le naufrage de la barque de p&#234;che qui les transportait, juste en arrivant dans le lagon de Mayotte, a annonc&#233; aujourd'hui la pr&#233;fecture . &#187; Un fait divers parmi d'autres, coinc&#233; entre un cambriolage et la sortie de route d'un camion. On s'habitue &#224; tout, y compris au retour cyclique de ces drames. Un instant suspendue par le flash info, la vie poursuit son cours. Comme si ces sept morts ne comptaient pas, pas plus que tous ceux qui les ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Sept migrants clandestins se sont noy&#233;s dans le naufrage de la barque de p&#234;che qui les transportait, juste en arrivant dans le lagon de Mayotte, a annonc&#233; aujourd'hui la pr&#233;fecture&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mayotte : mort de 7 migrants dans un naufrage &#187;, lefigaro.fr, 10/02/2014.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#187; Un fait divers parmi d'autres, coinc&#233; entre un cambriolage et la sortie de route d'un camion. On s'habitue &#224; tout, y compris au retour cyclique de ces drames. Un instant suspendue par le flash info, la vie poursuit son cours. Comme si ces sept morts ne comptaient pas, pas plus que tous ceux qui les ont pr&#233;c&#233;d&#233;s sous les eaux, et qui se comptent par milliers&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis l'instauration en 1995 du visa Balladur, il y a eu plus de 15 000 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Mayotte reste un angle mort de la France : territoire absent des rayons des librairies, des &#233;crans de cin&#233;ma et de t&#233;l&#233;vision, des pr&#233;occupations et de l'imaginaire de l'Hexagone. Loin des yeux, loin du c&#339;ur... Pourtant cette &#238;le est le laboratoire de la postcolonialit&#233; r&#233;publicaine, produit d'un croisement entre Fran&#231;afrique et D&#233;partement d'outre-mer (DOM). La m&#233;canique coloniale op&#232;re &#224; Mayotte sur le mode d'une censure tectonique qui scinde, partitionne, rature un paysage archip&#233;lique &#8211; celui des Comores &#8211; avant de se r&#233;fracter dans le psychisme du n&#233;ocolonis&#233;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au fur et &#224; mesure que la partition de l'archipel se durcit, le mot &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1864 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-163.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH403/-163-128fe.jpg?1768815791' width='500' height='403' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Elzazimut.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si Mayotte est si m&#233;connue en France, c'est sans doute parce que le Mahorais, en tant que sp&#233;cimen humain distinct du Comorien, n'existe pas encore ; il est en cours de modelage, &#224; partir d'images, de r&#233;cits, d'une r&#233;&#233;criture de l'histoire visant &#224; mettre en sc&#232;ne aux yeux du monde un &#171; peuple mahorais &#187;. De quoi justifier la partition de l'archipel des Comores au profit de la France. Dans les salons internationaux du tourisme, des h&#244;tesses mahoraises souhaitent &#171; &lt;i&gt;karibu&lt;/i&gt; &#187; aux Tour operators et clients potentiels. Leurs d&#233;pliants invitent &#224; l'exotisme : &#171; &lt;i&gt;C&#233;dez &#224; la tentation de Mayotte, l'&#238;le aux parfums, l'&#238;le aux makis&#8230; Son lagon offre une aire o&#249; dauphins, baleines et tortues marines aiment &#224; voguer. Venez aussi &#224; la rencontre de la population autochtone : les Mahorais ont l'&#226;me gaie, tout y est encore authentique.&lt;/i&gt; &#187; L'autochtone des guides touristiques, c'est la nouvelle figure du bon sauvage : un &#234;tre doux et spontan&#233;, &#224; peine entr&#233; dans l'histoire. L'accession du Mahorais au statut de Fran&#231;ais &#171; domis&#233; &#187; proc&#232;de d'une &#171; naturalisation &#187; de ce dernier, d'une r&#233;duction &#224; l'&#233;tat de nature. Dans les agences de pub et les bureaux d'&#233;tudes de Mamoudzou ou de Paris, des &#171; m&#233;tros &#187; s'attachent &#224; retravailler l'image, le design, le packaging de Mayotte. Il s'agit de d&#233;finir cette &#238;le, non pas &#224; partir d'une culture qui, de fait, est archip&#233;lique&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien qu'il y ait des variations d'une &#238;le &#224; l'autre, voire d'un village &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, mais &#224; partir d'une nature pr&#233;sent&#233;e comme &#233;d&#233;nique. Une nature hors du temps, car d&#233;sancr&#233;e de l'histoire mill&#233;naire d'une civilisation du boutre &#8211; le voilier traditionnel arabe acclimat&#233; par les habitants de l'archipel. La promotion d'une &#171; Mayotte, &#238;le au lagon &#187; contribue au raturage et &#224; la mise en clandestinit&#233; du reste de l'archipel. Le choix du logo de la nouvelle compagnie a&#233;rienne mahoraise EWA, la &#171; passe en S &#187; &#8211; long couloir sinueux &#224; travers la barri&#232;re de corail &#8211;, est de ce point de vue tout &#224; fait r&#233;v&#233;lateur : c'est le spot pr&#233;f&#233;r&#233; des plongeurs &lt;i&gt;wazungu&lt;/i&gt; (les &#171; m&#233;tros &#187;), qui repr&#233;sentera, d&#233;sormais, toute une &#238;le. Ce &#171; S &#187; n'est pas un symbole, mais une marque visant &#224; assurer un copyright fran&#231;ais sur un espace expurg&#233; de son histoire et de sa culture : un label cens&#233; garantir la qualit&#233; d'un produit du tourisme globalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau serait idyllique s'il n'y avait h&#233;las toutes ces cr&#233;atures exog&#232;nes &#224; l'&#233;cosyst&#232;me du lagon : les &lt;i&gt;kwassa-kwassa&lt;/i&gt;. &#199;a sonne &#224; l'oreille comme une des dix plaies qui s'abattirent sur l'&#201;gypte pour forcer Pharaon &#224; lib&#233;rer le peuple de Mo&#239;se : les invasions de grenouilles, de sauterelles, de mouches et surtout les eaux du fleuve chang&#233;es en sang. Ces embarcations de &#171; migrants &#187; en provenance d'Anjouan ont beau &#234;tre arraisonn&#233;es par la marine fran&#231;aise, sombrer dans les eaux profondes, d&#233;river &#224; l'aveugle dans le canal du Mozambique, rougir les eaux du lagon par leur fracas, toujours de nouvelles vagues de &lt;i&gt;kwassa&lt;/i&gt; ressuscitent et repartent &#224; l'assaut de l'eldorado. &#201;chapper aux vedettes de la Police aux fronti&#232;res (PAF), de la gendarmerie et des douanes, aux patrouilleurs, aux h&#233;licopt&#232;res et aux stations radars dernier cri de la Marine nationale, &#233;chapper &#224; toute cette armada exige de prendre des risques : naviguer la nuit, sans lumi&#232;re, couper parfois les moteurs, braver les bourrasques et la brume&#8230; &lt;i&gt;Inch Allah&lt;/i&gt;, on joue son destin &#224; la roulette russe. &#171; &lt;i&gt; La pirogue s'est renvers&#233;e sur un r&#233;cif, pr&#232;s de la c&#244;te de Kani-Keli. Neuf personnes ont trouv&#233; la mort, dont cinq nourrissons.&lt;/i&gt; &#187; Les d&#233;p&#234;ches se suivent et se ressemblent, l&#233;zardant toujours davantage le r&#234;ve d'une Mayotte vierge et innocente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les navigateurs arabes baptis&#232;rent cette &#238;le al-Mawt, &#171; la Mort &#187;, en raison des innombrables naufrages occasionn&#233;s par la redoutable ceinture de corail prot&#233;geant le lagon. Aujourd'hui, ces r&#233;cifs aiguis&#233;s se doublent d'une fronti&#232;re invisible d'autant plus efficace qu'elle est virtuelle. Une zone de contr&#244;le en temps r&#233;el &#8211; extensible &#224; volont&#233; gr&#226;ce au couplage des forces navales et des technologies de rep&#233;rage (radars, imagerie satellitaire) &#8211; qui fait de Mayotte une r&#233;serve naturelle high-tech d&#233;di&#233;e &#224; la protection des esp&#232;ces autochtones. Aussi la protection du droit &#224; la vie des uns &#8211; les nationaux &#8211; expose-t-elle &#224; la mort les autres &#8211; les &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Mayotte Channel Gateway &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Mayotte, le port de Longoni se niche dans une baie ample et majestueuse d&#233;limit&#233;e par les entrelacs de la mangrove, les collines verdoyantes de la pointe nord et la ceinture invisible des r&#233;cifs coralliens. Depuis toujours, la baie de Longoni offre un refuge aux navires de passage. Ulingoni, cette racine bantoue d&#233;signe le &#171; lieu d'escale &#187; et nous renvoie donc &#224; l'histoire pr&#233;coloniale de Mayotte, &#224; cette circulation mill&#233;naire des boutres et des pirogues &#224; balanciers, d'o&#249; est n&#233;e non seulement la soci&#233;t&#233; archip&#233;lique des Comores, mais aussi la civilisation swahilie (de l'arabe &lt;i&gt;swahil&lt;/i&gt;, &#171; rives &#187;) : un maillage de cit&#233;s-&#201;tats &#8211; Lamu, Zanzibar, Mogadiscio&#8230; &#8211; qui jalonnaient les rives de l'Afrique de l'Est et qui constituaient autant d'&#233;tapes sur la route de la p&#233;ninsule arabique, de l'Inde, de la Chine ou de la Malaisie. C'est &#224; cette Afrique swahilie, au c&#339;ur de la premi&#232;re globalisation marchande et culturelle de l'oc&#233;an Indien &#8211; le syst&#232;me-monde afro-asiatique dont l'Europe n'&#233;tait alors qu'une p&#233;riph&#233;rie &#8211;, qu'&#233;taient int&#233;gr&#233;s les ports de l'archipel des Comores et du nord-ouest de Madagascar. &#192; l'image des soci&#233;t&#233;s carib&#233;ennes, les mondes swahilis sont n&#233;s eux aussi de l'impr&#233;visible, de la f&#233;condation r&#233;ciproque d'&#233;l&#233;ments culturels et de peuples infiniment divers : des Somalis, des Bantous, des Perses, des Y&#233;m&#233;nites, des Austron&#233;siens, des Portugais, des r&#233;fugi&#233;s de toutes sortes &#8211; tous acteurs d'une archip&#233;lisation cr&#233;atrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, Longoni a &#233;t&#233; rebaptis&#233; &#171; Mayotte channel gateway &#187; : ce n'est plus un port mais un hub, une plateforme logistique. Ce dispositif ach&#232;ve le processus de &#171; conteneurisation &#187; de la vie mahoraise : qu'un porte-conteneur ou un supertanker arrive en retard et c'est la panique, la hantise de la p&#233;nurie, des files d'attente interminables se forment devant les autels de la modernit&#233; que sont la station d'essence et le supermarch&#233;. Avec la d&#233;partementalisation &#8211; et l'accroissement exponentiel des importations qu'elle suppose &#8211;, au mur du visa Balladur s'ajoute &#224; pr&#233;sent le murmure assourdissant de la marchandise : je ne me rapporte au monde que dans la mesure o&#249; je peux le consommer. La cr&#233;ation &#224; Mayotte d'un &#238;lot de prosp&#233;rit&#233; fictif aboutit n&#233;cessairement au renforcement de la partition de l'archipel, au durcissement de la fronti&#232;re, &#224; l'h&#233;morragie des forces vives des autres &#238;les au profit de l'eldorado mahorais, et donc au rejet croissant de ceux, &#171; les Comoriens &#187;, qui menacent nos privil&#232;ges de consommateur fran&#231;ais. Une des premi&#232;res c&#233;sures auxquelles on est confront&#233; &#224; Mayotte est cette faille g&#233;ologique paradoxale qui s&#233;pare le 101e d&#233;partement de son arri&#232;re-pays &#8211; le canal du Mozambique &#8211;, une faille qui s'&#233;largit au fur et &#224; mesure de son int&#233;gration aux circuits marchands fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Le monde est ici comptabilis&#233; en conteneurs, il n'est que cela, et c'est peut-&#234;tre le &lt;a href=&#034;http://www.linfokwezi.fr/mayotte-asphyxie/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;meilleur des filtres possibles&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt; &#187; Les 4&#215;4, les berlines, les &#233;crans plasma, les packs de bi&#232;res&#8230;, tout arrive par Longoni &#8211; cordon ombilical magique qui lie Mayotte &#224; la m&#233;tropole tout en la d&#233;liant de tous les liens familiaux, culturels, historiques qui la rattachaient aux autres &#238;les. La mise sous DOM suppose toujours le r&#233;tr&#233;cissement de l'horizon et une &#171; cartographie mutil&#233;e &#187; : &#171; &lt;i&gt;Pour renforcer leur d&#233;pendance vis-&#224;-vis de la France, l'&#201;tat bloque les relations que les outre-mer entretiennent encore avec les pays voisins&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Fran&#231;oise Verg&#232;s dans &lt;i&gt;Le Ventre des femmes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le d&#244;me invisible de Mayotte, on entend encore l'appel des muezzins et les incantations des &lt;i&gt;fundi wa madjinni&lt;/i&gt; (les ma&#238;tres des djinns), mais on c&#233;l&#232;bre surtout le culte du cargo, ces rituels &#224; travers lesquels les M&#233;lan&#233;siens tentaient de capter les richesses occidentales en imitant de leur mieux les gestes et postures des op&#233;rateurs radio, des capitaines au long cours, des sorciers blancs. Peau comorienne, masques fran&#231;ais, le Mahorais se veut d&#233;sormais &#171; de souche &#187;, pas un de ces &#233;trangers qui d&#233;barquent en &lt;i&gt;kwassa&lt;/i&gt; de l'&#238;le lointaine d'Anjouan, &#224;&#8230; 70km. Dans &lt;i&gt;Le Discours antillais&lt;/i&gt;, &#201;douard Glissant a parfaitement analys&#233; la m&#233;canique du DOM, la &#171; domisation &#187; : il s'agit de convertir des fonds publics &#8211; des subventions, des dotations, des salaires et primes de fonctionnaires, etc. &#8211; en b&#233;n&#233;fices priv&#233;s. Au profit d'abord des grands groupes fran&#231;ais (Total, Bouygues, Casino&#8230;) qui forment des oligopoles et s'entendent donc sur les prix ; d'o&#249; le probl&#232;me r&#233;current de la vie ch&#232;re. Dans la continuit&#233; de l'exclusif colonial institu&#233; par Colbert au XVIIe si&#232;cle, les DOM constituent des march&#233;s captifs d&#233;guis&#233;s. Toute la puissance id&#233;ologique du syst&#232;me r&#233;side dans le fait qu'il se pr&#233;sente sous l'apparence d'un don de la France, transformant ainsi les &#171; domis&#233;s &#187; en &#233;ternels d&#233;biteurs d'un d&#233;veloppement fictif et d&#233;voy&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Microfascisme tropical&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel un mauvais djinn, un d&#233;sir d'apartheid &#8211; le r&#234;ve pathog&#232;ne d'une communaut&#233; homog&#232;ne &#8211; poss&#232;de Mayotte : une &#238;le asphyxi&#233;e par sa propre fronti&#232;re, o&#249; schizophr&#233;nie et parano&#239;a vont de pair. Et o&#249; l'on chasse l'&#233;tranger, village apr&#232;s village, au plus profond de soi-m&#234;me. La chasse &#224; l'homme qui s'est d&#233;roul&#233;e de janvier &#224; juillet 2016 n'a pas &#233;pargn&#233; les &#233;tablissements scolaires o&#249;, du jour au lendemain, sans pr&#233;venir, des &#233;l&#232;ves disparaissaient. On les retrouvait parfois sur la place de la R&#233;publique de Mamoudzou, dormant &#224; m&#234;me le sol avec leur famille, sans m&#234;me un bout de toile pour les prot&#233;ger des intemp&#233;ries et des regards agglutin&#233;s aux grilles de ce camp sans nom. Ce n'&#233;taient pas des r&#233;fugi&#233;s, mais les expuls&#233;s de la R&#233;publique : les bannis du &#171; vivre-ensemble &#187;. Dans les &#233;coles, un nouveau jeu fit son apparition, une r&#233;p&#233;tition de ce qui se passait au-dehors : &#171; Les gendarmes et les Anjouanais &#187;... Plus que jamais, Mdzuani (Anjouanais) cinglait l'air comme une insulte et laissait des traces ind&#233;l&#233;biles dans l'&#226;me et le c&#339;ur vuln&#233;rables de ces enfants de Mayotte per&#231;us comme tels : des enfants maudits. Depuis longtemps, &#171; Comorien &#187; &#233;tait devenu un terme canc&#233;rig&#232;ne, un synonyme d'&#233;tranger et donc de d&#233;linquant : on ne le pronon&#231;ait plus, on le crachait, surtout sur les ondes ! Comment s'&#233;tonner alors de voir un jour des milices pseudo-citoyennes sillonner les rues en qu&#234;te d'habitations &#171; comoriennes &#187; &#224; d&#233;truire ou piller&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; du miroir, par-del&#224; les mirages du &#171; migrant &#187; et la soif d'exotisme du &lt;i&gt;mzungu&lt;/i&gt;, les luxuriantes collines de Mayotte renferment une vaste garenne &#8211; une chasse &#224; l'homme s'y d&#233;roule en permanence &#224; ciel ouvert. L'humain poursuivi est le fr&#232;re, le cousin, la grand-m&#232;re du Mahorais : il vient des autres &#238;les de l'archipel des Comores. Ce qu'il y a de nouveau aujourd'hui, c'est que la police partage d&#233;sormais son monopole de la traque l&#233;gitime avec des collectifs d'habitants aussi anonymes que les tracts naus&#233;abonds qui se propagent sur les r&#233;seaux et les murs du 101e d&#233;partement. &#171; Mayotte asphyxi&#233;e &#187;, tel est le titre du tract t&#233;l&#233;chargeable depuis le 28 avril 2016 sur le site web de Kwezi : &#171; &lt;i&gt;Une manifestation et une action d'expulsion pacifiques contre l'immigration clandestine auront lieu le dimanche 15 mai 2016. Point de d&#233;part : au plateau de Boueni, &#224; 6h, pour le tour de la commune. Suivi d'un grand voul&#233;&lt;/i&gt; [un barbecue festif]. &#187; Qu'une op&#233;ration de ce type ait pu avoir lieu, bien qu'elle ait &#233;t&#233; annonc&#233;e pr&#232;s de trois semaines &#224; l'avance, en dit long sur la banalisation d'une certaine x&#233;nophobie et sur la complicit&#233; des m&#233;dias, des &#233;lus, des autorit&#233;s locales dans la prolif&#233;ration, sur une grande partie de l'&#238;le, des exactions commises &#224; l'&#233;gard des &#171; Comoriens &#187; : harc&#232;lements, insultes, ratonnades, pillages et incendies, menaces et intrusions chez des personnes h&#233;bergeant des &#171; d&#233;cas&#233;s &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque fois, ces &#171; actions d'expulsion &#187; prenaient la forme d'un sinistre charivari o&#249; les battements de casseroles le disputaient aux chants et aux hurlements vengeurs des&lt;i&gt; bouenis&lt;/i&gt; (&#171; femmes &#187;). &#192; Tsimkoura, l&#224; o&#249; tout a commenc&#233; en janvier, pr&#232;s de cent habitants proc&#233;d&#232;rent &#224; une battue &#224; travers leur commune. Ils s'&#233;taient v&#234;tus &#171; &lt;i&gt;de rouge pour se reconna&#238;tre&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Flash info&lt;/i&gt;, 19 janvier), &#224; d&#233;faut de pouvoir &#233;pingler une &#233;toile jaune sur la poitrine d'un envahisseur &#171; comorien &#187; d'autant plus perfide qu'indiscernable : un ennemi int&#233;rieur. Sans le climat d'impunit&#233; qui r&#232;gne &#224; Mayotte, la chasse aux Comoriens n'aurait pu prendre de telles proportions, ce que n'a cess&#233; de d&#233;noncer Ma&#238;tre Ghaem en &#233;voquant des &#171; &lt;i&gt;mairies qui accueillent ouvertement ces collectifs de villageois en leur sein, effectuant des photocopies pour leurs tracts, organisant autour des &#8220;d&#233;casages&#8221; des voul&#233;s festifs.&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Journal de Mayotte&lt;/i&gt;, 5 juin 2016). Comme l'analyse la Cimade, l'absence de r&#233;action de la gendarmerie et de la pr&#233;fecture &#171; &lt;i&gt;cautionne l'impunit&#233; de ces collectifs et leur offre la possibilit&#233; de d&#233;velopper ce type d'actions ill&#233;gales et x&#233;nophobes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mayotte : la chasse aux &#233;trangers par la population est ouverte&#8230; &#187;, Blog (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;. Ce qui est encore plus troublant, c'est qu'une partie des membres de ces milices proviennent de &#171; Conseils citoyens &#187; issus de la Politique de la ville. Une division du travail &#171; civique &#187; se mit ainsi en place : &#224; une fraction radicalis&#233;e de la population l'expulsion et le rabattage, &#224; la gendarmerie l'encadrement (sous pr&#233;texte d'&#233;viter les affrontements), &#224; la PAF le contr&#244;le des papiers et la rafle. Vu son efficacit&#233;, il se pourrait que le microfascisme tropical qui s'est exp&#233;riment&#233; &#224; Mayotte &#8211; cette communion entre une petite frange des citoyens et les forces de l'ordre dans la traque de l'&#233;tranger &#8211; fasse un jour son retour en France m&#233;tropolitaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les fronti&#232;res int&#233;rieures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis n&#233;e &#224; Mayotte, d'une m&#232;re anjouanaise et d'un p&#232;re mahorais.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Comme les villageois de ma commune n'aiment pas les &#233;trangers, surtout les Anjouanais, j'ai longtemps eu honte de ma m&#232;re. J'avais honte de dire &#224; mes amis que je suis anjouanaise par ma m&#232;re. Je leur cachais cette v&#233;rit&#233;, je ne voulais pas &#234;tre rejet&#233;e &#224; cause de cette origine-l&#224;. Je faisais semblant d'&#234;tre heureuse avec cette v&#233;rit&#233; cach&#233;e au fond de mon c&#339;ur, mais je me sentais seule. Je n'osais pas me montrer en public avec ma m&#232;re. Quand elle me parlait devant les gens, je l'ignorais, comme si c'&#233;tait une inconnue, une &#233;trang&#232;re. &lt;/i&gt; &#187; C'est &#224; la lecture de ce texte, &#233;crit par une de mes &#233;l&#232;ves, appelons-l&#224; Amina, que j'ai vraiment r&#233;alis&#233; ce fait : les fronti&#232;res ne partagent pas seulement les territoires mais aussi les &#226;mes, les rendant souvent &#233;trang&#232;res &#224; elles-m&#234;mes. Le constat de Fanon se v&#233;rifie : l'ali&#233;nation ne peut se comprendre &#224; partir du seul psychisme de l'individu, puisque c'est la situation (post)coloniale qui la g&#233;n&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'entends d&#233;j&#224; des voix s'&#233;crier : &#171; Arr&#234;tez avec votre histoire coloniale, tout &#231;a c'est du pass&#233; !&#8230; &#187; Certes, il n'y a plus de travail forc&#233;, de code de l'indig&#233;nat. Ce qu'on exploite aujourd'hui dans les DOM (cf. &lt;i&gt;Le Discours antillais&lt;/i&gt; de Glissant), c'est la consommation, l'assistanat subventionn&#233; des autochtones : des populations rendues superflues dont le paysage est peu &#224; peu transform&#233; en r&#233;serve &#233;cologique. Aussi, l'asphyxie qu'&#233;voquent les tracts appelant &#224; la chasse aux Comoriens n'est-elle en fait que l'asphyxie d'une vie sociale, culturelle et &#233;conomique qui peut de moins en moins se passer de l'assistance respiratoire de la m&#232;re patrie fran&#231;aise. La &#171; domisation &#187; a donc pour effet non seulement de st&#233;riliser les initiatives, les productions, l'&#233;conomie locale, mais aussi d'&#233;vider le &#171; domis&#233; &#187; qui, au fur et &#224; mesure qu'il perd ses savoir-faire, se voit contraint pour garder un minimum d'estime de soi de se r&#233;fugier dans l'apparat et le folklore. C'est la phase ultime de l'assimilation, une colonisation parfaite, puisque m&#233;connue comme telle et d&#233;sir&#233;e par le n&#233;ocolonis&#233;. Dans cette mise sous d&#233;pendance int&#233;grale &#8211; une tutelle aussi insidieuse qu'invisible et confortable &#8211;, il devient toujours plus difficile d'exprimer des diff&#233;rends &#224; l'&#233;gard de la m&#233;tropole et de ses repr&#233;sentants. Se met alors en place un processus d'autocensure permanent aliment&#233; par une peur primale de nourrisson : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;lus mahorais ont peur des pr&#233;fets qui les traitent comme des mendiants&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Mayotte en sous-France&lt;/i&gt;, Mahamoud Azihari). On ne saurait mordre, en effet, la main qui nous nourrit : trop peur de perdre ce qui nous a d&#233;j&#224; perdus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malaise dans le lagon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malaise de Mayotte s'enracine en partie dans le sentiment plus ou moins conscient de d&#233;possession qu'&#233;prouvent ses habitants vis-&#224;-vis de leur propre image, de leur propre histoire et devenir. Ce malaise est bien plus profond que les mille et une difficult&#233;s &#233;conomiques et sociales que rencontre ce territoire &#8211; ch&#244;mage abyssal, syst&#232;me hospitalier et &#233;ducatif au bord de l'implosion, croissance exponentielle des cambriolages et agressions, 85% de la population sous le seuil de pauvret&#233;. Un malaise indicible, touchant au sentiment m&#234;me de l'existence : j'ai beau renier mes fr&#232;res, j'ai beau cracher sur leur ind&#233;pendance de merde, j'ai beau arborer le drapeau fran&#231;ais et chanter &#171; La Marseillaise &#187;, je reste invisible aux yeux de la m&#232;re patrie, au point qu'il m'arrive souvent de douter de ma propre r&#233;alit&#233;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Je ne veux pas de votre ind&#233;pendance &#224; la merde et &#224; la con ! &#187;, phrase (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Mayotte souffre de ne pas &#234;tre aim&#233;e par la lointaine m&#233;tropole, alors qu'elle-m&#234;me ne veut plus se reconna&#238;tre dans ses &#238;les s&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La source premi&#232;re du mal-&#234;tre &#224; Mayotte r&#233;side ainsi dans le refoulement croissant de la &#171; comorianit&#233; &#187; de cette &#238;le. Lequel ne se produit pas seulement dans la psych&#233; des individus, mais d'abord &#224; travers des techniques polici&#232;res de rafle, d'internement, d'expulsion. Aujourd'hui, plus que jamais, l'expulsion des corps &#233;trangers est pr&#233;sent&#233;e comme le rem&#232;de &#224; tous les maux de la soci&#233;t&#233; mahoraise. Le probl&#232;me avec le refoul&#233;, c'est qu'il ne cesse de faire retour sous la forme d'une violence interne &#224; l'individu : somatisations, troubles du comportement, psychoses. Dans le cas de Mayotte, ce retour du refoul&#233; s'exprime notamment dans la multitude toujours croissante des mineurs isol&#233;s : les enfants des rues et des bois, les enfants du rejet qui grandissent la rage entre les dents, loin de leurs parents &#8211; des enfants vou&#233;s &#224; une citoyennet&#233; impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la puissance archip&#233;lique des rivages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le malheur des hommes&lt;/i&gt;, dit Foucault, &lt;i&gt;ne doit jamais &#234;tre un reste muet de la politique.&lt;/i&gt; &#187; T&#233;moigner de l'innommable, c'est le premier acte d'une r&#233;sistance politique parce que po&#233;tique : la premi&#232;re r&#233;volution est celle du verbe ! &#192; cette &#171; &lt;i&gt; fable &#233;crite de main de ma&#238;tre&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;cette histoire de migration sauvage en sa propre terre&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, l'artiste S&#339;uf Elbadawi riposte par les contre-sorts d'une po&#233;sie d'outre-tombe : &#171; &lt;i&gt;Un dhikri pour nos morts. La rage entre les dents. &lt;/i&gt; &#187; Un texte qui rompt le non-dit sur tous ces mal-morts qui hantent Mayotte et les autres &#238;les de l'archipel. L'histoire d'un homme fracass&#233; qui enrage de ne pouvoir enterrer ses morts et contemple le lent naufrage d'un archipel. &#171; &lt;i&gt;Jusqu'&#224; quand allons-nous regarder ceux qui s'enfoncent sous l'eau &lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;sans rien opposer &#224; l'Impensable ? &lt;/i&gt; &#187;, se demande-t-il. Cet homme d&#233;cide alors d'organiser un &lt;i&gt;dahira&lt;/i&gt; (c&#233;r&#233;monie fun&#233;raire soufie), non seulement pour son cousin, mais aussi pour ces milliers de morts que nul ne nomme. Lorsque les disparus sont censur&#233;s et abandonn&#233;s &#224; leur sort, lorsqu'ils ne sont plus que des chiffres dans des statistiques ou des graphiques, c'est notre propre humanit&#233; qui est remise en question : notre capacit&#233; &#224; nous reconna&#238;tre dans l'autre. Le mort &#233;tant l'autre par excellence puisqu'&#171; au-del&#224; &#187;. &#192; la rh&#233;torique d&#233;shumanisante du &#171; flux migratoire &#187;, Elbadawi oppose le verbe cr&#233;ateur qui offre un visage et une voix aux damn&#233;s de la mer, t&#233;moignant ainsi de leur humanit&#233; et&#8230; de la n&#244;tre. Face &#224; la banalit&#233; du mal &#8211; la plus terrible des censures &#8211;, retrouver la capacit&#233; po&#233;tique de s'&#233;tonner, retrouver le sens de l'intol&#233;rable. Mettre au jour le scandale que l'on ne cesse d'&#233;touffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#234;tre des lignes, les fronti&#232;res sont des lieux de vie o&#249; les humains se sont toujours r&#233;invent&#233;s en se nourrissant de l'&#233;tranget&#233; de leur prochain. Comme les barri&#232;res de corail, les fronti&#232;res ne respirent, ne vivent que par leurs pores, leurs asp&#233;rit&#233;s, leurs surfaces ajour&#233;es o&#249; se produit l'entrelacs continuel de mondes incommensurables : une hybridation cr&#233;atrice. F&#233;cond&#233;s par les aliz&#233;es et moussons&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les navigations s'effectuaient en fonction du cycle des vents.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, les &lt;i&gt;swahil&lt;/i&gt; (rives) incarnent par excellence la fronti&#232;re comme lieu de vie, comme espace de pulsation et de symbiose cr&#233;atrice. La &#171; domisation &#187;, qu'il s'agisse de la politique d'assimilation des Outre-mer ou de la mise sous d&#244;me s&#233;curitaire &#8211; la mise en r&#233;seau et r&#233;sonance des appareils de capture &#8211;, c'est la n&#233;gation des rivages et de leur puissance archip&#233;lique. Appelons donc &#224; de nouvelles &#171; swahilisations &#187;, &#224; des &#171; d&#233;-rives &#187; in&#233;dites et furtives !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(*) : dans &lt;i&gt;Under the dome&lt;/i&gt;, s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e US, une ville se r&#233;veille un jour sous un d&#244;me transparent qui la retranche du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Mayotte : mort de 7 migrants dans un naufrage &#187;, lefigaro.fr, 10/02/2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis l'instauration en 1995 du visa Balladur, il y a eu plus de 15 000 morts selon les estimations de l'ONG Migreurop.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au fur et &#224; mesure que la partition de l'archipel se durcit, le mot &#171; Mayotte &#187; devient une coquille vide mais tranchante : une abstraction au sens fort, puisqu'&#224; pr&#233;sent on ne con&#231;oit &#224; travers ce mot qu'une scission, qu'un territoire abstrait de son arri&#232;re-pays. Ainsi Maore n'est plus que ciel et lagon, elle n'a plus ni archipel ni continent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bien qu'il y ait des variations d'une &#238;le &#224; l'autre, voire d'un village &#224; l'autre, il y a en commun dans cet archipel une langue, des lignages familiaux, des pratiques religieuses, des savoir-faire th&#233;rapeutiques ou agricoles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Mayotte : la chasse aux &#233;trangers par la population est ouverte&#8230; &#187;, Blog Mediapart de la Cimade, 25/04/16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Je ne veux pas de votre ind&#233;pendance &#224; la merde et &#224; la con !&lt;/i&gt; &#187;, phrase c&#233;l&#232;bre du p&#232;re de &#171; Mayotte fran&#231;aise &#187;, Younoussa Bamana. Dans les manifs anti-Comoriens, on voit des pancartes proclamer : &#171; &lt;i&gt;On ne veut pas de votre ind&#233;pendance de merde !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les navigations s'effectuaient en fonction du cycle des vents.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du 95</title>
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		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>P&#244;le emploi</dc:subject>
		<dc:subject>P&#244;le</dc:subject>
		<dc:subject>Mahorais</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Maliet</dc:subject>
		<dc:subject>Gilles Lucas</dc:subject>
		<dc:subject>Comores</dc:subject>
		<dc:subject>Raul Guillen</dc:subject>
		<dc:subject>Juliette Volcler</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Alric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les articles sont mis en ligne au fil de l'eau apr&#232;s la parution du CQFD d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... &#171; D&#233;sormais, le Mahorais sera respect&#233; ! &#187; &gt; Une r&#233;volution sur l'&#238;le de l'archipel des Comores ? Plut&#244;t un vaste mouvement social contre l'augmentation des prix, cons&#233;quence du rattachement &#224; la France. Mais la m&#233;tropole, &#233;chaud&#233;e par l'exemple antillais, a d&#233;ploy&#233; de gros moyens pour r&#233;tablir l'ordre. Par Martin Alric. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les articles sont mis en ligne &lt;a href=&#034;http://www.cqfd-journal.org/CQFD-no95-decembre-2011&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au fil de l'eau&lt;/a&gt; apr&#232;s la parution du &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href=&#034;http://www.cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH527/rubon17-fbf90.jpg?1768650386' width='400' height='527' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; D&#233;sormais, le Mahorais sera respect&#233; ! &#187; &gt; &lt;/strong&gt;Une r&#233;volution sur l'&#238;le de l'archipel des Comores ? Plut&#244;t un vaste mouvement social contre l'augmentation des prix, cons&#233;quence du rattachement &#224; la France. Mais la m&#233;tropole, &#233;chaud&#233;e par l'exemple antillais, a d&#233;ploy&#233; de gros moyens pour r&#233;tablir l'ordre. Par Martin Alric.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arr&#234;t maladie, voil&#224; l'ennemi ! &gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Voler la S&#233;curit&#233; sociale, c'est trahir la confiance de tous les Fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;, selon Nicolas Sarkozy. Le gouvernement poursuit donc sa traque de l'antiFrance enrhub&#233;e. Son objectif ? D&#233;consid&#233;rer la S&#233;cu aux yeux de la population&#8230; &#201;l&#233;ments de diagnostic. Par Franck Dragonetti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volution et &#233;lections &#233;gyptiennes : &#192; la barbe de la d&#233;mocratie &gt;&lt;/strong&gt;
Rencontr&#233; fin octobre au Caire, Ayman a particip&#233; d&#233;but 2011 aux manifestations de la place Tahrir qui ont conduit &#224; la chute de Hosni Moubarak. En novembre, il &#233;tait &#224; nouveau au front pour exiger le d&#233;part du Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es. Ing&#233;nieur, ath&#233;e, ce vaillant r&#233;volutionnaire nous livre son regard sur la situation politique &#233;gyptienne &#224; l'heure o&#249; les islamistes d&#233;crochent la majorit&#233; des si&#232;ges au sein du nouveau Parlement. Propos receuillis par Gilles Lucas et Mina Zapatero.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rage dedans : Les muslims deviennent vraiment flippants &gt;&lt;/strong&gt; Par S&#233;bastien Fontenelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la sauce financi&#232;re &gt;&lt;/strong&gt; Dans la panique suscit&#233;e par la banqueroute grecque de mai 2010, le conseil de l'Union europ&#233;enne a mis en place des m&#233;canismes pour sauver les pays en difficult&#233;. Apr&#232;s les &#171; injections de liquidit&#233; &#187; des premiers mois, c'est maintenant pour augmenter sa &#171; force de frappe &#187; que toute l'Europe se met en quatre. Par Raul Guillen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre juste en libye : Sous l'aile de la Camarde &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s huit mois de guerre et de &#171; protection des civils &#187;, quel est le bilan humain de l'op&#233;ration libyenne ? Heu&#8230; Il semblerait que ce soit le cadet des soucis de la &#171; communaut&#233; internationale &#187;. Mouammar Kadhafi enterr&#233;, c'est termin&#233;, tout baigne !
Par Fran&#231;ois Maliet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Artisans du &#171; choc des civilisations &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Les informations bidouill&#233;es et effrayantes sur l'Islam, diffus&#233;es par un site d'informations &#8211; memri.org &#8211; o&#249; se bousculent des membres des autorit&#233;s am&#233;ricaines et isra&#233;liennes, rencontrent de beaux succ&#232;s. En attendant un conflit g&#233;n&#233;ral avec les Arabes, on peut d&#233;j&#224; en subir les effets au comptoir du caf&#233; du coin. Par Gilles Lucas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faux-ami &gt;&lt;/strong&gt; &#171; C'est compliqu&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sperme de ruminant est une marchandise ! &gt;&lt;/strong&gt; &#171; Pour les agriculteurs, ressemer sa propre r&#233;colte sera interdit ou tax&#233; &#187;, titrait Le Monde du 29 novembre 2011. Dans le meilleur des mondes, l'&#233;tape suivante serait d'interdire aux &#233;leveurs l'&#233;change de gam&#232;tes m&#226;les non certifi&#233;s&#8230; Et nous vivons dans le meilleur des mondes ! Rencontre avec un &#233;leveur ovin &#8211; premier article d'une enqu&#234;te en trois volets. Par Raul Guillen et Nardo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quoi sert P&#244;le emploi ? &gt;&lt;/strong&gt; Le 26 septembre, un ch&#244;meur breton &#233;tait menac&#233; de poursuites pour &#171; propos d&#233;sobligeants envers le travail des conseillers de P&#244;le emploi &#187; &#8211; en l'occurrence, pour avoir dit r&#233;pondre aux convocations juste parce que &lt;i&gt;&#171; c'est une obligation l&#233;gale pour percevoir le RSA &#187;&lt;/i&gt;. Le 22 novembre, c'est Maxime, membre de la Coordination des intermittents et pr&#233;caires d'&#206;le-de-France (CIP-IDF), qui comparaissait pour &#171; outrage &#224; P&#244;le emploi &#187; : on lui reproche d'avoir, lors d'une action collective dans une agence parisienne fin 2009, qualifi&#233; lesdits conseillers d'&lt;i&gt;&#171; incomp&#233;tents, fain&#233;ants et bons &#224; rien &#187;&lt;/i&gt;. Les t&#233;moins appel&#233;s &#224; la barre ont d&#233;montr&#233;, &#224; travers moult exemples, que &lt;i&gt;&#171; P&#244;le emploi est effectivement incomp&#233;tent, ne fait rien et se r&#233;v&#232;le le plus souvent bon &#224; rien en ce qui concerne les droits des ch&#244;meurs &#187;&lt;/i&gt;. Rencontre avec l'outrageur. Propos receuillis par Juliette Volcler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raid sur les Roms &gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Les mesures en cause r&#233;v&#232;lent un non-respect des valeurs essentielles inscrites dans la Charte europ&#233;enne, notamment la dignit&#233; humaine, dont la nature et l'ampleur vont au-del&#224; des violations ordinaires de la Charte. &#187; &lt;/i&gt; La Commission europ&#233;enne des droits sociaux n'a pas m&#226;ch&#233; ses mots pour d&#233;crire, le 10 novembre 2011, l'attitude de la France vis-&#224;-vis des Roms. Qu'importe ! &#193; Marseille, les attaques et les violences polici&#232;res contre ces &#171; Europ&#233;ens &#187; continuent. Par Gilles Lucas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les entrailles de Mademoiselle &gt;&lt;/strong&gt; Toujours plus blanc que blanc. Par Mademoiselle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vous &#233;cris de l'usine &gt;&lt;/strong&gt; Histoire de coulage. Par Jean-Pierre Levaray.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les vieux dossiers de Momo&lt;/strong&gt; : Abandon et fraude nourrici&#232;re. Par Momo Brucke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cap sur l'utopie &gt;&lt;/strong&gt; Fiume 1919-1920, la cinqui&#232;me saison. Par No&#235;l Godin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bulles pas p&#226;les &gt;&lt;/strong&gt; Au rayon CQFBD. Par Fran&#231;ois Maliet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Biblioth&#232;que en luttes &gt;&lt;/strong&gt; Le Jargon libre, &#171; biblioth&#232;que de consultation &#187;, a ouvert ses portes en octobre 2011 apr&#232;s qu'Hellyette Bess, ancienne d'Action directe (AD), eut pass&#233; l'&#233;t&#233; &#224; abattre les cloisons &#224; la masse, &#224; monter les &#233;tag&#232;res et &#224; rafistoler les vieux bouquins avec quelques amis. Par Juliette Volcler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Blitzkrieg m&#233;diatique sur la Gr&#232;ce &gt;&lt;/strong&gt; &#192; l'instar du satyre, ce demi-dieu &#224; jambes de bouc de leur mythologie, les Grecs dansent, chantent, boivent sur le dos des Allemands. Telle est la caricature dont la presse outre-Rhin fait ses choux gras pour stigmatiser la paresse et les m&#339;urs d&#233;prav&#233;es de toute une nation. Juste de quoi pr&#233;parer les esprits &#224; une restructuration radicale de l'Union europ&#233;enne. Par Olivier Cyran.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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