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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; L'&#233;cof&#233;minisme invite &#224; d&#233;passer les dualismes &#187;</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>place</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au sein des luttes pour la d&#233;fense des terres, une constante : la pr&#233;sence massive de femmes. Et parmi elles, des &#233;cof&#233;ministes consid&#233;rant qu'il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n'aurait pas &#171; affaire &#224; des ph&#233;nom&#232;nes sans aucun rapport, mais plut&#244;t &#224; deux aspects d'un seul et m&#234;me syst&#232;me &#187;, comme l'explique Jeanne Burgart Goutal, philosophe et autrice d'&#202;tre &#233;cof&#233;ministe &#8211; Th&#233;ories et pratiques, un bouquin paru en 2020 &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t 2021)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au sein des luttes pour la d&#233;fense des terres, une constante : la pr&#233;sence massive de femmes. Et parmi elles, des &#233;cof&#233;ministes consid&#233;rant qu'il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n'aurait pas &#171; affaire &#224; des ph&#233;nom&#232;nes sans aucun rapport, mais plut&#244;t &#224; deux aspects d'un seul et m&#234;me syst&#232;me &#187;, comme l'explique Jeanne Burgart Goutal, philosophe et autrice d'&lt;i&gt;&#202;tre &#233;cof&#233;ministe &#8211; Th&#233;ories et pratiques&lt;/i&gt;, un bouquin paru en 2020 &#224; L'&#201;chapp&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3682 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH656/-1818-a0992.jpg?1782663228' width='500' height='656' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mot honni des f&#233;ministes tant il a servi de pr&#233;texte &#224; des mill&#233;naires d'ali&#233;nation des femmes, la notion de &#171; nature &#187; (au sens large) semble aujourd'hui s'offrir une virginit&#233; : &#171; L'Amazonie, ma chatte, arr&#234;tez de tout raser ! &#187;, peut-on lire sur certaines pancartes lors de manifestations &#233;colos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense de la nature &#8211; et par extension celle des terres &#8211; figure ainsi en bonne place &#224; l'agenda de certaines f&#233;ministes, &#224; l'instar de celles qui ont tenu des barricades &#224; Notre-Dame-des-Landes tout en fustigeant le sexisme de certains de leurs camarades de lutte. Ou d'autres ayant organis&#233; un week-end en mixit&#233; choisie &#224; Bure, notamment pour se r&#233;approprier leur pouvoir d'agir face aux sbires de l'Andra&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agence nationale pour la gestion des d&#233;chets radioactifs.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Discr&#232;te ces derni&#232;res d&#233;cennies, cette articulation des luttes ne date pourtant pas d'hier : Fran&#231;oise d'Eaubonne, penseuse libertaire, th&#233;oricienne de l'&#233;cof&#233;minisme et saboteuse de premi&#232;re classe d&#233;fendait d&#233;j&#224; vertement dans les ann&#233;es 1970 la n&#233;cessit&#233; de mener ces deux combats de front&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet Fran&#231;oise d'Eaubonne et l'&#233;cof&#233;minisme de Caroline Goldblum (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet apparent antagonisme de d&#233;part &#8211; d&#233;fense des femmes, d&#233;fense de la nature &#8211; appara&#238;t donc soluble dans un certain f&#233;minisme. Et c'est pourquoi on a demand&#233; &#224; Jeanne Burgart Goutal de nous en dire plus, sachant qu'elle a largement d&#233;frich&#233; le sujet dans son livre &lt;i&gt;&#202;tre &#233;cof&#233;ministe. Th&#233;ories et pratiques.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du combat des habitants de Plogoff (Finist&#232;re) contre l'implantation d'une centrale nucl&#233;aire dans les ann&#233;es 1980 &#224; la mobilisation actuelle contre l'enfouissement de d&#233;chets radioactifs &#224; Bure (Meuse), les femmes semblent investir massivement les luttes pour la d&#233;fense des terres. Comment le comprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La question est d&#233;licate et je n'ai pas de r&#233;ponse tranch&#233;e, mais on peut soulever plusieurs hypoth&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on prend le cas de Plogoff, l'omnipr&#233;sence des femmes dans la lutte peut s'expliquer par le contexte. &#192; l'&#233;poque, l'&#233;conomie locale reposant sur la p&#234;che, les hommes &#233;taient souvent en mer. Ce sont donc les femmes qui ont d&#251; mener le combat. Parce qu'elles restaient sur place avec les enfants, ce sont &#233;galement elles qui ont les premi&#232;res saisi l'&#233;tendue des risques de d&#233;gradations que faisait peser sur leur environnement imm&#233;diat le projet de centrale nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a donc pas besoin de pr&#233;tendre que les femmes seraient essentiellement plus proches de la nature : il suffit d'une explication sociologique reposant sur l'analyse de la division sexuelle du travail. Dans la plupart des soci&#233;t&#233;s, ce sont les femmes qui sont charg&#233;es de s'occuper des corps et en particulier des corps vuln&#233;rables : nourrir les enfants, s'occuper des vieux, des personnes malades. Or, les d&#233;gradations environnementales que peut, par exemple, produire l'enfouissement de d&#233;chets radioactifs ont un impact sur la sant&#233;. Et parce que ce sont les femmes qui seront charg&#233;es de s'occuper des corps vuln&#233;rables, elles ont plus imm&#233;diatement conscience de l'impact de certains projets d&#233;gradant &#224; la fois l'environnement et la sant&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon Starhawk, autrice et activiste am&#233;ricaine, les oppressions &#171; &lt;i&gt;de race, de sexe, de classe, et la destruction &#233;cologique&lt;/i&gt; &#187; seraient imbriqu&#233;es. C'est d'ailleurs le point de d&#233;part de la pens&#233;e &#233;cof&#233;ministe. Quel lien entre les violences faites aux femmes et celles faites &#224; la terre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut trouver certaines analogies entre ces oppressions et la destruction des terres : des m&#233;canismes similaires d'objectivation, de r&#233;ification, d'exploitation, de domination par la violence... Et de r&#233;els liens de causalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sujet, il est &#233;clairant d'observer ce qui se met en place autour de grands projets industriels. En Am&#233;rique du Sud, par exemple, les projets d'extraction mini&#232;re d&#233;vastent l'environnement de nombreuses communaut&#233;s rurales, souvent indig&#232;nes. Et ils ont recours &#224; une main-d'&#339;uvre massive, g&#233;n&#233;ralement masculine. Des hommes d&#233;racin&#233;s, qui se retrouvent loin de leur foyer. Sur place, cela cr&#233;e de nouvelles violences &#224; l'&#233;gard des femmes : une recrudescence des viols, un business de la prostitution... Plusieurs collectifs sud-am&#233;ricains, comme le Colectivo Casa et le Renamat, mettent en exergue ces imbrications, sur lesquelles se penche &#233;galement le documentaire &lt;i&gt;Ni les femmes ni la terre&lt;/i&gt; (2018), de Marine Allard, Lucie Assemat et Coline Dhaussy. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;voquez dans votre livre l'exemple des Bombes atomiques, un collectif qui s'est notamment illustr&#233; en organisant, en septembre 2019, un rassemblement &#224; Bure &#171; &lt;i&gt;entre femmes, lesbiennes, personnes trans, intersexes, non binaires&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Comment analyser ces ponts entre luttes pour la d&#233;fense des terres et luttes LGBT ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;cof&#233;minisme, dont se revendiquent les Bombes atomiques, invite &#224; d&#233;passer les dualismes : nature/culture, humain/animal, corps/esprit, masculin/f&#233;minin... Avant de d&#233;couvrir l'&#233;cof&#233;minisme, je m'int&#233;ressais surtout au f&#233;minisme &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt; de Judith Butler et Donna Haraway, qui appelle &#224; sortir de la binarit&#233;. Et c'est une pens&#233;e que j'ai retrouv&#233;e dans l'&#233;cof&#233;minisme, contrairement au clich&#233; qu'on en a souvent. D'ailleurs, dans les ann&#233;es 1970-1980, il y a eu des passerelles entre les &#233;cof&#233;ministes et le mouvement de retour &#224; la terre men&#233; par des &#8220;lesbiennes s&#233;paratistes&#8221; qui ont cr&#233;&#233; des communaut&#233;s rurales non mixtes, notamment aux &#201;tats-Unis, dans l'Oregon. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme vous l'&#233;voquiez, l'investissement des femmes dans les luttes pour la terre est &#233;galement fortement ancr&#233; dans les pays du Sud, en Am&#233;rique latine, mais aussi en Inde, o&#249; est n&#233; le mouvement Chipko. Quelle est son histoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement Chipko a pris racine dans les ann&#233;es 1970 &#224; Mandal, au nord de l'Inde. &#192; l'&#233;poque, les habitants avaient cr&#233;&#233; une coop&#233;rative locale avec un atelier de fabrication d'outils agricoles. Eux attendaient que le service forestier leur alloue des parcelles de for&#234;ts pour leur activit&#233;, ce qu'il a refus&#233;, avant d'en vendre certaines &#224; un fabricant de mat&#233;riel de sport. Les mobilisations ont alors commenc&#233; et les femmes y ont pris part massivement. Elles ont prot&#233;g&#233; les arbres avec leurs propres corps pour emp&#234;cher qu'ils soient abattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s la militante &#233;cof&#233;ministe Vandana Shiva, il s'agissait au d&#233;but d'un mouvement assez mixte, puis la contestation est devenue plus f&#233;minine et plus clairement &#233;cologiste. Parce que les int&#233;r&#234;ts des hommes et des femmes divergeaient. Les hommes se satisfaisaient de gagner la premi&#232;re partie de la lutte : ce n'&#233;tait pas &#224; une entreprise ext&#233;rieure d'exploiter les arbres, mais &#224; eux, localement. Les femmes avaient d'autres ambitions : pour elles, que ce soit une entreprise ext&#233;rieure ou leurs propres mecs qui d&#233;truisent la for&#234;t revenait au m&#234;me. Au fur et &#224; mesure, la lutte leur a permis une forme d'&#233;mancipation : leur r&#244;le a chang&#233; dans la communaut&#233;, elles ont r&#233;clam&#233; une place dans les instances de d&#233;cision locales et le mouvement a obtenu un moratoire de quinze ans sur la coupe des arbres dans deux &#201;tats du nord de l'Inde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites qu'on ne peut pas pour autant qualifier d'&#233;cof&#233;ministes certaines luttes pour la terre men&#233;es dans les pays du Sud, pour la bonne raison que &#171; &lt;i&gt;les femmes de ces mouvements r&#233;cusent explicitement ces &#233;tiquettes&lt;/i&gt; &#187; : celle de f&#233;ministes comme celle d'&#233;cologistes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le contexte d'une ancienne colonie comme l'Inde, on peut soup&#231;onner d'imp&#233;rialisme les notions export&#233;es par l'Occident, comme &#8220;&#233;cologie&#8221; et &#8220;f&#233;minisme&#8221;. D'autant que des arguments pseudo f&#233;ministes ont historiquement &#233;t&#233; mis au service du discours colonialiste, en inf&#233;riorisant les Indiens et en taxant en bloc leur culture de barbare et arri&#233;r&#233;e, &#224; cause de certaines traditions patriarcales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de faire de ces femmes en lutte pour la terre des &#8220;&#233;cof&#233;ministes &#224; leur insu&#8221;, il me semble plus int&#233;ressant d'essayer de comprendre comment elles d&#233;finissent elles-m&#234;mes leur mouvement, comment elles formulent ce au nom de quoi elles s'engagent. C'est tout l'enjeu d'une pens&#233;e d&#233;coloniale : apprendre &#224; se d&#233;coloniser au lieu de plaquer nos concepts et nos mots d'ordre partout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Agence nationale pour la gestion des d&#233;chets radioactifs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &lt;i&gt;Fran&#231;oise d'Eaubonne et l'&#233;cof&#233;minisme&lt;/i&gt; de Caroline Goldblum et Fran&#231;oise d'Eaubonne, paru au Passager clandestin en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Greenwashing : Des assises de la biodiversit&#233; en b&#233;ton</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Greenwashing-Des-assises-de-la</link>
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		<dc:date>2014-10-15T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Carrer</dc:creator>


		<dc:subject>Samson</dc:subject>
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		<dc:subject>Biotope</dc:subject>
		<dc:subject>valeur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tout oppose le rouleau compresseur des am&#233;nageurs de territoire au fragile &#233;quilibre des milieux naturels. Lors des quatri&#232;mes Assises nationales de la biodiversit&#233; les 23 et 24 juin &#224; Montpellier, les bonimenteurs de l'ing&#233;nierie &#233;cologique ont tent&#233; de muer b&#233;tonneurs en sauveurs des petites b&#234;tes&#8230; Au d&#233;but, on peine &#224; y croire. Bouygues, Veolia, GDF Suez sous la banni&#232;re de la biodiversit&#233; ? Un coup d'&#339;il au programme des Quatri&#232;mes Assises nationales de la biodiversit&#233; de Montpellier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no124-juillet-aout-septembre" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;124 (juillet-aout-septembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nature" rel="tag"&gt;nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mesures" rel="tag"&gt;mesures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouygues" rel="tag"&gt;Bouygues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecologique" rel="tag"&gt;&#233;cologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/GDF-Suez" rel="tag"&gt;GDF Suez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/biodiversite" rel="tag"&gt;biodiversit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/environnement" rel="tag"&gt;environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/developpement-durable" rel="tag"&gt;d&#233;veloppement durable&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Biotope" rel="tag"&gt;Biotope&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/valeur" rel="tag"&gt;valeur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout oppose le rouleau compresseur des am&#233;nageurs de territoire au fragile &#233;quilibre des milieux naturels. Lors des quatri&#232;mes Assises nationales de la biodiversit&#233; les 23 et 24 juin &#224; Montpellier, les bonimenteurs de l'ing&#233;nierie &#233;cologique ont tent&#233; de muer b&#233;tonneurs en sauveurs des petites b&#234;tes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but, on peine &#224; y croire. Bouygues, Veolia, GDF Suez sous la banni&#232;re de la biodiversit&#233; ? Un coup d'&#339;il au programme des Quatri&#232;mes Assises nationales de la biodiversit&#233; de Montpellier des 23 et 24 juin 2014 confirme le ravalement des devantures des am&#233;nageurs de territoire. Exit les records de pollution, destructions de milieux naturels ou &#233;difications carc&#233;rales, il est d&#233;sormais de coutume de mettre la chose environnementale &#224; leur cr&#233;dit. &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-1239&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biotope&lt;/a&gt;, &#171; l'entreprise de l'&#233;cologie &#187; (sic) dont les compensations&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est-&#224;-dire les travaux &#233;cologiques qui &#034;remplaceront&#034; les milieux naturels (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a&#233;roportuaires n'ont pas fini de faire parler d'elles, ou encore d'obscures entreprises de communication en d&#233;veloppement durable seront aussi de la partie, histoire de parler nature et strat&#233;gie marketing&#8230; Et pour choisir les bons tons de couleur verte, quelques associations ou chercheurs sont &#233;galement pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH560/p05-gain-net--27a0d.jpg?1782643854' width='400' height='560' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Samson.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ces &#171; Assises &#187; portent en elles les stigmates des promoteurs : on se croirait &#224; une foire-exposition, avec ces VRP avenants, ces affiches clinquantes, ces stands aux &#233;clairages sophistiqu&#233;s et cette mauvaise musique propre aux publicit&#233;s automobiles. Lorsqu'on s'engouffre dans les conf&#233;rences, des h&#244;tesses tir&#233;es &#224; quatre &#233;pingles s'efforcent de courir l&#224; o&#249; le journaliste m&#233;nager&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un journaliste faisant des m&#233;nages en intervenant comme animateur r&#233;mun&#233;r&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; distribue la parole. Dans les trav&#233;es, on parle de services &#233;cosyst&#233;miques et d'une &#171; &lt;i&gt;fiscalit&#233; comme moteur de la pr&#233;servation de la biodiversit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, bref, d'une nature sonnante et tr&#233;buchante. Soudain, un &#233;conomiste crie &#224; l'existence d'un &#171; &lt;i&gt;lobby contre la fiscalit&#233;, le paiement des services &#233;cosyst&#233;miques&lt;/i&gt; &#187;. La nature est une valeur, il faut la consid&#233;rer comme telle &#224; l'image des autres valeurs marchandes, afin que &#171; &lt;i&gt;la France ne prenne pas de retard&lt;/i&gt; &#187; dans la grande comp&#233;tition internationale&#8230; A ses c&#244;t&#233;s, les &#233;piciers de la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations (CDC) approuvent : pour prot&#233;ger la nature il suffit de lui donner une valeur &#233;conomique sup&#233;rieure aux projets qui la menaceraient. Si la pr&#233;servation de la biodiversit&#233; rev&#234;t une valeur sup&#233;rieure &#224;, par exemple, un projet immobilier, il devient plus int&#233;ressant, &#233;conomiquement parlant, de parier sur du capital &#233;cologique (via des banques d'actifs naturels telle la CDC) que sur du lotissement. La zone est mise en d&#233;fense, vendue pour ce qu'elle capitalise en biodiversit&#233;, et le lotisseur devient le financier vert que l'on n'osait esp&#233;rer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parfois, la grossi&#232;ret&#233; des raisonnements et l'esbroufe des communicants en environnement laissent percevoir le vide intellectuel de l'ing&#233;nierie &#233;cologique. R&#233;unie autour des mesures de compensation du contournement ferroviaire N&#238;mes-Montpellier, une tripot&#233;e d'experts et de conseillers d'Oc'via&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soci&#233;t&#233; signataire du partenariat public-priv&#233; conclu avec R&#233;seaux ferr&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; devisent sur le bien-fond&#233; des actions engag&#233;es, sans un mot sur les impacts &#233;cologiques occasionn&#233;s. En l'occurrence, les mesures engag&#233;es visent essentiellement &#224; recr&#233;er des milieux favorables &#224; un oiseau peu commun, l'outarde canepeti&#232;re, en finan&#231;ant les agriculteurs pour le d&#233;veloppement de pratiques culturales conformes au bien-&#234;tre dudit volatile. Devant les gargarismes des instances agricoles, ravies d'avoir trouv&#233; un substitut financier &#224; la production viticole par la production d'outarde, des voix peu consensuelles jettent le trouble parmi ces jardiniers agrestes. Un intervenant impliqu&#233; dans la lutte &#224; Notre-Dame-des-Landes (NDDL) &#8211; o&#249; Biotope, parmi d'autres promoteurs, est impliqu&#233; comme faire-valoir de Vinci &#8211;, met en avant le fait que &#171; &lt;i&gt;les &#233;cosyst&#232;mes sont particuli&#232;rement complexes et que les mesures compensatoires ne r&#233;pondent pas &#224; cette complexit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Le directeur technique de Biotope bl&#234;mit &#224; l'&#233;vocation de leur d&#233;route au nord de la Loire. Aussit&#244;t le &#171; Monsieur environnement &#187; d'Oc'via lui vient en aide et &#233;voque les premiers r&#233;sultats de leurs exp&#233;rimentations, suffisants &#224; ses yeux pour s'assurer de leur ma&#238;trise &#224; refabriquer de la nature. Un cran dans le surr&#233;aliste est franchi lorsqu'un conseiller en environnement de Biositiv, filiale de Bouygues, &#233;met l'id&#233;e de placer des miroirs le long de la voie ferr&#233;e en guise de mesures compensatoires. Cach&#233;es ainsi de l'ouvrage ferroviaire, les outardes, voyant la m&#234;me chose devant que derri&#232;re, oublieront tout simplement l'existence du TGV. Sourires g&#234;n&#233;s de ses coll&#232;gues, putain, tu nous fous la tehon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les r&#233;alisations &#233;cologiques de ces b&#233;tonneurs par essence semblent relativement vaines, leurs efforts en communication parviennent largement &#224; les hisser &#224; la hauteur de leurs ambitions. Un responsable du minist&#232;re de l'&#201;cologie, du D&#233;veloppement durable et de l'&#201;nergie les exhorte d'ailleurs &#224; d&#233;laisser l'appellation de &#171; &lt;i&gt;conseillers en environnement et communication&lt;/i&gt; &#187;, pour celle, moins &#233;quivoque, de &#171; &lt;i&gt;charg&#233; de mission en environnement&lt;/i&gt; &#187;. Quelques personnes tiquent &#224; entendre parler Bouygues de sa capacit&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;cr&#233;er de la nature en ville&lt;/i&gt; &#187;, mais dans l'ensemble, le message passe. D'ailleurs, le temps n'est plus &#224; la glose sur l'impossibilit&#233; de remplacer des &#233;cosyst&#232;mes d&#233;truits ; la mont&#233;e en puissance des outils de compensation, les tentatives de recherches sur la port&#233;e &#233;thique de ces dispositifs, repoussent les critiques premi&#232;res pour entrer de plain-pied dans un capitalisme grossier, o&#249; les paysages se jaugent &#224; la caisse enregistreuse et s'arrangent au tractopelle. Il y a peu de dissidence contre ces tenants d'une &#233;cologie dig&#233;r&#233;e ; mais quand des &#171; naturalistes &#187; peu sensibles &#224; la modernit&#233; de ces discours entreprennent de d&#233;monter, filets &#224; papillons en main ou cagoule sur la t&#234;te, le projet d'a&#233;roport de NDDL et ses compensations, toute cette fausse logique s'effondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Science &#233;cologique sans conscience environnementale n'est que ruine de l'&#226;me&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivaient les &#171; &lt;a href=&#034;http://naturalistesenlutte.overblog.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Naturalistes en lutte&lt;/a&gt; &#187; depuis le bocage nantais. Gageons que d'autres pourfendeurs de l'am&#233;nagement du territoire am&#232;neront cet adage au fond des r&#233;servoirs des pelleteuses et au fronton de ces boutiquiers de la nature !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire les travaux &#233;cologiques qui &#034;remplaceront&#034; les milieux naturels d&#233;truits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un journaliste faisant des m&#233;nages en intervenant comme animateur r&#233;mun&#233;r&#233; mais pr&#233;sent&#233; comme &#233;tant un journaliste &#034;ind&#233;pendant&#034;. Un dr&#244;le de m&#233;nage ! (Note du claviste.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soci&#233;t&#233; signataire du partenariat public-priv&#233; conclu avec R&#233;seaux ferr&#233; de France autour de ce projet pharaonique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le vin nature est une goutte de vin dans un oc&#233;an de produits &#339;notechniques &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-vin-nature-est-une-goutte-de</link>
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		<dc:date>2014-07-07T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;En 1999, Michel Le Gris, caviste &#224; Strasbourg, &#233;crivait : &#171; L'art vinicole de cette fin de si&#232;cle est marqu&#233; par la soumission croissante du go&#251;t du vin aux exigences de la logique &#233;conomique. &#187; Pass&#233; le nouveau mill&#233;naire, retour sur le constat de standardisation commerciale du vin et ses r&#233;sistances. Entretien. CQFD : Vous vous qualifiez d'&#171; &#233;leveur de vin &#187;. Quelle est votre approche du m&#233;tier de caviste ? Michel Le Gris : Depuis les ann&#233;es 1970, j'avais observ&#233; une certaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no122-mai-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;122 (mai 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cave" rel="tag"&gt;cave&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1999, Michel Le Gris, caviste &#224; Strasbourg, &#233;crivait : &#171; &lt;i&gt; L'art vinicole de cette fin de si&#232;cle est marqu&#233; par la soumission croissante du go&#251;t du vin aux exigences de la logique &#233;conomique.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Le Gris, Dionysos sacrifi&#233; : Essai sur le go&#251;t du vin &#224; l'heure de sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Pass&#233; le nouveau mill&#233;naire, retour sur le constat de standardisation commerciale du vin et ses r&#233;sistances. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1093 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/p06-07-sueur-de-fronts-99667.jpg?1782638346' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Vous vous qualifiez d'&#171; &lt;i&gt;&#233;leveur de vin&lt;/i&gt; &#187;. Quelle est votre approche du m&#233;tier de caviste ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Le Gris :&lt;/strong&gt; Depuis les ann&#233;es 1970, j'avais observ&#233; une certaine &#233;volution du m&#233;tier de vigneron. Dans nombre de domaines bourguignons, r&#233;gion que je connais bien, il y avait jusque dans ces ann&#233;es-l&#224; huit ou dix mill&#233;simes &#224; la vente dont certains avaient eu le temps de d&#233;velopper toutes leurs qualit&#233;s en bouteilles. On pouvait tr&#232;s vite comprendre la diff&#233;rence entre un vin mature et complexe et un vin jeune et simplet ; distinction qui est maintenant en passe de sortir du champ culturel. En Bourgogne comme en bien d'autres r&#233;gions, en l'espace d'une g&#233;n&#233;ration, les vignerons ont renonc&#233; &#224; la derni&#232;re phase de leur travail qui concernait la maturation du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vignerons ont alors commenc&#233; &#224; donner des indications assez vagues &#224; leur client&#232;le &#224; propos de la maturation des vins, ils disaient : &#171; &lt;i&gt;C'est &#224; vous de le faire m&#251;rir dans votre cave.&lt;/i&gt; &#187; Ils externalisaient ainsi la derni&#232;re phase de leur boulot sur leurs clients. Quand je me suis install&#233; en 1984, je me suis dit que c'&#233;tait &#224; des gens comme moi de terminer ce travail que les vignerons laissaient inachev&#233;, mais il fallait des moyens et surtout du temps. Cela m'a bien pris une quinzaine d'ann&#233;es pour comprendre la complexit&#233; de l'&#233;volution du vin en bouteille, qui peut passer par des phases tr&#232;s d&#233;favorables avant d'arriver &#224; la maturit&#233; escompt&#233;e et &#224; son niveau d'expression le plus riche. Ce temps de maturation, qui est extr&#234;mement variable, concerne des vins dont le terroir &#8211; c'est-&#224;-dire le sol, le sous-sol, le climat &#8211; a une force suffisante pour jouer sur l'&#233;volution du vin. Quand c'est le c&#233;page qui prime, le fait d'attendre n'a pas un tr&#232;s grand int&#233;r&#234;t. A la fin des ann&#233;es 1990, j'ai commenc&#233; &#224; avoir en cave des choses vraiment int&#233;ressantes sous les pieds. C'est aussi &#224; ce moment qu'a commenc&#233; &#224; se r&#233;pandre l'id&#233;e qu'il ne fallait pas attendre le vin et qu'il fallait le boire jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, j'ai essay&#233; tr&#232;s t&#244;t de tendre vers la viticulture biologique, mais avant le nouveau mill&#233;naire, le choix dans ce domaine &#233;tait assez limit&#233;. Il y a ainsi maintenant environ 160 vignerons alsaciens qui travaillent leur terre en bio, alors qu'en 1984, il devait y en avoir 5 ou 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;i&gt;Dionysos sacrifi&#233;&lt;/i&gt;, vous d&#233;nonciez une standardisation commerciale du go&#251;t. Vous parliez des crus de Pauillac, de Chinon, de Ch&#226;teauneuf-du-Pape ou de Californie &#171; &lt;i&gt;qui tendent vers une m&#234;me et monocorde architecture &#224; laquelle les conduit l'&#339;nologie moderne.&lt;/i&gt; &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture d&#233;signe ce que je nomme aussi la &#171; forme &#187;, c'est-&#224;-dire l'ensemble des sensations tactiles procur&#233;es en bouche, mais &#231;a ne concerne pas les parfums. J'ai voulu montrer &#224; l'&#233;poque que les standards esth&#233;tiques de l'&#339;nologie moderne faisaient que les vins devaient avoir une forme unique, la plus confortable, la plus voluptueuse, la plus flatteuse possible, &#224; l'int&#233;rieur de laquelle on pouvait se livrer &#224; de nombreuses extravagances aromatiques, dues &#224; toute une pharmacop&#233;e de levures s&#233;lectionn&#233;es pour d&#233;velopper de mani&#232;re intensive tel ou tel parfum. Cette fa&#231;on dont le commerce des levures chimiques s'est d&#233;velopp&#233; constitue presque une aromatisation occulte, au d&#233;triment des levures naturelles qu'on trouve sur la vigne et dans la cave, pour peu que les traitements chimiques ne les aient pas bousill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela s'inscrit bien s&#251;r dans la logique de l'agro-alimentaire durant la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle, qui travaille sur une mati&#232;re naturelle de plus en plus pauvre et d&#233;grad&#233;e et sur laquelle se rajoute une cuisine chimique pour compenser. Pour reprendre l'exemple de la Bourgogne, c'est dans les ann&#233;es 1960 que sont arriv&#233;s les premiers pesticides pour soigner les maladies de la vigne, associ&#233;s &#224; des engrais potassiques, pr&#233;sent&#233;s d'abord comme des miracles mais qui n'ont fait &#224; moyen terme que des d&#233;sastres, ce qui a modifi&#233; radicalement la culture des vignes. Dans un premier temps, le travail en cave est rest&#233; tr&#232;s traditionnel alors que la mati&#232;re premi&#232;re avait beaucoup chang&#233;, du coup il est arriv&#233; pleins d'accidents en cave et il a bien fallu faire appel aux m&#233;decins &#339;nologues, aux &#171; &lt;i&gt;v&#233;t&#233;rinaires des barriques et des foudres&lt;/i&gt; &#187;, pour soigner ces vins attaqu&#233;s par des d&#233;rives bact&#233;riennes ou autre et qui s'en trouvent imbuvables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;pingliez &#233;galement le formatage et les postures artificiellement cr&#233;&#233;es qui ne rel&#232;vent plus &#171; &lt;i&gt;d'une formation personnelle de la sensibilit&#233;, mais d'une sorte de flair policier apte &#224; rep&#233;rer leur degr&#233; de conformit&#233; aux standards de l'&#339;nologie correcte.&lt;/i&gt; &#187; Quel est la place des acteurs de cette normalisation gustative promue par le critique star Robert Parker ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parker est devenu le symbole, de fa&#231;on un peu exag&#233;r&#233;e, d'un go&#251;t dominant, en raison de sa c&#233;l&#233;brit&#233;. Mais il n'est pas le seul, il y a toute une critique fran&#231;aise qui ne vaut pas mieux que lui. Il a impos&#233; un type de vin puissant, massif, concentr&#233;, charg&#233; en tanin, comme ceux de Californie, qui avaient sa pr&#233;f&#233;rence. Ce qui fait que, quand on le lit par exemple au sujet des vins de la vall&#233;e de la Loire, on est scandalis&#233; du m&#233;pris avec lequel il les traite. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les docteurs &#232;s-vins et ont accompagn&#233; avec bienveillance toutes les modifications &#339;notechniques dont je parlais dans mon livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A contre-courant de cette industrialisation du go&#251;t, comment percevez-vous cette vague des vins naturels ou des vins vivants que certains qualifient de &#171; &lt;i&gt;renaissance du vin&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une intervention &#224; la demande de mon ami Patrick Meyer, un vigneron de Nothalten en Alsace, j'avais parl&#233; de &#171; &lt;i&gt; vins libres&lt;/i&gt; &#187; &#224; ce sujet, parce que ces vins sont libres de tout un tas de trucs dont on se passe tr&#232;s bien : &#171; &lt;i&gt;Libres de produits chimiques, puisque normalement issus d'une agriculture biologique, souvent biodynamique. Libres de vinifications contraignantes ou autoritaires, celles qui les obligent &#224; devenir comme ceci ou comme cela, souvent au moyen d'une pl&#233;thore d'adjuvants de vinification et sans trop d'&#233;gard pour leur nature propre ou leur mill&#233;sime de naissance. Libres, au moins jusqu'&#224; un certain point, de plaire ou ne pas plaire, car cherchant en premier lieu &#224; exprimer, &#224; interpr&#233;ter un terroir particulier.&lt;/i&gt; &#187; Je me f&#233;licite de l'existence d'un courant de ce genre. Certains journalistes comme Michel Bettane&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coauteur, avec Thierry Desseauve, du Grand Guide des vins de France, tr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; m'ont m&#234;me gratifi&#233; du titre de chef de file de ce mouvement [rires], mais c'est m'accorder plus d'audience et de pouvoir que je ne n'en ai r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler que ce courant est une scission de la viticulture en bio, qui trouve que le label bio &#224; lui tout seul n'est plus une garantie suffisante de qualit&#233;, notamment en ce qui concerne le travail en cave et en raison notamment d'un usage abusif de soufre. Les doses autoris&#233;es de soufre en label bio sont encore trop &#233;lev&#233;es. D&#232;s lors, le principe du vin &#171; nature &#187; est de refuser toute m&#233;thode violente, tout traitement, hormis une dose hom&#233;opathique de SO2 &#224; l'un ou l'autre moment strat&#233;gique de la vinification. Dans le cas du vin blanc &#171; nature &#187; d'Alsace, on effectue souvent une petite protection de l'ordre de 15 mg/ litre environ avant la mise en bouteille, ce qui est d&#233;risoire par rapport aux 180 mg/litres autoris&#233;s par la r&#233;glementation europ&#233;enne et ne compromet en rien la digestibilit&#233; du vin. L'absence totale de soufre existe, mais surtout pour les vins rouges, les blancs &#233;tant un peu plus fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que cette tendance des vins &#171; nature &#187; compar&#233;e &#224; l'ensemble de la production, c'est une goutte de vin dans un oc&#233;an de produits &#339;notechniques. Et le reste de la production viticole est de plus en plus industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le succ&#232;s des vins issus du bio n'a donc pas eu pour effet de mod&#233;rer les mauvaises pratiques de la viniculture conventionnelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, cela a m&#234;me cr&#233;&#233; deux mondes compl&#232;tement &#224; part. Pour certains vins industriels, il faudrait presque inventer un autre nom et appeler cela &#171; &lt;i&gt;produit &#339;nologique &#224; base de raisin&lt;/i&gt; &#187;, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je regrette par ailleurs, c'est de voir certains vignerons &#171; nature &#187; jouer la carte de la vitesse et du go&#251;t du c&#233;page, notamment dans certains crus du Beaujolais qui sont r&#233;ellement des grands vins &#224; boire cinq, dix ans ou plus de cave et non trois mois apr&#232;s la mise en bouteille ! J'en viens parfois &#224; me demander si le courant des vins &#171; nature &#187; n'est pas la derni&#232;re ruse qu'a trouv&#233; la raison marchande pour poursuivre le ph&#233;nom&#232;ne d'acc&#233;l&#233;ration qu'elle a introduit depuis une vingtaine d'ann&#233;es dans le monde des vins. Est-ce qu'il n'y a pas une sorte d'int&#233;riorisation subjective de l'acc&#233;l&#233;ration g&#233;n&#233;rale dans nos soci&#233;t&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous opposiez &#224; la fin de votre ouvrage l'avilissement sensoriel du monde industriel &#224; l'&#233;ducation esth&#233;tique ou &#171; &lt;i&gt; formation personnelle &#224; la sensibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH387/p06-07-vigneron2-copie-854ca.jpg?1782656631' width='500' height='387' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferri.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Oui, je citais&lt;i&gt; Les Lettres sur l'&#233;ducation esth&#233;tique de l'homme&lt;/i&gt; du po&#232;te Schiller, contemporain de la R&#233;volution fran&#231;aise, qui est un texte philosophique tr&#232;s m&#233;connu, &#224; l'exception de la r&#233;f&#233;rence qu'en fait Herbert Marcuse dans&lt;i&gt; L'Homme unidimensionnel&lt;/i&gt;. Je rappelais aussi &#224; la fin du premier chapitre la phrase d'Adorno que j'aime beaucoup : &#171; &lt;i&gt;Le premier service que l'industrie apporte au client est de tout sch&#233;matiser pour lui.&lt;/i&gt; &#187; D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on pourrait r&#233;sumer que mon livre traitait de la sch&#233;matisation industrielle et commerciale du vin. L'objet actuel de mes r&#233;flexions, que je trouve bien plus d&#233;primant, c'est la sch&#233;matisation industrielle du monde, au sens du cadre subjectif dans lequel nous vivons et nous nous d&#233;veloppons. A ce titre, dans le processus de num&#233;risation dans lequel nous sommes pr&#233;cipit&#233;s, voire m&#234;me jet&#233;s, c'est le monde en tant que monde qui devient un objet industriel et commercial. Le monde ne nous est plus donn&#233; gratuitement, c'est la condition humaine qui est remise en question. D&#232;s lors que la totalit&#233; de la vie sociale est de plus en plus absorb&#233;e par le temps pass&#233; devant l'&#233;cran, il n'est pas exag&#233;r&#233; de dire que nous entrons dans une &#232;re de mutation anthropologique. Tout notre rapport au temps se trouve profond&#233;ment boulevers&#233; par une forme d'instantan&#233;isation. Pour rapporter cela au vin, vous pouvez saisir le contraste entre mon id&#233;e de faire m&#251;rir le vin pendant des ann&#233;es en cave pour r&#233;v&#233;ler ce qu'il a de meilleur, et le fait d'avoir &#224; appuyer sur son clavier pour faire surgir imm&#233;diatement devant soi l'objet de son d&#233;sir. Dans le monde d'avant, en gros le capitalisme bourgeois d'avant les ann&#233;es 1970, la vie quotidienne &#233;tait essentiellement domin&#233;e par la lenteur, la routine, un certain ennui &#8211; d'o&#249; toutes les critiques de la vie quotidienne qui ont pu l&#233;gitimement &#234;tre formul&#233;es par Henri Lefebvre ou encore les situationnistes. Aujourd'hui, face &#224; la pr&#233;cipitation du monde capitaliste post-moderne, il ne nous reste que cette forme subjective de r&#233;sistance par la lenteur, la patience, l'attention aux autres. Mais cela ne reste qu'une r&#233;sistance subjective.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Vins-libertaires-et-bieres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rep&#232;res de Bacchus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Michel Le Gris, &lt;i&gt;Dionysos sacrifi&#233; : Essai sur le go&#251;t du vin &#224; l'heure de sa production industrielle&lt;/i&gt;, Syllepse, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Coauteur, avec Thierry Desseauve, du &lt;i&gt;Grand Guide des vins de France&lt;/i&gt;, tr&#232;s hostile &#224; la tendance des vins naturels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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